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16 Avr
16 Avr
12 Avr
Après de nombreux mois sans compétitions internationales, les Européens ont pu rechausser leurs chaussons de compétitions à l’occasion de la première étape de coupe d’Europe de bloc (Circuit de 3 étapes cette année) qui se déroulait ce week-end en Autriche, le tout avec des consignes sanitaires très strictes.
Si tous les tenors de la discipline n’étaient pas présents (pour cause de crise sanitaire ou de préparation des JO pour certain(e)s), le niveau n’en été pas moins relevé, et histoire de faire bonne figure, les français en lice s’en sont plutôt bien sortis avec 3 podiums sut 8 grimpeurs engagés.
Chez les femmes, c’est une française qui dominera la finale: Mailys Piazzalunga, en étant la seule à sortir 3 blocs. 15ème des qualifs, puis 3ème de la demi, Mailys nous aura gratifié d’une superbe finale! Sur la deuxième marche du podium, on retrouve une autre française très talentueuse, Flavy Cohaut, avec 2 blocs au compteur en 4 essais. L’autrichienne Jessica Pilz, en pleine préparation pour les JO, se classe sur la 3ème marche du podium.
Côté françaises, Camille Pouget est aux portes de la finale (7ème) et nous prouve qu’elle progresse constamment en bloc bien que sa discipline de prédilection soit la diff, et Nailé Meignan passe à côté de ses qualifs en terminant 21ème, première non qualifiée en demi.
Chez les hommes, l’Autrichien Nicolai Uznik domine largement les débats en finale avec 3 Tops, contre un pour le reste du podium. Sur la seconde marche on retrouve le Suisse Nils Favre, et c’est un français juste derrière, Emilien Casado. Si Jakob Schubert et Simon Lorenzi avaient fait un très bon début dans cette compétition en se classant 1er et 2ème des qualifications, ils n’auront pas réussi à passer le tour des demi finales.
Côté français, on retrouve de très belles performances: Mathieu Ternant termine 4ème, tout proche du podium donc, Nathan Martin 6ème, et seul Sam Avezou n’aura pas passé le tour des qualifs en terminant 21ème.


Camille Pouget:
Cette compétition était organisée de manière très pointilleuse : on a commencé par tous faire un test antigenique (malgré nos tests PCR négatif fait avant de venir) et les athlètes passaient nation par nation, il n’y avait pas de public évidemment. C’était donc une compétition assez spéciale mais ça a fait un bien fou de remettre les pieds dans une coupe d’Europe !! D’un point de vue ouverture, les blocs de qualifs étaient tous abordables je pense. Assez basiques, ils ont tous été sortis plusieurs fois. Il fallait bien grimper et être assez efficace. Pour ma part, je sors les deux premiers à vue ce qui a suffit à me qualifier pour la demi (11ème place). Une fois en demi, le niveau s’est clairement intensifié : le deuxième bloc n’est sorti qu’une seule fois et personne n’a réussi le quatrième. C’était les deux blocs physiques. Les deux autres étant deux dalles avec des pyramides pour les pieds, il fallait être appliqué et efficace dans ce style. Comme mon style est plutôt physique j’ai eu un peu de mal à m’exprimer pleinement sur cette demi, mais je réussi au moins une dalle et je valide la zone du bloc deux (qui rapportait pas mal de points) ce qui me place 7ème. C’était vraiment pas loin ! J’étais surprise de terminer aux portes de la finale, je n’y allais pas forcément pour ça d’ailleurs, je ressens donc un peu de frustration forcément, terminer 7ème c’est pas cool mais je vois que mon niveau a bien progressé en bloc et ça c’est super motivant. Je sais ce qu’il me reste à travailler et c’est de bonne augure pour la suite la saison, je commence à prendre mes marques en bloc sénior. Maintenant je vais reprendre l’entraînement pour me préparer aux championnats d’Europe jeune : j’y participerais en diff mais aussi en bloc pour la première fois sur cette dernière année junior !
Mathieu Ternant:
Et bien dans un premier temps c’était vraiment cool de remettre le maillot de l’équipe de France en compétition. C’est loin d’être facile de se sélectionner en France, alors il faut savourer ces moments riches en émotions. Néanmoins, cette pause de compétition ne se ressent pas tellement je trouve, on a fait beaucoup de stage équipe de France avec des situations de compétition de qualité, + les 2 sélectifs dernièrement … j’étais plutôt rodé en terme de circuit de bloc. Ce qui est dur, de mon point de vue perso c’est surtout de s’entraîner sans réel visibilité pour l’avenir. On s’entraîne on s’entraîne et à tout moment la compétition est annulée une semaine avant…. cette incertitude c’est l’aspect le plus dur à gérer en terme de motivation. Pour revenir sur la coupe d’Europe de bloc, on a eu des beaux tours de qualifs, demi et final! Les ouvreurs nous ont bien gâté. J’ai pris beaucoup de plaisir à grimper mais malgré tout j’en garde un petit goût amer… j’étais plutôt en forme physiquement, et mentalement aussi. J’étais prêt, je me sentais à l’aise dans les mouvements mais il m’a manqué un petit manque de concrétisation…. et d’expérience je pense aussi. En finale, l’Autrichien était clairement au dessus, il a gagné chez lui en beauté. Et ensuite on est départagé aux essais dans une dalles à petit pieds, pas forcément très esthétique mais intéressante à grimper. Ce qui est sûr c’est que ça motive pour la suite de l’aventure, je sais que je suis au niveau physique international, alors retour à l’entraînement pour corriger des détails et faire mieux la prochaine fois. Ça se joue toujours sur des détails on le sait tous alors il faut y croire et ne jamais rien lâcher. J’ai hâte de revenir, et avec mon frère Arthur cette fois. On a cet objectif commun et ça serait vraiment beau qu’on arrive un jour à le réaliser ensemble. Il reste du travail, mais on est dans le coup et on va rien lâcher! Je finirai par remercier mes sponsors de m’accompagner dans ce projet: ocun, frictionlabs, lagoped, le club sport Ardèche. Et bien sûr mon club la grimpe (#nutritionMagazine pour les intimes), en Ardèche qui m’aide beaucoup et dans lequel j’ai évolué et où on m’a tout appris.
Mailys Piazzalunga
On était tous très heureux de pouvoir participer à une compet internationale en ces temps un peu imprécis… C’est vrai que ça nous a fait un sacré break de compétitions à l’étranger, mais on avait été bien remis dans le bain avec les sélectifs et les stages de préparations. Pour ma part j’étais hyper motivée et j’avais vraiment hâte de grimper, d’autant plus que c’était certainement une des seules compétitions internationales à laquelle je pourrais participer cette année. J’avais, avant tout, envie de réussir à me faire plaisir pendant ce week-end, et pour le coup, c’est mission accomplie. Même si la compet n’avait pas super bien démarré pour moi, je prends mon ticket pour les demis en topant le dernier bloc des qualifs à la dernière seconde…ouff… Un circuit assez physique dans un format un peu spécial en 4min/4min ce qui ne nous laissait pas beaucoup de repos entre les runs.
En demi, le lendemain j’ai réussi à grimper plus relâchée et avec un peu moins de pression que la veille, top, je me qualifie 3ème en finale et avec Flavy en plus, on était vraiment trop contentes… mais un peu fatiguée… j’avoue haha! J’arrive en finale complètement relâchée, et sans trop d’attente, c’était pour moi tellement beau déjà, d’être arrivée jusque-là… à la lecture, plus on lisait les blocs et plus j’avais envie de grimper dans ce style de bloc qui me convenait plutôt bien, pas trop raide, des volumes, de la technique tout ce que j’aime. Allez c’est parti à fond et surtout avec le sourire !!! Premier bloc, sur volumes et petites prises je fais à vue, ce qui me lance super bien dans la finale, car on est que 3 filles à le faire. Deuxième bloc, je mets un peu de temps à comprendre le départ en contre pointe, pour finalement faire le bloc hors temps…pour une petite seconde…(pas cool, je m’en voulais tellement en rentrant dans l’iso). Bloc 3, une dalle à sensations, je savais que personne n’avait fait, c’était LE moment pour sortir mon épingle du jeu ! Youhou je flash le bloc ! Je suis relancée dans la course ! Pour le dernier bloc j’étais plus sceptique, je savais que ça ne sortait pas beaucoup, après quelques essais pour comprendre le départ, je mets toute l’énergie et la niaque qu’il me reste pour me mettre un gros fight, me prendre reculées sur reculées et finalement sortir le bloc avec le smile. Wow quel bonheur de réussir à aller chercher de telles ressources même quand les mouvs sont loin pour moi, pas à mon avantage. Quand je vois Flavy arriver et me sauter dans les bras en me disant qu’on fait un et deux… c’était vraiment un beau moment… Première compétition internationale en seniors, première victoire et tout ça avec ma copine… (dire qu’on attendait ce podium ensemble depuis nos premières sélections en minimes) Un beau week-end riche en émotions qui se termine et qui risque de m’ouvrir de nombreuses portes pour la suite de la saison internationale.
En attendant un peu de repos, puis retour à l’entrainement et… en cours aussi… haha
Je tiens à remercier tout particulièrement Nico Januel qui a donné de la voix pour nous tout le week-end, Block out Toulouse, et bien sûr mes entraineurs et mes proches qui me soutiennent et me supportent 😊
Emilien Casado:
Alors j’ai plutôt bien kiffé la compétition, le fronton était pas mal et les prises faisaient vraiment envie. Et puis on est partie avec une super bonne équipe, l’ambiance était vraiment top du coup globalement c’était un week-end dément! Pour les qualifs c’était un peu bizarre: 4blocs en 4 minutes, du coup les blocs étaient bien accessibles et ça m’a permis de bien rentrer dans la compétition. J’étais pas mal stressé et pas trop confiant de refaire une compétition internationale mais le tour de qualif m’a bien mis en réussite. En demi, les blocs étaient assez durs: j’’ai plutôt bien grimpé dans les trois premiers même si je ne les ai pas topé. Avant de partir dans le dernier bloc, j’avais plus ou moins compris que il fallait que je le fasse pour passer, du coup je me suis bien mis dedans et au final en le voyant, c’était mon pur style: une coordo et un mouv de souplesse ensuite, du coup j’ai fait le taff et c’est passé en finale. Le tour de finale avant de démarrer j’étais déjà hyper heureux je m’attendais même pas à y rentrer en venant, j’étais venu pour ça mais je savais pas si j’avais le niveau ou pas et donc j’y suis allé avec 0 pression, juste pour kiffer. Le truc c’est qu’à la lecture j’ai vraiment trouvé les blocs dans mon anti style: je savais que ça allait être dur dans les blocs physique mais au final je me suis battu et j’ai eu un peu de chance que les blocs physiques ne sortent pas trop et donc au final, un podium! Donc voilà, hyper heureux de ce weekend, je vais prendre le temps de me reposer un peu j’ai bien senti que j’étais en peine dans les blocs plus durs en intensité par rapport aux autres, du coup je vais aller faire quelques blocs dur en extérieur et puis retour à l’entraînement pour les étapes suivantes!
