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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Céüse : après deux ans de combat, Yannick Flohé enchaîne “Ratstaman Vibration” 9b/+

27 Août

Céüse vient de connaître un nouveau moment fort de son histoire ! Trois ans après la première ascension de “Ratstaman Vibration” par Alex Megos, son compatriote allemand Yannick Flohé signe la toute première répétition.

Un achèvement personnel qu’il décrit comme « le moment dont il est le plus fier », après deux saisons et près de trente jours de combat acharné !

Une bataille de deux ans !

Équipée en 2012 par Chris Sharma dans le secteur mythique de Face de Rat, la voie avait immédiatement suscité l’intérêt des meilleurs grimpeurs mondiaux. Adam Ondra, Seb Bouin ou encore Charles Albert avaient tenté leur chance, sans parvenir à s’en extirper.

En 2022, Alex Megos avait fini par dompter la ligne et proposait la cotation de 9b.

© Coll. Megos

En 2023, Yannick Flohé, connu pour ses exploits en bloc – notamment son flash historique en 8C cet été à Fionnay – s’est lancé à son tour dans l’aventure.

Mais contrairement à son compatriote, la croix ne s’est pas faite rapidement… Cinq voyages étalés sur deux saisons, près de trente jours de travail et une détermination sans faille ont finalement eu raison de ce monstre de puissance et de résistance.

Je n’avais jamais autant investi de temps et d’énergie dans un projet. C’est la voie la plus difficile que j’ai essayée et, de loin, la plus belle de Céüse !

© Rainer Eder

Une ligne devenue légendaire

“Ratstaman Vibration” s’impose comme l’une des voies les plus esthétiques et exigeantes de Céüse. Son nom, clin d’œil à l’album Rastaman Vibration de Bob Marley, se pare d’un “t” rebelle en référence au secteur Face de Rat.

Sur le plan technique, la ligne concentre ses difficultés sur une quinzaine de mètres de dévers, dans le calcaire bleu compact caractéristique de Céüse.

Après trois arquées consolidées au sika (équivalent d’un solide 7C bloc), on se retrouve face à une première séquence mythique : un jeté latéral depuis une minuscule arquée, estimé autour du 8A bloc. Suit un repos précaire, avant une section de résistance et un crux final aléatoire sur un tridoigt microscopique et deux mouvements dynamiques.

© Rainer Eder

Adam Ondra, après l’avoir essayée, expliquait déjà que ce passage le décourageait : « C’est une séquence où je pourrais tomber des dizaines de fois à l’enchaînement ! ».

9b… ou 9b/+ ?

À l’époque de sa réussite, Alex Megos avait opté pour la cotation de 9b, se montrant prudent après la mauvaise expérience de “Bibliographie” (qu’il avait soumise à 9c mais qui s’était faite décotée à 9b+). Mais pour Yannick Flohé, la ligne mérite davantage :

Alex n’est pas toujours conscient de sa propre force. Je pense qu’un petit slash vers 9b/+ est justifié.

© Rainer Eder

Une nouvelle proposition avec laquelle semble d’accord Alex Megos, qui a immédiatement réagit :

Effectivement, c’est peut-être un peu plus dur que ce que je pensais au départ !

Et si le prochain, c’était Jules Marchaland ?

Décidément, Yannick Flohé et Jules Marchaland semblent liés dans leurs performances. Cet été, l’Allemand est devenu le premier grimpeur de l’histoire à flasher un 8C bloc avec “Foundation’s Edge” à Fionnay. Il y a quelques jours, le jeune Français lui emboîtait le pas en réalisant à son tour un 8C flash avec “Power of Now direct” à Magic Wood.

Or, le projet majeur de Jules en falaise n’est autre que… “Ratstaman Vibration”. Maintenant que Yannick a ouvert la voie en signant la première répétition, reste à savoir si Jules sera le prochain à s’offrir cette pépite de Céüse. Une croix qui, si elle venait à tomber, marquerait une nouvelle étape dans l’ascension fulgurante du grimpeur français…


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Janja Garnbret enchaîne 100 voies en 24 heures pour la bonne cause

27 Août

Rien ne semble pouvoir arrêter Janja Garnbret ! Il y a quelques jours, la Slovène a relevé un défi inédit : grimper 100 voies en seulement 24 heures.

Un pari fou mené au Slovenska Bistrica Climbing Centre, dans son pays natal, avec un objectif clair : récolter des fonds pour aider de jeunes athlètes issus de milieux défavorisés.


À 21 heures, le vendredi 22 août, la salle d’escalade de Slovenska Bistrica plonge dans une ambiance inhabituelle. La musique résonne, les gradins sont pleins, les spots lumineux déjà braquées. Au milieu de cette effervescence, Janja Garnbret noue calmement son nœud de huit.

Son défi est lancé : réussir les cent voies les plus difficiles de la salle en vingt-quatre heures. Un chiffre symbolique, vertigineux même, que la double championne olympique s’est fixée non pas pour écrire une ligne de plus à son palmarès, mais pour une cause qui lui tient à cœur : soutenir les jeunes athlètes issus de milieux défavorisés.

© Grega Valancic Photography

Une nuit blanche, 45 voies avalées

Dès les premiers instants, le public comprend qu’il assiste à quelque chose de singulier. Janja grimpe avec la fluidité qu’on lui connaît, enchaînant les voies à une cadence impressionnante, le sourire aux lèvres. À 2 heures du matin, le compteur affiche déjà 45 tops !

Les applaudissements se mêlent aux cris d’encouragement, mais la Slovène choisit alors de lever le pied : « J’aurais pu en faire cinq de plus, mais je voulais économiser ma peau pour le lendemain », confie-t-elle à la radio nationale. Quelques minutes de sommeil plus tard, elle est de retour sur le mur, infatigable, comme si la nuit blanche n’avait pas existé.

L’un des moments les plus forts de ma carrière !

© Grega Valancic Photography

À mesure que les heures défilent, la fatigue s’installe. La peau de ses doigts brûlent et ses pieds la font souffrir dans ses chaussons. Mais l’énergie du public lui redonne de la force : plus de 2 200 personnes venues de 23 pays participent à ce marathon vertical. Tous grimpent aussi, chacun à son niveau, chaque voie comptant pour la cagnotte caritative. Les chiffres s’affolent : plus de 2 000 voies et près de 5 000 blocs réalisés collectivement !

L’escalade a toujours représenté bien plus que des prises et des cotations pour moi : c’est une question de connexion. Et durant ces 24 heures, je me suis sentie connectée d’une manière que je n’avais jamais vécue auparavant !

La 100ᵉ voie, un moment d’histoire

Il est un peu plus de 19h00 quand Janja s’élance sur sa centième et ultime voie, retransmise en direct à la télévision nationale. Une voie exigeante, sur le mur extérieur de la salle, choisie pour conclure en beauté. Chaque mouvement semble plus lourd que les précédents, mais la Slovène s’accroche, alimentée par une dernière dose d’adrénaline. Quand elle clippe le relais, le gymnase explose.

© Grega Valancic Photography

« Peut-être que ça ne se voyait pas, mais je sentais à chaque mouvement que c’était ma centième voie. », avoue-t-elle, encore essoufflée. Puis son visage s’illumine : « J’étais vidée, mais en même temps remplie d’une gratitude immense. Ce que nous avons accompli ensemble prouve à quel point le sport peut unir et donner un sens plus grand. »

Tout au long de l’événement, Janja a grimpé aux côtés d’enfants, de grimpeurs handi, d’athlètes slovènes et même de personnalités comme la skieuse Ilka Štuhec ou l’ancien président du pays, Borut Pahor.

© Grega Valancic Photography

À la fin des 24 heures, le compteur affiche 61 478 € récoltés pour l’initiative Botrstvo v športu. Un montant qui sera doublé par l’assureur Allianz, partenaire du projet. « Le statut social ne devrait jamais être un frein aux rêves d’un jeune athlète. En tant que société, nous devons leur donner cette chance », rappelle Janja.

Pour célébrer l’événement, une fresque murale à son effigie a été inaugurée dans la salle, aux côtés de ses médailles olympiques et de ses chaussons dorés. Comme un symbole, l’exploit restera gravé dans les murs de sa ville natale.

Ce marathon a prouvé que l’escalade est bien plus qu’un sport : c’est un moyen de se connecter, d’inspirer et de redonner ❤️ À toutes celles et ceux qui ont soutenu, donné et cru en ce projet : merci. Ensemble, nous avons transformé 24 heures d’escalade en quelque chose qui durera bien au-delà d’une seule journée.

© Grega Valancic Photography

Cap sur la fin de la saison internationale

Après cette parenthèse solidaire, Janja Garnbret va désormais retrouver le circuit international. La Slovène s’alignera début septembre sur la Coupe du Monde de Koper, avant de viser un nouveau titre lors des Championnats du Monde de Séoul.


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Stefano Ghisolfi réalise sa meilleure journée de bloc en extérieur : un 8B+ et un 8C enchaînés dans la même séance !

27 Août

En ce moment, Stefano Ghisolfi s’offre de grands moments sur le rocher. Cette fois, c’est dans la vallée de Ticino qu’il s’est illustré, réussissant un 8B+ et un 8C bloc dans la même séance.

Une prouesse qui illustre à merveille la polyvalence du grimpeur italien !


Stefano Ghisolfi continue d’impressionner par sa polyvalence. Connu pour être l’un des meilleurs falaisistes au monde, l’Italien vient de réaliser ce qu’il décrit lui-même comme « la meilleure journée de [sa] courte carrière de bloqueur ». En visite à Ticino, en Suisse, il a enchaîné coup sur coup « El Tony » 8B+ puis « Adularia » 8C, son troisième bloc de cette cotation.

Stefano a commencé la journée par l’enchaînement de « El Tony », un 8B+ ouvert par Gianin Regli il y a seulement deux mois. Cette nouvelle ligne n’a pas résisté longtemps à l’Italien. Après avoir rapidement calé la méthode, il s’est rétabli au sommet du bloc en quelques essais seulement.

Se sentant particulièrement en forme physiquement, il a poursuivi sa journée dans « Adularia » une magnifique proue en 8C libérée par Dave Graham. Malgré des mouvements proches de sa limite, Stefano a réussi à faire la croix après seulement quelques minutes de travail ! Une performance d’autant plus marquante qu’il s’agit d’un style de grimpe loin de ses points forts, comme il l’explique :

“Adularia” est probablement mon bloc le plus difficile à ce jour, définitivement loin de mon style favori et avec beaucoup de mouvements à ma limite d’allonge. Mais j’aime relever ce genre de challenge et défier la définition du “morpho”. »

 

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Avec ce nouveau 8C, Stefano Ghisolfi compte désormais trois blocs de ce niveau à son actif. Il avait signé son premier 8C en juin, avec l’ascension de « Anam Cara Low » à Silvapark, en Autriche. Bien qu’il s’agisse de son premier 8C officiel, il avait auparavant réussi le crux de « Silence » 9c, un passage considéré comme 8C bloc. Début août, il réalisait son deuxième 8C avec « Hazel Grace Sit », qu’il avait décrit comme son bloc le plus difficile jusque-là.

En plus de ces trois 8C, Stefano compte désormais sept 8B+ à son actif. Un palmarès déjà solide pour celui qui, jusqu’à récemment, concentrait l’essentiel de son énergie sur la voie.

Une année 2025 déjà impressionnante

Ce détour par le bloc vient ponctuer un début d’année déjà bien rempli pour Ghisolfi. Au printemps, il s’était fixé un défi de taille : enchaîner quatre 9b, chacun sur un site différent en Espagne. Objectif presque atteint, avec trois réussites : « The Full Journey » à Margalef (troisième ascension de la voie), « Sleeping Lion » à Siurana (quatrième ascension de la voie) et « Neanderthal » (également la quatrième ascension).

Il ne manquait que « Fight or Flight » à Oliana à sa liste, un projet qu’il a dû abandonner à cause de la chaleur estivale, après de nombreuses journées passées à travailler les mouvements.


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Interview : Alex Megos nous raconte son trip à Flatanger et son projet « B.I.G. »

26 Août

Toujours à la recherche de nouveaux défis, Alex Megos, l’un des meilleurs falaisistes de la planète, a passé une partie de son été en Norvège, dans la mythique grotte de Flatanger, haut lieu de l’escalade extrême.

S’il visait avant tout « B.I.G. » 9c, libéré l’an dernier par Jakob Schubert et considéré comme l’une des voies les plus dures au monde, la météo capricieuse a bouleversé ses plans. Megos en a profité pour explorer d’autres lignes, notamment la rare « Kangaroo’s Limb » 9a+, qu’il a finalement enchaînée.

