Le contenu

Author Archives: Nicolas Mattuzzi

JO de Los Angeles 2028 : le système de qualification dévoilé (+ notre analyse)

03 Fév

La route vers Los Angeles est désormais tracée. La Fédération Internationale vient d’officialiser, après validation par le Comité International Olympique, le système de qualification pour les Jeux Olympiques de LA 2028.

Une annonce très attendue, qui confirme plusieurs tendances fortes et pose un cadre clair pour les grimpeurs engagés dans la course olympique.


Trois disciplines, trois médailles… et 76 grimpeurs au total

Pour la troisième apparition de l’escalade aux Jeux Olympiques, et la première en tant que sport pleinement intégré au programme olympique, le format reste inchangé sur un point essentiel : bloc, difficulté et vitesse seront des disciplines totalement indépendantes, chacune couronnée par ses propres titres olympiques.

Au total, 76 athlètes prendront part aux épreuves d’escalade à Los Angeles :

  • Bloc : 12 femmes et 12 hommes
  • Difficulté : 12 femmes et 12 hommes
  • Vitesse : 14 femmes et 14 hommes

Chaque Comité National Olympique (CNO) pourra engager au maximum deux grimpeurs par genre et par discipline, une règle qui continue de limiter les délégations les plus dominantes… mais qui permet de maintenir une diversité internationale sur les murs olympiques.

© World Climbing

Un parcours de qualification en deux temps

Comme pour Paris 2024, la qualification s’articulera autour de grands rendez-vous internationaux, avec une montée en puissance progressive.

Les premières places dès 2027
Environ la moitié des quotas olympiques seront attribués dès 2027, à l’occasion de compétitions majeures :

  • Jeux Européens (Istanbul, juin 2027)
  • Jeux Panaméricains (Lima, juillet 2027)
  • Championnats du Monde (Brno, août 2027)
  • Qualifications continentales (Afrique, Asie, Océanie – dates et lieux à venir)

À chaque fois, une seule place par genre et par discipline sera en jeu sur ces événements, ce qui promet d’ores et déjà une pression maximale puisque seuls les vainqueurs prendront leur ticket pour les JO!

© World Climbing

Le grand rendez-vous final : l’Olympic Qualifier Series 2028
Les dernières places se joueront en 2028 lors de l’Olympic Qualifier Series (OQS), composée de trois étapes, dont les lieux et dates seront annoncés ultérieurement. Un format désormais bien connu des grimpeurs, qui récompense la régularité sur plusieurs compétitions.

C’est là que se décidera l’essentiel… En bloc et difficulté, il y aura au minimum 4 places par genre et 6 places par genre en vitesse.

Qualification croisée bloc/diff : une idée séduisante… mais ambiguë ?

La fédération internationale confirme la possibilité de qualification croisée entre le bloc et la difficulté. Un grimpeur qualifié dans les deux disciplines ne comptera que pour un seul quota dans le total des 76 athlètes, ce qui permet théoriquement d’augmenter légèrement le nombre de participants dans l’autre discipline.

Sur le papier, le principe semble vertueux. Mais dans les faits, il pourrait produire l’effet inverse. Pour une fédération, un athlète qui se qualifie en bloc et en difficulté ne compte que pour un seul quota, et libère donc une place supplémentaire dans l’une des disciplines… potentiellement pour un autre pays. Résultat possible : les fédérations auront peut-être une préférence pour spécialiser leurs grimpeurs, plutôt que d’encourager des profils polyvalents. Attention, cette règle ne concerne pas la vitesse, dont le format reste strictement limité à 14 athlètes par genre, sans possibilité d’extension.

© World Climbing

Sans surprise, le système prévoit également : 1 place par genre et par discipline pour le pays hôte, les États-Unis, si ceux-ci ne se qualifient pas par la voie classique et 1 place d’universalité par genre et par discipline, attribuée par la commission tripartite du CIO, afin d’assurer une représentation mondiale plus large.

Pour bien comprendre

Si vous comptez bien, pour le bloc et la difficulté, nous avons par genre, 6 athlètes sur les épreuves continentales et le championnat du monde + 4 athlètes sur les OQS, ce qui nous amène à 10. Il faudra ajouter si ce n’est pas encore fait, un athlète par genre issus du pays hôte, et un athlète par genre tripartite pour arriver au quota de 12 athlètes par genre. Si le pays hôte a d’ores et déjà qualifié ses athlètes, une place de plus pourra être libérée pour les OQS.

Notre analyse

C’est sans doute le point qui fait le plus débat : 12 athlètes par genre et par discipline en bloc et en difficulté, c’est très peu. À ce niveau, les demi-finales risquent d’être expéditives, les finales ultra resserrées, et la compétition olympique pourrait donner une impression de format “miniature” par rapport aux standards des Championnats du Monde ou des Coupes du Monde. À la rédaction, certains vont même jusqu’à estimer que, faute de quotas suffisants, un format combiné bloc/difficulté aurait presque été plus cohérent que deux disciplines séparées avec des quotas aussi restreints.

Autre conséquence directe de ces quotas serrés : la représentation internationale risque de se réduire. Les grandes nations de l’escalade mondiale (Japon, États-Unis, France, Slovénie…) auront les moyens d’optimiser leurs quotas, tandis que chaque place “continentale” (Afrique, Océanie notamment) pèsera très lourd dans un champ limité à 12 grimpeurs.

© World Climbing

Enfin, le système qualificatif interroge par sa densité : Jeux continentaux, Championnats du monde, qualifications continentales, Olympic Qualifier Series… Tout cela pour qualifier un nombre très limité d’athlètes. Un dispositif jugé énergivore, coûteux, et qui pourrait, une fois encore, perturber les saisons de Coupe du Monde 2027 et 2028, avec des grimpeurs qualifiés tôt qui lèveront logiquement le pied…

Un cadre contraint, dicté par le CIO

Ce système s’inscrit dans un cadre fixé par le CIO, avec un quota global non négociable. Dans ces conditions, la fédération internationale a cherché à conserver : plusieurs opportunités de qualification, une représentation continentale minimale, et une logique proche de Paris 2024.

Reste que, pour de nombreux observateurs, le véritable enjeu pour l’avenir de l’escalade olympique sera l’augmentation des quotas, sans quoi le sport risque de continuer à évoluer dans un format trop étroit pour refléter pleinement sa richesse et sa profondeur.

À trois ans des Jeux, les cartes sont désormais sur la table. Pour les grimpeurs et grimpeuses qui visent Los Angeles, le compte à rebours est officiellement lancé !


Lire aussi

JO 2028 : un mur d’escalade au bord du Pacifique, sur la plage de Long Beach en Californie !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Il enchaîne ce 9A bloc après plus de 100 séances et quatre ans de lutte !

02 Fév

C’est l’une des performances les plus marquantes de ce début d’année 2026. À Red Rock dans le Nevada, l’Américain Nathan Williams a finalement réussi “Return of the Sleepwalker” le mythique 9A de Daniel Woods.

Une réussite qui prend une dimension toute particulière quand on sait que plus de 100 séances lui ont été nécessaires !


Une bataille entamée en 2022

Libéré en 2021 par Daniel Woods, “Return of the Sleepwalker” (la version assise de “Sleepwalker”) est entré dans l’Histoire comme le premier 9A des États-Unis. Et on peut dire que Nathan Williams connaît bien la ligne ! Dès 2020, il répétait “Sleepwalker” (8C+ à l’époque, aujourd’hui plutôt consensuellement évalué à 8C). Il n’attaque réellement la version assise qu’en 2022, lançant alors ce qui allait devenir une lutte de fond étalée sur plusieurs saisons…

© Coll. Williams

Sur Instagram, Williams parle lui-même de « bataille épique ». Une expression loin d’être galvaudée : plus de 100 séances, étalées sur quatre ans, pour un seul bloc. À ce niveau de difficulté, cet investissement est tout simplement colossal, y compris parmi les meilleurs grimpeurs de la planète.

« Je ne voulais pas que le bloc gagne », écrit-il. « L’épreuve était autant mentale que physique. »

Le choix de la “vieille” méthode

Au fil des années, “Return of the Sleepwalker” a vu émerger de nouvelles méthodes, notamment pour le départ bas, en particulier favorables aux grimpeurs les plus grands. Des méthodes jugées plus efficaces, mais aussi plus éloignées de l’esprit initial de la ligne.

Nathan Williams a fait un choix fort : revenir à la méthode originale, celle utilisée par Daniel Woods lors de la première ascension. Un départ plus exigeant physiquement, mais aussi plus fidèle à l’idée qu’il s’était fixé dès le départ. « La nouvelle méthode rendait le bas plus rapide, mais je ne m’y retrouvais pas. C’était dur pour mon poignet et ne correspondait pas à l’idée que je me faisais de ce bloc. »

© Coll. Williams

Le 9A le plus répété au monde

“Return of the Sleepwalker” compte désormais huit ascensions (Daniel Woods, Will Bosi, Noah Wheeler, Simon Lorenzi, Ryuichi Murai, Zach Galla, Adam Shahar… et maintenant Nathan Williams), ce qui en fait le 9A le plus répété au monde.

À titre de comparaison, “Alphane” compte six ascensions, tandis que “Burden of Dreams” ou “Soudain Seul” en totalisent cinq. Les autres 9A restent pour la plupart peu ou pas répétés.

Avant “Return of the Sleepwalker”, le bloc au sommet du carnet de croix de Williams était “Creature from the Black Lagoon” 8C+, un bloc de Daniel Woods enchaîné en septembre 2024 dans le Rocky Mountain National Park, au Colorado. Il a également répété de nombreux classiques des États-Unis durs, comme “The Wheel of Wolvo” 8B+ à Lincoln Lake (Colorado), “Brass Knuckles” 8B+ à Dayton Pocket (Tennessee) ou encore “Esperanza” 8B+ à Hueco Tanks.

© Coll. Williams

Au-delà de la cotation, une leçon de persévérance

Si le débat autour du niveau revient régulièrement (certains répétiteurs ayant récemment questionné la cotation) la performance de Nathan Williams met surtout en lumière l’ampleur de l’engagement nécessaire pour parvenir à dompter ce bloc : des années de travail, une persévérance totale et la capacité à revenir inlassablement sur un même projet.

Mettre plus de 100 séances dans un seul bloc, sans abandonner et en restant fidèle à sa vision du défi : voilà peut-être l’enseignement le plus fort de cette ascension.


Lire aussi

Adam Sahar remet en question le 9A de « Return of the Sleepwalker »

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Adam Sahar remet en question le 9A de « Return of the Sleepwalker »

31 Jan

En décembre dernier, Adam Sahar enchaînait “Return of the Sleepwalker” 9A à Red Rocks, mais il remet en question la cotation sur laquelle tous les grimpeurs qui ont répété cette ligne s’étaient mis d’accord.

Un simple point d’interrogation peut parfois lancer de grands débats… C’est exactement ce qu’a fait Adam Sahar en publiant récemment la vidéo de son ascension de “Return of the Sleepwalker”, mythique bloc de Red Rocks jusqu’ici unanimement coté 9A.

Âgé de seulement 20 ans, le grimpeur américain avait réalisé la répétition de ce bloc en décembre dernier, bouclant ainsi un gros projet personnel. Une aventure débutée quatre ans plus tôt, lorsqu’il assistait aux efforts de Daniel Woods lors de la première ascension, et poursuivie il y a un an avec l’enchaînement de “Sleepwalker” 8C, la version originale du bloc.

© Yulen Calleja Ordiz

Au moment de son enchaînement, Adam Sahar confiait déjà avoir beaucoup réfléchi et échangé autour de la cotation réelle de la ligne. Mais sur le coup, le jeune grimpeur avait choisi de savourer l’instant, laissant toute analyse approfondie pour plus tard.

Cette réflexion n’a, pour l’instant, pas été explicitement formulée. En revanche, le message est clair : dans la vidéo brute de son ascension, publiée sur YouTube, la cotation apparaît accompagné d’un discret mais lourd de sens « 9A ? », affiché en rouge. Une manière de questionner une cotation jusqu’ici acceptée par l’ensemble des répétiteurs. Sans déclaration fracassante ni prise de position définitive, Adam Sahar rouvre ainsi le débat autour de l’un des blocs les plus emblématiques du neuvième degré.

De quoi rappeler la subjectivité inhérente aux cotations extrêmes, et montrer que même au plus haut niveau, rien n’est jamais totalement figé.


Lire aussi

Et de quatre ! Simon Lorenzi enchaîne “Return of the Sleepwalker” 9A après une bataille acharnée !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

Oliana : Chris Sharma en première ligne pour défendre l’accès aux falaises

30 Jan

Un mois après l’annonce d’un arrêté laissant planer le doute sur une possible interdiction de l’escalade à Oliana, la situation s’éclaircit enfin. Vendredi dernier, une réunion décisive s’est tenue entre grimpeurs de premier plan, élus locaux et représentants du Département de la Culture de Catalogne.

Verdict : l’escalade reste autorisée à Oliana !


Une réunion clé pour lever les ambiguïtés

C’est à la mairie de Peramola que s’est tenu l’échange, en présence de Chris Sharma, Patxi Usobiaga, Nicolas Durand et Victor Fernandez, face aux autorités locales et au Département de la Culture catalan. Objectif : clarifier les nouvelles règles d’accès publiées le 18 décembre dernier, qui évoquaient une interdiction des « activités sportives impliquant l’escalade » dans une zone archéologique autour du Roc de Rumbau.

Pour rappel, ce secteur emblématique abrite certaines des voies les plus dures et les plus célèbres au monde, dont notamment “La Dura Dura” 9b+.

Il n’y a pas d’interdiction de grimper.

Département de la Culture catalan

À l’issue de la réunion, le message est clair et rassurant. Selon Nicolas Durand, guide et acteur majeur de l’escalade locale, le Département de la Culture a officiellement reconnu qu’aucune interdiction de l’escalade n’était en vigueur. « Ils ont clarifié le fait qu’il n’y a pas de bannissement de l’escalade, et reconnu qu’à leur connaissance, l’activité n’a causé aucun impact sur les peintures rupestres. C’est plutôt rassurant. »

Les autorités ont également précisé que l’arrêté ne faisait pas suite à l’incendie de 2022, contrairement à ce que beaucoup redoutaient, mais s’inscrivait dans un processus administratif entamé dès 2019, visant à se conformer aux exigences de protection UNESCO concernant les peintures rupestres.

Un problème de forme… et de coordonnées

L’une des principales sources de confusion provenait du manque de précision du décret, résumé en quelques lignes seulement, et surtout de coordonnées GPS erronées, définissant mal les limites entre zone archéologique et zone de protection. Un point crucial, puisque ces imprécisions laissaient entendre que des dizaines de voies existantes pouvaient être concernées.

Bonne nouvelle : une inspection de terrain conjointe va désormais être menée. Les grimpeurs présents à la réunion (Durand, Sharma, Usobiaga et Fernandez) participeront directement au travail de redéfinition des zones, afin d’établir des limites claires et réalistes. « Leur objectif est simplement de s’assurer que les peintures ne sont pas en danger, ni par le passage des grimpeurs, ni par d’éventuelles chutes de blocs. À ma connaissance, aucune voie équipée ne menace ces peintures », précise Durand.

Screenshot

Les représentants du patrimoine ont reconnu qu’aucun impact négatif lié à l’escalade n’avait été constaté jusqu’à présent. Une reconnaissance importante, qui va dans le sens de ce que défend la communauté locale depuis le début : la cohabitation entre escalade et patrimoine fonctionne à Oliana depuis des décennies. Déjà en 2014, des ajustements avaient été réalisés en concertation, avec la suppression de certains départs de voies et la mise en place de protections spécifiques autour des peintures.

Oliana reste ouverte et sous dialogue

Pour l’instant, l’accès aux falaises d’Oliana reste donc ouvert et autorisé. Si des ajustements sont à prévoir à l’avenir, ils se feront cette fois dans un cadre de dialogue, avec les grimpeurs et les acteurs locaux autour de la table.

Une issue qui rappelle une nouvelle fois que concertation et communication restent les clés pour préserver à la fois les sites naturels, le patrimoine culturel et les hauts lieux de notre sport.


Lire aussi

L’escalade est-elle interdite à Oliana ? On fait le point.