Flavy Cohaut
Tout d’abord, ça fait vraiment plaisir de retrouver le chemin des compétitions, surtout en ces temps difficiles. Cette coupe d’Europe à Klagenfurt était un peu inespérée pour moi… En effet, je n’avais pas été très efficace sur les sélectifs. J’ai donc abordé cette compétition comme une chance, surtout qu’elle s’annonçait comme une des seules de la saison.
Grâce aux sélectifs et aux différents stages auxquels on a pu participer, on était quand même bien préparé ! Mais la compète ça a quand même un petit truc en plus. En terme d’organisation, c’était top, toutes les mesures nécessaires ont été prises : masques ffp2, huis clos et test antigénique ( pas cool à 7h du matin… ) Pour ce qui est de la grimpe, le tour de qualif était sur un format un peu particulier, circuit de 4 blocs/ 4 min, c’était donc hyper rapide. Un style physique basique, qui me convenait plutôt pas mal. Ça s’est hyper bien passé, je fais 3 blocs et les 4 zones. Ce qui me classe 6ème. Avec les biceps un peu en compote, direction la demi le lendemain. Pour les demis, après un début difficile, (où dans le premier bloc je me tape zipette sur zipette sur un volume et le 2ème où je bouge pas trop trop.. ) Un bloc 3 topé a la dernière seconde et un bloc 4 où j’ai tout donné pour valider la zone, me permettent de prendre ma place en finale. La détermination était vraiment là ! Pour la finale, déjà trop cool d’être arrivée jusqu’ici, je l’ai abordée vraiment comme un plus. Après la lecture des blocs j’étais un peu sceptique, je n’avais pas tout compris et en plus de ça, c’était pas trop mon style… mais bon, la compète c’est la compète et j’étais là pour tout casser. Premier bloc, sur volume avec comme dernier mouv un pied très haut à remonter, pas cool pour ma non-souplesse… Bloc 2, beaucoup trop long, ahah. Un premier essai, où je tombe tout en haut, juste le temps de se reposer 1min30 et c’est reparti. Je donne tout, et ça passe !! encore une fois tout juste niveau timing. Bloc 3, une dalle bizarre, j’ai pas réussi à me lever sur le pied… tampis… Et enfin, dernier bloc, celui qui m’inspirait le plus. J’ai utilisé un de mes atouts physiques : mon allonge. J’ai pu chunter le bloc, désolé aux ouvreurs. Hyper heureuse de toper !! En sortant de ma finale, Nico me dit que je suis très très bien classée (d’ailleurs merci à lui d’avoir été là ce week-end). Au vu de ma grimpe, j’étais un peu choquée. J’ai pu admirer et encourager Maïlys qui a mis un run d’anthologie dans ce dernier bloc, c’était ouf !
Au final, trop trop contente de faire un podium sur cette étape de coupe d’Europe. De plus, aux côtés de ma super copine Maïlys. Un beau moment qui restera gravé ! Et pour ce qui est de la suite, un peu de repos et retour à l’entraînement car il reste encore du travail, même si les progrès sont là. Je suis contente que mes efforts soient enfin récompensés. Je tenais à remercier mon entraîneur, et toutes les personnes qui m’entourent, pour leur soutien. En espérant se revoir bientôt dans une salle d’escalade.
09 Avr
Vous ne connaissez pas Nicola Moineau? Il a pourtant décroché le titre de champion du monde en 2012 (à Bercy) dans la catégorie déficient visuel B1. Pour être précis, Nicolas est atteint d’une rétinopathie qui est évolutive et qui à l’heure actuelle lui permet à peine de faire la différence entre le jour et la nuit et ne voit donc ni les prises, ni les points.
Si Nicolas a raccroché ses chaussons de compétitions en 2018, il n’en reste pas moins très actif en falaise! Si il enchaînait son premier 7c+ l’année dernière après 10 mois de travail, il vient cette fois à bout d’un 7c lors de sa première tentative d’enchaînement !
Je viens de faire ma plus belle croix hier. J’ai enchaîné au 1er essai une voie côtée 7c! J’avais fait seulement 7 séances de repérage avant. J’ai enchaîné un 7c+ l’an dernier qui m’avait demandé 10 mois de travail, du coup je ne pensais pas faire la croix aussi vite. « les frères tape dur » est un 7c d’une vingtaine de mètres en léger dévers sur croutes bien abrasives sur la falaise de St Géry au secteur « baston à la maison ».
C’est un profil qui me convient plutôt bien, j’ai plus de facilités à trouver les prises dans un rocher pas trop sculpté. Et un détail bêtement pratique , il y avait moyen d’installer la moulinette, les dégaines et de travailler la voie tranquillement en passant par la voie d’à côté. Je ne vois pas, je ne peux donc pas me servir d’une canne à pêche et j’aime bien être un peu autonome quand je peux. Bref, j’ai pu faire 7 séances de repérage à raison de 2 montées par séances et au moins 2 jours pour refaire de la peau à chaque fois tellement ça broute les doigts. Et le 7 avril, j’ai senti que j’étais prêt à envoyer les essais, je n’y étais pas monté pendant une semaine, j’avais la peau toute neuve, je me sentais bien, j’ai tapé le run parfait et j’ai clipé le relai du 1er coup. En fait je cherchais un projet intermédiaire en attendant de trouver la motivation pour démarrer un gros chantier en 8a (ma dernière voie dure 7c+ m’a demandé 10 mois de travail) mais je ne m’attendais pas à le faire si vite. Donc il ne me reste qu’à trouver la voie qui me conviendra pour tenter d’entrer dans le 8ème degré.
08 Avr
Après avoir réalisé l’une des voies mythiques du Saussois, le 7c+ de “Chimpanzodrome”, le jeune (8 ans) Jules Henry fait encore parler de lui, toujours au Saussois où il semble avoir jeté son dévolu.
En un mois, il coche “this is not a love song” (8a), mais surtout il vient de clipper le relais de “Sacrilège” 8a+, et il pourrait bien être le plus jeune grimpeur à atteindre cette cotation, information à confirmer. À titre de comparaison l’extraterrestre Adam Ondra enchaînait son premier 8a à 9 ans. Alors oui, la comparaison est caduque on le conçoit, mais c’est histoire de pouvoir donner tout de même un repère sur la performance de Jules!
Jules a passé deux semaines dedans pour 6 séances au total (deux pour caler les méthodes, puis 4 séances d’essais, et pour l’anecdote, durant l’avant dernière séance, il chute dans la dalle finale).
Selon son papa, ce qui aura été le plus dur c’est de se dire qu’il n’aurait plus accès à la voie à la fin du weekend du fait du confinement. La pression était donc de mise sur les deux dernières séances…
Pour décrire un peu la voie, elle se décompose en trois parties. Une première partie très déversante avec trois jetés pour lui. Le crux pour les petits étant le second jeté. Il est obligé de relancer trois fois de suite main gauche jusqu’à un bon trou beaucoup trop loin pour sa taille (Jules sera tombé au moins une dizaine de fois à cet endroit).
Le réta qui s’en suit est relativement simple du fait de sa taille (ce serait le crux pour les grands…). Puis le second bombé beaucoup plus facile avec pas mal de bi-doigts. Et enfin la dalle finale, pas très dure mais il faut rester concentré, sinon c’est la chute assurée!
07 Avr
On ne l’arrête plus! Après avoir réalisé en janvier son premier 8B+ bloc avec “Off the wagon” en Suisse, puis en février le 8C de “Big Island” à Bleau, et enfin récemment “Quoi de neuf”, 8C au Toit d’Orsay, il empoche cette fois “La Force” (9a), toujours au Toit d’Orsay.
La Force est la ligne majeure du Toit d’Orsay, elle est constituée d’un enchainement de trois blocs : L’Acte 1 (8A), L’Acte 2 (8B) et Morpheus (7C+). L’année dernière cette ligne me paraissait bien trop dure pour mon niveau, je n’envisageais même pas d’y mettre les doigts. Une déchirure au biceps début 2020 dans le twist de l’acte 2 m’avait bien refroidi de retourner dans Quoi de Neuf (8C) qui était mon projet à l’époque, j’ai donc laissé de coté ce toit pendant quasiment 1 an. Cette année j’ai voulu y retourner car il faisait un peu chaud pour faire mes projets dur en forêt et ce toit est justement très peu à condition. En deux séances j’enchaine “Quoi de Neuf” assez facilement , puis la suite logique est “la Force”, la ligne la plus dure du toit. J’ai mis deux séances à tomber au dernier mouvement qui est le mouvement clé de “la Force”, un mouvement un peu aléatoire où il faut viser une fissure.
Et pour la troisième séance j’ai décidé de prendre un jour de repos avant et j’ai enchainé à mon premier run de la séance. Pour la cotation je n’ai aucune référence que ça soit en voie ou en traversée donc je fais confiance aux précédents répétiteurs et je laisse 9a voie et 8c+ traversée.
Maintenant je vais attendre un retour du froid pour aller dans mes projets extérieurs comme délire onirique assis (8C) et le pilier du désert assis (8C+). Et sinon continuer mon entrainement en difficulté pour les compétitions qui arrivent.
Et je voulais remercier Pierre Brebion mon nouvel entraineur qui m’a permis de faire toutes ces croix cette année qui pour la plupart me paraissaient encore loin l’année dernière !
06 Avr
C’est fait! Il nous en parlait depuis un moment, “je vise une voie dans le 9ème degré”, et bien voilà un nouvel objectif rempli, avec l’enchaînement de “Super Crackinette”, 9a+ à Saint Leger. Mais ne lui dite pas qu’il revient dans le haut niveau, il n’aime pas ça, du moins il pense ne pas le mériter au regard de la charge d’entraînement qu’ont certains sportifs pro. En réalité, il fait le modeste, car croyez nous sur parole, depuis 2 ans, Toto, comme on l’appelle dans le milieu, passe du temps en falaise, mais s’entraîne également énormément, et ça paye!
