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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Trois Français en demi-finale de la Coupe du Monde de Koper !

02 Sep

Les qualifications de la Coupe du Monde de Koper se sont achevées et quatre grimpeurs tricolores ont réussi à décrocher leur place pour les demi-finales !

Domination japonaise !

Faut-il encore s’en étonner ? Le Japon a trusté les premières places des qualifications chez les hommes et chez les femmes !

Ao Yurikusa a remporté ce premier tour qualificatif, en réalisant le seul top dans la voie 1 et en atteignant la prise 33+ sur la voie numéro 2. En deuxième position, on retrouve le Suisse Sascha Lehmann, qui sera le seul à enchaîner le second tracé. L’Espagnol Alberto Ginés López et l’Allemand Alex Megos suivent en troisièmes et quatrièmes positions, devant deux autres Japonais, Taisei Homma et Yoshiyuki Ogata.

D’ailleurs, l’Américain Colin Duffy et le Tchèque Adam Ondra n’ayant pas participé à cette compétition, le seul athlète ayant une chance de remporter sa deuxième médaille d’or de la saison est le Japonais Taisei Homma, qui s’était déjà imposé à Villars.

Le Japonais Ao Yurikusa s’empare de la tête du classement © IFSC

Chez les femmes, Janja Garnbret aura été détrônée par la Japonaise Ai Mori. 6ème du classement mondial, elle n’avait plus participé aux compétitions internationales depuis le Tournoi de Qualification Olympique de Toulouse en 2019. La voici de retour sur le devant de la scène, plus en forme que jamais ! Elle sera la seule à enchaîner la voie 1 et tombera juste sous le top de la voie 2.

La favorite locale, Janja Garnbret, qui a remporté les quatre précédentes étapes de Coupe du Monde à Innsbruck, Villars, Chamonix et Briançon, a pris la deuxième place. Elle est tombée au sommet de la voie 1, mais a assuré dans le second tracé, signant le seul top dans la voie.

Un retour à la compétition réussi pour Ai Mori © IFSC

Quatre Français poursuivent la compétition

Du côté de l’équipe de France, ils sont quatre à s’être classés dans le top 26, décrochant ainsi leur place en finale. La meilleure performance tricolore de la journée nous vient de Manon Hily, récemment médaillée de bronze aux Championnats d’Europe de Munich. Elle passe tout proche du top de la voie 1, et chutera dans les derniers mouvements de la voie, de quoi prendre la 4ème place du classement. Elle devance Hélène Janicot, 11ème, qui tenta  de se qualifier ce soir pour sa première finale de la saison. Camille Pouget 21ème, bien que qualifiée pour la demie déclare forfait suite à une blessure… plus d’infos prochainement.

Chez les hommes, seul un Français fera partie des 26 meilleurs, Jules Marchaland. Lui qui participe à la deuxième Coupe du Monde seulement de sa carrière, fait forte impression en prenant la 12ème place du classement. Diego Fourbet et Arsène Duval, les deux autres grimpeurs français engagés dans cette compétition, passent à côté de leur qualification, terminant 45ème et 56ème.

Le top 26 femmes

Le top 26 hommes

La suite du programme

Vendredi 2 septembre : 

20h00 – 22h30 : Demi-finales hommes et femmes

Samedi 3 septembre : 

20h00 – 21h00 : Finales hommes
21h00 – 22h00 : Finales femmes


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Une nouvelle Coupe du Monde débute aujourd’hui !

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Une nouvelle Coupe du Monde débute aujourd’hui !

02 Sep

Du 2 au 3 septembre 2022, la ville de Koper, en Slovénie, accueille une nouvelle Coupe du Monde de difficulté. Une étape un peu spéciale, quelques jours seulement après le Championnat d’Europe de Munich. Voici les infos.

Direction Koper, petit village portuaire situé sur la côte adriatique, pour la cinquième Coupe du Monde de difficulté de la saison. Alors que jusqu’à présent les Coupes du Monde slovènes se déroulaient à Kranj, sur l’un des plus vieux murs du pays, cette année, les organisateurs ont décidé d’élire domicile sur l’impressionnant mur extérieur de Koper.

Mais comme il s’agit de la première compétition après le Championnat d’Europe de Munich (qui était l’objectif numéro 1 de la saison pour la plupart des athlètes), nombreux sont ceux à faire l’impasse sur cette compétition. À l’image d’Adam Ondra, Stefano Ghisolfi et Jakob Schubert, qui se sont envolés pour Flatanger, préférant grimper en extérieur et faire une pause avec la résine.

Du côté de l’équipe de France, le constat est le même. Après les éprouvantes épreuves allemandes, la plupart des grimpeurs ont préféré se reposer. C’est donc un comité français réduit qui se retrouve en Slovénie (voir composition ci-dessous).

En revanche, quelques favoris ont tout de même fait le déplacement, comme Alberto Gines Lopez, Hamish McArthur, Yannick Flohe, Alex Megos ou Sascha Lehmann. Chez les femmes, on retrouvera les fortes Américaines Natalia Grossman et Brooke Raboutou, Chaehyun Seo ou encore l’Allemande Hannah Meul. Sans oublier Janja Garnbret, qui concoure à domicile et qui ne louperait cette étape pour rien au monde !

Je dois admettre que le fait de grimper à domicile ajoute parfois une pression supplémentaire, mais je suis tout de même très impatiente de participer à cette prochaine étape de la saison et d’entendre le public soutenir toute l’équipe slovène🔥”

Janja Garnbret

La composition de l’équipe de  France

Femmes : 

  • Hélène Janicot
  • Manon Hilly
  • Camille Pouget

Hommes :  

  • Arsène Duval
  • Diego Fourbet
  • Jules Marchaland

Le programme

Vendredi 2 septembre : 

09h00 – 14h00 : Qualifications hommes et femmes
20h00 – 22h30 : Demi-finales hommes et femmes

Samedi 3 septembre : 

20h00 – 21h00 : Finales hommes
21h00 – 22h00 : Finales femmes

Live

Cette année, les phases finales ne sont plus à suivre gratuitement sur YouTube en Europe, l’IFSC ayant signé un contrat avec la chaîne payante Eurosport.

Le calendrier complet de la saison 2022

  • 1re étape (du 8 au 10 avril) : Meiringen (Suisse) – bloc
  • 2e étape (du 6 au 8 mai) : Séoul (Corée du Sud) – bloc et vitesse
  • 3e étape (du 20 au 22 mai) : Salt Lake City (Etats-Unis) – bloc et vitesse
  • 4e étape (du 27 au 29 mai) : Salt Lake City (Etats-Unis) – bloc et vitesse
  • 5e étape (du 10 au 12 juin) : Brixen (Italie) – bloc
  • 6e étape (du 22 au 26 juin) : Innsbruck (Autriche) – bloc et difficulté
  • 7e étape (du 30 juin au 2 juillet) : Villars (Suisse) – difficulté et vitesse
  • 8e étape (du 8 au 10 juillet) : Chamonix (France) – difficulté et vitesse
  • 9e étape (du 22 au 23 juillet) : Briançon (France) – difficulté
  • 10e étape (du 2 au 3 septembre) : Koper (Slovénie) – difficulté
  • 11e étape (du 9 au 11 septembre) : Édimbourg (Grande Bretagne) – difficulté et vitesse
  • 12e étape (du 24 au 26 septembre) : Jakarta (Indonésie) – difficulté et vitesse
  • 13e étape (du 20 octobre au 22 octobre) : Morioka (Japon) – combiné
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De l’or et de l’argent pour nos jeunes Français aux Championnats du Monde de Dallas !

01 Sep

Après plus de dix jours de compétition, les Championnats du Monde jeunes 2022 se sont achevés en beauté par deux nouvelles médailles françaises : Max Bertone a décroché le titre de Champion du Monde minime, tandis que Meije Lerondel se voit décorée d’argent chez les minimes également.

Le cri d’or de Max Bertone !

Chez les garçons, le dernier grimpeur à s’élancer sur le mur n’était autre que Max Bertone, le petit frère d’Oriane. Après avoir dominé d’une main de maître les demi-finales en étant l’un des deux seuls grimpeurs à enchaîner le tracé, il était l’un des grands favoris au titre mondial. Pourtant, le jeune Réunionnais ne s’attendait pas à un tel résultat : “Je suis vraiment fier de moi, car j’ai eu beaucoup de mal à grimper en demi-finale, je ne me sentais pas prêt à me battre”, confiait-il.

En finale, Max semble avoir réussi à activer le mode guerrier. Alors que la voie avait fait chuter tous les grimpeurs avant lui, notre Français parvient à dépasser toutes les difficultés, jusqu’à atteindre la dernière prise. Face à une telle prouesse, le public explose de joie, quelques secondes avant que Max exulte à son tour, comprenant qu’il venait de gagner. En clippant le relais de la voie, il venait en effet de remporter le titre de Champion du Monde de difficulté !

“Je savais que j’avais fait quelque chose de bien parce que lorsque j’ai touché la dernière prise, la foule entière a crié super fort, et je me suis dit que j’avais de grandes chances d’être Champion du Monde. Alors, quand j’ai fait ce dernier mouvement, j’ai crié à mon tour, c’était une telle libération de toute la pression accumulée.” a-t-il déclaré, la médaille d’or autour du cou.

Malgré son jeune âge, Max Bertone, 15 ans, a déjà participé à plus d’une dizaine de compétitions internationales. Il est monté sur son premier podium cette saison, lors des Championnats d’Europe de difficulté qui avaient lieu le 10 juillet, où il avait décroché le bronze. Max termine l’année en beauté, en remportant sa première médaille d’or à Dallas, de bon augure pour la suite de sa carrière.

Le traditionnel selfie du podium !

Meije Lerondel vice-championne du Monde

Chez les filles, Meije Lerondel s’est offert la troisième médaille d’argent de sa carrière. Après avoir déjà terminé deuxième des Championnats du Monde de bloc et de difficulté l’an dernier, la jeune Française de 15 ans conserve son deuxième rang mondial en décrochant une nouvelle médaille d’argent cette année.

Après avoir pris la quatrième place des qualifications, elle trustait la première place des demi-finales, en tombant au sommet de la voie. En finale, la Coréenne Chaeyeong Kim prend le large, dépassant toutes les grimpeuses avant elle, jusqu’à atteindre la prise 47, une petite arquée qu’elle valorisera. Meije, dernière compétitrice à s’élancer, avance très bien dans la voie, jusqu’à atteindre cette fameuse arquée à son tour. Malheureusement, elle ne parviendra pas à la valoriser comme la Coréenne, ce qui lui vaudra la deuxième place de cette compétition.

Max Bertone et Meije Lerondel, nos deux médaillés français en difficulté

Les résultats de la finale minime garçon

Les résultats de la finale minime fille

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Alex Honnold entre de nouveau dans l’Histoire !

30 Août

Alex Honnold s’est lancé dans l’une des expéditions les plus dures de sa vie : l’ascension de l’Ingmikortilaq, l’un des monolithes les plus hauts du monde qu’aucun Homme n’avait encore tenté de grimper. Aux côtés de sa partenaire de grimpe Hazel Findlay, ils sont les premiers de l’Histoire à avoir escaladé cette impressionnante falaise, située au beau milieu du Groenland. Et tout cela, au nom de la science !

Cette falaise de granit et de gneiss vieille de trois millions d’années se situe sur une péninsule isolée, qui s’élève directement des eaux glacées du Nordvestfjord. Le rocher culmine à 1140 mètres de haut et aucune personne n’avait encore osé s’y frotter.

Une ascension encore jamais tentée !

« Nous avons littéralement franchi les limites de la carte pour atteindre cette paroi », affirme Alex Honnold. Pour cause, les cartes nautiques que l’équipe a suivies ne donnaient aucun détail sur le fjord dans lequel se trouve l’Ingmikortilaq. « C’est indéniablement l’une des plus grandes premières ascensions que j’ai jamais réalisées, mais aussi l’une des plus stressantes, en raison de la dangerosité de l’escalade. » poursuit l’Américain.

Durant cette expédition, la cordée aura en effet affronté des morceaux de rocher instables, des températures négatives et des tempêtes de neige.

C’est depuis un canot pneumatique que l’ascension de l’Ingmikortilaq a débuté, comme le rocher jaillit directement de l’eau. La progression jusqu’au sommet aura duré cinq jours. Cinq jours durant lesquels Honnold et Findlay grimperont dans des conditions glaciales, dormant dans un portaledge, à fleur de paroi.

Composé de gneiss vieux de 3 millions d’années, l’Ingmikortilaq a posé de nombreux défis à Honnold et Findlay.

De plus, la grimpe en elle-même s’est avérée bien plus difficile et dangereuse que prévue. La roche, vieille de 3 millions d’années, se détachait constamment en raison des intempéries et du cycle de gel et de dégel dans cette région extrême de l’Arctique. « Avec Hazel, on a tous les deux pensé que c’était la plus sérieuse activité de ce genre que nous n’ayons jamais faite », a confié Honnold. « Faire près de 1200 mètres d’escalade, sur une roche horriblement instable… Ça paraissait interminable. »

Le 16 août, ils ont atteint le sommet, culminant à 1140 mètres de haut, soit environ 220 mètres de plus qu’El Cap. L’Ingmikortilaq compte parmi les plus hautes parois jamais escaladées et était jusqu’à présent l’une des plus grandes parois rocheuses non escaladées au monde.

L’aventure avant la grande aventure

Mais l’ascension de l’Ingmikortilaq n’était que la cerise sur le gâteau de cette grande aventure. Car quelques jours à peine avant cet enchaînement, le duo Honnold/Findlay prenait ses marques sur une autre paroi, nommée “Pool Wall”. Ils réaliseront la première ascension de ce monolithe de 460 mètres, qu’ils coteront 7b+.

Mais cette cotation ne rend pas compte de l’expérience globale, comme le confirme Alex et Hazel. « Ça ne rend pas justice à l’ampleur de cette paroi », confie l’expert des solos. « Il faisait -6,7 °C, et nous l’avons escaladée pendant une tempête de neige ». « Certaines des longueurs étaient techniquement difficiles, mais le plus dur a en effet été la météo », poursuit Hazel. « Nous avons escaladé la plus grande partie de la paroi sous la neige, la pluie, des températures glaciales ou des vents forts. Imaginez une combinaison de toutes les mauvaises conditions possibles et inimaginables et vous obtenez les conditions réelles de notre ascension. »

Alex Honnold, en pleine ascension au beau milieu de l’Arctique

Au nom de la science

Bien qu’étant un réel exploit dans le monde de la grimpe, cette aventure ne s’est pas faite dans le seul but de marquer l’Histoire de l’escalade. Durant toute cette expédition, Alex Honnold et Hazel Findlay ont été accompagnés par une équipe de scientifiques, souhaitant mettre à profit cette exploration inédite en Arctique. “La communauté scientifique a désespérément besoin de données scientifiques provenant de lieux reculés comme Ingmikortilaq”, confiait l’un des scientifiques.

L’objectif était d’aider le Dr Heïdi Sevestre, une glaciologue travaillant pour le Programme de surveillance et d’évaluation de l’Arctique, à accéder aux glaciers, aux fjords éloignés et à la calotte glaciaire de Renland, située sur un plateau de haute montagne près de Scoresby Sound. Avec l’aide d’Alex et d’Hazel, l’équipe de recherche a obtenu des informations essentielles et un aperçu crucial de la façon dont la glace polaire fond.

« L’est du Groenland est l’une des parties les plus éloignées et les moins étudiées de l’Arctique, c’est pourquoi elle est très importante sur le plan scientifique », explique Sevestre. « Nous avons désespérément besoin de données scientifiques provenant de cette région. L’étude des fjords, des glaciers, des inlandsis, apportera tellement de données à la communauté scientifique que la contribution sera extrêmement positive. »

Alex Honnold et Hazel Findlay au sommet de l’Ingmikortilaq

Ainsi, durant leur ascension du “Pool Wall”, les grimpeurs ont prélevé huit échantillons de roche sur la paroi. Ces derniers pourront aider les climatologues à reconstituer l’histoire glaciaire de la région, et à mieux comprendre la vitesse à laquelle la calotte glaciaire s’est retirée à la fin de la dernière période glaciaire, il y a 11 500 ans. Cela permettra ensuite aux scientifiques de réaliser des prévisions plus précises concernant l’élévation du niveau de la mer qui aura lieu suite à la fonte de la calotte glaciaire du Groenland.

Ils ont également posé des capteurs de température sur des falaises et lancé dans le fjord un flotteur spécialement conçu par la NASA, qui sera chargé de collecter des données sur la température et la salinité de l’océan au cours des deux prochaines années.

Heureusement pour nous, une équipe de tournage était présente sur place pour tout filmer. Une prochaine série originale intitulée On the Edge With Alex Honnold paraîtra sur Disney+.