Quelques jours après son retour, il nous a accordé un entretien exclusif pour revenir sur ce trip norvégien, ses impressions sur « B.I.G. », mais aussi ses futurs projets.


Une météo capricieuse, mais de précieux enseignements

Si l’Allemand était arrivé début août avec en ligne de mire le 9c libéré par Jakob Schubert, la météo l’a contraint à revoir ses plans.

« C’est frustrant de voir son programme dicté par la pluie, mais ça fait partie de notre sport et surtout de Flatanger. C’est bien connu que les conditions dans la grotte sont très imprévisibles », confie-t-il.

© Sotik Photo

Malgré tout, ce premier contact avec « B.I.G. » lui a permis de prendre ses repères :

« C’est une voie incroyable, vraiment cool… et vraiment dureeeee, comme on peut s’y attendre d’un 9c ! Je savais que je ne l’enchaînerais pas ce trip, mais j’ai maintenant une bonne idée de la voie et de ce qu’elle requiert, ce qui m’aidera beaucoup pour préparer mon prochain trip. « B.I.G. » comporte de nombreux mouvements vraiment difficiles et cela prendra du temps ».

« Kangaroo’s Limb », une parenthèse explosive

En attendant que « B.I.G. » sèche, Megos s’est tourné vers « Kangaroo’s Limb », une voie plus courte, ouverte par Adam Ondra en 2013 et rarement répétée.

« Je pense que si peu de grimpeurs l’ont essayée, c’est justement parce qu’elle est courte, ce qui dénote par rapport aux autres lignes de la grotte. Mais c’est ce qui m’a motivé : ça me permettait de rester dans une forme un peu “bloc” et d’y consacrer des sessions rapides le soir, après avoir travaillé une voie plus longue ».

© Mark Postle

Il a également profité de ce séjour pour tester « Iron Curtain », une ligne également libérée par Adam Ondra et encore plus rarement répétée que « Kangaroo’s Limb ». Si cette dernière compte deux répétitions (Jakob Schubert en 2016, puis Stefano Ghisolfi en 2023), « Iron Curtain » n’en compte qu’une seule : celle de Seb Bouin, en 2022.

Initialement cotée 9b par Ondra, Seb avait décoté la ligne à 9a+, après avoir utilisé des genouillères. « Mais même avec des genouillères, ça ressemble plutôt à du 9a+/b pour moi », analyse Alex, après être reparti bredouille dans cette voie.

© Sofiia Tymchenko

Les trois 9c de la planète dans le viseur !

Megos garde évidemment « B.I.G. » comme objectif principal, mais ne cache pas son intérêt pour les deux autres 9c existants, “Silence” d’Adam Ondra à Flatanger et “DNA” de Seb Bouin dans le Verdon.

« Bien sûr que je compte mettre les doigts dans les deux autres 9c ! J’ai même pensé essayer “Silence” lors de mon trip, mais je crois qu’un seul gros projet dans la grotte suffit pour l’instant. “DNA” est aussi sur ma liste, ce serait cool de découvrir cette ligne un jour. »

© Petr Bara

Interrogé sur sa façon de se préparer à des voies d’un tel niveau, l’Allemand mise sur un entraînement équilibré : « Un entraînement qui mélange puissance et résistance, ça reste la meilleure combinaison pour des voies de cette intensité selon moi ».

Et la suite ?

Après ce voyage, retour à la maison pour s’occuper de son nouveau projet personnel : la Frankenjura Academy, sa salle en Allemagne, où il organise une compétition amicale le 20 septembre.

Quant à Flatanger, il y retournera sans hésiter l’année prochaine : « Peut-être un peu plus tôt qu’en août, histoire de maximiser les chances d’avoir des conditions sèches ».

© Coll. Megos

Et côté compétitions ? L’incertitude demeure, après deux décevants résultats cette saison (21e à Innsbruck et 17e à Chamonix).

« Je ne sais pas encore ce que je ferai l’an prochain. Peut-être quelques étapes de Coupe du Monde pour voir où ça mène, mais mon focus restera clairement en extérieur », assure-t-il.


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EXPLOIT : Jules Marchaland réussit le deuxième 8C flash de l’Histoire !

24 Août

“Yeaaaaaaaaah !”. Magic Wood vient de vibrer au rythme d’une ascension d’anthologie… En un seul essai, Jules Marchaland s’est offert « Power of Now Direct » 8C, un flash qui restera gravé dans les annales. Avec ce geste parfait, il devient le deuxième grimpeur au monde à flasher un 8C bloc.

Un exploit monumental pour le grimpeur français, qui confirme son statut de phénomène de l’été 2025 !


Le deuxième 8C flash de l’Histoire

Il y a quelques semaines à peine, l’Allemand Yannick Flohé faisait trembler le monde de l’escalade en annonçant avoir flashé « Foundation’s Edge » 8C, à Fionnay. Cette ascension avait marqué un jalon historique : jamais un grimpeur n’avait jusque-là réussi un 8C bloc en un seul essai.

Désormais, il faudra ajouter un deuxième nom à cette (très) courte liste : celui de Jules Marchaland. Le Français a choisi « Power of Now Direct », l’un des grands classiques de Magic Wood, libéré par Giuliano Cameroni en 2020, et réputé pour ses mouvements puissants et aériens.

© Coll. Marchaland

Le récit de Jules, en exclusivité !

Alors que son téléphone explose de notifications, Jules a pris le temps de revenir pour nous sur cet exploit hors norme :

Ce bloc, je l’ai toujours eu en ligne de mire… Je savais que j’allais aimer et qu’il me conviendrait. Quand on est arrivé à Magic Wood les conditions n’étaient pas ouf, puis elles se sont dégradées : on a eu deux jours de pluie…

Mais après ces deux jours, la température a chuté, du coup je me suis dit que ça allait être maintenant ou jamais ! Surtout que ça faisait déjà une semaine que j’attendais… Et une semaine d’attente, pour un impatient comme moi, c’est long.

Restait alors un choix crucial : tenter de flasher la version classique en 8B+… ou viser directement la version directe en 8C ?

Je me suis mis au pied du départ direct et je me suis dit : ça peut passer ! Tout s’est déroulé parfaitement, c’était dingue ! Je ne voulais surtout pas louper ce flash ! Sachant que ce bloc était parfaitement dans mon style, je ne voulais pas passer à côté…  Je le voulais vraiment…

Poualala, c’était ouf comme moment, vraiment génial !

Avec ce flash de « Power of Now Direct », Jules Marchaland entre dans l’histoire. À seulement quelques semaines d’écart, il signe l’un des explois les plus rares et les plus convoités du monde du bloc, et confirme qu’il est aujourd’hui l’un des grimpeurs les plus en forme de la planète !

© Coll. Marchaland

Un été déjà hallucinant

Ce flash vient couronner un été totalement dément pour Jules Marchaland. En quelques semaines seulement, il a coché :

  • Trois 9a en falaise,
  • Six blocs en 8B+
  • Trois blocs en 8C,
  • et plusieurs participations à des Coupes du Monde de difficulté, parallèlement à ses exploits sur le rocher.

Un palmarès incroyable, surtout quand on se souvient que Jules enchaînait son tout premier 8C bloc il y a à peine quelques jours à Fionnay, avec « Foundation’s Edge ». À l’époque, il nous avait confié : « C’est comme une nouvelle pratique pour moi… Je me régale ! »

La vidéo de son flash dans “Power of Now Direct” 8C


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Psicobloc show : la première américaine du Red Bull Creepers

24 Août

Le week-end dernier, Chattanooga (Tennessee) a vibré au rythme du psicobloc : pour la toute première fois, le Red Bull Creepers faisait escale aux États-Unis, transformant le célèbre Market Street Bridge en un mur d’escalade au-dessus de la rivière Tennessee.

Le Roumain Darius Râpă et la Slovène Julija Kruder se sont imposés, devant notre Française Julia Chanourdie.


Né en Espagne en 2014, le Red Bull Creepers est rapidement devenu un événements incontournable de la marque de boissons énergisantes : un format de psicobloc urbain, où certains des meilleurs grimpeurs du monde s’affrontent en duel sur des voies identiques, tracées au-dessus de l’eau.

Après deux éditions espagnoles marquées par des shows mémorables (dont celle de 2021 remportée par les frères et sœurs Kruder), la compétition a traversé l’Atlantique pour poser ses prises à Chattanooga, l’une des capitales de l’outdoor aux États-Unis. Pour l’occasion, le célèbre Market Street Bridge s’est transformé en mur d’escalade de 20 mètres, offrant un décor unique au-dessus de la rivière Tennessee.

Sous une chaleur et une humidité typiques du mois d’août dans le Sud-Est américain, seize grimpeurs et grimpeuses internationaux se sont élancés devant plus de 1 500 spectateurs venus découvrir cette compétition.

Darius Râpă et Julija Kruder s’imposent

Chez les hommes, la finale a tenu toutes ses promesses. Le Roumain Darius Râpă a décroché la victoire au terme d’un duel serré contre l’Espagnol Mikel Linacisoro, remporté au sprint dans les tout derniers mouvements de la voie.

La belle surprise du jour est venue du local Quinn O’Francia, qui, parti des qualifications, a réussi à se hisser jusqu’au podium en terminant troisième.

C’était vraiment serré, j’ai senti qu’il revenait sur moi à la fin. Il a fallu tout donner dans les derniers mètres !

Darius Râpă

© Coll. Red Bull

Chez les femmes, la Slovène Julija Kruder a confirmé son statut de favorite en remportant une nouvelle fois l’épreuve, après sa victoire en Espagne en 2021.

Elle devance la Française Julia Chanourdie, venue s’inviter sur l’événement, et un duo composé de l’Allemande Afra Hönig et de la Slovène Katja Debevec, qui terminent troisièmes ex æquo.

La voie était plus difficile qu’en 2021, et la hauteur joue beaucoup sur le mental. Malgré la pression et les chutes impressionnantes, j’ai réussi à rester concentrée. Je suis très heureuse de cette victoire !

Julija Kruder

© Coll. Red Bull

Julia Chanourdie, séduite par le format

La Française Julia Chanourdie, deuxième de l’épreuve, a partagé son enthousiasme :

Avant tout je tiens à remercier encore une fois Felipe Camargo d’avoir pensé à moi pour cet événement. C’était une expérience incroyable d’être ici à Chattanooga, ça me rappelle à quel point j’aime l’escalade 🥹.

Les voies étaient belles, tous les moments de partage avec les athlètes et le staff m’ont beaucoup touchée, et la foule américaine était incroyable ! 🥳

© Coll. Red Bull

De son côté, Julija Kruder a tenu à saluer sa rivale en finale :

Grimper au-dessus de l’eau n’est peut-être pas du goût de tout le monde, mais c’est clairement le mien 😍. Un immense merci à Red Bull d’avoir organisé un événement aussi incroyable ! Et bien sûr, merci à ma Julia préférée pour ce duel final épique 💪🏻🫶🏻

© Coll. Red Bull

Un show signé Chris Sharma et une ambiance électrique

Impossible de parler de psicobloc sans évoquer son ambassadeur : Chris Sharma. Le grimpeur américain a ouvert le bal avec une démonstration qui a lancé l’événement.

Côté animation, les américains Sasha DiGiulian, Sierra Blair et Jimmy Coleman ont assuré les commentaires, plongeant le public dans l’intensité de la compétition.

Malgré une chaleur et une humidité étouffantes typiques du Tennessee en août, les spectateurs n’ont pas boudé leur plaisir : il s’agissait même de l’un des plus grands rassemblements du centre-ville de Chattanooga depuis plus de 15 ans !

© Coll. Red Bull


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Siebe Vanhee réussit le premier flash de « Muy Caliente » E9 trad à Pembroke

23 Août

En début de semaine, le Belge Siebe Vanhee a signé une performance de tout premier plan dans le monde du trad : le premier flash de « Muy Caliente » (E9 6c), une ligne emblématique des Pays de Galles.

Ouverte en 2010 par Tim Emmett, « Muy Caliente » avait été initialement proposée à E10 7a. Avec ses 35 mètres d’escalade exigeante, son style résolument bloc, et surtout un engagement total (parfois l’espace entre les protections dépassent les 10 mètres !), la voie impose autant par son niveau technique (estimé autour de 8a+/8b) que par son engagement. Au fil des répétitions, la cotation s’est stabilisée à E9 6c, mais la réputation de la ligne n’en a pas été diminuée pour autant.

En 2011, James Pearson avait failli créer l’exploit en tombant… sur le dernier mouvement lors de sa tentative flash. Depuis, « Muy Caliente » avait vu défiler quelques-uns des meilleurs de la discipline, sans qu’aucun ne parvienne à la flasher.

© Andrea Cossu / Onsen Productions

Une préparation millimétrée

Arrivé à Pembroke une dizaine de jours avant son ascension, Siebe s’était rapidement plongé dans les classiques du coin, enchaînant plusieurs E8 et E7 à vue ou flash. Mais son véritable objectif restait clair : tenter « Muy Caliente ».

Conscient de l’exigence de la tache, il a soigné sa préparation. Outre quelques vidéos de Hazel Findlay et de James Pearson, il a surtout pu compter sur Ben Heason, répétiteur de la voie, qui a passé près de trois heures à brosser, magnésier et lui transmettre de précieuses indications.

J’ai rarement abordé une tentative flash avec autant de sérieux. Je savais que j’avais les armes pour y arriver, mais sans les conseils de Ben, je n’aurais pas pu réussir !

Siebe Vanhee

© Andrea Cossu / Onsen Productions

Un combat physique et mental

Durant sa tentative, Vanhee a failli tout perdre en milieu de voie, sur un mono main gauche, particulièrement délicat à atteindre.

Obligé de retirer une protection mal placée pour se repositionner, il s’est retrouvé « super daubé », selon ses propres mots, mais a réussi à se refaire dans un repos précaire.

© Andrea Cossu / Onsen Productions

Après quelques minutes, il a retrouvé assez de fraîcheur pour se lancer dans le dernier crux et filer vers le sommet.

Quel soulagement ! Ce flash restera un moment fort de ma carrière de grimpeur !

Siebe Vanhee

Un séjour impressionnant !

« Muy Caliente » n’est pas le seul joyau de son trip gallois. En dix jours, le Belge a compilé une liste de croix impressionnante :

  • E8 à vue : “Point Blank”, “Mercia Wall”, “San Simian”
  • E8 flash : “Nothing to Fear”, “Do you know where your Children are?”
  • E7 à vue : “Boat to Naxos”
  • E6/E7 flash : “The Black Lagoon”, “Half man”, “Half Beast”

Et son séjour n’est pas fini…!


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Une rareté de Flatanger tombe sous les assauts d’Alex Megos !

21 Août

Malgré une météo capricieuse qui a noyé ses ambitions norvégiennes, Alex Megos a profité d’une accalmie pour enchaîner “Kangaroo’s Limb” un 9a+ très peu répété de la grotte de Flatanger.

Arrivé en Norvège début août, Megos visait un objectif bien plus ambitieux : “B.I.G.” le 9c libéré l’an dernier par Jakob Schubert, considéré comme l’une des voies les plus dures au monde. Mais la pluie quasi continue a rendu la ligne souvent impraticable, forçant le grimpeur allemand à se tourner vers d’autres voies.

C’est ainsi qu’il a posé les doigts dans “Kangaroo’s Limb”, une voie beaucoup plus courte que les interminables marathons de la grotte. Ouverte par Adam Ondra en 2013, elle n’a connu que très peu de répétitions : Jakob Schubert en 2016, puis Stefano Ghisolfi en 2023. Autant dire que seuls les cadors mondiaux avaient jusque-là dompté cette ligne.

© Sotikphoto

« Je l’avais brièvement regardée l’an dernier mais je n’avais pas voulu m’y lancer. Cette fois, je me suis dit que c’était mieux de ne pas me limiter à un seul projet », raconte Megos. Après quelques sessions éclairs en soirée, il finit par s’offrir la croix il y a quelques jours, juste avant de quitter Flatanger.

“B.I.G.” toujours dans le viseur

Si “Kangaroo’s Limb” vient enrichir le carnet de croix déjà impressionnant de Megos, l’Allemand n’en oublie pas son véritable objectif : “B.I.G.” :

« Les mouvements sont incroyables, vraiment fun… mais très durs ! La voie me demandera encore beaucoup de temps et de travail, surtout avec tous les coincements de genoux qu’il y a », confie-t-il.

Pour l’instant, le projet devra attendre : « Cela fait dix jours qu’il pleut sans arrêt, “B.I.G.” était mouillée presque tous les jours. Nous avons fini par bouger ailleurs pour voir d’autres sites et soigner un peu la peau », sourit l’Allemand.

On l’a notamment aperçu à Hell, près de Trondheim, ainsi qu’en bloc, où il s’est offert le flash de “Tåiga” 8A.

 

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Une publication partagée par Alexander Megos (@alexandermegos)

Le club très fermé des 9c

En attendant de poursuivre l’aventure, Alex Megos se rapproche un peu plus du cercle des grimpeurs qui tutoient la cotation la plus extrême.

Pour rappel, seuls trois 9c existent à ce jour : “Silence” d’Adam Ondra (2017, Flatanger), “DNA” de Seb Bouin (2022, Verdon) et “B.I.G.” de Jakob Schubert (2023, Flatanger). Mais aucune de ces trois lignes n’a encore connu de répétition…

Avec ses trois 9b+, ses ascensions à vue historiques et sa régularité en compétition (une dizaine de podiums en Coupes du Monde et Championnats), Megos est considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs au monde derrière Adam Ondra. “B.I.G” ne semble être qu’une question de temps pour lui…

© Sotikphoto


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Relais de vitesse : que retenir du nouveau format dévoilé aux World Games 2025 ?

21 Août

Clap de fin sur les épreuves d’escalade des World Games 2025 de Chengdu, avec une grande première : l’introduction d’un nouveau format, le relais de vitesse. Spectaculaire, intense et riche en suspense, il a conquis le public chinois.


Le concept du relais  de vitesse est clair : deux grimpeurs composent une équipe. Le premier s’élance et doit taper le buzzer en haut du mur pour déclencher le départ du second. Le chrono s’arrête seulement lorsque le deuxième grimpeur a validé son passage. La performance finale repose donc autant sur la rapidité individuelle que sur la coordination d’équipe.

Ce détail change tout : la moindre erreur coûte cher, et chaque relais devient une succession de sprints décisifs, offrant une compétition pleine de suspense. Ce format a produit des finales très disputées à Chengdu et les spectateurs ont retenu leur souffle jusqu’au buzzer final, car rien n’est joué tant que le second grimpeur n’a pas terminé son ascension.

© IFSC

Avec des temps cumulés proches de 10 secondes pour les hommes et 13 secondes pour les femmes, les marges sont infimes. Une simple erreur, une petite zipette ou un départ un peu hésitant peut bouleverser le podium.

Chez les hommes, Chu Shouhong et Long Jianguo (Chine) se sont imposés en 10’’26 face au jeune duo américain Michael Hom et Logan Schlecht, auteurs d’un excellent 10’’55.

C’est une médaille encore plus forte que nos titres individuels, parce qu’elle se gagne en équipe !

Long Jianguo

Derrière, Samuel Watson – recordman du monde individuel – et son compatriote Zach Hammer se sont consolés avec une médaille de bronze. En battant l’Indonésie (Veddriq Leonardo / Alfian Muhammad Fajri), ils ont signé un nouveau record du monde en 10’’06.

© IFSC

Chez les femmes, la Chine a encore frappé fort. Deng Lijuan et Zhou Yafei n’ont laissé aucune chance à leurs adversaires, remportant l’or en finale face à leurs compatriotes Qin Yumei et Zhang Shaoqin (13’’35 contre 13’’76).
La paire avait déjà marqué les esprits en demi-finale, avec un nouveau record du monde en 13’’28, améliorant à trois reprises la meilleure marque de la discipline dans la même journée.

La médaille de bronze est revenue à la Corée du Sud (Jeong Jimin / Sung Hanareum), victorieuses face aux Indonésiennes Desak Made Rita Kusuma Dewi et Rajiah Sallsabillah.

© IFSC

Une nouvelle dimension pour la vitesse

Au-delà des chronos, le relais apporte quelque chose que la vitesse individuelle ne permet pas : une dimension collective. La performance devient une histoire de duo, ce qui apporte une dimension plus humaine.

Ce format a aussi l’avantage d’être très lisible pour le public : deux courses, deux relais, et le verdict tombe en une dizaine de secondes. Le suspense dure jusqu’au dernier buzzer, ce qui en fait un format particulièrement accrocheur et spectaculaire.

Reste à savoir si ce format restera un événement ponctuel, ou s’il trouvera sa place durablement dans le calendrier international. Avec cette première réussie à Chengdu, le relais de vitesse a prouvé son potentiel, notamment auprès du grand public.

© IFSC

La Chine impériale aux Jeux Mondiaux

La Chine a conclu les épreuves d’escalade des World Games de Chengdu avec un impressionnant total de cinq médailles d’or sur les six mises en jeu. La seule exception est venue de l’Indonésienne Desak Made Rita Kusuma Dewi, victorieuse de l’épreuve de vitesse féminine, perpétuant ainsi la grande tradition de son pays dans la discipline.

Voici le tableau des médailles en escalade à Chengdu :

Nation 🥇 Or 🥈 Argent 🥉 Bronze Total
Chine 5 3 2 10
Indonésie 1 1 1 3
États-Unis 0 2 1 3
Kazakhstan 0 0 1 1
Corée du Sud 0 0 1 1
Total 6 6 6 18

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Brooke Raboutou s’offre son premier 9a… en France, à Céüse !

20 Août

Voilà une nouvelle qui a de quoi surprendre : Brooke Raboutou, vice-championne olympique et première femme à avoir enchaîné un 9b+ (“Excalibur” à Arco en avril dernier), n’avait encore jamais réussi de 9a ! C’est désormais chose faite, et qui plus est en France, sur la mythique falaise de Céüse.

En venant à bout de “Pornographie” 9a, l’Américaine inscrit donc seulement sa deuxième voie dans le neuvième degré à son carnet de croix, un contraste pour le moins étonnant lorsqu’on connaît son palmarès déjà historique.


En deux semaines passées au pied de la mythique falaise de Céüse, Brooke Raboutou a connu une aventure riche en émotions ! Venue initialement pour se confronter à “Biographie” le 9a+ de référence libéré par Chris Sharma en 2001, l’Américaine est repartie avec une belle surprise en poche : l’enchaînement de “Pornographie”, son tout premier 9a.

Un contraste saisissant !

Difficile d’imaginer que la grimpeuse qui a fait la une de tous les médias en avril dernier en devenant la première femme à enchaîner un 9b+ (“Excalibur” à Arco) n’avait encore jamais validé de 9a… Avant Céüse, la voie la plus dure de son palmarès – en dehors d’”Excalibur” – était “Southern Smoke” 8c+ situé à Red River Gorge.

Son ascension récente de “Pornographie” marque donc une étape symbolique dans sa carrière, en même temps qu’un clin d’œil assez cocasse à sa progression fulgurante : Brooke a atteint le 9b+ avant même de cocher son premier 9a !

© Coll. Raboutou

“Pornographie” en poche, “Biographie” en tête

Charmée par la variété des voies de Céüse, Brooke ne voulait pas consacrer tout son séjour à “Biographie”. C’est ainsi qu’elle s’est rapidement tournée vers “Pornographie”, une ligne ultra résistante libérée par Alex Megos en 2020. C’est avec énergie et motivation qu’elle s’en est offert la croix « assez rapidement », comme elle l’explique.

Mais inévitablement, “Biographie” l’a rappelée. « Bio, c’est plus une bataille mentale que physique », confie Brooke. Deux fois, elle est parvenue à franchir le crux depuis le bas, sans réussir à concrétiser jusqu’au sommet. Un mélange d’espoir et de frustration, qui la pousse déjà à envisager un retour : « Ce projet n’est pas terminé. Je reviendrai », promet-elle.

© Coll. Raboutou

Vice-championne olympique à Paris en 2024, détentrice d’un 8C bloc et d’un 8B+ bloc réalisé le même jour, Brooke Raboutou a démontré qu’elle n’est pas seulement au sommet de l’élite féminine, mais qu’elle rivalise avec les meilleurs grimpeurs mondiaux, toutes catégories confondues.

“Biographie” devra donc attendre. Mais quand on connaît la détermination de Brooke, nul doute qu’elle reviendra en découdre avec le plus mythique des 9a+.


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Katherine Choong réussit la première ascension féminine de « Piz Dal Nas » (8b, 500 m)

20 Août

Le 10 août dernier, Katherine Choong a signé la première ascension féminine de « Piz Dal Nas », une grande voie située sur la face nord du Titlis (Engelberg, Suisse).

Cotée 8b max pour 500 mètres d’escalade et répartie sur 12 longueurs, la voie n’avait connu jusque-là que deux ascensions : celle de son ouvreur, le Suisse Matthias Trottmann en 2010, puis celle du Slovène Jernej Kruder.


Une envolée de 12 longueurs

Le tracé compte 12 longueurs assez soutenues (7a, 6b, 6c, 6b+, 6a, 7b+, 6c+, 7b+, 8b, 8b, 7b, 8a+), avec deux crux particulièrement redoutables en 9e et 10e longueur, toutes deux cotées 8b. Katherine a enchaîné en tête toutes les longueurs dans le 8e degré, tandis que son partenaire de cordée, Jim Zimmermann, assurait l’alternance sur les sections plus accessibles. Ensemble, ils auront passé près de 10 jours à déchiffrer les mouvements, avant de signer l’ascension libre et intégrale en une seule journée.

“Nous avons été surpris par un violent orage dès notre premier jour dans la voie, raconte Katherine. Les points très espacés dans les longueurs nous ont vidés mentalement et physiquement, et il a fallu de nombreuses tentatives pour trouver la solution dans les sections dures. Mais cette dernière longueur, le “nez”, suspendue dans un dévers à 45° au-dessus de 500 mètres de vide… restera un souvenir gravé à jamais ! », assure-t-elle.

© Coll. Choong

“La magie de l’escalade”

La Jurassienne ne se présentait pourtant pas dans les meilleures dispositions. Après une blessure au doigt au printemps, elle doutait de sa capacité à tenir les petites arquées de cette ligne. Mais la persévérance a payé : « C’est ça, la magie de l’escalade : parfois, tout s’aligne. Avec le soutien indéfectible de Jim, un nouveau rêve est devenu réalité », confie-t-elle.

Zimmermann, lui aussi tout proche de l’enchaînement malgré la chaleur écrasante, promet déjà de revenir pour tenter à nouveau sa chance. Katherine, de son côté, rend hommage à Matthias Trottmann, qui avait équipé la voie du bas et l’avait libérée en 2010 : « Un énorme respect pour sa performance visionnaire ! »


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Chris Sharma aux Jeux Olympiques de 2028 ? Le pari fou de l’icône de l’escalade !

19 Août

Voilà un titre qui sonne comme un poisson d’avril… Et pourtant l’idée n’a rien d’une blague ! Et si l’une des plus grandes légendes de l’histoire de l’escalade faisait son retour… sur la scène olympique ? Depuis quelques mois, une rumeur surprenante circule dans le monde de la grimpe : Chris Sharma, 44 ans, envisagerait sérieusement de tenter sa chance pour représenter les États-Unis aux Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.

Sur le papier, l’idée semble presque irréaliste. Sharma, pionnier du 9a+, explorateur infatigable des plus belles falaises du monde et figure du deep water solo, n’a plus mis les chaussons en compétition internationale depuis plus de deux décennies. Pourtant, à l’image de sportifs comme Lindsey Vonn ou Michael Phelps qui ont envisagé un retour tardif, Sharma pourrait bien écrire une nouvelle page de sa légende.

Ce choix ne doit rien au hasard. Depuis l’introduction de l’escalade au programme des Jeux, Sharma observait de loin les premiers pas de notre sport aux JO. Mais depuis Tokyo 2021, l’horizon a changé : à Los Angeles, pour la première fois, la difficulté sera une discipline olympique à part entière. Pour le maître en la matière, qui a marqué l’histoire avec des voies mythiques comme “La Dura Dura” 9b+, “Sleeping Lion” 9b+ ou “Jumbo Love” 9b, c’est une porte qui s’entrouvre.

© Ricardo Giancola

Lors d’un entretien accordé récemment à Climbing Magazine, l’Américain installé en Catalogne, a partagé ses réflexions sur ce défi hors norme : ce qu’il attendrait d’une éventuelle aventure olympique, ce que lui inspire la nouvelle génération, et pourquoi, plus que tout, il grimpe aujourd’hui pour « garder la passion vivante ».

Je ne sais pas si je suis capable de me qualifier… même si, au fond, je crois que j’en suis capable !

Le retour surprise aux compétitions

L’automne dernier, Sharma avait déjà surpris la planète grimpe en participant aux Championnats Nationaux américains. Plus de vingt ans après avoir quitté le monde des compétitions, le Californien était remonté sur le mur, face à des grimpeurs deux voir presque trois décennies plus jeunes que lui.

« C’était incroyable de retrouver cette ambiance, d’être au contact des jeunes grimpeurs. Voir ce qu’ils font me motive énormément », confie-t-il depuis sa maison près de Barcelone.

© Coll. Sharma

Il faut dire que l’Américain n’est pas un inconnu dans l’arène compétitive. En 1995, il avait remporté les Championnats Nationaux… à seulement 14 ans ! À 15 et 16 ans, il s’était frotté aux Coupes du Monde, avant de quitter rapidement le circuit pour tracer sa voie sur le rocher, laissant derrière lui une carrière de compétiteur naissante. Mais l’entrée de l’escalade aux Jeux Olympiques a tout changé : « Je n’ai jamais eu l’opportunité de vivre ça dans ma vie. Pouvoir être aux Jeux représenterait un moment symbolique dans ma carrière, une forme de boucle bouclée. »

Je ne cherche pas à revivre mes 20 ans. Je suis dans une autre phase de ma vie, et c’est inspirant de trouver une motivation fraîche.

Un défi colossal… mais pas irréaliste

Mais Sharma n’est pas dupe : le niveau en compétition n’a jamais été aussi élevé. Les jeunes qui dominent aujourd’hui les circuits – Sorato Anraku, Dohyun Lee, Max Bertone, Janja Garnbret, Chaehyun Seo, Ai Mori – s’entraînent depuis l’enfance dans un format spécifiquement orienté vers la compétition.

Face à eux, Sharma admet son retard, mais garde espoir : « Je ne sais pas si je suis capable de me qualifier… même si, au fond, je crois que j’en suis capable ! »

© Coll. Petzl

Le véritable obstacle n’est pas seulement physique. À 44 ans, Sharma est aujourd’hui un père de famille, entrepreneur à la tête de salles d’escalade, et toujours profondément passionné par les projets en falaise.

« Quand les sélections de l’équipe américaine ont eu lieu en mars, j’étais en plein dans des projets incroyables en Espagne. Il faisait beau, les falaises étaient parfaites. C’est très difficile de mettre ça de côté pour traverser le monde et participer à une compétition. L’un des principaux obstacles, c’est de trouver l’équilibre. J’ai encore tant de projets en falaise qui me passionnent… Mais en même temps, j’ai la chance d’avoir une salle ultra moderne pour m’entraîner. »

© Sam Bié

Mais il reste pragmatique : 2026 sera une année charnière, avec les épreuves de sélection pour Los Angeles. « Je me laisse cette porte ouverte, sans me mettre de pression. Si les choses s’alignent, pourquoi pas ? L’essentiel, c’est de garder la passion vivante. »

Lui qui a toujours aimé repousser les limites explique que cette démarche n’est pas un retour nostalgique à ses années de gloire, mais une quête de renouveau : « Je ne cherche pas à revivre mes 20 ans. Je suis dans une autre phase de ma vie, et c’est inspirant de trouver une motivation fraîche. »

En parallèle, Sharma continue d’ouvrir des voies d’exception autour de chez lui, en Catalogne. Après “Vision Quest” (9a, deep water solo) en décembre dernier, il s’attaque désormais à une ligne gigantesque, 60 mètres de dévers dans la zone de Santa Ana. « C’est le genre de projet qui me fait vibrer », dit-il, tout en jonglant avec sa vie de père de famille et ses activités professionnelles.

© Coll. Petzl

Los Angeles 2028, pour boucler la boucle ?

Et si l’histoire s’écrivait à Los Angeles, à quelques kilomètres de Santa Cruz où tout a commencé pour lui il y a près de 40 ans ? « Ce serait un incroyable retour aux sources, un moment de vie à part. On va voir, je vais laisser les choses se faire naturellement. »


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Deux mois de combat pour une ligne mythique : Dylan Chuat nous raconte son enchaînement de “Move” 9b/+

18 Août

Dylan Chuat est l’un des grimpeurs les plus talentueux… et les plus discrets de sa génération. Réservé et concentré, ce jeune Suisse n’a pas besoin de mots pour briller : ses performances sur le caillou suffisent. À 24 ans, son palmarès est déjà impressionnant : une trentaine de voies dans le neuvième degré, dont certaines parmi les plus mythiques du monde. Il garde notamment un souvenir marquant d’”Action Directe” en Allemagne ou encore de “Super Crackinette” à Saint-Léger, des ascensions qui l’ont profondément marqué, peut-être plus encore que la plupart de ses autres réalisations.

Mais cet été, Dylan a franchi un nouveau cap dans sa carrière. En s’offrant « Move », le mythique 9b/+ libéré par Adam Ondra en 2013, il a rejoint le cercle ultra-fermé des six grimpeurs ayant dompté cette ligne. Pendant plus de deux mois, il a vécu au rythme de ses essais, de ses échecs et de ses petites victoires intermédiaires. Entre les longues journées de pluie scandinave, les moments de doute et les phases d’euphorie, il a progressivement apprivoisé la voie. Un processus intense, ponctué par l’enchaînement d’autres classiques de la grotte, avant de signer son ascension de “Move”.

Nous l’avons rencontré pour revenir sur ce “siège” hors norme : ses sensations, sa méthode de travail, ses moments clés et la signification de cette performance dans son parcours.


Dylan, félicitations pour cette énorme performance ! Pour commencer, peux-tu nous raconter comment est née l’idée de venir tenter “Move” à Flatanger ?

J’étais venu à Flatanger il y a trois ans et j’avais fait la plupart des 8c ainsi que “Thor’s Hammer” 9a/+. Je n’étais pas revenu depuis mais j’avais toujours en tête de revenir. Pour moi c’est une falaise parfaite, c’est comme si tu regroupais toutes les plus belles sections de bloc sur 50 mètres.

C’est personnellement le caillou que je préfère. Je trouve ça incroyable ! Essayer une voie dure là-bas me paraissait logique, alors j’ai choisi « Move », une voie 100 % naturel, un élément important pour moi, devenu rare de nos jours dans le niveau 9b et plus.

Je n’avais aucune expérience d’un trip et d’un processus si long. Je ne savais pas comment gérer mes jours de repos pour ne pas me désentraîner ni trop me fatiguer.

Tu disais au début du trip que c’était « la première fois que tu t’engageais dans un processus aussi ambitieux ». Qu’est-ce qui t’a poussé à franchir ce cap cette année ?

Ça fait trois ans que j’ai envie d’essayer un 9b ou une voie qui repousses mes limites. Jusqu’à présent, je n’avais essayé que des voies où je savais que j’allais réussir.

Pour ça, j’ai dû partir en trip car il n’y en a pas près de chez moi. Mais chaque fois que j’ai organisé un voyage ces dernières années, je me suis blessé ou il y a eu d’autres mésaventures.

© Jeremiah Watt

C’était ton premier gros trip en Norvège ? Qu’est-ce qui t’a le plus marqué en arrivant dans la grotte ?

C’est mon premier gros trip, je n’étais encore jamais parti si longtemps grimper. Rien ne m’a réellement surpris car j’étais déjà venu il y a trois ans avec mon ami Sam. Ah si, la sur-fréquentation de la falaise par rapport à avant !

Tu es resté plus de deux mois à Flatanger. Comment as-tu organisé ton séjour ? 

J’avais vraiment envie de concrétiser mon projet et j’avais prévu trois mois en tout. Malheureusement, presque un mois complet était ingrimpable à cause des grosses chaleurs… On en a profité pour visiter les Lofoten avec ma copine et pour aller travailler en ouverture à Oslo.

Qu’est-ce qui t’a le plus surpris ou marqué dans la vie quotidienne autour de ce projet 

La météo a été très compliquée à gérer. L’atmosphère avec les autres grimpeurs a été très cool, surtout quand Adam Ondra, Alex Megos ou Seb Bouin étaient là. C’est galvanisant d’avoir ces légendes à la falaise ! Ce qui a été difficile pour moi, c’était que je n’avais aucune expérience d’un trip et d’un processus si long. Je ne savais pas comment gérer mes jours de repos pour ne pas me désentraîner ni trop me fatiguer.

© Coll. Chuat

On sait que la météo à Flatanger peut être capricieuse… Comment as-tu géré les journées de mauvaise condition ?

Au début du trip, ce n’était pas très grave car je travaillais des sections. Mais comme je le disais, presque un mois entier était ingrimpable, même pour travailler juste quelques mouvements. Durant ces jours, j’en ai profité pour faire d’autres voies dans la grotte, comme “Illusionist” et “Change P1”.

L’enchaînement de ces voies, c’était planifié ou complètement improvisé ?

Complètement improvisé ! Je les ai faites pour le plaisir et la culture.

Dès la première séance je me suis dit que je pouvais la faire. Puis, en voyant mon manque d’endurance, je me suis dit que ce serait impossible !

Peux-tu nous décrire les grandes étapes de ton travail dans la voie ? Quels ont été les moments les plus difficiles pour toi ?

Le processus a démarré très rapidement. Je me suis tout de suite senti bien et proche de la réussite. Mais j’ai vite remarqué qu’il me manquait une endurance spécifique à la grotte. Le mois sans grimpe a été très compliqué à gérer, j’avais l’impression de perdre mon temps…

Quand je suis revenu, le processus est allé très vite : j’ai fait des enchaînements prometteurs à chaque séance, jusqu’à mettre deux runs très proches de la réussite (où je suis tombé dans les derniers mouvements), puis j’ai fait la voie.

© Coll. Chuat

À quel moment as-tu commencé à croire que c’était possible de l’enchaîner avant la fin du trip ?

Mes croyances ont fait up and down. Dès la première séance je me suis dit que je pouvais la faire. Puis, en voyant mon manque d’endurance, je me suis dit que ce serait impossible ! Mais quand j’ai mis mon premier bon essai, j’ai su que ça passerait car il me restait du temps. Ça montre sûrement mon manque d’expérience et de connaissance de moi-même dans ce genre de processus.

Tu parles de frustration quand tu régressais : comment faisais-tu pour rebondir et retrouver de la motivation ?

Changer d’air aux Lofoten a fait du bien, et ma copine a été un super soutien émotionnel pour moi.

J’étais dans un énorme flow, un état d’osmose !

As-tu modifié ta méthode ou ton approche au fil des semaines ?

Les méthodes sont restées les mêmes pour moi dès le début. Ce qui m’a vraiment permis de progresser, c’est de travailler la fin en partant de plus en plus bas, plutôt que de mettre des runs complets à chaque fois. C’était plus motivant que de refaire le début encore et encore.

© Jeremiah Watt

Raconte-nous le jour J. Dans quelles conditions étais-tu ? Qu’est-ce qui a fait la différence par rapport aux essais précédents ?

Je n’avais mis que deux très bons essais avant mon enchaînement, où j’étais tombé au même mouvement. Logiquement, la suite voulait que ça passe ce jour-là, même si les conditions étaient moins bonnes. C’est cool de l’avoir fait avant que ça ne devienne mental !

Qu’as-tu ressenti en clippant le relais ?

Pendant 5 secondes je me suis demandé si j’avais vraiment fait la voie ou juste un link. C’est pour ça que je n’ai pas crié tout de suite… J’étais dans un énorme flow, un état d’osmose !

Tu es le 6e ascensionniste d’une voie devenue très convoitée ces dernières années. Est-ce que ça donne une saveur particulière à ta réussite ?

En général, je n’aime pas grimper des voies trop fréquentées. J’aime les premières ascensions ou les voies peu répétées. Mais celle-ci m’a toujours attiré. Malgré ses nombreuses répétitions récentes, je pense que ça n’enlève rien à la difficulté, surtout quand les autres ascensionnistes sont des légendes de l’escalade.

© Coll. Chuat

Adam Ondra a commenté ton ascension sur Instagram « Chapeau 👏  Tu le mérites ». Ça t’a fait quoi ?

C’est évident que ça m’a touché. Pour moi, c’est la plus grande légende que l’escalade ait connue. Mais au-delà de ça, Adam reste avant tout un humain extrêmement passionné, qui aime voir ses voies répétées et encourager la nouvelle génération.

“Move” est ton premier 9b/+. Est-ce que ça change quelque chose dans ta perception de ton niveau et de ce qui est possible pour toi ?

Non, mon niveau n’a pas changé en quelques semaines. J’ai juste mis plus d’essais que dans d’autres voies. Mais c’est clair que j’ai envie d’en faire plus et d’aller plus loin. Pour moi, c’est la première d’une longue série (je l’espère). Pour ça, j’ai besoin de libérer du temps, et j’espère que cette perf me donnera un coup de pouce pour trouver des soutiens.

© Coll. Chuat

Après un tel projet, on imagine qu’il y a une grosse satisfaction, mais aussi un petit vide… Comment envisages-tu la suite de ta saison ?

Au contraire, ça ne me laisse pas un vide, ça me donne encore plus d’idées, de projet et de motivation pour la suite !

As-tu une anecdote à nous partager à propos de ton séjour à Flatanger ?

Que j’aimerais pouvoir pêcher et être affûté au cabillaud toute l’année !


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Quand un compétiteur japonais s’attaque au mythe : Satone Yoshida enchaîne « Biographie » 9a+ !

16 Août

En pleine saison internationale, alors qu’il enchaîne les finales et truste les podiums en difficulté, Satone Yoshida a pris le pari risqué de délaisser l’entraînement pour s’attaquer à l’une des lignes les plus emblématiques du monde : « Biographie » 9a+ à Céüse.

Un choix osé – presque inattendu – pour celui qui est actuellement numéro 2 mondial, auteur d’une saison exceptionnelle en Coupe du Monde. Mais Yoshida a prouvé que son audace paye : hier soir, à 21h, il a clippé le relais de cette voie mythique, dans l’ambiance unique d’un coucher de soleil sur le massif de Céüse.


Décidément, Satone Yoshida est en grande forme ! Le Japonais de 21 ans, figure montante du circuit international, vient de réaliser l’une des lignes les plus emblématiques de l’Histoire de l’escalade : « Biographie » 9a+ à Céüse.

Un exploit d’autant plus remarquable qu’il s’inscrit dans une saison déjà exceptionnelle pour Yoshida. Le grimpeur a participé à toutes les finales de Coupe du Monde de difficulté cette année, sans jamais faire pire que 4ème, et a décroché l’or à Bali ainsi que le bronze à Madrid. Dans un calendrier chargé où chaque compétition compte, il a pris le pari risqué de s’accorder deux semaines à Céüse pour se confronter à ce monument, juste avant la dernière Coupe du Monde à Koper et les Championnats du Monde à Séoul.

© Sam M.S.

À ce moment de la saison, partir deux semaines à Céüse, c’était un vrai risque. Tout le monde est focalisé sur les compétitions, alors forcément, mes partenaires n’ont pas trop validé cette idée.

Mais pour moi, grimper “Biographie”, cette ligne légendaire que j’avais en tête depuis l’an dernier, pouvait me donner un élan supplémentaire pour la suite !

Une bataille acharnée contre la voie… et contre le temps

Son processus dans « Biographie » a été une véritable montagne russe. Dès sa troisième séance, Yoshida passait le crux depuis le bas et semblait tout proche de l’enchaînement. Mais la météo s’est vite invitée dans la partie : chaleur écrasante, orages et journées gâchées par des conditions impraticables. À plusieurs reprises, il tombait juste après le crux, à un mouvement du succès…

La semaine dernière, il confiait sa frustration : « Je me sens impuissant… Même après avoir franchi le plus gros crux depuis le bas, je n’ai pas réussi à monter au sommet. Les conditions n’étaient pas bonnes, je n’ai pas eu assez de repos, et je n’ai pas pu concrétiser. Mais la prochaine fois sera la bonne ! ».

© Coll. Yoshida

Et la bonne fois est arrivée hier soir. À 21h00, alors que la nuit tombait sur Céüse, Yoshida a clippé le relais de cette voie mythique libérée par Chris Sharma. Treizième essai, dernière opportunité de son trip, moment parfait : le Japonais a saisi sa chance !

« Cette ligne m’a fait grandir en tant que grimpeur. Un immense respect à Chris Sharma pour la première ascension », a-t-il déclaré après son enchaînement.

© Sam M.S.

Une ascension symbolique !

Avec cette croix, Satone Yoshida inscrit son nom aux côtés des plus grands dans l’histoire de Céüse. « Biographie », premier 9a+ de la planète, reste une référence absolue et un passage obligé pour les meilleurs falaisistes de la planète.

Le jeune Japonais prouve qu’il est capable de transposer sa forme exceptionnelle du circuit international sur le rocher. Et alors qu’il s’apprête à disputer les dernières échéances majeures de la saison, nul doute que cette réussite hors compétition lui donnera un surplus de confiance et de détermination !


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Jules Marchaland encore ! Deux 8b+ à vue et « Super Finale » 9a en deux jours

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Jules Marchaland encore ! Deux 8b+ à vue et « Super Finale » 9a en deux jours

16 Août

Après ses récents exploits en bloc à Fionnay — avec deux 8C en quelques jours — Jules Marchaland continue sur sa lancée… mais cette fois en falaise. En seulement deux jours passés à Rawyl, il signe deux 8b+ à vue et enchaîne « Super Finale » 9a.

Une halte improvisée… mais fructueuse !

Après une semaine intense sur les blocs suisses de Fionnay, Jules Marchaland avait prévu de filer à Magic Wood. Mais sur la route, impossible de résister à l’appel de la falaise :

« On s’est arrêté faire un petit saut à Rawyl, juste deux jours. La forêt est magnifique, je ne connaissais pas, donc c’était une belle découverte ! », confie-t-il.

Le grimpeur français n’a pourtant pas été accueilli par des conditions idéales. « Il faisait vraiment très très chaud… Un peu comme partout d’ailleurs. Mais on n’avait pas le choix : si on voulait grimper, il fallait accepter d’avoir chaud ! ».

Dans un coin de sa tête, Jules avait bien une idée : tenter un run flash dans « Super Finale », un 9a mythique popularisé par Adam Ondra. Mais face à la chaleur écrasante, il préfère initialement remettre ça à plus tard… avant de céder à son impatience légendaire. « Mattéo Soulé était dans la voie, alors je me suis dit que c’était l’occasion. Il pouvait m’aider, me donner des conseils sur les méthodes. Du coup j’ai craqué… », explique Jules.

© Coll. Marchaland

Il commence par « Paradis naturel » un 8b+ qu’il enchaîne à vue pour s’échauffer, puis se lance dans « Super Finale ». Mais les conditions le rattrapent : ses mains moites zippent à répétition… et c’est la chute ! “C’est le jeu, j’ai été trop impatient (comme d’habitude !) mais je ne m’en veux pas, j’aime ça !”, raconte-t-il.

Jour 2 : un nouveau 8b+ à vue et un 9a

Le lendemain, Jules ouvre la journée avec un nouveau 8b+ à vue, « Gaiouf ». Puis il retourne dans « Super Finale », bien décidé à en découdre. « J’ai refait de la merde en bas, mais au run suivant, c’est passé ! » raconte-t-il en riant.

La performance est d’autant plus surprenante qu’il n’avait pas complètement calé la section du milieu : « C’était un run à l’arrache, assez original et inhabituel dans mon escalade ».

© Yulen Calleja Ordiz

Une forme impressionnante !

Comment expliquer ce pic de performance ? Jules avance une explication simple : « La saison de compétition est finie pour moi, donc je ne fais que du caillou. Mes qualités font que je peux être efficace : j’ai un certain avantage en force, donc j’arrive à être rapide et efficace pour enchaîner. »

En résumé, après deux 8C bloc et un 9a falaise en l’espace de quelques jours, Jules Marchaland confirme qu’il est l’un des grimpeurs les plus en forme du moment… et que son été 2025 risque encore de nous réserver de belles surprises !


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Jeux Mondiaux 2025 : la Chine écrase la concurrence en vitesse avec cinq médailles

15 Août

La première journée d’escalade aux Jeux Mondiaux de Chengdu 2025 a tourné à la démonstration pour l’équipe chinoise de vitesse. Sur les six médailles mises en jeu, cinq sont revenues au pays hôte, avec notamment un triplé historique chez les femmes et une victoire éclatante de Chu Shouhong chez les hommes !

Chu Shouhong pulvérise son record personnel

En finale chez les hommes, Chu Shouhong a signé la meilleure performance de sa carrière pour décrocher l’or, battant l’Américain Samuel Watson. Le Chinois a réalisé 4’’80, abaissant par deux fois son record personnel au cours de la soirée : d’abord 4’’83 en quart de finale face au numéro 1 mondial Raharjati Nursamsa, puis 4’’80 en finale.

Malgré une épaule blessée, Watson (recordman du monde) a tenu tête jusqu’au bout, prenant l’argent en 4’’96. Le bronze est revenu à un autre Chinois, Long Jianguo, auteur d’un 4’’83 face à l’Italien Ludovico Fossali, qui a commis une petite erreur et terminé en 6’’33.

Fait notable : seuls Chu, Watson et Long ont tous les trois franchi la barre des 4’’90 lors de ces finales !

Je suis très heureux d’avoir remporté cette médaille d’or. Merci à Sam Watson, c’est lui qui m’a poussé à me dépasser !

Chu Shouhong

© IFSC

Podium 100 % chinois chez les femmes

La finale féminine a offert l’un des duels les plus serrés de la journée. Vice-championne olympique à Paris, Deng Lijuan a arraché la victoire pour… un centième ! Elle s’impose en 6’’40 devant sa compatriote Qin Yumei (6’’41).

Pour le bronze, Zhou Yafei a signé le meilleur temps féminin de la soirée (6’’31) en battant la championne du monde en titre, Desak Made Rita Kusuma Dewi, qui termine en 6’’34.

C’était incroyable de voir trois drapeaux chinois flotter sur le podium et d’entendre l’hymne joué deux fois !

Deng Lijuan

© IFSC

La suite du programme

Ce vendredi, place à une nouveauté : le format Speed 4, disputé sur un mur à quatre couloirs. Les qualifications débuteront à 10h00 (heure locale) et les finales à 18h00.


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Michael Piccolruaz réussit le flash de « Shakey Warrior » 8B+ à Rocklands

15 Août

Le grimpeur italien Michael Piccolruaz vient de signer l’une des performances marquantes de cet été en bloc : le flash de « Shakey Warrior » 8B+ à Rocklands, Afrique du Sud. Ouverte par Dave Graham en 2015, cette ligne esthétique et exigeante n’avait encore jamais été flashée.

Lors de son précédent séjour à Rocklands, en 2023, Michael Piccolruaz avait déjà envisagé de tenter un flash de « Shakey Warrior ». Mais le temps lui avait manqué et il avait priorisé d’autres blocs. Cette année, l’histoire a failli se répéter. Finalement, l’occasion s’est présentée lors des derniers jours de son voyage, et il l’a saisie.

Pour optimiser ses chances, l’Italien a soigneusement préparé son essai. « J’ai regardé les vidéos d’Alex Khazanov et de Vadim Timonov. Heureusement, ils utilisaient exactement la même méthode, donc je n’ai pas eu à me demander quelle option choisir. J’ai pris le temps de sentir les prises, de mettre des marques précises, et j’ai visualisé plusieurs fois la séquence avant de m’élancer », explique-t-il.

Un enchaînement « sans effort »

Le jour J, après un échauffement sur « Vice President », Piccolruaz se dirige vers le bloc, patiente que l’ombre recouvre la ligne, et se lance. « J’ai grimpé de manière très fluide, sans réfléchir à ce que je faisais. Quand je me suis retrouvé à préparer le dernier mouvement, je me suis dit : “oh merde, je peux vraiment le faire !”. Et quelques instants plus tard, je me rétablissais au sommet, en souriant à Thilo et Teo, qui étaient presque plus excités que moi ! ».

Michael insiste sur l’importance de l’état de concentration totale atteint pendant son essai : « Quand la visualisation parfaite rencontre l’exécution parfaite, on entre dans un état de flow. Le corps bouge presque tout seul. Ce sont des moments rares et magiques qu’il faut savourer. Celui-là, je l’ai savouré ! ».

À 29 ans, Michael Piccolruaz affiche l’un des carnets de croix italiens les plus impressionnants, allant de la falaise au bloc en passant par le deep-water solo.

On lui doit notamment la première ascension de « La grosse Tarlouze » 8C à Magic Wood, de la voie « Helmutant » 9a dans le Tyrol du Sud, ou encore la répétition de la voie de deep-water « Alasha » 9a à Majorque. Avec ce flash à Rocklands, il ajoute une nouvelle ligne majeure à sa collection !


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James Pearson frôle l’exploit en Écosse : un E10 au deuxième essai

14 Août

Quelques jours à peine après avoir signé l’ascension de “Crac yr Meistri” (E9 8b), James Pearson et Caroline Ciavaldini poursuivent leur périple familial au Royaume-Uni. Cette fois, cap sur Inverness, la ville la plus au nord du pays, avec en ligne de mire un projet ambitieux : tenter un flash de “What We Do in the Shadows”, une voie trad cotée E10 7a, signée Robbie Phillips, et nichée sur la falaise de Loch Duntelchaig.

 « J’avais vu il y a quelques années les vidéos de Robbie lors de la première ascension, et de Dave MacLeod pour la première répétition, explique James. J’avais noté que ça pourrait être une bonne candidate pour un flash, car elle semblait relativement sûre et que les difficultés arrivaient seulement après avoir placé toute les protections. »

Cette ligne spectaculaire, qui reprend le départ de “Nosferatu” (E8 6c) avant de tracer tout droit vers le sommet, est un condensé de puissance et de technicité : un premier crux très physique sur des inversées mène à une section finale explosive, en compression sur petites prises, ponctuée d’un dernier jeté.

Un défi rarissime dans le monde du trad

Le flash d’un E10 est un exploit rarissime dans le monde de l’escalade traditionnelle. La liste des grimpeurs l’ayant tenté ou réussi est très courte. James se souvient : « Je peux penser à “Muy Caliente” (E10 à l’époque, aujourd’hui E9) que j’ai failli flasher en 2011, “Something’s Burning” (E9) en 2014, “The Path” par Alex Megos en 2016, “La Fuerza de la Gravedad” par Pete Whittaker en 2022, “Le Voyage” par Seb Berthe en 2023 – le premier flash d’un E10 à ma connaissance – et plus récemment “Lexicon” (E11) par Adam Ondra en 2025

© Raphaël Fourau

Flasher une voie de trad aussi difficile est véritable exercice d’équilibriste. « Une grande partie de la difficulté est liée au danger, explique James. Même si une voie est “sûre” techniquement, placer les protections efficacement pendant des mouvements physiques demande énormément d’énergie. Sur ce type de projet, tu dois prendre le temps de placer chaque coinceur à la perfection et risquer de te griller avant le crux, soit avancer vite et prendre des risques excessifs… qui se soldent souvent par une peur panique et du sur-serrage ».

Un plan de route précis… mais une erreur fatale !

Bien préparé grâce aux vidéos détaillées de Robbie Phillips et Dave MacLeod, et aux indications précises de Caroline, Pearson pensait avoir toutes les cartes en main.

Mais lors de son essai, tout bascule plus tôt que prévu : un mouvement maladroit pour sortir d’un coincement de genou dans le toit, avant même d’attaquer la partie la plus dure, lui coûte la chute.

Dire que j’étais déçu est un euphémisme. Les occasions pour un flash sur une voie de ce niveau sont si rares que j’ai eu l’impression de la gâcher…

© Coll. Pearson

Heureusement, la frustration laisse place au soulagement au deuxième essai : James grimpe la voie du bas en deux tentatives, sans repérage préalable, ce qui reste une belle performance. « La voie est incroyable, exactement ce que j’espérais. Après avoir placé la protection et atteint les inversées du mur final, tout s’accélère : un pas de bloc physique et technique sur petites prises, des contrepoinets, et un dernier jump pour conclure. Rien à voir avec une voie de trad classique ! ».

Avec cette ascension, James Pearson signe la troisième répétition connue de “What We Do in the Shadows”, et confirme, une fois encore, qu’il reste l’un des plus grands spécialistes mondiaux du trad extrême… même quand la perfection du flash lui échappe de peu !


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Dylan Chuat frappe fort : le Suisse enchaîne « Move » 9b/+ à Flatanger !

14 Août

Un mois de combat acharné à Flatanger… et une récompense à la hauteur des efforts fournis : le 12 août dernier, Dylan Chuat a mis un terme à son long projet en enchaînant « Move », l’une des voies les plus emblématiques de la grotte norvégienne.

Signée Adam Ondra en 2013, cette ligne fait partie du cercle très restreint des voies historiques dans la tranche 9b/+ – aux côtés de « La Dura Dura », « Change » ou encore « Vasil Vasil ». Son tracé démarre par un 8b commun avec plusieurs classiques de la grotte, avant d’attaquer la section clé : l’intégralité de « Little Badder » 9a, suivie d’un repos précaire menant à un pas de bloc redoutable, célèbre pour son mouvement d’épaule sur arquée infâme, enchaîné par un croisé explosif.

Avec cette réussite, Dylan devient le sixième grimpeur à inscrire son nom au palmarès de « Move », après Adam Ondra, Seb Bouin, Alex Megos, Jorge Diaz-Rullo et, plus récemment, Domen Škofic.

Deux mois de travail, jalonné de projets parallèles

Dylan avait attaqué ses essais début juin. Très vite, il réalise des progrès impressionnants : le 17 juin, il confiait sur Instagram avoir réussi à enchaîner les 55 mètres de “Little Badder” 9a. Puis, le un mois plus tard il réussissait à enchaîner la dernière partie de la voie (environ 9a) deux fois de suite, tombant même dans le crux final lors de ses deux premiers essais depuis le sol.

« C’est sacrément prometteur ! », écrivait-il, avant d’ajouter qu’une vague de chaleur allait malheureusement l’empêcher de retenter la voie pendant un moment.

© Jeremiah Watt

En attendant des conditions plus fraîches, il s’est tourné vers d’autres challenges dans la grotte. Le 28 juillet, il coche ainsi la première longueur de “Change” 9a/+, une voie mythique d’Adam Ondra. Une ascension qu’il n’avait « jamais pensé essayer », mais qui l’a séduit grâce à une nouvelle méthode rendant le crux plus abordable : « Avec l’ancienne méthode sans genouillère, c’était un solide 8B+ bloc, très exigeant pour les épaules. Maintenant, je dirais plus un 7C bloc. »

Début août, toujours en attente de bonnes conditions pour “Move”, Dylan valide “Illusionist” 9a, profitant d’un coincement de genou astucieux pour contrer chaleur et humidité.

Quand il retrouve enfin une météo plus clémente, Dylan revient déterminé sur « Move ». Mais là encore, l’humidité le contraint à effectuer parfois une montée de séchage des prises avant chaque véritable essai. Les runs s’enchaînent, les chutes se rapprochent du relais… jusqu’au 12 août, où il clippe enfin la chaîne !

© Coll. Chuat

Un premier 9b/+ historique

Pour Dylan, « Move » marque un cap dans sa carrière : c’est sa première voie dans le niveau, après une solide liste de 9a+ déjà à son actif.

Une progression fulgurante pour le Suisse, saluée par Adam Ondra en personne : « Chapeau 👏 Tu le mérites ! » a commenté le Tchèque sur Instagram.


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Joshua Fourteau signe la première ascension d’« Alta Gracia » 8c+/9a, la voie la plus dure de Dordogne

13 Août

Après avoir décroché son premier 8C bloc à Magic Wood, Joshua Fourteau fait de nouveau la une de notre magazine… mais cette fois, grâce à sa performance sur le calcaire périgourdin. Au début de l’été, le Bordelais d’origine a réalisé la première ascension d’« Alta Gracia », une ligne oubliée depuis plus de vingt ans à Bourdeilles, en Dordogne, qu’il estime à 8c+/9a.

« C’est ma première first ascent et la première voie dans le neuvième degré du département, explique Joshua. Je n’avais encore jamais tenté ce genre de challenge, alors quand un ami local m’a parlé de cette ligne, j’ai tout de suite été motivé ! »

Une voie oubliée, des conditions extrêmes

Ouverte par Lilian Arnaud il y a plus de deux décennies, « Alta Gracia » ne paye pas de mine sur le papier. Mais derrière son isolement se cache une ligne aussi esthétique qu’exigeante : 35 mouvements sur trous, arquées et pinces, dans un plafond à 60/70 degrés.

Mais l’endroit est réputé pour ses conditions… délicates : humidité omniprésente, pluies fréquentes, chaleur étouffante l’été et deux prises quasiment toujours mouillées à cause d’une résurgence.

« La première fois que j’y suis allé, il pleuvait et il y avait carrément des flaques dans les prises. C’était horrible, mais j’avais fait le déplacement exprès, alors j’ai quand même grimpé », raconte Joshua.

© Julie Cescon

Un enchaînement au prix de la patience

Avec une saison de compétitions bien remplie, les séances sur place ont été espacées. Joshua compte trois sessions de calage entre octobre et le début d’été, puis trois séances d’essais pour l’enchaînement.

L’enjeu principal : passer le crux après une « marche d’approche » en 7c, avant de se jeter dans le plafond sur des mouvements très athlétiques. « Ce n’est pas un effort qui crame les avant-bras, mais plutôt les biceps, les épaules et le gainage », précise-t-il.

8c+ ? 9a ? 8c+/9a !

Pour Joshua, l’intensité pure correspond à un 8c+. Mais les conditions quasi impossibles à optimiser lui ont fait ajouter « une demi-cotation » pour arriver à 8c+/9a.

« Les prises clés sont souvent humides, il faut réadapter ses méthodes en permanence. Les bonnes conditions n’existent presque jamais ici. »

Joshua a publié une vidéo retraçant son processus et mettant en lumière cette voie méconnue mais redoutable.


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Escalade aux World Games 2025 : cap sur Chengdu pour un format 100 % vitesse

12 Août

Jusqu’au 17 août 2025, la ville de Chengdu en Chine accueille la 12e édition des World Games, un événement multisports international regroupant des disciplines non olympiques ou fraîchement devenues olympiques. Pour cette édition, l’escalade — présente depuis 2005 dans le programme — fera peau neuve avec un format exclusivement dédié à la vitesse.

Trois formats, six épreuves, un seul objectif : aller vite !

Exit le bloc et la difficulté : l’IFSC a choisi de recentrer la compétition sur la discipline la plus spectaculaire et accessible au grand public. En tout, six épreuves de vitesse seront disputées, trois chez les hommes et trois chez les femmes :

  • Speed Single : le format classique sur deux voies parallèles,
  • Speed Single 4 : un nouveau format individuel sur quatre voies parallèles,
  • Speed Relay : un format inédit en relais à deux, également sur quatre voies.

Une première mondiale : le “Speed 4” en compétition officielle

Déjà testé en avant-première lors d’un événement à Madrid, le format Speed 4 fera ses grands débuts en compétition internationale officielle à Chengdu. Dans cette épreuve, quatre grimpeurs s’élancent en simultané sur quatre voies identiques. Après une phase d’élimination, les meilleurs s’affronteront en finale pour une médaille.

© Piper Kelly

L’élite mondiale réunie à Tianfu Park

72 grimpeurs issus de 12 nations et des cinq continents prendront part à ces épreuves, parmi lesquels les meilleurs spécialistes mondiaux de la vitesse. Côté favoris, tous les regards seront tournés vers Leonardo Veddriq, champion olympique de Paris 2024 et tenant du titre des World Games 2022. L’Indonésien visera une nouvelle médaille d’or, avec la pression de courir sur son continent.

Du côté des favoris, on retrouvera notamment : Kiromal Katibin, Alfian Muhammad Fajri et Desak Made Rita Kusuma Dewi pour l’Indonésie, Ludovico Fossali et Matteo Zurloni pour l’Italie, Aleksandra et Natalia Kalucka pour la Pologne, Emma Hunt et Samuel Watson pour les États-Unis, ainsi qu’une équipe chinoise particulièrement dense, bien décidée à briller devant son public au Tianfu Park, un parc urbain de 3 000 hectares, équipé d’un mur de vitesse à quatre voies flambant neuf.

© IFSC

Pourquoi la France est absente des World Games 2025 ?

Alors que la France compte plusieurs grimpeurs et grimpeuses de haut niveau (Guillaume Moro est d’ailleurs devenu le premier tricolore à passer sous la barre des 5 secondes), aucune sélection tricolore ne figure parmi les 72 athlètes engagés à Chengdu. Une absence qui s’explique par le système de qualification mis en place par l’IFSC, exclusivement basé sur le classement par nations de la Coupe du Monde de vitesse 2024.

Seules les 8 meilleures fédérations du classement par équipe ont obtenu des quotas pour participer. La France, non classée dans ce top 8, n’a donc pas reçu de place.

Le programme de la compétition

Voici le programme des épreuves de vitesse aux World Games 2025 (heures locales) :

14 août – Speed Single :

10h45 : qualifications hommes
11h45 : qualifications femmes
17h30 : finales hommes & femmes

15 août – Speed Single 4 :

10h00 : qualifications femmes
11h10 : qualifications hommes
12h30 : phases éliminatoires
18h00 : finales hommes & femmes

16 août – Speed Relay :

10h00 : qualifications hommes
10h45 : qualifications femmes
11h40 : finales hommes & femmes

© IFSC

Une vitrine mondiale pour l’escalade de vitesse… qui divise !

Avec cette nouvelle formule exclusivement axée sur la vitesse, les World Games 2025 marquent un tournant dans la stratégie de développement de l’escalade en tant que sport-spectacle. L’IFSC entend miser sur la lisibilité, l’intensité et la popularité croissante de la vitesse pour séduire un public toujours plus large, à l’image de ce que la discipline a déjà démontré aux Jeux Olympiques.

Mais ce choix de la part de la fédération internationale ne fait pas l’unanimité dans la communauté de l’escalade. Discipline ultra-spécifique, parfois perçue comme éloignée des valeurs et des exigences techniques de notre sport, la vitesse divise. Pour certains, ce recentrage serait une trahison de l’esprit de la grimpe ; pour d’autres, c’est une occasion en or de démocratiser le sport grâce à une discipline spectaculaire, accessible et facilement compréhensible du grand public.

Un débat de fond qui reflète les tensions — et les opportunités — liées à la professionnalisation croissante de l’escalade.

© IFSC


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Jules Marchaland enchaîne « Big Nose » 8C… en 30 minutes !

12 Août

Quelques jours seulement après avoir signé son tout premier 8C bloc avec « Foundation’s Edge », Jules Marchaland frappe à nouveau en Suisse en cochant « Big Nose » 8C, un bloc ouvert par Dylan Chuat.

Après avoir enchaîné son premier 8C il y a quelques jours, Jules Marchaland avait un nouvel objectif en tête : « Permanent Midnight Low », un redoutable 8C+ récemment libéré par Clément Lechaptois. « J’e nétais pas très loin de le faire, mais les prises sont des inversées très plates. Du coup, c’est vraiment dépendant des conditions », raconte Jules. Malheureusement, une vague de chaleur s’installe sur le Valais. « C’était compliqué de trouver le bon timing… Je n’ai pas eu les bonnes conditions pour réussir ce bloc. Le dernier jour, j’étais un peu vénère que ça ne colle pas, que ça ne dépende pas de moi et de ma forme, mais que ce soit la faute des conditions… C’était très s frustrant ! ».

Ça me paraît soft pour un 8C, mais c’est clairement plus dur que les 8B+ que j’ai faits ici.

Plutôt que de s’acharner, Jules décide de changer de plan : direction le bloc voisin, « Big Nose », un 8C ouvert l’été dernier par Dylan Chuat. « Il y a des prises complètement folles et une gestuelle de dingue, avec des mouvements magnifiques ! », décrit Jules. Après avoir rapidement calé les séquences, le Français se lance dans la bataille : « J’ai mis deux-trois runs pour comprendre et je l’ai directement enchaîné après. C’était génial ! ».

L’exploit est d’autant plus impressionnant que le grimpeur boucle « Big Nose » en seulement 30 minutes. « Ça me paraît soft pour un 8C, mais c’est clairement plus dur que les 8B+ que j’ai faits ici », nuance-t-il.

En l’espace de quelques jours, Jules Marchaland aura donc ajouté deux blocs en 8C à son carnet de croix à Fionnay, confirmant qu’il est en grande forme… et qu’il faudra compter sur lui dans les projets les plus exigeants du moment !


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Joshua Fourteau signe son premier 8C bloc à Magic Wood !

11 Août

Parti pour réaliser son premier 8B+ bloc, Joshua Fourteau a finalement repoussé ses limites et enchaîné… son premier 8C ! Cet été, le grimpeur français découvrait pour la toute première fois le mythique site suisse de Magic Wood. Objectif initial : « Power of Now » en version classique (8B+). Résultat : « Power of Now Direct », version directe et plus corsée, cotée 8C.

« Je n’ai pas eu beaucoup d’occasions de m’exprimer en extérieur ces dernières années, je privilégiais les objectifs de compétition et passais mes moments sur rocher plutôt en falaise, explique Joshua. Jusqu’ici, je plafonnais à 8B, mon premier datant de 2019 à Rocklands avec Armed Response ».

De l’objectif initial à la version directe

À Magic Wood, Joshua savait déjà qu’il voulait tenter “Power of Now”, « une ligne majeure du site, hyper aérienne et trop stylée ». Sur place, il retrouve Clément Lechaptois et Noé Moutault, déjà engagés… dans la version directe !

« Ils essayaient cette variante, c’était donc l’occasion de m’amuser dedans avec eux », raconte-t-il.

© Coll. Fourteau

Un enchaînement express !

Première séance : calage des mouvements. « Je n’ai réussi que le mouvement final, celui qui m’allait le mieux. »

Deuxième séance : travail des passages clés, puis premiers essais du bas. Mais le premier mouvement, avec seulement 5% de réussite, inquiète Joshua.

Troisième séance : le déclic. « J’ai réussi le premier mouv à chaque essai, la mémoire musculaire avait fait son effet ! Après deux chutes au deuxième mouv un peu aléatoire, je l’ai tenu, et à partir de là, plus rien ne pouvait m’arrêter. »

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Joshua Fourteau (@joshua_frt)

Un séjour parfait !

En six jours, Joshua empile pas moins de 11 blocs dans le huitième degré, dont :

  • “Power of Now Direct” – 8C
  • “Steppenwolf” – 8B
  • “Dark Sakai” – 8B
  • “Jack’s Broken Heart” – 8A+ (flash)
  • “The bizarre ride” 8A+ (premier essai)
  • “Unendliche Geschichte 1” – 8A+ (premier essai)
  • “Sofa surfer” – 8A+
  • “Foxy Lady” – 8A (flash)
  • “Never ending story pt2” 8A (premier essai)
  • “Octopussy” – 8A
  • “La brionesque” – 8A

“J’étais venu pour enchaîner mon premier 8B+ et c’est le 8C qui est tombé, c’était au delà de mes espérances, la gratification est intense ! Je réalise également mon premier 8A+ flash et à deux doigts du 8B flash avec “Dark Sakai”. Le séjour est juste parfait !”

© Coll. Fourteau

Et maintenant ?

La suite de l’été se jouera à Céüse, avec en ligne de mire le célèbre “Ratstaman”.

« Ce séjour à Magic Wood restera gravé. Le site est magnifique, l’ambiance géniale… et un bon resto pour fêter la croix, ça ne gâche rien ! » conclut Joshua, sourire aux lèvres.


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Les frères Ternant frappent fort à Rocklands : un 8C chacun !

09 Août

Arthur et Mathieu Ternant, les jumeaux les plus en forme du moment, viennent de signer un exploit rare : chacun a enchaîné un 8C bloc lors de leur trip en Afrique du Sud, sur deux lignes parmi les plus mythiques de Rocklands.

Pour Arthur, cap sur “The Finnish Line” 8C, chef-d’œuvre ouvert par Nalle Hukkataival. Ce projet, il l’avait repéré sans trop y croire, après une première partie de séjour déjà bien fructueuse avec neuf 8B et trois 8B+ au compteur (“Cosmic Artifact”, “Get Railed” et “The Book Club”). Blessé une bonne partie de l’année et sans réel entraînement, il débarque à Rocklands « sans attentes », mais retrouve rapidement la forme et le mental.

« J’ai passé trois séances sur corde pour bien travailler chaque section, puis je suis revenu un autre jour pour tenter depuis le bas. Conditions parfaites, super équipe au pied du bloc… Deux essais plus tard, c’était dans la poche ! Un des plus beaux moments de grimpe de ma vie », confie-t-il.

De son côté, Mathieu s’attaque à un autre monument sud africain : “Monkey Wedding” un 8C signé Fred Nicole. Installé depuis un an sur l’île de La Réunion, où il passe le plus clair de son temps à explorer et ouvrir de nouvelles lignes, Mathieu profite de ce séjour pour mesurer son niveau sur des blocs de référence.

Après quelques séances pour optimiser chaque mouvement, il doit composer avec la pression de fin de trip. « Je suis tombé au dernier mouvement la veille… et le dernier jour, malgré la peau abîmée et la fatigue, c’est passé à mon deuxième essai. Une énorme satisfaction ! », affirme-t-il.

Au total, les deux frères repartent avec un joli carnet de croix et surtout une performance marquante : deux 8C majeurs, gravis à quelques jours d’intervalle, par deux jumeaux français !


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« Aucun résultat ne vaut ta santé » : Jenya Kazbekova brise le silence sur ses années de malnutrition

08 Août

À seulement 27 ans, Jenya Kazbekova, grimpeuse olympienne et vice-championne d’Europe de difficulté, a décidé de mettre des mots sur un sujet longtemps resté tabou dans le milieu de l’escalade : ses troubles alimentaires et les années de malnutrition qui ont marqué sa carrière.

Dans une longue lettre ouverte, l’Ukrainienne revient sur ce combat intérieur et délivre un message fort à toute la communauté.


Alors qu’elle s’apprête à accueillir son premier enfant et à faire une pause loin du circuit international, Kazbekova a choisi de revenir publiquement sur cette période sombre, dans l’espoir d’aider les grimpeurs – jeunes et moins jeunes – à ne pas tomber dans les mêmes travers.

Voir de jeunes grimpeurs souffrir me pousse à partager mon histoire, pour qu’ils sachent qu’ils ne sont pas seuls. La pire partie de tout combat, c’est de se sentir isolé et incompris.

© IFSC

Des années de régimes, de blessures et de doutes

Dans son témoignage, Jenya explique avoir, dès son adolescence, cru que perdre du poids était la clé pour atteindre le haut niveau. Inspirée par les standards physiques des grimpeurs d’élite des années 2000 et 2010, elle tombe dans un cycle sans fin de régimes stricts et de malnutrition.

Elle raconte notamment un moment marquant, en 2016 à Paris, où le simple chiffre sur une balance l’a « brisée » avant même le début d’une compétition :

Malgré mon apparence déjà très mince, je croyais encore devoir perdre plus. En voyant ce chiffre, j’ai abandonné mentalement avant même de grimper. La peur de l’échec, du jugement, de la déception, m’empêchait de me concentrer sur l’essentiel.

© Coll. Kazbekova

Ces privations avaient un coût lourd : blessures à répétition, récupération interminable, fatigue constante.

Je vivais en mode survie. Je n’étais même plus capable de m’entraîner à mon plein potentiel. Toutes ces restrictions ne m’ont pas rendue meilleure, elles ont détruit ma santé physique et mentale.

Repenser son rapport au corps et au sport

Pour Kazbekova, la reconstruction a pris des années. Thérapie, apprentissage de la nutrition et soutien de proches l’ont aidée à se réconcilier avec son corps.

Lors des Jeux Olympiques de Paris, un an plus tôt, elle avoue s’être sentie « forte physiquement », même si les comparaisons restaient difficiles à encaisser.

Il n’existe pas de corps parfait. Nous avons tous des morphologies différentes, et l’apparence a très peu à voir avec ce dont nous sommes capables. Ne jouez pas au jeu des comparaisons, il ne vous apportera que de la souffrance.

© IFSC

Pour l’Ukrainienne, le véritable moteur de la performance ne réside pas dans la légèreté, mais dans la force – physique, mentale et émotionnelle :

Ce qui te fait grimper, ce n’est pas ton poids. C’est ta détermination, ton expérience, ta concentration, ta préparation et le plaisir qui te pousse à continuer.

Un appel au changement

En partageant son histoire, Kazbekova espère sensibiliser le monde de l’escalade, des amateurs aux élites, à la nécessité de briser le tabou autour des troubles alimentaires et de mieux accompagner les athlètes.

Aucun résultat ne vaut votre santé. L’escalade doit rester une source de joie, pas de souffrance. Prenez soin de vous, même si le monde vous dit le contraire.

À travers ce témoignage, la grimpeuse ukrainienne lance un nouvel appel au changement pour un sport plus sain et bienveillant, où la performance ne se fait pas au détriment de l’humain.

© IFSC

Un problème qui dépasse le cas Kazbekova

Si son histoire résonne autant, c’est parce qu’elle révèle un phénomène plus large. Depuis plusieurs années, des chercheurs et des instances sportives alertent sur le syndrome RED-S (Relative Energy Deficiency in Sport), un état de déficit énergétique chronique causé par des apports alimentaires insuffisants par rapport aux besoins.

Chez les grimpeurs, ce syndrome peut entraîner : une baisse des performances, une fragilité osseuse accrue (fractures de fatigue), des blessures à répétition, des perturbations hormonales (aménorrhée chez les femmes), et un impact profond sur la santé mentale.

© Coll. Kazbekova

Ces dérives ne concernent pas que l’élite. L’image très « sèche » de certaines grimpeuses et certains grimpeurs pros sur les réseaux sociaux alimente, parfois inconsciemment, une pression chez de jeunes athlètes et amateurs, prêts à tout pour « ressembler » à leurs idoles, quitte à mettre leur corps en danger.

Le parcours de Jenya Kazbekova nous rappelle que l’escalade, même au plus haut niveau, ne devrait jamais devenir synonyme de souffrance. Derrière les podiums et les projecteurs, des athlètes se battent parfois contre des démons invisibles. En brisant le silence, l’Ukrainienne espère inspirer un changement : que chaque grimpeur, qu’il vise les Jeux ou le 6a de sa falaise locale, se souvienne qu’au bout du compte, la plus grande victoire reste celle sur soi-même – et jamais au détriment de sa santé.


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Jules Marchaland enchaîne son tout premier 8C bloc !

06 Août

En voyage express en Suisse avec Simon Lorenzi, Jules Marchaland vient de franchir un nouveau cap en signant son tout premier 8C bloc avec l’enchaînement de « Foundation’s Edge », un classique de Fionnay.

Après avoir récemment passé du temps à Céüse, Jules Marchaland s’est laissé tenter par une virée en Suisse, dans le frais relatif de Fionnay, un haut lieu du bloc estival. Sans objectif précis, il comptait surtout profiter des classiques du secteur. Mais c’est avec une belle série de croix qu’il a entamé son séjour — et une grande première dans sa carrière !

Dès le premier jour, il s’est “échauffé” dans « Scarred for Life », un 8B+ réputé pour la qualité de son rocher et de ses prises. Jules tente un run flash, tombe en haut — un peu “précipitamment”, comme il l’avoue lui-même — avant de l’enchaîner juste après.

Je suis un peu con, je me suis précipité pour le flash alors que j’aurais dû attendre et mieux me préparer… Mais bon, je suis trop impatient dans la vie !

© Coll. Marchaland

Direction ensuite « Foundation’s Edge », un 8C ouvert par Dave Graham en 2013, connu pour ses mouvements puissants. De nouveau trop impatient pour attendre un essai flash bien préparé, Jules se lance sans trop de repères… et échoue lors de sa première tentative. Il enchaîne ensuite plusieurs essais prometteurs, tombe tout en haut, mais le bloc lui résiste pour cette première journée.

Après un repos bien mérité, la journée suivante sera synonyme de réussite. Il flashe « Permanent Midnight » 8A+, deux 8A dont « Off the System » (qu’il flashe également)… et enfin la croix tant convoitée. Jules revoit sa méthode sur les premiers mouvements de « Foundation’s Edge », affine son exécution… et parvient à se rétablir au sommet du bloc ! Une première en 8C pour le jeune grimpeur français, qui avoue avoir jusque-là peu exploré les limites du très haut niveau en bloc.

C’est comme une nouvelle pratique pour moi… Je me régale !

© Coll. Marchaland

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Galvanisé par ses performances, Jules tente ensuite un essai flash dans « Compass North », un 8B+ exigeant. Il chute… la main dans le bac final ! Qu’à cela ne tienne, il coche le bloc juste après !

J’avoue j’ai craqué ! J’ai oublié de mettre un pied gauche, du coup j’ai pas assez poussé, je suis arrivé un peu court sur le dernier bac… Ça s’est joué à rien ! Heureusement je l’ai enchaîné juste après.

Avec une telle forme, Jules ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il vise désormais « Permanent Low » 8C+, la version rallongée de « Permanent Midnight », et pense également se frotter à « Fuck the System », autre 8C+ emblématique du secteur.


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Stefano Ghisolfi signe son bloc le plus dur avec « Hazel Grace Sit » 8C/+

05 Août

Déjà bien connu pour ses exploits en falaise, l’Italien Stefano Ghisolfi continue de surprendre en bloc ! Il vient de réaliser son bloc le plus dur à ce jour avec l’enchaînement de « Hazel Grace Sit » 8C/+ au col du Gothard, en Suisse.

Ce bloc, réputé pour son esthétisme et son cadre alpin magnifique, a été ouvert en version debout (8B+) par Giuliano Cameroni en 2017, avant que ce dernier ne lui ajoute un départ assis en 2021, proposant alors une cotation de 8C+ “soft”. Depuis, plusieurs grimpeurs comme Florian Wientjes, Dave Graham, Sam Weir ou encore Stefano Carnati ont confirmé la difficulté, oscillant entre 8C et 8C+. Stefano Ghisolfi, quant à lui, a préféré opter pour la note de 8C.

« Il m’a fallu quatre jours pour enchaîner le bloc le plus dur que j’ai jamais fait, et sans aucun doute l’une des plus belles lignes de Giuliano Cameroni », a-t-il confié sur Instagram.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Stefano Ghisolfi (@steghiso)

Ce succès marque un tournant pour le grimpeur italien, qui semble prendre un plaisir croissant à explorer le monde du bloc :

« Ce que j’aime dans le bloc, c’est la quantité hallucinante de lignes incroyables que je n’ai encore jamais essayées. J’ai littéralement le monde entier à grimper. Je n’ai même pas besoin d’aller très loin pour trouver de nouveaux projets. Des spots comme Magic Wood, Fontainebleau, Albarracín, Rocklands… j’ai tellement de lieux à découvrir. Ce n’est que le début pour Stefano le bloqueur ! ».

Un début prometteur, bien qu’il ait déjà enchaîné plusieurs blocs de haut niveau ces derniers mois, notamment « Anam Cara Low » 8C à Silvapark en juin. À noter qu’il a aussi résolu le crux du fameux « Silence » 9c d’Adam Ondra, une section estimée à 8C bloc minimum !

© Coll. Ghisolfi

Une transition après un printemps 100% falaise

Avant de se consacrer au bloc cet été, Stefano Ghisolfi avait en ligne de mire un objectif ambitieux : enchaîner quatre voies en 9b sur quatre falaises différentes en Espagne.

Pari presque réussi : il aura finalement coché trois de ces voies majeures ce printemps : “The Full Journey” à Margalef (3e ascension), “Sleeping Lion” à Siurana (4e ascension) et “Neanderthal” à Santa Linya (4e ascension).

Seule « Fight or Flight » à Oliana lui aura résisté, malgré de nombreuses journées de travail. La chaleur l’aura finalement contraint à abandonner le projet… pour mieux y revenir ?

© Mar Diaz Miranda


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Max Bertone signe sa meilleure croix en falaise avec « La Moustache qui Fâche » 9a+

04 Août

Alors qu’il figure actuellement à la 8e place du classement mondial de difficulté, Max Bertone a profité d’une courte pause dans la saison internationale pour retourner sur un projet falaise qu’il essayait depuis deux ans : “La Moustache qui Fâche”, un 9a+ emblématique d’Entraygues.

Un pari réussi, puisque le jeune Réunionnais vient d’en signer l’enchaînement, établissant ainsi sa meilleure performance en falaise à ce jour !


Un combat de longue haleine

Libérée en 2005 par Enzo Oddo, “La Moustache qui Fâche” est une voie courte mais intense. Sa difficulté se concentre dans la seconde moitié, sur un mur déversant parsemé de sections très blocs, sans véritable repos. La ligne tire son nom d’une réglette de sika placée dans le haut de la voie, puis enlevée par l’équipeur Yann Guesquiers.

Max Bertone avait déjà tenté la voie en 2023, après la Coupe du Monde de Briançon. Il y était tombé au dernier mouvement dur du second crux. Cette année encore, après le TAB, il est revenu à Entraygues avec l’envie d’en finir.

Ça fait deux ans que je la travaille, sur des courtes périodes de quelques jours. Le processus a été un peu haché. Cette année, j’ai dû reprendre les calages pour me souvenir des détails que j’avais oubliés… et ça m’a coûté trois autres séances à tomber à chaque fois sur ce dernier mouvement dur.

Avec une voie aussi exigeante, chaque essai est précieux : les prises sont agressives pour les doigts, et Max n’avait généralement qu’un seul véritable essai par séance. Mais lors de sa dernière session, un détails a tout changé :

J’ai testé un nouveau pied sur les conseils de mon père et, bonne surprise, ça m’a libéré une nouvelle séquence de mains sur ce fameux deuxième crux… Deux des trois mouvements durs ont sauté et j’ai enchaîné immédiatement après, même si je n’avais pas fait un bon run sur le bas !

© Coll. Bertone

Avec ce nouveau calage, Max avoue que la voie lui a paru bien plus accessible. Assez pour remettre en question la cotation ?

Je pense maintenant qu’elle est un peu soft pour du 9a+. Je m’en veux d’avoir passé autant de temps dans une mauvaise méthode sans la remettre en question… C’est une excellente leçon que je retiens dans l’approche de ce genre de voies dures !

En tout, il aura fallu à Max sept séances réparties sur deux étés pour venir à bout de ce projet.

Une coupure salvatrice avant de repartir en compétition

Entre les étapes de Coupe du Monde de Madrid et Koper, cette escapade falaise a permis à Max de se ressourcer.

Cette période de récup à Briançon m’a vraiment fait du bien. J’ai un peu souffert de la longueur de la saison sur les deux dernières étapes de Chamonix et Madrid. Quinze jours après la finale à Innsbruck, j’étais complètement vidé mentalement et physiquement. Là, je me sens bien retapé et prêt à reprendre l’entraînement pour Koper et Séoul en septembre !

Avec une médaille à Bali et une finale à Innsbruck, Max réalise déjà une très belle saison internationale. Ce 9a+ en falaise s’ajoute donc comme une cerise sur le gâteau, confirmant que le jeune Réunionnais est capable de briller autant sur résine qu’en extérieur.


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