J’ai recommencé à grimper dehors depuis deux ans, des voies dans tous les styles et encore plus dans les styles que je n’aimais pas, dans des niveaux entre 7c et 8b+. En complément je faisais énormément de physique basique: footing, abdos, gainage, tractions, comme un ruscof! Mon moteur de tous les jours c’était de devenir un grimpeur plus complet.
Cette phase m’a permis de voir mes points faibles et mes points forts: je n ai pas de doigts mais j’ai des épaules, peu de résistance d’avant bras mais beaucoup de resi mentale, etc… Ensuite, j’ai donc pu structurer mon entraînement et j’ai fait appel a un entraineur.
“Super crackinette” est arrivée à point nommé pour “entrainer la rési courte”. Je n’avais pas forcément prévu de l’enchainer et puis c’est devenu un objectif. Je n’aime pas laisser des projets non terminés.
Et quand on lui parle de son statut d’ex compétiteur, il nous répond …
Je pense que ce qui est important c’est que je ne me vois pas comme un ex compétiteur, j’ai toujours été un compétiteur, je le serai toujours, dans l’âme, de manière passionnée dans tous mes projets. Et j’essaye toujours de l’assumer et d’être bienveillant dans mes rapports aux autres. Ces derniers temps je tenais à me remettre en forme pour éviter de vivre avec des pensées du style “je suis sûr que je serais capable de… si…” et me bouger le cul pour le faire… c’est pourquoi il est très probable que je veuille faire des compétitions cette année. (pour moi, la compétition c’est bien plus sain en intérieur que sur le caillou). J’ai déjà reçu plusieurs messages de personnes qui me demandent le nombre d’essais que j’ai mis dans “Super Crackinette”, je ne comprends pas trop. En falaise ça me paraît être l’ascension qui compte, c’est un chemin personnel, j’adore ça. En parallele tu partages des moments forts avec les gens qui ont aussi leurs projets autour de toi, à la falaise, ça vibre c’est trop bien. Par contre Je ne pense pas qu’une voie en extérieur puisse devenir un support pour la comparaison avec d’autres grimpeurs. Ce n’est pas parceque j’ai mis moins d’essais dans cette voie que je suis plus fort qu’un autre. Et au delà de ça je n’ai pas envie de tenir des comptes, je l’ai fait, c’est tout.
06 Avr
Après 2 ans d’absence, la jeune compétitrice Chambérienne semble plus motivée que jamais pour enfiler à nouveau ses chaussons de compétitions, avec en ligne de mire la perspective des jeux 2024 à Paris…
Salut Naïlé, pour commencer, comment vas-tu ?
Salut ça va super merci beaucoup j’espère que toi aussi ! J’ai la chance, même en cette période très complexe de pouvoir continuer à grimper et m’entrainer et j’en suis très reconnaissante.
Peux-tu revenir avec nous quand et pourquoi tu as eu le besoin / l’envie de marquer une pause avec les compétitions ?
Je m’entraîne et je fais de la compète depuis que je suis toute petite et à force, j’ai perdu cette motivation pour l’entraînement, tout comme les compétitions que je faisais par habitude: je n’y trouvais plus de plaisir ni d’envie. J’ai donc voulu faire une pause pour me remettre les idées en place et réussir à trouver ce qui me motive vraiment en réfléchissant à mes objectifs.
Cette pause a débuté en septembre 2019 et et ça a duré environ un an. J’ai finalement repris le chemin de l’entraînement en septembre 2020.
Y’a-t-il eu un ou des éléments déclencheurs ?
Je pense que c’était un tout, ce n’était pas la première fois que je pensais à faire un break. Je pense aussi que le fait que je n’ai pas réussi à m’exprimer sur les coupes du monde Sénior m’a motivé à dire “stop”.
Qu’en as-tu tiré ?
Cette pause était choisie et volontaire, elle m’a donc fait beaucoup de bien et m’a permis de faire le point correctement. Bilan : j’adore l’escalade. Je ne vais donc pas arrêter tout de suite! D’ailleurs durant cette année j’ai continué à grimper pas mal en falaise mais sans aucune contrainte. J’ai ensuite réfléchi à mes envies par rapport aux entrainements et aux compétitions, et me revoilà motivée plus que jamais!
Aujourd’hui, tu sembles donc avoir la volonté de revenir sur le terrain du haut niveau et de la compétition, qu’est-ce qui motive ce choix ? Qu’est-ce qui a changé pour toi ?
Après avoir beaucoup réfléchi, je me suis rendu compte que quoiqu’il arrive j’aimais l’entraînement, et que si je continuais ce serait aux côtés de mon entraîneur Kevin Arc. J’ai décidé de m’entrainer différemment avec Kevin et de me laisser aussi des projets pour l’extérieur, avec un entrainement peut-être un peu plus diversifié, un entrainement qui me correspondrait parfaitement.
Pourquoi le choix de Kevin Arc ?
Car ça faisait un bon bout de temps que je m’entrainais déjà avec lui et on avait construit de belles choses ensemble, sur tous les plans. Pour moi c’était donc une évidence de continuer avec lui.
Tu nous confiais d’ailleurs à ce sujet vouloir t’engager dans une préparation olympique pour Paris 2024, comment imagines-tu les 4 prochaines années ?
Oui bien sur que je pense aux JO de Paris 2024 ! Les 4 prochaines années vont être rythmées par les entraînements, après c’est un peu dur de se projeter avec la situation actuelle… Mais j’espère que ce seront des années pleines de progression pour 2024.
En attendant 2024, quels sont tes objectifs intermédiaires ?
J’aimerais retrouver le niveau sur la scène nationale et internationale et j’aimerais aussi beaucoup refaire des perfs en extérieur et découvrir un peu plus le bloc dehors aussi.
Durant ta pause, tu t’es pas mal évadée en falaise, vas-tu y renoncer pour les JO ?
Oui effectivement comme je l’ai dit j’ai continué à grimper et surtout en falaise. Et cela m’as fait beaucoup de bien et m’as ramené à la pratique que je faisais le plus quand j’étais petite. Je pense que la falaise, en tout cas pour moi, est complémentaire à l’entrainement. Je ne vais donc pas y renoncer pour les JO: avec un peu d’organisation je couplerai entraînement et grimpe dehors.
Parle nous un peu de tes entraînements : comment t’entraînes-tu aujourd’hui ? et comment articules-tu tout ça avec la vie quotidienne ?
Je m’entraine sur Chambéry principalement dans la salle Ambroise Croizat avec comme entraineur Kévin Arc qui lui se trouve à Nantes. Je suis donc entrainée à distance. Je suis en terminale dans un lycée à horaires aménagés ce qui me permet d’avoir un très bon emploi du temps et donc des plages horaires pour pouvoir m’entrainer correctement.
L’entraînement à distance te convient ? Ce n’est pas trop dur de ne pas avoir la présence de ton entraîneur lorsque tu t’entraînes ? Comment tu te motives lorsque tu as un coup de mou pendant une séance ?
Oui ça me convient complètement, la première année avait été un peu dure car on est passé de tout à rien et on ne l’avait jamais fait. Mais maintenant ça se passe super bien, on s’est tous les deux amélioré.
Et puis je ne suis pas non plus tout le temps toute seule du coup ça va. Ça m’arrive rarement les petits coups de mou, mais quand c’est le cas je demande si quelqu’un veut faire la séance avec moi ou alors carrément j’appelle Kevin pour voir s’il ne peut pas me proposer un autre exo qui me motiverait.
Avec cette nouvelle ère des JO, comment cela se passe-t-il au sein de l’équipe de France, y’a-t-il plus de rivalités ?
Non je dirais au contraire que tout le monde est « excité » par cette nouvelle forme de compétition qui s’offre à l’escalade, et selon moi l’émulation et d’autant plus grande !
Le mot de la fin ?
Vite que cette épidémie cesse et que tout le monde puisse retrouver toutes ses activités… En attendant essayons de garder le sourire et de faire du mieux que l’on peut !
04 Avr
Crise sanitaire oblige, ce n’est pas au ciné que vous pourrez vous délecter des nouveaux films du Reel Rock 15, mais bel et bien chez vous, calé au fond de votre plus beau canapé. Attention, les films ne seront disponible en VOD que les 9, 10 et 11 avril.
Deep Roots
Lonnie Kauk, fils de Ron Kauk, un des pionniers de l’escalade US et résident le plus ancien du Camp 4, souhaite renouer avec ses racines. Pour cela, il se lance dans la répétition des ascensions les plus fameuses de son père, tout en honorant ses origines autochtones.
Action Directe
La grimpeuse française et machine d’efficacité Melissa Le Neve a travaillé 6 ans pour conquérir la voie d’escalade sportive la plus célèbre du 9eme degré. Ce challenge la met face à des mouvements impossibles, des doutes personnels et la pression d’une voie historique.
First Ascent/Last Ascent
La grimpeuse anglaise Hazel Findlay et sa meilleure amie Maddy Cope parcourent les recoins rocheux de Mongolie à la recherche de mystérieuses voies d’escalade.
Black Ice
Une équipe de grimpeurs citadins quittent leur salle d’escalade du Tennessee, direction les parois glacées du Montana pour y découvrir la cascade de glace. Leurs mentors : Manoah Ainuu, Conrad Anker et Fred Campbell partagerons avec eux leur passion pour les aventures hivernales en
montagne.
03 Avr
La bataille entre les deux listes, « Cap24 tous ensemble avec nos territoires » menée pas Claude Chemelle et « ensemble fédérons notre diversité » portée par Alain Carriere, aura été rude, avec beaucoup de propositions dans les deux camps pour faire évoluer la FFME. A la suite d’une assemblée générale, c’est finalement Alain Carrière qui se voit attribuer la présidence de la FFME.

Si Alain Carriere semble être « l’héritier » de Pierre You après avoir occupé le poste de trésorier de la FFME, il revendique toutefois vouloir incarner un certain changement. le voici quoiqu’il arrive à la tête de la FFME, avec pas mal travail à réaliser concernant le haut niveau, les JO, le déconventionnement des falaises, les liens entre le national et les territoires, l’escalade loisir, etc…
Le nouveau conseil d’administration pour la prochaine olympiade est le suivant :
03 Avr
5ème ascension de ce monument libéré par Chris Sharma en 2011 à Margalef. C’est au tour du jeune Espagnol Jorge Diaz-Rullo de s’y coller, et du haut de ses 21 ans, il clippe ainsi le relais de son 4ème 9b.
