Le contenu

Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Plus qu’un seul essai en compétition ? Le projet “Flash Contest” qui fait débat !

01 Avr

C’est une petite révolution qui pourrait bien rebattre les cartes de l’escalade de compétition… La fédération internationale (World Climbing) travaillerait actuellement sur un nouveau format de compétition : le “Flash Contest”, une discipline où les grimpeurs n’auraient… qu’un seul essai par bloc, sans aucune observation préalable !

Un concept radical, pensé pour valoriser l’instinct et la prise de décision immédiate… Mais aussi, et surtout, pour répondre à une évolution plus large : rendre l’escalade plus spectaculaire, plus lisible et plus rapide aux yeux du grand public.


Un seul essai : retour à l’essence du flash

Dans ce nouveau format, les règles seraient simples : pas d’observation collective, aucun essai préalable, aucune méthode partagée, et une seule tentative par bloc. Le grimpeur découvre le bloc, s’élance… et doit performer immédiatement.

Une approche qui s’inscrit directement dans une tendance forte observée ces derniers mois au plus haut niveau mondial : la montée en puissance des performances flash sur le rocher. Impossible de passer à côté de la série impressionnante réalisée récemment par Adam Ondra : en l’espace de quelques semaines, le Tchèque a repoussé les limites du style en enchaînant plusieurs 8C flash (“The Lion’s Share”, “Celestite” ou encore “Emotional Landscapes”).

© World Climbing

Le Tchèque, qui avait pourtant laissé entendre ces derniers mois qu’il ne souhaitait plus s’engager sur le circuit international de bloc, n’exclurait désormais plus un retour ponctuel.

Je trouve ça fascinant ! Ces derniers temps, j’ai pris énormément de plaisir à explorer le flash, à repousser mes limites dans ce style. Voir que ça peut inspirer un format de compétition, c’est vraiment excitant. C’est une approche beaucoup plus instinctive, plus honnête aussi, d’une certaine manière. Je ne pensais pas revenir en compétition de bloc, mais un format comme celui-ci… ça change tout. C’est différent, plus direct. Clairement, ça me donne envie d’essayer !

Adam Ondra

Une déclaration qui, si elle venait à se confirmer, pourrait ajouter encore un peu plus d’attention autour de ce nouveau format déjà très attendu.

Longtemps considéré comme un style “secondaire” face au travail des projets, ce nouveau format de compétition relance le débat autour de la place du flash dans l’évaluation de la performance en escalade. Aujourd’hui, ce style s’impose comme un véritable terrain d’expression du très haut niveau. Lecture instantanée, engagement, capacité d’adaptation… autant de qualités que ce nouveau format de compétition chercherait justement à mettre en lumière.

Ce que fait Ondra, c’est fascinant parce que ça redéfinit ce qu’on pensait possible. Et forcément, ça donne des idées. On cherche à remettre la lecture et l’instinct au centre du jeu. Aujourd’hui, une grande partie de la performance repose sur l’observation et l’optimisation. Là, on revient à quelque chose de plus brut, plus direct.

Sandro Pfister, membre de la commission des événements – World Climbing

© World Climbing

Une réponse à la transformation du spectacle en escalade

Mais derrière cet argument sportif, se cache aussi une réalité plus stratégique. Depuis quelques saisons, l’escalade de compétition évolue rapidement vers des formats plus dynamiques et plus accessibles pour les spectateurs. Des initiatives privées, comme la récente Pro Climbing League, misent déjà sur des formats courts, rythmés, facilement compréhensibles… et calibrés pour le show.

Face à cette évolution, World Climbing ne veut pas rester en retrait.

Il y a une vraie réflexion autour du spectacle. Le grand public doit pouvoir comprendre ce qui se joue en quelques secondes. Le Flash Contest répond parfaitement à cette logique : un grimpeur, un bloc, un résultat immédiat.

Marc Norman, directeur de la commission des événements – World Climbing

Un format qui pourrait ainsi s’inscrire dans une volonté plus large de modernisation du circuit, en complément (ou en parallèle) des formats actuels.

© Pro Climbing League

Une “Coupe du Monde flash” en préparation ?

D’après nos informations, ce nouveau format pourrait être testé dès la saison prochaine, sous la forme d’événements pilotes… voire d’un circuit dédié.

L’idée d’une étape de Coupe du Monde de bloc, entièrement basée sur le flash, serait même à l’étude. Un projet encore confidentiel, mais qui témoigne de l’ambition portée par cette nouvelle discipline. Certains évoquent également une intégration possible dans les grands événements existants, sous forme de formats courts ou de finales spécifiques.

Au-delà des aspects spectaculaires, ce nouveau format pourrait également rebattre les cartes au plus haut niveau. Depuis plusieurs saisons, Janja Garnbret domine largement le circuit international, imposant une régularité et une maîtrise rarement vues en compétition. Mais dans un format aussi rapide et sans droit à l’erreur que le Flash Contest, la Slovène pourrait se retrouver plus exposée.

© IFSC

Habituée à construire ses performances sur l’observation, l’adaptation et la gestion de plusieurs essais, Garnbret a déjà montré que ce type de format plus “rapide” pouvait la mettre en difficulté. Lors de la Pro Climbing League, elle s’était notamment inclinée face à Oriane Bertone. Un scénario qui s’était également produit quelques mois plus tôt lors du Rock Master Festival à Arco, où Brooke Raboutou, plus rapide et précise, avait raflé la couronne à Janja Garnbret au terme d’un duel haletant.

Dans ce contexte, l’émergence d’un circuit basé sur le flash pourrait offrir une opportunité à une nouvelle génération de grimpeurs, capables de performer instantanément, et ainsi redistribuer les équilibres établis depuis plusieurs années…

Des réactions déjà très partagées

Sans surprise, l’idée divise déjà au sein de la communauté. Du côté de certains athlètes, l’enthousiasme est bien réel, notamment chez ceux qui affectionnent les formats rapides et instinctifs.

C’est hyper excitant. Ça remet tout à zéro et ça ajoute une dimension particulière. J’adore l’idée ! Sur un seul essai, tout peut arriver, et ça rend la compétition beaucoup plus imprévisible.

Tomoa Narasaki

Certains y voient même une opportunité de redistribuer les cartes, en donnant davantage de place à l’audace et à la prise de risque. D’autres, en revanche, se montrent beaucoup plus sceptiques…

On enlève une énorme partie de la dimension stratégique de l’escalade. Observer, comprendre, ajuster… c’est aussi ça notre sport. Là, on simplifie énormément. Le risque, c’est de transformer certaines performances en coup de chance

Camilla Moroni

Certains ouvreurs s’interrogent également sur l’impact d’un tel format sur leur travail, notamment en termes de lisibilité des blocs et de risque de “pile ou face” dans les résultats. Créer des blocs pour du flash pur, est en effet un exercice très différent. Trop évident, et tout le monde réussit ; trop complexe, et ça devient presque aléatoire.

D’après nos informations, plusieurs tests auraient déjà été menés en conditions réelles ces derniers mois, lors de sessions privées réunissant quelques grimpeurs et ouvreurs du circuit… Si certains participants évoquent une expérience “intense et ultra engageante”, d’autres pointent du doigt un format encore “instable”, où la moindre erreur peut totalement fausser la hiérarchie.

© Pro Climbing League

Une évolution inévitable ?

Au-delà des débats, une chose semble certaine : l’escalade de compétition est en pleine mutation. Entre exigences du haut niveau, contraintes de diffusion et volonté de toucher un public toujours plus large, les formats évoluent, s’adaptent… et parfois se réinventent complètement.

Le “Flash Contest” pourrait bien s’inscrire dans cette dynamique, en proposant une lecture plus immédiate et plus spectaculaire de la performance. Reste à savoir si cette nouvelle discipline saura trouver sa place… sans dénaturer l’essence même de l’escalade…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Certains contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Voir l'article 1 Reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition
  • Coupes du monde

Jana Švecová relance le très haut niveau féminin et libère “Tokyo Drift” 8C !

31 Mar

Ces derniers mois, la scène féminine du très haut niveau en bloc avançait presque en silence. Pas de coup d’éclat majeur, pas de nouvelle ligne pour venir bousculer les standards… Et puis, sans vraiment prévenir, une annonce est tombée : le 28 mars 2026, la Tchèque Jana Švecová a réalisé la première ascension de “Tokyo Drift”, un bloc qu’elle propose à 8C, dans le secteur de Holštejn, au cœur du karst morave en République Tchèque.

Une performance qui, au-delà du chiffre, raconte surtout une nouvelle trajectoire… Et peut-être même un basculement !


Švecová n’est pas de celles qu’on voit constamment sous les projecteurs. Ce n’est pas une compétitrice que l’on voit évoluer sur les Coupes du Monde, ce n’est pas non plus une  “star” du circuit médiatique, mais une grimpeuse qui, depuis plusieurs années, construit patiemment une des listes de croix les plus solides de la planète grimpe.

Son nom avait déjà marqué les esprits en 2023, lorsqu’elle s’offrait la première ascension de “Nova”, une variation du mythique “Terranova” 8C+ signé Adam Ondra. D’abord cotée 8B+, la ligne sera finalement rehaussée à 8C après répétition, faisant d’elle la première femme à libérer un bloc de ce niveau.

Trois ans plus tard, avec “Tokyo Drift”, elle remet ça. Même rocher. Même logique. Mais une vision encore plus radicale !

Une ligne improbable… devenue réalité

Le bloc reprend le départ et la sortie de “Drift”, un autre 8C d’Ondra. Là où la ligne originale contourne la principale difficulté, Švecová choisit d’aller droit dans le mur. Littéralement. L’idée est simple sur le papier : utiliser les pieds de “Drift”… comme prises de mains, et couper au plus court dans le bombé déversant à 60°.

Résultat : un bloc plus court, mais beaucoup plus violent, où la clé ne se joue pas à la fin… mais dès le départ. Cinq premiers mouvements ultra intenses, qui concentrent déjà l’essentiel de la difficulté, puis un combat jusqu’au sommet, conclu par un rétablissement aussi piégeux que mythique.

© Martin Švec

Le combat derrière la performance

Mais ce qui donne toute sa dimension à “Tokyo Drift”, c’est ce qu’il y a autour. Car ce projet, Švecová l’a commencé en 2025, dans ce qu’elle décrit elle-même comme “sa meilleure forme”. Les mouvements passent vite, les sensations sont là. Tout semble aligné… Puis tout s’arrête. Blessures aux doigts, arrêt forcé, retour à zéro.

S’ensuit une longue période de doute, presque invisible de l’extérieur. Pendant des mois, la Tchèque de 28 ans doit se reconstruire, revenir progressivement, accepter une forme en dessous et encaisser la frustration. Elle évoque elle-même cette période où elle ne reconnaissait plus son niveau, où même enchaîner des blocs “faciles” redevenait un combat. Elle le raconte sans détour : pendant un moment, elle ne savait plus si elle pourrait retrouver (et dépasser) son niveau d’avant.

Et puis, progressivement, quelque chose revient. Après un hiver à beaucoup grimper, quelques sensations reviennent, juste assez pour relancer la machine. Jusqu’à cette fin mars, où tout se précipite.

© Martin Švec

Le jour où tout s’aligne… malgré tout

Le jour de l’enchaînement, les conditions sont loin d’être idéales : froid, vent, sensations moyennes. Et pourtant. “C’était le meilleur jour de ma carrière”, écrit-elle après coup. Car la session est chaotique : des méthodes à réajuster, un pied qui zippe, des doigts engourdis… et surtout plusieurs chutes au sommet. Trois fois, elle tombe dans les derniers mètres. Trois fois à rien !

Mais cette fois, elle ne lâche pas. “Le désir de réussir ce bloc dans cette session était plus fort que tout le reste.” Et finalement, ça passe !

Cette réussite était tellement inattendue, non pas parce que je n’étais pas proche de l’enchainement, mais à cause des conditions et tout un tas d’autres circonstances. Tout d’abord, il faisait 5 °C, un froid polaire presque ingrimpable pour moi, et il y avait un vent de folie ! Ensuite, j’ai dû réajuster la plupart des méthodes et j’ai même zippé du pied. Mais ça a fini par marcher… bon, ça a été un peu dramatique à la fin, j’étais très émue ! Je vous raconterai et vous montrerai toute l’histoire dans une vidéo YouTube qui sortira bientôt, je l’espère !

Jana Švecová

© Martin Švec

Avec “Tokyo Drift”, Švecová signe sa deuxième première ascension dans le 8C. Un accomplissement rarissime, qui la place dans un cercle extrêmement restreint de grimpeuses capables non seulement d’atteindre ce niveau… mais de créer à ce niveau. Elles ne sont qu’une poignée dans le monde à avoir enchaîné 8C. Encore moins à en avoir plusieurs. Elles ne sont que trois pour être précis : Katie Lamb, Janja Garnbret et elle-même.

Mais peut-être que l’essentiel est ailleurs. Car “Tokyo Drift” n’était, à la base, qu’un projet secondaire. Une parenthèse dans une ambition bien plus grande : venir à bout de “Terranova” un 8C+ ouvert en 2011 par Adam Ondra, toujours non répété à ce jour !


La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Certains contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Charles Albert libère enfin “Charlatan” à Bleau : 8 ans d’obsession récompensés !

30 Mar

C’est une annonce qui a pris tout le monde de court, tombée presque discrètement tard hier soir sur les réseaux… et pourtant, elle pourrait bien marquer l’Histoire du bloc ! Après huit années de travail, Charles Albert a finalement réussi l’ascension de “Charlatan”, l’un de ses projets les plus emblématiques, situé à Franchard Isatis, sur le célèbre bloc de la Rampe Infinie, à Bleau.

Un bloc dont on parlait depuis des années, devenu une légende pour bien des raisons, qui vient de tomber sous les orteils de Charles Albert !


Un projet obsessionnel, né il y a 8 ans

L’histoire de “Charlatan” commence il y a près d’une décennie, lorsque Guillaume Tournus montre ce vieux projet à Charles Albert. Le coup de foudre est immédiat pour le grimpeur français, connu pour grimper pieds nus.

Sur le papier, le bloc paraît simple, presque trop : deux mouvements, un rétablissement. Mais dans les faits, c’est une toute autre histoire. La ligne se situe dans un dévers marqué, avec une séquence d’une précision extrême : remontée sur une inversée main gauche depuis une arquée minuscule, monter un pied très haut, quasiment au niveau de la main, tirer fort pour aller chercher une verticale main droite très loin, puis jeter sur l’arête… avant un rétablissement final. Un passage ultra court, mais d’une intensité extrême, où chaque micro-détail fait toute la différence !

© Cécile Calbo

Entre blessures et frustration

“Charlatan”, c’est aussi une histoire de rendez-vous manqués. En 2025, Charles Albert touche au but. Il réalise les deux mouvements, attrape l’arête… mais se blesse à l’épaule au moment du rétablissement ! Il est contraint de lâcher au sommet… Fin de tentative. Fin de saison. (Voir la vidéo ci-dessous)

Quelques mois plus tard, une blessure au doigt vient à nouveau freiner sa progression… Le projet devra attendre.

Le dénouement

Et puis, hier soir, enfin. Dans un message sobre publié sur Instagram, Charles Albert annonce la nouvelle :

Il y a 8 ans, le père d’Esteban Tournus m’a montré ce vieux projet… et aujourd’hui je suis super heureux de l’avoir réussi.

Charles Albert

Quelques mots seulement, à l’image du bloc : direct, sans fioritures. Il en profite pour remercier ses proches, notamment Giuliano Cameroni pour l’énergie partagée, ainsi que Cécile Calbo, présente à ses côtés sur les dernières saisons de travail.

Parmi les premières réactions, celle d’Adam Ondra résume assez bien le sentiment général : “Le roi de la forêt 👏 Bravo !”

© Cécile Calbo

Un nouveau 9A ?

Pour l’instant, Charles n’a encore annoncé aucune cotation officielle. Mais depuis des années, il évoquait la possibilité d’un bloc flirtant avec le 9A. Difficile à dire pour le moment… Mais une chose est sûre : par son style, sa brièveté extrême et son exigence, “Charlatan” s’annonce déjà comme l’un des blocs les plus radicaux de la planète.

