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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Mejdi Schalck médaillé de bronze au terme d’une finale renversante à Keqiao !

03 Mai

Au terme d’une finale qu’il a longtemps dominée, Mejdi Schalck a décroché la médaille de bronze sur la première Coupe du Monde de la saison, en Chine. Un podium très largement mérité, mais qui laisse entrevoir bien plus…

Après la victoire de Zélia Avezou hier, le clan français espérait bien enchaîner aujourd’hui ! Et pendant longtemps, on a cru que l’histoire allait encore s’écrire en or…

À Keqiao, Mejdi Schalck a livré une finale intense, qu’il a longtemps maîtrisée… avant de voir le scénario lui échapper dans les derniers instants. Résultat : une médaille de bronze, au terme d’un round qui s’est joué sur le dernier bloc, et sur quelques mouvements.


Un départ parfait pour Mejdi !

Dès le premier bloc, le ton est donné. Une coordination exigeante, qui fait déjà le tri, avec peu de tops et des essais qui s’accumulent…

Mejdi Schalck, lui, ne doute pas : il flashe d’entrée de jeu ce premier passage !

© World Climbing

Il est le seul à enchaîner du premier coup, et s’installe immédiatement en tête du classement provisoire. Derrière, Sorato Anraku a besoin de trois essais pour valider le top. L’écart est posé, et il n’est pas anodin dans une finale où chaque essai est extrêmement précieux.

Le deuxième passage des finales résiste à tout le monde. Aucun top, ce qui en fait un bloc neutre dans la hiérarchie. À la moitié des finales, notre Français est toujours en tête. Mais rien n’est encore joué…

En tête du provisoire avant le dernier bloc

Arrive alors le troisième bloc, une dalle technique, où il faut accepter de changer de rythme : ralentir, accélérer et s’appliquer. Une nouvelle fois, Mejdi répond présent ! Il valide le top en trois essais, plus rapidement que ses principaux concurrents.

Sorato Anraku et Tomoa Narasaki s’y reprennent à quatre reprises. À ce moment-là, notre Français est toujours devant.

© World Climbing

Tout est en place avant l’ultime bloc des finales. Un bloc physique, exigeant, avec des mouvements en no-foot sur bidoigts, qui demandent à la fois de la puissance et de la précision. Le genre de passage qui peut totalement faire basculer une finale…

Le dernier bloc qui change tout !

Et elle va basculer. Mejdi ne parvient pas à maîtriser les mouvements physiques de ce bloc. Sur son dernier run, il loupe le bidoigt et chute. Pas de top, pas de zone.

Avant lui, le Coréen Dohyun Lee a réussi le bloc et a doublé notre tricolore au classement, et surtout, Sorato Anraku fait parler sa puissance et valide le bloc en deux essais.

© World Climbing

C’est le tournant. Avec ce dernier top, le Japonais est le seul à valider trois blocs et s’impose avec 84,4 points. Derrière, Dohyun Lee prend la deuxième place (69,6 points) grâce à ses deux tops et surtout à sa régularité sur les zones, qu’il a toutes validées. Mejdi Schalck complète finalement le podium avec 59,8 points, à égalité de tops et de zones avec Tomoa Narasaki, mais devant au jeu des essais (59,5 points pour le Japonais).

Difficile de ne pas y voir un écho aux Championnats du monde de Séoul 2025, où Sorato Anraku s’était imposé devant Mejdi Schalck et Dohyun Lee. Les mêmes hommes, presque dans le même ordre… comme si la saison redémarrait exactement là où elle s’était arrêtée en septembre dernier.

Une saison lancée pour les Bleus

À un mouvement près, à un placement, à un timing… la couleur de la médaille aurait pu être toute autre pour Mejdi. Mais au-delà de la frustration, il y a aussi une vraie satisfaction : Mejdi a montré qu’il pouvait jouer la gagne dès le début de cette saison 2026, dans un circuit relevé et varié.

Avec une victoire chez les femmes et une médaille chez les hommes, la délégation française quitte Keqiao avec des certitudes et une dynamique. Parce qu’au vu de ce qu’il a montré ce soir, Mejdi Schalck n’est pas passé loin de quelque chose de très grand.

Et la saison ne fait que commencer !

© World Climbing

Les résultats de la finale masculine

Pos.GrimpeurTop et Zone
1JPN Sorato Anraku84.4
2KOR Dohyun Lee69.6
3FRA Mejdi Schalck59.8
4JPN Tomoa Narasaki59.5
5CHN Yufei Pan44.6
6CHN Xuanpu Bai34.7
7BEL Hannes Van Duysen29.9
8KOR Jongwon Chon19.7
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Mejdi Schalck frappe fort et se qualifie en finale à Keqiao !

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Mejdi Schalck frappe fort et se qualifie en finale à Keqiao !

03 Mai

Après la claque émotionnelle de la finale féminine, on attendait de voir si la dynamique pouvait se prolonger côté masculin… La réponse n’a pas tardé : la France sera bien au rendez-vous de la finale, et pas n’importe comment !

À Keqiao, Mejdi Schalck a frappé fort, dans une demi-finale engagée, où il a fallu se battre sur chaque bloc. Dans ce genre de circuit, il n’y a rien de facile et il a su aller chercher sa qualification avec la manière.


Un circuit exigeant… et deux hommes au-dessus !

Dès les premiers passages, le ton est donné : le circuit est dur, sélectif, et chaque bloc demande un vrai engagement. Peu de tops, des sections très marquées et une hiérarchie qui met du temps à se dessiner. Un scénario qui s’inscrit dans la continuité de cette étape de Keqiao, où depuis le début de la compétition, les blocs sont exigeants et les tops se font rares. Ici, il faut vraiment aller les chercher.

Dans ce contexte, deux grimpeurs vont clairement se détacher : Sorato Anraku et Mejdi Schalck. Les deux seuls à valider les quatre blocs du circuit. Mais au-delà du score, c’est surtout la manière qui interpelle…

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Mejdi Schalck en mode guerrier !

Le premier bloc, donne déjà une indication. Peu de tops au global, et une entrée en matière piégeuse pour beaucoup. Mejdi, lui, ne tergiverse pas : il flashe ce premier bloc ! Un run parfait,  qui le place immédiatement dans le bon tempo de cette demi-finale.

Mais c’est surtout sur les blocs suivants que notre Français fait la différence. Dans le bloc 2, très physique et à doigts, personne n’avait encore trouvé la solution avant son passage. Mejdi s’y reprend à trois fois, se bat… et finit par enchaîner. Sur les tapis, il explose de joie comme à son habitude. Il hurle et frappe sa poitrine, laissant éclater des émotions à la hauteur de ce qu’il vient d’accomplir. Car il le sait, ce top est un véritable déclic dans cette demi-finale.

© World Climbing

Quelques minutes après, même scénario dans le bloc 3 ! À son arrivée, toujours aucun top. Et une nouvelle fois, Schalck fait parler son mental. Trois essais, pas un de plus, pour venir à bout de cette coordination (une balançoire avec une arrivée en épaule) qui résistera à la majorité des grimpeurs.

À ce moment-là, il est clair qu’il est en train de faire un gros coup… Reste le bloc 4. Une dalle piégeuse, où il faut accepter de ralentir et de viser juste. Un registre dans lequel notre Français est particulièrement à l’aise. Après quelques runs d’ajustement, il valide le top lors de son cinquième essai et boucle son circuit avec quatre blocs enchaînés ! 99,2 points sur 100 possibles, on est tout proche du score parfait.

© World Climbing

Sorato Anraku devant… à quelques essais près

Devant, le Japonais Sorato Anraku fait lui aussi un sans-faute, mais avec un peu plus d’efficacité dans les essais. Résultat : 99,6 points contre 99,2 pour Schalck.

Quatre dixièmes d’écart… Autant dire rien ! Mais surtout, un message clair : les deux hommes ont largement dominé cette demi-finale. Car derrière, l’écart est net. Tomoa Narasaki prend la troisième place avec 74,5 points, malgré un bloc 1 complètement manqué (pas de top, pas de zone). Preuve que la suite du circuit permettait encore de revenir… mais pas d’aller chercher les deux premiers.

Ensuite, on tombe déjà à deux tops avec le Coréen Dohyun Lee (69,9 pts), puis à un seul top pour entrer en finale (comme chez les femmes hier).

© World Climbing

Max Bertone à un souffle de la finale

Côté français, la satisfaction aurait pu être totale. Max Bertone passe tout proche de la finale… Vraiment très proche !

Avec 44,4 points, il termine 10e, à seulement 0,1 point du top 8. Un écart infime qui se joue sur des détails. Dans un paquet de grimpeurs extrêmement serré entre 44 et 44,9 points, chaque essai compte et chaque mouvement pèse lourd… et dans ce jeu-là, Max paie cher une seule occasion manquée.

Lui aussi parvient à enchaîner un bloc (la dalle) en quatre essais, mais l’absence de zone dans le bloc 2 fait la différence au moment du classement.  Frustrant, forcément. Mais au-delà du résultat brut, la performance reste solide pour une première Coupe du Monde cette saison, et laisse entrevoir de belles choses pour la suite.

© World Climbing

Une finale très ouverte… mais un Mejdi Schalck en grande forme !

Au moment de se projeter sur la finale (qui débutera à 13h00 heures françaises), une tendance se dessine déjà : une très forte présence asiatique, avec six grimpeurs sur huit, face à deux Européens Mejdi Schalck et le Belge Hannes Van Duysen.

Mais au vu de ce qu’il a montré aujourd’hui, notre Français n’a clairement rien à envier à qui que ce soit.

En forme physiquement et extrêmement combatif dans les moments clés, il aborde cette finale dans les meilleures conditions. Et forcément, après la victoire de Zélia Avezou chez les femmes hier, l’idée d’un nouveau coup d’éclat français n’a plus rien d’irréaliste !

Les résultats de la demi-finale masculine

Pos.GrimpeurTop et Zone
1JPN Sorato Anraku99.6
2FRA Mejdi Schalck99.2
3JPN Tomoa Narasaki74.5
4KOR Dohyun Lee69.9
5CHN Yufei Pan54.7
6BEL Hannes Van Duysen44.9
7CHN Xuanpu Bai44.8
8KOR Jongwon Chon44.5
9GER Lucas Trandafir44.5
10FRA Max Bertone44.4
11JPN Keita Dohi44.0
12JPN Rei Kawamata34.7
13GBR Toby Roberts34.6
14CHN Junzhe Hu34.5
15BUL Nikolay Rusev29.5
15GBR Jack Macdougall29.5
17SLO Anze Peharc29.3
18CHN Ziqi Xu29.2
19JPN Sohta Amagasa28.7
20ISR Adi Bark20.0
21USA Benjamin Hanna19.9
22GBR Maximillian Milne10.0
23AUT Raffael Gruber9.6
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La suite du programme 

⏱️ Keqiao (Chine) est en avance de +6h sur la France

Dimanche 3 mai

  • Finale hommes
    19h00 – 21h00 (local) → 13h00 – 15h00 (France) 

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Victoire française sur la première Coupe du Monde de la saison 2026, signée Zélia Avezou !

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Victoire française sur la première Coupe du Monde de la saison 2026, signée Zélia Avezou !

02 Mai

Zélia Avezou renverse tout à Keqiao et s’offre sa première Coupe du Monde !

On a beau connaître le circuit par coeur, savoir que Janja Garnbret est toujours au-dessus du lot… et pourtant, il y a des scénarios qu’on ne voit pas venir. Et celui-là, clairement, personne ne l’avait écrit !

À Keqiao, pour la première finale de la saison, tout semblait pourtant tracé : Janja Garnbret en contrôle depuis le début de la compétition, Oriane Bertone en embuscade, et derrière, un groupe prêt à saisir la moindre ouverture pour tenter de se faire une place sur le podium. Mais ce soir en Chine, la compétition a complètement basculé ! Au bout du suspense, c’est Zélia Avezou qui s’impose, pour aller chercher la toute première victoire en Coupe du monde de sa carrière.

Une victoire improbable, puisque notre Française revient de loin : hier, elle arrachait de justesse sa qualification pour les demi-finales, en prenant la dernière place qualificative. À un essai près, son parcours s’arrêtait dès les qualifications !

© World Climbing


Cette première finale de la saison a pourtant démarré doucement. Trop doucement, même.

Le premier bloc (une grosse coordination composée d’un jeté latéral) résiste à tout le monde. Personne ne trouve la solution… Pas un top. Même Janja Garnbret et Oriane Bertone, pourtant très à l’aise dans ce style de bloc aérien, ne parviennent pas à trouver le bon timing. Le ton est donné : il faudra aller chercher les points ailleurs.

Et c’est exactement ce qu’a fait Zélia.

Dès le bloc 2, notre Française frappe fort. Un flash propre, sans bavure. Elle enchaîne sur le bloc 3 avec la même solidité : un top en deux essais, malgré une dalle piégeuse qui fera chuter plusieurs favorites… dont Janja Garnbret, contrainte de s’y reprendre à quatre fois après plusieurs zipettes !

© World Climbing

À ce moment-là, le classement est encore ouvert, mais Zélia est déjà dans le match, avec une belle longueur d’avance sur les autres grimpeuses !

Arrive le bloc 4. Physique, exigeant, presque “old school” dans l’effort. Un bloc direct, sans artifices, où il faut faire parler la force pure. Alors que les premières finalistes à se confronter à ce passage se font renvoyer au tapis, Zélia Avezou continue d’impressionner et atteint le sommet en seulement… deux essais ! À ce moment, le clan tricolore explose de joie, conscient que la jeune Parisienne de 22 ans vient de réaliser quelque chose de grand.

© World Climbing

Et pourtant, rien n’était encore joué… Parce qu’au moment d’aborder ce dernier bloc, Oriane Bertone est devant. Impressionnante d’efficacité sur les blocs 2 et 3 (deux flashs), elle est en position idéale pour s’imposer. Le calcul est simple : un top rapide, et la victoire est pour elle. Mais lors de son premier essai, elle chute en tentant de ramener sa main sous l’inversée. Elle prend alors un long repos… La tension est à son comble : elle sait qu’il ne lui reste plus qu’un essai pour tenter d’aller décrocher l’or.

Mais ça ne passe pas. Lors de son deuxième essai, Oriane tombe de nouveau sous l’inversée. Tout s’effondre pour elle : sans zone sur ce dernier bloc, elle perd gros et recule finalement jusqu’à la 5e place (60 points), malgré une prestation en finale globalement solide. Cruel, mais logique dans un circuit aussi impitoyable.

© World Climbing

Derrière, Janja Garnbret fait du Janja. Elle enchaîne le dernier bloc avec une facilité déconcertante (flash !). Mais le mal est fait ailleurs. Son retard accumulé dans la dalle du bloc 3 et ses quatre essais pour valider le top lui coûte la victoire. Résultat : 84,6 points, soit 0,2 point de moins que Zélia Avezou, qui termine bel et bien sur la plus haute marche du podium !