Pour rappel, son pédigrée dans le 9b:
Ses impressions laissées sur son Insta:
Il y a quelques jours j’ai pu enchaîner cette voie incroyable, très différente du style de Margalef, mais c’est une voie 5 étoiles! Pour moi, ça a toujours été un rêve. Après avoir vu les vidéos de Chris Sharma dedans, je suis tombé amoureux de cette ligne!
Ça n’a pas été un projet facile, au début je pensais que c’était impossible pour moi, il m’a fallu beaucoup de temps pour trouver ma séquence pour le pas de bloc final, et c’est Dave Graham qui m’a inspiré avec sa méthode… Le jour de l’enchaînement, il faisait chaud, et j’ai dû attendre le soir et la petite brise qui s’est levée pour réussir l’enchaînement: tous les éléments étaient réunis! Mantenant, je suis motivé pour trouver un projet encore plus dur…
03 Avr
Il y a un an, Planetgrimpe publiait mon article sur les troubles du comportement alimentaire en escalade dans lequel il était question de l’impact des remarques sur les grimpeurs et les grimpeuses à propos de leur corps et de leur rapport poids/puissance. A ce moment-là, j’étais loin de m’imaginer le déni et l’aveuglement généralisé face aux troubles alimentaires en escalade. Et puis il y a eu le documentaire Light de Caroline Treadway et les quelques témoignages de grimpeuses françaises qu’il a suscités, ce qui laisse à penser que la grimpe tricolore souffre des même maux.
Dans Light, le décorticage de la mécanique du trouble est minutieux. On y retrouve de grandes grimpeuses telles que Angie Payne et Emily Harrington qui détaillent sans fard la culture de la perte de poids – l’affutage – qui fait gagner les compétitions et surtout, le revers de la médaille.
Quand Payne revient sur sa période de gloire, elle raconte : “Je savais que j’étais déprimée, je savais que ce n’était pas viable à long terme mais je gagnais, je grimpais bien, c’est à ça que je me raccrochais. Mais maintenant, quand j’y repense, je ne voudrais pas y retourner même si on me payait pour le faire.”
Même constat pour Harrington, qui réalise qu’elle était trop jeune pour comprendre les enjeux de la perte de poids volontaire. Pour elle, la privation de nourriture était synonyme d’implication et de résultats, “c’est ce qu’il faut pour réussir”, pensait-elle à l’époque. Et pourtant, l’année où elle a été vice-championne du monde fut aussi celle où elle s’est sentie le plus fatiguée, malheureuse et constamment préoccupée par la nourriture et la réussite.

Maegan Martin, l’une des rares athlètes a avoir pu garder une relation saine avec la nourriture (image extraite du documentaire)
Malheureusement, être constamment préoccupée ne laisse pas beaucoup d’espace pour savourer son titre et profiter de la vie.
Toutes évoquent l’impossibilité de modifier leur comportement puisque le succès était au rendez-vous et que toute la communauté de la grimpe encourageait cette pratique. Impossible même d’en parler entre-elles bien qu’amies proches. En effet, pour pouvoir se confier, on le constate dans toutes les situations taboues – et le trouble alimentaire en est une – encore faut-il trouver le bon interlocuteur, l’oreille attentive qui ne minimisera pas ou ne fera pas l’autruche. Sans oublier que le premier symptôme est le déni, la malnutrition modifiant le fonctionnement cérébral. On devient plus rigide, multipliant les règles strictes pour régir le quotidien, le sens de l’humour est aux abonnés absents contrairement au trouble qui accompagne chaque pensée et dont l’emprise est plus forte que l’amour ou la religion, selon le Dr Gaudiani, interviewée dans le film. Fort heureusement, tout cela cesse lorsque le cerveau retrouve une quantité de nutriments suffisante pour bien fonctionner.
Dépression, malnutrition, les mots employés sont forts car la culture de la restriction alimentaire d’affutage qui s’est imposée dans le milieu de la grimpe représente un réel danger pour les grimpeuses… autant que les grimpeurs. Difficiles à aborder chez les femmes, les troubles alimentaires le sont encore plus chez les hommes pour une question de stéréotype : révéler sa vulnérabilité, ça n’est pas très masculin.
Kai Lightner, multiple vainqueur du championnat US (10 titres en catégorie jeune et 2 titres en senior), en a fait les frais il y a quelques années. Seul homme à accepter de témoigner malgré la puissance du tabou, il explique qu’il a évité de justesse l’insuffisance hépatique du fait des restrictions alimentaires qu’il s’infligeait. Les commentateurs, les coaches, ses partenaires lui avaient tellement renvoyé qu’il était très grand – trop grand – pour le monde de l’escalade (1,73 m), il a voulu compenser ce “handicap” et devenir aussi léger que ses coéquipiers, jusqu’à descendre à 43kg. A l’époque, cela n’a choqué personne mis à part sa mère, qui lui a littéralement sauvé la vie en l’emmenant de force chez le médecin.
Une fois de plus, on se rend compte à quel point l’entourage est crucial pour éviter la catastrophe mais à condition qu’il soit lui-même capable de détecter le mal-être et de soutenir le grimpeur. Treadway elle-même explique comment elle a parfois détourné le regard, refusant d’être confrontée au malaise suscité par la performance d’une personne malade. Maegan Martin raconte son étonnement de voir laisser concourir des athlètes manifestement sous-alimentés.
Angie Payne quant à elle témoigne de son regret de ne pas avoir su épauler son amie car elle aussi essayait “juste de survivre”.
Pour autant, malgré la noirceur du tableau, le film Light véhicule en définitive un message positif envers la communauté de la grimpe, en premier lieu en mettant en lumière cette problématique. En offrant l’exemple de championnes qui s’en sont sorties, en libérant la parole, le but de la réalisatrice est de provoquer une prise de conscience généralisée afin que les jeunes grimpeurs n’aient plus à faire face à des exemples malsains. Au contraire, toutes les personnes interviewées dans le documentaire souhaitent montrer la souffrance que génèrent les privations alimentaires alors que se sentir fort dans un corps sain est bien plus satisfaisant que se sentir léger.
D’ailleurs, Emily Harrington, qui a fait la paix avec son corps et son alimentation et désormais plus âgée et moins légère que pendant sa période de compétitrice, grimpe toujours aussi fort – voire plus. En 2020, à 34 ans, elle est devenue la quatrième personne et première femme à grimper El Capitan par la voie Golden Gate (8a/b) en moins de 24h d’effort.
En France, ce sont Svana Bjarnason et Mathilde Becerra qui ont eu le courage de témoigner, la première sur Planetgrimpe et la seconde via un post sur les réseaux sociaux, encouragées par l’effet Light. Merci à elles, les jeunes grimpeurs et grimpeuses ont plus que jamais besoin d’exemples positifs.
En ligne sur YouTube depuis début février 2021, le documentaire Light est désormais disponible avec des sous-titres en français. Il n’y a donc plus aucune raison de ne pas le diffuser largement.
Texte: Amandine Verchère
31 Mar
Alors que les athlètes de haut niveau, inquiets pour leur avenir, publiaient il y a quelques jours une lettre ouverte aux deux listes qui se présentent à la présidence de la FFME, voici la réponse de la liste emmenée par Claude Chemelle, “Cap 24 FFME”. Les réponses de l’autre liste sont ici.
Nous remercions Manu CORNU et l’ensemble des sportifs de haut niveau de nous avoir fait partde leur inquiétude au sujet de leur avenir sportif suite aux prochaines élections du CA de la FFME. Nous les comprenons et nous tenons à rassurer chacun et chacune sur nos ambitions.
Tout d’abord, permettez-nous un constat : la situation actuelle n’est pas une situation idéale pour les sportifs de haut niveau à la FFME et nombreux d’entre vous nous ont fait part de certaines insatisfactions. Après les élections, si l’équipe de M. Carrière conserve la main mise sur la Fédération, il n’y a aucune raison objective pour que le système en place change en s’améliorant.
L’équipe Cap24FFME propose une série de mesures pour le haut niveau et la compétition qui vont bien au-delà des simples questions financières et qui initient de véritables changements:
Par exemple sur le haut niveau :
Refonte du haut niveau, changement du DTN, aide concrète aux clubs de niveau national et disposant d’un label compétition, planification et coaching à distance pour les athlètes hors structures, création éventuelle d’un pôle France espoirs pour mieux accompagner le passage des pôles espoirs régionaux aux pôles France.
Renforcement et élargissement des actions de recherche pour le ski alpinisme et l’escalade et en fil conducteur travail renforcé en partenariat avec les clubs.
Sur la question des moyens financiers accordés au haut niveau :
En toute transparence : en voici la preuve, notre budget en avant-première comparé au budget 2019 et budget prévisionnel présenté en AG 2021 par le trésorier. Il sera présenté lors de l’AG du 3 et 4 avril 2021. Répartition des charges par département (en Milliers d’euros)
Il est aussi nécessaire que nos meilleurs sportifs, n’aient pas ou moins de problèmes pour vivre « normalement ». Il nous faut avoir un discours de responsabilité à cet égard. Seulement, comme vous le savez surement, la trésorerie de la Fédération est durement impactée par la crise Covid et des efforts budgétaires doivent, et vont, s’appliquer à tous les niveaux de la Fédération sans exception. Notre Fédération doit également fournir des efforts en recherchant de nouvelles sources de financement, tant pour l’équipe de France, que pour chaque sportif individuellement. Nous sommes désormais un sport olympique, en pleine ascension et à ce titre, il est indispensable de trouver et de fidéliser plusieurs partenaires pour nous aider dans ces financements. Egalement, nous nous engageons à accompagner nos athlètes pour la recherche de sponsors personnels. L’idée est ici de maintenir un équilibre financier entre la pratique loisir et en compétition, même si cette dernière ne représente qu’un faible pourcentagede licenciés.
Mais encore, derrière les athlètes de haut niveau que vous êtes, et ce, dans toutes les disciplines qui composent la FFME, il y a d’abord des femmes et des hommes passionnés, qui aiment leur sport et qui ont besoin d’une Fédération forte à leurs côtés. Oui, nous serons au rendez-vous avec vous. Mais il y a bien plus que cela et nous voyons plus loin. Il nous faut réfléchir, entre autres, à l’accompagnement de tous nos athlètes tout au long de leur carrière, mais également, les aider pour des formations de reconversion professionnelle au moment de leur retraite sportive. Des accords seront trouvés avec des organismes de reconversion en vue de permettre la réorientation professionnelle d’anciens sportifs, à des postes, y compris dans d’autres structures hors de la Fédération.
