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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Science : une pilule pour réussir la traction à un bras !

01 Avr

La traction à un bras est considérée comme le Graal dans la communauté des grimpeurs. Qui n’a pas déjà salivé en voyant les meilleurs grimpeurs du monde effectuer des tractions à un bras avec une facilité déconcertante ? Pourtant, cet exercice, aussi simple qu’il puisse paraître, est très difficile à réaliser. Soulever son corps à la seule force d’un bras requiert une grande force de tous les muscles du haut du corps.

Mais imaginez avaler un comprimé “magique” et réussir une traction à un bras quelques minutes plus tard… C’est maintenant possible !

Des chercheurs basés dans le Tessin, en Suisse, ont peut-être trouvé cette solution miracle : 1APU, 1 Arm Pull-Up (traduisez par traction à un bras). Cette pilule, appartenant à la classe thérapeutique des “bicepsotropes”, a été créée spécialement pour améliorer vos capacités physiques, notamment celles de vos biceps.

D’après les scientifiques, la plupart des grimpeurs n’exploitent que 18% du potentiel de ce muscle. Et si 1APU permettait d’avoir accès aux 82% restants ? Cette pilule magique permettrait en tout cas de stimuler votre faculté à fermer le bras et à tirer plus fort sur les prises.

Alex Megos l’a testée en exclusivité, il raconte : “La prise de ces gélules a été incroyable. Certes, je ne suis pas en reste lorsqu’il s’agit de fermer le bras, mais là, ça n’avait rien à voir. J’avais l’impression d’être une plume, mon bras se fermait tout seul sur les prises. Je n’avais même pas l’impression de forcer… J’ai hâte de pouvoir tester ça sur le rocher !”.

Mais alors, comment ça marche ?

1APU permet d’augmenter vos performances physiques de manière spectaculaire. Le mélange précis d’ingrédients hautement actifs permet d’optimiser le fonctionnement de vos muscles.

Intégrer ce stimulant à votre régime alimentaire peut vous permettre d’augmenter considérablement votre niveau de grimpe. Ce supplément n’est pas réservé aux athlètes de haut niveau, il est également adapté aux grimpeurs qui désirent progresser plus rapidement.

Chaque boîte de 1APU contient 60 pilules : 15 rouges et 15 bleus. Il est recommandé d’ingérer chacune de ces pilules accompagnées d’un grand verre d’eau, une heure avant le début de votre séance. Lancez votre chrono : 60 minutes après l’ingestion de ces deux comprimées, vous serez en mesure de fermer le bras comme vous ne l’avez jamais fait !

Vous pourrez ainsi expérimenter un changement considérable de vos capacités physiques, sans effets secondaires nocifs. Il est également conseillé de suivre un régime alimentaire équilibré afin d’augmenter les effets du supplément.

Les limites de l’escalade, bientôt repoussées grâce à la science ?

Alors, ces nouvelles pilules vont-elles permettre de franchir de nouvelles limites en escalade ? Il semblerait que oui. D’après les chercheurs, 1APU a été conçu dans cette optique. “On espère que la barrière du dixième degré sera franchie grâce à cette nouvelle trouvaille”, expliquait le Dr. Biscotto, à l’origine de ce comprimé. D’après nos sources, des boîtes de ces gélules auraient été envoyées à Chris Sharma, quelques jours avant son exploit dans “Sleeping Lion”. Alors, simple coïncidence, ou véritable accélérateur de performance ?

En Finlande, William Bosi vient de réceptionner sa boîte de 60 pilules. “Burden of Dreams” va-t-il tomber rapidement sous ses assauts maintenant ? Réponse prochainement !

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Des nouvelles de William Bosi dans “Burden of Dreams” 9A

28 Mar

William Bosi est toujours en Finlande, dans la forêt de Lappnor, où il essaye d’enchaîner “Burden of Dreams”, le premier 9A bloc au monde. Si ses premières séances dans le bloc étaient diffusées en live sur Instagram, depuis quelques jours, le Britannique s’est fait plus discret. Alors, où en est-il ? 

Des premiers essais concluants…

Cela fait maintenant 13 jours que William Bosi a atterri en Finlande. Après s’être entraîné pendant plusieurs semaines sur une réplique en résine de “Burden of Dream”, le Britannique décidait finalement d’aller se confronter au vrai bloc en granite. Le 16 mars, William partageait avec toute sa communauté ses premiers essais dans “Burden of Dreams”, en direct depuis la forêt finlandaise. Des premiers essais concluants, puisqu’en l’espace d’une trentaine de minutes à peine, il parvenait à réaliser tous les mouvements intrinsèquement. Ses dix séances d’entraînement sur la réplique du bloc semblaient payer !

Le lendemain, Will retournait de nouveau affronter les températures négatives de la Finlande pour une nouvelle séance dans “Burden of Dreams”. De nouveau, il réalisera de bons progrès, parvenant à lier les mouvements entre eux et à réaliser le bloc en plusieurs séquences. Au cours de cette journée, Bosi réussira même à trouver une nouvelle méthode : un crochet de talon gauche, permettant de se rendre de manière plus directe au sommet, en s’évitant toute une séquence de mouvements de pied difficile.

Honnêtement, j’ai été quelque peu choqué par la force de Will

Toru Nakajima

Sa troisième séance dans le bloc, William allait la faire sous le regard attentif de Toru Nakajima, venu le rejoindre en Finlande. Le Japonais de 29 ans, qui compte plusieurs 8C et 8C+ à son actif, a été l’un des premiers à essayer cette ligne après la première ascension de Nalle Hukkataival en 2016. Cela fait maintenant plus de quatre ans qu’il se rend régulièrement au pied de “Burden of Dreams”, tentant de l’enchaîner, en vain. “Honnêtement, j’ai été quelque peu choqué par la force de Will”, déclarait Toru après avoir suivi l’intégralité de sa séance dans le bloc.

Des conditions qui changent la donne !

La quatrième séance du Britannique de 24 ans sera plus compliquée que prévu : “J’ai vraiment eu du mal aujourd’hui, je me suis fait deux entailles presque immédiatement sur les doigts de ma main gauche”, déclarait-il. Cependant, il réalisera de bons progrès sur le deuxième mouvement, avouant se sentir prêt pour mettre de vrais essais depuis le bas,  dès que sa peau serait guérie.

Mais la météo ne sera pas en sa faveur, et la cicatrisation de ses doigts s’annoncera plus longue qu’espéré. Mais hier, William Bosi nous donnait enfin des nouvelles, après quatre jours de silence. “Ma peau et la météo ont été mauvaises ces derniers jours, j’ai donc passé la majeure partie de ma cinquième session à m’entraîner avec des bandes de strap autour des doigts”, raconte-t-il. Néanmoins, même avec le bout des doigts couverts de strap, William réussira la dernière section plusieurs fois d’affilée, de bon augure pour un enchaînement futur depuis le bas.

Une nouvelle méthode qui interroge…

“J’ai également passé un peu de temps de nouveau sur la méthode avec le talon”, avoue-t-il. “Difficile de dire quelle méthode est la meilleure en ce moment 🤔”. Le Britannique s’interroge donc sur la méthode à utiliser. Ce talon gauche, qu’il a trouvé lors de sa deuxième séance de travail dans le bloc, lui permet d’aller chercher les prises 3 et 4 directement, en s’évitant toute une traversée difficile sur les pieds. Mais d’après lui, cette nouvelle façon de faire rend le jeté final un peu plus difficile et aléatoire.

Alors, vaut-il mieux essayer la méthode classique (celle trouvée par Nalle au moment de sa première ascension) ou persévérer dans cette nouvelle méthode, qui rend le début du bloc bien plus facile, mais la fin plus difficile ? C’est à cette question que va devoir répondre William. Le jeune homme, qui se sent en forme, a décidé de prolonger son séjour en Finlande, espérant que sa peau cicatrise rapidement et qu’il puisse achever son travail dans “Burden of Dreams”.

Une première répétition de “Burden of Dreams” imminente ?

Des rumeurs circulent racontant que Stefano Ghisolfi et Shawn Raboutou seraient en route pour la Finlande, dans le but de se frotter à “Burden of Dreams” à leur tour. Avec Toru Nakajima et William Bosi déjà sur place, la course à l’enchaînement est bel et bien lancée. L’émulation générée par tous ces grimpeurs de haut niveau conduira-t-elle l’un d’eux à devenir le premier répétiteur de ce bloc iconique ?

Des images de la dernière session de William Bosi dans “Burden of Dreams” :

 

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William Bosi : une nouvelle méthode dans “Burden of Dreams” qui change tout ?

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À 46 ans, cette légende de l’escalade enchaîne un nouveau 8C bloc !

28 Mar

Dai Koyamada, l’un des meilleurs grimpeurs de sa génération, fait parler de lui depuis plus d’une trentaine d’années. Mais la dernière performance qu’il vient d’accomplir à 46 ans est l’une de ses plus belles.

Le bloqueur japonais a réalisé la première ascension d’un nouveau 8C bloc à Hinohara, au Japon, qu’il a nommé “Mugen”. “Ça signifie “éphémère”, explique Koyamada. “Mais en japonais, “mugen” veut également dire “infini”. En d’autres termes, c’est un mot qui a une signification contradictoire”.

Éphémère et infini, peut-être comme la puissance incroyable que nécessite ce bloc. Constitué de petits trous comme on en retrouverait sur les faces de Margalef, les dix mouvements de ce bloc requièrent une force spectaculaire. Bien que Dai déclare être trop âgé pour discuter des cotations, il est certain que ce bloc est difficile et fait partie des plus durs du pays nippon : “Comme ce bloc est entièrement constitué de trous, on peut avoir des sensations différentes en fonction de la taille de ses doigts. Pour ma part, j’ai des doigts beaucoup plus épais que d’autres grimpeurs et j’ai eu l’impression que ce bloc était dur. Si l’acte d’attribuer une cotation est subjectif, je peux dire que le niveau que j’ai ressentie était au moins 8C. Mais je suis trop vieux pour m’étendre sur le sujet, alors j’espère que la jeune génération de grimpeurs percera le mystère de ce passage et discutera plus en détail de sa cotation”, déclare Dai Koyamada.

Le Japonais a passé cinq jours à construire la plateforme d’atterrissage au pied de ce bloc, avant de commencer à le travailler. Après de nombreux essais, il est finalement parvenu à se rétablir au sommet. “Une chose est sûre : ce bloc est génial ! C’est l’un des meilleurs de toute ma vie. Et j’ai réussi à l’enchaîner. Ces deux faits me rendent tout simplement heureux”, conclut-il.

La légende de 46 ans a gravi son premier 8C en 2003, signant la première ascension de “Byaku-dou”. Aujourd’hui, il en compte près d’une trentaine à son carnet de croix. En voie, Koyamada a réalisé la première ascension de “Logical Progression” 9a en 2001, puis enchaîné “Hugh” 9a l’année suivante, avant de clipper le relais du mythique 9a “Action Directe”en 2005. Des voies considérées comme les plus dures du monde pour l’époque.

En 1996, Koyamada a remporté le championnat national japonais, trois ans seulement après avoir commencé à grimper. Un événement qui a marqué un tournant dans sa carrière, lui permettant de vivre de sa passion. Il a ensuite passé les quatre années suivantes à ne faire que de la compétition, avant de prendre sa retraite, déclarant : “La vraie nature de mon escalade réside dans les falaises.” Avant de prendre sa retraite, il s’est notamment classé quatrième lors d’une Coupe du Monde de difficulté.

En 2004, il s’est rendu en Australie et a répété tous les blocs les plus durs de la Hollow Mountain Cave dans les Grampians, notamment ouverts par Fred Nicole et Klem Loskot. Il a ensuite réalisé la première ascension de “The Wheel of Life” 8C+ en 2004 et signé la première ascension de “Nayuta” 8C+ à Gero, au Japon.

Voici la vidéo de son ascension dans “Mugen” 8C :

 

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À la rencontre de Jakob Schubert, le grimpeur infatigable !

26 Mar

Est-il vraiment nécessaire de présenter Jakob Schubert ? Médaillé de bronze aux Jeux de Tokyo, quatre fois champion du monde, septuple vainqueur du classement mondial et détenteur du record de la plus longue série de victoires consécutives (7) en Coupe du Monde. Voilà pour ses plus beaux accomplissements en compétition. Pour ce qui est du rocher, Jakob n’est pas en reste. Il comptabilise une demi-centaine de voies dans le neuvième degré, dont six 9b, un 9b/+ et un 9b+. Sans parler de ses vingt-six 8B+ bloc et ses six 8C. En bref, Jakob Schubert respire la performance et est considéré comme l’un des grimpeurs les plus performants de l’Histoire de notre sport.

Ce touche-à-tout de l’escalade excelle dans tout ce qu’il entreprend, et ce, depuis de nombreuses années. Le natif d’Innsbruck commence à grimper à l’âge de 12 ans et très vite, il se fait connaître en remportant de nombreuses compétitions chez les jeunes. La machine autrichienne était lancée et n’était pas près de s’arrêter… Deux décennies plus tard, à 32 ans, il fait toujours partie des meilleurs grimpeurs de la planète.

Ses succès, Jakob les doit à un travail acharné. Il s’entraîne cinq fois par semaine en salle et ne loupe jamais une séance. Si un mouvement lui résiste, alors il le travaille, sans relâche, jusqu’à le réussir. Combien de fois l’a-t-on vu essayer un bloc qu’il n’avait pas enchaîné pendant une compétition juste après la cérémonie de remise des prix ? Pour lui, la persévérance est la clé. Si physiquement il est redoutable, mentalement il l’est encore plus. Depuis le confinement, il s’est découvert un penchant pour les échecs, ce qui n’a rien d’étonnant pour un tacticien comme lui, qui aime le détail et qui planifie chacun de ses mouvements afin de le conduire à la victoire.

Après plus de treize ans passés sur le circuit des Coupes du Monde et l’ascension de quelques-unes des voies et des blocs les plus difficiles de la planète, sa soif de succès est toujours intacte. Rencontre avec Jakob Schubert, l’infatigable !

Cette année, Jakob Schubert s’est fixé des défis plus relevés que jamais © IFSC

Salut Jakob, tout d’abord comment vas-tu ?

Hello à tous, je vais très bien ! La nouvelle année a plutôt bien commencé ici à Innsbruck et les préparatifs pour la saison 2023 se déroulent vraiment bien. Je n’ai actuellement aucune blessure et je me sens déjà très en forme. J’ai hâte d’entamer une nouvelle saison de compétitions, de qualifications olympiques et, bien sûr, de gros projets sur le rocher.

En décembre, tu es allé essayer “Alphane”, le 9A bloc de Shawn Raboutou. Peux-tu nous parler de ton processus de travail dans ce bloc ? Qu’est-ce qui t’a motivé à essayer cette ligne plutôt qu’une autre ?