Derrière ce résultat, il y a une performance énorme. Une grimpeuse qui termine 23e des qualifications, qui passe de justesse en demi-finale, qui ouvre le round le matin… et qui, quelques heures plus tard, bat la meilleure grimpeuse du monde en finale et s’offre sa première victoire mondiale !

Les résultats de la finale féminine

Pos.GrimpeurTop et Zone
1FRA Zélia Avezou84.8
2SLO Janja Garnbret84.6
3AUS Oceania Mackenzie69.6
4USA Annie Sanders69.5
5FRA Oriane Bertone60.0
6GBR Emma Edwards59.8
7JPN Melody Sekikawa59.7
8SLO Jennifer Eucharia Buckley44.7
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La suite, c’est déjà demain avec les phases finales chez les hommes. Demi-finales puis finale, sur le même format que ce qu’on a vécu aujourd’hui… et forcément, après un scénario pareil, on en redemande !

Côté français, Mejdi Schalck et Max Bertone seront au départ des demi-finales, avec l’espoir de prolonger cette dynamique. Après ce qu’on vient de vivre chez les femmes, difficile de ne pas imaginer un nouveau coup d’éclat tricolore…

La suite du programme 

⏱️ Keqiao (Chine) est en avance de +6h sur la France

Dimanche 3 mai

  • Demi-finale hommes
    10h30 – 13h20 (local) → 04h30 – 07h20 (France)
  • Finale hommes
    19h00 – 21h00 (local) → 13h00 – 15h00 (France)

 


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Demi-finales à Keqiao : un circuit impitoyable, deux Françaises en finale !

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Demi-finales à Keqiao : un circuit impitoyable, deux Françaises en finale !

02 Mai

On le sait, les demi-finales changent souvent la donne… Et ici la question n’est plus de passer au tour suivant, mais de faire partie des huit meilleures. Ces demi-finales de Keqiao n’ont pas échappé à la règle : un circuit dur, exigeant, qui a étiré le peloton… et donné une lecture très claire des forces en présence sur cette première étape !

En effet, après des qualifications très difficiles hier, on s’attendait à un tour sélectif. Il l’a été, et peut-être même plus que prévu… À ce jeu là, deux grimpeuses tricolores ont réussi à se faire une place dans le top 8, décrochant ainsi leur ticket pour la finale : Oriane Bertone et Zélia Avezou !


Un round où chaque top valait de l’or

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : sur les huit finalistes, la moitié se qualifie avec un seul top. Un constat qui en dit long sur la difficulté du circuit de demi-finale, et dans ce contexte, la moindre erreur coûtait cher.

Mais au milieu de ce chaos, il y a eu la Queen, Janja Garnbret. La Slovène est tout simplement la seule à avoir trouvé la solution sur trois blocs. Trois tops dans un tour où un seul suffisait à entrer en finale… L’écart est brutal ! Mais Janja nous a habitués à cela, et avec 84,7 points (3 tops, 4 zones), elle prend une fois de plus aisément la tête de la compétition.

© World Climbing

Déjà solide en qualifications, elle semble parfaitement dans son élément sur ce type de circuit exigeant, comme elle l’annonçait d’ailleurs hier : “J’aime quand les tours sont durs et exigeants ! Ça nous permet de vraiment nous battre dans les blocs”. Et on le sait : quand ça devient dur, Janja devient intouchable.

Oriane Bertone à ses trousses

Derrière, Oriane Bertone ne lâche pas la Slovène ! Déjà à ses trousses hier lors des qualifications, notre Française talonne une nouvelle fois Janja. Après un début de circuit compliqué (elle ne trouve pas la solution dans les deux premiers passages), Oriane enchaîne les blocs 3 et 4, et remonte au classement pour décrocher une belle 2e place (69,4 points).

© World Climbing

Derrière, la bagarre fait rage. La lutte pour les places en finale a été féroce, et les écarts infimes. L’Américaine Annie Sanders, vainqueure ici même l’an dernier, prend la 3ème place (69,4 points également) et confirme qu’elle reste une valeur sûre malgré des qualifications assez discrètes hier, où elle prenait la 21ème place.

L’Australienne Oceania Mackenzie (59,6 pts) et la Japonaise Melody Sekikawa (54,5 pts) complètent le top 5 avec des prestations solides, chacune validant un top tout en capitalisant bien sur les zones.

Zélia Avezou en finale 

Juste derrière, Zélia Avezou signe sans doute l’une des plus belles histoires du jour. 23e des qualifications, première à s’élancer en demi-finale, elle pose un circuit propre (1 top, 3 zones, 54,3 points) et s’installe longtemps en tête. Elle termine finalement 6e… et s’offre une belle place en finale pour sa première compétition de l’année.

À ses côtés, on retrouve dans le top 8 la Britannique Emma Edwards (45 pts) et la Slovène Jennifer Buckley (44 pts), qui passent elles aussi avec un seul top, preuve supplémentaire de la sévérité du circuit.

© World Climbing

À quelques points près, le classement aurait pu être complètement différent. Agathe Calliet, 12e avec 29,7 points (3 zones), échoue aux portes de la finale sans avoir réussi à convertir l’essai dans l’un des blocs. Même constat pour Lily Abriat, 16e (19,8 points, 2 zones), qui paye cher le manque de tops dans un tour où c’était la clé. Plus bas, certaines favorites restent en retrait : Miho Nonaka (22e), Brooke Raboutou (16e) ou encore Futaba Ito (19e) n’ont pas trouvé les solutions aujourd’hui.

Une finale qui promet !

Au vu de ces demi-finales, une chose est sûre : tout peut encore se jouer.

Oui, Garnbret semble au-dessus. Mais derrière, les écarts sont faibles et la moindre erreur peut tout changer. Dans un circuit aussi exigeant, la finale pourrait bien se jouer sur des détails… Et dans ce genre de scénario, on sait que tout devient possible.

Les résultats de la demi-finale féminine

Pos.GrimpeurTop et Zone
1SLO Janja Garnbret84.7
2FRA Oriane Bertone69.4
3USA Annie Sanders69.4
4AUS Oceania Mackenzie59.6
5JPN Melody Sekikawa54.5
6FRA Zélia Avezou54.3
7GBR Emma Edwards45.0
8SLO Jennifer Eucharia Buckley44.0
9CHN Yuetong Zhang39.6
10JPN Anon Matsufuji39.3
11GBR Erin Mcneice34.5
12FRA Agathe Calliet29.7
13CAN Madison Richardson29.5
13USA Melina Costanza29.5
15ITA Camilla Moroni29.1
16USA Brooke Raboutou19.8
16FRA Lily Abriat19.8
16JPN Mia Aoyagi19.8
19ITA Francesca Matuella19.7
19JPN Futaba Ito19.7
21USA Adriene Akiko Clark19.6
22JPN Miho Nonaka19.4
23ITA Giorgia Tesio19.3
24USA Cloe Coscoy9.8
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La suite du programme 

⏱️ Keqiao (Chine) est en avance de +6h sur la France

Samedi 2 mai

  • Finale femmes
    19h00 – 21h00 (local) → 13h00 – 15h00 (France)

Dimanche 3 mai

  • Demi-finale hommes
    10h30 – 13h20 (local) → 04h30 – 07h20 (France)
  • Finale hommes
    19h00 – 21h00 (local) → 13h00 – 15h00 (France)

 


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Première Coupe du Monde de l’année à Keqiao : ce que ce week-end pourrait déjà révéler

30 Avr

Le circuit international est de retour ! Et comme souvent, tout commence en Chine. Du 1er au 3 mai, la Coupe du Monde de bloc lance officiellement la saison 2026 à Keqiao, dans le spectaculaire Shaoxing Keqiao Yangshan Climbing Center.

Un rendez-vous qui marque le premier affrontement international de l’année… et qui donne déjà le ton : plateau XXL, nouvelle dynamique, équipe de France dans les starting-blocks et premières réponses sur l’état de forme des meilleurs grimpeurs du monde.


Il y a toujours ce moment un peu particulier. Celui où, après des mois d’entraînement, de doutes, de préparation dans l’ombre, les meilleurs compétiteurs de la planète se retrouvent enfin face à face.

Ce week-end, à Keqiao, en Chine, la Coupe du Monde de bloc ouvre officiellement la saison 2026. Trois jours pour poser les premières pierres d’une hiérarchie qui, comme souvent en début d’année, pourrait bien être bousculée ! Au total, 144 grimpeurs sont inscrits à la compétition (69 femmes et 75 hommes) représentant 31 nations, réparties sur cinq continents.

© World Climbing

Un premier choc très attendu !

Dès cette première étape, le plateau est très relevé. Chez les femmes, difficile de faire plus dense : Janja Garnbret, Oriane Bertone, Brooke Raboutou, Erin McNeice, Chaehyun Seo… toutes sont là. Mieux encore : le podium de la saison passée est au complet. Dans ce contexte, difficile de parler de reprise. On est déjà dans le vif du sujet ! Jessica Pilz fera aussi son retour sur les tapis après une longue pause liée à une blessure.

Même impression chez les hommes, où la densité ne laisse aucune place à l’erreur. Sorato Anraku, phénomène annoncé et déjà confirmé, arrive avec l’étiquette de favori. Mais derrière lui, la liste des prétendants est longue : Mejdi Schalck, d’une régularité impressionnante l’an dernier (finaliste de toutes les Coupes du Monde), Toby Roberts, champion olympique, ou encore Dohyun Lee, Jongwon Chon et Max Milne, capables de bouleverser le podium.

© World Climbing

Le Japon, encore et toujours au centre du jeu

S’il y a une constante ces dernières saisons, elle vient du Japon. Et Keqiao ne devrait pas faire exception. L’an dernier, l’équipe nationale japonaise avait particulièrement dominé à Keqiao, surtout chez les hommes, avec trois grimpeurs dans le top 4.

Sorato Anraku tentera cette année de défendre son titre, tandis que Meichi Narasaki, médaillé de bronze en 2025, est lui aussi engagé. Le Japon envoie également d’autres stars à Keqiao, parmi lesquelles Tomoa Narasaki, Sohta Amagasa, Miho Nonaka, Melody Sekikawa et Futaba Ito.

Dans le même temps, plusieurs visages connus manqueront à l’appel pour cette première Coupe du Monde de la saison. Ai Mori, qui a récemment remporté le titre national japonais en bloc et en difficulté, ne participera pas à l’étape de Keqiao.

© World Climbing

Les Bleus en embuscade

L’équipe de France débarque en Chine avec une carte intéressante à jouer. Chez les femmes, Oriane Bertone portera naturellement les espoirs tricolores. Numéro 1 mondiale en 2025, elle aborde cette nouvelle saison avec un statut à assumer (et peut-être, une liberté retrouvée). Autour d’elle, Zélia Avezou, Agathe Calliet ou encore Lily Abriat auront une belle opportunité de se confronter au très haut niveau dès l’ouverture.

© World Climbing

Chez les hommes, Mejdi Schalck reste la tête d’affiche. Capable de se hisser en finale quasiment sur chaque étape, il compte bien démarrer la saison 2026 de la plus belle des manières. Derrière, Sam Richard, Max Bertone ou Antoine Girard arrivent avec moins de pression, mais justement, peut-être plus de liberté.

La composition de l’équipe de France :

Femmes Hommes
Oriane Bertone Mejdi Schalck
Agathe Calliet Samuel Richard
Zélia Avezou Antoine Girard
Lucile Saurel Max Bertone
Lily Abriat
Selma Elhadj Mimoune

Un week-end à vivre (très) tôt

Décalage horaire oblige, il faudra s’adapter pour suivre la compétition depuis l’Europe. Les qualifications ouvriront le bal vendredi, avant des demi-finales et finales réparties sur le week-end.

Programme – Coupe du Monde de bloc Keqiao 2026

⏱️ Keqiao (Chine) est en avance de +6h sur la France

Vendredi 1er mai

  • Qualifications femmes
    09h00 – 14h00 (local) → 03h00 – 08h00 (France)
  • Qualifications hommes
    16h00 – 21h00 (local) → 10h00 – 15h00 (France)

Samedi 2 mai

  • Demi-finale femmes
    10h30 – 13h20 (local) → 04h30 – 07h20 (France)
  • Finale femmes
    19h00 – 21h00 (local) → 13h00 – 15h00 (France)

Dimanche 3 mai

  • Demi-finale hommes
    10h30 – 13h20 (local) → 04h30 – 07h20 (France)
  • Finale hommes
    19h00 – 21h00 (local) → 13h00 – 15h00 (France)

Comment suivre la compétition en direct ?

Les étapes de Coupe du Monde 2026 seront toutes diffusées en direct sur la chaîne YouTube de World Climbing. Mais comme les années précédentes, des restrictions géographiques s’appliqueront en Europe, en Chine ainsi que dans certaines régions d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Il est toutefois possible de contourner ces restrictions à l’aide d’un VPN.

Autrement, il est possible de suivre les demi-finales et les finales en direct sur Discovery+ ou via Eurosport Player, mais ces services sont payants.

© World Climbing

Une augmentation des prize money pour 2026

Pour la saison 2026, la fédération internationale a annoncé une augmentation des primes destinées aux finalistes des Coupes du Monde. Au total, une enveloppe maximale de 850 000 € sera distribuée cette saison sur les 13 étapes de Coupe du Monde de bloc, difficulté et vitesse. C’est plus du double par rapport à la saison 2024. « C’est une étape importante pour notre fédération », avait déclaré World Climbing.

Pour les athlètes, cette hausse des prize money est une bonne nouvelle, même si elle ne concernera en réalité qu’une minorité d’entre eux. Seuls les huit meilleurs de chaque épreuve et discipline toucheront une prime. Le montant dépendra du classement en finale : la 8e place rapportera 1 000 €, avec une progression jusqu’à la 4e place, récompensée à hauteur de 2 000 €. La médaille de bronze rapportera 2 800 €, l’argent 4 000 € et l’or 6 000 €. Jusqu’en 2021, seuls les six meilleurs athlètes étaient récompensés.

