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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Jonathan Siegrist répète “Flex Luthor” et doute sur la cotation

17 Nov

Jonathan Siegrist a clippé le relais de “Flex Luthor”, une voie chargée d’histoire et connue comme l’une des plus dures des États-Unis. Mais la cotation fait débat : s’agit-il du premier 9b de la planète ? Les avis sont partagés.

“Flex Luthor” a toujours été considérée comme une voie mystérieuse. Libérée en 2003 par le célèbre américain Tommy Caldwell, il aura fallu attendre 17 ans pour qu’elle soit enfin répétée. “La première fois que je l’ai vu, j’étais très intimidé. Elle dégage une aura, quelque chose de fort et de très énigmatique”, raconte Jonathan Siegrist, l’un des meilleurs falaisistes américains, qui a posé ses doigts pour la première fois dans cette voie en 2010.

L’année dernière, Matty Hong réussissait enfin la première répétition de cette mystérieuse ligne, après que Dave Graham, Sam Elias ou encore Alex Megos s’y soit cassé les dents. Fort de son expérience, Matty proposait de réévaluer à la hausse la cotation à 9b. Une nouvelle proposition qui, si elle s’avérait confirmée, ferait de cette voie le premier 9b au monde. Un mois plus tard, elle était répétée par Carlo Traversi, qui confirmait le 9b. “Notre expérience dans cette voie a été une véritable leçon d’humilité, c’est le moins que l’on puisse dire”, expliquait Traversi. “Plus d’une fois, nous nous sommes pendus dans le baudrier, en regardant en l’air et en nous exclamant : “Mais où sont les prises ?!”. Mais nous avons continué à essayer, jusqu’à réussir”.

Ces récentes ascensions ont poussé Jonathan Siegrist à reprendre son travail dans “Flex Luthor”. “Voir Matty réussir cette ligne et voir la vidéo de la voie, a été une inspiration folle”, a déclaré Siegrist. “Cela m’a donné envie d’y retourner”. Après une douzaine d’années sans être revenu au secteur Fortress of Solitude, là où se trouve la voie, Jonathan Siegrist était de retour. ” “Flex Luthor” a des mouvements et des prises uniques”, a déclaré l’Américain de 37 ans.

© Cameron Maier

D’après lui, la voie démarre par une dizaine de mètres en 8a, puis arrive le premier crux, qui vaut environ 8A+ bloc durant six ou sept mouvements : “C’est un passage vraiment génial”, déclare Siegrist. “Je l’ai fait plus ou moins de la même manière que Matty. Vous faites cet énorme mouvement vers une pince vraiment cool, puis vous déplacez tout votre corps autour de cette pince. Imaginez un rapporteur : la pince est le centre, et votre main gauche ne la quitte jamais, mais votre corps commence à gauche et tourne tout autour. Je suis vraiment reconnaissant à Matty et Carlo d’avoir trouvé cette méthode. Si j’avais étais là tout seul, sans personne pour me donner des infos, j’aurais peut-être fini par trouver cette méthode, mais ça m’aurait pris beaucoup plus de temps”. Après le crux, un passage assez éprouvant en 8a mène à un bon repos, qui est suivi par un bon 8b+ jusqu’au sommet.

Finalement, après six jours de travail répartis sur plusieurs semaines, Jonathan Siegrist réussira à faire la croix. Mais selon lui, la voie ne mérite pas la cotation de 9b. “Pour moi, elle n’est pas comparable aux autres 9b que j’ai faits ou tentés”.

À 37 ans, Jonathan Siegrist est l’un des falaisistes les plus expérimentés de la planète grimpe. Il compte plus de 70 voies dans le neuvième degré, dont 15 voies en 9a+, deux en 9a+/b et trois en 9b. “J’utilise deux indicateurs principaux pour attribuer une cotation”, explique-t-il. “Le premier est le temps investi, et le deuxième est la dépense d’effort. J’y ai beaucoup réfléchi. Je pense effectivement que je suis plutôt en forme en ce moment. Mais pour moi, six jours, c’est remarquablement plus rapide que tout autre 9b que j’ai fait. Même si j’ai dû me battre pour l’enchaîner, je n’ai pas ressenti l’effort que j’aurais dû fournir dans un 9b. Quand je pense à des voies comme “Stoking the Fire”, “Jumbo Love” ou même “Event Horizon”, pour moi, il n’y a aucune comparaison possible. Mais qui sait ? Peut-être que j’ai eu beaucoup de chance. Peut-être que je suis en très grande forme. Si dans quelques années 9b est le consensus, je serai super content. Mais pour moi, le 9a+ est la meilleure cotation pour cette voie”.

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Shawn Raboutou dévoile son deuxième 9A bloc !

15 Nov

Après des mois de silence et de rumeurs, Shawn Raboutou vient enfin d’annoncer son deuxième 9A bloc, qu’il gardait secret depuis plusieurs mois !

À sa manière, Shawn Raboutou a officiellement annoncé avoir enchaîné un deuxième 9A bloc. “Megatron 9A. La vidéo sortira vendredi 18/11”, s’est-il contenté de poster sur les réseaux sociaux.

Depuis quelques semaines, les rumeurs allaient bon train concernant un deuxième 9A bloc que Shawn Raboutou aurait libéré après “Alphane”. L’Américain vient de lever le voile et annoncer publiquement cette ascension. “Megatron”, situé dans le Colorado, était connu comme l’un des plus gros projets du globe. Essayé à de multiples reprises par Daniel Woods, il avait résisté à tous ses assauts.

Il faut dire que “Megatron” est aussi intimidant que monstrueusement physique. Il consiste à enchaîner “Tron”, une proue en 8B+ ouverte par Daniel Woods, en commençant sept mouvements plus bas, qui valent à eux seuls 8C. Cela porte la cotation de l’ensemble à 9A d’après Shawn.

La vidéo de cette ascension sortira donc ce vendredi. Restez connectés pour plus d’informations.


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Shawn Raboutou confirme la rumeur et annonce enfin son premier 9A bloc !

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Nouvelle performance pour Aidan Roberts !

15 Nov

Le grimpeur britannique Aidan Robert a conclu son trip en Suisse de la plus belle des manières, en libérant un vieux projet en départ assis, qu’il propose à 8C+ !

Après avoir flashé la version originale en 8B en mars dernier, Aidan Roberts réalise la première ascension du départ assis de “Vecchio Leone”, dans le Tessin.

Le trip d’Aidan Roberts en Suisse cet automne fut incroyable, rempli de croix plus extrêmes les unes que les autres. Après avoir réalisé la première répétition de “Alphane” 9A à Chironico, puis enchaîné en un éclair “Child of Hell” 8C, le grimpeur britannique a quitté la Suisse en réalisant un nouvel exploit à Brione, libérant le départ assis de “Vecchio Leone”, qu’il propose à 8C+. Ce nouveau départ ajoute quelques mouvements supplémentaires à la version originale, “sur de mauvais pieds, qui impliquent un gros gainage”.

De nombreux forts grimpeurs se sont déjà attaqués au départ assis de “Vecchio Leone”, en vain. Parmi eux, le pionnier du bloc Bernd Zangerl, à l’origine de la version classique en 8B, déclare : “Je l’ai essayé il y a 15 ans. C’est génial qu’il ait été fait maintenant”. Shawn Raboutou lui-même a tenté de résoudre ce bloc aux côtés d’Aidan, sans succès.

Aidan Roberts a déclaré avoir enchaîné ce bloc dans un pur style physique. “À première vue, il semble qu’un jeté soit la solution la plus simple, mais la texture particulière du rocher et les prises arrondies rendent le ballant quasiment impossible à gainer”. Au lieu de cela, Aidan Roberts a trouvé, avec Shawn Raboutou, une solution qui combinait des mouvements complexes, sur de mauvais pieds, nécessitant une grande tension de tous les muscles du corps.

Après avoir consacré la majeure partie de son voyage en Suisse à des projets qu’il a décrits comme “conceptuels et très difficiles”, Aidan a déclaré avoir “été inspiré par le potentiel qui existe encore et par tout ce qui reste à comprendre”. Il décrit son trip comme un séjour où “tirer des leçons de chaque expérience” et “apprécier le processus de travail” avait sa propre valeur, “indépendamment du résultat”.

De retour chez lui, Aidan Roberts pense déjà à son prochain voyage en Suisse, déclarant : “Il y a beaucoup de choses pour lesquelles revenir, beaucoup de blocs à travailler. Que la saison d’entraînement commence… Je reviendrai”.

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Nico Pelorson travaille “Alphane” 9A et enchaîne deux autres classiques !

14 Nov

Comme bon nombre de forts grimpeurs en cette période automnale, le Français Nicolas Pelorson a pris la direction du Tessin, en Suisse, dans le but de travailler “Alphane” 9A. En parallèle, il vient d’enchaîner deux autres classiques du secteur, “Big Paw” 8B+ et “Forgotten Gem” 8C et nous raconte.

“J’ai posé une semaine de vacances afin de me rendre pour la toute première fois dans le Tessin, avec Sascha Ribeyron”, nous explique l’intéressé. Son objectif ? Essayer “Alphane”, le nouveau 9A bloc proposé par Shawn Raboutou.

“Alphane” est décidément le bloc à la mode de cet automne 2022. Essayé par Simon Lorenzi, puis répété par Aidan Robert et William Bosi, il s’agit d’une ligne aux allures futuristes, proposée par Shawn Raboutou. Les prises sont petites et le panneau très déversant (environ 65/70°). Les mouvements sont intenses et nécessitent un puissant gainage, et une technique d’expert, notamment au niveau des déplacements de pieds.

“J’ai grimpé dans “Alphane” les deux premiers jours du trip et, en fin de séance, j’ai mis rapidement les doigts dans “Big Paw” et “Forgotten Gem”, deux blocs majeurs juste à côté”, raconte Nico. Émerveillé par la beauté et la pureté de ces deux lignes, il décide alors de laisser de côté “Alphane” le lendemain, pour se consacrer uniquement à ces deux blocs, et tenter de les enchaîner dans la journée, avant que la pluie n’arrive. “J’y suis parvenu et j’en suis très content :)” Ce sont vraiment deux King Lines”.

“Big Paw” 8B+ : “Un bloc exceptionnel”

“C’est une superbe proue que nous avait fait découvrir Adam Ondra dans son film The Wizard Aprentice”, déclare Nico Pelorson. Ouvert par Dave Graham en 2008 et proposé à 8C, il a été répété pour la première fois quatre ans plus tard par Dai Koyamada. Cette ligne toute en compression a ensuite été décotée à 8B+ par Paul Robinson, qui a réussi à se rétablir au sommet de ce bloc quelques heures seulement après le passage d’Adam Ondra.

“Une approche technique et pas facile mène à un grand mouvement où il faut viser un bidoigt. S’en suit une petite fin délicate sur réglettes”, décrit Nico. “C’est vraiment un bloc exceptionnel.”

“Forgotten Gem” 8C : “On ne peut pas imaginer une plus belle ligne”

Quelques minutes après avoir réussi “Big Paw”, Nico Pelorson a jeté son dévolu dans “Forgotten Gem”, un 8C récemment répété par William Bosi. Comme son nom l’indique, ce bloc a été tenté par le passé par certains des meilleurs bloqueurs de l’époque, mais est ensuite tombé dans l’oubli, sans que personne n’ait réussi à en venir à bout. Ce n’est que très récemment que le mystère autour de ce bloc a été résolu, par l’Allemand Kim Marschner, qui a signé la première ascension de cette ligne, en février 2022.

“À mon sens, on ne peut pas imaginer une plus belle ligne”, s’extasie Nico. “Un diamant de 4 mètres, déversant à 30°, avec pile le bon nombre de réglettes pour que ça passe et que ça soit dur.”

“Aphane” 9A : encore plus beau qu’en vidéo !

Ayant réussi à enchaîner ces deux précédents blocs à la journée, le jeune Français de 25 ans est de retour dans son projet principal. “Il nous reste trois jours de vacances ici mais il va pleuvoir les trois jours. Je vais me concentrer sur “Alphane”, qui reste sec quel que soit le temps”.

En seulement deux jours de travail, Nico a réussi à enchaîner tous les mouvements de ce bloc intrinsèquement. Il en reste toutefois un qui lui pose encore problème, mais il reste confiant : “Je ne suis pas inquiet, ça fait que deux séances que je le travaille, je vais bien finir par trouver quelque chose”, déclare-t-il. Quoi qu’il en soit, cette nouvelle ligne semble motiver notre Français : “Ce bloc est vraiment super beau. Bien plus qu’en vidéo. Toutes les prises sont bonnes mais les pieds sont petits et le dévers imposant”.

Ayant déjà enchaîné et décoté deux autres blocs initialement ouverts en 9A (“Soudain Seul” et “No Kpote Only” à Bleau), c’est tout naturellement que nous avons interrogé Nicolas quant à la difficulté d'”Alphane” : “Pour la cotation, je ne me rends pas bien compte encore. Il me faut une ou deux autres séances pour me faire un avis.” Avant de finir : “L’ambiance ici est géniale, avec tout plein de grimpeurs super cool dans des blocs super durs. On se régale !!!”.

La vidéo de Nico Pelorson dans “Forgotten Gem” 8C :

 

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Trois nouvelles performances extrêmes pour William Bosi !

13 Nov

En quelques semaines à peine, l’Ecossais a enchaîné deux 8C, deux 8C+ et un 9A !