Oui, dès que j’ai vu la vidéo de Shawn dans “Alphane” j’ai tout de suite voulu essayer. Il y a plusieurs raisons pour lesquelles j’étais ultra motivé de me frotter à cette ligne tout particulièrement. Tout d’abord, parce qu’évidemment, c’est un 9A bloc. Je n’ai jamais essayé quelque chose d’aussi difficile et il n’y a pas beaucoup de blocs de ce niveau dans le monde. Je voulais donc tester mes compétences sur un bloc aussi dur. Il semble aussi que ce soit un bloc qui me convienne : j’aime vraiment essayer des blocs longs, qui ne se résument pas à un seul mouvement difficile en particulier, mais qui consiste plutôt à lier ensemble toute une succession de mouvements. Pourquoi ? Parce qu’en général, le processus sur un tel bloc est beaucoup plus amusant. On ressent vite des progrès plutôt que d’essayer un seul mouvement encore et encore. En outre, il se trouve à Chironico, qui n’est pas très loin de ma ville natale, Innsbruck. C’est à quatre heures de route seulement, c’est donc très facile d’accès pour moi. Et c’est aussi dans l’une des régions de classe mondiale où vous pouvez toujours trouver des copains qui vous accompagnent, parce qu’il y a tellement d’autres lignes à essayer…

J’ai donc commencé par faire deux voyages très courts, d’une journée seulement à Chironico. Je me rendais là-bas en voiture, je passais la journée à faire du bloc, je dormais sur place, je recommençais le lendemain et je rentrais chez moi. Les deux premières sessions se sont tout de suite très bien déroulées et, le plus important de tout, c’est que j’ai vraiment apprécié le bloc. J’ai vraiment adoré l’essayer et j’ai été capable de faire tous les mouvements rapidement. Et c’est déjà une grande victoire sur quelque chose d’aussi dur ! Mais évidemment, je savais que ce serait un long processus d’essayer de relier tous les mouvements ensemble. Mais lors de mon deuxième séjour, j’ai réalisé un très bel essai, en combinant pas mal de mouvement entre eux.

Jakob Schubert a mis des essais très prometteurs dans “Alphane” 9A © Misha Photography

Justement, à l’issue de ce deuxième trip et de ce bel essai, tu as déclaré que tu retournerais dans “Alphane” en janvier pour essayer de l’enchîner. Y es-tu retourné ?

Oui, j’y suis retourné, en y restant plus longtemps cette fois. Nous étions une très grosse équipe et nous sommes restés au Tessin pendant 12 jours. Malheureusement, le voyage n’a pas commencé comme nous le souhaitions. Tout était complètement mouillé lorsque nous sommes arrivés le 1er janvier ; il y avait tellement de brouillard, d’humidité et de pluie les premiers jours que même “Alphane” était mouillé. Pourtant d’habitude, comme ce bloc est ultra déversant, il reste toujours sec. Mais à cause de l’humidité, même lui était trempé… J’ai dû rester patient pour espérer l’essayer quelques jours plus tard. Au milieu de notre séjour, le bloc a finalement séché. Lors de ma première session, je me suis fait une grosse entaille dans le doigt et à partir de ce moment-là, j’ai su que c’était fini. Je savais que je ne réussirais pas à faire de bons essais, parce que ce bloc est très clairement à ma limite. Et avec une entaille dans le doigt, je n’ai aucune chance de l’enchaîner. Toutefois, je voulais profiter de mon séjour sur place pour m’améliorer et continuer à me familiariser avec les mouvements. Donc, en tout, j’ai fais trois séances dans “Alphane” lors de ce trip. La dernière a été très prometteuse, j’ai fait quelques bonnes liaisons et j’ai senti que je pouvais faire de très bons essais depuis le bas très bientôt.

Maintenant, je suis retourné à Innsbruck. Je compte retourner dans “Alphane” très vite. Il se peut que je puisse l’enchaîner en quelques jours, il se peut qu’il me faille plusieurs séances… C’est difficile à dire, c’est un bloc très dur, mais c’est très amusant à essayer et c’est toujours une bonne séance d’entraînement. Donc oui, mon grand objectif est clairement de l’enchaîner !

Enchaîner “Alphane” ? Ce n’est qu’une question de temps maintenant pour Jakob Schubert.

D’après toi, qu’est-ce qu’il te manque pour te rétablir au sommet ?

C’est un bloc très spécial. Il n’y a pas vraiment un mouvement en particulier qui est beaucoup, beaucoup plus difficile que tous les autres, c’est plus une question de relier tous les mouvements ensemble. Notamment dans la partie centrale, il y a une séquence très technique qui demande une énorme tension corporelle, ça nécessite d’être encore frais après les premiers mouvements pour être capable de gainer ; surtout avec ma méthode, parce qu’il y a différentes manière de passer cette section. Je pense que j’ai juste besoin d’être au top de ma forme pour l’enchaîner. Il me faut aussi une très bonne peau et de bonnes conditions météos. Et puis probablement aussi un peu de chance, ce dont vous avez toujours besoin pour réaliser quelque chose à votre limite. Mais je suis convaincu d’avoir ce qu’il faut pour enchaîner “Alphane”. J’ai déjà fait des essais très prometteurs. Maintenant, ce dont j’ai besoin, c’est d’investir un peu plus de temps, essayer davantage, être plus à l’aise dans les mouvements et espérer pouvoir les connecter tous ensemble. Il n’y a plus qu’à !

Il y a quelques mois, tu es allé à Red Rocks pour essayer “Sleepwalker”, en vain. Comment compares-tu ce bloc à “Alphane” en termes de difficulté ?

En effet, j’ai essayé “Sleepwalker” au début de l’année 2022. C’est aussi un bloc très étonnant, assez différent d'”Alphane”. Déjà en termes de roche, car c’est du grès mais aussi en terme de style, ça n’a rien à voir. J’ai définitivement eu beaucoup de problèmes avec les conditions ; il faisait très, très froid et sec, presque trop sec. Je dirais aussi que “Sleepwalker” est un bloc qui ne me convient pas très bien. Je ne suis pas très fort, ou du moins je dirais que c’est un peu un de mes points faibles de grimper sur des inversées, et ce bloc en regorge.

Chironico est beaucoup plus dans mon style. C’est plus de gainage, beaucoup de mouvements que tu dois essayer de connecter ensemble et où la rési joue un rôle majeur, ce que j’aime tout particulièrement. Je pense qu’il y a une différence de difficulté entre ces deux blocs car cela dépend de vos points forts et points faibles. D’une manière générale, il est certain qu'”Alphane” est bien plus difficile que le départ debout de “Sleepwalker.” Je n’ai pas beaucoup essayé le départ assis de “Sleepwalker”, “Return of the Sleepwalker”, mais il est certain que pour moi, ce sera beaucoup plus difficile à enchaîner qu'”Alphane”.

Le sujet des cotations en bloc est très épineux à mon avis, parce que cela dépend beaucoup de votre taille, de votre style, et de tout plein d’autres paramètres. Par exemple, “Sleepwalker” est beaucoup plus facile si tu es très grand. Globalement, c’est un style différent de bloc. Selon le style qu’on affectionne “Sleepwalker” peut ne pas être très dur, mais pour moi, c’est extrême.

En trip dans le Nevada, Jakob Schubert s’était frotté à “Sleepwalker” 8C+, un bloc dans son anti-style.

Plus tôt dans l’année, tu es également allé à Flatanger pour travailler “Project Big” avec Adam Ondra. Tu as d’ailleurs dit dans l’un de tes posts Instagram que tu avais vécu “l’un des combats mentaux les plus durs de ta carrière sur cette voie “. Peux-tu expliquer pourquoi ?

Essayez quelque chose qui est complètement à votre limite, et investir beaucoup de temps dans un projet, est toujours un grand défi mental. “Project Big” est particulièrement difficile. Tout d’abord, parce que la voie est très dure, mais aussi à cause des conditions. Notamment en octobre, nous avons eu beaucoup, beaucoup de jours où elle était mouillée ou trop humide pour même faire de bons essais. À Flatanger, il est très difficile de prévoir les conditions et de savoir quel jour pourrait être optimal. Tactiquement, c’est très difficile de programmer ses semaines, de savoir quels jours se reposer, etc etc. Parfois, vous vous reposez un jour et vous êtes prêt à tout donner le lendemain, puis vous vous réveillez et vous entendez la pluie tomber… Cela peut être mentalement difficile et frustrant.

En outre, la voie en elle-même est aussi très particulière. Je dirais qu’une voie très très longue comme celle-ci peut être mentalement encore plus difficile à gérer qu’une voie plus courte. Dans “Project Big”, on passe beaucoup de temps dans la voie avant que les choses sérieuses commencent vraiment, car le crux est situé très haut. Donc on grimpe d’abord une vingtaine de minutes, et ce n’est qu’après ces 20 minutes qu’on sait si l’essai va être la hauteur de nos espérances. Donc oui, tout cela rend le processus de travail encore plus difficile mentalement qu’une voie classique.

De plus, dans “Project Big”, on ne peut faire qu’un ou deux essais par jour, parce qu’ils sont si épuisants physiquement qu’il n’est pas possible de faire mettre d’essais pour avoir une chance d’enchaîner la bête. Chaque run est donc très important et tu dois mettre tout ce que tu as. C’est à la fois un énorme défi physique mais aussi mental.

Adam Ondra avait invité Jakob Schubert à essayer “Project Big” avec lui à Flatanger © Petr Chodura

Pourquoi as-tu choisi de travailler sur “Project Big” et non sur “Silence” ?

Tout d’abord, c’est Adam qui m’a demandé d’essayer ce projet incroyable à Flatanger et j’ai été honoré par cette invitation. À l’époque, il m’avait dit que la voie pouvait valoir 9b+ ou 9c, et j’étais vraiment excité à l’idée d’essayer quelque chose de nouveau. C’était vraiment cool de travailler sur ce projet avec lui.

Évidemment, je savais à quoi ressemblait “Silence” d’après les vidéos, et elle semblait être une voie dans laquelle je devais investir beaucoup de temps pour avoir une chance de l’enchaîner ; peut-être même que je n’aurais jamais la chance de clipper son relais, qui sait ? C’est aussi une voie que je n’avais pas envie d’essayer tout de suite, parce que qu’il n’y a qu’un seul crux et comme je l’ai dit par rapport à “Alphane”, j’aime travailler des choses où il ne s’agit pas seulement d’un ou deux mouvements, mais plutôt de beaucoup, beaucoup de choses à connecter ensemble. C’est plus gratifiant et plus amusant pour moi.

Pour ces raisons, je me suis donc dit que j’allais d’abord essayer “Project Big”, voir si ça me plaisait et, si ce n’était pas le cas, peut-être que je me lancerais dans “Silence”. Mais je n’ai pas eu de mauvaises surprises : “Project Big” est tout simplement une voie incroyable, probablement la ligne reine de la grotte Flatanger. Je voulais vraiment aller dedans, et une fois que je l’ai essayée, il n’y avait aucune chance de revenir en arrière ; je sentais que je pouvais l’enchaîner alors j’ai investi chaque jour, chaque moment, pour tenter de la vaincre. Quand j’étais là-bas, Stefano Ghisolfi essayait “Silence”, cela semblait très intéressant et je pense toujours avoir une chance de l’enchaîner un jour. Je reviendrai d’abord à Flatanger pour finir “Project Big”, puis je reviendrai et j’essaierai “Silence”.

“Project Big”, la ligne reine de la grotte Flatanger, porte bien son nom.

Il y a quelques mois, Seb Bouin a libéré un nouveau 9c en France, “DNA”. As-tu envie de venir essayer cette voie ?

Oui, sans aucun doute. “DNA” fait partie des voies que j’ai vraiment envie d’essayer davantage. En fait, en novembre dernier, j’ai fait un très court voyage dans le Verdon. J’ai fait 10 heures de route juste parce que je voulais passer quatre jours dans “DNA” pour voir à quoi elle ressemblait, si elle me plaisait, et pour savoir si c’était une voie dans laquelle j’allais avoir envie d’investir du temps. J’ai été subjugué par la beauté des gorges du Verdon, de La Ramirole et de la ligne. C’est une voie incroyable. J’ai vraiment apprécié y grimper et je me suis senti très bien dedans. J’ai été capable de faire tous les mouvements de la voie assez rapidement. Merci à Seb parce qu’il m’a envoyé une vidéo de quelques méthodes et cela m’a beaucoup aidé et m’a fait gagner un temps précieux, parce que je n’ai pas eu besoin de chercher par moi-même. J’ai passé un très bon moment dans la voie, c’était très amusant et c’est définitivement une voie que je veux essayer à nouveau.

Il y a quelques mois, l’Autrichien avait fait un passage discret en France pour essayer “DNA”, le 9c libéré par Seb Bouin © Johannes Mair

Ta façon d’aborder un bloc extrême est-elle la même que dans une voie difficile ?

Il est difficile de répondre à cette question. Il y a évidemment quelques différences. De plus, j’ai beaucoup d’expérience en voie mais peu en bloc. “Sleepwalker” a été la première fois que j’ai passé plus de deux jours sur un même bloc, et “Alphane” est la deuxième fois, donc on ne peut pas dire que j’ai beaucoup d’expérience. J’ai l’impression d’avoir encore beaucoup à apprendre sur la manière de travailler un bloc dur. Cela dépend aussi vraiment du style de bloc. Comme je l’ai dit, “Alphane” est un bloc comparable à une voie parce qu’il n’y a pas qu’un seul mouvement dur, et la difficulté réside plutôt dans le fait de tout connecter ensemble.

Donc oui, je dirais qu’il y a quand même pas mal de différences. Aussi, en bloc, les conditions peuvent jouer un rôle encore plus important qu’en voie. Il faut donc faire encore plus attention à la tactique, à la peau et aux paramètres tels que ceux ci. Comme je le disais, j’ai encore beaucoup de choses à apprendre dans le processus de travail d’un bloc dur, mais évidemment, ça aide d’avoir beaucoup d’expérience en voie, parce qu’il y a des similitudes, surtout quand il s’agit de l’aspect mental.

Aussi fort mentalement que physiquement, Jakob Schubert est probablement l’un des grimpeurs les plus complets du circuit.

Entre tes projets en voie, en bloc et en compétition, comment vas-tu organiser ton année 2023 ?

Je suis quelqu’un de plutôt spontané. Donc je n’ai pas encore planifié toute mon année. Mais il y a certains objectifs, certaines voies, certains blocs et certaines compétitions que je veux essayer ou auxquels je veux participer. Il faut donc que j’organise mon calendrier en fonction de cela.