Le calendrier de la saison 2026

  • 1–3 mai : Keqiao (Chine 🇨🇳) – Bloc
  • 8–10 mai : Wujiang (Chine 🇨🇳) – Difficulté & Vitesse
  • 22–24 mai : Berne (Suisse🇨🇭) – Bloc
  • 28–31 mai : Madrid / Alcobendas (Espagne 🇪🇸) – Bloc & Vitesse
  • 3–7 juin : Prague (République tchèque 🇨🇿) – Bloc & Difficulté
  • 17–21 juin : Innsbruck (Autriche 🇦🇹) – Bloc & Difficulté
  • 3–5 juillet : Cracovie (Pologne 🇵🇱) – Vitesse
  • 10–12 juillet : Chamonix (France 🇫🇷) – Difficulté & Vitesse
  • 4–5 septembre : Koper (Slovénie 🇸🇮) – Difficulté & Vitesse
  • 11–13 septembre : Guiyang (Chine 🇨🇳) – Vitesse
  • 18–20 septembre : Chongqing (Chine 🇨🇳) – Vitesse
  • 16–18 octobre : Salt Lake City (États-Unis 🇺🇸) – Bloc
  • 23–25 octobre : Santiago (Chili 🇨🇱) – Difficulté & Vitesse 

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Première Coupe d’Europe, première victoire française !

29 Avr

Le circuit international est à peine lancé que déjà, un Français frappe fort. Ce week-end, à Kaunas en Lituanie, Sam Avezou s’est offert la première Coupe d’Europe de bloc de la saison 2026, au terme d’une finale irrespirable.

Une victoire qui donne le ton !


La saison internationale 2026 est officiellement lancée. Quelques semaines seulement après les premières échéances jeunes, c’était au tour des seniors d’entrer en scène ce week-end, avec la première étape de Coupe d’Europe de bloc organisée à Kaunas, en Lituanie. Une première pour le pays, qui recevait pour la toute première fois une compétition de cette envergure.

Un rendez-vous loin d’être anodin : entre grimpeurs en quête de repères et têtes d’affiche venues se jauger avant les Coupes du Monde, cette ouverture de saison donne souvent une première idée des forces en présence.

Sam Avezou fait parler l’expérience

Et côté français, le message est passé : au terme d’une finale très serrée, Sam Avezou s’est offert la médaille d’or, lançant de la meilleure des manières son année 2026.

Sur le papier, difficile de faire plus serré. En finale, les trois hommes forts (Sam Avezou, et les Israéliens Yonatan Katz et Or Mark) réalisent exactement la même performance : 2 tops et 4 zones. Résultat : tout s’est joué… au nombre d’essais. Et dans cet exercice d’efficacité, c’est bien notre Français qui a fait la différence.

Avec 68,9 points, Sam devance Yonatan Katz (68,7 points) et Or Mark (68,2 points), offrant au passage un doublé historique à l’équipe israélienne derrière lui.

© Auste Stiklerytè

Lina Funa, une autre star slovène ?

Côté féminin, la victoire revient à la Slovène Lina Funa, impressionnante de maîtrise. Comme chez les hommes, la finale s’est jouée sur des détails : les trois médaillées terminent avec 3 tops et 4 zones.

Mais avec moins d’essais que la Britannique Isabella Bridgens, qui prend l’argent après une lutte acharnée, notamment sur le dernier bloc, dans lequel elle valide la zone après… 19 essais ! Le podium est complété par l’Israëlienne Ayala Kerem, toujours régulière sur la scène européenne.

Côté tricolore, Luna Alvernhe signe une solide 5e place, aux portes du podium.

© Gabriele Alisauskaite


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Record du monde de vitesse : à 16 ans, un jeune chinois casse la barre des 4,60 secondes !

28 Avr

Un cap symbolique vient de voler en éclats ! Ce mardi 28 avril 2026, en Chine, un jeune grimpeur de seulement 16 ans a marqué l’Histoire de la discipline en devenant le premier à passer sous la barre des 4,60 secondes !

4,58s : un chrono historique signé Zhao Yicheng

C’est à Sanya, lors des Asian Beach Games, que le phénomène chinois a frappé très fort. Engagé sur les qualifications, Zhao Yicheng, 16 ans seulement, a d’abord lancé un sérieux avertissement avec un run en 4,73 s… avant de pulvériser le record du monde dès son deuxième run : 4,58 secondes.

Un temps tout simplement inédit, qui lui permet d’effacer des tablettes le précédent record du monde détenu par l’Américain Sam Watson en 4,64 s, réalisé lors de la Coupe du Monde de Bali en 2025.

 

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16 ans, et déjà au sommet 

L’information a de quoi donner le vertige : Zhao Yicheng n’a que 16 ans ! Pour sa toute première apparition chez les seniors, le Chinois a frappé très fort en redéfinissant déjà les standards.

Ce record n’arrive d’ailleurs pas totalement de nulle part. Depuis plusieurs mois, le jeune grimpeur envoyait des signaux très clairs. En 2025, lors d’une sélection nationale, il avait déjà signé des temps officieux en 4,68 s et 4,65 s (soit déjà plus rapides que les références mondiales de l’époque).

Une progression fulgurante, et une confiance assumée. À l’époque, il lâchait même une phrase qui résonne aujourd’hui différemment : “Je voulais juste voir à quoi ressemblait la vue depuis les 4,6 secondes.”

Ce record du monde intervient à un timing loin d’être anodin. Dans moins de deux semaines, la saison internationale 2026 s’ouvrira avec les premières étapes de la World Climbing Series. Et si le bloc lancera les hostilités dès Keqiao, il faudra attendre l’étape de vitesse de Wujiang (8-10 mai) pour voir les meilleurs spécialistes s’affronter… et surtout assister au premier face-à-face très attendu entre Zhao Yicheng et Sam Watson.

Historique des records du monde masculins – Vitesse

  • 28 avril 2026 — Asian Beach Games Sanya 🇨🇳
    4.58 | Zhao Yicheng (CHN) Nouveau record du monde
  • 3 mai 2025 — Coupe du Monde de Bali 🇮🇩
    4.64 | Sam Watson (USA)
    4.67 | Sam Watson (USA)
  • 8 août 2024 — Jeux Olympiques de Paris 2024 🇫🇷
    4.74 | Sam Watson (USA)
    4.75 | Sam Watson (USA)
  • 12 avril 2024 — Coupe du Monde de Wujiang 🇨🇳
    4.798 | Sam Watson (USA)
    4.859 | Sam Watson (USA)
  • 28 avril 2023 — Coupe du Monde de Séoul 🇰🇷
    4.90 | Veddriq Leonardo (INA)
    4.984 | Veddriq Leonardo (INA)
  • 8 juillet 2022 — Coupe du Monde de Chamonix 🇫🇷
    5.009 | Kiromal Katibin (INA)
  • 30 juin 2022 — Coupe du Monde de Villars 🇨🇭
    5.04 | Kiromal Katibin (INA)
    5.09 | Kiromal Katibin (INA)
  • 27 mai 2022 — Coupe du Monde de Salt Lake City 🇺🇸
    5.10 | Kiromal Katibin (INA)
  • 6 mai 2022 — Coupe du Monde de Séoul 🇰🇷
    5.17 | Kiromal Katibin (INA)
  • 28 mai 2021 — Coupe du Monde de Salt Lake City 🇺🇸
    5.20 | Veddriq Leonardo (INA)
    5.25 | Kiromal Katibin (INA)
  • 30 avril 2017 — Coupe du Monde de Nanjing 🇨🇳
    5.48 | Reza Alipour (IRI)
  • 12 septembre 2014 — Championnats du monde Gijón 🇪🇸
    5.60 | Danyil Boldyrev (UKR)
  • 31 août 2014 — Coupe du Monde d’Arco 🇮🇹
    5.73 | Libor Hroza (CZE)
  • 30 août 2014 — Coupe du Monde d’Arco 🇮🇹
    5.76 | Libor Hroza (CZE)
  • 13 octobre 2012 — Coupe du Monde de Xining 🇨🇳
    5.88 | Evgenii Vaitcekhovskii (RUS)
  • 27 août 2011 — Championnats du monde Arco 🇮🇹
    6.26 | Zhong Qixin (CHN) 

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À 19 ans, Mattéo Soulé devient le troisième Français à s’offrir le mythe “Action Directe” 9a

27 Avr

À seulement 19 ans, Mattéo Soulé vient de frapper un grand coup. Le jeune Aveyronnais a signé la 38ème ascension de “Action Directe”, voie mythique du Frankenjura, considérée comme le premier 9a de l’Histoire.

Une performance marquante, tant par la symbolique de la ligne que par la manière : un seul séjour, neuf séances, et une détermination sans faille !


Une ligne historique, un rêve de gosse

Libérée en 1991 par Wolfgang Güllich, “Action Directe” incarne un tournant dans l’Histoire de l’escalade. Courte, explosive, brutale, la voie impose un enchaînement de mouvements sur mono et bi-doigts, avec un jeté d’entrée devenu iconique. Depuis plus de 30 ans, elle fascine et sélectionne les meilleurs grimpeurs du monde. Côté français, seuls deux noms figuraient jusqu’ici au palmarès : Mélissa Le Nevé, première femme à la réussir en 2020, et Nico Pelorson en 2024.

Avec cette ascension, Mattéo Soulé devient le troisième tricolore à inscrire son nom sur cette ligne d’exception.

Cette voie m’a toujours fait rêver. C’est une part de l’Histoire de notre sport… et je savais que le style pouvait me correspondre avec tous les monos et les bi-doigts.

Mattéo Soulé

© Coll. Soulé

Un premier séjour… et déjà la réussite !

Pas de préparation spécifique démesurée, mais une intuition forte : le style lui correspond. Accompagné de son ami Justin, Mattéo pose ses valises dans le Frankenjura pour deux semaines avec un objectif clair : enchaîner la voie !

Et dès la première séance, les signaux sont au vert.

J’ai fait tous les mouvements rapidement, dont le premier mouvement, que j’ai flashé. Ça m’a vraiment mis en confiance ! Lors de mon troisième essai, je sui tombé à mi-hauteur… C’était vraiment une première séance très prometteuse.

Mattéo Soulé

Mais la suite se complique. Pendant plusieurs jours, le même scénario se répète : Mattéo chute systématiquement sur le même mouvement, une relance main gauche vers un mono-doigt.

Le déclic tactique

Face à ce blocage, Mattéo change d’approche. Il décide de travailler la fin de la voie, puis d’enchaîner en partant du deuxième mouvement. Une stratégie payante, malgré une peau mise à rude épreuve.

Je me suis fait un steak au majeur sur le mono du bas… donc j’ai dû adapter, travailler autrement, prendre mon mal en patience…

Mattéo Soulé

 

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Jusqu’au jour J. Neuvième séance. Les sensations sont excellentes ! Un premier essai “à froid” qui échoue encore au fameux mouvement… puis un deuxième run.

Ce n’était pas mon meilleur essai… J’ai perdu les pieds, forcé plus que nécessaire… mais j’étais hyper relâché au moment clé. Et là, c’est passé ! J’étais tellement heureux et fier… J’avais l’impression de grimper un morceau d’Histoire !

Mattéo Soulé

À peine redescendu de son nuage, le jeune membre de l’équipe de France regarde déjà vers la suite. Direction potentielle : Céüse, avec en ligne de mire deux lignes iconiques : “Biographie” et “Générations Futures” libérée récemment par Hugo Parmentier.


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J-7 avant le lancement de la saison internationale : tout ce qu’il faut savoir !

26 Avr

Dans une semaine à peine, la planète grimpe va de nouveau vibrer ! Le rideau se lèvera sur la saison internationale 2026, avec un premier rendez-vous désormais incontournable : l’étape de bloc de Keqiao, en Chine, du 1er au 3 mai.

Et cette année, le lancement a une saveur particulière. Nouveau nom, nouvelle identité, ambitions renforcées… la Coupe du Monde entre dans une nouvelle dimension.


Une nouvelle ère pour la compétition internationale

Fini la dénomination IFSC et la traditionnelle “Coupe du Monde”. Place désormais à World Climbing et aux World Climbing Series. Un rebranding assumé, pensé pour moderniser l’image de notre sport et renforcer sa portée à l’échelle mondiale.

Nouveau logo, nouvelles chartes graphiques, habillage des lives repensé… tout a été revu pour offrir une expérience plus immersive au public. Derrière ce changement d’identité, une volonté claire : rendre l’escalade encore plus lisible, spectaculaire et accessible.

Dans cette optique, un nouveau format fera son apparition cette saison sur le circuit mondial lors des épreuves de vitesse. Baptisé “Speed 4”, il met en scène quatre grimpeurs en simultané, avec deux duels disputés en parallèle. Un format plus dynamique, déjà testé en 2025, et qui fera ses débuts officiels en Coupe du Monde à Cracovie en juillet.

© World Climbing

Autre signal fort : une dotation record. Avec près de 850 000 euros de prize money net répartis sur la saison (plus d’un million brut), 2026 s’annonce comme l’année la plus ambitieuse de l’histoire du circuit.

13 étapes aux quatre coins du globe

Le calendrier 2026 s’annonce dense et varié, avec 13 étapes réparties entre l’Asie, l’Europe et les Amériques. Comme en 2025, c’est Keqiao qui ouvrira le bal avec le bloc.

Calendrier des World Climbing Series 2026

  • 1–3 mai : Keqiao (Chine 🇨🇳) – Bloc
  • 8–10 mai : Wujiang (Chine 🇨🇳) – Difficulté & Vitesse
  • 22–24 mai : Berne (Suisse🇨🇭) – Bloc
  • 28–31 mai : Madrid / Alcobendas (Espagne 🇪🇸) – Bloc & Vitesse
  • 3–7 juin : Prague (République tchèque 🇨🇿) – Bloc & Difficulté
  • 17–21 juin : Innsbruck (Autriche 🇦🇹) – Bloc & Difficulté
  • 3–5 juillet : Cracovie (Pologne 🇦🇹) – Vitesse
  • 10–12 juillet : Chamonix (France 🇫🇷) – Difficulté & Vitesse
  • 4–5 septembre : Koper (Slovénie 🇸🇮) – Difficulté & Vitesse
  • 11–13 septembre : Guiyang (Chine 🇨🇳) – Vitesse
  • 18–20 septembre : Chongqing (Chine 🇨🇳) – Vitesse
  • 16–18 octobre : Salt Lake City (États-Unis 🇺🇸) – Bloc
  • 23–25 octobre : Santiago (Chili 🇨🇱) – Difficulté & Vitesse

Au-delà du circuit mondial, 2026 sera également marquée par les Championnats d’Europe, autre temps fort majeur. Particularité cette année : le bloc aura lieu à Barcelone et la difficulté et la vitesse se disputeront à Laval à la fin de l’été.

Trois étapes de Coupe du Monde de para-escalade viendront ponctuer l’année (Salt Lake City, Innsbruck et Laval), confirmant la place grandissante de la discipline sur la scène internationale.

Enfin, les Championnats du Monde jeunes, programmés en juillet à Arco, réuniront les meilleurs espoirs mondiaux en bloc, difficulté et vitesse.

