Une salle annule la Coupe d’Europe jeunes en signe de boycott contre la participation d’Israël !

À seulement dix jours de l’événement, personne ne s’attendait à ça. La salle bruxelloise Le Camp de base a décidé d’annuler l’accueil de l’étape finale de la Coupe d’Europe jeunes de bloc. Une décision rarissime et totalement inédite dans le monde de l’escalade.
En cause : la participation des athlètes israéliens sous bannière nationale, dans un contexte de guerre à Gaza et de pressions croissantes de collectifs pro-palestiniens dans le milieu de la grimpe.
Prévue les 30 et 31 mai prochains, l’étape belge du circuit jeunes devait servir d’inauguration au nouveau pôle haut niveau de la salle. Mais après plusieurs jours de négociations avec World Climbing, la fédération belge et la fédération israélienne, les dirigeants de la salle ont finalement fermé la porte.
« Nous ne pouvons pas faire comme si cette représentation était neutre »
Dans un communiqué particulièrement fort, la salle explique qu’elle refusait d’accueillir une représentation officielle israélienne « sans cadre clair », alors qu’Israël fait actuellement l’objet de procédures devant la Cour internationale de Justice.
Le Camp de Base insistait cependant sur un point : il ne s’agissait pas d’exclure les athlètes en tant qu’individus. La salle demandait initialement que les grimpeurs israéliens puissent participer sous bannière neutre, à l’image de ce qui a déjà existé dans d’autres sports ou pour d’autres nations. Selon plusieurs sources, World Climbing aurait estimé impossible de mettre en place un tel dispositif dans un délai aussi court.
Un compromis aurait alors été proposé : maintenir la participation des athlètes israéliens, mais sans drapeau, hymne ou mention nationale visible sur les podiums, les classements ou les livestreams… Compromis refusé par la fédération israélienne.
Résultat : la salle belge a décidé de se retirer complètement de l’organisation.
Une première historique pour l’escalade internationale
Dans l’histoire récente de l’escalade de compétition, jamais une salle organisatrice n’avait refusé d’accueillir une compétition internationale pour des raisons liées à la représentation d’un État. Et le timing met encore un peu plus World Climbing sous pression.
Depuis plusieurs mois, des collectifs comme Climbers for Palestine multiplient les prises de parole, appels au boycott et actions militantes autour des compétitions internationales. Plusieurs groupes accusent la fédération internationale d’éviter le sujet et de repousser sans cesse une décision politique devenue, selon eux, inévitable.
Dans les coulisses, une assemblée extraordinaire de World Climbing pourrait désormais avoir lieu cet été pour discuter officiellement de la participation israélienne aux compétitions internationales.
Depuis le début de la guerre à Gaza après les attaques du Hamas du 7 octobre 2023, la participation d’Israël aux événements culturels et sportifs internationaux fait l’objet de débats de plus en plus vifs dans de nombreux pays.
Plusieurs ONG, associations et collectifs accusent aujourd’hui Israël de violations graves du droit international dans la bande de Gaza, tandis qu’Israël affirme agir dans le cadre de sa lutte contre le Hamas après les attaques terroristes du 7 octobre.
Dans ce contexte extrêmement tendu, certains mouvements militants réclament désormais des sanctions sportives contre Israël (ou au minimum une participation sous bannière neutre) à l’image de ce qui a déjà existé pour d’autres pays dans certaines compétitions internationales.
Un énorme malaise en interne
Autre élément marquant : selon les dirigeants du Camp de Base, une partie du staff refusait tout simplement de travailler sur l’événement dans les conditions actuelles. Le cofondateur de la salle, Florian Delcoigne, évoque aussi des tensions déjà apparues lors d’une précédente compétition organisée à Bruxelles, notamment autour de la sécurité de la délégation israélienne et de la présence de gardes du corps.
Au-delà du symbole politique, la salle explique surtout ne plus être capable de garantir des conditions « paisibles, sûres et viables » pour accueillir l’événement.
Cette affaire marque peut-être un tournant. Car jusqu’ici, World Climbing tentait de maintenir une ligne de neutralité sportive. Mais cette neutralité vient justement d’exploser en plein vol. Etle sujet dépasse désormais largement la Belgique… Plusieurs collectifs annoncent déjà vouloir intensifier les mobilisations sur les prochaines étapes internationales du circuit.