En ce qui concerne les compétitions, je pense que je vais faire quelques Coupes du Monde de bloc, quelques Coupes du Monde de difficulté, mais pas toutes. Je vais me concentrer davantage sur les Championnats du Monde. Mon objectif principal est évidemment de me classer parmi les trois premiers au combiné lors de cette compétition, ainsi j’aurais déjà un billet pour les Jeux Olympiques. Si je n’y parviens pas, je m’entraînerai évidemment pour Laval, qui accueillera le Tournoi de qualification olympique. Je dirais donc qu’obtenir ma qualification olympique est mon plus grand objectif en compétition pour l’année ou les mois à venir. C’est aussi pour cela que je fais quelques Coupes du Monde de bloc et de diff, pour me préparer au Championnat du Monde, mais aussi pour m’assurer que je serai en mesure de me qualifier pour les épreuves de qualification olympique l’année prochaine, au cas où je n’y arriverais pas dans l’un des deux événements mentionnés précédemment.

Ensuite, j’espère qu’il me restera du temps pour me consacrer à quelques projets en extérieur. Jusqu’au printemps, j’espère vraiment pouvoir terminer “Alphane”. C’est mon objectif principal en bloc pour ces prochains mois et ensuite je retournerai à Flatanger pour essayer de terminer “Projet Big”. Pour l’automne, cela va vraiment dépendre de l’évolution de mes compétitions. Évidemment, la situation idéale serait de me qualifier pour les Jeux Olympiques lors des Championnat du Monde cet été et si j’y parviens, alors j’en aurai fini avec ma saison de compétition et je me concentrerai sur le rocher. J’irai aussi probablement dans les Gorges du Verdon.

La saison 2023 commence plutôt bien pour l’Autrichien, qui a décroché la deuxième place au Studio Bloc Masters en Allemagne.

Comme tu le disais, 2023 est l’année où les premières places olympiques seront attribuées. Après ta médaille de bronze à Tokyo, rêves-tu de goûter à l’or ? Ton titre de champion d’Europe du combiné remporté l’été dernier t’a-t-il mis en confiance ?

L’expérience à Tokyo était vraiment incroyable et tous ceux qui étaient là te diront exactement pareil. C’était juste fou de vivre cette aventure olympique et de gagner une médaille. Cela m’a surmotivé et m’a fait réaliser que je voulais vraiment aller aux Jeux Olympiques de Paris. C’est pourquoi, c’est devenu mon plus grand objectif de la saison. Évidemment, j’ai envie de gagner une autre médaille olympique et l’or serait la plus belle couleur, mais rien que le fait de monter de nouveau sur le podium serait incroyable. Le format sera différent de celui de Tokyo, c’est à mon avantage sans la vitesse. Mais le combiné bloc/difficulté reste quand même une discipline difficile. Il y a beaucoup, beaucoup de forts grimpeurs, surtout dans ce format, et la bataille sera rude, mais je vais tout donner et m’entraîner très dur.

Le fait d’avoir remporté le Championnat d’Europe l’année dernière m’a certainement donné confiance. Je tire bien mon épingle du jeu au combiné, parce que je suis bon en bloc et meilleur en difficulté. Mais c’est une discipline où tout peut arriver, surtout en bloc. Cela dépend aussi beaucoup de l’ouverture et du style des blocs, il faut donc se préparer à tout. C’est ce que je fais en ce moment : je m’entraîne très dur et j’espère que ça va marcher.

Médaillé d’or au Championnat d’Europe du combiné, Jakob Schubert est l’un des grands favoris pour les prochains Jeux Olympiques.

Tu participes à des compétitions de haut niveau sur le circuit international depuis plus de 20 ans. Comment fais-tu pour être toujours aussi fort et continuer à progresser ? Quel est ton secret ?

Je fais de la compétition depuis très longtemps, en effet. Je ne suis pas sûr de devenir plus fort chaque année, mais en tout cas j’essaie. C’est quand même le truc le plus étonnant dans notre sport. Il est si complexe qu’il ne s’agit pas seulement de notre capacité physique. À mon âge, physiquement, je ne progresse pas chaque année, j’ai peut-être le même niveau depuis de nombreuses années déjà. Pourtant, au fil du temps, je suis capable d’atteindre un niveau supérieur ou de mieux grimper, car l’escalade est aussi une question de technique, de tactique et de mental. Ce sont des paramètres que l’on peut améliorer avec le temps, surtout en engrangeant de l’expérience. C’est pourquoi je pense avoir été capable de progresser ces dernières années. C’est aussi la raison pour laquelle certains athlètes plus âgés comme moi ou Adam Ondra peuvent encore faire de très bons résultats, car devenir un grimpeur plus intelligent, plus expérimenté, aide beaucoup.

Mon secret n’est pas vraiment un grand secret : j’aime vraiment énormément l’escalade et j’apprécie chaque jour le fait d’être dans une salle de grimpe ou sur le caillou. J’adore m’entraîner ! J’ai un très bon groupe de grimpeurs autour de moi à Innsbruck, alors la vie et l’escalade ne deviennent pas ennuyeuses. J’ai toujours cette flamme qui brûle en moi et je m’amuse tellement à grimper. Je pense que c’est la chose la plus importante !

Jakob Schubert sévit sur le circuit international depuis son plus jeune âge et semble infatigable !

As-tu changé ta façon de t’entraîner cette année, ou est-ce la même que ces dernières années ?

Je n’ai pas vraiment changé mon entraînement au cours des dernières années. Par rapport à il y a dix ans, je m’entraîne probablement un peu moins maintenant, je me concentre davantage sur la qualité plutôt que la quantité. J’essaie toujours de m’entraîner beaucoup, mais évidemment, maintenant que je suis plus âgé, je dois faire un peu plus attention à mon corps pour ne pas me blesser et avoir suffisamment de temps de récupération. Évidemment, les mois précédant les Jeux Olympiques de Tokyo étaient différents, car je devais aussi m’entraîner en vitesse. Mais depuis que ces Jeux sont terminés, je n’ai pas touché à une prise de vitesse. J’essaie simplement de me préparer en me servant de mon expérience, pour vivre une autre grande année, je l’espère.

On sent que les limites de l’escalade sont repoussées, de manière plus forte que jamais : les 9A blocs fleurissent, et de grands projets en voies émergent. Selon toi, 2023 marquera-t-il un tournant majeur dans l’Histoire de l’escalade ?

C’est difficile à dire… À mon avis, cela dépend d’abord de la cotation : ce n’est pas parce que vous avez tant de blocs en 9A ou tant de voies en 9c que c’est une année plus importante que les autres, parce que peut-être que ces lignes sont surcotées et qu’elles ne sont pas vraiment plus difficiles que d’autres qui ont été faites auparavant. Mais même si c’est le cas, cela dépend aussi beaucoup de ce que font les grimpeurs les plus forts du monde.

Disons qu’il y a les Jeux Olympiques qui arrivent, et que tout le monde s’y prépare, alors ça ne laisse pas beaucoup de temps pour se concentrer sur des blocs et des voies extrêmes en extérieur. En même temps, il y a aussi de forts grimpeurs qui ne font pas de compétitions. Je suis convaincu qu’en ce moment, il y a beaucoup de grimpeurs talentueux dans le monde, probablement plus que jamais. Cela signifie que dans les prochaines années, il y aura beaucoup plus de blocs durs et de voies difficiles. Est-ce que 2023 est l’année où les limites vont être repoussées ? Je n’en suis pas sûr. Cela pourrait être plutôt en 2024 ou peut-être même 2025 ou 2026, lorsqu’il n’y aura pas de Jeux Olympiques, parce qu’alors Adam sera de nouveau en feu et parce qu’il est et restera toujours le plus grand..

Cette année 2023 s’annonce riche en aventures pour Jakob Schubert.

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Adam Ondra dans “Water World”, son troisième 9a à vue

23 Mar

“C’est l’une des ascensions dont je suis le plus fier”, exultait Adam Ondra, après avoir clippé le relais de “Water World”. Le Tchèque avait de quoi être heureux : il venait d’ajouter un troisième 9a à vue à son carnet de croix.

“Les 9a sont encore relativement rares. Encore plus rares sont les 9a qui se prêtent à une ascension à vue. Cette fois, c’était l’un de ces rares moments où tout était aligné : la voie, les conditions et ma bonne forme”, déclarait-il en novembre 2022, juste après avoir réalisé cette performance. Depuis de nombreuses années, Ondra se retenait de tenter « Water World », bien que la ligne lui plaise : “Cette ligne incroyable de Klemen Bečan m’attirait depuis bien longtemps, et je suis heureux d’avoir été patient et d’avoir réussi à attendre le bon moment pour la tenter à vue. Après avoir réalisé “Zveřinec” 9b+ sur ma falaise natale, je me sentais vraiment en grande forme, et je savais qu’il était grand temps que je me jette dans cette voie, qui me trottait dans la tête depuis longtemps !”.

Water World a été équipée par Klemen Becan, qui a lui-même effectué la première ascension en mars 2014. La ligne fait plus de 40 mètres de long et peut être divisée en deux parties, avec un bon repos au milieu. La répétition d’Ondra était la dixième ascension de la voie.

Ce tracé n’est pas le premier 9a qu’Ondra enchaîne à vue, mais c’est son premier en plus de huit ans. « La Cabane au Canada », à Rawyl en Suisse, a été le premier 9a qu’il enchaînait à vue, en juillet 2013, mais suite à son ascension il a lui-même décoté la voie à 8c+. Un an plus tard, en mai 2014, le grimpeur tchèque a enchaîné « Il Domani » à Baltozla en Espagne, qui est alors officiellement devenu son premier 9a à vue. Il a ensuite réalisé dans le même style « TCT », à Gravere en Italie, la même année. « Water World » est donc son troisième 9a à vue.

Encore plus impressionnant que les ascensions de toutes ces voies: sa réalisation de “Supercrackinette” 9a+, voie dans laquelle le Tchèque a marqué l’Histoire de l’escalade. Située dans le secteur de Praniania à Saint-Léger-du-Ventoux, Adam l’a enchaînée flash en février 2018. Personne d’autre n’a encore égalé ce record à ce jour.

Voici son ascension en images

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En vacances à Malte, Adam Ondra enchaîne la voie la plus dure de l’île !

22 Mar

Adam Ondra a passé quelques jours à Malte, en vacances avec sa petite famille. Mais impossible pour le Tchèque de résister à l’appel des falaises du coin. Au final, pendant son séjour au bord de la Méditerranée, Ondra a enchaîné plus d’une demi-douzaine de voies dans le huitième degré, et s’est chargé de réaliser les premières ascensions à vue d’un 8b et d’un 8b+, avant de libérer un 8c, qui serait probablement la ligne la plus dure de l’île.

“De retour à la maison après de superbes vacances en famille à Malte. L’objectif était de se reposer, mais bien sûr, il aurait été impossible de ne pas enfiler les chaussons sur cette magnifique île méditerranéenne. J’ai pu grimper sur des voies de grande qualité !”, a déclaré Ondra sur ses réseaux sociaux.

Au cours d’une journée sur l’île de Gozo, l’une des 21 constituants l’archipel maltais, le Tchèque a d’abord enchaîné six voies dans le huitième degré. Puis, comme il faisait encore suffisamment jour, Adam, guidé par trois grimpeurs locaux, s’est rendu sur une petite colline au nord de Malte, du nom de Mellieha. À l’intérieur d’une grotte, il a réalisé les premières ascensions de “Fight Club” 8b et de “Winds of Change” 8b+, les enchaînant toutes deux à vue.

À propos de ces deux voies, il commente : “”Fight Club”, c’est l’escalade en plein toit sur des colonnettes poussée à son paroxysme. “Winds of Change” est plus technique. Le début est difficile, puis on arrive à un repos total avant un pas de bloc délicat. Le fait d’avoir enchaîné cette voie à vue et d’en être à ma huitième voie de la journée dans le huitième degré n’aide pas à attribuer une cotation, mais je pense que 8b+ lui convient bien.”

Adam Ondra dans la grotte de Mellieha © Stephen Farrugia

Enfin, histoire de terminer cette journée de grimpe en beauté, le jeune papa a réussi à libérer un vieux projet, qui n’avait encore jamais été gravi : “Ain’t Sane in the Membrane”. Il enchaînera la voie au premier essai et la cotera 8c, ce qui en fait la voie la plus dure de Malte.

À propos de ses vacances, Ondra conclut : “J’ai passé beaucoup de temps avec ma famille et je me suis reposé pour les prochains entraînements difficiles qui m’attendent ! C’était un plaisir de rencontrer la petite communauté d’escalade de Malte.”

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Documentaire : « Climbing Iran », le combat de Nasim Eshqi, grimpeuse iranienne

21 Mar

Nasim a de fortes mains ornées de vernis à ongles rose vif. Elle est la pionnière de l’escalade en Iran, où les femmes ne doivent s’entraîner que sur des murs intérieurs, à des heures fixes et uniquement entre autres femmes. Nasim a décidé de dépasser les barrières imposées aux femmes dans son pays, établissant sa propre route sur les rochers persans.

La gravité ne me demande pas quel est mon passeport. Elle vous fait descendre de la même manière, peu importe que vous soyez riche ou pauvre, noir ou blanc, iranien ou italien.

Le film “Cimbing Iran” dresse le portrait d’une femme extraordinaire, déterminée à repousser les barrières qui s’opposent à sa passion, qu’elles soient physiques, sociales, psychologiques, géographiques ou idéologiques. Déterminée à changer les choses petit à petit, elle emmène quelques autres jeunes femmes sur les parois rocheuses des environs de Téhéran, leur apprenant à grimper et à devenir indépendantes. Nasim a un rêve qui peut devenir réalité : établir une connexion entre l’Iran et l’Italie, en ouvrant une nouvelle voie dans les Alpes.

Née en 1982 à Téhéran, Nasim démarre sa carrière d’athlète comme kickboxeuse, où elle obtiendra le titre national qu’elle conservera pendant dix ans d’affilée. Le passage de l’art martial à l’escalade s’est fait par hasard lorsqu’elle a été recrutée par son université de Téhéran pour une expédition sur le Damavand (5604 m). Elle découvre alors le monde de la montagne et une nouvelle passion.

J’ai découvert l’escalade à l’âge de 23 ans, j’en suis tombée amoureuse parce que c’est en extérieur, avec beaucoup de liberté. J’ai pu progresser vite, voyager, ouvrir de nouvelles voies, et protester sans me couvrir du hijab sur mes photos, ce qui est très risqué en Iran.

Grâce à sa volonté, son courage et sa force remarquable, Nasim Eshqi s’est fait une place sur la scène internationale de l’escalade et est devenue une source d’inspiration pour les jeunes athlètes du monde entier. Parmi ses meilleures performances figurent certaines des voies les plus difficiles d’Iran comme «Mr Nobody» 8b+, «Pink Panther» 8b, «Iran-Swiss» 8a+ ou la grande voie «A girl for all seasons» 7b.

