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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Championnat de France de vitesse : résultats des qualifications seniors

19 Mar

Aujourd’hui se dispute le Championnat de France de vitesse seniors à Massy. Une petite trentaine de grimpeurs venus des quatre coins de France (et même de Nouvelle Calédonie) s’affrontaient en début d’après-midi sur les phases de qualification.

Aurélia Sarisson en tête chez les femmes

Chez les femmes, c’est Aurélia Sarisson, qui s’adjuge la première place du classement. Championne de France en titre, elle avait décroché la médaille d’or lors de la dernière édition, en 2019. Après une petite frayeur dans son premier run où elle commet une erreur, elle se rattrape lors de son deuxième run signant le temps le plus rapide des qualifications : 7″47. Derrière elle, on retrouve Capucine Viglione, avec un meilleur temps de 7″74 et Victoire Andrier, qui signe un chrono de 8″08.

Guillaume Moro, en route vers le titre national

Chez les hommes, c’est le français le plus rapide du moment qui décroche la première place : Guillaume Moro. En constante progression depuis ces derniers mois, le français de 27 ans prend la tête du classement des qualifications. Dès son premier run, il signe un temps très rapide de 5″65, un chrono qui lui aurait permis de s’emparer de la première place sans même un deuxième run. Mais Guillaume ne s’arrête pas là et est encore plus rapide lors de son deuxième passage, signant un temps de 5″59, à seulement cinq centièmes de son record personnel.

Derrière lui, on retrouve Bassa Mawem, très régulier avec un premier temps de 5″78 et un deuxième temps de 5″75. Yann Leclercq et Pierre Rebreyend passent aussi sous la barre des six secondes, avec des temps respectifs de 5″84 et 5″87.

+ Les résultats complets

Le programme

Samedi 19 mars – Championnat de France seniors

14h00 – 16h00 : Practice + qualifications seniors
19h30 – 20h30 : Finales vitesse seniors
20h40 : Podiums

Dimanche 20 mars – Championnat de France jeunes

09h00 – 10h30 : Practice
10h30 – 13h30 : Qualifications jeunes
14h00 – 17h00 : Finales vitesse jeunes
17h15 : Podiums

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Le carnet de croix impressionnant d’Adam Ondra !

18 Mar

Adam Ondra compte maintenant 220 voies dans le neuvième degré, dont 25 dans le 9b et plus !

Suite à ses dernières performances en Italie et en Autriche, Adam Ondra vient de franchir la barre des 220 voies enchaînées dans le neuvième degré.

Le 11 novembre 2006, alors âgé de 13 ans seulement, il clippait le relais de son premier 9a : “Martin Krpan”, une voie très physique et résistante, située à Osp, en Slovénie.

Aujourd’hui, le tchèque de 29 ans est sans doute le plus grand grimpeur de tous les temps, avec le seul 9a+ flash jamais enregistré, la première ascension du seul 9c de la planète avec “Silence” et la seule répétition du “Dawn Wall” 9a, 32 longueurs, sur El Cap.

Il compte dorénavant 220 voies dans le neuvième degré, dont 25 dans le 9b et plus. Notons qu’il a signé la première ascension des trois quarts de ses 25 voies les plus dures.

Inutile de préciser qu’il est le grimpeur qui compte le plus de voies dans le 9 à son actif. En deuxième position, on retrouve Alex Megos, qui comptabilise 106 voies, suivi de Dani Andrada (76 voies), Ramon Julian (74 voies) et Seb Bouin (71 voies).

Les 25 voies les plus dures enchaînées par Adam Ondra

“Bomba” 9b (FA)
“CRS” 9b (FA)
“Disbelief” 9b (FA)
“Eagle 4” 9b (FA)
“Erebor” 9b
“Fight or Flight” 9b
“First Round First Minute” 9b
“Golpe de Estado” 9b
“Iron Curtain 9b” (FA)
“La Planta de Shiva 9b” (FA)
“Mamichula” 9b (FA)
“Move” 9b (FA)
“Move Hard” 9b (FA)
“Neanderthal” 9b
“One Slap” 9b (FA)
“Queen Line” 9b (FA)
“Robin Ud” 9b (FA)
“Shaxi Raxi” 9b (FA)
“Stoking the Fire” 9b
“Taurus 9b” (FA)
“The Lonely Mountain” 9b
“La Dura Dura” 9b+ (FA)
“The Change 9b+” (FA)
“Vasil Vasil” 9b+ (FA)
“Silence” 9c (FA)

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Le Championnat de France de vitesse, c’est ce week-end à Massy !

18 Mar

Ce week-end, les grimpeurs les plus rapides de France ont rendez-vous à Massy, pour se disputer le prestigieux titre de Champion de France de vitesse 2022. 

Après trois ans d’attente, le Championnat de France de vitesse est de retour ! Bassa Mawem, Champion de France en titre, va-t-il conserver son titre, alors qu’il se remet tout juste de blessure ? Guillaume Moro, plus rapide que jamais, va-t-il aller chercher la couronne française.

Chez les femmes, Aurélia Sarisson, qui vient de battre son record personnel le week-end dernier lors de la Coupe de France de Besançon est la tenante du titre, qu’elle remportait pour la toute première fois en 2019. Va-t-elle conserver son statut de Championne de France ? Nous le saurons ce week-end.

Le programme

Samedi 19 mars – Championnat de France seniors

14h00 – 16h00 : Practice + qualifications seniors
19h30 – 20h30 : Finales vitesse seniors
20h40 : Podiums

Dimanche 20 mars – Championnat de France jeunes

09h00 – 10h30 : Practice
10h30 – 13h30 : Qualifications jeunes
14h00 – 17h00 : Finales vitesse jeunes
17h15 : Podiums

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Découvrez la liste des 12 de l’équipe de France de bloc !

16 Mar

Ils seront douze grimpeurs à défendre les couleurs de la France sur les premières Coupes du Monde de bloc de la saison. Voici leur nom.

Maintenant le Championnat de France et le sélectif passé, nous connaissons les noms des douze grimpeurs qui participeront aux deux premières Coupes du Monde de la saison, prévues à Meiringen en Suisse du 8 au 10 avril et à Séoul en Corée du 7 au 8 mai.

Composition de l’équipe de France de bloc pour les Coupes du Monde de Meiringen (SUI) 8-10 avril et Séoul (KOR) 7-8 mai

  • Oriane Bertone, Micka Mawem, Mejdi Schalck et Manu Cornu ont été sélectionnés suite à leurs résultats en 2021.
  • Fanny Gibert et Paul Jenft ont été sélectionnés en tant que Champion de France 2022
  • Flavy Cohaut et Sam Avezou ont été sélectionnés suite à leur première place lors du sélectif senior du 5 mars au Pôle France de Karma/Fontainebleau
  • Enfin, Zélia Avezou, Mailys Piazzalunga, Clothilde Morin et Adrien Lemaire ont été les meilleurs du classement « sélection équipe de France bloc senior 2022 ».
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Jérémy Tonneau, chef ouvreur sur le Championnat de France jeunes, analyse la compétition

16 Mar

Les 19 et 20 février dernier, plus de 360 jeunes bloqueurs, répartis en trois catégories (U16, U18 et U20) se donnaient rendez-vous à Sartilly, pour se disputer le titre national 2022. Après deux ans sans Championnat de France en raison de la crise sanitaire, la pression était à son comble, tant pour les grimpeurs que pour les ouvreurs. Ces hommes de l’ombre, qui créent les blocs sur lesquels s’affrontent les compétiteurs, participent grandement à la réussite (ou non) d’un événement.

Si les qualifications de ce Championnat de France se sont déroulées avec succès, les finales ont fait couler un peu d’encre sur les réseaux sociaux, étant jugées trop difficiles. En effet, toutes catégories confondues, les tops n’ont pas été nombreux.

Pour en savoir un peu plus, nous sommes allés à la rencontre de Jérémy Tonneau, le chef ouvreur de cette compétition. Il revient en détails sur les tours de toutes les catégories et nous livre son ressenti sur ce qui a bien marché et ce qui a moins bien fonctionné.


Salut Jérémy, tout d’abord, peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?

Bonjour PG, je m’appelle Jérémy Tonneau, j’ai 36 ans, et je pratique l’escalade depuis l’âge de 12 ans, sport pour lequel je me suis très vite passionné.

J’ai commencé la grimpe dans le Pas-de-Calais. J’ai ouvert mes premières compétitions dans le Nord pour la ligue sur des compétitions régionales, sur les championnats de France UNSS ou encore les inter-régions à partir de 2004. Pendant cette période je me suis également initié à la construction et au montage de structures et de murs d’escalade de bloc et de difficulté dans des gymnases pour Escatech en 2006. En 2007, j’ai obtenu mon diplôme ouvreur national avec Jacky Godoffe et Raphaël Cabane.

En 2009, après une saison d’été en Corse où j’ai rencontré ma femme, j’ai été embauché par le CAF Causses et Cévennes à Millau, en tant que moniteur/ouvreur à la salle Couleur Caillou, où je travaille encore. Je suis tombé amoureux de la région, des gorges du Tarn, de la Dourbie et de la Jonte. En parallèle de cette activité salariée j’ai développé mon activité en tant qu’ouvreur, formateur et instructeur pour le CREPS de Montpellier et la Ligue Occitanie.

Lors de ma première année au sein du club, j’ai ouvert ma première Coupe de France à Millau en 2010 en tant que chef ouvreur en bloc aux côtés de Romain Cabessut et Géraud Fanguin. Puis tous les ans, j’ai ouvert des compétitions de blocs et de voies de plus en plus importantes avec différents ouvreurs de toute la France.

2011 : Championnats de France seniors de bloc.
2012 : Championnats de France jeunes et seniors de bloc.
2013 : Coupe du Monde de bloc.
2014 : j’ai ralenti la cadence car j’avais l’impression d’avoir fait le tour et je ne trouvais plus l’inspiration de mes débuts. Je suis parti aux États-Unis pour me ressourcer et grimper sur les highballs de Bishop et au Yosemite.
2015 : j’ai repris le chemin des ouvertures en compétition, avec la Coupe de France de bloc et le sélectif équipe de France jeunes à Beyrède, l’Open international des Natural Games et les 24 heures du Mur (10ème édition).

Les années suivantes, je continue à ouvrir sur les plus belles compétitions en France :

2016 : Championnats de France jeunes de bloc à Toulouse, Vertical Océan Camp en deep water solo et bloc chez The Roof à la Rochelle, l’Open international des Natural Games, les 24 heures du Mur (11ème édition)

2017 : Championnats de France seniors de bloc à La Baconnière, chef ouvreur sur les Championnats de France jeunes de difficulté à Quimper, chef ouvreur sur l’Open international des Natural Games, chef ouvreur sur la Coupe de France de difficulté jeunes et vétérans ainsi que sur le sélectif équipe de France jeunes à Briançon, 24 heures du Mur (12ème édition) et ouverture sur le stage pour l’équipe nationale seniors de difficulté au pôle France à Voiron.

2018 : Open régional de difficulté pour le CAF La Roche Bonneville, championnats de France seniors de bloc à Massy, chef ouvreur sur les Championnats de France jeunes de difficulté à Tournefeuille, chef ouvreur sur l’Open national de bloc à BO Montpellier, chef ouvreur sur l’Open international des Natural Games, chef ouvreur sur la Coupe de France de difficulté jeunes et vétérans à Briançon, championnats de France vétérans de bloc et Coupe de France de bloc seniors à BO Toulouse, 24 heures du Mur (13ème édition).

2019 : Open régional de difficulté pour le CAF La Roche Bonneville, chef ouvreur sur les Championnats de France seniors de bloc à la Baconnière, chef ouvreur sur les Championnats de France vétérans de bloc et Coupe de France de bloc seniors à BO Bordeaux, Coupe de France de difficulté jeunes et vétérans à Briançon, 24 heures du Mur (14ème édition).

2020 : Championnats de France jeunes de blocs à la Baconnière.

2021 : Coupe de France de difficulté jeunes et vétérans à Briançon, 24 heures du Mur (15ème édition).