Voir l'article 1 Reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

Dans la tête d’Alex Honnold : que se passe-t-il vraiment dans son cerveau quand il grimpe en solo ?

29 Jan

En s’élançant récemment à l’assaut de la tour Taipei 101 haute de 508 mètres, Alex Honnold a une nouvelle fois repoussé les limites de ce que l’on croyait possible en solo intégral. Suspendu au-dessus du vide, sans corde, sans système de protection, il a grimpé avec le même calme déroutant, qui fait sa signature depuis plus de quinze ans. À chaque nouvel exploit, la même question revient, lancinante : comment est-ce possible ? Qu’est-ce qui se passe, exactement, dans la tête d’Alex Honnold quand la moindre petite zipette de pied serait fatal ?

Cette question, des scientifiques* se la sont posée bien avant Taipei. Il y a quelques années, une équipe de neuroscientifiques a tenté d’y répondre en observant directement… son cerveau. À une époque où la prise de risque est souvent associée à l’inconscience ou à l’adrénaline pure, Honnold semble évoluer dans un registre totalement différent, presque clinique, où chaque geste paraît maîtrisé, anticipé, accepté. Alors comment est-ce possible ? Enquête !


Honnold, un grimpeur pas comme les autres… jusque dans sa biologie !

Alex Honnold n’est pas seulement le soloïste le plus célèbre de l’Histoire de l’escalade. Il est devenu un vrai cas d’étude. Car là où la plupart d’entre nous ressentent un vertige immédiat, une montée d’adrénaline incontrôlable ou une peur paralysante, Honnold décrit souvent ses ascensions comme… normales. « Un peu angoissante parfois », oui. Mais jamais incontrôlables. Une perception radicalement différente du danger, qui interroge autant qu’elle fascine, y compris au sein de la communauté scientifique.

Intriguée par cette apparente absence de panique, la neuroscientifique américaine Jane Joseph décide alors de le soumettre à une série de tests en imagerie cérébrale (IRM fonctionnelle). L’objectif : observer l’activité de son amygdale, une petite structure en forme d’amande nichée au cœur du cerveau, connue pour jouer un rôle central dans la détection du danger et la réponse à la peur. Allongé dans un scanner, Honnold est exposé à des centaines d’images conçues pour provoquer une réaction émotionnelle forte : scènes violentes, images choquantes, situations à forte charge affective. Chez la quasi-totalité des sujets testés jusque-là, l’amygdale s’active immédiatement. Chez Honnold ? Rien.

Le technicien James Purl et la neuroscientifique Jane E. Joseph ont placé Honnold dans un appareil d’IRM afin de mesurer son niveau de peur © NGC Network International

Les images défilent, mais son amygdale reste étonnamment silencieuse. Là où celle d’un autre grimpeur, pourtant habitué à l’exposition, s’illumine clairement, celle de Honnold demeure quasiment inactive. Son cerveau perçoit l’information… mais ne déclenche pas de réponse de menace. Un résultat si atypique qu’il a conduit les chercheurs à vérifier à plusieurs reprises les données, tant elles sortaient des standards habituels.

Ainsi, pour les chercheurs, le constat est clair : Alex Honnold ne traite pas le danger comme la majorité des êtres humains.

Une façon de vivre la peur autrement…

Attention toutefois à une idée reçue : Honnold n’est pas « sans peur ». Lui-même l’a souvent répété. Lors de certains passages exposés, comme la mythique “Thank God Ledge” sur Half Dome, il reconnaît avoir ressenti une tension réelle. La différence est ailleurs.

Chez lui, la peur existe, mais elle reste contenue, canalisée, presque fonctionnelle. Elle ne l’envahit pas. Elle ne déborde pas sur la motricité, la prise de décision ou la concentration. Son cortex préfrontal (la zone du cerveau impliquée dans le contrôle, l’anticipation et la planification) semble capable de garder la main, même en situation extrême. Autrement dit : quand le cerveau de beaucoup d’entre nous crie « danger !!! », celui d’Honnold analyse, évalue… et continue.

Absence de peur : les scanners comparent le cerveau de Honnold (à gauche) à celui d’un sujet témoin (à droite), un grimpeur d’âge similaire. Les repères indiquent l’amygdale. Alors que les deux grimpeurs regardent les mêmes images stimulantes, l’amygdale du sujet témoin s’illumine, tandis que celle de Honnold reste inerte, ne montrant aucune activité © Jane Joseph

Cette particularité n’est pas seulement innée. Les scientifiques sont formels : le cerveau se façonne avec l’expérience. Depuis ses premières ascensions en solo, Honnold a répété les mêmes processus encore et encore : préparation méticuleuse, répétition des mouvements, visualisation précise de chaque séquence, anticipation de tous les scénarios possibles… Y compris les plus négatifs, qu’il prend le temps d’accepter mentalement avant même de quitter le sol.

En neurosciences, on appelle cela la reconsolidation des souvenirs : à force d’exposer le cerveau à une situation perçue comme dangereuse, mais maîtrisée avec succès, la peur associée s’atténue. Le cerveau apprend que la situation, bien que risquée, est « gérable ». Chez Honnold, ce mécanisme a été poussé à un niveau extrême.

Alex Honnold lors de son solo du gratte ciel Taipei 101, diffusé en direct sur Netflix © Coll. Honnold

Le goût du risque… sans l’impulsivité

Autre point clé : Alex Honnold est ce que les chercheurs appellent un « chercheur de super sensations ». Il recherche des expériences intenses, mais avec un niveau de contrôle exceptionnel. Contrairement à d’autres profils attirés par le danger (dans les sports mécaniques, les jeux d’argent ou les conduites addictives), Honnold associe cette recherche de sensations à une discipline rigoureuse, presque ascétique. Pas d’alcool, pas de drogues, peu de distractions. Tout est orienté vers la performance et la maîtrise. C’est probablement cette combinaison rare d’appétence pour l’exposition + contrôle mental extrême qui rend ses solos possibles.

Vu sous cet angle, le solo de la tour Taipei 101 n’est pas un coup de folie. Il s’inscrit dans une continuité. Même précision chirurgicale que sur El Capitan ou Half Dome, même hauteur vertigineuse, même risque… simplement transposée sur une façade de verre et d’acier. Là où le commun des mortels verrait une situation totalement hors norme, le cerveau d’Honnold reconnaît un terrain déjà connu : exposition, mouvements simples, engagement total.

Honnold explique qu’il a commencé à grimper en solo parce qu’il était « trop timide pour aller voir des inconnus sur une falaise et leur demander s’ils voulaient faire équipe avec lui » © Coll. Honnold

Un cerveau hors norme… mais pas invincible

Les chercheurs restent toutefois prudents. Cette faible réactivité à la peur peut aussi comporter des risques : sous-estimer certaines situations, repousser toujours plus loin le curseur, chercher des stimulations toujours plus fortes.

Honnold lui-même en est conscient. Et c’est peut-être là, paradoxalement, que réside sa plus grande force : savoir qu’il doit se méfier de son propre calme…

*Les éléments scientifiques évoqués dans cet article sont issus d’une enquête approfondie publiée en 2016 sur les travaux de neuroscientifiques ayant étudié l’activité cérébrale d’Alex Honnold lors de tests en IRM.


Lire aussi

Alex Honnold réussit son solo intégral du Taipei 101 !

Voir l'article 1 Reply

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG

« Kintsugi » : quand Oriane Bertone s’accorde une parenthèse loin de la performance

28 Jan

Certaines aventures ne se mesurent pas en résultats ou en médailles… Elles se vivent, elles se ressentent. Et parfois, elles se racontent à travers le silence. C’est précisément cette autre facette du parcours d’athlète qu’Oriane Bertone a choisi de partager, annonçant la sortie prochaine de “Kintsugi”, un film intime et profondément humain.

Après une saison 2025 particulièrement dense, conclue par une médaille d’argent aux Championnats du Monde à Séoul, Oriane Bertone a ressenti le besoin de marquer une pause. Avant de rentrer en France et de tourner définitivement la page de cette année exigeante, la grimpeuse française est partie plusieurs semaines en voyage, entre la Corée du Sud et le Japon, accompagnée de son copain Adrien Lemaire et du vidéaste Yulen Calleja.

Certaines aventures ne peuvent pas vraiment se raconter. Elles sont faites pour être vécues, ressenties, et gravées quelque part entre le corps et le cœur. Pour moi, celle-ci fait exactement partie de cette catégorie, et j’ai envie de vous en parler 🤍

Oriane Bertone

© Yulen Calleja Ordiz

Un périple volontairement éloigné de ses standards habituels. Pas de plan d’entraînement, pas de compétition, ni de pression de résultats. L’idée était simple : prendre le temps, retrouver le plaisir de grimper pour le mouvement, et s’accorder une vraie respiration après l’enchaînement des compétitions internationales.

Dans un long message publié sur Instagram, Oriane Bertone évoque ce besoin de silence et de recul après être passée tout près d’un titre mondial. Une période charnière, souvent peu visible dans le sport de haut niveau, mais essentielle pour se reconstruire physiquement et mentalement. « Ce qui se passe entre les compétitions, entre les titres et les entraînements, fait aussi partie du parcours », explique-t-elle.

Un voyage entre grimpe, rencontres et contemplation

Pendant près d’un mois, le trio a sillonné la région entre Séoul et Tokyo, alternant trajets en train, découvertes culturelles, balades et sessions de grimpe sans enjeu. Des journées rythmées par la marche, les cafés de quartier, les temples noyés dans la brume matinale et l’agitation des rues japonaises, bien loin de l’ambiance des salles d’isolement des compétitions.

© Yulen Calleja Ordiz

Il y a eu beaucoup d’émotions partagées, des éclats de rire, une fatigue douce, des silences qui en disent plus que les mots, et ce rare sentiment d’être exactement là où l’on est censé être.

Oriane Bertone

Une parenthèse volontairement simple, faite de moments partagés, de rires, de fatigue « douce » et de silences, qui rappelle pourquoi beaucoup ont commencé l’escalade : pour le plaisir du mouvement et de l’exploration, avant toute notion de performance.

“Kintsugi”, la naissance d’un film intime

De ce voyage est né Kintsugi, un film que l’équipe décrit comme une tentative de capturer ces instants souvent invisibles. Le titre fait référence à l’art japonais qui consiste à réparer les objets brisés en soulignant leurs fissures, une métaphore assumée du cheminement personnel et sportif d’une athlète de haut niveau.

Ce voyage m’a appris à rêver sans rien poursuivre, à ressentir sans mesurer, à simplement être, juste pour un instant. Nous avons essayé de capturer un peu de cette magie à l’écran, de raconter une histoire là où les mots ne suffisent pas.

Oriane Bertone

© Yulen Calleja Ordiz

Le film sera projeté en avant-première le 7 février chez Arkose Issy-les-Moulineaux, en présence des protagonistes. Une occasion de découvrir une autre facette d’Oriane Bertone, loin des podiums, à quelques mois de son retour sur le circuit international, attendu au printemps 2026…


Lire aussi

La malédiction de l’argent : Oriane Bertone et Mejdi Schalck, l’or échappé du bout des doigts

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Un nouveau 9c vient d’être révélé… après avoir été gardé secret pendant un an !

26 Jan

Le monde de l’escalade vient de trembler. Sean Bailey a annoncé avoir réalisé “Duality of Man”, une voie pour laquelle il propose la cotation ultime de 9c. Un niveau stratosphérique, qui place immédiatement cette ligne parmi les quatre seules 9c jamais proposées dans l’Histoire, aux côtés de “Silence” (Adam Ondra), “B.I.G.” (Jakob Schubert) et “DNA” (Seb Bouin).

L’annonce a été faite sobrement, via un post Instagram, mais son impact est colossal…


“Duality of Man”, un projet hors norme en Arizona

Située à Dry Canyon, en Arizona, “Duality of Man” est le fruit d’un engagement exceptionnel. Sean Bailey évoque quatre années de travail, dans des conditions loin d’être idéales : « Dry Canyon n’offrait pas les conditions les plus favorables. Avec seulement une heure ou deux d’ombre par jour et des fenêtres météo très irrégulières, j’ai dû faire preuve d’un niveau de patience totalement nouveau par rapport à toutes les autres voies que j’ai déjà grimpées », explique Sean.

L’Américain de 29 ans ne cache pas l’ampleur de l’effort consenti : « C’est de loin le projet sur lequel j’ai passé le plus de temps, celui qui m’a le plus obsédé, et tout simplement la chose la plus dure que j’aie jamais grimpée. »

Selon les rumeurs qui circulaient déjà depuis plusieurs mois dans le milieu, l’ascension aurait en réalité été réalisée début 2025, mais volontairement gardée secrète jusqu’à aujourd’hui… Pourquoi attendre près d’un an avant de rendre l’ascension publique ? La réponse semble simple : “Duality of Man” sera l’un des segments majeurs du Mellow Film Tour, une tournée organisée par Mellow, qui propose une sélection de films soigneusement produits et centrés sur des performances de très haut niveau.

© Coll. Bailey

Un cercle encore plus fermé au sommet du très haut niveau !

Avec “Duality of Man”, Sean Bailey entre dans un club ultra-exclusif. Il rejoint Adam Ondra et Jakob Schubert parmi les seuls grimpeurs de l’Histoire à avoir enchaîné à la fois un 9A bloc et un 9c en voie. Mais l’Américain pousse même la statistique un cran plus loin : il est le premier grimpeur à avoir réalisé la première ascension d’un 9A bloc et d’un 9c en voie.

Côté bloc, Sean Bailey affiche également une régularité impressionnante au sommet de la pyramide, avec trois blocs en 9A à son actif (“Arrival of the Birds”, “Alphane”, “Shaolin). Jakob Schubert en compte deux (“Mount Doom”, “Alphane”) et Adam Ondra un (“Soudain Seul”).

Ce qui rend la performance de Sean Bailey encore plus remarquable, c’est la polyvalence absolue du grimpeur américain. Médaillé d’or en Coupe du Monde de bloc et de difficulté, Bailey incarne cette génération capable de briller en compétition comme sur le rocher. Avec ce 9c, il complète un palmarès déjà exceptionnel et s’installe définitivement parmi les légendes contemporaines de l’escalade.

Les principales croix de Sean Bailey

Bloc :

  • “Arrival of the Birds” 9A (1ère répétition ascension)
  • “Alphane” 9A
  • “Shaolin” – 9A (1ère ascension)
  • “Floatin” – 8C+
  • “Devilution” – 8C+ (1ère ascension)
  • “Grand Illusion” – 8C+ (1ère répétition ascension)
  • “From Dirt Grows the Flowers” – 8C
  • “Eye in the Sky” – 8C
  • “The Doors of Perception” – 8C (1ère ascension)
  • “Lucid Dreaming” – 8C
  • “Pegasus” – 8C (1ère répétition)
  • “Box Therapy” – 8C

Voies :

  • “Bibliographie” – 9b+
  • “Joe Mama” – 9a+
  • “First Ley” – 9a+
  • “Biographie” – 9a+

Et maintenant ?

À ce jour, aucune des voies proposées en 9c n’a encore été répétée. “Silence” reste celle qui a suscité le plus de tentatives de la part des meilleurs grimpeurs mondiaux, et les retours concordent tous vers la crédibilité de la cotation. Toutes ces lignes ont nécessité plusieurs saisons d’efforts, même pour les plus grands. Le cap du 9c semble solidement installé, et celui du 9c+ ou du 10a encore lointain…

Mais une chose est sûre : avec “Duality of Man”, Sean Bailey vient d’écrire une nouvelle page majeure de l’Histoire de notre sport. Et le film, lui, promet déjà d’être immanquable.


Lire aussi

Sean Bailey signe la première répétition de “Arrival of the Birds” 9A

Voir l'article 1 Reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Demi-finales du Championnat de France de bloc 2026 : les résultats de Chaumont et Chamonix

26 Jan

Le week-end dernier, les demi-finales du Championnat de France de bloc 2026 se déroulaient simultanément sur deux sites : Chaumont pour le secteur Nord et Chamonix pour le secteur Sud. Une étape charnière du calendrier fédéral, à mi-chemin entre les championnats régionaux et l’échéance nationale, avec un objectif clair : décrocher sa place pour le Championnat de France.


Jeunes et seniors étaient réunis sur ces deux compétitions assimilables à de véritables inter-régions, où la densité du niveau et la pression du résultat ont rapidement fait la différence.

Retrouvez l’ensemble des résultats détaillés des demi-finales Nord (Chaumont) et Sud (Chamonix) ci-dessous :

Résultats demi-finales Nord – Chaumont 
Résultats demi-finales Sud – Chamonix 

Une étape qualificative décisive vers le Championnat de France

À l’issue de ces demi-finales, les grimpeurs et grimpeuses qualifiés poursuivront leur parcours les 7 et 8 février à Mâcon pour les Championnats de France jeunes, et les 13 et 14 février à Montmartin-sur-Mer pour le Championnat de France seniors.

Pour rappel, sont qualifiés pour les Championnats de France :

  • les pré-qualifiés (champions et championnes de France en titre, membres des équipes de France),
  • les 14 premiers du classement provisoire de la Coupe de France de bloc, arrêté 15 jours avant les championnats régionaux,
  • les 36 grimpeurs issus des demi-finales, répartis équitablement entre Nord et Sud (18 + 18).

Retour sur les finales seniors de Chaumont et Chamonix

En marge des qualifications, les finales seniors ont offert un beau spectacle dans les deux villes. À Chaumont, Clothilde Morin s’impose de quelques essais seulement face à Lou Auclair, tandis que Lola Slavazza complète le podium au terme d’une finale disputée.

Du côté des hommes, Manu Cornu confirme son bon état de forme en remportant la finale avec un bloc d’avance sur Antoine Prissimitzis, tandis que Ratinay Jacquemard s’empare du bronze.

À Chamonix, chez les femmes, la victoire revient à Emie Brault, impériale en finale et très propre dans l’exécution du second bloc, qu’elle flashe, ce qui lui vaudra la victoire. Elle est suivie de près par Elsa Ravinet et Juliette Abram, qui complètent le podium.

Chez les hommes, Younes Aubert-Masmoudi s’impose au terme d’une finale particulièrement serrée, devant Joseph Perrin et Lilian Bonniot, dans un trio où chaque essai comptait.


Lire aussi

La TITAN World League : vers une nouvelle ère de compétitions standardisées ?

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Alex Honnold réussit son solo intégral du Taipei 101 !

25 Jan

Cette fois, c’est fait ! Dans la nuit de samedi à dimanche, Alex Honnold a bien réussi à grimper les 508 mètres de la tour Taipei 101 en solo intégral, sans corde ni dispositif de sécurité. Après un report de 24 heures imposé par des conditions météo défavorables, l’Américain a pu s’élancer sur la façade du plus haut bâtiment de Taïwan et mener son projet à terme, sous les yeux du monde entier.

Honnold a débuté son ascension peu après 6 heures du matin à Taipei (heure locale), une fois les surfaces de verre et d’acier parfaitement sèches. L’ascension de la tour haute de 508 mètres lui a demandé exactement 1 heure et 31 minutes et 34 secondes, un temps très proche de ce qu’il avait anticipé. Tout au long de son ascension, le monde entier suivait sa progression dans le cadre de l’émission Skyscraper Live, alternant images en direct, séquences de préparation et réactions de ses proches.

Micro et caméra embarqués, Honnold est resté connecté avec l’équipe de production pendant toute l’ascension. En bas, sa femme Sanni McCandless confiait avant son départ tenter de « rester calme et profiter du moment », tandis que des millions de spectateurs retenaient leur souffle. « Il fait simplement ce qu’il aime », terminait-elle juste avant qu’Alex démarre.


Un solo urbain dans le livre des records

Avec cette ascension, Alex Honnold signe tout simplement le plus grand solo urbain jamais réalisé. Le Taipei 101 dépasse de plus de 50 mètres les tours Petronas à Kuala Lumpur (Malaisie), culminant à 452 m, que le Français Alain Robert avait grimpées en 2009.

Bien que Robert détienne le record de l’ascension du plus haut bâtiment du monde, le Burj Khalifa à Dubaï (828 mètres), celle-ci avait été réalisée avec l’aide d’une corde. Cela fait de l’ascension de Taipei 101 par Honnold le plus grand solo urbain jamais accompli.

© Coll. Netflix

Le tracé n’avait rien d’anodin : sections en dalle au départ, passages plus déversants dans les célèbres “bamboo boxes” de la tour, éléments architecturaux répétitifs mais exigeants, puis un final particulièrement physique dans la flèche sommitale. En termes de difficulté pure, Honnold évoquait un niveau autour du 6c, bien en deçà de ses limites maximales, mais avec une exposition permanente et absolue, pendant plus de 90 minutes non-stop.

Le moment fort de l’ascension

Environ quinze minutes après le début de sa montée, Honnold est arrivé au pied d’une structure d’acier torsadée : le premier des dix “dragons” abstraits du bâtiment, hauts d’environ cinq mètres chacun. « Ils ne vont pas cracher du feu, hein maman ? », a demandé mon fils de trois ans (qui vient tout juste de commencer l’escalade) alors que nous regardions la retransmission.

Honnold a jeté un coup d’œil à travers la vitre devant lui, où un groupe d’enfants s’était rassemblé pour l’encourager. Il les a checkés à travers la vitre, mais ils étaient trop occupés à prendre des photos et des vidéos. « Ah les jeunes d’aujourd’hui… », a plaisanté Honnold en plongeant les mains dans sons sac à pof juste sous le premier dragon. Il a ensuite levé les yeux vers le dévers, observé la structure quelques secondes, avant de s’engager directement sur l’élément. Une fois au sommet du dragon, il s’est retourné vers la foule et a esquissé un petit signe de la main. « Quelle journée à Taipei », a-t-il lancé, avant de reprendre sa progression.

© I-HWA CHENG

Vêtu de son emblématique t-shirt rouge et de chaussons jaunes sur mesure, le grimpeur de 40 ans a atteint le sommet des 101 étages après 91 minutes d’effort. Une fois arrivé en haut, il a pris quelques secondes pour contempler la ville, lever les bras en signe de victoire et immortaliser l’instant par un selfie, sous les applaudissements nourris de centaines de personnes rassemblées au pied de la tour.

Visiblement éprouvé mais souriant, Honnold confiait à chaud : « Je suis vraiment content… et assez fatigué. La fin était très physique, mes bras commençaient vraiment à tirer. »

Un événement qui divise, mais qui marque l’histoire

Depuis son annonce, ce projet suscitait autant de fascination que de critiques… Certains s’inquiétaient du niveau de risque pris par un grimpeur devenu figure publique, mari et père. D’autres questionnaient la pertinence d’un tel événement diffusé en direct sur Netflix. Mais pour Honnold, le raisonnement est resté simple : une autorisation exceptionnelle de grimper sur l’un des plus hauts gratte-ciels de la planète, une ligne dans ses capacités, et une opportunité qu’il ne voulait pas laisser passer.

© Coll. Netflix

La présidente du Taïpei 101, Janet Chia, s’est dite ravie de l’événement, évoquant un « événement épique » qui « valait assurément l’attente », tout en saluant l’engouement du public, certains ayant fait le déplacement depuis Singapour, Hong Kong ou le sud de Taïwan.

Qu’on y voie un exploit sportif, une performance médiatique, ou un mélange des deux, le solo d’Alex Honnold au Taipei 101 restera comme un moment marquant de l’escalade, et plus largement de la relation entre grimpe, médiatisation et grand public. Une fois sur la terre ferme, Honnold a déclaré : « Avec le film Free Solo, j’ai appris que chacun y trouve le message dont il a besoin. Certains y puisent l’inspiration pour relever leurs propres défis, d’autres le déclic nécessaire pour changer quelque chose dans leur vie. Je ne pense pas que quelqu’un regarde ça en se disant : “Je vais me mettre au solo intégral.” Mais souvent, ça rappelle que notre temps est compté, et qu’il faut l’utiliser de la manière la plus significative possible. »

Reste désormais une question, presque devenue une habitude avec lui : était-ce vraiment le dernier ?


Lire aussi

Pourquoi le solo d’Alex Honnold au Taipei 101 a-t-il été reporté ?

Voir l'article 4 Replies

Catégories :

  • # Actualités PG

Pourquoi le solo d’Alex Honnold au Taipei 101 a-t-il été reporté ?

24 Jan

Ils étaient nombreux à se connecter, cette nuit, dans l’espoir d’avoir des nouvelles d’Alex Honnold et de son solo intégral au sommet du Taipei 101. Grimpeurs, passionnés ou simples curieux attendaient le moment où l’Américain se lancerait à l’assaut de la plus haute tour de Taïwan. Mais l’ascension n’a finalement pas eu lieu… Les conditions météorologiques en ont décidé autrement.

Un contretemps frustrant pour les spectateurs, mais une décision logique au regard de l’extrême exposition de ce projet.


Des conditions météo incompatibles avec un solo intégral

Quelques dizaines de minutes seulement avant le début prévu de la retransmission Skyscraper Live, Netflix a annoncé le report de l’événement. En cause : des conditions météo jugées insuffisamment sûres, avec de l’humidité persistante sur la façade et un sommet partiellement noyé dans les nuages. Or, dans le cadre d’un solo intégral, le moindre doute n’est pas permis. Sur une structure métallique et vitrée comme le Taipei 101, l’adhérence est un facteur absolument déterminant, et toute surface humide devient rédhibitoire.

« La sécurité reste notre priorité absolue », a rappelé Netflix dans son communiqué, soulignant que la décision avait été prise en accord avec Alex Honnold et l’équipe technique.

Une tentative repoussée de 24 heures

Initialement programmée dans la nuit de vendredi à samedi (heure française), l’ascension a été reprogrammée pour la nuit suivante, soit dans la nuit de ce samedi à dimanche. Si les conditions le permettent, Alex Honnold devrait donc s’élancer cette nuit, à un horaire similaire à celui initialement prévu.

Netflix, qui avait anticipé ce scénario, avait prévu dès le départ une fenêtre de diffusion élargie, consciente de la fragilité d’un événement extérieur de ce type en diffusion live. Les équipes sont sur place depuis plusieurs jours et resteront mobilisées tant que les conditions permettront une tentative en toute sécurité.

Pour ceux qui suivent la carrière d’Alex Honnold, ce report n’a rien de surprenant. Loin de l’image du grimpeur kamikaze, l’Américain a toujours revendiqué une approche rationnelle et prudente du solo, n’hésitant pas à renoncer ou à reporter lorsqu’il estime que les conditions ne sont pas réunies. À plusieurs reprises dans sa carrière, il a déjà fait demi-tour sur des projets majeurs, parfois après des semaines de préparation, simplement parce que le risque ne lui semblait plus acceptable. Le solo du Taipei 101 ne fait pas exception à cette règle.

Ce report ne change rien à l’ampleur du projet. Lorsqu’il aura lieu, le solo d’Alex Honnold sur le Taipei 101 restera une première mondiale : jamais un solo intégral n’aura été retransmis en direct à une telle échelle, sur un bâtiment de cette hauteur, devant des millions de spectateurs. Reste désormais à espérer une amélioration rapide des conditions météo. Comme souvent en solo intégral, la décision finale se prendra au dernier moment, au pied de la tour.


Lire aussi

Quand et comment suivre le solo d’Alex Honnold du Taipei 101 en direct sur Netflix ?

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Cyberattaque à la FFME : les licenciés appelés à la vigilance

23 Jan

La FFME a récemment communiqué sur un incident de sécurité informatique ayant affecté sa plateforme de gestion. Cet acte de cyber-malveillance s’inscrit dans un contexte plus large : depuis trois mois, 19 fédérations sportives ainsi que le ministère des Sports ont été victimes de cyberattaques.

Selon la FFME, l’incident résulte de l’utilisation frauduleuse d’un compte utilisateur, permettant un accès non légitime à une partie limitée des données de la plateforme. La fédération tient toutefois à rassurer : aucune intrusion dans son infrastructure informatique n’a été constatée, les mécanismes d’authentification n’ont pas été compromis, et aucune fuite de mots de passe n’a été identifiée.

La faille a été rapidement détectée puis corrigée afin de bloquer tout accès non autorisé, tandis que des investigations complémentaires sont toujours en cours. Les données potentiellement consultées concernent uniquement des données de contact : nom et prénom, date de naissance, coordonnées, type de licence et structure d’affiliation. Aucune donnée bancaire n’est concernée.

Une vague de cyberattaques dans le sport français

L’incident touchant la FFME n’est pas un cas isolé,il fait partie d’une offensive numérique bien plus large. Au cours des trois derniers mois, ce ne sont pas moins de 19 fédérations sportives et même le ministère des Sports qui ont été victimes de cyberattaques. Cette série d’incidents suggère une attaque coordonnée, visant potentiellement un prestataire informatique commun à plusieurs de ces organisations.

Ces attaques en série mettent en lumière la vulnérabilité croissante des structures sportives, qui gèrent des bases de données importantes et constituent des cibles de choix pour les cybercriminels.

Quels risques pour les licenciés ?

Même en l’absence de fuite de mots de passe ou de données bancaires, les licenciés concernés peuvent être exposés à :

  • des tentatives de phishing (emails ou SMS frauduleux imitant des communications officielles) ;
  • des escroqueries exploitant des données personnelles basiques ;
  • plus rarement, des tentatives d’usurpation d’identité.

Les bons réflexes à adopter

La FFME appelle l’ensemble de ses licenciés et structures affiliées à faire preuve de vigilance et rappelle plusieurs règles essentielles :

  • ne jamais communiquer ses mots de passe ou coordonnées bancaires par mail, téléphone ou via un site non sécurisé ;
  • se méfier des messages suspects se faisant passer pour des institutions officielles ;
  • vérifier attentivement l’adresse de l’expéditeur avant de cliquer sur un lien ;
  • surveiller régulièrement ses comptes et signaler toute activité inhabituelle.

En cas de doute, il est recommandé de contacter directement la FFME via l’adresse dédiée : dpo@ffme.fr, ou de se rapprocher des autorités compétentes.

Une prise en charge immédiate de l’incident

Dès l’identification de l’incident, la FFME indique avoir mis en œuvre les actions nécessaires pour en limiter l’impact, tout en poursuivant ses analyses afin de prévenir toute nouvelle tentative. Un courrier spécifique a été adressé à l’ensemble des personnes potentiellement concernées.

La fédération rappelle enfin que la protection des données personnelles de ses licenciés, structures et partenaires constitue une priorité. Elle poursuit ses investissements et son travail avec ses prestataires techniques afin de renforcer durablement la sécurité et la fiabilité de ses outils numériques, tout en garantissant un haut niveau de transparence.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Quand et comment suivre le solo d’Alex Honnold du Taipei 101 en direct sur Netflix ?

23 Jan

C’est aujourd’hui que tout se joue. Ce vendredi 23 janvier 2026, Alex Honnold s’élancera en solo intégral sur la façade du Taipei 101, l’un des gratte-ciel les plus hauts de la planète. Une ascension qui sera retransmise en direct dans le monde entier sur Netflix, dans une émission spéciale intitulée Skyscraper Live.

Un événement inédit qui repousse à la fois les limites du solo intégral et celles… de sa médiatisation.


Un solo de 508 mètres… sous les yeux du monde entier

Avec ses 508 mètres de hauteur et ses 101 étages, le Taipei 101 domine la capitale taïwanaise depuis plus de vingt ans. Longtemps connu comme le plus haut bâtiment du monde, il reste aujourd’hui le 11ᵉ plus haut gratte-ciel de la planète. C’est sur cette structure monumentale qu’Alex Honnold a choisi de réaliser l’un des projets les plus médiatisés de sa carrière.

Contrairement à ses solos mythiques sur le rocher, cette ascension se déroulera sur une architecture artificielle, composée de sections répétitives, légèrement déversantes, séparées par de larges vires. Une grimpe d’endurance et de concentration, sans véritable crux, mais avec une exigence mentale sur près de 90 minutes à deux heures d’effort.

L’ascension sera diffusée en direct dans une émission de deux heures produite par Netflix, baptisée Skyscraper Live. L’événement sera animé par cinq présentateurs : Elle Duncan, présentatrice principale des programmes sportifs de Netflix, la grimpeuse Emily Harrington, l’ancien ingénieur de la NASA et star de YouTube Mark Rober, la superstar de la WWE Seth Rollins, ainsi que le commentateur Pete Woods.

Horaires de diffusion

Honnold s’élancera ce vendredi 23 janvier à 20h00 (heure de la côte Est US), soit 2h du matin dans la nuit de vendredi à samedi en France.

Une diffusion planétaire qui marque un tournant : jamais un solo intégral n’avait encore été retransmis en direct à une telle échelle.

Un rêve vieux de plus de dix ans pour Honnold

Ce projet n’est pas né d’un simple coup médiatique. Alex Honnold rêve de grimper le Taipei 101 depuis 2012. À l’époque, une tentative de diffusion avec National Geographic avait été envisagée, avant d’être abandonnée. Plus de dix ans plus tard, les planètes semblent enfin alignées.

Entre temps, Honnold est devenu l’un des grimpeurs les plus célèbres de l’Histoire, notamment grâce à son solo intégral de “Freerider” sur El Cap en 2017, immortalisé dans le film Free Solo, récompensé par un Oscar en 2019. Depuis, chaque projet de l’Américain dépasse largement le cadre du milieu de l’escalade.

Fascination ou malaise au sein de la communauté ?

La retransmission en direct d’un solo intégral soulève forcément des questions. Peut-on rester fidèle à l’esprit du free solo lorsqu’il devient un événement mondial, scénarisé et sponsorisé ? Le débat traverse la communauté depuis l’annonce du projet.

Honnold, lui, se veut catégorique : il affirme grimper comme il l’a toujours fait, avec la même préparation, la même prudence et la même capacité à renoncer si les conditions ne sont pas réunies. « Ma vie est en jeu. Je me fiche de savoir qui regarde », a-t-il récemment déclaré.

Qu’on y voie un exploit sportif, une prouesse médiatique ou un mélange des deux, le solo d’Alex Honnold au Taipei 101 est déjà un événement historique. Rarement l’escalade aura été exposée de manière aussi directe, brute et compréhensible par le grand public. Mais comme souvent en solo, tout se jouera au dernier moment, lorsque Honnold décidera (ou non) de s’élancer. Verdict aujourd’hui, en direct.


Lire aussi

Comment Alex Honnold prépare-t-il son solo du Taipei 101 la semaine prochaine ?

Voir l'article 1 Reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Le “Bombé Bleu”, projet le plus mythique de France, est-il sur le point de tomber ?

20 Jan

Certaines lignes traversent les années en laissant une empreinte indélébile, jusqu’à s’entourer d’une aura presque mythique. C’est le cas du « Bombé Bleu » de Buoux : un projet qui n’a encore jamais été enchaînée, mais que tout le monde connaît. Les plus grands grimpeurs s’y sont essayés, parfois obsessionnellement, toujours en vain. Trente ans plus tard, la voie tient toujours tête à ceux qui osent la défier.

Pourtant aujourd’hui, un jeune grimpeur de 17 ans pourrait bien écrire la suite de cette légende. Erwan Legrand, fils du multiple champion François Legrand, a récemment publié une vidéo qui a fait l’effet d’un petit séisme dans la communauté : des essais d’une fluidité déconcertante, un premier jeté mythique débloqué… et une chute à seulement quatre mouvements de la fin de la section dure. Une performance jamais vue jusque-là.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Erwan Legrand (@erwan_legrand_)

La publication de sa vidéo n’est d’ailleurs pas passée inaperçue dans le milieu. De nombreux grimpeurs de haut niveau ont salué la performance d’Erwan, impressionnés par ses essais prometteurs dans l’une des voies les plus exigeantes de France. Même Adam Ondra a tenu à réagir, laissant un message enthousiaste sous la vidéo : « Oh yeess ! Trop content de voir ça ! Allez Erwan! »

Naturellement, nous avons voulu en savoir plus et nous avons posé nos questions à Erwan. Et ce qu’il raconte donne encore plus de relief à ce moment charnière dans l’histoire du “Bombé Bleu”.

Le “Bombé Bleu” : bien plus qu’une simple voie

Situé sur la falaise historique de Buoux, le “Bombé Bleu” a été équipé en 1991 par Marc Le Menestrel, alors au sommet de son art. Même pour lui, enfant prodige de l’époque, la ligne semblait presque venue d’une autre planète : un jeté monstrueux sur bi-doigt, suivi d’une dizaine de mouvements violents sur trous, avant de rejoindre une zone plus facile.

Sur le papier, la cotation se situe quelque part entre 9a+ et 9b, loin des extrêmes modernes. Mais la réalité est toute autre. Le style très spécifique, les bi-doigts coupants, l’aléatoire du premier jeté, les traumatismes sur les tendons… ont stoppé net les élans de grimpeurs parmi les plus solides de leur génération. “Il n’y a pas tant de grimpeurs si forts dans ce style, et lorsqu’on n’est pas habitué, on se fait secouer”, affirme Erwan

Ben Moon en avait moulé les prises pour les travailler chez lui. Chris Sharma parlait d’un équipement insuffisant pour réellement tenter les sections. Fred Rouhling, Iker Pou, Stefan Glowacz, Klem Loskot, Nicolas Pelorson, Lucien Martinez, Charles Albert… tous sont venus s’y brûler les doigts. Littéralement.

Charles Albert au travail dans “Le Bombé Bleu” © Coll. Relais Vertical

Le mythe est tel que la voie possède aujourd’hui sa propre page Wikipédia, un honneur rarissime dans le monde de l’escalade. Et voilà qu’en 2025, pour la première fois, quelqu’un semble véritablement capable de la libérer.

Un rêve d’enfant devenu réalisable pour Erwan Legrand

Pour Erwan, le “Bombé Bleu” fait presque partie de son enfance. « J’en entends parler depuis tout petit. » confie-t-il. Buoux, il y a grandi. Ses premiers souvenirs, ses premières émotions en escalade, il les associe à cette falaise.

En septembre 2024, il décide enfin d’aller “voir à quoi ça ressemble”. Deux montées : assez pour réaliser presque tous les mouvements sauf le premier et le dernier crux. Assez surtout pour comprendre que la voie est dans son style, et qu’il peut s’y investir.

J’ai tout de suite compris que je pouvais faire la voie si je m’y attelais sérieusement.

Erwan Legrand

L’hiver suivant, il revient. Et très vite, le possible devient tangible.

© William Halais

Un premier mouvement d’anthologie

Le départ du “Bombé Bleu” est devenu iconique. Il faut aller chercher un mono main gauche (profond d’une phalange seulement) depuis un bidoigt en inversé, puis jeter hyper loin dans un bi-doigt difficile à viser. Un mouvement évalué par plusieurs bloqueurs à 8A+ / 8B bloc. Erwan confirme : « Le mouvement est très aléatoire et spécifique. Johan Guillaume m’avait dit que si le premier mouvement d’ “Action Direct” vaut 7B, alors celui du “Bombé Bleu” vaut probablement 8B. »

C’est ce même mouvement que, dans sa vidéo, Erwan enchaîne avec une aisance déconcertante. Pieds nus.

Pourquoi pieds nus ?

Le détail a fait réagir. Mais la réponse est finalement très simple. Quand on lui demande pourquoi il grimpe pieds nus dans la voie, Erwan nous répond : « À la base c’est purement technique, pour mieux gainer certaines prises de pied. Mais au final, ça ajoute à la pureté de la ligne. Je trouve ça vraiment cool de grimper pieds nus dans une voie si mythique. »

Comme un clin d’œil involontaire à Charles Albert, qui lui aussi s’y était essayé ainsi.

© Cotentin Masse

Un run historique !

Lors d’une séance mi-décembre, les conditions sont parfaites. Erwan se sent serein et prêt à mettre de vrais essais. Il enchaîne d’abord le 8c+ final à la chauffe. Puis, dès la deuxième montée, il réussit pour la première fois à lier d’une traite le premier mouvement dur avec toute la section de sortie. Excité par ce run prometteur, il s’élance ensuite pour deux essais depuis le bas. Lors de l’un d’eux, il passe le jeté, déroule la section en 8c+/9a avec une précision épatante, avant de chuter… à seulement quatre mouvements de la fin de la partie difficile !

Un endroit où, jusque-là, aucun grimpeur n’était arrivé en venant du bas. « J’étais vraiment tout proche. », confie-t-il. Un euphémisme, lorsque l’on regarde les images ! “Mais j’étais fatigué, j’avais froid, mes biceps avaient du mal à fermer et l’humidité commençait à tomber.”

Objectivement, personne n’a jamais été aussi proche de clipper le relais du “Bombé Bleu”. Il reste quatre mouvements durs. Quatre. Après trente-quatre ans d’attente. Face à l’histoire, face à tous ces grands noms, Erwan avance avec maturité : « L’histoire derrière cette ligne décuple ma motivation, et même si ça ajoute une forme de pression, j’arrive plutôt bien à gérer ce poids. » Il sait aussi que la voie n’est pas un 9c mutant, mais un style si spécifique, si dur pour les doigts, qu’il faut un mélange de force, de tenue de prise, de gestion de la peau… et d’un peu de magie.

© Raphaël Giocanti

Erwan essaye de retourner dans la voie dès que les conditions le permettent et que sa peau est en bon état. “Depuis cette fameuse séance où j’étais très proche, j’y suis retourné trois fois et c’est vraiment pas passé loin à plusieurs reprises… J’ai repassé un coup le jeté dans l’enchaînement, mais je n’ai pas réussi à faire mieux que précédemment”, nous confiait-il il y a quelques jours.

La semaine dernière, Erwan est de nouveau retourné dans la voie. Après une montée de chauffe effectuée points par points, il se lance dans un essai depuis le bas et chute, une nouvelle fois, à seulement quatre mouvements de la fin de la section dure.
Une forme de régularité impressionnante, qui confirme à quel point la voie est désormais à sa portée, et qui laisse penser que l’enchaînement pourrait tomber à tout moment, si la peau et les conditions décident enfin de s’aligner.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Erwan Legrand (@erwan_legrand_)

Interrogé sur la suite de sa saison, Erwan évoque une année 2026 déjà bien chargée. « J’ai encore pas mal de projets dans le neuvième degré à Buoux attendant d’être libérés », confie-t-il, sourire en coin. Et la liste ne s’arrête pas là.

Loin de se limiter à son fief vauclusien, le jeune grimpeur nourrit aussi l’envie de retourner à Margalef « pour finir le travail commencé au printemps dernier dans “The Journey” 9a+ au secteur de la Finestra ». Plus près de chez lui, plusieurs lignes majeures restent également dans un coin de sa tête, notamment” Sashidananda” 9a+ à Orgon, qu’il avait failli enchaîner à l’automne 2024, ou encore “Le Play Boy Rhodes Sans Complexe” dans le Lubéron, un 9a/+ signé Seb Bouin. « Cette dernière voie est beaucoup moins dans mon style et me demandera probablement beaucoup plus d’efforts que les deux autres, bien que sa cotation soit légèrement moins élevée », admet-il.

Et comme si tout cela ne suffisait pas, Erwan annonce aussi son retour sur les compétitions : « Cette année, je pense aussi reprendre les compétitions de difficulté, après avoir fait l’impasse la saison dernière. Ce sera ma dernière année sur le circuit jeune avant d’entrer dans la cour des grands. »

Quoi qu’il en soit, le “Bombé Bleu” n’a jamais été aussi proche d’être libéré et nous suivrons bien sûr l’évolution de près. Et si la première ascension arrive… il est probable que la falaise de Buoux entende résonner un cri que beaucoup attendent depuis trois décennies…

© William Halais

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • Interviews

Le boom des salles d’escalade marque une pause : état des lieux 2025

18 Jan

L’escalade n’est plus un sport « émergent ». Elle n’est plus non plus simplement un phénomène de mode porté par les salles urbaines ou la médiatisation des compétitions. Aujourd’hui, c’est une discipline installée, qui touche un public varié, et qui s’ancre durablement dans les habitudes sportives des Français. C’est ce que confirme la nouvelle édition de l’Observatoire de l’Escalade 2025, présentée au Salon de l’Escalade à Paris.

Cette vaste étude, menée conjointement par l’Union Sport & Cycles, l’Union des salles d’escalade et la FFME, s’appuie sur plus de 2 500 réponses de pratiquants et les retours d’une centaine de gérants de salles. De quoi dresser un panorama riche et nuancé de la grimpe en France : stabilisation de la pratique, modèle économique des salles sous tension, féminisation marquée, consommation du matériel en mutation, et une communauté toujours plus numérique.

Voici un état des lieux complet d’une activité arrivée à l’âge adulte.


Une pratique qui se stabilise, mais un modèle économique sous pression

Après plus d’une décennie d’euphorie, les chiffres montrent que la pratique se stabilise. Le taux de pratiquants réguliers atteint environ 4 % de la population adulte, soit près de deux millions de grimpeurs. La progression n’est pas terminée, mais elle ralentit, laissant apparaître une forme de plateau.

© USC / UDSE / FFME

Dans les salles privées, la fréquentation reste globalement stable (+0,2 % sur l’année), mais le chiffre d’affaires connaît un recul notable : -5 % en moyenne. Une contraction qui se retrouve dans toutes les sources de revenus (boutique, restauration, team building) toutes en baisse autour de 11, voire 12 %. Rien d’alarmant, mais un signal : dans un marché devenu très concurrentiel, les marges se resserrent.

Pour autant, le nombre de salles continue de croître. On compte désormais 291 salles privées et plus de 1 070 structures affiliées FFME, soit une augmentation continue, même si certains territoires restent clairement sous-équipés. La densité nationale (une salle pour 26 174 habitants) reste inférieure à celle des pays les plus matures, ce qui montre qu’un potentiel de développement existe encore.

© USC / UDSE / FFME

Les salles d’escalade, nouveaux lieux de vie

L’étude confirme aussi ce que beaucoup de grimpeurs constatent : les salles ne sont plus seulement des espaces de grimpe. Elles deviennent des lieux de vie. Les grimpeurs y viennent pour grimper, mais aussi pour boire un verre (69 % le font au moins occasionnellement), se restaurer, participer à des animations, prendre des cours ou simplement passer un moment entre amis.

Yoga, musculation, espaces détente, coins café : la diversification des services fait désormais partie intégrante du modèle des salles. Elle répond à une demande croissante d’expérience plus large, plus sociale.

Autre tendance lourde : la complémentarité entre indoor et outdoor. 60 % des pratiquants grimpent dans plusieurs lieux différents, et une majorité fréquente aussi bien les salles que les falaises. Le fossé entre les deux univers continue donc de se réduire.

Détail amusant : la vitesse, malgré son statut olympique, ne séduit que 1 % des grimpeurs interrogés. Le bloc et la difficulté restent ultra-dominants, avec une pratique très équilibrée entre les deux (53 % des pratiquants font les deux disciplines).

© USC / UDSE / FFME

Combien les grimpeurs pensent-ils devoir payer ?

On le sait : la question du prix est au cœur des préoccupations, pour les salles comme pour les pratiquants. L’étude montre que le « juste prix » d’une séance se situe autour de 13,40 €. Une donnée à interpréter avec prudence, mais qui donne une indication claire dans un contexte où les coûts d’exploitation (énergie, personnel, maintenance) continuent de grimper.

Licenciés FFME : une croissance modérée malgré les Jeux Olympiques

Du côté de la Fédération, la dynamique reste positive, avec une hausse de 4,2 % du nombre de licenciés en un an. Un effet Jeux Olympiques, donc, mais mesuré : l’escalade attire, mais ne provoque pas (encore) de boom massif dans les clubs. Cette progression lente est également dû au fait que les clubs ne parviennent pas à répondre positivement à toutes les demandes d’inscription, par manque d’encadrant, et parfois de structure assez grande.

Cette progression s’inscrit dans une tendance plus longue : depuis 2019, le nombre de licenciés augmente régulièrement, même en sortie de Covid.

© USC / UDSE / FFME

Une pratique qui se féminise… et qui transforme le paysage !

C’est l’un des enseignements les plus forts de cette étude : la pratique féminine poursuit sa progression. Le taux de grimpeuses atteint 48 %, presque la parité parfaite ! Parmi les nouvelles pratiquantes (moins d’un an de grimpe), elles sont même majoritaires.

Les données montrent cependant des spécificités : les femmes pratiquent souvent moins intensivement, elles achète un peu moins de matériel, mais elles sont beaucoup plus nombreuses à prendre des cours ou à débuter via leur famille. Cette évolution modifie progressivement le profil du grimpeur type… et encourage les salles à proposer des offres plus adaptées, notamment en termes d’accompagnement.

© USC / UDSE / FFME

Le matériel : les chaussons, poids lourd du budget

Sans surprise, les chaussons restent l’investissement principal. 96 % des grimpeurs en possèdent une paire, et 61 % en changent tous les deux ans ou moins. Mieux encore : 59 % déclarent en posséder au moins deux paires.

Le prix moyen continue d’augmenter (105 € en moyenne), et le marché est largement dominé par une poignée de marques spécialisées qui concentrent 75 % des ventes. Le ressemelage, lui, progresse doucement (60 % y ont recours), mais laisse entrevoir un potentiel énorme tant pour l’écologie que pour le budget des grimpeurs.

© USC / UDSE / FFME

Où s’informent les grimpeurs ?

Pas de surprise : la grimpe est un sport très numérique. 87 % des pratiquants consultent du contenu escalade, et les réseaux sociaux jouent un rôle majeur.

Les sources les plus utilisées :

  • Instagram (89 %)
  • YouTube (62 %)
  • Les sites spécialisés (46 %, coucou Planetgrimpe 👋)
  • Les topos (44 %)
  • Les athlètes en ligne (35 %)

Les rôles modèles sont clairement identifiés : Oriane Bertone, Janja Garnbret, Adam Ondra, ou Mejdi Schalck figurent parmi les personnalités les plus suivies.

La télévision reste loin derrière, confirmant que la grimpe reste un sport très numérique dans sa diffusion.

© USC / UDSE / FFME

Un sport mature… qui doit continuer à s’adapter

Avec près de deux millions de pratiquants, une présence solide partout en France, et une communauté de plus en plus diversifiée, l’escalade s’est installée durablement dans le paysage sportif français.

Mais cette maturité implique aussi de nouveaux défis : comment assurer la rentabilité des salles dans un marché saturé ? comment garantir l’accessibilité des prix ? comment accompagner les nouvelles pratiquantes ? comment encourager le ressemelage et une consommation plus durable ? comment développer la pratique dans les zones encore dépourvues d’installations ?

Autant de questions auxquelles la filière devra répondre, pour rester l’un des sports les plus dynamiques, attractifs… et inspirants du moment.

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG
  • # Univers SAE

Comment Alex Honnold prépare-t-il son solo du Taipei 101 la semaine prochaine ?

17 Jan

Depuis plus de quinze ans, Alex Honnold repousse les limites du solo intégral sur le rocher : El Capitan, Half Dome, Moonlight Buttress, les exemples sont nombreux. Mais en ce début d’année 2026, l’Américain a décidé de se lancer un nouveau défi, sur un tout autre terrain de jeu. Le 23 janvier prochain, il s’élancera en solo sur les parois du Taipei 101, un gratte-ciel de 508 mètres dressé au cœur d’une mégalopole asiatique, qui fait partie des plus hauts bâtiments de la planète. Cette ascension inédite sera retransmise en direct par Netflix et suivie dans le monde entier.

Malgré l’allure futuriste de ce défi, Alex Honnold reste fidèle à sa philosophie de grimpeur : préparation millimétrée, gestion du risque et une concentration absolue. Depuis plusieurs semaines, il étudie chaque mètre de la façade, teste des chaussons fabriqués sur mesure, ajuste son entraînement et observe obsédément la tour depuis l’hôtel situé juste en face.

Plongée au coeur de sa préparation.


Une tour de 508 mètres grimpée en solo

S’attaquer au Taipei 101 n’a rien à voir avec les voies du Yosemite qu’Honnold connaît par cœur. Même si plusieurs grimpeurs ont déjà réalisé des ascensions urbaines comme celle-ci, peu de structures offrent un terrain de jeu aussi haut et répétitif : 101 étages, une façade rythmée par des séquences quasi identiques et un mélange de prises métalliques et de rebords en verre.

La première partie du bâtiment (jusqu’à environ 90 mètres) est relativement peu pentue. Mais dès la vingtaine d’étages franchie, les panneaux deviennent plus déversants et les sections s’enchaînent comme une série de blocs répétés. Honnold les décrit comme « deux mouvements faciles, puis un mouvement dur » et ainsi de suite. Une partition qu’il devra reproduire 92 fois jusqu’au sommet.

Et malgré un style monotone, la difficulté est bien réelle. Même si l’immense majorité des séquences ne dépasse pas le niveau technique qu’Honnold maîtrise largement, l’enjeu reste important : tenir physiquement, rester concentré pendant 90 minutes (estimées) de grimpe continue, et gérer la fatigue alors qu’il évoluera à plusieurs centaines de mètre du sol. Un passage en particulier pourrait servir de véritable crux : un grand mouvement depuis une caméra de sécurité pour atteindre un rebord plat. Mais l’essentiel de l’ascension reste homogène : facile, facile et difficile, comme le décrit Honnold.

© Netflix

En atteignant les derniers étages, l’Américain devra négocier la zone comprise entre les niveaux 91 et 101 : une partie plus étroite, plus exposée au vent, mais s’il tombe ici, il atterrira sur l’observatoire situé en contrebas plutôt qu’au sol. Enfin, Honnold atteindra le sommet sur une petite flèche où il pourra tenir debout. Il redescendra ensuite quelques niveaux avant de rejoindre le sol par un ascenseur.

Honnold compare la difficulté de l’ensemble à celle d’une fissure classique du Yosemite : « C’est comme enchaîner le “Rostrum” 6c+ deux fois de suite ».

Des conditions météo scrutées de près et des chaussons sur-mesure

Pour éviter la chaleur humide de l’été taïwanais, l’ascension a été programmée en janvier, pendant la période la plus sèche de l’année. La diffusion Netflix étant prévue à 20h00 (heure de l’Est aux États-Unis), il débutera son ascension vers 9h00 du matin, heure locale. Le versant sud-est de la tour, celui qu’il a choisi, permet théoriquement de bénéficier d’un séchage rapide si une légère pluie venait à tomber. La production a d’ailleurs prévu une fenêtre météo élargie en cas de perturbation.

© Netflix

Côté équipement, Honnold restera fidèle à son minimalisme légendaire : un t-shirt, un short, un petit sac à magnésie et… un casque audio, où il écoutera visiblement du Tool pour se mettre dans le bon état mental. La seule fantaisie réside dans ses chaussons : La Sportiva lui a fabriqué deux paires spécialement conçues pour l’ascension, avec une gomme nettement plus tendre que d’habitude, capable d’offrir une meilleure adhérence sur les surfaces vitrées ou métalliques.

Un entraînement spécifique

Le quadragénaire, mari et père de deux enfants, s’est préparé spécifiquement pour ce projet, comme s’il s’entraînait pour une voie dure en extérieure. Depuis plusieurs moi, il s’entraîne spécifiquement sur poutre, réalise de grosses séances sur sa Tension Board inclinée à 45°, et surtout, a réalisé une période de plusieurs semaines sans aucun excès alimentaire (« pas de desserts » comme il le dit lui même), pour être au top de sa forme.

En parallèle, il s’est offert quelques voies en extérieur, dont la répétition le 21 décembre dernier de “Bachelor Party” 9a.  Il a aussi travaillé des projets comme “All You Can Eat” 9a+, qu’il pourrait bien enchaîner prochainement tant sa forme physique semble exceptionnelle. Début décembre, il a également enchaîné en solo quatre voies sur Mount Wilson en une journée, totalisant près de 1200 mètres d’escalade.

© James Lucas

En solo, le mental est aussi crucial que le physique. Contrairement à l’image parfois fantasmée qu’on peut avoir de lui, Alex Honnold n’est pas un kamikaze. Il renonce très régulièrement à des solos lorsqu’il estime que les conditions ne sont pas réunies. Les exemples ne manquent pas : il a déjà volontairement abandonné des projets sur El Cap ou Desert Gold parce que le risque ne lui paraissait pas acceptable. Pour Taipei 101, il ne laissera rien au hasard : plusieurs jours de repérage précis sur la tour, échauffement sur la MoonBoard installé dans l’une des salles du bâtiment, gestion du stress, et validation finale de son envie de tenter (ou non) l’ascension.

Depuis quelques jours, Honnold et sa famille se sont installés dans un hôtel juste en face de l’immense tour. De jour comme de nuit, il peut ainsi observer la ligne qu’il s’apprête à grimper, repérer les détails architecturaux et visualiser la structure étage par étage. Ses journées sont partagés entre des répétitions de grimpe sur la façade, des tests d’adhérence de ses chaussons et des échanges avec l’équipe technique de Netflix.

Un acte rationnel selon Honnold

Voir Honnold grimper au-dessus du vide provoque toujours les mêmes réactions : fascination, perplexité, crainte, admiration. Difficile pour un spectateur de comprendre ce qui se joue réellement. Pourtant, ceux qui le connaissent bien le répètent : rien n’est laissé au hasard. Son calme légendaire, sa capacité à analyser le risque et à s’arrêter lorsqu’il le juge trop élevé font partie intégrante de son succès. L’ascension du Taipei 101 n’échappera pas à cette logique. Elle sera impressionnante mais ne sera ni impulsive ni improvisée.

Vendredi prochain, si tous les voyants sont au vert, Alex Honnold se lancera dans ce qui pourrait devenir l’un des solos les plus marquants jamais réalisés en milieu urbain. Et s’il sent que quelque chose cloche ? Il fera demi-tour, comme il l’a déjà fait de nombreuses fois dans sa carrière.


Lire aussi

Solo en direct : Alex Honnold annonce la date de son ascension de Taipei 101 sur Netflix

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG

19 jours de combat : Yannick Flohé réussit “Excalibur” 9b+, la voie la plus dure d’Italie !

16 Jan

On connaissait Yannick Flohé pour sa force hors normes, sa polyvalence et son mental d’acier. On savait aussi qu’il sortait d’une année 2025 exceptionnelle, marquée par un 8C flash historique en bloc, une répétition de « Rastaman Vibrations » 9b/+ et une présence constante parmi les meilleurs en Coupe du Monde.

Mais pour ouvrir 2026, le grimpeur allemand a décidé de frapper encore plus fort : il vient d’enchaîner l’un des plus gros projets de sa carrière, “Excalibur” 9b+ à Arco, la ligne la plus dure d’Italie.


“Excalibur” : la voie la plus dure d’Italie

Enchaînée pour la première fois par Stefano Ghisolfi en 2023, “Excalibur” se dresse sur un mur déversant d’environ 40 degrés, où les prises se comptent sur les doigts d’une main. Malgré les nombreuses tentatives de certains des meilleurs grimpeurs du monde, la voie n’avait jusqu’ici connu que deux répétitions : d’abord par Will Bosi, puis par Brooke Raboutou (qui signait au passage le premier 9b+ féminin) au printemps dernier.

La voie a d’ailleurs fait reculer plusieurs grimpeurs de tout premier plan. Adam Ondra lui-même a décidé d’abandonner le projet, en raison d’un risque de blessure trop élevé lié à la seule méthode qu’il pouvait utiliser : les minuscules réglettes l’obligeaient à placer ses doigts dans une position instable, dangereuse pour ses tendons. Quant à Jakob Schubert, nul ne sait s’il reviendra un jour s’y frotter.
De son côté, Will Bosi aura dû multiplier les voyages et cumuler près de vingt jours de travail pour réussir ce qui était alors l’une des répétitions les plus convoitées, en février 2025 (exactement deux ans après la première ascension de Ghisolfi).

© Crimp Films

Considérée comme une voie extrêmement dépendante des conditions, “Excalibur” a demandé à Yannick près de dix-neuf sessions de travail pour en apprivoiser toutes les subtilités. L’Allemand découvre la voie en mars 2025. Et dès son premier essai depuis le sol, il monte presque jusqu’au dernier crux. Un début prometteur, qui laisse penser que la réussite pourrait arriver rapidement. Mais la suite va se révéler bien plus imprévisible…

La section basse, qui demande puissance et explosivité, semble taillée pour lui. Pourtant un mouvement va transformer cette voie en véritable combat mental : un bidoigt dans lequel il parvient à peine à rentrer l’index et le majeur. « J’ai dû tomber au moins vingt fois sur ce bidoigt… et plus d’une douzaine de fois juste après », explique-t-il.

Un combat mental

La voie est célèbre pour son côté abrasive et Yannick en fera l’amère expérience : peau arrachée dès le premier run d’un séjour, quatre jours de repos forcé, puis… la même fissure qui se rouvre immédiatement ! Entre conditions délicates, pauses frustrantes et retours incessants sur place, “Excalibur” devient presque une obsession. « À la fin, je ne savais même plus si j’avais encore envie de l’enchaîner. Je revenais, je tentais deux ou trois runs, et je repartais. »

© Crimp Films

Pour son dernier trip, il opte pour une nouvelle stratégie : un jour de grimpe, trois jours de repos. De quoi arriver avec une peau impeccable. Cette fois, la marge est (enfin !) suffisante. « Quand j’ai réussi le dernier mouvement, j’ai presque été surpris. »

Une réussite qui s’inscrit dans une année 2025 phénoménale

L’enchaînement d’ “Excalibur” vient couronner une liste de belles performances :

  • “Story of Three Worlds” 8C+, répétée en février
  • “Foundation’s Edge” 8C flashé en juillet, un record historique
  • “Rastaman Vibrations” 9b/+, dont il a signé la première répétition en août
  • vainqueur du Rock Master en octobre
  • une régularité en Coupe du Monde de difficulté (6ème au classement mondial)

Et maintenant ?

Pour 2026, l’Allemand annonce vouloir : continuer les Coupes du Monde de difficulté en Europe et se lancer dans un nouveau projet… mais cette fois « une voie longue, avec des prises confortables », plaisante-t-il. De quoi souffler un peu après l’intensité d’Excalibur.

Quant au bloc ? Rien de prévu dans l’immédiat : « Je n’ai pas fait de bloc depuis un moment, et ça fait du bien de me concentrer sur l’entraînement et les projets qui me motivent vraiment. »


Lire aussi

Yannick Flohé enchaîne l’une des voies les plus dures du Frankenjura !

Voir l'article 2 Replies

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

La TITAN World League : vers une nouvelle ère de compétitions standardisées ?

15 Jan

EP Climbing dévoile un projet d’envergure mondiale qui pourrait bien chambouler le paysage des compétitions d’escalade. Après avoir équipé les Championnats du Monde à Berne puis les Jeux Olympiques de Paris 2024 avec son mur TITAN, l’entreprise française entend capitaliser sur cet élan avec un nouveau concept : une ligue internationale basée sur un mur standardisé, identique partout dans le monde.

Bienvenue dans la TITAN World League.


L’avenir des compétitions ?

La philosophie est simple, presque radicale : « Un mur. Une communauté. Un défi mondial. »

Depuis les Jeux Olympiques, une vingtaine de murs TITAN (tous strictement identiques en forme et dimensions) ont déjà été construits à travers le monde. Ce 15 janvier marque le lancement officiel de la TITAN World League : une compétition ouverte à tous, qui se déroulera simultanément dans plusieurs salles équipées du mur, en France, en Belgique, en Espagne, en Thaïlande ou encore à Malte.

Sur chaque mur, 14 blocs identiques, imaginés par une équipe internationale de 12 ouvreurs internationaux. Tous les blocs seront associés à un QR code permettant d’accéder à des vidéos, tandis que les résultats et le classement global seront consultables en direct sur titanworldleague.com. Chaque grimpeur pourra tenter sa chance quand il le souhaite, comme dans un format de ligue permanente.

Ce modèle pourrait bien bouleverser les habitudes : et si la compétition cessait d’être un événement ponctuel pour devenir une expérience continue ? Et si le fait d’être « en compétition » devenait aussi simple que rentrer ses blocs dans une application dédiée ?

Un fonctionnement que l’on connaît déjà dans de nombreuses salles, notamment grâce à des outils comme SocialBoulder, qui permettent de consigner ses blocs et de se mesurer à sa communauté locale. La différence, ici, résiderait dans l’échelle : non plus une salle, mais toutes les salles équipées du mur TITAN, reliées entre elles dans une seule et même ligue mondiale.

Une extension des mur connectés… à l’échelle d’un fronton entier

Le concept ne sort pas de nulle part. Depuis des années, les MoonBoard, Kilter Board ou encore Tension Board ont transformé les habitudes d’entraînement en proposant un outil standardisé, interactif, accessible à tous et surtout… réplicable. Ces murs connectés ont créé une forme de langage commun : un bloc ouvert aux États-Unis pouvait être répété à Lyon ou à Séoul, avec la même configuration de prises et la même inclinaison du mur

EP Climbing pousse cette logique un cran plus loin : et si l’on appliquait ce principe non plus à un pan d’entraînement, mais à un mur entier, avec des blocs créés par des ouvreurs professionnels et changés régulièrement ? Ici, la standardisation ne concerne plus une simple grille de LEDs, mais un véritable fronton de compétition, pensé dès sa conception pour accueillir des mouvements et style variés (dalle, dévers plus ou moins prononcés). Les blocs ne sont plus créés par les grimpeurs eux-mêmes, mais par une équipe professionnelle d’ouvreurs internationaux, et seront renouvelés régulièrement.

Pour les salles équipées du TITAN, les avantages sont clairs : moins de contraintes logistiques liées à l’ouverture, une rotation de blocs assurée par un réseau global d’ouvreurs, un outil marketing puissant (avec vidéos, classements, défis et événement synchronisés), et surtout une base de données de blocs mutualisés pour tous les murs TITAN du monde.

Standardisation : une révolution… ou une limitation ?

Derrière l’enthousiasme, une question essentielle se pose : que gagne-t-on et que perd-on quand on standardise un mur et des blocs ?

La standardisation offre des avantages indéniables :

  • Une équité totale en compétition, puisque chaque grimpeur, qu’il soit à Tokyo, Bruxelles ou Paris, grimpe exactement les mêmes blocs, dans les mêmes conditions.
  • Un accès direct à une compétition internationale, sans avoir à se qualifier ou à se déplacer. On peut se mesurer aux meilleurs grimpeurs du monde… en restant dans sa salle locale.
  • Une infrastructure de compétition « prête à l’emploi », qui permet d’organiser un événement mondial sans envoyer d’ouvreurs ni de structures temporaires. Tout est déjà en place, synchronisé et piloté via la plateforme.

Mais la diversité des murs, des prises et des styles d’ouverture fait partie intégrante de la culture de l’escalade. La standardisation à outrance pourrait-elle appauvrir cette diversité ? Peut-on vraiment capturer l’essence de l’ouverture (cette dimension artistique, créative, profondément liée à l’identité des ouvreurs et des salles) dans un format standardisé ?

Les salles équipées du TITAN proposeraient toutes exactement la même sélection de blocs au même moment. Un avantage pour garantir l’équité… mais un inconvénient majeur pour la richesse de l’expérience grimpeur. Là où chaque salle développe aujourd’hui son identité grâce à ses ouvreurs, ses inspirations, ses styles et son ambiance, la TITAN World League pourrait entraîner une uniformisation du paysage. Les grimpeurs ne vont-ils pas s’habituer à un style, au détriment de la richesse des mouvements que l’on rencontre aujourd’hui dans les nombreuses salles traditionnelles ?

Autre point important, où place-t-on la limite de cette standardisation ? Car si aujourd’hui, cela ne concerne qu’un fronton, qu’en sera-t-il demain ? Des salles entières clés en main et identiques partout ? (Non ce n’est pas utopique, certains commencent d’ores et déjà à y réfléchir, même si actuellement cela reste compliqué de trouver des locaux pour y implanter des salles parfaitement  identiques).

© IFSC

À l’inverse… la répétabilité pourrait peut-être permettre aux ouvreurs de pousser plus loin certains concepts d’ouverture. En éliminant les contraintes variables (taille et forme des murs, staff local, calendrier interne), les ouvreurs auraient plus de temps pour imaginer et concevoir des mouvements encore plus ambitieux, pensés spécifiquement pour la compétition. C’est l’un des rares contextes où ils pourraient réellement “rechercher” un mouvement, le tester, le retester, l’optimiser pendant des jours (voire plus) puisque le mur TITAN est identique partout.

Là où, dans une compétition classique, les ouvreurs arrivent sur place quelques jours avant l’événement et doivent composer avec l’urgence, l’improvisation et les limites d’un mur qu’ils découvrent parfois, le modèle TITAN change la donne. Plus de temps, plus de maîtrise : cela pourrait ouvrir la porte à des blocs plus travaillés, presque “ingénierés”. On vous laisse vous faire votre propre opinion en commentaire…

Vers une multiplication des circuits de compétitions ?

La TITAN World League s’inscrit également dans un mouvement plus large : la multiplication de circuits parallèles, hors des structures fédérales traditionnelles.

À l’international, la Pro Climbing League propose un format inspiré des ligues sportives américaines, avec des formats duels et plus de spectacle. En France, la FFME a lancé les Vertical Series, une série d’événements plus accessibles, en complément du circuit officiel.

© Pro Climbing League

Ces initiatives témoignent d’une évolution de la pratique : la compétition n’est plus seulement réservée à une élite, elle devient un produit, un format de consommation sportive. La TITAN World League arrive dans cette même dynamique : celle d’une compétition plus ouverte, plus connectée… et plus adaptée à la manière dont les grimpeurs consomment l’escalade aujourd’hui.

Reste toutefois une limite de taille : la TITAN League ne peut exister que là où les murs TITAN sont installés. Et ces structures représentent un investissement conséquent, tant en termes financiers qu’en termes d’espace. Toutes les salles ne peuvent pas se permettre de dédier un fronton complet à ce mur standardisé, au détriment parfois de leurs espaces bloc habituels. Si le modèle séduit sur le principe, sa diffusion dépendra donc aussi de la capacité et de la volonté des salles à franchir le pas.  EP Climbing parie sur la standardisation pour connecter la communauté mondiale. Reste à voir si le modèle s’étendra, et si les grimpeurs adhéreront à cette vision d’une escalade compétitive uniformisée à l’échelle planétaire.


Lire aussi

Janja Garnbret en tête d’affiche d’un nouveau format de compétition : naissance de la Pro Climbing League

Voir l'article 2 Replies

Catégories :

  • # Actu +
  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Simon Lorenzi réussit le premier flash de “The Swarm”, l’un des blocs les plus mythiques des Buttermilks

14 Jan

Le Belge Simon Lorenzi commence l’année très fort en signant une performance que beaucoup attendaient sans trop y croire : le premier flash de “The Swarm” 8B/+, un classique absolu des Buttermilks, en Californie.

Une ligne connue pour son style brutal, son ambiance unique… et sa réputation impitoyable.


Un flash historique sur une référence mondiale

Ouvert en 2004 par Matt Birch, “The Swarm” fait partie de ces blocs que tout grimpeur de passage rêve au moins de toucher. La liste de celles et ceux qui l’ont enchaîné est impressionnante : Dave Graham, Fred Nicole, Daniel Woods, Kevin Jorgeson, Paul Robinson, Ashima Shiraishi, Alex Puccio, Katie Lamb, et bien d’autres.

Mais jamais personne n’avait réussi à l’enchaîner du premier coup. Jusqu’à l’arrivée de Simon Lorenzi, accompagné de Jules Marchaland et Arnould t’Kint. Une bonne ambiance, de bonnes conditions, une bonne préparation… Simon regarde, visualise, inspire. Et grimpe. Un à un, les mouvements déroulent avec précision. Quelques secondes plus tard, le Belge est debout au sommet. “The Swarm” vient d’être flashé. Pour la première fois.

Sur Instagram, il résume l’instant en toute simplicité : « Quel bloc parfait dans un endroit magnifique ! »

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Simon Lorenzi (@simonlorenzi)

Si cette performance marque les esprits, ce n’est évidemment pas un coup d’éclat isolé. À 28 ans, Simon Lorenzi fait partie des tous meilleurs bloqueurs du monde. Il est l’un des deux seuls grimpeurs au monde à compter cinq 9A à son actif, à égalité avec William Bosi (“Soudain Seul”,  “Alphane”, “Burden of Dreams”, “Return of the Sleepwalker” et “Shaolin”, enchaîné en décembre dernier).

Ce flash intervient alors que Simon approche de la fin de son long voyage aux États-Unis, commencé en novembre dernier. Un séjour marqué par de multiples réalisations, des sessions partagées avec Jules Marchaland et Mejdi Schalck, et une immersion totale dans les blocs de Bishop et Red Rocks. “Encore quelques jours ici… J’ai déjà envie de revenir”, écrit-il.


Lire aussi

Cinquième 9A bloc pour Simon Lorenzi : “Shaolin” tombe à Red Rocks !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

William Bosi signe la première ascension du bloc le plus dur du Portugal !

12 Jan

Le grimpeur écossais William Bosi commence 2026 sur les chapeaux de roue ! En effectuant la première ascension de “Pôr do Sol”, un bloc proposé à 8C+, il établit tout simplement le plus dur bloc du Portugal. Un bloc esthétique, aux mouvements “improbables”, et surtout… l’une des plus beaux qu’il ait jamais grimpés !

Situé à Sintra, près de Lisbonne, “Pôr do Sol” remonte en diagonale un mur de granite légèrement déversant. De loin, le bloc paraît lisse, presque sans prises. De près, on découvre juste assez de préhensions pour imaginer une séquence. Mais il faudra trois séjours à Bosi entre 2024 et 2026 pour réussir à les dompter.

Un projet qui lui aura résisté longtemps

Il découvre la ligne en 2024 et parvient rapidement à faire tous les mouvements… sauf un : une double épaule “style compétition”, extrêmement aléatoire, qui deviendra son obsession pendant près de deux ans. En mars 2025, nouvel échec. Puis il revient une troisième fois en décembre et enfin, miracle : il réussit le fameux mouvement pour la première fois. Reste à tout enchaîner depuis le départ. Début janvier 2026, il progresse encore dans le bloc… avant que, quelques jours plus tard, tout s’aligne enfin ! “Pôr do Sol” 8C+ est né.

Probablement le meilleur bloc que j’aie jamais essayé !

Will Bosi

© Teresa Coimbra

L’Écossais ne cache pas son enthousiasme. Dans un message qu’il nous a envoyé, il raconte : “Le meilleur moyen de bien commencer l’année ! C’est probablement le meilleur bloc que j’aie jamais essayé !”. Ce commentaire donne le ton : pour un grimpeur qui a déjà coché cinq 9A bloc, trouver un projet aussi marquant n’est pas une mince affaire…

Avant de poursuivre : « Ce bloc fait clairement partie de mes trois préférés de tous les temps. De prime abord, le caillou semble énorme et totalement vierge… Puis on réalise qu’il y a pile poil le nombre parfait de prises pour rendre la ligne possible. Les mouvements sont fous, avec notamment ce crux en double épaule ». Seule ombre au tableau : la brutalité du granite, qui limite ses sessions à quelques essais et rend le processus particulièrement exigeant.

Un 8C+ logique ?

Sans surprise, la question du niveau s’invite dans la discussion. Bosi estime l’ensemble nettement plus dur que tout ce qu’il a grimpé au Portugal, y compris “El Dorado Sit” 8C qu’il avait déjà proposé l’an dernier.

« 8C+ me semble juste. Le style très particulier et le faible dévers rendent la cotation difficile, mais c’est clairement plus dur que n’importe quel autre bloc que j’ai fait dans le pays ». Une affirmation qui place donc “Pôr do Sol” comme la référence maximale actuelle au Portugal.

© Teresa Coimbra

Comme si cela ne suffisait pas, William Bosi a profité de son passage à Sintra pour ouvrir plusieurs autres blocs : “T-Rex” 8B, “The Navigator” 8B (qu’il a flashé !), “Tornado” 8A+ et “Relampato” 8A+.

Objectif 2026 : “Silence” et projets écossais

Alors qu’il vient de réaliser sa première grosse croix de l’année, Will regarde déjà vers l’avenir. Son objectif principal de la saison : “Silence” 9c à Flatanger. Il prévoit de revenir en Norvège dès que les conditions le permettront, tout en peaufinant sa préparation sur des projets en Écosse.

S’il en a l’occasion, il fera peut-être un détour par la République Tchèque pour essayer “Terranova”, le célèbre bloc ouvert par Adam Ondra.

Photos : © Teresa Coimbra


Lire aussi

« Silence » : William Bosi rehausse la difficulté du crux à 8C+ !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Alex Megos frappe fort à Fontainebleau : une moisson de blocs jusqu’au 8B+

11 Jan

De passage à Bleau, Alex Megos a déroulé dans les classiques du massif. En l’espace de quelques jours, l’Allemand a signé une véritable démonstration, accumulant dix blocs dans le huitième degré, dont deux 8B+ emblématiques de la forêt.

Il enchaîne tout d’abord “La Force du Destin” 8B+, un incontournable de Kevin Lopata ouvert en janvier 2005, d’abord répété par des pointures comme Paul Robinson, Nalle Hukkataival, puis par Yannick Flohé, Pietro Vidi ou encore Jules Marchaland.

Peut-être le meilleur bloc que j’ai grimpé à Bleau jusqu’à présent ?! La nouvelle année commence comme la précédente s’est terminée !

Alex Megos

Puis, il se rétablit au sommet de “Satan i Helvete” (départ bas), un 8B+ mythique dont la version basse a longtemps été considérée comme l’un des défis majeurs du secteur. En 2013, des prises ont cassé et le bloc n’a plus été répété pendant plusieurs années…  C’est Oriane Bertone qui signe la première ascension post-casse du départ bas en 2020, alors qu’elle n’a que 15 ans. Elle suggère alors la cotation de 8C, mais le consensus actuel, auquel elle adhère, est plutôt de 8B+.

Megos a également enchaîné la version debout, “Satan i Helvete” 8B, ainsi que trois autres 8B : “Mécanique Élémentaire”, “Gaïa assis” et “La Diagonale des Oufs”.

© Coll. Megos

Voici l’intégralité de son tableau de chasse à Bleau :

“La Force du Destin” — 8B+
“Satan i Helvete” (départ bas) — 8B+
“Satan i Helvete” — 8B
“Mécanique Élémentaire” — 8B
“Gaïa assis” — 8B
“La Diagonale des Oufs” — 8B
“Brainstorming” — 8A+
“La Coccinelle” (aller-retour) — 8A+
“Hibernatus bas” — 8A/+
“Opium” — 8A

En 2025, Megos a marqué les esprits avec une succession de performances sur le caillou. En janvier, il réalisait la première ascension de “Tuareg Blanco” (9b/b+) à Margalef, en Espagne. Le lendemain, il flashait “Mr. Big” 9a. En mars, il signait le tout premier flash de la mythique “Azincourt”, la première voie française cotée 8c. En avril, il ajoutait une nouvelle première ascension à son palmarès avec “Le Grand Saccage” (9a+/b) et réalisait la voie “Dévers Sévère” (8c/c+) à vue à Buoux.

En août 2025, direction Flatanger, en Norvège, où il réalise les troisièmes ascensions d’ “Iron Curtain” 9a et de “Kangaroo’s Limb” 9a, deux voies signées Adam Ondra. Megos y passera d’ailleurs tout le mois d’août à travailler “B.I.G.”, l’une des trois seuls 9c au monde. Il devra composer avec la peau abîmée, le froid mordant et la pluie… mais sans jamais lâcher l’affaire.

De retour chez lui, Alex confie : « De retour à la maison et à l’entraînement pour les prochains projets. J’ai hâte de pouvoir consacrer plus de temps et d’énergie au projet du Frankenjura, quand la météo sera un peu plus clémente. 🙏🏼 ». Autant dire que si la météo allemande lui laisse un peu de répit, 2026 pourrait bien être une nouvelle année XXL pour le Bavarois.

 


Lire aussi

Interview : Alex Megos nous raconte son trip à Flatanger et son projet « B.I.G. »

Voir l'article 2 Replies

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Aidan Roberts ouvre un nouveau bloc au cœur du Yosemite

10 Jan

Le Britannique Aidan Roberts démarre fort l’année 2026 ! Installé pour plusieurs mois dans la mythique vallée du Yosemite, il vient d’annoncer la première ascension de “The Bee’s Knees” 8B+, un bloc qu’il décrit lui-même comme « l’un des plus beaux blocs de la vallée ».

Trouver et travailler “The Bee’s Knees” n’a rien d’un projet banal… Situé dans une zone rendue dense par l’arrosage naturel de la cascade Bridalveil Falls, le bloc se fond dans la végétation au point d’être difficile à repérer, même pour ceux qui savent exactement où il se trouve. « La forêt ici est différente du reste de la vallée. Elle est épaisse, envahie, et le bloc se perd facilement. Il est tellement déversante qu’il est presque impossible de le travailler à la corde », raconte Aidan.

© Victoria Kohner-Flanagan

Aidan et ses amis ont donc eu recours à un échafaudage de crash pads et plusieurs échelles pour nettoyer, brosser et déchiffrer des sections autrement inabordables. « Souvent, la réussite d’un nouveau bloc est totalement attribuée au premier ascensionniste, mais cela ne représente pas vraiment tout le travail nécessaire pour faire exister une ligne. Mon ascension n’est qu’une petite partie de l’effort total », affirme le Britannique.

À ses côtés sur ce projet, trois figures majeures de la scène yosemitienne : Katie Lamb, Keenan Takahashi et Shawn Raboutou. Ensemble, ils ont “déchiffré une bonne méthode”, comme le souligne Aidan. Et le Britannique a fini par assembler les mouvements en premier, “avec juste assez d’énergie dans le réservoir”, pour signer la première ascension.

Un projet légendaire, une ligne spectaculaire sur du granite texturé comme du grès… Une journée mémorable, et l’un des plus beaux blocs de la vallée !

Aidan Roberts

Aidan Roberts, toujours dans le top mondial

À seulement 27 ans, Roberts s’est imposé comme l’un des meilleurs bloqueurs de la planète. Son CV parle de lui-même :

  • Trois 9A bloc, dont “Alphane”, qu’il fut le premier à répéter en 2022.
  • Deux 9Aouverts en 2024 (“Spots of Time” au Lake District, “Arrival of the Birds” à Chironico).
  • De multiples premières ascensions en 8C+, au Royaume-Uni comme en Suisse.
  • Rien qu’en 2025 : au moins sept premières ascensions en 8C ou plus, dont deux 8C+.

Il est également familier des blocs du Yosemite difficile : il y a un an, il signait la seconde ascension de “The Dark Side” un 8C+ ouvert par Carlo Traversi en 2023.


Lire aussi

Aidan Roberts enchaîne le bloc le plus dur du Yosemite !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Les cinq voies de deep-water les plus difficiles au monde selon Chris Sharma

08 Jan

Avec la sortie de sa vidéo de “Vision Quest” 9a/+, Chris Sharma revient sur les lignes mythiques qui ont façonné l’histoire du psicobloc.

Chris Sharma vient de publier la vidéo tant attendue de son ascension de “Vision Quest” 9a/+, une ligne qui rejoint les voies de deep-water les plus extrêmes.

Dans la description de la vidéo, Sharma cite cette ligne comme « l’une des cinq voies de deep-water les plus difficiles au monde », aux côtés de “Es Pontas”, “Alasha”, “Big Fish” et “Black Pearl”. L’occasion de revenir sur ces lignes légendaires, toutes ouvertes par l’Américain.


“Es Pontas” 9a, Majorque – 2006

Icône absolue du psicobloc, “Es Pontas” est probablement la ligne la plus mythique de l’Histoire du deep-water. Cette arche de calcaire surgissant de la mer au large de Majorque devient, en septembre 2006, le théâtre d’une ascension qui marque un tournant dans la carrière de Sharma.

Vingt mètres de grimpe, un jeté monumental à plus de 10 mètres au-dessus de l’eau, des mouvements explosifs et un engagement total… “Es Pontas” incarne à la perfection ce que Sharma appelle une « king line » : déversante, esthétique et sans compromis. Popularisée dans le film King Lines, cette voie amène le psicobloc sur le devant de la scène mondiale et propulse Sharma au rang de pionnier visionnaire.


“Alasha” 9a, Majorque – 2016

Dix ans après “Es Pontas”, Sharma dévoile “Alasha”, une autre ligne extrême qu’il aura travaillée… pendant 5 ans ! Nom­mée en hommage à sa fille Alana, cette voie combine un crux estimé à 8B et des chutes terrifiantes : Sharma raconte avoir enchaîné les vols depuis plus de 20 mètres de haut.

Répétée par Jakob Schubert, la ligne est aujourd’hui considérée comme l’une des voies de psicobloc les plus exigeantes au monde. Sharma expliquait alors : « Le crux nécessite des positions de corps ultra subtiles, et un calage des méthodes aux petits oignons. Une fois que j’ai enfin compris tous les mouvements, je me suis dit : “Ok, maintenant je peux commencer à l’essayer depuis le bas.” »


“Big Fish” 9a, Majorque – 2017

Dans le sillage d’ “Alasha”, Sharma ouvre l’année suivante “Big Fish”, une ligne massive située près de Sóller à Majorque. La voie propose des difficultés avoisinant le 9a, avec un crux situé à près de 20 mètres au-dessus de la mer. Il la décrit comme « l’une des voies de deep-water les plus esthétiques, les plus grandes et les plus difficiles » qu’il ait jamais réalisés.

Matty Hong et Jernej Kruder signeront plus tard les premières répétitions. Ce dernier raconte d’ailleurs une expérience marquante :  “J’ai profité d’un des plus beaux jours d’automne à Majorque pour finir mon projet commencé en 2023. À l’époque, j’étais tombé du dernier bac à cause de l’humidité. Cette année, j’étais loin d’être préparé, mais les conditions et ma confiance ont tout changé. Je ne pensais qu’au mouvement suivant, et d’un coup, j’étais au sommet”.


“Black Pearl” 9a+, Majorque – 2023

En 2023, Sharma repousse encore ses propres limites avec “Black Pearl”, non loin de “Big Fish”. Il explique que la voie commence par une section en 7c+/8a, suivie d’un repos, avant un crux de 15 mouvements se terminant par un jeté sur un tridoigt particulièrement difficile. Un ensemble qui lui donne le ressenti d’un « 8c/8c+ suivi d’un pas de bloc en 7C ». La fin reste soutenue, autour de 8a+.

Pour Sharma : « C’est du même niveau qu’ “Es Pontas” et “Alasha”. Difficile de comparer… mais elle pourrait même être un peu plus dure ». Il ajoute avoir eu « énormément de chance » de trouver un cheminement possible dans cette immense face, notant que sans un détail géologique précis, la voie aurait été tout simplement impossible.


“Vision Quest” 9a/+, Majorque – 2024

Le dernier chef-d’œuvre. Et à en croire Sharma, l’une des lignes les plus intenses qu’il ait jamais affrontées ! Travaillée plus de trente jours cumulés sur six mois, “Vision Quest” représente l’aboutissement de plus de vingt ans d’exploration du littoral majorquin. Sharma raconte avoir découvert la ligne depuis un bateau, puis avoir dû y revenir en marchant pour repérer la face : « Si j’avais pu l’équiper comme une voie classique, ça aurait pris quelques heures. Mais en mode deep-water, tout est beaucoup plus long ! Rien que pour mettre des essais depuis le bas, j’ai mis six jours ».

La voie propose un crux très dur, suivi de 28 mouvements continus et extrêmement physiques, le tout suspendu au-dessus de l’eau avec des chutes parfois violentes, dont une que Chris se souvient bien : il était tombé sur le dos depuis 10 mètres. Et contrairement aux clichés sur le psicobloc, Sharma rappelle : « Ce n’est pas de l’escalade de vacances. C’est beau, fun, mais c’est aussi un travail intense, exigeant… surtout en décembre ! ».

Avec la sortie de la vidéo hier, “Vision Quest” rejoint officiellement les cinq voies de deep-water les plus extrêmes jamais établies… Toutes signées Sharma, encore et toujours maître du genre !


Lire aussi

Chris Sharma aux Jeux Olympiques de 2028 ? Le pari fou de l’icône de l’escalade !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

Faut-il changer la cotation de “Change”, le premier 9b+ ? Adam Ondra s’explique

07 Jan

“Change”. Une voie qui, à elle seule, résume une époque. En octobre 2012, à Flatanger, Adam Ondra signait ce qui allait devenir l’une des lignes les plus emblématiques de l’Histoire de l’escalade : le tout premier 9b+ mondial. Pourtant, treize ans plus tard, une question se pose : “Change” est-elle toujours un 9b+… ou faudrait-il revoir sa cotation à la baisse ?

La réflexion n’émane pas de n’importe qui… Elle vient d’Adam Ondra lui-même.


Avec ses cinquante mètres de dévers dans le toit de la grotte de Hanshelleren, “Change” est un monstre de résistance, articulé autour de deux parties bien distinctes. La première longueur (“Change P1”, 9a+) concentre un crux violent, un gros mouvement d’épaule, qui a déjà mis en échec de nombreux prétendants. La voie complète ajoute au-dessus une section supplémentaire en 8c+/9a, portant l’ensemble à 9b+.

Libérée par un Adam Ondra de seulement 19 ans, sans genouillères, sans vidéos de référence et avec des méthodes encore balbutiantes, “Change” a longtemps incarné les limites du possible. À ce jour, seuls six grimpeurs ont répété la ligne.

Leo Bøe et la discussion qui relance le débat

Dernier en date : le Norvégien Leo Bøe, qui a réussi l’ascension à l’automne 2025. Dans une vidéo de 26 minutes publiée récemment, Leo documente son long processus dans la voie et échange longuement avec Adam Ondra. Le Tchèque y évoque notamment l’évolution des méthodes et l’usage désormais systématique des genouillères (absentes lors de sa première ascension). Selon lui, ces nouveaux paramètres permettent aujourd’hui de mieux se reposer dans certains passages, ce qui pourrait rapprocher “Change” du 9b plutôt que du 9b+.

Mais le grimpeur tchèque reste extrêmement prudent :

Je ne l’ai jamais refaite avec des genouillères et les nouvelles méthodes qui ont apparues. Tant que ce n’est pas le cas, je ne peux pas affirmer avec certitude que ce n’est plus un 9b+.

Adam Ondra

Une cotation qui évolue avec son époque ?

Depuis Stefano Ghisolfi (2020), tous les répétiteurs ont utilisé des genouillères. Seb Bouin, Alex Megos, Jorge Díaz-Rullo puis Leo Bøe ont tous évoqué une cotation située entre 9b et 9b+. Megos, qui n’utilisait qu’une seule genouillère, soulignait après son ascension en 2024 à quel point la vision d’Ondra avait été en avance sur son temps : « Je voudrais souligner une fois de plus à quel point l’ouverture de cette voie par Adam Ondra, il y a 12 ans, était visionnaire. N’oubliez pas que j’avais accès aux vidéos et aux nouvelles méthodes. Sans cette certitude que “ça passe”, le projet m’aurait semblé complètement impossible ».

Faut-il pour autant parler de décotation ? Ou accepter que la cotation reflète aussi un style, une époque, une manière de grimper ? Dans la façon dont Ondra a enchaîné “Change” en 2012, la voie reste incontestablement un 9b+ historique. La répéter aujourd’hui dans ces conditions serait presque un acte militant. Mais l’escalade moderne, suit une autre logique : si une méthode plus efficace existe, pourquoi s’en priver ?

L’idée de deux cotations circule depuis plusieurs années déjà, sans jamais vraiment s’imposer. Une chose est sûre : “Change” est un cas d’école sur l’impact du matériel et des méthodes dans l’appréciation de la difficulté.

Et si le premier vrai 9b+ devenait La Dura Dura ?

Si “Change” devait un jour être officiellement considérée comme un 9b, alors le statut de premier 9b+ mondial reviendrait à “La Dura Dura”, enchaînée par Adam Ondra en février 2013 à Oliana, puis répétée par Chris Sharma. Une voie que le Tchèque lui-même jugeait encore plus dure que “Change” et qui, à ce jour, n’a toujours pas connu de troisième ascension.

Le 9b+ suivant fut également l’œuvre d’Ondra avec “Vasil Vasil”, dans le Moravský Kras, en République Tchèque, en décembre 2013… Une voie toujours sans répétition à ce jour. “Perfecto Mundo”, à Margalef, libérée par Alex Megos en mai 2018, constitue une autre référence du niveau. Répétée par Stefano Ghisolfi en 2018 puis Jakob Schubert en 2019, elle est aujourd’hui largement considérée comme une voie étalon du 9b+.

“Change” 9b+, Flatanger

  • 2012 – Adam Ondra (première ascension)
  • 2020 – Stefano Ghisolfi (9b+)
  • 2022 – Seb Bouin (suggestion 9b/b+)
  • 2024 – Alex Megos (suggestion 9b/b+)
  • 2024 – Jorge Díaz-Rullo (suggestion 9b/b+)
  • 2025 – Leo Bøe (9b+ ?)

Lire aussi

Éthique: Adam Ondra s’exprime sur l’utilisation des genouillères en escalade !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise

Natural Heights : Red Bull TV lance une nouvelle série dédiée à l’escalade

05 Jan

Red Bull TV vient de lancer Natural Heights, une toute nouvelle série documentaire consacrée à l’escalade, disponible gratuitement. Composée de quatre épisodes d’environ 25 minutes, cette première saison propose une plongée intime dans le quotidien et la tête de grimpeurs et grimpeuses qui façonnent aujourd’hui le très haut niveau international : Janja Garnbret bien sûr, mais aussi Jakob Schubert, Nika Potapova et Alberto Ginés López.

La série s’attache surtout à raconter les chemins personnels, les doutes, la pression et les moteurs intimes de ces grimpeurs d’exception.


Episode 1 – Janja Garnbret face à son 10ᵉ titre mondial

Le premier épisode s’ouvre avec Janja Garnbret, véritable icône de l’escalade moderne. À 26 ans, la Slovène est en quête d’un dixième titre mondial, un cap inédit qui s’accompagne d’une pression immense. En quête de renouveau, la double championne olympique s’éloigne temporairement du circuit de compétition pour retourner sur le rocher, à la recherche de sensations plus brutes et d’une motivation profonde.

Un épisode introspectif, où Janja évoque sa relation à l’impatience, au contrôle et à la nécessité d’accepter que certaines choses prennent du temps.

Je suis sans doute la personne la plus impatiente au monde, parce que je veux tout, tout de suite ! J’ai l’impression que l’escalade en extérieur m’a rendue plus patiente et m’a appris à laisser les choses se faire naturellement. On ne peut rien forcer. Il faut contrôler ce que l’on peut contrôler : mon attitude, et le fait de toujours donner 100 %.

Janja Garnbret


Episode 2 – Jakob Schubert enchaîne l’une des voies les plus dures au monde (9c)

Direction la grotte de Flatanger, en Norvège, pour le deuxième épisode. Jakob Schubert s’attaque à “B.I.G.” 9c, l’une des voies les plus dures de la planète. Le sextuple champion du monde se confronte ici à ses limites physiques et mentales, dans un projet où croire en la réussite est déjà un combat en soi.

Une immersion rare dans le processus de travail d’une voie extrême, où chaque essai devient une leçon de résilience.

L’un des plus grands défis mentaux, quand on travaille un projet à la limite absolue de la performance, c’est d’abord de croire que c’est réellement possible.

Jakob Schubert


Episode 3 – Nika Potapova : rien à perdre, tout à prouver

Le troisième épisode met en lumière Nika Potapova, 22 ans, grimpeuse ukrainienne encore aux portes du très haut niveau. Sans sponsors garantis ni filet de sécurité, elle tente de transformer son talent et son acharnement en véritable carrière professionnelle.

Son histoire, marquée par l’autonomie, la discipline et une foi inébranlable dans le travail, offre un regard précieux sur la réalité de nombreux jeunes athlètes en devenir.

Je planifie moi-même la plus grande partie de tout mon entraînement. J’y mets énormément d’énergie, et je sais que le travail finit toujours par payer.

Nika Potapova


Episode 4 – Alberto Ginés López face à un mur de 180 mètres

La saison se conclut avec Alberto Ginés López, champion olympique, engagé dans un défi spectaculaire : l’ascension chronométrée du barrage de Verzasca, haut de 180 mètres, aux côtés de Jenya Kazbekova. Une épreuve de vitesse où la moindre erreur peut coûter cher.

Un format explosif, qui révèle une autre facette de l’escalade et l’insatiable esprit de compétition de l’Espagnol.

Tout ce que je n’ai pas encore gagné, je veux le gagner. Et ce que j’ai déjà gagné, je veux le gagner à nouveau. C’est ça, mon objectif en tant que compétiteur.

Alberto Ginés López


Lire aussi

Janja Garnbret en tête d’affiche d’un nouveau format de compétition : naissance de la Pro Climbing League

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Cinquième 9A bloc pour Simon Lorenzi : “Shaolin” tombe à Red Rocks !

03 Jan

Le 27 décembre 2023, Simon Lorenzi inscrivait son nom au panthéon du bloc mondial en répétant “Burden of Dreams”, le premier 9A bloc de l’histoire. Le 27 décembre 2025, exactement deux ans plus tard, jour pour jour, le Belge récidive ! Même date, même mois, même niveau… et une ligne majeure en plus à son palmarès : “Shaolin” 9A, à Red Rocks, aux États-Unis. 

Avec cette performance, Simon Lorenzi signe son cinquième 9A bloc, devenant, aux côtés de Will Bosi, le grimpeur ayant enchaîné le plus de blocs dans le neuvième degré…


Ouvert par Sean Bailey en novembre 2024, “Shaolin” n’a jamais vraiment quitté l’esprit de Simon Lorenzi. Après un premier contact l’an dernier, et déjà deux répétitions signées Noah Wheeler et Zach Galla, le Belge revient à Red Rocks mi-novembre avec l’intention de boucler ce chapitre. Aux côtés de Mejdi Schalck et Jules Marchaland, il est bien décidé à aller au bout de son projet.

“Shaolin” était mon objectif principal du voyage. J’avais déjà un peu essayé l’an dernier et je me suis entraîné spécifiquement pour être prêt et en forme cette année.

Simon Lorenzi

© Yulen Calleja

Techniquement, “Shaolin” est un monstre. Un départ extrêmement physique, souvent décrit comme un 8B bloc à lui seul, avec deux mouvements dynamiques aléatoires, avant de poursuivre sur une section finale tout aussi exigeante.

Pourtant, loin du combat psychologique parfois associé aux projets de ce niveau, Lorenzi décrit une ascension étonnamment contrôlée.

Tout s’est déroulé de manière super fluide. C’est la première fois qu’un 9A fonctionne comme ça pour moi : à chaque séance, je progressais, sans me presser, en restant patient jusqu’à ce que tout s’aligne.

Simon Lorenzi

© Yulen Calleja

Cinq blocs en 9A, et une place à part

À 28 ans, Simon Lorenzi rejoint définitivement un cercle ultra-restreint. Avec “Shaolin”, il porte à cinq son nombre de blocs cotés 9A :

  • 2021 – “Soudain Seul” (Fontainebleau, première ascension)
  • 2022 – “Burden of Dreams” (Lapnor, Finlande)
  • 2023 – “Alphane” (Chironico)
  • 2024 – “Return of the Sleepwalker” (Red Rocks)
  • 2025 – “Shaolin” (Red Rocks)

Seul William Bosi affiche un palmarès comparable, tandis que le niveau ultime du bloc moderne a encore été repoussé récemment avec l’ouverture d’Exodia 9A+ par Elias Iagnemma.


Lire aussi

Simon Lorenzi s’offre « Permanent Midnight low » 8C+ et un 8B+ flash à Fionnay !

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers Falaise
  • croix en falaise

Jakob Schubert vise les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028

02 Jan

Il y a encore quelques mois, Jakob Schubert semait le doute. Pas sur son niveau, ni sur son amour de l’escalade, mais sur le sens même des compétitions actuelles. Dans une interview que nous avions relayée sur Planetgrimpe, l’Autrichien dénonçait les dérives des compétitions : styles trop aléatoires, inflation de mouvements dynamiques, éloignement progressif de l’essence du rocher. Une prise de parole qui laissait planer une question : Jakob Schubert envisageait-il la fin de sa carrière de compétiteur ?

La réponse est tombée hier, le 31 décembre. Le jour de ses 35 ans, Jakob Schubert a officiellement annoncé son intention de viser les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028.

Aujourd’hui, je veux enfin répondre à la question qu’on me pose souvent ces derniers temps. Oui, je veux à nouveau me qualifier pour les Jeux Olympiques. Je veux aller à Los Angeles 2028. C’est quelque chose auquel j’ai beaucoup réfléchi, mais aujourd’hui, le jour de mes 35 ans et le dernier jour de l’année, me semble être le moment idéal pour annoncer officiellement cet objectif à long terme

Jakob Schubert

© IFSC

« J’avais besoin de redonner du sens à tout ça »

Double médaillé de bronze olympique (Tokyo 2020, Paris 2024), sextuple champion du monde, auteur de croix majeures en falaise comme en bloc (9c, 9A…), Jakob Schubert n’a plus rien à prouver. Et pourtant, son année 2025 a été marquée par le doute : une blessure sérieuse, des résultats en demi-teinte, mais surtout une réflexion profonde sur l’évolution de son sport.

Dans sa précédente prise de parole, Jakob pointait un malaise partagé par de nombreux grimpeurs : une escalade de compétition qui, selon lui, s’éloigne de plus en plus de l’escalade « réelle ». À tel point que la question de poursuivre la compétition se posait réellement. Son annonce pour LA 2028 prend donc une dimension particulière.

Cette année difficile m’a rappelé à quel point j’aime encore grimper, et surtout à quel point j’ai encore cette flamme nécessaire pour performer au plus haut niveau. Cet objectif me redonne un vrai sens. 

Jakob Schubert

Cap sur la difficulté, et uniquement la difficulté !

Jakob Schubert concentrera son projet olympique exclusivement sur la difficulté, sa discipline de cœur, celle dans laquelle il excelle le plus. À Los Angeles, pour la première fois, le format olympique proposera trois disciplines distinctes (bloc, difficulté et vitesse) chacune avec son propre titre.

© IFSC

À 35 ans, alors que beaucoup d’athlètes de sa génération ont déjà quitté la scène internationale, Jakob Schubert décide donc de « remettre une pièce dans la machine ». Non pas par nostalgie, mais avec une ambition claire et assumée.

J’ai le sentiment de pouvoir encore rivaliser avec n’importe qui.

Jakob Schubert

Début 2026, il retournera grimper en extérieur, notamment aux États-Unis, pour se consacrer à des projets de longue date à Red Rocks. Sa récente ascension de “Mount Doom” (9A bloc), réalisée après une année compliquée, rappelle que le niveau est toujours là.


Lire aussi

« Mount Doom » 9A : Jakob Schubert revient sur l’un des combats majeurs de sa carrière

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG
  • # Univers compétition

Bonne année 2026 !

01 Jan

Une nouvelle année commence. Et comme toujours, l’escalade sera au centre de nos attentions.

Cette année, Planetgrimpe continuera de faire ce qu’il sait faire de mieux. Être là, au plus près de ce qui fait vibrer notre sport. Des compétitions internationales aux championnats nationaux, des blocs perdus au fond des bois aux grandes parois qui font rêver, des performances retentissantes aux histoires plus discrètes mais tout aussi fortes. Nous continuerons de suivre l’actualité, de relayer les exploits sur le rocher, de partager les plus belles vidéos, de donner la parole à celles et ceux qui font l’escalade d’aujourd’hui et de demain.

Si Planetgrimpe existe et grandit, c’est avant tout grâce à vous. Vous êtes chaque année plus nombreux à nous lire, à partager nos articles, à réagir, à débattre, à nous écrire. Cette fidélité nous pousse à faire toujours mieux, à rester indépendants, et à continuer de traiter l’escalade sous toutes ses facettes.

Alors pour 2026, on vous souhaite des projets qui aboutissent, des croix qui comptent (quelles qu’elles soient), des moments de joie, des sessions entre amis, des compétitions vibrantes, et surtout beaucoup de plaisir à grimper !

Merci d’être là. Très belle année 2026 à toutes et à tous, et à très vite sur Planetgrimpe.


Lire aussi

Les 10 articles les plus lus de l’année sur Planetgrimpe

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG

Les 10 articles les plus lus de l’année sur Planetgrimpe

31 Déc

Quels articles ont réellement marqué l’année 2025 sur Planetgrimpe ?

Au-delà de l’actualité immédiate, certains sujets ont suscité un intérêt durable, généré de nombreuses réactions et parfois nourri de véritables débats. Cette année encore, les articles les plus consultés ne parlent pas uniquement de cotations ou de records, mais interrogent le sens de la pratique, l’évolution du haut niveau, la place de l’humain, et parfois même les fractures qui traversent notre sport.

Des projets improbables aux exploits hors normes, des confessions intimes aux coups de gueule assumés, ce Top 10 des articles les plus lus en 2025 dresse un portrait fidèle de ce qui vous a le plus marqué, questionné ou inspiré.

Voici les dix articles les plus consultés sur Planetgrimpe en 2025.


10 – « UN MONO ET RIEN D’AUTRE » : ADAM ONDRA S’ATTAQUE À UN PROJET IMPROBABLE !

Même lorsqu’il s’éloigne des projecteurs des 9c et des grandes premières mondiales, Adam Ondra continue de fasciner. Dans les collines discrètes de Chřiby, en République tchèque, Ondra est retourné sur un projet laissé en suspens depuis quinze ans : une voie étrange, courte, sans logique apparente, résumée par une description brute : un mono, et rien d’autre.

« Un mono et rien d’autre » : Adam Ondra s’attaque à un projet improbable !


9 – ALEX HONNOLD S’OFFRE UN SOLO INTÉGRAL DE 450 MÈTRES À VUE (EN UN TEMPS RECORD !)

Dès sa publication, cet article a déclenché une vague de réactions. En grimpant « Gift of the Wind Gods », une grande voie de 450 mètres sur le Mont Wilson, en solo intégral, à vue, et en seulement quatre heures aller-retour, Alex Honnold rappelle que le danger n’est jamais un souvenir figé.

L’article a captivé par l’ampleur de l’engagement, mais aussi par la sobriété avec laquelle l’Américain décrit sa performance.

Alex Honnold s’offre un solo intégral de 450 mètres à vue (en un temps record !)


8 – DEVINEZ QUI S’ATTAQUE À « SILENCE » 9C (ET PROGRESSE DÉJÀ À TOUTE VITESSE) ?!

L’un des articles les plus commentés de l’année. Car parler de “Silence” 9c, c’est toucher au mythe absolu de l’escalade.

En annonçant que William Bosi s’attaquait sérieusement à la voie d’Adam Ondra, et surtout qu’il progressait à une vitesse impressionnante, nous avons mis le doigt sur un moment potentiellement historique. À peine arrivé à Flatanger, le Britannique se retrouvait déjà à quelques mouvements de réussir le crux le plus redouté de la planète…

Devinez qui s’attaque à « Silence » 9c (et progresse déjà à toute vitesse) ?!


7 – ORIANE BERTONE: « JE NE SUIS PLUS LA MÊME DEPUIS LES JO »

Sans doute l’un des articles les plus forts émotionnellement de l’année. Vous avez été très nombreux à lire, relire et partager cette interview. Pour la première fois, Oriane Bertone revient sans filtre sur l’après-JO de Paris 2024. Burn-out, perte de repères, déception sportive, mais aussi reconstruction progressive et réapprentissage du plaisir. Loin de l’image lisse de la championne, l’article dévoile une athlète en pleine introspection, qui accepte de dire qu’elle a souffert.

Ce qui a profondément résonné, c’est cette parole presque courageuse d’une grimpeuse de seulement 19 ans, déjà confrontée à la violence symbolique du très haut niveau. Un entretien qui dépasse largement le cadre de l’escalade.

Entretien exclusif avec Oriane Bertone: « Je ne suis plus la même depuis les JO »


6 – STAŠA GEJO QUITTE LES COMPÉTITIONS SUR UN COUP DE GUEULE : « JE NE VEUX PLUS FAIRE PARTIE DE CE CIRQUE ! »

Cet article a marqué un tournant dans les débats autour de l’escalade de compétition. Avec une prise de parole frontale, Staša Gejo annonce son retrait du circuit international, dénonçant un système qu’elle juge uniformisé, épuisant et injuste.

À travers son témoignage, la grimpeuse serbe a mis en lumière des problématiques souvent tues : manque de moyens, pression des tendances d’ouverture, inégalités entre nations, et fatigue mentale accumulée. Loin d’un simple départ, c’est une remise en question globale du modèle compétitif actuel.

Staša Gejo quitte les compétitions sur un coup de gueule : « Je ne veux plus faire partie de ce cirque ! »


5 – ESCALADE DE HAUT NIVEAU : L’APPEL À L’AIDE D’ALEX MEGOS !

L’article d’Alex Megos a agi comme un électrochoc. En lançant un appel aux dons pour soutenir les grimpeurs allemands, l’un des meilleurs grimpeurs du monde a mis en lumière une réalité souvent ignorée : le très haut niveau est loin d’être financièrement sécurisé !

Vous avez massivement lu cet article parce qu’il dépasse le cas allemand. Il parle d’un système où de plus en plus d’athlètes doivent financer eux-mêmes leurs saisons, leurs déplacements, voire leurs rêves. La comparaison avec la situation française rend le constat encore plus glaçant.

Escalade de haut niveau : l’appel à l’aide d’Alex Megos !


4 – VENTILATEUR ET ESCALADE : TRICHERIE OU OPTIMISATION ?

Probablement l’article le plus débattu de l’année. À partir de l’ascension de “Mammunk (assis)” par Camille Coudert, nous avons ouvert un débat fondamental sur l’éthique de la performance en bloc.

Ventilateur, conditions artificielles, optimisation assumée : là où certains crient à la triche, d’autres y voient une adaptation logique à un climat de plus en plus contraignant. L’article ne tranche pas, mais pose les bonnes questions lié à l’évolution de notre sport.

Ventilateur et escalade : tricherie ou optimisation ? Camille Coudert relance le débat !


3 – LES SPONSORS SE RETIRENT, LA COUPE DU MONDE EST ANNULÉE !

L’annulation d’une étape de Coupe du Monde de vitesse, faute de sponsors, a mis en évidence la fragilité économique du circuit international et les limites d’un modèle dépendant de financements instables.

Au-delà de l’événement lui-même, ce texte questionne l’avenir du calendrier des Coupes du Monde, la crédibilité du circuit et la capacité de l’escalade à s’inscrire durablement dans le paysage sportif mondial. Un article très lu, parce qu’il touche à une peur diffuse : et si la croissance de l’escalade était plus fragile qu’on ne le croit ?

Les sponsors se retirent, la Coupe du Monde est annulée !


2 – VERTICAL’ART LYON FERME SES PORTES

Cet article a marqué l’année 2025 parce qu’il touche à une réalité : le modèle économique des salles d’escalade est aujourd’hui fragilisé, y compris pour les grands groupes.

Après les fermetures de Vertical’Art Chevaleret et Pigalle à Paris, l’annonce de la fermeture définitive de Vertical’Art Lyon a résonné comme un nouveau coup de tonnerre. Contrairement à l’image parfois véhiculée d’un secteur ultra-rentable, cet article a mis en lumière l’explosion des charges de fonctionnement : loyers élevés, masse salariale indexée sur l’inflation, coût de l’énergie devenu colossal, renouvellement du matériel, entretien, ménage… Autant de postes devenus de plus en plus lourds à absorber. Cet article pose une question centrale pour l’avenir : comment les salles pourront-elles continuer à se développer sans sacrifier la qualité, l’accessibilité et les conditions de travail ? Une inquiétude largement partagée, qui explique sa place de n°2 des articles les plus lus de l’année.

Après Pigalle et Chevaleret, Vertical’Art Lyon ferme à son tour ses portes


1 – UNE FUSILLADE MORTELLE AU SEIN D’UNE SALLE D’ESCALADE

C’est l’article que personne n’aurait voulu voir en tête de ce classement… Et pourtant, en 2025, c’est celui que vous avez le plus lu, partagé et commenté. Parce qu’il raconte l’impensable…

Le 29 juin, la salle Memphis Rox, aux États-Unis, lieu emblématique d’une escalade inclusive et sociale, a été le théâtre d’une fusillade mortelle. Deux hommes ont perdu la vie, dont Jarmond Johnson, grimpeur engagé, salarié de la salle et coordinateur de l’action sociale. Un drame d’une violence extrême, survenu dans un espace censé être sûr, bienveillant et protecteur.

Une fusillade mortelle au sein d’une salle d’escalade


Lire aussi

Les 10 vidéos d’escalade les plus vues de l’année sur Planetgrimpe

Voir l'article Leave a reply

Catégories :

  • # Actualités PG