Femme libre et déterminée, sa voix résonne particulièrement à l’heure où la répression contre le mouvement populaire est plus violente que jamais dans la République islamique.

Je n’ai jamais parlé de politique, je suis une grimpeuse, ce n’est pas mon domaine. Mais maintenant, ce sont les droits de l’homme qui sont en cause, et je ne peux pas me taire : les droits de l’homme ne sont pas respectés en Iran et les gens en ont marre parce qu’ils ne sont pas écoutés, ils sont ignorés »

En 2019, l’Italienne Francesca Borghetti lui a consacré un documentaire de 52 minutes. Récompensé par le Grand Prix du Jury du festival Femmes en Montagne 2022 et par le Prix du Public au Festival du Film de Trente, le documentaire vient d’être mis en ligne gratuitement sur France Télévision.

La bande-annonce de “Climbing Iran” :

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Niccolo Ceria répète “Off The Wagon low” 8C+

21 Mar

L’Italien Niccolo Ceria a répété le célèbre “Off the Wagon”, depuis sa version assise en 8C+, après seulement deux jours de travail.

Il avait signé une répétition de ce bloc dans sa version originale (8B+) en 2014. Près d’une décennie plus tard, le fort bloqueur italien Niccolo Ceria s’est de nouveau rétabli au sommet de ce bloc, en partant cette fois assis, depuis le chariot abandonné au pied du bloc. Un départ qui porte la cotation totale à 8C+.

Exactement comme pour la version debout il y a neuf ans, Niccolo Ceria a répété le départ assis de “Off The Wagon” à une vitesse ahurissante : après avoir passé seulement cinq séances de travail entre 2011 et 2014 pour réussir la version originale, il n’aura eu besoin que de deux jours pour venir à bout du 8C+. Après avoir testé une première fois un jour en novembre 2022 cette version ouverte par Shawn Raboutou, Niccolo est retourné à Val Bavona début février pour clôturer ce projet.

“Off The Wagon low” est le 8C+ bloc le plus répété d’Europe. L’Américain Shawn Raboutou a réalisé la première ascension du départ assis en novembre 2018. La première répétition s’est fait attendre et a finalement été effectuée par Jimmy Webb à la fin du mois de février 2020. Quelques semaines plus tard, Daniel Woods réussissait lui aussi cette ligne. En mai 2021, Giuliano Cameroni ajoutait ce bloc à son carnet de croix, tandis que la même année, Simon Lorenzi et Sergei Topishko l’enchaînait également. En 2022, Yannick Flohé parvenait à le réaliser à son tour.

C’est une belle croix pour moi, car j’ai pu comprendre à quel point mon corps était différent et à quel point je bougeais différemment entre le moment où j’ai fait le départ debout en 2014 et la fois où j’y suis retourné en février. C’était une expérience assez délicate à vivre, qui m’a beaucoup apportée.

Niccolo Ceria

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Capucine Viglione et Bassa Mawem champions de France de vitesse 2023

19 Mar

Ce samedi à Besançon, Capucine Viglione et Bassa Mawem ont remporté le Championnat de France de vitesse 2023 ! C’est un premier titre pour Capucine Viglione et un 6e pour Bassa Mawem ! Une compétition qui était aussi le théâtre du Championnat de France para-escalade 2023 et d’une Coupe de France jeunes de vitesse.

Retrouvez tous les résultats !

Championnat de France de vitesse seniors 2023

Chez les femmes, c’est un premier titre de Championne de France pour la jeune Capucine Viglione. Faisant partie des favorites au titre national, la grimpeuse du team Block’Out n’a pas déçu. Elle se fraye un chemin jusqu’à la finale en remportant son duel de demi-finale. Opposée à Manon Lebon en finale, ce dernier duel sera le plus rapide de la compétition. Capucine prend tous les risques et frappe le buzzer en 7,24 secondes, remportant l’or et signant un nouveau record personnel au passage.

Ça me fait super plaisir de décrocher mon premier titre de Championne de France, en battant mon record personnel. Il était de 7,31 secondes auparavant, il est maintenant de 7,24. C’est super de commencer la saison par un record et par une première victoire !

En qualification, je me sentais mieux que ce que j’espérais. Je me suis dit : “ok, tu as toute ta place ici”, alors ensuite, je savais qu’il n’y avait plus qu’à lâcher les chevaux et que ça marcherait. Je suis contente de ne pas avoir laissé passer cette chance là et d’y avoir cru jusqu’au bout.

Capucine Viglione

 

Chez les hommes, Bassa Mawem s’est imposé en patron. Le tenant du titre a conservé sa couronne nationale (sa septième !), au terme d’une série de runs bien plus rapide que la concurrence. D’une régularité exemplaire, le champion de France réalisera quasiment tous ses runs entre 5,27 et 5,36 secondes. Personne ne réussira à se mettre en travers de son chemin, pas même Pierre Rebreyend, contre qui il disputait la finale.

L’année dernière était une année de reprise, j’ai seulement fait quelques compétitions histoire de rester dans le coup après ma blessure aux J.O. Cette année, j’ai de vraies ambitions : je veux retourner au top niveau sur la scène internationale. Ce Championnat de France était donc la première étape, la compétition qui lançait la machine. Tout s’est super bien passé, donc je suis content !

L’ambiance était super ici à Besançon, la salle est excellente et le public était dingue. C’est une vraie compétition qui donne envie de s’arracher, une compétition qui donne envie de battre des records.

Bassa Mawem

+ Les résultats complets seniors hommes

 

Le résumé en images de la compétition :

Championnat de France de para-escalade 2023

Catégorie B3 femmes

Catégorie RP3 femmes

Catégorie AU2 hommes

Catégorie RP2 hommes

Catégorie RP3 hommes

Coupe de France de vitesse jeunes

U16

U18

U20

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Suivez le Championnat de France de vitesse et de para-escalade en direct !

18 Mar

Ce week-end, la salle d’escalade Marie Paradis de Besançon accueille le Championnat de France de vitesse et de para-escalade, ainsi qu’une Coupe de France de vitesse jeunes.

Suivez les finales en direct ce soir, à partir de 18h00.

Qui succèdera à Aurélia Sarisson et Bassa Mawem en vitesse ? Et qui sera sacré champion de France en para-escalade ? Rendez-vous ce soir pour le savoir !

Le programme complet  

Para-escalade
13h00 – 13h30 : Accueil/échauffement
14h00 – 17h00 : Qualifications
18h45 – 20h00 : Finales

Vitesse seniors
16h00-16h15 : Accueil/échauffement
17h00-17h30 : Practice
17h35-18h05 : Qualifications
20h15 – 21h00 : Finales

Live

À l’occasion des finales France 3 Franche-Comté assurera trois heures de direct. Rendez-vous ce soir à partir de 18h00 pour suivre les finales.

Cliquez sur l’image ci-dessous pour accéder au live :

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William Bosi : une nouvelle méthode dans “Burden of Dreams” qui change tout ?

18 Mar

William Bosi est actuellement en Finlande, où il tente d’enchaîner le 9A “Burden of Dreams”, après s’être entraîné pendant plusieurs semaines sur une réplique en résine de ce bloc. Le grimpeur écossais retransmet sa progression en direct sur Instagram.

William Bosi se trouve actuellement en Finlande pour tenter l’un des blocs les plus difficiles au monde, “Burden of Dreams”, le chef-d’œuvre incontesté de Nalle Hukkataival, ouvert en 2016. Jeudi matin, l’Écossais partageait en direct ses premières tentatives sur son compte Instagram, qui laissaient présager de grandes choses. En effet, après s’être entraîné spécifiquement sur une copie du bloc installée à Sheffield à l’aide de prises imprimées en 3D, Will parvenait à réaliser tous les mouvements intrinsèquement au cours de sa première séance dans le vrai bloc.

Hier matin, une nouvelle notification illuminait l’écran de notre smartphone. À 8h30 heures françaises, William Bosi passait de nouveau en direct sur Instagram. Nous avons donc suivi sa deuxième séance dans le bloc avec attention. Le soleil était toujours au rendez-vous au milieu d’un large ciel bleu. La température était idéale pour Will : -3°C, pour celui qui adore grimper entre -5°C et +5°C. Des stalactites étaient d’ailleurs visibles sur la paroi du bloc.

Dès le début du live, William Bosi nous expose ses objectifs de la séance. Après sa première journée de travail fructueuse de la veille où il réussissait à enchaîner chaque mouvement individuellement, le grimpeur écossais de 24 ans souhaite continuer à se familiariser avec les prises et les mouvements. Il faut dire que la réplique sur laquelle il a grimpé durant des semaines chez lui à Sheffield n’est pas parfaitement identique à la réalité. Les dimensions de certaines prises de main et de pied varient légèrement, tandis que certaines préhensions sont meilleures et que d’autres sont moins bonnes. Par dessus tout, le grain du rocher influe également beaucoup. D’une manière générale, Bosi trouve le bloc de granite un peu plus facile que sa réplique en résine.


Lire aussi | William Bosi va-t-il enchaîner « Burden of Dreams » 9A grâce à une réplique 3D ?


C’est donc une nouvelle session de travail que Will Bosi allait nous proposer en direct. Interrogé sur la date à laquelle il allait mettre de vrais essais depuis le bas, il déclare que sa prochaine séance dans le bloc pourrait être consacrée à cela. Mais avant, il a besoin de retravailler les mouvements de nouveau, et réaliser quelques liaisons entre eux.

Will débutera cette deuxième journée en Finlande par quelques essais pour refaire le dernier mouvement (notamment à cause d’un trait de magnésie mal placé). Puis, il réalisera de belles liaisons, notamment entre les mouvements 3, 4 et 5. D’après lui, le départ debout de ce bloc pourrait valoir 8C, tandis que le premier mouvement vaudrait 8B à lui seul, et non pas 8C comme sur sa réplique.

Soudain, alors qu’il brosse la première prise avant de se lancer dans un nouvel essai, son visage s’illumine. William a une idée ! Une idée folle, mais qui mérite d’être essayée : réaliser un crochet de talon gauche sur cette première prise, de manière à aller directement chercher les prises de main suivantes, en s’évitant ainsi toute la traversée difficile sur les pieds. L’Écossais tente une première fois le mouvement et aborde un large sourire sur son visage. Grand adepte des crochets de talon, il sent qu’il tient quelque chose ! Il venait de trouver une nouvelle méthode dans “Burden of Dreams”. Alors, pendant plusieurs minutes, William cherche comment résoudre la séquence de mouvements en utilisant ce précieux crochet de talon gauche, sur lequel il semble vaché. Il rend le mouvement pour arriver sur les prises 3 et 4 “beaucoup, beaucoup plus facile”, comme il le confie à la caméra. Il semble donc que cette nouvelle méthode qu’il venait de trouver soit plus optimale, même si elle rend le jeté final un peu plus difficile et aléatoire.

Un crochet de talon qui pourrait bien faire toute la différence…

William est donc tiraillé. D’un côté, il s’est entraîné durant des semaines sur la réplique en résine et réalise de si bons essais en utilisant la méthode originale qu’il devrait être capable d’enchaîner le bloc en utilisant la même méthode que Nalle très rapidement. D’un autre, cette nouvelle méthode avec le talon semble faciliter considérablement les premiers mouvements, même si elle rend le dernier un peu plus dur.

L’Écossais terminera finalement sa séance après plus de deux heures d’efforts. Il conclut en déclarant que la météo s’annonce maussade les trois prochains jours, avec de la pluie et de la neige annoncée. En revanche, mardi semble être une journée où les conditions seront parfaites.

William va donc prendre le temps d’analyser sa séance et de réfléchir quant à la méthode à adopter : persévérer dans la version originale, ou continuer à creuser cette nouvelle solution amenée par ce crochet de talon salvateur ?

Voici en replay l’intégralité de sa deuxième session dans “Burden of Dreams” :


Lire aussi

William Bosi est allé essayer le VRAI “Burden of Dreams” en Finlande !

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Jorge Díaz-Rullo répète “The Full Journey” 9b à Margalef

18 Mar

Le grimpeur espagnol Jorge Díaz-Rullo vient de réaliser la première répétition de “The Full Journey” 9b. La voie, équipée par Tom Bolger, parcourt l’une des parties les plus déversantes de la célèbre paroi du Racó de la Finestra à Margalef. Alex Megos avait signé la première ascension en octobre 2022.

Cette ligne de 35 mètres se décompose en deux parties. L’an dernier, Jorge avait enchaîné la première moitié nommée, “The Journey” 9a/+. Puis, au début du mois, il réalisait la seconde moitié de la voie, “Carlota’s Journey” 9a+. À partir de ce moment, l’enchaînement l’intégrale “The Full Journey” n’était plus qu’une question de temps. Pourtant, Jorge ne s’attendait pas à ce que ça aille si vite : il ne lui faudra finalement que quatre jours de travail supplémentaire pour réunir les deux moitiés et atteindre le relais de la ligne intégrale, que seule Alex Megos avait vaincue.

“C’était un run incroyable, absolument tout était à la limite ! Je peux dire que la chance était avec moi”, a-t-il déclaré sur les réseaux sociaux. Peu adepte des préhensions en mono, l’Espagnol a utilisé une méthode considérablement différente de celle de Megos à la fin de la voie, ce qui l’a amené à apporter une précision sur la cotation : “Megos a proposé 9b. Personnellement, je n’aime pas trop les monos, alors j’ai opté pour un petit mouvement dynamique à partir d’une très mauvaise arquée, ce qui m’a permis d’éviter le mono dans le dernier crux. Cette méthode a rendu la voie plus facile pour moi, bien que je pense que ça ne change pas la difficulté de ce passage, qui tourne autour de 8A/+”.

Aussi, Jorge a trouvé quelques coincements de genou, qui lui ont permis de délayer dans la voie. “Mais je ne pense pas que cela change quoi que ce soit au niveau de la difficulté, la partie la plus difficile étant le dernier crux”. Jorge conclut que cette voie lui semble plus facile que sa voisine “Café Solo” 9b, et qu’elle est probablement de la même difficulté que son autre variante. Ainsi, la cotation de “The Full Journey” se situerait entre le 9a+ et le 9b. “Quoi qu’il en soit, c’est une ligne magistrale !”, termine l’Espagnol.

Díaz-Rullo est en train de se faire une place parmi les meilleurs falaisistes de la planète. Le 5 février, il a réalisé la première ascension de son tout premier 9b+, “Mejorando la Samfaina”, une connexion entre “Mejorando Imagen” 9a+/b et “Samfaina” 9a+. Il compte maintenant six 9b à son actif, tous enchaînés en Espagne, y compris “El Bon Combat” et “First Round First Minute”, deux mythiques voies de Chris Sharma.