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Un nouveau fort grimpeur débarque à son tour à Flatanger… Ça va chauffer !

29 Août

Après Stefano Ghisolfi et Adam Ondra, c’est au tour de Jakob Schubert de débarquer dans la grotte de Flatanger. Le trio est réuni et compte bien réaliser des exploits !

Les trois mousquetaires sont de nouveau réunis à Flatanger ! Ce ne sont pas Athos, Porthos ou Aramis, mais bien Stefano Ghisolfi, Adam Ondra et Jakob Schubert, qui font partie des meilleurs falaisistes de la planète ! Ensemble, ils ont décidé de se retrouver en Norvège, dans la grotte de Flatanger, qui abrite quelques-unes des voies et des projets les plus durs du globe.

Le retour de Jakob Schubert à Flatanger !

Jakob Schubert s’était déjà rendu à Flatanger dans le passé. En 2015, il avait notamment signé l’une des premières répétitions de la première longueur de “Thor’s Hammer” 9a+, après Adam Ondra et Alex Megos.

Puis, l’année suivante, l’Autrichien enchaînait à vue le 8c “Nordic Flower”, avant de réaliser la première répétition de “Kangaroo ‘s Limb”, un 9a+ libéré par Adam Ondra, qui depuis, n’a plus jamais été enchaîné.

Six ans après son dernier voyage dans la grotte, Jakob Schubert est de retour dans l’un de ses endroits préférés au monde.

Flatanger, j’arrive ! 🔥😍

J’avais envie de consacrer plus de temps à la falaise cette année, alors j’ai décidé de sauter les trois prochaines Coupes du Monde pour me concentrer sur des projets difficiles en falaise à la place.

Je suis tellement excité de retourner enfin dans l’un de mes endroits préférés au monde !
Premier jour dans la grotte aujourd’hui, je vous tiendrai au courant 😉”

Jakob Schubert

Jakob Schubert lors de sa dernière visite à Flatanger, en 2016 © Elias Holzknecht

Le trio infernal, de nouveau réuni !

Récemment sacré Champion d’Europe du combiné 2022, Jakob Schubert rejoint Stefano Ghisolfi et Adam Ondra, arrivés il y a peu à Flatanger. L’émulation va donc être à son comble entre ces grimpeurs, qui comptent à eux trois près de 320 voies dans le neuvième degré (224 pour Adam Ondra, 49 pour Jakob Schubert et 44 pour Stefano Ghisolfi).

Et ce n’est pas la première fois que ce trio se réunit ensemble pour essayer des voies dures. Ce printemps, ils s’étaient déjà retrouvés ensemble en Italie, accueillis par Stefano Ghisolfi, dans le projet “Excalibur” à Arco. Ce dernier avait d’ailleurs déclaré : “L’escalade est un sport spécial où nous partageons des expériences et de belles journées avec ceux qui sont habituellement des adversaires. Je me sens chanceux de pouvoir grimper avec Adam Ondra et Jakob Schubert.”

Après Stefano Ghisolfi et Adam Ondra, il ne manquait plus que Jakob Schubert à Flatanger !

Mais malgré leurs assauts répétés, “Excalibur” était restée invaincue. C’est ensuite Jakob Schubert qui accueillait Adam Ondra dans son pays natal. Ensemble, ils avaient libéré un vieux projet de plus de 25 ans, signant une double ascension d’un 9a très technique appelé « Sprengstoff ».

Cette fois, il semblerait que ce soit Adam Ondra qui fasse office d’hôte dans la grotte de Flatanger. Il connaît les lieux mieux que quiconque et saura sans nul doute conseiller et encourager Stefano Ghisolfi et Jakob Schubert. Si l’Italien a clairement affiché son objectif (essayer “Silence”, le premier 9c de l’Histoire), les rumeurs vont bon train concernant les projets de l’Autrichien. Nombreux s’accordent à dire qu’il veut lui aussi mettre les doigts dans “Silence”… Affaire à suivre de très près donc !


Voir aussi

Les premiers essais de Stefano Ghisolfi dans « Silence » 9c, en images !

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Simon Lorenzi est allé essayer “Alphane” le nouveau 9A bloc et nous en parle !

29 Août

Le nouveau 9A bloc libéré par Shawn Raboutou a piqué la curiosité de Simon Lorenzi, qui est allé poser ses doigts dedans, afin de se forger un avis.

Simon Lorenzi rentre tout juste de Chironico en Suisse, où il a essayé “Alphane”, le récent 9A bloc libéré par Shawn Raboutou. Intrigué par cette nouvelle ligne extrême, le Belge, qui signait en février 2021 la première ascension de “Soudain Seul” (prétendant au 9A bloc), revient plus motivé que jamais ! En à peine quelques jours sur place, il a réussi à réaliser les deux sections du bloc intrinsèquement, alors que les conditions estivales n’étaient pas en sa faveur.

Nous avons voulu en savoir plus sur son ressenti dans ce bloc et sommes allés à sa rencontre.

Simon, avant de nous parler d’«Alphane”, peux-tu revenir sur ton été grimpe ?

Tout mon été a été consacré aux compétitions et à la préparation pour le Championnat d’Europe de Munich. Malheureusement ça n’a clairement pas été une réussite pour moi et je me suis fait un peu malmener. La compétition c’est vraiment dur mentalement… J’ai eu beaucoup de mal à trouver le bon état d’esprit pour grimper à mon meilleur niveau. J’essaie de voir le positif, c’est souvent dans l’échec que j’ai le plus appris et bien rebondi afin de devenir plus performant. Ce sera sans doute pareil pour cette fois-ci !

Shawn Raboutou a annoncé la cotation de 9A bloc pour “Alphane”, ça t’inspire quoi ?

Je suis vraiment content de voir que plus de blocs de ce niveau commencent à voir le jour, ça montre que le sport continue de progresser. Ça m’excite et me donne envie d’aller essayer ces lignes afin de chercher ma propre limite. Mais aussi ça m’inspire beaucoup, car c’est vraiment un processus unique de découvrir (ou redécouvrir un vieux projet) et faire tout le travail depuis zéro… C’est ce que j’espère pouvoir faire plus souvent dans les années à venir car c’est vraiment incroyable.

Tu es récemment allé mettre les doigts dans ce nouveau bloc, peux-tu nous en dire plus ?

La ligne est située sur un énorme bloc, juste à gauche du 8A classique “Alphane Moon”. La partie difficile se fait sur 8-10 mouvements. C’est un gros dévers à plus ou moins 50° et la principale difficulté réside dans le fait de garder les pieds sur le mur. Les prises de mains ne sont pas spécialement crochetantes, il faut donc vraiment tirer dans les pieds pour les valoriser, mais les pieds n’étant pas spécialement bons non plus, ça rend l’affaire assez corsée !

J’adore ce style car ça demande d’être super complet puisqu’il faut en même temps être fort physiquement et dans les doigts mais également avoir une bonne conscience/confiance du bas du corps. C’est la première fois que j’essaie un bloc où ce mix est si présent. Une fois passé la section dure, il reste un long 7B vraiment chouette à grimper pour finir en beauté !

Quel est ton ressenti après tes premiers repérages ?

Je suis arrivé sans trop d’attentes car il faisait vraiment chaud, mais le repérage s’est vraiment bien passé. Au bout de ma cinquième séance, j’ai réussi à grimper les deux sections principales du bloc de manière isolée, qui correspondraient respectivement à un 8C et un 8B+. La température étant aux alentours des 25°C, je pense que j’aurais difficilement pu mieux optimiser le travail du bloc avec le peu de temps que j’avais sur place dans ces conditions. Hâte de voir ce que ça peut donner par 10°C !

Si tu compares à “Soudain Seul”, en terme d’escalade et de cotation ?

C’est un style assez différent de “Soudain Seul”. D’une part, dans “Alphane”, l’effort est plus court donc plus condensé et d’autre part, c’est beaucoup plus de l’escalade “de panneau” je dirais, avec mains et pieds de face offrant moins de possibilités en terme de méthodes.

En terme de niveau, je suis presque sûr qu'”Alphane” n’est pas plus dur que “Soudain Seul” étant donné les progrès et les connexions que j’ai faits dans le bloc par cette chaleur. Le seul moyen d’en avoir le coeur net sera d’essayer dans de bonnes conditions, car c’est impossible de savoir à quel point le bloc sera différent avec 15°C de moins.

Quand penses-tu revenir en Suisse pour tenter l’enchaînement ?

Je reviendrai très certainement en hiver afin d’essayer de finir le chantier, car c’est vraiment une super ligne et de la belle escalade donc je suis vraiment excité à l’idée d’y remettre les doigts ! Je réfléchis déjà à ce que je peux mieux optimiser et j’ai hâte de tester ça avec la collante !

As-tu d’autres projets en tête dans les mois qui arrivent ?

Mes projets sur les mois à venir c’est la préparation pour la Coupe du Monde du combiné fin octobre au Japon. Après l’échec au Championnat d’Europe, je compte bien prendre ma revanche sur cette étape qui sera aussi un bon test pour le chemin vers la sélection olympique pour Paris 2024.


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Shawn Raboutou confirme la rumeur et annonce enfin son premier 9A bloc !

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Adam Ondra fait son grand retour à… Flatanger !

27 Août

Après plus de cinq ans sans être revenu en Norvège, Adam Ondra a annoncé son grand retour dans la grotte de Flatanger ! Le Tchèque va-t-il s’attaquer à un nouveau projet fou ?

La dernière fois qu’il s’était rendu sur place, Adam Ondra avait signé la première ascension de “Silence”, proposant le premier 9c de l’Histoire. C’était le 3 septembre 2017 et il n’avait alors que 24 ans. Cinq ans plus tard, les choses ont changé : Adam Ondra est maintenant marié, et papa d’un petit garçon de trois mois.

Après 5 ans sans être retourné dans la grotte de Flatanger en Norvège, il me semblait inévitable que ce soit le moment de revenir. Le fait que ce soit notre premier voyage en famille souligne toute l’importance de cette grotte à mes yeux. Les circonstances peuvent changer, mais les bonnes choses restent.

La grotte est toujours aussi incroyable 💪

Restez à l’écoute !”

Adam Ondra

© Petr Chodura

La question que tout le monde se pose alors est : quels sont ses projets ?! Faire le voyage jusqu’en Norvège n’est pas anodin et Adam Ondra n’est pas du genre à grimper sans de gros objectifs derrière la tête.

Aider Ghisolfi dans “Silence” 9c

Une chose est sûre, il va aider son ami Stefano Ghisolfi à travailler “Silence”. Au début de l’été, l’Italien nous annonçait faire de cette mythique voie son objectif à long terme. Il y a quelques jours, il arrivait sur place et nous partageait d’ailleurs les images de ses premiers essais.

La venue d’Adam Ondra, seul ascensionniste de cette voie, est une bénédiction pour Stefano, qui va pouvoir profiter des conseils et de l’expérience du Tchèque, qui a passé quatre ans à déchiffrer et enchaîner tous les mouvements atypiques de “Silence”.

Tenter le projet de traversée de la grotte ?

Mais alors, sur quelle voie Adam Ondra va-t-il jeter son dévolu ? Le récent vainqueur des Championnats d’Europe de difficulté a déjà enchaîné toutes les voies dures de la grotte. D’ailleurs, il les a quasiment toutes libérées lui-même (voir la liste des voies dures de Flatanger ci-dessous).

Mais le récent passage de Seb Bouin en Norvège a peut-être motivé le Tchèque à essayer l’énorme projet de traversée de la grotte. En effet, le mois dernier, nous apprenions qu’Adam avait un projet fou en tête : relier le bas de la grotte au sommet, soit plus de 130 mètres d’escalade d’une traite, passant par les crux de certaines des voies les plus dures.

Le falaisiste français avait réussi à libérer “Nordic Marathon” 9b/+, la variante la plus facile de ce projet, qui consiste à débuter par le 8c “Nordic Plumber”. Mais il existe deux départs encore plus difficiles, qui augmenteraient significativement la cotation globale de la voie : débuter par la première longueur de “Thor’s Hammer” 9a+, ou pire encore, commencer cette énorme traversée par “Move” 9b/+, ce qui porterait l’ensemble de la cotation à au moins 9c !

Quelles que soient les idées d’Adam Ondra, il nous a promis de nous donner des nouvelles très vite !

La liste des voies dures de Flatanger

9a+

“Thor’s Hammer” 9a+ – première ascension par Adam Ondra (11/07/2012)
“Thor’s Hammer P2” 9a+ – première ascension par Adam Ondra (16/09/2017)
“120 Degrees” 9a+ – première ascension par Adam Ondra (16/06/2016)
“Kangaroo’s Limb” 9a+ – première ascension par Adam Ondra (21/09/2013)

9b

“Move Hard” 9b – première ascension par Adam Ondra (10/07/2017)
“Iron Curtain” 9b – première ascension par Adam Ondra (3/08/2013)

9b/+

“Move” 9b/+ – première ascension par Adam Ondra (20/08/2013)
” Nordic Marathon” 9b/+ – première ascension par Seb Bouin (25/07/2022)

9b+

“Change” 9b+ – première ascension par Adam Ondra (4/10/2012)

9c

“Silence” – première ascension par Adam Ondra (3/09/2017)

Quelques clichés de l’arrivée d’Adam Ondra en Norvège

© Petr Chodura

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Reportage : les ouvreurs de Munich nous racontent les coulisses de la compétition !

23 Août

Une place comble, des performances hallucinantes, des grimpeurs heureux, une météo parfaite. Qu’est-ce que toutes ces choses ont en commun ? Les épreuves d’escalade aux Championnats d’Europe de Munich 2022, bien sûr !

Les grimpeurs, spectateurs, bénévoles et organisateurs sont unanimes : la compétition a été un énorme succès, à bien des égards. Mais qu’en ont pensé les ouvreurs ? Ces hommes de l’ombre, qui permettent aux grimpeurs de s’exprimer, et au public d’apprécier le spectacle, à travers les chef d’oeuvres qu’ils créent sur le mur, visseuse en main.

Pour le savoir, nous avons rencontré deux des neuf ouvreurs présents à Munich : le jeune parisien Pierre Broyer, 28 ans, qui sillonne le monde visseuse en main, et l’expérimenté Rémi Samyn, ex entraîneur de l’équipe de France et ouvreur international. Ensemble, ils nous racontent les coulisses de cette compétition, qui a été l’un des plus gros événements de ces dernières années.

Immersion aux côtés de ces artistes du mouvement.


Ouvrir sur une compétition d’une telle ampleur, ce sont des milliers de questions et de doutes, plus de 180 heures de travail (souvent en pleine nuit), près de cinquante blocs et dix voies différentes à imaginer, visser, caler, régler, démonter, revisser… Avec en jeu, des titres de Champion d’Europe, et surtout, une première répétition du nouveau format olympique à deux ans des J.O de Paris 2024. Ce qui rend le challenge encore plus grand, comme en témoigne Pierre Broyer : “C’était une compétition difficile à ouvrir. Mais l’expérience fut riche et intense après ces 14 jours passés à travailler, avec seulement une grosse demi-journée de repos, et des nuits entières à recaler les blocs entre les différents tours.”

Cette compétition a nécessité une organisation et une logistique particulière par rapport aux compétitions traditionnelles : “La taille de cet évènement nous a imposé des contraintes supplémentaires. Des horaires d’ouverture restreints en journée, un chrono record d’une heure pour changer et ajuster les blocs entre demi-finale et finale, une gestion de l’espace de grimpe différente de d’habitude, 80% des blocs à ouvrir sur 50% de l’espace et une grosse équipe de neuf ouvreurs. C’est toujours un challenge de trouver les solutions pour optimiser le temps et l’énergie disponible”, confie Rémi Samyn.

Les ouvreurs s’affairent en équipe sur le mur

À leur arrivée à Munich, un mur vierge, avec des dizaines de blocs à créer, pour tous les tours de la compétition. “On avait pas mal d’idées au départ et on a tenté de pousser des concepts dans plusieurs blocs. Mais au vu du temps dont on disposait, il n’était pas possible de se lancer dans des concepts futuristes dans tous les blocs. Il y a aussi des idées que j’avais en tête à mon arrivée à Munich qui n’ont pas pu être mises sur le mur, pour différentes raisons… Mais, patience, on finira par y arriver !” sourit Rémi.

Parmi les concepts vissés sur le fronton allemand, il faut citer le problème 4 de la finale masculine de l’épreuve de bloc. Un mouvement en no-foot aérien, autant spectaculaire que difficile à réaliser. “C’est une coordination que l’on essaye de poser depuis quelque temps, mais qui est très difficile à faire marcher sans qu’elle soit shuntée.” explique Rémi.