Avec cette première ascension, Charles Albert continue de façonner une œuvre unique à Bleau. On lui doit déjà des lignes majeures comme : “No Kpote Only”, “Hypothèse (assis)”, “La Révolutionnaire”, ou encore “Délire Onirique (assis)”.

À peine “Charlatan” validé, Charles Albert annonce déjà être tout proche de deux autres projets. La forêt n’a visiblement pas fini de livrer ses secrets, et lui non plus !


La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Certains contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Un doublé dans le 8B à Bleau pour Oriane Bertone !

29 Mar

Entre deux sessions d’entraînement en salle à l’approche de la saison internationale, Oriane Bertone s’est offert une parenthèse bleausarde aussi rapide qu’efficace ! En quelques jours seulement, la Réunionnaise a coché deux classiques de la forêt : “Lazarus” 8B et “L’Insoutenable Légèreté de l’être” 8B.

Deux belles croix, qui témoigne d’une forme déjà bien affûtée !


“Lazarus” : un projet réglé en seulement deux séances

C’est d’abord dans “Lazarus”, ouvert en 2019 par Olivier Lebreton, qu’Oriane Bertone s’illustre en signant la première ascension féminine du bloc. Une ligne déversante et physique, marquée par un jeté exigeant et des mouvements physiques. Malgré cela, il n’aura fallu que deux sessions à la Française pour trouver les bons réglages… avant de conclure rapidement.

Une affaire rapidement réglée cette année sur l’un de mes blocs préférés de la forêt ! J’en avais entendu parler en 2021, j’étais venue voir les mouvements, mais il me manquait encore des pièces du puzzle… Cette fois, j’ai réussi à tout assembler avant que la chaleur n’arrive et que la saison démarre. Trop contente ! L’entraînement se passe super bien, la motivation est là… on continue !

Oriane Bertone

À noter que son frère, Max Bertone, avait quelques jours plus tôt flashé la ligne… De quoi souligner le niveau impressionnant de la fratrie !

Un deuxième 8B… au premier essai de la journée !

Dans la foulée, Oriane Bertone ne s’arrête pas là et enchaîne également “L’Insoutenable Légèreté de l’être” 8B. Un bloc emblématique de Bleau, répété par de nombreux cadors comme Jimmy Webb, Carlo Traversi ou encore Yannick Flohé.

Cette fois, la performance est encore plus nette : un enchaînement dès le premier essai du jour ! Dans la même session, elle coche également “Gecko” 8A+/8B, ajoutant une nouvelle ligne à une journée déjà bien remplie.

Une parenthèse sur le rocher… loin d’être anodine

Habituée à briller sur le circuit international, Oriane Bertone reste avant tout une compétitrice d’exception : elle a remporté neuf médailles d’argent en Coupe du Monde de bloc et a également décroché l’argent aux Championnats du Monde à Berne en 2023 et à Séoul en 2025.

L’an dernier, elle a remporté pour la première fois le classement général de la Coupe du Monde de bloc. Elle est montée sur le podium lors de quatre des six étapes de l’année, avec une victoire à Prague et des deuxièmes places à Keqiao, Curitiba et Innsbruck.

© World Climbing

Mais ces incursions en extérieur ne sont jamais anodines. Elles rappellent qu’au-delà des tapis de compétition, la Française possède un bagage impressionnant sur le rocher, avec déjà plusieurs blocs dans le 8B+ et même 8C à son actif. En 2018, elle a réussi “Golden Shadow”8B+ à Rocklands, en Afrique du Sud, alors qu’elle n’avait que 12 ans. En 2021, elle a enchaîné “Super Tanker” 8B+ à Bleau en seulement trois sessions, un an après avoir réalisé la première ascension post-casse de “Satan i Helvete (Bas)”, proposant la cotation de 8C. Au total, elle compte plus d’une quinzaine de bloc dans le 8B et plus.

Cette double performance à Bleau s’inscrit donc dans une dynamique très positive à l’approche des échéances internationales. Le message est clair : la machine est déjà lancée !

La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Certains contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Vers un premier 9c+ ? Plongée dans les projets les plus fous du moment !

28 Mar

Depuis que le 9c est entré dans l’Histoire de l’escalade, la question d’une cotation supérieure n’a jamais vraiment disparu. Jusqu’où peut encore aller l’escalade ? Le 9c marque-t-il une limite durable, ou seulement une étape avant un nouveau saut dans l’inconnu ? Aujourd’hui, alors que plusieurs chantiers extrêmes continuent de résister, l’hypothèse d’un premier 9c+ n’a plus tout à fait des allures de science-fiction…

L’actualité récente a ravivé ces spéculations. Il y a quelques semaines, Sean Bailey a officialisé la première ascension de “Duality of Man” à Dry Canyon, devenant ainsi la quatrième voie au monde cotée 9c, après “Silence” (Adam Ondra, 2017), “DNA” (Seb Bouin, 2022) et “B.I.G.” (Jakob Schubert, 2023). Quatre voies, quatre grimpeurs… et un constat frappant : aucune n’a encore été répétée ! Plus récemment, Erwan Legrand a libéré “Le Bombé Bleu”, l’un des plus vieux projet du globe et Jorge Diaz Rullo a réalisé la première ascension du projet de sa vie : “Café Colombia”, une voie extrême qui lui a demandé plus de cinq ans de travail et 240 jours d’efforts.

Dans le même temps, aux quatre coins du globe, des projets hors normes continuent de résister. Certains sont travaillés depuis des années, voire des décennies. D’autres sont plus récents, mais déjà entourés d’une certaine aura. Parmi eux se cache peut‑être le prochain 9c… ou le tout premier 9c+ de l’Histoire.


Le 9c : une cotation encore nouvelle

Avant de se projeter vers l’inconnu, un rappel s’impose. Le 9c est une cotation extrêmement jeune. Huit ans seulement séparent aujourd’hui “Silence” de “Duality of Man”. Quatre voies, chacune avec un style très marqué, chacune portée par un grimpeur à l’approche singulière. Mais malgré leur retentissement médiatique, ces lignes restent encore isolées : pas de répétition, pas de confirmation, et donc une cotation qui demeure, par nature, fragile.

© Coll. Ondra

C’est précisément ce qui rend les discussions autour d’un hypothétique 9c+ aussi fascinantes que délicates. Monter d’un cran dans l’échelle des difficultés supposerait non seulement une voie encore plus exigeante, mais aussi une maturation du niveau mondial. Or, si le nombre de grimpeurs capables de s’attaquer à ces projets augmente, l’extrême reste l’apanage de quelques individus seulement.

“Le Blond” : le chant du cygne de Chris Sharma ?

Difficile de parler de projets ultimes sans évoquer “Le Blond”, à Oliana. Imaginée et équipée par Chris Sharma en hommage à Patrick Edlinger, cette ligne monumentale voisine avec “La Dura Dura” 9b+, l’une des voies les plus emblématiques du site catalan.

Quarante mètres de dévers, des arquées fines, un style résolument physique et résistant… et un crux final redoutable. Sharma l’a dit lui‑même : “Le Blond” est son dernier grand projet à Oliana. Le potentiel est immense, mais l’exigence l’est tout autant. 9c ? Plus ? Ou simplement une voie sublime qui restera inachevée encore des année ?

 

Arco : quand le 9b+ ne suffit plus

Dans le bassin d’Arco, plusieurs projets interrogent directement la frontière du possible. “Excalibur” est déjà un 9b+ unanimement reconnu. Mais sa version basse, imaginée par Stefano Ghisolfi, ajoute six mouvements d’une intensité extrême, évalués autour de 8B+ bloc. Le tout s’enchaîne sans repos avec la voie originale.

Selon Ghisolfi, chaque mouvement du départ est plus dur que n’importe lequel d’ “Excalibur”. Difficile donc de ne pas frémir devant une telle affirmation ! Dans le même secteur, “King Line”, extension de “Queen Line” 9b, fait dire au grimpeur italien que “Perfecto Mundo” serait « une promenade de santé » en comparaison. Là encore, certains murmures évoquent un potentiel 9c+, même si personne n’ose encore l’affirmer…

Seb Bouin, l’architecte de l’extrême

Impossible d’aborder la question des projets les plus fous sans consacrer un chapitre à Seb Bouin. Le Français est sans doute aujourd’hui le grimpeur qui explore le plus systématiquement les confins du possible. À Russan, avec “Insouciance”, il évoque lui‑même un hypothétique 9c+. À Sanetsch, en Suisse, il décrit une ligne longue, sans repos, d’une intensité rare. À Flatanger, enfin, son projet “Move Integral” (une combinaison de “Move” et “Thor’s Hammer”) pourrait bien devenir l’une des voies les plus dures jamais imaginées.

Bouin affectionne les marathons verticaux, les lignes où la gestion de l’effort devient aussi cruciale que la force pure. Dans ce style, un saut de cotation n’est pas seulement plausible… il est presque logique.

© Coll. Bouin

États‑Unis : Red River Gorge en embuscade

Longtemps considérée comme un terrain de jeu pour le très haut niveau, Red River Gorge pourrait bien devenir un laboratoire de l’extrême. “The Odyssey Project”, équipé par Adam Taylor, a captivé Alex Megos puis Seb Bouin. Un mur de grès à 45 degrés, une esthétique saisissante, des mouvements difficiles… tous ceux qui s’y sont frottés parlent d’une ligne hors normes.

Non loin de là, “Wonka Vision”, extension de “Pure Imagination”, attire les convoitises. Un départ bloc ultra‑dur, suivi d’une voie déjà exigeante : le cocktail est explosif. Megos aurait été très proche de l’enchaînement à l’automne dernier.

Et maintenant ?

Alors, verrons‑nous un jour un 9c+ ? Sûrement. Mais quand ? Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’escalade vit actuellement une période fascinante. Jamais autant de projets aussi ambitieux n’ont coexisté. Jamais autant de grimpeurs n’ont été capables, au moins théoriquement, de s’y confronter.

En attendant, la « magique » liste des 9c existants reste inchangée : “Silence”, “DNA”, “B.I.G.” et “Duality of Man”. Le futur de l’escalade s’écrit peut‑être en ce moment même.

Une chose est sûre : la frontière n’a jamais semblé aussi proche…


Lire aussi

Un nouveau 9c vient d’être révélé… après avoir été gardé secret pendant un an !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG
  • # Dossiers
  • # Univers Falaise

Stefano Ghisolfi en feu : un deuxième 8C mythique en quelques jours !

27 Mar

Quelques jours seulement après s’être offert “Dreamtime”, Stefano Ghisolfi continue sa tournée tessinoise en ajoutant une nouvelle ligne mythique à son carnet de croix : “The Story of Two Worlds” 8C.

Une belle confirmation… presque attendue !


Une suite logique

Il en parlait déjà à la fin de son ascension de “Dreamtime” : sur l’autre face du même bloc, une autre ligne chargée d’histoire l’attendait. Il n’aura pas fallu longtemps pour que ce projet devienne réalité !

Avec cette répétition de “The Story of Two Worlds”, Ghisolfi valide en quelques jours deux des blocs les plus emblématiques au monde. Ouvert en 2005 par Dave Graham, “The Story of Two Worlds” est une ligne de référence, construite comme une extension basse de “The Dagger” 8B, avec un départ sous un toit intense et physique. Dès sa première ascension, l’Américain la décrivait comme un nouveau standard du 8C. Une proposition qui a marqué son époque, même si, au fil des années, débats et discussions ont émergé autour des méthodes, des départs exacts ou encore de l’utilisation de genouillères.

Mais une chose ne change pas : “The Story of Two Worlds” reste une ligne exigeante et profondément respectée.

© Sara Grippo

Une bataille… réglée en quatre séances

Comme pour “Dreamtime”, Ghisolfi n’a pas traîné. Après avoir commencé à travailler le bloc en parallèle, il confie avoir longtemps buté sur le mouvement d’épaule du départ, particulièrement physique. “J’ai vraiment galéré sur le mouvement d’épaule au début. Mais après une grosse bataille, j’ai finalement réussi à l’enchaîner lors de ma 4e séance”.

Et avec son recul habituel sur les cotations, l’Italien glisse avec humour : “Certains disent que c’est un 8C “facile”… moi je dis que ça n’existe pas un 8C facile 😅”

Une dynamique impressionnante en bloc

Ce nouvel enchaînement confirme une tendance claire : Stefano Ghisolfi est en train de franchir un cap en bloc. Longtemps associé à la difficulté, où il fait partie des meilleurs grimpeurs au monde, l’Italien s’impose désormais aussi sur des blocs physiques et exigeants, avec une régularité impressionnante.

En quelques semaines à peine, il a validé plusieurs 8C, enchaîné un premier 8C+ avec “Gioia”, répété “Dreamtime” et désormais “The Story of Two Worlds”.

Difficile de ne pas penser à la prochaine étape logique : “The Story of Three Worlds” 8C+, ouvert par Shawn Raboutou. Ghisolfi avait déjà annoncé son intérêt pour cette ligne, et connaît maintenant une partie du bloc…


Lire aussi

Stefano Ghisolfi s’offre l’un des monuments du bloc mondial !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Sachi Amma réveille le “Sleeping Lion” et signe un retour magistral !

26 Mar

À 37 ans, Sachi Ammasigne la cinquième ascension de “Sleeping Lion” et renoue avec son niveau maximal, sept ans après son dernier 9b, “Stoking the Fire” à Santa Linya, et onze ans après avoir fait ses premiers pas dans cette cotation avec “Fight or Flight” à Oliana.

Une victoire intime, patiemment construite, face au temps, aux conditions… et à lui-même !


Sachi Amma, toujours là !

Sachi Amma. Si ce nom vous est familier c’est parce que ce Japonais de 37 ans est une figure majeure de l’escalade. Il s’est d’abord imposé comme l’un des meilleurs compétiteurs de sa génération, remportant la Coupe du Monde de difficulté en 2012 et 2013 (un doublé que personne n’a réussi à reproduire depuis chez les hommes).

© Planetgrimpe

Après avoir débuté très jeune en compétition, il s’est progressivement tourné vers la falaise à partir de 2015, où il a rapidement confirmé son statut en enchaînant certaines des voies les plus dures du monde. Premier Japonais à atteindre le 9b avec “Fight or Flight”, puis auteur de “Soul Mate”, longtemps considéré comme la voie la plus difficile du pays, il a signé ses meilleures performances en falaise au cours de la dernière décennie.

Et si son nom refait aujourd’hui surface, ce n’est pas un hasard. Après plusieurs années plus discrètes au plus haut niveau, Sachi Amma vient de rappeler à tout le monde qu’il n’avait rien perdu de sa capacité à évoluer au plus haut niveau !

“Sleeping Lion”, un 9b qui se mérite…

Le 15 mars dernier, après plusieurs semaines à scruter la météo catalane, le grimpeur japonais a enfin trouvé la bonne fenêtre. Pluie persistante, résurgences d’eau dans le secteur d’El Pati, rocher détrempé pendant dix jours… tout semblait s’acharner contre lui. Mais ce jour-là, les planètes s’alignent : du soleil, du vent, une falaise qui sèche, et surtout… Une conviction.

Je croyais profondément que c’était le moment !

Sachi Amma

© Coll. Amma

En fin de journée, entouré de certains de ses proches et sous les regards de grimpeurs venus assister à sa tentative, Sachi clippe le relais. Une délivrance. Une explosion d’émotions !

J’ai eu l’impression que toute la vallée, que le monde entier, célébrait avec moi !

Sachi Amma

Plus qu’un simple projet, “Sleeping Lion” aura été pour lui une véritable introspection. “Un immense miroir dans lequel se reflétaient mes émotions les plus profondes : colère, tristesse, solitude… mais aussi joie et excitation”, confie le grimpeur japonais.

Située dans le secteur mythique d’El Pati à Siurana, la voie a été libérée en 2023 par Chris Sharma, qui proposait alors 9b+. Une cotation revue à 9b par Alex Megos lors de la première répétition en 2024. Depuis, quelqu’uns des meilleurs falaisistes du moment s’y sont mesurés, comme Jorge Díaz-Rullo, Stefano Ghisolfi et désormais Sachi Amma, qui signe la cinquième ascension de cette ligne, rapidement devenueun classique moderne.

© Jan Novak

De retour dans le 9b

Avec cette ascension, Sachi Amma ajoute un quatrième 9b à son palmarès et surtout, il renoue avec ce niveau qu’il n’avait plus atteint depuis 2019.