William Bosi ne s’arrête plus ! Après avoir répété “Alphane”, le 9A bloc de Shawn Raboutou (pour lequel il s’interrogeait sur la cotation, allant presque jusqu’à proposer la note de 8C+), William Bosi a de nouveau frappé sur le rocher.

Cette fois, il s’offre l’ascension de “Ephyra” un 8C+ situé en Suisse et ouvert par l’Américain Jimmy Webb en 2019. Ce bloc a la particularité de présenter un grand mouvement latéral en épaule très difficile.

Je suis très heureux et assez surpris d’avoir enchaîné ce super bloc de Jimmy Webb en seulement quelques jours ! Je l’avais brièvement essayé l’année dernière et j’avais l’impression d’être trop tendu au niveau de mes bras pour faire le mouvement crux. En revenant avec des épaules plus fortes, j’ai pu réussir le mouvement assez rapidement et finalement enchaîner le bloc depuis le sol 😁

En ce qui concerne le niveau, je pense que c’est un 8C+ d’entrée de gamme, définitivement plus dur que “Forgotten Gem” 8C mais plus facile que “Alphane” ou “Honey Badger”.”

Deux jours plus tôt, il enchaînait une autre ligne extrême de Chironico, “Forgotten Gem” un 8C que Bosi a qualifié “d’incroyable” et qui deviendra sûrement l’un des classiques du secteur dans quelques années selon lui. Enfin, toujours cette semaine, il s’offrait un nouveau 8B flash avec “Vecchio Leone” à Brione.

Au total, sur l’ensemble de l’année 2022, William Bosi a enchaîné dix 8B+, onze 8C, deux 8C+ et un 9A !

La vidéo de son ascension dans “Ephyra” 8C+ :

 

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William Bosi répète (et décote ?) “Alphane” 9A !

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Adam Ondra revient sur sa dernière performance engagée !

11 Nov

Suite à la dernière vidéo postée par Adam Ondra sur son ascension de “Falling into Presence”, le Tchèque a reçu de nombreux messages pour en savoir plus sur la particularité de l’ouverture des voies sur le grès tchèque. Il a donc décidé de revenir sur son processus d’ascension dans “Falling into Presence”, nous racontant en détails la véritable bataille qu’il a menée dans cette ligne très engagée !


Tradition et éthique sur le grès tchèque

L’escalade sur le grès tchèque est spéciale. Plus de cent ans de tradition, pas d’équipement à part quelques anneaux ou spits par ci et là, seulement des nœuds et des sangles comme protection supplémentaire, et uniquement des ouvertures depuis le sol. L’escalade est engagée, très technique, et quasiment toujours sous-cotée. Bien que je vive à environ 3 heures de plusieurs sites de grès, je ne grimpe généralement qu’une ou deux fois par an dans ce paradis. Mais je dois beaucoup à cet endroit. Le fait d’être exposé à ces grands espaces entre les points, de faire confiance à mes pieds sur ces prises inexistantes ainsi que le sentiment d’aventure que cela procure, m’a énormément aidé pour mes expéditions en grandes voies ou mes ascensions sur des murs tels qu’au Yosemite.


J’étais déjà prêt à faire une chute assez excitante !”

Adam Ondra


L’aventure ultime

Ouvrir de nouvelles voies sur du grès tchèque est quelque chose d’assez rare pour moi. Il faut grimper le plus haut possible, puis s’arrêter, parfois en utilisant un crochet, parfois en martelant un petit trou que l’on utilise pour s’accrocher, en plaçant un spit ou un anneau. Les règles de l’art imposent de ne pas nettoyer la voie en rappel, ni d’aller regarder les mouvements. De la pure aventure dans l’inconnu. C’est d’ailleurs pour moi la forme la plus pure du à vue : vous ne savez absolument rien, pas même si le passage est possible ou non. Un défi ultime ! Il y a dix ans, j’ai participé à l’ouverture d’une voie “To tu ještě nebylo”, XIIb dans l’échelle de cotation du grès (9a dans l’échelle de cotation classique). Je n’ai placé qu’un seul spit, celui qu’Ondra Beneš n’a pas pu placer, puis j’ai grimpé jusqu’au sommet.

© Petr Chodura

Rajouter un spit supplémentaire ? Je n’étais pas d’accord !

Cette année, j’ai contacté un grimpeur local et ami surnommé Tomajda, qui fait plus de premières ascensions que de répétitions de lignes existantes. C’est une vraie machine ! Il m’a parlé d’un vieux projet qu’il envisageait sur une tour proéminente appelée Vychodni roh à Labske udoli (vallée de l’Elbe). Incroyable, une pure ligne de 50 mètres avec une dernière partie sommitale extrême. Cette dernière section représentait justement un obstacle qui a empêché Tomajda de terminer la voie. Nous voulions la terminer ensemble. La première section est un beau passage en IXb (autour de 7a+ sur l’échelle classique, mais si vous n’êtes pas habitué à grimper sur du grès, elle vous paraîtra considérablement plus dure !). Ensuite, il y a un relais, auquel nous nous sommes tous les deux vachés avant de tenter la fameuse partie supérieure. D’ailleurs, cet endroit offre une exposition et un point de vue incroyable sur toute la vallée. Ensuite, il y a encore un spit, et puis plus rien. La question était de découvrir s’il était possible ou non de grimper cette dernière partie. Tomajda pensait qu’il serait possible de placer un spit supplémentaire, mais nous étions tous deux d’accord pour dire que ce serait tricher que de faire cela. Le sommet pouvait être grimpé sans danger sans ajouter de spit.

Quand rien ne marche…

Je décidais de m’aventurer en haut. Je réussis à faire quelques mouvements durs autour du dernier spit et continuais sur ma lancée. Puis, j’aperçois une parfaite épaule inclinée, je la prend et me dirige vers la prochaine prise, m’imaginant déjà au sommet. Mais voilà que je casse la prise ! Ensuite, j’ai essayé tout ce à quoi je pouvais penser, mais rien ne fonctionnait. Je suis allé à droite, à gauche, j’ai essayé de faire un jeté à l’aveugle, mais rien ! Placer un spit de plus aurait été si facile… C’était tentant, surtout que toute l’équipe de tournage était là et que rentrer les mains vides signifiait un échec non seulement du point de vue la performance mais aussi du point de vue du tournage.

© Petr Chodura

Une lueur d’espoir ?

Après plus d’une heure et demie de chutes constantes, c’était au tour de Tomajda d’essayer. Après quelques essais, il a imaginé un mouvement dynamique à l’extrême droite, où il y avait deux picots. Il n’arrivait pas à toucher la préhension, mais il était proche. Avec l’obscurité qui approchait, c’était à nouveau mon tour. Dans ma tête, j’avais déjà abandonné, pensant qu’il fallait que je revienne un autre jour, avec une peau fraîche, une bonne forme physique et les meilleures conditions pour réussir cette dernière partie de la voie. Mais j’ai essayé la méthode de Tomajda. J’ai à peine pu toucher le premier pic, et ça m’a fait mal. Puis j’ai essayé de faire un jeté sur le deuxième pic, et c’était encore pire. Ma dernière chance était de jeter sur une sorte de bosse juste entre les pics, qui semblait très mauvaise. J’ai quand même essayé. Et lors de mon essai suivant, j’ai pu sentir que c’était de loin la meilleure prise ! L’essai d’après, je l’ai presque tenue. Whoaaa ! J’allais réussir ! Nous avons bien ri avec Tomajda après que je sois tombé et que j’ai atterri sur lui. La nuit était presque là, et je savais que c’était maintenant ou… La prochaine fois !

Allez, c’est parti !

J’ai rassemblé tout mon courage, je me suis jeté désespérément vers ce mauvais plat à droite… Et je l’ai tenu ! Mais c’était loin d’être fini. Je suis maintenant au milieu de la dalle, avec très peu de lumière et à 3 mètres du sommet. J’ai délicatement attrapé une minuscule pince et un mono, hésitant un moment sur la direction à prendre, ne voyant rien au-dessus. J’étais déjà confronté à une chute assez excitante si je tombais là. Finalement, j’ai fait un gros blocage droit devant, et cela en valait la peine. Car un instant plus tard, j’étais au sommet et je souriais à Tomajda…

Une belle fin de journée

Quelques minutes après, nous étions tous les deux au sommet et nous écrivions nos noms dans le carnet de croix de la voie, qui comptait une nouvelle première ascension.

Note : la voie est terminée selon l’éthique locale, c’est-à-dire que ce n’est plus un projet car nous l’avons ouverte jusqu’au sommet. La cotation est XIa ou XIb dans l’échelle de cotation locale juste pour arriver au sommet. La cotation de l’enchaînement depuis le bas sera quelque part autour de XIIa, ce qui pourrait se traduire par 8c+. Pour cela, il faudra que je revienne…

© Petr Chodura

Voir la vidéo complète :

Vidéo : Adam Ondra, dans une voie où les prises semblent inexistantes !

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Mejdi Schalck répète le mythique “Off the Wagon” 8B+ et nous raconte !

10 Nov

Notre jeune espoir français Mejdi Schalck est venu à bout de l’un des blocs les plus iconiques de la planète : “Off the Wagon” 8B+, dans le Val Bavona, en Suisse. Il nous raconte ce qu’il qualifie comme “son meilleur moment de grimpe en extérieur”.

“Comment j’ai fait ?!  Comment j’ai fait ?!”, s’écrie Mejdi Schalck, alors qu’il est encore dans le bloc. Mais rien ne peut le faire tomber maintenant. Le jeune français de 18 ans, vainqueur de sa toute première Coupe du Monde de bloc plus tôt cette année, vient de passer le crux de l’emblématique “Off the Wagon” l’un des 8B+ bloc les plus célèbres de la planète. Comme si la gravité n’existait plus, il court vers le sommet, toujours aussi incrédule. “Mais comment j’ai fait ?” se répète-t-il de nouveau, ne réussissant pas à prendre conscience de sa performance.

Redescendu sur terre, Mejdi Schalck a pris le temps de répondre à sa propre question et nous raconte les coulisses de cette performance. “Je tenais vraiment à répéter ce bloc, tout simplement parce qu’il fait partie des blocs majeurs du monde”, explique-t-il.

Il faut dire que les mouvements en no-foot que propose cette ligne sont très spectaculaires. Au moment de son ascension du bloc en 2019, l’Américain Daniel Woods, l’un des bloqueurs les plus expérimenté de tous les temps, avait déclaré qu’il s’agissait de “l’une des séquences de mouvements les plus incroyables” qu’il n’avait jamais vus et du “jeté le plus technique” qu’il n’avait jamais fait.

Après avoir vu des dizaines de vidéos qui ne cessaient d’attiser la curiosité de Mejdi, il se décidait l’année dernière à faire un aller-retour express en Suisse, le temps d’un week-end, pour enfin mettre les doigts dans ce bloc. “J’ai réussi à faire le premier mouvement une fois, mais j’étais encore un peu trop limite pour faire la suite”, analyse le jeune compétiteur.

© Vladek Zumr

Une année plus tard (et une première médaille d’or en Coupe du Monde à son actif), Mejdi décide de revenir au pied de ce bloc, se sachant bien plus fort que la saison précédente : “Je savais que cette fois, ça pouvait faire“. Il décide d’y retourner une première fois pour recaler tous les mouvements et s’approprier les méthodes. “J’ai d’ailleurs changé une méthode de pied (j’ai redescendu mon pied droit sur la bonne marche assez basse), ce qui rendait le premier mouv un poil plus dynamique, mais ça me convenait vraiment mieux”, explique-t-il.

Au niveau du jeté, le mouvement si particulier dont parlait Daniel Woods, Mejdi raconte : “J’ai vite compris que je devais directement arriver la main armée avec les quatre doigts en arquée et le pouce sur la prise, c’était plus facile de faire le premier mouv, et beaucoup mieux pour le twist qui suivait”. Une fois les méthodes bien calées, le Français s’oblige à prendre deux jours de repos, afin d’arriver le plus frais possible physiquement et nerveusement au pied du bloc. “J’ai tout de suite senti la différence et à chaque essai, j’étais à rien de faire le premier mouvement”, poursuit-il.

Lors de son cinquième essai de la journée, Mejdi parvient enfin à réaliser le premier mouvement, mais il tarde un peu à recoller ses pieds contre le mur, et tombe dans le croisé. “Je savais que dans la séance, j’étais limité à 10 ou 15 runs grand maximum. Au bout du dixième essai de la journée, je ne parvenais toujours pas à refaire le premier mouvement, mais je ne me sentais pas encore complètement lessivé”, déclare-t-il, en repensant à ses essais infructueux.

Il décide alors de faire une pause pendant une demi-heure, pour souffler et se recentrer. Puis, il s’élance alors pour un nouvel essai. Cette fois, tout semblait parfait : Mejdi réussit le premier mouvement, sa main se posant exactement à l’endroit de la préhension. Ni une ni deux, il enclenche le mouvement de croisé. Son biceps ne faiblit pas et une nouvelle fois, ses doigts arrivent pile sur la prise. À ce moment là, Mejdi savait que le tour était joué. “J’étais super content et à la fois surpris d’avoir réussi”, note-t-il. “Répéter un bloc majeur, qui me faisait rêver depuis longtemps, ça fait rêver ! Ça donne envie de devenir encore plus fort et d’en faire plein d’autres !”.

Le Français compte bien revenir dès la saison prochaine pour essayer la version basse de ce bloc, qui vaut 8C+. Mais pour l’instant, retour à l’entraînement, afin de préparer la saison de compétition qui arrive à grands pas.

© Vanessa Winter

Pourquoi “Off the Wagon” est-il l’un des blocs les plus iconiques au monde ?