Une saison sans pression olympique, mais stratégique

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la saison 2026 ne comptera pas encore pour la qualification aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028. Les premiers tickets ne seront distribués qu’à partir de 2027, via différents événements qualificatifs (Coupes continentales, Championnats du Monde et Olympic Qualifier Series).

Les athlètes abordent donc cette saison sans pression directe liée aux JO… mais elle n’en reste pas moins cruciale. 2026 servira de véritable année de transition et de préparation, avec en ligne de mire une saison 2027 décisive !

© World Climbing

Les stars attendues au rendez-vous

Dès la première étape de la saison, le plateau s’annonce relevé. Parmi les noms attendus : Janja Garnbret, Brooke Raboutou, Oriane Bertone, mais aussi chez les hommes Sorato Anraku, Toby Roberts, Tomoa Narasaki ou encore Mejdi Schalck.

Des noms qui donnent immédiatement le ton : la bataille s’annonce intense !

La saison passée a couronné :

  • en bloc : Oriane Bertone et Sorato Anraku
  • en difficulté : Erin McNeice et Alberto Ginés López
  • en vitesse : Emma Hunt et Kiromal Katibin

© World Climbing

Livestream : le géoblocage sur YouTube reste en place

Les étapes de Coupe du Monde 2026 seront toutes diffusées en direct sur la chaîne YouTube de World Climbing. Mais comme les années précédentes, des restrictions géographiques s’appliqueront en Europe, en Chine ainsi que dans certaines régions d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Il est toutefois possible de contourner ces restrictions à l’aide d’un VPN.

Autrement, il est possible de suivre les demi-finales et les finales en direct sur Discovery+ ou via Eurosport Player, mais ces services sont payants.

Cap sur Keqiao

Dans quelques jours, les meilleurs grimpeurs de la planète retrouveront donc les tapis… avec un objectif clair : lancer leur saison de la meilleure des manières !

Rendez-vous donc en Chine pour le premier verdict…


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Un 9a en trois essais pour Laura Rogora !

25 Avr

Trois essais pour un 9a, puis un 8b/+ à vue pour finir la journée… À Arco, Laura Rogora reprend le rocher comme si elle ne l’avait jamais quitté ! 

De retour sur le rocher après une période d’entraînement en salle, l’Italienne Laura Rogora n’a pas mis longtemps à retrouver ses marques… ni à empiler les croix !

Direction Arco, son spot fétiche, où elle s’offre une démonstration éclair dans “Mascella Serrata” 9a, une voie récente signée Gabriele Moroni. Résultat : il ne lui faudra que trois petits essais pour ajouter cette nouvelle ligne à son carnet de croix ! Et comme si cela ne suffisait pas, la jeune grimpeuse a conclu la journée avec un superbe 8b/+ à vue.

De retour sur le rocher après un moment et ça fait TELLEMENT du bien 😍🔥 Hier, je me suis lancée dans la nouvelle pépite de Gabriele Moroni, “Mascella Serrata” 9a que j’ai enchaînée au troisième essai ! ✅
J’ai terminé la journée avec un magnifique 8b/+ à vue 🤙

Laura Rogora

Une voie récente déjà dans le viseur des meilleurs

“Mascella Serrata : ce nom vous dit quelque chose ? Rien d’étonnant ! Il y a quelques jours à peine, nous vous parlions déjà de cette voie, à l’occasion de l’enchaînement éclair de Stefano Ghisolfi. L’Italien s’offrait lui aussi la voie en trois essais et signait son premier 9a enchaîné à la journée.

Mais du côté de Rogora, ce type d’exploit est presque devenu une habitude… À seulement 24 ans, elle possède déjà un carnet de croix qui donne le vertige. Avec plus de 40 voies dans le 9a et plus, elle fait partie des grimpeurs les plus prolifiques au monde sur ces cotations.

Mais là où elle se distingue particulièrement, c’est dans l’exercice du à vue. En 2025, elle a notamment signé plusieurs ascensions majeures, dont deux 8c+ à vue… Une performance rarissime dans l’Histoire de l’escalade ! Son enchaînement dans les Gorges du Loup avec “Ultimate Sacrifice” 8c+ avait marqué un tournant : elle devenait la première femme à réaliser cette cotation à vue. Quelques mois plus tard, à Saint-Léger-du-Ventoux, elle récidivait avec “La Ligne Claire” 8c+.

Autre preuve de son aisance : sa capacité à performer en dehors de son terrain de jeu habituel. En février dernier, elle s’attaquait à “Niobe” 9a, une dalle libérée par Adam Ondra dans un style qu’elle maîtrise peu. Avant ce projet, son niveau max en dalle tournait autour de 6c+/7a… Résultat ? Une première ascension féminine en seulement quatre essais !


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Deux lignes mythiques de Bleau tombent sous les doigts d’Oriane Bertone !

22 Avr

À Bleau, Oriane Bertone vient de signer une performance qui ne passe pas inaperçue… À quelques jours du lancement de la saison internationale, la Réunionnaise vient de réaliser les premières ascensions féminines de “Gecko assis” 8B+ et “Khéops” 8B. Le tout… dans la même matinée !

Une démonstration de force, mais surtout de confiance, à l’approche d’une saison de Coupe du Monde qui s’annonce intense.


Deux des plus grands classiques de Bleau en une matinée

Le premier coup de tonnerre résonne au Rocher de Bouligny, avec “Gecko assis” 8B+, ouvert en 2007 par Olivier Lebreton. Un bloc réputé pour son caractère morpho, souvent décrit comme peu accessible pour les petits gabarits. Pourtant, Oriane vient à bout de ce bloc au premier essai de la journée, devenant la première femme à en venir à bout !

Dans la foulée, elle enchaîne au Cuvier Rempart avec “Khéops” 8B, autre grande ligne emblématique de la forêt. Deux blocs parmi les plus esthétiques et respectés de Bleau, avalés avec une efficacité impressionnante.

 

Dans un message publié sur ses réseaux, la Française revient sur cette performance :

Ce matin, j’ai égalé mon meilleur niveau en bloc. Une cotation qui me ramène à mes années plus jeunes, quand je grimpais presque uniquement dehors… et ça fait un bien fou de retrouver ce niveau !

Longtemps considéré comme un bloc très morpho et masculin (et honnêtement, c’est assez vrai), j’avais essayé “Gecko assis” il y a quelques semaines à l’entraînement… et je m’étais surprise moi-même. Réussir à l’enchaîner aujourd’hui rend ce moment encore plus fort. Je me sens forte, dans un bon état mental et physique, et je suis vraiment fière du travail accompli.

Oriane Bertone

Une dynamique impressionnante… qui se confirme

Difficile de ne pas faire le lien avec ses dernières sorties bleausardes. Il y a quelques semaines à peine, elle signait déjà un doublé dans le 8B avec “Lazarus” et “L’Insoutenable Légèreté de l’être”, avant d’ajouter “Gecko” (debout) à sa liste.

Ces nouvelles performances viennent donc confirmer une montée en puissance claire ! Et ce n’est pas anodin… Dans une semaine, Oriane Bertone prendra la direction de la Chine pour la première étape de la saison de Coupe du Monde de bloc. Une échéance qu’elle abordera avec un statut assumé : celui de favorite.

Lauréate du classement général l’an dernier et régulière au plus haut niveau, elle semble aujourd’hui plus fin prête à en découdre de nouveau sur le circuit international ! Et si ces deux premières féminines à Bleau sont un indicateur… la suite pourrait être très sérieuse.


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“Defying Graffiti” : le bloc le plus moche… et peut-être le plus dur ?

21 Avr

À première vue, difficile d’y voir une future ligne mythique. Un rocher sombre, couvert de graffitis, une dégaine presque sale, loin des standards esthétiques que l’on associe aux plus beaux blocs du monde. Et pourtant, c’est bien là, sur cette face improbable de Dumbarton Rock, que Will Bosi est peut-être en train de repousser, une nouvelle fois, les limites du bloc.

Son nom : Defying Graffiti. Un clin d’œil évident à l’environnement, et aussi, au célèbre “Defying Gravity” 8C+ situé aux États Unis. Sauf que là, William Bosi parle potentiellement d’un projet qui vaudrait 9A+…


Le projet “le plus dur de sa vie”

Dans une vidéo récemment publiée, le Britannique lève le voile sur cette ligne qu’il décrit sans détour comme “son projet le plus dur à ce jour”. Une phrase qui ne passe pas inaperçue quand elle est prononcée par celui qui compte déjà cinq blocs dans le neuvième degré à son actif.

Car Will Bosi n’en est plus à prouver quoi que ce soit. Depuis la troisième ascension d’”Alphane” en 2022 jusqu’à ses enchaînements de “Burden of Dreams”, “Return of the Sleepwalker” ou encore “Spots of Time”, le Britannique s’est imposé comme l’un des grimpeurs les plus forts de la planète. Un profil presque “parfait” qui lui permet de défier les lignes les plus dures du globe : des doigts hors normes, une technicité rare, et surtout, une capacité à s’acharner des des projets que beaucoup abandonneraient.

Et c’est précisément là que son histoire avec “Defying Graffiti” devient fascinante.

Deux mouvements extrêmes !

Car le bloc, en lui-même, est presque déroutant de simplicité. Quelques mouvements seulement, à l’image de “Burden of Dreams”.

Tout se joue sur les deux premiers mouvements, d’une intensité telle qu’ils semblent, pour l’instant, hors de portée. Un premier mouvement qui consiste à aller chercher une réglette infâme, suivi d’un deuxième mouvement encore plus dur, qui constitue aujourd’hui le véritable crux du bloc. La suite ? Elle est “plus facile”, presque anecdotique…

Ce contraste intrigue, et alimente déjà les débats. Peut-on réellement parler de très haut niveau pour un bloc aussi court ? Ou, au contraire, est-ce la quintessence même du bloc extrême : condenser la difficulté maximale en quelques gestes parfaits ?

9A ? 9A+ ? Ou simple fantasme collectif ?

La communauté des grimpeurs oscille déjà entre fascination et incrédulité. Certains parlent d’un “9A en deux mouvements”, d’autres, dont William Bosi, évoquent déjà un potentiel 9A+, voire plus. Tous s’arrêtent sur un point : la brutalité des deux premiers mouvements. Ici, pas de placements complexes ou de méthodes fines. Juste de la force pure, des doigts mis à l’épreuve, et une précision absolue.

Derrière ces spéculations se cache une question plus large, celle du prochain cap dans l’échelle du bloc. Depuis que l’Italien Elias Iagnemma a proposé le 9A+ avec “Exodia”, le débat reste ouvert. Aucun consensus, aucune répétition, et donc aucune validation claire de ce niveau.

Dans ce contexte, chaque nouveau projet d’envergure est scruté avec une attention particulière. “Defying Graffiti” pourrait-il entrer dans cette discussion ? Difficile à dire. Son format, très court, tranche avec les blocs longs et complexes souvent associés aux plus hautes cotations. Mais c’est aussi ce qui le rend unique. Peut-être que l’évolution du niveau ne passera pas uniquement par des lignes plus longues, mais aussi par des séquences toujours plus dures, toujours plus concentrées.

Moche, mais fascinant ?

Et puis il y a ce paradoxe, impossible à ignorer : celui de l’esthétique. À l’heure où certaines lignes deviennent iconiques autant pour leur beauté que pour leur difficulté, “Defying Graffiti” prend le contre-pied total. Ici, le rocher est tagué, abîmé, presque “anti-photogénique”. Et pourtant, cela n’empêche pas William Bosi d’y consacrer la majeure partie de son temps lorsqu’il est chez lui. Session après session, essai après essai, parfois sans même réussir à progresser, il continue. Et surtout, il reste étonnamment positif, presque enthousiaste, là où d’autres auraient déjà lâché prise.

C’est sans doute là que se joue la différence… Pas seulement dans les doigts mais dans cette capacité à croire, encore et encore, qu’un mouvement impossible finira par passer. Alors, que vaut vraiment “Defying Graffiti” ? 9A ? 9A+ en devenir ? Pour l’instant, personne ne le sait. Mais une chose est certaine : au pied de ce bloc recouvert de graffitis, quelque chose est en train de se jouer… Réponse dans les prochains mois ?


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Kalymnos : dix secteurs fermés, l’île en état de crise

20 Avr

Quelques jours après le drame qui a coûté la vie à un grimpeur sur l’île grecque de Kalymnos, les autorités locales passent à l’action. Dans un communiqué officiel, la municipalité annonce une série de mesures immédiates, dont la fermeture temporaire de plusieurs secteurs emblématiques.

Une décision forte, qui confirme que l’accident survenu dans le secteur Jurassic Park n’était pas un cas isolé… mais bien le symptôme d’un problème plus large.


Une décision sans précédent de la part du maire

Dans son annonce, la municipalité de Kalymnos a acté la fermeture temporaire de dix secteurs majeurs, le temps de mener des inspections approfondies : Saint Photis, Monastery, Austrians, Sympligades, Spartacus, Jurassic Park, Galatiani, Cave, Ourania et Kreissaal.

Une liste qui parle immédiatement à la communauté, tant certains de ces sites figurent parmi les plus fréquentés de l’île. L’objectif affiché est clair : sécuriser avant de rouvrir. “La sécurité et la satisfaction des grimpeurs sont une priorité”, rappelle la municipalité, qui annonce en parallèle le lancement d’un programme global de rééquipement, d’inspection et de restauration des voies.

Un tournant après le drame

Impossible de dissocier ces décisions de l’accident survenu récemment. La rupture en chaîne d’un relais dans une voie équipée au début des années 2000 a brutalement mis en lumière une réalité connue… mais souvent reléguée au second plan : le vieillissement du matériel en milieu marin.

Depuis, les signaux d’alerte se multiplient. Le collectif Rebolt Kalymnos, déjà mobilisé depuis plusieurs années, va plus loin encore : il prévoit de publier une liste supplémentaire de secteurs à éviter, et recommande d’ores et déjà d’éviter les voies équipées avant 2006.

Pourtant, dans son communiqué, la municipalité se veut rassurante : Kalymnos resterait “l’une des destinations les plus organisées et sûres au monde”, forte de plus de 5000 voies et d’une longue tradition d’équipement.

Mais sur le terrain, le discours est plus nuancé. Car derrière cette image de destination référence, une réalité s’impose : une partie importante des voies date des années 2000, l’environnement marin accélère la corrosion et le rééquipement (souvent porté par des bénévoles) peine à suivre le rythme de la fréquentation. La municipalité appelle alors à la vigilance maximale : inspection visuelle systématique des points, signalement des ancrages suspects, et surtout éviter toute voie non entretenue.

Vers une refonte du modèle Kalymnos ?