Plus que cette liste exhaustive, ce qui me semble important de souligner c’est que ce sont des amitiés fortes qui ont été construites (notamment avec Romain Cabessut). Le parcours d’un ouvreur est en effet étroitement lié à ses qualités humaines et relationnelles. Ce sont toutes les rencontres que j’ai eu la chance de faire, les moments de galère partagés, les « déconnades » entre potes, les déplacements un peu partout en France, les surprises (qu’elles soient bonnes ou mauvaises) qui font que je suis passionné et toujours motivé pour ouvrir. Il ne suffit pas d’exceller en escalade ou d’avoir ouvert des compétitions de haut niveau pour être un bon ouvreur, il faut accepter de se remettre en question et d’évoluer.

Comment as-tu géré le rôle de chef ouvreur sur le Championnat de France jeunes 2022 ? 

Généralement, pour un Championnat de France jeunes, nous sommes quatre ouvreurs nationaux et un stagiaire ouvreur national. Le rôle du chef ouvreur c’est aussi de savoir proposer une équipe d’ouvreurs complémentaires et qui, potentiellement, peuvent bien s’entendre.

Pour ce Championnat, les ouvreurs étaient Julien Sage, Antoine Hosting (le local de l’étape), Christophe Cazin et le stagiaire Tristan Chaudière. Malheureusement, Antoine n’a pas pu ouvrir à cause d’un souci de santé. Nous en avons eu connaissance le lundi matin et Émilie Gheux, responsable au service compétition FFME, a heureusement réussi à trouver un remplaçant pour nous sortir la tête de l’eau. Ça fait partie des aléas de l’ouverture ! C’est Blaise Jaffré (ouvreur national) qui a remplacé Antoine. Là encore, ce fut une belle rencontre. Antoine est tout de même venu bénévolement pour tester les blocs de qualification.


Le rôle d’un chef ouvreur, c’est également de savoir pousser son équipe à donner le meilleur d’eux même et faire face aux situations parfois stressantes.”


Pour moi, le Championnat de France jeunes, c’est la compétition nationale la plus difficile à ouvrir. Il y a tellement de blocs à tracer qu’il faut être en forme et avoir de la peau sur les doigts tout au long de la semaine. Il faut également être au fait du niveau général de beaucoup de jeunes et être capable d’adapter le niveau pour chaque catégorie. Le moindre retard durant la semaine d’ouverture ou entre les tours de la compétition peut mettre en péril la réussite de l’événement.

Au-delà de ses compétences en ouverture, le rôle d’un chef ouvreur, c’est aussi de savoir gérer le timing et les imprévus. Le rôle d’un chef ouvreur, c’est également de savoir pousser son équipe à donner le meilleur d’eux même et faire face aux situations parfois stressantes. Il faut donc savoir faire preuve de calme et de sang-froid pour respecter les délais impartis sans stresser son équipe.

L’équipe d’ouvreurs : Tristan Chaudière, Jérémy Tonneau, Christophe Cazin et Julien Sage

Après deux ans sans Championnat de France, comment avez-vous fait pour jauger le niveau des jeunes ?

Pas facile pour moi, car cela faisait plus d’un an que je n’avais pas ouvert une compétition nationale de bloc à cause de la pandémie. Il fallait d’ailleurs prendre en compte le niveau hypothétique des jeunes en considérant également qu’eux aussi avaient été privés d’un certain nombre de compétitions d’envergure, et donc, d’entraînements en situation. Car on sait bien évidemment que grimper en compétition ce n’est pas la même chose que grimper en entraînement.

En plus de se renseigner sur les classements nationaux, il est donc important de communiquer entre ouvreurs et de relever les avis de chacun sur les jeunes. Julien Sage, qui avait été chef ouvreur sur la Coupe de France jeunes de bloc à Chambéry, et Christophe Cazin chef ouvreur sur la Coupe de France de Rungis, m’ont ainsi aidé à me faire une idée plus précise du niveau général des jeunes.


En finale, pas grand chose ne s’est déroulé comme nous l’avions prévu.”


Les qualifications se sont plutôt bien déroulées, avec un classement homogène. Mais en finale, les blocs semblaient un peu trop durs et il n’y a eu que peu de tops. Comment analyses-tu cela après coup ?

Effectivement, les qualifications se sont très bien passées, les blocs ont plutôt bien fonctionné, mis à part un bloc chez les U18 garçons (trop facile) et un bloc chez les U20 garçons (trop dur, mais la zone a fait le travail). Même si ce n’est pas facile de faire grimper les derniers du classement avec les meilleurs, nous étions globalement satisfaits de notre travail.

En finale, pas grand chose ne s’est déroulé comme nous l’avions prévu.

Chez les U16 garçons, il n’y a pas eu de top dans bloc 1. Samuel R. et Max B. n’ont pas réussi à s’exprimer correctement sur les plats. Ils ont fait quelques erreurs et cela n’a pas pardonné. Ils n’ont pas su gérer leurs essais dans le temps. Il ne manquait pas grand chose pour que ça marche. De plus, la zone était mal placée, j’aurais dû la mettre une prise plus basse pour qu’elle soit accessible. C’était le bloc le plus difficile de leur circuit. Il y avait trop d’exigence dans ce bloc.

Le bloc 2 a très bien marché pour ma part, il était moins complexe à déchiffrer et les compétiteurs ont pu s’exprimer.

Dans le bloc 3, il y a deux grimpeurs qui se sont fait arrêter au temps, un sur la prise finale et l’autre sur la dernière prise. Le début n’était pas trop complexe en lecture, mais quelques grimpeurs se sont embarqués dans des méthodes peu conventionnelles, ce qui rendait le bloc beaucoup plus difficile que la méthode classique.


Les filles m’ont impressionnées dans les mouvements de coordination. Il y a cinq ans, je n’aurais pas pu leur proposer de tels mouvements.”


Chez les U16 filles, même constat que chez les garçons. Le bloc 1, avec le jeté comme premier étage, était vraiment bien calibré pour elles, mais le bac de fin était trop incliné de 5 degrés. De plus, certaines n’ont pas vu l’appui pour la main sur le volume, rendant le mouvement final bien plus dur que ce qu’il était en réalité.

 

Le bloc 2 a été topé deux fois, mais il aurait pu être enchaîné par plus de grimpeuses si le pied sur le volume noir ne les avait pas induites en erreur. Pourtant on s’est posé la question plusieurs fois, mais avec le pied vertical, on s’est dit qu’elles comprendraient qu’il faille d’abord chercher la prise de main avant le pied… Mais ce n’est pas ce qu’elles ont fait.

Le bloc 3 en fin de circuit était trop difficile pour l’ensemble des compétitrices, elles n’avaient plus assez de ressources pour s’exprimer dans le bloc le plus dur du circuit de finale.

Pour résumer les catégories U16, on ne peut pas trop mettre d’exigence dans les blocs (risques, intensité et complexité) car ils sont « à vue » en 4 min et que les grimpeurs n’ont pas beaucoup d’expérience en compétition. Même les U16 deuxième année, car à cause du Covid, ils n’ont pas fait beaucoup de compétitions en 2020/2021 au niveau national. Ils ont aussi plus de difficulté à gérer la pression d’une finale en Championnat de France. De plus, nous ne les connaissions pas beaucoup, voire pas du tout. Pour moi c’est la catégorie la plus difficile à gérer au niveau de l’ouverture, à cause des différences de morphologie. On essaye de gérer au maximum les gabarits pour ne désavantager personne, et faire en sorte que les blocs ne se soient pas « shuntés ». Pourtant quand j’ai demandé avant l’ouverture de cette compétition aux différents chefs ouvreurs des Coupes de France jeunes, c’est les U16 qui avaient le plus impressionnés. Le positif, c’est qu’ils ont quand même pu s’exprimer car les blocs étaient grimpants. Cela a fait le spectacle. Les filles m’ont impressionnées dans les mouvements de coordination. Il y a cinq ans, je n’aurais pas pu leur proposer de tels mouvements.


Je n’aurais pas dû prendre ce risque, mais si cela avait marché, l’ambiance de la salle aurait été survoltée.”


Chez les U18 garçons, même scénario : un peu trop dur, mais alors de rien. Le bloc 1 ne sort qu’une seule fois. C’était le bloc le plus complexe en lecture du circuit. Le passage dans le toit était trop long à déchiffrer, ils ont passé trop de temps à comprendre le passage, pas assez de temps pour faire la deuxième partie.

Le bloc 2, il y avait une première partie en coordination physique et le deuxième étage était un gros mouvement d’épaule. C’était sûrement le mouvement le plus dur et le plus physique du circuit. Je pense que le premier étage aurait pu être moins physique. Malheureusement deux grimpeurs tombent sur le bac final.

Le bloc 3 était calibré pour eux, de la coordination comme ils aiment, pas mal de grimpeurs arrivent au dernier mouvement du bloc, mais le pied est trop petit et placé trop à droite, il les fait donc tourner de trop, ils n’arrivent pas à contrôler le mouvement assez longtemps pour arriver au bac final avec moins de vitesse. Le pied aurait dû être 5 cm plus à gauche, ou juste un peu plus gros et le bloc sortait.

 

Nous savions que chez les U18 garçons, le niveau des grimpeurs était très élevé car 12 grimpeurs pouvaient rentrer potentiellement en finale. Donc il fallait que les blocs soient un minimum durs pour que les grimpeurs se départagent correctement dans des styles très variés. Encore une fois, on a manqué un peu de lucidité et de réussite malgré mes intentions.

Le circuit des U18 filles était un peu mieux calibré même si le bloc 3 n’a pas été sorti.

Quatre filles avaient validé les 8 blocs en qualification, donc une forte densité de grimpeuses fortes qui pouvaient monter sur le podium. Le bloc 1 est fait deux fois alors que c’était le bloc le plus facile du circuit et où les mouvements étaient typés pour les filles. Par contre il demandait une bonne lecture.

Le bloc 2 a bien marché aussi puisqu’il est sorti trois fois.

Le bloc 3 était difficile. C’était une volonté de ma part parce que je voulais qu’il y ait maximum deux tops pour que cela fasse le spectacle. De plus, nous avions la compétitrice Lily Abriat, qui avait gagné le sélectif jeunes la semaine d’avant, donc pour moi, nous étions assurés d’un top. J’avais bien facilité le mouvement difficile pendant l’ouverture et encore plus lors du remontage des finales. Mais les deux meilleures sont passées à la trappe, pas de réussite sur ce bloc. Dommage, car le bas n’était vraiment pas très difficile, le bloc se jouait uniquement sur le dernier mouvement. Je n’aurais pas dû prendre ce risque, mais si cela avait marché, l’ambiance de la salle aurait été survoltée. Et je l’ai déjà fait plusieurs fois quand il y a une différence de niveau entre la première et la dernière et ça marche bien.

 

Pour les U20 garçons, la compétition a plutôt pas mal marché sur ces finales.

Les trois blocs sont sortis, ce n’est pas toujours le même qui enchaînait les trois blocs, il y a eu du spectacle et de la bagarre entre les compétiteurs pour le podium.

Je pense qu’il fallait que je prenne un peu plus en compte que les deux meilleurs Français U20 n’étaient pas là (Paul Jenft et Mejdi Schalk). Je me suis basé sur leur niveau que je connais assez bien.

Pour les U20 filles, mon bilan reste mitigé. Il y avait une grosse différence de niveau entre la première et la sixième. J’avais vraiment peur que les trois dernières filles restent sur le tapis car les débuts des blocs étaient trop durs. On a donc pas mal facilité le circuit, surtout dans le bloc 1 et 3. Après les deux premiers tours de finale, je n’avais pas envie de reproduire les mêmes erreurs avec des blocs trop durs, qui du coup ne sortaient pas.

J’aurais peut-être dû laisser le circuit comme il était initialement prévu pour qu’il y ait plus de bagarres dans les blocs et sur le podium, mais à ce moment là, je n’avais plus confiance en moi pour prendre un tel risque.

L’ouverture est quelque chose de tellement dur à maîtriser. Souvent l’échec est le côté le plus dur à encaisser pour un ouvreur. Encore plus quand tu es chef, car c’est toi qui mets le curseur du niveau et l’intention.

Si c’était à refaire, que ferais-tu de différent ?

Quand la compétition ne se déroule pas comme prévu, tu te dis toujours : « j’aurais dû » mais ça n’enlève pas grand chose à la frustration que tu ressens à l’intérieur de toi.

La seule chose que j’aurais dû faire avant la saison, c’est de demander à être ouvreur sur une compétition nationale jeunes avant le Championnat de France, pour me remettre dans le bain en terme de niveau. Pour être plus pertinent sur les réglages des blocs lors de la compétition.

Avez-vous débriefé avec l’ensemble de l’équipe à la fin de la compétition ? 

Oui, bien sûr que nous avons débriefé avec l’ensemble des ouvreurs et le stagiaire. De plus, après chaque compétition, le chef ouvreur rédige un rapport à la FFME et donne un compte-rendu sur les compétences du stagiaire en compétition.

Le point positif de ce Championnat de France, c’est que ça fait du bien de renouer avec la compétition et l’événementiel. Le club était au top au niveau de l’accueil et de l’organisation. Merci aux bénévoles et tout particulièrement à Adrien Bourget. Le point négatif, c’est que ma rentrée s’est faite sur une note en demi-teinte.

Une petite anecdote d’ouvreur à nous raconter sur cette compétition ?

Le samedi midi, il y a eu un cas école lors du changement de tour entre les U16 et U18 sur le placement d’un scotch de départ, car trois prises se touchaient et se chevauchaient. Carole Majewki, présidente du jury sur la compétition et à l’international, nous a expliqué comment placer le scotch et nous a fait un petit point sur le règlement.

Elle se demandait ce qu’on allait lui réserver pour les prochains tours du dimanche. Le samedi soir, après le remontage des finales U16, pour la chambrer, nous lui avons fait croire un instant qu’il y avait un bloc U20 fille avec un jeté descendant (ce qui est interdit dans le règlement). On lui a ensuite expliqué que s’il y avait une réclamation, il n’était pas obligatoire et que l’on pouvait s’arrêter sur la première prise.

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Arkose recrute ses ouvreurs pour la région Grand Ouest

16 Mar

– Publi Communiqué –

La session de recrutement ouvreurs sur la région Grand Ouest aura lieu le mardi 29 mars prochain sur Arkose Bordeaux ! 

Programme en 3 temps : entretien, session de grimpe et ateliers d’ouvertures.

Il n’existe pas de qualification spécifique au métier d’ouvreur. Toutefois, une bonne expérience de grimpe en extérieur est privilégiée, mais pas obligatoire. 

  • Niveau de pratique souhaité : 7B/C bloc, afin de garantir la meilleure objectivité possible lors du calage des différents circuits.
  • Disposer de 1 année d’expérience en tant qu’ouvreur,
  • Qualités requises : bonne ouverture d’esprit, capacité à se remettre en question et à être en perpétuelle recherche de nouveauté et d’amélioration.

L’OUVERTURE ARKOSE

Le rôle d’un ouvreur est fondamental, et nous mettons un point d’honneur à mettre la qualité de l’escalade au centre de notre expertise, dès les niveaux les plus faciles.

Notre objectif ? Proposer une qualité d’ouverture irréprochable à nos grimpeurs et néo-grimpeurs.

Arkose développe et peaufine sa propre vision de ce que doit être un beau bloc.

Un bloc est un jeu, un problème à résoudre qui sollicite une multitude de composantes différentes (physique, tenu de prise, sensation…), à un niveau d’intensité variable. Chez Arkose, toutes les composantes sont exploitées pour proposer des circuits les plus variés possibles.

Pour rejoindre notre équipe d’ouvreurs, c’est par ici !

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Hélène Janicot et Jérémy Bonder remportent la Coupe de France de Besançon

13 Mar

L’expérience a parlé en finale de la Coupe de France de difficulté de Besançon. Hélène Janicot et Jérémy Bonder, deux grimpeurs qui évoluent sur la scène nationale et internationale depuis de nombreuses années déjà, sont montés sur la plus haute marche du podium.

Retour sur les finales de cette première Coupe de France de difficulté de la saison.

Duel au sommet entre Hélène Janicot et Nolwenn Arc

Chez les femmes, la médaille d’or s’est jouée au sommet de la voie. Les trois quarts des finalistes ne dépasseront pas la mi-voie. Un crux situé à la moitié du tracé piégera de nombreuses prétendantes à la victoire, comme Iva Plassoux Djiga, Lena Grospiron ou encore Clotilde Pfister. En plein dévers et au milieu de gros volumes cubiques, il fallait faire preuve de force pour négocier ce passage très physique.

C’est ce que parviendra à réaliser Hélène Janicot, qui, forte de son expérience, parvient à se sortir de cette série de mouvements. L’ex médaillée internationale, devenue coach de l’équipe de France, avance et atteint la dernière partie de la voie, où elle chute sur un plat fuyant. À l’issue de son passage, Hélène prenait la première place, après être montée deux fois plus haut que toutes les autres compétitrices.

Dernière finaliste à s’élancer, seule Nolwenn Arc pouvait encore dompter la voie. Elle parvient elle aussi à passer le crux, tout en douceur, mais chute quelques mouvements avant Hélène, qui remporte donc cette première Coupe de France de la saison.

C’était quand même dur, je sens que ça fait un moment que je n’ai pas fait de compet, il faut que je me remette dedans, que je retrouve mes anciennes routines. Concernant la voie, j’avoue que j’étais un peu perdue pendant la lecture, mais j’ai réussi à bien me réorganiser pendant ma grimpe.

Nolwenn est une concurrente redoutable, elle évolue sur le circuit des Coupes du Monde depuis des années, donc cette Coupe de France restait une compétition dure à aller chercher. Je suis contente d’avoir produit ce que j’ai produit.  Je ne pouvais pas rêver mieux pour démarrer la saison, j’espère que ça va continuer ainsi !”

Hélène Janicot

Les résultats des finales femmes

+ Les résultats complets femmes

Jérémy Bonder fait la différence !

Chez les hommes, c’est Jérémy Bonder qui a réalisé la meilleure prestation des finales. La voie comportait elle aussi un crux à mi-hauteur, sur une série de plats, difficiles à valoriser. Jules Marchaland se fait avoir sur ce passage, tout comme Micka Mawem, Pierre Le Cerf, ou encore Nao Monchois.

Après quelques frayeurs dans le début de la voie, qui auront failli lui coûter la victoire, Jérémy Bonder parvient à négocier ce passage, en poussant fort sur son pied droit. Il avance encore quelques mouvements, avant de se faire rattraper par la gravité, remportant tout de même cette étape de Coupe de France.

Aujourd’hui, j’ai réussi à tirer mon épingle du jeu. Je me suis quand même fait peur plusieurs fois, notamment dans le début de la voie et ces erreurs ont bien failli me coûter la victoire.

Pendant la lecture, j’avais vu que l’endroit où je suis tombé n’allait pas être facile et une fois dans la voie, ça c’est confirmé.

Mais je suis super content, ça fait plus de dix ans que je fais du haut-niveau, en bloc, mais j’ai changé de discipline et ça fait maintenant deux/trois ans que je me consacre à la diff. Après les périodes difficiles que l’on a traversées à cause du Covid, je suis content de mon résultat, sachant qu’en plus, en ce moment je suis en pleine phase d’entraînement intensif.”

Jérémy Bonder

Les résultats des finales hommes

+ Les résultats complets hommes

Un mot du président du club Entre-Temps, organisateur de l’événement

Merveilleux moment que ces deux jours de Coupe de France à Besançon, qui ont témoignés de la pertinence d’un engagement commun au profit de l’activité escalade. Il faut insister sur le sérieux de l’équipe des juges, le soutien de la FFME, la créativité des ouvreurs, l’engagement des salariés d’Entre-Temps Escalade et l’appui de la cinquantaine de bénévoles, adhérents de l’association. Les collectivités peuvent mesurer dans ces occasions le succès grandissant de cette pratique sportive. De la Région Bourgogne Franche-Compté à la ville de Besançon en passant par le Département du Doubs, elles ont toutes tenues, par leur présence, à manifester leur intérêt pour cette manifestation, première de cette importance dans la salle Marie Paradis. Un grand merci aux compétiteurs qui ont enchanté le public et de France 3 qui a retransmis les finales de ce week-end.

Eric Simon, président du club d’escalade Entre-Temps

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Coupe de France de difficulté de Besançon : résultats des demi-finales

13 Mar

Après les qualifications hier, les 26 meilleurs grimpeurs femmes et hommes se retrouvaient ce matin pour faire face à une voie de demi-finale. L’objectif était de monter le plus haut possible pour ainsi faire partie des huit meilleurs qui disputeront la finale cet après-midi.

Voici les résultats.

Nolwenn Arc s’empare de la tête du classement

Faisant partie des quatre seules grimpeuses à avoir enchaîné les deux voies de qualification hier, Nolwenn Arc était la dernière compétitrice à s’élancer dans la voie de demi-finale. Comme à son habitude, la jeune grimpeuse nous propose une escalade calme et millimétrée. Elle ne prend aucun risque dans ses mouvements et assure chacun de ses placements. Petit à petit, elle dépasse chaque passage ayant fait tomber les autres grimpeuses avant elle, jusqu’à dépasser la prise 31, ayant fait tomber Hélène Janicot avant elle. Elle réalise encore deux mouvements supplémentaires, avant de chuter non loin du top.

Le top 8 qualifié pour les finales :

+ Les résultats complets femmes

Jérémy Bonder et Nao Monchois aux avant-postes

Chez les hommes, la voie de demi-finale ne sera pas vaincue non plus. Deux grimpeurs se disputent la première place : Nao Monchois et Jérémy Bonder. Tous deux chuteront au même endroit, juste avant le top.

Notons également la présence de Pierre Le Cerf, finaliste du Championnat de France de bloc seniors il y a quelques jours, ainsi que Micka Mawem, venu se préparer dans le cadre de son objectif principal : le combiné bloc/difficulté aux Jeux de Paris 2024.

Le top 8 qualifié pour les finales :

+ Les résultats complets hommes

Les finales à suivre en live

Rendez-vous cet après-midi, à partir de 14h15, pour suivre les finales en direct. France 3 Franche-Comté vous propose de suivre en live les finales de cette première Coupe de France de difficulté :


Lire aussi

Coupe de France de Besançon : les résultats de la journée

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Coupe de France de Besançon : les résultats de la journée

12 Mar

Ce week-end, les meilleurs compétiteurs français se sont donné rendez-vous à Besançon, pour disputer la première étape de Coupe de France de difficulté, mais aussi, une épreuve de vitesse.

Voici les résultats de cette première journée.

Difficulté

Chez les femmes, quatre grimpeuses ont réalisé le score parfait en enchaînant les deux voies de qualification. Ainsi on retrouve Clotilde Pfister, Nolwenn Arc, Colette Bobenrieth et Hélène Janicot à la première place.

Les résultats complets des qualifications femmes

Chez les hommes, seul Romaric Geffroy atteint le relais des deux voies de qualification, prenant la première place du classement. Il est suivi de près par Mathieu Miquel, qui enchaîne la voie 1 et tombe tout au sommet de la voie 2. Enfin, juste derrière, on retrouve Jérémy Bonder et Pierre Le Cerf.

Les résultats complets des qualifications hommes

Chez les vétérans, quatre grimpeuses enchaînent les trois voies de qualification et se disputeront la victoire demain. Chez les hommes, personne n’atteindra le sommet de toutes les voies.

Les résultats complets des qualifications vétérans femmes + vétérans hommes

Vitesse

En parallèle de l’épreuve de difficulté avait également lieu une Coupe de France de vitesse.

Chez les hommes, Bassa Mawem signait son grand retour sur une compétition. Depuis sa blessure au biceps lors des Jeux Olympiques de Tokyo, le français n’avait plus revêtu son maillot de compétiteur. Opposé en finale face à Guillaume Moro, le français en forme du moment, le duel s’annonçait palpitant. Et c’est finalement Guillaume Moro qui s’impose, signant le chrono le plus rapide de sa carrière : 5″54.

Les résultats complets seniors hommes

Chez les femmes, le duel final opposait Aurélia Sarisson à Capucine Viglione, toutes deux membres de l’équipe de France de vitesse. Alors que Capucine chute pendant son run, Aurélia en profite pour remporter la compétition, signant le temps féminin le plus rapide de la journée : 7″17.

Les résultats complets seniors femmes

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L’histoire incroyable de James Pearson qui enchaîne son premier 8C bloc !

11 Mar

Alors que tout semblait perdu et qu’il était déjà sur le chemin du retour, James Pearson a décidé de provoquer la magie de l’escalade. Celle qui transforme le dernier essai désespéré en run victorieux. C’est ainsi que le Britannique a fait demi-tour, a renfilé ses chaussons et réalisé la troisième ascension de ce qui est aujourd’hui le bloc le plus dur d’Albarracín, en Espagne.

“Junero Sit” est le premier 8C bloc que James Pearson enchaîne. Plutôt connu pour ses performances en trad, depuis que Caroline Ciavaldini et lui sont devenus parents, il consacre plus de temps à la pratique du bloc. James comptait déjà plusieurs croix en 8B à son actif, et en février 2020, il avait réussi à enchaîner son premier 8B+, signant la première ascension de “Ba-Boom”, à Alcañiz.

C’est le grimpeur local Rubén Díaz qui a libéré “Juneru Sit” en octobre 2020, proposant la cotation de 8C. Cette ligne, située entre deux classiques (“El Apeadero” 8A et “Esperanza” 8A+) était l’un des plus vieux projets d’Albarracín. Nacho Sánchez a répété ce bloc en avril dernier, confirmant la cotation proposée par Rubén Díaz.

Le jour de son enchaînement, rien ne laissait présager que James Pearson allait fait la croix. Ce jour-là, le grimpeur de 36 ans a même failli annuler sa séance de grimpe avant même de partir. En effet, le brouillard s’était installé et une fine pluie tombait. Malgré tout, il a décidé de prendre son crash pad et de se rendre au pied du bloc.

La suite de cette journée incroyable, c’est James en personne qui nous la raconte :

“Je me suis échauffé comme d’habitude, puis j’ai commencé à essayer les mouvements. Je voulais essayer le pas du coincement de genou intrinsèquement, pour voir si j’allais enfin percer l’énigme, mais je n’ai même pas réussi me mettre en place depuis mon échelle, mon majeur gauche refusant de tenir la minuscule prise en inversé. J’ai donc commencé à essayer les premiers mouvements du bas, dans l’espoir de trouver un peu d’énergie inespérée, mais je zippais sans cesse… Les choses ne se présentaient pas bien !

Quelques essais plus tard, je me suis battu désespérément et j’ai réussi à atteindre le coincement de genou. Je me suis donc appliqué et j’ai travaillé la position de mon corps délicatement, pour me donner toutes les chances de réussir. Mon genou était parfaitement calé, il tenait, alors j’ai monté ma main gauche, ça marchait, je tenais, j’y arrivais enfin… Et puis….. Boum, j’ai heurté le crash pad ! Mes articulations étaient couvertes de sang.

J’ai mis quelques runs supplémentaires, mais je me sentais vide et épuisé. Lors d’un énième essai, je suis tombé au premier mouvement, sans même avoir le temps d’arquer la prise, j’ai donc décidé que c’était assez pour aujourd’hui. J’ai remballé mes affaires et j’ai commencé à marcher en direction du parking. Mais sur le chemin du retour, je me suis souvenu des héros d’escalade dans les films de ma jeunesse, des gens comme Chris Sharma, qui enchaînaient toujours leur projet le dernier jour, lors de leur dernier essai, au tout dernier moment, quand les choses semblaient perdues. Cela n’avait jamais marché pour moi, mais pour une raison quelconque, ce jour-là, j’ai décidé d’y retourner, pour un dernier essai.

Je pense que c’est la première fois que je me suis autant battu dans un bloc ! J’étais sûr que j’allais tomber à chaque mouvement, mais à chaque fois, je parvenais à tenir et à passer au suivant. Quand je suis arrivé au coincement de genou, je me sentais tellement mal que je n’ai même pas essayé de me placer correctement, je me suis contenté de me lancer désespérément pour aller chercher la prochaine prise. Quand je l’ai attrapée et que j’ai réalisé que je la tenais, j’ai soudainement été ramené dans l’instant présent, prenant conscience de ce que je venais de faire, mais aussi de mon épuisement total. Les trois mouvements suivants, normalement beaucoup plus faciles que les autres, ne m’ont jamais paru aussi durs, mais il était hors de question que je tombe ou du moins que j’abandonne sans avoir livré le combat de ma vie. Je me suis traîné jusqu’au sommet du bloc et je suis resté là, assis au sommet, à regarder les crash pads en souriant. C’était un moment très fort.”

James Pearson

La vidéo de son run d’enchaînement :

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Expérience inédite ! Grimpez un solo avec Alex Honnold, comme si vous y étiez !

11 Mar

“C’est probablement l’une des expériences les plus dingues que j’ai jamais faites”. Quatre ans après la sortie de son film Free Solo, Alex Honnold revient sur les écrans avec un projet complètement inédit : proposer du solo, en réalité virtuelle.

Produit par Jonathan Griffith Productions, en partenariat avec Red Bull, le film intitulé Alex Honnold : The Soloist VR vous plonge en pleine ascension dans les solos les plus beaux du monde, en utilisant les dernières technologies de capture 3D 360°.

Un film d’escalade inédit !

Désormais disponible sur Oculus TV via les casques de réalité virtuelle Meta Quest VR, ce documentaire est divisé en deux parties.

Dans le premier épisode, Alex Honnold grimpe dans le parc national du Yosemite et à Red Rocks, avant de se rendre en Europe, où il fait équipe avec le grimpeur suisse Nicolas Hojac pour s’attaquer à certaines des ascensions les plus difficiles des Dolomites.

Dans le deuxième épisode, Honnold et Hojac font face à un été enneigé et humide en France, alors qu’ils tentent de grimper la voie directe de l’Aiguille du Dru à Chamonix et l’arête Kuffner du Mont Maudit, le deuxième plus haut sommet du massif du Mont Blanc.


Regarder le film ici !


Pour réaliser ce film, des caméras capables de filmer à 360° ont été installées sur les parois et les objectifs ont capturé les performances d’Alex Honnold, seul et sans corde, sur les rochers des Dolomites et des Drus.

C’est Alex Honnold lui-même qui a annoncé la sortie de ce film :

Je suis fier d’annoncer la sortie de “The Soloist VR”, un film en réalité virtuelle présentant des solos passionnants que j’ai grimpés l’an dernier. C’était un projet compliqué avec Jon Griffith qui a filmé en réalité virtuelle et Renan Ozturk qui a filmé les coulisses (qui est disponible en ligne gratuitement et facile à regarder pour ceux qui n’ont pas de casque VR). Nous avons tourné dans les Alpes et les Dolomites, ainsi que dans l’ouest des États-Unis.

Je pense que ce film en réalité virtuelle est le film d’escalade le plus immersif jamais réalisé, il vaut vraiment la peine d’être vécu.”

Alex Honnold

Un défi technologique

Ce film a constitué un véritable défi technologique. Les producteurs ont utilisé une technologie très performante, une caméra 3D 10k Insta360 Titan. Cette caméra 360° dispose de huit objectifs et filme des vidéos 3D 10K à l’aide de capteurs de pointe.

Mais cette caméra n’est pas vraiment facile à manipuler, surtout lorsque l’on désire filmer des scènes sur une paroi rocheuse verticale, à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol. En raison de ses multiples objectifs, elle pèse près de 6 kg. Au début, l’équipe technique doutait que cet appareil soit l’outil le plus adapté pour le tournage de ce film. Mais comme l’explique Jonathan Griffith, le jeu en valait la chandelle.

Lorsque vous essayez de reproduire la réalité pour le téléspectateur, vous devez filmer avec le meilleur système de capture disponible et, pour le moment, il s’agit de la caméra Titan. Des capteurs plus grands, de meilleures optiques et la possibilité de filmer en 10 bits changent la donne. Plus la qualité de capture est bonne, plus l’expérience du spectateur est bonne. Même si cela a représenté un énorme effort logistique et physique d’amener la caméra Titan dans ces lieux, je suis vraiment content que nous l’ayons fait.”

Jonathan Griffith, réalisateur du film

Installation de la caméra 360° avant le passage d’Alex Honnold en solo.

La caméra a été fixée aussi loin que possible de la falaise, tout en restant stable dans des conditions venteuses.

C’était sans aucun doute la production la plus compliquée que j’aie jamais faite dans ma vie, tant sur le plan logistique que physique. Pour la mener à bien, nous avons dû travailler en équipe soudée et hautement spécialisée, sinon cela n’aurait pas fonctionné.

Je ne peux pas imaginer une expérience de solo plus puissante à offrir au spectateur. Il s’agit d’un voyage profondément personnel pour le spectateur également, ce n’est pas seulement un voyage épique.”

Jonathan Griffith, réalisateur du film

Alex Honnold, star des caméras

Alex Honnold commence à être habitué à grimper sous l’oeil de caméras 360°. En 2015, l’Américain prenait part à la création d’un projet immersif avec la sortie d’un Google Street View sur la paroi d’El Cap. Trois ans plus tard, National Geographic dévoilait une vidéo filmée à 360° de son solo sur El Cap.

Une vidéo immersive qui avait fait le buzz, permettant d’être immergé aux côtés d’Alex Honnold, pendant son ascension de “Freerider”, sur la plus mythique face du monde.

Une web série pour raconter les coulisses du tournage

En complément du film, le cameraman Renan Ozturk a réalisé une mini série de trois épisodes, intitulée Making The Soloist VR. Cette série, accessible sans casque de réalité virtuelle, raconte les coulisses de ce tournage inédit.

Les trois épisodes, d’une vingtaine de minutes chacun, sont déjà disponibles sur le site de Redbull. Cliquez sur les images ci-dessous pour accéder aux épisodes.

Épisode 1/3

Épisode 2/3

Épisode 3/3

Le teaser du film :

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Hazel Findlay, nouvelle grimpeuse dans le neuvième degré !

11 Mar

Hazel Findlay vient de clipper le relais de son premier 9a avec “Esclatamasters”, en Espagne. Elle est la deuxième grimpeuse britannique à atteindre le neuvième degré, après qu’Emma Twyford ait enchaîné “Big Bang” 9a en septembre 2019.

Hazel Findlay vient de franchir un nouveau cap dans sa carrière de grimpeuse, en enchaînant son premier 9a. Actuellement en Espagne, elle vient d’atteindre le sommet de “Esclatamasters” un 9a réputée de la falaise de Perles. Libérée en 2006 par le local Ramon Julian, elle a depuis été répétée par 24 autres grimpeurs. Au moment de son enchaînement, Ramon l’avait cotée 9a, une cotation jugée excessive par les futurs ascensionnistes, notamment Seb Bouin et Magnus Midtboe, qui ont alors réajusté le niveau à 8c+. Mais en 2015, une prise a cassé dans le haut de la voie, ramenant finalement la cotation à 9a.

La première ascension féminine de cette voie revient à Florence Pinet, suivie de Mar Alvarez et de Laura Rogora. Plus récemment, c’est Anak Verhoeven qui remettait cette ligne sur le devant de la scène médiatique, en enchaînant la voie deux fois de suite : une fois avec des genouillères, puis une fois sans.

J’ai eu du mal à apprendre comment utiliser les genouillères pour la section du bas “facile”, car je ne m’en étais jamais servie auparavant, ce qui était frustrant. Mais le jour de l’enchaînement, j’ai vraiment eu l’impression d’être en confiance totale, et j’ai essayé de rester dans ce mood là, surtout pour la dernière section de la voie. Un bac marque la fin de la partie difficile, mais il y a une petite section délicate à la fin de la voie qui peut être totalement fatale si vous n’êtes pas concentré ou si vous vous relâchez. Je savais que si la peur de l’échec s’emparerait , j’aurais du mal à réussir ce passage, si fatiguée. Mais je me suis vraiment concentré et honnêtement, toute l’ascension a été un pur plaisir 😃.”

Hazel Findlay

La jeune femme de 33 ans a également été la première femme britannique à enchaîner El Cap en libre avec sa première ascension féminine de “Golden Gate” 8a en 2011. Puis, elle a fait la première ascension féminine de “Pre-Muir Wall” 8a l’année suivante, avant de gravir “Freerider” 7c en 2013.

Plus récemment, en 2019, elle a enchaîné “Magic Line” 8c+ trad dans le Yosemite, et l’an dernier, elle a réussi la voie très engagée “Muy Caliente !” cotée E9 6c au Royaume-Uni.


Lire aussi

Vidéo: la grimpeuse anglaise Hazel Findlay en solo au-dessus d’un lac !

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Adam Ondra et Jakob Schubert font équipe et répètent coup sur coup un 9a !

10 Mar

Adam Ondra et Jakob Schubert viennent de réaliser une double répétition de “Sprengstoff”, un 9a ultra technique, resté à l’état de projet pendant plus de 25 ans.

Adam Ondra a quitté l’Italie, pour se rendre en Autriche. Là-bas, il a retrouvé le local Jakob Schubert, avec qu’il avait déjà fait équipe quelques jours plus tôt, pour travailler l’un des plus gros projets du moment : “Excalibur” potentiel 9c (+ ?) situé à Arco.

Une voie emblématique, menacée de destruction…

Les deux grimpeurs se sont retrouvés sur la falaise de Lorüns, un site qui abrite des voies historiques datant de plusieurs décennies. En novembre 2020, Jacopo Larcher avait réalisé la première ascension de “Sprengstoff” qu’il avait coté 9a. Équipée en 1995 par le légendaire Beat Kammerlander, cette voie était restée à l’état de projet pendant plus de 25 ans, sans qu’aucun grimpeur ne réussisse à en venir à bout.

Puis, un an après l’ascension de Larcher, c’est Barbara Zangerl qui signait la première répétition de cette ligne ultra technique. L’Autrichienne s’était mise au défi d’enchaîner la voie, d’une part pour la performance, mais aussi pour utiliser son ascension comme mise en avant médiatique, cette voie et ce site d’escalade étant menacés de destruction. En effet, la falaise est située à côté d’une cimenterie et est menacée d’être transformée en carrière. Barbara Zangerl, qui avait ouvert une pétition à ce sujet, espère que ce site ne sera pas détruit, ce qui ferait disparaître “Sprengstoff” (qui d’ailleurs signifie “explosion” en allemand). Quelques année plus tôt, ce fut malheureusement le cas de “Zukunftsmusik”, l’un des premiers 8b+ au monde, libéré en 1988, qui a fini transformé en carrière.

Une performance éclaire pour Adam Ondra et Jakob Schubert !

Adam Ondra et Jakob Schubert n’auront pas eu besoin de travailler la voie longtemps. En une journée, “Sprengstoff” connaissait sa troisième et quatrième ascension, coup sur coup. Barbara Zangerl, qui habite non loin de cette falaise, était venue en personne conseiller le binôme sur les bonnes méthodes à adopter.

Après avoir tenté un essai flash chacun, ils enchaîneront chacun leur tour cette voie lors de leur deuxième run. C’est d’abord Adam Ondra qui clippera le relais, suivi quelques minutes plus tard par Jakob Schubert. Ce dernier déclare avoir trouvé la ligne géniale et passé une journée de rêve aux côtés d’Adam Ondra et Barbara Zangerl.

Une vidéo de Barbara Zangerl dans la voie :

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Adam Ondra fait le point sur ses projets en Italie

09 Mar

Après deux semaines passées sur les falaises italiennes, Adam Ondra fait le point sur ses récentes croix et ses futurs projets.

Cela faisait deux semaines qu’Adam Ondra avait posé ses valises dans l’un de ses endroits préférés : Arco, en Italie. “Ce que j’aime à Arco, c’est la variété de l’escalade. Il n’y a pas que des grands surplombs avec des colonnettes. Il y a certaines des meilleures falaises que j’ai jamais vues.” avait-il déclaré il y a quelques jours.

L’un des objectifs de son trip était de rejoindre Stefano Ghisolfi dans son gros projet du moment : “Excalibur”, une voie qui propose une intensité inédite. Les deux grimpeurs ont ensuite été rejoints par Jakob Schubert, et ensemble, ils ont travaillé la voie. Pour l’instant, celle-ci est restée invaincue et leurs progrès ont été stoppés.

Mais Adam nous avoue qu’il n’était pas venu en Italie pour se consacrer uniquement à ce seul projet. Il en a profité également pour découvrir de nouvelles falaises et libérer de nouvelles voies. Au total, en sept jours d’escalade, il aura réalisé la première ascension de trois nouvelles voies, entre le 8b+ et le 9b.

Mon dernier trip à Arco 🇮🇹 a été ensoleillé et assez productif. En sept jours, j’ai réussi à enchaîner “Bombardino” 9a+/b (première ascension) à Hotel Olivo, “Diretta Italo-Spagnola” 8b+ (première ascension) au Bus de la Stria et enfin, mon meilleur jour : “Bomba” 9b (première ascension) à Hôtel Olivo également, “Prospettiva Nevski” 8c (dur) à vue à Pizarra et “Zero Tolleranze” 8b+/c à vue, à Pizarra également.

Au lieu de me concentrer exclusivement sur “Excalibur”, où les progrès se sont en quelque sorte arrêtés 🤔, j’ai porté mon attention sur la falaise Hotel Olivo et terminé les deux derniers projets là-bas a été étonnamment rapide.

Néanmoins, le potentiel à Arco est heureusement infini, et de nouveaux projets sont prêts pour mon prochain voyage sur place 💪.”

Voici quelques images d’Adam Ondra lors de ses récentes croix à Arco :


Lire aussi

Adam Ondra, impressionnant dans une nouvelle voie extrême qu’il libère !

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Janja Garnbret enchaîne son premier 8B+ bloc !

09 Mar

À l’occasion de la journée des droits de la femme, Janja Garnbret a signé la première ascension féminine de “Bügeleisen” 8B+ à Malatal, en Autriche.

“L’escalade est le nouveau fer à repasser, mesdames”, a déclaré Garnbret dans son post, où elle a mis l’accent sur le fait d’avoir réalisé la première ascension féminine de ce bloc iconique (« Bügeleisen » se traduisant par fer à repasser en allemand).

“Bügeleisen” a été enchaîné pour la première fois par Klem Loskot en 2001. Au moment de son ascension, ce bloc était considéré comme l’un des plus dures du monde. En effet, il n’était autre que le deuxième 8B+ libéré, l’autre étant “Radja” de Fred Nicole. Le seul bloc plus difficile à l’époque était “Dreamtime” 8C, également enchaîné par Fred Nicole.

“Bügeleisen” est un bloc ultra physique. Dans un panneau à 50 degrés, il faut serrer de petites prises, tout en restant bien gainé. Ce bloc a été répétée pour la première fois par Markus Bock, en mars 2002. Puis, plus d’une décennie plus tard, Nalle Hukkataival a fait la troisième ascension en avril 2013. Il a ensuite ajouté un départ assis et lui a donné la cotation de 8C.

Il s’agit du tout premier 8B+ que la Slovène enchaîne. Jusqu’à maintenant, sa plus grosse performance en date sur le rocher était l’enchaînement d’un 8A+ bloc.

 

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Seb Bouin réalise la première ascension d’un nouveau 9a+ : “Myr”

08 Mar

Seb Bouin vient de libérer un nouveau 9a+ à Saint-Guilhem-le-Désert : “Myr”.

En ukrainien, “Myr” signifie paix. Un an après l’avoir équipée, Seb Bouin a signé la première ascension de cette voie, particulièrement physique et résistante.

C’est sympa de finir le processus, même si enchaîner est quelque peu secondaire pour le moment.”

Seb Bouin

Il s’agit du quinzième 9a+ que le Français enchaîne. Au total, il comptabilise maintenant 70 voies dans le neuvième degré.

Notons que Seb Bouin est bien en forme en ce moment. Il y a quelques jours, il clippait le relais de “No pasaran” un 8c situé dans les gorges du Thaurac, dans l’Héraut, libéré en 2010 par Cédric Lachat et qui n’avait pas été répété depuis. Quelques jours plus tôt, au même endroit, il signait la première ascension de “Fermeture annuelle” 8c/+.

Quelques images de Seb Bouin dans “Myr” :

 

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À 53 ans, Yuji Hirayama libère un nouveau 9a !

08 Mar

À 53 ans, Yuji Hirayama vient de clipper le relais d’un projet qu’il travaillait depuis plus d’un an au Japon. Il a nommé la voie “Peaceful Mountain” en réponse à la guerre en Ukraine.

Yuji Hirayama, l’un des plus grands grimpeurs de tous les temps, a effectué la première ascension de “Peaceful Mountain” 9a au Mont Futago, au Japon. Il avait équipé lui-même cette voie il y a plus d’un an. La ligne, d’une trentaine de mètres, commence par un 8a, qui mène à un pas de bloc en 8A+, avant de se poursuivre par un 7b+.

Je propose la cotation de 9a pour cette voie, parce qu’elle est plus facile que “Flat Mountain” 9a/a+ et plus difficile que “Hanabi” 8c+ et “Time Machine” 8c+. Bien sûr, j’attends le retour des autres grimpeurs qui répéteront cette voie après moi.

En réponse à la guerre en Ukraine, le Japonais a décidé de nommer cette voie “Peaceful Mountain”, déclarant réaliser à quel point la paix est quelque chose de précieux.

Yuji Hirayama est un grimpeur légendaire. À la fin des années 80, il a enchaîné ce qui était alors considéré comme la voie la plus dure au monde avec “Les Spécialistes”, cotée 8b+. En 1999, il réussit l’ascension de “Mortal Kombat” à vue, qui aurait été le tout premier 8b+ à vue, mais il l’a décoté à 8b.

En 2003, il fait la première ascension de “Flat Mountain” 9a/+, toujours considérée comme l’une des voies les plus difficiles du Japon. L’année suivante, il réalisait la toute première ascension d’un 8c à vue avec “White Zombie” dans la grotte de Baltzola en Espagne. En 2002 et 2008, Hans Florine et lui entraient dans l’histoire du Yosemite en établissant des records de vitesse sur le “Nose”.

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Alex Puccio enchaîne un 8B/+ bloc en seulement une séance !

08 Mar

Alex Puccio s’est rétablie au sommet de “Hailstorm” 8B/+, et compte maintenant plus de 250 blocs dans le huitième degré.

Une séance. C’est tout ce qu’il aura fallu à Alex Puccio pour enchaîner “Hailstorm” un 8B/+ situé à Ogden, dans l’Utah. Il faut dire que cette ligne correspond parfaitement aux points fort de l’Américaine : des grands mouvements physiques, des crochets de talon et un gros gainage nécessaire.

À 31 ans, elle compte maintenant plus de 250 blocs dans le 8A et plus, ce qui en fait la numéro 1 mondial.

Voici les images de son ascension :

 

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Retour sur la première compétition au format olympique de Paris 2024

07 Mar

La nouvelle salle d’escalade de Chris Sharma à Barcelone accueillait ce week-end la première compétition au format olympique combiné de Paris 2024. Retour sur cette compétition, remportée par Iziar Martinez Almendros et Alberto Ginés López.

Il y avait des odeurs de Jeux Olympiques ce week-end à Barcelone. 20 hommes et 20 femmes, originaires d’Espagne, ont testé pour la première fois le nouveau format combiné bloc et difficulté que nous verrons aux J.O de Paris 2024. La fédération internationale avait choisi d’organiser l’événement dans la nouvelle salle d’escalade de Chris Sharma, la troisième à ouvrir sous le nom de l’Américain.