En 2005, l’un des meilleurs bloqueurs de l’Histoire, Dave Graham, décidait de s’installer dans le Tessin, en Suisse, attiré par le potentiel inépuisable de blocs durs. “Le nombre de projets est énorme ici. Pour moi, c’est le royaume du futur”, s’exclamait-il à l’époque. Ses premiers essais dans des blocs durs ont été filmés et présentés dans le documentaire Dosage III de Sender’s Film. Le film comprenait un court clip de l’Américain travaillant sur un bloc surplombant de 50° qui débutait par un départ sauté depuis une vieille remorque qui semblait abandonnée depuis des années au pied du rocher.

Un an plus tard, l’équipe de production Sender’s Film retourne au Tessin pour tourner Dosage IV, qui incluait cette fois des images de Chris Sharma dans ce même bloc. Le documentaire montre Sharma commençant à déchiffrer les méthodes, notamment un mouvement tout particulier qui consiste à effectuer un puissant croisé en no-foot. Bien qu’il ne réussira pas à signer une première ascension de ce bloc, sa méthode non-conventionnelle pour l’époque ouvrira la voie à de nombreux forts grimpeurs, qui tenteront ce bloc en utilisant la méthode en no-foot pensée par l’Américain. Pourtant, tous se font renvoyer au tapis face à la difficulté extrême de ce court passage.

Intrigué par ce bloc, le Finlandais Nalle Hukkataival commence lui aussi à le travailler, dès l’été 2006. Malheureusement, saison après saison, il est obligé de quitter la Suisse sans avoir réussi à dompter ce passage. Les années se succèdent et le bloc reste sans ascension pendant plus de six ans. Mais en novembre 2012, Nalle retourne dans le Val Bavona avec la ferme intention de réaliser la première ascension de ce projet de longue date, devenu son ennemi juré. Sa détermination l’emportera et le 21 novembre de cette même année, il réussira à vaincre tous les mouvements de ce passage et à se rétablir au sommet du bloc. Après avoir réussi la première ascension de ce bloc notoire, Nalle l’a nommé “Off the Wagon”, et a suggéré la cotation de 8C.

Mais alors que ce bloc était resté à l’état de projet pendant des années, il ne faudra attendre que deux jours pour qu’il soit enchaîné une seconde fois, par l’Allemand Jan Hojer. Comme beaucoup de bloqueurs de haut niveau, Hojer ne pensait pas réussir un jour “Off the Wagon”, comme il l’avait déclaré : “Je n’osais même pas rêver de ce bloc lorsque je l’ai vu dans le documentaire Dosage pour la première fois”. Mais inspiré par la récente ascension de Nalle, Jan a commencé à l’essayer et il est rapidement devenu évident qu’une répétition était possible. Après une vingtaine d’essais répartis sur deux sessions, Hojer a réussi à enchaîner le mouvement crux et a remporté la première répétition de cette ligne. Bien que ce passage soit difficile, il a suggéré une cotation personnelle de 8B+.

Ce bloc a de nouveau évolué en 2018, quand Shawn Raboutou et Giuliano Cameroni ont découvert la possibilité d’un départ bas. Ils ont remarqué une prise de départ un peu plus bas et ont commencé à plaisanter sur l’ajout d’un départ assis depuis la vieille remorque. Ils ne savaient même pas si cette extension du bas était possible, jusqu’à ce que Raboutou réussisse le mouvement, puis finisse par signer la première ascension de ce départ bas d'”Off the Wagon” le 27 novembre 2018. Il a suggéré la cotation de 8C+, ce qui en fait l’un des blocs les plus durs de Suisse et du monde.

Depuis l’ascension de Shawn, d’autres grimpeurs de classe mondiale ont revendiqué une ascension du départ assis. Certains, comme Daniel Woods et Jimmy Webb, optent pour un départ assis sur le chariot, d’autres comme Sergei Topishko ou Giuliano Cameroni, déplacent le chariot et partent debout depuis le sol. Qu’ils optent pour le départ bas ou le départ assis depuis la remorque, les prises de départ restent les mêmes.

Mais en janvier 2022, Sergei Topishko a tenté un départ assis depuis le sol cette fois, ajoutant deux mouvements supplémentaires au bloc. Bien qu’il n’ait pas été en mesure d’enchaîner cette nouvelle séquence, il s’agit sans aucun doute de la prochaine progression de ce bloc, devenu iconique à travers le monde.

La vidéo de Mejdi lors de son ascension dans “Off the Wagon” 8B+ :

 

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Pourquoi l’ascension d’ “Action Directe” par Buster Martin est-elle si particulière ?

09 Nov

Il y a quelques jours, le Britannique Buster Martin clippait le relais d'”Action Directe”. Il devenait alors le deuxième grimpeur de l’Histoire à avoir enchaîné à la fois “Hubble”, premier 8c+ au monde et “Action Directe”, premier 9a au monde.

Jusqu’au mois dernier, un seul grimpeur, Alex Megos, avait réussi à enchaîner à la fois le premier 8c+ mondial (“Hubble”) et le premier 9a de l’Histoire (“Action Directe”). Mais après avoir atteint le sommet de “Hubble” en 2020, le grimpeur britannique Buster Martin a rejoint l’Allemand Megos dans cet exploit, signant une ascension de l’emblématique “Action Directe” le 4 octobre 2022. Une vidéo de cette performance vient d’être publiée, détaillant l’expérience de Martin dans “Action Directe” et tout ce que signifiait pour lui l’accomplissement de ces deux voies, qui ont marqué l’Histoire de l’escalade.

Buster Martin est considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs britannique de tous les temps. Il est le deuxième grimpeur de son pays à avoir coché un 9a+ confirmé, avec son ascension de “First Ley” en novembre 2019. L’année d’avant, en 2018, il avait enchaîné “Rainshadow” 9a peu de temps après avoir fait une pause de quatre ans sans grimper. En atteignant le relais d'”Action Directe”, il est devenu le deuxième grimpeur de l’Histoire à avoir coché à la fois “Hubble” et “Action Directe”.

“Action Directe”, quelle voie ! C’est vraiment aussi fou que je l’avais imaginé. La ligne, les mouvements, le cadre et surtout l’histoire. L’héritage de Wolfgang, son dévouement et sa vision pour grimper quelque chose comme ça à l’époque, qui a inspiré tant de gens.”

Buster Martin

Située dans le Frankenjura, en Allemagne, “Action Directe” est une voie de 12 mètres, équipée par Milan Sykora dans les années 1980. Elle a été gravie pour la première fois par Wolfgang Güllich, le 14 septembre 1991, qui lui a attribué la cotation de UIAA XI, ce qui correspondait à l’époque à 8c+/9a. Les ascensions ultérieures ont permis de lui attribuer la solide cotation de 9a, faisant de cette ligne la voie étalon du neuvième degré. “Hubble”, située à Raven Tor en Angleterre, a été libérée par Ben Moon en juin 1990 et cotée 8c+.

Aujourd’hui, “Action Directe” compte près d’une trentaine d’ascensions. Celle d’Alex Megos, le 4 mai 2014 est l’une des plus mythiques, puisqu’elle aura demandé moins de deux heures de travail au phénomène allemand. Depuis, il l’aurait même grimpé au moins à quatre reprises. “Hubble” en revanche, a été beaucoup moins fréquentée, et ne compte qu’une douzaine d’ascensions en plus de 30 ans d’histoire. Il faut dire que le niveau de cette voie fait l’objet d’un débat qui semble éternel. Plusieurs grimpeurs de haut niveau, y compris Buster Martin, ont suggéré de lui attribuer la cotation de 9a. Enchaînée pour la première fois un an avant “Action Directe”, ce changement de cotation ferait alors de “Hubble” le plus ancien 9a du monde.

Quoi qu’il en soit, l’ascension de ces deux voies par Alex Megos et Buster Martin est historique, qu’il s’agisse des premiers 8c+ et 9a du monde ou des deux premiers 9a du monde.

La vidéo de l’ascension de “Hubble” par Buster Martin :

La vidéo de l’ascension d'”Action Directe” par Buster Martin :

 

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Jakob Schubert est actuellement en France et travaille l’une des voies les plus dures au monde !

08 Nov

Sur un coup de tête, Jakob Schubert a décidé de se rendre dans les gorges du Verdon, afin d’essayer une voie qui lui trotte dans le tête depuis quelque temps : “DNA”, un 9c libéré par Seb Bouin qui attend toujours une première répétition…

Enfin ! C’est le premier mot qui nous est venu à l’esprit en lisant le dernier post publié hier par Jakob Schubert. Enfin un grimpeur de classe mondiale essaye l’une des voies extrêmes libérées par Seb Bouin. Et pas n’importe laquelle : “DNA”, l’une des voies les plus dures du globe, proposée à 9c par l’expérimenté falaisiste français.

“Mes premiers essais dans “DNA””, a confié Jakob Schubert, en affichant sur les réseaux sociaux une photo de lui dans la voie. “J’ai pris la décision très spontanée de faire un petit tour à La Ramirole pour enfin découvrir cet endroit et regarder de plus près l’une des voies les plus dures du monde”, a-t-il poursuivi. Et l’Autrichien semble enchanté de ce voyage : “Je n’ai pas été déçu, ce rocher est dingue 😍. Comme je n’ai que quatre jours de grimpe sur place, mon objectif principal est de travailler “DNA”. Un grand respect à Seb Bouin pour avoir ouvert cette ligne incroyable, juste wow 🤩”, s’est exclamé le multiple vainqueur de Coupe du Monde.

“DNA” une voie colossale !

En avril 2022, Seb Bouin vivait l’un des moments les plus forts de sa vie de grimpeur en clippant le relais de “DNA”. Après avoir équipé cette ligne d’envergure en 2019, puis travaillé pendant les trois années qui ont suivi, se questionnant en permanence sur la faisabilité de la voie, il en venait à bout, au terme d’un combat incroyable.

Située dans le gros dévers de la Ramirole, dans les gorges du Verdon, la voie débute par une première partie d’une dizaine de mètres, qui vaut déjà 8c. Après un bon repos, arrive le premier crux : un mouvement atypique, qui consiste à lancer son pied droit de manière dynamique, comme on le voit souvent en compétition de bloc, avant d’aller chercher une colonnette très loin. Arrive ensuite le second crux dans la foulée, très physique, qui consiste à aller chercher une inversée depuis une très mauvaise pince. La voie se termine ensuite par un effort de résistance dans une dernière partie qui vaut 8c+.

“C’est la voie la plus difficile que j’aie jamais essayée et enchaînée. Cette voie marque une étape importante dans ma vie de grimpeur”, avait déclaré Seb Bouin quelques instants après la concrétisation de ses trois années d’efforts. Au total, il a comptabilisé plus de 250 essais dans la voie, répartis sur environ 200 jours de travail au total.

Jakob Schubert, prétendant sérieux à une première répétition ?

Concernant la cotation de la voie, Seb avait déclaré : “Je prends le risque de proposer la plus haute des cotations. Le 9c doit être pris comme une « proposition », et maintenant il faut que d’autres grimpeurs donnent leur avis, pour confirmer ou ajuster. C’est pourquoi j’aimerais inviter d’autres grimpeurs à venir essayer « DNA »”. Jakob Schubert semble avoir entendu le message. L’Autrichien est l’un des meilleurs grimpeurs de tous les temps, aussi fort en compétition que sur le rocher. À 31 ans, il compte près d’une cinquantaine de voies dans le neuvième degré et est l’un des six rares grimpeurs au monde à compter un 9b+ dans son carnet de croix (il avait signé la troisième ascension de “Perfecto Mundo” 9b+ à Margalef il y a trois ans jour pour jour).

Il y a quelques semaines, Jakob Schubert s’était rendu à Flatanger, aux côtés d’Adam Ondra, pour essayer “Project Big”, l’un des plus gros projets du monde et avait été tout proche de l’enchaînement. Plus récemment, il y a quelques jours à peine, il réalisait “Black Power” un 8c+/9a sur sa falaise locale dans le Tyrol. En d’autres termes, l’Autrichien semble très en forme ! Nous avons hâte de suivre ses progrès dans “DNA”…


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Boum ! Seb Bouin libère son gros projet “DNA” et propose 9c !

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Clément Lechaptois enchaîne son premier 8C+ bloc et nous raconte !

06 Nov

Le Français Clément Lechaptois a récemment réalisé son premier 8C+ bloc, en signant la troisième ascension de “Fuck the System” à Fionnay, en Suisse. Il nous raconte cette magnifique performance en détail.

“La disposition des prises et les mouvements dans ce bloc sont hors du commun”, s’enthousiasme Clément. “Je l’ai d’abord essayé avec Shawn Raboutou lorsqu’il le travaillait pendant l’été 2021 et j’ai assisté à son enchaînement. L’automne dernier, j’ai failli réussir à mon tour, mais ça n’a pas marché. J’ai tapé des runs sérieux jusqu’à tomber plusieurs fois au dernier mouvement dur du bloc (une grande relance dynamique sur une réglette correcte). Ce mouv était vraiment dur pour moi dans l’enchaînement car il arrive après six mouvements de toit vraiment physiques et exigeants en gainage“, a poursuivi le grimpeur de 29 ans.

Malheureusement, Clément ne réussira pas à achever son projet avant l’arrivée de la neige cette année là. “Avec du recul il me manquait peut-être un peu de marge dans ce mouv pour réaliser le bloc”, analyse-t-il.