Le Français Mejdi Schalck sera le seul des six finalistes à réaliser cette séquence aléatoire, mais chutera dans le dernier mouvement, à un rien de topper le bloc. “Il a vraiment fait preuve d’aisance et c’était incroyable de le voir maîtriser le mouvement aussi rapidement ! Il tombe à un rien de sauver notre bloc et de devenir champion d’Europe, le scénario aurait pu être incroyable !” déclare Pierre. “Surtout qu’il nous fait deux fois le mouvement durant ses 4 minutes, c’était fou !” surenchérit Rémi. “À titre personnel son enchaînement aurait été mon « pic » en terme d’émotion sur cet évènement. On est aussi là pour repousser les limites et il faut savoir prendre des risques parfois pour toucher le Graal.”

Le fameux mouvement coup de coeur de nos ouvreurs sur ce Championnat d’Europe © IFSC

Mais il n’est pas toujours évident de gérer cette frontière entre le possible et l’impossible. Surtout quand les compétiteurs n’ont que quatre minutes pour résoudre un problème, que les ouvreurs ont passé des heures à créer. “En tant qu’ouvreurs, nous avons eu du mal à cerner le niveau. Et nous étions aussi de plus en plus fatigués au fur et à mesure que la compétition avançait, ce qui nous a fait prendre quelques mauvaises décisions.” analyse Pierre. “De mon côté, je suis un peu frustré parfois de voir que l’on passe beaucoup beaucoup de temps à régler des blocs, avec un résultat qui n’est pas toujours à la hauteur de notre investissement.” poursuit-il.

“Mais globalement, c’était une belle réussite. Dans l’ensemble, les ouvertures ont bien fonctionné.” observe Rémi. “Étant donné que l’ouverture n’est pas une science exacte et les ouvreurs des éternels insatisfaits, il y a tout de même des blocs dont je suis déçu et que j’aurais aimé voir fonctionner différemment. Notamment lors de notre entame de compétition et plus spécialement le jour 3 de la compétition, jour de la demi-finale et finale homme du championnat d’Europe. Nous avions surestimé le niveau et fait quelques erreurs de réglages. C’était objectivement trop dur. Le dosage est toujours assez délicat à trouver, et ce soir-là nous étions vraiment déçus… Tant d’heures de travail pour un résultat mitigé. Malgré tout, je suis fier de la réaction de l’équipe, cet échec nous a boostés pour donner encore plus ! Nous avons terminé les réglages des demi-finales femmes à 4h du matin, et après une petite nuit de 3h00, c’était parti pour le jour 4 qui, lui, était une belle réussite.”

La nuit tombée, les ouvreurs, hommes de l’ombre, se mettent au travail. Au levé du jour, tout doit être prêt pour une nouvelle épreuve.

Puis, il y a eu ce combiné, le premier au format olympique de Paris 2024. L’occasion pour les grimpeurs de tester leurs habiletés dans ce nouveau mix bloc/difficulté. Et l’occasion pour les ouvreurs d’expérimenter un nouveau format. Car qui dit nouvelle épreuve, dit nouveaux défis. De quoi ravir les ouvreurs, ces créatifs dans l’âme, en quête constante d’innovations.

“C’était l’occasion de repenser nos disciplines : qu’est-ce que l’on veut montrer du bloc ? De la difficulté ? Quelle est l’essence de chaque discipline ?” relève Rémi.

Mais difficile de jauger l’intensité à proposer dans les blocs et les voies, avec des grimpeurs ayant des facilités dans l’une ou l’autre des disciplines. Pour cela, la communication était la clé entre l’équipe d’ouvreurs en bloc, qui n’était pas la même que l’équipe d’ouvreurs qui traçait les voies de difficulté : “Nous nous sommes réunis par deux fois avec l’équipe de la difficulté. L’idée était de tenter des scénarios différents sur les deux finales (femmes et hommes), tout en s’alignant en terme d’intensité entre les deux disciplines.” raconte Pierre. “Mais parfois, les discussions ne suffisaient pas, et il a fallu changer de plans plusieurs fois.” confie Rémi.

L’idée ? “N’avantager ni les bloqueurs ni les diffeurs.” explique Pierre. “Mais ça reste malgré tout extrêmement délicat. Il ne faut pas rêver, avoir une distribution des points strictement identique dans les deux disciplines est impossible.” affirme Rémi.

Toutefois, le scénario a très bien fonctionné, notamment au niveau des circuits de bloc. Les huit blocs du combiné seront enchaînés, dont deux (1 bloc homme et 1 bloc femme) par une seule personne. “On a pris des risques sans pour autant sombrer dans le trop dur. Gestuellement, les blocs étaient spectaculaires et dans des styles variés.” souligne Rémi. “Et cette finale du combiné chez les hommes a été le clou du spectacle, nous sommes contents du show !” rajoute Pierre.

Le secret ? Visser les blocs avec le sourire, comme le fait Pierre.

Être ouvreur sur une compétition internationale, c’est surtout vivre une aventure unique, avec son lot d’anecdotes. “Comme une prise que l’on ne retrouve pas au moment de revisser la finale…” ricane Rémi. Ou encore, des changements de dernières minutes, au beau milieu de la nuit : “La veille de la finale homme, nous avons remonté les blocs. Après une courte discussion et une finale femme en demi-teinte, nous étions motivés comme jamais ! Résultat, on a presque refait entièrement un bloc et grimpé jusqu’à 4 heures du matin. Après 12 jours d’ouverture et d’escalade, je ne me suis jamais senti aussi bien.” affirme Pierre.

“C’est aussi des blocs remontés devant une foule de plusieurs milliers de personnes surexcitées en train de regarder la finale de difficulté, impossible même de s’entendre ! Un moment épique dont on se souviendra.” continue Rémi. “Et cette photo finale devant les blocs avec toute l’équipe d’ouvreurs réunie, sous les applaudissements de la foule pour saluer notre travail. C’était la première fois que je vivais ça, c’était touchant.”

L’équipe d’ouvreurs au complet, applaudie pour son travail durant les Championnats d’Europe de Munich

Une expérience humaine avant tout, qui restera gravée dans la tête de tous les ouvreurs. “Nous étions dix pendant 14 jours et ça n’a pas toujours été facile, mais c’est incroyable de vivre quelque chose d’aussi intense avec des gens aussi différents !  Et quand ce n’est pas facile, je me rappelai une phrase de Sergio (un ouvreur espagnol) : ‘It’s the life I choose, I cannot complain’.” conclut Pierre.

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Seb Bouin : Réflexions sur la cotation des voies de Flatanger

21 Août

Rentré de Norvège, Seb Bouin a apporté quelques précisions sur ses récentes performances à Flatanger, et notamment sur la cotation des voies qu’il a enchaînées.

Ces dernières semaines, Seb Bouin a écumé la grotte de Flatanger. Parti sans objectif précis en tête, il rentre de Norvège avec quatre croix dans le 9a+ et plus. Après avoir répété “Iron Curtain” 9a+ et “Thor’s Hammer L2” 9a+, le falaisiste français a signé la première ascension de “Nordic Marathon”, avant de réaliser “Change”, connu pour être le premier 9b+ de la planète.

Mais est-ce vraiment le cas d’après Seb ? Voici sa réponse.

Une histoire de genouillère ?

Ce voyage en Norvège a été exceptionnel, et il est maintenant temps pour moi de vous donner mes réflexions sur les voies que j’ai enchaînées. Je voudrais notamment parler de “Change”, “Nordic Marathon” et “Move”.

J’ai réalisé la troisième ascension de “Change” après Adam Ondra (qui a fait la première ascension en 2012) et Stefano Ghisolfi. Elle a été proposée à l’origine comme le premier 9b+ du monde par Adam. Il faut noter que Stefano et moi avons répété la voie avec des genouillères, alors qu’Adam a fait la première ascension sans genouillères. Il y a plusieurs coincements de genoux qui sont cruciaux à différents endroits de cette voie (certaines aux beaux milieux des crux, d’autres dans les repos).

Les genouillères aident, c’est sûr, mais la question est : est-ce que cela change la cotation ? C’est une question difficile, en raison de la composition de la voie. Il y a deux parties (un 9a+ court et intense, suivi d’un 9a), séparées par un repos où il est quasiment possible de lâcher les deux mains. La difficulté est certainement de combiner ces deux parties ensemble. La première, délicate et aléatoire, rend les essais incertains. C’est assez dur mentalement, c’est une voie aléatoire où la moindre erreur coûte cher.
Les genouillères aident vraiment dans le premier crux (où Adam criait et se tordait le dos et les épaules). C’est toujours très dur, mais un peu moins que sans je pense. Les genouillères rendent ce crux un peu moins risqué. Et l’ensemble de la voie devient donc un peu plus facile à gérer mentalement, je pense. Je ne pense pas que cela fasse une énorme différence en raison du très bon repos qu’il y a juste avant la deuxième partie. Même avec la méthode d’origine sur la première partie, vous seriez toujours capable de vous reposer à 100%.”

Ou de mathématique ?

Maintenant, pour m’aider à coter ces voies, je vais comparer “Change” à “Move” et “Nordic Marathon”.
En ce qui concerne “Nordic Marathon”, c’est définitivement une ligne atypique, en raison de la taille de celle-ci (130m). J’ai fait la première ascension avant d’enchaîner “Change” et j’ai proposé la cotation de 9b/+. Cette voie est 100% mon style d’escalade, pourtant, il était difficile d’attribuer une cotation pour une voie aussi longue.

Donc, pour comparer ces trois voies, je vais prendre en considération, le temps, le style, et mon feeling sur le processus de travail et mon run d’enchaînement. Il m’a fallu deux semaines pour réaliser “Nordic Marathon”, et deux semaines pour réaliser “Change” (avec des genouillères). “Nordic Marathon” m’a paru un peu plus épuisante dans le processus de travail et aussi pendant mon run d’enchaînement. Et comme “Nordic Marathon” est 100% mon style d’escalade, je dirais que “Change” est un peu plus facile. Mais je ne pense pas qu’il y ait une grande différence entre ces deux voies. Si “Nordic Marathon” est un peu plus dure, elle ne l’est toutefois pas assez pour avoir une cotation différente.

Maintenant, comparons ces deux voies avec “Move”. J’ai réalisé “Move” en 2019, c’était la première répétition de cette voie après la première ascension d’Adam Ondra. Il l’a cotée 9b/+, sachant que ce n’est pas tellement son style d’escalade. Les genouillères ne changent rien à la cotation car les coincements de genoux sont tous très corrects, et à part un peu plus ou moins de confort, ils restent les mêmes. À l’époque, c’était une de mes plus grandes réussites en escalade et il m’avait fallu faire quatre voyages en Norvège de deux semaines chacun pour faire “Move”. C’est beaucoup plus de temps que pour les autres. Mais en même temps, je ne dois pas oublier que c’était il y a trois ans. Comme les genouillères ne changent pas la difficulté par rapport à la première ascension (faite sans genouillères), je dirais que “Move” est un peu plus difficile que “Nordic Marathon” et “Change”.

Donc, en conclusion : il y a trois options possibles :
Option 1 : “Change” et “Nordic Marathon” sont tous les deux des 9b+ faciles, et “Move” un 9b+ normal.
Option 2 : “Change” et “Nordic Marathon” sont 9b/+, et “Move” est 9b+.
Option 3 : “Change” et “Nordic Marathon” sont 9b, et “Move” 9b/+.

Je vais choisir l’option 2. “Change” est encore très dure même avec des genouillères. Je ne pense pas qu’elle puisse être seulement 9b.

Donc, mes opinions personnelles sur les cotations sont : “Change” 9b/+, “Nordic Marathon” 9b/+ et “Move” 9b+. Je suis curieux de connaître l’avis des prochains répétiteurs. Maintenant, profitons de l’été français !”

Seb Bouin


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Shawn Raboutou confirme la rumeur et annonce enfin son premier 9A bloc !

20 Août

L’incroyable rumeur s’est confirmée ! Shawn Raboutou vient d’annoncer avoir libéré un 9A bloc, dans le Tessin en Suisse. Le lundi 22 août, un film sera publié, qui montrera l’enchaînement de ce nouveau bloc 

Nous l’avions senti ! Il y a quelques jours à peine, nous vous informions que des rumeurs couraient concernant une possible ascension secrète de deux 9A bloc par Shawn Raboutou.

Une rumeur confirmée un an après !

Certains de nos informations, nous attendions que Shawn en personne communique sur ses exploits. C’est maintenant chose faite ! L’Américain a publié hier sur ses réseaux un post indiquant qu’il avait réalisé “Alphane” 9A. Connu jusqu’à présent comme le “Alphane Moon Project”, le jeune performeur de 24 ans aurait réalisé la première ascension de ce bloc il y a déjà de nombreux mois.

Comme à son habitude, Shawn Raboutou est resté très bref dans ses propos médiatiques. Il s’est contenté de donner le nom du bloc et sa cotation, illustré par une simple photo, sans donner plus de détails sur cet exploit. Pour en savoir plus, il faudra attendre 19h00 lundi 22 août, moment auquel la chaîne Mellow sortira sur Youtube le film retraçant cette épopée. Outre Shawn Raboutou, la vidéo mettra en avant de forts grimpeurs tels que Matty Hong, Felipe Camargo, Jimmy Webb, Daniel Woods et Giuliano Cameroni, qui étaient tous réunis en Suisse l’été dernier.

Cette ascension de Shawn Raboutou s’ajoute à celles qu’il a réalisées en Suisse il y a quelques mois et qu’il annonce au compte goutte sur ses réseaux ces dernières semaines. Il s’agit par exemple de “Fuck the System”, un 8C+ qu’il a libéré à Fionnay l’été dernier ou encore de “The Story of Three Worlds” un autre 8C+ qu’il a enchaîné l’hiver dernier, communiquant à son propos au début du mois seulement.

Shawn Raboutou dans “Alphane” 9A © Matty Hong

“Alphane”, le quatrième 9A bloc du monde

Si la cotation de “Alphane” est confirmée, il s’agira du quatrième 9A bloc du monde.

Le premier à avoir fait le pas dans le neuvième degré en bloc n’est autre que le Finlandais Nalle Hukkataival. Après plus de quatre ans d’efforts, il enchaînait “Burden of Dreams”, en octobre 2016. Bien que de nombreux grimpeurs l’aient essayé, notamment le fort Japonais Ryohei Kameyama, ce panneau d’arquées n’a encore jamais été répété.

“No Kpote Only”, de Charles Albert, est devenu le deuxième passage au monde à être proposé à 9A, avant d’être décoté par la suite. Ryohei Kameyama l’a d’abord estimé à 8C+/9A après l’avoir enchaîné et plus tard, Nicolas Pelorson l’a encore abaissé à 8C.

De l’autre côté de l’Atlantique, à Red Rocks, dans le Nevada, Daniel Woods a réalisé “Return of the Sleepwalker”, après plus de trois mois d’effort non-stop, passé seul dans le désert, à camper au pied de ce bloc.

Le débat autour de la cotation de “Soudain Seul” est toujours d’actualité. Situé à Fontainebleau, la première ascension de ce bloc, qui n’est autre que le départ assis de “The Big Island”, a été faite par le Belge Simon Lorenzi, qui a proposé la note de 9A. Mais deux mois plus tard, Nicolas Pelorson répétait le bloc, qu’il décotait de nouveau à 8C+. Toutefois, Camille Coudert, troisième ascensionniste de ce passage, réévaluait à la hausse le niveau de ce bloc, optant pour le 9A.

“Alphane” serait donc le quatrième 9A bloc de la planète. Quand on connaît la liste de croix de Shawn Raboutou et notamment les innombrables blocs en 8C+ qu’il a déjà enchaîné, tout laisse à penser que si quelqu’un est bien placé pour proposer du 9A, c’est lui !

Bientôt une autre annonce sur un deuxième 9A bloc de Shawn Raboutou ?

Shawn Raboutou pourrait bien avoir d’autres surprises nous dévoiler. La rumeur raconte qu’il a également enchaîné un autre 9A bloc il y a quelques mois, en signant la première ascension de “Megatron”, dans le Colorado. D’après nos informations, il s’agit d’un bloc que Daniel Woods travaille depuis plus de deux ans, en vain, qui consiste à réaliser sept mouvements en 8C pour rejoindre les dix mouvements de “Tron” 8B+.

D’ailleurs, Brooke Raboutou a indirectement confirmé sur les réseaux sociaux hier que son frère Shawn avait d’autres performances sur lesquelles communiquer. Dans une story où elle écrivait “Je vais enfin pouvoir me vanter de certaines des choses les plus folles que mon frère a faites”, elle prenait le soin de bien souligner le terme “certaines“, comme s’il y en avait d’autres à venir.

Affaire à suivre donc… D’ici là, rendez-vous lundi, pour le film “Alphane”, sur l’ascension du même nom par Shawn Raboutou.


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Jakob Schubert sacré Champion d’Europe du combiné !