Peu de voies ont résisté à Jorge dans le secteur Racó de la Finestra. Il reste toutefois son grand projet : “Café Colombia”, auquel il a déjà consacré plus d’une centaine de jours. “Ce fut un plaisir de gravir une nouvelle ligne sur ce mur impressionnant. Pour moi, c’est un autre petit pas et un autre entraînement pour mon gros projet”, a-t-il déclaré.

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Jakob Schubert est allé essayer “DNA” 9c dans le Verdon, voici les images !

17 Mar

Ce sont les lignes les plus dures du monde qui attirent l’attention de Jakob Schubert. Alors, depuis que Seb Bouin a ouvert “DNA” 9c dans les gorges du Verdon en 2022, l’Autrichien de 32 ans était impatient de se rendre à La Ramirole et de mettre les doigts dans l’une des voies les plus dures de la planète.

Il ne s’agissait que d’un aller-retour express, mais les résultats ont été impressionnants. “J’ai fait 10 heures de route juste parce que je voulais passer quatre jours dans « DNA » pour voir à quoi elle ressemblait, si elle me plaisait, et pour savoir si c’était une voie dans laquelle j’allais avoir envie d’investir du temps”, raconte Schubert. Le verdict ne s’est pas fait attendre longtemps : “J’ai été subjugué par la beauté des gorges du Verdon, de La Ramirole et de la ligne. C’est une voie incroyable !”, nous a récemment confié l’Autrichien au cours d’un entretien.

Schubert s’est tout de suite senti très bien dans la voie. En seulement deux jours de travail, il était déjà capable de faire tous les mouvements intrinsèquement. Grâce à une vidéo que lui a envoyée Seb, Jakob n’a pas eu besoin de chercher les méthodes par lui-même, ce qui lui a fait économiser un temps précieux.

C’est définitivement une voie que je veux essayer à nouveau !

Jakob Schubert, à propos de “DNA” 9c

“DNA” commence par un 8c très physique, assez court, avec quelques mouvements difficiles. “Seb fait beaucoup de coincements de genoux très délicats sur lesquels j’ai eu du mal”, avoue l’Autrichien. Heureusement, il y a ensuite un bon repos, avec un coincement de genou meilleur, que Schubert a réussi à valoriser. Puis le véritable crux de la voie commence. Il y a d’abord un pas de bloc en 8A, suivi de quelques mouvements délicats, avant un très bref repos qui conduit à un nouveau pas de bloc en 8A+. “Les deux sections blocs sont vraiment dures, surtout le premier qui m’a presque paru impossible parce qu’il est énorme et j’arrive complètement tendu dessus”, explique Jakob.

Par la suite, la voie continue de manière très intense : des pinces, des lolottes, un grand mouvement vers une inversée, et toute une succession de mouvements aléatoires, qui rendent la voie extrême. Ensuite, arrive une dernière section jusqu’au sommet en 8c/8c+, sur de magnifiques colonnettes. “Cette voie est complètement dans mon style et je suis heureux d’avoir réussi chaque section individuelle”, confie le médaillé de bronze olympique.

Interrogé sur la cotation de la voie, Jakob Schubert déclare : “Le niveau des voies les plus dures du monde intéresse beaucoup de monde. On me demande tout le temps “Que penses-tu de “Silence” ?”, que penses-tu de “Project Big” ?, penses-tu que “DNA” vaut 9c ? etc etc.”. C’est très difficile à dire après seulement quelques jours passés dans la ligne. Je pense qu’on ne peut évaluer une voie qu’une fois qu’on l’a enchaînée. On peut faire des suppositions, mais la cotation finale n’est possible qu’une fois que l’on a réussi. Je n’ai pas encore essayé de relier tous les pas de blocs entre eux, ce qui sera certainement difficile. Ce que je peux dire pour l’instant, c’est que ce n’est pas plus dur qu’un 9c et que ce n’est pas plus facile qu’un 9b+”.

“J’ai hâte de revenir en France plus longtemps pour essayer d’enchaîner ce monstre”, continue le champion d’Europe du combiné. “J’ai également hâte de voir la vidéo de Seb sur sa première ascension. Vouloir faire quelque chose avec autant d’ardeur entraîne toujours des batailles mentales, surtout si le processus s’étale sur une si longue période”. Alors quand est-ce que Jakob Schubert a prévu de retourner dans le Verdon ? Son objectif principal de la saison est de se qualifier pour les Jeux Olympiques. S’il y parvient rapidement, alors il consacrera la suite de son année à ses projets en extérieur. Parmi eux, le 9A bloc “Alphane” est dans sa ligne de mire, tout comme la voie “Project Big” à Flatanger. Jakob compte également revenir à La Ramirole pour tenter de boucler “DNA”.

Il y a quelques jours, nous sommes allés à la rencontre du phénomène autrichien. Ce dernier s’est livré sur sa vie de grimpeur, ses objectifs et ses essais dans les voies et les blocs les plus difficiles de la planète. Restez connectés, l’interview arrive très vite !

La vidéo des premiers essais de Jakob Schubert dans “DNA” 9c :

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Stefano Ghisolfi a-t-il ses chances dans “Burden of Dreams” 9A bloc ?

17 Mar

Stefano Ghisolfi est l’un des meilleurs grimpeurs de la planète. Il le prouve chaque saison en compétition, ayant notamment remporté le classement général des Coupes du Monde en 2021. il le démontre aussi en falaise, puisqu’il est le premier grimpeur de l’Histoire à avoir enchaîné quatre 9b+ : “Perfecto Mundo”, “Change”, “Bibliographie” et “Excalibur”.

Redoutable lorsqu’il s’agit de se battre dans des voies résistantes, il n’est toutefois pas un grand spécialiste du bloc. En novembre dernier, dans le cadre d’un rassemblement avec son sponsor The North Face, l’Italien parvenait à se rétablir au sommet de “Goldfish Trombone”, un 8B+ qui marquait le bloc le plus dur de sa carrière. Quelques semaines auparavant, Stefano avait eu l’occasion d’essayer “Alphane” 9A aux côtés de Shawn Raboutou, sans grand succès.

Alors quelles sont les chances de l’Italien dans une ligne aussi pure et aussi dure que “Burden of Dreams”, le premier 9A bloc de l’Histoire, qui contient la séquence de mouvements la plus dure du monde ? Pour répondre à cette question, Stefano Ghisolfi a rejoint son ami William Bosi à Sheffield, dans le laboratoire du Lattice Training. Son objectif ? Essayer la réplique en résine de “Burden of Dreams”.

Et personne ne s’attendait à un tel résultat ! Bien qu’il soit particulièrement en forme après ses séances d’entraînement dans “Excalibur”(sa dernière croix en 9b+), Stefano ne s’attendait pas à bouger aussi bien dans la réplique de “Burden of Dreams”. L’Italien a réussi à flasher les deux mouvements centraux et, à la fin de sa session, il avait déjà maîtrisé trois mouvements d’affilée. Cela n’a l’air de rien à première vue, mais c’est une véritable prouesse, car il s’agit de 60 % du bloc le plus difficile du monde.

Will Bosi, qui en était déjà à sa neuvième session sur cette réplique, a été époustouflé par la performance de Ghisolfi. D’ailleurs, durant cette séance, le Britannique parviendra à réaliser le premier mouvement du bloc et le dernier, les deux seuls qu’il n’avait encore jamais réussis. Galvanisé par ce succès, Will a fait ses valises pour la Finlande, où il s’essaye actuellement au vrai bloc. Pour en savoir plus, cliquez ici.

La vidéo de l’entraînement de Stefano Ghisolfi et William Bosi dans la réplique de “Burden of Dreams” : 

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William Bosi est allé essayer le VRAI “Burden of Dreams” en Finlande !

16 Mar

10h25 ce matin. Une notification Instagram apparaît sur l’écran de notre téléphone : “will_bosi a démarré une vidéo en direct”. Alors que nous publiions hier un article sur le jeune homme en question, nous nous empressons de cliquer sur l’écran de notre téléphone. Si nous espérions voir l’un de ses entraînements sur la réplique de “Burden of Dreams” en direct, la réalité fut encore plus surprenante.

Un ciel bleu, de la neige, un bloc de granite incliné à 45°… Non, William Bosi n’était pas sous les néons du labo de Lattice Training et n’allait pas mettre un essai sur la réplique en résine de “Burden of Dreams”. Il était bel et bien au beau milieu de la forêt finlandaise, au pied du réel bloc de granite “Burden of Dreams”, prêt à faire face au premier 9A bloc de l’Histoire de l’escalade.

Si William Bosi avait laissé entendre qu’il ferait bientôt le voyage jusqu’en Finlande suite à ses essais prometteurs sur la réplique en plastique de “Burden of Dreams”, ce fut une surprise de le voir déjà au pied de ce bloc.

En live sur Instagram, le Britannique nous a partagé l’intégralité de sa première séance dans cette légendaire ligne ouverte par Nalle Hukkataival. Lors de son essai flash, une cinquantaine d’internautes regardaient la vidéo en direct. À la fin, nous étions plus d’un millier et demi à suivre ses essais en direct !

À sa grande surprise, William a réussi le premier mouvement à son troisième essai. Galvanisé par ses bonnes sensations sur le rocher, il a ensuite travaillé tous les mouvements intrinsèquement. Ce qui est arrivé au cours de cette matinée est alors assez incroyable : en une demi-heure, le jeune homme de 24 ans a réussi à faire la totalité des mouvements du bloc, sans trop de difficulté.

On l’entend alors déclarer de vive voix qu’il est agréablement surpris, et que la réplique en résine sur laquelle il travaillait les mouvements est bien plus dure que le vrai bloc. Il lui avait par exemple fallu plus de neuf séances pour parvenir à faire le premier mouvement sur la réplique. D’après lui, le grain du rocher améliore grandement ses performances.

Alors que le soleil commençait à frapper, Bosi a terminé sa séance le sourire aux lèvres. Il venait, en l’espace de quelques minutes à peine, de réaliser intrinsèquement les mouvements les plus durs du monde. D’après ses dires, Stefano Ghisolfi le rejoindrait bientôt sur place, ainsi que Shawn Raboutou et le grimpeur japonais Toru Nakajima… La première répétition tant attendue de “Burden of Dreams” semble imminente !

Le replay de sa séance première séance dans “Burden of Dreams” :

 

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William Bosi va-t-il enchaîner “Burden of Dreams” 9A grâce à une réplique 3D ?

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William Bosi va-t-il enchaîner “Burden of Dreams” 9A grâce à une réplique 3D ?

15 Mar

Nous aurons la réponse bientôt ! Depuis quelques semaines, William Bosi, qui compte plusieurs 9b/+ en falaise à son actif et un 9A en bloc, s’entraîne sur une réplique en résine du célèbre “Burden of Dreams”, le premier bloc dans le neuvième degré de l’Histoire, proposé par Nalle Hukkaitaival en 2016.

Va-t-il devenir le premier répétiteur de ce bloc légendaire, grâce à ses entraînements sur le plastique ? Enquête.

“Burden of Dreams”, les cinq mouvements les plus durs de la planète !

“Burden of Dreams” est ce que l’on pourrait appeler un bloc “pur”. Pas de fioritures, pas de mouvements retords, simplement un panneau de granite incliné à 45°, sur lequel figurent juste assez de prises pour arriver au sommet. À l’inverse de bloc plus longs tels qu'”Alphane” ou “Soudain Seul”, il ne semble exister qu’une méthode pour réaliser ce bloc, qui ne compte que cinq mouvements au total. Il faut serrer fort les prises et avancer. Un pur style old school !

Absolument tout dans ce bloc est difficile. Les prises sont minuscules et orientées dans des directions bizarres, ce qui nécessite une position des doigts très précise sur les préhensions. Les mouvements sont loin, en particulier celui qui permet d’atteindre la dernière prise, ce qui demande une grande puissance. Enfin, les prises de pieds sont mauvaises et exigent un énorme gainage.

Composé de seulement cinq mouvements et avec une cotation de 9A, “Burden of Dreams” contient la série de mouvements la plus difficile parmi tous les blocs déjà établis dans le monde. Au moment de son enchaînement, Nalle Hukkataival avait d’ailleurs déclaré que le premier mouvement était le plus difficile qu’il ait jamais tenté. Il faut dire qu’en plus d’être l’une des lignes les plus difficiles du globe, ce bloc serait également à l’origine du plus gros combat de l’Histoire de l’escalade. En effet, “Burden of Dreams” a demandé près de quatre ans d’efforts à Nalle Hukkataival et plus de 4000 essais. “Si j’avais su que ce serait si dur, je crois que je n’aurais même pas essayé…”, avouait-il en 2016.

Six ans et demi plus tard, « Burden of Dreams » n’a toujours pas été répété. Mais sa difficulté extrême n’est pas la seule raison qui explique cela. Un autre facteur important contribuant au manque de répétitions est que ce rocher est situé en pleine forêt finlandaise, à une heure à l’est d’Helsinki, dans un endroit où la saison d’escalade est courte et les conditions difficiles.

Un peu plus tôt cette saison, Shawn Raboutou a fait face aux conditions glaciales de la Finlande et a dû mettre en place toute une installation afin de pouvoir essayer le bloc en pleine tempête de neige.

Une réplique de “Burden of Dreams” créée sur-mesure grâce à la technologie 3D

Après son succès dans “Alphane”, qui est devenu son premier 9A bloc, le Britannique Aidan Roberts a décidé de s’attaquer au bloc de référence dans le neuvième degré, “Burden of Dreams”. Mais comme nous le disions précédemment, pas facile de se rendre au pied de ce bloc, situé au milieu de la pampa finlandaise. Sans parler de l’hiver qui frappe fort là-bas, avec des cumuls de neige atteignant les 40 centimètres dernièrement. Face à cette problématique, plusieurs grimpeurs, comme le Japonais Toru Nakajima ou le Russe Vadim Timonov, se sont rendus en Finlande et ont pris toutes les mesures du bloc, afin de le reproduire chez eux, de manière à pouvoir essayer les cinq mouvements aussi souvent qu’ils le souhaitent.

Mais Aidan Roberts est allé encore plus loin. À l’aide de son téléphone et d’une application spécialement prévue pour cela, il a scanné l’ensemble du bloc et a fait réaliser une réplique en résine de toutes les prises, grâce à une imprimante 3D.

Le résultat est surprenant. C’est comme si les prises avaient été directement moulées depuis le véritable rocher.

William Bosi : et un, et deux, et cinq mouvements !