“Fuck the system” était un vieux projet de Dave Graham à Fionnay. Il s’agit d’un départ plus bas et plus direct de “Foundation’s Edge”, un 8C que l’Américain avait ouvert en 2014. “Ce qui est cool c’est que les deux versions ne partagent pas de mouvement dur en commun, ce sont vraiment deux blocs indépendants dans la difficulté” explique Clément, qui avait réalisé “Foundation’s Edge” en octobre 2019.

Au printemps 2022, le Français retourne dans ce projet, après une belle saison au Tessin, et le travaille pendant quelques jours, aux côtés de Dave Graham, qui avait fini par en réaliser la première répétition, confirmant la proposition de 8C+ suggérée par Shawn Raboutou. Mais à ce moment, les conditions n’étaient pas propices à un enchaînement : “La plupart du temps, les prises du bloc étaient mouillées, alors je n’ai quasiment pas eu l’opportunité de taper de vrais essais. Par contre j’ai vraiment pu beaucoup travailler et optimiser le crux du bloc”, raconte Clément.

Cet automne, avec l’arrivée de bonnes conditions, le moment de vérité semblait proche : “Je suis d’abord revenu quelques fois pour me re-familiariser avec les mouvements et j’ai progressé de séance en séance” explique-t-il. Finalement, c’est juste après avoir assisté à l’enchaînement de sa compagne Marine Thévenet dans le 8B+ “Compass North” que Clément a fait la croix. “J’ai réussi à passer ce mouv du bas et ensuite, je suis passé en mode auto pour gérer la sortie en ~ 7C+, qui reste quand même dure, surtout dans l’enchaînement”.

© Robin Janvier

Il s’agit du premier 8C+ que Clément Lechaptois enchaîne, après avoir accumulé une solide expérience dans le 8C. C’est justement sur ce même bloc, en octobre 2019, qu’il réalisait son premier 8C avec “Foundation’s Edge”. Un an et une pandémie plus tard, il confirmait son niveau dans la cotation en enchaînant “The Understanding” à Magic Wood, qui sera suivi, en 2021, par “Crystal Ship” à Cresciano, puis de la première ascension de “Solitary Daze” à Fionnay et “Roadkill” à Val Bavona. Cette année, il avait déjà inscrit un 8C à son carnet de croix, avec la répétition de “Monkey Wedding” pendant un séjour à Rocklands.

Concernant son arrivée dans le 8C+ Clément commente : “Avec la méthode que j’ai utilisée pour enchaîner “Fuck the system” (qui est plus ou moins la même que Shawn) c’est certain que c’est le bloc le plus dur que j’ai fait. La séquence est vraiment géniale, et j’ai vraiment adoré chaque session dans le bloc. Shawn a proposé 8C+ et avait l’air bien sûr de lui. Il a bien plus d’expérience que moi par rapport à tous les blocs durs qu’il a grimpé un peu partout. Dave a trouvé un genou astucieux, et répété le bloc avec une autre méthode, j’ai essayé mais c’était trop morpho pour ma taille, alors je ne peux pas juger. C’est aussi certainement le meilleur pour trouver des astuces en ce genre”.

Clément nous confie avoir de nombreux autres projets, dans le Valais notamment. Interrogé sur une répétition potentielle d'”Alphane” le bloc dur du moment, il répond : “C’est un bloc incroyable et je l’ai déjà essayé. L’enchaînement semble vraiment difficile, mais c’est bien motivant…”

Affaire à suivre donc !

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L’enchaînement le plus rapide d’un 8C bloc ? Signé Aidan Roberts !

05 Nov

Aidan Roberts, qui a réalisé il y a deux semaines la première répétition d'”Alphane” 9A (possiblement décoté à 8C+ par William Bosi), fait de nouveau la une de notre magazine, en signant cette fois ce qui semble être l’ascension d’un 8C bloc la plus rapide de l’Histoire !

“J‘ai été surpris de me retrouver au sommet, je m’attendais juste à essayer la section du bas”. C’est une autre oeuvre de Shawn Raboutou qu’Aidan Roberts vient de réaliser. Après avoir signé la première répétition d'”Alphane”, le grimpeur Britannique a confirmé son excellente forme du moment en enchaînant “Child of Hell” 8C dès son premier essai depuis le bas.

Alors que les températures sont bien supérieures aux moyennes saisonnières, Aidan Roberts a décidé de prendre de la hauteur et s’est rendu au col du Saint-Gothard, en Suisse, situé à plus de 2000 mètres d’altitude. Son but ? Trouver de la fraîcheur et enchaîner la sublime proue en 8B nommée “Stairway to Heaven”, véritable bloc phare du secteur. Après avoir très rapidement fait la croix, le Britannique a profité de la corde encore en place (qu’il avait utilisée pour déchiffrer le passage), pour regarder de plus près “Child of Hell” un 8C situé sur le même bloc, libéré par l’Américain Shawn Raboutou.

Après avoir brièvement essayé le crux à la corde, Aidan est redescendu et s’est lancé dans un essai depuis le sol, sans avoir essayé les premiers mouvements au préalable. Qu aurait cru que quelques secondes plus tard, il se retrouverait déjà au sommet du bloc ? Lui-même ne s’y attendait pas. Il raconte : “Le crux de ce bloc tourne principalement autour d’une petite épaule droite, ce qui le rend bien sûr physique, mais le plus dur se joue dans les pieds : les prises de pieds sont très mauvaises et très hautes ! J’ai donc utilisé la corde pour trouver les meilleures prises de pieds pour moi. Quand je suis parti depuis le sol, j’ai été surpris de me retrouver au sommet, je m’attendais juste à essayer la section du bas (c’est environ 7C+ jusqu’au crux). J’avais l’esprit très clair pendant que je grimpais, je pense que c’est l’état d’esprit que j’ai conservé depuis que j’ai enchaîné “Alphane”. Ça semble porter ses fruits.”

En effet, un 8C bloc répété au premier essai depuis le sol, quelques minutes après avoir enchaîné un 8B, démontre l’incroyable niveau du bloqueur britannique.

Pour en savoir plus sur lui, lisez vite l’interview qu’il nous a accordée suite à sa répétition d'”Alphane” il y a quelques jours :

Interview d’Aidan Roberts, premier répétiteur d’Alphane, 9A bloc

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Seb Bouin propose le premier 9b+ d’Amérique !

04 Nov

Seb Bouin vient une nouvelle fois de rentrer dans l’Histoire, en proposant la voie la plus dure d’Amérique : “Suprême Jumbo Love” 9b+ en Californie.

En 1986, le Français Jean-Baptiste Tribout avait frappé fort, en proposant la voie la plus dure des États-Unis avec “To Bolt or not to be”, le premier 8b+ de l’Histoire. Trente-six ans plus tard, c’est un autre Français qui s’illustre aux USA reproduisant un scénario similaire : Seb Bouin vient en effet de libérer la voie la plus dure du continent, proposant une nouvelle ligne en 9b+.

Il s’agit de “Suprême Jumbo Love”, qui n’est autre qu’une version plus directe de “Jumbo Love”, le 9b confirmé du monde, qu’il a répété quelques jours plus tôt. Cette variante directe ajoute 20 mètres de 9a avant de rejoindre “Jumbo Love”. Ce départ direct avait déjà été essayé par Chris Sharma en 2010, deux ans après avoir réalisé la première ascension de “Jumbo Love”. L’Américain avait trouvé la ligne très belle, mais n’avait pas réussi à concrétiser ce projet.

Cette voie et cette falaise sont dans mon esprit depuis que j’ai commencé à grimper. Terminer ce trip en enchaînant le départ direct ne pouvait pas être plus parfait – Seb Bouin

Le Français a avoué avoir failli tomber dans la dalle finale de cette ascension de 70 mètres, qui, selon lui, est délicate et nécessite beaucoup de lucidité après une voie aussi longue et physique. “Le premier 9a est assez délicat et technique, et il est facile de tomber, même si vous avez la marge physique”, explique-t-il. “Ensuite, vous avez le crux de “Jumbo Love”, où il est définitivement possible de tomber, même si vous avez la puissance nécessaire, il est si facile de louper le monodoigt !”. Seb a déclaré que les placements étaient très importants, car il faut “de l’énergie pour enchaîner toutes les parties résistantes pour atteindre la lèvre du surplomb”. Finalement, le plus dur est d’enchaîné toutes les parties de cette énorme voie de 70 mètres.

La première fois que Seb a réussi à franchir le départ direct, c’était à son troisième essai de la journée. “J’étais clairement trop fatigué pour avoir une chance de passer la section principale de “Jumbo Love””, a-t-il déclaré. “Pour être capable de tout enchaîner, je savais que je devais faire la faire dès le premier essai de la journée”. Puis, lors d’une nouvelle journée dans la voie, la magie a opéré. “Parfois, tout se met en place : la forme, les conditions, les vibrations positives, les amis, le caméraman, la chance”, a-t-il conclu. “Je sais que ça n’arrive pas souvent, alors je suis très reconnaissant de vivre de si grands moments quand ça arrive.”

En ce qui concerne la difficulté de la voie, Seb Bouin a procédé de manière très scientifique. Un 9a + un 9b = 9b+. Si la cotation est confirmée, “Suprême Jumbo Love” deviendrait la voie la plus dure d’Amérique. Il s’agit de la 75ème voie dans le neuvième degré du falaisiste Français et de son premier 9b+. Dans ses précédentes premières ascensions, il avait souvent attribué la note de 9b/+, mais cette fois, “Suprême Jumbo Love” semble un cran au-dessus. Notons que ce printemps, Seb avait clippé le relais de “DNA” à la Ramirole, et proposé la cotation de 9c.

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Katherine Choong enchaîne son projet de l’automne en 8c+

03 Nov

La grimpeuse suisse Katherine Choong a encore frappé en signant la première ascension féminine de “E-Space Challenge” 8c+ au Précipice de Corbière, dans le Vercors.

Son projet de l’automne est tombé ! Katherine Choong a réussi à clipper le relais de “E-Space Challenge”, un 8c+ situé au Précipice de Corbière, en France. Cette voie est née de l’idée de Nicolas Glée, co-gérant des salles d’escalade Espace Vertical, et shaper pour la marque de prise E-Space Climbing Holds. En 2018, il équipe cette ligne déversante très difficile, et lance un challenge : le premier grimpeur à enchaîner cette voie remportait 1000 € de prises E-Space. C’est alors l’Allemand Sebastian Halenke qui avait signé la première ascension de cette voie. Pensé comme un 9a, Arthur Guinet, premier répétiteur de la voie a proposé de la décoter à 8c+, ce qu’a confirmé Tanguy Mérard, le troisième ascensionniste.

La Suissesse Katherine Choong avait fait de cette ligne son objectif principal de l’automne. “Il s’agit d’un combat de résistance dans un mur très déversant, qui débute avec une première longueur en 8a+ et monte crescendo jusqu’au crux situé juste sous le relais qui consiste en un jeté suivi de quelques mouvements difficiles très physiques”, décrit-elle.

Après avoir chuté trois fois dans ce passage, elle a réussi, le mardi 18 octobre, à arriver au sommet. Au total, il ne lui a fallu que six jours de travail pour enchaîner cette voie, sans genouillères, comme le précise.

La grimpeuse suisse de 30 ans compte déjà deux 9a à son actif, “Jungfrau Marathon” enchaîné à Gimmelwald en 2019 et “La Cabane au Canada” à Rawyl en 2018. Il y a un mois, elle faisait équipe avec Solène Amoros pour enchaîner “Alibaba” 8a+, une grande voie emblématique.

Un duo féminin enchaîne l’une des grandes voies les plus majeures de France !

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William Bosi répète (et décote ?) “Alphane” 9A !

02 Nov

William Bosi vient de signer la troisième répétition d'”Alphane”, proposé comme 9A bloc. Mais le Britannique confirme-t-il vraiment cette emblématique cotation ? Pas si sûr…

Il y a quelques jours, c’est le discret mais non moins très fort grimpeur Aidan Roberts qui faisait la une de l’actualité, après avoir revendiqué la première répétition d'”Alphane”, un 9A bloc libéré par l’Américain Shawn Raboutou. Une ligne qui semble être dans la ligne de mire de nombreux forts grimpeurs, puisque c’est au tour de William Bosi de se rétablir au sommet de ce bloc très physique.

Au printemps dernier, l’Ecossais de 23 ans essayait déjà ce passage, au même moment que Shawn Raboutou, qui avait alors réussi à en signer la première ascension. De retour à Chironico, en Suisse, il aura fallu une dizaine de séances supplémentaires à William Bosi pour faire la croix à son tour.

Pourtant, rien ne semblait jouer d’avance : “Il y a encore quelques jours, je n’étais pas sûr de pouvoir enchaîner “Alphane” durant ce trip. Les températures ont été très élevées et les jours de pluie ont laissé la roche humide. Cependant, l’équipe ici a réussi à garder le moral et finalement, toutes les pièces se sont assemblées. Les mouvements de cette ligne sont vraiment magnifiques et après un long moment passé à travailler ce bloc, je suis très heureux d’avoir pu signer la troisième ascension”, a-t-il expliqué.

“Alphane” vaut-il vraiment 9A bloc ?

Les répétitions relativement rapides d’Aidan Roberts et de William Bosi pourraient laisser penser qu'”Alphane” est peut-être un peu plus facile que 9A bloc. Dans une interview qu’il nous a récemment accordée, Aidan nous confiait : “Tout ce que je sais c’est que la proposition à 9A a été faite par un groupe de grimpeurs parmi lesquels on retrouve les meilleurs grimpeurs du monde: Daniel Woods, Dave Graham, Jimmy Webb, Giuliano Cameroni, Matty Hong et bien évidemment Shawn Raboutou. C’était un grand sujet de discussion, et je crois que tous ces grimpeurs sont mieux placés que moi pour proposer une cotation”.

