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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Clément Lechaptois enchaîne son premier 8C+ bloc et nous raconte !

06 Nov

Le Français Clément Lechaptois a récemment réalisé son premier 8C+ bloc, en signant la troisième ascension de “Fuck the System” à Fionnay, en Suisse. Il nous raconte cette magnifique performance en détail.

“La disposition des prises et les mouvements dans ce bloc sont hors du commun”, s’enthousiasme Clément. “Je l’ai d’abord essayé avec Shawn Raboutou lorsqu’il le travaillait pendant l’été 2021 et j’ai assisté à son enchaînement. L’automne dernier, j’ai failli réussir à mon tour, mais ça n’a pas marché. J’ai tapé des runs sérieux jusqu’à tomber plusieurs fois au dernier mouvement dur du bloc (une grande relance dynamique sur une réglette correcte). Ce mouv était vraiment dur pour moi dans l’enchaînement car il arrive après six mouvements de toit vraiment physiques et exigeants en gainage“, a poursuivi le grimpeur de 29 ans.

Malheureusement, Clément ne réussira pas à achever son projet avant l’arrivée de la neige cette année là. “Avec du recul il me manquait peut-être un peu de marge dans ce mouv pour réaliser le bloc”, analyse-t-il.

“Fuck the system” était un vieux projet de Dave Graham à Fionnay. Il s’agit d’un départ plus bas et plus direct de “Foundation’s Edge”, un 8C que l’Américain avait ouvert en 2014. “Ce qui est cool c’est que les deux versions ne partagent pas de mouvement dur en commun, ce sont vraiment deux blocs indépendants dans la difficulté” explique Clément, qui avait réalisé “Foundation’s Edge” en octobre 2019.

Au printemps 2022, le Français retourne dans ce projet, après une belle saison au Tessin, et le travaille pendant quelques jours, aux côtés de Dave Graham, qui avait fini par en réaliser la première répétition, confirmant la proposition de 8C+ suggérée par Shawn Raboutou. Mais à ce moment, les conditions n’étaient pas propices à un enchaînement : “La plupart du temps, les prises du bloc étaient mouillées, alors je n’ai quasiment pas eu l’opportunité de taper de vrais essais. Par contre j’ai vraiment pu beaucoup travailler et optimiser le crux du bloc”, raconte Clément.

Cet automne, avec l’arrivée de bonnes conditions, le moment de vérité semblait proche : “Je suis d’abord revenu quelques fois pour me re-familiariser avec les mouvements et j’ai progressé de séance en séance” explique-t-il. Finalement, c’est juste après avoir assisté à l’enchaînement de sa compagne Marine Thévenet dans le 8B+ “Compass North” que Clément a fait la croix. “J’ai réussi à passer ce mouv du bas et ensuite, je suis passé en mode auto pour gérer la sortie en ~ 7C+, qui reste quand même dure, surtout dans l’enchaînement”.

© Robin Janvier

Il s’agit du premier 8C+ que Clément Lechaptois enchaîne, après avoir accumulé une solide expérience dans le 8C. C’est justement sur ce même bloc, en octobre 2019, qu’il réalisait son premier 8C avec “Foundation’s Edge”. Un an et une pandémie plus tard, il confirmait son niveau dans la cotation en enchaînant “The Understanding” à Magic Wood, qui sera suivi, en 2021, par “Crystal Ship” à Cresciano, puis de la première ascension de “Solitary Daze” à Fionnay et “Roadkill” à Val Bavona. Cette année, il avait déjà inscrit un 8C à son carnet de croix, avec la répétition de “Monkey Wedding” pendant un séjour à Rocklands.

Concernant son arrivée dans le 8C+ Clément commente : “Avec la méthode que j’ai utilisée pour enchaîner “Fuck the system” (qui est plus ou moins la même que Shawn) c’est certain que c’est le bloc le plus dur que j’ai fait. La séquence est vraiment géniale, et j’ai vraiment adoré chaque session dans le bloc. Shawn a proposé 8C+ et avait l’air bien sûr de lui. Il a bien plus d’expérience que moi par rapport à tous les blocs durs qu’il a grimpé un peu partout. Dave a trouvé un genou astucieux, et répété le bloc avec une autre méthode, j’ai essayé mais c’était trop morpho pour ma taille, alors je ne peux pas juger. C’est aussi certainement le meilleur pour trouver des astuces en ce genre”.

Clément nous confie avoir de nombreux autres projets, dans le Valais notamment. Interrogé sur une répétition potentielle d'”Alphane” le bloc dur du moment, il répond : “C’est un bloc incroyable et je l’ai déjà essayé. L’enchaînement semble vraiment difficile, mais c’est bien motivant…”

Affaire à suivre donc !

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L’enchaînement le plus rapide d’un 8C bloc ? Signé Aidan Roberts !

05 Nov

Aidan Roberts, qui a réalisé il y a deux semaines la première répétition d'”Alphane” 9A (possiblement décoté à 8C+ par William Bosi), fait de nouveau la une de notre magazine, en signant cette fois ce qui semble être l’ascension d’un 8C bloc la plus rapide de l’Histoire !

“J‘ai été surpris de me retrouver au sommet, je m’attendais juste à essayer la section du bas”. C’est une autre oeuvre de Shawn Raboutou qu’Aidan Roberts vient de réaliser. Après avoir signé la première répétition d'”Alphane”, le grimpeur Britannique a confirmé son excellente forme du moment en enchaînant “Child of Hell” 8C dès son premier essai depuis le bas.

Alors que les températures sont bien supérieures aux moyennes saisonnières, Aidan Roberts a décidé de prendre de la hauteur et s’est rendu au col du Saint-Gothard, en Suisse, situé à plus de 2000 mètres d’altitude. Son but ? Trouver de la fraîcheur et enchaîner la sublime proue en 8B nommée “Stairway to Heaven”, véritable bloc phare du secteur. Après avoir très rapidement fait la croix, le Britannique a profité de la corde encore en place (qu’il avait utilisée pour déchiffrer le passage), pour regarder de plus près “Child of Hell” un 8C situé sur le même bloc, libéré par l’Américain Shawn Raboutou.

Après avoir brièvement essayé le crux à la corde, Aidan est redescendu et s’est lancé dans un essai depuis le sol, sans avoir essayé les premiers mouvements au préalable. Qu aurait cru que quelques secondes plus tard, il se retrouverait déjà au sommet du bloc ? Lui-même ne s’y attendait pas. Il raconte : “Le crux de ce bloc tourne principalement autour d’une petite épaule droite, ce qui le rend bien sûr physique, mais le plus dur se joue dans les pieds : les prises de pieds sont très mauvaises et très hautes ! J’ai donc utilisé la corde pour trouver les meilleures prises de pieds pour moi. Quand je suis parti depuis le sol, j’ai été surpris de me retrouver au sommet, je m’attendais juste à essayer la section du bas (c’est environ 7C+ jusqu’au crux). J’avais l’esprit très clair pendant que je grimpais, je pense que c’est l’état d’esprit que j’ai conservé depuis que j’ai enchaîné “Alphane”. Ça semble porter ses fruits.”

En effet, un 8C bloc répété au premier essai depuis le sol, quelques minutes après avoir enchaîné un 8B, démontre l’incroyable niveau du bloqueur britannique.

Pour en savoir plus sur lui, lisez vite l’interview qu’il nous a accordée suite à sa répétition d'”Alphane” il y a quelques jours :

Interview d’Aidan Roberts, premier répétiteur d’Alphane, 9A bloc

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Seb Bouin propose le premier 9b+ d’Amérique !

04 Nov

Seb Bouin vient une nouvelle fois de rentrer dans l’Histoire, en proposant la voie la plus dure d’Amérique : “Suprême Jumbo Love” 9b+ en Californie.

En 1986, le Français Jean-Baptiste Tribout avait frappé fort, en proposant la voie la plus dure des États-Unis avec “To Bolt or not to be”, le premier 8b+ de l’Histoire. Trente-six ans plus tard, c’est un autre Français qui s’illustre aux USA reproduisant un scénario similaire : Seb Bouin vient en effet de libérer la voie la plus dure du continent, proposant une nouvelle ligne en 9b+.

Il s’agit de “Suprême Jumbo Love”, qui n’est autre qu’une version plus directe de “Jumbo Love”, le 9b confirmé du monde, qu’il a répété quelques jours plus tôt. Cette variante directe ajoute 20 mètres de 9a avant de rejoindre “Jumbo Love”. Ce départ direct avait déjà été essayé par Chris Sharma en 2010, deux ans après avoir réalisé la première ascension de “Jumbo Love”. L’Américain avait trouvé la ligne très belle, mais n’avait pas réussi à concrétiser ce projet.

Cette voie et cette falaise sont dans mon esprit depuis que j’ai commencé à grimper. Terminer ce trip en enchaînant le départ direct ne pouvait pas être plus parfait – Seb Bouin

Le Français a avoué avoir failli tomber dans la dalle finale de cette ascension de 70 mètres, qui, selon lui, est délicate et nécessite beaucoup de lucidité après une voie aussi longue et physique. “Le premier 9a est assez délicat et technique, et il est facile de tomber, même si vous avez la marge physique”, explique-t-il. “Ensuite, vous avez le crux de “Jumbo Love”, où il est définitivement possible de tomber, même si vous avez la puissance nécessaire, il est si facile de louper le monodoigt !”. Seb a déclaré que les placements étaient très importants, car il faut “de l’énergie pour enchaîner toutes les parties résistantes pour atteindre la lèvre du surplomb”. Finalement, le plus dur est d’enchaîné toutes les parties de cette énorme voie de 70 mètres.

La première fois que Seb a réussi à franchir le départ direct, c’était à son troisième essai de la journée. “J’étais clairement trop fatigué pour avoir une chance de passer la section principale de “Jumbo Love””, a-t-il déclaré. “Pour être capable de tout enchaîner, je savais que je devais faire la faire dès le premier essai de la journée”. Puis, lors d’une nouvelle journée dans la voie, la magie a opéré. “Parfois, tout se met en place : la forme, les conditions, les vibrations positives, les amis, le caméraman, la chance”, a-t-il conclu. “Je sais que ça n’arrive pas souvent, alors je suis très reconnaissant de vivre de si grands moments quand ça arrive.”

En ce qui concerne la difficulté de la voie, Seb Bouin a procédé de manière très scientifique. Un 9a + un 9b = 9b+. Si la cotation est confirmée, “Suprême Jumbo Love” deviendrait la voie la plus dure d’Amérique. Il s’agit de la 75ème voie dans le neuvième degré du falaisiste Français et de son premier 9b+. Dans ses précédentes premières ascensions, il avait souvent attribué la note de 9b/+, mais cette fois, “Suprême Jumbo Love” semble un cran au-dessus. Notons que ce printemps, Seb avait clippé le relais de “DNA” à la Ramirole, et proposé la cotation de 9c.

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Katherine Choong enchaîne son projet de l’automne en 8c+

03 Nov

La grimpeuse suisse Katherine Choong a encore frappé en signant la première ascension féminine de “E-Space Challenge” 8c+ au Précipice de Corbière, dans le Vercors.

Son projet de l’automne est tombé ! Katherine Choong a réussi à clipper le relais de “E-Space Challenge”, un 8c+ situé au Précipice de Corbière, en France. Cette voie est née de l’idée de Nicolas Glée, co-gérant des salles d’escalade Espace Vertical, et shaper pour la marque de prise E-Space Climbing Holds. En 2018, il équipe cette ligne déversante très difficile, et lance un challenge : le premier grimpeur à enchaîner cette voie remportait 1000 € de prises E-Space. C’est alors l’Allemand Sebastian Halenke qui avait signé la première ascension de cette voie. Pensé comme un 9a, Arthur Guinet, premier répétiteur de la voie a proposé de la décoter à 8c+, ce qu’a confirmé Tanguy Mérard, le troisième ascensionniste.

La Suissesse Katherine Choong avait fait de cette ligne son objectif principal de l’automne. “Il s’agit d’un combat de résistance dans un mur très déversant, qui débute avec une première longueur en 8a+ et monte crescendo jusqu’au crux situé juste sous le relais qui consiste en un jeté suivi de quelques mouvements difficiles très physiques”, décrit-elle.

Après avoir chuté trois fois dans ce passage, elle a réussi, le mardi 18 octobre, à arriver au sommet. Au total, il ne lui a fallu que six jours de travail pour enchaîner cette voie, sans genouillères, comme le précise.

La grimpeuse suisse de 30 ans compte déjà deux 9a à son actif, “Jungfrau Marathon” enchaîné à Gimmelwald en 2019 et “La Cabane au Canada” à Rawyl en 2018. Il y a un mois, elle faisait équipe avec Solène Amoros pour enchaîner “Alibaba” 8a+, une grande voie emblématique.

Un duo féminin enchaîne l’une des grandes voies les plus majeures de France !

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William Bosi répète (et décote ?) “Alphane” 9A !

02 Nov

William Bosi vient de signer la troisième répétition d'”Alphane”, proposé comme 9A bloc. Mais le Britannique confirme-t-il vraiment cette emblématique cotation ? Pas si sûr…

Il y a quelques jours, c’est le discret mais non moins très fort grimpeur Aidan Roberts qui faisait la une de l’actualité, après avoir revendiqué la première répétition d'”Alphane”, un 9A bloc libéré par l’Américain Shawn Raboutou. Une ligne qui semble être dans la ligne de mire de nombreux forts grimpeurs, puisque c’est au tour de William Bosi de se rétablir au sommet de ce bloc très physique.

Au printemps dernier, l’Ecossais de 23 ans essayait déjà ce passage, au même moment que Shawn Raboutou, qui avait alors réussi à en signer la première ascension. De retour à Chironico, en Suisse, il aura fallu une dizaine de séances supplémentaires à William Bosi pour faire la croix à son tour.

Pourtant, rien ne semblait jouer d’avance : “Il y a encore quelques jours, je n’étais pas sûr de pouvoir enchaîner “Alphane” durant ce trip. Les températures ont été très élevées et les jours de pluie ont laissé la roche humide. Cependant, l’équipe ici a réussi à garder le moral et finalement, toutes les pièces se sont assemblées. Les mouvements de cette ligne sont vraiment magnifiques et après un long moment passé à travailler ce bloc, je suis très heureux d’avoir pu signer la troisième ascension”, a-t-il expliqué.

“Alphane” vaut-il vraiment 9A bloc ?

Les répétitions relativement rapides d’Aidan Roberts et de William Bosi pourraient laisser penser qu'”Alphane” est peut-être un peu plus facile que 9A bloc. Dans une interview qu’il nous a récemment accordée, Aidan nous confiait : “Tout ce que je sais c’est que la proposition à 9A a été faite par un groupe de grimpeurs parmi lesquels on retrouve les meilleurs grimpeurs du monde: Daniel Woods, Dave Graham, Jimmy Webb, Giuliano Cameroni, Matty Hong et bien évidemment Shawn Raboutou. C’était un grand sujet de discussion, et je crois que tous ces grimpeurs sont mieux placés que moi pour proposer une cotation”.

Interrogé sur la cotation, William Bosi semble réticent à confirmer le 9A : “J’ai personnellement l’impression que “Honey Badger” [Un 8C+ au Peak District qu’il a libéré cet été] représentait un plus grand challenge pour moi. À l’époque, proposer une cotation pour ce bloc était intimidant car c’était mon premier 8C+. Et plus l’on monte dans l’échelle de cotation, plus il devient difficile de coter les blocs car les qualités personnelles de chacun entrent vraiment en jeu. Est-ce un 9A ? Honnêtement, je ne sais pas. Peut-être qu’avec un peu plus d’expérience dans ce niveau de difficulté, j’aurai une meilleure opinion. Mais c’est une ligne fantastique établie par Shawn et j’ai hâte de voir des grimpeurs plus expérimentés commenter la cotation de cette ligne”.

William Bosi, łe bloqueur le plus actif du moment !

William Bosi est décidément en grande forme. Si la palme du grimpeur le plus productif du moment devait être accordée à un grimpeur, alors elle lui reviendrait incontestablement. Pour cause, depuis le début de l’année, il a enchaîné pas moins d’une douzaine de blocs dans le 8C et plus.

Au printemps, l’Écossais s’était rendu en République Tchèque pour grimper avec Adam Ondra et cet été, il a proposé le bloc le plus difficile du Peak District, “Honey Badger” 8C+.

Voici ses douze meilleures performances depuis le début de l’année :

  • “Alphane” 9A (8C+ ?)
  • “Honey Badger” 8C+ (première ascension)
  • “Beautiful Mind” 8C (première ascension)
  • “Outliers” 8C (première ascension)
  • “Trance” 8C (première ascension)
  • “Silent Singer” 8C
  • “Iceberg” 8C
  • “Tekute Stesti” 8C
  • “Ghost Rider” 8C
  • “Bulbasaur” 8C (première ascension)
  • “Pata Ledovce” 8C
  • “Drift” 8C

À voir :

Le film retraçant la première ascension de Shawn Raboutou dans “Alphane” :


Lire aussi

« Alphane », 9A bloc répété par Aidan Roberts

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Jaïn Kim revient avec un objectif clair en tête : les J.O de Paris 2024 !

31 Oct

Lors des championnats d’Asie en Corée du Sud, l’une des grimpeuses les plus performantes de l’Histoire des compétitions a fait sa réapparition sur la scène internationale après une pause de près de trois ans.

La longue pause de Jaïn Kim n’a toutefois pas été imposée par une blessure, mais plutôt par un heureux événement. “En fait, je me demandais si je pourrais un jour reprendre la compétition en tant qu’athlète, car j’ai marqué une pause de deux ans après ma grossesse”, a déclaré la Coréenne. “Cependant, j’ai décidé d’être une maman dont ma fille sera fière, une maman qui n’abandonne jamais. Ce n’était pas facile de m’entraîner et d’élever mon bébé en même temps.”

Au cours des Championnats asiatiques, Jaïn Kim s’est qualifiée pour les finales de l’épreuve de difficulté et a terminé troisième. “Je suis montée sur le podium lors de ma première compétition après une longue pause, grâce au soutien de ma famille et de mes amis qui m’ont beaucoup encouragée. Honnêtement, même si je n’ai gagné qu’une médaille de bronze, je me suis sentie encore plus heureuse que si j’avais gagné l’or” a déclaré la grimpeuse de 34 ans.

Jaïn Kim est la grimpeuse sud-coréenne la plus populaire et la plus titrée de tous les temps, avec une quantité impressionnante de médailles remportées en Coupe du Monde : 30 médailles d’or, 14 d’argent et 17 de bronze. Elle compte également un titre de Championne du Monde de difficulté remporté à Gijon, en Espagne, en 2014.

La route vers les Championnats continentaux était loin d’être facile pour elle : “Même si je n’ai pas obtenu un résultat satisfaisant au Championnat national de Corée en mars, j’avais tout de même ma place pour participer au Championnat asiatique de difficulté. Cependant, en raison d’une blessure au doigt, je n’ai pu commencer à m’entraîner qu’après plusieurs mois de rééducation. Je n’ai pas pu participer aux Coupes du Monde de difficulté cette année parce que je ne me sentais pas assez prête. J’ai préféré me préparer en douceur et tenter de récupérer ma condition pour ce Championnat d’Asie à Séoul”, raconte-t-elle.

© KAF

Lorsqu’on lui demande quel est son objectif pour les deux saisons à venir, Jaïn Kim a un plan assez clair en tête : “Je pense que mon défi en tant que grimpeuse et mère de famille ne fait que commencer. Mon objectif actuel est d’aller chercher ma qualification pour Paris 2024. Bien sûr, les Championnats d’Asie m’ont donné beaucoup de motivation. Je ne suis pas sûr de pouvoir maintenir mes performances au même niveau qu’avant, mais je veux faire de mon mieux et je n’abandonnerai pas”.

Aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, la Corée du Sud était représentée par deux grimpeurs : l’étoile montante Chaehyun Seo (qui s’est imposée en finale des Championnats d’Asie) et le bloqueur expérimenté Jongwon Chon.

Outre Seo et Chon, l’équipe coréenne semble s’étoffer de jeunes talents à l’image de Dohyun Lee, 20 ans, médaillé d’argent à la Coupe du Monde d’Innsbruck cette année, ou encore les spécialistes de la vitesse Seungbeom Lee et Jeong Jimin, qui ont respectivement 22 et 18 ans.

“L’escalade est en plein essor en Corée du Sud, en ce moment”, confirme Jaïn Kim. “Des gens qui ne connaissent même pas ce sport veulent en faire. Et de plus en plus de salles de bloc ont ouvert dans les villes. Il est toutefois un peu décevant qu’elles se concentrent principalement sur les niveaux débutants et intermédiaires. L’infrastructure pour les seniors ou les athlètes n’est pas encore suffisante, mais j’espère qu’elle sera bientôt de plus en plus développée”.

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Red Bull Dual Ascent : un suspens jusque dans les derniers mètres !

30 Oct

Alberto Ginés López et Luka Potočar ont remporté la première édition du Red Bull Dual Ascent, sur le barrage de Verzasca, en Suisse. Et la victoire s’est jouée dans les derniers mètres : alors qu’ils pensaient avoir perdu, le duo de compétiteurs est passé devant Domen Škofic et Jernej Kruder dans la toute dernière longueur !

25 mètres de grimpe en 6c. Un échauffement. Suivaient 18 mètres de 7a+, 32 mètres de 7b+, 30 mètres de 7c, 25 mètres de 7b, et enfin, 18 mètres de 8a pour couronner le tout. Ces six longueurs constituaient la grande voie du Red Bull Dual Ascent, la première compétition de grandes voies jamais organisée. Deux voies identiques, côte à côte, culminant à 220 mètres de haut, avaient été spécialement tracées par une équipe d’experts sur le barrage de Verzasca, en Suisse. Il ne manquait plus qu’à inviter seize des meilleurs athlètes mondiaux, répartis en binômes, pour se battre en duel sur ce mur.

Et après trois jours de compétition, tout s’est joué dans les dernières minutes. Un moment qui a servi de véritable leçon à l’équipe vainqueur : toujours y croire, et ne jamais abandonner !

C’est en effet dans la dernière longueur de la grande voie que l’Espagnol Alberto Ginés López et le Slovène Luka Potočar ont dépassé les deux autres Slovènes finalistes Domen Škofic et Jernej Kruder, pour s’emparer de la première place. Mais ce ne fut pas sans bataille ! “Nous étions derrière eux pendant presque toute la voie”, explique Alberto, premier champion olympique de l’Histoire de l’escalade. “Pour tout vous dire, nous avions même prévu de prendre notre temps et d’aller doucement dans la dernière longueur, parce que nous pensions que nos chances de gagner avaient disparu, alors nous voulions juste assurer et finir sans tomber.”

Mais c’est alors que Jernej Kruder, alors en tête, est tombé et a dû recommencer au pied de la longueur. Un rebondissement inattendu, qui a permis à Alberto Ginés López de prendre la tête ! “J’ai simplement dit à Luka de se battre ! Une fois que Jernej a chuté malencontreusement (sûrement dû à une trop grande prise de risque), j’étais déterminé à fond, bien que je sois épuisé. Je suis tellement heureux d’avoir passé un moment comme celui-ci”, dit-il. “Tout était plus difficile avec la chaleur, nous avons vraiment dû nous battre sur chaque longueur !”.

Notons qu’avant-hier, lors de la journée de repos séparant les qualifications des finales, Alberto Ginés López  a passé une heure à essayer le célèbre 8C+ bloc “Poison the Well”, jusqu’à ce que la nuit tombe. Quinze heures plus tard, il se retrouvait au sommet de la grande voie et prenait dans ses bras son coéquipier, le vainqueur du classement général des Coupes du Monde 2022, Luka Potočar, totalement épuisé et en sueur.

Pour Domen Škofic et Jernej Kruder, ce fut une légère déception de manquer la première place, mais une grande émotion d’être là et d’avoir vécu ce moment de compétition inédit. “On savait que l’on avait de grandes chances de gagner, mais on voulait avant tout offrir le meilleur spectacle possible”, raconte Jernej. “Et lorsque vous poussez à la limite, des erreurs peuvent se produire, comme ce fut le cas dans la dernière longueur. Être en finale était déjà une belle victoire !”.

Cette grande voie incroyable, dans un endroit tout aussi incroyable, a rendu le Red Bull Dual Ascent unique. La nature même de l’escalade en grande voie fait qu’il est difficile d’organiser de “vraies” compétitions. En falaise, une seule équipe peut grimper en toute sécurité à la fois. Ainsi, les conditions changeantes font que les compétiteurs ne pourront jamais grimper exactement dans les mêmes conditions. Les deux voies parallèles tracées sur le barrage de Verzasca, conçues sur mesure pour le Red Bull Dual Ascent, ont changé tout cela. Grâce à ces voies artificielles, une compétition de grandes voies a pu être imaginée, mettant à l’épreuve, la force, la résistance et la vitesse des grimpeurs.

Si certains athlètes, comme Sasha DiGiulian, avaient déjà une forte expérience en grande voie, pour d’autres, comme la bloqueuse suisse Petra Klingler, il s’agissait d’une première. “Je ne suis pas habituée à avoir autant de vide sous mes pieds”, a-t-elle déclaré. “J’étais vraiment hors de ma zone de confort !”. Néanmoins, avec son partenaire français Louna Ladevant, elle est parvenue à décrocher la quatrième place. “Ce qui est cool, c’est qu’en tant que grimpeuse, j’ai l’habitude de me battre pour mon propre résultat, alors qu’ici, nous étions une équipe”, raconte-t-elle. “Louna a calmé mes nerfs et m’a donné confiance en moi. Sans lui, j’aurais paniqué !”

Les Italiens Stefano Ghisolfi et Marcello Bombardi ont décroché la troisième place, au terme de la petite finale. “C’était une expérience unique, ma première grande voie à moi aussi”, déclare Stefano. “La gestion de la corde et ses manipulations étaient difficiles, je suis plutôt habitué à assurer depuis le sol. En hauteur, tout est plus compliqué. Mais nous avons obtenu la troisième place, et nous ne pouvions pas imaginer un meilleur résultat !”.

La principale conclusion de tous les participants ? Cet événement a été un grand succès : des voies uniques et difficiles, dans un endroit incroyable, permettant à certains des meilleurs grimpeurs du monde de faire le spectacle. La seule question qui se pose maintenant est de savoir quand et où aura lieu le prochain Red Bull Dual Ascent. Nous ne le savons pas encore, mais la nouvelle ne devrait pas tarder.

Des drones et des caméras fixes couvraient l’intégralité des finales du Red Bull Dual Ascent. Le Youtubeur Magnus Midtboe, avec ses 1,5 million d’abonnés, était également présent afin de filmer des épisodes pour sa chaîne. Plutôt que de proposer un live lors des finales, Red Bull a fait le choix de produire un mini-documentaire, qui sortira prochainement.


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Red Bull Dual Ascent : les résultats des qualifications

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Drew Ruana répète l’un des blocs les plus durs de Daniel Woods

29 Oct

Il s’agit de la première répétition de ce bloc extrême ouvert par Daniel Woods il y a près de dix ans.

Il y a quelques semaines, Drew Ruana avait déclaré avoir enchaîné trois blocs dans le huitième degré (un 8C, un 8B+ et un 8C+) sans en donner les noms, le tout en 48 heures. Certaines rumeurs affirmaient que le 8C+ n’était autre que “The Ice Knife Sit” un bloc resté vierge de toute ascension depuis la première ascension de Daniel Woods en 2013. Drew vient finalement d’officialiser son ascension sur les réseaux sociaux, confirmant qu’il avait enchaîné “The Ice Knife Sit”.

C’est donc au début du mois, le 5 octobre, qu’il a signé la première répétition de cette ligne libérée par Daniel Woods. Dave Graham avait d’abord réalisé la version debout de ce bloc. Puis, Daniel Woods avait proposé une version assise, qui ajoute une séquence de cinq mouvements en 8B très complexes permettant de rejoindre la version debout. “Le style de ce bloc est différent de tout ce que j’ai grimpé jusqu’à présent”, avait-il déclaré au moment de son ascension. “Les prises nécessitent une bonne adhérence et les mouvements requièrent de l’équilibre et sont vraiment étranges”. 

Dans son post, Drew Ruana a déclaré qu’il s’agissait de son bloc le plus dur à ce jour et certainement celui qui lui avait demandé le plus de travail, après avoir passé plus de 35 jours à tenter cette ligne.

On ne compte plus les 8C et 8C+ que ce jeune grimpeur de 22 ans a déjà enchaîné. Ancien compétiteur, il avait décroché la 8ème place aux Championnats du Monde en 2019. Il a ensuite décidé d’arrêter la compétition après avoir manqué sa qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Depuis, il s’est consacré au bloc en extérieur et a réalisé quelques-unes des plus grosses performances mondiales. Au total, il a réalisé plus de 80 blocs dans le 8B+ et plus dont cinq 8C+. Un grimpeur qui, comme Aidan Roberts, William Bosi ou Shawn Raboutou, représente le futur du bloc mondial !

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Red Bull Dual Ascent : les résultats des qualifications

28 Oct

Après deux jours de qualification sur le barrage de Verzasca, nous connaissons les noms des grimpeurs qui s’affronteront en finale du Red Bull Dual Ascent, la première compétition de grandes voies en duel.

James Bond, joué par Pierce Brosnan, s’est jeté en 1986 à l’élastique du haut du barrage de Verzasca de 220 mètres dans le pittoresque Val Verzasca, en Suisse. Trente-six ans plus tard, ce barrage est à nouveau le théâtre d’une action spectaculaire : 16 des meilleurs grimpeurs mondiaux se sont mesurés par équipes de deux lors du Red Bull Dual Ascent, la première compétition d’escalade en grande voie.

Angie Scarth-Johnson, qui vivait sa toute première expérience en grande voie, a fait équipe avec Sasha Digulian, experte de la discipline. “Les deux premières longueurs étaient si intimidantes que je me suis juste laissée aller une fois face au mur. Honnêtement, c’est l’une de mes meilleures expériences d’escalade. Je suis tellement épuisée mais j’ai trop envie de recommencer. Je n’ai jamais ressenti autant d’émotions d’un coup”, a déclaré la grimpeuse australienne, qui a enchaîné son premier 8b à 9 ans. Sa partenaire Sasha DiGiulian, qui a récemment fait la une de notre magazine après avoir enchaîné “Rayu” (une grande voie de 610 mètres composée de 15 longueurs et cotée 8c), a ajouté qu’elle n’avait jamais eu les avant-bras aussi gonflés.

Mercredi et jeudi, huit duos de grimpeurs se sont affrontés dans une grande voie de six longueurs, tracée sur le barrage de Verzasca. “Les grimpeurs expérimentés en grandes voies ont eu un léger avantage dans les manips de corde et l’aspect tactique, tandis que les grimpeurs de compétition ont été plus familiers avec les mouvements blocs proposés dans les longueurs”, a déclaré Simon Margon, ouvreur sur cet événement.

Au terme des qualifications, les duos Jernej Kruder/Domen Skofic et Alberto Gines Lopez/Luka Potocar ont été les plus rapides. Le vainqueur de la Coupe du Monde, Luca Potocar, et le champion olympique, Alberto Gines Lopez, ont été tout aussi ravis, parlant de cet événement comme une expérience unique. “Nous sommes des compétiteurs, nous sommes donc habitués à faire des mouvements fous sur des prises en résine, mais c’est épuisant de combiner plus de deux longueurs d’affilée”, ont-ils avoué. Ils s’affronteront donc demain à 13h30, juste après que la petite finale composée de Stefano Ghisolfi/Marcello Bombardi et Petra Klingler/Louna Ladevant ait eu lieu (11h00).

Les finales seront diffusées en direct samedi. Les caméras et les drones ne manqueront pas pour couvrir les voies de 180 mètres.

Petite finale – 29/10 11h00

Stefano Ghisolfi/Marcello Bombardi VS Petra Klingler/Louna Ladevant

Finale – 29/10 13h30

Jernej Kruder/Domen Skofic VS Alberto Gines Lopez/Luka Potocar

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La grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi est-elle toujours en danger ?

27 Oct

Elnaz Rekabi aurait été arrêtée et placée en résidence surveillée après des excuses “forcées”.

Le 16 octobre, la grimpeuse iranienne Elnaz Rekabi participait aux finales des Championnats d’Asie sans hijab. Les inquiétudes concernant sa sécurité se sont accrues après qu’elle ait été portée disparue à l’issue de l’événement. Trois jours plus tard, elle est apparue devant les caméras, s’excusant auprès des journalistes de ne pas avoir porté son hijab. Elle a publiquement déclaré que l’absence de son voile avait été un accident “totalement involontaire” après avoir été appelée plus tôt que prévu pour grimper.

Mais ses déclarations auraient été faites sous la contrainte. D’après la BBC perse, Rekabi aurait été arrêtée directement après son allocution télévisée. Accueillie à l’aéroport comme une héroïne par des centaines de personnes qui scandaient son nom, la grimpeuse ne serait pas rentrée chez elle. Portant un sweat à capuche et une casquette noire, elle a été vue montant dans un van après l’interview. Selon la BBC, elle a rencontré le ministre iranien des sports le lendemain, portant les mêmes vêtements, ce qui a éveillé les soupçons quant au fait qu’elle n’était pas rentrée chez elle.

Toujours d’après la BBC, Elnaz Rekabi serait maintenant assignée à résidence et certaines sources affirment que le frère de Rekabi aurait été arrêté également.

Elnaz Rekabi au moment de son allocution télévisée à l’aéroport de Téhéran.

Mais le gouvernement iranien a indiqué que Rekabi était “maintenant avec sa famille”, niant toutes les accusations. Pourtant, les forces de sécurité iraniennes ont l’habitude de punir les athlètes et les personnalités politiques dissidentes.

“Avant de se rendre à Séoul, Rekabi a été contrainte de remettre un chèque de 35 000 euros et d’accorder une procuration complète à la fédération iranienne d’escalade pour vendre les biens de sa famille”, a déclaré la source à BBC. La rumeur veut que les athlètes soient tenus de remettre ce type de garanties pour éviter qu’ils ne fassent défection.

Pour cause, ces dernières années, une trentaine d’athlètes iraniens ont fait défection dans d’autres pays pour éviter d’être punis pour avoir protesté contre le régime ultraconservateur. Kimia Alizadeh, médaillée de bronze en taekwondo aux J.O de Rio en 2016 (et première médaillée olympique iranienne), s’est par exemple réfugiée en Europe après avoir annoncé qu’elle ne voulait pas faire partie de “l’hypocrisie, des mensonges, de l’injustice et de la flatterie.” Shohreh Bayat et Mitra Hejazipour, deux joueuses d’échecs iraniennes, ont quitté l’Iran après avoir été exclues de la fédération nationale pour ne pas avoir porté leur hijab. Saeid Mollaei, champion du monde de judo 2018, a refusé de rentrer en Iran après avoir défié les ordres de se retirer d’un match qui, s’il avait gagné, l’aurait opposé à un adversaire israélien (l’Iran a interdit aux athlètes de concourir face à des Israéliens). “Même si les autorités de mon pays me disent que je peux rentrer sans problème, j’ai peur”, avait déclaré Mollaei. “J’ai peur de ce qui pourrait arriver à ma famille et à moi-même”.

Depuis quelques semaines, des manifestations (au cours desquelles plus de 250 personnes auraient été tuées et des milliers arrêtées), ont été déclenchées après la mort de Mahsa Amini, 22 ans, après son arrestation pour port de vêtements “inappropriés”, dans le cadre du renforcement des restrictions imposées par le président Raisi.

Elnaz Rekabi, première grimpeuse iranienne à avoir été médaillée aux Championnats du Monde, est devenue un symbole du mouvement anti-régime qui a balayé l’Iran au cours des cinq dernières semaines. Il s’agit peut-être de la première révolution de l’histoire à être menée par des femmes. Les manifestants réclament de vastes réformes, notamment le port facultatif du hijab pour les femmes. La travailleuse caritative irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, qui a passé six ans en détention à Téhéran, pense que la popularité des manifestations entraînera un changement durable en Iran, affirmant qu’elles ont atteint un point de “non-retour”.

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L’incroyable liste de croix d’Alex Megos à Margalef !

27 Oct

Alex Megos a terminé son trip de trois semaines à Margalef, et rentre avec une liste de croix plus impressionnante que jamais, ayant enchaîné une quinzaine de voies entre le 8c et le 9b !

“C’est l’un de mes meilleurs trips jusqu’à présent !” s’est extasié Alex Megos en finissant de compléter son carnet de croix, à l’issue de son trip à Margalef. Sur place pendant trois semaines, le grimpeur allemand a enchaîné huit voies entre le 9a et le 9b (en signant la première ascension de cinq d’entre elles) et six lignes entre le 8c et le 8c+.

En effet, après avoir effectué la première ascension de “The Full Journey” 9b et répété “Gancho Perfecto” 9a/+, tous deux au secteur Racó de la Finestra, Alex a quitté l’un des secteurs les plus populaires de Margalef pour découvrir les lignes voisines. Là, il a réalisé les premières ascensions de “Pink Patatas” 9a+ et “Chan Chan Bastards” 9a+/b.

Megos a passé ses derniers jours à Margalef à grimper dans une grotte récemment équipée par le local Tom Bolger. Le premier jour, il a réalisé la première ascension de “Patatas el Villano” 8c+ et flashé “Patan el Villano” 8c. Quelques jours plus tard, alors qu’il pleuvait, il a signé la première ascension de ce qui, pour le moment, est la voie la plus difficile du secteur : “Pink Patatas” 9a+.

De retour au secteur Racó de la Finestra, les voies dures ont commencé à se faire rares pour Alex Megos. Il a donc décidé d’essayer la connexion encore jamais réalisée entre “The Journey” 9a+ et “Café Colombia” 9b. Après plusieurs tentatives, il a réussi à connecter les deux voies, proposant 9a+/b et baptisant la voie “Chan Chan Bastards”.

Le trip d’Alex Megos à Margalef a été l’un des plus fructueux de tous les temps. “Je suis tombé amoureux de cet endroit depuis la première fois que je suis venu ici. Les paysages sont fantastiques et il y a beaucoup de belles voies. Cela me rappelle un peu le Frankenjura parce qu’il y a beaucoup de secteurs, certains avec des voies courtes, d’autres avec des voies plus longues. Je viens ici depuis une dizaine d’années et j’ai passé de si bons moments, je ne peux même pas tous les compter”, a déclaré le falaisiste allemand.

La liste complète de ses croix à Margalef durant trois semaines :

  • “The Full Journey” 9b (première ascension)
  • “Chan Chan Bastards” 9a+/b (première ascension)
  • “Pink Patatas” 9a+ (première ascension)
  • “Red Ram” 9a+ (troisième essai)
  • “Gancho Perfecto” 9a/+
  • “The Journey P1” 9a
  • “Patatas Pantera” 9a (première ascension)
  • “Perfecto Passat” 9a
  • “Pink Pantera” 8c+
  • “Patatas el villano” 8c+ (première ascension)
  • “Patatas Satan” 8c+ (première ascension)
  • “Off the Tractor” 8c
  • “Patan Satan” 8c
  • “Patan el villano” 8c (flash)

Lire aussi

Alex Megos signe la première répétition d’un 9a+ en seulement trois essais !

 

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Seb Bouin répète l’iconique “Jumbo Love” 9b aux États-Unis !

26 Oct

Seb Bouin vient de réaliser une rare répétition de “Jumbo Love”, un 9b iconique situé à Clark Mountain, aux États-Unis, connu pour être le premier 9b confirmé au monde.

Cette voie à part, de 80 mètres, est située au beau milieu du désert californien et s’atteint après une marche d’approche de plus d’une heure. Très déversante et physique à souhait, elle a été équipée dans les années 90 par Randy Leavitt, puis libérée en 2008 par Chris Sharma, après une centaine d’essais répartis sur plus d’un an. Il aura fallu tout autant d’essais à Ethan Pringle pour devenir le premier répétiteur de cette voie, sept ans plus tard.

“Jumbo Love” est devenu le premier 9b confirmé au monde, et est longtemps resté la voie la plus dure d’Amérique. “Un vieux rêve s’est réalisé mercredi dernier”, raconte Seb, des étoiles dans les yeux. “Cette ligne m’attirait depuis longtemps. C’était une véritable inspiration de voir les images de Chris Sharma dans cette voie. J’ai commencé à grimper vers 2005 et c’était l’un des films d’escalade les plus incroyables que j’avais regardé à l’époque”.

Il faut dire que “Jumbo Love” rassemble tout ce qu’aime le falaisiste français : une énorme voie de 80 mètres, déversante, qui propose une escalade puissante et de gros mouvements physiques. “Grimper sur cette ligne est quelque chose que j’attendais depuis plusieurs années. Et je ne suis absolument pas déçu. C’est une ligne incroyable avec des mouvements parfaits.
Mais, Jumbo Love n’est pas seulement une voie dure, c’est aussi toute une aventure. J’ai totalement sous-estimé l’ensemble du processus, le trajet en 4×4, la marche d’approche, etc. Nous avons changé trois fois de voiture parce qu’elle n’était pas adaptée pour aller jusqu’à la falaise. Nous avons également changé deux pneus en raison de crevaison sur les chemins. Et la marche d’approche d’une heure est vraiment épuisante”, explique Seb.

Afin d’économiser de l’énergie pour grimper dans la voie, Seb campait parfois dans le désert, au pied de la falaise, pour ne pas avoir à conduire tous les jours et refaire la marche d’approche. “J’ai l’habitude de grimper pendant plusieurs jours d’affilée. Mais, ici, ce serait une erreur. Nous devions nous préserver et garder notre énergie et notre motivation”.

C’est finalement après dix jours passés dans la voie que Seb parviendra à clipper le relais de ce 9b, le troisième de sa carrière.

© Clarisse Bompard

Une variante encore plus dure !

Enchaîner “Jumbo Love” n’était pas l’objectif principal de Seb, qui a de plus grandes ambitions. “Mon but était de faire la variante directe de “Jumbo Love”, qui est censé être plus difficile”, explique le Français.

“Mon approche était simple : trouver les meilleures méthodes possibles dans “Jumbo Love”, afin d’avoir le plus de chances possibles de l’enchaîner en venant de la version directe (ce qui rajoute l’équivalent d’une voie en 8c+ avant d’attaquer le 9b). Dans la version classique, vous arrivez dans le crux de “Jumbo Love” vraiment frais parce qu’il n’y a pas de passage très difficile avant (environ 8a pour atteindre le crux). Donc j’avais encore beaucoup de puissance pour atteindre le crux depuis le départ original. Pourtant, dans l’objectif de partir de la version directe, il me faudrait trouver une méthode qui demande moins d’énergie, même si elle est plus technique. C’est pourquoi j’ai tenté une méthode avec un coincement de genou.
Coincer son genou aide dans cette voie, mais je ne pense pas que ça change la cotation. Ce n’est pas comme “Iron Curtain” ou “Change” où les coincements de genoux font une grande différence.”

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Voici les grimpeurs qui participeront à la première compétition de duel en grande voie

26 Oct

Voici qui participera à la première compétition d’escalade en grande voie jamais organisée !

Dès aujourd’hui, huit duos de grimpeurs de haut niveau vont s’affronter en grande voie sur un barrage de 180 mètres en Suisse. Le Red Bull Dual Ascent est la toute première compétition de grandes voies jamais organisée, avec des équipes de grimpeurs qui se défieront en duel. L’événement se déroulera du 26 au 29 octobre 2022 sur le barrage de Verzasca, dans la région d’Ascona-Locarno en Suisse.

Pour l’occasion, seize des meilleurs grimpeurs du monde ont été invités à prendre part à cette compétition au format inédit. Les athlètes ont été répartis en huit cordées, qui s’affronteront jusqu’au sommet des 180 mètres du barrage de Verzasca. Seule la meilleure équipe l’emportera, au terme de la finale qui aura lieu samedi 29 octobre.

La compétition

Deux voies parallèles identiques composées de six longueurs chacune ont été tracées sur le barrage. Les longueurs sont d’un minimum de 6c et vont jusqu’au 8b. Les voies de qualification seront grimpées flash, et pour valider chaque longueur, il faudra que l’un des deux membres de l’équipe l’enchaîne en tête et que l’autre suive en second. Ils auront droit à un nombre illimité d’essais, mais à chaque chute, ils devront recommencer au début de la longueur. Au terme de ces qualifications, qui seront chronométrées, l’équipe d’ouvreurs effectuera quelques modifications dans les voies, afin de réserver quelques surprises aux finalistes, qui s’affronteront en duel le 29 octobre. La première cordée à atteindre le sommet remportera la compétition.

Les grimpeurs

  • Sasha DiGiulian (USA) et Angie Scarth-Johnson (AUS)
  • Mélissa Le Nevé (FRA) et Katherine Choong (SUI)
  • Petra Klingler (SUI) et Louna Ladevant (FRA)
  • Barbara Zangerl (SUI) et Jacopo Larcher (ITA)
  • Alberto Ginés López (ESP) et Luka Potocar (SLO)
  • Domen Škofic (SLO) et Jernej Kruder (SLO)
  • Stefano Ghisolfi (ITA) et Marcello Bombardi (ITA)
  • Shawn Raboutou (USA) et Matty Hong (USA)

La Britannique Shauna Coxey, double vainqueur du classement général des Coupes du Monde de bloc et la légende suisse Pesche Wüthrich, 58 ans, ont testé la voie il y a quelques jours et ont réalisé la première ascension. Wüthrich a trouvé la quatrième longueur, la jaune-noire nommée Rockcity, la plus difficile. “C’est très long et très technique, mais aussi très varié”, a-t-il expliqué. “Mais d’un point de vue purement sportif, la dernière longueur est la plus exigeante.”

La longueur Rockcity a également été un défi pour Coxsey. “Le soleil rendait les prises noires si chaudes que nous pouvions à peine les toucher !”, a-t-elle déclaré. À part cela, la voie a été “difficile mais géniale” pour la Britannique. Elle poursuit : “Je me suis tellement amusée avec tous les différents mouvements proposés par les ouvreurs. Le travail d’équipe avec Pesche était génial, ça a rendu l’expérience super cool. Je n’avais jamais grimpé en grande voie avant, c’était une première”.

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Interview : Paul Jenft nous raconte la dernière Coupe du Monde combinée au Japon

25 Oct

À Morioka, pour l’ultime Coupe du Monde de la saison 2022, Paul Jenft a décroché la quatrième place du format combiné qui sera présenté aux Jeux de Paris 2024.

Seul Français qualifié pour cette finale, Paul a dominé d’une main de maître l’épreuve de bloc, en battant des cadors de la discipline tels que Tomoa Narasaki, Yoshiyuki Ogata, Kokoro Fujii ou encore Sean Bailey. Mais dans l’épreuve de difficulté, notre jeune tricolore s’est fait rattraper par cette armée japonaise, pour finalement terminer au pied du podium, pour la troisième fois de l’année.

Paul a accepté de revenir pour nous sur cette dernière compétition de la saison et sur ses performances globales de l’année.


Quels étaient tes objectifs en arrivant sur cette Coupe du Monde ? Étais-tu confiant ?

Jusqu’au départ de Paris, on ne peut pas dire que j’étais hyper confiant. J’avais décidé de ne pas faire de compet après les Championnats d’Europe cet été car j’avais besoin de m’entraîner pour retrouver la forme. J’ai aussi choisi cette année d’alléger mes études (Merci à Polytech Grenoble de me faire confiance là dessus !) pour m’engager encore plus dans le sport. 

J’avais donc beaucoup d’attentes sur cette compet. Je voulais confirmer que tout ce que j’avais mis en place fonctionnait et que j’allais dans le bon sens. Je me suis beaucoup entraîné depuis la rentrée et peut-être même un peu trop, parce que jusque lors de ma dernière séance avant la compet, j’étais assez loin du niveau, loin au point où je me suis demandé si ça valait la peine d’y aller. Ce n’était pas facile savoir si ça allait marcher parce que j’avais changé pas mal de choses pour que ça marche et jusqu’à la veille de la compet je n’avais pas le moindre signe que ça allait payer. 

Mais une fois parti au Japon j’ai arrêté de me questionner. J’étais uniquement dans le constat de mon état de forme et je me préparais à tirer tout ce que je pouvais de ma forme physique. Durant la journée de qualification, ce n’était pas encore ce que j’espérais, mais le lendemain, pour la demi-finale… Je ne sais pas par quel miracle, mais j’étais vraiment au top ! J’avais retrouvé mon niveau de début de saison et j’étais prêt à l’exploiter au mieux de ce que je savais faire. 

Et ensuite, comment s’est déroulée la finale ?

J’ai abordé la finale différemment par rapport à celles que j’avais faites en début de saison. Cette fois, j’avais en tête que c’était possible de gagner et j’étais prêt à saisir n’importe quelle opportunité qui allait se présenter. J’étais assez serein avant le début du bloc, tout était au vert pour que je fasse un bon tour. Et puis vu les semaines précédentes, le contrat était déjà rempli. Quand je suis rentré du bloc 1, j’ai compris que j’étais dans le match. À partir de là tout a déroulé ! C’est vraiment satisfaisant de concrétiser avec une forme pareille.

À la fin du tour de bloc, je savais que j’étais en tête et j’avais envie de savourer, mais je savais aussi qu’il y avait un créneau à prendre. J’ai donc vite changé de mode, j’ai très peu parlé de l’épreuve de bloc au coach, je n’ai même pas compté les points. J’étais juste focus sur la suite. 

Pour la diff, je partais avec un gros avantage : je n’avais pas lâché d’essais dans les blocs que j’avais faits, j’étais donc plus frais que les autres et j’avais plus de peau. Malgré ça, la fraîcheur physique n’a pas suffi pour faire la différence. J’ai vraiment tout donné mais j’étais un cran en dessous des meilleurs.

© IFSC

Justement, que penses-tu qu’il t’ait manqué ?

Quand j’ai vu le run de Yoshi, j’ai tout de suite compris que j’allais finir quatrième. C’était tellement frustrant, ça fait trois fois cette année en Coupe du Monde que ça se produit et j’étais vraiment proche du podium cette fois-ci. 

Mais j’ai vite relativisé parce que le seul truc qui m’a manqué, c’était du niveau pur. J’étais juste moins fort que les autres en diff. En plus de ça, ce n’est pas si terrible de finir quatrième, je savourerai encore plus mon premier podium ! 

Comment se gère une compétition combinée comme celle-ci ? 

Ce sont des compétitions où l’on grimpe beaucoup, donc il y a pas mal de paramètres à gérer pour diminuer la fatigue. Le plus important, c’est d’optimiser la récup entre les tours et de s’économiser mentalement. 

Après ça reste de l’escalade, on est habitué à grimper beaucoup à l’entraînement donc il n’y a pas de gros changements par rapport à une compet classique. J’ai l’habitude de faire du bloc et de la diff dans un même entraînement donc le switch entre les disciplines n’a pas posé de problème.

Les voies sont assez semblables à celles que l’on retrouve en Coupe du Monde de difficulté. Même constat pour les blocs, c’était du même style que sur des épreuves de Coupe du Monde. C’était peut-être un peu plus progressif dans la difficulté, avec des premiers mouvements plus faciles et des fins plus intenses. J’ai bien aimé ces blocs, avec les débuts plus simples, on grimpe plus. C’est plus propice à se donner à fond.

© IFSC

Quel bilan tires-tu de ta saison ?

Après une saison 2021 où j’avais fait quasiment que de la diff, l’objectif était clairement de performer de nouveau en Coupe du Monde de diff. Et puis il y a eu le Championnat de France de bloc. En une compet j’ai mis en l’air tout le programme de l’année. J’avais l’opportunité, l’envie et le niveau pour faire une saison de Coupe du Monde de bloc, alors je me suis lancé. 

Je ne regrette pas du tout de l’avoir fait c’était vraiment une saison géniale. Par contre je suis arrivé sur les compets de diff avec trop peu de volume de diff. Je ne m’en suis pas si mal sorti mais j’étais moins fort que l’année dernière. Et puis pour le Japon j’ai refait la même chose. J’avais envie de retrouver le niveau de 2021 en diff, j’ai donc fais quasiment que de la diff depuis septembre. Une fois de plus ça ne s’est pas passé comme prévu, j’étais au top en bloc mais ça a coincé en diff. 

C’était ma première saison en bloc et diff. Ça fait une saison très longue et bien chargée (j’ai commencé en février pour finir ce week-end). Il y avait beaucoup de compets et c’était dur de garder la forme et la motivation. Mais j’ai vraiment passé un cap dans le haut niveau et dans l’investissement qui j’y ai mis. 

Je me suis confirmé que j’étais heureux de me donner à fond dans ce projet olympique et que je voulais continuer dans cette voie pour les années à venir. 

Quel est ton programme de cet hiver ?

D’abord quelques compets pour le fun avec les copains (Masters d’Arkose, 24h du Mur…). Et puis j’ai envie d’aller grimper dehors, je l’ai un peu moins fait cette année. J’ai du retard à rattraper et quelques projets qui m’attendent. Au quotidien, je vais vite retrouver ma routine d’entraînement et de cours.

Je vais me préparer à fond pour l’année prochaine qui s’annonce encore plus mouvementée. 

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Anak Verhoeven réalise la première ascension féminine de “No Pain No Gain” 9a+

24 Oct

La grimpeuse Belge a une nouvelle fois frappé fort sur le rocher de Rodellar, en réalisant la première ascension féminine de “No Pain No Gain” 9a+.

C’est l’une des voies les plus emblématiques du secteur Ventanas. “No Pain No Gain” porte bien son nom : une ligne impressionnante de 40 mètres, dont les trois quarts se situent en plein dévers. Equipée et libérée par Dani Fuertes en 2017, elle a depuis été répétée huit fois. Et la dernière répétition nous vient de la grimpeuse Belge Anak Verhoeven, qui est devenue la première femme à clipper le relais de cette voie.

“À la fin du mois de septembre, j’avais commencé à travailler cette ligne étonnante pendant quelques jours, avant de devoir partir pour une réunion en Italie” raconte l’ex compétitrice. “J’avais réussi à faire tous les mouvements et j’étais contente d’avoir trouvé un nouveau projet qui me semblait stimulant, mais possible en même temps.”

Il n’en fallait pas plus pour motiver Anak à revenir à Rodellar quelques jours après son excursion italienne. Au fil de ses séances, la Belge perfectionne ses méthodes dans la voie, et réalise de plus grosses sections de jour en jour. “Je veillais à me reposer suffisamment pour faire des sessions de qualité, jusqu’à ce que je me sente prêt pour l’enchaînement. 
J’ai fait un premier essai encourageant dans lequel je suis tombée très haut, juste avant de sortir du toit” explique-t-elle.

L’enchaînement semblait à portée de main. Mais un paramètre important allait bouleverser les plans de la championne : un changement de temps était annoncé. “J’ai ressenti une pression supplémentaire, car je savais que la pluie allait arriver. Les conditions n’étaient donc pas idéales… Mais de l’air lourd et pas de vent, c’est toujours mieux que des prises mouillées !”

Anak Verhoeven s’est donc lancée dans une deuxième tentative d’enchaînement. “Je me sentais solide. J’étais concentrée, mais pas aussi nerveux que lors de mon premier essai quelques jours auparavant. Beaucoup de choses pouvaient me faire tomber, mais j’ai quand même essayé de grimper de manière détendue. Lorsque j’ai atteint la fin du dernier crux, je me suis battu pour rester sur le mur et j’ai réussi à continuer. Un gros repos m’a soulagé et m’a donné de l’énergie pour le dernier pas de bloc délicat. Et puis j’ai clippé le relais !”

Quelques heures plus tard, la pluie s’abattait sur la falaise. Mais “No Pain No Gain” figurait déjà dans le carnet de croix de la jeune femme de 26 ans, aux côtés de ses douze autres voies dans le neuvième degré. Elle compte déjà trois voies dans le 9a+ : “Joe Mama” à Oliana, “Sweet Neuf” dans le Vercors et “No Pain No Gain”.

Anak Verhoeven dans le crux de “No Pain No Gain” :

 

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Coupe du Monde de Morioka : résultats de la première journée

20 Oct

La Coupe du Monde combinée, qui se déroule à Morioka, au Japon, a débuté aujourd’hui par deux séries de qualifications intenses, les 20 meilleurs de chaque épreuve accédant aux demi-finales.

À domicile, la Japonaise Ai Mori a dominé l’épreuve féminine. Elle a obtenu un score de 83,2 points en bloc et a réussi à toper la voie de qualification, remportant 100 points supplémentaires. Avec un total de 183,2 points, elle a décroché la première place de la journée, avec 20 points d’avance sur sa plus proche concurrente.

Et la deuxième grimpeuse du classement n’est autre que l’Américaine Natalia Grossman, qui comptabilise 160,8 points.  Après un circuit presque parfait en bloc, notre Française Oriane Bertone a terminé en troisième position avec 159,4 points (99,3 en bloc et 60,1 en difficulté). “C’était la première fois que je participais au format combiné bloc/difficulté, et je suis assez satisfaite de ma prestation en bloc”, a déclaré notre jeune championne. “Les blocs à deux zones ne sont pas mon style préféré, car je suis plutôt une grimpeuse dynamique qui aime les blocs courts, mais je me suis beaucoup entraîné pour cela et maintenant je m’y suis habitué.”

© IFSC

Mais elle ne sera pas la seule tricolore en demi-finale. Manon Hily, deuxième Française engagée dans cette compétition, gagne de justesse son billet pour la demi-finale, en prenant la 19ème et avant-dernière place avec 79,8 points.

Aux côtés de Mori, sept autres grimpeuses japonaises se sont qualifiées pour la demi-finale féminine : Futaba Ito, Miho Nonaka, Mia Aoyagi, Nanako Kura, Natsuki Tanii, Ryu Nakagawa et Risa Ota.

Le top 20 féminin

Chez les hommes, c’est l’Américain Sean Bailey qui s’est emparé de la première place grâce à une excellente performance sur la voie, où il a obtenu 84,1 points, s’ajoutant aux 79,1 qu’il avait obtenus lors de l’épreuve de bloc, concluant ces qualifications avec un score de 163,2 points.

Le seul grimpeur ayant obtenu un meilleur résultat en difficulté est le Suisse Sascha Lehmann, qui s’est classé deuxième avec 150,6 points, tandis que le Japonais Tomoa Narasaki suit en troisième position avec 139,0 points.

© IFSC

Comme dans l’épreuve féminine, l’équipe locale a placé huit de ses athlètes en demi-finale : Tomoa Narasaki, Taisei HommaYoshiyuki Ogata, Ao Yurikusa, Rei Kawamata, Satone Yoshida, Masahiro Higuchi et Kokoro Fujii.

Nos deux Français Mejdi Schalck et Paul Jenft n’auront pas démérité et remportent leur place en demi-finale. Mejdi se classe 5ème avec 125,1 points, tandis que Paul prend la 7ème position avec 123,6 points. Déception en revanche pour Sam Avezou qui termine aux portes des demi-finales, 21ème avec 88,6 points.

Le top 20 masculin

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Des nouvelles d’Elnaz Rekabi, la grimpeuse iranienne qui a grimpé sans son voile

19 Oct

L’Iranienne Elnaz Rekabi n’avait plus donné signe de vie depuis lundi, après avoir grimpé sans son voile lors des finales du Championnat d’Asie dimanche. Hier, elle a atterri à l’aéroport de Téhéran, acclamé par des centaines d’Iraniens, venus la saluer pour son acte de bravoure.

“Elnaz, héros ! Elnaz, héros !” C’est sous les applaudissements d’une foule en délire que la grimpeuse Elnaz Rekabi a atterri à l’aéroport de Téhéran, après avoir participé aux Championnats d’Asie sans son voile.

La jeune femme de 33 ans, première grimpeuse iranienne à avoir été médaillée aux Championnats du Monde, a participé le dimanche 16 octobre aux championnats continentaux asiatiques sans porter de voile, normalement imposé aux femmes iraniennes. Un geste de soutien envers les manifestations qui ont éclaté en Iran suite à la mort de Mahsa Amini, après avoir été arrêtée par la police des moeurs.

À la suite de la compétition où elle a terminé quatrième, Elnaz Rekabi n’a plus donné signe de vie. Des rumeurs ont alors commencé à se répandre selon lesquelles elle aurait disparu et se serait fait piéger et enfermer dans une prison iranienne.

Cependant, la fédération internationale et la fédération iranienne ont confirmé hier que Rekabi était bien arrivée à Téhéran, en Iran, et qu’elle était désormais avec sa famille. L’IFSC a déclaré qu’une réunion a eu lieu à Séoul, en Corée du Sud, entre le Comité international olympique (CIO), l’IFSC et le Comité national olympique iranien, au cours de laquelle le CIO et l’IFSC ont reçu l’assurance claire que Rekabi ne subira aucune conséquence et continuera à s’entraîner et à prendre part aux compétitions.

Lorsque Rekabi est arrivée à Téhéran, elle a été accueillie par des centaines de personnes qui l’acclamaient et lui offraient des fleurs. L’Iranienne a déclaré que le fait de ne pas porter son hijab était un geste “involontaire”. À l’intérieur de l’aéroport international Imam Khomeini de Téhéran, elle a expliqué aux journalistes : “J’étais occupée à mettre mes chaussons et mon baudrier, cela m’a fait oublier de mettre mon hijab et on m’a appelé précipitamment pour aller grimper. Je suis rentrée en Iran en paix, même si j’étais très tendue et stressée. Mais jusqu’à présent, Dieu merci, rien ne s’est produit”.

Toutefois, des militants ont estimé que ces déclarations, devant la presse et sur les réseaux sociaux, avaient pu être obtenues sous la pression. Le média local Iran Wire rapporte que le président de la fédération iranienne l’aurait fait chanter en lui affirmant qu’elle pourrait rentrer saine et sauve en Iran à condition de remettre son téléphone et son passeport. “Elnaz Rekabi a été contrainte d’avouer à la télévision (…). Elle ne fait que répéter ce qu’on lui a dit de dire”, a réagi ainsi un journaliste iranien qui collabore à l’Iran Wire.

Le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme de l’ONU a précisé être “au courant” de ce dossier qu’il allait “suivre très attentivement”.


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Alex Megos signe la première répétition d’un 9a+ en seulement trois essais !

19 Oct

Actuellement en trip en Espagne, Alex Megos a signé la première répétition de “Red Ram” et confirmé la cotation proposée par Ramon Julian il y a neuf ans.

Trois essais. C’est tout ce qu’il a fallu à l’Allemand Alex Megos pour devenir le deuxième grimpeur à clipper le relais de “Red Ram”, un 9a+ situé dans le massif du Montserrat. Le grimpeur de 29 ans a mis fin au mystère qui entourait cette voie, neuf ans après sa première ascension, réalisée par Ramon Julian en août 2013.

Équipée par les frères Macia, David et Israël au début des années 2000, il avait déjà fallu attendre près d’une quinzaine d’années pour la voir tomber sous les assauts répétés de Ramon Julian.

Dans le cadre d’un projet de film avec son sponsor Tenaya, Alex Megos a rejoint Ramon au Montserrat, pour tenter d’enchaîner la voie. Ce dernier lui a donné toutes les méthodes et dès son premier essai, l’Allemand a réussi tous les mouvements. Les rumeurs des locaux allaient bon train concernant cette voie, qui semblait presque impossible à répéter. Cette ligne de 25 mètres était même devenue une légende, une voie oubliée au cœur de l’Espagne.

Lors de son deuxième essai, Alex a cassé une prise clé dans la voie. De retour au sol, l’Allemand a dû ajuster sa méthode, avant de se lancer dans une nouvelle tentative quelques minutes plus tard. Au terme d’un gros combat, il réussit à atteindre le sommet et à clipper le relais, devenant le premier répétiteur de cette voie et brisant le mythe qui l’entourait.

“J’ai fait quelques petites choses différemment de Ramon, mais ma méthode était quasi similaire à la sienne. En ce qui concerne la cotation, je pense que 9a+ lui convient bien. C’est tout à fait mon style et aussi très similaire au Frankenjura donc c’est difficile pour moi de juger réellement. J’espère que plus de gens viendront l’essayer maintenant ! L’endroit est magnifique et les voies sont superbes !” a déclaré Alex après son ascension.

Alex Megos est arrivé au Montserrat après avoir enchaîné “The Full Journey “à Margalef, pour laquelle il a proposé 9b. “Cette voie était mon principal projet, mais je l’ai enchaînée dès ma première semaine sur place” a-t-il déclaré en souriant. “J’ai donc le temps d’aller voir d’autres projets”.


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Une grimpeuse iranienne portée disparue après avoir osé grimper sans voile islamique

18 Oct

L’Iranienne Elnaz Rekabi a participé le week-end dernier aux Championnats d’Asie d’escalade, sans son voile. Un geste inédit, alors que le pays est actuellement en proie à de violentes manifestations. Mais depuis, la championne iranienne est portée disparue.

L’image est aussi forte qu’historique. Elnaz Rekabi, membre de l’équipe iranienne, est apparue sans son hijab lors de l’épreuve combinée des championnats asiatiques, qui se déroulaient à Séoul, en Corée du Sud. La jeune femme de 33 ans, première grimpeuse iranienne à avoir été médaillée aux Championnats du Monde, portait son voile lors de la première épreuve de bloc, puis a décidé de l’ôter pour la suite de la compétition.

Depuis 1979 et la révolution islamique iranienne, les femmes ont pourtant obligation de se couvrir la tête de ce voile et doivent respecter cette règle du code vestimentaire de la République islamique, même hors du pays. Mais en signe de protestation contre le régime, la championne iranienne a décidé d’enlever son voile.

En effet, depuis quelques semaines, de violentes manifestations éclatent en Iran, suite à la mort de Mahsa Amini. Cette jeune femme de 22 ans a été interpellée par la police des mœurs, unité chargée de faire respecter le code vestimentaire de la République islamique pour les femmes, et aurait été victime d’un coup mortel à la tête. Un mouvement de révolte a éclaté dans le pays tout entier suite à cette effroyable nouvelle.

C’est donc en signe de protestation qu’Elnaz Rekabi a fait tomber son voile aux Championnats Asiatiques le week-end dernier.  Elle est la deuxième sportive de l’Histoire à réaliser une telle action. En 2019, la boxeuse Sadaf Khadem avait été la première à se montrer sans hijab. Craignant pour sa vie si elle retournait dans son pays natal, elle s’est exilée à Royan, en Charente-Maritime.

Une disparition inquiétante

Selon une information de la BBC perse, Elnaz Rekabi aurait été portée disparue depuis la fin de la compétition dimanche, où elle a terminé au pied du podium, à la quatrième place.

Des proches de la jeune femme ont perdu contact avec elle, alors que l’équipe iranienne a quitté le Garden Seoul Hotel où elle logeait. Pour le moment, l’ambassade d’Iran à Séoul assure dans un communiqué partagé très tôt ce mardi 18 octobre, qu’« Elnaz Rekabi, qui a participé à la finale des compétitions asiatiques d’escalade à Séoul, est partie de Séoul pour l’Iran au petit matin du 18 octobre 2022, avec les autres membres de l’équipe ».

Mais pour le média iranien IranWire, la championne de 33 ans aurait été directement transférée à la prison d’Evine depuis son arrivée à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran. D’après les derniers éléments fournis par le journal, Reza Zarei, président de la Fédération iranienne d’escalade, aurait amené Elnaz « par ruse » dans un bâtiment de l’ambassade d’Iran à Séoul, sur ordre de Mohammad Khosravivafa, le président du Comité olympique iranien.

Selon les sources d’IranWire, « Elnaz a pris sa décision de se présenter sans hijab il y a environ un mois et savait qu’elle allait concourir sans le hijab obligatoire (…) Elle n’a pas non plus demandé l’asile parce que son mari est en Iran et qu’elle voulait revenir après le concours. Elle prend toujours des décisions aussi audacieuses ».

La photo de la jeune femme sans son voile a été partagée sur les réseaux sociaux à travers le monde et le hashtag « Where is Elnaz Rekabi », a été lancé sur Twitter ce mardi matin.


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Chaehyun Seo et Tomoa Narasaki brillent dans la présentation du format Paris 2024

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Chaehyun Seo et Tomoa Narasaki brillent dans la présentation du format Paris 2024

18 Oct

Les Championnats Asiatiques qui se sont déroulés à Séoul, en Corée du Sud, se sont achevé par la deuxième présentation officielle de l’épreuve combinée bloc/difficulté, qui sera disputée aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Plus tôt dans l’année, la Slovène Janja Garnbret et l’Autrichien Jakob Schubert ont remporté la médaille d’or de ce nouveau format lors des Championnats d’Europe de Munich 2022.

La Sud-Coréenne Chaehyun Seo et le Japonais Tomoa Narasaki, qui ont tous deux participé aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, ont brillé sur ces Championnats d’Asie, remportant respectivement deux et trois médailles d’or (difficulté et combiné pour Chaehyun Seo et bloc, difficulté et combiné pour Tomoa Narasaki).

Chez les femmes, Seo a obtenu 77,5 points dans l’épreuve de bloc, puis a dominé en difficulté, en enchaînant la voie, cumulant au total 177,5 points. C’est le deuxième titre continental remporté par ce jeune talent de 18 ans, dans sa ville natale. Séparée seulement par quelques essais dans les blocs, la Japonaise Natsuki Tanii a remporté la médaille d’argent avec 176,6 points, étant la seule autre grimpeuse à toper la voie.

Futaba Ito, représentant également le Japon, a complété le podium en troisième position, empochant la médaille de bronze avec 158,0 points (77,9 en bloc, 80,1 en difficulté).

L’Iranienne Rekabi Elnaz a terminé quatrième, suivie par les Japonaises Mia Aoyagi et Hana Koike, qui ont pris les cinquième et sixième places. La Chinoise Zhilu Luo a terminé en septième position, tandis que la deuxième finaliste coréenne, Gayeong Oh, a terminé en huitième position.

Les résultats complets de la finale féminine

À l’issue d’une lutte au coude à coude avec le Japonais Kokoro Fujii et le Sud-Coréen Dohyun Lee, Tomoa Narasaki a remporté la victoire de ce combiné, avec 177,3 points au total, s’assurant ainsi son troisième titre continental. En effet, la star japonaise de 26 ans avait déjà remporté l’or dans les épreuves individuelles de bloc et de difficulté.

Pourtant, rien n’était gagné d’avance pour lui… Après une épreuve de bloc décevante, où il a terminé avec 77,3 points, Narasaki a grimpé en avant-dernier dans l’épreuve de difficulté. Il n’avait alors qu’une seule chance de se hisser à la première place : s’assurer de toper la voie. Après que Kokoro Fujii ait chuté quelques mouvements avant le sommet, Narasaki n’a pas craqué et a fait forte impression, en enchaînant la voie, s’assurant des 100 points de l’épreuve.

Fujii s’est finalement classé deuxième avec 175,7 points, tandis que Lee a terminé en troisième position avec 167,2 points.

Les Japonais Taisei Homma et Satone Yoshida ont suivi en quatrième et cinquième position. Yoshiyuki Ogata n’a récolté que 40,1 points dans l’épreuve de difficulté et a terminé à la sixième place. Le Coréen Jongwon Chon a terminé en septième position, et l’Iranien Kolasangian Reza a pris la huitième place.

Les résultats complets de la finale masculine

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Nouvelle répétition de “Hugh”, le premier 9a de France !

16 Oct

Edwin Gaufrès, grimpeur français de 29 ans, a vaincu la célèbre “Hugh”, connue pour être la première voie en 9a de France et la deuxième du monde.

“C’est en face de cette voie que j’ai entendu parler d’escalade pour la première fois de ma vie, quand j’étais adolescent”. À l’époque, Edwin Gaufrès ne s’attendait pas à clipper le relais de “Hugh” aux Eaux Claires, en Charente, quelques années plus tard. “Depuis je suis devenu passionnée par ce sport, l’entraînement, la nutrition, etc.  Et j’ai beaucoup progressé !” raconte-t-il.

Comme un retour aux sources, Edwin a décidé de s’attaquer à “Hugh”, voie qui a marqué sa jeunesse. “Je vais devenir papa en janvier et j’aurai 30 ans en novembre, alors je me suis dit : avant tout ça, je dois faire cette voie !”. Libéré par Fred Rouhling en 1993, il s’agit du premier 9a français, et du deuxième 9a libéré sur la planète. Cette voie déversante d’une vingtaine de mètres est notamment connue pour son impressionnant jeté de plus de deux mètres, très novateur pour l’époque.

“J’avais déjà essayé le début de la voie pendant deux jours en 2018, mais elle me paraissait beaucoup trop dure”, explique Edwin. Il faut dire que “Hugh” est particulièrement physique. La voie débute par une première section très puissante en no-foot, suivie du fameux jeté. Elle se poursuit ensuite par un crux en 7B+ bloc, avant une sortie en 7b+/c, qui reste très délicate.

“Cette année, après de belles vacances sans trop d’escalade, je me suis mis sérieusement à l’entraînement à la rentrée de septembre, et il m’a fallu quatre jours de travail dans la voie, pour finalement l’enchaîner le 9 octobre 2022 !” déclare le kinésithérapeute.

Une vidéo de l’enchaînement devrait bientôt voir le jour, en attendant, voici quelques images :

 

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Une publication partagée par Edwin Gaufrès (@edwingaufres)

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Une nouvelle croix à Margalef pour Alex Megos !

15 Oct

À peine arrivé à Margalef, Alex Megos enchaîne les croix et vient de clipper le relais de “Gancho Perfecto” 9a/+.

Quelques jours à peine après avoir réalisé la première ascension de “The Full Journey” 9b, Alex Megos a ajouté à son carnet de croix une autre ligne classique de Margalef, “Gancho Perfecto”.

Cette voie très résistante, libérée par Chris Sharma en 2008, remonte le dévers du Raco de Finestra. Principalement composée de trous de petite taille éloignés les uns des autres, “Gancho Perfecto” a d’abord été considéré comme un dur 9a par les premiers ascensionnistes, avant d’être recoté à 9a/+ par Stefano Ghisolfi après la casse d’une prise. Piotr Schab et Felipe Camargo ont même préféré lui attribuer la cotation de 9a+, comme Ondra l’avait déjà laissé entendre.

Megos avait déjà posé les doigts dans cette ligne d’envergure en 2018, au moment où il travaillait “Perfecto Mundo” 9b+. Cette année, quelques jours seulement ont suffi à l’Allemand pour faire la croix : “Encore une voie rayée de la liste ! J’avais essayé cette voie en 2018, lorsque j’étais à Margalef pour faire “Perfecto Mundo”. À l’époque, je n’étais monté qu’une fois pour vérifier les mouvements de la partie supérieure et j’avais mis un essai. En tombant sur le dernier mouvement, je m’étais dit que je l’enchaînerais une fois que j’aurais fait “Perfecto Mundo”. Mais le lendemain de l’enchaînement de “Perfecto Mundo”, je n’avais qu’une envie, c’était de partir. Je n’étais plus en état mental d’essayer quoi que ce soit de difficile”, a admis Megos.

Alex Megos a signé la onzième ascension de cette voie, et a tenu à alarmer la communauté sur un point : “Il semble étrange de voir comment certaines prises et certains pieds se sont “érodés” et agrandis en seulement quatre ans. Habituellement, il faut des milliers et des millions d’années au vent et au temps pour former et modifier les prises sur une falaise. Les choses ont changé assez rapidement ici ces derniers temps et je dois dire que je ne trouve pas ça très cool pour être honnête.”


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Alex Megos libère un nouveau 9b à Margalef !

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Alex Megos libère un nouveau 9b à Margalef !

13 Oct

De retour dans un endroit qu’il affectionne particulièrement, Alex Megos a réalisé la première ascension de “The Full Journey”, une nouvelle ligne en 9b très physique de Margalef.

“J’avais déjà un œil sur cette voie en avril, quand j’étais ici à Margalef. Tom Bolger, qui a ouvert la ligne, travaillait sur la première longueur et l’a enchaînée le lendemain de mon départ en avril”, explique Alex.

Il faut dire que la nouvelle ligne qu’il vient de libérer, “The Full Journey”, n’est autre qu’une extension de “The Journey” un 9a/+ équipé et libéré par Tom Bolger en avril dernier.

“La première partie est de la pure rési principalement sur des bidoigts avec un mouvement dur au milieu sur un mono”, décrit le meilleur grimpeur allemand. La semaine dernière, il enchaînait cette première partie jusqu’au relais intermédiaire, signant la deuxième répétition de “The Journey”, après Jorge Diaz Rullo. Puis, il lui faudra six jours supplémentaires pour venir à bout de la ligne intégrale.

“La deuxième partie est un bloc avec un mouvement dynamique assez violent vers un mono et quelques autres mouvements durs après. Je savais que la connexion de la première et de la deuxième partie ne serait pas facile, malgré le très bon repos au relais de la première longueur”, déclare-t-il.

Finalement, au bout d’une dizaine d’essais, Alex a réussi à monter au sommet des 35 mètres de cette voie, signant la première ascension de “The Full Journey”. Concernant la cotation, il explique : “S’il n’y avait pas le bon repos entre les deux parties, cette voie serait certainement d’un niveau supérieur que 9b. Avec le repos, c’est quand même difficile. Les deux parties correspondent très bien à mon style je dirais, donc je suis curieux d’entendre ce que les répétiteurs pensent.”

Megos a également visité un nouveau secteur où il a enchaîné “Off the Tractor” 8c, “Patan El Villano” 8c et a fait la première ascension de “Patata el Villan” 8c+ en quelques runs. En 2018, l’Allemand avait marqué l’Histoire de Margalef en réalisant la première ascension de “Perfecto Mundo” 9b+.

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Arkose organise une compétition internationale de difficulté !

12 Oct

Alors que Paris se prépare pour les Jeux Olympiques de 2024, le milieu de l’escalade est en effervescence.

Le 29 octobre, une compétition internationale d’escalade de difficulté verra s’affronter 24 grimpeurs parmi l’élite mondiale de tous les pays, sur des voies extrêmes du mur mythique d’Arkose Pantin.

C’est un événement très attendu, avec deux shows de très haut niveau (voies entre le 8b+ et le 9a) qui s’annoncent exceptionnels.

HOMMES

Yannick Flohé, Taisei Homma, Sebastian Halenke, Jorg Verhoeven, Mejdi Schalck, Paul Jenft, Jérémy Bonder, Hugo Parmentier, Diego Fourbet, Jules Marchaland, Sam Avezou, Nao Monchois, Pierre Le Cerf, Romaric Geoffroy, Thomas Ballet, Adrien Lemaire

FEMMES

Seo Chaehyun, Mia Krampl, Jessica Pilz, Vita Lukan, Laura Rogora, Ilaria Scolaris, Manon Hily, Hélène Janicot, Nolwenn Arc, Meije Lerondel, Selma Elhadj Mimoune, Lucie Vaillant

Au programme :

18h : Demi-finales après travail H/F
21h30 : Finales à vue H/F
23h – 5h : DJ Set

Deux approches pour un format de compétition hors norme

La ½ finale se déroulera après travail de la voie. Un format rare en compétition, qui permettra de pousser encore plus loin les athlètes dans leurs limites avec des voies en 8c+ pour les femmes et 9a pour les hommes.

Les athlètes travailleront leur voie de ½ finale par équipe de 2 pendant la journée. (10H – 17H)
Si vous êtes curieux de voir comment se passe le process de travail d’un projet dur, c’est le moment de passer !

La finale sera à vue. Il n’y a pas travail de la voie en amont ni d’observations, aucune information ne sera transmise aux athlètes. C’est un run uniquement basé sur une lecture au sol juste avant de grimper.
Une grimpe pure et instinctive.

Une compétition préparée par une équipe d’ouvreurs de haut vol menée par Sylvain Dussort le chef ouvreur Arkose Voie. Avec Yoris Delahaye et Maëlys Agrapart, ils feront chauffer les visseuses pour concocter des voies extrêmes

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Daniel Woods flashe “Compass North” 8B+

12 Oct

Daniel Woods a réussi le flash de “Compass North” 8B+ à Fionnay, en Suisse. Après Clément Lechaptois et Aidan Roberts, il s’agit seulement de la troisième ascension de cette ligne et pour Daniel Woods de son ascensions flash la plus difficile.

Situé à Fionnay, “Compass North” a été gravi pour la première fois par Clément Lechaptois au début de l’année, puis répété par Aidan Roberts. Daniel Woods avait déjà repéré ce bloc quelques mois plus tôt, et se l’était secrètement réservé pour un essai flash.

Super ligne d’arquées établit par Clem Lechaptois. La prise qu’il faut tenir dans le crux est assez diabolique. Mais les mouvements sont super basiques et directs, ce qui en fait un excellent candidat au flash. J’ai aperçu cette ligne en mai et j’ai tout de suite été inspiré. J’ai attendu le bon jour avec des conditions froides et sèches pour essayer de le faire du premier coup. J’ai finalement réussi à avoir cette journée et tout s’est passé comme je le voulais.

Je suis content d’avoir fait la troisième ascension après Clem et Aidan Roberts. Je ne suis pas sûr que cette ligne reste 8B+ mais qui sait ? Tout dans ce bloc correspondait à mon style d’escalade et c’était quand même un bon combat. Peu importe si c’est 8B/+, dans tous les cas, “Compass North” est mon flash le plus dur, donc je suis super fier de ça.”

Daniel Woods

Woods est l’un des bloqueurs les plus accomplis de tous les temps, avec plus de 20 ascensions dans le 8C et plus. En 2021, il a enchaîné le premier 9A bloc en Amérique, et seulement le deuxième de la planète, avec la première ascension de “Return of the Sleepwalker.”

Parmi les autres passages difficiles qu’il a enchaînés, citons les premières ascensions de “Sleepwalker” 8C+, “The Box Therapy” 8C+, “Creature from the Black Lagoon” 8C+, “The Process” 8C+ et “Hypnotized Minds” 8C+. Le mois dernier il s’est rétabli au sommet de “Insomniac” 8C+ et “Foundations Edge” 8C.

Seuls quelques grimpeurs ont réussi à flasher des 8B+ blocs, parmi lesquels Adam Ondra avec “Jade” et “Gecko Assis”, Daniel Woods avec “Entlinge” et “Compass North”, Jimmy Webb avec “The Globalist”, Tomoa Narasaki avec “Decided”, Ned Feehally avec “Trust Issues”, Jakob Schubert avec “Never Ending Story”, “Catalan Witness the Fitness” et Anam Cara ou encore William Bosi avec “Charizard”.

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Deux voies dans le neuvième degré pour la jeune Laura Rogora !

10 Oct

La jeune grimpeuse Italienne a réalisé la première ascension de “Unchio” pour laquelle elle propose 9a, et la première répétition de “Pungitopo” une voie seulement réalisée par Adam Ondra et cotée 8c+/9a.

C’est un week-end fructueux qui se termine pour Laura Rogora. Sur la falaise de Subiaco, située à quelques dizaines de kilomètres de Rome, la jeune Italienne de 21 ans a réalisé la première ascension des deux longueurs de “Unchio”. La première longueur, 8b/+, est l’un des classiques du coin, mais personne ne s’était aventuré à travailler la voie entière, et notamment cette deuxième longueur, qui semblait bien plus compliquée. Pourtant, il n’aura pas fallu longtemps à Laura pour faire la croix, qui a déclaré qu’il s’agissait d’une ligne “très résistante, d’une soixantaine de mouvements, avec le crux situé dans la section finale”.

Concernant la difficulté de cette voie, Rogora a plaisanté en référence à tout ce qui s’est passé ces derniers temps, avec des décotations quasi permanentes par rapport aux propositions lancées après les premières ascensions : “Je pense que la voie pourrait être entre 8c+ et 9a. Je choisis la deuxième option et ainsi le premier répétiteur pourra suivre la tendance et la décoter”.

Galvanisée par cette ascension, elle s’est ensuite penchée sur “Pungitopo”, une voie seulement enchaînée par Adam Ondra, qui l’avait décrite comme “la voie dure la plus esthétique d’Arco” lors de son enchaînement.

Le Tchèque avait tenté de l’enchaîner en une journée, mais avait fait face à un problème de méthode, qui l’avait retardé dans son ascension. Il avait alors fallu qu’il trouve une nouvelle méthode pour enchaîner la voie. Selon lui, “avec l’ancienne méthode, je suis sûr que cela pourrait être 9a. Avec la nouvelle, je préfère attendre les répétiteurs. Je suis sûr qu’ils viendront, la ligne est très belle”.

Il n’en fallait pas plus pour motiver la grimpeuse locale Laura Rogora. Elle parviendra à enchaîner la voie lors de son quatrième essai, proposant la cotation de 8c+/9a. “Une roche parfaite + des mouvements incroyables = l’une des plus belles lignes d’Arco” confiera-t-elle après avoir clippé le relais.

La vidéo d’Adam Ondra dans “Pungitopo”

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Reportage : tout savoir sur les cordes d’escalade

07 Oct

Lien de vie indispensable aux entiché(e)s de verticalité, la corde semble être une compagne aussi bien nécessaire que familière. Malgré ses apparences triviales, sommes-nous bien sûr de la connaitre à 100% ? Du nylon primordial jusqu’à sa dernière aventure, tirons ensemble le fil de la destinée de cet objet indispensable, à travers ce nouveau numéro de Grande Voix, le support d’information long format de la Fédération Française de la Montagne et de l’Escalade.

Elle accompagne l’humanité depuis au moins 50 000 ans. La corde, se définissant modestement par la réunion de fils torsadés, est un objet chargé de symbolique et d’histoire. Vie/mort/salut/aliénation/ancrage… elle évoque tout et son contraire. Avec, nécessairement, une large part de mystère. Pour élucider tous ses secrets, Béal, fabricant historique et novateur de matériel d’escalade, partenaire de longue date de la FFME, nous a accueilli dans ses locaux à Vienne dans l’Isère, et nous dit tout de la corde dynamique. Partons à la rencontre de celles et ceux qui œuvrent à la responsabilité exigeante d’assurer performance, sécurité et confort.

Mais d’abord, passons un peu de temps sur la théorie. Les propriétés mécaniques d’une corde sont essentielles à la réflexion autour de sa conception. Définir un cadre d’utilisation spécifique en fonction de la pratique l’est tout autant : à simple, à double ou jumelées, le type de corde dépend directement de l’activité que vous envisagez.

Il s’agit alors, pour comprendre les enjeux d’innovations, de se pencher sur quelques concepts de physique : lorsque le grimpeur tombe, il emmagasine de l’énergie durant sa chute, énergie qui se répercute sur son matériel. Ainsi, faire en sorte que la corde absorbe au mieux cette énergie est un défi majeur du développement d’un matériel d’escalade performant.

La force de choc, correspondant à l’impact encaissé par le grimpeur à la suite d’un faux pas, est considérée dans la création d’une corde comme un marqueur devant être le plus faible possible (respectant la norme EN892). Son calcul est subordonné à plusieurs paramètres : le poids du grimpeur, la capacité de la corde à absorber l’énergie, le matériel d’assurage et le fameux facteur de chute.

Le facteur de chute apprécie la dureté d’une chute : plus celui-ci est élevé plus la culbute est violente. Symbolisé par un (f), il se calcule en divisant la hauteur de la chute par la longueur de corde disponible. Ainsi, une chute en début de relais est plus brutale qu’une chute durant laquelle le grimpeur a fait quelques mètres. Cette mesure est comprise entre 0 et 2, valeur maximale.

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Un duo féminin enchaîne l’une des grandes voies les plus majeures de France !

06 Oct

La Suissesse Katherine Choong et la Française Solène Amoros ont fait équipe afin de s’attaquer à l’une des grandes voies les plus classiques de France : “Alibaba”, 8 longueurs, 240 mètres, dont 60 en dévers, cotée 8a+. Toutes deux ont enchaîné chacune des longueurs en tête, en seulement trois jours et demi. Elles nous racontent en détail cette aventure.

« Étant toutes les deux passionnées d’escalade en falaise (et de grande voie dure) l’idée de se lancer dans un projet de grande voie ensemble nous est venue l’année passée. Nous avions bien sûr toutes les deux entendues parler d’Alibaba, cette grande voie est une classique en France par sa difficulté et la beauté de chacune de ses longueurs. Nous avions aussi envie de trouver une voie pas trop loin de la maison, atteignable sans prendre l’avion.

Plutôt que de tenter l’ascension à la journée, inspirée par des amis, Solène a proposé l’idée d’approcher cette voie d’une autre manière, inédite pour nous : enchaîner chacune tour à tour toutes les longueurs, en tête, dans l’ordre et sans redescendre de la paroi jusqu’à ce que ce soit fait.

Pour info, d’habitude nous travaillons les longueurs au préalable (sur plusieurs journées) avant de tenter un push depuis le sol. Cette fois, nous partions en mode “big wall”, avec un portaledge pour dormir en paroi au fur et à mesure de l’avancée. Nous nous étions donné un maximum de 3 jours et une matinée de nourriture et d’eau.

L’idée était également de documenter l’ascension et d’inviter dans notre aventure une photographe, Mélanie Cannac, pour un projet 100% féminin !

© Mélanie Cannac

Jour 1 : Après quelques problèmes mécaniques avec le van de Kathy qui devait nous amener et loger à Aiglun, nous débarquons à bord de la Fiat 500 de Mélanie, remplie à bloc et accompagné de Will un ami grimpeur venu faire le chauffeur. Premier jour de portage, nous amenons, chargées comme des mules, une partie du matériel au pied de la voie avant de revenir dormir sur le parking d’Aiglun. L’approche n’est pas une mince affaire : 3h sur un chemin raide dans la garrigue, puis sur cordes statiques à monter et descendre, et enfin dans un pierrier interminable jusqu’au pied de la face. Cette première étape est déjà une mission en soi, l’aventure promet ! Nous rentrons manger et dormir à Aiglun.

Jour 2 : Deuxième jour de portage, toujours en mode “sherpa”, avec des sacs quasi aussi lourds que la veille. Cette fois, nous dormons au pied de la paroi pour être prêtes à décoller dans la voie le lendemain matin. Ce fut une nuit difficile, brassée par le vent.

Jour 3 : Pour ne pas cramer trop de cartouches, notre plan était de travailler une première fois chaque longueur puis de mettre un run d’enchaînement, en inversant à chaque longueur la grimpeuse qui allait défricher les méthodes. Notre stratégie était de réussir deux longueurs dans le 8ème degré par journée. Dans ce scénario, pas le droit à l’erreur, chaque montée nous coûte pas mal d’énergie, de peau et de temps, sachant qu’il reste en fin de journée à hisser nos 2 énormes sacs de hissage (en plus d’un petit sac qu’on hissait à chaque longueur) et le portaledge. Les trois premières longueurs sont magnifiques (8a, 8a, 7b+) et nous mettent l’eau à la bouche mais nous demandent déjà beaucoup d’énergie pour les enchaîner. L’échauffement est précaire et la L1 en 8a nous pique à froid en rési. Solène doit vraiment se battre pour enchainer L2 en 8a, son corps ne répond pas bien à l’effort, avec la fatigue, le vent qui nous brasse très fort et ses règles qui ont commencé ce même jour. C’est poussée par les encouragements de Kathy qu’elle parvient in extremis à clipper le relais de cette longueur, les coudes aux oreilles. Elle ne le dit pas mais le doute s’immisce quant à son enchaînement de la voie, sachant que les longueurs les plus dures se situent en dernier. Après avoir grimpé L3 en 7b+ nous arrivons à une vire plutôt confort, mais le hissage de nos sacs (encore au sol) nous prend beaucoup de temps. Après, quelques galères, nous finissons la journée, épuisées, à plus de 23h. On commence à se rendre compte de l’ampleur de notre projet, et remettre en question sa faisabilité en trois jours successifs…

Jour 4 : Après une courte nuit, le réveil est difficile. Les courbatures se font sentir et la peau de nos mains est déjà bien broutée. L4 (8a) et L5 (8a+) nous attendent. Encore deux longueurs 5 étoiles que nous parvenons à enchaîner, mais une fois encore au terme de grands combats de résistance, en y laissant pas mal de cartouches. Kathy se met un gros combat mental pour enchaîner L5, elle est à la limite de tomber à chaque crux mais ne lâche rien ! C’est à ce moment-là qu’on commence à voir la vraie guerrière qu’elle est et qu’on décide de la surnommer Pocahontas. Le hissage est plus efficace ce jour-ci et à 21h30 nous sommes installées toutes les 3 sur le portaledge. Un bon lyophilisé nous requinque, et nous passons une nuit moyenne mais légèrement récupératrice.

© Mélanie Cannac

Jour 5 : L6 (8a+), la plus difficile. La première montée de travail est difficile pour Kathy, chaque prise dégomme un peu plus le peu de peau qu’il lui reste, la fatigue, la douleur et les mouvements blocs du début lui posent pas mal de problèmes. Mais Solène la motive à fond et lui rappelle que tout est possible ! Elle lance un run, et, guidée par Solène qui a mieux calé la voie, elle parvient sans tomber au relais dans un combat mémorable, délayant à chaque prise ! Solène va mieux ce jour-là. Bien calée dans ses méthodes, elle fera une belle démonstration de grimpe avant de clipper elle aussi le relais ! Cette fois la machine de combat est lancée, plus rien ne peut nous arrêter ! L7 (8a+) : Solène qui semble ne plus sentir la gravité, s’envole dans cette longueur avant d’atteindre le relais dans un grand moment de bonheur ! Si les bras ne répondent plus chez Kathy, la tête reprend le dessus et portée par l’enchaînement de Solène, parvient au sommet sans tomber ! La nuit tombe et la fatigue se faisant sentir, nous gardons la dernière longueur pour le lendemain et passons une dernière nuit plein gaz, serrées à trois sur le portaledge. Autant dire qu’on a pas trop dormi cette nuit là !

Jour 6 : Nous enchaînons au petit matin la dernière longueur (7b+) à vue, avant un long retour à pied vers le village. La marche de retour n’est pas cadeau non plus et nos genoux ont bien souffert. L’itinéraire est très dur à trouver et avec nos sacs ultra chargés nous nous accrochons à toutes les branches. 3h plus tard nous sommes enfin arrivées et prenons la route de St Auban pour trinquer avec nos amis !

Jour 7 : La mission n’est toujours pas finie ! Petit aller-retour au pied de la paroi pour récupérer le téléphone de Mélanie qui s’est pris 250 mètres de vol plané depuis le sommet lors du dernier hissage la veille. Soulagées, nous retrouvons le téléphone, qui marche encore bien, après 3 heures de recherche ! Fin de l’aventure.

Un court métrage de 15 minutes sortira en 2023. Le but est de montrer que les femmes sont capables de réaliser de telles ascensions de manière autonome. Un film riche en émotions qui montre de la belle escalade et des valeurs fortes : complicité dans la cordée, émulation, gestion des émotions, et dépassement de soi ! La grande voie est pour nous un moyen d’aller chercher nos plus profondes ressources, et c’est ce que nous souhaitons partager. Également, l’organisation et la stratégie seront mises en avant. »

© Photos : Mélanie Cannac

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