Les plus belles croix de Sachi Amma

  • “Fight or Flight” 9b à Oliana – 2015
  • “Soul Mate” 9b au Japon (première ascension) – 2018
  • “Stoking the Fire” 9b à Santa Linya – 2019
  • “Sleeping Lion” 9b à Oliana – 2026

À 37 ans, le Japonais prouve qu’il est possible de durer au plus haut niveau. Une trajectoire faite de patience, de pauses, de retours… mais toujours avec la même intensité. Un 9b, oui. Mais surtout une histoire de patience, de résilience et d’émotions.

La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Certains contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Stefano Ghisolfi s’offre l’un des monuments du bloc mondial !

24 Mar

Dans une carrière de bloqueur, il y a des lignes qui comptent plus que d’autres. Pas forcément les plus dures, mais celles qui ont façonné l’histoire de la discipline… “Dreamtime” 8C à Cresciano, en Suisse, en fait partie et Stefano Ghisolfi vient d’y ajouter son nom !


Un bloc mythique, premier de son genre

Ouvert en 2000 par Fred Nicole, “Dreamtime” est considéré comme le premier 8C bloc de l’Histoire. À l’époque, cette proposition marque un tournant majeur dans l’évolution du niveau mondial.

Si la cotation a connu quelques débats au fil des années (certains répétiteurs comme Dave Graham, Chris Sharma ou Adam Ondra ayant évoqué un 8B+) un changement clé est venu rebattre les cartes : la casse d’une prise en 2009, qui a durci significativement le passage, ramenant la majorité des grimpeurs à un consensus autour du 8C.

Depuis, les plus grands noms s’y sont confrontés : Paul Robinson, Simon Lorenzi, Giuliano Cameroni, Yannick Flohé… jusqu’à Michaela Kiersch, première femme à réussir la ligne en 2024, suivie notamment par Janja Garnbret.

La transition réussie de Ghisolfi vers le bloc

Longtemps considéré comme l’un des meilleurs grimpeurs de difficulté au monde, Stefano Ghisolfi confirme depuis plusieurs mois une progression fulgurante en bloc. En moins d’un an, l’Italien a empilé les performances : plusieurs 8C en Europe, un premier 8C+ avec “Gioia” en février et désormais, cette répétition hautement symbolique de “Dreamtime”.

© Sara Grippo

Ce succès a aussi une saveur particulière pour Ghisolfi : il avait déjà essayé ce bloc… il y a près de 15 ans, presque par curiosité, sans réel objectif. C’est seulement cette année qu’il décide de revenir avec une approche sérieuse et l’intention de faire la croix. Après quelques sessions d’adaptation il finit par conclure en seulement… quatre séances !

Et comme souvent avec Ghisolfi, l’histoire ne s’arrête pas là. Parmi ses prochains objectifs annoncés, il nous parle déjà de “The Story of Two Worlds” un autre 8C mythique de Dave Graham, voire même “The Story of Three Worlds” 8C+. Il a d’ailleurs déjà validé la section finale (“The Dagger”, 8B), laissant présager une tentative sérieuse dans les prochaines semaines… si les conditions sont au rendez-vous.

Affaire à suivre donc !

La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Certains contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

9c ? 9c+ ? Jorge Díaz-Rullo a tranché concernant “Café Colombia” !

23 Mar

Quelques jours après avoir réalisé la première ascension de “Café Colombia” à Margalef, Jorge Díaz-Rullo a enfin levé le voile sur la cotation de son projet : ce sera 9c !

Mais derrière cette annonce, le grimpeur espagnol a sérieusement envisagé de proposer 9c+, convaincu au fond de lui que la voie est plus dure que 9c…


Une voie hors normes… jusque dans la réflexion sur la cotation

Libérée le 13 mars dernier après près de 240 jours de travail, “Café Colombia” s’impose déjà comme l’une des voies les plus extrêmes jamais réalisées. Située dans le secteur Racó de la Finestra à Margalef, cette ligne d’environ 30 mètres enchaîne une quarantaine de mouvements intenses sur petites prises, demandant un niveau de résistance et de précision exceptionnel.

Mais plus encore que la performance, c’est la réflexion autour de la cotation qui attire aujourd’hui l’attention.

Proposer une cotation pour une première ascension n’est jamais simple surtout pour un projet qui m’a poussé dans mes retranchements pendant des années. Je ressens une grande responsabilité, d’autant plus qu’il s’agit de l’une des voies les plus dures au monde.

Jorge Díaz-Rullo

Lucide, l’Espagnol a pris le temps d’analyser sa performance en profondeur, allant jusqu’à solliciter d’autres avis pour affiner son jugement.

© Adri Martinez

« Une partie de moi pense que c’est plus dur que 9c »

Et c’est là que le doute s’installe. Dans son analyse, Jorge reconnaît que “Café Colombia” l’a poussé dans une dimension encore inexplorée : « Cette voie m’a amené à un niveau d’engagement que je n’avais encore jamais connu, aussi bien physiquement que mentalement. » Surtout, il lâche une phrase forte : « D’après mon ressenti, une partie de moi pense même que cela pourrait être plus dur que 9c. »

Un constat appuyé par une approche presque scientifique. En découpant la voie en sections et en utilisant des outils comme Darth Grader (un simulateur de cotation en ligne), les résultats pointeraient… vers du 9c+.

© Adri Martinez

Pourquoi il n’a finalement pas proposé 9c+ ?

Malgré ces éléments, Díaz-Rullo a fait un choix volontairement mesuré : « Je ne sais pas vraiment ce que représente le 9c+. Je n’ai même pas une idée claire de ce que serait du 9c/+. Donc je ne pense pas qu’il serait raisonnable de proposer une cotation aussi élevée. »

Il tranche donc : « J’ai décidé de proposer 9c. Cela me semble être l’option la plus honnête et la plus logique. »

Une nouvelle référence mondiale… en attente de répétitions

Avec cette proposition, “Café Colombia” devient donc la cinquième voie cotée 9c au monde, rejoignant un cercle ultra fermé composé de :

  • “Silence” par Adam Ondra
  • “DNA” par Sébastien Bouin
  • “B.I.G.” par Jakob Schubert
  • “Duality of Man” par Sean Bailey

© Adri Martinez

Un point commun relie toutes ces voies : aucune n’a encore été répétée ! Autant dire que le débat sur le niveau réel de ces lignes (et désormais de “Café Colombia” ne fait que commencer.

Au-delà des chiffres, Díaz-Rullo insiste sur l’essentiel : « Ce qui me rend vraiment heureux, c’est d’avoir accompli quelque chose comme ça ». Et comme souvent à ce niveau, la vérité viendra des répétitions. Si elles confirment le 9c… ou si elles viennent nourrir l’idée que le grimpeur espagnol était peut-être, déjà, en train d’ouvrir la porte du 9c+…


Lire aussi

EXPLOIT : Jorge Díaz-Rullo libère ce qui pourrait être l’une des voies les plus dures au monde !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

Flash & éthique : Adam Ondra relance un débat qui divise la communauté

20 Mar

Le niveau en bloc n’a jamais été aussi élevé… et pourtant, plus les performances impressionnent, plus les questions éthiques refont surface.

Ces dernières semaines, Adam Ondra a marqué l’Histoire en enchaînant quatre 8C blocs… flash, portant à six le nombre total de réalisations dans ce style au plus haut niveau mondial. Une domination qui force le respect bien sûr, mais qui s’accompagne aujourd’hui d’une réflexion plus large : qu’est-ce qu’un “vrai” flash en bloc ?


Une progression fulgurante du niveau !

Tout s’est accéléré en quelques mois. L’été dernier, Yannick Flohé réalisait le tout premier 8C flash avec “Foundation’s Edge”. Dans la foulée, Jules Marchaland enchaînait “Power of Now Direct”, signant le deuxième 8C flash de l’Histoire.

Puis est arrivé Ondra. Entre février et mars, le Tchèque a empilé les performances : “The Lion’s Share”, “Celestite”, “Emotional Landscapes”… Une série qui semble repousser les limites du possible dans cet exercice si particulier.

Mais derrière ces performances, une question s’impose : jouent-ils tous avec les mêmes règles ?

© Martin Švec

Flash : une définition pas si claire…

Traditionnellement, un flash signifie réussir une ligne au premier essai, avec des informations préalables (méthodes, démonstration, conseils, analyse de vidéo…).

Mais en bloc, une zone grise persiste depuis longtemps : a-t-on le droit de toucher les prises avant de grimper ? Pour Ondra, la réponse n’est pas si simple. Pendant longtemps, lui-même considérait qu’il était acceptable de toucher les prises… à condition de rester au sol.

J’ai toujours pensé qu’il était permis de toucher les prises tant que l’on peut les atteindre, mais sans empiler plusieurs crash pads ni monter sur une échelle pour atteindre les prises les plus hautes. Cependant, cette approche pose certains problèmes : certaines prises sont accessibles si l’on est grand, tandis que les grimpeurs plus petits ne peuvent pas les atteindre.

Adam Ondra

© Martin Švec

Est-il alors acceptable d’utiliser un seul crash pad pour y parvenir ? Et de quelle épaisseur ? De plus, cette logique finirait par limiter les tentatives flashs aux blocs plutôt courts, où l’on peut facilement toucher toutes les prises depuis le sol. Résultat : une inégalité implicite entre grimpeurs… et entre styles.

Échelle, crash pads… où placer la limite ?

En découvrant que certains 8C flash avaient été réalisés en utilisant des crash pads empilés ou une échelle pour atteindre certaines prises, Ondra a décidé d’adopter lui aussi cette approche. Un choix pragmatique, mais qui soulève une nouvelle question : un flash avec un repérage des prises à l’échelle est-il comparable à un flash sans échelle ?

Lui-même nuance :

Sur certains blocs comme “Deep Fake”, “Celestite”, “The Lion’s Share” ou “Emotional Landscapes”, cela ne change pas grand-chose, car la plupart des prises sont facilement accessibles depuis le sol. Mais sur d’autres blocs comme “Bügeleisen” ou “Unison” la différence peut être énorme !

Adam Ondra

© Martin Švec

Un cas qui fait réfléchir : Jules Marchaland

Après qu’Ondra ait publié sa vidéo, Jules Marchaland l’a contacté pour lui dire qu’il avait réalisé son 8C flash (“Power of Now Direct”) sans toucher aucune prise au-delà de celles du départ. Un style beaucoup plus strict… que le Tchèque lui-même reconnaît comme “encore plus impressionnant”.

C’est peut-être là que le débat devient le plus intéressant. Faut-il désormais distinguer un flash “classique” (avec une pré-touche libre des prises), un flash “avec aide” (échelle, pads empilés) et un flash “pur” (aucune prise touchée au-dessus du départ) ? Autrement dit : le mot “flash” suffit-il encore à décrire une même performance ?

© Coll. Marchaland

Le regard de Jules Marchaland : entre logique… et recherche de “pureté”

Pour enrichir le débat, nous avons demandé son avis à Jules Marchaland. Et sa réponse illustre parfaitement la complexité du sujet. Le grimpeur français met d’abord en avant une certaine logique d’équité :

La logique voudrait qu’on puisse toucher toutes les prises accessibles depuis le sol… mais du coup, les grimpeurs plus grands sont avantagés, surtout dans les blocs bas ou en grotte où ils peuvent quasiment tout atteindre. Alors, ça pourrait avoir du sens d’utiliser une échelle pour que chacun puisse toucher toutes les prises.

Jules Marchaland

Mais dans les faits, Jules reste attaché à une vision plus instinctive et “pure” du flash :

Monter à une échelle, ce n’est pas quelque chose que j’ai envie d’utiliser dans ma pratique. Je trouve ça un peu dommage et moins “pur”.

Jules Marchaland

© Coll. Marchaland

Pour lui, tous les blocs ne jouent simplement pas dans la même catégorie : les blocs bas ou dans des grottes sont juste des flashs plus abordables que les blocs hauts. Et surtout, il rappelle un élément fondamental, presque évident :

En tant que grimpeur, on ne peut pas s’interdire de toucher les prises accessibles… on adore toucher le caillou ! Ce serait absurde de ne pas le faire.

Jules Marchaland

Entre logique d’équité, plaisir du geste et recherche d’éthique, Jules résume finalement bien l’état actuel du débat : un sujet encore flou… mais peut-être à un tournant, où la communauté devra, tôt ou tard, poser des règles plus claires.

Un débat ouvert… et nécessaire

Le bloc a toujours été une discipline où l’éthique évolue avec la pratique. Ce débat n’est donc pas une remise en cause des performances, mais plutôt une tentative de mieux les comprendre et les comparer.

© Crimp Films

Aujourd’hui, une chose est sûre : le niveau augmente, les performances s’enchaînent et les frontières du style deviennent de plus en plus floues.

Alors, Adam Ondra vous pose la question : pour vous, un flash doit-il être totalement “pur”… ou peut-il inclure une part de préparation ? Qu’en pensez-vous ?


Lire aussi

Jusqu’où ira Ondra ? Un quatrième 8C bloc flash en Autriche !

Voir l'article 1 Reply

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

EXPLOIT : Jorge Díaz-Rullo libère ce qui pourrait être l’une des voies les plus dures au monde !

19 Mar

Après 240 jours de travail au cours des cinq dernières années, Jorge Díaz-Rullo vient de réaliser le rêve de sa vie : clipper le relais de son projet de longue date, “Café Colombia”… et potentiellement d’ouvrir une nouvelle page dans le très haut niveau mondial !

La cotation de la voie n’est pas encore connue, mais elle pourrait facilement atteindre le 9c (ou plus…), ce qui en ferait la voie la plus dure d’Espagne et l’une des plus difficiles au monde.


 “Café Colombia” : une ligne monstrueuse !

Située dans le secteur mythique du Racó de la Finestra, “Café Colombia” ne ressemble à rien de facile… ni même de “sensé”.
Une trentaine de mètres dans un dévers d’environ 45°, une quarantaine de mouvements intenses, des prises minuscules typiques de Margalef (trous, bidoigts, réglettes) et surtout… aucun véritable repos.

On parle ici d’une voie résistante à souhait, où la capacité à lutter contre l’acide lactique compte autant que la force. Après avoir survécu à des sections estimées autour de 9b / 9b+, il reste encore un dernier pas de bloc autour du 8B, à réaliser avec les avant-bras saturés !

© Adri Martínez

240 jours de lutte : l’obsession d’une vie

Derrière cette ascension, il y a une histoire. Longue, intense parfois même douloureuse. Jorge découvre le projet à l’automne 2021. Très vite, la ligne devient une idée fixe. Une obsession presque totale. Pendant des années, il revient, encore et encore, accumulant les essais… 240 jours de travail au total !

Plutôt que de s’attaquer directement à l’enchaînement, il commence par découper la voie, travaillant chaque section séparément. De ces explorations naîtront plusieurs variantes majeures comme “Café Solo” 9b ou encore “The Journey in Colombia”, autant d’étapes nécessaires pour apprivoiser ce monstre. Ainsi, petit à petit, Jorge progresse. Il débloque des sections. Il chute… souvent. Très souvent. Notamment dans le haut de la voie, où il enchaîne plus d’une vingtaine de chutes proches du but. Là où tout se joue. Là où tout s’effondre à chaque fois. Et pourtant, il revient, toujours.

C’étaient les quatre plus belles minutes d’escalade de ma vie. Je ne me suis jamais senti aussi fort.

Jorge Díaz-Rullo

© Javi Pec

Le plus dur, confiera-t-il plus tard, n’était pas tant physique que mental : gérer la frustration, accepter les reculs, continuer à croire malgré les échecs répétés… Parce qu’à ce niveau, il ne s’agit plus seulement de grimper. Il s’agit de croire. Le jour J, rien ne semblait vraiment différent. Pas de sensation particulière. Pas de signe évident… Et pourtant !

Ce vendredi 13 mars, les conditions sont enfin réunies à Margalef. Après plusieurs jours de pluie, la roche commence à sécher, un léger vent traverse la falaise, l’adhérence devient parfaite. Dans la grotte de la Finestra, une poignée de grimpeurs retiennent leur souffle.