Au-delà de l’urgence, cette situation pourrait marquer un tournant. Parmi les mesures annoncées, on note une accélération du programme de maintenance, la création d’un cadre plus structuré autour de l’équipement et la collaboration avec des professionnels spécialisés, et même une recommandation forte : ne plus ouvrir de nouvelles voies pour le moment. Une décision forte car à Kalymnos, terre de développement par excellence, l’ouverture de nouvelles lignes a longtemps été au cœur de son identité.

Mais au-delà du cas de Kalymnos, cet accident remet en lumière un problème plus large qui concerne de nombreuses falaises à travers le monde. Si les regards se tournent aujourd’hui vers Kalymnos, le problème dépasse largement les frontières de l’île grecque.

Dans un communiqué publié dans la foulée du drame, la FFME a tenu à rappeler l’existence de ce phénomène qu’est la corrosion sous contrainte. Ce type d’altération, qui touche les aciers inoxydables en milieu marin, peut fragiliser les ancrages de manière invisible, jusqu’à une rupture brutale, parfois sans signe extérieur. La fédération note tout de même que la France métropolitaine reste globalement peu touchée à ce jour, mais à l’échelle mondiale, certaines régions (notamment les destinations littorales très fréquentées) sont clairement identifiées comme plus à risque.

Aujourd’hui, la priorité change : entretenir l’existant avant de continuer à développer. Reste à savoir si cette crise débouchera sur une transformation durable du modèle…


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Connor Herson enchaîne “Bon Voyage” 9a trad à Annot

19 Avr

Connor Herson continue d’empiler les performances de très haut niveau en trad. Après avoir marqué l’histoire de la discipline avec “Drifter’s Escape” 9a+, le jeune Américain de 22 ans s’offre cette fois “Bon Voyage” 9a/E12 à Annot, l’une des voies les plus exigeantes et engagées du moment.

Ouverte en 2023 par James Pearson, “Bon Voyage” s’est rapidement imposée comme l’une des voies trad les plus dures (et les plus esthétiques !) au monde. Cotée 9a/E12, elle combine un crux très technique sur des prises fuyantes, suivi d’une longue section engagée, où les protections s’espacent dangereusement.

Située à Annot, la ligne partage son départ avec “Le Voyage” avant de bifurquer dans une série de mouvements sur réglettes et trous peu profonds, pour finir sur une arête technique et engagée. Depuis son ouverture, seuls quelques grimpeurs triés sur le volet ont réussi à la répéter : Adam Ondra, Seb Berthe, Jacopo Larcher et plus récemment Esteban Daligault. Tous s’accordent sur la cotation… et sur la beauté exceptionnelle de la ligne.

© Raphaël Fourau

Pour Connor Herson, cette ascension s’inscrit dans une tournée européenne impressionnante. Après avoir marqué l’Histoire de la discipline avec la première ascension de “Drifter’s Escape” 9a+ trad à Squamish (probablement la voie trad la plus dure au monde) l’Américain enchaîne les performances. Direction la Norvège dans un premier temps, où il coche rapidement deux références du Jøssingfjord : “Crown Royale” et “The Recovery Drink”, deux fissures extrêmes dans le 8c+. Puis cap sur Annot, pour un premier séjour en France… loin des circuits touristiques, mais au cœur du trad moderne.

Sur place, il partage l’expérience avec Jacopo Larcher, qui joue un rôle clé dans son approche de la voie : « Partager le processus, voyager, grimper et simplement passer du temps avec Jacopo a été l’un des moments forts de mon année », confie-t-il.

© Raphaël Fourau

Il faudra huit sessions à Herson pour venir à bout de la voie. Pourtant, il avait déchiffré les mouvements rapidement… Mais le véritable défi s’est situé ailleurs : un passage sur un mono, particulièrement exigeant pour la peau, l’a mis en difficulté pendant longtemps.

Mais au-delà de l’aspect physique et technique, c’est surtout un changement de mentalité qui fera la différence : « Je grimpais pour ne pas tomber. J’étais focalisé sur les erreurs à éviter. Du coup, je serrais trop, je grimpais de manière timide. » En relâchant cette pression, en acceptant de grimper “pour grimper”, Herson trouve enfin la fluidité nécessaire : « Ce dont je suis le plus fier, ce n’est pas d’avoir réussi la voie, mais ce changement d’état d’esprit. »

Le parcours de Connor Herson illustre une progression aussi précoce que structurée. À 22 ans, il cumule déjà de nombreuses ascensions majeures en trad, entre le 8c et le 9a+, ce qui en fait l’un des profils les plus complets de sa génération.

Une évolution qui s’inscrit dans une logique d’objectifs clairement définis dès l’adolescence : atteindre le 8b+ avant 14 ans, puis multiplier les réalisations dans ce niveau et plus avant ses 18 ans.

Connor Herson en 7 performances

  •  2018 – El Cap : à seulement 15 ans, il marque les esprits en signant la troisième ascension en libre de “The Nose” sur El Capitan (900 m, 8b+), devenant au passage le plus jeune grimpeur à réussir cette ligne mythique.
  • 2023 – Squamish : il enchaîne plusieurs références du trad moderne avec “Cobra Crack” 8c, la deuxième ascension de “Crack of Destiny” 8c, puis “Blackbeard’s Tears” 8c+, une voie peu répétée depuis son ouverture.
  • 2023 & 2024 – Yosemite : il poursuit sur sa lancée avec la quatrième répétition de “Meltdown” 8c+, ainsi que “Magic Line” 8c+, deux classiques redoutables et rarement cochés.
  • Juillet 2025 – Squamish : il franchit un cap avec la première ascension de “Drifter’s Escape”, pour laquelle il propose 9a+, probablement la voie trad la plus dure jamais réalisée à ce jour.
  • Août 2025 – Norvège : il confirme sa régularité dans le très haut niveau en enchaînant “Crown Royale” et “The Recovery Drink” 8c+ dans le Jøssingfjord.

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Quatre essais, un 9a : la première de Stefano Ghisolfi

18 Avr

Un 9a en quatre essais, dans la journée, presque sans forcer. Sur le papier, rien d’extraordinaire pour Stefano Ghisolfi. Et pourtant, cette fois, c’est une première ! Un paradoxe ? Presque.

Car oui, l’Italien fait partie du cercle très fermé des grimpeurs capables de dompter des 9b+, comme “Perfecto Mundo”, “Change” ou encore “Excalibur”. Pourtant, jusqu’ici, aucun 9a n’était tombé “à la séance”.


Un 9a expédié en quatre essais

Direction Arco, véritable berceau de la grimpe en Italie. C’est là que Ghisolfi s’attaque à “Mascella Serrata” 9a, une nouvelle voie, signée de la patte de Gabriele Moroni.

Et tout est allé très vite pour Ghisolfi !
1ère montée dans la voie : découverte des prises et des mouvements
2ème : travail de sections
3ème : tentative sérieuse depuis le bas… interrompue par une prise cassée
4ème : enchaînement !

Entre chaque run, “environ 30 à 45 minutes de repos”, précise l’Italien. Une performance presque “facile” sur le papier, mais qui tranche avec ses habitudes. C’est en effet là que ça devient intéressant ! Ghisolfi a déjà coché plus de 20 voies dans le 9a+ et une dizaine dans le 9b et plus, mais toutes (sans exception) lui avaient demandé plusieurs jours de travail.

© Fabio Fin

Ce premier 9a à la journée vient donc casser une dynamique presque ancrée dans son profil de grimpeur : celui d’un perfectionniste du projet, plus que d’un “Lucky Luke des croix”.

Ces derniers mois, Ghisolfi s’est largement éloigné des falaises pour se concentrer sur le bloc, avec une progression impressionnante. Il a notamment enchaîné “Gioia” son premier 8C+, puis réalisé “Dreamtime” 8C, “The Story of Two Worlds” 8C et “4-Low” 8C également.

Et forcément, tout se travail fait en bloc se transfert maintenant en falaise. Sur “Mascella Serrata”, Ghisolfi semble appliquer une approche plus instinctive, plus directe… presque “bloc”.


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Semelle 3D carbone + Pebax® : SCARPA innove avec le Blackbird !

16 Avr

Après six années de développement, SCARPA lève le voile sur le Blackbird, un chausson haute performance qui entend bien bousculer les standards actuels. Un modèle qui se veut aussi exclusif, puisqu’il sera commercialisé en édition très limitée pour le lancement, avant d’être lancé à plus grande échelle en fin d’année.

Au cœur du projet, une idée simple mais ambitieuse : proposer un chausson capable d’offrir la puissance d’un modèle rigide tout en conservant la finesse et la sensibilité des chaussons plus souples. Comment ? Grâce notamment à l’insertion inédite d’une semelle intermédiaire 3D en Pebax® renforcée en fibre de carbone.


Une innovation majeure : la semelle intermédiaire 3D en Pebax® renforcée en fibre de carbone

C’est clairement là que se joue la révolution du Blackbird. SCARPA introduit pour la première fois une semelle intermédiaire 3D en Pebax® renforcée en fibre de carbone.

Concrètement, cette plaque permet une transmission optimale des forces vers l’avant-pied, tout en répartissant la charge sur les appuis. Résultat : un soutien très marqué sur les grattons et micro-prises et une sensation de « puissance passive » dans le pied. Autrement dit, on peut appuyer sur des prises très petites sans avoir à “forcer” avec les orteils.

© Coll. SCARPA

Mais là où SCARPA va plus loin, c’est dans le compromis trouvé : malgré cette rigidité, la construction permet de réduire l’épaisseur globale des matériaux, ce qui conserve une vraie qualité de sensations. Un équilibre pourtant difficile à trouver dans les chaussons orientés performance.

Une construction entièrement repensée

Traditionnellement, choisir un chausson performant implique souvent un de choisir une pointure agressive et accepter un certain niveau de douleur. Mais le Blackbird casse un peu ce paradigme. Grâce à sa structure interne (et notamment la semelle intermédiaire 3D en Pebax® renforcée en fibre de carbone), il est possible de garder un fit plus confortable sans perdre en précision ni en maintien.

Ce nouveau modèle de chausson, conçu sur la même forme que le Drago XT, ne se limite pas à sa semelle innovante. Toute son architecture a été revue. On retrouve notamment : une tige en microfibre double couche pour la durabilité et le maintien, une doublure en Alcantara à l’avant, un stabilisateur latéral interne, utile dans les mouvements en torsion ou en charge, et une gomme Vibram XS Grip 2 (la référence en termes d’adhérence).

© Coll. SCARPA

Autre point intéressant : le système de fermeture. Le Blackbird intègre un système de serrage enveloppant avec cordelettes en Z, combiné à un velcro personnalisable (qui peut-être recoupé). L’ensemble permet un maintien homogène sur tout le pied et un serrage précis, de la voûte plantaire jusqu’au cou-de-pied

Pour quels terrains ?

Avec son ADN, le Blackbird cible clairement : les voies techniques à micro-pieds, les dalles et les faces verticales, les grandes voies, où confort et précision doivent cohabiter, voire certains blocs nécessitant précision et poussée.

C’est donc un chausson qui s’inscrit davantage dans une logique de performance en falaise que dans un usage purement indoor ou moderne/coordination.

© Coll. SCARPA

Affiché à 249,95 €, le Blackbird se place d’emblée comme le chausson le plus cher du marché. À titre de comparaison, la majorité des modèles haut de gamme actuels (comme les Scarpa Instinct, Drago ou encore La Sportiva Solution) évoluent généralement entre 170 € et 230 €.

Avec ce tarif, SCARPA assume donc un positionnement clairement premium, en lien direct avec la complexité de sa construction et l’intégration de technologies inédites, notamment la fameuse semelle intermédiaire carbone + Pebax®. Un positionnement renforcé par son statut d’édition limitée (1000 paires dans le monde), qui en fait aussi un produit à part dans l’offre actuelle.

Reste à voir si cette innovation justifiera, sur le terrain, un tel investissement pour les grimpeurs les plus exigeants.

Fiche technique du Blackbird SCARPA

  • Semelle intermédiaire Carbon-Enhanced 3D Molded Pebax®
  • Gomme Vibram® XS Grip 2
  • Tige microfibre double couche
  • Doublure avant Alcantara®
  • Système de tension full wrap
  • Fermeture avec cordelettes + velcro ajustable
  • Stabilisateur latéral interne
  • Prix : 249,95 €
  • Disponibilité : 16 avril 2026

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Nicolai Užnik ajoute une extension au légendaire “Bügeleisen”

15 Avr

Dans le petit monde de l’escalade, certains noms de bloc résonnent particulièrement fort. C’est le cas de “Bügeleisen”, dans le Maltatal autrichien. Plus de vingt ans après sa première ascension, la ligne continue d’inspirer… et d’évoluer.

Le 2 avril dernier, Nicolai Užnik y a ajouté sa patte, en proposant une nouvelle extension qu’il a nommée “Bügelbrett” 8C+.


Une extension redoutable

Le principe de cette extension est simple : partir plus bas, légèrement à droite du départ original, et venir se connecter à “Bügeleisen” après environ sept mouvements supplémentaires. Mais dans la réalité, cette introduction, estimée autour de 8B, change complètement la donne.

J’ai passé beaucoup de temps sur ce bloc au fil des années, d’abord avec “Bügeleisen”, puis la version assise, et ces derniers mois sur cette extension. Le nouveau départ que je propose ajoute environ 7 mouvements. C’est une escalade délicate, technique, et très différente du style de la ligne originale, ce qui rend l’enchaînement vraiment difficile.

Nicolai Užnik

Ce contraste de styles, entre une première section fine et exigeante, et une suite plus physique, fait donc de cette ligne un vrai test de polyvalence.

© Flowmocean.moves

Une histoire qui traverse les époques

Pour comprendre la portée de cette ascension, il faut revenir en arrière. “Bügeleisen” est libéré en 2001 par Klem Loskot, à une époque où le 8B+ représente le sommet du bloc mondial. Sa ligne, une face déversante à petites prises, devient rapidement iconique.

Il faudra ensuite attendre 2014 pour voir Nalle Hukkataival proposer une version assise (8C), venant compléter la vision initiale. Entre-temps, le bloc aura marqué plusieurs générations, avec des répétitions de grimpeurs majeurs et même une première féminine signée Janja Garnbret.

Avec “Bügelbrett”, Užnik fait évoluer la ligne une nouvelle fois, inscrivant une nouvelle couche à un bloc qui symbolise à lui seul trois décennies d’évolution du bloc moderne !

© Coll. Užnik

Le bon moment !

Fidèle à une approche patiente, l’Autrichien n’a pas forcé les choses. Quelques sessions par-ci par-là, sans pression, en attendant le bon timing.

Il raconte :

Au lieu de m’y consacrer entièrement, j’ai adopté une autre approche : une ou deux sessions quand j’étais à la maison, en restant patient.