18 Août

La Königsplatz de Munich, qui se traduit en français par “Place Royale”, a élu son roi : Jakob Schubert !

L’an dernier, c’est déjà lui qui était monté le plus haut dans la voie de finale des Jeux Olympiques de Tokyo. Aujourd’hui à Munich, l’Autrichien de 31 ans a répété cet exploit, en atteignant la dernière prise de la voie, ce qui lui vaudra le titre de Champion d’Europe du combiné 2022. Nos deux Français Sam Avezou et Mejdi Schalck, qui faisaient partie des huit finalistes, terminent respectivement 6ème et 7ème.


Dès l’épreuve de bloc, Jakob Schubert répondait présent. S’il parvient à enchaîner le premier passage, comme la majeure partie des finalistes, il prenait une énorme longueur d’avance dans le deuxième tracé. Lui qui était certainement le plus puissant de tout le plateau fait parler toute sa robustesse pour ramener les deux mains en compression sur le top du bloc numéro 2. Un mouvement de force époustouflant, qu’il sera le seul à réaliser. Même Adam Ondra, ne parviendra pas à ramener les deux mains sous cette dernière prise.

Jakob Schubert sera le seul à ramener les deux mains sur la dernière prise du bloc 2.

Mais dans le bloc 3, le leader du classement provisoire perdait son avance. Au milieu d’une composition de volumes qui formaient une cheminée, Jakob Schubert ne comprend la méthode que trop tard. Il repart sans le top, alors qu’Adam Ondra, Mejdi Schalck ou encore Sam Avezou parviendront à dompter ce passage complexe.

Le dernier bloc des finales, qui débutait par un skate et se terminait par un mouvement de coordination en triceps, ne posera pas de problème aux quatre premiers compétiteurs. Une nouvelle fois, nos Français répondent présent et enchaînent le bloc, terminant 2ème (Sam Avezou) et 4ème (Mejdi Schalck) du classement provisoire à l’issue de la première épreuve. Adam Ondra, rusé, réussira à shunter le dernier mouvement dynamique et s’offrira la tête du tableau, en enchaînant le dernier bloc avec ingéniosité. Jakob Schubert atteindra le top à son tour, et prendra la 3ème place du classement.

Nos deux Français faisaient partie du quatuor de tête à l’issue de l’épreuve de bloc.

Juste avant l’épreuve de difficulté, les quatre premiers compétiteurs se tenaient à seulement 0,2 point. Cela signifiait que le podium allait se jouer dans la voie.

Le classement provisoire à l’issue de l’épreuve de bloc

  1. Adam Ondra – 80,7 points
  2. Sam Avezou – 80,6 points
  3. Jakob Schubert – 80,5 points
  4. Mejdi Schalck – 80,5 points
  5. Alberto Gines Lopez – 61,7 points
  6. Nicolai Uznik – 61,4 points
  7. Luka Potocar – 36,8 points
  8. Filip Schenk – 33,6 points

Et le tracé de difficulté réservait bien des surprises à nos huit compétiteurs. Mejdi Schalck, premier grimpeur à défier la voie, se fera piéger en zippant du talon gauche. Alors qu’il se trouvait dans la partie la plus déversante du mur, il tente de se reprendre, en vain. Sam Avezou, montera plus haut, mais se fera rattraper par la gravité juste avant de sortir du toit.

L’Italien Filip Schenk sera le premier grimpeur à nous faire découvrir la partie finale du tracé, qui semblait très intense. Les trois dernières prises de la voie étaient en effet microscopiques, et nécessitaient une précision absolue. Le champion olympique Alberto Gines Lopez chutera au même endroit que l’Italien.

Après sa performance dans l’épreuve de bloc, Jakob Schubert réussira un nouvel exploit. Dans sa discipline de prédilection, il négocie les premiers mouvements de la voie sans encombre et atteindra la dernière partie très rapidement. Encore bien lucide, il serre avec grande précision les dernières prises, jusqu’à se jeter sur le bac final. Durant quelques millisecondes, ses doigts se refermeront sur cette prise, mais l’Autrichien se fera embarquer dans son ballant.

Jakob Schubert fait parler toute son expérience et atteindra la dernière prise de la voie.

Alors que la pluie commençait à s’abattre sur la Königsplatz, Adam Ondra, dernier finaliste à s’élancer, n’avait d’autres choix que d’égaliser la performance de Jakob Schubert s’il voulait l’emporter. Comme à son habitude, le Tchèque met du rythme et avance rapidement. Mais alors qu’il sortait du dévers principal, Adam se précipite un peu, et arrive bien trop vite sur l’avant-dernière (qu’il devait tenir pour remporter la victoire), qu’il ne contrôlera pas. Renvoyé dans les airs, il venait de laisser filer le titre de Champion d’Europe du combiné.


C’est donc Jakob Schubert, qui s’impose de seulement un mouvement, et qui décroche la précieuse couronne. Quatre fois Champion du Monde et multiple vainqueur de Coupes du Monde, il courait après ce titre européen depuis plus de quinze ans.

Je n’étais pas si nerveuse en regardant Adam car lorsque je suis tombé, je savais que je terminerai deuxième. J’étais sûr à 99 % que j’aurais l’argent et à 100 % qu’Adam serait très proche de moi. J’ai été un peu surpris qu’il ne monte pas au sommet et qu’il tombe avant moi. Cela n’arrive pas souvent.

Gagner cette médaille d’or, c’est une sensation incroyable. Tout cet événement a été incroyable, tout comme le public. Chaque tour a ressemblé à une finale. Mais il me manquait une médaille. J’étais un peu triste avec ma quatrième place en difficulté mais maintenant je suis heureux de ramener cette victoire à la maison.”

Jakob Schubert

Il devance Adam Ondra, décidément maudit des épreuves combinées. Après avoir loupé les J.O de Tokyo, le Tchèque manque de nouveau la médaille d’or de ce combiné.

J’ai apprécié cette journée parce que je savais que peu importe ce qu’il arrive, ce serait une compétition réussie. L’épreuve de bloc s’est vraiment bien déroulée pour moi, même si je sentais que je pouvais peut-être faire un peu mieux. Puis, il était assez évident que la compétition se jouerait sur le mur de difficulté entre Jakob et moi, et c’est Jakob qui a gagné aujourd’hui.”

Adam Ondra

En revanche, Alberto Gines Lopez, champion olympique en titre, nous prouve une nouvelle fois sa grande polyvalence, en terminant sur la troisième marche du podium.

Déception pour nos deux Français Mejdi Schalck et Sam Avezou, qui étaient pourtant en très bonne posture après le bloc. Nos bleus manquent de réussite dans la voie et s’écartent du podium. Il leur reste deux ans pour être prêts pour les J.O de Paris !

Les résultats complets

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Nouvel exploit de Janja Garnbret aux Championnats d’Europe de Munich !

17 Août

Le format était nouveau, mais le résultat est resté le même : Janja Garnbret s’est imposée en finale du nouveau combiné bloc/difficulté, qui était testé pour la première fois aujourd’hui et qui sera utilisé lors des J.O de Paris 2024. 

Jamais deux sans trois. L’adage s’est avéré vrai pour la Slovène Janja Garnbret, qui est montée sur son troisième podium consécutif à Munich. La Slovène est arrivée en Allemagne il y a quelques jours sans avoir jamais remporté l’or aux Championnats d’Europe. Aujourd’hui, la jeune prodige de 23 ans rentre avec trois médailles d’or. Après avoir remporté le titre de Championne d’Europe de difficulté, puis le titre de Championne d’Europe de bloc, elle devenue la toute première championne du nouveau format combiné qui sera présenté aux Jeux Olympiques de Paris 2024 dans deux ans.


La journée a commencé par l’épreuve de bloc, où quatre tracés attendaient les huit grimpeuses. Si les deux premiers passages posent peu de difficultés aux meilleures, la compétition prenait un tournant dans le bloc 3. Après un mouvement dynamique en croisé, une fin toute en compression a mis à mal les grimpeuses.

Une à une, toutes se font éjecter du bloc, repoussées par les deux derniers mouvements physiques qui menaient au top. Même l’Allemande Hannah Meul, qui réalisait pourtant un parfait début de compétition, ne parviendra pas au sommet. C’est là que Janja Garnbret fera toute la différence. Alors que pendant plusieurs minutes ce bloc semblait impossible à réaliser, la Slovène nous prouve le contraire, en l’enchaînant en une poignée de secondes à peine ! La championne olympique en titre venait de mettre tout le monde d’accord, en réalisant ce bloc à vue.

© IFSC

Après avoir enchaîné les trois premiers passages du premier coup, une seule question se posait alors : Janja allait-elle réaliser le circuit parfait et réaliser le dernier bloc ? La réponse ne tardera pas. Dans ce tracé très aléatoire qui consistait à enchaîner trois mouvements coordinations consécutivement, la Slovène chute une première fois, mais atteindra le top avec une facilité déconcertante lors de son essai suivant. Elle venait donc d’enchaîner tous les blocs, et comptabilisait un score quasi parfait de 99,9 points sur 100 possibles. (Pour rappel, lors de ce combiné, un nouveau système de résultat était testé : 1 top valait 25 points, une première zone valait 3 points, une deuxième zone en valait 6 et à chaque essai, 0,1 point était soustrait du score).

À l’issue de la première épreuve, Janja Garnbret était donc très largement en tête du classement, devant l’Allemande Hannah Meul et sa compatriote slovène Mia Krampl.

Le classement provisoire à l’issue de l’épreuve de bloc

Quelques minutes de repos à peine, le temps aux compétitrices d’enfiler leur baudrier, et il était déjà temps de passer à la deuxième épreuve de ce combiné : la difficulté.

Une voie physique et résistante avait été tracée par les ouvreurs, pour tester les qualités de résistance et d’endurance des huit compétitrices. À ce jeu, la Slovène Mia Krampl met la barre très haute en réussissant à enchaîner la voie, avec une grande aisance. La pression était alors à son comble dans la zone d’isolement, puisque les autres grimpeuses avaient deviné de par les acclamations du public que la voie avait été libérée.

La Tchèque Eliska Adamovska et l’Allemande Hannah Meul craquent à moins de trois mouvements du top. En revanche, l’Autrichienne Jessica Pilz parvient à son tour à attraper le bac final.

Janja Garnbret n’avait pas d’autre choix que de monter très haut dans la voie si elle voulait l’emporter. Le sourire aux lèvres, elle se présente au pied de la voie prête à dérouler sa partition. Dès son premier mouvement dans la voie, le public allemand l’applaudit, et ne cessera de frapper des mains durant toute son ascension. Portée par le public, cette dernière avale les mouvements sans aucune difficulté, jusqu’à atteindre le top à son tour. Elle venait de remporter le titre de Championne d’Europe du combiné !

© IFSC

“Être trois fois championne d’Europe, ça paraît super, mais c’est encore plus dingue quand ça arrive”, a confié la nouvelle championne, ajoutant qu’elle aurait peut-être besoin d’une nouvelle armoire pour ranger ses médailles après son séjour fructueux à Munich. “Une de mes étagère s’est cassée il n’y a pas longtemps. Les médailles et coupes qu’elle contenait étaient trop lourdes”, a-t-elle déclaré. “Si elle est trop petite, j’en achèterai une plus grande, mais quand je regarde mon armoire et mes médailles, je me dis ‘Wouah, mais quand est-ce que tout cela est arrivé ?’ parce que le temps passe vite quand je suis en compétition et parfois il faut prendre le temps de s’arrêter pour réaliser ce que vous avez accompli, parce que c’est incroyable.”

Le podium sera complété par sa compatriote Mia Krampl puis par l’Autrichienne Jessica Pilz, qui termine à seulement 0,3 point de la médaille d’argent.

Le classement final après l’épreuve de difficulté


La suite du programme

Jeudi 18 août
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté

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L’ultime épreuve des Championnats d’Europe de Munich 2022

17 Août

Les dernières épreuves d’escalade des Championnats d’Europe de Munich 2022 ont lieu aujourd’hui et demain. Il s’agit du nouveau combiné olympique bloc/difficulté, qui sera testé pour la première fois.

Alors que la plupart des grimpeurs avouent ne plus avoir de peau et être exténués physiquement, seize d’entre eux vont devoir renfiler les chaussons une dernière fois, afin de s’affronter dans la nouvelle épreuve du combiné.

Le programme et les forces en présence

Les femmes seront les premières à en découdre aujourd’hui, l’épreuve de bloc débutant à 15h00 et l’épreuve de difficulté à 17h00. Sélectionnées sur la base de leurs résultats en bloc et en difficulté de ces derniers jours, les huit grimpeuses qui s’affronteront sur le mur sont : Janja Garnbret, Hannah Meul, Jessica Pilz, Eliska Adamovska, Chloé Caulier, Camilla Moroni, Mia Krampl et Ievgeniia Kazbeekova.

Janja Garnbret va-t-elle réaliser un triplé et remporter l’épreuve combinée après avoir gagné l’or en bloc et en difficulté, comme elle l’avait déjà fait lors des Championnats du Monde d’Hachioji en 2019 ? Rien ne semble pouvoir l’arrêter.

© IFSC

Les hommes ont rendez-vous demain, et clôtureront ces Championnats européens d’escalade, avec à 15h00 le bloc suivi de l’épreuve de difficulté à 17h00. Les prétendants à la médaille sont : Adam Ondra, Alberto Gines Lopez, Luka Potocar, Nicolai Uznik, Jakob Schubert, Filip Schenk, ainsi que nos deux Français Sam Avezou et Mejdi Schalck.

Adam Ondra est le grand favori de cette épreuve combinée, puisqu’il est le seul à être monté sur le podium des deux disciplines, ayant décroché la médaille d’or en difficulté et le bronze en bloc. Mais Alberto Gines Lopez, qui avait créé la surprise en décrochant le titre olympique à Tokyo, peut-il confirmer sa suprématie dans le combiné ? Sans oublier nos deux jeunes talents Sam Avezou Mejdi Schalck, capables du meilleur !

Le système de classement de ce format combiné

Contrairement lors des J.O de Tokyo, où les performances dans chaque épreuve étaient multipliées, le nouveau système additionne les scores de chaque discipline, ce qui devrait rendre le classement plus compréhensible. Ainsi, le score final d’un grimpeur sera la somme des points collectés en bloc et en difficulté.

Le total maximum de points réalisable est de 200 : 100 points en bloc et 100 points en difficulté. Il y aura quatre blocs au total, chacun offrant un maximum de 25 points. Chaque tracé sera composé d’un TOP (25 points) et de deux zones : HZ, ou Highest Zone (6 points), et LZ, ou Lowest Zone (3 points), chacune de ces zones étant clairement indiquées sur le mur pour la clarté des athlètes et des spectateurs.

Sur le mur de difficulté, seuls les 30 derniers mouvements vaudront des points. Par exemple, en commençant par le haut du mur et en descendant, les 15 dernières prises valent 5 points chacune, les 10 en dessous valent 2 points chacune, et les 5 encore en dessous valent 1 point, pour un total maximum de 100 points.

Ce nouveau format combiné bloc/difficulté sera testé pour la première fois à Munich puis sera de nouveau au programme de la Coupe du Monde à Morioka, au Japon, du 20 au 22 octobre.

Où suivre la compétition en direct ?

L’épreuve du combiné sera diffusée en direct sur France Télévision. La compétition sera à suivre à la télévision, sur France 2, ou sur France.tv.

Il sera aussi possible de regarder la compétition ici :

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Oriane Bertone répond à toutes nos questions sur le Championnat d’Europe de Munich

16 Août

Après Manon Hily et Sam Avezou, Oriane Bertone a offert à la France la troisième médaille tricolore sur ces Championnats d’Europe d’escalade à Munich.

Elle qui a fait le choix de ne pas s’aligner sur l’épreuve de difficulté, aura réussi à tenir tête à Janja Garnbret, dans le premier bloc des finales. Notre jeune Française réussira à l’enchaîner, à l’inverse de la championne Slovène. La suite de la compétition aura été très intense et le combat aura fait rage jusque dans le dernier bloc.

Pour nous, Oriane Bertone revient sur ce Championnat d’Europe 2022, et répond à toutes nos questions.

Tu montes sur le podium des Championnats d’Europe, quelles sont tes impressions à chaud ?

C’est fou ! Il y a beaucoup de travail derrière tout ça, et réussir à être présente sur une compétition de cette ampleur fait vraiment du bien !

Peux-tu revenir sur la finale ?

C’est difficile de poser une grimpe parfaite, et en compétition chaque erreur peut être fatale… On peut toujours faire mieux. Sur ces quatre blocs de finale, seulement un n’a pas été sorti, le quatrième.

Le premier, c’était deux coordos sur trois mouvements, donc super dans mon style ! Je suis tombée plusieurs fois sur le dernier mouvement au moment de ramener, pour finir par le toper proche de la fin du temps.

Le deuxième bloc a été difficile à gérer de mon côté. J’ai essayé ce qui était, je pense, la méthode prévue par les ouvreurs, que je n’ai pas réussi à faire marcher. Pas de zone dans celui-là !

Le troisième bloc s’est mieux passé. J’ai mis quelques essais à trouver la méthode de croisé, qui n’était pas facile à lire qui était un mouvement pas très naturel ! Enfin, pour couronner le tout, le dernier mouvement n’était pas si facile !

Et pour le dernier bloc, aucun top ! Il y avait une méthode à trouver après la zone, qui facilitait le mouvement suivant, mais peu l’ont essayée. Pour ma part, j’ai fait la même méthode que Janja Garnbret ou Hannah Meul, mais sans succès ! Dommage pour celui-là, j’aurais aimé voir comment le dernier mouvement marchait.

© IFSC

Au regard de cette compétition, on a pu voir que tu pouvais venir chercher Janja Garnbret dans certains blocs. Imagines-tu la battre un jour ?

Sur cette compétition et ces ouvertures, tout aurait été possible. On le voit en regardant les résultats, mais tout se joue sur un fil ! Janja est très forte, elle a des capacités physiques et techniques incroyables, mais comme chaque être humain, elle a également des lacunes. Peut-être un jour ?

Pourquoi avoir laissé de côté la diff et donc le test de ce nouveau combiné olympique ? Pas mal de grimpeurs le considèrent comme un entraînement pour la préparation des JO 2024 pourtant.

J’ai eu du mal à trouver ma place sur les deux dernières compétitions, j’ai donc décidé de prendre une semaine sans grimpe 15 jours avant les Championnats d’Europe. J’ai fait peu d’entraînements en difficulté, et j’ai décidé de me concentrer sur ma discipline « principale », pour mettre toute mon énergie dedans. Je ne regrette pas ce choix, j’aurais été très fatiguée et n’aurais probablement pas réussi à faire les deux disciplines à un niveau acceptable sur cet événement.

Vus de l’extérieur, ces Championnats d’Europe ont l’air d’être une magnifique compétition, es-tu d’accord avec ça ?

Ces championnats d’Europe ont été géniaux à vivre. Il y avait un monde fou, le public était à 100% derrière nous, toute l’équipe de France et les deux disciplines étaient réunies, un combiné pour finir… Tout a été incroyable, merci Munich.

© Vladek Zumr

Tes résultats sur la saison sont parfois en dents de scie, comment l’expliques-tu ?

Alors oui, j’ai effectivement du mal à rester constante ! Je ne saurais pas l’expliquer malheureusement, je cherche encore la réponse à cette question. Le rythme d’une année de compétition est très élevé, le stress et les décalages horaires sont difficiles à gérer et l’entraînement à côté est aussi épuisant. C’est donc probablement un mélange de toutes ces choses ! Pour quand même essayer d’y répondre, je pense qu’il me manque de l’entraînement, de l’endurance et de l’expérience. J’ai seulement deux années de compétitions seniors derrière moi, les suivantes feront l’affaire pour trouver ce qui manque 🙂

Comment va s’organiser la suite de ta saison ?

Retour à l’entraînement déjà ! Je suis à Innsbruck jusqu’au 19 août, et remonte peu après à Paris. Je participerai à la Coupe du Monde d’Edinburgh mi septembre et normalement également à la Coupe du Monde combinée du Japon en octobre !

Un dernier mot à ajouter pour finir ?

Merci à tous. Tous ceux qui me suivent et qui me poussent à devenir la meilleure version de moi-même. Merci à toi Nico, pour ta patience et ton soutien. Merci à toi Adri de ne jamais me lâcher et de me pousser à l’entraînement, même quand ça ne va pas. Merci à ma famille, et à ceux que je ne citerai pas mais qui se sentiront visés par ce message. Et bravo à toute l’équipe, parce que je n’ai pas fait ça toute seule sur ces Championnats d’Europe ! Et à bientôt pour de nouvelles aventures !!

© IFSC

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Voici les noms des grimpeurs qui disputeront le combiné olympique à Munich !

15 Août

Pour la première fois, le format olympique des Jeux de Paris 2024 sera testé à Munich. Les grimpeurs ayant réalisé les meilleures performances en bloc et en difficulté ces derniers jours, s’affronteront une dernière fois mercredi et jeudi, dans un format combiné bloc/difficulté.

Ils sont 38 hommes et 26 femmes à s’être alignés au départ des épreuves de bloc et de difficulté des Championnats d’Europe. Les huit meilleurs ont été sélectionnés pour tester en exclusivité le format olympique bloc/difficulté, qui sera utilisé aux J.O de Paris dans deux ans.

Parmi eux, deux Français ont décroché leur place. Voici la liste complète.

Les grimpeurs qualifiés pour le combiné bloc/difficulté de Munich 2022

Femmes

Championne d’Europe de bloc et de difficulté, Janja Garnbret s’est naturellement classée en tête et obtient donc son ticket pour participer à l’épreuve combinée. Elle devance la locale de la compétition Hannah Meul, 2ème en bloc et 7ème en difficulté. Juste derrière elle, on retrouve l’Autrichienne Jessica Pilz, 8ème en bloc et 2ème en difficulté.

Hommes

Etant le seul grimpeur à être monté sur le podium en bloc et en difficulté, Adam Ondra est le grand favori du combiné bloc/difficulté, qu’il disputera jeudi. Derrière lui on retrouve le champion olympique en titre Alberto Gines Lopez, 9ème en bloc et 3ème en difficulté, suivi du Slovène en forme du moment, Luka Potocar, qui terminait 14ème en bloc et 2ème en difficulté. Nos espoirs de médaille tricolore reposeront sur les épaules de deux Français. Sam Avezou et Mejdi Schalck ont réussi à se qualifier dans le top 8 et prendront part à l’épreuve combinée.

Le programme des épreuves combinées

Mercredi 17 août
15:00 : Épreuve combinée femmes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée femmes – Difficulté

Jeudi 18 août
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté

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Interview : Manon Hily revient sur sa médaille de bronze aux Championnats d’Europe de Munich 2022

15 Août

La Française Manon Hily a remporté la médaille de bronze au Championnat d’Europe de difficulté 2022, au terme d’un magnifique run dans la voie de finale. À 28 ans, la Réunionnaise avoue qu’elle a vécu “la plus belle compétition de sa vie”.

Quelques heures seulement après son podium, elle nous raconte sa compétition dans les moindres détails.


Ce Championnat d’Europe, il représentait quoi pour toi ?

Cette compétition, c’était vraiment devenu l’objectif de ma saison, depuis le moment où je savais que j’étais qualifiée pour y participer.

Je me suis super entraînée entre les Coupes du Monde, ce qui m’a valu pas mal de fatigue sur les deux dernières. Mais c’était le choix à faire pour être en forme au Championnat d’Europe.

Ça fait quoi de participer à une compétition d’une telle envergure ?

Je n’avais encore jamais fait de compétition comme celle-là, c’est-à-dire une compétition avec plein d’autres sports et d’une si grande envergure.

© IFSC

Raconte-nous ta première journée de compétition en difficulté.

On va dire que ma compétition a mal commencé… J’avoue que j’étais pas mal stressée. Normalement, on a les vidéos de démonstration des voies la veille de la compétition, en même temps que l’ordre de passage. J’ai vu que je passais quatrième, ce qui n’est pas facile, mais c’est le jeu ! Et les vidéos des voies sont arrivées à 10h00 le matin même de la compétition, alors que je commence à m’échauffer à 11h00. Ça m’a vraiment perturbée.

D’ailleurs, pour la petite anecdote, le matin en regardant les vidéos, il y avait un énorme jeté en no-foot dans la voie où je commençais. En voyant ces images, j’ai eu un fou rire, c’était purement nerveux je pense. J’espérais de toutes mes forces que ce mouv ne soit pas obligatoire et en même temps j’étais excitée parce que je me suis rendu compte de la qualité de l’ouverture sur cette compétition : les voies avaient l’air dingues !

Du coup, j’ai commencé les qualifs par cette voie et j’ai réussi à shunter ce jeté. J’étais la première à le faire. J’étais vraiment à vue dans la voie, enfin presque, parce que les démos n’étaient pas super. J’ai mis un run pas si mal, mais je savais que j’aurais pu faire mieux, je n’étais pas encore à mon niveau maximal. Mais ce n’était pas grave, j’avais quand même fait le job !

Mais niveau sensation, c’était super. Je me sentais vraiment en forme et j’ai fait un super run dans la deuxième voie de qualif, ce qui m’a permis de me classer quatrième de ce premier tour. J’étais en confiance pour la demi-finale.

Justement, qu’as-tu pensé de la demi-finale ?

À la lecture, j’ai tout de suite su que cette voie pouvait me convenir, mais j’étais vraiment stressée de l’ampleur de l’événement. En isolement, puis en arrivant derrière le mur, j’ai entendu que l’ambiance était complètement dingue ! Je me suis laissé emporter et j’étais hyper relâchée mentalement pendant ma grimpe. Je grimpais en mode pilote automatique, et je pense avoir mis un run presque parfait, même si je tombe en zippant.

Quand j’ai vu le résultat, j’ai commencé à vraiment me rendre compte de la chance que j’avais d’être en forme sur cet événement. Et je me suis dit que le podium était jouable…

Mentalement, ça s’est passé comment avant les finales ?

Dans ma tête, je me suis vraiment bridée pour ne pas penser aux résultats et essayer de continuer comme ça, c’est-à-dire de grimper sans me prendre la tête et sans rien changer. Mon coach m’a bien briffé et il m’a vraiment aidé mentalement à prendre le dessus sur l’importance de l’évènement et au fait de penser seulement à ma grimpe. Du coup je suis vraiment partie dans cette finale avec seulement l’envie de bien grimper et de me laisser porter.

En voyant la voie de finale, qu’est-ce que tu t’es dit ?

Quand j’ai lu la voie, j’étais hyper excitée ! Pour moi, c’était la voie parfaite ! C’est le genre de voie que je rêve d’avoir en Coupe du Monde depuis longtemps. Dans ma tête je me suis dit : “Ça y est, tout est réuni pour que ça se passe bien”.

D’ailleurs, je ne me suis même pas pris la tête à la lecture. Quand je suis rentrée en isolement, j’ai dit à Romain [Desgranges] : “Pas besoin de lire la voie, elle est faite pour moi et ma grimpe instinctive”. Dans ma tête, je savais que j’allais juste me laisser grimper, et que ça allait marcher.

© IFSC

Et dans la voie, comment ça s’est passé ?

Alors, j’avoue avoir été un peu surprise par le jump du début. J’ai vraiment cru que j’allais tomber, mais j’ai mis toute mon énergie à le faire. Et après, je me suis juste laissée aller. Je n’ai pas hyper bien grimpé et je pense que je pouvais encore donner plus. En descendant, je ne pensais pas être sur le podium même si je savais que mon run était quand même bien. Mais quand les filles m’ont dit que j’étais troisième, j’étais la plus heureuse ! C’était beaucoup d’émotions d’un coup. Je me suis dit : “Ça y est, tu as réussi, tu viens de vivre la meilleure compète de ta vie en terme d’ambiance, de niveau de forme, de flow dans la voie et de plaisir. Et en plus, tu repars avec une médaille !”

Bref, j’ai pensé à mon coach qui m’avait dit que je serai en forme alors que moi j’étais nulle à l’entraînement deux semaines avant la compétition. Il y croyait plus que moi.

Tu réalises ?

Je savoure a 2000% cette médaille ! Elle me montre qu’il faut s’investir et que ça a marché. Il n’y a pas de secret, cette année j’ai accepté de faire des sacrifices, j’ai adoré m’entraîner, j’ai beaucoup bougé pour faire du spécifique, j’ai trouvé la meilleure partenaire d’entraînement que je puisse rêver [Ina Plassoux Djiga] . Tout ça m’a mené à cette médaille. Il n’est jamais trop tard !

Un dernier mot ?

Merci à la fédé, l’ANS et mon hôpital, sans qui tout cela n’aurait pas été possible, parce que ça fait deux mois que je ne travaille plus, pour être à fond sur l’entraînement. Et bien sûr, un grand merci à mon coach, Vincent Etchar.

© IFSC

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Et le Champion d’Europe de difficulté 2022 est…….

14 Août

Adam Ondra ! Le Tchèque a remporté l’épreuve de difficulté des Championnats d’Europe 2022. Mais la finale était très serrée, et la victoire s’est jouée à un rien. 

Le plateau de cette finale européenne était extrêmement relevé, à l’image de la voie qui attendait les huit prétendants au titre de champion d’Europe.

L’Italien Filip Schenk, finaliste de l’épreuve de bloc hier, se fait avoir dans le premier tiers de la voie. Le Slovène Domen Skofic, qui renouait avec une finale internationale ce soir, se fait piéger au même endroit. Les deux Allemands Alex Megos et Yannick Flohé, parviennent à avancer un peu plus loin, soutenus par leur public. Ils chutent dans l’endroit le plus physique de la voie, en plein dévers.

Jakob Schubert, qui avait fait forte impression en demi-finale en trustant la première place du classement, tombe à bout de force à la sortie du toit. Le champion olympique en titre Alberto Gines Lopez, qui participait à sa première compétition de difficulté depuis les J.O de Tokyo, semblait particulièrement à l’aise dans la voie. Mais il se fait rattraper par la gravité un mouvement plus loin que Jakob, ne parvenant pas à trouver le bon placement.

La victoire se jouera finalement entre le Slovène Luka Potocar et le Tchèque Adam Ondra. À 20 ans, Luka Potocar est l’une des plus grosses révélations de ces derniers mois. Il avait clôturé la saison 2021 en trustant le titre de vice-champion du Monde de difficulté, puis terminait à deux reprises à la quatrième place des Coupes du Monde d’Innsbruck et Chamonix cette année. En finale ce soir, il parvient à se sortir du dévers. Suspendu sur un bidoigt, il utilise sa main libre pour demander le soutien du public, qui l’aidera à avancer encore quelques mouvements. Il tombera finalement dans un passage complexe, au milieu des volumes qui ornaient la lèvre du toit.

C’était incroyable, inoubliable. Je n’ai peut-être pas fourni ma meilleure grimpe, mais je suis tout de même content de ma performance”.

Luka Potocar

© IFSC

Adam Ondra, grand favori de la compétition, se lance dans la voie à toute allure. Très vite, il dépasse les différents endroits ayant fait chuter les autres compétiteurs avant lui. À la sortie du dévers, le Tchèque hésite sur la méthode à adopter. Il tente plusieurs placements, mais finit par tomber sur le même mouvement que le Slovène. Tous deux seront donc départagés suite aux résultats des demi-finales, à l’avantage d’Adam Ondra.

Après avoir décroché la médaille de bronze en bloc hier, il remporte donc ce soir le titre de champion d’Europe de difficulté 2022, trois mois seulement après avoir été papa.

Juste avant de m’élancer dans la voie, j’ai pensé à mon fils Hugo et à ma femme. Je pense que cela m’a donné un vrai coup de fouet juste avant de commencer.

Après deux jours de compétition, je me sentais détruit physiquement. La demi-finale a été un véritable massacre, je sentais que chaque muscle de mon corps était douloureux. Mais la voie de finale me plaisait et je me suis dit que j’allais y aller à fond. Je n’ai pas fait d’erreur, donc je suis très, très heureux.”

Adam Ondra

© IFSC

Les résultats complets des finales


La suite du programme

Lundi 15 août
13:30 : Vitesse – qualification femmes
14:15 : Vitesse – qualification hommes
15:30 : Vitesse – finale femmes
15:45 : Vitesse – finale hommes

Mercredi 17 août
15:00 : Épreuve combinée femmes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée femmes – Difficulté

Jeudi 18 août
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté

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Sam Avezou sacré vice-champion d’Europe de bloc !

13 Août

Après la médaille de bronze de Manon Hily, un autre Français est monté sur le podium de ces Championnats d’Europe 2022 : Sam Avezou, qui décroche le titre de vice-champion d’Europe de bloc, devant Adam Ondra. Mejdi Schalck, deuxième tricolore qualifié en finale, termine au pied du podium, tandis que c’est l’Autrichien Nicolai Uznik qui s’offre la victoire.

Retour en détail sur le scénario de cette finale.

 Bloc 1 : tous les grimpeurs au tapis

La compétition démarrait fort ! Un premier bloc très physique attendait les grimpeurs, qui seront envoyés un à un au tapis. Après un départ tout en gainage depuis deux contrepointes, il fallait jeter sur une épaule et gainer le balant, pour poursuivre ensuite jusqu’au top. Mais aucun des six grimpeurs ne parviendra à tenir cette prise en épaule, qui faisait office de prise de zone. Pas même Mejdi Schalck, qui semblait pourtant tout proche de gainer cet affreux mouvement dynamique.