Interrogé sur la cotation, William Bosi semble réticent à confirmer le 9A : “J’ai personnellement l’impression que “Honey Badger” [Un 8C+ au Peak District qu’il a libéré cet été] représentait un plus grand challenge pour moi. À l’époque, proposer une cotation pour ce bloc était intimidant car c’était mon premier 8C+. Et plus l’on monte dans l’échelle de cotation, plus il devient difficile de coter les blocs car les qualités personnelles de chacun entrent vraiment en jeu. Est-ce un 9A ? Honnêtement, je ne sais pas. Peut-être qu’avec un peu plus d’expérience dans ce niveau de difficulté, j’aurai une meilleure opinion. Mais c’est une ligne fantastique établie par Shawn et j’ai hâte de voir des grimpeurs plus expérimentés commenter la cotation de cette ligne”.

William Bosi, łe bloqueur le plus actif du moment !

William Bosi est décidément en grande forme. Si la palme du grimpeur le plus productif du moment devait être accordée à un grimpeur, alors elle lui reviendrait incontestablement. Pour cause, depuis le début de l’année, il a enchaîné pas moins d’une douzaine de blocs dans le 8C et plus.

Au printemps, l’Écossais s’était rendu en République Tchèque pour grimper avec Adam Ondra et cet été, il a proposé le bloc le plus difficile du Peak District, “Honey Badger” 8C+.

Voici ses douze meilleures performances depuis le début de l’année :

  • “Alphane” 9A (8C+ ?)
  • “Honey Badger” 8C+ (première ascension)
  • “Beautiful Mind” 8C (première ascension)
  • “Outliers” 8C (première ascension)
  • “Trance” 8C (première ascension)
  • “Silent Singer” 8C
  • “Iceberg” 8C
  • “Tekute Stesti” 8C
  • “Ghost Rider” 8C
  • “Bulbasaur” 8C (première ascension)
  • “Pata Ledovce” 8C
  • “Drift” 8C

À voir :

Le film retraçant la première ascension de Shawn Raboutou dans “Alphane” :


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“Alphane”, 9A bloc répété par Aidan Roberts

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Jaïn Kim revient avec un objectif clair en tête : les J.O de Paris 2024 !

31 Oct

Lors des championnats d’Asie en Corée du Sud, l’une des grimpeuses les plus performantes de l’Histoire des compétitions a fait sa réapparition sur la scène internationale après une pause de près de trois ans.

La longue pause de Jaïn Kim n’a toutefois pas été imposée par une blessure, mais plutôt par un heureux événement. “En fait, je me demandais si je pourrais un jour reprendre la compétition en tant qu’athlète, car j’ai marqué une pause de deux ans après ma grossesse”, a déclaré la Coréenne. “Cependant, j’ai décidé d’être une maman dont ma fille sera fière, une maman qui n’abandonne jamais. Ce n’était pas facile de m’entraîner et d’élever mon bébé en même temps.”

Au cours des Championnats asiatiques, Jaïn Kim s’est qualifiée pour les finales de l’épreuve de difficulté et a terminé troisième. “Je suis montée sur le podium lors de ma première compétition après une longue pause, grâce au soutien de ma famille et de mes amis qui m’ont beaucoup encouragée. Honnêtement, même si je n’ai gagné qu’une médaille de bronze, je me suis sentie encore plus heureuse que si j’avais gagné l’or” a déclaré la grimpeuse de 34 ans.

Jaïn Kim est la grimpeuse sud-coréenne la plus populaire et la plus titrée de tous les temps, avec une quantité impressionnante de médailles remportées en Coupe du Monde : 30 médailles d’or, 14 d’argent et 17 de bronze. Elle compte également un titre de Championne du Monde de difficulté remporté à Gijon, en Espagne, en 2014.

La route vers les Championnats continentaux était loin d’être facile pour elle : “Même si je n’ai pas obtenu un résultat satisfaisant au Championnat national de Corée en mars, j’avais tout de même ma place pour participer au Championnat asiatique de difficulté. Cependant, en raison d’une blessure au doigt, je n’ai pu commencer à m’entraîner qu’après plusieurs mois de rééducation. Je n’ai pas pu participer aux Coupes du Monde de difficulté cette année parce que je ne me sentais pas assez prête. J’ai préféré me préparer en douceur et tenter de récupérer ma condition pour ce Championnat d’Asie à Séoul”, raconte-t-elle.

© KAF

Lorsqu’on lui demande quel est son objectif pour les deux saisons à venir, Jaïn Kim a un plan assez clair en tête : “Je pense que mon défi en tant que grimpeuse et mère de famille ne fait que commencer. Mon objectif actuel est d’aller chercher ma qualification pour Paris 2024. Bien sûr, les Championnats d’Asie m’ont donné beaucoup de motivation. Je ne suis pas sûr de pouvoir maintenir mes performances au même niveau qu’avant, mais je veux faire de mon mieux et je n’abandonnerai pas”.

Aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, la Corée du Sud était représentée par deux grimpeurs : l’étoile montante Chaehyun Seo (qui s’est imposée en finale des Championnats d’Asie) et le bloqueur expérimenté Jongwon Chon.

Outre Seo et Chon, l’équipe coréenne semble s’étoffer de jeunes talents à l’image de Dohyun Lee, 20 ans, médaillé d’argent à la Coupe du Monde d’Innsbruck cette année, ou encore les spécialistes de la vitesse Seungbeom Lee et Jeong Jimin, qui ont respectivement 22 et 18 ans.

“L’escalade est en plein essor en Corée du Sud, en ce moment”, confirme Jaïn Kim. “Des gens qui ne connaissent même pas ce sport veulent en faire. Et de plus en plus de salles de bloc ont ouvert dans les villes. Il est toutefois un peu décevant qu’elles se concentrent principalement sur les niveaux débutants et intermédiaires. L’infrastructure pour les seniors ou les athlètes n’est pas encore suffisante, mais j’espère qu’elle sera bientôt de plus en plus développée”.

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Red Bull Dual Ascent : un suspens jusque dans les derniers mètres !

30 Oct

Alberto Ginés López et Luka Potočar ont remporté la première édition du Red Bull Dual Ascent, sur le barrage de Verzasca, en Suisse. Et la victoire s’est jouée dans les derniers mètres : alors qu’ils pensaient avoir perdu, le duo de compétiteurs est passé devant Domen Škofic et Jernej Kruder dans la toute dernière longueur !

25 mètres de grimpe en 6c. Un échauffement. Suivaient 18 mètres de 7a+, 32 mètres de 7b+, 30 mètres de 7c, 25 mètres de 7b, et enfin, 18 mètres de 8a pour couronner le tout. Ces six longueurs constituaient la grande voie du Red Bull Dual Ascent, la première compétition de grandes voies jamais organisée. Deux voies identiques, côte à côte, culminant à 220 mètres de haut, avaient été spécialement tracées par une équipe d’experts sur le barrage de Verzasca, en Suisse. Il ne manquait plus qu’à inviter seize des meilleurs athlètes mondiaux, répartis en binômes, pour se battre en duel sur ce mur.

Et après trois jours de compétition, tout s’est joué dans les dernières minutes. Un moment qui a servi de véritable leçon à l’équipe vainqueur : toujours y croire, et ne jamais abandonner !

C’est en effet dans la dernière longueur de la grande voie que l’Espagnol Alberto Ginés López et le Slovène Luka Potočar ont dépassé les deux autres Slovènes finalistes Domen Škofic et Jernej Kruder, pour s’emparer de la première place. Mais ce ne fut pas sans bataille ! “Nous étions derrière eux pendant presque toute la voie”, explique Alberto, premier champion olympique de l’Histoire de l’escalade. “Pour tout vous dire, nous avions même prévu de prendre notre temps et d’aller doucement dans la dernière longueur, parce que nous pensions que nos chances de gagner avaient disparu, alors nous voulions juste assurer et finir sans tomber.”

Mais c’est alors que Jernej Kruder, alors en tête, est tombé et a dû recommencer au pied de la longueur. Un rebondissement inattendu, qui a permis à Alberto Ginés López de prendre la tête ! “J’ai simplement dit à Luka de se battre ! Une fois que Jernej a chuté malencontreusement (sûrement dû à une trop grande prise de risque), j’étais déterminé à fond, bien que je sois épuisé. Je suis tellement heureux d’avoir passé un moment comme celui-ci”, dit-il. “Tout était plus difficile avec la chaleur, nous avons vraiment dû nous battre sur chaque longueur !”.

Notons qu’avant-hier, lors de la journée de repos séparant les qualifications des finales, Alberto Ginés López  a passé une heure à essayer le célèbre 8C+ bloc “Poison the Well”, jusqu’à ce que la nuit tombe. Quinze heures plus tard, il se retrouvait au sommet de la grande voie et prenait dans ses bras son coéquipier, le vainqueur du classement général des Coupes du Monde 2022, Luka Potočar, totalement épuisé et en sueur.

Pour Domen Škofic et Jernej Kruder, ce fut une légère déception de manquer la première place, mais une grande émotion d’être là et d’avoir vécu ce moment de compétition inédit. “On savait que l’on avait de grandes chances de gagner, mais on voulait avant tout offrir le meilleur spectacle possible”, raconte Jernej. “Et lorsque vous poussez à la limite, des erreurs peuvent se produire, comme ce fut le cas dans la dernière longueur. Être en finale était déjà une belle victoire !”.

Cette grande voie incroyable, dans un endroit tout aussi incroyable, a rendu le Red Bull Dual Ascent unique. La nature même de l’escalade en grande voie fait qu’il est difficile d’organiser de “vraies” compétitions. En falaise, une seule équipe peut grimper en toute sécurité à la fois. Ainsi, les conditions changeantes font que les compétiteurs ne pourront jamais grimper exactement dans les mêmes conditions. Les deux voies parallèles tracées sur le barrage de Verzasca, conçues sur mesure pour le Red Bull Dual Ascent, ont changé tout cela. Grâce à ces voies artificielles, une compétition de grandes voies a pu être imaginée, mettant à l’épreuve, la force, la résistance et la vitesse des grimpeurs.

Si certains athlètes, comme Sasha DiGiulian, avaient déjà une forte expérience en grande voie, pour d’autres, comme la bloqueuse suisse Petra Klingler, il s’agissait d’une première. “Je ne suis pas habituée à avoir autant de vide sous mes pieds”, a-t-elle déclaré. “J’étais vraiment hors de ma zone de confort !”. Néanmoins, avec son partenaire français Louna Ladevant, elle est parvenue à décrocher la quatrième place. “Ce qui est cool, c’est qu’en tant que grimpeuse, j’ai l’habitude de me battre pour mon propre résultat, alors qu’ici, nous étions une équipe”, raconte-t-elle. “Louna a calmé mes nerfs et m’a donné confiance en moi. Sans lui, j’aurais paniqué !”

Les Italiens Stefano Ghisolfi et Marcello Bombardi ont décroché la troisième place, au terme de la petite finale. “C’était une expérience unique, ma première grande voie à moi aussi”, déclare Stefano. “La gestion de la corde et ses manipulations étaient difficiles, je suis plutôt habitué à assurer depuis le sol. En hauteur, tout est plus compliqué. Mais nous avons obtenu la troisième place, et nous ne pouvions pas imaginer un meilleur résultat !”.

La principale conclusion de tous les participants ? Cet événement a été un grand succès : des voies uniques et difficiles, dans un endroit incroyable, permettant à certains des meilleurs grimpeurs du monde de faire le spectacle. La seule question qui se pose maintenant est de savoir quand et où aura lieu le prochain Red Bull Dual Ascent. Nous ne le savons pas encore, mais la nouvelle ne devrait pas tarder.

Des drones et des caméras fixes couvraient l’intégralité des finales du Red Bull Dual Ascent. Le Youtubeur Magnus Midtboe, avec ses 1,5 million d’abonnés, était également présent afin de filmer des épisodes pour sa chaîne. Plutôt que de proposer un live lors des finales, Red Bull a fait le choix de produire un mini-documentaire, qui sortira prochainement.


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Red Bull Dual Ascent : les résultats des qualifications

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Drew Ruana répète l’un des blocs les plus durs de Daniel Woods

29 Oct

Il s’agit de la première répétition de ce bloc extrême ouvert par Daniel Woods il y a près de dix ans.

Il y a quelques semaines, Drew Ruana avait déclaré avoir enchaîné trois blocs dans le huitième degré (un 8C, un 8B+ et un 8C+) sans en donner les noms, le tout en 48 heures. Certaines rumeurs affirmaient que le 8C+ n’était autre que “The Ice Knife Sit” un bloc resté vierge de toute ascension depuis la première ascension de Daniel Woods en 2013. Drew vient finalement d’officialiser son ascension sur les réseaux sociaux, confirmant qu’il avait enchaîné “The Ice Knife Sit”.

C’est donc au début du mois, le 5 octobre, qu’il a signé la première répétition de cette ligne libérée par Daniel Woods. Dave Graham avait d’abord réalisé la version debout de ce bloc. Puis, Daniel Woods avait proposé une version assise, qui ajoute une séquence de cinq mouvements en 8B très complexes permettant de rejoindre la version debout. “Le style de ce bloc est différent de tout ce que j’ai grimpé jusqu’à présent”, avait-il déclaré au moment de son ascension. “Les prises nécessitent une bonne adhérence et les mouvements requièrent de l’équilibre et sont vraiment étranges”. 

Dans son post, Drew Ruana a déclaré qu’il s’agissait de son bloc le plus dur à ce jour et certainement celui qui lui avait demandé le plus de travail, après avoir passé plus de 35 jours à tenter cette ligne.

On ne compte plus les 8C et 8C+ que ce jeune grimpeur de 22 ans a déjà enchaîné. Ancien compétiteur, il avait décroché la 8ème place aux Championnats du Monde en 2019. Il a ensuite décidé d’arrêter la compétition après avoir manqué sa qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Depuis, il s’est consacré au bloc en extérieur et a réalisé quelques-unes des plus grosses performances mondiales. Au total, il a réalisé plus de 80 blocs dans le 8B+ et plus dont cinq 8C+. Un grimpeur qui, comme Aidan Roberts, William Bosi ou Shawn Raboutou, représente le futur du bloc mondial !

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Red Bull Dual Ascent : les résultats des qualifications

28 Oct

Après deux jours de qualification sur le barrage de Verzasca, nous connaissons les noms des grimpeurs qui s’affronteront en finale du Red Bull Dual Ascent, la première compétition de grandes voies en duel.

James Bond, joué par Pierce Brosnan, s’est jeté en 1986 à l’élastique du haut du barrage de Verzasca de 220 mètres dans le pittoresque Val Verzasca, en Suisse. Trente-six ans plus tard, ce barrage est à nouveau le théâtre d’une action spectaculaire : 16 des meilleurs grimpeurs mondiaux se sont mesurés par équipes de deux lors du Red Bull Dual Ascent, la première compétition d’escalade en grande voie.

Angie Scarth-Johnson, qui vivait sa toute première expérience en grande voie, a fait équipe avec Sasha Digulian, experte de la discipline. “Les deux premières longueurs étaient si intimidantes que je me suis juste laissée aller une fois face au mur. Honnêtement, c’est l’une de mes meilleures expériences d’escalade. Je suis tellement épuisée mais j’ai trop envie de recommencer. Je n’ai jamais ressenti autant d’émotions d’un coup”, a déclaré la grimpeuse australienne, qui a enchaîné son premier 8b à 9 ans. Sa partenaire Sasha DiGiulian, qui a récemment fait la une de notre magazine après avoir enchaîné “Rayu” (une grande voie de 610 mètres composée de 15 longueurs et cotée 8c), a ajouté qu’elle n’avait jamais eu les avant-bras aussi gonflés.

Mercredi et jeudi, huit duos de grimpeurs se sont affrontés dans une grande voie de six longueurs, tracée sur le barrage de Verzasca. “Les grimpeurs expérimentés en grandes voies ont eu un léger avantage dans les manips de corde et l’aspect tactique, tandis que les grimpeurs de compétition ont été plus familiers avec les mouvements blocs proposés dans les longueurs”, a déclaré Simon Margon, ouvreur sur cet événement.

Au terme des qualifications, les duos Jernej Kruder/Domen Skofic et Alberto Gines Lopez/Luka Potocar ont été les plus rapides. Le vainqueur de la Coupe du Monde, Luca Potocar, et le champion olympique, Alberto Gines Lopez, ont été tout aussi ravis, parlant de cet événement comme une expérience unique. “Nous sommes des compétiteurs, nous sommes donc habitués à faire des mouvements fous sur des prises en résine, mais c’est épuisant de combiner plus de deux longueurs d’affilée”, ont-ils avoué. Ils s’affronteront donc demain à 13h30, juste après que la petite finale composée de Stefano Ghisolfi/Marcello Bombardi et Petra Klingler/Louna Ladevant ait eu lieu (11h00).

Les finales seront diffusées en direct samedi. Les caméras et les drones ne manqueront pas pour couvrir les voies de 180 mètres.

Petite finale – 29/10 11h00

Stefano Ghisolfi/Marcello Bombardi VS Petra Klingler/Louna Ladevant

Finale – 29/10 13h30

Jernej Kruder/Domen Skofic VS Alberto Gines Lopez/Luka Potocar

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La grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi est-elle toujours en danger ?

27 Oct

Elnaz Rekabi aurait été arrêtée et placée en résidence surveillée après des excuses “forcées”.

Le 16 octobre, la grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi participait aux finales des Championnats d’Asie sans hijab. Les inquiétudes concernant sa sécurité se sont accrues après qu’elle ait été portée disparue à l’issue de l’événement. Trois jours plus tard, elle est apparue devant les caméras, s’excusant auprès des journalistes de ne pas avoir porté son hijab. Elle a publiquement déclaré que l’absence de son voile avait été un accident “totalement involontaire” après avoir été appelée plus tôt que prévu pour grimper.

Mais ses déclarations auraient été faites sous la contrainte. D’après la BBC perse, Rekabi aurait été arrêtée directement après son allocution télévisée. Accueillie à l’aéroport comme une héroïne par des centaines de personnes qui scandaient son nom, la grimpeuse ne serait pas rentrée chez elle. Portant un sweat à capuche et une casquette noire, elle a été vue montant dans un van après l’interview. Selon la BBC, elle a rencontré le ministre iranien des sports le lendemain, portant les mêmes vêtements, ce qui a éveillé les soupçons quant au fait qu’elle n’était pas rentrée chez elle.

Toujours d’après la BBC, Elnaz Rekabi serait maintenant assignée à résidence et certaines sources affirment que le frère de Rekabi aurait été arrêté également.

Elnaz Rekabi au moment de son allocution télévisée à l’aéroport de Téhéran.

Mais le gouvernement iranien a indiqué que Rekabi était “maintenant avec sa famille”, niant toutes les accusations. Pourtant, les forces de sécurité iraniennes ont l’habitude de punir les athlètes et les personnalités politiques dissidentes.

“Avant de se rendre à Séoul, Rekabi a été contrainte de remettre un chèque de 35 000 euros et d’accorder une procuration complète à la fédération iranienne d’escalade pour vendre les biens de sa famille”, a déclaré la source à BBC. La rumeur veut que les athlètes soient tenus de remettre ce type de garanties pour éviter qu’ils ne fassent défection.

Pour cause, ces dernières années, une trentaine d’athlètes iraniens ont fait défection dans d’autres pays pour éviter d’être punis pour avoir protesté contre le régime ultraconservateur. Kimia Alizadeh, médaillée de bronze en taekwondo aux J.O de Rio en 2016 (et première médaillée olympique iranienne), s’est par exemple réfugiée en Europe après avoir annoncé qu’elle ne voulait pas faire partie de “l’hypocrisie, des mensonges, de l’injustice et de la flatterie.” Shohreh Bayat et Mitra Hejazipour, deux joueuses d’échecs iraniennes, ont quitté l’Iran après avoir été exclues de la fédération nationale pour ne pas avoir porté leur hijab. Saeid Mollaei, champion du monde de judo 2018, a refusé de rentrer en Iran après avoir défié les ordres de se retirer d’un match qui, s’il avait gagné, l’aurait opposé à un adversaire israélien (l’Iran a interdit aux athlètes de concourir face à des Israéliens). “Même si les autorités de mon pays me disent que je peux rentrer sans problème, j’ai peur”, avait déclaré Mollaei. “J’ai peur de ce qui pourrait arriver à ma famille et à moi-même”.

Depuis quelques semaines, des manifestations (au cours desquelles plus de 250 personnes auraient été tuées et des milliers arrêtées), ont été déclenchées après la mort de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation pour port de vêtements “inappropriés”, dans le cadre du renforcement des restrictions imposées par le président Raisi.

Elnaz Rekabi, première grimpeuse iranienne à avoir été médaillée aux Championnats du Monde, est devenue un symbole du mouvement anti-régime qui a balayé l’Iran au cours des cinq dernières semaines. Il s’agit peut-être de la première révolution de l’histoire à être menée par des femmes. Les manifestants réclament de vastes réformes, notamment le port facultatif du hijab pour les femmes. La travailleuse caritative irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, qui a passé six ans en détention à Téhéran, pense que la popularité des manifestations entraînera un changement durable en Iran, affirmant qu’elles ont atteint un point de “non-retour”.

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L’incroyable liste de croix d’Alex Megos à Margalef !

27 Oct

Alex Megos a terminé son trip de trois semaines à Margalef, et rentre avec une liste de croix plus impressionnante que jamais, ayant enchaîné une quinzaine de voies entre le 8c et le 9b !

“C’est l’un de mes meilleurs trips jusqu’à présent !” s’est extasié Alex Megos en finissant de compléter son carnet de croix, à l’issue de son trip à Margalef. Sur place pendant trois semaines, le grimpeur allemand a enchaîné huit voies entre le 9a et le 9b (en signant la première ascension de cinq d’entre elles) et six lignes entre le 8c et le 8c+.

En effet, après avoir effectué la première ascension de “The Full Journey” 9b et répété “Gancho Perfecto” 9a/+, tous deux au secteur Racó de la Finestra, Alex a quitté l’un des secteurs les plus populaires de Margalef pour découvrir les lignes voisines. Là, il a réalisé les premières ascensions de “Pink Patatas” 9a+ et “Chan Chan Bastards” 9a+/b.

Megos a passé ses derniers jours à Margalef à grimper dans une grotte récemment équipée par le local Tom Bolger. Le premier jour, il a réalisé la première ascension de “Patatas el Villano” 8c+ et flashé “Patan el Villano” 8c. Quelques jours plus tard, alors qu’il pleuvait, il a signé la première ascension de ce qui, pour le moment, est la voie la plus difficile du secteur : “Pink Patatas” 9a+.

De retour au secteur Racó de la Finestra, les voies dures ont commencé à se faire rares pour Alex Megos. Il a donc décidé d’essayer la connexion encore jamais réalisée entre “The Journey” 9a+ et “Café Colombia” 9b. Après plusieurs tentatives, il a réussi à connecter les deux voies, proposant 9a+/b et baptisant la voie “Chan Chan Bastards”.

Le trip d’Alex Megos à Margalef a été l’un des plus fructueux de tous les temps. “Je suis tombé amoureux de cet endroit depuis la première fois que je suis venu ici. Les paysages sont fantastiques et il y a beaucoup de belles voies. Cela me rappelle un peu le Frankenjura parce qu’il y a beaucoup de secteurs, certains avec des voies courtes, d’autres avec des voies plus longues. Je viens ici depuis une dizaine d’années et j’ai passé de si bons moments, je ne peux même pas tous les compter”, a déclaré le falaisiste allemand.

La liste complète de ses croix à Margalef durant trois semaines :

  • “The Full Journey” 9b (première ascension)
  • “Chan Chan Bastards” 9a+/b (première ascension)
  • “Pink Patatas” 9a+ (première ascension)
  • “Red Ram” 9a+ (troisième essai)
  • “Gancho Perfecto” 9a/+
  • “The Journey P1” 9a
  • “Patatas Pantera” 9a (première ascension)
  • “Perfecto Passat” 9a
  • “Pink Pantera” 8c+
  • “Patatas el villano” 8c+ (première ascension)
  • “Patatas Satan” 8c+ (première ascension)
  • “Off the Tractor” 8c
  • “Patan Satan” 8c
  • “Patan el villano” 8c (flash)

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Alex Megos signe la première répétition d’un 9a+ en seulement trois essais !

 

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Seb Bouin répète l’iconique “Jumbo Love” 9b aux États-Unis !

26 Oct

Seb Bouin vient de réaliser une rare répétition de “Jumbo Love”, un 9b iconique situé à Clark Mountain, aux États-Unis, connu pour être le premier 9b confirmé au monde.

Cette voie à part, de 80 mètres, est située au beau milieu du désert californien et s’atteint après une marche d’approche de plus d’une heure. Très déversante et physique à souhait, elle a été équipée dans les années 90 par Randy Leavitt, puis libérée en 2008 par Chris Sharma, après une centaine d’essais répartis sur plus d’un an. Il aura fallu tout autant d’essais à Ethan Pringle pour devenir le premier répétiteur de cette voie, sept ans plus tard.

“Jumbo Love” est devenu le premier 9b confirmé au monde, et est longtemps resté la voie la plus dure d’Amérique. “Un vieux rêve s’est réalisé mercredi dernier”, raconte Seb, des étoiles dans les yeux. “Cette ligne m’attirait depuis longtemps. C’était une véritable inspiration de voir les images de Chris Sharma dans cette voie. J’ai commencé à grimper vers 2005 et c’était l’un des films d’escalade les plus incroyables que j’avais regardé à l’époque”.

Il faut dire que “Jumbo Love” rassemble tout ce qu’aime le falaisiste français : une énorme voie de 80 mètres, déversante, qui propose une escalade puissante et de gros mouvements physiques. “Grimper sur cette ligne est quelque chose que j’attendais depuis plusieurs années. Et je ne suis absolument pas déçu. C’est une ligne incroyable avec des mouvements parfaits.
Mais, Jumbo Love n’est pas seulement une voie dure, c’est aussi toute une aventure. J’ai totalement sous-estimé l’ensemble du processus, le trajet en 4×4, la marche d’approche, etc. Nous avons changé trois fois de voiture parce qu’elle n’était pas adaptée pour aller jusqu’à la falaise. Nous avons également changé deux pneus en raison de crevaison sur les chemins. Et la marche d’approche d’une heure est vraiment épuisante”, explique Seb.

Afin d’économiser de l’énergie pour grimper dans la voie, Seb campait parfois dans le désert, au pied de la falaise, pour ne pas avoir à conduire tous les jours et refaire la marche d’approche. “J’ai l’habitude de grimper pendant plusieurs jours d’affilée. Mais, ici, ce serait une erreur. Nous devions nous préserver et garder notre énergie et notre motivation”.

C’est finalement après dix jours passés dans la voie que Seb parviendra à clipper le relais de ce 9b, le troisième de sa carrière.

© Clarisse Bompard

Une variante encore plus dure !

Enchaîner “Jumbo Love” n’était pas l’objectif principal de Seb, qui a de plus grandes ambitions. “Mon but était de faire la variante directe de “Jumbo Love”, qui est censé être plus difficile”, explique le Français.

“Mon approche était simple : trouver les meilleures méthodes possibles dans “Jumbo Love”, afin d’avoir le plus de chances possibles de l’enchaîner en venant de la version directe (ce qui rajoute l’équivalent d’une voie en 8c+ avant d’attaquer le 9b). Dans la version classique, vous arrivez dans le crux de “Jumbo Love” vraiment frais parce qu’il n’y a pas de passage très difficile avant (environ 8a pour atteindre le crux). Donc j’avais encore beaucoup de puissance pour atteindre le crux depuis le départ original. Pourtant, dans l’objectif de partir de la version directe, il me faudrait trouver une méthode qui demande moins d’énergie, même si elle est plus technique. C’est pourquoi j’ai tenté une méthode avec un coincement de genou.
Coincer son genou aide dans cette voie, mais je ne pense pas que ça change la cotation. Ce n’est pas comme “Iron Curtain” ou “Change” où les coincements de genoux font une grande différence.”

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Voici les grimpeurs qui participeront à la première compétition de duel en grande voie

26 Oct

Voici qui participera à la première compétition d’escalade en grande voie jamais organisée !

Dès aujourd’hui, huit duos de grimpeurs de haut niveau vont s’affronter en grande voie sur un barrage de 180 mètres en Suisse. Le Red Bull Dual Ascent est la toute première compétition de grandes voies jamais organisée, avec des équipes de grimpeurs qui se défieront en duel. L’événement se déroulera du 26 au 29 octobre 2022 sur le barrage de Verzasca, dans la région d’Ascona-Locarno en Suisse.

Pour l’occasion, seize des meilleurs grimpeurs du monde ont été invités à prendre part à cette compétition au format inédit. Les athlètes ont été répartis en huit cordées, qui s’affronteront jusqu’au sommet des 180 mètres du barrage de Verzasca. Seule la meilleure équipe l’emportera, au terme de la finale qui aura lieu samedi 29 octobre.

La compétition

Deux voies parallèles identiques composées de six longueurs chacune ont été tracées sur le barrage. Les longueurs sont d’un minimum de 6c et vont jusqu’au 8b. Les voies de qualification seront grimpées flash, et pour valider chaque longueur, il faudra que l’un des deux membres de l’équipe l’enchaîne en tête et que l’autre suive en second. Ils auront droit à un nombre illimité d’essais, mais à chaque chute, ils devront recommencer au début de la longueur. Au terme de ces qualifications, qui seront chronométrées, l’équipe d’ouvreurs effectuera quelques modifications dans les voies, afin de réserver quelques surprises aux finalistes, qui s’affronteront en duel le 29 octobre. La première cordée à atteindre le sommet remportera la compétition.

Les grimpeurs

  • Sasha DiGiulian (USA) et Angie Scarth-Johnson (AUS)
  • Mélissa Le Nevé (FRA) et Katherine Choong (SUI)
  • Petra Klingler (SUI) et Louna Ladevant (FRA)
  • Barbara Zangerl (SUI) et Jacopo Larcher (ITA)
  • Alberto Ginés López (ESP) et Luka Potocar (SLO)
  • Domen Škofic (SLO) et Jernej Kruder (SLO)
  • Stefano Ghisolfi (ITA) et Marcello Bombardi (ITA)
  • Shawn Raboutou (USA) et Matty Hong (USA)

La Britannique Shauna Coxey, double vainqueur du classement général des Coupes du Monde de bloc et la légende suisse Pesche Wüthrich, 58 ans, ont testé la voie il y a quelques jours et ont réalisé la première ascension. Wüthrich a trouvé la quatrième longueur, la jaune-noire nommée Rockcity, la plus difficile. “C’est très long et très technique, mais aussi très varié”, a-t-il expliqué. “Mais d’un point de vue purement sportif, la dernière longueur est la plus exigeante.”

La longueur Rockcity a également été un défi pour Coxsey. “Le soleil rendait les prises noires si chaudes que nous pouvions à peine les toucher !”, a-t-elle déclaré. À part cela, la voie a été “difficile mais géniale” pour la Britannique. Elle poursuit : “Je me suis tellement amusée avec tous les différents mouvements proposés par les ouvreurs. Le travail d’équipe avec Pesche était génial, ça a rendu l’expérience super cool. Je n’avais jamais grimpé en grande voie avant, c’était une première”.

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Interview : Paul Jenft nous raconte la dernière Coupe du Monde combinée au Japon

25 Oct

À Morioka, pour l’ultime Coupe du Monde de la saison 2022, Paul Jenft a décroché la quatrième place du format combiné qui sera présenté aux Jeux de Paris 2024.

Seul Français qualifié pour cette finale, Paul a dominé d’une main de maître l’épreuve de bloc, en battant des cadors de la discipline tels que Tomoa Narasaki, Yoshiyuki Ogata, Kokoro Fujii ou encore Sean Bailey. Mais dans l’épreuve de difficulté, notre jeune tricolore s’est fait rattraper par cette armée japonaise, pour finalement terminer au pied du podium, pour la troisième fois de l’année.

Paul a accepté de revenir pour nous sur cette dernière compétition de la saison et sur ses performances globales de l’année.


Quels étaient tes objectifs en arrivant sur cette Coupe du Monde ? Étais-tu confiant ?

Jusqu’au départ de Paris, on ne peut pas dire que j’étais hyper confiant. J’avais décidé de ne pas faire de compet après les Championnats d’Europe cet été car j’avais besoin de m’entraîner pour retrouver la forme. J’ai aussi choisi cette année d’alléger mes études (Merci à Polytech Grenoble de me faire confiance là dessus !) pour m’engager encore plus dans le sport. 

J’avais donc beaucoup d’attentes sur cette compet. Je voulais confirmer que tout ce que j’avais mis en place fonctionnait et que j’allais dans le bon sens. Je me suis beaucoup entraîné depuis la rentrée et peut-être même un peu trop, parce que jusque lors de ma dernière séance avant la compet, j’étais assez loin du niveau, loin au point où je me suis demandé si ça valait la peine d’y aller. Ce n’était pas facile savoir si ça allait marcher parce que j’avais changé pas mal de choses pour que ça marche et jusqu’à la veille de la compet je n’avais pas le moindre signe que ça allait payer. 

Mais une fois parti au Japon j’ai arrêté de me questionner. J’étais uniquement dans le constat de mon état de forme et je me préparais à tirer tout ce que je pouvais de ma forme physique. Durant la journée de qualification, ce n’était pas encore ce que j’espérais, mais le lendemain, pour la demi-finale… Je ne sais pas par quel miracle, mais j’étais vraiment au top ! J’avais retrouvé mon niveau de début de saison et j’étais prêt à l’exploiter au mieux de ce que je savais faire. 

Et ensuite, comment s’est déroulée la finale ?

J’ai abordé la finale différemment par rapport à celles que j’avais faites en début de saison. Cette fois, j’avais en tête que c’était possible de gagner et j’étais prêt à saisir n’importe quelle opportunité qui allait se présenter. J’étais assez serein avant le début du bloc, tout était au vert pour que je fasse un bon tour. Et puis vu les semaines précédentes, le contrat était déjà rempli. Quand je suis rentré du bloc 1, j’ai compris que j’étais dans le match. À partir de là tout a déroulé ! C’est vraiment satisfaisant de concrétiser avec une forme pareille.

À la fin du tour de bloc, je savais que j’étais en tête et j’avais envie de savourer, mais je savais aussi qu’il y avait un créneau à prendre. J’ai donc vite changé de mode, j’ai très peu parlé de l’épreuve de bloc au coach, je n’ai même pas compté les points. J’étais juste focus sur la suite. 

Pour la diff, je partais avec un gros avantage : je n’avais pas lâché d’essais dans les blocs que j’avais faits, j’étais donc plus frais que les autres et j’avais plus de peau. Malgré ça, la fraîcheur physique n’a pas suffi pour faire la différence. J’ai vraiment tout donné mais j’étais un cran en dessous des meilleurs.

© IFSC

Justement, que penses-tu qu’il t’ait manqué ?

Quand j’ai vu le run de Yoshi, j’ai tout de suite compris que j’allais finir quatrième. C’était tellement frustrant, ça fait trois fois cette année en Coupe du Monde que ça se produit et j’étais vraiment proche du podium cette fois-ci. 

Mais j’ai vite relativisé parce que le seul truc qui m’a manqué, c’était du niveau pur. J’étais juste moins fort que les autres en diff. En plus de ça, ce n’est pas si terrible de finir quatrième, je savourerai encore plus mon premier podium ! 

Comment se gère une compétition combinée comme celle-ci ? 

Ce sont des compétitions où l’on grimpe beaucoup, donc il y a pas mal de paramètres à gérer pour diminuer la fatigue. Le plus important, c’est d’optimiser la récup entre les tours et de s’économiser mentalement. 

Après ça reste de l’escalade, on est habitué à grimper beaucoup à l’entraînement donc il n’y a pas de gros changements par rapport à une compet classique. J’ai l’habitude de faire du bloc et de la diff dans un même entraînement donc le switch entre les disciplines n’a pas posé de problème.

Les voies sont assez semblables à celles que l’on retrouve en Coupe du Monde de difficulté. Même constat pour les blocs, c’était du même style que sur des épreuves de Coupe du Monde. C’était peut-être un peu plus progressif dans la difficulté, avec des premiers mouvements plus faciles et des fins plus intenses. J’ai bien aimé ces blocs, avec les débuts plus simples, on grimpe plus. C’est plus propice à se donner à fond.

© IFSC

Quel bilan tires-tu de ta saison ?

Après une saison 2021 où j’avais fait quasiment que de la diff, l’objectif était clairement de performer de nouveau en Coupe du Monde de diff. Et puis il y a eu le Championnat de France de bloc. En une compet j’ai mis en l’air tout le programme de l’année. J’avais l’opportunité, l’envie et le niveau pour faire une saison de Coupe du Monde de bloc, alors je me suis lancé. 

Je ne regrette pas du tout de l’avoir fait c’était vraiment une saison géniale. Par contre je suis arrivé sur les compets de diff avec trop peu de volume de diff. Je ne m’en suis pas si mal sorti mais j’étais moins fort que l’année dernière. Et puis pour le Japon j’ai refait la même chose. J’avais envie de retrouver le niveau de 2021 en diff, j’ai donc fais quasiment que de la diff depuis septembre. Une fois de plus ça ne s’est pas passé comme prévu, j’étais au top en bloc mais ça a coincé en diff. 

C’était ma première saison en bloc et diff. Ça fait une saison très longue et bien chargée (j’ai commencé en février pour finir ce week-end). Il y avait beaucoup de compets et c’était dur de garder la forme et la motivation. Mais j’ai vraiment passé un cap dans le haut niveau et dans l’investissement qui j’y ai mis. 

Je me suis confirmé que j’étais heureux de me donner à fond dans ce projet olympique et que je voulais continuer dans cette voie pour les années à venir. 

Quel est ton programme de cet hiver ?

D’abord quelques compets pour le fun avec les copains (Masters d’Arkose, 24h du Mur…). Et puis j’ai envie d’aller grimper dehors, je l’ai un peu moins fait cette année. J’ai du retard à rattraper et quelques projets qui m’attendent. Au quotidien, je vais vite retrouver ma routine d’entraînement et de cours.

Je vais me préparer à fond pour l’année prochaine qui s’annonce encore plus mouvementée. 

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Anak Verhoeven réalise la première ascension féminine de “No Pain No Gain” 9a+

24 Oct

La grimpeuse Belge a une nouvelle fois frappé fort sur le rocher de Rodellar, en réalisant la première ascension féminine de “No Pain No Gain” 9a+.

C’est l’une des voies les plus emblématiques du secteur Ventanas. “No Pain No Gain” porte bien son nom : une ligne impressionnante de 40 mètres, dont les trois quarts se situent en plein dévers. Equipée et libérée par Dani Fuertes en 2017, elle a depuis été répétée huit fois. Et la dernière répétition nous vient de la grimpeuse Belge Anak Verhoeven, qui est devenue la première femme à clipper le relais de cette voie.

“À la fin du mois de septembre, j’avais commencé à travailler cette ligne étonnante pendant quelques jours, avant de devoir partir pour une réunion en Italie” raconte l’ex compétitrice. “J’avais réussi à faire tous les mouvements et j’étais contente d’avoir trouvé un nouveau projet qui me semblait stimulant, mais possible en même temps.”

Il n’en fallait pas plus pour motiver Anak à revenir à Rodellar quelques jours après son excursion italienne. Au fil de ses séances, la Belge perfectionne ses méthodes dans la voie, et réalise de plus grosses sections de jour en jour. “Je veillais à me reposer suffisamment pour faire des sessions de qualité, jusqu’à ce que je me sente prêt pour l’enchaînement. 
J’ai fait un premier essai encourageant dans lequel je suis tombée très haut, juste avant de sortir du toit” explique-t-elle.

L’enchaînement semblait à portée de main. Mais un paramètre important allait bouleverser les plans de la championne : un changement de temps était annoncé. “J’ai ressenti une pression supplémentaire, car je savais que la pluie allait arriver. Les conditions n’étaient donc pas idéales… Mais de l’air lourd et pas de vent, c’est toujours mieux que des prises mouillées !”

Anak Verhoeven s’est donc lancée dans une deuxième tentative d’enchaînement. “Je me sentais solide. J’étais concentrée, mais pas aussi nerveux que lors de mon premier essai quelques jours auparavant. Beaucoup de choses pouvaient me faire tomber, mais j’ai quand même essayé de grimper de manière détendue. Lorsque j’ai atteint la fin du dernier crux, je me suis battu pour rester sur le mur et j’ai réussi à continuer. Un gros repos m’a soulagé et m’a donné de l’énergie pour le dernier pas de bloc délicat. Et puis j’ai clippé le relais !”

Quelques heures plus tard, la pluie s’abattait sur la falaise. Mais “No Pain No Gain” figurait déjà dans le carnet de croix de la jeune femme de 26 ans, aux côtés de ses douze autres voies dans le neuvième degré. Elle compte déjà trois voies dans le 9a+ : “Joe Mama” à Oliana, “Sweet Neuf” dans le Vercors et “No Pain No Gain”.

Anak Verhoeven dans le crux de “No Pain No Gain” :

 

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Coupe du Monde de Morioka : résultats de la première journée

20 Oct

La Coupe du Monde combinée, qui se déroule à Morioka, au Japon, a débuté aujourd’hui par deux séries de qualifications intenses, les 20 meilleurs de chaque épreuve accédant aux demi-finales.

À domicile, la Japonaise Ai Mori a dominé l’épreuve féminine. Elle a obtenu un score de 83,2 points en bloc et a réussi à toper la voie de qualification, remportant 100 points supplémentaires. Avec un total de 183,2 points, elle a décroché la première place de la journée, avec 20 points d’avance sur sa plus proche concurrente.

Et la deuxième grimpeuse du classement n’est autre que l’Américaine Natalia Grossman, qui comptabilise 160,8 points.  Après un circuit presque parfait en bloc, notre Française Oriane Bertone a terminé en troisième position avec 159,4 points (99,3 en bloc et 60,1 en difficulté). “C’était la première fois que je participais au format combiné bloc/difficulté, et je suis assez satisfaite de ma prestation en bloc”, a déclaré notre jeune championne. “Les blocs à deux zones ne sont pas mon style préféré, car je suis plutôt une grimpeuse dynamique qui aime les blocs courts, mais je me suis beaucoup entraîné pour cela et maintenant je m’y suis habitué.”

© IFSC

Mais elle ne sera pas la seule tricolore en demi-finale. Manon Hily, deuxième Française engagée dans cette compétition, gagne de justesse son billet pour la demi-finale, en prenant la 19ème et avant-dernière place avec 79,8 points.

Aux côtés de Mori, sept autres grimpeuses japonaises se sont qualifiées pour la demi-finale féminine : Futaba Ito, Miho Nonaka, Mia Aoyagi, Nanako Kura, Natsuki Tanii, Ryu Nakagawa et Risa Ota.

Le top 20 féminin

Chez les hommes, c’est l’Américain Sean Bailey qui s’est emparé de la première place grâce à une excellente performance sur la voie, où il a obtenu 84,1 points, s’ajoutant aux 79,1 qu’il avait obtenus lors de l’épreuve de bloc, concluant ces qualifications avec un score de 163,2 points.

Le seul grimpeur ayant obtenu un meilleur résultat en difficulté est le Suisse Sascha Lehmann, qui s’est classé deuxième avec 150,6 points, tandis que le Japonais Tomoa Narasaki suit en troisième position avec 139,0 points.

© IFSC

Comme dans l’épreuve féminine, l’équipe locale a placé huit de ses athlètes en demi-finale : Tomoa Narasaki, Taisei HommaYoshiyuki Ogata, Ao Yurikusa, Rei Kawamata, Satone Yoshida, Masahiro Higuchi et Kokoro Fujii.

Nos deux Français Mejdi Schalck et Paul Jenft n’auront pas démérité et remportent leur place en demi-finale. Mejdi se classe 5ème avec 125,1 points, tandis que Paul prend la 7ème position avec 123,6 points. Déception en revanche pour Sam Avezou qui termine aux portes des demi-finales, 21ème avec 88,6 points.

Le top 20 masculin

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Des nouvelles d’Elnaz Rekabi, la grimpeuse iranienne qui a grimpé sans son voile

19 Oct

L’Iranienne Elnaz Rekabi n’avait plus donné signe de vie depuis lundi, après avoir grimpé sans son voile lors des finales du Championnat d’Asie dimanche. Hier, elle a atterri à l’aéroport de Téhéran, acclamé par des centaines d’Iraniens, venus la saluer pour son acte de bravoure.

“Elnaz, héros ! Elnaz, héros !” C’est sous les applaudissements d’une foule en délire que la grimpeuse Elnaz Rekabi a atterri à l’aéroport de Téhéran, après avoir participé aux Championnats d’Asie sans son voile.

La jeune femme de 33 ans, première grimpeuse iranienne à avoir été médaillée aux Championnats du Monde, a participé le dimanche 16 octobre aux championnats continentaux asiatiques sans porter de voile, normalement imposé aux femmes iraniennes. Un geste de soutien envers les manifestations qui ont éclaté en Iran suite à la mort de Mahsa Amini, après avoir été arrêtée par la police des moeurs.

À la suite de la compétition où elle a terminé quatrième, Elnaz Rekabi n’a plus donné signe de vie. Des rumeurs ont alors commencé à se répandre selon lesquelles elle aurait disparu et se serait fait piéger et enfermer dans une prison iranienne.

Cependant, la fédération internationale et la fédération iranienne ont confirmé hier que Rekabi était bien arrivée à Téhéran, en Iran, et qu’elle était désormais avec sa famille. L’IFSC a déclaré qu’une réunion a eu lieu à Séoul, en Corée du Sud, entre le Comité international olympique (CIO), l’IFSC et le Comité national olympique iranien, au cours de laquelle le CIO et l’IFSC ont reçu l’assurance claire que Rekabi ne subira aucune conséquence et continuera à s’entraîner et à prendre part aux compétitions.

Lorsque Rekabi est arrivée à Téhéran, elle a été accueillie par des centaines de personnes qui l’acclamaient et lui offraient des fleurs. L’Iranienne a déclaré que le fait de ne pas porter son hijab était un geste “involontaire”. À l’intérieur de l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran, elle a expliqué aux journalistes : “J’étais occupée à mettre mes chaussons et mon baudrier, cela m’a fait oublier de mettre mon hijab et on m’a appelé précipitamment pour aller grimper. Je suis rentrée en Iran en paix, même si j’étais très tendue et stressée. Mais jusqu’à présent, Dieu merci, rien ne s’est produit”.

Toutefois, des militants ont estimé que ces déclarations, devant la presse et sur les réseaux sociaux, avaient pu être obtenues sous la pression. Le média local Iran Wire rapporte que le président de la fédération iranienne l’aurait fait chanter en lui affirmant qu’elle pourrait rentrer saine et sauve en Iran à condition de remettre son téléphone et son passeport. “Elnaz Rekabi a été contrainte d’avouer à la télévision (…). Elle ne fait que répéter ce qu’on lui a dit de dire”, a réagi ainsi un journaliste iranien qui collabore à l’Iran Wire.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a précisé être “au courant” de ce dossier qu’il allait “suivre très attentivement”.


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Une grimpeuse iranienne portée disparue après avoir osé grimper sans voile islamique

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Alex Megos signe la première répétition d’un 9a+ en seulement trois essais !

19 Oct

Actuellement en trip en Espagne, Alex Megos a signé la première répétition de “Red Ram” et confirmé la cotation proposée par Ramon Julian il y a neuf ans.

Trois essais. C’est tout ce qu’il a fallu à l’Allemand Alex Megos pour devenir le deuxième grimpeur à clipper le relais de “Red Ram”, un 9a+ situé dans le massif du Montserrat. Le grimpeur de 29 ans a mis fin au mystère qui entourait cette voie, neuf ans après sa première ascension, réalisée par Ramon Julian en août 2013.

Équipée par les frères Macia, David et Israël au début des années 2000, il avait déjà fallu attendre près d’une quinzaine d’années pour la voir tomber sous les assauts répétés de Ramon Julian.

Dans le cadre d’un projet de film avec son sponsor Tenaya, Alex Megos a rejoint Ramon au Montserrat, pour tenter d’enchaîner la voie. Ce dernier lui a donné toutes les méthodes et dès son premier essai, l’Allemand a réussi tous les mouvements. Les rumeurs des locaux allaient bon train concernant cette voie, qui semblait presque impossible à répéter. Cette ligne de 25 mètres était même devenue une légende, une voie oubliée au cœur de l’Espagne.

Lors de son deuxième essai, Alex a cassé une prise clé dans la voie. De retour au sol, l’Allemand a dû ajuster sa méthode, avant de se lancer dans une nouvelle tentative quelques minutes plus tard. Au terme d’un gros combat, il réussit à atteindre le sommet et à clipper le relais, devenant le premier répétiteur de cette voie et brisant le mythe qui l’entourait.

“J’ai fait quelques petites choses différemment de Ramon, mais ma méthode était quasi similaire à la sienne. En ce qui concerne la cotation, je pense que 9a+ lui convient bien. C’est tout à fait mon style et aussi très similaire au Frankenjura donc c’est difficile pour moi de juger réellement. J’espère que plus de gens viendront l’essayer maintenant ! L’endroit est magnifique et les voies sont superbes !” a déclaré Alex après son ascension.

Alex Megos est arrivé au Montserrat après avoir enchaîné “The Full Journey “à Margalef, pour laquelle il a proposé 9b. “Cette voie était mon principal projet, mais je l’ai enchaînée dès ma première semaine sur place” a-t-il déclaré en souriant. “J’ai donc le temps d’aller voir d’autres projets”.


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Une grimpeuse iranienne portée disparue après avoir osé grimper sans voile islamique

18 Oct

L’Iranienne Elnaz Rekabi a participé le week-end dernier aux Championnats d’Asie d’escalade, sans son voile. Un geste inédit, alors que le pays est actuellement en proie à de violentes manifestations. Mais depuis, la championne iranienne est portée disparue.

L’image est aussi forte qu’historique. Elnaz Rekabi, membre de l’équipe iranienne, est apparue sans son hijab lors de l’épreuve combinée des championnats asiatiques, qui se déroulaient à Séoul, en Corée du Sud. La jeune femme de 33 ans, première grimpeuse iranienne à avoir été médaillée aux Championnats du Monde, portait son voile lors de la première épreuve de bloc, puis a décidé de l’ôter pour la suite de la compétition.

Depuis 1979 et la révolution islamique iranienne, les femmes ont pourtant obligation de se couvrir la tête de ce voile et doivent respecter cette règle du code vestimentaire de la République islamique, même hors du pays. Mais en signe de protestation contre le régime, la championne iranienne a décidé d’enlever son voile.

En effet, depuis quelques semaines, de violentes manifestations éclatent en Iran, suite à la mort de Mahsa Amini. Cette jeune femme de 22 ans a été interpellée par la police des mœurs, unité chargée de faire respecter le code vestimentaire de la République islamique pour les femmes, et aurait été victime d’un coup mortel à la tête. Un mouvement de révolte a éclaté dans le pays tout entier suite à cette effroyable nouvelle.

C’est donc en signe de protestation qu’Elnaz Rekabi a fait tomber son voile aux Championnats Asiatiques le week-end dernier.  Elle est la deuxième sportive de l’Histoire à réaliser une telle action. En 2019, la boxeuse Sadaf Khadem avait été la première à se montrer sans hijab. Craignant pour sa vie si elle retournait dans son pays natal, elle s’est exilée à Royan, en Charente-Maritime.

Une disparition inquiétante

Selon une information de la BBC perse, Elnaz Rekabi aurait été portée disparue depuis la fin de la compétition dimanche, où elle a terminé au pied du podium, à la quatrième place.

Des proches de la jeune femme ont perdu contact avec elle, alors que l’équipe iranienne a quitté le Garden Seoul Hotel où elle logeait. Pour le moment, l’ambassade d’Iran à Séoul assure dans un communiqué partagé très tôt ce mardi 18 octobre, qu’« Elnaz Rekabi, qui a participé à la finale des compétitions asiatiques d’escalade à Séoul, est partie de Séoul pour l’Iran au petit matin du 18 octobre 2022, avec les autres membres de l’équipe ».

Mais pour le média iranien IranWire, la championne de 33 ans aurait été directement transférée à la prison d’Evine depuis son arrivée à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran. D’après les derniers éléments fournis par le journal, Reza Zarei, président de la Fédération iranienne d’escalade, aurait amené Elnaz « par ruse » dans un bâtiment de l’ambassade d’Iran à Séoul, sur ordre de Mohammad Khosravivafa, le président du Comité olympique iranien.

Selon les sources d’IranWire, « Elnaz a pris sa décision de se présenter sans hijab il y a environ un mois et savait qu’elle allait concourir sans le hijab obligatoire (…) Elle n’a pas non plus demandé l’asile parce que son mari est en Iran et qu’elle voulait revenir après le concours. Elle prend toujours des décisions aussi audacieuses ».

La photo de la jeune femme sans son voile a été partagée sur les réseaux sociaux à travers le monde et le hashtag « Where is Elnaz Rekabi », a été lancé sur Twitter ce mardi matin.


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