Dès notre élection, nous allons ouvrir un grand chantier avec vous, les athlètes, mais également avec les salariés et les clubs afin d’identifier toutes les bonnes pratiques, mais surtout repérer tous les points qui posent problème à chacun d’entre nous, afin de travailler ensemble pour apporter un maximum de réponses positives. Vous êtes nos champions, notre élite, notre fierté, et il est certain que la FFME doit vous promouvoir auprès de ses adhérents mais aussi de façon publique à l’ensemble de la société française ; cela participe à l’image de notre sport, de notre Fédération et indirectement à l’augmentation du nombre de licenciés. Nous sommes conscients que la singularité de chaque problématique ne trouvera pas forcément de réponse satisfaisante, mais, notre ambition est d’avancer ensemble afin de redevenir, à travers votre accompagnement, la première nation mondiale en terme de performance, et ce, avec des athlètes qui s’épanouissent dans leur passion.
C’est ainsi, qu’au travers de cette lettre, par nos engagements, nous souhaitons rétablir quelques vérités :
– Notre projet de transformation ne consiste pas à opposer les différentes pratiques fédérales ou même les pratiquants, mais bien à inclure chaque individu dans ce grand projet de rayonnement par une meilleure collaboration « locale-nationale ».
– Notre projet n’a pas pour vocation de tout détruire comme on veut le faire croire. Il y a des choses qui fonctionnent très bien et c’est important ; l’optimisation des ressources est l’une des voies sur laquelle nous nous engageons pour atteindre nos objectifs.
– Le projet de notre liste n’est pas le seul à repenser les fonds alloués pour le haut niveau (comme à tous les niveaux de la fédération). Seulement nous avons fait le choix de la transparence et nous l’exposons clairement.
Enfin, il est surprenant de lire dans la réponse de la liste concurrente : « nous n’avons jamais eu le projet de vous mettre en difficulté et de réduire le soutien que nous vous devons »car cela était pourtant explicite dans le discours de M. Carrière dans l’article Alpine Mag: « Mais on va faire des coupes sur le haut niveau et les dépenses de fonctionnement de l’ensemble de la fédération »
D’autre part, dans le budget prévisionnel présenté pour l’AG, l’équipe de M. Carrière propose des économies de presque 200 000 euros sur le haut niveau en passant par exemple de 199 000 euros (budget réalisé 2019) à 140 000 euros (budget prévisionnel 2021) pour l’équipe de France jeunes escalade. Ces chiffres sont facilement vérifiables.
Notre volonté est bien qu’aucun athlète de la FFME ne se sente de quelque façon stigmatisé, pointé du doigt, laissé de côté, ou même exploité. Nous sommes pleinement conscients de l’ampleur des sacrifices que vous consentez tous les jours, et des exigences qui vous sont imposées. Soyez convaincus que nous ferons le nécessaire pour être à la hauteur de vos engagements, et que nous ferons notre possible pour que ces derniers soient moins lourds à assumer !
Avec notre plus grand respect, L’équipe CAP24FFME
31 Mar
Alors que les athlètes de haut niveau, inquiets pour leur avenir, publiaient il y a quelques jours une lettre ouverte aux deux listes qui se présentent à la présidence de la FFME, voici la réponse de la liste emmenée par Alain Carrière, “Ensemble fédérons notre diversité”. Nous publierons par la suite la réponse de l’autre liste, “Cap 24 FFME”, emmenée par Claude Chemelle.
Chères athlètes, chers athlètes,
Nous avons bien reçu votre lettre ouverte adressée aux candidats à l’élection au prochain conseil d’administration de la fédération.
Bien sûr, nous comprenons votre inquiétude. Nous avons aussi lu et entendu certaines positions durant la campagne qui nous ont inquiétées sur l’avenir du sport de haut niveau à la FFME. Nous souhaitons ici vous rassurer : ces positions n’étaient pas celles de notre liste, « Ensemble fédérons notre diversité ».
En effet, nous n’avons jamais eu le projet de vous mettre en difficulté et de réduire le soutien que nous vous devons.
Dans notre fédération, comme dans toutes les autres, les athlètes de haut niveau et leurs résultats permettent de mettre en lumière nos activités. Nous sommes persuadés que l’énergie que vous mettez à porter haut les couleurs de la France bénéficie à toute la fédération et à l’ensemble de ses clubs. Par ailleurs, la valeur de nos équipes de France est examinée attentivement par l’Agence nationale du sport pour fixer le soutien que cette entité gouvernementale apporte à la fédération. Réduire les moyens vers le haut niveau mettrait à coup sûr en danger les soutiens financiers que nous recevons de l’Etat.
L’entrée de l’escalade dans l’ère olympique va à l’évidence profiter à tous les acteurs de la fédération et, sans aucun doute, à ses licenciés. La présence de ce sport à Tokyo va développer encore plus l’envie de le pratiquer chez nombre de Françaises et de Français, au bénéfice de tous nos clubs.
Comme vous, nous pensons qu’opposer pratique de haut-niveau et pratique dite de « loisir » n’a pas de sens. Nous sommes convaincus que confronter l’escalade en salle et l’escalade en sites naturels n’a d’autre objectif que de semer le trouble au sein de la fédération. Chercher des oppositions entre les différentes approches de nos différents sports sont des impasses qui ne permettent pas d’avancer ensemble. Comme vous, nous aimons et soutenons toutes les facettes, toutes les pratiques de nos sports.
Toutes les approches méritent le soutien de la fédération. C’est l’ambition de notre programme et le cœur de notre discours durant cette campagne. Nous sommes fermement motivés pour que chacune et chacun trouve sa place. Que nous puissions toutes et tous nous exprimer en fonction de nos attentes, dans toute leur diversité.
La liste « Ensemble fédérons notre diversité »
29 Mar
Il y a quelques semaines, le Belge Simon Lorenzi annonçait le 2ème 9A bloc du monde avec la réalisation du départ assis de “The Big Island” à Bleau, qu’il nommait “Soudain seul”, nom tiré du livre utilisé sous sa genouillère pour enchaîner le bloc.
Simon Lorenzi n’était pas seul à travailler ce bloc: un certain Nico Pelorson était dans la course également, et après des mois de travail, le voilà à son tour en haut de ce monument. Pour la cotation il pencherait plutôt sur 8C+, estimant le bloc relativement “réalisable” avec pas mal de travail. En attendant que d’autres répétiteurs affinent la cotation, voici la réaction à chaud de Nico:
Je me suis acharné sur ce bloc tout l’hiver 2020 et j’ai remis le couvert dans ce bloc durant l’hiver 2021 et début de primptemps où j’ai fait le bloc. La première année ou j’ai essayé ce bloc, je n’ai pas connu de réel progrès en réalité. Après avoir trouvé les méthodes, je suis rapidement arrivé à la grande baffe et j’ai passé tout mon hiver à tomber à ce mouvement. Je me suis entêté à grimper dans les conditions les plus froide possible, ce qui je pense n’était pas du tout un bon choix.
En 2021, lors du 2ème confinement, avec ma chérie Eline et 2 super amis, Solene et Romaric, nous avons réalisé 1 mois et demi d’entrainement intensif sur le pan et les machines de muscu du garage de mes parents. Je suis revenu sur Fontainebleau très en forme et en quelques séances, je me suis mis à passer cette fameuse baffe très régulièrement en venant du début.
Par ailleurs, je me suis aussi aperçu du fait qu’avec une température inférieur à 8°, il faisait beaucoup trop froid pour ma peau et je n’arrêtais pas de glisser sur les plats.
Fort de ces entrainements et au clair sur les conditions qui me correspondent le mieux, j’avais toutes les clefs pour réussir le bloc. Dès lors, j’ai progressé petit à petit jusqu’à le réussir.
Pour la cotation, je me sentirais mal de prétendre avoir réussi un des 2 seuls 9a sur terre alors qu’au fond de moi, je pense que ce bloc ne vaut pas cette cotation. 8c+ me semble plus cohérent. Je pense que nombreux sont les grimpeurs dans le monde qui peuvent prétendre à le réussir avec un investissement suffisant, ce qui ne serait pas le cas avec un vrai 9a bloc. Ce n’est que mon avis et je respect infiniment celui de Simon. D’autant qu’il n’est pas impossible qu’il ait fait un effort plus dur avec sa méthode pour petit. Moi je l’ai fait avec la méthode classique de la grande baffe et pas celle de l’horloge de Simon.
29 Mar
Nous sommes athlètes et nous avons besoin de notre fédération !
Nous ne sommes pas que des athlètes de haut-niveau, nous sommes aussi des licenciés de notre fédération, la @FFME. Nous avons découvert l’escalade au sein d’un club FFME, nous avons grandi grâce au cursus fédéral : sous sommes fiers d’être des licenciés à la FFME.
Comme bon nombre d’adhérents, nous suivons avec intérêt la campagne électorale pour la nouvelle gouvernance de notre fédération pour la prochaine olympiade. C’est un processus démocratique que nous respectons et qui doit refléter la vision du plus grand monde au sein des clubs de notre fédération.
Néanmoins, certains discours exprimés à l’occasion de cette campagne nous inquiètent. Nous avons lu que le haut-niveau coûtait trop cher à la fédération et qu’il faudrait réduire ces budgets. Nous avons entendu que notre staff était trop fourni et qu’il serait nécessaire de se séparer de certains de nos entraineurs.
Parfois, nous nous sommes sentis stigmatisés, comme si nous, athlètes, dilapidions avec excès le capital fédéral. Nous avons aussi vu notre pratique d’athlète de haut-niveau mis en contradiction avec la pratique des licenciés. Notre activité sur les murs de compétition mise en opposition avec la pratique en extérieur. Nous souhaitons être clairs : nous aimons toutes les facettes de notre sport et nous ne nous reconnaissons pas dans ces discours.
Pour pouvoir continuer à porter haut les couleurs de la France, nous avons besoin de notre fédération. Nous avons besoin de nos entraineurs, de notre staff. Nous avons besoin de votre aide pour pouvoir partir en stage, pour nous déplacer sur les lieux des compétitions. Et oui, dans certains cas, nous avons besoin d’une aide financière.
Cela ne vous aura pas échappé, l’escalade est un sport dont il n’est pas facile de vivre. Pour vous représenter sur les compétitions internationales et continuer de jouer les premiers rôles, il est nécessaire que nous puissions nous préparer dans les meilleures conditions. Aujourd’hui, cela n’est pas possible sans l’aide de notre fédération : nous investissons déjà énormément dans notre activité de sportif de haut-niveau, nous ne pouvons réussir sans vous.