Bloc 2 : nos Français prennent la tête !

À l’issue du premier bloc, tous les compteurs étaient encore à zéro, puisque personne n’avait enchaîné, ni validé la prise de zone de ce passage très physique. Mais la compétition allait prendre un tournant dans le deuxième tracé. Cette fois, c’est un skate qui se présentait face à nos six finalistes, suivi d’une fin qui nécessitait tenue de prise, précision dans les pieds et puissance dans les bras. À ce jeu, nos Français frappent fort, en trustant les deux premières places du classement provisoire. Mejdi Schalck impressionne en venant à bout du bloc en seulement trois essais, tandis que Sam Avezou mettra un essai de plus pour en venir à bout.

Ça passe aussi pour l’Autrichien Nicolai Uznik, qui valide le bloc en cinq essais. Quant à Adam Ondra, il aura fait preuve d’un mental d’acier dans ce bloc. Si courir sur des volumes n’est décidément pas son fort, le Tchèque ne se décourage pas et enchaîne les essais. Jusqu’à parvenir à se stabiliser, puis à se jeter sur la prise finale. Mais un léger manque de lucidité le fait zipper du haut du bloc. Il ne lui restait alors plus que quelques secondes pour tenter d’enchaîner ce passage, et il le savait : il ne disposait que d’un dernier essai. Concentré, il parvient de nouveau à réaliser le skate, puis réussira cette fois à se stabiliser sur la prise finale, à quelques secondes de la fin. Le Tchèque restait donc dans la course au titre, au terme d’un gros effort mental.

© Petr Chodura

Bloc 3 : un podium se dessine déjà

Changement de style dans le troisième bloc des finales, composé de grosses prises plates. Grosse frustration pour Mejdi Schalck, qui tombe à deux reprises sur la prise finale. Le jeune Français, vainqueur d’une Coupe du Monde cette saison, ne parvient pas à compresser en paume sous la dernière prise, et se fait éjecter du mur. Il venait alors de perdre sa place sur le podium. Sam Avezou réussira à se stabiliser sur le top, après trois essais. Pas de problème également pour Adam Ondra, qui enchaîne le bloc en deux essais seulement.

Mais l’Autrichien Nicolai Uznik est encore plus impressionnant. Alors que des crampes lui prennent dans les avant-bras, il parvient tout de même à réaliser tous les mouvements, et enchaînera ce bloc lors de son tout premier essai, à son plus grand soulagement. À l’issue de ce troisième bloc, un trio de tête s’était formé, puisque Nicolai Uznik, Sam Avezou et Adam Ondra étaient les trois seuls finalistes à avoir enchaîné deux blocs.

© Vladek Zumr

Bloc 4 : la consécration !

Un dernier bloc extrême attendait nos six finalistes de la soirée. Il fallait d’abord venir à bout d’un triple jeté, avant de terminer par une fin très physique, toute en compression. Comme dans le bloc 1, aucun des compétiteurs ne parvient à dompter ce passage. Tous chutent en tentant de réaliser la coordination en no-foot. Seul Mejdi Schalck réussira ce jeté, mais il tombera en tentant d’aller chercher la dernière prise, au terme d’un gros combat. Il sera le seul à valider la zone, décrochant ainsi la quatrième place du classement.

Nicolas Uznik sacré champion d’Europe, Sam Avezou deuxième

Le dernier bloc ne bouleversera donc pas le podium, et la finale se sera finalement jouée dans deux blocs seulement. Au jeu des essais, Nicolai Uznik remporte son premier titre de champion d’Europe, avec 2 blocs en 6 essais.

C’est l’une des plus belles compétitions auxquelles j’ai participé ! Surtout avec une foule en délire comme celle-ci, vous avez juste envie d’offrir le plus beau des spectacles. C’est ce que j’ai essayé de faire, car après le premier bloc, j’ai senti que je ne pouvais plus grimper. Alors, je me suis dit : “Profitons-en et faisons au moins un bon spectacle.” J’ai essayé de donner tout ce que j’avais et ça s’est avéré payant.”

Nicolai Uznik

© IFSC

Avec seulement un essai de plus, c’est Sam Avezou qui monte sur la deuxième marche du podium.

Je suis très heureux, mais je n’arrive pas à y croire pour l’instant. J’ai fait de mon mieux pendant cette finale, et j’ai donné tout ce que j’avais”.

Sam Avezou

Enfin, c’est Adam Ondra qui complète le podium, n’ayant pas parvenu à réaliser le triple jeté du dernier bloc.

Disons que je ne suis pas né pour faire ce genre de bloc… C’est tout de même génial de gagner la médaille de bronze. Je n’avais pas d’objectifs particuliers en bloc, j’étais déjà vraiment heureux d’aller en finale.”

Adam Ondra

© Petr Chodura

Les résultats complets des finales


La suite du programme

Dimanche 14 août
09:00 : Bloc – demi-finales femmes
12:00 : Difficulté – demi-finales hommes
16:00 : Bloc – finale femmes
18:45 : Difficulté – finale hommes

Lundi 15 août
13:30 : Vitesse – qualification femmes
14:15 : Vitesse – qualification hommes
15:30 : Vitesse – finale femmes
15:45 : Vitesse – finale hommes

Mercredi 17 août
15:00 : Épreuve combinée femmes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée femmes – Difficulté

Jeudi 18 août
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté

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Championnat d’Europe de Munich : les résultats de la deuxième journée !

13 Août

Les qualifications des Championnats d’Europe de Munich 2022 se sont achevées hier, lors du deuxième jour de compétition. Au programme : les femmes ont fait face au fronton de bloc, tandis que les hommes se sont attaqués au mur de difficulté.

Résumé et résultats de cette journée, avant les demi-finales, qui débutent aujourd’hui !

Bloc : Janja Garnbret talonnée de près par Oriane Bertone !

Difficile de ne pas parler de la Slovène Janja Garnbret quand on fait le résumé d’une journée de compétition. Après s’être classée première des qualifications en difficulté jeudi, la championne olympique a poursuivi sur sa lancée, en terminant en tête des qualifications en bloc. Il faut dire que ce Championnat d’Europe représente beaucoup pour la jeune grimpeuse de 23 ans, puisque c’est l’une des rares compétitions qui manquent à son palmarès :

“C’est le seul titre que je n’ai pas encore ! J’ai toujours terminé deuxième aux Championnats d’Europe, donc c’est clairement l’un de mes plus gros objectifs de cette saison, sachant que c’est la compétition la plus importante cette année. Un premier titre de Championne d’Europe serait formidable.”

Janja Garnbret

Et la Slovène semble être à son meilleur niveau cette semaine. Elle réussira à venir à bout de quatre des cinq blocs proposés, décrochant la première place de son groupe.

Janja Garnbret, bien déterminée à décrocher son premier titre de Championne d’Europe © Vladek Zumr

Juste derrière elle, on retrouve Oriane Bertone. Elle décroche la deuxième place de son groupe, en étant la seule compétitrice avec Janja Garnbret à topper quatre blocs. En éternelle perfectionniste, notre jeune Française n’est pourtant pas entièrement satisfaite de sa performance d’hier :

Mes prestations dans les derniers blocs n’étaient pas très bonnes… Et puis, j’ai essayé le deuxième bloc trois ou quatre fois, mais je n’ai pas réussi à le faire. Malgré cela, j’ai pris du plaisir, donc je suppose qu’il n’y a pas tant de mauvaises choses à retenir que ça.”

Oriane Bertone

Oriane Bertone, 2ème de son groupe, se sent encore capable de mieux faire © IFSC

Avec Janja Garnbret et Oriane Bertone en première et deuxième places dans le groupe A, le groupe B a été mené par la Belge Chloé Caulier qui a enchaîné trois blocs sur cinq.

Deux autres Françaises ont réussi à faire partie du top 20 des qualifications, décrochant ainsi leur place en demi-finale : Fanny Gibert a terminé 7ème du classement général avec 3 blocs et 4 zones, devançant Flavy Cohaut, qui prend la 17ème place avec 1 bloc et 4 zones. Petite déception pour la quatrième tricolore engagée sur cette compétition : Agathe Calliet manque sa qualification de peu, terminant 23ème.

Enfin, notons également l’abandon de l’une des grandes favoris de ce Championnat d’Europe, Laura Rogora. Pourtant qualifiée en demi-finale, l’Italienne, blessée au doigt, à préféré mettre un terme à cette compétition.

Le top 20 des qualifications (qualifié en demi-finale)

+ Les résultats complets

Difficulté : Alex Megos et Adam Ondra en première place

Deux des meilleurs falaisistes du monde se sont livré un duel acharné dans les voies de qualification, sans réussir à se départager.

Sous le regard de milliers de spectateurs, l’Allemand Alex Megos et le Tchèque Adam Ondra ont ravi le public hier. Il faut dire que plus de 7000 personnes étaient présentes hier sur la Königsplatz de Munich, pour assister à la deuxième journée de qualification et encourager les grimpeurs. Une ambiance qui a permis aux deux grimpeurs de se hisser en tête du classement :

Contrairement aux qualifications en bloc, qui sont toujours très stressantes, j’arrive généralement à apprécier les qualifications en diff, et cette fois n’était pas une exception. Le mur est incroyable, les voies vraiment cool et c’est probablement la meilleure ambiance que je n’ai jamais vue pour un tour de qualification 😁”

Adam Ondra

Les grimpeurs sont unanimes : jamais encore il n’y avait eu une telle ambiance pour un tour de qualification © IFSC

Si la première voie de qualification, qui impliquait force et résistance, ne sera enchaînée par aucun compétiteur, le deuxième tracé, beaucoup plus joueur, avec des pas de bloc et des mouvements dynamiques, sera réalisé par six grimpeurs, dont Adam Ondra et Alex Megos.

Mejdi Schalck atteindra lui aussi le top de la deuxième voie, au terme d’un jeté final majestueux. Il réalisera la meilleure performance tricolore, en terminant 9ème. Derrière lui, on retrouve Paul Jenft, qui prend la 15ème place, devant Sam Avezou, 20ème, qui se qualifie aussi pour les demi-finales. Seul Micka Mawem ne passe pas ce tour avec succès, terminant 32ème.

Le top 26 des qualifications (qualifié en demi-finale)

+ Les résultats complets


La suite du programme

Samedi 13 août
09:00 : Difficulté – demi-finales femmes
12:00 : Bloc – demi-finales hommes
16:00 : Difficulté – finale femmes
17:30 : Bloc – finale hommes

Dimanche 14 août
09:00 : Bloc – demi-finales femmes
12:00 : Difficulté – demi-finales hommes
16:00 : Bloc – finale femmes
18:45 : Difficulté – finale hommes

Lundi 15 août
13:30 : Vitesse – qualification femmes
14:15 : Vitesse – qualification hommes
15:30 : Vitesse – finale femmes
15:45 : Vitesse – finale hommes

Mercredi 17 août
15:00 : Épreuve combinée femmes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée femmes – Difficulté

Jeudi 18 août
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté

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France Télévision diffusera les Championnats d’Europe de Munich 2022 à la TV

11 Août

À deux ans des Jeux Olympiques de Paris 2024, diffuseur officiel France Télévisions a une nouvelle fois l’occasion de proposer sur ses antennes la diffusion en direct des Championnats d’Europe, parmi lesquels figure l’escalade.

Il flotte comme une odeur de Jeux Olympiques en ce mois d’août ! Assistez aux Championnats d’Europe de Munich 2022 en direct depuis votre télévision.

Les Championnats d’Europe, qui regroupent neuf sports dont l’escalade, seront à suivre en direct et en intégralité sur France Télévisions. Au total, plus de 100 heures de direct seront assurées entre les antennes de France 2, France 3, France 4. Il sera possible de suivre en intégralité toutes les compétitions sur le site france.tv ou sur l’application France tv sport.

Des équipes dédiées pour chaque sport seront tous les jours en direct depuis Munich pour commenter l’intégralité des compétitions. Pour les épreuves d’escalade, nous retrouverons au micro Christian Choupin, commentateur pour France Télévision ainsi que la grimpeuse Charlotte Durif, ex membre de l’équipe de France.

Où et quand suivre les épreuves d’escalade à la TV ?

Jeudi 11 août : sur France 4

10:00 : Difficulté – qualification femmes
11:00 : Bloc – qualification hommes

Vendredi 12 août : sur France 4
10:00 : Difficulté – qualification hommes
11:00 : Bloc – qualification femmes

Samedi 13 août : 9h-13h sur France 4, 13h-14h sur France 3, 14h-18h30 sur France 2
09:00 : Difficulté – demi-finales femmes
12:00 : Bloc – demi-finales hommes
16:00 : Difficulté – finale femmes
17:30 : Bloc – finale hommes

Dimanche 14 août : 9h-11h20 sur France 3, 11h22-12h05 sur France 4, 12h05-18h30 sur France 2
09:00 : Bloc – demi-finales femmes
12:00 : Difficulté – demi-finales hommes
16:00 : Bloc – finale femmes
18:45 : Difficulté – finale hommes

Lundi 15 août : sur France 2
12:30 : Vitesse – qualification femmes
13:45 : Vitesse – qualification hommes
15:30 : Vitesse – finale femmes
15:45 : Vitesse – finale hommes

Mercredi 17 août : sur France 2
15:00 : Épreuve combinée femmes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée femmes – Difficulté

Jeudi 18 août : sur France 2
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté


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Championnats d’Europe de Munich 2022 : Présentation !

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Championnats d’Europe de Munich 2022 : Présentation !

10 Août

Du 11 au 21 août 2022, la ville de Munich, en Allemagne, accueillera les Championnats d’Europe, qui réuniront neuf sports en un seul événement multisports. Les meilleurs grimpeurs européens se disputeront la plus haute distinction du continent : le titre de champion d’Europe.

Un événement multisports d’envergure

C’est la deuxième fois dans l’Histoire du sport que des Championnats d’Europe multisports sont organisés. Après une grande première qui avait eu lieu en 2018 en Écosse et à Berlin et qui n’avait pas trouvé suite à cause de la pandémie, la deuxième édition se tiendra à Munich, du jeudi 11 au dimanche 21 août.

Si le golf a disparu du programme, l’escalade, désormais présente aux J.O, a intégré l’événement, tout comme le tennis de table, le canoë-kayak et le beach-volley, qui ont été intégrés. Cette compétition continentale regroupe donc les Championnats d’Europe d’athlétisme, d’aviron, de beach-volley, de BMX freestyle, de canoë-kayak, de cyclisme sur piste, de cyclisme sur route, de VTT, d’escalade, de gymnastique artistique, de tennis de table et de triathlon.

Au total, plus de 4 400 athlètes seront réunis, venant de 50 nations. 158 médailles seront attribuées dans 16 disciplines, durant les 11 jours de compétition.

Une grande première pour l’escalade

Si les trois disciplines de l’escalade, à savoir le bloc, la difficulté et la vitesse, seront à l’honneur, c’est surtout le combiné bloc/difficulté, qui sera à l’honneur. En effet, au programme des Jeux Olympiques de Paris 2024, ce format sera testé pour la première fois sur une compétition internationale.

Au total, 200 grimpeurs de 26 pays et territoires différents participeront aux épreuves d’escalade, qui débuteront dès jeudi.

Tous les grands favoris au rendez-vous !

Cette compétition est incontestablement LE gros événement de la saison 2022 pour les grimpeurs européens. Ainsi, tous les grands favoris seront présents, à l’image des premiers champions olympiques de l’Histoire de l’escalade, Alberto Gines Lopez et Janja Garnbret. Cette dernière est inarrêtable depuis le début de la saison 2022. Elle présente un bilan parfait avec quatre victoires sur quatre sur le circuit mondial en difficulté, ayant remporté l’or à Innsbruck, Villars, Chamonix et Briançon. Bien que la Slovène ait manqué la majeure partie de la saison de bloc pour se concentrer sur la difficulté (elle a toutefois remporté la seule Coupe du Monde de bloc à laquelle elle a participé), elle est la grande favorite pour une victoire en bloc, en difficulté et au combiné.

Lors de la dernière Coupe du Monde à Briançon, deux Allemands se sont battus pour la médaille. Alexander Megos est monté sur la dernière marche du podium en prenant le bronze, juste devant son coéquipier Yannick Flohé. Devant leur public, ils espèrent une nouvelle performance et une nouvelle médaille. Mais la concurrence sera rude avec Adam Ondra qui revient en force après une pause post-olympique. Le Tchèque avait remporté l’or lors de la Coupe du Monde de Chamonix, avant d’attraper le Covid-19. Sans oublier Stefano Ghisolfi ou encore Jakob Schubert, qui s’entraînent dur depuis le début de la saison pour performer à Munich.

En vitesse, il sera difficile d’ignorer la Pologne, qui compte dans ses rangs la Championne du Monde en titre Natalia Kalucka, la détentrice du record du monde Aleksandra Miroslaw et Aleksandra Kalucka, qui a signé son record personnel et remporté la médaille d’argent à Chamonix. Chez les hommes, les compétitions de vitesse ont été dominées par les nations asiatiques ces derniers temps. Ce sera donc l’occasion pour les athlètes européens de prendre la vedette, ce qui promet une compétition très ouverte.

L’équipe de France

Seize athlètes français porteront le maillot bleu à Munich et cinq d’entre eux s’aligneront au départ du combiné olympique : Oriane Bertone, Mejdi Schalck, Paul Jenft, Sam Avezou et Mickaël Mawem.

Bloc

Femmes Hommes
Oriane Bertone Mejdi Schalck
Fanny Gibert Paul Jenft
Flavy Cohaut Sam Avezou
Agathe Calliet Manu Cornu
Micka Mawem

Difficulté

Femmes Hommes
Oriane Bertone Mejdi Schalck
Manon Hily Paul Jenft
Hélène Janicot Sam Avezou
Micka Mawem

Vitesse

Femmes Hommes
Capucine Viglione Bassa Mawem
Aurélia Sarisson Guillaume Moro
Pierre Rebreyend

Programme

Jeudi 11 août

10:00 : Difficulté – qualification femmes
11:00 : Bloc – qualification hommes

Vendredi 12 août
10:00 : Difficulté – qualification hommes
11:00 : Bloc – qualification femmes

Samedi 13 août
09:00 : Difficulté – demi-finales femmes
12:00 : Bloc – demi-finales hommes
16:00 : Difficulté – finale femmes
17:30 : Bloc – finale hommes

Dimanche 14 août
09:00 : Bloc – demi-finales femmes
12:00 : Difficulté – demi-finales hommes
16:00 : Bloc – finale femmes
18:45 : Difficulté – finale hommes

Lundi 15 août
12:30 : Vitesse – qualification femmes
13:45 : Vitesse – qualification hommes
15:30 : Vitesse – finale femmes
15:45 : Vitesse – finale hommes

Mercredi 17 août
15:00 : Épreuve combinée femmes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée femmes – Difficulté

Jeudi 18 août
15:00 : Épreuve combinée hommes – Bloc
17:00 : Épreuve combinée hommes – Difficulté

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Seb Bouin vient à bout de “Change” 9b+ !

08 Août

Seb Bouin a réussi à réaliser la deuxième répétition de “Change”, premier 9b+ de la planète, quelques heures seulement avant la fin de son trip norvégien !

Voilà un séjour qui se clôture en beauté pour Seb Bouin ! Après avoir enchaîné les deux longueurs individuellement il y a quelques jours, le falaisiste français à réaliser l’intégral, clippant ainsi le relais de “Change”, connu pour être le premier 9b+ du monde.

“Après avoir enchaîné la longueur 1 et la longueur 2 individuellement, mon objectif était clair : tenter d’enchaîner la voie d’une traite”, nous avoue Seb Bouin.

Le défi était de taille. Car il ne lui restait plus que quatre jours sur place et la fatigue commençait à se faire ressentir, après un mois passé dans la grotte. Mais galvanisé par le challenge, Seb décidait alors de tout mettre en oeuvre pour tenter de répéter le premier 9b+ du globe.

Pour complexifier la tâche, les conditions n’allaient pas être en sa faveur. “Le premier jour, les conditions étaient terribles. C’était humide et mouillé. Beaucoup de prises clés étaient trempées. J’ai décidé de ne pas grimper et d’attendre le jour suivant.” raconte Seb.

Le lendemain, les prises du crux avaient séché, mais l’humidité se faisait toujours ressentir dans la grotte. Malgré tout, Seb décidait d’essayer la voie, sachant qu’il devait quitter la Norvège deux jours plus tard. “J’ai passé la première longueur et je me suis reposé un peu avant d’attaquer la deuxième longueur. Puis j’ai passé le premier crux de la traversée, mais je suis tombé juste après, dans le deuxième crux. Les prises étaient vraiment humides et presque mouillées.” décrit-il.

Le troisième et avant-dernier jour était censé être un jour de repos. La fatigue physique et mentale de son essai de la veille se faisait ressentir, et Seb avoue ne pas avoir dormi pendant la nuit, probablement excité par son projet. Il décidait toutefois de se rendre à la grotte, afin d’assurer sa copine dans son projet. “Je n’avais pas l’intention de grimper, je voulais attendre de me sentir vraiment prêt.” 

Mais la journée allait prendre une tout autre tournure, lorsqu’arrivé au pied de la falaise, Seb allait se rendre compte que les conditions étaient particulièrement exceptionnelles ! “Dans ma tête, j’étais tiraillé ! Devais-je tenter l’aventure et profiter des bonnes conditions ? Ou devais-je attendre de me sentir complètement rétabli et prêt physiquement ?” se questionnait-il. Finalement, Seb choisissait de tenter le tout pour le tout. Une décision qui s’avérera payante ! “Je me sentais flotter sur les prises, c’était tellement différent de la veille !”. Durant l’ascension, il ne commettra aucune erreur. Son mental de guerrier le conduira jusqu’au sommet, où il parviendra à clipper le relais.

“Habituellement, je ne suis pas du genre “dernier jour, dernier essai”, mais cette fois c’est arrivé 🙂 .” débriefe-t-il le sourire aux lèvres.

Seb précise qu’il a enchaîné la voie avec des genouillères, telle que l’avait fait l’Italien Stefano Ghisolfi, premier répétiteur de la voie. Équipée par Adam Ondra, il l’avait lui-même libérée le 4 octobre 2012, proposant le premier 9b+ de la planète. Il avait fallu attendre huit ans avant qu’elle ne soit enchaînée de nouveau, par Stefano Ghisolfi le 29 septembre 2020.


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Rumeur : Shawn Raboutou a-t-il enchaîné deux 9A bloc sans le dire à personne ?!

07 Août

Les rumeurs vont bon train ! Shawn Raboutou, qui a récemment enchaîné un nouveau 8C+, aurait également libéré deux 9A bloc coup sur coup il y a quelques mois, sans communiquer sur cette performance.


Enchaîner deux 9A blocs dans le plus grand des secrets

Retour le 18 mai 2022. Une publication attire notre attention dans le fil d’actualité d’Instagram : Shawn Raboutou vient de communiquer sur l’une de ses performances. Un fait tellement rare, qu’il est à prendre au sérieux. En effet, l’Américain est loin d’être le grimpeur le plus connecté de la planète. Très discret, il ne s’étend jamais sur ses exploits, pourtant dantesques. Preuve en est avec son post du jour :

“L’été dernier, j’ai enchaîné un vieux projet de Dave Graham à Fionnay, en Suisse. Ce mec grimpe comme s’il venait de 2030… Tellement en avance sur son temps. Merci DG de toujours nous inspirer ! “.

En à peine quatre lignes, il venait d’annoncer la première ascension de l’un des blocs les plus durs d’Europe. En toute simplicité. Et surtout, des mois après son enchaînement ! En effet, au moment où Shawn communique sur cette performance, nous sommes le 18 mai 2022, soit une dizaine de mois après son exploit. Durant tout ce temps, cette performance est restée dans le plus grand des secrets.

À partir de ce moment, une rumeur allait se répandre rapidement : Shawn aurait également enchaîné deux 9A bloc, sans les avoir annoncés. Un premier commentaire nous met la puce à l’oreille. Celui de sa petite soeur, Brooke Raboutou. Alors que de nombreux grimpeurs félicitent Shawn pour sa performance, la grimpeuse olympienne, qui brille sur le circuit international cette saison, écrivait : “Si seulement ils savaient”. Robyn Erbesfield, mère de Brooke et de Shawn, et quatre fois vainqueur du classement général des Coupes du Monde entre 1992 et 1995, surenchérissait en répondant à sa fille : “Si seulement !!!”.

Un deuxième commentaire sèmera le doute, celui de Felipe Camargo. Le fort grimpeur Brésilien déclarait : “Mec, tu aurais dû poster ça il y a des mois… il y en a deux autres que tu dois poster… dépêche-toi ! 😂😂😂”

D’autres grimpeurs indiquaient encore que ces deux ascensions toujours secrètes seraient d’un niveau encore plus élevé que 8C+.

Une rumeur… Confirmée ?

Depuis, cette rumeur semble bel et bien confirmée. De nombreux grimpeurs et médias ont révélé que Shawn avait réellement enchaîné deux des plus gros projets du monde, sans en parler. Voici ce que l’on sait.

“Megatron Project” 9A

Shawn Raboutou aurait libéré le fameux “Megatron Project”, que Daniel Woods essaye depuis deux ans. Situé dans l’Eldorado Canyon, ce bloc est une extension de “Tron”, un 8B+ sur une proue déversante, ouvert en 2017 par Daniel Woods. « Megatron » consiste à débuter sept mouvements plus bas, qui valent 8C à eux seuls, avant de rejoindre les dix mouvements de « Tron » 8B+, sans possibilité de repos entre les deux sections.

“Alpha Moon Project” 9A

Situé en Suisse, l'”Alpha Moon Project” est un projet découvert par Dave Graham il y a près de vingt ans. En novembre dernier, il avait travaillé le bloc aux côtés de Shawn Raboutou et William Bosi. Ensemble, le trio avait réussi à comprendre et déchiffrer tous les mouvements de ce bloc énigmatique. Il consiste à empiler deux mouvements en 8B+ dans un long 8C+, sans aucun repos entre chaque mouvement.

Interrogé sur l’ascension supposée de Shawn Raboutou dans ce bloc, Dave Graham a simplement déclaré : “Sans commentaire !”.

Des images de Shawn Raboutou et Dave Graham quand ils travaillaient “Alpha Moon Project” en novembre :

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Dave Graham (@dave_graham_)

Shawn Raboutou, 24 ans et déjà l’un des plus grands !

Depuis quelques années, l’Américain Shawn Raboutou, 24 ans seulement, s’impose comme l’un des jeunes talents les plus brillants de la planète. En quelques années, il a répété les lignes les plus difficiles du monde, tout en y ajoutant quelques-unes de ses oeuvres.

En 2018, il libérait ainsi “Off The Wagon Sit”, connu pour être le premier 8C+ de Suisse. Il a également signé la première ascension de “Big Z” 8C+, “Fuck the System” 8C+, “Road Kill” 8C et “Fallen Angel” 8C. En plus de ces premières ascensions, il a également répété les blocs les plus durs de la planète, comme “Livin’ Large” 8C+, “The Creature from the Black Lagoon” 8C+, “Finnish Line” 8C, ou encore “Khoikhoi” 8C.

En bref, Raboutou fait partie des meilleurs de la discipline. Mais à la différence de la plupart des grimpeurs professionnels, pour qui la publication de leurs exploits fait partie intégrante de leur métier, Raboutou est beaucoup plus discret lorsqu’il s’agit de communiquer sur ses performances.

Une communication à contre-courant

L’avènement des réseaux sociaux a permis aux grimpeurs de disposer d’un canal de communication inédit afin de mettre en lumière leur activité. Tous les grimpeurs professionnels communiquent quasiment en direct sur leurs performances, que ce soit en compétition ou en falaise. Alors que l’escalade est un sport en plein essor et que de plus en plus de marques s’intéressent à cette pratique, communiquer sur ses réalisations est devenue une vraie part du métier de grimpeur pro. Pour un sponsor, la valeur d’un athlète est directement liée à sa visibilité sur les réseaux sociaux (en plus de sa volonté et sa motivation à participer à des stages, à apparaître dans des films, à parler aux médias, afin de promouvoir la notoriété de la marque).

Mais Shawn Raboutou va à l’encontre de cela. Au contraire, il est peu actif sur les réseaux sociaux, qu’il semble prendre avec beaucoup de légèreté. Il n’est pas rare de le voir poster des photos de ses vacances ou de ses soirées entre amis, plutôt que de parler de ses accomplissements sur le rocher, aussi fous soient-ils. Durant ces deux dernières années, il n’a par exemple publié que 18 posts sur Instagram, là où Adam Ondra en a posté 333 sur la même période.

Le 18 mai 2022, il avait communiqué sur son ascension de “Fuck The System”, enchaîné quasiment un an plus tôt. Plus récemment, on apprenait son enchaînement de “The Story of 3 Worlds” des mois après la date de son ascension, sans même que Shawn en parle sur ses propres réseaux sociaux.

En plus d’être l’une des plus grosses révélations ces dernières années, Shawn Raboutou est également membre de l’une des familles les plus “royales” de l’escalade, étant le fils de Robyn Erbesfield et Didier Raboutou et le frère de Brooke Raboutou. Ces deux faits le placent dans une position privilégiée, qui lui permet de ne pas avoir à exposer constamment ses performances sur les réseaux, tout en conservant ses sponsors.

Et puis finalement, être un grimpeur professionnel, c’est avant tout être un leader et un modèle, ce que Raboutou incarne pleinement.

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Rendez-vous dans deux ans pour les J.O de Paris 2024 !

04 Août

C’est officiel : les épreuves d’escalade des Jeux Olympiques de Paris 2024 se dérouleront du 5 au 10 août.

Le décompte est lancé. Dans deux ans jour pour jour, les épreuves d’escalade des J.O de Paris 2024 seront lancés.

Si des sports débuteront dès le 24 juillet 2024, (le handball, le rugby et le football ouvriront le bal), l’escalade fera son entrée douze jours plus tard, le lundi 5 août 2024, durant six jours consécutifs !

C’est le site du Bourget, à Paris, qui accueillera les épreuves et les 68 grimpeurs olympiens (28 athlètes pour la vitesse et 40 pour le combiné bloc/difficulté). Il faut savoir que le centre d’escalade du Bourget est le seul équipement sportif construit spécifiquement pour Paris 2024, avec le Centre Aquatique Olympique de Saint-Denis. Il sera doté de six murs d’escalade, spécialement construits pour les Jeux : trois murs dédiés à l’entraînement et l’échauffement (2 indoor et 1 outdoor) et trois murs dédiés à la compétition, situés en extérieur.

6000 spectateurs pourront assister aux 4 épreuves prévues : le combiné masculin bloc/diff, le combiné féminin bloc/diff, ainsi que les épreuves de vitesse hommes et femmes.

Voici le programme complet

Lundi 5 août 2024
10h00 – 14h00
Qualifications bloc hommes et qualifications vitesse femmes
Mardi 6 août 2024
10h00 – 14h00
Qualifications bloc femmes et qualifications vitesse hommes
Mercredi 7 août 2024
10h00 – 13h15
Qualifications difficulté hommes et finales vitesse femmes
Jeudi 8 août 2024
10h00 – 13h15
Qualifications difficulté femmes et finales vitesse hommes
Vendredi 9 août 2024
10h15 – 13h20
Finales bloc/diff hommes
Samedi 19 août 2024
10h15 – 13h20
Finales bloc/diff femmes

 

Comment se procurer des places pour les Jeux Olympiques ? Un système inédit !

Dix millions de billets seront commercialisés pour les Jeux Olympiques. Mais alors comment se procurer ces places pour assister aux épreuves olympiques ? Le comité d’organisation de Paris 2024 va lancer un système inédit.

Il faudra se rendre dès décembre 2022 sur une plateforme en ligne pour s’inscrire à un tirage au sort et potentiellement se voir attribuer un créneau d’achat. Ainsi, à partir de février 2023, les plus chanceux pourront choisir leurs billets selon l’ordre établi par le tirage au sort.

Si je suis la première personne tirée au sort, j’ai accès pendant plusieurs heures à tous les billets. Si j’ai le deuxième créneau d’achat, j’ai accès à tout, moins ce qu’a acheté le premier. C’est intéressant parce que ça permet de désengorger le système en amont. Ça permet d’avoir la certitude de ce que l’on achète réellement. Les places seront centralisées mondialement sur la plateforme.”

Michaël Aloïsio, directeur général adjoint du comité d’organisation des Jeux olympiques (COJO) de Paris 2024.

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Seb Bouin frappe encore à Flatanger !

03 Août

Toujours à Flatanger, Seb Bouin continue de frapper fort ! Après avoir libéré la première longueur de “Change”, il a maintenant réussi la deuxième longueur, qu’il décrit comme un “dur 9a”.

Seb Bouin est décidément en grande forme ! Arrivé à Flatanger il y a trois semaines, les croix s’enchaînent pour notre Français. Afin de parfaire sa condition physique pour son énorme projet en 9c, Seb travaille d’autres voies du même style dans la grotte.

Il a dans sa ligne de mire “Change”, le premier 9b+ du monde. Si cette voie lui a toujours fait peur après avoir vu les images d’Adam Ondra se démembrant les épaules dans le crux, Seb prenait son courage à deux mains le 19 juillet et parvenait à enchaîner la première partie et vaincre ce crux tant redouté.

Car l’iconique 9b+ peut être décomposé en deux parties : une première qui vaut 9a+/b, suivie d’une deuxième, qui vaut 9a. Lors de son ascension de la première longueur, Seb avait tenté la deuxième, en vain.

Hier, il a réussi à enchaîner cette deuxième longueur de “Change”, qui d’après lui, vaut un “dur 9a”.

Je pensais que cette ligne était plutôt physique et conti. Mais en fait, elle fait plutôt appel à de la rési courte. Les pas les plus durs arrivent dès le début. Il y a une première traversée à gauche assez dure, suivie d’un sérieux mouvement d’épaule sur arquée. Ensuite, il y a un troisième crux assez dur qui permet de continuer sur une section qui vaut 8b+ jusqu’au sommet.”

Seb Bouin

Maintenant, son objectif est de mettre des essais depuis le bas de la voie, pour tenter de l’enchaîner dans son intégralité. Jusque-là, seuls Adam Ondra (en 2012) et Stefano Ghisolfi (en 2020) ont réussi à le faire.

Avant de tenter d’enchaîner “Change” en entier, mon but était de bien maîtriser la deuxième longueur. Je l’ai fait, mais je n’étais pas assez facile à mon goût. Dans le crux, j’me disais “et si je venais du sol…?”. Je serais probablement tombé.

Je vais essayer de pratiquer le plus possible cette longueur pendant mes échauffements. Puis, je vais mettre des essais depuis le sol.”

Seb Bouin

Mais le temps passe vite ! Il ne lui reste plus que quelques jours sur place, et Seb avoue ressentir la fatigue physique peser sur ses épaules. Aura-t-il les ressources pour enchaîner le premier 9b+ du monde avant son départ ?


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Shawn Raboutou propose une extension encore plus dure au premier 8C bloc du monde !

03 Août

Shawn Raboutou a eu l’audace de réaliser la première ascension de “The Story of 3 Worlds”, qui n’est autre qu’une extension du premier 8C bloc du monde, “The Story of Two Worlds”.

Il fallait oser le faire. Réaliser une extension encore plus dure à l’un des 8C blocs les plus emblématiques du monde. C’est ce qu’a réalisé l’hiver dernier l’Américain Shawn Raboutou, connu pour être l’un des bloqueurs les plus discrets et forts du moment.

“The Story of 3 Worlds”, marqué par un mouvement spectaculaire

En 2005, Dave Graham ouvrait “The Story of Two Worlds” qui n’était autre qu’une extension de “The Dagger” 8B. Il proposait alors la cotation de 8C, ce qui en fera le premier au monde. Shawn Raboutou a eu l’idée de créer un nouveau départ encore plus dur à ce bloc, qui débute à gauche, et qui ajoute un mouvement aussi extrême que spectaculaire : un jeté à une main sur une inversée, au beau milieu du toit. En réussissant ce passage, il a ainsi établi “The Story of 3 Worlds” et proposé la cotation de 8C+.

Pour la petite anecdote, l’Américain a enchaîné ce passage deux fois consécutivement, après avoir accidentellement effleuré l’arbre à la sortie du bloc, lors de son premier essai victorieux.

En 2013, Carlo Traversi avait réalisé “The Story of Two Worlds” et pensé à un potentiel départ à gauche, comme l’a fait son compatriote Shawn Raboutou. Mais cette extension lui avait paru impossible à l’époque : “J’ai toujours regardé le départ à gauche en essayant d’imaginer comment connecter l’ensemble, mais ça m’a toujours semblé improbable de faire fonctionner tous les mouvements entre eux. La découverte de nombreux coincements de genoux a rendu cette liaison faisable.”

Des coincements de genoux techniques permettent de pouvoir enchaîner tous les mouvements.

“The Story of 3 Worlds” nécessite un savant mélange de puissance et de technique, deux aspects qui sont devenus la marque de fabrique de Shawn Raboutou. Ce nouveau passage commence sur le côté gauche de la grotte et passe par de fines inversées et des pieds quasi-inexistants, qui amènent sur un coincement de genoux. Là, après un bref moment de détente la tête à l’envers, il faut enchaîner plusieurs mouvements durs qui culminent avec un jeté sur une inversée, qui n’est autre que la prise de départ de “The Dagger”, qu’il faut ensuite enchaîner pour se rétablir au sommet du bloc.

Shawn Raboutou, le grimpeur fort le plus discret de la planète

La nouvelle concernant l’ascension de “The Story of 3 Worlds” est tombée des mois après l’enchaînement de Shawn Raboutou. Ne pas annoncer ses performances est une pratique courante pour l’Américain. Il est connu pour rester discret sur ses performances, aussi avant-gardistes soient-elles, pour ensuite les annoncer avec beaucoup d’indifférence des mois plus tard.

Il l’avait déjà fait plus tôt cette saison, en réalisant la première ascension de “Fuck the System”, un ancien projet de Dave Graham à Fioney, en Suisse, qu’il avait annoncé en mai cette année, soit dix mois après son enchaînement !

Et certaines rumeurs affirment que Raboutou aurait aussi enchaîné deux 9A bloc, sans avoir encore officiellement communiqué dessus. C’est d’ailleurs le sujet d’un article qui paraîtra prochainement sur Planetgrimpe.

La vidéo de Shawn Raboutou dans “The Story of 3 Worlds” :

L’histoire complète de “The Story of Two Worlds”

“The Story of Two Worlds” est une ligne qui mérite quelques explications.

Situé à Cresciano, en Suisse, ce bloc est un passage de 21 mouvements, coté 8C. Il faut noter que cette ligne est en fait une extension de “The Dagger” 8B, qui ajoute sept mouvements en 8A+/B à la ligne originale. Il s’agit du premier 8C confirmé, après que le célèbre “Dreamtime” de Fred Nicole (qui se situe de l’autre côté du même bloc rocheux) ait été décoté à 8B+ dans les années qui ont suivi sa première ascension.

“The Story of Two Worlds” a été ouvert par Dave Graham en janvier 2005, et ce dernier l’a décrit comme la “nouvelle norme pour le 8C” après la décotation de “Dreamtime”. Ce bloc est depuis devenu l’un des 8C les plus répétés au monde (Plus de 15 répétitions connues à ce jour avec de nombreux grimpeurs qui s’y frottent chaque année).

Pour la petite histoire, “The Story of two world” a connu quelques petites anecdotes intéressantes. Par exemple, la première répétition de ce bloc mythique a eu lieu cinq ans après la première ascension de Dave Graham, par Dai Koyamada en mai 2010. Mais cet enchaînement du Japonais a rapidement fait polémique, puisqu’il aurait commencé le bloc en utilisant d’autres prises de départ. Face à cette polémique grandissante, Koyamada a décidé de retourner dans le bloc, avec l’obsession de l’enchaîner une nouvelle fois. Et pour clarifier les choses une bonne fois pour toutes, il a choisi cette fois d’effectuer une ascension depuis une position de départ encore plus basse que celle de Graham, en commençant les deux mains sur une inversée, et les deux pieds en contrepointe. Ce nouveau départ proposé par le Japonais rajoutait un mouvement très complexe à ce qui était déjà l’un des blocs les plus difficiles au monde. Il travaillera cet unique mouvement pendant deux ans, avant de finalement faire la croix le 22 mars 2012, proposant la cotation de 8C+ pour ce nouveau départ.

Dai Koyamada dans “The Story Of Two Worlds” © Ikuko Serata

L’une des répétitions les plus impressionnantes de ce bloc est sans doute celle d’Alex Megos. Il n’a fallu à l’Allemand que quatre jours de travail avant d’en venir à bout, alors que les conditions n’étaient pas à son avantage.

Aujourd’hui encore, ce bloc reste l’un des plus emblématiques du monde et la référence sur laquelle les autres blocs en 8C sont basés.


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Alex Megos libère un projet extrême de Chris Sharma à Céüse !

01 Août

En grande forme, Alex Megos vient de signer la première ascension d’un gros projet ouvert par Chris Sharma à Céüse. Malgré les assauts répétés de plusieurs forts grimpeurs comme Seb Bouin, Charles Albert ou Lucien Martinez, cette voie n’avait encore jamais été enchaînée.

Il y a deux ans, Seb Bouin, l’un des meilleurs falaisistes de la planète, avait déclaré que la ligne était bien trop dure par rapport à son niveau du moment. Charles Albert, bloqueur extraordinaire, avait quant à lui avoué que les mouvements étaient bien plus difficiles que ce qu’il imaginait.

C’est peut-être pour cela que cette voie équipée par Chris Sharma il y a plus d’une décennie n’avait encore jamais été enchaînée. Connu pour être le projet le plus extrême du secteur Face de Rat à Céüse, le relais de “Ratstaman Vibration” a enfin été clippé, après un combat acharné d’Alex Megos.

C’est certainement l’une des meilleures voies que j’ai faites ou essayées dans la catégorie des 9b.”

Alex Megos

L’Allemand découvre cette ligne d’anthologie en 2014. C’était la première fois qu’il mettait les pieds à Céüse, qu’il considère aujourd’hui comme “l’une des plus belles falaises du monde”. Attiré par sa difficulté et son côté sauvage, Alex décide de jeter un oeil à cette ligne d’envergure, sans toutefois l’essayer réellement. Il faudra attendre sept ans plus tard pour qu’il décide de s’y investir sérieusement. Ainsi, en 2021, un an après avoir libéré “Bibliographie” 9b+, Alex parvient à réaliser la voie en trois parties. Toutefois, il ne réussira pas à l’enchaîner avant la fin de son voyage.

De retour en France cette année pour la Coupe du Monde de Chamonix, Alex se rend aussitôt à Céüse une fois la compétition terminée. Après cinq jours passés à travailler la voie, il passe à un cheveu de l’enchaînement, sans réussir à en venir à bout. Il était alors temps pour lui de se rendre à Briançon, pour la deuxième Coupe du Monde sur le sol français, où il décrochera la médaille de bronze.

Après une semaine d’entraînement passée dans les Alpes, la forme était au rendez-vous. Megos décide alors de retourner à Céüse, pour un nouveau combat dans “Ratstaman Vibration”. Dès son premier jour dans la voie, l’Allemand se sent plus fort que jamais. Cette fois, il ne faudra pas attendre longtemps pour que l’ascension ait lieu. Le lendemain, il empilera tous les mouvements de la voie, et atteindra le relais, libérant ainsi cette ligne extrême.

“Ratstaman” fait partie de ces voies mythiques pour moi. Créée par Chris Sharma il y a bien longtemps sur l’une des plus belles falaises du monde, elle a été essayée par quelques forts grimpeurs, mais n’avait encore jamais été faite depuis de toutes ces années.”

Alex Megos

Lui qui compte maintenant plus de 110 voies dans le neuvième degré, ne s’est pas encore exprimé sur la cotation exacte de la voie. Toutefois, la canicule qui frappe actuellement le pays met encore plus en valeur sa performance. Ceux qui connaissent Alex savent qu’il ne se plaindra jamais des mauvaises conditions. Mais il faut dire que la chaleur était inhabituelle à Céüse ces derniers jours.

Pour vous rendre compte de la difficulté de “Ratstaman Vibration”, voici une vidéo de Charles Albert et Seb Bouin dans la voie :

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Jakob Schubert, impérial sur le RockMaster d’Arco !

31 Juil

La 35ème édition des RockMasters s’est achevée dans une ambiance survoltée à Arco. Pour rappel, il s’agit de la plus vieille compétition d’escalade, toujours en activité. Chaque année, les meilleurs grimpeurs de la planète se réunissent pour s’affronter dans deux épreuves au format unique au monde.

La première épreuve, nommée le KO Boulder, consiste en un circuit de quatre blocs, où les moins bons grimpeurs sont éliminés au fil des passages. La seconde épreuve est l’une des plus mythiques au monde : deux voies identiques sont tracées sur le mur de difficulté d’Arco et le premier arrivé au sommet l’emporte.

À ce jeu, Jakob Schubert, qui participait à sa première compétition post Covid, a été impérial. Il sera le grimpeur à monter le plus haut, le plus vite et le plus fort, remportant les deux épreuves consécutivement. Chez les femmes, sa compatriote Jessica Pilz s’est imposée dans l’épreuve des duels, tandis que c’est la Coréenne Chaehyun Seo qui a décroché l’or en bloc.

Retour en détail sur cette compétition.


Le KO Boulder

Dès le début de la journée, l’Autrichien Jakob Schubert, quadruple Champion du Monde, médaillé de bronze olympique et sept fois vainqueur du classement général de la Coupe du Monde, donnait le ton : il remportait l’épreuve du KO Boulder, une compétition de bloc unique en son genre. Au fil des blocs, les grimpeurs ayant réalisé les moins bonnes performances sont éliminés.

Ce sont les femmes qui ouvraient le bal, à 12h30. Dans le premier passage, les grimpeuses emploient toutes une méthode différente et atteignent le top. À l’issue de ce premier bloc, la Slovène Vita Lukan et la Serbe Stasa Gejo sont éliminées. C’est l’heure du deuxième bloc. L’Ukrainienne Ievgeniia Kazbekova, coachée par son père Serik (médaillé d’argent de la Coupe du Monde de bloc en 1999), tombe lors de son premier essai, tout comme l’Italienne Camilla Moroni. Le public s’enflamme quand Laura Rogora atteint le top du bloc, après un beau combat. Le troisième bloc est le plus physique et Ievgeniia Kazbekova est éliminée. En revanche Jessica Pilz, Laura Rogora et Chaehyun Seo n’en font qu’une bouchée et atteignent le sommet : ce sont les trois dernières compétitrices en lice. Le dernier bloc sera décisif ! Première tentative ratée pour Rogora et Pilz, tandis que Seo flashe le bloc avec un calme désarmant. Alors que Pilz chute de nouveau lors de son deuxième essai, Rogora atteint le sommet à son tour.

C’est donc Chaehyun Seo qui remporte le KO Boulder, devant Laura Rogora et Jessica Pilz.

Participer au Rock Master était un rêve et je me suis beaucoup amusée. Je suis si fière d’avoir enchaîné tous les blocs  ! Voyons ce qui se passera dans l’épreuve de difficulté.”

Chaehyun Seo

Chez les hommes, la compétition de bloc fut un grand spectacle, avec de nombreuses surprises : les ouvreurs avaient rendu la tâche difficile aux grimpeurs. L’Ukrainien Fedir Samoilov est le seul à flasher le premier bloc. Le Slovène Nicolai Uznik, appelé pour remplacer Adam Ondra qui se remet du Covid-19, enchaîne à son tour le passage, tout comme le Tchèque Martin Stranik. Le deuxième bloc est plus difficile : l’Italien Michael Piccolruaz et Fedir Samoilov sont éliminés. Jakob Schubert continue sa série de tops et s’envole sur le troisième tracé. Stefano Ghisolfi et Filip Schenk zippent, mais finissent par passer. Le deuxième Slovène de la compétition, Luka Potocar, est éliminé. Dans le dernier bloc, tout se jouera au nombre d’essais. Le jeune Filip Schenk atteint le sommet en deux essais, mais Jakob Schubert surenchérit en flashant le bloc, remportant ainsi la victoire.

Je suis tellement heureux, je me sentais en bonne forme et confiant. J’espère remporter mon deuxième trophée ce soir, le format des duels est un peu spécial, mais je suis prêt à prendre tous les risques pour gagner.”

Jakob Schubert

Duel

Jakob Schubert faisait référence à l’épreuve des duels, au cours de laquelle les grimpeurs s’affrontent face à face dans une voie très déversante, qui vaut 7b+ pour les femmes et 7c+ pour les hommes.

Chez les hommes, le duel final a opposé l’Autrichien Jakob Schubert à l’Italien Michael Piccolruaz, deux grimpeurs qui se connaissent bien après avoir été longtemps en colocation. Le combat s’annonçait légendaire ! Le local de l’étape rêvait de ce duel et espérait bien prendre sa revanche après s’être classé deuxième l’an dernier. Mais Jakob Schubert sera imbattable. Durant ce run de finale, il signe le temps le plus rapide de toute la compétition (1’01”), remportant la victoire.

En petite finale, l’Italien Filip Schenk s’impose face au Tchèque Martin Stranik, empochant la médaille de bronze.

La victoire est aussi autrichienne chez les femmes. Le duel final entre Vita Lukan et Jessica Pilz est spectaculaire. Durant toute l’ascension, les deux grimpeuses sont au coude-à-coude. Elles sont si proches que seule 0,4 secondes les sépare à l’arrivée, au profit de Jessica Pilz.

C’était super amusant ! Je me suis sentie lente pendant les qualifications, mais ensuite je me suis améliorée petit à petit.”

Jessica Pilz

Opposée à l’Italienne Camilla Moroni, c’est la Coréenne Chaehyun Seo qui a remporté la course à la médaille de bronze.

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