Je n’arrive toujours pas à croire que c’est réel. Pendant des années, tout a tourné autour de ce projet. Il y a eu des moments très difficiles, mais je n’ai jamais cessé de croire que c’était possible. J’ai repoussé mes limites dans tous les sens. Je suis devenu obsédé par chaque détail. J’ai travaillé plus dur que jamais pour atteindre un niveau qui me paraissait autrefois impossible.

Après 240 jours, tout s’est aligné et mon rêve est devenu réalité. Un combat dont je me souviendrai toute ma vie. Merci à tous ceux qui ont parcouru ce chemin avec moi !

Jorge Díaz-Rullo

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Jorge Díaz-Rullo (@jorge.diazrullo)

9c ? 9c+ ? Une question qui va faire trembler le monde de l’escalade

Pour l’instant, Jorge Díaz-Rullo n’a proposé aucune cotation. Mais une chose est sûre : “Café Colombia” est, selon ses propres mots, la voie la plus dure qu’il ait jamais essayée.

Et quand on connaît son niveau (plusieurs 9b et 9b+ à son actif, dont “Bibliographie”, “Change”, “Sleeping Lion”, “Move” ou encore “Mejorando la Samfaina” cela donne une idée du monstre. Très vite, une question s’impose : sommes-nous face à un nouveau 9c ? Si c’est le cas, la voie rejoindrait un cercle extrêmement restreint, aux côtés de lignes comme” Silence”, “DNA”, “B.I.G.” ou encore “Duality of Man”, toutes encore en attente de répétition.

15 voies au-dessus du 9a+

Ils sont encore peu nombreux, dans le monde, à avoir franchi la barrière du 9a+, et plus rares encore sont ceux capables de se maintenir durablement à ce niveau. Le premier 9b de Jorge Díaz-Rullo remonte à mai 2019 avec “La Planta de Shiva”, à Villanueva del Rosario, alors qu’il n’avait que 20 ans. Depuis, le grimpeur madrilène a ajouté 14 autres voies comprises entre le 9a+/b et le 9b+ !

  • “La Planta de Shiva” — 9b, Villanueva del Rosario, mai 2019
  • “Las Meninas R2” — 9a+/b, Rodellar, juin 2020
  • “El Bon Combat” — 9b, Sant Martí de Centelles, septembre 2020
  • “First Round First Minute” — 9b, Margalef, mars 2021
  • “Mejorando Imagen” — 9a+/b, Margalef, mai 2021
  • “Café Solo” — 9b (FA), Margalef, novembre 2021
  • “The Journey In Colombia” — 9a+/b, Margalef, novembre 2022
  • “Mejorando La Samfaina” — 9b+ (FA), Margalef, février 2023
  • “The Full Journey” — 9b, Margalef, mars 2023
  • “Bibliographie” — 9b+, Céüse, octobre 2023
  • “Sleeping Lion” — 9b, Siurana, février 2024
  • “Change” — 9b+, Flatanger, août 2024
  • “Move” — 9b/+, Flatanger, septembre 2024
  • “Stoking The Fire” — 9b, Santa Linya, décembre 2024
  • “Café Colombia” — 9? (première ascension), Margalef, mars 2026

Mais au-delà du chiffre, c’est presque secondaire. Car comme le rappelle Jorge, “Café Colombia” n’est pas seulement une performance. C’est tout un processus, une transformation.

En libérant cette ligne, l’Espagnol ne s’est pas contenté d’ajouter une nouvelle croix à son palmarès ; il nous livre une véritable leçon de persévérance et nous rappelle une chose essentielle : les plus grandes réussites prennent du temps. Beaucoup de temps. Et parfois… 240 jours pour un seul instant parfait !

© Ian Dzilenski


Lire aussi

Rencontre avec Jorge Diaz-Rullo : l’avenir de l’escalade en falaise

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Qui portera le maillot bleu cette saison ? Voici la composition de l’équipe de France 2026 !

18 Mar

Après le Championnat de France de bloc 2026 et le sélectif organisé à Karma, la FFME a dévoilé la composition officielle de l’équipe de France de bloc pour le début de saison internationale 2026.

Réunis en début de semaine dernière, les entraîneurs nationaux et les instances fédérales ont arrêté les noms des grimpeuses et grimpeurs qui porteront le maillot bleu sur les premières échéances européennes et mondiales du printemps.

Entre les têtes d’affiche déjà bien installées, les jeunes qui frappent de plus en plus fort à la porte du très haut niveau, et les remplaçants prêts à saisir la moindre ouverture, la France s’avance avec un collectif dense et particulièrement intéressant à observer chez les femmes comme chez les hommes.

Une sélection construite sur plusieurs critères

Plusieurs modes de qualification étaient possible selon les compétitions. Pour les Coupes du Monde, on retrouve un mélange entre grimpeurs et grimpeuses présélectionnés suite à leur performance de la saison dernière, puis des places attribuées selon le classement “sélection équipe de France de bloc senior 2026”, combinant les deux épreuves (Championnat de France + sélectif à Karma).

Pour les Coupes d’Europe, la logique laisse davantage de place aux résultats du sélectif, avec une attention particulière portée aux catégories U19 et U21.


Coupe d’Europe de Kaunas
25-26 avril 2026 – Lituanie

Femmes Hommes
Lily Abriat Max Bertone
Louise Puech-Yazid Camille Claude
Luna Alverhne Owen Marquez-Cellier
Selma Elhadj Mimoune Antoine Girard
Lucile Saurel Arthur Lebris

 

Remplaçantes : Léa Griot, Lou Auclair, Anouk Buffet, Fanny Gibert
Remplaçants : Kito Martini, Valère Calmeil, Sam Avezou, Adrien Lemaire, Tolani Etchar, Manu Cornu

Coupe du Monde de Keqiao
1er-3 mai 2026 – Chine

Femmes Hommes
Oriane Bertone Mejdi Schalck
Nailé Meignan Samuel Richard
Zélia Avezou Paul Jenft
Agathe Calliet Max Bertone
Lily Abriat Antoine Girard
Selma Elhadj Mimoune

 

Remplaçante : Lucile Saurel

Coupe d’Europe de Liptovský Mikuláš
16-17 mai 2026 – Slovaquie

Femmes Hommes
Lily Abriat Max Bertone
Selma Elhadj Mimoune Antoine Girard
Lucile Saurel Arthur Lebris
Louise Puech-Yazid Camille Claude
Luna Alverhne Owen Marquez-Cellier

 

Remplaçantes : Léa Griot, Luna Alverhne, Lou Auclair, Anouk Buffet, Fanny Gibert
Remplaçants : Kito Martini, Valère Calmeil, Sam Avezou, Adrien Lemaire, Tolani Etchar, Manu Cornu

Coupe du Monde de Berne
22-24 mai 2026 – Suisse

Femmes Hommes
Oriane Bertone Mejdi Schalck
Nailé Meignan Samuel Richard
Zélia Avezou Paul Jenft
Agathe Calliet Max Bertone
Lily Abriat Antoine Girard
Selma Elhadj Mimoune Arthur Lebris

 

Remplaçantes : Lucile Saurel, Louise Puech-Yazid
Remplaçants : Camille Claude, Sam Avezou

Coupe du Monde de Madrid
29-31 mai 2026

Femmes Hommes
Oriane Bertone Mejdi Schalck
Nailé Meignan Samuel Richard
Zélia Avezou Paul Jenft
Agathe Calliet Max Bertone
Lily Abriat Antoine Girard
Selma Elhadj Mimoune Arthur Lebris

 

Remplaçantes : Lucile Saurel, Louise Puech-Yazid
Remplaçants : Camille Claude, Sam Avezou

Ce que raconte cette sélection

La première lecture, c’est évidemment celle de la densité. Chez les femmes, la France peut s’appuyer sur des leaders déjà bien identifiées, avec Oriane Bertone en figure de proue, mais aussi sur une relève de plus en plus solide.

Zélia Avezou, Nailé Meignan, Agathe Calliet, Lily Abriat ou encore Selma Elhadj Mimoune composent un groupe très intéressant, avec des profils différents mais une vraie capacité à performer sur le circuit international.

© IFSC

Chez les hommes, la sélection montre un équilibre similaire entre références installées et nouveaux visages. Mejdi Schalck sera naturellement très attendu, mais derrière lui, la présence de Samuel Richard, Paul Jenft, Max Bertone, Antoine Girard ou Arthur Lebris illustre bien la concurrence actuelle dans le bloc français.

Et sur les Coupes d’Europe, la densité est encore plus flagrante, avec une liste élargie qui fait ressortir tout le réservoir tricolore.

Cela fait déjà trois ans depuis ma première expérience en Coupe du Monde… Je ne saurais pas dire si ça me semble être hier ou si, au contraire, cela paraît déjà très loin. Beaucoup de choses se sont passées durant ces trois années. Je ne suis plus la même personne ni la même athlète aujourd’hui. Aujourd’hui, je suis vraiment excitée à l’idée de me battre et de m’entraîner dur ! Que la magie continue 🤩

« L’eau qui coule est toute plate, elle te mènera au bonheur » — à méditer 🧘‍♀️

Arthur Lebris

Autre enseignement fort : la passerelle entre catégories jeunes et senior fonctionne pleinement. Les critères retenus pour Kaunas et Liptovský Mikuláš donnent une vraie place aux U19/U21, et cela se ressent immédiatement dans la composition des équipes. Ce choix va dans le sens d’une filière de performance cohérente, où les jeunes les plus performants ne restent pas cantonnés à leur circuit mais peuvent rapidement se confronter au très haut niveau senior.


Lire aussi

« J’y suis allé sans pression, en outsider » : Max Bertone revient sur sa victoire au sélectif équipe de France

 

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

“Bombé Bleu” : Voici la cotation que propose Erwan Legrand

17 Mar

Un peu plus d’un mois après avoir signé la première ascension du légendaire « Bombé Bleu » à Buoux, Erwan Legrand vient enfin de se prononcer sur la cotation de cette ligne mythique. Le jeune grimpeur français propose 9b pour cette voie équipée en 1991 par Marc Le Ménestrel et restée invaincue pendant près de 35 ans.

Une annonce attendue avec impatience dans le monde de l’escalade, tant les spéculations autour de la difficulté de cette ligne avaient fleuri depuis la réussite du grimpeur de 17 ans.


Une cotation longtemps incertaine…

Lorsqu’il avait annoncé son enchaînement le 11 février dernier, Erwan Legrand n’avait pas souhaité se prononcer immédiatement sur la difficulté de la voie. Depuis, la question restait en suspens : 9a+ ? 9b ? voire davantage ?

Dans une publication publiée sur ses réseaux sociaux, le jeune grimpeur français explique avoir pris le temps d’analyser son expérience sur la voie avant de se décider. « Je savais que je devrais répondre tôt ou tard à cette dernière grande question, et je pense que le moment est finalement venu. »

Au départ pourtant, ses premières impressions l’orientaient vers une cotation légèrement inférieure. « Après ma neuvième séance dans la voie, où j’avais réussi le crux deux fois et frôlé l’enchaînement, j’étais convaincu que la voie ne serait “que” un bon 9a+. »

Mais en avançant dans le projet, Erwan a progressivement revu son jugement.

© Fred Ripert

Un enchaînement bien plus exigeant que prévu

La difficulté du “Bombé Bleu” ne réside pas seulement dans son célèbre crux (un jeté spectaculaire depuis un mono vers un bi-doigt minuscule) mais aussi dans l’enchaînement global de la ligne, comme le précise Erwan : « Je n’avais pas réalisé à quel point le crux rendait la section suivante plus difficile dans l’enchaînement. Et je n’avais pas non plus mesuré à quel point les quelques mouvements avant le crux ajoutaient à la difficulté. »

Avec des chaussons, ce serait encore plus difficile pour moi. C’est pourquoi je propose 9b pour cette voie légendaire !

Erwan Legrand

Cette prise de conscience s’est notamment faite au fil de plusieurs chutes très tardives dans la voie. « Au final, je suis tombé quatre fois dans la section finale en 8c+ en partant du sol. La première fois à la mi-décembre, et la dernière… le jour de la réussite ! »

« Beaucoup plus proche du 9b que du 9a+ »

En comparant l’effort fourni dans le “Bombé Bleu” avec d’autres voies du neuvième degré qu’il a essayées récemment, Erwan Legrand estime aujourd’hui que la difficulté se situe clairement dans la fourchette supérieure. « En prenant tout ça en compte, et en comparant avec les autres voies du neuvième degré que j’ai essayées plus ou moins récemment, je suis presque sûr que le “Bombé Bleu” est beaucoup plus proche du 9b que du 9a+. »

Un détail intéressant : le grimpeur précise que sa méthode particulière (grimper pieds nus) pourrait même rendre la voie légèrement plus accessible pour lui. « Avec des chaussons, ce serait encore plus difficile pour moi. C’est pourquoi je propose 9b pour cette voie légendaire. »

Comme toujours en escalade, la cotation devra maintenant être confirmée par les répétitions. « On verra maintenant ce que les prochains grimpeurs en penseront. »

© Fred Ripert

Une ligne mythique enfin libérée !

Situé sur la falaise de Buoux, dans le Luberon, le “Bombé Bleu” est l’un des projets les plus célèbres de l’Histoire de l’escalade sportive. Équipée par Marc Le Ménestrel en 1991, la voie avait rapidement acquis une réputation presque mythique.

Au fil des décennies, certains des meilleurs grimpeurs du monde sont venus tenter leur chance dans cette ligne futuriste : Ben Moon, Chris Sharma, Fred Rouhling, Charles Albert, Alex Megos ou encore Nicolas Pelorson… sans parvenir à résoudre le fameux mouvement clé.

Avec son ascension réalisée pieds nus, Erwan Legrand a non seulement ouvert l’un des projets les plus emblématiques au monde, mais aussi proposé une cotation qui place potentiellement la voie parmi les plus exigeantes de France. Reste désormais à voir qui sera le prochain à s’y mesurer… et si cette proposition de 9b résistera à l’épreuve des répétitions.


Lire aussi

À Buoux, Erwan Legrand réussit l’enchaînement du légendaire « Bombé Bleu »

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

Jusqu’où ira Ondra ? Un quatrième 8C bloc flash en Autriche !

16 Mar

À ce stade, on ne parle plus simplement d’une performance exceptionnelle… C’est une série qui redéfinit complètement les limites du possible en bloc ! Quelques semaines seulement après avoir signé deux 8C flash coup sur coup en Suisse (“The Lion’s Share” et “Celestite”), Adam Ondra vient d’ajouter un quatrième 8C flash à son palmarès en enchaînant “Emotional Landscapes” dans la vallée de Maltatal, en Autriche.

Un exploit qui confirme une chose : le Tchèque évolue désormais dans une dimension à part lorsqu’il s’agit de grimper les blocs les plus durs… du premier coup.


Une discipline qui semblait inaccessible il y a encore peu

Pendant longtemps, flasher un 8C paraissait tout simplement irréaliste. La cotation elle-même a représenté pendant des années l’élite absolue du bloc : un niveau que seuls quelques grimpeurs au monde étaient capables d’atteindre, et souvent après de longues sessions de travail.

© Martin Švec

Il faut attendre juillet 2025 pour voir apparaître le premier flash d’un bloc à cette difficulté, lorsque l’Allemand Yannick Flohé réussit “Foundation’s Edge” 8C à Fionnay. Quelques jours plus tard, le Français Jules Marchaland réalise le deuxième 8C flash de l’Histoire avec “Power of Now Direct” à Magic Wood.

Puis arrive Adam Ondra. En novembre dernier, le Tchèque signe son premier 8C flash avec “Foundation’s Edge”, devenant alors seulement le troisième grimpeur au monde à réaliser une telle performance. Mais il ne compte pas s’arrêter là…

Un hiver complètement fou !

Au cours de l’hiver 2026, Ondra décide de se fixer un objectif très clair : repousser les limites du flash dans les blocs les plus difficiles du monde. « Pendant l’hiver, je voulais continuer dans cette direction. Je m’étais donné pour objectif de grimper les blocs les plus durs possible… du premier coup », explique-t-il.

Et les résultats dépassent toutes les attentes. En Suisse, il flashe successivement “The Lion’s Share” 8C puis “Celestite” 8C lors d’un trip devenu déjà historique. Et voilà que quelques jours plus tard, il ajoute une nouvelle ligne mythique à la liste : “Emotional Landscapes” 8C, dans le Maltatal autrichien.