Iziar Martinez Almendros, 16 ans, remporte la compétition

Chez les femmes, c’est la jeune Iziar Martinez Almendros, âgée de 16 ans seulement, qui a complètement dominé la compétition. Elle s’est classée première en bloc (avec un score de 99,8 points) et première en difficulté (avec un score de 100 points). Iziar Martinez Almendros aurait pu obtenir le score parfait en bloc, si elle n’avait pas lâché deux essais, et donc perdu 0,2 point. Sur la voie de difficulté, la jeune Espagnole a été la seule à enchaîner la voie, raflant donc les 100 points attribués pour un top.

Rappel sur ce nouveau système de score :

En bloc, 25 points sont attribués pour un top, 10 points pour la zone supérieure (Z) et 5 points pour la zone inférieure (z). 0,1 point est soustrait à chaque chute pour le top, et 0,01 point pour les zones.

En difficulté, un top rapporte 100 points. En comptant à rebours depuis le top de la voie, les 15 dernières prises coûteront 5 points/prise au grimpeur, les 10 prises précédentes coûteront 2 points/prise et les 5 prises précédentes coûteront 1 point/prise.

En savoir plus sur ce nouveau système de classement

Si chaque discipline porte 50% du total des points disponibles, il est globalement plus difficile d’obtenir un score parfait en bloc qu’en difficulté, les quatre tops à vue en bloc étant plus rares que l’enchaînement d’une voie.

La bonne nouvelle, c’est que le classement de ce nouveau format est plus facile à suivre que le format combiné multiplié des Jeux Olympiques de Tokyo. Au lieu de multiplier leur position, les compétiteurs additionnent maintenant leur résultat en bloc à leur résultat en difficulté. Avec 100 points possibles en bloc et 100 points possibles en difficulté, les grimpeurs peuvent gagner jusqu’à 200 points.

© IFSC

Iziar Martinez Almendros a donc remporté la compétition avec 199,8 points au total. Elle devance Rut Monsech Gasca, 20 ans, avec 113,6 points (58,6 en bloc et 55 en difficulté), tandis qu’Aida Torres Illamola, 19 ans, termine troisième avec 102,8 points (77,7 points en bloc, 25,1 en difficulté).

Les résultats des finales :

1. Iziar Martinez Almendros : 99,8 + 100 = 199,8 points
2. Rut Monsech Gasca : 58,6 + 55 = 113,6 points
3. Aida Torres Illamola : 77,7 + 25,1 = 102,8 points
4. Antía Freitas : 30,8 + 55 = 85,8 points
5. Maria Benach : 36,6 + 45,1 = 81,7 points
6. Lucía Miranda : 56 + 25 = 81 points
7. Lucía Sempere : 58,4 + 15,1 = 73,5 points
8. Haizea Osés : 14,3 + 25,1 = 39,4 points

© IFSC

Alberto Ginés López, champion olympique en titre, remporte l’or !

Tout le monde attendait le retour d’Alberto Ginés López, qui participait à sa première compétition depuis les Jeux Olympiques. Le médaillé d’or de Tokyo est monté sur la première marche du podium, suite à une belle performance, qui lui a valu les applaudissements du public. Le grimpeur de 19 ans a totalisé 80,1 points en bloc, avant d’ajouter 90 points supplémentaires grâce à la difficulté, chutant à deux mouvements du sommet. Il a ainsi terminé la compétition avec 170,1 points.

Javier Cano Blázquez, a remporté la médaille d’argent avec 101,1 points après une bonne performance en bloc mais une chute prématurée en difficulté. Enfin, Mikel Linacisoro Molina a décroché le bronze avec un score combiné de 70,8 points : 35,8 en bloc et 35 en difficulté.

Les résultats des finales :

1. Alberto Ginés López : 80,1 + 90 = 170,1 points
2. Javier Cano Blázquez : 80 + 21,1 = 101,1 points
3. Mikel Linacisoro Molina : 35,8 + 35 = 70,8 points
4. Enrique Beltrán : 16,9 + 30,1 = 47 points
5. Guillermo Peinado : 20,4 + 21,1 = 41,5 points
6. Eneko Carretero : 19,6 + 19 = 38,6 points
7. Pau Galofré : 8,9 + 15 = 23,9 points
8. Aitor Martínez : 8,4 + 5 = 13,4 points

© IFSC

Avant d’être disputée aux Jeux olympiques de Paris 2024, ce format combiné bloc & difficulté sera l’une des quatre épreuves des Championnats d’Europe de Munich 2022, qui se dérouleront du 11 au 21 août 2022.

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Résultat du sélectif équipe de France de bloc

06 Mar

À l’issue de la compétition, Flavy Cohaut et Sam Avezou se sont imposés et prendront probablement part aux premières Coupes du Monde de bloc de la saison.

Une semaine après le Championnat de France de bloc, une trentaine de grimpeurs français se sont retrouvés ce week-end dans la salle fédérale Karma, à Fontainebleau, pour disputer un sélectif. L’objectif ? Faire partie des meilleurs et ainsi décrocher son ticket pour rentrer en équipe de France de bloc cette saison et participer aux premières Coupes du Monde.

Deux circuits d’un niveau international ont été tracés, et un classement final a été établi en fonction de ces deux circuits.

Flavy Cohaut s’impose !

Chez les femmes, c’est la jeune Flavy Cohaut qui a remporté ce sélectif. Elle qui terminait 7ème, aux portes des finales, le week-end dernier sur le Championnat de France de bloc, a pris sa revanche hier. Sur le premier circuit, elle est l’une des deux seules grimpeuses à valider 4 blocs et 5 zones. Elle mettra 7 essais, quand Zélia Avezou en aura besoin de 3 supplémentaires.

Les blocs du deuxième circuit sont encore plus exigeants. Flavy Cohaut n’en enchaînera qu’un seul, mais sera tout de même la seule compétitrice à valider 4 zones, ce qui lui vaudra la 5ème place de ce circuit, remporté par Mailys Piazzalunga, qui enchaînera 2 blocs en 3 essais.

Ainsi, au classement final, Flavy Cohaut (1ère du circuit 1 et 5ème du circuit 2) décroche la première place, avec 151 points. Juste derrière, à seulement quatre points, on retrouve Mailys Piazzalunga (6ème du circuit 1 et 1ère du circuit 2). Enfin, Zélia Avezou s’octroie la troisième place avec 135 points (2ème du circuit 1 et 4ème du circuit 2)

Sam Avezou truste la première place

Chez les hommes, Sam Avezou aura été impérial. Finaliste du Championnat de France la semaine dernière (il avait décroché la 5ème place), ce week-end, il aura été le plus fort, s’adjugeant le meilleur résultat dans les deux circuits. Sur le premier, il est le seul grimpeur à valider 4 blocs, prenant largement la tête du classement. Derrière lui, on retrouve Adrien Lemaire, qui réalise 3 blocs et valide 5 zones, et Mathieu Ternant qui compte 3 blocs et 4 zones.

Dans le deuxième circuit, bien plus dur également, Sam Avezou ne lâche pas sa première place et valide 2 blocs et 4 zones. Ça sera la meilleure performance. Derrière, c’est cette fois Arthur Ternant qui prend la deuxième place avec 2 blocs et 3 zones, devançant Adrien Lemaire, qui compte 2 blocs et 3 zones également.

Au classement final, Sam Avezou décroche donc logiquement la première place, ayant terminé premier sur chacun des circuits. Il devance Adrien Lemaire (2ème du circuit 1 et 3ème du circuit 2) et Mathieu Ternant (3ème du circuit 1 et 6ème du circuit 2).

La composition officielle de l’équipe de France pour les premières Coupes du Monde de la saison sera publiée d’ici quelques jours.

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Carlo Traversi enchaîne l’une des voies de trad les plus dures du monde !

06 Mar

Le grimpeur américain de 33 ans a enchaîné “Magic Line” 8c+, une ligne qu’il essayait depuis 2016.

Carlo Traversi est heureux : il vient de boucler un gros projet, qu’il travaillait depuis plus de six ans. Le grimpeur de 33 ans a réussi à vaincre les 35 mètres de “Magic Line”,  une voie située dans le Yosemite, connue pour être l’une des lignes de trad les plus dures de la planète.

Cette voie a d’abord été enchaînée pour la première fois par Ron Kauk en 1996. Celui-ci avait gravi la voie avec les protections déjà en place, et l’avait cotée 8c. Vingt ans plus tard, son fils, Lonnie Kauk, répétait la voie, d’abord une première fois à la façon de son père (avec les protections déjà en place), puis une seconde fois, en trad (en posant lui-même les protections au fil de l’ascension). De cette façon, il avait proposé la cotation de 8c+. En 2019, la grimpeuse britannique Hazel Findlay avait frappé un grand coup en signant la troisième ascension de cette voie.

Carlo Traversi a commencé à travailler la voie en 2016, et a rapidement réussi tous les mouvements. À la fin de sa première saison passée dans “Magic Line”, il tombait sur le tout dernier mouvement dur. Puis, il a passé les cinq années suivantes à travailler la ligne, notamment avec Hazel Findlay, sans jamais réussi à en venir à bout.

Cet hiver, le légendaire Tommy Caldwell, grimpeur le plus expérimenté du Yosemite, lui a proposé de travailler la voie ensemble. Carlo Traversi a immédiatement accepté, et ensemble, ils ont retravaillé toutes les méthodes une à une.

La voie remonte une fine fissure en granite et la complexité se joue notamment dans les pieds. Ceux-ci doivent presque toujours être posés à plat en adhérence, ce qui demande un gainage et une tension corporelle énorme pour rester plaquer contre la paroi, les mains dans la fissure. D’après Carlo Traversi, cette voie comporte “les pires pieds imaginables”.

Finalement, le grimpeur Américain a réussi à faire la croix, après plus de six ans d’efforts. Il n’existe que trois autres voies de trad cotées 8c+ dans le monde et un 9a (“Tribe”). Ayant déjà enchaîné “Meltdown”, Carlo Traversi est le seul grimpeur à en avoir réalisé deux parmi cette liste.

Notons que Carlo Traversi est l’un des grimpeurs les plus complets au monde. En plus de ses ascensions extrêmes en trad, il a déjà enchaîné plusieurs 8C bloc et l’année dernière, il répétait son premier 9b.

Voici une vidéo de 2017, quand Carlo Traversi travaillait “Magic Line” :

https://vimeo.com/240201698?embedded=true&source=video_title&owner=5585280


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Fanny Gibert revient avec beaucoup d’émotion sur son sixième titre de Championne de France

06 Mar

Il y a une semaine jour pour jour, Fanny Gibert fondait en larmes en montant sur le podium du Championnat de France de bloc 2022. Pour cause, elle remportait pour la sixième fois de sa carrière le titre national. Malgré son gros palmarès à l’international, la Réunionnaise de 29 ans avoue que cette compétition reste l’une de ses préférées.

Un sixième titre de Championne de France est la preuve que Fanny Gibert est d’une régularité incroyable. Alors que le niveau augmente chaque année, que les jeunes poussent de plus en plus fort, et que le style de grimpe évolue tout aussi vite, continuer à dominer la scène nationale relève du domaine de l’incroyable selon la numéro 1 française.

Rencontre avec Fanny Gibert, qui revient avec beaucoup d’émotion sur cette édition 2022 du Championnat de France, une compétition qu’elle n’est pas près d’oublier.


Les titres de Championne de France, ça te connaît ! Mais cette sixième victoire a-t-elle une saveur particulière ?

C’est bien plus que ça… Je ne sais pas si tu te rends compte de ce qu’est un Championnat de France. C’est LA compet, tout le monde arrive au top de sa forme le couteau entre les dents notamment pour choper sa sélection en équipe de France. Chaque année le niveau augmente. Il y a tellement de grimpeurs HYPER forts qui n’ont jamais gagné un Championnat de France.

En gagner un, c’est déjà une consécration. Mais six… (le tout, sur une période de huit ans). Je me dis juste que c’est pas croyable, personne n’est à l’abri d’un jour de moins bien, d’une petite erreur qui coûte cher, d’une blessure, d’un craquage mental, d’une méforme…

Monter six fois tout en haut de cette put*** de boîte et entendre « Fanny Gibert Championne de France ! »… J’en pleure, c’est inévitable.

© FFME

Tu nous confiais juste avant la compétition que c’était l’une de tes préférées. Cette édition 2022 a-t-elle confirmé ton sentiment ? 

Les rideaux noirs, les projecteurs, la tension générale palpable, des ouvertures hyper soignées, la compet est suivie au niveau international : elle ne déçoit pas. Et cette édition 2022… Comment dire… Y a gagner une finale et gagner une finale à la dernière seconde de la compet, en étant la seule à enchaîner le dernier bloc. En ayant sorti des runs de malade pour sortir deux blocs dans les dernières secondes. L’art et la manière de vibrer fort ! C’est sûrement ma nouvelle édition préférée.


Ce dernier run était tellement puissant. C’était le parfait équilibre entre force, technique et tactique. Il représente ce pour quoi je m’entraîne tellement dur.”


Reviens d’abord sur le tour de demi-finale, particulièrement exigeant en fin de circuit. Qu’en as-tu pensé ?

J’ai déjà eu quelques soucis pour capter la méthode dans le premier bloc que j’arrive à sortir sur le fil… Belle frayeur (il m’a fallu un gros mental). Je lâche trop d’essais à mon goût dans le deuxième bloc. Le suivant, je ne comprends pas, je reste clouée en bas du bloc, frustrée. Je comprends après le circuit que je n’ai pas vu une préhension sur la prise violette juste avant la zone (belle boulette). Je monte très vite tout en haut du bloc 4, mais je zippe du talon pour choper la dernière prise. Or, c’était un bloc long et physique, je n’avais qu’une seule autre chance. Je monte encore en haut du bloc, j’étais bien, sûre de le faire cette fois, mais je zippe d’un autre pied.

© FFME

Fin du tour : j’avais 2 blocs et 3 zones. Gros moment de doute… Je pensais que ça ne suffirait pas pour passer en finale (trop d’erreurs sur ce tour), donc gros soulagement quand on me dit que je passe large.

C’était donc un tour un peu spécial… Car il y a deux blocs très durs, très peu répétés, qui sont dans des profils physiques, donc tout se joue sur les deux premiers blocs (profil vertical/dalle). Au final, le tour départage bien, tous les blocs marchent, pas de trucs morpho et des blocs classes et cool à grimper. Un tour un peu dur, mais perso je préfère.

Puis il y a eu les finales, comment as-tu trouvé les blocs à la lecture ?

Franchement le 1 je l’ai trouvé incompréhensible, mais classe parce qu’il était tout rose 🤪
Le 2 me semblait très cool, il me parlait bien. Finalement, il était bien dur et compliqué à grimper, mais je m’en suis super bien sortie.
Le 3 me plaisait aussi : un skate plutôt technique et à timing (pas morpho à priori), ça m’a motivé grave !
Et le 4 trop woouuaah j’avais trop trop hâte !

© FFME

Oriane Bertone était en tête après les trois premiers blocs avec 7 essais de moins que toi, mais tu as renversé le scénario de ces finales en étant la seule à toper le dernier bloc très physique. Qu’est-ce qui a fait la différence selon toi ?

Je ne faisais pas la compet contre Oriane. Bien sûr, je calculais le classement et je savais que c’était mal engagé. Mais je ne pensais pas à la victoire ou à défendre mon titre. Je me battais pour faire les blocs ! Et alors que je topais sur le fil, le public était en délire (c’était donc réconfortant, même si ça signifiait que j’avais mis trop d’essais).

Dans le dernier bloc, j’ai simplement fait ce que je savais faire. J’étais déterminée, appliquée et là-haut, j’ai laissé parler ma grimpe à l’instinct. Ce dernier run était tellement puissant. C’était le parfait équilibre entre force, technique et tactique. Il représente ce pour quoi je m’entraîne tellement dur. Faire la différence sur le bloc physique a un goût spécial. Eh oui, la petite Fanny a bien grandi !

 

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Cette compétition t’a-t-elle servi à régler quelques paramètres à l’approche de la saison internationale qui arrive à grands pas ? 

Cette compet me remplit de confiance et de bonheur. Ça lance ma saison sur la note la plus positive qu’il soit ! 👊🏽


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Interview : Paul Jenft nouveau Champion de France de bloc

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Interview : Paul Jenft nouveau Champion de France de bloc

04 Mar

Dimanche dernier, un nouveau Français s’emparait de la couronne de Champion de France de bloc. Son nom ? Paul Jenft. Le chambérien de 18 ans a quasiment tout gagné dans les catégories jeunes. Multiple Champion d’Europe de bloc et de difficulté, il est également multi-médaillé sur le dernier Championnat du Monde jeunes qui s’est tenu l’été dernier en Russie.

Lui qui se considère d’abord comme un spécialiste de la difficulté (il disputait sa première finale en Coupe du Monde seniors l’an dernier), a toutefois réalisé la meilleure prestation sur le Championnat de France de bloc cette année.

Rencontre avec Paul, un jeune homme calme et discret, plein de projets pour l’avenir.


Salut Paul ! Tout d’abord, qu’est-ce que l’on ressent quand, à 18 ans seulement, on remporte le titre de Champion de France de bloc ?

Je pense que c’est l’un des moments les plus forts que j’ai vécu en compétition. Il y avait beaucoup de monde dans la salle pour soutenir les finalistes et j’ai vraiment eu l’impression qu’ils avaient passé un bon moment. Le fait d’avoir contribué un peu à ça m’a vraiment fait plaisir. Je remercie tous les gens qui étaient là, ou devant leur ordinateur, pour nous avoir encouragés à fond.

Comme Mejdi Schalck ou encore Oriane Bertone, tu as fait le choix de ne pas participer aux France jeunes cette année ? Etait-ce un choix tactique pour être plus en forme sur la compétition seniors ?

J’ai décidé de ne pas participer au Championnat de France jeunes parce que j’avais déjà une sélection chez les jeunes et j’ai préféré me préserver pour les épreuves seniors qui suivaient. C’est un choix qui n’a pas été facile parce que quand tu décides de ne pas aller sur la compétition la plus importante au niveau jeunes, les gens t’attendent sur celle d’après. Si tu te plantes, c’est dur de justifier le fait de prendre des sélections sans aller se confronter aux autres. Mais j’ai un calendrier de compétitions très chargé, donc forcément, il faut faire des choix et prendre des risques.

© FFME

Quel était ton objectif en te rendant à Plougoumelen ?

Je n’aime pas vraiment me fixer d’objectifs de résultat avant les compétitions. Mon but était de mettre en place tout ce que je savais faire et de tout donner sur la compet. La motivation vient en fonction de l’importance de la compétition et de l’investissement que je mets dessus. Et là j’étais sur-motivé !


Avant le dernier bloc, je savais ce qu’il fallait faire pour gagner et ça m’a ajouté une émulation incroyable.”


Dans quel état d’esprit et de forme as-tu abordé cette compétition ?

Je suis vraiment arrivé dans un bon état d’esprit, j’étais frais mentalement et physiquement et j’avais vraiment envie de voir ce que ça allait donner dans les blocs. J’ai eu la chance que mon pic de forme soit arrivé assez tardivement, ce qui a fait que je n’étais pas super en forme les semaines avant la compet. Ça m’a permis de ne pas être trop attendu et donc, j’ai moins eu à gérer le regard des autres par rapport aux favoris.

Tout au long du week-end, tu n’as cessé d’améliorer ton rang : d’abord troisième de ton groupe de qualification, tu terminais deuxième des demi-finales, pour finir par une première place en finale. Avec un peu de recul maintenant, comment analyses-tu la compétition dans sa globalité ?

Plus les tours passaient, plus j’étais fatigué. Je n’avais pas énormément de réserve sur la compet. Mais la fatigue m’a aussi permis de mieux grimper au fil des tours. Quand physiquement ça devient plus dur, c’est plus facile d’être relâché et de mieux se placer, donc ça peut avoir un impact bénéfique sur la grimpe. Je pense que le relâchement m’a bien aidé sur ces finales.

© FFME

Justement, parlons maintenant des finales. Qu’as-tu pensé des blocs à la lecture ? Savais-tu que tu avais une bonne carte à jouer ?

C’est assez dur de connaître le niveau des blocs à la lecture, donc ce n’est pas facile de se projeter sur la place qu’on peut espérer. Dès le premier bloc j’ai vu que j’étais dans le match et plus les blocs passaient plus je voyais l’opportunité se dessiner.


J’ai moins de temps que les autres pour m’entraîner, alors je fais des séances plus qualitatives et donc, je m’investis à fond dès que je grimpe.”


Tu as failli être le seul grimpeur à enchaîner tous les blocs de finale, et tu réalises d’ailleurs un très beau flash des deux derniers blocs. Qu’as-tu pensé de ces finales ?

Les finales ont vraiment tenu leurs promesses ! Il y a eu du suspense jusqu’au dernier moment. Quand tu es derrière le rideau, tu peux assez facilement calculer ta position dans le classement en fonction de ce que tu entends. Il y en a qui n’aiment pas le faire et qui mettent leur casque, mais moi ça m’a vraiment servi. Avant le dernier bloc, je savais ce qu’il fallait faire pour gagner et ça m’a ajouté une émulation incroyable.

© FFME

As-tu changé quelque chose cette année dans ta façon de t’entraîner ? Sur quoi axes-tu ton entraînement ?

Il y a eu beaucoup de changements pour moi cette année : je suis parti de chez mes parents pour aller à Grenoble pour mes études. J’ai donc dû m’organiser différemment et j’ai changé mes lieux d’entraînements. J’ai complètement bousculé la routine que j’avais mise en place depuis plusieurs années et je craignais un peu que ça se ressente sur mes performances. Mais j’ai vraiment trouvé un bon équilibre à Grenoble et je peux maintenant vraiment m’investir dans l’escalade.

Pour ce qui est de mes contenus de séance, j’ai continué sur ce que je faisais l’année dernière, en m’adaptant aux structures et aux gens dispos pour s’entraîner avec moi. J’aime bien rester assez libre dans ma planification, je travaille donc uniquement avec un préparateur physique. Je passe 80% de mon entraînement à grimper. Je vais chercher de l’émulation dès que je peux en m’entraînant avec du monde. J’ai de la chance d’avoir des colocs (Nao Monchois et Louison Burtin) qui s’entraînent avec moi et on se tire vraiment vers le haut.

Mon volume d’entraînement est vraiment dépendant de mes cours (j’aménage mes études à Polytech Grenoble). J’ai moins de temps que les autres pour m’entraîner, alors je fais des séances plus qualitatives et donc, je m’investis à fond dès que je grimpe. Peut-être qu’un jour je souhaiterais m’investir dans un plus gros objectif et donc, je devrais m’entraîner plus. Pour l’instant j’essaye de ne pas brûler les étapes, j’ai encore beaucoup de temps devant moi pour me consacrer 100% à mon sport.

Il y a une bonne émulation entre Mejdi Schalck et toi. As-tu hâte d’aller jouer à l’international avec lui ?

On se complète vraiment bien avec Mejdi parce qu’on est chacun spécialiste dans notre discipline (lui en bloc et moi en diff). On a chacun des trucs à s’apporter dans notre façon de s’entraîner. On est assez proche pour qu’on installe une sorte de compétition entre nous, sans que ce soit malsain. L’année dernière on s’est tiré vers le haut toute la saison, j’avais envie de faire en diff ce qu’il avait fait en bloc et ça a bien marché pour nous deux. Je suis donc bien motivé pour retourner avec lui surtout si je m’aligne sur les mêmes compétitions que lui.

Une petite anecdote à nous raconter sur ce Championnat de France ?

Deux semaines avant le Championnat de France, mon partenaire de chaussons (EB) m’a donné un modèle prototype pour que je l’essaye. J’ai tellement accroché que je leur en ai demandé une paire plus à ma taille pour la compet. Ils les ont produits en urgence et je les ai reçus cinq jours seulement avant la compétition. J’ai donc grimpé avec alors que je m’étais entraîné avec des chaussons différents tout l’hiver ! Les détails font la différence et je les remercie infiniment pour l’effort que toute l’équipe a fait pour me produire ces chaussons.

Quels sont tes objectifs cette année ?

L’objectif de cette année, c’est le même que celui de l’année dernière et ça sera le même l’année prochaine : je sélectionne en début d’année les compets qui me tiennent le plus à cœur et j’essaye d’arriver le plus en forme possible sur ces événements. Une fois à la compétition, il y a trop de paramètres qui rentrent en compte pour que je m’accroche à une place précise.

Cette année les compétitions que j’ai sélectionnées sont les Coupes du Monde de diff de cet été, c’est mon principal objectif. Après il y aura les Coupes du Monde de bloc et les Championnats du Monde jeunes à la fin de l’été. Tout ça avec quelques sorties en falaise dès que j’aurais un moment !

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Le port du masque n’est plus obligatoire dans les salles d’escalade

04 Mar

Bonne nouvelle en ce début mars : l’assouplissement des contraintes sanitaires dans les salles d’escalade.

Les mesures évoluent suite à la gestion de la crise sanitaire liée au Covid-19 ! On fait le point suite aux dernières annonces de la FFME et du Ministère des Sports

  • Le port du masque en salle ou SAE extérieure n’est plus obligatoire. Le port du masque reste toujours possible, mais il ne peut être imposé par le gestionnaire – sauf décision contraire du préfet de votre département.
  • Pass vaccinal (à partir de 16 ans) et pass sanitaire (de 12 à 15 ans inclus) : ils restent obligatoires.
  • Les compétitions d’escalade : le port du masque n’est plus obligatoire et les jauges ne sont plus en vigueur depuis le 28 février.
  • La vente et la consommation de nourriture et de boisson dans les salles de sports et les gymnases sont de nouveau autorisées.

La FFME nous invite à rester vigilants sur les gestes barrières (lavage de main, magnésie liquide) et sur les mesures de distanciation (les 2 mètres entre 2 pratiquants restent en vigueur).

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Adam Ondra, impressionnant dans une nouvelle voie extrême qu’il libère !

03 Mar

Adam Ondra vient de réaliser la première ascension d’une nouvelle voie extrême dans la région d’Arco, en Italie : “Bomba” qu’il propose à 9b.

“C’est l’un des moments les plus épiques de ma vie de grimpeur !”. C’est ce qu’Adam Ondra a déclaré après avoir clippé le relais de cette nouvelle voie extrême, dans un cri de joie salvateur.

Le Tchèque est actuellement en Italie, à Arco, au travail avec Stefano Ghisolfi et Jakob Schubert dans “Excalibur”, l’une des voies les plus dures de la planète, qui attend toujours d’être libérée. Mais entre deux essais dans ce projet, Adam prend aussi du temps pour équiper de nouvelles lignes, et grimper dans d’autres projets de la région d’Arco.

Alors qu’il s’apprêtait à quitter l’Italie (avant de revenir dans deux semaines), il a tenu à mettre un ultime essai de calage dans “Bomba”, une voie qu’il travaillait.

J’étais presque sûr que ce serait seulement une journée de travail dans mon projet, et non le jour de l’enchaînement. Je me sentais un peu fatigué de mon jour de repos de la veille (où j’ai équipé une nouvelle voie), et je n’étais pas dans la meilleure configuration pour enchaîner le projet, qui était sur le point de devenir 9b+ 🤔.”

Toutefois, hier, les conditions étaient particulièrement bonnes à Arco. Adam Ondra l’avait bien senti. Mais il était encore bien loin de penser que quelques minutes après son arrivée à la falaise, il clipperait le relais de cette voie. Son but était simplement d’enchaîner la dernière partie de la voie, en partant de la moitié du tracé.

Je n’ai même pas apporté mes deux genouillères, qui sont nécessaires pour enchaîner l’ensemble de la voie. Je n’en ai apporté qu’une seule, pour le coincement de genou à la fin. Lors de mon premier essai, en essayant seulement la dernière section de la voie, je suis tombé au dernier mouvement, mais je me sentais super bien.”

Des conditions parfaites, de bonnes sensations et finalement une bonne forme physique malgré sa journée d’équipement de la veille… Il n’en fallait pas plus pour motiver Adam Ondra à essayer la voie depuis le début. Ni une ni deux, il emprunte une deuxième genouillère à un grimpeur italien se trouvant sur place, et se lance dans un essai depuis le bas.

Mon essai a été parfait, jusqu’à ce que je tombe parce que je n’étais pas assez précis juste en dessous du crux. Je me suis alors reposé 30 minutes et ensuite, j’ai vécu l’un des moments les plus épiques de ma vie de grimpeur.”

Hurlant sur chacun des mouvements, jusqu’à pousser un cri de joie salvateur, Adam Ondra venait de donner naissance à “Bomba”. Une voie dans le parfait style du Tchèque : des coincements de genou délicats et des grands mouvements dynamiques sur de petites prises. La voie commence par une première partie en 8b+, avant d’arriver au crux : une série de dix mouvements, qui vaudraient à eux seuls l’équivalent d’un 8C bloc. Puis, il reste un gros mouvement à partir d’un mauvais coincement de genou, depuis une minuscule prise plate inclinée, avant un grand croisé sur une arquée de 7mm, et un dernier mouvement dur atroce dans un tridoigt.

Concernant la cotation et malgré ses premières estimations, Adam Ondra a décidé de n’attribuer “que” la cote de 9b.

Malheureusement, je ne peux pas lui attribuer la cotation de 9b+, car il ne m’a fallu que 5 jours de nettoyage et d’essais (plus quelques jours dans la variation voisine). Mais je pense qu’elle est définitivement dans la partie supérieure de la cotation.”

C’est Adam Ondra lui-même qui avait équipé cette ligne, en 2012. À l’époque, il avait eu de gros doutes quant à la faisabilité de la ligne, qu’il avait jugée “impossible”. Dix ans plus tard, voilà qu’il clippe le relais de cette voie.

J’ai choisi de l’appeler “Bomba” parce que c’est une vraie bombe ! Mais je suis triste que les gens en Ukraine aient affaire à des bombes très différentes….”

À 29 ans, Adam Ondra compte maintenant 25 voies entre le 9b et le 9c. Un record mondial.

Voici quelques images de son run d’enchaînement :

Attention : veillez à bien baisser le son sur votre téléphone ou votre ordinateur avant de lire cette vidéo ! En effet, Adam Ondra s’en donne à coeur joie tout au long de la voie, et va chercher loin dans ses retranchements ! 😉

 

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Les grimpeurs russes finalement exclus des compétitions d’escalade

03 Mar

Dans le contexte de la guerre menée par la Russie en Ukraine, et conformément aux recommandations émises par le CIO, l’IFSC vient de surprendre tous les athlètes russes et biélorusses des compétitions d’escalade internationales.

Le Comité Olympique intransigeant

Deux jours après avoir mis de côté son habituelle neutralité politique en recommandant aux fédérations internationales de bannir les athlètes russes et biélorusses, l’instance olympique a justifié sa position par la voix de son président, Thomas Bach :

Il n’y aucun doute sur notre position dans cette agression, dans cette guerre : nous sommes du côté de la paix. Notre décision est de la responsabilité du gouvernement russe. Elle est la conséquence de la violation de la trêve olympique et de la charte olympique.

Si nous n’avions pas pris cette position, nous aurions dû faire face à une situation où d’un côté vous auriez eu les athlètes et les officiels ukrainiens cherchant à s’abriter dans le métro de Kiev pour échapper aux bombardements, et d’un autre des athlètes russes participant aux compétitions auxquelles les Ukrainiens auraient aimé prendre part, ou même prenant leur place.”

L’IFSC exclut les grimpeurs russes des compétitions d’escalade

Conformément aux recommandations émises par le CIO concernant les implications de la guerre en Ukraine, la fédération internationale d’escalade a décidé de mettre en œuvre les mesures suivantes :

  • Annuler toutes les compétitions internationales prévues en Russie et en Biélorussie jusqu’à nouvel ordre, y compris la Coupe du monde de bloc et de vitesse prévue à Moscou, la Coupe d’Europe jeunes à Kaliningrad (RUS) et les Championnats du monde jeunes 2023
  • Suspendre tous les athlètes et officiels d’équipes russes et biélorusses des compétitions internationales.

Ces mesures ont été approuvées à l’unanimité par le comité exécutif de l’IFSC.

En outre, l’IFSC discutera d’une série de mesures supplémentaires qui devront être approuvées par la prochaine Assemblée générale à Salt Lake City, les 18 et 19 mars 2022, y compris, mais sans s’y limiter, les mesures suivantes :

  • De renoncer à la cotisation annuelle de 2022 pour la fédération ukrainienne et aux frais d’inscription de 2022 pour tous les événements internationaux
  • Créer un programme de soutien pour aider la communauté des grimpeurs ukrainiens.

Les mesures et actions sont susceptibles d’être modifiées, en fonction de l’évolution de la situation.

La FFME salue la décision de l’IFSC de sanctionner la Russie

Alain Carrière, président de la FFME, a tenu, le 1er mars dernier, à avoir une conversation téléphonique avec Marco Scolaris, président de l’IFSC, pour échanger avec lui sur la position de la FFME sur ce sujet. Suite au communiqué de l’IFSC, la fédération s’accorde sur les positions de la fédération internationale d’escalade et tient à saluer les décisions prises.

La FFME tient tout de même à préciser qu’appuyer ces sanctions légitimes dans cette situation d’une extrême gravité ne signifie pas oublier toute l’amitié qu’elle porte aux grimpeurs russes, aux officiels russes ainsi qu’aux représentants de la fédération russe d’escalade. Alain Carrière a contacté son président pour l’informer de notre position.

De plus, afin de venir en aide à la communauté ukrainienne, la FFME a contacté un représentant de la fédération ukrainienne d’escalade pour savoir comment aider ses athlètes, notamment en accueillant certains de leurs grimpeurs dans les structures fédérales françaises.


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Vadim Timonov, grimpeur russe, dénonce la censure dans son pays

02 Mar

Alors que la guerre éclate toujours en Ukraine, Vadim Timonov, grimpeur russe de haut niveau et membre de l’équipe nationale a eu le courage de prendre la parole sur les réseaux sociaux, pour dénoncer cette guerre et la censure qui fait rage dans son pays.

Quand je vois ce qui se passe en Ukraine, mon cœur saigne. Des parents, des amis et des connaissances postent des choses qui me font vraiment peur, car je m’imagine à leur place.
Nous ne voulons pas de guerre ! Nous voulons la paix ! Ce qui se passe actuellement est inacceptable au 21ème siècle !

Comment se battre ? Je ne sais pas, je ne peux même pas imaginer. Et je comprends que ce post ne va pas sauver la situation.

Hier, je suis allé à mon premier rassemblement contre la guerre, dans le centre de Saint-Pétersbourg. Chaque personne qui prononce une phrase comme “non à la guerre” se voit poursuivit par 20 policiers russes anti-émeute matraque à la main courir, mis dans un fourgon de police, et placé derrière les barreaux pour une période indéfinie.

Les gens ont peur de sortir, peur d’exprimer leur opinion !

C’est pourquoi je lance un appel aux athlètes, aux grimpeurs : les gars, ne vous taisez pas ! N’ayez pas peur ! Si cela ne change pas la situation, cela sauvera au moins votre honneur et votre réputation. Le monde entier pense que vous êtes d’accord avec ce qui se passe maintenant. Je sais que ce n’est pas le cas !
Nous voulons prendre part aux compétitions et voyager à l’avenir, nous voulons être amis et ne pas avoir honte de notre nationalité lorsque nous nous retrouvons hors de notre pays !

L’escalade est un sport ancré au sein d’une petite communauté d’amis et de personnes partageant les mêmes idées. Nous voyageons ensemble, nous sommes amis et nous nous soutenons mutuellement.

La paix !”

Vadim Timonov


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