Cette réplique a d’abord été vissée dans le pan personnel d’Aidan Roberts, puis, plus récemment, dans le labo de Lattice Training. Ce qui a permis à William Bosi d’essayer ce bloc. À seulement 24 ans, le Britannique a accumulé une impressionnante liste de croix. Il a notamment été le premier grimpeur à répéter “Alphane”, le 9A bloc de Shawn Raboutou, et a réalisé plusieurs premières ascensions de blocs en 8C+, dont les deux premiers du Royaume-Uni : “Superpowers” et “Isles of Wonder Low”. En décembre, il a enchaîné un 8C et flashé un 8B/+ au cours de la même journée. Le mois dernier, il a réalisé trois blocs difficiles en Allemagne en une seule session : un 8B/+ flash, un 8B+ en quelques essais et un 8A flash. Rien qu’en 2022, Bosi a gravi onze 8B+, douze 8C, deux 8C+ et un 9A.

Autant dire que le Britannique s’est empressé de mettre les doigts dans la réplique de “Burden of Dreams”. Et immédiatement, le jeune grimpeur est devenu accro à la ligne, si bien qu’enchaîner ce bloc fait maintenant partie de ses objectifs prioritaires de l’année 2023.

Et les progrès ne se sont pas fait attendre dans la réplique de ce 9A bloc. Comme s’il tenait un journal de bord, Will nous a tenu informé de ses avancées au fil de ses séances d’entraînement. Vous n’avez qu’à juger par vous-même…

William Bosi a passé de nombreuses heures sur cette réplique en résine de “Burden of Dreams”, et les progrès ne se sont pas fait attendre !

Séance #3

Après deux premières séances où Will découvrait les prises et les mouvements, les choses se sont accélérées dès sa troisième séance de travail. Le Britannique réussissait pour la première fois à enchaîner la séquence du milieu. Toutefois, il était encore bien loin de réussir le premier mouvement (réputé pour être le plus dur du bloc) et le dernier (un jeté aléatoire à trois doigts).

 

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Séance #4

Mais de séance en séance, le Britannique s’améliore. “Je continue de bien progresser, je me sens de plus en plus à l’aise et régulier dans la section du milieu 😁 Le premier mouvement semble super proche aussi, je suis capable de m’arrêter une demi-seconde sur la prise maintenant ! Le dernier mouvement semble encore désespéré, mais je m’améliore”, commentait-il à propos de sa quatrième séance dans le bloc en résine.

 

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Séance #5

William continue de travailler le bloc sans relâche, notamment le premier mouvement, qu’il ne parvient toujours pas à réaliser. Il faut dire qu’il consiste à arriver très vite sur une prise main droite très petite depuis des pieds minuscules. Bien qu’il n’y arrive toujours pas, le Britannique ne perd pas espoir et note même des progrès : “Je suis tombé tellement de fois sur ce premier mouvement ! Mais je me sens de plus en plus proche à chaque fois ! !! Le dernier mouvement se rapproche aussi 😁 Je me sens vraiment bien maintenant dans la section du milieu et je suis capable d’utiliser le plus mauvais pied pour le 4ème mouvement”, déclarait-il il y a deux semaines.

 

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Séance #6

Bosi ne parvient toujours pas à réaliser le premier mouvement, mais le temps de contact avec la prise d’arrivée augmente considérablement ! En effet, lors de son meilleur run de la séance, il réussit à tenir la préhension pendant une seconde environ, avant de zipper du pied. “Je suis plus proche que jamais !”, s’extasie le Britannique, définitivement surmotivé à l’idée de réussir ce premier mouvement. Ce n’est donc plus qu’une question de temps…

Interrogé sur la différence de difficulté ressentie entre “Alphane” et “Burden of Dreams”, Will répond : “”Burden of Dreams” est bien plus dur, mais c’est clairement deux styles très différents”.

 

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Séance #7

Pour cette nouvelle session d’entraînement dans la réplique de “Burden of Dreams”, Will décide de tester quelque chose de nouveau. Il installe un système de poulies sur le mur, de manière à se délester, pour grimper plus léger. Verdict ? Avec seulement 2,5 kilos de moins, Bosi réussit à faire le premier mouvement. “J’ai toujours eu envie de tester ce système de poulies pour me délester, et ça a marché ! Comme sur la poutre ou la plupart des autres entraînements, il est tout à fait logique de s’entraîner progressivement avec plus ou moins de poids. Cependant, je n’étais pas sûr que ça marcherait sur un mur d’escalade. Cette configuration était pourtant parfaite et j’ai pu faire le mouvement en étant délesté de 2,5 kg. J’ai donc l’impression d’être proche de la vérité 😂”.

 

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Séance #8

Enfin la séance que William attendait tant !En fin de semaine dernière, il a réussi à réaliser le premier mouvement, sans être délesté cette fois-ci. Alors que Stefano Ghisolfi partageait cette séance d’entraînement avec lui (une vidéo à propos de cette journée devrait bientôt être diffusée sur la chaîne Youtube de l’Italien), l’excitation était à son comble ! “Boom!!! 🔥 J’ai fait le premier mouv !!! 🤯 J’ai fait le plein d’énergie après une session épique avec Stefano 😁”, déclarait-il sur les réseaux sociaux.

Mais alors qu’est-ce qui a fait la différence ce jour-ci ? Pourquoi William a-t-il réussi à tenir la prise ? Il explique : “Je pense qu’au fil des essais, mon corps mémorise le mouvement. Je suis aussi devenu plus fort dans les doigts au cours de toutes les séances. Mais surtout, j’ai attrapé la prise parfaitement et j’étais dans la bonne position pour garder mon pied sur la prise”.

Concernant la difficulté intrinsèque de ce mouvement, il commente : “C’est de loin le mouvement le plus dur que j’ai jamais réalisé ! Je pense qu’il vaut au moins 8B+ à lui seul et pourrait même valoir 8C. J’ai déjà fait pas mal de mouvements en 8A/+ et là c’est très clairement au-dessus”.

 

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Séance #9

Galvanisé par le fait d’avoir enfin réussi le premier mouvement, William Bosi ne s’est pas arrêté là. Lors de sa séance suivante, la neuvième, il a réussi à répéter une nouvelle fois le premier mouvement mais également à réaliser le dernier, le seul qui lui résistait encore. “Enchaînement le premier mouvement et le dernier au cours de la même séance ? Je ne m’y attendais pas du tout ! Cette session a été incroyable !”, s’extasiait-il.

 

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William Bosi a maintenant réussi tous les mouvement intrinsèquement de la réplique en résine de “Burden of Dreams”. Il les évalue ainsi : le premier vaudrait 8B+/C à lui-seul, le second 7C, le troisième 7C+, le quatrième 7A/B et le dernier 8A.

Will précise tout de même que cette réplique en résine est vissée sur un panneau incliné à 40°, alors que le vrai “Burden of Dreams” est plutôt incliné à 43°/45°. Mais d’après lui, sur le rocher, le grain est bien meilleur que la résine sur laquelle ont été imprimées les prises en 3D, ce qui viendrait contrebalancer la différence d’inclinaison. Un fait confirmer par son compatriote Aidan Roberts, qui a eu la chance d’essayer le vrai “Burden of Dreams” et sa réplique en plastique : “La texture des prises de la réplique est moins bonne que le grain du rocher, ce qui équilibre donc la différence d’inclinaison”.

“Il est maintenant de planifier un trip en Finlande”, conclut William, excité à l’idée d’aller essayer le vrai “Burden of Dreams”.

Ses entraînements vont-ils payer ? Grâce à cette réplique, William va-t-il être en mesure d’enchaîner rapidement la vraie version sur le rocher ? Nous le saurons rapidement. Car comme le confie le Britannique, il n’a que deux objectifs en tête pour le moment : répéter “Excalibur” 9b+ en voie et “Burden of Dreams” 9A en bloc.


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Daniel Woods essaye actuellement “Alphane” 9A

14 Mar

Daniel Woods est actuellement à Chironico, où il travaille “Alphane”, le 9A ouvert par son compatriote Shawn Raboutou. Et le solide Américain ne cesse de progresser dans ce bloc…

Dès son arrivée au Tessin il y a quelques jours, Daniel Woods donnait le ton. Il signait une ascension express de “Ninjutsu” 8B+. Mais si l’Américain a traversé l’Atlantique, c’est avec un objectif bien plus ambitieux en tête : ajouter “Alphane”, le 9A bloc le plus en vogue du moment, à son carnet de croix.

Cette somptueuse ligne, qui raille un panneau incliné à 70°, se décompose principalement en deux parties. Une première, qui vaut 8C, suivie d’une seconde, légèrement plus facile, qui vaut environ 8B+. Toute la difficulté de ce bloc consiste à relier l’ensemble des mouvements entre eux.

Hier, l’Américain a posté une vidéo sur ses réseaux sociaux, où on le voit enchaîner la dernière partie du bloc, sans grandes difficultés :

 

Quelques jours plus tôt, Daniel avait publié une autre vidéo, où il nous faisait une démonstration de la première partie du bloc. Alors, une nouvelle ascension de ce bloc est-elle imminente ? Il se pourrait bien que oui ! Dans une interview qu’il nous avait accordée, Simon Lorenzi, le troisième répétiteur d'”Alphane”, nous avait confié avoir lui aussi réalisé le bloc en deux parties. Dès lors, son enchaînement final ne s’était pas fait attendre. En sera-t-il de même pour Daniel Woods ? S’il y parvient, il deviendra le troisième grimpeur au monde à compter deux 9A bloc à son actif, après Shawn Raboutou et Simon Lorenzi.

À 33 ans, Daniel Woods compte plus d’une quarantaine de blocs dans le 8C et plus difficiles. En 2021, il a signé la première ascension du premier 9A d’Amérique, “Return of the Sleepwalker”, après des semaines d’efforts. Il a également enchaîné un grand nombre de 8C+ et est l’un des bloqueurs les plus reconnus dans le milieu de l’escalade.

Alphane, le 9A bloc que tout le monde s’arrache !

À ce jour, il n’existe que cinq blocs dans le monde à qui l’on a attribué la cotation mythique de 9A. Trois d’entre eux attendent toujours une première répétition. Il s’agit de “Burden of Dreams”, de Nalle Hukkataival, en Finlande, de “Return of the Sleepwalker”, de Daniel Woods, à Red Rocks aux États-Unis et de “Megatron”, de Shawn Raboutou, dans l’Eldorado Canyon aux États-Unis.

Il y a aussi “Soudain Seul”, de Simon Lorenzi, à Bleau. Lui a déjà été répété, par Nicolas Pelorson, qui a préféré lui accorder la cotation 8C+, tandis que Camille Coudert, troisième ascensionniste de ce bloc, a confirmé le 9A. Le prochain répétiteur pourrait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Ce pourrait-être Shawn Raboutou, qui est récemment allé rendre une visite à ce bloc, sans parvenir à le dompter.

Puis, il y a bien sûr “Alphane”, le 9A bloc que tout le monde s’arrache. Le fait que ce bloc soit situé à Chironico, dans l’un des temples de l’escalade en Europe, a permis à de nombreux forts grimpeurs de venir essayer cette ligne, après la première ascension de Shawn Raboutou. Ainsi, très vite, Aidan Roberts a réalisé la première répétition, suivi de William Bosi et Simon Lorenzi.

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Retour sur le Studio Bloc Masters, la “Coupe du Monde ouverte à tous” !

14 Mar

Le Studio Bloc Masters n’est pas qu’une simple compétition… C’est la plus grosse compétition de bloc ouverte à tous ! Les qualifications sont accessibles à tous les grimpeurs qui veulent faire face aux 80 passages tracés exprès pour l’occasion. C’est l’opportunité idéale pour les grimpeurs amateurs de participer à une compétition aux côtés des meilleurs grimpeurs du monde, sur des blocs préparés par une équipe d’ouvreurs internationale. En bref, une véritable “Coupe du Monde ouverte à tous”, comme aime le rappeler les organisateurs de l’événement.

Mais pourquoi autant d’engouement autour de cette compétition ? Tout d’abord car elle se tient à Studio Bloc Darmstadt, l’une des plus belles salles d’escalade en Allemagne. Aussi car elle se déroule toujours en mars et sert d’entraînement de pré-saison pour de nombreux grimpeurs internationaux, avant le début des Coupes du monde de bloc. Cette année, le plateau était particulièrement exceptionnel, avec des stars telles que Laura Rogora, Camilla Moroni, Chloé Caulier, Jakob Schubert, Jernej Kruder, Yannick Flohé, Alberto Gines Lopez, ou encore Micka Mawem. Ce dernier raconte : “le Studio Bloc Masters c’est chaque année une compétition de dingue, où il a un nombre impressionnant de blocs et de participants. Plus de 600 inscrits, c’est énorme pour une compétition ! C’est un événement monstrueux, les blocs sont géniaux, l’organisation est parfaitement rodée, c’est à la hauteur, voire même mieux, qu’une Coupe du Monde”.

Le Studio Bloc Masters est l’occasion rêvée pour grimper aux côtés de ses idoles.

En effet, ils étaient 405 hommes et 185 femmes au départ de la compétition samedi matin. Et parmi tous ces grimpeurs, celui qui s’est emparé de la tête du classement des qualifications n’est autre que le Français Micka Mawem. Sa stratégie pour se préparer à la saison de Coupes du Monde ? Participer à tout un tas de compétitions en amont, afin d’être parfaitement rodé pour cette saison internationale 2023, où les enjeux sont énormes.

“Aujourd’hui je me sens clairement fort, je me sens clairement bien, mais il me reste encore de nombreux réglages à faire pour être plus efficace en compétition”, explique-t-il. “C’est pourquoi, je fais pas mal de compétitions en ce moment, et je vais continuer d’en faire plein jusqu’aux premières Coupes du Monde. Je sens que je progresse de compét en compét, mais les Coupes du Monde arrivent vite et il me reste du boulot”, confie-t-il.

Pour peaufiner sa préparation pour la saison 2023, Micka Mawem avait fait le déplacement en Allemagne ce week-end.

Sur les 80 blocs de qualifications, classés de manière croissante par difficulté, seuls les 20 meilleurs de chaque grimpeur étaient retenus. Micka enchaînera 19 des 20 blocs les plus durs de tout le circuit, parvenant à en flasher 13 d’entre eux. “Les blocs n’étaient pas très difficiles et j’ai été plutôt efficace, ce qui m’a permis de terminer premier des qualifications”, commente le Français. “J’étais bien content de ma performance, mais encore fallait-il assumer cette première place en demi-finale”.

Malheureusement, le lendemain matin, la demi-finale ne se déroulera pas aussi bien que prévu pour notre Français. “Être premier des qualifications, signifie passer dernier en demi-finale… et donc grimper sur des prises sales. Et ce paramètre a joué un rôle majeur sur ces demi-finales, qui étaient bien dures. Pas tant en terme de grimpe, mais en terme de technique et de tenue de prise. En isolement, on entendait que les premiers grimpeurs à s’élancer enchaînaient les blocs. Puis, plus le temps passait, moins on entendait de bruit de la part des spectateurs. J’ai vite compris pourquoi en arrivant au pied des blocs : c’étaient malheureusement des blocs qui dépendaient beaucoup de la friction et on s’est retrouvé à grimper sur des prises où on ne sentait plus rien du tout”, explique Micka.