Le moment est arrivé de manière inattendue. Sur la route du retour depuis Innsbruck, je me suis arrêté pour une session en solo. Tout s’est rapidement mis en place… malgré les doigts engourdis par le froid, j’ai réussi à faire le dernier mouvement et sortir après une lutte incroyable.

Nicolai Užnik

Un enchaînement presque improvisé, mais parfaitement maîtrisé !

Avec cette première ascension, Užnik signe son troisième bloc dans le 8C+, confirmant sa place parmi les grimpeurs les plus solides du moment. Il y a un an, il avait déjà marqué les esprits dans ce même vallon, en signant la première ascension de “Mount Doom” 9A.

Et la suite s’annonce déjà palpitante… Actuellement en Finlande, Užnik est retourné poser ses doigts sur “Burden of Dreams”, le mythique 9A ouvert par Nalle Hukkataival. Un bloc qu’il connaît déjà bien, et qu’il semble plus proche que jamais d’apprivoiser.

Au vu de sa forme actuelle… difficile de ne pas imaginer une issue rapide.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Nicolai Užnik (@nicolaiuznik)


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Et de trois ! Zach Galla s’offre un nouveau 9A bloc aux États-Unis

14 Avr

Zach Galla vient de réaliser la troisième ascension de “Megatron”, un 9A iconique ouvert par Shawn Raboutou, jusqu’ici seulement répété par Hamish McArthur.

Il s’agit du troisième 9A bloc de Zach, seul grimpeur à avoir coché trois 9A des États-Unis.


Ouvert en 2022 par Shawn Raboutou, “Megatron” s’est rapidement imposé comme l’un des blocs les plus extrême de la planète. La ligne consiste en un enchaînement redoutable : une première section autour du 8C, suivie sans repos des mouvements de “Tron” un 8B+ ouvert quelques années plus tôt par Daniel Woods.

Un défi aussi physique que mental, qui aura résisté pendant près de trois ans aux assauts des plus forts bloqueurs de la planète. Seul Hamish McArthur était parvenu à en signer la répétition… jusqu’à aujourd’hui.

© Coll. Galla

Un combat contre… l’enchaînement

Là où beaucoup de blocs extrêmes se jouent dans le décryptage des mouvements, “Megatron” inverse complètement la logique. Chez Galla, tout semblait relativement “sous contrôle”… sauf l’essentiel.

La plupart des blocs très durs que j’ai faits se jouent avant l’enchaînement. Une fois que tout est calé, l’essai paraît presque fluide. Avec “Megatron”, c’était l’inverse. Les mouvements et les petites sections me semblaient accessibles assez tôt, mais tout mettre bout à bout a été mon vrai défi.

Zach Galla

© Bobby McGee Vannoy

Une difficulté qui l’a poussé à explorer une approche mentale différente :

Assis sous le bloc, avant mon premier essai de la journée, j’ai essayé de me convaincre que je l’avais déjà réussi. Que c’était juste une répétition. Avec cet état d’esprit, je me suis engagé sans penser au résultat, uniquement concentré sur le mouvement suivant. Avant même de m’en rendre compte, j’étais dans les dernières prises… vidé, les doigts engourdis. J’ai tout donné. C’était juste suffisant.

Zach Galla

Une série impressionnante… et un objectif clair

Avec “Megatron”, Zach Galla signe déjà son troisième 9A bloc. Une progression éclair amorcée en décembre dernier, lorsqu’il réalisait coup sur coup “Shaolin” de Sean Bailey et “Return of the Sleepwalker” de Daniel Woods, à Red Rock Canyon.

En l’espace de quelques mois, l’Américain de 25 ans s’est donc offert trois des blocs les plus durs du pays. Un chiffre qui prend encore plus de relief quand on sait qu’il n’existe actuellement que quatre 9A aux États-Unis. Le dernier manquant ? “No One Mourns The Wicked”, ouvert par Nathaniel Coleman. Autrement dit : le “perfect game” comme il l’appelle est à portée !

© Finn Stack

Discret médiatiquement mais redoutable sur le rocher, Zach Galla n’en est pas à son coup d’essai. Entre ses nombreux 8C+et ses performances récentes dans le neuvième degré, il s’impose progressivement comme l’un des grimpeurs les plus complets de sa génération.

Et forcément, une question se pose : après avoir (presque) coché tout ce qui existe aux États-Unis… quelle sera la suite ? L’Europe ? Ou, peut-être, sa propre première ascension en 9A…?


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Charles Albert vient à bout d’un nouveau projet jugé “impossible” à Bleau !

14 Avr

À peine le temps de digérer l’annonce de “Charlatan”, que Charles Albert remet déjà ça ! Quinze jours seulement après avoir libéré l’un de ses projets les plus mythiques de Bleau, le Français signe une nouvelle première ascension… et pas des moindres.

Cette fois, direction le secteur du Cuvier Rempart, où il s’attaque à une version départ assis de “Le Salathé Wall”7A+, un projet longtemps considéré comme… tout simplement irréalisable.


Un bloc “impossible”… rendu presque facile !

Sur le papier, la ligne coche toutes les cases du bloc extrême version Bleau : quelques mouvements seulement, mais d’une intensité maximale. Le cœur du bloc ? Un violent mouvement d’épaule sur une micro-prise, suivie d’un enchaînement de réglettes minuscules avant un mouvement dynamique vers une prise salvatrice qui permet de rejoindre la sortie du bloc original.

Dans la vidéo qu’il a publiée sur son compte Instagram, le contraste est saisissant : là où le bloc semblait totalement hors de portée, Charles déroule avec une fluidité déconcertante (se permettant même quelques mouvements en no-foot)… Irréel ! Une impression devenue familière avec le Bleausard, dont le style (pieds nus, ultra précis et presque chorégraphique) donne souvent l’illusion que tout est simple.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Charles Albert (@barefoot_charles)

Une cotation autour de 8C/+

Pour cette nouvelle ligne, Charles propose une cotation située entre 8C et 8C+, estimant que le bloc se situe tout de même un cran en dessous de “Charlatan”.

Un détail intéressant, qu’il souligne lui-même : les prises sont inhabituelles pour Bleau, avec la présence de “vraies” réglettes, loin des traditionnels plats et adhérences du massif. Comme toujours, la confirmation reviendra aux répétiteurs… mais une chose est sûre : le niveau est encore une fois stratosphérique.

Un pic de forme impressionnant

Difficile de ne pas faire le lien avec son actualité récente. Il y a à peine deux semaines, Charles Albert annonçait la première ascension de “Charlatan”, un projet travaillé pendant… huit ans.

Un enchaînement éclair qui en dit long sur son état de forme actuel. Dans son message, le Français ne s’en cache pas : “Ce pic de forme est de bonne augure pour mon trip au Tessin qui approche”, affirme-t-il avec enthousiasme.

De quoi laisser présager d’autres réalisations majeures dans les semaines à venir !


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Confessions de Chris Sharma : jusqu’où les cotations peuvent-elles vraiment aller ?

13 Avr

Ces derniers mois, l’escalade mondiale vit une nouvelle accélération. Après l’annonce du premier 9A+ bloc par Elias Iagnemma avec “Exodia”, la proposition d’un 9a+ trad par Connor Herson dans “Drifter’s Escape”, et les ambitions affichées de Seb Bouin dans “Insouciance” (potentiel 9c+), une question revient avec insistance : comment sait-on que l’on vient réellement de franchir une nouvelle cotation ?

Dans une récente interview accordée à un média canadien, Chris Sharma, pionnier du 9a+ et du 9b, partage son avis sur le sujet et cette obsession des chiffres. D’ailleurs, l’Américain confie être lui-même en train de travailler sur un projet… qui pourrait bien atteindre le 9c+ !


« Les cotations ne sont qu’une partie de l’Histoire »

Quand il enchaîne “Biographie” à Céüse au début des années 2000, Sharma refuse d’abord de proposer la cotation de 9a+. À l’époque, il sort d’une blessure et redécouvre une approche plus introspective de l’escalade. « J’avais redécouvert une connexion plus profonde avec l’escalade et je passais beaucoup de temps à grimper seul, à faire du bloc, à vivre une expérience très pure, presque spirituelle dans sa forme, plus en accord avec ce type d’expérience qu’avec une expérience purement sportive. »

Pour lui, la cotation est un outil, pas une finalité. Se focaliser uniquement sur le « prochain chiffre » peut faire perdre de vue la beauté du mouvement et la qualité de l’expérience. “Les gens sont tellement habitués à penser de façon quantitative, à évaluer les performances et les voies en attribuant un chiffre. Moi, je voulais simplement élargir la perception de l’escalade. Les cotations en font partie, mais l’escalade peut être une expérience plus vaste et inclusive”.

(Ironie de l’histoire : “Biographie” est aujourd’hui considérée comme l’un des 9a+ les plus durs au monde).

© Coll. Sharma

En 2008, avec “Jumbo Love” (située dans le Clark Mountain), Sharma assume cette fois la proposition du premier 9b de l’Histoire. Il est alors pleinement engagé dans la quête du « prochain niveau ». Mais il rappelle une chose essentielle : coter une première ascension est extrêmement délicat… Personne n’a encore trouvé toutes les méthodes, le doute mental peut amplifier la difficulté, le long processus de travail peut influencer à proposer une cotation trop haute, un futur répétiteur peut découvrir un coincement de genou ou une séquence plus efficace… Il cite d’ailleurs l’exemple de certaines voies répétées avec des méthodes radicalement différentes, transformant presque la ligne en une autre voie.

La cotation, surtout à ces niveaux, n’est jamais une science exacte. “Elle se consolide toujours avec le temps et les répétitions”, rappelle l’Américain.

Mais alors comment distinguer une voie « dure pour moi » d’un nouveau standard universel ? Sharma est honnête : « C’est difficile à dire… ». Le style, la morphologie, le mental, l’état de forme… tout influence la perception. Il insiste sur l’importance des répétitions par d’autres grimpeurs. C’est là que la communauté valide (ou ajuste) la proposition. Il évoque notamment “Golpe de Estado” actuellement cotée 9b, qu’il imagine peut-être reconsidérée un jour à la hausse. À l’inverse, “Es Pontàs” a récemment vu sa valeur se consolider au fil des répétitions par la nouvelle génération.

© Altitude Climbing

Le fantasme du 9c+

À chaque nouvelle cotation franchit, on rêve de celle d’après, toujours plus haute. Mais pour Sharma, le 9c+ n’est qu’un chiffre. « Un jour, on parlera de 10a comme d’une cotation ordinaire. » affirme-t-il.

À 44 ans, récemment vu en compétition sur le circuit américain, Sharma continue de chercher ses limites. Ses conseils aux grimpeurs qui visent de franchir un nouveau cap ? Avoir un projet donne du sens. Accepter la frustration fait partie du jeu. Mais ne surtout pas sacrifier le plaisir sur l’autel du chiffre !

“N’oubliez pas de profiter du moment présent”, insiste Sharma. Parce que parfois, nous pouvons être frustrés et tellement obsédés par l’envie d’atteindre le prochain objectif que nous cessons de nous amuser et d’apprécier les choses. Vous allez devoir faire face à la frustration et à d’autres choses de ce genre. Mais ne passez pas votre vie à courir après la prochaine étape sans jamais trouver le bonheur. Trouvez l’équilibre entre le plaisir et la poursuite de votre rêve”.

© Matty Hong

À haut niveau, on flirte avec l’obsession. Il parle d’un « bon côté de la folie », nécessaire pour croire en l’impossible… mais qui doit rester équilibré. Et rappelle qu’au fond, l’escalade reste une expérience profondément personnelle. D’ailleurs, récemment, on a vu Sharma sortir de sa zone de confort en participant aux Championnats des États-Unis. Un retour en compétition qui ne s’est pas soldé par l’exploit espéré, mais qui s’inscrit parfaitement dans sa philosophie. Il reconnaît avoir ressenti le stress, ces « papillons dans le ventre » propres aux formats où il faut performer à l’instant T. « J’avais besoin de plus d’expérience dans cet univers », confie-t-il, lui qui se sentait pourtant en grande forme physiquement.

Il y voit une autre facette de l’escalade : celle où l’on doit accepter la pression, le regard des autres, la possibilité de l’échec immédiat. “Comme en tête lorsqu’on a peur de tomber”, explique-t-il, tant que l’on ne lâche pas cette peur, on ne peut pas grimper à son meilleur niveau”. Se confronter à cet inconfort, que ce soit en compétition ou dans un projet au long cours, reste pour lui un formidable terrain d’apprentissage.

© Matty Hong

Quant aux Jeux de Los Angeles 2028 ? Sharma reste mesuré. Impossible pour lui d’imaginer mettre le rocher entre parenthèses : trop de projets, trop d’envies encore en falaise.

Mais l’essentiel est ailleurs : continuer à apprendre, à sortir de sa zone de confort, et à grimper fort, que ce soit sur un mur de compétition ou sur un projet extrême en falaise.


Lire aussi

Chris Sharma face à la controverse : pourquoi sa grande voie a-t-elle été déséquipée ?

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Chaehyun Seo, l’or après le choc : deux titres nationaux deux semaines après une fracture du crâne

11 Avr

Victime d’une chute violente à l’entraînement début mars, Chaehyun Seo a pourtant signé, à peine deux semaines plus tard, un doublé retentissant aux Championnats nationaux sud-coréens. Une démonstration de résilience rare… qui en dit déjà long sur la suite de sa saison internationale.

Le 5 mars dernier, Chaehyun Seo chute lourdement à l’entraînement. L’impact est violent et le diagnostic tombe rapidement : fracture du crâne etcommotion cérébrale sévère, rien que ça. Pendant plusieurs jours, les symptômes sont bien présents : maux de tête persistants, incertitudes, et forcément une question qui s’impose : pourra-t-elle revenir rapidement à la compétition ? À ce moment-là, difficile d’imaginer ce qui allait suivre…

Car deux semaines plus tard, Chaehyun Seo est pourtant bien au départ des Championnats nationaux sud-coréens. Pas simplement pour “reprendre” ou pour tester son état de forme, mais pour performer, et avec la manière s’il vous plaît ! Deux disciplines, deux titres. L’or en difficulté, l’or en bloc. Un doublé qui aurait déjà été impressionnant dans un autre contexte mais qui prend encore une toute autre dimension ici.

© World Climbing

Sur ses réseaux, la grimpeuse elle-même revient sur ses deux victoires :

Ce doublé a bien plus de valeur que tous les précédents. Je me suis concentrée uniquement sur ma récupération ces deux dernière semaines, en me demandant si je pourrais participer à cette compétition. Mais petit à petit, je me suis sentie mieux. J’ai essayé de surmonter le traumatisme de la chute, et progressivement, l’idée de participer est devenue possible.