© Martin Švec

“Emotional Landscapes” n’est pas un bloc comme les autres. Ouvert en 2002 par la légende autrichienne Klem Loskot, il fait partie des premiers blocs cotés 8C de l’Histoire et reste aujourd’hui une ligne extrêmement respectée. Le bloc est réputé pour les qualités technique qu’il requiert et ses petites réglettes à serrer.

Je crois que je n’ai jamais serré aussi fort une prise de ma vie !

Adam Ondra

Un terrain qui n’était pas forcément celui dans lequel Ondra se sentait le plus à l’aise. « Les blocs de ce style n’ont jamais été ma spécialité. Mais cet hiver, en m’entraînant beaucoup sur les spraywalls à Arco, j’ai commencé à sentir que certains mouvements correspondaient finalement assez bien à mon style. »

Initialement, Ondra était venu dans le secteur pour tenter “Bügeleisen”, un autre 8C iconique du coin. Mais après avoir chuté à seulement trois mouvements du sommet lors de son essai flash, il préfère changer d’objectif. Direction “Emotional Landscapes”.

© Zan Lovenjak Sudar

« Le flash dont je suis le plus fier »

Avant de se lancer, Ondra passe de longues minutes à analyser les méthodes et les vidéos. Il échange même en visio avec Jakob Schubert, qui lui explique les différentes séquences possibles.

Puis il se lance. « Tout se déroulait parfaitement. Peut-être même trop parfaitement », raconte-t-il. Le premier mouvement passe de justesse. Le deuxième aussi. Dans la suite du bloc, Ondra se bat avec toute la détermination qu’on lui connaît. « Je crois que je n’ai jamais serré aussi fort une prise de ma vie », confie-t-il.

Quelques mouvements plus tard, il attrape la dernière prise… et se rétablie au sommet du bloc. Flash !

« C’est probablement le flash dont je suis le plus fier », a-t-il déclaré. « C’est complètement surréaliste de flasher ce classique de Klem Loskot. »

Les trois seuls grimpeurs au monde à avoir réussi à flasher du 8C

Yannick Flohé
“Foundation’s Edge” (Fionnay, Suisse) – Juillet 2025

Jules Marchaland
“Power of Now Direct” (Magic Wood, Suisse) – Août 2025

Adam Ondra
“Foundation’s Edge” (Fionnay, Suisse) – Novembre 2025

“The Lion’s Share” (Brione, Suisse) – Février 2026

“Celestite” (Val Bavona, Suisse) – Février 2026

“Emotional Landscapes” (Maltatal, Autriche) – Mars 2026

Quatre 8C flash… et une avance énorme !

Avec “Foundation’s Edge”, “The Lion’s Share”, “Celestite” et désormais “Emotional Landscapes”, Adam Ondra devient le premier grimpeur de l’Histoire à totaliser quatre 8C flash.

Un chiffre qui donne le vertige. Il n’y a encore pas si longtemps, aucun 8C n’avait jamais été flashé. Aujourd’hui, un seul grimpeur en compte déjà quatre. Une domination qui souligne à quel point Ondra reste l’un des grimpeurs les plus complets et les plus talentueux de l’Histoire.

© Martin Švec

Retour aux compétitions ?

Après cet hiver entièrement consacré au bloc, Ondra va maintenant tourner son attention vers la corde.

Le Tchèque prépare déjà la Coupe du Monde de difficulté de Prague, prévue début juin. « Maintenant je vais me concentrer davantage sur la diff. Je dois refaire de la rési pour les compétitions. »

© Martin Švec


Lire aussi

Du jamais vu : Adam Ondra signe un troisième 8C flash !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

À 20 ans, cette jeune Espagnole signe déjà sa cinquième voie dans le neuvième degré !

15 Mar

À seulement 20 ans, la Basque Ainhize Belar continue de se faire une place parmi les grimpeuses capables d’évoluer au plus haut niveau en falaise. Elle vient d’enchaîner sa cinquième voie dans le neuvième degré : “Estado Crítico”, l’un des 9a les plus iconiques de Siurana.

Une voie chargée d’histoire, que l’Espagnole a réussi… dès le premier jour de son séjour !


Une voie retrouvée… et vite expédiée

Ainhize Belar connaissait déjà la ligne. Elle l’avait travaillée l’automne dernier lors d’un passage à Siurana, chutant à plusieurs reprises dans la dalle finale. Cette fois, les choses se sont déroulées beaucoup plus rapidement. La grimpeuse de 20 ans n’a eu besoin que de deux essais : un premier pour se remettre les mouvements en tête… et un second pour réaliser l’enchaînement !

« Après avoir essayé la voie l’automne dernier et être tombée plusieurs fois dans la dernière section, aujourd’hui était le jour ! Un essai pour me rappeler les mouvements, et un deuxième pour l’enchaîner. » Un scénario presque trop simple pour une voie de ce calibre, mais qui illustre aussi la progression constante de la jeune Espagnole. « On dirait que l’entraînement de ces derniers mois commence à fonctionner petit à petit », ajoute-t-elle avec un sourire en coin.

© Javi Pec

Ce qui rend cette performance encore plus prometteuse, c’est qu’elle intervient… au tout début du voyage. « Il me reste encore beaucoup de temps ici, alors c’est parti ! », écrivait-elle avec enthousiasme après l’enchaînement.

Un 9a chargé d’histoire

Située dans le secteur El Pati, “Estado Crítico” fait partie des voies emblématiques de Siurana, voisinant avec l’incontournable “La Rambla” 9a+. La ligne a été équipée par Dani Andrada avant d’être libérée en 2004 par Ramón Julián Puigblanque, l’une des figures majeures de l’escalade espagnole.

Au fil des années, la voie est devenue un passage presque obligé pour les grimpeurs de haut niveau. Adam Ondra, Patxi Usobiaga, Magnus Midtbø, Alex Megos, Sonnie Trotter, Will Bosi, Leo Bøe, Laura Rogora, et bien d’autres ont clippé le relais de cette voie. Mais c’est surtout en mars 2013 qu’elle est entrée définitivement dans l’Histoire : Alex Megos y a signé le premier 9a à vue au monde… Depuis, la voie n’a jamais été réussie à vue ni flash. Laura Rogora s’en est approchée, l’enchaînant au deuxième essai. Quant à Adam Ondra, qui n’avait que 14 ans à l’époque, il lui aura fallu trois essais pour venir à bout de la ligne.

Côté féminin, les répétitions restent rares… Avant Belar, seules Alizée Dufraisse en 2017 et Laura Rogora en 2024 avaient réussi cette ligne.

© Javi Pec

Et de cinq pour Ainhize Belar !

À seulement 20 ans, Ainhize Belar s’est déjà imposée comme l’une des figures majeures de la nouvelle génération espagnole.

Elle avait franchi pour la première fois la barre du neuvième degré en 2023 avec “Begi Puntuan” 9a à Etxauri. L’année suivante, elle marquait encore plus les esprits en enchaînant “Iñi Ameriketan” 9a+ dans la grotte de Baltzola (devenant alors la première Espagnole à atteindre ce niveau de difficulté. Depuis, les lignes dures se sont accumulées dans son carnet, notamment “Celedón” 9a et “Harroputza” 9a à La Leze.

L’enchaînement d’ “Estado Crítico” représente ainsi sa cinquième voie dans le neuvième degré, mais aussi une petite première personnelle : c’est la toute première qu’elle réalise loin de ses falaises basques.

Si l’on en croit ce début de séjour express à Siurana, il ne serait pas étonnant que le carnet de croix d’Ainhize Belar continue de s’étoffer dans les jours à venir…


Lire aussi

Alberto Ginés López enchaîne “El Bon Combat” et signe la voie la plus dure de sa carrière !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Japon : quand le championnat national ressemble à… une Coupe du Monde !

14 Mar

Quand on parle d’escalade au Japon, on pense immédiatement à un vivier impressionnant de talents. Depuis plusieurs années, les grimpeurs japonais dominent les compétitions internationales, que ce soit en bloc ou en difficulté. Résultat : chaque championnat national prend une dimension toute particulière. Au point que beaucoup considèrent ces compétitions… comme une véritable Coupe du Monde avant l’heure !

Le week-end dernier, la Japan Cup de difficulté est venue conclure la saison nationale japonaise, après les compétitions de bloc et de vitesse organisées plus tôt dans l’année. Et une fois encore, le niveau était tout simplement… stratosphérique.


Ai Mori intouchable, un neuvième (!!!) titre national

Chez les femmes, Ai Mori continue d’impressionner. La jeune prodige japonaise s’est imposée une nouvelle fois pour décrocher son septième titre consécutif en difficulté, et surtout le neuvième titre national de sa carrière !

Une domination impressionnante qui confirme la régularité exceptionnelle de cette jeune grimpeuse de 22 ans sur la scène nationale. Depuis 2016, une seule Japonaise est parvenue à lui ravir la couronne : Akiyo Noguchi en 2018. Toutes les autres éditions ont été remportées par Mori…

Sur le podium, la concurrence était pourtant loin d’être anodine. Miho Nonaka, médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Tokyo, prend la deuxième place, tandis que Hana Koike créer la surprise et complète le podium.

© Japan Mountaineering & Sport Climbing Association

Un duel au sommet entre Sorato Anraku et Neo Suzuki !

Chez les hommes, la bataille a été bien plus serrée. La finale a notamment offert un duel très attendu entre Neo Suzuki et Sorato Anraku, l’actuel champion du monde de bloc et l’un des phénomènes de la nouvelle génération japonaise.

Finalement, c’est Néo Suzuki qui s’offre le titre national, devançant Shion Omata, deuxième, tandis que Sorato Anraku doit se contenter de la troisième place après une zipette en finale qui le prive du titre qu’il convoitait.

© Shinta Ozawa

Bloc et vitesse : les autres champions déjà sacrés

La saison nationale japonaise avait débuté plus tôt dans l’année avec les Japan Cup de bloc et de vitesse. En bloc, les frères Narasaki ont encore frappé. Meichi Narasaki s’impose devant son frère Tomoa Narasaki, tandis que Sorato Anraku décroche le bronze.

Chez les femmes, Futaba Ito remporte la compétition devant Miho Nonaka, une nouvelle fois sur le podium, et Melody Sekikawa, troisième.

© Japan Mountaineering & Sport Climbing Association

En vitesse, les titres nationaux reviennent à Ryo Omasa chez les hommes et Karin Hayashi chez les femmes.

Un enjeu majeur pour la saison internationale

Au Japon, ces championnats nationaux ne sont pas qu’une simple compétition domestique. Les résultats déterminent directement la sélection de l’équipe nationale pour les premières Coupes du Monde de la saison. Les grimpeurs déjà présents dans le top 10 mondial peuvent être sélectionnés d’office, mais les places restantes sont attribuées selon le classement de la Japan Cup.

Une pression supplémentaire qui explique l’intensité de la compétition. Et quand on connaît la profondeur du vivier japonais, une chose est sûre : remporter un titre national au Japon vaut presque une victoire en Coupe du Monde !

Le replay des finales de l’épreuve de difficulté


Lire aussi

Sélectif équipe de France de bloc 2026 : Zélia Avezou et Max Bertone s’imposent !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Sélectif équipe de France de bloc 2026 : les jeunes ont aussi frappé fort à Karma !

13 Mar

Le même week-end que le sélectif seniors, la salle Karma de Fontainebleau accueillait aussi le sélectif équipe de France jeunes de bloc. Un rendez-vous important pour les grimpeurs et grimpeuses des catégories U17 et U19, venus marquer des points précieux dans la course à la sélection.

Et à la fin de la compétition, une tendance se dégage assez nettement : dans plusieurs catégories, certains jeunes n’ont laissé que très peu de place au suspense… Entre doublés impeccables, remontées spectaculaires et grosses confirmations, ce sélectif a livré une photographie déjà très parlante de la relève française.


U17 filles : Iloé Cherif Michel au-dessus du lot

Chez les U17 filles, Iloé Cherif Michel a signé le week-end parfait. La Réunionnaise remporte le sélectif avec le score maximal de 2000 points, grâce à une victoire dans les deux tours. Une performance qui confirme sa bonne forme du moment après avoir remporté le titre de Championne de France il y a quelques jours. Derrière elle, Amie Lerondel prend une belle 2e place avec 1495 points. Deuxième du premier tour puis troisième du second, elle a su faire parler sa régularité pour sécuriser la place de dauphine. Le podium est complété par Julie Sailley, 3e avec 1235 points. Troisième du tour 1 puis cinquième du tour 2, elle signe elle aussi une compétition solide d’un bout à l’autre.

Soulignons également la performance de Lisa Guidoni, juste derrière le podium. Seulement 9e au premier tour, la grimpeuse l’Annécienne s’est complètement relancée en prenant la 2e place du second tour. Résultat : elle remonte jusqu’à la 4e place finale avec 1185 points, à seulement 50 points du podium. Une très belle remontée !

Les résultats complets – U17 filles :

U17 garçons : Willem Douady déroule, la bataille fait rage derrière

Chez les U17 garçons, Willem Douady a lui aussi survolé les débats. Comme Iloé chez les filles, il remporte les deux tours de ce sélectif et totalise 2000 points, soit le maximum possible.

Derrière, en revanche, la lutte a été bien plus serrée. Oscar Venet prend la 2e place avec 1415 points grâce à une très belle montée en puissance : 4e du premier tour, puis 2e du second. La 3e place revient à Anatole Sorba Françoise avec 1325 points. Deuxième du premier tour, puis quatrième du second, il reste dans le match tout le week-end et monte sur le podium grâce à sa constance.

Les résultats complets – U17 garçons :

U19 filles : Luna Alvernhe en patronne

Chez les U19 filles, Luna Alvernhe n’a laissé aucune chance à ses concurrentes. La Toulousaine remporte elle aussi les deux tours de la compétition et boucle son week-end avec un parfait 2000 points.

La 2e place revient à Imane Ridouani avec 1350 points. Deuxième du premier tour, cinquième du second, elle s’appuie sur une bonne avance initiale pour conserver sa place sur le podium, malgré un second tour un peu moins abouti. Derrière elle, Jeanne Nore réalise l’une des plus belles remontées du week-end. Seulement 6e au premier tour, la grimpeuse de Valence prend la 2e place du second tour et arrache finalement la 3e place finale avec 1300 points, à seulement 50 points d’Imane Ridouani.

Les résultats complets – U19 filles :

U19 garçons : les Grenoblois frappe fort avec un doublé

Chez les U19 garçons, la victoire revient à Camille Claude avec 1805 points. Vainqueur du premier tour, puis 2e du second, le grimpeur de Grenoble s’impose avec quelques points d’avance.

Mais il n’a pas été seul à briller puisque Maël Reynaud, lui aussi licencié au Drac Vercors, prend la 2e place avec 1690 points. Troisième du premier tour, puis vainqueur du second, il termine finalement assez près de son coéquipier. Résultat : le club grenoblois signe un superbe doublé dans cette catégorie. La 3e place revient à Tom Daufresne avec 1260 points. Deuxième du premier tour, il perd un peu de terrain au second avec une 7e place, mais conserve malgré tout suffisamment d’avance pour rester sur le podium.

Les résultats complets – U19 garçons :


Lire aussi

« J’y suis allé sans pression, en outsider » : Max Bertone revient sur sa victoire au sélectif équipe de France

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Alberto Ginés López enchaîne “El Bon Combat” et signe la voie la plus dure de sa carrière !

12 Mar

Le premier champion olympique de l’Histoire de l’escalade vient d’annoncer l’enchaînement de la voie la plus dure de sa carrière : “El Bon Combat” à la Cova de l’Ocell, près de Barcelone. Une ligne mythique libérée par Chris Sharma en 2015, cotée initialement à 9b… mais que le grimpeur espagnol préfère désormais proposer à 9a+.

« Je peux enfin dire que j’ai enchaîné mon projet de l’hiver, l’une des meilleures voies que j’ai jamais grimpées, et clairement la plus dure que j’aie faite jusqu’à présent », a-t-il écrit sur Instagram.


Six sessions pour boucler le projet

Alberto Ginés López n’aura pas traîné. Au total, six sessions auront suffi pour venir à bout de la voie : trois en décembre et trois en février. Un processus de travail entrecoupé par un hiver capricieux, qui a parfois rendu la falaise impraticable.

