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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Jernej Kruder et Michael Piccolruaz grimpent au-dessus d’une mer déchaînée à Majorque !

03 Oct

Majorque est incontestablement le meilleur endroit pour s’adonner à une session de psicobloc. Il n’y a guère d’endroit sur Terre où l’on puisse trouver des lignes au-dessus de l’eau aussi impressionnantes que sur les falaises de l’île méditerranéenne.

Le deep water soloing est l’une des disciplines les plus spectaculaires de l’escalade. Contrairement aux voies classiques, les passages clés ne peuvent souvent pas être essayés autrement qu’en y grimpant depuis le bas – avec pour conséquence que l’on tombe encore et encore. Et comme on grimpe sans être assuré, les grandes envolées dans l’eau sont inévitables.

Dans cette vidéo, Jernej Kruder et Michael Piccolruaz nous embarquent lors d’une séance de deep-water dans certaines des voies les plus difficiles de l’île. Kruder a été le premier grimpeur à répéter “Es Pontas” en 2016 et s’est depuis concentré sur la deuxième king line de Chris Sharma, “Alasha”. Il a fait équipe avec l’italien Michael Piccolruaz, qui, intrigué par cette voie mythique, a décidé d’aller lui aussi poser ses doigts dans “Alasha”.

Outre “Alasha”, Kruder et Piccolruaz se sont rendus dans le site de Cala Estreta. Les deux hommes voulaient tenter de réaliser ce qui est probablement la première répétition de “Inconvinient Roof” d’Ethan Pringle. La chance a-t-elle été de leur côté ?

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Un nouveau 9b pour Adam Ondra !

01 Oct

Adam Ondra a offert à la Croatie son premier 9b avec “B je to !”

En août dernier, Adam Ondra profitait de vacances en famille en Croatie pour enchaîner cinq voies de 8a à 8b+ en une journée. Le lendemain, il équipait et réalisait la première ascension de “A je to !”, cotant cette nouvelle voie 9a+. “Je l’ai appelée ainsi en référence à mon dessin animé tchèque préféré”, commentait-il. Située dans la grotte de Vranjača, une version plus dure de cette voie avait attiré son attention. “J’ai essayé les mouvements, mais je n’ai pas eu le temps de clore le projet”, avouait-il le mois dernier. Alors entre deux entraînements sur résine, le Tchèque, a décidé de retourner en Croatie, afin d’en découdre avec cette version plus difficile.

“Un court voyage en Croatie entre mes séances d’entraînement a débouché sur la première ascension du premier 9b croate”, annonce-t-il sur les réseaux sociaux. Le tchèque, qui a été contraint de prolonger sa saison de compétition cette année pour tenter d’obtenir une qualification pour Paris 2024, est retourné en Croatie pour enchaîner la voie. Rapidement, il viendra à bout de cette nouvelle voie. Sa proposition pour “B je to !” est de 9b, ce qui en fait le premier 9b de Croatie.

© Kuba Sobotka

À propos des deux voies, Adam explique : “”A je to !” est une voie nécessitant beaucoup de force et de résistance, mais sans aucun mouvement difficile, tandis que “B je to !” comporte un crux très dur qui en fait une voie vraiment difficile. Le deuxième jour de ce voyage, après une grosse lutte dans le crux et une chute évitée de justesse au sommet, j’ai finalement enchaîné. J’ai trouvé ce nom (“B je to” signifie “c’est b”) avant même de commencer à l’essayer. J’ai hésité à savoir si elle méritait un 9b ou si la cotation de 9a+/b conviendrait mieux (le nom n’aurait alors plus aucun sens), mais compte tenu des bonnes conditions, d’un crux qui convient à mon style et de ma bonne forme du moment, je propose 9b”.

En plaisantant, il a ajouté que “si un jour elle était décotée, il faudra alors lui trouver un autre nom”.

Un film de cette ascension devrait être diffusé sur la chaîne YouTube d’Adam Ondra en novembre prochain.

Au début de l’été, Adam Ondra a fait les comptes : son carnet d’escalade compte désormais plus de 200 voies dans le 9a et plus. Il a également gravi à vue 91 voies en 8c et plus, et compte désormais à son actif plus de 1730 voies dans le 8a et plus. “B je to” est la vingt-quatrième voie d’Adam en 9b, dont dix-sept ont été des premières ascensions.

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Seb Bouin enchaîne (et décote !) le premier 9b d’Italie

30 Sep

Seb Bouin a répété “Lapsus” à Andonno, en Italie. Enchaînée pour la première fois par Stefano Ghisolfi en 2015 et initialement cotée 9b, le grimpeur français estime que la voie mérite plutôt 9a+.

Lorsque Stefano Ghisolfi a libéré “Lapsus” en 2015, elle est devenue le premier 9b d’Italie et l’une des voies les plus dures au monde pour l’époque. “Lapsus” est une connexion entre deux voies historiques de la falaise : elle commence par “Noia”, le premier 8c+ italien, avant de se terminer par “Anaconda” 8b+.

“Finalement, après y avoir consacré beaucoup de temps et mis de nombreux essais, j’enchaîne le projet le plus dur que je n’ai jamais essayé. J’ai passé de nombreux jours dedans, tombant à maintes reprises dans la dernière section. Aujourd’hui, les conditions étaient parfaites. Je propose une nouvelle cotation pour moi et pour l’Italie, je pense que c’est bien plus difficile que « Biographie » ou « Demencia »”, avait déclaré Stefano Ghisolfi le 3 novembre 2015 au moment de son ascension.

La voie a ensuite été répétée deux ans plus tard par Adam Ondra, qui l’a trouvée “facile” pour un 9b, puis par Marcello Bombardi, qui, à l’aide d’une genouillère, a trouvé un coincement genou dans la voie, ce qui ferait descendre le baromètre de la difficulté à 9a+.

De passage en Italie, Seb Bouin n’a pas eu de difficultés à répéter rapidement cette voie. Il commente :

Quand j’ai entendu parler de cette voie pour la première fois, j’étais vraiment excité à l’idée de l’essayer un jour. C’est une longue voie vraiment sympa, sur ce rocher bleu et orange ! Je n’ai pas beaucoup grimpé en Italie, et c’est vraiment cool de découvrir de nouvelles voies, qui ne sont en fait pas si loin de la France.

En ce qui concerne la cotation, Stefano proposait à l’origine 9b, mais j’ai tendance à être d’accord avec les répétiteurs qui ont suivi, et je pense que la voie est un peu facile pour cette cotation, mais c’est 100% mon style d’escalade. Personnellement, je lui attribuerais plutôt la cotation de 9a+.

Seb Bouin

En réponse au Français, Ghisolfi a déclaré : “Quand j’ai réalisé la première ascension, les genouillères n’étaient pas si courantes, et les nouvelles méthodes apparues grâce aux genouillères rendent la voie beaucoup plus facile que celle que j’ai grimpée. Je pense donc que la meilleure chose à faire est de confirmer que Lapsus n’est plus un 9b”.

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Pourquoi Jakob Schubert a proposé la cotation de 9c pour “Project Big” ?

28 Sep

Il y a quelques jours, Jakob Schubert réalisait la première ascension de “Project Big”, dans la grotte de Flatanger, suivi en direct sur YouTube par plusieurs milliers d’internautes. L’Autrichien a maintenant répondu à la question que tout le monde se posait, à savoir la difficulté de cette ligne monstrueuse. Il lui a attribué la cotation de 9c et la baptisée “B.I.G.”, après concertation avec Adam Ondra. 

9b+, 9b+/c ou bien 9c ? Depuis l’ascension de “Project Big” par Jakob Schubert le 20 septembre, les spéculations allaient bon train sur la cotation que Schubert allait proposer. Pour certains, il était clair qu’il opterait pour le 9c. D’autres pariaient plutôt sur le 9b+, le fort falaisiste autrichien étant connu pour ses évaluations très dures – et pour décoter certaines voies des plus dures au monde. Alors que nous l’interviewions le lendemain de son enchaînement, Jakob nous confiait ne pas avoir tranché sur la difficulté de la voie et souhaitait prendre quelques jours supplémentaires avant de se prononcer définitivement.

Hier, il a enfin levé le voile sur la question, annonçant sur ses réseaux sociaux que le projet de longue date intitulé “Project Big” s’appellerait désormais “B.I.G.” et serait coté 9c.

Il m’a fallu du temps pour faire le point sur cette ascension, qui représente mon plus grand accomplissement à ce jour. J’aimerais commencer par faire un énorme coup de chapeau à Adam Ondra, pour avoir équipé cette ligne incroyable et m’avoir invité à l’essayer avec lui. C’était un processus tellement cool ! J’ai l’impression d’avoir partagé cette ascension avec lui, car nous nous sommes beaucoup aidés mutuellement et avons déchiffré la voie bien plus rapidement ensemble. Je n’aurais jamais été capable d’enchaîner cette voie sans toi, Adam, et j’apprécie pleinement l’effort qu’il faut faire pour trouver et équiper une ligne aussi belle que celle-ci 🙏 Sans aucun doute, “B.I.G” est une voie 5 étoiles et j’ai hâte que d’autres personnes l’essaient !

Jakob Schubert

Pendant longtemps, Schubert a douté concernant la cotation de la voie, qu’il a décidé de nommer “B.I.G”. Lorsqu’il a commencé à travailler cette ligne pour la première fois en 2022 avec Ondra, les deux hommes penchaient fortement pour le 9c. Puis, lorsqu’ils ont rapidement progressé en joignant leurs forces dans la voie, le 9b+ est soudainement apparu. Mais c’est à ce moment-là qu’Adam et Jakob ont eu du mal à maîtriser le crux de la voie et que le 9c a finalement refait son apparition dans les têtes des deux grimpeurs.

Quand nous avons commencé à essayer cette voie l’année dernière, j’ai d’abord pensé qu’elle pourrait très facilement être 9c, mais après avoir fait beaucoup de progrès et s’être sentis assez proches de l’enchaînement après seulement deux semaines, Adam et moi étions assez confiants sur le fait qu’elle vaudrait plutôt 9b+. Mais ensuite, malgré nos nombreux essais, nous ne progressions plus. Avec du recul, je ne pense pas que nous étions si proches de l’enchaînement, parce que nous luttions pour passer le crux et nous pensions à ce moment là qu’une fois ce mouvement effectué, la voie serait terminée. Or nous étions bien loin de la vérité, car j’ai par la suite réussi ce mouvement quatre fois sans enchaîner la voie !

Jakob Schubert

Le 20 septembre, en début d’après-midi, sous le regard de plus de 4000 personnes en direct sur YouTube, Jakob Schubert a enchaîné “B.I.G.”, après un énorme combat dans la voie. Pour trancher sur la difficulté de cette ligne, Schubert l’a comparée avec d’autres voies, comme “Perfecto Mundo” 9b+ à Margalef. Jakob a investi trois semaines dans cette voie avant de la réussir, tandis qu’il lui a fallu le double pour enchaîner “B.I.G.”.

Ma référence dans le 9b+ est “Perfecto Mundo” que j’ai enchaîné après environ trois semaines de travail et qui m’a semblé bien plus facile que “B.I.G.”. Le seul autre grimpeur qui a travaillé “B.I.G.” est Adam Ondra et je suis heureux qu’il ait partagé toutes ses opinions avec moi, ce qui m’a définitivement aidé à tirer mes conclusions.

Jakob Schubert

Compte tenu de la comparaison avec “Perfecto Mundo”, de tous les moyens qu’il a investi dans “B.I.G”, et en prenant en compte l’avis d’Ondra, il a semblé juste à Schubert de proposer 9c comme niveau de difficulté.

Quoi qu’il en soit, la seule chose dont je suis sûr, c’est que cette ascension restera l’une de mes plus mémorables ❤️

Jakob Schubert

“B.I.G.” le troisième 9c au monde !

L’hésitation de Schubert concernant le niveau de “B.I.G.” est liée au fait que le 9c représente la limite actuelle en escalade et qu’il existe peu de voies de ce niveau de difficulté. Adam Ondra a été le premier grimpeur de l’Histoire à franchir ce niveau, le 3 septembre 2017, après avoir clippé le relais de “Silence” à Flatanger. Cette voie n’a à ce jour pas encore été répétée, malgré les essais de plus en plus convaincants de Stefano Ghisolfi.

Alex Megos a ensuite abordé le 9c le 5 août 2020, lorsqu’il a réussi son projet de longue date “Bibliographie” à Céüse. Cette voie a cependant été décotée à 9b+ par Stefano Ghisolfi et les répétiteurs suivants, à savoir Sean Bailey et Seb Bouin.

Deux ans plus tard, c’est justement notre Français Seb Bouin qui est à son tour rentré dans le cercle très fermé des grimpeurs de  9c, en proposant “DNA” dans les gorges du Verdon. Un projet qui a d’ailleurs tapé dans l’oeil de Schubert, qui compte bien venir en France dans les mois prochains pour remettre ses doigts dans cette voie.

La liste des voies les plus dures du monde

“B.I.G.” 9c – 2023, première ascension par Jakob Schubert
“DNA” 9c – 2022, première ascension par Seb Bouin
“Silence” 9c – 2017, première ascension par Adam Ondra

“Excalibur” 9b+ – 2023, première ascension par Stefano Ghisolfi
“Mejorando la samfaina” 9b+ – 2023, première ascension par Jorge Diaz-Rullo
“Sleeping Lion” 9b+ – 2023, première ascension par Chris Sharma
“Suprême Jumbo Love” 9b+ – 2022, première ascension par Seb Bouin
“Zvěřinec” 9b+ – 2022, première ascension par Adam Ondra
“Bibliographie” 9b+ – 2020, première ascension par Alex Megos, répétée par Stefano Ghisolfi, Sean Bailey et Seb Bouin
“Perfecto Mundo” 9b+ – 2018, première ascension par Alex Megos, répétée par Stefano Ghisolfi et Jakob Schubert
“Vasil Vasil” 9b+ – 2013, première ascension par Adam Ondra
“La Dura dura” 9b+ – 2013, première ascension par Adam Ondra et répétée par Chris Sharma
“Change 9b+ – 2012, première ascension par Adam Ondra, répétée par Stefano Ghisolfi et Seb Bouin

L’ascension de Jakob Schubert dans “B.I.G.” en images


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Boum ! Jakob Schubert enchaîne « Project Big » en live sur internet !

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William Bosi à l’assaut de “Terranova” : et si ce bloc était en fait le premier 9A ?

26 Sep

Et si ce 8C+ encore jamais répété était en fait le premier 9A bloc de l’Histoire ?

Will Bosi a commencé à travailler “Terranova” un 8C+ d’Adam Ondra encore jamais répété, qui semble très, très dur. À tel point qu’on se demande s’il ne s’agirait pas du premier 9A bloc au monde…

En novembre 2011, Adam Ondra réalisait la première ascension de son tout premier 8C+, “Terranova”. Situé sur la falaise de Holstejn, dans la région de Moravsky Kras en République Tchèque, Adam Ondra a passé 12 jours répartis sur deux saisons à travailler ce passage avant de l’enchaîner. Douze ans plus tard, ce bloc n’a toujours pas été répété.

Certes, “Terranova” ne fait pas rêver : il s’agit d’une traversée au pied d’une falaise, qui passe par les départs de plusieurs voies et qui comporte d’horribles prises, avant de s’achever au milieu de nulle part sur un bac. “Ce n’est pas la ligne la plus inspirante, avouait Ondra après avoir libéré cette ligne. C’est une longue traversée à raz le sol, ce n’est pas du tout ce à quoi on pense quand on parle de bloc. Mais cela fait des années que je me promène et que je regarde ces petites prises et je me suis toujours demandé s’il était possible d’y grimper”.

Perdu au milieu de la République Tchèque, cette ligne n’a attiré personne au cours de la dernière décennie. Mais quelques grimpeurs de haut niveau ont commencé à la travailler cette année. La Tchèque Jana Švecová faisait d’ailleurs sensation en déclarant avoir réussi tous les mouvements de “Terranova” intrinsèquement, après seulement deux séances. Étant beaucoup plus petite qu’Ondra, elle a trouvé de nouvelles méthodes pour passer les mouvements les plus difficiles avec plus d’aisance. Švecová a continué à travailler le bloc mais n’a pas encore réussi à l’enchaîner.

C’est maintenant au tour de l’un des meilleurs bloqueurs au monde, Will Bosi, d’aller se frotter au terrible “Terranova”. L’année dernière, il avait essayé ce passage mais n’avait pu réaliser que deux des douze mouvements. Il a récemment décidé de retourner en République Tchèque et a réalisé de beaux progrès. Lors de sa première session, il a réussi à effectuer sept des douze mouvements. Lors de sa deuxième session, il a été capable de faire les douze mouvements intrinsèquement. Il a fait quelques belles liaisons lors de la séance suivante, que vous pouvez voir dans la vidéo ci-dessous. Selon Bosi, “Terranova” comporte “quelques-unes des pires arquées et pinces qu’il n’ait jamais tenues”, ce qui est peu dire pour quelqu’un qui a répété “Burden of Dreams” 9A et “Alphane” 9A.

Lorsqu’on lui demande si “Terranova” est plus difficile que “Burden of Dreams”, il répond : “Difficile à dire tant que je n’ai pas passé plus de temps dessus, mais pour l’instant, j’ai l’impression qu’il pourrait être plus difficile que 8C+”.

Affaire à suivre donc !

La première session de travail de Will Bosi dans “Terranova” :

La deuxième session de travail de Will Bosi dans “Terranova” :

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Wujiang 2023 : le point final du Japon !

24 Sep

Le Japon a très largement dominé la dernière Coupe du Monde de la saison, en raflant cinq des six médailles possibles à Wujiang, marquant ainsi un nouveau record ! Sorato Anraku et Ai Mori ont conclu leur année en beauté en montant sur la plus haute marche du podium.

Avec cinq finalistes sur huit chez les hommes, les chances de médailles du pays asiatique étaient grandes ! Et le Japon n’a pas déçu. Ce n’est pas une, ni deux, mais trois médailles que les Japonais ont raflé aujourd’hui à Wujiang, en plaçant leurs cinq grimpeurs dans le top 6 de cette dernière compétition de l’année. Une fois de plus, Sorato Anraku a poussé l’équipe vers le haut en remportant sa troisième médaille d’or d’affilée après ses victoires à Briançon, en France, et à Koper, en Slovénie.

Le jeune adolescent de 16 ans n’a pas été en mesure d’atteindre le top de la dernière voie de la saison, mais a toutefois été meilleur que tous ses adversaires en attrapant la prise 39+.

Je suis si heureux de gagner une nouvelle médaille à Wujiang ! Mais je dois quand même avouer que je suis frustré de ne pas avoir réussi à enchaîner la voie… Je vais participer aux Jeux Asiatiques la semaine prochaine, alors j’essayerai de faire mieux. J’adore grimper et je ne veux pas m’arrêter. Je compte bien continuer l’escalade pour toujours !

Sorato Anraku

© IFSC

Shion Omata, comme son coéquipier Sorato, participe cette année à sa première année chez les seniors et a décroché sa première médaille mondiale en atteignant la prise 30+, lui permettant de monter sur la deuxième marche du podium.

Taisei Homma a complété le trio en remportant sa sixième médaille de bronze, chutant quatre mouvements avant son cadet. Il devance de peu un autre Japonais, Yoshiyuki Ogata, qui a manqué de peu le podium, en chutant au même endroit que son coéquipier. Tous deux ont été départagés suite aux résultats de la demi-finale.

Le Sud-Coréen Yunchan Song s’est classé cinquième, devant un autre grimpeur japonais, Ao Yurikusa, sixième. Il termine devant les deux grimpeurs européens de cette finale, le Suisse Sascha Lehmann septième et le Belge Nicolas Collin, qui, en prenant la huitième place, a signé son meilleur résultat personnel.

© IFSC

Les résultats de la finale masculine

Pos.GrimpeurHauteur
1JPN Sorato Anraku39+
2JPN Shion Omata30+
3JPN Taisei Homma26+
4JPN Yoshiyuki Ogata26+
5KOR Yunchan Song24+
6JPN Ao Yurikusa23+
7SUI Sascha Lehmann23
8BEL Nicolas Collin23

Bien que moins nombreuses que dans la finale masculine, les Japonaises représentaient tout de même la moitié des finalistes féminines…

Tout comme Sorato, Ai Mori a une nouvelle fois réalisé une démonstration de grimpe, de quoi remporter l’or sur la prise 36+. Elle devient au passage la grimpeuse japonaise la plus titrée en Coupe du Monde de difficulté avec trois victoires à son compteur.

Avant de grimper, j’étais très nerveuse, mais maintenant que j’ai gagné, je suis très heureuse ! Je ressens beaucoup de pression en compétition, surtout celle que je me mets à moi-même, car je n’ai aucune confiance en moi. Mais si je n’ai pas confiance en moi, je ne peux pas gagner, alors je fais un gros travail sur moi-même en me persuadant que je peux le faire !

Ai Mori

© IFSC

L’Autrichienne Jessica Pilz a été la seule grimpeuse à briser la domination japonaise en décrochant l’argent, marquant le vingtième podium en Coupe du Monde de difficulté de sa carrière et le troisième de la saison 2023. La cinquième et dernière médaille japonaise a été remportée par Natsuki Tanii, qui est montée sur la troisième marche du podium, atteignant la prise 26+.

Yuetong Zhang a manqué de peu une médaille devant son public en Chine, terminant au pied du podium, à la quatrième place, avec un score de 22+.

Les Japonaises Futaba Ito et Miho Nonaka se sont respectivement classées cinquième et sixième, devant la Sud-Coréenne Jain Kim, septième, chutant sur la prise 20+. Enfin, notre Française Manon Hily, seule grimpeuse tricolore en finale, termine à la huitième position, après avoir zippé de la main gauche sur une prise fuyante.

© IFSC

Les résultats de la finale féminine

Pos.GrimpeurHauteur
1JPN Ai Mori36+
2AUT Jessica Pilz31+
3JPN Natsuki Tanii26+
4CHN Yuetong Zhang22+
5JPN Futaba Ito22
6JPN Miho Nonaka21+
7KOR Jain Kim20+
8FRA Manon Hily17+
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Cette dernière Coupe du Monde de la saison a permis de sacrer les vainqueurs du classement général 2023. Ainsi, l’Autrichienne Jessica Pilz a remporté le titre mondial pour la première fois de sa carrière avec 3235 points, grâce à deux médailles d’argent et une de bronze cette année.

La championne olympique en titre, Janja Garnbret, n’a pas participé à la compétition à Wujiang, mais a tout de même décroché la deuxième place au classement général grâce aux 3000 points qu’elle a accumulés en remportant les trois épreuves auxquelles elle a participé cette saison.

Sa coéquipière Vita Lukan est montée sur la troisième marche du podium avec 2725 points, grâce notamment à sa première victoire en Coupe du Monde à Briançon plus tôt cette année.

© IFSC

Chez les hommes, Sorato Anraku s’était déjà assuré du titre mondial avant même la dernière étape de la saison après sa victoire à Koper, en Slovénie. Il a marqué 4300 points grâce à trois victoires consécutives, devenant le premier grimpeur à remporter le classement général en bloc et en difficulté la même année, le tout lors de sa première saison senior !

L’Allemand Alexander Megos a pris la deuxième place avec 2650 points, après avoir gagné une médaille d’argent et une de bronze cette année.

Enfin, la troisième place est revenue à Taisei Homma avec 2455 points. Sa troisième place à Wujiang a été déterminante pour monter sur le podium devant son coéquipier Shion Omata, quatrième à seulement dix points.


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La France représentée en finale de la dernière Coupe du Monde de l’année !

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La France représentée en finale de la dernière Coupe du Monde de l’année !

23 Sep

Au terme des demi-finales, Manon Hily a décroché sa place de justesse en finale de la Coupe du Monde de Wujiang, en Chine, qui marque la dernière compétition de la saison.

Sans surprise, le pays qui s’est le plus illustré est une nouvelle fois le Japon ! Le pays du soleil levant sera de nouveau la nation la plus représentée en finale de la Coupe du Monde de Wujiang, puisque cinq hommes et quatre femmes composent le top 8 de cette dernière manche internationale de la saison.

Les deux étoiles montantes du pays, Sorato Anraku et Ai Mori ont tous deux trusté les rênes du classement, en enchaînant leur voie de demi-finale.

Natsuki Tanii a également atteint le top de la voie féminine et suit sa coéquipière Ai Mori en deuxième position. Toutes deux devancent la Sud-Coréenne Jain Kim, vainqueur de la Coupe du Monde de Chamonix, qui a atteint la prise 34.

En atteignant la même prise, l’Autrichienne Jessica Pilz est quatrième et devance les deux autres finalistes japonaises, Futaba Ito, cinquième et Miho Nonaka, sixième.

J’ai eu les bouteilles assez tôt pour être honnête, donc je ne pensais pas que je monterais aussi haut, alors je suis contente. Lors des qualifications, il faisait très froid, j’avais de super sensations sur les prises, mais aujourd’hui il a fait chaud et j’ai eu les mains moites, j’ai donc dû serrer chaque prise très fort, ce qui m’a coûté de l’énergie.

Miho Nonaka

© IFSC

Les deux dernières finalistes sont tombées au même endroit que Miho Nonaka, en tentant d’aller chercher la 29ème prise. Ainsi, on retrouve la Chinoise Yuetong Zhang en 7ème place, devant notre Française Manon Hily, qui sera la première à s’élancer dans la voie de finale demain.

Petite déception pour Fanny Gibert et Zélia Avezou, qui manquent de peu leur place en finale, terminant respectivement 9ème et 13ème.

Les résultats de la demi-finale féminine

Pos.GrimpeurHauteur
1JPN Ai MoriTOP
2JPN Natsuki TaniiTOP
3KOR Jain Kim34
4AUT Jessica Pilz34
5JPN Futaba Ito28+
6JPN Miho Nonaka28+
7CHN Yuetong Zhang28+
8FRA Manon Hily28+
9FRA Fanny Gibert24+
10SLO Lucka Rakovec24+
11SLO Mia Krampl22+
12SLO Vita Lukan22+
13FRA Zélia Avezou22+
14AUT Mattea Pötzi22+
15SLO Lucija Tarkus22+
16JPN Ryu Nakagawa20
17SLO Sara Copar20
18AUS Oceania Mackenzie19+
19NED Lynn Van Der Meer19+
20JPN Hana Koike19+
20BUL Aleksandra Totkova19+
22SLO Katja Debevec19+
23CHN Zhilu Luo19+
24JPN Anon Matsufuji19
25GER Martina Demmel17+
26ISR Valeri Kremer11+
Afficher uniquement les Français(es)Voir la suite du classement

Comme chez les femmes, les Japonais ont mis tout le monde d’accord chez les hommes, réalisant un doublé. Sorato Anraku et son coéquipier Taisei Homma ont été les deux seuls compétiteurs à clipper le relais de la voie de demi-finale.

© IFSC

Le Sud-Coréen Yunchan Song a pris la troisième place en atteignant la prise 42+, devant le Suisse Sascha Lehmann quatrième et le Japonais Ao Yurikusa cinquième. Le Belge Nicolas Collin a réalisé son meilleur résultat personnel en atteignant la prise 37+, se classant sixième des demi-finales.

C’était vraiment cool ! J’ai eu la chance de trouver une bonne position de repos au milieu de la voie. J’avais les avant-bras super gonflés mais j’ai pu récupérer en me reposant, donc j’étais content de trouver ce repos salvateur. Après ça, je me suis bien battu et je suis super content de mon run.

Nicolas Collin

© IFSC

Chutant trois prises plus bas que le Belge, le Japonais Shion Omata se classe septième, devant son coéquipier Yoshiyuki Ogata huitième.

Les résultats de la demi-finale masculine

Pos.GrimpeurHauteur
1JPN Sorato AnrakuTOP
1JPN Taisei HommaTOP
3KOR Yunchan Song42+
4SUI Sascha Lehmann38+
5JPN Ao Yurikusa38+
6BEL Nicolas Collin37+
7JPN Shion Omata34+
8JPN Yoshiyuki Ogata34+
9CZE Martin Stranik34+
10GER Sebastian Halenke34+
11SUI Nino Grünenfelder34
12JPN Masahiro Higuchi33+
13SLO Martin Bergant33+
14JPN Satone Yoshida32+
15BEL Simon Lorenzi31
16JPN Neo Suzuki30+
17GER Yannick Nagel30+
18AUT Stefan Scherz30
19ITA Filip Schenk29
20SUI Jonas Utelli29
21SLO Anze Peharc29
22CHN Jinbin Huang28+
23GER Christoph Hanke27+
24JPN Haruki Uemura23+
25CHN Junzhe Hu23+
26GER Philipp Martin19
Voir la suite du classement

La suite du programme (heures françaises)

Dimanche 24 septembre

13h00 – 15h00 : Finales difficulté


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Les infos sur la dernière Coupe du Monde de la saison 2023

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Les infos sur la dernière Coupe du Monde de la saison 2023

21 Sep

Après plus de quatre ans d’absence, la Coupe du Monde revient en Chine ce week-end, Wujiang accueillant du 22 au 24 septembre la dernière manche internationale de la saison 2023. Au programme, une épreuve de difficulté et de vitesse.

La dernière Coupe du Monde organisée en Chine remonte à 2019, avant la pandémie mondiale… Alors pour certains grimpeurs, il s’agit d’un retour bienvenu en terre asiate !

Avec 238 athlètes inscrits venant de 32 pays différents, la compétition s’annonce intense ! Certains des noms figurant sur la liste de départ sont déjà montés sur la plus haute marche d’un podium cette année, comme le Suisse Sascha Lehmann et le jeune Japonais Sorato Anraku chez les hommes, et la Slovène Vita Lukan chez les femmes. Cette dernière sera également rejointe par la championne du monde en titre, la Japonaise Ai Mori. En revanche, Janja Garnbret a décidé de faire l’impasse sur cette dernière compétition de la saison.

En vitesse, la Polonaise Aleksandra Miroslaw, fraîchement qualifiée pour les Jeux Olympiques et détentrice d’un nouveau record du monde, sera accompagnée des sœurs Aleksandra et Natalia Kalucka chez les femmes, tandis que l’Américain Sam Watson, détenteur du record panaméricain, et l’Indonésien Aspar Aspar, vainqueur de l’édition 2018 de Wujiang, s’aligneront chez les hommes.

La composition de l’équipe de France

Vitesse

Victoire Andrier
Lison Gautron
Manon Lebon
Aurélia Sarisson
Capucine Viglione
Guillaume Moro

Difficulté

Zélia Avezou
Fanny Gibert
Manon Hily
Hélène Janicot

Le programme (heures françaises)

Vendredi 22 septembre

3h00 – 9h00 : Qualifications difficulté
13h00 – 14h30 : Qualification vitesse

Samedi 23 septembre

9h00 – 11h00 : Demi-finales difficulté
13h30 – 14h30 : Finales vitesse

Dimanche 24 septembre

13h00 – 15h00 : Finales difficulté

Live

Les demi-finales et les finales seront diffusées en direct sur la chaîne YouTube de l’IFSC. Cependant, cela ne s’applique pas aux pays d’Europe. Comme communiqué l’année dernière, l’IFSC a signé un partenariat avec la plateforme de streaming payante Discovery+.

En conséquence, les téléspectateurs européens peuvent regarder les demi-finales et les finales en direct sur Discovery+ et/ou sur la chaîne Eurosport, à condition de souscrire à un abonnement. Sinon, il faudra patienter et attendre le lendemain de l’épreuve, chaque manche étant disponible gratuitement sur la chaîne Olympic Channel 24 heures plus tard.

Le calendrier complet de la saison 2023

  • 1ère étape (du 21 au 23 avril) : Hachioji (Japon) – bloc
  • 2ème étape (du 28 au 30 avril) : Séoul (Corée du Sud) – bloc et vitesse
  • 3ème étape (du 6 au 7 mai) : Jakarta (Indonésie) – vitesse
  • 4ème étape (du 19 au 21 mai) : Salt Lake City (Etats-Unis) – bloc et vitesse
  • 5ème étape (du 2 au 4 juin) : Prague (République Tchèque) – bloc
  • 6ème étape (du 9 au 11 juin) : Brixen (Italie) – bloc
  • 7ème étape (du 14 au 18 juin) : Innsbruck (Autriche) – bloc et difficulté
  • 8ème étape (du 30 juin au 2 juillet) : Villars (Suisse) – difficulté et vitesse
  • 9ème étape (du 7 au 9 juillet) : Chamonix (France) – difficulté et vitesse
  • 10ème étape (du 14 au 15 juillet) : Briançon (France) – difficulté
  • 11ème étape (du 1 au 2 septembre) : Koper (Slovénie) – difficulté
  • 12ème étape (du 22 septembre au 22 septembre) : Wujiang (Chine) – difficulté et vitesse
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Boum ! Jakob Schubert enchaîne “Project Big” en live sur internet !

20 Sep

Enfin ! “Project Big”, la dernière voie extrême qui restait à l’état de projet dans la grotte de Flatanger a cédé (au sens propre du terme), sous les assauts répétés de Jakob Schubert, qui l’a enchaînée en direct sur Youtube !

10h00, ce mercredi 20 septembre 2023. Jakob Schubert filme la vue depuis son AirBnb, nous dévoilant sur Instagram les conditions météorologiques désastreuses en Norvège. “La météo n’est pas tendre avec nous en ce moment, légende-t-il sa story. Les chances que je puisse mettre un essai aujourd’hui sont minimes (même demain, la journée s’annonce terrible). Mais j’irai quand même jusqu’à la grotte et je vous tiendrai informé”.

Depuis quelques jours, l’Autrichien, récemment sacré champion du monde, proposait à sa communauté de suivre ses essais dans “Project Big” en direct depuis sa chaîne YouTube. Il était tombé plusieurs fois après le crux principal, laissant présager une ascension prochaine.

14h00, Jakob Schubert poste une nouvelle story sur ses réseaux sociaux. Il est au pied de la grotte et s’exprime : “Les conditions sont meilleures que ce que je pensais, du moins, elles ne sont pas pire que les jours précédents. C’est pas la folie, mais je vais au moins tenter de mettre un essai, dans une heure environ”.

15h15, nous sommes devant la vidéo en direct que vient de lancer Schubert. Il noue sa corde, enfile ses chaussons et quitte sa doudoune. C’est parti pour un nouvel essai de l’Autrichien dans l’un des projets les plus difficiles de la planète. “Project Big” est une gigantesque ligne, qui traverse la partie la plus déversante de la grotte de Hanshelleren, à Flatanger. Elle a été imaginée par Adam Ondra, qui a équipé cette voie au même moment que “Silence” 9c. « J’ai toujours été intimidé par « Project Big », tout simplement parce qu’elle est si impressionnante ! Elle est si longue, et comporte tellement de pas de bloc différents. Elle est très dure physiquement, et demande une puissance incroyable, tout en nécessitant également une grosse rési, décrivait le Tchèque il y a quelques mois. J’ai toujours su que la vraie King Line de Flatanger n’était pas « Silence », c’est « Project Big » ! Et il était temps que j’arrête d’être trop impressionné par cette ligne et que je m’y attelle pour de bon”, annonçait-il en décembre dernier.

Pour travailler cette voie monstrueuse, Ondra invita Schubert à se joindre à lui. Face à une ligne de cet ampleur, autant unir leurs forces. Très vite, l’Autrichien réalisera de bons progrès, le motivant à revenir en découdre après sa saison de compétition. Ainsi, après avoir décroché le titre de Champion du Monde de difficulté et remporté son ticket pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 le mois dernier à Berne, il est revenu à Flatanger, plus en forme que jamais !


C’est la plus grande bataille mentale que j’ai jamais eue dans ma carrière

Jakob Schubert


Il est 15h40 et Jakob lutte dans la voie. Il fait face à des prises humides, mais tient bon. L’Autrichien ne perd pas ses pieds dans le passage du crux et reste gainé… De bon augure ! Il réussit à passer la section. Wow, c’est la première fois qu’il en arrive là ! “Project Big” est en train de céder sous les assauts de Schubert ! Littéralement oui ! Car une prise casse sous les puissants doigts de l’Autrichien. Environ 4000 personnes suivent le livestream et retiennent leur souffle… Quel scénario ! On se croirait plongé dans l’instant le plus crucial d’une série Netflix !

“Au moment où cette prise a cassé, j’étais sur le point de tomber… Ça a failli mettre fin à mon essai !”, raconte Schubert. Mais ce dernier résiste et poursuit son ascension. Quelques secondes plus tard, un cri résonne dans toute la grotte. “Waouuuuuuh”, hurle Jakob en passant sa corde dans le relais.

“Je n’arrive pas à croire que c’est vraiment fini, déclare-t-il une fois redescendu. C’est la plus grande bataille mentale que j’ai jamais eue dans ma carrière… Je n’ai jamais essayé une voie à ce point. En fait, c’est la première voie que je ne réussis pas une voie lors de mon premier voyage et que je suis obligé de revenir. Je l’ai presque essayée pendant deux mois”.

Pour le moment, il ne s’est encore pas exprimé sur la cotation, mais d’après ses prédictions et celles d’Adam, “Project Big” ne vaudrait pas moins que 9b+ et pourrait même flirter avec le 9c ! Restez connectés, plus d’infos très vite !

Le replay de son ascension :

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Anorexie en escalade : Janja Garnbret s’exprime de nouveau !

18 Sep

À la veille des Championnats du Monde de Berne, Janja Garnbret, octuple championne du monde d’escalade, s’exprimait sur un sujet qui est longtemps resté tabou au sein de la communauté de l’escalade : les troubles alimentaires. Plus récemment, elle a souhaité rentrer plus en détails et s’est entretenue avec Olympics.com.

“J’ai décidé d’en parler parce que cela me brise le cœur d’entendre des filles ou des garçons de huit ou neuf ans dire que s’ils perdaient quelques kilos ou s’ils étaient plus minces, ils grimperaient mieux, a déclaré Janja Garnbret. C’est vraiment quelque chose qui m’attriste, c’est pourquoi j’ai décidé d’élever ma voix et de dire ce que je pense”.

Cinq jours avant le début des Championnats du Monde d’escalade 2023, tous les regards étant tournés vers la Slovène, qui publiait un message sur Instagram faisant des vagues au sein de la communauté sportive. La photographie en noir et blanc de la championne olympique comportait cette légende crue : “Voulons-nous élever la prochaine génération de squelettes ? Ne détournons pas le regard.” Dans le texte qui accompagnait le message, Garnbret détaillait le problème des troubles alimentaires en escalade et appelait à une prise de conscience et à une action plus importante. “Il s’agit d’un sujet très, très sensible, et il était donc très important de choisir les bons mots, a-t-elle déclaré. Je ne voulais pas donner de noms ou être offensante. Je voulais juste partager mes idées sur le sujet, sans manquer de respect en aucune façon.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par JANJA GARNBRET (@janja_garnbret)

“Je voulais dire qu’être léger ne signifie pas être fort, que l’on peut être en bonne santé et être un bon athlète. Cela commence par la façon dont nous parlons de la nourriture. Nous devons en parler comme d’un carburant et non comme d’une mauvaise chose, a poursuivit Garnbret. Certes, nous ne pouvons pas fermer les yeux sur le fait que l’escalade est un sport lié au poids, et que nous devons en permanence lutter contre la gravité. Et la frontière est mince entre être léger et être trop léger”.

Depuis sa publication le 27 juillet, le post de Janja Garnbret a reçu plus de 50 000 likes et près de 600 commentaires. De nombreux grimpeurs internationaux ont félicité l’athlète slovène pour s’être exprimée sur ce sujet longtemps resté dans l’ombre.“Nous savions tous que les troubles alimentaires étaient un problème dans notre sport. C’était un sujet tabou que tout le monde connaissait et dont tout le monde parlait, mais pas fort, a déclaré Garnbret. Aujourd’hui, de plus en plus de gens en parlent. J’ai reçu tellement de réactions positives de la part de mes amis, de la communauté des grimpeurs, de tout le monde”.

Garnbret a déclaré qu’elle avait été inspirée par le fait d’entendre d’autres athlètes parler de leurs problèmes de santé mentale. Les histoires de la gymnaste artistique américaine Simone Biles et de la skieuse Mikaela Shiffrin ont particulièrement touché la jeune grimpeuse de 24 ans. Devenue elle-même un modèle sportif, Garnbret voulait utiliser son image pour apporter un changement positif. “J’ai maintenant un rôle de modèle. Je me souviens que lorsque j’étais plus jeune, j’avais mes modèles, je les admirais, ils m’inspiraient et je voulais leur ressembler. Aujourd’hui, je suis dans cette position et je veux être une source d’inspiration pour les jeunes, a-t-elle déclaré. “Je ne veux pas que l’on se souvienne de moi uniquement pour mes résultats, et mes médailles. Je veux que l’on se souvienne de la personne que j’étais et du type de message que j’ai véhiculé. C’est donc le genre de sujet sur les troubles alimentaires que je voulais partager et j’espère que les jeunes filles et garçons écouteront et tireront quelque chose de ce message. C’est important pour moi.”

La première fois que l’octuple champion du monde s’est exprimé sur le sujet, c’était lors d’une réunion de l’IFSC en décembre 2022. Il y a deux mois, les médecins Volker Schöffl et Eugen Burtscher, membres de la commission médicale de l’IFSC, ont démissionné pour protester contre l’inaction de l’IFSC face aux problèmes de RED-S des athlètes.


En savoir plus

« L’escalade a un problème » : deux médecins de l’IFSC démissionnent !

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Jakob Schubert va-t-il enchaîner le plus gros projet de Flatanger bientôt ?

16 Sep

Jakob Schubert travaille sans relâche “Project Big”, l’une des voies les plus dures du monde à Flatanger, qui attend toujours une première ascension. Désormais, l’Autrichien nous propose de suivre ses essais en live sur Youtube, pour le plus grand bonheur de sa communauté.

Jakob Schubert est de retour à Flatanger, en Norvège, pour tenter d’enchaîner “Project Big” une ligne monstrueuse imaginée par Adam Ondra. Jeudi, il a retransmis en live sur Youtube deux de ses tentatives d’enchaînement. En juillet 2020, Manu Cornu introduisait le live-streaming dans le monde de l’escalade, en enchaînant “La Force” 9a au Toit d’Orsay en direct sur Instagram. Puis, en mars dernier, Will Bosi a poussé le concept un peu plus loin, en transmettant en direct ses essais dans “Burden of Dreams” 9A en Finlande. Des milliers de téléspectateurs se connectaient quotidiennement pour voir s’il parviendrait à réaliser la deuxième ascension du bloc considéré comme le plus difficile au monde.

C’est maintenant au tour de l’Autrichien Jakob Schubert de faire vibrer sa communauté, en projetant en live ses essais dans “Project Big”. Cette ligne est considérée comme la “king line” de la grotte norvégienne. Il s’agit du dernier projet extrême qui n’a pas encore été libéré à Flatanger. Ondra a équipé « Project Big » au même moment où il a équipé « Silence » 9c, l’une des deux seules voies au monde dans cette cotation. Il décidait de laisser de côté « Project Big » sachant que la bataille dans cette voie serait plus longue que dans « Silence ». D’ailleurs, il est possible qu’elle soit aussi difficile, voire plus difficile, que « Silence ».

Trois des meilleurs grimpeurs du monde ont désormais « Project Big » sur leur liste de projets : Seb Bouin, Adam Ondra et Jakob Schubert.Ce dernier a passé du temps à travailler cette voie avec Ondra à la fin de l’année 2022, réalisant des progrès significatifs. Après une saison de compétition très réussie, où il a décroché le titre de Champion du Monde de difficulté et remporté son ticket pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, il est de retour à Flatanger, plus en forme que jamais !

La première retransmission en direct a eu lieu avant-hier midi, suivie d’une deuxième retransmission dans l’après-midi.

J’étais beaucoup plus nerveux que lors de mes essais précédents, parce que je voulais bien faire et je savais que j’étais regardé… J’ai réussi à faire le mouvement du crux mais j’étais trop fatigué pour aller plus loin… J’étais complètement pété ! Quand j’essaye ce pas de bloc intrinsèquement j’arrive à gainer, ce qui me permet de placer mon talon plus facilement… Ensuite, il ne reste plus que deux mouvements et la voie est terminée…

Jakob Schubert

Hier, l’Autrichien a remis un nouvel essai dans son projet. Pour la toute première fois, il a réussi à passer le crux de la voie, mais a ensuite zippé du pied, se faisant immédiatement rattraper par la gravité. On peut le dire : Jakob Schubert est plus proche que jamais de libérer “Project Big”. Il prévoit un nouvel essai ce dimanche à 13h00. Il sera à suivre en live sur sa chaîne Youtube.

L’essai #1 de Jakob Schubert dans “Project Big” 

L’essai #2 de Jakob Schubert dans “Project Big” 

L’essai #3 de Jakob Schubert dans “Project Big” 

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Un premier grimpeur Français qualifié pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 !

16 Sep

Les Qualifications Olympiques Européennes pour les Jeux Olympiques qui se tenaient à Rome ont finalement offert à la Polonaise Aleksandra Miroslaw et au Français Bassa Mawem un billet pour Paris 2024, après qu’ils aient tous deux remporté la compétition.

Hier soir, la magie Mawem a encore frappé. Micka, le cadet de la fratrie, avait usé de ses pouvoirs à Berne, le 12 août dernier, pour décrocher le titre de Champion du Monde. Hier soir, c’est Bassa, son ainé, qui a fait parler la poudre en s’imposant sur les Qualifications Olympiques Européennes, remportant son ticket pour les Paris 2024.

J’ai toujours voulu terminer ma carrière sur le plus bel événement du monde, les Jeux Olympiques. Je vais maintenant pouvoir le faire.

Bassa Mawem

En se rendant à Rome, l’enjeu était de taille. Contrairement aux Championnats du Monde de Berne où les trois médaillés décrochaient leur place pour Paris, seul le gagnant de ce tournoi européen allait remporter son billet pour les Jeux. Une place seulement pour des dizaines de compétiteurs, les meilleurs du continent, qui ne rêvaient que de ça !

L’enjeu était encore plus fort pour Bassa, qui, a 38 ans, était le doyen de la compétition. Et le challenge encore plus grand quand on se rappelle qu’à Tokyo, il se rompait totalement le tendon inférieur du biceps.

Ça a été très dur d’achever ma compétition à Tokyo sur une blessure. Maintenant, je vais tout faire pour arriver à mon meilleur niveau l’année prochaine, à Paris.

Bassa Mawem

Alors qu’il pointe à la 19ème place du classement mondial 2023, on ne s’attendait pas à voir Bassa sur la plus haute marche du podium hier soir à Rome. Mais comme son petit frère à Berne, la magie Mawem a opéré. Celle qui les rend indestructibles au moment venu. Et hier soir, le moment était venu pour Bassa d’aller chercher sa qualification pour Paris 2024.

Course après course notre Français a amélioré ses chronos, profitant d’un faux départ en quart de finale de son adversaire pour passer directement en demi-finale. Là, il a mis les bouchés double et a égalé son record personnel, remportant son duel contre l’Ukrainien Hryhorii Ilchyshyn (5,30 secondes contre 5,39 secondes pour son rival).

La finale l’opposait à l’expérimenté grimpeur polonais Marcin Dzienski. La tension était à son comble. Les deux compétiteurs le savaient : ils étaient deux, pour une seule place aux Jeux Olympiques. Et c’est sur le mur qu’ils allaient en découdre ! Le bip de départ retentit et les deux grimpeurs s’élancent à toute vitesse sur le mur. Wow, ils sont côte à côte, il est quasiment impossible de voir qui mène la danse. Sur la fin du tracé, Bassa semble avoir un peu d’avance… 6 centièmes de seconde pour être exact. Car Bassa frappera le buzzer en 5,28 secondes (améliorant son record personnel), tandis que Marcin Dzienski affichera un temps de 5,34 secondes.

© IFSC

Il l’a fait ! Alors que l’enrouleur redescend Bassa, il s’accroche sur le mur pour savourer sa victoire, hurlant de joie face au public. Pour la deuxième fois de sa carrière, Bassa Mawem va disputer les Jeux Olympiques !

© IFSC

Chez les femmes, Aleksandra Miroslaw était la grande favorite. Dès les qualifications, la grimpeuse polonaise donnait le ton en battant son propre record du monde (pour la cinquième fois consécutive) avec un nouveau chrono de 6,24 secondes. En finale, elle a brillamment géré la pression, grimpant plus vite duel après duel pour finalement remporter l’or.

C’était simplement magique ! Dans le monde, on dit que tous les chemins mènent à Rome, et mon chemin vers Paris commence à Rome ! Je suis vraiment heureuse d’être ici, de participer à cet événement. Cela faisait longtemps que je n’avais pas apprécié une compétition à ce point. J’ai enfin trouvé un bon état d’esprit, je suis vraiment fière de moi. Je suis épuisée émotionnellement et physiquement, mais cela en valait la peine.

Aleksandra Miroslaw

© IFSC

La grimpeuse de 29 ans a pris la tête d’un podium entièrement polonais, qui comprenait également Aleksandra Kalucka, médaillée d’argent, et sa sœur Natalia, médaillée de bronze.

Après avoir signé un n nouveau record de France lors des qualifications (6,71 secondes), la Française Capucine Viglione a perdu la course à la médaille de bronze, terminant en quatrième position.

© IFSC

Les résultats de la finales hommes

Les résultats de la finales femmes

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Vidéo : Seb Bouin dans “Project Big” à Flatanger

13 Sep

Seb Bouin travaille actuellement “Project Big”, le projet monstrueux d’Adam Ondra à Flatanger. Une nouvelle vidéo montrant le falaisiste français à l’assaut de cette voie vient de sortir. 

Lors d’un récent voyage dans la grotte Hanshelleren de Flatanger, en Norvège, Seb Bouin a commencé à travailler les mouvements de “Project Big”, une énorme ligne surplombante à travers la grotte, imaginée par Adam Ondra. C’est la ligne emblématique de la grotte et le dernier projet difficile qui n’a pas encore fait l’objet d’une première ascension. Bouin vient de publier une vidéo dans laquelle on le voit travailler sur des sections de la voie.

Ondra a équipé “Project Big” au même moment où il a équipé “Silence” 9c, l’une des deux seules voies au monde dans cette cotation. Il décidait de laisser de côté “Project Big” sachant que la bataille dans cette voie serait plus longue que dans “Silence”. D’ailleurs, il est possible qu’elle soit aussi difficile, voire plus difficile, que “Silence”.

Connecter les derniers mouvements est incroyablement difficile ! C’est vraiment dur d’avoir les ressources physiques nécessaires après autant de mètres passés en dévers.

Seb Bouin

Trois des meilleurs grimpeurs du monde ont désormais “Project Big” sur leur liste de projets : Seb Bouin, Adam Ondra et Jakob Schubert. Bouin est un fan inconditionnel de la grotte de Flatanger. En 2019, il a répété “Move” d’Adam Ondra, 9b+. L’été dernier, il a réalisé la première ascension de “Nordic Marathon”, un 9b/+ de 130 mètres qui serpente à travers les parties les plus raides de la grotte.

La vidéo de Seb Bouin dans “Project Big”

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Koper 2023 : la revanche de Janja Garnbret, le doublé de Sorato Anraku !

10 Sep

L’avant-dernière Coupe du Monde de l’année 2023 a été riche en rebondissements et en action ! Janja Garnbret et Sorato Anraku ont triomphé et sont montés sur la plus haute marche du podium, remportant de nouveau l’or cette saison.

Un habitant l’affirme : même à l’autre bout de la côte slovène on entendait la foule acclamer Janja Garnbret au moment où elle a attrapé la dernière prise de la voie de finale, pour remporter sa 26ème médaille d’or en Coupe du Monde. Seule grimpeuse à le faire, Garnbret a pu clipper le relais, se retourner vers la foule et profiter d’une vague d’applaudissements pour célébrer sa victoire, qu’elle considère comme une sorte de “revanche”. Il faut dire que la Slovène voulait se venger, après avoir subi une rare défaite face à Ai Mori, championne du monde en titre de difficulté, il y a un an lors de cette même Coupe du Monde.

J’ai enfin pris ma revanche ici à Koper ! J’ai pris beaucoup de plaisir tout au long du week-end. Des qualifications à la finale en passant par les demi-finales, je crois n’avoir été jamais aussi détendue que lors de cette compétition. C’était dingue de grimper devant mon public, j’ai vraiment apprécié le soutien que j’ai reçu, je suis très heureuse d’avoir enfin décroché ma première médaille d’or à Koper !

Et je tiens vraiment à remercier tous les enfants pour leurs encouragements et leurs cris, cela m’a vraiment donné une motivation supplémentaire. J’espère qu’ils ont apprécié le spectacle et qu’ils s’entraîneront dur pour nous rejoindre un jour sur la scène de Koper.

Janja Garnbret

© IFSC

Pour couronner le tout, la Slovénie a placé deux grimpeuses sur le podium, Vita Lukan terminant troisième derrière Garnbret. La jeune slovène a décroché la médaille de bronze après avoir perdu son sac à magnésie aux deux tiers de son ascension, mais a gardé son sang-froid et atteint la prise 40+, réalisant la troisième meilleure performance de la soirée.

Alors que le chrono défilait, Ai Mori a accéléré jusqu’à atteindre la dernière partie de la voie. Mais elle s’est emmêlée dans les avant-dernières prises, terminant avec la marque de 44+ et décrochant la médaille d’argent.

© IFSC

La Sud-Coréenne Chaehyun Seo a manqué de peu le podium, atteignant la prise 38+. La Japonaise Natsuki Tanii a pris la cinquième place, chutant sur la prise 33+ et l’Italienne Laura Rogora la sixième, tombant également sur le même mouvement. La deuxième Japonaise de cette finale, Nonoha Kume, s’est classée septième, devant une autre Slovène, Mia Krampl, qui a terminé huitième.

Les résultats de la finale femmes

Pos.GrimpeurHauteur
1SLO Janja GarnbretTOP
2JPN Ai Mori44+
3SLO Vita Lukan40+
4KOR Chaehyun Seo38+
5JPN Natsuki Tanii33+
6ITA Laura Rogora33+
7JPN Nonoha Kume31+
8SLO Mia Krampl11+

Chez les hommes, le Japonais Sorato Anraku a remporté sa deuxième médaille d’or consécutive en Coupe du Monde, après avoir déjà triomphé à Briançon il y a quelques semaines, où il avait remporté sa première victoire en difficulté. Tout comme Janja, le jeune japonais de 16 ans a été le seul finaliste à enchaîner la voie, remportant incontestablement cette compétition.

J’étais très nerveux avant de grimper, mais j’ai essayé de faire abstraction de tout cela et de me contenter de bien grimper. Après ma première médaille d’or gagnée à Briançon, je voulais continuer sur cette lancée et je me suis entraîné très dur. Je voulais m’imposer une nouvelle fois à Koper et j’ai réussi, donc je suis content !

Sorato Anraku

L’Américain Jesse Grupper est passé tout près de la victoire mais s’est contenté de la deuxième place, reléguant le champion olympique Alberto Gines Lopez à la troisième place.

© IFSC

En chutant sur la prise 21+, le Britannique Toby Roberts a pris la quatrième place. L’Allemand Alex Megos a également atteint la prise 21+, mais pour la cinquième place après décompte, son coéquipier Yannick Flohe étant sixième avec la prise 21. Notre Français Sam Avezou a terminé septième en atteignant la prise 20+ et le Slovène Luka Potocar huitième chutant deux prises plus bas.

© IFSC

Les résultats de la finale hommes

Pos.GrimpeurHauteur
1JPN Sorato AnrakuTOP
2USA Jesse Grupper42+
3ESP Alberto Ginés López23
4GBR Toby Roberts21+
5GER Alexander Megos21+
6GER Yannick Flohé21
7FRA Sam Avezou20+
8SLO Luka Potocar18+
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Sam Avezou en finale de la Coupe du Monde de Koper

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Sam Avezou en finale de la Coupe du Monde de Koper

09 Sep

L’avant-dernière manche de la Coupe du Monde 2023 de difficulté se déroule ce week-end à Koper, en Slovénie. Sam Avezou représentera la France en finale ce soir.

La petite ville portuaire de Koper, en Slovénie, accueille la première compétition internationale après les récents Championnats du Monde de Berne. Il s’agit de l’avant-dernière Coupe du Monde de la saison, avant le final à Wujiang, en Chine, à la fin du mois de septembre.

Hier se déroulaient les qualifications et les demi-finales. Six Français s’étaient qualifiés pour ce tour, qui se déroulait en nocturne. Chez les femmes, Manon Hily, Oriane Bertone et Hélène Janicot se font piéger au même endroit, sur un puissant mouvement physique à la sortie du dévers principal. Elles terminent respectivement 16ème, 17ème et 18ème de la compétition.

Chez les hommes, on perd prématurément Arsène Duval (20ème) et Nao Monchois (22ème) juste avant un passage en no-foot, qui fera des dégâts auprès des demi-finalistes : l’Italien Stefano Ghisolfi, le Belge Simon Lorenzi ou encore le Japonais Meichi Narasaki se font avoir dans cette section. En revanche, Sam Avezou tire son épingle du jeu et maîtrise ces mouvements avec force et précision. Il continue son chemin vers le haut mais se fait rattraper dans la dernière partie sur de gros plats à compresser. Il prend la 6ème place du classement et sera le seul représentant tricolore en finale ce soir.

Aux avant-postes, on retrouve sans surprise la championne olympique Janja Garnbret. À Koper, elle est l’une des plus grandes attractions de la compétition, et ses fans se bousculent pour tenter d’obtenir une photo avec leur idole. La Slovène n’a pas déçu en atteignant le point le plus haut dans la voie de demi-finale hier, de quoi prendre la première place du classement. En revanche, elle fait face à sa plus grande rivale, Ai Mori, qui lui a volé la couronne mondiale il y a quelques semaines à Berne. L’année dernière, la Japonaise avait réussi à détrôner la Slovène sur ses terres… Le duel semble une nouvelle fois lancé entre ces deux femmes, puisque Ai Mori atteindra la même prise que Janja dans la voie de demi-finale.

Chez les hommes, le Japonais Sorato Anraku a largement dominé la soirée, en mettant près d’une dizaine de mouvements dans la vue de ses plus proches concurrents. Il devance le Britannique Toby Roberts, l’Américain Jesse Grupper et les Allemands Yannick Flohé et Alex Megos.

Les résultats de la demi-finale hommes

Pos.GrimpeurHauteur
1JPN Sorato Anraku45
2GBR Toby Roberts37+
3USA Jesse Grupper32+
4GER Yannick Flohé31+
5GER Alexander Megos29+
6FRA Sam Avezou29+
7SLO Luka Potocar27
8ESP Alberto Ginés López25+
9JPN Yoshiyuki Ogata21+
10JPN Neo Suzuki21+
11JPN Masahiro Higuchi21
12SUI Sascha Lehmann20+
13JPN Taisei Homma20+
13JPN Satone Yoshida20+
15JPN Shion Omata20+
16SUI Jonas Utelli20
17JPN Meichi Narasaki19+
18BEL Simon Lorenzi19+
19ITA Stefano Ghisolfi19
20FRA Arsène Duval17+
21SLO Martin Bergant17+
22FRA Nao Monchois17
23ITA Marcello Bombardi16+
24AUT Stefan Scherz16+
25SLO Lovro Crep16+
26AUS Campbell Harrison16
Afficher uniquement les Français(es)Voir la suite du classement

Les résultats de la demi-finale femmes

Pos.GrimpeurHauteur
1SLO Janja Garnbret35+
2JPN Ai Mori35+
3KOR Chaehyun Seo34
4JPN Natsuki Tanii34
5SLO Vita Lukan33
6ITA Laura Rogora31+
7SLO Mia Krampl31+
8JPN Nonoha Kume31+
9JPN Futaba Ito31+
10SLO Sara Copar31+
11AUT Jessica Pilz30+
12JPN Ryu Nakagawa29+
13GBR Molly Thompson-smith29
14GER Hannah Meul29
15NED Lynn Van Der Meer28+
16FRA Manon Hily28+
17FRA Oriane Bertone28+
18FRA Hélène Janicot27+
19SLO Lucka Rakovec27
20KOR Jain Kim26+
21CHN Yuetong Zhang25
22SLO Lana Skusek25
23CZE Eliska Adamovska25
24AUT Mattea Pötzi24+
25SLO Rosa Rekar24+
26JPN Hana Koike23
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La suite du programme

Samedi 9 septembre

20h00 : Finale hommes
21h00 : Finale femmes

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Historique ! Katie Lamb repousse les limites de l’escalade féminine !

07 Sep

La grimpeuse américaine Katie Lamb est entrée dans l’Histoire en devenant la première femme à enchaîner un 8C+ bloc !

Sa discrétion contraste avec le caractère inédit de son exploit. À 25 ans, Katie Lamb s’est rétablie au sommet de “Box Therapy”,  8C+, devenant la première femme au monde à atteindre ce niveau en bloc.

Il faut deux heures de marche d’approche pour atteindre cet énorme rocher, qui culmine à 3169 mètres d’altitude sur l’une des nombreuses collines du Rocky Mountain National Park, aux USA. Il a été établi pour la première fois en 2018, par Daniel Woods, l’un des bloqueurs les plus expérimentés en matière de blocs extrêmes. Depuis, “Box Therapy” a été répété, et la cotation confirmée, par les Américains Drew Ruana et Sean Bailey.

Le fait que Katie Lamb ne soit que la quatrième personne à venir à bout des 18 mouvements de ce panneau déversant à 50 degrés est impressionnant. Le fait qu’elle ait sauté la cotation de 8C et ait été la première femme à réaliser un 8C+ est sensationnel. Pourtant, un peu plus tôt dans l’année, Katie donnait déjà le ton : elle enchaînait “Spectre”, son sixième 8B+, déclarant qu’il s’agissait du “mouvement le plus difficile” qu’elle ait jamais fait. Elle compte également dans son carnet de croix des références dans le 8B+, comme “Jade”, “New Baseline”, “The Penrose Step”, “Book Club” ou encore “Direct North”.

Partageant la nouvelle sur Instagram, Lamb a déclaré :

Une grande partie de mes progrès peut être attribuée au fait que je persévère toujours. Je sais jusqu’où je peux aller et je m’acharne jusqu’à ce que j’y arrive. C’est un atout, mais cela peut parfois rendre la pratique moins amusante. Récemment, j’ai ressenti moins d’excitation, mais plus de joie.

Les pièces du puzzle se sont assemblées dans “Box Therapy” et il a fallu rapidement faire taire mes doutes et débrancher le cerveau. C’est un état d’esprit qui se nourrit autant des journées passées dehors à se défouler que des journées passées seule en montagne. J’ai passé du temps en juillet à marcher jusqu’à cette prairie pour essayer de combler mon désir, et je suis assez contente d’y être arrivée.

Katie Lamb

Keenan Takahashi, qui compte plusieurs 8C à son carnet de croix, était avec Lamb le jour de son ascension. Il a ajouté :

Cette année, il était clair que tu avais progressé et que tu étais prête pour quelque chose de plus difficile. Après la première séance, je t’ai vue passer en mode machine, ce que je n’ai vu que chez une poignée de grimpeurs, les meilleurs au monde.

Je savais qu’avec ton mental, tu y arriverais rapidement… Tu l’as bien mérité, celui-là ! Merci pour les leçons et l’inspiration.

Keenan Takahashi

Au début de l’année, Shawn Raboutou déclarait que sa sœur, Brooke Raboutou, était passée non loin de l’enchaînement de “Box Therapy”.

En 2016, Ashima Shiraishi est devenue la première femme, et la plus jeune grimpeuse de l’Histoire, à enchaîner un 8C bloc en répétant “Horizon”. Deux ans plus tard, Kathrin Lehmann est devenue la deuxième grimpeuse à atteindre ce niveau réalisant “Kryptos”, suivie de Mishka Ishi avec “Byaku-dou” en 2019 et Oriane Bertone avec “Satan I Helvete assis” en 2020.

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Janja Garnbret et Adam Ondra remportent le Rock Master 2023 à Arco !

06 Sep

La traditionnelle épreuve des duels a été plus passionnante que jamais, les plus grands noms de l’escalade se disputant la médaille d’or.

Le week-end dernier se tenait le célèbre Rock Master, à Arco, en Italie. Ce prestigieux événement, connu pour être la plus ancienne compétition au monde, a lieu chaque année depuis 1987. Pour la 36ème année consécutive, les meilleurs grimpeurs internationaux se sont affrontés dans une ambiance conviviale, face un public conquit ! Au terme des finales, Adam Ondra a égalé les victoires de l’Espagnol Ramòn Julian Puigblanque, soit un nombre impressionnant de 7 trophées, tandis que Janja Garnbret s’est de nouveau imposée chez les femmes, comme elle l’avait déjà fait en 2016 et 2018.

Comme chaque année, les grimpeurs se sont disputé la victoire dans la traditionnelle compétition en duel. Ce format unique en son genre combine en une ascension difficulté et vitesse. Le principe ? Deux grimpeurs se défient sur des voies identiques et parallèles, en tentant d’atteindre le sommet aussi vite que possible. L’athlète qui grimpe le plus haut ou qui atteint le sommet le plus rapidement passe au tour suivant. Comparées aux classiques voies de vitesse que l’on trouve lors des Coupes du Monde, les voies de cette compétition sont beaucoup plus difficiles : cette année, il s’agissait d’un 8a pour les femmes et d’un 8b pour les hommes.

Huit femmes et huit hommes se sont affrontés tout au long de la soirée devant plus de quatre mille spectateurs. Chez les femmes, Janja Garnbret, Brooke Raboutou et Jessica Pilz semblaient être les favorites, toutes trois réalisant des temps fulgurants en quart de finale. En demi-finale, Raboutou et Pilz se sont affrontées et le duel a été serré. L’Américaine avait une solide avance jusqu’à ce qu’elle ait du mal à clipper une dégaine en entrant dans le toit. Après avoir finalement réussi à la clipper, elle s’est élancée dans la dernière section à toute allure et a finalement atteint le sommet avant Pilz. Garnbret a facilement passé le cap des demi-finales, ce qui a conduit à un affrontement entre Raboutou et elle en finale. Une fois encore, la course a été serrée jusqu’au bout. Brooke a failli égaler son père Didier, qui a remporté le Rock Master en 1989, et sa mère Robyn Erbesfield, qui l’a gagné en 1994, mais l’or a fini autour du cou de la seule et unique Janja Garnbret, qui est monté sur la première marche du podium pour la troisième fois.

Chez les hommes, Adam Ondra et Jakob Schubert ont écrasé leur concurrent en demi-finale, donnant le ton pour l’affrontement final. Leur duel a été très serré, mais c’est Ondra qui s’est imposé, grimpant dans le toit avec une fluidité déconcertante, de quoi s’assurer la victoire avec un temps époustouflant de 1 minute et 1 seconde.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Adam Ondra (@adam.ondra)

Cette année, le public était incroyable, il y avait tellement de monde. Lors de mon duel final contre mon adversaire et ami de toujours, Jakob Schubert, nous avons tous les deux réalisé un très bon run. Je n’ai pas fait beaucoup d’erreurs. Jakob en a fait quelques-unes et j’ai eu un peu plus de chance à la fin. Avec un temps d’une minute et une seconde, j’ai pu remporter la victoire, ce dont je suis très heureux. C’était une compétition passionnante et c’est vraiment spécial pour moi de grimper devant le public italien parce que je pense qu’ils m’aiment bien et je me sens vraiment bien ici, je passe beaucoup de temps dans les falaises voisines.

Adam Ondra

Les résultats de la finale femme

Les résultats de la finale homme

Le replay de la compétition

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Jimmy Webb se venge du highball qui lui avait cassé la cheville !

05 Sep

Jimmy Webb est venu à bout de “Swiss Air”, un highball coté 8C en Suisse, qui lui avait valu une violente blessure l’année dernière.

C’est une belle revanche pour Jimmy Webb ! En mars 2022, alors qu’il travaillait sur un highball en bord de rivière à Brione, en Suisse, il était victime d’une “malheureuse zipette” qui lui a “détruit” la cheville, l’éloignant de sa pratique de l’escalade pendant trois mois.

Un accident qui l’a forcé à réfléchir à sa relation avec la notion de l’engagement. “La patience est la clé quand on travaille ce genre de lignes”, explique Jimmy Webb à propos des highballs. “Je l’ai “forcée” de nombreuses fois dans ma pratique, ça a toujours fonctionné et je pense avoir eu beaucoup de chance à cet égard. Quand je suis arrivé dans le crux final, j’avais les mains froides et moites et j’ai eu ce moment dans ma tête où je me suis dit “ce n’est pas bien, tu devrais t’arrêter là”. Mais au même moment, j’avais cette autre voix qui me disait “mais non, vas-y, tu peux le faire”. C’est alors que tout a basculé. Je m’en souviendrai toujours”.

Alors, en retournant en Suisse au printemps dernier, l’objectif principal de Jimmy était clair : prendre sa revanche sur cette ligne qui lui avait brisé la cheville l’année précédente. Cette fois, il a décidé de ne pas répéter la même erreur. “Ce que j’ai appris de cette blessure, c’est que la patience est la clé. Chaque année, les grimpeurs deviennent plus forts, pas seulement physiquement, mentalement aussi. On devient meilleur et plus intelligent. Les gains mentaux sont tout aussi importants que les gains physiques… nous devons simplement apprendre à écouter.”

Jimmy Webb a dû se battre mentalement pour retourner dans ce bloc, qui lui avait causé sa blessure. Mais il a finalement réussi à vaincre ce magnifique highball, répondant au nom de “Swiss Air” et valant 8C. “Cette hésitation que l’on ressent en essayant d’achever un projet qui nous a privé d’escalade pendant un long moment est difficile”, a-t-il déclaré. “Il y a toujours cette petite boule dans votre estomac et cette petite voix qui vous dit que vous pourriez vous blesser à nouveau. Dans ce genre de situation, j’essaie de prendre du recul et d’accepter tout ça. 

Alors, au moment de s’élancer dans le bloc, Jimmy a fait le vide dans sa tête, pour se concentrer uniquement sur son escalade. “Toutes les pensées négatives m’ont quitté. C’était une journée parfaite, juste Roman et moi, sans aucun bruit à l’exception de la rivière qui crachait juste en dessous de moi. J’ai grimpé la ligne comme je l’avais rêvé et j’ai terminé en me sentant soulagé d’un poids énorme. C’était vraiment important pour moi de vaincre ce bloc…”

La chaîne Mellow a récemment publié une vidéo sur les ascensions de Jimmy Webb au Tessin, en Suisse, ce printemps. Dans ce film on voit Webb répéter “Fight Club” le 8B+ ouvert par Shawn Raboutou, “Momentum” 8B+ de Nalle Hukkataival et “Ninjitsu” 8B+ de Marco Müller. Il illustre également les trois premières ascensions réalisées par Webb : “Nascondino” un bloc pour lequel l’Américain n’a pas attribué de cotation, “The New Abnormal” 8B+/C, et le fameux highball “Swiss Air” 8C.

Voici la vidéo :

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Flatanger : Stefano Ghisolfi enchaîne une nouvelle voie dure !

03 Sep

Stefano Ghisolfi a enchaîné une voie atypique dans la grotte de Flatanger. On pourrait qualifier “Kangaroo’s Limb” de voie presque mystérieuse, tant peu de grimpeurs osent s’y frotter. Seuls Adam Ondra en 2013 et Jakob Schubert en 2016 ont réussi à en venir à bout. 

Alors que l’Italien continue de progresser dans “Silence” 9c, il est allé essayer une autre voie de la grotte de Flatanger, qui attisait sa curiosité depuis quelque temps. Pourquoi ? Car elle n’avait été jusque-là enchaînée que par deux grimpeurs : Adam Ondra, qui en signait la première ascension il y a dix ans et Jakob Schubert, trois ans plus tard.

“Kangaroo’s Limb” 9a+ est radicalement différente de la plupart des voies de Flatanger, où l’endurance est un facteur clé. Il faut dire que cette voie est l’une des plus courtes de la grotte. Très intense et explosive, elle comporte six pas de blocs consécutifs.

Au total, je l’ai travaillée pendant huit jours, mais parfois, je ne mettais qu’un ou deux essais, déjà fatigué d’avoir travaillé “Silence”. Finalement, quand je me suis senti prêt à l’enchaîner, je me suis concentré et je l’ai réussi le lendemain.

Stefano Ghisolfi

Il s’agit du 18ème 9a+ que l’Italien enchaîne. Au total, il compte maintenant plus d’une trentaine de voies réussies entre le 9a+ et le 9b+.

© Sara Grippo

Pour l’heure, Stefano reste concentré sur “Silence”. Il s’est déjà rendu deux fois à Flatanger cet été et a bien progressé dans le 9c, même s’il a récemment admis qu’il n’était pas facile de rester motivé par un projet d’une telle ampleur.

Je m’améliore lentement dans le crux… Mais connecter toute la section ensemble me semble encore lointain. C’est difficile. Pas seulement ce crux, ni même la voie, mais tout le processus. Faire la marche d’approche tous les jours jusqu’à la grotte, remonter sur corde pour essayer les dix mêmes mouvements, attendre que les prises sèchent, tomber et tomber, encore et encore, douter et douter, encore et encore…

Projeter quelque chose à ma limite, ou peut-être au-dessus, est dévastateur, cela me pompe toute mon énergie. Parfois, j’ai envie d’abandonner et de grimper des voies plus faciles (ou simplement de nager dans la mer), mais ensuite je me souviens que c’est ce que j’aime, malgré tout.

Stefano Ghisolfi

Maintenant, l’Italien prévoit de rentrer chez lui, pour participer au Rockmaster à Arco et à la Coupe du Monde à Koper en Slovénie. Puis, il compte déjà retourner à Flatanger une fois ces compétitions terminées, pour se confronter à “Silence” de nouveau.

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Exploit ! Laura Rogora réalise son premier 8c à vue !

01 Sep

La grimpeuse italienne Laura Rogora a enchaîné son premier 8c à vue, “Ajo crudo” à Cicera en Espagne. Elle est seulement la troisième femme au monde à réussir cet exploit, après Janja Garnbret et Chaehyun Seo.

La semaine dernière, Laura Rogora est entrée dans l’Histoire en devenant la troisième femme au monde à enchaîner un 8c à vue. La jeune grimpeuse de 22 ans, finaliste des Championnats du Monde à Berne, a réussi à clipper le relais de “Ajo crudo”, une voie de 35 mètres à Cicera, en Espagne. L’Italienne s’est rendue en Cantabrie dans le cadre d’un rassemblement avec l’équipe d’athlètes d’Edelrid et, en à peine trois jours de grimpe, elle a non seulement réalisé son premier 8c à vue, mais aussi “Los Lunnis” 8b+ à vue également.

Je n’avais pas fait de falaise depuis longtemps et les dégaines n’étaient même pas mises dans la voie. Pour être honnête, je ne m’attendais pas du tout à l’enchaîner à vue, j’y allais simplement pour voir les mouvements. Je ne m’étais pas bien échauffée !

Mais en grimpant les premiers mètres, je me suis sentie bien et j’ai vu que les quatre dernières dégaines étaient déjà en place, donc je n’aurais besoin que de celles que j’avais, alors je me suis dit que ça ne me coûterait rien d’essayer sérieusement. Mouv après mouv, j’ai commencé à y croire de plus en plus. C’est peut-être le fait de partir dans la voie sans aucune attente qui m’a permis d’arriver jusqu’au relais.

La voie était tout à fait dans mon style : longue, mais avec des repos entre les pas de blocs, qui me permettaient de récupérer de mes erreurs. Difficile de me prononcer sur la cotation, je l’ai faite en mettant les dégaines et ça fait un long moment que je n’avais pas grimpé dehors. Je fais donc confiance aux anciens et futurs répétiteurs !

Laura Rogora

La première femme à avoir passé la barre du 8c à vue a été Janja Garnbret, en novembre 2021. Elle avait enchaîné “Fish Eye” à Oliana en Espagne du premier coup. Afin de prouver que ce n’était pas de la chance, elle avait réussi à enchaîner quelques jours plus tard un deuxième 8c à vue avec “American Hustle”. Un an après, c’est la Sud-Coréenne Chaehyun Seo qui devenait la deuxième grimpeuse à atteindre cette cotation à vue, avec “The Antagonist” à Montsant en Espagne.

Rogora est depuis longtemps l’une des meilleures falaisistes au monde. Elle a enchaîné son premier 8c à l’âge de 13 ans, un an avant de faire son entrée dans le neuvième degré. Aujourd’hui, elle compte plus d’une vingtaine de voies entre le 8c+ et le 9b. En 2021, elle a répété “Erobor” 9b et a réalisé la deuxième ascension de “Pure Dreaming Plus” 9a+.

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Un nouveau 9a+/b pour Seb Bouin au terme d’une méthode… originale !

31 Août

Seb Bouin a libéré une nouvelle voie sur la falaise de Saint Auban, en France, et la nommée “Jamming Destruction”. Le falaisiste français a utilisé une méthode quelque peu originale pour enchaîner cette ligne, pour laquelle il propose la cotation de 9a+/b.

Après avoir réalisé le flash le plus dur de sa carrière (“Baise Moi” 8c+ sur la falaise de Saint Auban), Seb a cherché un nouveau défi, dans le même secteur. C’est ainsi qu’il a jeté son dévolu dans “Destruction”. Cette voie, qui n’aura demandé que trois petits essais à notre Français, s’est avéré être à peu près aussi dur que “Baise Moi”. Avec une petite surprise cependant ! L’œil aiguisé de Seb a remarqué un possible départ direct, qui avait l’air bien plus dur ! Ni une ni deux, il équipe ce nouveau projet et se met au travail.

“Ça ressemble un peu au bloc “The Big Island” à Fontainebleau. Au début, je pensais que ce nouveau départ serait trop, mais après quelques essais, j’ai trouvé une méthode de folie !“, s’extasie Seb. Accrochez-vous, ce dernier nous promet de belles surprises dans la vidéo de cette ascension, qui sortira prochainement sur sa chaîne Youtube.

Mais ce n’est pas tout… Cette longueur présente une particularité : au milieu du crux, il y a un coincement de main qui est, d’après Seb, quasiment impossible à réaliser sans l’aide d’un gant de fissure. Mais le gant, même s’il ne couvre que le dos de la main, est inconfortable pour grimper le reste de la voie, qui est composé de nombreux plats. “Je ne voulais pas porter de gant pour la première partie. Mais le problème, c’est que j’en avais besoin pour réaliser le coincement de main dans le crux”, explique Seb. Ce dernier trouvera alors une solution : “J’ai trouvé un coincement de genou juste avant le crux, donc j’ai pu enfiler le gant de fissure à ce moment là. Puis, j’ai aussi déniché un autre coincement de genou juste après le coincement de main, où j’ai pu enlever le gant de fissure. J’avoue que ça demande un peu de logistique”, confie-t-il.

© Clarisse Bompard

Le mélange de ce départ direct, ajouté à cette série de particularités, fait monter la cotation. Seb précise que la première partie devrait se situer autour de 8c+/9a et qu’il reste à grimper une deuxième partie qui vaut 8c+. “À mon avis, la somme de tout cela doit valoir 9a+/b”, conclut-il.


Lire aussi

Seb Bouin réalise le flash le plus dur de sa carrière !

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Vadim Timonov revient sur l’histoire de “Backflip sit”, son premier 8C+/9A

26 Août

Le Russe a réalisé la première ascension de “Blackflip sit” en mai dernier et a proposé la cotation de 8C+/9A, avouant ne pas oser affirmer clairement le 9A. Si la difficulté de ce bloc est confirmée, il s’agira de l’un des blocs les plus durs au monde.

Vadim Timonov a réalisé la première ascension de “Blackflip sit”, à Djan-tugan, une zone de bloc au pied du Mont Elbrus en Russie, en mai dernier. Le Russe avait alors proposé la cotation de 8C+/9A, tout en déclarant : “la cotation que je propose pour « Backflip sit » est basée sur ma propre expérience, en tenant compte des blocs que j’ai réalisés et essayés dans le monde entier. J’ai mis un slash par peur de lui attribuer la note de 9A, mais je pense que le bloc pourrait mériter cette cotation”.

Son expérience en matière de blocs extrêmes est particulièrement dense. Vadim compte plusieurs 8C confirmés à son actif, comme « The Finnish Line », « Spray of Light » et « Petrichor ». Il est aussi connu pour ses ascensions éclair, comptant plusieurs 8B flash à son actif. Enfin, il a également essayé « Burden of Dreams », le 9A de Nalle Hukkataival, récemment confirmé par Will Bosi, et espère s’envoler prochainement pour la Finlande de nouveau, afin de terminer son travail.

Concernant “Backflip sit”, il déclare : “c’est sûrement l’une des plus grandes réussites de ma carrière de grimpeur. Je me suis rendu trois fois à Djan-tugan avec ce projet comme principal objectif. J’ai passé de nombreuses séances à tenter de trouver les bons placements, et de nombreux jours à relier les mouvements entre eux, pour enfin finir par l’enchaîner”.

Voici la vidéo de son ascension :

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Comment Jakob Schubert est-il venu à bout d’Es Pontas, la ligne de deep-water la plus dure de Majorque ?

25 Août

La victoire tonitruante de Jakob Schubert à Berne a quelque peu retardé la mise en ligne de la deuxième partie du documentaire sur ses ascensions en deep-water à Majorque. Mais les images impressionnantes de son enchaînement d’Es Pontas valent plus que jamais la peine d’être vues. Ne quittez pas votre écran aujourd’hui avant d’avoir vu cette vidéo… En ces temps de canicule, refroidissement garanti !

En octobre 2021, Jakob Schubert a répété “Es Pontas” à Majorque, connue pour être l’une des voies de deep water les plus impressionnantes au monde. Libérée en 2006 par Chris Sharma, cette ligne marquée par un énorme jeté n’a été répétée que par le Slovène Jernej Kruder (2016) et l’Allemand Jan Hojer (2018) avant Schubert.

Pour l’Autrichien, il s’agissait de la cerise sur le gâteau ! Lors de son voyage sur l’île de Majorque, il a également pu répéter “Alasha” qui a d’ailleurs fait l’objet du premier épisode de ce mini-documentaire.

La cotation d’Es Pontas a toujours oscillé entre le 9a et 9b. Sharma ne s’est pas prononcé précisément quant à la difficulté de cette voie, et Kruder et Hojer ne se sont pas mouillés non plus. D’après Jakob, elle vaudrait 9a.

Outre “Es Pontas”, dans ce deuxième épisode du mini-documentaire consacré à Schubert, on peut le voir enchaîner “Hupolup Kempf” 8a+ et “La Hostia” 8a+, deux autres lignes classiques de psicobloc sur l’île des Baléares.

La vidéo de Jakob Schubert dans “Es Pontas” :


Voir aussi

Psicobloc : Jakob Schubert réalise la première répétition d’Alasha

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“Silence” vs “Burden of Dreams” : lequel est le plus dur ?!

23 Août

Stefano Ghisolfi travaille actuellement deux des ascensions les plus difficiles du monde : “Silence” le premier 9c au monde et “Burden of Dreams”, le premier 9A bloc au monde. Dans sa dernière vidéo, il décompose ses deux lignes et explique laquelle des deux est la plus difficile pour lui.

L’Italien Stefano Ghisolfi projette actuellement “Silence” et “Burden of Dreams”, sans doute la voie et le bloc le plus difficile au monde. “Silence” 9c est une ligne située en Norvège et attend toujours une première répétition, tandis que “Burden of Dreams” 9A bloc a déjà été répété une fois par William Bosi.

Bien que très différentes, Stefano Ghisolfi s’est amusé à comparer ses deux lignes. Il est le seul à pouvoir le faire car lui seul est allé poser ses doigts dans ces deux passages.

“Bien qu’il s’agisse de deux choses complètement différentes, j’ai essayé de les comparer”, a déclaré Ghisolfi. “En mai, j’ai essayé les deux (sans succès) et j’ai trouvé quelques similitudes mais aussi beaucoup de différences”.

“Silence” a été grimpée pour la première fois par Adam Ondra en 2017 et “Burden of Dreams” a été enchaînée pour la première fois par Nalle Hukkataival un an plus tôt.

Alors pour Ghisolfi, laquelle est la plus dure ? Réponse ci-dessous !

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Un nouveau 8C bloc pour la machine Aidan Roberts

18 Août

Aidan Roberts a réalisé la première ascension de “Shadow Women”, un 8C bloc situé à Kentmere Boulders dans le Lake District, au nord-ouest de l’Angleterre.

“Shadow Women” 8C n’est autre que le départ assis de “Little Women”, un bloc ouvert par John Gaskins. Alors que “Little Women” avait été initialement proposé comme 8A+ par Gaskins, il est généralement admis qu’il vaut au moins 8B, voire 8B+. La dernière vidéo d’Aidan Roberts, qui montre sa première ascension de “Shadow Women” contient d’ailleurs des images de lui dans “Little Women”, et suggère la cotation de 8B+. Un avis que partage William Bosi qui a déclaré que “”Little Women” pourrait valoir 8B+ maintenant”, après qu’il l’ait répété l’année dernière.

Le départ assis réalisé par Aidan ajoute quatre mouvements supplémentaires à “Little Women” que le Britannique qualifie comme “à doigts, électriques, et très durs”, ce qui rend le départ de “Little Women” plus difficile.

Ce bloc marque le onzième 8C de Roberts, et sa huitième première ascension dans ce niveau. Notons qu’il a réalisé quatre autres premières ascensions en 8C+, ainsi qu’une répétition en 9A d'”Alphane” .

Découvrez la vidéo de la première ascension de “Shadow Women” 8C par Aidan Roberts :

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Seb Bouin réalise le flash le plus dur de sa carrière !

17 Août

Le Français Seb Bouin a réalisé le flash le plus dur de sa carrière en enchaînant “Baise Moi” 8c+ du premier coup.

Alors que les Championnats du Monde battaient leur plein à Berne, Seb Bouin était en falaise, dans les Gorges du Verdon, en France. À peine rentré de Norvège, le Français a réussi à faire la première ascension flash d’un projet qui n’avait encore jamais été enchaîné sur la falaise de Saint Auban : “Baise Moi”. Initialement coté 8c+/9a par ceux qui l’ont déjà essayée, Seb estime que la cotation est plus proche du 8c+.

Plutôt spécialiste du “après travail”, cette ascension marque le flash le plus difficile de sa carrière, lui qui avait déjà flashé “Les rois du pétrole” 8b+, au Pic Saint Loup, il y a environ huit ans.

Seb Bouin revenait d’un séjour en Norvège lorsqu’il a décidé de se rendre à Saint Auban, une falaise relativement nouvelle située autour des Gorges du Verdon. La plupart des projets ont été équipées par les locaux François Chollet et Adrien Boulon. Lors de sa première journée sur le site, Seb s’est échauffé en enchaînant “Le vent l’emportera” 8a qu’il a réalisé à vue, puis “Trésor” un 8b qu’il a flashé. Il a ensuite porté son attention sur “Baise Moi”, un projet censé valoir autour du 8c+/9a.

François m’a dit que je devais attendre qu’Adrien Boulon (l’équipeur de la voie) me donne les méthodes, pour que je fasse un essai flash. Mais je n’y croyais pas. La voie est impressionnante et imposante (45 mètres à travers un grand surplomb) et j’étais fatigué de mon voyage en Norvège. Alors je me suis dit que j’allais juste découvrir les mouvements, pour ensuite tenter de mettre un beau deuxième essai.

Adrien est arrivé quand j’étais prêt à partir. Il était excité à l’idée que j’essaye de la flasher. Alors après tout, je me suis dit “pourquoi pas ?”. Même si j’avais des doutes, je n’avais rien à perdre. Puis, crux par crux, j’ai compris que la voie était possible, c’était 100% mon style. Des gros mouvements, de mauvais repos entre les crux, une pure voie d’endurance. Je n’ai pas fait d’erreur et j’ai pris des risques au bon moment. Je n’ai pas l’habitude de grimper à vue ou flash dans ce niveau, il faut dire qu’il ne me reste pas beaucoup de voies à essayer dans ce niveau.

En ce qui concerne la cotation,  c’est difficile de choisir, car je l’ai fait du premier coup. Afin de me faire une meilleure idée, j’ai décidé de retourner dans la voie pour essayer à nouveau quelques mouvements et je pense qu’elle vaut 8c+. Ce serait un rêve pour moi de flasher un 9a, mais je pense que “Baise moi” est un peu plus facile.

Seb Bouin

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Janja Garnbret vient en aide à son pays

16 Août

Alors que la Slovénie a récemment été frappée de plein fouet par des inondations qui ont détruit le pays, Janja Garnbret a décidé de soutenir sa nation en faisant don de tout l’argent qu’elle a remporté durant les Championnats du Monde de Berne.

La semaine dernière, la Slovénie était frappée par des pluies torrentielles, qui inondaient totalement le pays. Le premier ministre slovène, Robert Golob, qualifiait même de « pire catastrophe naturelle” ces inondations, qui ont affecté les deux tiers du pays. D’après le service météorologique slovène, c’est l’équivalent d’un mois de pluie qui est tombé en moins d’une journée dans ce pays qui compte 2 millions d’habitants. Des inondations historiques, qui ont causé la mort à six personnes.

Pendant ce temps là, à Berne, Janja Garnbret faisait briller les couleurs de son pays. Elle a remporté le titre de championne du monde de bloc, terminé deuxième en difficulté avant de s’emparer de la première place du combiné. Mais la Slovène n’a pas jugé suffisant de faire résonner son hymne national lors de ces Mondiaux 2023. Elle a décidé de soutenir son pays en lui reversant l’intégralité de ses gains obtenus lors de cette compétition. Une belle initiative à laquelle s’est joint son partenaire Allianz, qui a décidé de doubler la mise pour venir en aide aux victimes slovènes.

L’escalade m’a beaucoup apporté et le moment est venu de rendre la pareille. Compte tenu de la situation difficile et de la crise météorologique qui a frappé la Slovénie, en particulier ma région natale de Koroska, j’ai décidé de faire don de l’argent que j’ai remporté lors de ma compétition à Berne à la Slovénie. Mon partenaire Allianz me soutient en doublant le montant.

Dans des cas comme celui-ci, ce sont les petites choses que nous pouvons faire qui font la différence. Nous devons nous serrer les coudes, c’est ainsi que nous surmonterons les moments difficiles.

Si d’autre personne souhaite aider, voir ci-dessous. 🙏

Janja Garnbret

La Slovène a conclu son post en indiquant les adresses où faire un don. Nous vous les relayons :

  • Red Cross of Slovenia (RKS)
    Address: Mirje 19, Ljubljana
    Bank account: SI56 0310 0123 4567 891
    Reference: 00 96875
    Purpose: Ujma 2023.
    BIC: SKBASI2X
    Purpose code: CHAR
  • Karitas
    Address: Kristanova ulica 1, 1000 Ljubljana
    Account: SI56 0214 0001 5556 761
    Purpose: POMOČ NEURJE
    Reference number: SI00 624
  • Association of Friends of the Youth of Slovenia
    Address: Dimičeva ulica 9. 1000 Ljubljana
    Account: SI56 6100 0000 3512 232
    Reference number: SI00 245021
    Code: CHAR
    Purpose: storm

Un beau geste de la championne !

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Interview du nouveau Champion du Monde de bloc, Micka Mawem

14 Août

Genoux à terre, il ne peut contenir les larmes qui roulent sur ses joues. Nous sommes le vendredi 4 août, au sein de la PostFinance Arena à Berne. Il est 20h10 et Micka Mawem, 33 ans, vient d’être sacré Champion du Monde de bloc. Ce titre, il court après depuis près de deux décennies. Adolescent, face à son miroir, Micka se faisait la promesse qu’un jour, il serait le meilleur grimpeur du monde. Depuis ce moment, le Français a tout mis en place pour arriver à ses fins. Des milliers d’heures d’entraînement plus tard, il décrochait la médaille d’or des Championnats du Monde de bloc 2023, face à des milliers de spectateurs saluant sa performance.

Le chemin jusqu’à cette première marche du podium n’a pas été simple pour Micka, qui avoue avoir connu des burn-outs à répétition ces derniers temps. Pourtant, le champion s’est accroché et n’a jamais rien lâché. Pour lui, pour son frère, pour l’ensemble de sa famille.

Aujourd’hui, c’est un Micka Mawem soulagé qui a décidé de répondre à toutes nos questions. Apaisé, il se livre sans concession sur ses émotions et cette finale mondiale qui restera à jamais gravée dans sa mémoire.


Micka, comment te sens-tu ? L’excitation est-elle retombée ? 

Tu sais, il n’y a pas vraiment eu de moment d’excitation. Ce titre de Champion du Monde, à ce moment présent, il ne m’importe pas. C’est juste la concrétisation de ce que j’ai mis en place toutes ces années.

C’est quand même une belle finalité, non ? 

C’est tout simplement l’aboutissement d’une promesse que je me suis faite quand j’étais tout jeune. En fait, c’est pour ça que je fais de l’escalade. Ce n’est pas parce que j’aime ça, c’est parce que je me suis dit un jour, « je serai le meilleur du monde ». Ce n’était pas des paroles en l’air. J’avais 15 ans et je me suis dit à haute voix : “je veux être le meilleur du monde”.

C’était comme un challenge personnel que tu t’étais donné ? 

Oui, c’était plus un but, un rêve. Certaines personnes ont comme objectif de vie d’acheter une maison, de fonder une famille et d’avoir des enfants, d’être riche, de faire le tour du monde… C’est leur but dans la vie. Moi, mon but dans la vie, c’était ça : devenir Champion du Monde. Et ça y est, je l’ai atteint, c’est un soulagement. Ça y est, je suis libre. Quand j’avais les genoux à terre dans le quatrième bloc, c’est comme si on m’avait enlevé les menottes.

© Vladek Zumr

À ce moment-là, tu t’es revu enfant, à te faire cette promesse à toi-même ? 

J’ai revu beaucoup beaucoup de choses à ce moment-là. C’était vraiment une sensation de délivrance. C’est comme si toute ta vie tu es entouré de milliards de choses et de personnes et que là, d’un coup d’un seul, tout part, tout s’enlève, tout s’évapore. Et la seule chose dont tu as envie à ce moment précis, c’est de te retrouver seul. Bien sûr, je me suis remis debout parce que la compète n’était pas finie. Puis avant de repartir, j’ai félicité tout le monde et je suis rentré à l’hôtel, je me suis couché. J’avais besoin de m’évader un petit moment, de me retrouver seul. Et ça m’a fait un bien fou.

Tu t’es rappelé ce par quoi tu étais passé toutes ces années, toutes les concessions, tous les durs entraînements que tu as faits ? 

Je n’ai pas vraiment eu besoin de m’en souvenir parce que je le vis tous les jours. Tout ce que je fais, je le fais par choix. Ça m’a juste permis de me dire : « Ok, maintenant, tout ce que tu as fait, tout ce que tu as pu mettre en place, tous ces sacrifices, la vie que tu as dirigée et tout le mal que tu t’aies fait, tu peux l’oublier. Tu peux l’oublier ! ». Et je m’autorise à l’oublier et à passer à autre chose. Je me sens relâché, je n’ai aucune émotion. Je ne me sens pas heureux, ni fier. Je sens simplement que maintenant, j’ai de la place pour plein d’autres choses.

Tu as 33 ans, est-ce que tu commençais à douter du fait d’atteindre ton objectif ?

Je t’avoue que ces six derniers mois, c’était dur… J’ai fait 18 burn-outs et le dernier que j’ai fait c’était il y a seulement trois semaines. J’avais envie de tout claquer ! Tu sais, des burn-outs, ça fait deux ans que j’en fais au moins un par semaine. Mais je me l’autorise. Ça dure une journée et ça me permet de ne pas exploser. C’est une journée où je m’autorise à rester chez moi, à rien faire et dans ma tête je n’en peux plus, j’ai envie de retourner le monde en me disant « Ça y est c’est fini, ciao ». Mais cette journée j’en ai besoin, il faut que je la fasse pour pouvoir m’enlever un peu de poids et repartir le lendemain pour m’entraîner.

© Vladek Zumr

Et malgré ça, le lendemain, tu arrives à retourner à l’entraînement gonflé à bloc ? 

Je repars, parce que mon but est intense, il est plus important que tout. Et puis à côté de ça, il y a mon frère, qui est là et qui est à fond. Il est tout aussi acharné que moi. Et je sais aussi que de son côté c’est la même chose : c’est dur pour lui aussi. Et il est encore là. Alors, je continue, parce que si j’abandonne, que je lâche, ça va aussi impacter mon frère. Je ne suis pas tout seul dans ce bateau, il est dedans aussi. C’est ce qui fait que malgré ces passages difficiles, malgré ces burn-outs à répétition et ces moments de doutes, je suis toujours là. C’est un projet que l’on a ensemble, donc si j’arrête ça va le stopper lui aussi et je ne veux pas ça. Alors on y va !

Si on revient un peu avant Berne, comment te sentais-tu ? Étais-tu en forme physiquement ? 

J’étais super nul ! Je n’arrivais même pas à me soulever, j’étais mal. C’est simple, ces dernières semaines, je n’avais rien. Donc je suis venu en faisant un truc que j’ai très peu fait dans ma carrière : je me suis reposé. Je ne m’étais jamais autant reposé avant une compète. Je me suis très peu entraîné avant de venir.

© Vladek Zumr

Comment l’expliques-tu ? Parce qu’après toutes ces années au plus haut niveau, tu connais bien ton corps, tu as l’habitude de te faire des planifications d’entraînement…

(Micka me coupe) : Là il n’y a pas eu de planif.

Ah bon ? Tu n’avais pas planifié tes entraînements pour arriver le plus en forme possible à Berne ?

Non, je n’avais pas prévu de pic de forme à Berne. Je le planifie plutôt pour octobre. Mon objectif cette année, ce n’était pas de devenir le meilleur du monde, c’est d’aller chercher une qualif olympique en octobre, lors du tournoi de qualification à Laval. Et ce Championnat du Monde n’entrait pas du tout dans mes objectifs. Je savais que je n’avais pas la capacité d’aller chercher ce combiné donc je ne pouvais pas me concentrer là-dessus. Il fallait que j’amène un peu de réalité à ça, en me disant qu’il me fallait un peu plus de temps. Mais ça ne veut pas dire que je ne me suis pas préparé pour cette compétition. Je me suis entraîné, au feeling, tous les jours.

© IFSC

Donc finalement, on ne peut pas dire que tu sois particulièrement en forme là ?

Non. Je n’en sais rien en fait. Je pense que j’ai débloqué un truc mentalement, que je n’avais encore jamais fait. Mentalement et pas physiquement. C’est d’arriver à être dans une neutralité totale, dans le vide presque. Ne pas penser à la suite, à ce qui s’est passé, aux blocs, aux prochains rounds. J’étais dans le flou.

C’est la première fois que tu arrives à te déconnecter comme ça et à être dans l’instant présent ? 

Oui, c’est la première fois. Et le truc qui est marrant, c’est que je ne suis jamais sorti de mon tour de demi-finale. Mon premier bloc de finale, c’est comme si ça avait été la suite de ma demie. Quand j’ai terminé la demi-finale et que j’ai su que j’étais qualifié, je n’ai même pas eu le sentiment de me dire « Je suis content, je suis en finale ».

© Vladek Zumr

Tu as fait quoi entre la demie et la finale ?

J’ai mangé, j’ai essayé de dormir un peu, parce que j’étais réveillé depuis 5h du matin. Je me réveille très tôt en compète. Du coup j’ai essayé de dormir pendant une demi-heure, mais je n’ai pas réussi. Alors, je me suis relevé. Je ne voulais pas boire des cafés, ou des trucs du genre, parce que je n’avais pas envie de prendre un substitut qui pourrait peut-être me réveiller.

D’ailleurs, ça allait mieux depuis les qualifs de la diff ? Tu m’avais dit que tu avais fait une hypo en plein milieu de la voie.

Oui, je m’étais bien remis de ça. Du coup, je suis parti et j’ai marché. Je suis venu sur le lieu de la compète, j’ai discuté avec les gens. Puis, je suis retourné à l’hôtel, j’ai bu un jus et je suis reparti, il était l’heure d’y aller. Je me suis échauffé seulement 10 minutes avant la finale, c’est quelque chose que je n’avais jamais fait dans ma vie ! D’habitude, je m’échauffe beaucoup.

Et là, tu as décidé de couper tes habitudes ? 

Oui, j’ai coupé avec toutes mes habitudes.

Waouh, c’était un sacré pari de casser ta routine ! 

J’étais complètement épuisé. Pas physiquement, mais mentalement. Alors à ce moment-là je me suis juste dit « soit tu essayes de t’échauffer et tu risques d’en faire trop, soit tu y vas comme ça ». Une petite voix en moi me disait de ne rien faire, alors je me suis écouté : « Ne fais rien et enchaîne ta compète ».

© Vladek Zumr

Une fois que les finales ont commencé, tu as quand même eu un déclic ? Un petit shot d’adrénaline dans le corps, une bouffée d’excitation ?

Je n’ai rien eu, je me suis juste dit au premier bloc : « Celui-là, il faut le faire ». C’était le seul bloc où il y avait de la prise à serrer, où il fallait “grimper”. Le début n’avait pas l’air très difficile mais le dernier mouvement semblait dur. Alors, je me suis juste dit « si tu mets la main sur cette dernière prise, tu ne la lâches pas ». Et il s’est passé n’importe quoi : mon pied est parti, mon corps a commencé à vriller, mais je ne l’ai pas lâchée.

Après ce bloc-là, je ne savais pas à quoi m’attendre, les trois autres passages avaient l’air bizarres. Impossible de savoir si ça allait être extrêmement dur ou s’il fallait du timing ou autre.

Donc le bloc 1, je l’ai fait, ensuite je suis rentré, j’ai mis mes écouteurs, je regardais devant moi et tout était noir. Il n’y avait rien, pourtant je t’assure, j’avais les yeux grands ouverts. Puis j’ai fait le bloc 2, j’étais super content d’avoir tenu cette zone et cette relance. Et ça se voit sur mon visage, cette joie. Je descends, je retourne en isolement, je dis bravo à Mejdi, je mets mes écouteurs et là je comprends que le podium est peut-être accessible. De nouveau, je suis dans le noir. Je ne pense pas à ce qu’il va se passer, peu importe ce qu’avaient fait les autres compétiteurs, rien ne m’impactait. Puis il y a eu le troisième bloc, Mejdi le fait, je savais qu’il allait le faire parce qu’il s’entraîne beaucoup sur ce genre de mouvement.

© Henry Haro

Ce troisième bloc, c’était un jeté face au public, les deux mains à plat, en paumes. Est-ce que tu avais déjà travaillé ce mouvement, qu’on avait déjà vu en finale de la Coupe du Monde à Hachioji ?

Non jamais. Quand je vais dans ce bloc-là, je savais que tenir cette dernière petite prise allait être un gros problème pour moi. Ce n’est pas ma qualité première de tenir les prises. Et quand j’ai mis la main dessus, c’était clair : « Vas-y, reste coincé dos au mur, pousse dans tes jambes et ramène juste ton doigt pour valider le top ». J’étais soulagé, je suis tombé sur les tapis et à ce moment-là je me suis dit à haute voix : « C’est peut-être mon jour ».

C’était juste un « peut-être », parce qu’il y avait cette possibilité que ça ne le soit pas. Et j’en avais bien conscience. Je suis retourné derrière, j’ai félicité Mejdi et j’ai remis mes écouteurs. J’étais dans le noir de nouveau. En fait, à chaque fois que j’étais en isolement, j’étais dans un état où je ne pensais à rien. Ni à ce que j’avais fait avant ni à ce que je devrais faire après.

Puis je suis arrivé dans le quatrième bloc en mode : “Vas-y, donne tout !”.

© Vladek Zumr

Tu savais que si tu validais la zone tu devenais Champion du Monde ?

Non je n’en savais rien. Je savais que le podium était là, mais ça ne m’impactait pas. Je ne voulais pas gagner et être sur le podium. Je voulais juste réaliser la meilleure performance possible et rester concentré jusqu’à la fin. Je fais mon run, et là j’attrape cette zone. Je tombe au dernier mouv et je m’écroule au sol. Au moment où je touche le tapis, je suis libéré, je pose mes genoux à terre. J’étais libre. « Ça y est c’est bon tu peux passer à autre chose ». J’étais dans un état second, je ne sais même pas ce qui s’est passé ensuite. À la fin de la compétition, je suis rentré et je me suis couché pour me retrouver tout seul. Et ça m’a fait du bien.

© IFSC

Penses-tu que tu vas appréhender les compétitions de manières différentes maintenant que tu te sens libéré ?

On verra ça… Je ne peux pas le savoir. Dans la vie, je ne me pose pas de questions dont je ne peux pas avoir les réponses. Je suis très cartésien, il faut que je voie les choses pour y croire. Je ne peux pas anticiper sur ma grimpe et mon état d’esprit futur.

Finalement, qu’est-ce qui a fait la différence selon toi ?

Je pense qu’il existe une sacrée différence entre les autres compétiteurs et moi : je fais de l’escalade et de la compétition pour vivre. Je ne fais pas ça parce que j’aime l’escalade et que c’est une passion. Non, je fais ça pour vivre. Aujourd’hui, j’ai construit une carrière, avec mon frère on a construit des choses. On a fait beaucoup de sacrifices. Tout l’argent qu’on a gagné, on l’a mis dans une salle d’escalade, et on a d’autres projets encore. Je ne grimpe pas pour le plaisir, je grimpe pour vivre.

Tu vois ces derniers temps je me suis interrogé sur ce que je voulais faire. Je veux payer une maison à mes parents, à ma sœur. Je veux pouvoir les amener eux et mes amis en vacances. Je veux pouvoir avoir du temps, pour profiter des gens que j’aime. Donc oui, l’escalade me permet de vivre et c’est peut-être ça qui me fait tenir et qui me fait être présent aux grands événements.

© Vladek Zumr

Parle-nous du lien fort qui semble t’unir à ta famille.

Directement après les finales, j’ai eu ma famille au téléphone. C’était un moment plein d’émotion, tu n’imagines même pas. Aujourd’hui je travaille pour eux, pour ma mère, qui a galéré pour nous. Elle a eu six enfants et la vie a été difficile. Elle a tout donné pour nous et aujourd’hui, maintenant qu’elle est malade, âgée et que c’est difficile pour elle, c’est à nous de le faire. Je veux lui montrer qu’elle a gagné, qu’elle a réussi : elle a donné vie à des enfants qui sont les meilleurs. Et ils ont réussi leur vie, tous.

Tu viens d’avoir 33 ans, est-ce qu’on peut dire que ce titre de Champion du Monde, c’est ton plus beau cadeau d’anniversaire ?

On ne peut pas appeler ça un cadeau parce que j’ai travaillé pour. Mais mon anniversaire ? T’inquiète pas que je vais le fêter et sans penser à ce titre. Je fêterai ce titre à part, plus tard.

© IFSC

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