Je suis simplement reconnaissante d’avoir pu prendre part à chaque tour, à chaque voie, sans nouvelle blessure. Je dois encore être très prudente, mais ma récupération se passe bien. Merci à tous pour votre soutien. Je vais tout faire pour être au meilleur niveau pour la saison internationale.

Chaehyun Seo

Ce n’est pas la première fois que la grimpeuse coréenne impressionne par sa solidité. Sur le circuit international, elle fait partie des références mondiales depuis plusieurs saisons, capable de rivaliser (et même de battre !) des athlètes comme Janja Garnbret.

En 2025, elle termine deuxième du classement général des Coupes du Monde de difficulté, après avoir déjà décroché ce même rang en 2022, et un titre en 2019. Elle s’est également illustrée lors des Championnats du Monde, avec plusieurs podiums, dont une victoire en 2021.

© World Climbing

Limiter Chaehyun Seo à la compétition serait réducteur. Sur le rocher aussi, elle empile les performances : “La Rambla” 9a en seulement quelques jours, des croix rapides dans le 9a/9a+, et même des ascensions à vue dans des niveaux où très peu de grimpeuses s’aventurent. Un profil complet, capable d’exceller partout.

Alors forcément, ce doublé national, dans ces conditions, en dit long. Sur son niveau, bien sûr, mais surtout sur sa résilience. À quelques jours des première échéances internationales, un message est passé : Chaehyun Seo est de retour !


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Seb Bouin ajoute une nouvelle ligne majeure au patrimoine français !

10 Avr

Dans le calme minéral de la Drôme, au-dessus du village de Die, Seb Bouin vient d’écrire une nouvelle page de son impressionnante histoire avec le très haut niveau. Le Français signe la première ascension de “Le Champ des Muses”, une voie annoncée autour de 9b, sur la falaise de Romeyer.

Une voie exigeante et résistante, qui s’inscrit déjà comme une nouvelle ligne de référence dans le paysage français.


L’histoire commence grâce à Quentin Chastaigner, équipeur local, qui attire l’attention de Seb sur ce projet encore vierge : une proue évidente, physique, et surtout redoutablement endurante. Après un premier repérage, le verdict est sans appel. La ligne correspond parfaitement aux qualités de Seb : une escalade continue et puissante, où la gestion de la fatigue devient centrale. Un terrain de jeu presque sur mesure pour le meilleur falaisiste français !

Bouin s’y confronte une première fois avant de s’envoler pour la Chine, chutant à plusieurs reprises dans le crux final. Mais comme souvent dans ses projets, il ne compte pas en rester là. À son retour, la voie est toujours dans un coin de sa tête. Il revient, insiste et affine ses méthodes. Jusqu’à cet essai marquant : une chute… sur le tout dernier mouvement de la voie ! Frustrante, mais de quoi le motiver encore plus.

Puis les conditions basculent. Un vent du nord se lève, assèche la falaise et allège légèrement l’effort. Profitant de ce moment, Seb trouve les ressources pour lutter contre l’acide lactique et aller clipper le relais.

Vraiment heureux d’avoir terminé un projet aussi beau. En même temps, un peu triste de perdre cette excuse de revenir dans ce petit paradis… Chaque moment passé là-bas était incroyable !

Seb Bouin

© Jose Parada Ortega

Au-delà de la performance, c’est aussi cette relation au lieu qui transparaît dans le message de Seb. L’ambiance du village, le cadre, les rencontres… autant d’éléments qui donnent à cette ascension une dimension presque intime.

Côté cotation, le Français reste mesuré : un gros 9a+ ou un 9b “soft”. Mais lucide aussi. La voie correspond tellement à son style qu’il tranche logiquement pour le 9b.

Avec “Le Champ des Muses”, Seb Bouin poursuit une série tout simplement exceptionnelle de premières ascensions extrêmes. Ces dernières années, il a enchaîné les ouvertures majeures aux quatre coins du globe : “El Gran Cabrón” 9b en Chine, “Vidra La Vida” 9b/+ en Croatie, “Wolf Kingdom” 9b+ en France… sans oublier “DNA”, sa proposition en 9c dans les Gorges du Verdon, qui attend toujours d’être répétée…


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Un dernier run qui change tout : Jules Marchaland s’offre son premier 8C+ !

08 Avr

Jules Marchaland vient de signer son premier 8C+ bloc en enchaînant le célèbre “Ephyra”, à Chironico, en Suisse.

Une performance majeure… mais surtout un enchaînement qui porte parfaitement sa signature : imprévisible, spontané, presque impensable au vu des circonstances !


Un trip sans certitudes…

“Direction le Tessin pour une quinzaine de jours, en compagnie de Simon Lorenzi”, nous raconte Jules. Un voyage libre, sans pression, rendu possible par un nouveau van fraîchement acquis. Sur le papier, tout est réuni pour un beau séjour… sauf un détail : une inflammation persistante à une poulie. « Je ne serrais pas de prise et j’avais mal aux doigts des fois même sans rien faire… Je ne savais pas à quel point je pouvais forcer dessus. »

Une blessure qui change tout… Difficile de s’engager pleinement, difficile de savoir jusqu’où pousser. Et face à lui, deux objectifs ambitieux sur le même panneau : “Ephyra” 8C+ et “From Dirt Grow the Flowers” 8C.

Pensant que ces deux blocs n’allaient pas trop sollicité son doigt blessé, Jules se lance. Et dès les premières séances, le constat est clair : “Ephyra” est loin d’être donnée !

© Arthur Delicque

Un bloc qui lui résiste jusqu’au bout

Ouvert en 2019 par Jimmy Webb, “Ephyra” est un 8C+ exigeant, posé sur le même rocher que le mythique “From Dirt Grows the Flowers” de Dave Graham. Et pour Marchaland, le chantier est réel : « La première séance, je n’ai pas bougé… La deuxième, j’ai fait les mouvs mais vraiment limite… C’était loin, très loin d’être gagné ! »

Les essais s’accumulent… mais rien ne laisse vraiment présager une issue rapide. Même lors de la troisième session, les connexions entre les mouvements restent fragiles et incertaines.

La magie du dernier run 

Troisième journée dans le bloc. “La séance n’est pas folle”, confie Jules. Il enchaîne les essais, parvient parfois à passer le crux, mais chute ensuite. Fin de séance, la fatigue est là. L’idée de remettre le projet à l’année prochaine commence à s’installer. Et pourtant…

« J’ai dit à mes potes : “Vas-y les gars, je mets un dernier run”… mais vraiment comme ça, juste un dernier pour la route quoi. Je n’ai même pas demandé à ce qu’on me filme tellement je n’avais aucune attente ». Il part et soudain, tout change !

© Arthur Delicque

Il enchaîne les premiers mouvements, et passe le premier crux avec succès. Il arrive alors au deuxième crux et réussit le mouvement. “Je me mets ensuite un fight énorme pour sortir un talon, je m’y reprend à quatre reprises ! J’arrive au réta (que je n’avais pas du tout calé !), il faisait nuit, c’était une galère, mais c’était incroyable : j’ai réussi à me rétablir au sommet du bloc !! C’était pas du tout prévu.”

Un run sorti de nulle part et un premier 8C+ validé de manière presque surprenante. “J’hésitais vraiment à arrêter ma séance dans ce bloc, mais j’avais quand même envie de mettre un dernier run, juste pour voir l’ampleur du chantier qu’il me restait, pour voir si vraiment j’étais loin du but ou pas. C’était complètement inespéré, mais p***** qu’est-ce que c’était fou !”.

L’art de l’inattendu, façon Marchaland

C’est peut-être ce qui rend les performances de Jules si fascinantes. Cette capacité à surgir là où on ne l’attend pas. À transformer un essai “pour voir” en moment d’exception. « Le fait que ce soit pas prévu rend la performance encore plus surprenante… et plus plaisante. »

Avec “Ephyra”, il franchit un cap symbolique avec son premier 8C+. Une progression logique au vu de son niveau global : après avoir décidé d’arrêter les compétitions en juillet dernier, il a enchaîné les performances aussi bien en bloc qu’en falaise. En l’espace de quelques mois, il a clippé le relais de six voies dans le neuvième degré et enchaîné cinq 8C bloc (dont un flash). Et toujours avec une manière de faire qui reste totalement singulière : imprévisible, spontanée, vivante.

© Arthur Delicque

Et la suite s’annonce tout aussi excitante. Après ce coup d’éclat en bloc, Jules Marchaland envisage un retour à la falaise, avec dans le viseur des lignes majeures comme “Ratstaman Vibrations” 9b ou “Biographie” 9a+ à Céüse.

Mais avant cela, il faudra reconstruire patiemment la machine : depuis la Coupe du Monde de Madrid, la rési a été mise de côté. L’idée ? Revenir progressivement en forme, en profitant du rocher, sans pression… avec en ligne de mire un passage à Fionnay pour tenter “Permanent Midnight Low” 8C+ et continuer à naviguer entre bloc et falaise. Un équilibre qui lui va bien et qui pourrait bien encore réserver quelques surprises !


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Kilterboard : disparition soudaine de l’application, que s’est-il vraiment passé ?

07 Avr

C’est une situation que peu de grimpeurs avaient vu venir… et qui a pourtant pris tout le monde de court ! En quelques heures, l’application historique de la Kilterboard a tout simplement disparu. À la place : une nouvelle app, lancée dans l’urgence… et une immense zone de flou pour des milliers d’utilisateurs à travers le monde.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, la Kilterboard est aujourd’hui l’un des systèmes d’entraînement les plus répandus dans les salles d’escalade à travers le monde. Un mur interactif, réglable en inclinaison, équipé de prises LED… mais surtout connecté à une application qui en constitue le véritable cœur. Car ici, tout passe par le digital : des milliers de blocs créés par des grimpeurs du monde entier, accessibles en quelques clics, avec cotations, classements, et carnet de croix personnel. Une immense base de données collaborative, devenue une référence dans l’entraînement moderne.

Et c’est précisément cette application, indispensable au fonctionnement du système, qui a brutalement disparu. Derrière cet épisode chaotique, se cache en réalité une histoire bien plus profonde : plusieurs années de tensions entre entreprises, une guerre juridique… et un problème structurel qui dépasse largement la Kilterboard.

Alors que s’est-il vraiment passé ? On fait le point.


Une disparition soudaine… mais pas totalement imprévisible

Pour bien comprendre la situation il faut savoir que contrairement à ce que beaucoup imaginaient, Kilter ne contrôlait pas directement son application. Celle-ci était développée et maintenue par une entreprise externe, Aurora Climbing, fondée par l’ingénieur et grimpeur Peter Michaux.

Et tout s’est joué en quelques jours… Enfin presque.

Le 19 mars 2026, Kilter envoie une mise en demeure à Aurora Climbing, la fameuse société qui développait et exploitait jusqu’ici l’application. Dans ce courrier, Kilter exige l’arrêt immédiat de l’utilisation de sa marque, de son logo et de certains éléments liés à la board. Une décision qui n’arrive pas de nulle part… Car à l’origine, la relation entre les deux entreprises reposait sur un flou important : Aurora développait et contrôlait l’application et Kilter vendait la board… mais dépendait entièrement de cette app. Problème : aucun contrat clair ne définissait qui possédait réellement le logiciel et les données.

© Kilter

Aurora considère être le propriétaire de l’application et Kilter estime en être co-développeur. En l’absence de contrat clair et face au succès grandissant de la Kilterboard, cette ambiguïté a progressivement dégénéré en une véritable guerre juridique. Kilter souhaitait reprendre le contrôle de son produit, tandis qu’Aurora considérait être le propriétaire légitime de l’application. La mise en demeure envoyée le 19 mars n’est donc pas le début du conflit, mais son point de rupture.

En exigeant qu’Aurora cesse immédiatement d’utiliser le nom “Kilter” et les éléments associés, la marque a rendu la situation extrêmement délicate. Car dans les faits, ces éléments sont intégrés au cœur même de l’application : dans son nom sur les stores, dans ses serveurs, dans son fonctionnement technique, etc etc. Autrement dit : sans pouvoir utiliser le nom “Kilter”, l’application ne peut tout simplement plus fonctionner.

Face à ce dilemme (continuer et risquer des poursuites, ou arrêter immédiatement) Aurora fait un choix radical : le 26 mars au matin, le serveur est coupé, rendant instantanément l’application inutilisable. Dans la foulée, elle disparaît des stores. En l’espace d’une journée, des dizaines de milliers de grimpeurs perdent l’accès à leur historique et toutes les ascensions et les blocs enregistrées au cours des douze dernières années d’existence de l’application disparaissent ! Ce qui, pour Kilter, ressemblait à une décision stratégique pour reprendre le contrôle… s’est transformé, en pratique, en un arrêt brutal du service.

Quelques heures plus tard, Kilter annonce la sortie de sa nouvelle application, développée discrètement en interne depuis 2023.

Qui est responsable de la disparition de l’app ?

C’est aujourd’hui la grande question… et la réponse dépend du point de vue. Le 19 mars, Kilter envoie à Aurora une lettre de trois pages exigeant qu’ils “cessent immédiatement toute utilisation de la marque et des droits d’auteur de Kilter”, incluant le nom, le logo et les visuels de la board. Le message est clair : si Aurora ne se conforme pas à cette demande dans un délai de cinq jours, Kilter ajoutera des accusations de violation de marque et de droits d’auteur à la procédure en cours.

Version Aurora (le développeur)
Peter Michaux affirme avoir été contraint de couper l’application pour se conformer à la mise en demeure de Kilter. Selon lui, il était impossible de continuer à faire fonctionner l’app sans utiliser le nom “Kilter” (présent partout : serveurs, identifiants, communication interne).

Version Kilter
De son côté, la direction de Kilter assure n’avoir jamais demandé la suppression des données utilisateurs. La mise en demeure visait uniquement l’usage de la marque, pas l’arrêt du service.

La réalité ?
Elle semble se situer entre les deux. En pratique, supprimer le nom “Kilter” revenait quasiment à rendre l’application inutilisable.

Résultat ?
Dans un contexte déjà tendu, Aurora a préféré couper complètement le service.

Données utilisateurs : une perte (peut-être) irréversible

C’est évidemment le point qui cristallise le plus de frustration. Carnets d’entraînement, historiques de croix, circuits, projets… toute cette mémoire numérique pourrait avoir disparu. Ou du moins, devenir très difficile à récupérer. Techniquement, la situation s’explique assez simplement :

Les blocs étaient stockés en partie localement dans l’application, mais les données utilisateurs (logbook, historique, circuits) dépendaient d’une interface externe, contrôlée par Aurora. Avec la coupure de cette interface, Kilter n’a plus d’accès direct à ces informations. La marque affirme travailler à une récupération, mais sans garantie. Concrètement, la plupart des grimpeurs doivent aujourd’hui recréer un compte… et repartir de zéro.

Une nouvelle application lancée dans l’urgence

Face à la situation, Kilter n’a eu d’autre choix que de réagir rapidement. Une nouvelle application est désormais disponible sur iOS et Android, entièrement développée en interne. Un changement majeur, puisque la marque contrôle désormais toute l’infrastructure.

Mais cette sortie s’est faite dans la précipitation et l’utilisation est pour le moment chaotique : bugs à répétition, problèmes de connexion, absence de certaines fonctionnalités, données manquantes ou incohérentes… La nouvelle application Kilter a été téléchargée 20 000 fois dans les premières 24 heures, puis plus de 35 000 fois en trois jours. Sur les réseaux sociaux, la réaction a été immédiate et très émotionnelle, avec de nombreux grimpeurs exprimant leur frustration. Certains évoquent une application instable, d’autres pointent l’absence de nombreux blocs ou des systèmes de cotation encore mal calibrés.

Au-delà du simple bug, cet épisode prouve aujourd’hui que les systèmes comme la Kilterboard ne sont plus seulement des outils d’entraînement. Ce sont de véritables écosystèmes comprenant une base de données mondiale de blocs, des classements, un partage communautaire… Autrement dit : une grande partie de l’expérience repose sur le logiciel. Et dans ce cas précis, Kilter s’est retrouvé dans une situation critique : dépendre d’un prestataire externe pour un élément central de son produit. Un choix courant dans l’industrie… mais qui montre ici ses limites.

Et maintenant ?

Kilter parle désormais de “nouveau départ”. Avec cette nouvelle application, la marque reprend le contrôle total de son outil, ce qui pourrait, à terme, permettre des mises à jour plus rapides, une meilleure stabilité et de nouvelles fonctionnalités. Mais à court terme, la priorité reste claire : stabiliser l’application… et tenter de récupérer un maximum de données.

Dans ce contexte, certains projets alternatifs commencent déjà à émerger, notamment du côté de solutions open source cherchant à proposer des plateformes indépendantes et interopérables entre différents boards. Mais ces alternatives posent elles aussi question : sans synchronisation entre les différentes applications, le risque est de fragmenter la communauté et de disperser les données entre plusieurs plateformes incompatibles.

Pour beaucoup de grimpeurs, le problème dépasse largement la simple perte d’un outil. Comme le résume un grimpeur entendu à la salle ce matin : “Tous mes 6A faciles perdus dans le temps… comme des larmes dans la pluie.”


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Trois 8C en 11 jours : Ghisolfi frappe un grand coup avec “4-Low”

06 Avr

En l’espace de quelques jours seulement, Stefano Ghisolfi est en train de faire basculer son statut sur le rocher et plus particulièrement en bloc.

Après avoir déjà signé deux 8C emblématiques avec “Dreamtime” et “The Story of Two Worlds”, l’Italien vient d’enchaîner une troisième ligne du même calibre : “4-Low”, à Val Bavona, en Suisse.


Trois 8C en 11 jours : une série impressionnante

Le constat est simple… et assez rare pour être souligné : trois 8C bloc en seulement 11 jours, sur les mythiques blocs de Ticino. Pourtant au départ, le trip avait presque des airs de parenthèse. Un falaisiste parmi les plus forts du monde, venu passer du temps sur les blocs suisses, accumuler des sensations, varier les styles. Rien d’anormal dans la démarche.

Mais très vite, quelque chose dérape… dans le bon sens du terme ! “Dreamtime”, d’abord. Un bloc à part, dont l’histoire traverse les générations, ouvert par Fred Nicole et passé entre les mains de toute une élite. Puis “The Story of Two Worlds”, un bloc tout aussi mythique et exigeante, signée Dave Graham.

Deux 8C en quelques jours. Déjà, ça commence à ressembler à autre chose qu’un simple “trip bloc”. Et puis vient “4-Low”, une ligne plus moderne du Val Bavona…

© Sara Grippo

“4-Low” : une ligne intense et engagée

Ouvert par Daniel Woods pendant la période Covid, “4-Low” s’est rapidement forgé une réputation à part dans le paysage du bloc mondial. Pas forcément pour son esthétique ou son statut historique, mais pour sa densité. Ici, pas de mouvement crux isolé qui fait tout basculer : c’est une ligne qui use, qui oblige à rester précis et engagé du début à la fin, en enchaînant une séquence déjà très soutenue avec un final qui ne laisse place à aucune erreur.

Un bloc complet, d’une quinzaine de mouvements, où la fatigue s’installe vite. Et pourtant, Stefano Ghisolfi n’y a presque pas traîné ! Arrivé avec déjà deux 8C dans les doigts, il manque de peu l’enchaînement dès la première session. Le genre de séance qui laisse entrevoir une issue rapide… mais qui, souvent, peut aussi s’éterniser. Lui ne laisse pas le doute s’installer. L’Italien revient le lendemain, remet les mêmes ingrédients et boucle l’affaire. Deux jours. Presque une formalité, à ce niveau-là !

De la falaise au très haut niveau en bloc

Longtemps identifié comme l’un des meilleurs grimpeurs de difficulté au monde, Ghisolfi est en train de franchir un cap impressionnant en bloc. Avec désormais sept blocs en 8C et même un 8C+ (“Gioia”) à son actif… le voilà pleinement installé dans le top niveau en bloc !

Et cette progression n’est sans doute pas anodine… Parce que derrière cette montée en puissance, il y a forcément des perspectives. Des blocs encore plus durs. Ghisolfi parle déjà d’autres 8C+ voire même de 9A. Et surtout, en toile de fond, un projet qui plane depuis des années : “Silence” 9c, libérée par Adam Ondra et qui attend patiemment une première répétition.

À ce jeu-là, le Ghisolfi version 2026 pourrait bien être plus armé que jamais…

© Crimp Films


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Un 9A en direct : un Japonais enchaîne “Burden of Dreams” 9A… en live sur Youtube !

05 Avr

Makoto Yamauchi vient de réussir l’impensable : enchaîner “Burden of Dreams” 9A… en direct sur YouTube ! Une ascension capturée en live, sous les yeux de centaines de spectateurs connectés. 

Mais ce n’est pas tout…

Quelques heures avant cet enchaînement, le bloc était encore complètement trempé après des pluies récentes tombées sur la Finlande. Le Japonais de 31 ans a passé du temps à sécher les prises une à une… à la main, avec de l’essuie-tout, avant même de pouvoir envisager une tentative sérieuse. Un mélange de patience et de détermination, à l’image de ce que représente “Burden of Dreams” !


Libéré en 2016 par Nalle Hukkataival, “Burden of Dreams” est considéré comme le premier 9A bloc de l’Histoire. Une ligne courte, brutale, d’une intensité rare, perdue au cœur de la forêt de Lappnor. Cinq mouvements, un premier pas extrême et un dernier jeté qui peut encore tout faire basculer.

Depuis son ouverture, seuls quelques élus ont réussi à en venir à bout : William Bosi, Simon Lorenzi, Elias Iagnemma ou encore Lee Sung Su. Désormais, Makoto Yamauchi rejoint ce cercle ultra-fermé en devenant le sixième ascensionniste de la ligne.

© Henrik Asklöf

Une revanche après l’automne !

Ce succès n’arrive pas par hasard. À l’automne 2025, Yamauchi faisait déjà partie d’une forte délégation japonaise venue défier le bloc. À l’époque, malgré une préparation intense (notamment sur la réplique en résine de “Burden of Dreams”) il était passé tout proche de l’exploit… sans réussir à conclure.

Nous en parlions déjà dans notre article en octobre dernier. Les signaux étaient là : une maîtrise impressionnante des mouvements, une progression rapide, et surtout une forte détermination. Mais à cette occasion, aucun des Japonais n’avait réussi à concrétiser. Makoto Yamauchi avait toutefois réalisé les meilleurs essais dès son premier jour sur le bloc, sans parvenir à conclure :

Mon premier voyage en Finlande est terminé. J’ai consacré environ quatre mois à m’entraîner spécifiquement pour “Burden of Dreams”, mais il s’est révélé trop difficile pour moi. Il ne m’a pas manqué grand-chose…

Makoto Yamauchi

Quelques mois plus tard, le travail paie. Revenu en Finlande pour une deuxième campagne, le Japonais transforme l’essai. Et de quelle manière…

Une ascension sous tension… jusqu’au bout

Le moment clé se joue à 48 minutes du live. Yamauchi s’élance, engage le premier mouvement, contrôle le swing… puis grimpe à la perfection jusqu’au jeté… Et soudain, ça passe ! Pas dans l’intimité ni dans le silence, mais en direct, partagé instantanément sur internet.

Le run de son enchainement :

Si le live s’est peu à peu imposé dans le quotidien des grimpeurs (certains, comme William Bosi, ayant déjà partagé leurs essais en temps réel dans “Burden of Dreams”), les enchaînements eux-mêmes restent rarement capturés sur l’instant.

On se souvient notamment de Jakob Schubert, qui avait marqué les esprits en 2023 en enchaînant “B.I.G.” en direct sur YouTube.

🪨 “Burden of Dreams” 9A

“Burden of Dreams” est un bloc mythique situé à Lappnor, près de Loviisa en Finlande. Haut de seulement 4 mètres, il est réputé pour la pureté de ses mouvements : une gestuelle courte sur des prises infâmes, taillées naturellement dans le granite d’un panneau déversant à 45°. Chaque mouvement est extrêmement exigeant en termes de gainage, de placement de pieds et de puissance dans les doigts.

Nalle Hukkataival en signe la première ascension le 23 octobre 2016, après quatre années de travail acharné. Pendant des années, il a résisté aux assauts des meilleurs grimpeurs, avant d’être répété pour la première fois en 2023 par William Bosi. Son aura tient autant à sa difficulté extrême qu’à son histoire, devenant un véritable symbole du 9A bloc.

📜 Ascensions

    1.  🇫🇮 Nalle Hukkataival – octobre 2016 (première ascension)
    2.  🇬🇧 William Bosi – avril 2023 (première répétition)
    3.  🇧🇪 Simon Lorenzi – décembre 2023
    4.  🇮🇹 Elias Iagnemma – mars 2024
    5.  🇰🇷 Lee Sung Su – mai 2025
    6.  🇯🇵 Makoto Yamauchi – avril 2026 

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“Alphane” 9A tombe pour la septième fois !

05 Avr

C’est une ascension qui confirme, une fois de plus, l’émergence d’une nouvelle génération capable de rivaliser avec les meilleurs spécialistes mondiaux du bloc extrême : le Sud-Coréen Lee Sung Su vient de se rétablir au sommet d’“Alphane” 9A, à Chironico, l’un des blocs les plus emblématiques (et les plus répétés) du très haut niveau.

Avec cette performance, il décroche son deuxième 9A, un an après s’être offert “Burden of Dreams”, consolidant un peu plus sa place parmi les grimpeurs les plus forts de la planète.


Une bataille mentale avant tout

Sur le papier, “Alphane” pourrait presque sembler “accessible”… du moins à l’échelle du 9A. Mais la réalité du rocher est toute autre et Lee Sung Su l’a vite compris.

Ça a été une véritable bataille mentale ! La friction sur le rocher changeait chaque jour !

Lee Sung Su

“Alphane” n’avait plus connu de répétition depuis fin 2024, lorsque Sean Bailey l’avait enchaîné. Ouvert en 2022 par Shawn Raboutou, cette ligne exigeante a connu une vague rapide de répétitions la même année, avec Aidan Roberts, William Bosi et Simon Lorenzi. Une dynamique qui avait alors alimenté les débats autour de sa cotation. Mais depuis, le rythme s’est nettement ralenti. Il aura fallu attendre fin 2023 pour voir Jakob Schubert ajouter son nom à la liste, puis décembre 2024 pour Sean Bailey. Avec Lee Sung Su, “Alphane” compte désormais sept ascensionnistes.

© Clément Lechaptois

De “Burden of Dreams” à “Alphane”

Ce nouvel exploit résonne forcément avec son premier 9A, “Burden of Dreams”, en Finlande. Une ascension déjà marquante… et chargée d’histoire personnelle.

Lors de ce qui aurait pu être son enchaînement, son t-shirt avait frôlé le crash pad. Un détail, mais suffisant pour remettre en question la validité de son essai. Fidèle à une éthique irréprochable, Lee Sung Su avait alors choisi de tout recommencer, validant le bloc dès le lendemain, cette fois sans ambiguïté.

Quel sera le prochain projet de Sung Su ? La liste des dans le neuvième degré ne cesse de s’allonger, et les répétitions deviennent de plus en plus fréquentes. Certains doivent encore être confirmés, tandis que d’autres, comme “Alphane”, s’imposent déjà comme des classiques modernes. Ce qui semblait impossible il y a encore quelques années est désormais devenu une réalité !


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Un retour en falaise fracassant pour Adam Ondra !

04 Avr

Après un hiver marqué par des performances impressionnantes en bloc (et notamment une série de flashs impressionnants dans le 8C) Adam Ondra signe un retour remarqué… et déjà redoutable, sur le terrain qui a forgé sa légende : la falaise.

Direction Falegnameria, en Italie, où le Tchèque de 33 ans vient d’annoncer, presque discrètement, une série de réalisations qui en dit long sur son état de forme actuel. Trois voies enchaînées à vue : “Putain De Merde” 8c, “Janja” 8c et “2 Ottobre 1925” 8b+.

Trois lignes exigeante, qui viennent encore enrichir une statistique déjà vertigineuse… Car avec ces nouvelles performances, Ondra compte désormais 99 voies enchaînées à vue dans le 8c et le 9a ! Un chiffre presque irréel, qui témoigne de sa longévité et de sa capacité à performer à vue. Car si son actualité récente semblait davantage tournée vers le bloc, avec notamment des flashes en 8C qui ont marqué les esprits, ce retour à la corde rappelle une évidence : Ondra reste, et de loin, l’un des meilleurs grimpeurs à vue de tous les temps.

© Petr Chodura

Une spécialité qu’il maîtrise depuis… l’enfance. À seulement 8 ans, il enchaînait déjà du 7c+ à vue. Un an plus tard, il passait le 8a, avant de continuer sa progression à un rythme fulgurant. Une précocité qui s’est depuis transformée en une domination durable, aussi bien en falaise, en bloc, qu’en compétition. Cette capacité à naviguer entre les disciplines, à passer d’un hiver consacré aux blocs extrêmes à un retour immédiat à la falaise… sans aucun temps d’adaptation apparent, a de quoi impressionner.

Aucune vidéo, aucun post sur Instagram : simplement une mise à jour de son carnet de croix. Une discrétion presque déroutante à l’ère des réseaux sociaux, mais qui renforce encore un peu plus la singularité du personnage. Un retour en falaise sans bruit… mais avec un message très clair : Adam Ondra est toujours là !


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