Bien sûr, nous respecterons le processus démocratique qui sera à l’œuvre lors de l’Assemblée générale, les 3 et 4 avril prochains. Après cette date, quelle que soit l’issue du scrutin, nous continuerons d’être des athlètes de notre fédération. Nous espérons simplement que notre fédération continuera de nous donner les moyens de l’être.
Collectif athlètes haut niveau :
Cornu Manuel, Mawem Mickael, Mawem Bassa, Chanourdie Julia, Gibert Fanny, Bonder Jeremy, Piret Solenne, Thomas Bastien Le Cerf Pierre, Jenft Paul, Fourbet Diego, Nao Monchois, Duval Alistair, Casado Emilien, Schalck Mejdi, Ternant Arthur, Avezou Sam, Ternant Mathieu, Parmentier Hugo, Lemaire Adrien, Nathan Martin, Duval Arsene, Iltis Kintana, Lerondel Saula, Arc Nolwenn, Andre Charlotte, Caillet Agathe, Avezou Zelia, Elhadj-Mimoune Selma, Bertone Oriane, Meignan Naïlé, Cohaut Flavy, Piazzalunga Maïlys, Pouget Camille, Morin Clotilde
29 Mar
Alors qu’il enchaînait en début d’année le 8C de “The Big Island” à Bleau, c’est cette fois-ci au toit d’Orsay que le bloqueur Killian Chabrier a encore frappé. Il vient en effet à bout de “Quoi de neuf” (enchaînement long de l’acte 1 et de l’acte 2), coté 8C. Il revient pour nous sur cette nouvelle coche:
J’ai commencé à essayer les différentes sections de ce bloc/trav début 2019 où j’y ai mis pas mal de séances, 2 pour faire l’acte 2 (8B) puis bien 3 pour faire l’acte 1 (7C+/8A), puis j’ai mis 5 séances pour essayer de tout bien caler et enchaîner, mais je me sentais loin de faire.
Début 2020 j’ai refais une seule séance où je me suis déchiré le biceps sur quelques millimètres dans l’excentrique du twist, ça ma bien refroidi d’y retourner donc j’ai fais une grande pause. Cette année avec les températures un peu élevées qui arrivent, il faisait un peu chaud pour aller dans mes projets donc je me suis décidé à y retourner. Sur la première séance j’ai tout recalé, j’ai mis un run d’enchaînement où je suis tombé au dernier mouv’ dur assez frais. Sur mon deuxième run je tombe bêtement après le twist. Sur la session suivante j’enchaine assez facilement au premier run. Pour la cotation je pense à un petit 8c en cotation traversée ou voie car c’est un effort long.
Mes prochains objectifs sont les compétitions de difficulté qui arrivent, puis en extérieur “Délire onirique” assis (8C) et “le pilier du désert” assis (8C+) où sur ces deux bloc j’ai tous les mouvements et il me reste plus qu’à enchainer! Et pourquoi pas mettre quelques runs dans “la Force” qui est la ligne la plus logique du toit d’Orsay, et qui irait bien avec mes entrainements pour la diff.
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24 Mar
Faute de compétitions actuellement, difficile cette année de sélectionner les meilleurs jeunes et seniors pour la saison internationale de bloc 2021. C’est pourquoi plusieurs sélectifs ont eu lieu. Découvrez ci-dessous tous les résultats de ces sélectifs ainsi que la sélection tricolore pour la première étape de coupe du monde de bloc de la saison à Meiringen les 16 et 17 avril prochains et l’étape de coupe d’Europe de bloc à Klagenfurt du 9 au 11 avril.
21 Mar
Voici les derniers résultats de ce week-end de sélectif EDF de bloc: le 2ème circuit pour les seniors femmes et hommes qui s’étaient qualifiés. Ne vous étonnez pas de ne pas voir certains noms dans le classement, les grimpeurs ayant déjà leur place en équipe de France n’apparaissent pas sur les résultats.
21 Mar
Après les jeunes hier, place aux seniors pour un nouveau sélectif EDF de bloc. Petite différence avec les jeunes, les seniors auront 2 tours, le premier vient de se terminer: 14 femmes et 16 hommes participeront au second tour.
20 Mar
On termine cette première journée du sélectif bloc EDF avec les résultats des minimes filles et de cadettes. Demain, place aux seniors!
20 Mar
Le sélectif se poursuit avec les résultats des juniors filles et garçons.
20 Mar
Nouveau week-end, et nouveau sélectif bloc pour entrer en équipe de France pour cette saison 2021. Cette fois, c’est Vertical Art Rungis qui accueille les meilleurs bloqueurs français. Aujourd’hui les jeunes sont à l’honneur, et demain place aux seniors. Vous pourrez suivre les résultats tout au long de la journée sur cette page qui sera actualisée.
Voici les premiers résultats qui viennent de tomber…
11 Mar
Black Diamond souhaite toujours répondre d’avantage aux besoins des consommateurs. L’été 2021 se parera de nouveaux coloris et styles dans la gamme des chaussures d’approches et lifestyle, et Black Diamond proposera des nouveautés textiles comme la veste TreeLine Stretch Shell dotée d’une technologie DWR sans PFC dans sa production, et enfin dévoilera de nouveaux produits ingénieux dans la gamme escalade avec notamment un nouveau casque et une magnésie éco conçue. En bref, tout l’équipement nécessaire pour passer un printemps sportif épanoui.
Conçue pour un confort nouvelle génération tout en restant robuste, la Prime inclut une semelle suédée qui assure à la fois une meilleure adaptabilité du chaussant, une résistance accrue aux intempéries et un confort supérieur. La Prime permet également d’affronter sereinement les approches grâce à la gomme adhérente BlackLabel-Street de sa semelle extérieure. Le renfort en gomme au bout de la chaussure apporte plus de protection et les boucles de sangles permettent de nombreuses possibilités pour les accrocher à son sac pour passer du chemin à la falaise.
Élaborée pour grimper avec style, la Black Diamond Session Suede associe confort extrême et performances et permet de passer de la salle à la falaise ou encore à une balade en ville. Robuste et résistante aux intempéries, la semelle de la Session Suede s’associe à un talon en matière extensible facile à enfiler et enlever. Ce talon se rabat aisément pour une utilisation encore plus pratique. La semelle intermédiaire ajustée en EVA apporte amorti et stabilité alors que la gomme Black Diamond BlackLabel-Street adhérente offre une bonne accroche lors de courts passage grimpant ou sur du terrain varié. Enfin, les boucles de sangles offrent différentes possibilités pour les accrocher à son sac.
– Tout le matos Black Diamond chez les partenaires de PG –
Conçue avant tout pour l’escalade, la Tag LT est notre réponse innovante aux attentes des grimpeurs depuis des années : une chaussure d’approche à la fois compressible et simple à clipper sur son porte matériel pour prendre le moins de place possible, pratique à enfiler et agréable pour marcher jusqu’au parking. Chaussure la plus légère de notre gamme Performance avec ses 212 grammes, la Tag LT est dotée d’une construction soudée de faible poids et d’une semelle en poly tissée stretch bi-directionnel développée par Black Diamond a la fois légère, anti-humidité et anti-moisissure. Des bandes de protection contre la boue en TPU ont été ajoutées aux points stratégiques pour une meilleure protection tout en maintenant un poids réduit. La partie en stretch au centre du chausson et le talon en suédine procurent la sensation de douceur d’une chaussette tout en assurant la respirabilité et la tenue nécessaires. Ce niveau de technicité permet d’obtenir une semelle compressible qui offre un volume réduit et un rangement facile sur le porte-matériel ou dans un sac à dos. L’avant-pied est conçu pour offrir accroche et stabilité en escalade et en randonnée. La gomme BlackLabel Mountain assure une adhérence haute performance tout en maintenant le poids et l’encombrement de la chaussure au minimum. Une boucle de sangle au talon permet d’accrocher la chaussure au porte-matériel ; une sangle élastiquée facilite également la compression et le transport.
La Treeline Rain Shell est dotée de la solution imper-respirante et coupevent Bd.dry™. Offrant un intéressant rapport qualité/prix, elle est conçue pour se protéger des averses passagères lors des randonnées en montagne. Dotée d’une membrane 2,5 couches 10K/10K entièrement étanchée, la Treeline offre la respirabilité et la liberté de mouvements nécessaires durant l’ascension tout en étant 100 % imperméable et coupe-vent. La fermeture zippée centrée devant YKK® Aquaguard empêche toute intrusion d’humidité tandis que le traitement
déperlant DWR permet une meilleure ventilation. Une aération en maille mesh au dos permet de rester au frais et au sec en évacuant l’humidité et en assurant une ventilation naturelle. Cette veste dispose également de deux poches avant zippées compatibles avec un sac à dos, idéales pour ranger les petits accessoires essentiels durant une sortie. La capuche compatible avec un casque d’escalade et réglable en un seul geste et protège contre les pluies les plus fortes. Enfin, le bas de veste et poignets s’ajustent efficacement pour une meilleure liberté de mouvements.
Casques CAPITAN / CAPITAN MipsLe Capitan est le casque Black Diamond haute résistance qui offre une protection supplémentaire sur les côtés et a l’arrière, tout en conservant un profil optimisé et un niveau de confort optimal pour les longues journées. Doté d’une coque en ABS bi-blocs, d’une mousse EPP et d’une calotte en mousse EPS, le Capitan répond aux exigences de protection latérale et arrière de l’UIAA (Union internationale des associations d’alpinisme). Les orifices d’aération offrent une grande respirabilité lorsque le temps se réchauffe. Le système de suspension a volume réduit assure l’ajustement ; les attaches intégrées pour une lampe frontale maintiennent le bandeau élastique a l’arrière pour un éclairage en toute situation.
La casque Capitan est aussi disponible avec le système MIPS.
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08 Mar
Et de 5! Un peu plus d’un an après sa libération par Tanguy Merard, “Ça chauffe” vient à nouveau d’être répétée et c’est Eloi Peretti qui en signe la 5ème ascension après plusieurs week-ends à Seynes.
En exclu pour Planetgrimpe, il revient sur l’enchaînement de son premier 9a:
Je me suis retrouvé à essayer la voie un peu par hasard, je venais d’enchaîner « la métaphysique des tubes » le 8c classique quelques mètres à gauche de « ça chauffe » et je cherchais une nouvelle voie à essayer. J’avais vu plein de monde essayer le 9a les semaines d’avant dont Matthieu Bouyoud qui avait enchaîné la voie sur un super beau run. J’ai donc fait une montée sans prétention « juste pour voir », les prises du crux étaient aussi coupantes qu’on me les avait vendues mais je bougeais assez bien dans le pas de bloc du bas et la fin était juste géniale.
J’ai commencé à essayer doucement, et à la fin de notre semaine de vacances j’arrivais à enchaîner toute la deuxième moitié de la voie et à faire quasiment tout le crux d’une traite.
J’avais déjà l’impression de pouvoir enchaîner, mais il aura tout de même fallu mettre une bonne dizaine de montées de plus pour que tous les petits détails du pas de bloc marchent à la suite et que j’arrive à passer le crux depuis le bas.
Je m’étais pas mal mis la pression sur les derniers runs car c’était déjà le quatrième week-end où nous venions à Seynes, il commençait à faire de plus en plus chaud et je n’avais aucune envie de revenir la semaine suivante juste pour faire la voie.
Le run est allé super vite. J’ai passé le pas de bloc un peu en sursis puis couru dans la fin de voie. Je n’ai pas pofé une seule fois des 30 mouvs de la section rési et un peu avant de m’en rendre compte j’étais arrivé à la chaîne.
C’était la première fois que je travaillais une voie aussi dure et le processus aura été super chouette ! Sûrement parce qu’au final je repars en ayant fait la croix mais aussi parce qu’on aura passé des weekends bien marrant avec plein de potes différents à chaque fois !
Eloi peretti, Des chaussons au pied dès ses 7 ans et déjà fort talentueux. Un passif de compétition au sein du club la dégaine puis deux sélections en équipe de France jeune avant d’intégrer le Roc aventure programme et découvrir les big wall en Jordanie. Étudiant en parallèle en école d’ingénieur à Grenoble INP-génie industriel, l’escalade pour lui maintenant, c’est plutôt dehors et avec les copains. Pour moi, Eloi fait parti de ces grimpeurs qui carressent les prises, il a une grimpe fluide. On a l’impression qu’il a ce relâchement naturel que beaucoup de grimpeurs recherchent. On aspire souvent à mettre la juste pression sur les prises pour resté relâché sans zipper mais sans les broyer pour autant au risque d’y laisser trop de jus. Ces 21 bougies soufflées au pied de la falaise de seynes, c’est le we d’après qu’il arrivera au bout de son premier 9a “ça chauffe”. Bravoo !
08 Mar
Jusqu’à peu, Fred Rouhling était le seul à avoir clippé la chaine de ce gros toit, “Akira”, avec à la base une proposition en 9b, qui avait fait (et fait toujours) beaucoup parlé à l’époque. Récemment, Seb Bouin est allé s’y frotter dans le cadre de son passage dans les Charentes pour son Vintage Rock Tour, et il enchaînait à son tour la voie, en proposant de revoir la cotation à 9a. Son acolyte durant le séjour, Lucien Matinez, a également coché la ligne et a approuvé de revoir la cotation à la baisse.
De nouveau mise en lumière notamment grâce au passage de Seb Bouin dans les Charentes, les voies historiques ouvertes par Fred Rouhling connaissent depuis peu une seconde jeunesse et un nouvel attrait. Rappelez-vous par exemple l’enchaînement récebt de “Hugh” par Noé Moutault.
C’est cette fois ci au tour du jeune Joshua Fourteau de frapper dans les lignes de Fred Rouhling, et après avoir enchaîné lui aussi “Hugh” fin 2020, il a jeté son dévolu sur “Akira”, signant par la même occasion la 4ème réalisation de cette voie.
Voici son commentaire pour PlanetGrimpe :
Quelques mois après avoir enchaîné “Hugh”, le premier 9a de France, je réalise mon deuxième 9a avec “Akira”. Je coche ainsi la deuxième voie de la trilogie mythique de Fred Royhling que sont “Hugh”, “Akira” et “De l’autre côté du ciel”, plus que cette dernière pour que la boucle soit bouclée.
Au total, j’ai mis 5 séances pour enchaîner et une dizaine d’essais. Ce qui m’a posé souci c’est le moment où je dois aller chercher le mono et envoyer les contres pointes, à ce moment là j’étais mort en resi et abdos du fait que ce soit un toit. C’est là que je tombais tout le temps alors que ce n’était pas le plus dur. Globalement, c’est une voie qui m’allait plutôt bien, très rési, contrairement à “Hugh” qui est physique, explosif et court. Sinon, pour la cotation c’est bien un 9a selon moi…
Je remercie Fred Rouhling, visionnaire et légende de l’escalade, dont le travail m’a permis de m’éclater dans ces deux magnifiques lignes. Très heureux également d’avoir grimpé aux côtés de Seb Bouin et Lucien Martinez avec une émulation qui m’a tiré vers le haut.
08 Mar
Une fois n’est pas coutume, direction la Bourgogne pour parler falaise ce lundi matin, et plus précisément la falaise historique du Saussois où l’exigence est de mise et les cotations souvent bien tassées…
“Chimpanzodrome”, ce nom de voie doit raisonner pour pas mal d’entres vous: voie historique libérée par Jean-Pierre Bouvier en 1981, cette ligne d’une quinzaine de mètre était à l’époque la 2ème voie la plus difficile de France (7c+). Elle aura été durant des années le théâtre d’ascensions aussi loufoques qu’originales, la plus marquante restant celle de Bouvier en 2001, en solo.
Caractérisée par un gros crux au niveau du 2ème point, cette voie à trou aussi technique que physique ne se laisse pas dompter facilement, et pourtant, du haut de ses 8 ans, Jules vient de clipper le relais de “Chimpanzodrome”, en tête… Et pour la petite information, Jules a commencé l’escalade il y a un an, dans le pan de son papa (fermeture des salles oblige…), et a déjà à son actif plusieurs voies dans le 7ème degré dans le Tarn ou encore à Remigny (proche de Beaune).
Concernant “Chimpan” (comme on aime la nommer dans le coin…), Jules a mis 4 séances étalées sur une semaine pour trouver ses méthodes, en particulier dans le pas de bloc où il passe en prenant le bac main gauche “en inverse” (ce qui n’a plus rien à voir avec les méthodes d’adulte avec un crux sur un gros croisé!)
Quoiqu’il en soit, cette réalisation méritait d’être mise en avant, le Saussois, de par son style exigeant, n’étant clairement pas la falaise favorite des jeunes grimpeurs du moment…
D’ailleurs, de mémoire, mais cela reste à confirmer, il s’agirait du plus jeune grimpeur à venir à bout de ce mythe qu’est “Chimpanzodrome”…
01 Mar
Hugo Parmentier frappe de nouveau à Seynes, mais cette fois-ci pour vaincre sa toute première “First Ascent”. Alors qu’il avait jusqu’à présent l’habitude de se frotter à des voies déjà répétées, il s’est pour la première fois tourné vers une ligne encore jamais enchaînée. Cette ligne, située à Seynes et équipée par Antonin Rhodes n’est autre que la sortie de droite du célèbre 8c “La métaphysique des tubes” : Après la première section, la voie part à droite au lieu de traverser à gauche. Il y a une décontraction qui ne s’utilise presque pas dans la “métaphysique des tubes” car il y a un gros repos quelques mouvs plus loin.
Cette nouvelle king line est proposée à 9a par Hugo, et répond au doux nom de “L’hygiène de l’assassin”. Voici son commentaire à chaud:
“L’hygiène de l’assassin” 9a FA. C’était une toute nouvelle expérience de travailler une voie encore à l’état de projet. Trouver les prises, comprendre comment les utiliser, utiliser le chemin le plus facile et le plus logique. La voie est marquée par un gros crux d’un unique mouvement sur une micro colo. J’y suis bien tombé 4/5 fois. Avant, il y a la première partie du 8c classique de Seynes la “Métaphysique des tubes”, très physique et aléatoire (avec la casse récente d’une prise): Le début t’entame et tu dois rester le plus frais possible avant d’arriver sur le crux. Après il y a une section encore soutenue de quelques mouvements et un gros dynamique sur une réglette qui peut coûter l’enchainement.
C’était un processus sympa mais également assez déstabilisant car c’est difficile d’avoir un avis objectif sur la pertinence de ses méthodes. Est-ce qu’on oublie pas quelque chose? Ne s’enferme t-on pas dans une méthode? J’hésitais pas mal entre le 8c+ et le 9a. Pourquoi 9a? D’abord je dois dire que c’est ma première expérience de cotation d’une voie. Ensuite j’ai mis plus d’essai dans cette voie que dans “Ça chauffe”, cotée 9a. Alors bien que mes méthodes se soient affinées grâce aux montées des collègues dans la voie, je crois qu’annoncer 9a ouvrira plus de portes. Dans la mesure où je doute, soit j’annonce dur au risque qu’elle devienne une voie peu faite soit plus facile et cela motivera juste plus de grimpeurs à essayer. J’espère que les prochains répétiteurs n’hésiteront pas à donner leurs avis pour qu’un réel consensus se crée. Aussi j’exclus la possibilité de demi-cotations (8c+/9a) car elles laissent à mon avis toujours un flou. Merci à Antonin Rodhes pour cette magnifique ligne (encore une) et un grand merci aussi de m’avoir permis de nommer ma première vraie First Ascent.
Quant au nom de la voie…
“La métaphysique des tubes” est un livre d’Amélie Nothomb. J’adore ce nom, il claque. “Hygiène de l’assassin” est aussi un livre de cette auteur. Je trouvais qu’il fallait un nom stylé à côté de cette king line archi classique. Et “L’hygiène de l’assassin ” ça passe quand même bien. J’ai toujours rêvé de donner aux voies des noms qui claquent comme des noms de film, style : “le kaléidoscope 3″…
01 Mar
Depuis quelques mois, le réseau de salle d’escalade Arkose&Co a lancé le programme “Arkose Routesetting Academy”. L’objectif? Proposer une formation d’ouvreur, dénicher les perles rares, et bénéficier d’une qualité d’ouverture irréprochable dans les salles. C’est après être tombé sur la première vidéo mettant en scène cette nouvelle formation (ci-dessous), que nous avons eu envie d’en savoir un peu plus. Et pour ça, rien de plus simple, nous sommes allés à la rencontre de l’un des protagonistes de cette formation, Florian Escoffier.
Avant d’aborder notre sujet principal, peux-tu te présenter et nous décrire un peu ton parcours de ces dernières années ?
Florian ESCOFFIER, 34 ans, ouvreur professionnel. Je partage mon temps entre mon activité (à temps partiel) au sein du groupe Arkose pour lequel je suis chef-ouvreur, et des missions en tant qu’indépendant (ouverture en compétitions, stages d’entrainements, formations) un peu partout en France et à l’étranger.
Pour Arkose, nos missions ont progressivement évolué… On s’est occupé à 2, avec Thibaut LE SCOUR, des ouvertures pour la 1ere salle à Montreuil (93). Mais dès l’arrivée de leur 2eme salle, il a fallu recruter des nouveaux ouvreurs et c’est à partir de là qu’a commencé notre mission un peu plus large de « gestion » des ouvertures.
Aujourd’hui, les formations nous prennent la majorité de notre temps, et on essaye de garder quelques journées pour le shape de prises Snap avec Yoris DELAHAYE, l’accompagnement au long cours des autres ouvreurs, les détections, les ouvertures des nouvelles salles, des journées d’ouvertures classiques…
À titre personnel, qu’est-ce qui t’attire toi dans l’ouverture ?
J’adore l’escalade, et ce depuis que je suis petit, l’ouverture est naturellement un moyen de faire partager cette passion.
Je trouve ça incroyable qu’on ait dans nos mains tous les outils pour créer des grimpeurs. A force d’ouvrir régulièrement à un même endroit, on sympathise avec des gens qui découvrent l’activité, se prennent au jeu, progressent, et deviennent de vrais bons grimpeurs. Et les entendre parler de telle ou telle réussite dehors, après les avoir vu passer par toutes les émotions en salle, ça a un côté assez satisfaisant, je ne peux pas m’empêcher de penser qu’on a eu un rôle à jouer, aussi minime qu’il puisse être.
Pour le cas particulier des compétitions, je retrouve systématiquement une petite décharge d’adrénaline, de stress juste avant un tour. Championnat du monde ou contest amical, les questions sont les même avant chaque tour… « est ce qu’on s’est planté ? », « On a bien fait de faire telle ou telle modif ? ».
Plus généralement, j’adore l’idée que, comme le grimpeur qui arrivera au pied du bloc et aura un problème à résoudre pour aller en haut, on est nous aussi devant un problème avec nos prises sur le mur, qu’il faut réussir à mettre au bon endroit pour faire marcher nos idées… Et pour ça, même si l’expérience nous arme un peu, elle est loin de tout faire, et il nous reste alors nos mains, nos chaussons et notre cerveau ! Chaque journée apporte son lot de réflexions, parfois même de remise en question de ce qu’on pensait savoir faire… Bref, on continue d’apprendre continuellement. C’est super riche et stimulant !
Bon et de toi à moi, c’est quand même un sacré bon prétexte pour passer autant de temps à grimper !
Qu’est-ce qu’un bon ouvreur selon toi? Quelles sont les qualités requises ?
Pas facile de faire une liste exhaustive des qualités utiles pour un ouvreur… J’en mets 5, qui me viennent comme ça : Empathique, communicant, curieux, créatif, consciencieux.
D’un point de vue très personnel, je trouve ça assez rigolo qu’il faille gérer 2 attitudes plutôt antinomiques dans une même journée : Si on veut proposer des choses un peu nouvelles, qui sortent de l’ordinaire ou de ce l’on sait faire, on se doit d’être dans un premier temps très libre, vague, se laisser porter par l’instinct, accepter de ne pas tout maitriser au moment de poser sur le mur notre trame. Pareil, au moment où on met les chaussons pour « découvrir » notre bloc/voie, il faut laisser une chance au hasard, pour percevoir des passages qu’on n’aurait pas spécialement prévu, et qui pourraient être plus sympa que ce à quoi on pensait à la base ! Et en revanche, dès l’instant ou on reprend la visseuse, il faut être capable de changer de mode, le hasard disparait totalement, on doit être plus « carré », méthodique, discipliné, ne pas perdre le fil et amener le bloc dans la direction souhaitée. Si on n’a pas ces 2 facettes, il risque de manquer des choses dans notre travail. Voilà, alors ajoutons « bipolaire » à la liste 😊

© Coll. Florian Escoffier
Faut-il nécessairement être un très bon grimpeur pour être un bon ouvreur ?
L’idée d’être un grimpeur « complet » me semble très importante. Ça permet à un ouvreur de pouvoir bouger dans des trames quelque soit le style proposé, et donc de pouvoir proposer des blocs/voies très variées, au contraire d’un ouvreur qui aurait des « trous » dans son escalade, et qui n’aurait pas d’autres choix que de calquer sa grimpe stéréotypée, qui aurait tendance à appauvrir le rendu final.
Tu as peut-être remarqué, l’idée d’être « fort » ne rentre pas dans ma liste des qualités indispensables pour être un bon ouvreur… Tout dépend du niveau exigé : Si on vise l’ouverture d’un bloc/voie moyen, je ne vois pas pourquoi l’ouvreur avec un niveau d’escalade « moyen » serait moins compétent qu’un « avion de chasse » !
Après bien sûr, plus le niveau demandé est éloigné de son propre niveau plus on va être en difficulté pour le calage…
Dans le cadre d’Arkose, un ouvreur doit être capable d’ouvrir dans tout le spectre de couleur (de jaune à violet), donc on exige un certain niveau qui permet de bouger de façon significative dans les blocs les plus durs. Mais on s’est déjà posé la question de changer ce modèle, afin de laisser une chance à des ouvreurs qui auraient beaucoup de qualités en ouverture, mais dont leur seul défaut serait de manquer de niveau.
Comment est née la formation d’ouvreur d’Arkose ? Quels en sont les objectifs ?
L’Arkose routesetting academy est le résultat logique de l’évolution du marché des salles d’escalade indoor (et plus particulièrement celui des salles de bloc) et donc du besoin de professionnel qui en a découlé.
C’est à partir de la 2eme salle (Mroc Villeurbanne, en partenariat avec ClimbUp) que la question de la formation s’est posée. Des tentatives de formalisations sont apparues, en travaillant avec les 2 associés Arkose qui étaient des grimpeurs (Steve GUILLOU et Grégoire De BELMONT), ainsi que Nelson EMO, qui a rejoint l’équipe entre-temps.
Globalement, de 2015 à 2018 on a pu gérer le rythme de développement des salles Arkose en mettant en place des journées de recrutement d’ouvreurs. L’embauche (et donc la production de blocs en autonomie) y était très rapide après la sélection, notre niveau d’exigence était donc très élevé, nous cherchions à ce moment des ouvreurs avec de l’expérience, des « presque prêt à l’emploi ». L’accompagnement qui suivait la sélection prenait la forme d’1 ou 2 semaines de formation, pour assimiler les particularités des ouvertures en salles privées et partager notre conception de l’ouverture.
Parallèlement à ces « formations initiales », on a également fait naitre avec Thibaut des « rassemblements d’ouvreurs Arkose», journées durant lesquels les ouvreurs se retrouvent pour échanger sur leurs expériences, où on en profitait pour travailler ensemble sur des axes de progression.
Mais rapidement, au vu de l’ambition et du développement de plus en plus rapide du groupe arkose&co, il est apparu que nous devions recruter plus « large », et essayer de former de A à Z. Les associés » étaient super motivés par l’idée de créer une véritable école. Ils ont mis les moyens humains, matériels et financiers pour que le travail puisse vraiment commencer.
Tout s’est concrétisé lors de la 1ere session de formation, qui s’est terminé à l’automne 2020, et à l’issue de laquelle 6 des 8 stagiaires ont trouvé un poste d’ouvreur chez Arkose.
La formation dure 6 mois, tu peux nous en détailler le contenu ? La formation est-elle diplômante ? Y’a-t-il plusieurs niveaux/paliers pour cette formation ?
On a passé beaucoup de temps pour regrouper dans un même ensemble toutes les interventions qu’on avait pu faire sur ce sujet. Ces outils s’articulent aujourd’hui ensemble et forment un guide pour avoir une idée claire de là où on veut arriver au bout des 6 mois, et nous permettent d’établir un planning où les compétences à acquérir sont vues progressivement.
Durant les 6 mois que dure cette formation, les « apprentis » sont en CDD chez Arkose.
Pour le contenu plus spécifiquement, on le garde un peu pour nous 😉
Les évaluations qu’on propose font apparaitre plusieurs niveaux pour chaque compétence. Sur certaines d’entre elles, qu’on a jugé indispensables, un « seuil d’acceptabilité » a été fixé, seuil qui doit être dépassé pour valider la formation.
Cette validation ne permet pas l’attribution d’un diplôme, mais un « permis d’ouvrir chez Arkose » (Arkose, Murmur, Mroc), qui prend la forme d’un CDI.
Seule la FFME a mis en place de réels diplômes d’ouvreurs, mais ils ne permettent d’ouvrir que sur les compétitions fédérales. Tout récemment, leur CQP TEE option « ouverture et maintenance » permet d’ouvrir pour les structures privées. Sur ce sujet, les discussions entre la FFME et Arkose ont débuté pour créer des équivalences
Quelle différence avec les anciens ouvreurs qui eux n’avaient pas forcément suivi de formation ?
A la différence des « anciens » qui se retrouvaient confrontés tout de suite à des journées d’ouverture classiques (production de 12 blocs à 2), le planning de ces nouvelles formations prévoit un certain nombre de journées « pratiques » dans lesquels la production de blocs pour les clients n’est pas exigée. Pour ces journées où la pression temporelle est faible, les stagiaires posent des blocs, mais plutôt que de leur « donner » des réponses, on les fait se questionner encore plus. Progressivement la logique du calage se met en place et prend du sens à leurs yeux. Quand ils commencent à être un peu mieux armé, on augmente la charge de travail doucement, pour les amener au bout de 4 ou 5 mois à une journée « type ».
En plus de cette progressivité de la charge de travail, l’énorme avantage qu’ont les stagiaires de ces nouvelles formations c’est de bénéficier d’un « laboratoire » pour expérimenter, de faire des erreurs, de travailler sur leurs points faibles, de profiter d’un effet de groupe (ils sont 8) pour se nourrir des réflexions des autres, pour progressivement se former à ce métier
Qui peut s’inscrire à cette formation ? Quand ? Comment ?
La seule obligation est d’être majeur !
Même s’il n’y a pas de profil type, Il est préférable de bénéficier d’une expérience de plusieurs années de grimpe pour avoir un répertoire gestuel le plus riche possible.
Pour intégrer cette formation, il faut d’abord participer à une détection sur 2 jours qui nous permet de jauger les candidats sur leur niveau/richesse de grimpe, leur capacité d’analyse, un entretien et des ateliers d’ouvertures.
Nous lançons des campagnes de recrutement selon les besoins des salles Arkose, et la prochaine détection aura lieu fin 2021. Les inscriptions se font par mail. Il est difficile de donner une date pour le moment mais Arkose communiquera en temps voulu via leurs réseaux !
Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :