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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Le marathon fou d’Alex Megos !

20 Déc

Alex Megos s’est lancé un défi fou : enchaîner dix voies entre le 8b et le 8c en moins de dix heures !.

Alex Megos a récemment passé une journée d’entraînement dans sa région d’origine, le Frankenjura. Son objectif, sur le papier, était simple : grimper 10 voies en 8b, 8b+ et 8c en moins de 10 heures. Le tout, en se déplaçant en e-bike dans la forêt. Pari réussi pour le grimpeur de 30 ans, qui parviendra à enchaîner un 8b+/c, quatre 8b+ et cinq 8b.

Toutes ces voies sont des classiques du coin ! Des lignes old school, qui vont du serrage de prises dans du vertical, aux mouvements physiques dans du dévers en passant par de l’escalade technique sur des petits trous. Cela prouve une fois de plus que le Frankenjura est la meilleure région au monde pour une journée d’entraînement 😉

Parmi les 10 voies que Megos a réalisées au cours de ce marathon époustouflant, on peut citer :

  • “Intercooler” 8b+/c
  • “Desaster” 8b+
  • “Small Talk” 8b+
  • “Father and Son” 8b+
  • “Quäl dich du Sau” 8b+
  • “Subway” 8b
  • “Riesenslalom Direkt” 8b
  • “Meteor” 8b+
  • “Plan B” 8b+
  • “Linie 1” 8b+

Vous pouvez regarder Megos réaliser ce défi dans sa nouvelle vidéo ci-dessous :

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Micka Mawem enchaîne 20 tractions à un bras et remporte le No Foot Contest !

17 Déc

Micka Mawem a une nouvelle fois réalisé une démonstration de force en effectuant 20 tractions à un bras consécutives lors du No Foot Contest. Il a remporté cette compétition historique aux côtés de Camille Pouget.

Il y a quelques jours avait eu lieu à Strasbourg la neuvième édition du No foot Contest. Cette compétition historique met à l’honneur des grimpeurs talentueux, qui doivent user de leurs bras uniquement ! Les chaussons peuvent rester dans le sac, c’est uniquement à la force de leurs bras et de leurs doigts que les compétiteurs doivent évoluer. À l’origine de cet événement, une bande d’étudiants, au début des années 90, qui se sont entraînés comme des brutes pour battre tous les records de force en escalade ! Ils ont ensuite imaginé en 2000 une compétition pour récompenser le meilleur. L’objectif, bon enfant mais avoué, était de battre le champion du monde de l’époque, Alex Chabot.

La dernière édition, qui avait eu lieu, en 2017, avait vu la consécration du Canadien champion du monde d’escalade de l’époque, Sean Mc Coll. Et pour cette neuvième édition tant attendue après cinq ans d’absence, il y avait du beau monde : Mickaël Mawem, champion du monde de bloc 2023, Clément Gravier, vainqueur de Ninja Warrior, Camille Pouget et Ina Plassoux-Djiga, toutes deux membres de l’équipe de France et Maurane Jelic, finaliste de Ninja Warrior ! Au total, près d’une centaine de participants, venus de toute la France mais aussi d’Allemagne et de Suisse, se sont invités à l’événement.

Tout au long de la journée, les compétiteurs se sont affrontés dans des ateliers variés : parcours mouvants, suspensions, tractions à deux et un bras, blocs… La quasi-totalité des records a été battue !

Thibaud Manet  et Valentin Mignard, détenteurs du record depuis 2017 (avec 40), ont vu Clément Gravier porter le nombre de tractions en 40 secondes à 41. Mais, motivé comme jamais, Thibaud reprenait son bien avec 43, suivi par l’incontournable Micka Mawem qui égalait cette performance. Par ailleurs, Camille Pouget a signé un exploit en étant la première femme à damer le pion aux hommes sur un atelier. Avec une suspension de 71 secondes elle a battu Thomas Speisser de trois secondes !

L’épreuve la plus emblématique du contest est assurément celle des tractions à un bras. Pour la première fois, plus de 25 personnes ont réussi à en faire au moins une ! Lors de la précédente édition, la prestation de Louis Giuaca avait été éblouissante : il en avait réalisé 14 soit pile le double des anciens records ! Cette année Benoit Corby réussit à en grappiller une de plus pour porter le record à 15, mais celui-ci n’aura tenu que onze petites minutes jusqu’au passage de Micka Mawem, qui parviendra à en faire… 20 !

En début de soirée les finales ont été lancées : 6 garçons et 5 filles se sont affrontés dans une voie de difficulté qu’il devait réaliser en no-foot. Soutenus par les 300 spectateurs, l’ambiance était folle dans la salle ! Côté hommes, Mickaël Mawem a de nouveau dominé la compétition, devançant Clément Gravier et Arthur Giraud-Bernardeau. Chez les femmes, Camille Pouget a remporté l’épreuve, devant Ina Plassoux-Djiga, qui a échoué a un mouvement du bac final. Les finalistes se sont partagé 10 000 euros et sont repartis avec les bras en miettes !

La vidéo résumé de cette neuvième édition du No Foot Contest

Les records à battre

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Gorp Garb : des tee-shirts brodés pour les grimpeurs qui font fureur !

16 Déc

Quatrième jour de notre semaine consacrée à l’ouverture. Et aujourd’hui place à un article un peu spéciale : on vous présente Gorp Garb, qui propose des tee-shirts personnalisés, brodés à l’effigie de votre visseuse préférée.

Gorp Garb, c’est la nouvelle marque de textile pour les grimpeurs ! La particularité de cette marque ? Ils sont capables de broder n’importe quel modèle de chaussons d’escalade ou de visseuse à chocs. De quoi afficher clairement sur votre torse votre passion pour l’escalade.

Gorb Garp : l’histoire de trois passionnés !

Bien que la marque ait été lancée il y a à peine six mois, l’histoire de Gorp Garb a débuté il y a des années. La marque est dirigée par trois grimpeurs, qui se sont rencontrés il y a une vingtaine d’années au Castle Climbing Centre, dans le nord de Londres, alors qu’ils faisaient leurs études. À l’époque, ils grimpaient tous avec les célèbres Five Ten Blancos un modèle qui a ensuite été abandonné par la marque, au grand désarroi de nos trois compères. C’est au début de l’année 2023 que Gorp Garb est née, lors d’une rencontre avec le grimpeur Britannique Steve McClure (amateur également des anciens Blancos de Five Ten). Après une brève discussion, ils ont eu l’idée de coudre leur chausson préféré sur leur t-shirt, afin de rendre hommage à cet ancien modèle. Le trio de grimpeurs a ainsi créé pour Steve le tout premier T-shirt Gorp Garb et la nouvelle s’est rapidement répandue.

© Coll. Gorp Garb

En postant leur création sur les réseaux sociaux, l’équipe a été inondée de demandes ! Suite aux suggestions de nombreux grimpeurs, l’équipe a étendu son catalogue de modèles brodés. Aujourd’hui, Gorp Garb propose de nombreux modèles, des La Sportiva aux Five Ten, en passant par les Boreal, les Evolv, les Madrock ou encore les Ocun pour ne citer qu’eux.

Des tee-shirts uniques, qui raviront les grimpeurs et ouvreurs !

Dans le cadre de notre semaine sur l’ouverture, nous avons contacté l’équipe de Gorp Garb, qui a gentiment accepté de jouer le jeu en nous envoyant un exemplaire de leur tee-shirt personnalisé, aux couleurs de notre visseuse préférée : la Makita soft Impact.

À la réception de nos tee-shirts, nous avons été frappés par le niveau de détail de la broderie. Une visseuse à choc est un équipement complexe, composée de multiples formes et de petites pièces. Mais la broderie effectuée par Gorb Garp reproduit à l’identique la visseuse, jusque dans ses moindres détails.

Deuxième aspect qui nous a marqué : la qualité du tissu des tee-shirts ! Ils sont légers à porter, et la coupe correspond parfaitement au guide des tailles proposé sur leur site. Ils permettent une grande amplitude de mouvements, ce qui est pratique pour ouvrir ou pour grimper avec. De plus, le vaste choix de couleurs laisse la possibilité à chacun de trouver son bonheur.

Nous utilisons ces tee-shirts depuis quelques semaines, de manière intensive et ils semblent ne pas bouger. Pourtant, nous les mettons à rude épreuve durant notre pratique de l’escalade ou nos journées d’ouverture.

En bref, il s’agit d’un super tee-shirt, qui fera le cadeau de Noël idéal pour vos proches fans l’escalade ou d’ouverture !

© Coll. Gorp Garb

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Seb Bouin signe la première répétition de “Narcissus” 9a/+

16 Déc

Seb Bouin a ajouté une nouvelle voie dans le neuvième degré à son carnet de croix : “Narcissus” un 9a/+ peu connu d’Italie.

Quand l’Italien Matteo Gambaro a appelé Seb Bouin en lui disant qu’il avait ouvert une voie “surplombante, truffée de colonnettes, et résistante à souhait”, les yeux de notre Français se sont immédiatement écarquillés. Il n’en fallait pas plus pour qu’il se rende immédiatement dans la petite ville italienne Albenga, située entre Nice et Gênes, pour essayer cette voie.

Nous avons passé deux jours à Albenga, en Italie, et c’était l’occasion pour moi de découvrir la voie de Matteo Gambaro, “Narcissus”. Quand il m’a parlé de la voie au téléphone, j’ai dit : “Ok Matteo, tu m’as vendu la voie, j’arrive !

Seb Bouin

La ligne a été libérée par Matteo Gambaro lui-même en octobre 2020 et n’a depuis jamais été répétée. Au moment de son ascension, l’Italien avait proposé la cotation de 9a/+.

“Narcissus” est une connexion entre deux voies : elle suit le bord d’un grand toit surplombant, que l’on atteint en grimpant le 8c “Calmiamoci e”, se poursuit dans une partie très physique et rejoint finalement le 8b+ “Space Shuttle”.

Seb parviendra à enchaîner la voie lors de son quatrième essai.

J’avoue que c’est un peu mon style. Matteo a proposé la cotation de 9a/+ et je pense que c’est probablement le bon niveau, sans genouillères (Matteo a fait la voie sans). J’ai cependant enchaîné la voie avec des genouillères, et je pense que c’est un solide 9a avec des genouillères.

Merci à Matteo de m’avoir parlé de cette voie. La vidéo arrive bientôt !

Seb Bouin

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Le film de Seb Bouin dans “DNA”, le deuxième 9c de la planète, maintenant disponible !

13 Déc

Le film de Seb Bouin dans “DNA”, le deuxième 9c au monde, est maintenant disponible en intégralité et gratuitement !

Après le film de Chris Sharma dans “Sleeping Lion” 9b+, c’est maintenant Seb Bouin dans “DNA” 9c qui nous est proposé sur Red Bull TV.

En mai 2022, Seb Bouin clippait le relais de “DNA”, dans le Verdon, après plus de 250 jours de travail. Après l’avoir découverte et équipée en 2019, puis essayée pendant six mois en 2020, et pendant six mois en 2021, le Français de 29 ans parvenait enfin à clipper le relais de cette gigantesque voie.

Ce jour-là, il faisait 10°C à peine, il y avait du vent et il faisait très sec. C’était parfait. Mais je n’avais rien dormi la veille, j’étais stressé, fatigué. Mais étonnamment, je me suis senti léger sur les prises. J’étais en mode pilote automatique.

Seb Bouin

“DNA” débute par une intro en 8c avant d’atteindre un repos. Quelques mouvements conduisent au premier crux, qui vaut 8A bloc. Un passage particulièrement atypique, qui consiste à lancer son pied droit de manière dynamique, comme on le voit souvent en compétition de bloc, avant d’aller chercher une colonnette très loin. Arrive ensuite le deuxième crux de la voie qui vaut 8A+. La séquence est de nouveau très physique, avec une pince infâme à tenir main gauche, pour aller chercher une inversée. Au bout de ce crux, un repos permet de reprendre ses esprits et de repartir pour un dernier combat dans un 8c+ final.

Après avoir passé plusieurs jours à réfléchir sur le niveau de la voie, Seb Bouin décidait d’annoncer la cotation de 9c.

Choisir le 9b+ serait jouer la sécurité. Choisir le 9c, c’est prendre un risque. Je joue la sécurité depuis 2014 sur cette falaise en proposant des cotations très serrées. J’ai fait plus de 20 premières ascensions entre 9a et 9b/+ qui n’ont jamais été répétées.

Mais comme il n’y a qu’un seul 9c proposé dans le monde, il est assez difficile d’être sûr de son coup et confiant concernant la cotation. Je n’ai jamais essayé une voie d’une telle difficulté. Cette ligne serait-elle à la hauteur de « Silence » ? N’ai-je pas passé tout ce temps en partie à cause du fait que j’étais le premier à essayer cette voie, à chercher les méthodes ?

Malgré ces doutes, je prends le risque de proposer la plus haute des cotations. Le 9c doit être pris comme une « proposition », et maintenant il faut que d’autres grimpeurs donnent leur avis, pour confirmer ou ajuster. C’est pourquoi j’aimerais inviter d’autres grimpeurs à venir essayer « DNA ».

Seb Bouin

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Coupe de France de bloc de Toulouse : les résultats !

12 Déc

Ce week-end se déroulait la dernière étape de Coupe de France de bloc jeunes de la saison. Initialement prévue à Chambéry, c’est finalement dans la salle Block’Out à Toulouse qu’elle s’est tenue.

Chez les U16, le tour de finale était dur… Trop dur ! Aucune compétitrice n’enchaînera de bloc, c’est donc sur les prises de zone que la compétition s’est jouée. Avantage à Amie Lerondel, qui s’impose d’un essai seulement face à Lisa Guidoni.

Chez les hommes, le tour était tout aussi dur puisque quatre des finalistes n’enchaîneront aucun bloc. Evan Lemagner fait tout de même la différence en toppant deux blocs, de quoi s’assurer de la médaille d’or devant Tom Daufresne (1 bloc à vue).

Chez les U18 c’est Julia Kuhl qui monte sur la plus haute marche du podium, comptabilisant 2 blocs et 3 zones. Elle devance Luna Alvernhe (2 blocs et 2 zones) et Meije Lerondel (1 bloc et 2 zones).

Chez les hommes, la course a la médaille d’or a été très serrée. Camille Claude (2 blocs et 3 zones) l’emporte d’un essai seulement sur Gabriel Esein-Barbour (2 blocs et 3 zones) et Lilian Bonniot (2 blocs et 3 zones également).

Enfin, en catégorie U20,  Julie Roquebernou décroche la médaille d’or en étant la seule à enchaîner deux blocs. Elle devance sur le podium Sophia Longchambon (1 bloc et 3 zones) et Louna Deshayes (1 bloc et 3 zones), qui seront départagées au nombre d’essais.

Chez les hommes, la famille Lemagner repart avec une deuxième médaille d’or puisque Thomas, le grand frère d’Evan, monte également sur la plus haute marche du podium, après avoir validé 2 blocs en 5 essais et 3 zones. Une histoire de famille également pour la lignée Claude puisque Maël, le grand frère de Camille, remporte également une médaille (argent) en mettant deux essais de plus que Thomas pour enchaîner les deux blocs. Enfin, Tolani Etchar complète le podium (1 bloc et 3 zones)

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Interview : Oriane Bertone dresse le bilan de sa (prestigieuse) saison 2023

09 Déc

Après Manu Cornu, c’est au tour d’Oriane Bertone de se livrer à notre micro sur sa saison 2023. Son année a tout simplement été exceptionnelle ! Et le mot est faible… À tout juste 18 ans, la jeune Réunionnaise est montée sur le podium de trois Coupes du Monde cette année, et a remporté sa première victoire mondiale. Puis, elle a décroché le titre de vice-championne du monde de bloc à Berne cet été, avant de conclure sa saison en beauté, en décrochant son billet pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Pourtant, Oriane est encore très loin de ses limites. Plus motivée que jamais, elle compte bien se donner encore plus, chaque jour, à l’entraînement, pour devenir encore plus forte.

Entretien avec celle qui nous aura fait vibrer cette année.


Salut Oriane, tout d’abord, comment vas-tu ? Comment te sens-tu en ce moment ?

En ce moment, ça va super ! Je viens tout juste de rentrer de La Réunion, où j’ai pris de petites vacances. Maintenant, c’est retour à l’entraînement ! Là je ressors tout juste d’une séance avec Nico [Januel, son entraîneur], donc je suis un peu fatiguée, mais à fond !

Quelle saison 2023 tu as vécue ! L’année a été longue et pleine d’émotions… Quel bilan en tires-tu ?

Que dire d’autre que “réussie” ?! Réussie et pleine de rebondissements, de prise d’expérience et de bonnes vibes. Je m’en suis très bien sortie, j’ai pris mon billet pour les Jeux Olympique lors du TQO de Laval il y a quelques semaines maintenant, donc je suis très heureuse ! Il y a eu beaucoup de travail pour y parvenir, beaucoup d’investissement, et beaucoup d’espoirs qui ont été mis sur notre projet cette année (et je dis bien “notre” car je ne suis pas toute seule dans cette aventure !).

Donc globalement, c’est un bilan plus que positif que je tire et ça me donne beaucoup d’espoirs pour la suite. Car je n’ai pas encore atteint le niveau que je souhaite. J’espère progresser encore plus en 2024, puis 2025, 2026… Alors je suis pleine d’espoirs pour la suite de ma carrière 🙂

© IFSC

Quel est ton plus beau souvenir de l’année ?

C’est difficile car j’ai vécu tant de belles choses cette année… J’ai atteint plusieurs de mes objectifs et j’en suis très fière. Au-delà de ma qualification pour les Jeux Olympiques, l’un des moments qui m’aura le plus marqué cette année, c’est ma première médaille d’or en Coupe du Monde, que j’ai gagnée à Prague. C’était complètement inattendu ! J’ai été capable de grimper comme il fallait ce jour là. J’en suis tellement fière… Encore maintenant, quand j’y pense ça me donne des frissons ! C’est une sensation et une émotion incroyable !

© IFSC

Cite-nous une chose que tu as apprise (sur toi) cette année ?

Mmmh… Je dirais que… j’ai grandi des bras ! (rires). Mes bras sont bien plus grands qu’en début d’année ! Plus sérieusement, je pense que cette année m’a prouvée que j’étais capable de réaliser plus de choses que ce que je pensais. Et aussi que j’étais capable de m’investir plus que ce que j’imaginais. Ça a été une agréable découverte, qui m’a bien changé la vie cette saison.

Y a-t-il une chose que tu ferais différemment avec du recul ?

Pas vraiment… Je pense qu’on a bien fait les choses cette année. J’ai été là quand il fallait que je sois là. Bien sûr, il y a quelques regrets tout de même, des moments où je sais que j’aurais pu mieux faire, des moments où j’aurais voulu mieux faire, mais ce sont des moments qui m’ont permis d’apprendre et de grandir. Je prends tous les échecs, toutes les défaites, toutes les déceptions, tous ces côtés “négatifs” de la performance et de la compétition, comme un apprentissage vraiment exceptionnel pour la prise d’expérience. J’en ai beaucoup pris cette année, aussi parce que j’ai découvert pas mal de choses sur l’entraînement et sur ma capacité à encaisser. Donc si c’était à refaire, oui, je referais tout pareil !

© IFSC

Avec du recul, comment as tu vécu le Championnat du Monde de Berne ?

Le Championnat du Monde à Berne a été une compétition atypique. Nous n’avions jamais eu à gérer une compétition aussi longue, qui s’est autant tirée dans le temps. Elle a duré douze jours ! D’habitude, une compétition classique se tient sur trois jours. Donc ce n’était pas facile à gérer… La préparation a été un peu différente de toutes celles qu’on a pu réaliser jusqu’à maintenant, c’était un beau challenge. J’ai réussi à être en forme tout au long de la compétition. J’ai commencé fort et j’ai fini fort ! Et je suis plutôt fière de moi parce que ce n’était pas facile… Tout le monde n’a pas réussi à le faire, alors je suis vraiment contente d’avoir été capable de m’imposer dans un exercice comme celui-ci.

J’ai été sacrée vice championne du monde, et ça c’est incroyable ! Bon, après je suis quand même un peu déçue parce qu’en diff, ce n’était pas encore ça, et au combiné, malgré ma très bonne demi-finale [Oriane se classait troisième, à quelques points seulement de la deuxième place], je n’ai pas réussi à réitérer en finale. La fatigue l’a emportée et je me suis écroulée… Mais d’une manière générale je pense que j’ai plutôt bien géré ce Championnat du Monde, qui m’a permis de mettre en avant des points faibles à travailler.

© Lena Drapella

Le fait de décrocher ton ticket pour les Jeux Olympiques a-t-il changé quelque chose dans ton état d’esprit ou ta façon d’être ?

Non, rien n’a changé ! Alors oui, le travail va être plus intense encore, mais que je sois aux Jeux ou pas, mon objectif est de progresser le plus possible et de dépasser mes limites. Donc retour à l’entraînement à fond, mais je t’assure que mon état d’esprit ou mes routines n’ont pas changé !

Qu’est-ce qui a le plus changé cette année dans ta préparation ?

Je m’entraîne un peu plus que l’an dernier. C’est normal, on cherche à aller plus loin avec Nico [Januel]. Ça fait deux ans maintenant qu’on bosse ensemble et ces deux années nous ont permis d’apprendre à nous connaître plus précisément. Donc l’entraînement augmente en intensité, en volume… J’ai passé les trois-quarts de mon année enfermée dans une salle à m’entraîner !

Quels sont tes axes principaux d’entraînement pour la saison à venir ?

Je vais bosser à fond sur la diff parce que c’est là que j’ai le plus de marge de progression ! J’ai aussi repéré quelques points faibles en bloc et je sens qu’on est sur le bon chemin. Je vais continuer à me donner à fond, je me fais confiance, je fais confiance à Nico et j’espère qu’en fin d’année je serai devenue une “lactate” comme on dit ! (rires)

As-tu déjà établi le calendrier des compétitions auxquelles tu vas participer cette année ? Quel est ton prochain rendez-vous ?

Le premier rendez-vous sera le Championnat de France. Je vais faire le Championnat de France de bloc, c’est sûr, et peut-être celui de difficulté. Mais la saison de diff est encore assez floue pour moi, on a commencé à en discuter avec Nico, mais on a besoin d’approfondir encore un peu de ce côté-là.


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Un solo de 150m au-dessus de la plage pour Alex Huber !

07 Déc

Le légendaire Alexander Huber s’est offert en solo intégral l’Aguglia di Goloritzé, une aiguille haute de 150 mètres sur une plage italienne.

Dans le cadre d’un tournage pour la télévision allemande, Alexander Huber, deuxième grimpeur de l’Histoire à avoir enchaîné un 9a, a grimpé en solo intégral les 150 mètres de la Punta Caroddi, une impressionnante aiguille rocheuse située sur la côte est de la Sardaigne.

Pour ce faire, le grimpeur allemand de 54 ans a choisi de répéter “Easy Gymnopedie” un 6b+ ouvert en 2003 par Enzo Lecis.

Sportivement, ce n’est pas un exploit, mais d’un point de vue esthétique, le Goloritzé est tout simplement unique.

Alex Huber

L’intégralité de l’ascension a été filmée par la télévision allemande et fera l’objet d’un documentaire. Une fois au sommet, Huber est descendu en rappel le long de l’aiguille, en se servant des cordes utilisées pour le tournage.

Pour mémoire, la première ascension en solo de l’Aguglia di Goloritzé a été réalisée il y a plusieurs années par Patrick Berhault. Le Français avait été tellement ébloui par la beauté de l’aiguille que, ne trouvant pas de partenaire d’escalade, il l’avait grimpée en solo.

Alex Huber, la légende des années 90 !

Alexander Huber est l’un des grimpeurs les plus forts de sa génération. L’Allemand a fortement contribué au développement de l’escalade, dans ses disciplines les plus diverses : des voies sportives aux grandes voies, en passant par l’alpinisme.

En 1992, il réalise la première ascension de “Om” à Endstal en Allemagne, proposant la cotation de 9a. Il devient alors le second grimpeur au monde à réussir une voie dans le neuvième degré, après son compatriote Wolfgang Güllich. Deux ans plus tard, il confirme son statut de meilleur falaisiste de la planète en enchaînant deux autres 9a : “Weiße rose” et “La Rambla”.

En 1996, il clippe le relais de “Open Air” en Autriche, proposant la cotation de 9a. Cette voie ne sera répétée que douze ans plus tard, en novembre 2008, par Adam Ondra qui décide alors de revoir sa cotation à la hausse, l’évaluant à 9a+. Aujourd’hui, aucun autre grimpeur ne l’a encore répétée et si cette nouvelle cotation venait à être confirmée, Alex Huber serait alors le premier grimpeur  de l’Histoire à avoir atteint ce degré de difficulté, bien avant Chris Sharma, à qui l’on attribue la libération du premier 9a+, “Biographie” en 2001.

En plus de ces voies sportives extrêmes, Huber a réalisé de nombreux solos au cours de sa brillante carrière, notamment “Hasse Brandler” (550m, 7a+) en 2002 , “Der Opportunist” (8b) en 2003, et “Kommunist” (8b+) en 2004, “Schweizerühre” (400m, 6b+) en 2008 ou “Murciana” (270 m, 6c) à Mallos di Riglos en 2009.

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Le film complet de Chris Sharma dans “Sleeping Lion” est enfin disponible gratuitement !

06 Déc

Le film complet de Chris Sharma dans “Sleeping Lion”, le deuxième 9b+ de sa carrière, est maintenant accessible gratuitement sur Red Bull TV.

Ce printemps, l’Américain Chris Sharma marquait une nouvelle fois l’Histoire de l’escalade en libérant une nouvelle kingline à Siurana : « Sleeping Lion » 9b+. Dix ans après avoir réussi son premier 9b+ avec « La Dura Dura », le King comme on le surnomme, clippait le relais de son second 9b+, malgré une vie personnelle et professionnelle bien remplie.

Son histoire avec “Sleeping Lion” a fait l’objet d’un court métrage, diffusé lors du Reel Rock 9. Désormais, le film est accessible gratuitement et en intégralité.

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Pourquoi ce 9a+ a-t-il donné tant de mal à Jakob Schubert ?

05 Déc

Après avoir passé cinq ans avant d’enchaîner “Clash of the Titans”, Jakob Schubert s’est interrogé sur ce 9a+, qu’il propose de réévaluer à 9b.

Certains choix méritent quelques nuits de réflexion… C’est le cas de “Clash of the Titans”, un 9a+ libéré par Alex Megos en 2017, qui a fait cauchemarder Jakob Schubert ! L’Autrichien a passé plus de cinq ans à travailler “Clash of the Titans”, en vain. Pour quelqu’un qui a l’habitude de projeter les lignes les plus extrêmes de la planète (rappelons qu’il a réalisé la première ascension de “B.I.G” 9c cet été), il était étonnant qu’il ne clippe pas le relais de ce 9a+, au profil plutôt basique.

“Clash of the Titans” est une connexion entre “Juturna” 8c+/9a, et le projet “Vulcanus”. La première partie vaut aux alentours de 8b+/c et permet d’atteindre un mauvais repos, d’où débute une section en 8A+ bloc sur de petites prises. C’est notamment ce crux qui a donné du fil à retordre à Jakob. Après avoir enfin atteint le sommet de la voie l’année dernière, le champion du monde s’est abstenu de communiquer sur cette performance… Pour lui, il était impossible que cette ligne vaille “seulement” 9a+. Il a donc invité son ami Stefano Ghisolfi à essayer la voie à ses côtés, afin d’avoir un avis supplémentaire.

© Hannes Mair | ALPSOLUT

J’ai grimpé pas mal de 9a+ et de 9b, mais aucun d’entre eux ne m’a demandé autant d’efforts que cette voie. Cependant, je ne savais pas si sa cotation méritait vraiment d’être revue à la hausse, c’est pourquoi je n’ai pas communiqué sur cette ascension. Après tout, la voie ne correspond pas vraiment à mon style…

Mais au début de l’année, j’ai eu l’occasion de grimper cette voie avec Stefano Ghisolfi, qui a également pu donner son avis.

Jakob Schubert

Après plusieurs séances dans la voie, l’Autrichien et l’Italien ont décidé de revoir sa cotation à 9b, compte tenu de l’effort nécessaire pour en venir à bout et du très faible nombre de répétitions (à l’heure actuelle, on ne compte que celle de Jakob, malgré les essais de Stefano Ghisolfi ou d’Adam Ondra, deux des meilleurs falaisistes au monde).

À l’issue de cette réflexion, Jakob s’est entretenu avec Alex Megos, qui a indiqué avoir été particulièrement en forme en 2017 au moment de son ascension, et avoué qu’il avait peut-être sous-estimé les difficultés de la voie.

© Hannes Mair | ALPSOLUT

Je pense que ces dernières années, nous avons assisté à une sorte d’inflation des cotations et j’estime qu’il est de la responsabilité de toute personne capable de grimper les voies les plus dures d’exprimer honnêtement son opinion. C’est pour cette raison que je n’ai pas décoté certaines voies dans le passé. Et c’est pour cette même raison que je propose un petit passage à 9b pour “Clash of the Titans”.

Jakob Schubert

Dans ces propos, Jakob met en lumière un problème majeur de notre sport aujourd’hui, à savoir l’inflation des cotations. Pour ajouter une voie de plus à leur carnet de croix, beaucoup oublient l’éthique et l’honnêteté intellectuelle, négligeant la comparaison objective entre la difficulté de la voie et celle que l’on voudrait qu’elle soit.

Trouver une voie, la nettoyer, l’équiper, l’essayer soi-même et en réaliser la première ascension est un long processus, qui peut parfois aveugler le premier ascensionniste. Un grimpeur répétiteur, pour qui la plupart du travail est déjà fait, part avec un avantage non négligeable. Ainsi, la confrontation du niveau entre l’équipeur, le premier ascensionniste et le répétiteur est la seule façon de “garantir” que la cotation est la plus juste possible, en se rappelant toujours que la difficulté n’est pas une science exacte.

La vidéo de Jakob Schubert et Stefano Ghisolfi dans “Clash of the Titans” 

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Encore un 9a pour Anak Verhoeven !

05 Déc

Décidément, Anak Verhoeven est instoppable ! En Espagne depuis plusieurs mois, la grimpeuse belge de 27 ans a ajouté un nouveau 9a à son carnet de croix : “La Fabela Pa La Enmienda”.

Ce n’est pas un problème au dos qui allait stopper Anak Verhoeven. C’est à peine si ça l’a ralentie… Après avoir surmonté quelques douleurs au dos qu’elle traînait depuis quelques semaines, la Belge est venue à bout de son projet du moment dans la grotte de Santa Linya : “La Fabela Pa La Enmienda” 9a.

Cette voie a été libérée par Edu Marin le 1er février 2008, juste avant que Dani Andrada signe la seconde ascension, seulement quelques minutes après le passage d’Edu. Cette voie, qui compte aujourd’hui plus d’une vingtaine d’ascensions, est l’une des plus populaires de la grotte de Santa Linya. Elle remonte son impressionnant dévers et peut être décomposée en trois parties : une première en 8a, appelée “Trio Ternura”, mène à la seconde partie où se trouve un bon pas de bloc, suivi de quelques mouvements bien résistants, ce qui fait grimper la cotation à 8c+. On atteint alors le relais de “La Fabela”, qu’Anak avait déjà enchaîné en 2017. Pour réaliser l’intégrale en 9a, il faut poursuivre encore une vingtaine de mètres et grimper l’équivalent d’un 8b.

La grimpeuse belge est la troisième femme à clipper le relais de “La Fabela Pa La Enmienda”. La première grimpeuse à l’avoir fait est la Slovène Mina Markovic, en 2015. Trois ans plus tard, sa compatriote Janja Garnbret était devenue la deuxième femme à en atteindre le sommet, lors d’un séjour au cours duquel elle avait enchaîné “Selecció Natural”, son premier 9a.

Depuis le mois de septembre, date à laquelle elle est arrivée en Espagne, Anak Verhoeven ne cesse de réaliser des exploits en falaise. Elle a d’abord clippé les relais de “Cosi Se Arete” 9a (qu’elle a d’ailleurs enchaîné deux fois dans la même journée !) et “De Battre Mon Coeur S’est Arrêté” 9a/+ à Rodellar. Elle s’est ensuite rendue à Vadiello, où elle a enchaîné la voie de trad “La Fuerza de la Gravedad” 8b, avant de se rendre à Santa Linya, où elle vient de faire “La Fabela Pa La Enmienda”

J’ai grimpé sur cette voie par intermittence pendant mon séjour à Santa Linya. À un moment donné, j’ai dû faire une pause en raison d’un problème de dos. Lorsque je me suis senti mieux, j’ai refait tous les mouvements et je l’ai enchaînée lors de ma première tentative depuis le bas.

Anak Verhoeven


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Lily Abriat et Léo Favot remportent la Coupe de France de Valence !

04 Déc

La dernière Coupe de France seniors de bloc de la saison se tenait à Valence ce week-end. Lily Abriat et Léo Favot se sont imposés.

Après Marignier, Chaumont et St-Leu, les meilleurs bloqueurs du territoire avaient rendez-vous à Valence, pour disputer la dernière Coupe de France de bloc de la saison 2023/2024.

Chez les femmes, Lily Abriat aura été invincible tout au long de la compétition. Déjà première des qualifications en étant l’une des deux seules grimpeuses à enchaîner tous les blocs du circuit, elle confirme son statut de numéro 1 en finale, en enchaînant 3 blocs en 7 essais. Un score qui lui permettra de s’offrir l’or sur cette première Coupe de France à laquelle elle participait cette saison.

Derrière elle, on retrouve la jeune Chambérienne Louise Puech Yazid, qui réalise 2 blocs en 6 essais, de quoi devancer de peu Camille Pouget, venue s’inviter sur cette Coupe de France de bloc, qui repart avec une belle médaille de bronze (2 blocs en 8 essais).

Les résultats de la finale femme

+ Les résultats complets seniors femmes

© JP Sautriau

Chez les hommes, la compétition sera remportée par Léo Favot, qui sera passé de la sixième à la première place. En effet, rien n’était gagné d’avance pour le grimpeur annécien, qui se frayait une place en finale de justesse. Premier grimpeur à s’élancer dans les quatre blocs de finale, Léo met tout le monde d’accord, en étant notamment le seul compétiteur à enchaîner le troisième passage, ce qui lui vaudra la médaille d’or.

Avec un bloc de moins, c’est Léo Avezou (2 blocs en 5 essais) qui monte sur la deuxième marche du podium, devançant Thomas Lemagner (1 bloc en 1 essai).

Les résultats de la finale homme

+ Les résultats complets seniors hommes

Le prochain grand rendez-vous national aura lieu à Valence de nouveau, les 17 et 18 février 2024, pour le Championnat de France de bloc.

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“Le Voyage” E10 7a/8b+ tombe sous les assauts d’une nouvelle Française !

29 Nov

Quelques jours seulement après que Caroline Ciavaldini a enchaîné “Le Voyage”, une nouvelle Française vient de réaliser cette voie de trad iconique d’Annot : Mélissa Le Nevé.

Accompagné du grimpeur allemand Fabian Buhl, Melissa Le Nevé a ajouté à son carnet de croix “Le Voyage”, une voie de trad cotée E10 7a/8b+ située à Annot, en France.

Jusqu’à présent, j’ai essayé quelques voies de trad par-ci par-là, mais mon expérience en la matière était très limitée. “Le Voyage” m’a offert une très belle expérience, qui m’a permis de découvrir cet équilibre entre confiance dans le matériel et mouvements difficiles.

Tous deux ont d’abord travaillé la voie en moulinette, avant de se lancer dans des essais en tête depuis le bas. Mélissa Le Nevé a enchaîné la voie lors de sa deuxième tentative en tête, après avoir abandonné lors de son premier essai, n’ayant pas eu confiance dans le coinceur qu’elle venait de placer.

Sur cette voie, j’ai vraiment pris le temps de grimper en moulinette pour comprendre comment je devais placer ces petits coinceurs sous le crux. Le crux est l’équivalent d’un bloc de Fontainebelau de 4 mètres, au-dessus d’un petit coinceur relativement fiable. Mais c’était la première fois que je faisais une grosse chute sur ces mini-coinceurs.

Après avoir grimpé huit fois en moulinette, j’ai décidé de me lancer en tête et je n’ai pas bien placé le coinceur avant le crux. J’ai pu le voir seulement quand j’ai engagé le début du pas de bloc 😅 Fabian Buhl m’encourageait mais j’ai décidé d’abandonner et de faire une petite chute… En voyant que le coinceur tenait toujours ma confiance a augmenté. J’ai décidé de le replacer correctement, et de volontairement faire une plus grosse chute. J’ai serré les dents… Mais ça a tenu 😆

Le lendemain, sans aucune hésitation, Mélissa Le Nevé atteindra le sommet de la voie, pour son plus grand bonheur.

© Jan Novak

En ce qui concerne la difficulté, Mélissa a suggéré que la voie était plus facile que certains 8b de Céüse qu’elle avait déjà grimpés, et que le crux était similaire à un 6C bloc de Bleau.

Fabian Buhl, qui a également enchaîné la voie en même temps que Mélissa, l’a comparée à d’autres voies de trad qu’il a déjà grimpées, et a trouvé que les autres voies cotées E9/10 qu’il avait enchaînées “semblaient beaucoup plus engagées que “Le Voyage”, car on pouvait vraiment atterrir au sol si on tombait”.

James Pearson a félicité Le Nevé et Buhl sur Instagram, reconnaissant que “Le Voyage” est une voie qui “est engagée, mais peu susceptible de causer des blessures”, et déclarant que c’est lorsque vous combinez la difficulté physique et technique d’une voie avec son danger que vous pouvez commencer à avoir une idée de sa cotation E en trad. Il a également déclaré, en réponse aux réflexions de Mélissa sur la difficulté du crux, qu’il serait “brutal pour du 6C”.

Depuis que James Pearson a signé la première ascension de cette voie en mai 2017, plus d’une douzaine de grimpeurs l’ont répétée. L’enchaînement le plus rapide a été réalisé par Sébastien Berthe, qui l’a flashée au printemps dernier.


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Cédric Lachat s’offre les 238 mouvements de “Chilam Balam” 9a+/b !

28 Nov

Cédric Lachat est venu à bout des 82 mètres de “Chilam Balam” 9a+/b en Espagne, après plusieurs semaines de travail. 

Il s’était promis d’enchaîner au moins cinquante voies dans le neuvième degré avant ses 40 ans… C’est maintenant chose faite ! Et avec de la marge s’il vous plaît, car il lui restait encore neuf mois pour accomplir cet objectif. Pour marquer sa cinquantième voie dans le neuvième degré, Cédric Lachat a vu les choses en grand : il a choisi la gargantuesque ligne de Malaga en Espagne, “Chilam Balam” et ses 238 mouvements en 9a+/b.

Cette ligne de 85 mètres de long a été équipée en 1999 par Bernabé Fernández, qui en fera la première ascension quatre ans plus tard. À l’époque, il s’agissait de la première proposition en 9b+ au monde, ce qui a déclenché une vive polémique. En effet, en 2003, le 9a est bien établi (avec une vingtaine de voies environ) et seules quelques voies au-dessus du 9a ont été annoncées. Parmi elles, la controversée “Akira”, proposée à 9b par Fred Rouhling en 1995, “Biographie” le 9a+ de référence libéré par Chris Sharma en 2001, “Flex Luthor”9a/+ enchaîné par Tommy Caldwell en janvier 2003, “Flatmountain” 9a/+ libéré par Yuji Hirayama en mars 2003 et “La Rambla” 9a+ enchaîné au cours du même mois par Ramón Julián Puigblanque. Il était donc osé de la part de Bernabé Fernández de passer directement au 9b+.

Huit ans plus tard, Adam Ondra, le premier répétiteur de “Chilam Balam”, enchaînera la voie après seulement trois jours de travail, et reverra la cotation à la baisse, décrivant la voie comme un “gentil 9b”. Seb Bouin, qui deviendra le troisième ascensionniste de la voie en mai 2015, ira même encore plus loin en optant pour le 9a+/b : “C’est clair que 9b+ c’était la méga blague ! Je ne pense pas que ce soit un vrai 9b. Pour Adam Ondra, c’est un petit 9b. Pour Dani Andrada, qui a essayé avec moi, c’est 9a+. Pour Edu Marin, c’est 9a+/9b. Après réflexion, je propose 9a+/9b“.

© Emilie Langard

Malgré le fait que la cotation ait été revue à la baisse, les ascensions de la voie se font rares. Outre les répétitions d’Ondra et de Bouin mentionnées ci-dessus, on ne compte que celles de Dani Andrada (2015), Edu Marín (2015), Sindre Saether (2019), Jonatan Flor (2021) et maintenant Cédric Lachat (2023). Il faut dire que la ligne est particulièrement intimidante ; la travailler demande un grand effort, tant physique que mental.

Les 85 mètres de la voie peuvent être décomposés en trois parties : un 8c+, un 8b+/c, et un 8c, chaque partie étant séparée par un repos complet. La première section est principalement constituée de colonnettes et stalactites et est marquée par un crux très difficile au niveau de la quatrième dégaine. La seconde partie, très déversante, est physique à souhait, sur des trous et des concrétions de toutes tailles. La fin remonte un mur gris légèrement surplombant sur petites prises, avec un pas de bloc aléatoire sous le relais, estimé à 7B bloc à lui seul. Cédric Lachat est d’ailleurs tombé à plusieurs reprises à cet endroit, avant d’en venir à bout.

Et voilà, Chilam Balam 9a+/b, c’est fait 🙂 Je suis tellement heureux et fier d’avoir enfin clippé le relais de cette voie de oufff. Et cerise sur le gâteau : je coche ma cinquième voie dans le neuvième degré avant mes 40 ans.

Cédric Lachat

Cédric Lachat dans le pas de bloc sommital de “Chilam Balam” :

 

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Une publication partagée par Cedric Lachat (@cedriclachat)

Depuis le début de l’année 2023, Cédric Lachat ne cesse de nous époustoufler. Outre la répétition de “Chilam Balam”, le Suisse a enchaîné sa voie la plus difficile à ce jour, “Fantasia” 9b, dans le massif du Vercors, quelques semaines après avoir réalisé la première ascension de “At Home Cornus” 9a+ dans le Vercors également. Plus récemment, comme étape préliminaire à l’enchaînement de “Chilam Balam”, il a clippé les relais de ses deux variantes : “Chilam Salsera” 9a et “Maldita Envidia” 9a.

L’interview de Cédric Lachat suite à son enchaînement :

Peux-tu revenir sur ta journée d’enchaînement de “Chilam Balam” ?

Alors, c’était le dernier jour avant de partir. J’étais fatigué après ce long séjour, mais j’ai quand même tout mis en œuvre pour bien me préparer dès le matin afin de faire un dernier essai. Ma copine a réussi son premier 7c juste avant moi. Cela m’a finalement redonné un peu d’énergie pour me motiver à faire l’effort. Ce n’est pas facile quand on est fatigué mentalement, car l’effort est long. Ce n’est pas seulement physique, mais aussi mental, car il faut enchaîner les mouvements entrecoupés de pas de blocs difficiles et se forcer à rester concentré. Malgré les super genoux, se reposer n’est pas si simple, car il faut toujours être en tension sur la pointe des pieds et vraiment contracter les muscles. C’est donc une autre fatigue à gérer. Ensuite, il ne faut pas douter mentalement, car même si on se met en difficulté dès le début de la voie, il faut avoir confiance et se dire que l’on pourra récupérer plus haut. Donc, avant de partir pour faire un essai dans cette voie, il faut être prêt mentalement.

Parle-nous de ton processus de travail pour parvenir à faire la croix.

La voie est longue et peut se diviser en trois parties. C’est assez spécial. On pourrait imaginer une grande voie qu’il faut faire en une seule longueur. J’ai donc travaillé la première partie en 8c+, ce qui n’était pas gagné pour moi au début du trip, car je n’étais pas entraîné/en forme après ma saison de travail. Une fois que j’arrivais à faire le 8c+, j’ai décidé de faire une sortie tout droit de 60 mètres en 9a pour me mettre en forme. Ensuite, j’ai fixé une corde au relais du 8c+ pour aller directement au début de la grande traversée en toit que j’estime à 8b+/8c. Elle n’est pas non plus facile, car il y a deux gros pas de bloc suivis de petits pas de résistance entrecoupés de super repos. C’est spécial à grimper. Il faut réussir à être rapide sans se fatiguer et trouver les repos parfaits pour réussir l’intégralité de “Chilam Balam”. Ensuite, je suis allé voir la dernière partie de la voie, mais je ne bougeais pas bien dans la fin et je ne me sentais pas assez en forme. Alors, j’ai fait un autre 9a qui me faisait faire le 8c+ puis la moitié de la traversée et sortir par une sortie toute droite. J’ai repéré juste une fois la sortie en 9a et je l’ai faite histoire de m’entraîner un peu. Puis pour finir, je me suis mis à bosser sur la fin de “Chilam Balam” avec ce fameux 7C bloc qui me posait tant de problèmes car je manquais vraiment de fermeture de bras. Mais après pas mal de jours de travail sur ce mouvement, j’ai réussi à le faire. J’ai d’abord essayé d’enchaîner juste la dernière partie, puis ensuite j’ai fait un essai du bas. Il m’aura fallu au final quatre essais du bas pour y arriver. C’est rapide et long en même temps, car tout ce travail fatigue. Il faut du repos et progresser tout au long d’un séjour sans non plus trop fatiguer et tomber en sur-entraînement. Il faut donc trouver la bonne balance entre travail, entraînement et repos.

Peux-tu nous décrire la voie ?

Cette voie de 85 mètres, avec ses 218 mouvements et ses 24 dégaines, se divise en trois parties : 8c+, puis un gros toit en 8b+/8c pour finir par un 8c+. Tout cela équivaut à un 9a+/b. Il y a énormément de repos avec des genoux. Dans l’enchaînement, je grimpais les deux premières parties avec une corde. Quand j’arrivais à la fin de la traversée, je me mettais sur deux super bons genoux, puis je clippais une autre corde à mon baudrier, préinstallée auparavant, et un autre assureur me prenait sur cette corde. Cela m’évitait de tirer 85 mètres de corde. Je ne sais pas si c’est la meilleure méthode, mais c’est ce que j’ai trouvé qui fonctionnait. En tout cas, pour une voie comme celle-ci, il faut avoir le temps de travailler avec un super assureur. Ce n’est quand même pas le plus ludique pour l’assureur. Merci à ma copine sur ce coup, c’est sûr…

Un avis sur la cotation ?

Pour la cotation, je suis assez d’accord sur le 9a+/b, car avec deux genouillères, ça change tout. Avec une seule, je trouverais ça bien plus difficile. Mais je comprends que sans les bonnes méthodes ou des genoux, la voie devient extrême. Et encore là, dans la première partie, j’en bave car je suis limite en taille et crucifié. J’imagine que si tu es plus grand, ça devient encore plus facile.

 Pourquoi t’être lancé dans ce projet ?

Je voulais grimper dans un bon spot à cette période. Villanueva del Rosario semblait la falaise parfaite pour ce trip. À la base, je voulais aller voir autre chose. Je crois que j’avais peur d’aller voir cette voie. Je pensais que c’était trop complexe à faire et trop d’investissement. Mais un ami, Ludovic Pin, lors d’une journée de grimpe, m’a dit que je devrais aller voir, et au final, cette petite phrase m’a motivé et c’était parti. J’ai un peu fait la tête quand j’ai essayé au début le 8c+ et que j’ai vu que j’avais du vraiment du mal. Je me suis demandé comment je ferai pour faire tout ça. Car il faut vraiment marcher le début pour réaliser la voie…

Un dernier mot à ajouter ?

Je ne pensais pas encore réussir une voie si dure maintenant. À presque 40 ans, j’ai toujours plus de mal à rester en forme et moins de temps pour m’entraîner physiquement comme dans le passé. Mais au final, je progresse toujours. J’ai moins de force maximale, clairement par manque d’entraînement, mais beaucoup plus d’expérience et de maîtrise de moi, ce qui me permet d’augmenter le niveau. Presque que j’aurais envie de m’entraîner sérieusement pour voir ce que je pourrais faire. Mais bon, là j’atteins gentiment mes limites et je n’ai plus la tête et la forme pour m’entraîner comme quand j’avais 25 ans. Donc, ça me va bien.


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Simon Lorenzi travaille actuellement “Burden of Dreams” 9A et nous raconte !

27 Nov

Le Belge Simon Lorenzi a décidé de s’attaquer à “Burden of Dreams”, la référence en matière de 9A bloc. Arrivé en Finlande il y a quelques jours, il travaille le bloc sans relâche. Entre la découverte de nouvelles méthodes, la casse de certaines prises et la gestion de la peau, Simon a accepté de nous partager tout son processus de travail.

Ahhhh “Burden of Dreams”… La référence en matière de 9A bloc ! Cette ligne fait rêver les meilleurs grimpeurs de la planète depuis près d’une décennie. Libéré par Nalle Hukkataival en octobre 2016, “Burden” comme on le surnomme est resté à l’état de mythe pendant des années, jusqu’à ce que William Bosi le répète enfin, le 14 avril dernier.

Depuis, l’élite des bloqueurs s’est intéressé de plus près à ce bloc : le Japonais Toru Nakajima s’est d’abord rendu au pied de ce rocher, suivit du redoutable Britannique Aidan Roberts, connu pour sa force incroyable dans les doigts, de l’Italien Stefano Ghisolfi, de l’Allemand Yannick Flohé, du Russe Vadim Timonov ou encore du Belge Simon Lorenzi. Après avoir enchaîné “Soudain Seul” (qu’il a proposé à 9A, mais qui a depuis été décoté à 8C+) et réalisé “Alphane” (dont la cotation a été confirmée à 9A), Simon s’est tout naturellement tourné vers “Burden of Dreams”, afin d’accroître sa liste de croix dans le neuvième degré.

Comme tous les autres prétendants, son processus de travail a commencé en salle, sur la réplique en résine du bloc. Maintenant commercialisé par la marque Core, il est très facile de se procurer le set de prises complet de “Burden of Dreams”, dans la couleur de son choix, pour un peu moins de 500€.

En septembre, Lorenzi les commande et les visse immédiatement dans sa salle, Le Camp de Base à Bruxelles. Il enchaîne alors les séances de travail sur la réplique, afin de se familiariser avec les mouvements.

Je n’ai jamais été aussi excité à l’idée de m’entraîner sur un morceau de plastique ! En parallèle de ma préparation pour les compétitions, je vais mettre en place un plan d’entraînement efficace sur ces prises imprimées en 3D avant de partir pour la Finlande en novembre. Que cette nouvelle aventure commence ! 💥

Simon Lorenzi, le 6 septembre 2023

Après quelques semaines d’entraînement en salle, l’heure était venue pour Simon Lorenzi de naviguer jusqu’en Finlande, afin de se confronter au vrai “Burden of Dreams”.

© Gilles Charlier

Le 15 novembre, il réalisait sa première séance de travail dans le bloc.

Comme toujours après un long voyage, je me suis senti léger sur les prises, mais tremblant et imprécis. Ma peau n’était pas au top alors je me suis concentré sur la partie centrale et j’ai trouvé ce que je pense être une très bonne méthode ! Comme la prise de pied que Stefano et Shawn utilisaient s’est cassée, j’ai dû trouver quelque chose d’autre. Pour faire court : le nouveau mouvement est une lolotte gauche dans la première main droite.

À peine arrivé que Simon trouvait déjà une nouvelle méthode dans le bloc… Prometteur ! Mais ce n’est pas tout, quelques jours plus tard, alors qu’il essayait le bloc depuis le bas, Simon réussira le premier mouvement (considéré comme le plus dur du bloc) à deux reprises… avant de casser la prise de pied ! Lors de cette même séance, il trouvera une manière d’effectuer le dernier mouvement (considéré comme très aléatoire) quasiment à tous les coups ! Que de rebondissements au cours de cette journée de travail !

© Gilles Charlier

Depuis, le Belge continue de travailler le bloc, malgré des températures négatives et des problèmes de peau. Il le sait : la patience est la clé dans le processus de travail d’un bloc aussi exigeant que “Burden of Dreams”.

Hier, alors qu’il terminait sa septième séance de travail dans le bloc, Simon s’est livré au jeu des questions/réponses. Voici notre entretien.

Salut Simon ! En direct depuis la Finlande, comment te sens-tu ?

Salut ! Écoute, je me sens super bien ici, la vie est super paisible !

Tu t’es d’abord entraîné sur la réplique en plastique de « Burden of Dreams », comment se sont passés tes essais ?

L’entraînement sur la réplique c’est cool, parce que tu peux t’entraîner, mais c’est un peu frustrant. La mienne n’a pas de friction et quand il fait un peu chaud dans la salle ça devient très compliqué de s’entraîner correctement. Au final ça m’a surtout été utile pour travailler le premier mouvement.

Quelles ont été tes premières impressions en grimpant sur le rocher ?

La chose qui m’a tout de suite marquée en arrivant c’est à quel point le bloc détruit la peau, je ne m’attendais pas à ce que ce soit à ce point là. J’ai aussi remarqué que les sensations par rapport à la réplique étaient un peu inversées et donc que ce n’était pas dur pour les mêmes raisons, j’ai donc dû m’adapter. 

Ta manière d’aborder le travail de ce bloc est-elle la même que les autres blocs durs que tu as déjà projetés ?

Cette fois-ci la démarche est un peu différente. Je concentre mon énergie pour être vraiment bien dans les mouvements individuels mais je ne tente pas trop d’enchaîner des sections pour ne pas détruire ma peau inutilement.

Parle-nous de cette nouvelle méthode que tu as trouvée dès ta première séance, qui consiste en une grosse lolotte au milieu du bloc.

Une fois que j’ai fait le premier mouv, je remonte mon pied gauche à droite de la main de départ et je fais une grosse lolotte gauche tout en utilisant le même pied droit éloigné. De là, je ferme le bras directement dans la prise main gauche qui permet de faire le jump de fin, je gagne donc un mouvement. Je crois que cette méthode est vraiment meilleure que les autres, sauf si t’es trop grand car t’es vraiment en boîte. 

 

Qu’en est-il du premier mouvement, considéré comme le plus dur du bloc ? À ce propos, tu as récemment cassé le pied gauche de départ cette semaine, cela rend-il le mouvement encore plus dur ?

C’est un mouvement très exigeant, surtout à cause des pieds qui ne sont mauvais et glissants car les mains ne sont pas si pires en soi. Je pense que ça doit valoir 8B bloc en un seul mouvement, c’est très aléatoire mais il ne semble pas si extrême quand tu le fais. J’utilisais un petit pied gauche parfaitement placé pour moi mais malheureusement il a cassé. Il n’y a que moi qui l’utilisait donc c’est mon problème, mais en effet, c’est un peu plus dur maintenant.

Tu as également découvert un moyen de faire le dernier mouvement quasiment à chaque fois. Peux-tu nous en dire plus ?

Oui, ce n’est rien de révolutionnaire, juste une manière qui me convient mieux. Je griffe un pied gauche et je mets le pied droit plus bas que les autres, ce qui me permet de rester plus bas sur les prises et de guider le mouvement beaucoup mieux. Je suis donc beaucoup plus précis et ça change tout car c’est la principale difficulté de ce dernier mouv. 

© Gilles Charlier

Penses-tu que les récentes prises qui ont cassées dans le bloc ces derniers temps le rendent plus dur ?

Les récentes prises aillant cassées ne le rendent pas plus dur, c’est même l’inverse je crois car ça nous a poussé à chercher d’autres méthodes sautant moins aux yeux, mais s’avérant au final sûrement plus efficaces !

La gestion de la peau a l’air d’être un élément crucial dans le travail de ce bloc. Comment gères-tu ce paramètre ?

La peau est vraiment l’un des facteurs les plus limitants dans ce bloc. Je suis en train d’apprendre à faire des straps corrects afin de pouvoir essayer les mouvements sans détruire ma peau d’emblée. Ensuite, il faut s’armer de patience et être prêt à se reposer beaucoup. Heureusement, les journées passent vite avec le soleil qui se couche à 15h30 !

© Gilles Charlier

Comment compares-tu “Burden of Dreams” à “Alphane” ou “Soudain Seul” ?

L’effort est vraiment différent, ici c’est 4-5 mouvements de pure tenue de prise avec peu de calage requis au final. C’est un style très différent qui ne permet pas de faire des énormes séances et qui oblige à espacer un peu plus les jours de grimpe donc c’est aussi moins habituel. En termes de difficulté je ne le sens pas plus dur mais juste différent. Si tu tiens très très bien les prises par exemple, c’est clairement plus facilement réalisable que les deux autres. 

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ce bloc ?

Ce que j’adore, c’est que c’est un pur bloc comme on en ferait dans un pan avec des prises en bois. Ça va droit au but, c’est super direct, y a pas de chichis.

© Gilles Charlier

Shawn Raboutou était également sur place pour travailler le bloc. Avez-vous partagé des sessions ensemble ?

Il était là pour quelques jours, il y avait aussi Aidan [Roberts] et Yannick [Flohé] et on a partagé certaines séances ensemble. C’était vraiment cool, tant pour l’ambiance que pour mettre en commun et partager les petites méthodes/détails. C’est un peu un travail d’équipe au final, c’est comme résoudre un puzzle, ça se fait de manière plus efficace à plusieurs.

Jusqu’à quand as-tu prévu de rester en Finlande ?

Je resterai tant que ma peau et ma motivation me le permettront !


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La liste des grimpeurs olympiens s’agrandit !

26 Nov

Quatre nouveaux noms ont été ajoutés à la liste des grimpeurs qui participeront aux J.O de Paris 2024 : il s’agit des grimpeurs australiens Oceania Mackenzie et Campbell Harrison pour le combiné bloc/difficulté et Sarah Tetzlaff et Julian David pour la vitesse.

En remportant le Tournoi de Qualification Olympique d’Océanie, Oceania Mackenzie, Campbell Harrison Sarah Tetzlaff et Julian David se sont offert une place pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

Après Tokyo 2020, place à Paris 2024 pour Oceania Mackenzie !

Chez les femmes, Oceania Mackenzie était la cible à abattre ! Ayant déjà participé aux Jeux Olympiques de Tokyo, la jeune grimpeuse de 21 ans mettra à profit toute son expérience pour remporter haut la main la compétition. Très largement première des demi-finales, l’Australienne enfonce le clou en finale en réalisant un score presque parfait de 199,9 points sur les 200 possibles ! Elle enchaînera les quatre blocs de finale en seulement cinq essais et viendra à bout de la voie de difficulté quelques minutes plus tard, de quoi prendre la première place du classement.

Je suis très excitée à l’idée d’aller à Paris ! J’ai pris beaucoup de plaisir à grimper ici, à la maison, avec toute ma famille, alors je me sens juste heureuse.

Il y a deux choses que j’attends avec impatience aux Jeux : d’une part, regarder d’autres sports, car nous n’avons pas eu l’occasion de le faire aux derniers Jeux Olympiques, et d’autre part, me préparer correctement. En raison des confinements, ma préparation n’a pas fantastique la dernière fois et ne correspondait pas à ce que je souhaitais. De plus, la présence du public va certainement faire monter l’ambiance.

Oceania Mackenzie

© IFSC

Maya Stasiuk a tenté de suivre le rythme imposé par sa compatriote, en vain. Elle termine deuxième de la compétition avec 155,7 points, juste devant Emily Scott, troisième avec 129,1 points.

Roxy Perry est passée tout près du podium en terminant quatrième avec 102,0 points, Atako Nakamura s’est classée cinquième avec 78,7 points et Judith Carroll sixième avec 74,6 points. La Néo-Zélandaise Amanda Speed a conclu la compétition à la septième place avec 61,4 points. Malheureusement, sa coéquipière Rebecca Hounsell n’a pas eu l’occasion de montrer ce qu’elle pouvait faire puisqu’elle a été exclue de la finale après avoir été diagnostiquée positive au Covid.

Les résultats complets de la compétition féminine

Emotions fortes pour Campbell Harrison !

Que d’émotions pour Campbell Harrison ! L’Australien a poussé un énorme cri de joie au moment de passer sa corde dans le relais de la voie de finale du TQO. En atteignant le top, et en étant le seul grimpeur à le faire, il a accumulé un score de 154,1 points, de quoi remporter la compétition et sa place pour les Jeux Olympiques de Paris 2024.

C’est un sentiment assez surréaliste. Quand j’ai compris que j’étais qualifié pour Paris 2024, tout est sorti d’un coup. Des années et des années de travail acharné, des moments de doute, des moments de joie et tout ce qu’il y a entre les deux. Je ne pense pas qu’il y ait de mots qui puissent résumer exactement ce que je ressens.

Je ne connaissais pas les scores et je n’ai jamais voulu les connaître. Même lors d’une Coupe du Monde, je ne veux pas savoir. L’émotion au sommet de la voie n’était qu’un exutoire pour moi et ce n’est qu’en redescendant, à la réaction de la foule, que j’ai su que j’avais réalisé quelque chose de spécial. J’ai vu ma mère pleurer, mon père pleurer, mon petit ami pleurer ; c’est là que j’ai vraiment compris.

Campbell Harrison

Pourtant, la compétition n’était pas gagnée d’avance pour Harrison, car après l’épreuve de bloc, il pointait à la troisième place du classement provisoire.

Je n’avais jamais ressenti de telles émotions lors d’une compétition. Il fallait gagner pour remporter sa place aux J.O; c’était vraiment tout ou rien ! Quand j’ai réussi le premier bloc j’étais déjà presque en larmes, il a fallu que je me ressaisisse pour le deuxième bloc.

J’ai senti que le troisième bloc était une opportunité pour moi de gagner des points car c’était vraiment mon style, mais ça n’a pas marché, je pense que la pression l’a emport. Mais après cela, j’avais l’esprit beaucoup plus clair, et tout s’est déroulé comme je l’espérais dans la voie de difficulté.

Campbell Harrison

© IFSC

L’Australien Sam Lavender a terminé deuxième avec 122,8 points. Il était en tête du classement après l’épreuve, mais n’a pas pu maintenir la pression lors de l’épreuve de difficulté. Dylan Parks a terminé troisième avec 105,2 points et a complété le podium australien.

Ben Abel a terminé quatrième avec 87,8 points, devant Maxim Pare cinquième du classement général avec 86,0 points. Max Thomas a conclu la compétition à la sixième place avec 63,6 points, devant le seul participant néo-zélandais de la finale, Oskar Wolff, qui s’est classé septième avec 50,8 points. Enfin, Joshua Mennell a pris la dernière position des finales avec 46,6 points.

Les résultats complets de la compétition masculine

Sarah Tetzlaff et Julian David, premiers grimpeurs néo-zélandais à participer aux J.O !

En remportant l’épreuve de vitesse, Sarah Tetzlaff et Julian David sont devenus les premiers grimpeurs néo-zélandais à décrocher leur place pour les Jeux Olympiques.

Après avoir terminé deuxième des qualifications, Sarah Tetzlaff s’est transcendée en finale et a remporté tous ses duels un à un. Opposée à l’Australienne Grace Crowley en finale Sarah prend tous les risques et parvient à frapper le buzzer en 8,54 secondes, soit trois dixièmes de moins que sa rivale, de quoi remporté la médaille d’or et son ticket pour les J.O de Paris.

Je ne suis pas sûr de me rendre compte de ce qu’il vient de se passer. Je pense qu’il va me falloir un certain temps pour réaliser. C’est tout simplement surréaliste et inattendu, alors je ne sais même pas comment réagir !

La finale a été incroyablement serrée et, pour être honnête, je ne pensais pas en sortir vainqueur. Comme le dit le dicton, tout peut arriver en vitesse, et notre entraîneur nous le répète en permanence. Il faut donc considérer chaque course individuellement, oublier la dernière, oublier la prochaine et y aller à fond ! Je vais aux Jeux, c’est fou !

Sarah Tetzlaff

Chez les hommes, Julian David rejoint sa coéquipière Sarah Tetzlaff en tant que premier grimpeur néo-zélandais aux Jeux Olympiques. Le champion du monde junior et détenteur du record d’Océanie de vitesse a obtenu son ticket pour Paris 2024 en battant l’Australien Hayden Barton dans le dernier duel de finale.

Je n’arrive pas à y croire ! J’ai rêvé de toutes sortes de scénarios. Je me suis réveillé la nuit en me disant “et si ça arrivait” et c’est arrivé, c’est absolument surréaliste.

Maintenant, place à la préparation pour Paris 2024. Je vais rester et m’entraîner en Nouvelle-Zélande pendant la majeure partie de la saison, mais il se peut que j’aille en France environ un mois avant, que je m’y entraîne un peu, que j’essaie de prendre quelques conseils et que je me lance à fond dans les Jeux Olympiques.

Julian David

© IFSC


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Jimmy Webb enchaîne le très technique “Equanimity” 8C

25 Nov

À 36 ans, Jimmy Webb vient d’enchaîner ce qu’il considère comme “l’un des prétendants sérieux au titre de bloc le plus technique au monde”.

Il y a quelques jours, Jimmy Webb a réalisé la première répétition de “Equanimity” un 8C bloc situé dans les montagnes de la Sierra Nevada, aux États-Unis. Grimpé pour la première fois à l’automne 2020 par Carlo Traversi, ce bloc est l’un des plus techniques que Webb n’ait jamais grimpé.

“Equanimity” commence par un départ debout, et quelques mouvements d’introduction mènent à la partie la plus physique de la ligne. “Cette section est la seule où l’on peut vraiment forcer et utiliser ses bras”, explique Jimmy. Un mouvement de pied terrible à partir d’une mauvaise prise permet d’aller chercher une épaule main droite, puis une autre transition difficile permet d’arriver au crux technique. “À partir de là, il ne reste que deux ou trois mouvements avant d’arriver à un bac, mais cette partie est très technique, avec certains des pires pieds que je n’ai jamais vus”. Au total, le bloc fait quasiment 10 mètres de haut, ce qui rend les derniers mouvements très engageants.

© Roman Yalowitz

Jimmy a commencé à travailler ce bloc il y a plusieurs années déjà, à l’époque où il était encore à l’état de projet. “J’ai essayé ce bloc pour la première fois lorsque j’ai emménagé ici et franchement, il m’a semblé impossible ! Les pieds sont inexistants et j’ai eu du mal à déchiffrer les mouvements sur ce rocher. J’ai laissé tomber mais Carlo Traversi n’a rien lâché et a signé la première ascension. C’est extrêmement visionnaire de sa part !”, commente Webb.

Pour Jimmy, qui vient de souffler ses 36 bougies, ce bloc est un accomplissement, qui lui prouve que tout est possible. “Ça me fait du bien au moral et ça me rassure concernant l’avenir de ma carrière de grimpeur. Bien sûr, je m’entraîne, mais ces dernières années, j’ai surtout cherché à devenir un meilleur grimpeur, plus complet. C’est un domaine dans lequel nous pouvons tous continuer à nous améliorer. Même si nous vieillissons et que nos muscles ne suivent plus, nous pouvons toujours progresser, en grimpant plus intelligemment. Pour moi, c’est ça la longévité, et je suis ravi de continuer à apprendre ✌️”.


Les limites de l’escalade en dalle repoussées !

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Insolite : Ils enchaînent la grande voie la plus longue du monde !

23 Nov

Ben Wilbur et Drew Herder, deux grimpeurs américains, se sont lancé un défi fou : réaliser la plus longue voie au monde, soit près de 3 kilomètres de grimpe et 67 longueurs au total ! Cette épopée a fait l’objet d’un film, accessible ci-dessous.

Vous êtes-vous déjà demandé quelle était la plus longue voie au monde ? Figurez-vous qu’il ne s’agit pas des 1250 mètres du Mont Thor au Canada, ni même des 2250 mètres de l’arête Azeem sur les Trango Towers au Pakistan. Ce sont des nains par rapport à l’improbable détentrice du record.

Nichée au milieu des collines luxuriantes du nord de l’État de New York, une falaise de quartzite est connue sous le nom de Gunks. Considéré comme le berceau de l’escalade américaine, ce mur s’étend sur près de trois kilomètres… à l’horizontale !

En octobre 2021, Drew Herder et Ben Wilbur ont réalisé la première ascension d’une traite de “La Grande Muraille de Chine”, une voie de 2700 mètres qui traverse la totalité de cette falaise. Ils ont gravi les 67 longueurs qui la composent en seulement 36 heures.

© Will Saunders

“La Grande Muraille de Chine” avait été grimpée pour la première fois par Ken Nichols et Dave Rosenstein, deux grimpeurs new-yorkais, en mai 1987. Ils grimpaient une longueur, redescendaient au sol, rentraient chez eux et revenaient quelque temps plus tard pour continuer leur ascension horizontale. Au total, il avait fallu à l’équipe plusieurs semaines pour arriver au bout de la voie.

Le film complet accessible gratuitement ci-dessous

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Adam Ondra a-t-il enchaîné le premier 9A bloc du monde sans le savoir ?!

21 Nov

“Terranova”, le 8C+ libéré par Adam Ondra en 2011 n’a encore jamais été répété. Alors que William Bosi le travaille en vain, il se pourrait bien que sa cotation soit revue à la hausse et qu’il soit au moins aussi dur que “Burden of Dreams” 9A.

Retour en 2011. Adam Ondra réussit la première ascension du bloc le plus difficile de sa carrière à ce jour : “Terranova”, situé dans la région de Moravsky Kras, en République Tchèque. Après avoir passé deux ans à travailler ce passage extrême, Ondra propose la cotation de 8C+. « Ce n’est pas la ligne la plus inspirante. C’est une longue traversée à ras le sol, ce n’est pas du tout ce à quoi on pense quand on parle de bloc. Mais cela fait des années que je me promène et que je regarde ces petites prises et je me suis toujours demandé s’il était possible d’y grimper ». Une décennie plus tard, ce bloc n’a toujours pas été répété, et pourrait bien être évalué à la hausse par William Bosi.

Après avoir réussi la première répétition de “Burden of Dreams”, connu jusqu’à présent comme le premier 9A bloc de l’Histoire, William Bosi s’est rendu en République Tchèque, pour tenter de mettre fin au mystère qui rôde autour de “Terranova”. En effet, au sein de la communauté des grimpeurs, beaucoup pensent que ce passage pourrait valoir 9A.

Au début, je concevais à peine le fait de pouvoir faire les mouvements. Ceux que j’ai faits jusqu’à présent sont durs, super durs !

William Bosi

Après de nombreuses séances de travail, Bosi a réussi à effectuer la deuxième partie du bloc, nommé “Nova”, et a décidé de réévaluer ce passage de 8B+ à 8C. “8B+, c’est absolument insensé !”, a déclaré Bosi à propos de “Nova”. “Pour vous donner un ordre d’idée, lorsque je suis arrivé en République Tchèque l’année dernière, j’ai fait six 8C. Tous m’ont pris moins de temps que “Nova” qui n’est censé être qu’un 8B+ mais qui m’a demandé six séances de travail. En plus, ça convient parfaitement à mon style, puisque c’est du pur serrage d’arquées !”.

Cette nouvelle cotation est significative à plusieurs égards. Tout d’abord, il fait de Jana Švecová la première femme à réaliser la première ascension d’un 8C bloc. En effet, la Tchèque avait réalisé ce passage en juin 2023, après des mois de travail. Deuxièmement, cela a une répercussion sur la difficulté de “Terranova”, puisque “Nova” est la seconde moitié du bloc, supposée facile. “L’idée de faire cette partie, qui est déjà incroyablement dure, après avoir réalisé une première moitié encore plus difficile… C’est assez époustouflant”, avoue Bosi.

Pour le moment, le grimpeur Britannique est reparti bredouille et devra revenir pour tenter d’enchaîner “Terranova” et lever le voile quant au mystère qui entoure sa difficulté. Mais nous avons de fortes raisons de penser qu’Adam Ondra a été le premier grimpeur de l’Histoire à enchaîner un 9A bloc, devançant Nalle Hukkataival de cinq ans.

La vidéo de William Bosi dans “Nova” 8C

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Vidéo : Adam Ondra dans la voie la plus dure de Croatie

18 Nov

Cet été, Adam Ondra libérait la voie la plus dure de Croatie. La vidéo de son ascension dans ce nouveau 9b vient d’être publiée.

Le 28 septembre, Adam Ondra réalisait la première ascension du premier 9b de Croatie : “B je to!”. Située dans la grotte de Vranjača, Ondra avait équipé cette ligne lui-même en août dernier lors de ses vacances en famille.

Il était revenu en septembre pour régler son compte à cette voie, qu’il nommera “B je to !”. Le Tchèque vient de publier le film de cette première ascension, que vous pouvez visionner ci-dessous.


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Les limites de l’escalade en dalle repoussées !

17 Nov

Franco Cookson a réalisé la première ascension de son projet de longue date : une dalle cotée 9a+, répondant au nom de “The Dewin Stone “, à Twll Mawr, au Pays de Galles. Le Britannique lance l’une des propositions les plus dures au monde pour une voie de ce style.

Franco Cookson a réussi la première ascension de “The Dewin Stone”, dans le nord du Pays de Galles. Le Britannique a proposé une difficulté de 9a+ pour cette dalle exigeante, faisant de cette voie l’une des dalles les plus difficiles au monde.

Depuis des années, je suis complètement obsédé par l’idée de repousser l’escalade en dalle aussi loin que possible.

Franco Cookson

“The Dewin Stone” longe le mur juste à gauche de “The Meltdown” 9a, l’œuvre magistrale de James McHaffie. Franco divise cette ligne en quatre parties distinctes : “On commence par gravir 8 mètres faciles, avant d’affronter 12 mouvements très durs. Le douzième mouvement est d’ailleurs le plus difficile de toute la voie (j’y suis tombé des dizaines de fois). Une fois que vous avez dépassé cette section, vous vous connectez à “The Meltdown”, pour y grimper le crux. Lorsque vous quittez ce passage, une autre longue section vous attend, composée de quelques minuscules arquées à serrer fort. La partie finale devient un véritable défi car on arrive complètement fatigué. Au total, il y a 41 mouvements de mains et de nombreux mouvements de pieds”.

Franco Cookson a enchaîné “The Meltdown” en 2022 ce qui lui a permis de résoudre tous les mouvements de “The Dewin Stone” relativement rapidement, “mais je ne m’attendais pas à ce que cette voie soit si exigeante”, a-t-il avoué.

Je suis allé à l’étranger pour essayer d’obtenir des références sur d’autres dalles dures, mais j’ai découvert que les meilleures dalles se trouvaient juste à ma porte, ici dans le nord du Pays de Galles. Les dalles que nous avons ici sont de classe mondiale, en termes de difficulté mais aussi de qualité.

Franco Cookson

Concernant sa proposition de 9a+, Cookson dit qu’il la trouve “nettement plus difficile que “The Meltdown”, la seule voie à laquelle on peut vraiment la comparer. Pour être honnête, je pense que c’est plus qu’une cotation au-dessus. J’ai fait beaucoup de progrès dans ce style au cours des dernières années et définir une cotation sur une telle voie n’a presque aucun sens, mais j’ai dû faire une proposition”.

 

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Une publication partagée par Franco Cookson (@francocookson)

“The Dewin Stone”, parmi les dalles les plus dures au monde

Il existe à ce jour très peu de voies en dalle dans le neuvième degré. Au-dessus de ce 9a+ proposé par Franco Cookson pour “The Dewin Stone”, il n’y aurait que deux voies plus difficiles, proposées à 9b : “Cryptography” et “Disbelief”.

“Disbelief” est située près de Canmore au Canada. La première ascension a été réalisée par Adam Ondra, en juillet 2018. Le Tchèque avait proposé la cotation de 9b, déclarant même qu’on ne grimpera probablement jamais de 9b+ en dalle. À ce jour, personne n’a encore réussi à répéter cette voie.

L’autre est “Cryptography”, qui ne compte également aucune répétition. Elle a été libérée par Alessandro Zeni en mai 2020. Située à Saint Loup en Suisse, il s’agit d’une connexion de deux des dalles les plus populaires de l’Histoire de l’escalade : “Bain de Sang” 8c+/9a et “Bimbaluna” 9a/+.

“The Dewin Stone” entre désormais dans la liste des dalles les plus dures au monde. Franco Cookson avoue avoir trouvé une dalle encore plus dure, qu’il qualifie de “futuriste”, juste à droite. “Les mouvements ont l’air complètement hors de ce monde…”, a-t-il déclaré à propos de ce nouveau projet.


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Vidéo : les premières images de Chris Sharma dans “Sleeping Lion” 9b+

16 Nov

Ce printemps, Chris Sharma enchaînait “Sleeping Lion”, le deuxième 9b+ de sa carrière. Les premières images de son travail dans la voie viennent d’être publiées. 

En mars, Chris Sharma entrait une nouvelle fois dans l’Histoire de l’escalade en libérant une nouvelle kingline à Siurana : “Sleeping Lion” 9b+.

L’Américain essayait ce projet depuis l’automne 2021 : un an et demi d’effort pour enfin clipper la chaîne de cette ligne qu’il considère comme l’une des plus belles qu’il ait équipées. Malgré une vie personnelle et professionnelle bien remplie, Chris n’a jamais cessé de s’entraîner pour maintenir un énorme niveau en grimpe avec en tête des projets toujours plus extrêmes.

Alors que pour certains il pourrait sembler difficile voire impossible de repousser ses limites sportives une fois la quarantaine passée, Chris nous prouve le contraire.

Reel Rock a filmé le chemin parcouru par l’Américain dans cette voie, de ses premiers essais jusqu’à l’ascension finale. L’intégralité du film peut être visionnée sur Reel Rock Unlimited, et vous pouvez en voir un aperçu gratuit dans la vidéo ci-dessous.

Les premières images de Chris Sharma dans “Sleeping Lion” 9b+


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Adam Ondra libère un projet vieux de vingt ans en Espagne !

16 Nov

Actuellement très en forme, Adam Ondra a signé la première ascension de “El Maquinista”, en Espagne, pour laquelle il propose la cotation de 9a+/b. La veille, il enchaînait un 9a en seulement deux essais avant de réaliser la première ascension d’une nouvelle grande voie. 

Aucune voie ne semble résister à Adam Ondra, visiblement très en forme en ce moment ! En seulement deux jours, le grimpeur tchèque a clippé le relais de deux voies dans le neuvième degré et réalisé une grande voie en 8b+.

La première ascension de “El Maquinista” 9a+/b

Il y a quelques jours, Adam Ondra faisait la une de notre magazine après avoir enchaîné “El Gran Bellanco” 8c+/9a à vue. Galvanisé par cette performance, le Tchèque a jeté son dévolu sur un vieux projet convoité de la falaise : “El Maquinista”, une voie qui attendait toujours une première ascension, vingt ans après avoir été équipée.

“Je devais quitter l’Espagne et partir pour une autre aventure, mais nous avons été obligés de rester quelques jours supplémentaires car notre van a été vandalisé : nos vitres ont été cassées et une partie de notre matériel a été volée. C’était une bonne excuse pour retourner grimper”, explique Adam Ondra.

Le même jour où il avait enchaîné “El Gran Bellanco” à vue, Ondra avait mis les doigts dans “El Maquinista”. “Elle m’avait semblé impossible, mais totalement incroyable !”, raconte-t-il. Contraint à rester en Espagne, il n’en fallait pas plus pour motiver le Tchèque à retourner dans cette voie, encore jamais gravie, malgré les essais de Ramon Julián il y a plus de dix ans.

“J’ai trouvé de nouvelles méthodes, j’ai appris les mouvements et après deux jours de travail, j’ai réussi à réaliser la première ascension de “El Maqunista””. Concernant la cotation, Adam avoue être incertain : “Au début, j’ai pensé qu’elle pourrait valoir 9b+, mais avec les nouvelles méthodes que j’ai trouvées, c’est devenu plus accessible. J’ai intégré les mouvements au fur et à mesure de mes essais et peu à peu, elle est devenue plus facile. Disons qu’elle vaut 9a+/b”.

© Petr Chodura

Un 9a en seulement deux essais et une grande voie pour couronner le tout !

La veille de libérer “El Maquinista”, Adam Ondra enchaînait “La Parada de los Monstruos” 9a, en seulement deux essais : “Je voulais l’enchaîner à vue, et tout se passait parfaitement bien. Je suis arrivé au crux en étant frais, mais malheureusement, une prise s’est cassée. Je me suis rattrapé à bras pour ne pas tomber mais mon talon s’est emmêlé dans la corde, ce qui m’a un peu aidé. J’ai décidé que ce n’était pas éthique et j’ai stoppé ma tentative”, raconte-t-il.

Quelques minutes plus tard, Ondra repartira pour un nouvel essai, et enchaînera la voie d’une traite, sans difficulté. Il s’agit de la quatrième ascension de ce 9a, après Ramon Julián en 2013, Alex Garriga en 2021 et Jonatan Flor il y a quelques jours.

Pour couronner son séjour espagnol, Ondra s’est rendu à Estrecho de Mijares où il a réalisé la première ascension d’une grande voie de trois longueurs avec des difficultés allant jusqu’à 8b+.

© Petr Chodura


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Alex Honnold et Tommy Caldwell refont équipe sur El Capitan !

16 Nov

Les deux célèbres grimpeurs se sont retrouvés pour gravir « Heart Route » 8a, sur El Capitan, dans le Yosemite. Honnold a réalisé la troisième ascension en libre de cette voie.

Alex Honnold et Tommy Caldwell ont une nouvelle fois fait équipe pour grimper sur El Capitan, dans le Yosemite. La voie qu’ils ont choisie est “Heart Route” 8a, passant trois jours sur le mur pour venir à bout des 31 longueurs.

Honnold a réussi à gravir les 31 longueurs en libre, ce qui serait la troisième ascension dans ce style sur cette voie. “J’ai été choqué de voir à quel point il était dur de grimper en libre sur El Cap quand on ne l’a pas fait depuis un moment. Notre peau nous faisait mal, l’escalade était difficile et nous avions du mal à nous acclimater avec le style spécifique du Yosemite. J’avais pour objectif de libérer cette grande voie en une journée… On verra si on trouve l’énergie pour remonter là-haut et réessayer”, a avoué Alex Honnold.

© Alex Honnold

Tommy Caldwell a poursuivi : “C’est amusant et incroyable de grimper avec Alex sur El Capitan. Il était capable de tout gérer tandis que j’avais du mal à suivre. Cela m’attriste d’avoir perdu ma forme physique. Mais ma femme m’a rappelé que je me remets tout juste d’une blessure. Je n’ai pas pu enchaîner toute la voie, mais Alex l’a fait. C’est quelque chose qui m’aurait dérangé dans le passé. Peut-être que je suis plus sage maintenant. En tous cas, ce furent de belles journées passées sur ma paroi préférée, avec un super ami”.

Au cours des dernières années, Alex et Tommy ont réalisé certaines des ascensions les plus mémorables de l’Histoire d’El Cap ; Honnold avec le solo intégral de “Freerider” et Caldwell avec “The Dawn Wall”, entre autres. En équipe, ils détiennent également le record de vitesse dans “The Nose”, qu’ils ont enchaîné en 1 heure 58 minutes et 7 secondes, le 6 juin 2018.

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Caroline Ciavaldini répète “Le Voyage”, l’une des voies de trad les plus dures du pays

13 Nov

Le mercredi 8 novembre 2023, Caroline Ciavaldini a répété “Le Voyage” (E10 7a/ 8b+) à Annot, en France. Cette voie, établie pour la première fois par son mari James Pearson, n’avait connu qu’une seule ascension féminine jusque là, celle de Barbara Zangerl.

C’est la première fois que Caroline Ciavaldini, ex compétitrice de haut niveau, enchaîne une voie de trad cotée E10 7a (une cotation britannique qui combine le danger d’une voie avec sa difficulté technique). Cette performance la place donc parmi une très petite poignée de femmes à avoir réussi une voie de ce niveau.

Cet exploit intervient seulement deux ans après que Caroline ait accouché de son deuxième enfant, ce qui rend cette ascension encore plus impressionnante.

Elle raconte :

Je me trouve à souffler au repos situé aux 2/3 de “Le Voyage”. Pour la première fois, j’ai passé le deuxième crux, un pas de bloc en 7A+ très long et technique, quelques mètres au-dessus de ma dernière protection, un RP n°6. Juste avant d’entamer le crux, j’ai entendu James, Arthur, 4 ans, et Zozo, 2 ans, m’encourager depuis le bas. James et les enfants ne s’étaient pas fait entendre jusque-là, peut-être parce que James espérait me donner plus d’espace pour me concentrer, comme Zozo me demande constamment en ce moment. Mais juste avant le crux, je voulais qu’ils soient là. Être mère, c’est perturbant pour l’escalade, mais en même temps, ce sont mes proches. Je regarde aussi Raph, qui est accroché à sa corde statique… Il est là aujourd’hui car il devait filmer James dans “Bon Voyage”, sa dernière voie difficile, et il en a profité pour filmer mon essai. Carl et Antoine sont là aussi, ils assurent et prennent d’autres vidéos depuis le bas. Carl a fait quelques petites blagues pendant que je mettais mes chaussons, et j’étais tout à fait consciente qu’il essayait, et qu’il réussissait, à créer une bonne ambiance autour de moi. C’est vraiment important pour moi que ces personnes soient présentes aujourd’hui. Je les sens me pousser doucement vers le haut.

J’ai fait le plus dur, il m’a fallu deux ans pour en arriver là où je suis aujourd’hui. Deux ans pour me remettre du deuxième bébé, avec l’aide constante de Maddie Cope et de Lattice. Les gens disent que tomber enceinte n’est pas une blessure… Je dirais que c’est bien pire que n’importe quelle blessure de poulie (j’en ai eu deux) ou autres blessures liées à la grimpe.

“Le Voyage” se termine par une dernière section facile sur un rocher assez mauvais et une fissure finale qui vaut environ 7b+, et dans laquelle vous détesteriez tomber… pourtant la chute est bien réelle. Je me repose et j’essaie de me canaliser mentalement. Je peux y arriver, mais j’ai besoin de m’appliquer. Les émotions sont toujours là… La peur d’échouer, la peur de casser une prise et de tomber, la peur de trop serrer les prises, la peur de zipper… Mon cerveau ne s’arrête pas, comme il l’a fait pendant que je me reposais juste avant le crux.

“Le Voyage” est mon projet le plus long. Deux ans ! Mais en même temps, en tant que parent de grimpeur, il faut prendre les choses différemment. On ne met pas beaucoup d’essais lors d’une journée en falaise… Techniquement, je n’en ai qu’un à la minute où Zoellie s’endort. La vie de famille donne plus de rythme, ce qui a été bénéfique pour l’entraînement. J’ai dû m’entraîner énormément pour revenir à mon niveau d’avant… Parce que “Le Voyage” est si exigeant ! J’ai même fait un entraînement spécifique pour les jambes. Je n’ai jamais été aussi spécifique. Mais je ne pense pas avoir été obsessionnelle. Je ne peux pas. Parce que je suis encore une maman. Avant tout ? Je ne sais pas… il est certain que j’ai parfois volé du temps à mes enfants pour m’entraîner. Je suis un peu égoïste. Mais j’ai été très heureuse de me dégager du temps pour mon escalade. Cela m’a permis de redevenir Caroline.

J’ai pris la décision de travailler avec un préparateur mental. La dernière fois que j’en ai eu un, j’étais grimpeuse de compétition en Coupe du Monde. J’avais alors considéré pendant des années que j’étais autonome, mais pour cette voie, j’ai réalisé que demander l’aide de certaines personnes ne ferait que me rendre plus fort. Angus, de Strong Mind, m’a beaucoup aidé. J’avais très peur de tomber, et nous avons réglé cela très rapidement. J’ai toujours ces pensées, mais au lieu de paniquer quand mon cerveau se met en marche, j’écoute, je trie et je ne garde que ce qui est utile. La pleine conscience, voilà le mot.

Maddie, Angus, mais aussi Carl et James m’ont aidé à apprécier tout le processus de travail. Car cela n’en vaut la peine que si j’apprécie la totalité du processus, même les moments de doutes. Parfois, c’est un “plaisir de type 2”, comme disent les Britanniques… Quand j’étais terrifié à l’idée de tomber dans le premier crux, c’était un plaisir de type 3. Sur le moment, je ne l’ai pas apprécié, ni quand je l’ai visualisé. Je n’ai réussi à l’apprécier que lorsque j’ai supprimé l’émotion de ma visualisation. J’ai simplement laissé la sensation des mouvements, j’ai essayé d’être vide, ou mieux encore, d’apprécier ce sentiment de peur. Le déclic s’est produit et, soudain, j’ai pu être dans mon escalade et apprécier.

Au bout d’un moment, je me suis remise à grimper. Non pas que je me sentais prête, mais je ne pouvais pas tergiverser indéfiniment. J’ai exécuté les derniers mouvements juste comme il fallait, et je savais que pour les deux derniers mouvements, je devais simplement profiter et kiffer.

J’ai enchaîné “Le Voyage”, ma voie de trad la plus difficile. Quand je l’ai essayée pour la première fois il y a cinq ans, je n’arrivais même pas à faire tous les mouvements, et j’étais consciente que ce style technique et intense n’était pas mon point fort. Je n’avais pas d’enfants à l’époque, James venait d’ouvrir la voie et elle me semblait inaccessible. Je n’ai commencé à y penser qu’après la naissance de Zozo. Il est temps d’être fière de moi.

Merci beaucoup à Maddie et Lattice pour l’entraînement, Angus pour la préparation mentale, Carl pour l’assurage notre amitié, James pour tout, mes enfants pour leur patience, Marie pour le babysitting, Emmanuelle pour la physio, The North Face et Respire performance pour le programme NSP, La Sportiva, Wild country , Sunn et Glorify, et toutes les personnes qui me poussent à me dépasser tous les jours !

Caroline Ciavaldini

© Raphaël Fourau

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Laura Rogora réalise la première ascension féminine de “Lapsus” 9a+

13 Nov

Laura Rogora, 22 ans, a réalisé la première ascension féminine de “Lapsus”, un 9a+ historique d’Italie. Au cours de son séjour dans le Piémont, elle a également enchaîné plusieurs autres voies emblématiques de la région.

Laura Rogora a répété “Lapsus” 9a+, à Andonno en Italie. “Je suis très fière d’ajouter mon nom à la liste des grimpeurs de cette voie historique d’Italie“, a-t-elle déclaré.

“Lapsus” est une connexion entre “Noia”, le premier 8c+ d’Italie et “Anaconda” 8c. La première ascension de cette voie a été réalisée par Stefano Ghisolfi en 2015, qui avait proposé la cotation de 9b, ce qui en faisait la première voie de ce niveau en Italie. En 2017, Adam Ondra signait la première répétition, déclarant qu’il s’agissait d’un 9b “facile”. Quatre ans plus tard, Marcello Bombardi, le troisième ascensionniste de la voie, proposait de revoir la cotation à 9a+, une suggestion qui sera validée par Adam Ondra et Stefano Ghisolfi, qui ont revu leur cotation à la baisse.

La semaine dernière, Laura Rogora est devenue la première femme à clipper le relais de “Lapsus”, validant la cotation de 9a+. “Je suis arrivée à Andonno mercredi. Dès le premier jour, j’ai réussi à faire tous les mouvements intrinsèquement, mais les prises étaient un peu mouillées. Les jours suivants, il a plu et il faisait froid, donc je n’ai pas beaucoup grimpé. Le dimanche, tout était sec. J’ai mis mes premiers essais depuis le bas mais je suis tombée dans le pas de bloc final, trop fatiguée de mes précédentes tentatives. Mais je savais que je pouvais le faire ! Finalement mardi, les conditions étaient parfaites et je me sentais en forme. Au premier essai de la journée, j’ai atteint le relais”, a-t-elle expliqué.

Pour couronner son séjour à Andonno, l’Italienne a profité d’une séance photos le lendemain pour enchaîner d’autres classiques du coin, comme “Cobra Reale” 8c+/9a, “Noia” 8c+ et “Noi” 8b+.

© Fabio Fin

Depuis ses débuts en escalade, Laura Rogora ne cesse de faire la une de l’actualité. Elle a enchaîné son premier 8c à 13 ans, un an avant de clipper le relais de son premier 9a. En 2020, elle est devenue la deuxième femme de l’Histoire à enchaîner un 9b avec « Ali Hulk sit extension total ». Elle a également répété “Erebor” 9b et réalisé la deuxième ascension de “Pure Dreaming Plus” 9a+. Fin août, l’Italienne de 22 ans a réalisé “Ajo Crudo” 8c à vue. Plus récemment, il y a quelques semaines, elle a réalisé une belle performance lors du Tournoi de Qualification Olympique à Laval, où elle a terminé troisième.

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Deux nouveaux grimpeurs qualifiés pour les Jeux Olympiques de Paris !

12 Nov

Ce week-end se tenait le Tournoi de Qualification Olympique d’Asie, une compétition très disputée rassemblant les meilleurs grimpeurs du continent, à l’issue duquel deux nouvelles places pour les Jeux de Paris 2024 ont été attribuées.

Une année incroyable pour le jeune prodige Sorato Anraku !

Vainqueur du classement général des Coupes du Monde de bloc 2023, vainqueur du classement général des Coupes du Monde de difficulté 2023… Qu’est-ce qui pouvait bien manquer à Sorato Anraku pour couronner son année 2023 en beauté ? Une place pour les Jeux Olympiques de Paris peut-être ? L’adolescent japonais a brillamment remporté le Tournoi de Qualification Olympique d’Asie, qui se tenait à Jakarta depuis le 9 novembre, de quoi prendre sa place pour les Jeux.

Au cours de ces derniers mois, le jeune garçon de 16 ans n’a cessé de nous époustoufler. Il est devenu le tout premier grimpeur de l’Histoire à remporter la Coupe du Monde de bloc et de difficulté la même année, alors qu’il participe seulement à sa première saison internationale senior !

© IFSC

Au vu de ses compétences en bloc et en difficulté et de sa polyvalence, le format olympique semble parfaitement convenir à Anraku, qui l’a une nouvelle fois prouvé lors de la compétition combinée qui se tenait à Jakarta. Après avoir aisément remporté les qualifications et les demi-finales, il a commencé les finales par flasher les trois premiers blocs du circuit (une performance incroyable tant les passages semblaient difficiles !). Il viendra ensuite à bout du dernier bloc en quatre essais et sera le seul grimpeur à comptabiliser quatre tops, mettant déjà plus d’une trentaine de points dans la vue de ses concurrents.

Quelques minutes plus tard, dans la voie de difficulté, Anraku a une nouvelle fois montré qu’il était le meilleur en étant le seul finaliste à enchaîner la voie, terminant avec un score presque parfait de 199,7 points et un billet olympique !

Je suis très heureux d’avoir obtenu ma place aux J.O. J’étais assez calme et serein dans les blocs et j’ai réalisé une belle performance. En isolement, je ne connaissais pas les scores des autres grimpeurs dans la voie de difficulté et je ne voulais pas les connaître, je me concentre simplement sur moi-même et sur le fait d’atteindre le top.

Maintenant, mon objectif c’est d’aller chercher une médaille d’or à Paris.

Sorato Anraku

© IFSC

La victoire d’Anraku signifie que le Japon a rempli son quota national masculin pour Paris 2024 comme Tomoa Narasaki s’est déjà assuré d’une place lors des Championnats du Monde de Berne cet été. Cela signifie également que Yoshiyuki Ogata, qui a terminé quatrième du TQO avec 117,2 points, et Meichi Narasaki, qui a terminé cinquième avec 70,6 points, ne pourront pas tenter leur chance l’année prochaine.

Les résultats de la finale masculine du TQO de Jakarta 

La Chinoise Yuetong Zhang décroche sa place pour Paris 2024

Chez les femmes, la Chinoise Yuetong Zhang fera ses débuts olympiques l’année prochaine à Paris 2024 après avoir décroché son billet lors de la finale du TQO à Jakarta.

Alors qu’elle pointait à la quatrième place du classement après l’épreuve de bloc avec seulement un top au compteur, c’est en difficulté que la grimpeuse de 20 ans fera toute la différence ! Bien que des grimpeuses comme Miho Nonaka, Futaba Ito ou Chaehyun Seo semblait bien partie pour remporter la compétition, Yuetong Zhang atteindra le plus haut point dans la voie de finale, de quoi comptabiliser un score de 142,3 points, seulement 1,5 point devant Miho Nonaka, médaillée d’argent aux J.O de Tokyo.

© IFSC

Je ne m’y attendais pas ! Avant cette compétition, je ne pensais pas pouvoir gagner. Je ne sais pas quoi dire, tout va un peu trop vite, mais pour l’instant, c’est excitant et surprenant. C’est un rêve qui devient réalité. Dans mes rêves les plus fous, j’imaginais un podium mais je n’aurais jamais pensé décrocher la médaille d’or… Pour moi il était impossible de gagner tellement le plateau était relevé. Je n’en reviens pas !

Yuetong Zhang

Les résultats de la finale féminine du TQO de Jakarta 

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Exploit ! Chris Sharma vient d’enchaîner la voie de psicobloc la plus dure de sa vie !

10 Nov

À 42 ans, Chris Sharma vient de réaliser l’un des plus gros accomplissements de sa carrière de grimpeur ! 

Chris Sharma a signé la première ascension de “Black Pearl” à Majorque. Cette voie de deep-water, qu’il travaille depuis plus de quatre ans, serait encore plus difficile qu'”Alasha”, “Es Pontas” ou encore “Big Fish”. À 42 ans, le King, comme on le surnomme, vient une nouvelle fois de repousser les limites de l’escalade !


Le mardi 7 novembre, Chris Sharma a atteint le sommet de la nouvelle voie de psicobloc la plus dure du monde. Cette ligne imposante, répondant au nom de “Black Pearl”, culmine à plus de 40 mètres de haut. D’après lui, la voie comporte juste le nombre de prises qui rendent la ligne possible.

S’il manquait une petite pièce du puzzle, ce serait complètement impossible ! Cette voie représente pour moi une progression notable dans le domaine du deep-water. C’est un objectif que j’ai poursuivi au cours des quatre dernières années.

Chris Sharma

L’Américain a repéré la voie en 2018 mais n’a commencé à l’essayer qu’en 2019, lorsque son ami et mentor Miguel Riera, qui est largement reconnu pour avoir popularisé le deep water, essayait une ligne sur le même mur. Mais Riera est décédé cette année-là, après une longue bataille contre le cancer.

Faire “Black Pearl”, c’est un peu comme mettre fin à un travail inachevé. C’est ici que nous avons passé une grande partie de ses derniers jours ensemble, c’est donc une façon particulière de lui rendre hommage.

Chris Sharma

© Matty Hong

Après avoir travaillé la voie depuis quatre ans sans succès, Chris s’est engagé cette année à l’essayer tous les week-ends à partir de septembre. Finalement, mardi, la magie a opéré et Chris a atteint le sommet de la voie pour la première fois.

Je me suis dit que c’était l’une des meilleures voies de ma vie et que c’était peut-être l’une des dernières fois que je l’essayais cette année, alors j’ai décidé d’y aller à fond !

Chris Sharma

Le Californien n’a pas donné de cotation spécifique pour cette nouvelle voie. Cependant, il a décomposé la voie comme telle : une première section en 7c+/8a avant d’atteindre un repos, suivi du passage le plus dur de la voie, 15 mouvements en 8c/+ qui conduisent à un jeté dans un trou, valant à lui seul 7C bloc. Enfin, la voie se termine par un 8a/+ jusqu’au sommet de la falaise.

“Black Pearl” serait donc plus difficile qu'”Es Pontas”, “Alasha” et “Big Fish”, ce qui en fait la voie de deep-water la plus difficile au monde actuellement !


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