« Lors de mon premier essai, j’ai réussi tous les mouvements sauf un. Au deuxième essai, j’avais déjà trouvé toutes les méthodes. Dès le deuxième jour j’étais proche de l’enchaînement, et à la troisième session il ne me manquait plus qu’un mouvement », raconte-t-il.

Après une pause imposée par les conditions météo, le grimpeur originaire de Cáceres revient en février dans une meilleure forme physique… et conclut rapidement le projet.

© Iñaki Artuñedo

“El Bon Combat” a été équipée par Martí Iglesias et libérée par Chris Sharma en mars 2015. L’Américain avait alors proposé un 9b/+, décrivant la ligne comme une succession de mouvements extrêmement exigeants : « C’est un peu comme cinq 8A bloc empilés les uns sur les autres, avec quelques repos marginaux », expliquait-il à l’époque.

Après plusieurs années sans répétition, Jakob Schubert signe la seconde ascension en 2018 et suggère déjà une cotation légèrement inférieure. Par la suite, Felipe Camargo puis Jorge Díaz-Rullo viendront également à bout de la voie. Avec Ginés López, “El Bon Combat” compte désormais cinq ascensionnistes.

9b ou 9a+ ? Ginés choisit l’honnêteté

Si certains répétiteurs ont validé le 9b (parfois jugé « soft »), Ginés López préfère rester prudent : « Même si c’est la première voie que je fais au-dessus du 9a, je ne ressens pas ça comme mon premier 9b. Ça ne m’a jamais semblé deux crans au-dessus du 9a. Comme elle avait déjà été décotée, je pense que 9a+ est la cotation la plus honnête pour moi. »

© Iñaki Artuñedo

Avant d’ajouter une phrase qui résume bien sa vision : « Comme me l’a dit un jour quelqu’un que j’admire beaucoup dans ce sport : les cotations ne fonctionnent que si nous sommes honnêtes. »

Une croix qui ouvre l’appétit…

Champion olympique à Tokyo en 2021 et figure majeure du circuit international, Alberto Ginés López continue donc de faire évoluer son niveau en falaise. À seulement 23 ans, l’Espagnol possède déjà plusieurs 9a à son carnet de croix, mais n’avait encore jamais franchi la barre supérieur.

Et cette ascension pourrait bien marquer un tournant. « Ce que je sais, c’est que ça m’a donné encore plus envie d’essayer des voies beaucoup plus dures. » De quoi imaginer que le 9b assumé ne devrait plus tarder très longtemps…


Lire aussi

Un 8c+ à vue pour Alex Megos : « L’un des plus gros combats de ma vie ! »

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

« J’y suis allé sans pression, en outsider » : Max Bertone revient sur sa victoire au sélectif équipe de France

12 Mar

Quelques jours seulement après avoir décroché le titre de Champion de France de bloc, Max Bertone a confirmé son excellente dynamique en remportant également le sélectif équipe de France le week-end dernier à Fontainebleau. Une nouvelle victoire qui vient confirmé la montée en puissance du jeune Réunionnais, désormais solidement installé parmi les grimpeurs français les plus en forme du moment.

À Karma, l’enjeu était de taille : cette compétition devait permettre de compléter la sélection française pour les Coupes du Monde 2026. Face à une forte densité de grimpeurs tricolores, Max a une nouvelle fois répondu présent, s’imposant grâce à une deuxième place sur le premier circuit et une victoire sur le second.

Une performance d’autant plus intéressante qu’elle a été réalisée dans des blocs qui ne correspondaient pas forcément à son style… comme il nous l’a confié après la compétition.


« Des blocs plutôt physiques, un peu mon anti-style »

« Cette compétition s’est bien passée, du début à la fin ! Pourtant, les blocs proposés ne me convenaient pas tant que ça, explique Max. C’était des blocs plutôt physiques, comme on en voit souvent à Karma. Je m’y attendais un peu avant d’arriver, et c’était le cas. Mais j’ai tout de même réussi à bien m’exprimer dans les circuits, malgré le fait que c’était un peu mon anti-style ! »

Le premier tour proposait un circuit relativement accessible, où plusieurs grimpeurs ont réussi à enchaîner un grand nombre de blocs. Max Bertone y termine 2e, en validant quatre blocs et cinq zones, juste derrière Antoine Girard qui réalise la feuille parfaite avec cinq blocs et cinq zones.

« On est six grimpeurs à faire quatre blocs sur ce tour (Sam Avezou, Sam Richard, Tolani Etchar, Adrien Lemaire, Noé Moutault et moi), donc c’était un tour plutôt accessible. »

Un deuxième tour mieux maîtrisé

Cette première performance permet surtout à Max d’aborder la suite de la compétition avec davantage de sérénité. « Suite à cette première partie de compétition, la pression retombe : je savais qu’il me suffisait d’assurer dans le deuxième circuit pour décrocher ma sélection en équipe de France de bloc et me qualifier pour les Coupes du Monde. »

Un état d’esprit qui semble lui avoir parfaitement réussi. Max Bertone remporte le second circuit en réalisant trois blocs, dont un qu’il est le seul à réussir. « Ce circuit était à dominante physique également, mais avec des mouvements un peu plus d’ampleur, donc il me convenait mieux. Et j’ai aussi grimpé tranquillou, sans pression, ce qui a fait la différence également. »

Derrière lui, Samuel Richard prend la deuxième place du tour avec deux blocs.

Une victoire construite sans pression

Grâce à sa 2e place au premier tour et sa victoire sur le second, Max Bertone s’adjuge finalement la gagne au classement général du sélectif. Un résultat dont il se dit très satisfait… d’autant plus qu’il arrivait à Fontainebleau sans préparation spécifique.

« J’en suis très content ! Je me sentais assez en forme mais la semaine d’avant j’étais à Innsbruck en Autriche pour faire de la diff, donc je suis arrivé à Karma sans avoir fait réellement de bloc pendant une semaine. J’y suis allé en mode sans pression, en outsider, en me disant que j’allais faire ce que je peux. Honnêtement, je ne savais pas trop à quoi m’attendre… et au final, c’était cool ! J’ai réussi à retrouver toutes mes sensations dès l’échauffement, dans les coordos je me sentais bien. »

Une approche détendue qui lui a finalement permis de confirmer l’excellente dynamique qu’il traverse actuellement, quelques jours seulement après sa victoire aux Championnats de France.

© Planetgrimpe

Direction les Coupes du Monde !

Après ce week-end réussi à Fontainebleau, Max Bertone est déjà tourné vers la suite de la saison. Le Réunionnais est actuellement de retour à Innsbruck, où il poursuit sa préparation. « Là, je suis de retour en Autriche, concentré pour la saison de diff… et la saison de bloc aussi ! Je vais commencer en mai, avec les deux premières Coupes du Monde de l’année, qui se dérouleront en Chine, à Keqiao (bloc) et Wujiang (diff). »

Champion de France il y a quelques jours, vainqueur du sélectif le week-end dernier : Max Bertone sort d’une période parfaite. Une dynamique idéale avant de se tourner vers la scène internationale, avec les premières Coupes du Monde déjà en ligne de mire et le maillot Bleu sur les épaules.


Lire aussi

Sélectif équipe de France de bloc 2026 : Zélia Avezou et Max Bertone s’imposent !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Guerre en Iran : la fédération internationale annule son assemblée générale en Arabie saoudite

11 Mar

La guerre en Iran commence à avoir des répercussions bien au-delà du terrain géopolitique. Le monde de l’escalade n’y échappe pas. La Fédération internationale (World Climbing) a annoncé que son assemblée générale 2026, initialement prévue à Riyad en Arabie saoudite, ne se tiendrait finalement pas en présentiel.

Face à la situation sécuritaire actuelle au Moyen-Orient, l’organisation a décidé de basculer la réunion en format entièrement virtuel.


Dans un communiqué récemment publié, World Climbing explique avoir pris cette décision après consultation avec la Saudi Climbing and Hiking Federation et après avoir évalué la situation en Asie occidentale.

La sécurité et le bien-être des fédérations nationales et de leurs représentants restent la priorité absolue de l’organisation.

World Climbing

L’assemblée générale se tiendra donc en ligne le 23 avril 2026. Ce changement de format aura également un impact sur le contenu de la réunion. L’ordre du jour sera considérablement allégé, avec un focus sur les points statutaires nécessitant un rapport ou une validation officielle.

Les discussions plus larges sur l’avenir de l’escalade internationale seront quant à elles reportées au Climbing Summit prévu en décembre 2026.

Riyad attendra 2027

L’assemblée générale physique qui devait se tenir en Arabie saoudite n’est pas annulée définitivement. Elle a simplement été reportée à avril 2027, afin de saluer les efforts d’organisation réalisés par la fédération saoudienne. La date précise reste toutefois à confirmer.

Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, après le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février dernier, à la suite d’attaques menées conjointement par les États-Unis et Israël. Plusieurs incidents liés au conflit ont déjà été signalés dans la région. Des drones iraniens auraient été interceptés à l’est de Riyad, tandis que certains médias évoquent également des victimes en Arabie saoudite.

Si l’escalade semble souvent évoluer dans une bulle sportive relativement préservée, cet épisode rappelle que les grandes instances du sport restent dépendantes du contexte international. Pour World Climbing, la priorité reste donc claire : maintenir le fonctionnement institutionnel de la discipline tout en garantissant la sécurité des représentants des fédérations nationales.


Lire aussi

Quatre ans après le début de la guerre, les Russes et Biélorusses reviennent en compétition internationale… mais à quel prix ?

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Sélectif équipe de France de bloc 2026 : Zélia Avezou et Max Bertone s’imposent !

10 Mar

Quelques jours seulement après les Championnats de France de bloc, un autre rendez-vous majeur du calendrier national se tenait ce week-end dans la salle Karma, à Fontainebleau : le sélectif équipe de France de bloc.

Un passage incontournable pour les grimpeurs et grimpeuses qui espèrent décrocher leur place en Coupe du Monde sous le maillot bleu en 2026. Car comme chaque année, la sélection ne repose pas uniquement sur les résultats des France : elle se joue aussi sur cette compétition très particulière, où les performances du week-end viennent compléter celles du championnat national.

S’il faudra encore patienter un peu avant de connaître la composition officielle de l’équipe de France – la commission de sélection se réunissait hier –, les résultats du week-end permettent déjà d’y voir beaucoup plus clair. Et une chose est sûre : certains noms ont une nouvelle fois marqué les esprits !


Zélia Avezou rebondit parfaitement

Chez les femmes, c’est Zélia Avezou qui s’est offert la victoire finale avec un total de 1690 points. La grimpeuse de Massy a remporté la compétition grâce à une belle régularité : 1re du premier tour avec 1000 points, puis 3e du second tour avec 690 points. Un résultat qui sonne comme une revanche après sa 4e place frustrante aux Championnats de France, au pied du podium.

Derrière elle, Lily Abriat prend la 2e place avec 1495 points. Troisième du premier tour puis deuxième du second, la vice-championne de France 2026 a elle aussi signé une prestation très solide. Juste derrière, Selma Elhadj Mimoune complète le podium avec 1455 points. Sa compétition est particulièrement intéressant à analyser : seulement 7e du tour 1, elle a parfaitement redressé la barre en remportant le second tour avec 1000 points, ce qui lui permet de remonter à la 3e place finale.

Le top 5 féminin est complété par Agathe Calliet, 4e avec 1350 points, puis Lucile Saurel et Louise Puech-Yazid 5e ex-aequo avec 1105 points.

Les résultats complets – Femmes :

+ Les résultats complets et détaillés des deux tours

Max Bertone… Encore lui !

Chez les hommes, difficile de ne pas souligner l’excellente dynamique de Max Bertone. Contrairement à sa sœur Oriane, il avait choisi de s’aligner sur ce sélectif… et il a de nouveau gagné ! Comme aux Championnats de France, le Réunionnais a confirmé son immense forme du moment en s’adjugeant la victoire avec 1805 points. Deuxième du tour 1 avec 805 points, puis vainqueur du tour 2 avec 1000 points, il a été le plus fort au cumul et s’impose avec autorité malgré son jeune âge.

Sa victoire n’a pourtant rien eu d’une promenade. Antoine Girard a lui aussi réalisé un très gros week-end : vainqueur du premier tour avec 1000 points, puis 3e du deuxième tour avec 690 points, il termine 2e avec 1690 points.

La 3e place revient à Samuel Richard, auteur d’un sélectif homogène : 4e du T1, 2e du T2, pour un total de 1415 points. Derrière lui, Sam Avezou prend la 4e place avec 1300 points, grâce à deux tours eux aussi réguliers (3e puis 4e). Enfin, Paul Jenft complète le top 5 avec 960 points, après une montée en puissance entre les deux tours, passant de la 8e à la 5e place.

Les résultats complets – Hommes :

+ Les résultats complets et détaillés des deux tours

Un format qui récompense la régularité

L’intérêt de ce sélectif tenait aussi à son format : avec deux tours distincts, dont les résultats étaient ensuite additionnés, il ne suffisait pas de réussir un gros run isolé. Il fallait être capable d’enchaîner, de confirmer ses compétences sur deux tours de cinq blocs (d’un niveau équivalent à une demi-finale de Coupe du Monde), et de limiter les écarts.

© Lafargue Raphael

Chez les femmes comme chez les hommes, ce sont d’ailleurs les grimpeurs les plus complets et les plus réguliers qui s’imposent au classement général. Zélia Avezou n’a remporté qu’un des deux tours, Max Bertone également, mais tous deux ont surtout su rester dans le haut du tableau tout au long du week-end. À l’inverse, certains grimpeurs ont montré des visages très différents entre les deux manches. C’est notamment le cas de Selma Elhadj Mimoune chez les femmes, ou encore de Kito Martini chez les hommes, seulement 17e du premier tour avant de remonter à la 6e place du second.

En attendant la sélection officielle…

Ces résultats ne constituent pas encore, à eux seuls, la liste définitive des Bleus pour les Coupes du Monde 2026. Il faut désormais attendre la décision de la commission de sélection…

Certains grimpeurs déjà présélectionnés en équipe de France

Rappelons que certains grimpeurs bénéficient déjà d’une présélection en équipe de France grâce à leurs résultats internationaux obtenus lors des saisons précédentes.

La FFME distingue deux groupes : le groupe 1, composé des athlètes ayant obtenu des podiums réguliers ou une victoire en Coupe du Monde ou aux Championnats du Monde la saison dernière, est directement présélectionné pour l’ensemble des compétitions de l’année. En bloc, il comprend Mejdi Schalck, Oriane Bertone et Nailé Meignan. Un groupe 2 regroupe également des grimpeurs ayant signé des performances internationales marquantes en 2025, notamment des podiums ou des finales régulières en Coupe du Monde. Dans cette catégorie figurent Zélia Avezou, Agathe Calliet, Samuel Richard et Paul Jenft.

Les places restantes dans l’équipe seront ensuite complétées en fonction des résultats combinés du Championnat de France et de ce sélectif de Fontainebleau.


Lire aussi

Max Bertone champion de France de bloc 2026 !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Un 8c+ à vue pour Alex Megos : « L’un des plus gros combats de ma vie ! »

09 Mar

Quelques jours seulement après s’être illustré à Claret avec la deuxième ascension de “Le Bruit de l’Acid” 9b, Alex Megos continue de faire parler de lui sur le rocher français ! Cette fois, l’Allemand s’est offert une nouvelle performance de haut vol en réalisant “Nadesdja” 8c+ à vue sur la falaise du Joncas.

Une belle croix, que Megos décrit lui-même comme « l’un des plus gros combats » qu’il ait jamais livrés lors d’un essai à vue.


Un combat du début à la fin… et beaucoup d’improvisation

Fidèle à son style, Megos ne passe pas des heures à analyser la voie depuis le sol. « Je ne me suis pas vraiment préparé, comme d’habitude », plaisante-t-il. « Depuis le sol, la première moitié semblait assez évidente, mais il était difficile de savoir si les prises étaient bonnes ou non. »

Arrivé à un mousquetonnage délicat, la situation se complique : les pieds sont peu évidents et Alex doit improviser. « Parfois, on ne fait pas les choses les plus intelligentes lors d’un run à vue, comme ce mousquetonnage que j’ai fait en no-foot… J’ai dû réagir vite et, sous pression, on se repose généralement sur ses points forts. Après ça, la vraie bataille a commencé. »

J’ai failli tomber de nombreuses fois !