Il parviendra à réaliser le premier bloc, en dalle, en six essais. Puis, il tombe la main dans la prise finale du second passage. Dans le bloc 3, il parvient à valider la zone, mais n’arrive pas à atteindre le top. Enfin, dans le dernier passage, Micka réussit à faire le jeté, mais ne fait pas le réta. “J’ai presque abandonné pour ne pas prendre de risque vis à vis de mon épaule. Je n’avais pas envie de me blesser”, avoue-t-il. Micka terminera 10ème de la compétition. “Ça reste un événement hors normes et je suis super content d’y avoir participé. Je serai de nouveau là l’année prochaine, soyez-en sûr !”.

Une dixième place à la clé pour Micka Mawem.

La grande surprise du Studio Bloc Masters 2023 a été sans conteste la victoire du grimpeur israélien Ido Fidel. Classé troisième des demi-finales, le jeune homme a volé la victoire à Jakob Schubert, pourtant grand favori de la compétition. À égalité avec l’Autrichien en terme de tops et de zones, un petit essai de moins a suffi à faire pencher la balance en sa faveur. Avec un bloc de moins que les deux premiers, c’est le Slovène Jernej Kruder qui est monté sur la troisième marche du podium.

L’Israélien Ido Fidel a surpris tout le monde en finale, trustant la victoire.

Chez les femmes, Katja Debevec a survolé la finale. La Slovène a réalisé un carton plein, avec quatre tops, dont deux blocs enchaînés à vue. Elle qui s’était qualifiée de justesse en finale décrochera la première place, devant la Canadienne Madison Richardson, deuxième, et la Belge Chloé Caulier, troisième.

Personne n’aura été de taille face à la Slovène survoltée Katja Debevec.

Les résultats complets des finales

Hommes

Femmes

Les replays de la compétition

Finales

Demi-finales

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Compétition : résultats du sélectif équipe de France de bloc 2023

13 Mar

Ce week-end se tenait un sélectif national dans la salle Karma à Bleau, pour tenter d’obtenir sa place en équipe de France et prendre part aux premières Coupes du Monde de blocs de la saison. Voici les résultats, commentés par les deux vainqueurs.

Deux semaines seulement après le Championnat de France de bloc 2023, quelques-uns des meilleurs compétiteurs du pays renfilaient leur maillot pour s’affronter de nouveau. Cette fois, pas de show, ni de public, cette compétition se déroulait à huis clos, dans la salle Karma de Fontainebleau. Comme le décrit Mathieu Ternant, “c’est une compet particulière, avec une ambiance particulière, mais ça me plaît, j’aime bien les sélectifs”. Il faut dire que l’enjeu était de taille : décrocher une place en équipe nationale et porter le maillot français sur les premières étapes de Coupes du Monde de la saison 2023.

Agathe Calliet : l’heure de la revanche a sonné !

Chez les femmes, elles étaient quatorze à vouloir décrocher le précieux sésame. Autant dire que la concurrence s’annonçait féroce. Au programme de ce samedi 11 mars, deux circuits de Coupe du Monde : un premier de cinq blocs le matin et un second de quatre blocs l’après-midi, du niveau d’une demi-finale mondiale.

Dès le début de la compétition, Agathe Calliet, donne le ton. “J’étais dans un état mental assez « neutre », je ne me suis pas posée de questions, je ne me suis pas projetée sur le résultat, je voulais juste venir pour grimper et faire au mieux, je pense que ça s’est senti dans mon escalade”, commente la jeune femme. Elle était la toute première compétitrice de la journée à s’élancer dans le premier circuit. “Ça m’a permis de ne pas passer trop de temps à cogiter en isolement le matin”, raconte-t-elle. Agathe arrive concentrée au pied du premier bloc. “Je me suis juste dit que j’allais grimper, que c’était de l’escalade, et que c’était ce que je faisais tous les jours”. Résultat ? Elle enchaîne le premier bloc à vue. Une sacrée performance de la part de la Valentinoise, puisqu’après elle, aucune grimpeuse n’arrivera à atteindre le top de ce passage. “Le fait de flasher le premier bloc m’a bien lancé, ensuite j’ai réussi les trois autres blocs en peu d’essais, et je suis tombée en haut du dernier. Je ne pensais pas être capable de si bien m’exprimer (c’est rare de toper autant de blocs dans un circuit à Karma 🤣)”, raconte-t-elle le sourire aux lèvres.

La grimpeuse de 19 ans, qui était l’une des grandes favorites au titre national, était passée à côté de sa compétition à Valence deux semaines plus tôt. Elle avait terminé 7ème, aux portes des finales, en topant un bloc alors que le temps était écoulé en demi-finale. “J’avais un goût d’inachevé et une « revanche » à prendre”, décrit-elle. Ce sélectif tombait donc à pic ! Avec 4 blocs et 5 zones, elle trustera la première position du classement provisoire. “Je venais de gagner le tour. Ensuite je suis restée bien concentrée pour le circuit de l’après midi, j’ai mangé mon dessert préféré (les vrais savent ce que c’est), et je me suis mise dans ma bulle”.

Une fois la pause méridionale passée, le deuxième circuit de la journée commençait. “Je l’ai abordé de manière assez détendue”, confie-t-elle. Pourtant, de nouveau, Agathe met tout le monde d’accord. Elle sera la seule grimpeuse à se payer le premier bloc à vue, pourtant bien loin de ses points forts comme elle l’explique : “C’était une dalle bien technique, plutôt mon anti style mais je m’en sors bien…”. Elle enchaîne ensuite le second passage en trois essais, mais bute dans les deux derniers tracés, parvenant toutefois à valider les prises de zone. Seule Zélia Avezou fera mieux qu’elle, ce qui lui vaudra la première place du deuxième circuit.

Au total, Agathe Calliet s’impose au classement général, après avoir terminé première du circuit 1 et deuxième du circuit 2. Elle devance Zélia Avezou (troisième, puis première) et Clothilde Morin (deuxième et septième). “Ce résultat me fait super plaisir. Je suis allée chercher dans mes ressources pour réussir. Je suis satisfaite de l’état d’esprit que j’ai eu sur cette compétition, avec un mental d’acier mais aussi une bonne gestion de la pression et de mes émotions. Je suis heureuse que le travail, les entraînements, les stages, l’investissement paye. Merci à tous ceux qui m’accompagnent au quotidien ; Victor, William, mes parents, les copains. J’ai hâte des échéances qui arrivent avec la saison internationale. Ça va être de belles expériences et j’ai hâte de tout donner”, conclut Agathe.

Une pensée pour Valentine Mangin, qui s’est violemment blessée à la cheville en retombant dans l’un des blocs du premier circuit. Nous lui souhaitons un bon rétablissement !

Les résultats féminins du sélectif :

Mathieu Ternant fait parler l’expérience !

Chez les hommes, le combat a fait rage également. C’est d’abord Antoine Girard qui s’est illustré en venant à bout des cinq blocs du premier circuit. Une performance qu’il sera le seul à réaliser. Le jeune français sera l’un des trois seuls compétiteurs à valider le bloc 1 (aux côtés de Thomas Lemagner et Adrien Lemaire). Puis, il enchaînera le second passage en deux essais, avant de signer un flash des blocs 3 et 5 et de valider le bloc 4 en quatre essais. C’est donc tout naturellement qu’Antoine prenait la première place du classement provisoire. La compétition démarrait également plutôt bien pour Mathieu Ternant, qui terminait 4ème avec 4 blocs en 5 essais. Mais l’Ardéchois avait envie de plus : “Bizarrement, après la petite claque prise au Championnat de France, j’ai plutôt bien réagi et j’étais très motivé à prendre une revanche. Je me sentais vraiment bien, fort physiquement, bien dans mes sensations et surtout plutôt confiant et détendu”, explique Mathieu. “Le premier circuit n’était pas très dur, avec un premier bloc assez bizarre dans un dièdre, où je passe complètement à côté”.

Mais quelques minutes plus tard, les cartes étaient rebattues et un nouveau tour débutait. Cette fois, Mathieu Ternant tirera son épingle du jeu et s’offrira la première place du second circuit, particulièrement exigeant sur le plan physique. En effet, la moitié des compétiteurs de l’après-midi n’atteindra aucun sommet, tandis que l’autre moitié devra se contenter d’un seul top. Sauf Mathieu Ternant, qui validera deux blocs, ce qui lui vaudra la première place de ce circuit. “Ça tabassait fort dès le début”, confirme Mathieu. “Je fais deux blocs, et un troisième mais hors temps. Finalement, deux tops suffiront pour m’assurer la victoire de ce tour”.

Au total, c’est lui qui remporte la première place de ce sélectif et qui décroche son billet pour les premières Coupes du Monde de la saison. “Ce n’est pas un titre, mais ça fait énormément plaisir. C’était un gros combat mental de rebondir suite au Championnat de France. Il y avait une place à prendre et je l’ai prise donc je suis très heureux et soulagé”.

Quelques points derrière lui, on retrouve Antoine Girard (cinquième du second circuit) et Adrien Lemaire (septième du premier circuit et deuxième du second tour).

Les résultats masculins du sélectif :

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Shawn Raboutou, sur le point d’enchaîner un nouveau 9A bloc ?

09 Mar

L’Américain Shawn Raboutou travaille actuellement “Soudain Seul” 9A à Bleau et ses essais sont très prometteurs !

Il compte déjà deux blocs 9A à son actif… Le troisième va-t-il tomber bientôt ? Après avoir passé quelques semaines en Finlande à déchiffrer les mouvements de “Burden of Dreams”, Shawn Raboutou s’est tourné vers le seul 9A qu’il n’avait encore pas essayé : “Soudain Seul” à Fontainebleau.

Contrairement aux fois précédentes, où l’Américain avait gardé secrets ses projets (allant même jusqu’à annoncer ses ascensions dans “Alphane” et “Megatron” des mois plus tard), il communique maintenant beaucoup plus sur ses travaux en cours. Dans une récente vidéo, Shawn nous montrait ses progrès dans le joyau de Nalle Hukkataival, “Burden of Dreams”. Il vient maintenant de publier une nouvelle vidéo sur sa chaîne Youtube, où on le découvre en train d’essayer “Soudain Seul”, le premier 9A de Bleau.

“Soudain Seul”, parmi les blocs les plus difficiles au monde

Actuellement, la ligne la plus dure de Bleau s’appelle “Soudain Seul” et a été enchaînée pour la première fois en février 2021 par le Belge Simon Lorenzi. Il s’agit du départ assis du célèbre 8C “The Big Island”, libéré en 2011 par Vincent Pochon. Cette nouvelle séquence ajoute dix mouvements supplémentaires autour de 8B/+, portant la cotation finale à 9A. C’est en tout cas la proposition de Simon Lorenzi, qui a utilisé un exemplaire du livre ‘Soudain, seuls’, d’Isabelle Autissier, glissé sous l’une de ses genouillères pour réussir l’un des pas.

Deux mois plus tard, Nicolas Pelorson a signé la deuxième ascension et a décoté le bloc à 8C+. Camille Coudert a répété la ligne à son tour en février 2022, et a partagé la proposition de Lorenzi. “J’ai comparé ce bloc à des classiques que j’ai eu l’occasion d’essayer, comme « Off the wagon assis » 8C+, « Dreamtime » 8B+/C, « The story of two worlds » 8C, « La rustica » 8C ou encore « La révolutionnaire » 8C+ et « No kpote only » 8C+. Et j’en suis arrivé à la conclusion que “Soudain Seul” était vraiment beaucoup plus dur que tous ces blocs. C’est pour cela que j’ai décidé de confirmer la cotation de 9A bloc pour “Soudain Seul” comme l’avait proposé Simon Lorenzi”, avait déclaré Coudert.

Récemment, Shawn Raboutou s’est rendu en France et a mis les doigts dans cette ligne. Bien que le bloc lui ait résisté, avec notamment un mouvement qui lui a posé problème, le solide Américain lui a attribué la cotation de 9A dans le titre de sa vidéo.

Si Shawn réussit à cocher cette ligne, il sera le seul grimpeur au monde à compter trois 9A blocs à son carnet de croix. Il partage actuellement le titre du plus grand nombre de 9A enchaîné avec Simon Lorenzi.

La vidéo de Shawn Raboutou dans “Soudain Seul” :

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Retour sur le premier 8B+ bloc de Stasa Gejo à Bleau

08 Mar

Stasa Gejo a enchaîné “Mécanique Élémentaire” 8B+ à Fontainebleau en novembre dernier. Un mini documentaire au sujet de cette ascension vient de sortir.

Stasa Gejo est l’une des meilleures bloqueuses au monde, aussi forte en compétition que sur le rocher. Lors d’un voyage à Bleau cet automne, elle a réalisé “Mécanique Élémentaire” 8B+, qui est devenue la plus grosse performance de son carnet de croix.

“L’année dernière, je l’ai essayé pour la première fois et je suis tombée amoureuse de la ligne. J’ai fait tous les mouvements, mais malheureusement, la pluie m’a empêché de l’essayer davantage”, avait-elle déclaré. “Après trois séances la semaine dernière, tombant dans le dernier mouvement dynamique environ 5 ou 6 fois, je l’ai fait avec les doigts gelés, congestionnée et épuisée. C’était une belle bataille que je n’oublierai pas. Il y avait tellement de gens qui me soutenaient et me poussaient jusqu’à la fin.”

Grâce à cette performance, la grimpeuse serbe est devenue la troisième femme à enchaîner un 8B+ à Bleau. Melissa Le Nevé avait réalisé la première ascension féminine de ce bloc en 2017 mais sinon, à part Oriane Bertone, aucune autre femme n’a réalisé de 8B+ dans la forêt bellifontaine.

Le documentaire de cette performance :

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Aidan Roberts libère un nouveau 8C bloc à Ticino

06 Mar

Aidan Roberts a réalisé la première ascension d’un nouveau 8C au Tessin, en Suisse : “Unison”, un bloc dans son pur style !

Un panneau déversant, une série de minuscules prises de main, des pieds qui dépassent de quelques millimètres à peine… Il n’en fallait pas plus pour éveiller la curiosité d’Aidan Roberts. Il y a tout juste un an, le grimpeur britannique apercevait cette face, lors de son premier voyage au Tessin, en Suisse. Mais son excitation s’estompait rapidement : la zone d’atterrissage était dangereuse (voire inexistante) et les prises extrêmement sales. Au point qu’il lui était impossible de savoir si la ligne était réalisable ou non.

Ce bloc lui sortira de la tête, jusqu’à ce que Shawn Raboutou lui montre de nouveau cette pièce de roche l’automne dernier. La petite flamme s’est aussitôt rallumée. De retour au Tessin, Aidan passera une journée à défricher les prises et à mettre en place des rondins au pied du bloc, afin de créer une zone d’atterrissage digne de ce nom. “Mais ça semblait encore un peu dangereux d’essayer”, avoue Aidan. Le lendemain, il motive une troupe pour l’aider à finaliser ses travaux. Ainsi, James Pearson, Caroline Ciavaldini, Luke Murphy, Tom Peckitt et Giuliano Cameroni se joignent à lui et fabriquent une solide terrasse en bois, rendant plus sûre les chutes dans ce bloc. “Alors que la nuit tombait, nous avons été en mesure d’essayer les mouvements et nous nous sommes finalement rendu compte que la ligne était possible”, raconte Aidan.

Le processus de travail dans ce bloc pouvait enfin commencer. Et il ne durera pas très longtemps. “Je suis rapidement revenu et je me suis immédiatement mis au boulot”, commente Aidan. Pourtant, même après le nettoyage des prises, la ligne semblait dure. Mais elle était dans le pur style du Britannique : de petites arquées demandant beaucoup de précision et des prises de pied tout aussi minuscules. “La vraie difficulté résidait dans le fait de coordonner le haut du corps et le bas du corps, et de rester en tension au fil des mouvements”, explique Aidan. Grand adepte de l’entraînement sur panneau, le grimpeur de 25 ans ne mettra pas longtemps à enchaîner cette ligne. Après avoir calé les principaux mouvements, il parviendra à se rétablir au sommet du bloc lors de son tout premier essai depuis le bas. “Unison”, 8C était né.

Concernant la difficulté, il déclare : “C’est difficile d’évaluer le niveau, surtout quand cela me convient si bien. Le style me correspond presque parfaitement. Mais il faut faire un choix, alors j’opte pour le 8C. Espérons que de futures ascensions permettront d’y voir plus clair”.

Mais ce qui compte avant tout pour Roberts, ce sont les bons moments partagés autour de ce bloc. “J’ai tellement de bons souvenirs liés à cette ligne, que finalement la cotation n’a pas tellement d’importance”, termine-t-il.

La vidéo de son ascension dans “Unison” 8C :

 

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Alex Megos : “l’escalade c’est 99% d’échec”

03 Mar

Alors que Yannick Flohe a enchaîné cinq blocs entre le 8B+ et 8C+ lors de son récent voyage au Tessin, rien n’a fonctionné pour Alex Megos, qui a cumulé les échecs.

“L’escalade c’est 99% d’échec ! Yannick a fait de belles croix lors de ce voyage en Suisse. Mais pour moi, c’était plus une question d’échec. Parfois tu gagnes, parfois tu apprends”, déclare Alex Megos.

Ce n’est pas un secret que l’échec fait partie de l’escalade. Pour Alex Megos, elle représente même 99% de notre pratique. Dans sa dernière vidéo, le champion allemand nous montre que même les meilleurs ne dérogent pas à cette règle. Alors qu’il ne parvient pas à réaliser de blocs durs, son compatriote Yannick Flohé enchaîne les succès. Au total, lors de ce voyage à Chironico, Yannick enchaînera cinq blocs entre le 8B+ et le 8C+. Il retiendra notamment une journée exceptionnelle où il se rétablira au sommet du 8C+ “Ephyra”, quelques minutes avant d’enchaîner “From Dirt Grows The Flowers” 8C. Le grimpeur allemand a ensuite effectué la première ascension de “Return of the Dreamtime” 8C+, une variante directe du célèbre “Dreamtime” 8C.

Nombreux sont les grimpeurs professionnels à donner l’impression que l’escalade est facile, même dans les blocs les plus durs du monde. Alex Megos ne fait pas exception. Mais il n’hésite pas non plus à partager les moments moins glorieux, parfois fastidieux et frustrants sur le rocher, comme c’est le cas dans sa dernière vidéo.

“L’échec fait partie du jeu”, conclut-il.

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Voici quelques unes des plus belles vidéos d’escalade américaines !

03 Mar

La société de production américaine Louder Than Eleven a récemment publié gratuitement plusieurs vidéos sur l’escalade libre aux États-Unis. Alex Honnold, Emily Harrington et Jorg Verhoven sont quelques-uns des principaux protagonistes de cette série de vidéos documentaires.

Jorg Verhoeven dans “The Nose” – 25 minutes

Jorg Verhoeven a passé un mois dans la vallée du Yosemite en octobre 2014 avec un seul objectif en tête : enchaîner en libre “The Nose”. Dans la vidéo, Verhoeven explique pourquoi la voie est si difficile, ce qui motive les grimpeurs du monde entier à tenter l’ascension libre de ce monstre rocheux et comment il a lui-même vécu cette expérience.

L’ascension en libre de “Golden Gate” par Emily Harrington – 17 minutes

En 2015, Emily Harrington a signé l’ascension en libre de “Golden Gate”, soutenue par son partenaire Adrian Ballinger. Elle a réussi les 41 longueurs de cette emblématique grande voie, qui comprenaient la redoutable “Monster Offwidth”, après avoir passé six jours sur le mur. Cinq ans plus tard, en 2020, et après avoir subi un accident sur la même voie en novembre 2019, elle l’a refait en libre et en moins de 24 heures.

Jorg Vehoeven et Katha Saurwein font face au “Dihedral Wall” – 16 minutes

En novembre 2016, Jorg Verhoeven a réalisé son pèlerinage annuel dans le Yosemite pour tenter la deuxième ascension en libre de “The Dihedral Wall”. La première a été réalisée par Tommy Caldwell en 2004 et était alors devenue l’ascension en libre d’une grande voie la plus difficile du Yosemite. Sa femme Katha Saurwein l’accompagnera dans cette aventure, et parviendra également à enchaîner en libre “Final Frontier” sur Fifi Butress.

Alex Honnold et Emily Harrington en libre dans “Solar Flare” – 6 minutes

Dans le sillage de Conrad Anker et Peter Croft, qui ont ouvert Solar Flare en 2007 et réalisé la première ascension libre en 2009, Alex Honnold et Emily Harrington cherchent à répéter la voie dans le plus pur style. Situé sur The Incredible Hulk, l’une des meilleures parois de granit des États-Unis, “Solar Flare” compte 350 mètres, neuf longueurs et atteint des difficultés allant jusqu’à 7c+.

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Une nouvelle performance sur le rocher pour Adam Ondra !

02 Mar

Adam Ondra a enchaîné un nouveau 8c à vue avec “Radar Ez”, tandis qu’il a essayé de nouveaux projets dans la région de l’Alt Urgell, en Espagne, aux côtés de Patxi Usobiaga.

Adam Ondra a passé quelques jours à Oliana, chez son ami et ex-entraîneur Patxi Usobiaga. Son objectif était d’essayer de nouveaux projets ouverts par son hôte et tenter “Esclatamasters” à vue. Depuis que Patxi s’est installé dans la région catalane de l’Alt Urgell, il n’a cessé d’équiper et de développer de nouveaux secteurs ou d’élargir le nombre de possibilités dans des endroits déjà bien connus comme l’Arc, à Perles, où “Esclatamasters” 9a est la King Line. À droite de cette voie, Usobiaga a équipé quelques lignes en 2020, peu avant l’explosion de la pandémie. Parmi elles se distinguent “Jo Puc” et “Pucmasters”, deux voies qui sont encore à l’état de projet, se situant entre le 9a+ et le 9b+.

C’est précisément dans ces deux voies qu’Adam Ondra a concentré son activité lors de sa visite. Le Tchèque visait la première ascension de “Jo Puc”, un 9a+ très intense qu’il a failli réaliser. “Malheureusement, lors de mon meilleur essai, mon talon a zippé et je suis tombé”, explique Adam. Ce dernier a également mis les doigts dans “Pucmasters”, une version plus directe de “Jo Puc” qui pourrait valoir 9b+. “C’est l’une des plus belles lignes dures que j’ai jamais vues”, avoue le Tchèque, qui devra revenir pour tenter de libérer ce bijou.

Le troisième jour de son trip, Adam Ondra a décidé de se tourner vers un nouvel objectif : tenter d’enchaîner à vue “Esclatamasters”, un 9a très résistant libéré par Julian Ramon en 2006, qui remonte un superbe mur bleu sur la falaise de Perles. Initialement cotée 9a par Ramon Julian, la plupart des répétiteurs avaient trouvé cette cotation excessive et l’avaient ramenée à 8c+. Cependant, une prise a cassé dans le haut de la voie au début de l’été 2015, faisant remonter la cotation à 9a. Cela faisait bien longtemps qu’Adam Ondra avait cette voie en tête. Il se l’était gardée de côté pour la tenter à vue. “Je pensais que ce voyage pouvait être le bon”. Alors le Tchèque a enfilé ses chaussons et s’est élancé dans ce tracé résistant. Malheureusement, il manquera de peu son essai. “Je me sentais plutôt bien et les conditions étaient bonnes, mais pendant que j’étais dans la voie, le vent s’est arrêté, il a fait chaud d’un coup et j’ai manqué de force. Je pensais pouvoir faire ces deux voies pendant ce voyage, “Jo Puc” et “Esclatamasters” mais finalement, je n’ai pu faire ni l’un ni l’autre. J’en voulais trop et au final je n’ai rien obtenu… C’est aussi ça l’escalade”, commente humblement Ondra.

En guise de lot de consolation, il a tout de même réalisé la première ascension de “Radar Ez” 8c, qu’il a enchaîné à vue.

Patxi Usobiaga a documenté la visite d’Adam Ondra dans une série de deux vidéos. Dans la première, ils grimpent dans la maison de Patxi, où il a récemment rénové toutes ses structures d’entraînement, et dans la seconde, on voit Adam grimper à Perles et terminer la vidéo par l’enchaînement à vue de “Radar Ez” 8c.

L’épisode 1

L’épisode 2

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Oriane Bertone et Mejdi Schalck champions de France de bloc 2023 !

26 Fév

Les nouveaux champions de France de bloc 2023 s’appellent Oriane Bertone et Mejdi Schalck ! Sans grande surprise, les deux favoris de la compétition se sont imposés au terme d’une belle finale à Valence.

Un premier titre de champion de France pour Mejdi Schalck

“Le titre national restera chambérien”, avait vivement annoncé Paul Jenft, champion de France 2022, quelques minutes avant les finales de cette édition 2023. Il ne s’était pas trompé. La couronne nationale reste à Chambéry, puisqu’elle passe de la tête de Paul Jenft à celle de Mejdi Schalck.

Les Massicois, pourtant présents au nombre de trois en finale, n’ont rien pu faire face au duo savoyard survolté. Le bloc 1, plutôt basique, sera enchaîné par tous les finalistes, sauf Adrien Lemaire (ce qui lui coûtera d’ailleurs le podium). Le second bloc ne bouleversera pas le classement, puisqu’aucun compétiteur ne parviendra à atteindre le top, ni même la prise de zone. Il faut dire que la coordination en no-foot prévue par les ouvreurs était particulièrement difficile à réaliser dans le temps imparti. Mais même s’il n’enchaîne pas le bloc, Mejdi Schalck montre une nouvelle fois qu’il est le plus fort, en étant tout proche de tenir la fameuse prise de zone.

Les choses s’accélèrent de nouveau dans le troisième tracé des finales, situé sur le panneau positif de Valence. Un premier jeté latéral conduisait à une petite série d’arquées, qu’il fallait maîtriser en équilibre. À ce jeu, Paul Jenft est le plus fort et enchaîne le bloc lors de son tout premier essai. Mejdi Schalck est presque tout aussi efficace ; il mettra un essai supplémentaire. Ça passe aussi pour Léo Avezou (2 essais), Thomas Lemagner (5 essais) et Adrien Lemaire (5 essais). Finalement, Sam Avezou sera le seul finaliste à ne pas valider ce passage.

Tout était donc encore possible dans le dernier bloc des finales, qui débutait par une première compression, avant de se poursuivre par deux mouvements dynamiques. Cette fois, nos premiers protagonistes à s’élancer dans cet ultime tracé se cassent les dents un par un. Jusqu’à l’arrivée d’Adrien Lemaire, qui enflamme le public en libérant le passage après trois essais. Juste après, Mejdi Schalck frappe encore plus fort : il atteint la prise finale lors de son premier essai dans le bloc, et saute dans un cri de joie retentissant, recouvert par les acclamations du public. Il le sait, en enchaînant ce dernier bloc, il vient de décrocher le titre de champion de France 2023.

Derrière lui, on retrouve le tenant du titre 2022, Paul Jenft, qui décroche cette année la médaille d’argent, tandis que le podium est complété par Léo Avezou.

Les résultats des finales

Oriane Bertone, sacrée championne de France de bloc 2023

Elle était la grande favorite de la compétition. On se demandait même comment le titre pouvait lui échapper. Pourtant, ce matin, lors des demi-finales, Oriane Bertone était avertie par la concurrence : elle n’avait pas le droit à l’heure. Mais des erreurs, la Réunionnaise n’en a pas commis dans ce tour de finale.

Alors que les premières finalistes faisaient face à un premier bloc aérien très complexe, Oriane l’enchaîne à vue. Le sourire aux lèvres et avec une facilité déconcertante. C’est comme si la gravité n’avait eu aucun effet sur son corps. Le ton était donné, la machine Bertone lancée. Et difficile, voire impossible, d’arrêter la jeune française quand elle part sur un tel rythme. Galvanisé par l’enjeu et l’ambiance électrique, elle donne un grand coup de masse dans le bloc 2, en s’offrant le seul et unique top. Elle prenait alors une avance considérable sur toutes les autres finalistes. Plus que jamais, le titre de champion de France qu’elle convoitait tant (et dont elle était passée à un cheveu l’an dernier), lui tendait les bras.

Pas de surprise dans le bloc 3. Enfin si, mais plutôt du côté de l’ouverture. Dans cette dalle, les ouvreurs avaient proposé un concept dans lequel il fallait se retourner face à la foule. Un geste technique et spectaculaire, qui sera réussi par trois grimpeuses : Oriane Bertone, Selma Elhadj Mimoune et Flavy Cohaut.

À ce moment des finales, Oriane Bertone avait réussi tous les blocs de la compétition, depuis les qualifications. Allait-elle réaliser le grand Chelem en toppant le dernier bloc ? Elle s’en approchera de près, en ramenant les deux mains en compression sur la dernière prise, mais ne parviendra pas à la tenir. Mais pas grave. Avec son large sourire communicatif, Oriane salue la foule, le regard pétillant. Elle venait de décrocher son premier titre de championne de France de bloc seniors.

En étant la seule à valider le dernier bloc des finales, Selma Elhadj Mimoune est sacrée vice championne de France. Enfin, c’est Flavy Cohaut qui complète le podium.

Le replay de la finale masculine

Le replay de la finale féminine


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Championnat de France de bloc 2023 : résultats des demi-finales

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