Alex Megos

© Coll. Megos

La suite de l’ascension se transforme en véritable combat. À plusieurs reprises, la chute semble imminente. « C’était clairement l’un des plus gros combats que j’ai jamais eus lors d’un essai à vue. J’ai été tout près de tomber énormément de fois. » Mais l’Allemand parvient finalement à se battre jusqu’à atteindre le relais relais.

Et comme si cela ne suffisait pas, Megos a poursuivi sa journée sur le même rythme. Après cette ascension à vue, il a enchaîné “Le blond, la brute et le manouche” 8c+ au premier essai, avant de réaliser “Progression” 8b+/c également au premier essai. « Au final, c’était une très bonne journée ! J’adore ce genre de séance où l’on enchaîne les voies à vue ou au premier essai. »

Megos, maître du à vue !

Ce genre de performance n’est évidemment pas une première pour l’Allemand. Alex Megos est depuis longtemps considéré comme l’un des grimpeurs les plus efficaces au monde.

En 2013, il avait marqué l’Histoire en devenant le premier grimpeur à réussir un 9a à vue, avec l’ascension de “Estado Critico” à Siurana. Depuis, il a accumulé plus de vingt ascensions à vue dans le 8c et plus, un total qui le place juste derrière Adam Ondra parmi les meilleurs spécialistes mondiaux de l’exercice.

© Sam Bié

Cette nouvelle croix s’inscrit dans une période particulièrement productive pour Megos. Comme nous l’évoquions il y a quelques jours, l’Allemand s’est récemment offert la première répétition de “Le Bruit de l’Acid” 9b à Claret, une voie libérée en 2025 par Jules Marchaland et marquée par un spectaculaire jeté vers une pince.

Megos avait alors déclaré avoir réalisé sur cette ligne « l’un des meilleurs mouvements » de toute sa carrière en falaise.


Lire aussi

« L’un des meilleurs mouvements que j’aie jamais faits ! » – Alex Megos s’offre la deuxième ascension de “Le Bruit de l’Acid” 9b

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

À seulement 12 ans, la Française Alizée Blass signe son premier 8c+ à Claret !

08 Mar

La relève est déjà là. À seulement 12 ans, la jeune grimpeuse française Alizée Blass vient de franchir un nouveau cap en falaise en réussissant “Guerre Future” 8c+ à Claret, dans l’Hérault. Une croix impressionnante à cet âge… et qui résonne d’autant plus fort qu’elle s’inscrit dans une véritable histoire de famille !

Car certaines fratries françaises semblent décidément avoir trouvé la recette du succès ! En compétition, il y a la fratrie Oriane Bertone – Max Bertone, tous deux récemment sacrés champions de France seniors de bloc. Et en falaise, une autre dynastie commence sérieusement à faire parler d’elle : Théo et Alizée Blass.

Car en janvier 2022, c’est Théo, le grand frère d’Alizée qui avait marqué les esprits en réalisant la première répétition de “Guerre Future” 8c+… au même âge !


Une ligne moderne, signée Seb Bouin

Libérée en 2022 par Seb Bouin, “Guerre Future” est une variante du classique “Guère d’usure” 8c, située sur le célèbre pilier de Claret. La ligne propose une escalade exigeante, mêlant résistance et précision sur des prises peu franches, avec un crux redoutable situé après une longue section déjà bien physique.

Contrairement à “Guère d’usure”, qui offre quelques repos stratégiques avant le crux, “Guerre Future” impose un effort beaucoup plus continu : une quinzaine de mouvements difficiles s’enchaînent sans véritable relâchement avant d’atteindre le crux final. D’après Théo « Guerre Future » est encore plus logique et esthétique que « Guère d’Usure », déjà réputée pour son charme gestuel. La voie est un vrai défi de résistance, sur de mauvaises pinces et des plats de chaque côté de la proue déversante, qu’il faut tenir en compression. Un savant mélange de mouvements physiques, de technique et de résistance donc.

© Matthias Paré

Sur Instagram,Alizée a tenu à remercier ceux qui l’ont accompagnée dans cette aventure : « Merci à Seb Bouin d’avoir ouvert cette ligne si belle et évidente. Et merci à mon frère Théo d’avoir trouvé des méthodes géniales pour les tout petits ! ». Car dans ce type de voies, les méthodes adaptées à un petit gabarit peuvent faire toute la différence, et les trouvailles de son frère ont visiblement joué un rôle précieux.

Une voie travaillée avec patience

Pour Alizée, le processus aura été tout aussi important que le résultat. La jeune grimpeuse raconte avoir pris le temps d’apprivoiser la voie, multipliant les séances à Claret au fil des mois. « Aller à Claret et faire mes deux runs dans la voie était presque devenu un rituel », explique-t-elle.

Si le crux est identique à celui de “Guère d’usure” (une voie qu’elle avait déjà réussie l’an dernier) l’effort pour y arriver est nettement plus exigeant dans cette variante, rendant l’enchaînement particulièrement intense. Mais au-delà de la performance pure, Alizée retient surtout le plaisir de travailler cette ligne qu’elle décrit comme « la plus belle voie du monde ».

© Matthias Paré

J’ai pris mon temps et j’ai savouré le travail ! Ça aurait dû prendre moins de temps mais le crux (qui est le même que dans “Guère d’usure”) est bien plus dur après une quinzaine de mouvs assez durs sans repos. Et en plus j’avais tout mon temps ! C’est évidemment la plus belle voie du monde😍

Alizée Blass

Réaliser un 8c+ à seulement 12 ans reste une performance exceptionnelle. À cet âge, rares sont les grimpeurs capables de gérer à la fois l’intensité physique, la précision technique et la résistance mentale que demandent des voies de ce niveau.

Avec cette ascension, Alizée Blass confirme déjà un potentiel remarquable et perpétue, au passage, la belle tradition familiale. Une chose est sûre : on n’a probablement pas fini d’entendre de la famille Blass !


Lire aussi

Alizée Blass, 11 ans, au sommet de la mythique “Guère d’usure” (8c) à Claret

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Du jamais vu : Adam Ondra signe un troisième 8C flash !

06 Mar

À peine le temps de digérer l’exploit que l’Histoire s’écrit déjà à nouveau ! Quelques jours seulement après avoir flashé “The Lion’s Share” 8C à Brione, Adam Ondra vient de flasher un troisième 8C flash en réussissant “Celestite” dans la vallée de Bavona, en Suisse.

Un chiffre qui peut sembler abstrait… mais qui en réalité marque un tournant : aucun grimpeur dans l’Histoire n’avait jamais atteint un tel total ! Après “Foundation’s Edge”, “The Lion’s Share” et désormais “Celestite”, Ondra repousse encore un peu plus les limites de ce que l’on pensait possible en bloc.

Un trip suisse complètement… fou !

Tout commence fin février dans le Tessin. Arrivé à Brione, Ondra découvre des conditions étonnamment chaudes et hésite à tenter certains projets du secteur.

Il flashe d’abord “Flash Flood” 8B pour “s’échauffer”. Puis, il se rend au pied de “Deep Fake” un 8C+ ouvert par Nathan Phillips, et se laisse convaincre qu’il pourrait s’agir d’un bon candidat au flash. Malgré la chaleur et un bloc qui lui paraît d’abord presque impossible, il finit par se lancer en fin de journée. Il dépasse même le crux, mais tombe juste avant la fin… Il choisit alors de ne pas remettre de deuxième essai, préférant garder de l’énergie pour le lendemain.

© Martin Svec

Le lendemain, il s’attaque à “The Lion’s Share”, 8C bloc ouvert en 2023 par Aidan Roberts. Malgré des mouvements exigeants sur petites prises et un départ exigeant, Ondra parvient à exécuter l’intégralité du bloc. Résultat : un deuxième 8C flash dans sa carrière !

Attraper la dernière prise a été un moment incroyable, une sensation formidable ! J’étais très surpris qu’un 8C bloc de ce style puisse être flashé ! C’est probablement un 8C plutôt soft, mais personnellement je le trouve plus dur que “Foundation’s Edge”.

Adam Ondra

Un nouvel exploit quelques jours plus tard

Quelques jours plus tard, le Tchèque découvre pour la première fois la vallée de Bavona, autre joyau granitique du Tessin, largement développé par Dave Graham.

© Martin Svec

Après avoir enchaîné “Captain Nemo” 8C en quelques essais seulement, il se dirige vers deux blocs emblématiques du secteur : “La Rustica” et surtout “Celestite”, une ligne mythique ouverte par Dave Graham. Un bloc réputé pour ses positions complexes et ses coincements de genoux particulièrement exigeants… Autant dire que le flash ne semblait pas vraiment au programme.

Ce bloc ne m’avait jamais traversé l’esprit comme un candidat pour un flash. En regardant une vidéo du maître absolu des coincements de genoux (le magicien Dave Graham lui-même), cela ne semblait absolument pas flashable ! Personne (moi compris) ne pensait vraiment que j’irais très loin dans ce bloc.

Adam Ondra

Mais encouragé par Pietro Vidi et Giuliano Cameroni, qui lui montrent les méthodes, Ondra décide finalement de tenter sa chance. Dès les premiers mouvements, tout s’enchaîne étonnamment bien. Les mouvements s’enchaînent avec fluidité et les genouillères accrochent parfaitement le caillou. Mais la bataille reste intense. « Mes biceps étaient sur le point de lâcher, mais soudain je me suis retrouvé à la sortie du bloc sans vraiment savoir quoi faire », raconte-t-il.

Avec les mains devenues moites et l’énergie presque épuisée, le Tchèque parvient pourtant à reprendre ses esprits… et se rétablir au sommet. Flash. Initialement proposé à 8C+, “Celestite” est finalement confirmé à 8C, notamment en raison d’une méthode légèrement différente de celle utilisée lors de la première ascension.`

Trois 8C flash : du jamais vu !

Avec “Foundation’s Edge”, “The Lion’s Share” et désormais “Celestite”, Adam Ondra devient le premier grimpeur de l’Histoire à totaliser trois 8C flash.

Mais ce qui impressionne peut-être encore davantage, c’est le timing : deux de ces exploits ont été réalisés en l’espace de quelques jours seulement ! Lecture parfaite, engagement total, précision millimétrée… ce trip suisse restera sans doute comme l’un des plus impressionnants jamais réalisés en bloc.

Et vu la forme actuelle du Tchèque, une question commence déjà à circuler dans le monde de l’escalade : où se situe réellement la limite du flash ?


Lire aussi

Adam Ondra entre un peu plus dans l’Histoire : un deuxième 8C flash et un record mondial inédit !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

« L’un des meilleurs mouvements que j’aie jamais faits ! » – Alex Megos s’offre la deuxième ascension de “Le Bruit de l’Acid” 9b

05 Mar

Il n’aura pas fallu longtemps à Alex Megos pour se laisser séduire par la ligne. Moins d’un an après la première ascension signée Jules Marchaland, l’Allemand vient de réaliser la première répétition de “Le Bruit de l’Acid” 9b à Claret, dans l’arrière-pays montpelliérain.

Une performance rapide, surtout marquée par un crux qui a instantanément séduit Megos : un jeté engagé vers une pince, aussi esthétique que brutal. Un mouvement si marquant que Megos lui-même n’a pas hésité à le qualifier de “l’un des meilleurs qu’il ait jamais réalisés sur une voie”.


Après avoir vu la photo et la vidéo de Jules Marchaland lors de la première ascension, je savais que je voulais grimper cette voie. Le mouvement du crux semblait trop beau pour être vrai… et je voulais voir par moi-même s’il était vraiment aussi incroyable que sur la vidéo. ET IL L’EST !

Alex Megos

Une ligne moderne au cœur d’une falaise historique

Libérée en avril 2025 par Jules Marchaland, “Le Bruit de l’Acid” est rapidement devenue l’une des lignes les plus marquantes du site de Claret, à une trentaine de kilomètres au nord de Montpellier. Pour le jeune Français, il s’agissait d’ailleurs de sa première voie cotée 9b.

La ligne est une connexion de plusieurs classiques du secteur, notamment “Guère de bruit”. Elle démarre par une première section d’environ 7c+, suivie d’un repos médiocre avant d’attaquer le cœur de la voie : deux pas de blocs successifs estimés autour de 8B puis 7C+, qui s’enchaînent dans une section très physique. Marchaland résumait lui-même la difficulté de manière assez parlante : sur cette portion de la voie, il est quasiment impossible de reprendre de la magnésie pendant près de vingt-cinq mouvements.

Jules Marchaland dans le crux de la voie © Yulen Calleja Ordiz

Le mouvement qui fait toute la voie

Mais la signature de la voie, c’est ce fameux crux : un jeté en croisé spectaculaire vers une pince sur une colonnette, un mouvement explosif qui a immédiatement attiré l’attention de Jules lors de sa première ascension : “C‘est fou d’avoir ça en falaise, c’est un mouvement qu’on retrouve plutôt à l’entraînement en général ou pour t’amuser à la salle. Lucien Martinez me l’avait bien vendu car il sait que j’aime ce genre de mouvement et que je me débrouille bien dedans”, avait-il déclaré.

Après lui, Megos n’a pas caché pas son enthousiasme : « Le jour de l’enchaînement, il y avait une bonne brise. J’ai réussi à passer le jeté et ensuite je me suis battu jusqu’au relais. C’est sans aucun doute l’un des meilleurs mouvements que j’ai jamais faits dans une voie ! ». Au total, quatre sessions auront suffi à l’Allemand pour venir à bout de la ligne.

© Coll. Alex Megos

Un 9b validé

Avec cette répétition, Megos confirme la cotation proposée par Marchaland. Sur ses réseaux, il précise néanmoins que la voie lui paraît « plutôt soft » pour le niveau, sans pour autant descendre dans le 9a+.

Cette ascension marque également le premier 9b de l’année pour l’Allemand, qui avait jusqu’ici consacré une bonne partie de son début de saison au bloc, notamment à Bleau où il a enchaîné plusieurs classiques. À 32 ans, l’Allemand continue d’étoffer son carnet de croix déjà impressionnant, avec plus d’une dizaine de réalisations dans le 9b et au-delà. Et si ses apparitions en compétition restent incertaines cette saison, une chose semble claire : le rocher demeure son terrain de jeu favori.

La vidéo de Jules Marchaland dans “Le Bruit de l’Acid” 9b


Lire aussi

Jules Marchaland encore ! “Le bruit de l’acid”, 9b FA à Claret

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Une nouvelle gomme venue de la F1 va-t-elle révolutionner le monde de l’escalade ?

04 Mar

Depuis quelques semaines, un drôle de débat traverse le petit monde de l’escalade. Dans les salles on en parle à voix basse. Au Salon de l’Escalade à Paris début janvier, les murmures se sont transformés en conversations insistantes. Pour cause, une rumeur persistante agite notre communauté : une nouvelle gomme d’escalade, venue… de pneus de Formule 1, serait sur le point de révolutionner notre sport !

Un chausson collé au rocher. Littéralement collé. C’est la vidéo qui a mis le feu aux poudres. Publiée par Rhythm Resole, un ressemeleur américain, elle montre un chausson équipé d’une gomme inconnue, collé contre un rocher. Et il ne bouge pas. Pas d’un millimètre ! La scène a dépassé 1,5 million de vues, interloqué des milliers de grimpeurs, et lancé un bon nombre de débats.

Intrigués, amusés (et un peu dubitatifs), chez Planetgrimpe, on a voulu comprendre ce qui se cache derrière cette histoire. Alors, on a enquêté et on a trouvé une multitude de réponses à toutes nos questions. Bienvenue dans les coulisses de RAToM, une petite fabrique japonaise qui pourrait bien signer le début d’une nouvelle ère dans la conception des chaussons d’escalade.


RAToM : un outsider venu du pays du Soleil levant

Le marché des gommes d’escalade est un terrain où quelques géants règnent depuis des décennies : Vibram bien sûr, qui équipe notamment LaSportiva et Scarpa avec ces célèbres gommes XS Edge et XS Grip 2, mais aussi Stealth la gomme sous les chaussons 5.10, ou encore Unparallel et quelques acteurs plus discrets. Rien ne semblait pouvoir bousculer cet ordre établi… Jusqu’à RAToM.

Basée au Japon, l’entreprise est née d’une idée un peu folle du président de la marque, un ancien pilote moto pendant plus de vingt ans. Un homme qui connaît par cœur les réactions d’un pneu soumis à des conditions extrêmes, la façon dont il se déforme, chauffe et accroche face à des charges énormes.

C’est cette expérience qui lui a donné l’idée de recycler des pneus de Formule 1 : « Le président de RAToM a passé plus de 20 ans dans la compétition moto. De là lui vient sa compréhension intime de l’adhérence et de la déformation des pneus sous forte charge. Il a commencé à développer lui-même une gomme issue de pneus de course, adaptée à l’escalade », nous explique l’un des dirigeants de RAToM, dans une interview exclusive accordée à Planetgrimpe.

Aujourd’hui, ce matériau a un nom : la GP Rubber. Et cette gomme a fait une arrivée fracassante dans le monde de l’escalade !

Comment fabrique-t-on une gomme de chaussons… à partir de pneus de F1 ?

Autant le dire tout de suite : impossible d’obtenir les détails techniques. RAToM garde bien évidemment son procédé jalousement secret.

Mais ce que l’on sait, c’est que la marque utilise des outils spécifiques pour découper, transformer et affiner les pneus de course. Le processus est complètement nouveau et n’a rien à voir avec celui utilisé pour des gommes classiques. La structure du pneu de Formule 1, conçu pour une adhérence maximale, apporte des propriétés inédites à la gomme d’escalade. « Nous utilisons des outils originaux conçus pour traiter les pneus de course. Le reste du processus reste confidentiel », détaille la marque.

Mais la vraie révolution n’est pas seulement dans la matière première. RAToM propose quatre composés différents, répartis en deux grandes familles : GP1 et GP2.

Les 4 gommes RAToM

  • GP1-Soft : la gomme la plus souple et la plus adhérente de la gamme, conçue pour se déformer et « épouser » les moindres aspérités de la surface.
  • GP1-Hard : l’option la plus performante de la gamme, conservant la même accroche que la GP1-Soft tout en offrant une meilleure durabilité. Parfaite pour l’escalade en salle comme en extérieur.
  • GP2-Hard : la gomme la plus ferme de la série GP, tout en restant légèrement plus souple que celles proposées par les autres fabricants. Elle est pensée pour griffer les petits pieds et offrir davantage de rigidité.
  • GP2-Soft : une version plus souple de la GP2-Hard, avec les mêmes caractéristiques de performance, spécialement conçue pour les grimpeurs légers.

Particularité étonnante : RAToM peut intégrer un renfort interne ajustable, permettant d’augmenter la rigidité de la semelle selon les besoins. Sans ce renfort, la gomme excelle en adhérence de surface : dalles, volumes lisses, pieds à plat contre le mur. Avec le renfort, elle devient performante également sur les micro-prises et en falaise. Combinées aux quatre composés, cela permet à chaque gomme d’exceller dans des contextes différents… Une flexibilité technique jamais vue jusqu’ici.

© RAToM

Les tests réalisés montrent que le GP Rubber rivalise (et dépasse) les composés les plus réputés, notamment en adhérence et en constance de friction. “Les pneus de course sont fabriqués via un procédé fondamentalement différent de celui des gommes d’escalade traditionnelles, incluant plusieurs étapes de précision qui influencent directement le comportement du matériau. Ce sont ces différences de fabrication qui expliquent les performances uniques du GP Rubber”, confie RAToM.

La vidéo virale qui a fait basculer la planète grimpe

À l’origine du buzz : Max Fisher, propriétaire de Rhythm Resole à Flagstaff (USA). Un ressemeleur connu et respecté pour son savoir faire. Et désormais, l’homme derrière LA vidéo qui a fait exploser internet.

Chausson posé contre un bout de falaise à la vertical, on lâche et… ça colle ! « Tu te fous de moi ? » La phrase, captée dans la vidéo, résume le choc.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par RAToM Europe (@ratom_europe)

Fisher est aujourd’hui partenaire officiel de RAToM. Selon lui, plusieurs grimpeurs professionnels utilisent déjà la GP Rubber en secret. Il affirme que la gomme rend bien plus facile les mouvements d’adhérence pieds à plat, « redonne de la texture » à des prises et des volumes lisses, résiste mieux aux températures, et est déjà testée en contexte de compétition.

Le seul frein : la disponibilité et le prix. Car fabriquer cette gomme demande du matériel spécialisé, du temps, et… des pneus de F1, en quantité limitée.

Innovation ou tricherie ? La polémique enfle

Forcément, une telle adhérence pose des questions. Dans les salles, certains grimpeurs parlent déjà “d’artifice”… Les puristes de la dalle crient au scandale : peut-on encore se servir de sa technique si la gomme colle toute seule ?

L’IFSC (qui s’appelle désormais World Climbing) a été interrogée. Et sa réponse n’est pas très claire. Les règles actuelles interdisent tout produit modifiant l’état du mur ou des prises. Mais elles n’interdisent pas les gommes ultraperformantes… Pour qu’un chausson soit considéré comme légal, il doit être « commercialement disponible ». Mais que signifie réellement cette expression si la gomme n’est offerte que via un ressemeleur spécialisé ?

À ce jour, aucune position officielle n’existe. World Climbing surveille, observe, et laisse entendre que les règles pourraient évoluer si un déséquilibre apparaissait.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par RAToM Europe (@ratom_europe)

RAToM, de son côté, balaie la polémique : “Si quelqu’un qui grimpe pieds nus considère que les chaussons sont une forme d’artifice, alors peut-être que ça l’est. Les chaussons sont des outils, et les porter constitue déjà une forme d’assistance, qu’on le reconnaisse ou non. Nos gommes s’adressent aux grimpeurs qui recherchent une performance constante et souhaitent pratiquer leur sport de manière plus responsable d’un point de vue environnemental. À chacun de juger si ce débat a réellement lieu d’être. »

Pour la marque, le véritable enjeu n’est pas la performance… mais l’écologie.

Un projet durable avant tout ?

C’est sans doute la partie la plus inattendue de cette histoire. À l’origine, GP Rubber n’est pas née pour faciliter l’escalade mais pour recycler un déchet industriel extrêmement complexe à traiter. « La durabilité est la véritable raison d’être du projet. L’adhérence n’est qu’un aspect secondaire. Nous voulons réduire les déchets issus des pneus de course », rappelle RAToM.

© Pirelli

Les pneus de F1 sont produits en nombre limité chaque année, selon le calendrier des courses. Une matière rare, donc, mais aussi hautement technologique, difficilement recyclable et issue d’un milieu où l’innovation est constante. Pour RAToM, c’est donc une opportunité unique de donner une seconde vie à un matériau extrême. “Le réchauffement climatique ne se résoudra pas en quelques années, mais nous espérons sensibiliser et mener des actions concrètes en matière de recyclage, pour que les générations futures puissent vivre dans un environnement plus sûr. Bien que l’on parle beaucoup de GP Rubber à travers le prisme de la performance, sa véritable raison d’être reste la durabilité. L’escalade est intimement liée à la nature, et nous pensons que les grimpeurs devraient se demander si leur matériel reflète cette relation”.

Et maintenant ? Le futur de GP Rubber

RAToM confirme avoir été contacté par plusieurs grandes marques de chaussons. Mais aucun partenariat officiel n’est annoncé. La production reste limitée, les stocks s’épuisent très vite et la distribution, encore artisanale, peine à suivre la demande mondiale. « Avec l’intérêt croissant, nous cherchons à affiner nos composés et mieux comprendre les domaines où chaque gomme performe le mieux. », nous ont-ils confié. Mais une chose est sûre : la vidéo virale n’était qu’un début.

La marque nous l’a dit elle-même : « L’ampleur des réactions du public face à la vidéo de Max Fisher a été un choc total pour toute l’équipe de RAToM. L’adhérence en elle-même ne nous a pas vraiment surpris, ni le président de RAToM Japon d’ailleurs, étant donné son expérience dans le milieu de la course automobile. Mais nous n’aurions jamais imaginé que cela attirerait autant d’attention. »

L’avenir ? GP Rubber continuera d’évoluer au rythme des innovations… des pneus de Formule 1. Oui, vous avez bien lu. Chaque nouvelle saison de F1 pourrait apporter une nouvelle génération de gomme d’escalade : « À mesure que de nouveaux modèles de pneus sont développés, le GP Rubber continuera de s’améliorer et de progresser. Cette évolution permanente est précisément ce qui rend ce projet aussi passionnant », conclut la marque.


Lire aussi

La révolution des chaussons d’escalade : des premiers modèles aux innovations actuelles

Voir l'article 5 Replies

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG
  • # Dossiers
  • # Univers Matos

Adam Ondra entre un peu plus dans l’Histoire : un deuxième 8C flash et un record mondial inédit !

02 Mar

Y a-t-il quelque chose qui soit hors de portée d’Adam Ondra ?! De record en record, le Tchèque a marqué l’Histoire de l’escalade sous ses multiples formes… Mais en flashant “The Lion’s Share” 8C en Suisse, il vient non seulement de signer l’un des plus gros exploits de ces dernières années en bloc… et surtout d’entrer seul dans une nouvelle dimension : il devient le premier grimpeur de l’Histoire à flasher deux 8C.

Oui… deux !


Ouvert en 2023 par Aidan Roberts, “The Lion’s Share” est rapidement devenu l’un des blocs les plus emblématiques de Brione. Roberts l’avait initialement proposé à 8C+, avant que les répétitions de Jakob Schubert, Matt Fultz et Sam Weirne consolident la cotation à 8C.

Un bloc complet, exigeant, où les mouvements lents et en tension sur micro-réglettes mènent à des prises plus fuyantes, avant un final dynamique. Une ligne qui ne pardonne aucune approximation… et qui demande un calage des méthodes parfait. Pourtant…

“Quelle BATAILLE ! “The Lion’s Share” 8C flash ⚡ ✅ Je suis encore tout excité par mon deuxième 8C flash !”, a partagé le Tchèque sur Instagram, visiblement encore porté par l’adrénaline. Il précise d’ailleurs que ce flash est sûrement le plus dur de sa vie. Rappelons qu’il y a quelques années, Ondra a été le premier à flasher un 8B+ bloc, avec “Jade” dans le Rocky Mountain National Park aux États-Unis.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Adam Ondra (@adam.ondra)

Ondra, le premier à deux 8C flash. Seul au monde.

Ce succès ne sort pas de nulle part. En novembre dernier, Ondra avait déjà marqué l’Histoire en flashant “Foundation’s Edge” 8C à Fionnay, devenant alors le troisième grimpeur à flasher cette cotation, après Yannick Flohé (premier 8C flash de l’Histoire) et Jules Marchaland.

Mais avec ce deuxième 8C flash, Ondra change totalement l’échelle de référence. Jusqu’ici, flasher un 8C relevait encore de l’exception. Désormais, un homme l’a fait deux fois ! Cela confirme surtout une chose : à tout juste 33 ans, Ondra est peut-être dans l’une des périodes les plus affûtées de sa carrière en bloc. Après avoir flashé “Foundation’s Edge”, il avait déclaré : « Il y a quelques années, je n’aurais jamais pensé être capable de flasher un 8C. Je n’avais jamais envisagé d’essayer. Cependant, cet hiver, après avoir flashé plusieurs 8B avec une marge confortable, j’ai commencé à envisager cette option ».

© Crimp Films

Et ce n’est peut-être pas fini… Le plus impressionnant dans son message ? La suite.

Ondra annonce avoir “quelques autres 8C à tenter flash dans les prochains jours” au Tessin. Une phrase qui en dit long sur son état de forme et son ambition actuelle !

Quand on connaît son palmarès (du 9A bloc, aux exploits en falaise, en trad et en big wall) cette nouvelle ligne à son carnet de croix vient renforcer un constat déjà largement partagé : Ondra ne reste jamais dans sa zone de confort, il continue d’élargir les frontières.

Et cette fois, il est seul tout en haut !


Lire aussi

2025, une année folle pour Adam Ondra !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

À 16 ans, il devient le plus jeune grimpeur de l’histoire à enchaîner un 9A bloc !

02 Mar

Nouveau record de précocité dans la planète grimpe ! À seulement 16 ans, Beckett Hsin a réalisé la troisième ascension de “No One Mourns the Wicked” 9A à Thunder Ridge, au Colorado, devenant ainsi le plus jeune grimpeur de tous les temps à atteindre cette cotation en bloc.

Une performance exceptionnelle pour un grimpeur qui, malgré son jeune âge, n’en est déjà plus à son coup d’essai…


Une ligne parmi les plus dures du monde (?)

Ouverte fin 2024 par Nathaniel Coleman, “No One Mourns the Wicked” est la version assise de “Defying Gravity” 8C, un bloc ultra-dynamique établi par Daniel Woods.

La version originale est déjà célèbre pour proposer l’un des mouvements de départ les plus durs au monde : un jeté vers une réglette fuyante, suivi d’un énorme mouvement engageant où il faut perdre les pieds et contrôler un énorme ballant en position quasi-scorpion. Il y a quelques semaines, Mejdi Schalck et Simon Lorenzi réussissait à dompter ce monstre de 6 mètres de haut.

Pour créer “No One Mourns the Wicked”, Coleman a ajouté un départ bas composé de neuf mouvements exigeants, estimés autour de 8B+, très physiques et particulièrement usants pour les avant-bras. Et après cette séquence déjà intense ? Le crux de “Defying Gravity” attend, implacable. Avant Beckett Hsin, seul le Britannique Hamish McArthur avait réussi une répétition, avec un impressionnant enchaînement en une journée ! Une ascension express qui avait d’ailleurs questionné : ce bloc vaut-il vraiment 9A ?

© Bryce Bozovich

“J’ai dû me soumettre au bloc”

Beckett Hsin, 16 ans seulement, raconte s’être fixé en 2022 l’objectif d’enchaîner un 8A+ avant ses 13 ans. À l’époque, il grimpait depuis six ans mais sortait peu en extérieur. Cet été-là, il réalise finalement son premier 8B+, et commence à plaisanter sur l’idée de “grimper son âge” chaque année. “Chaque saison, j’étais de plus en plus motivé, et mon amour pour l’escalade grandissait. Les limites de ce que je pensais possible ont évolué elles aussi.”

Concernant “No One Mourns the Wicked”, il confie : “Ce bloc m’a challengé comme aucun autre. Après avoir réussi “Defying Gravity”, j’étais confiant pour le départ bas. Mais dès la deuxième session, j’ai compris que ce serait une vraie bataille.”

Le jeune Américain révèle également être atteint de la maladie de Lyme, ce qui a rendu certaines séances très irrégulières : “Certains jours, je réussissais le mouvement le plus dur 80 % du temps. D’autres, j’arrivais à peine à toucher la prise.” La clé dans ces moments-là ? La patience. “ J’ai toujours grimpé en cherchant à dominer les blocs. Cette fois, c’était l’inverse. J’ai dû accepter de ne pas tout contrôler et de me soumettre au bloc.”

© Bryce Bozovich

Jusqu’au jour parfait, où tout s’est aligné : “En montant au secteur, je me sentais bien physiquement, frais mentalement, et les conditions étaient parfaites. Tout était aligné.”

Concernant la cotation, Hsin reste prudent : “Je n’ai pas assez d’expérience à ce niveau pour affirmer si c’est vraiment 9A. Mais que ce soit 9A ou non, c’est l’aboutissement d’un objectif poursuivi depuis plusieurs années !”

Une progression fulgurante

Chez Planetgrimpe, nous vous parlions déjà de Beckett Hsin en décembre 2023, lorsqu’il avait enchaîné son premier 8C à seulement 14 ans. Il était déjà précoce. Deux ans plus tard, il devient tout simplement le plus jeune grimpeur de l’Histoire à cocher un 9A.

Et son carnet de croix a de quoi impressionner :

  • En 2023, il enchaînait “The Game” 8C
  • En 2025, il s’offrait l’un des 8C+ les plus mythiques de la planète, “Creature of the Black Lagoon”, avant d’enchaîner “Defying Gravity” 8C en une séance (!!)
  • Cette année 2026 commence fort avec son premier 9A, “No One Mourns the Wicked”.

© Bryce Bozovich


Lire aussi

Ce jeune ado de 14 ans enchaîne un 8C bloc !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise