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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Mission 9b : Stefano Ghisolfi à un pas de réussir son défi fou !

21 Mar

Stefano Ghisolfi continue son incroyable défi en Espagne : réaliser quatre 9b dans quatre falaises différentes au cours du même trip. Après « The Full Journey » à Margalef et « Sleeping Lion » à Siurana, l’Italien vient de clipper le relais de « Neanderthal » à Santa Linya, se rapprochant ainsi un peu plus de son objectif.

Il ne lui reste plus qu’une seule voie à enchaîner : « Fight or Flight » à Oliana.


Ouverte en 2009 par Chris Sharma, « Neanderthal » 9b est une voie de pure endurance. Avec ses 115 mouvements répartis sur près de 40 mètres dans l’immense grotte de Santa Linya, elle figure parmi les 9b les moins répétés au monde. Avant Stefano, seuls deux grimpeurs avaient réussi à dompter ce monstre : Jakob Schubert en 2018 et Adam Ondra en 2019.

Si Schubert avait maîtrisé la voie relativement rapidement, Ondra, pourtant habitué aux voies de haut vol, avait décrit « Neanderthal » comme l’une des rares voies qu’il avait fini par détester, tant les échecs avaient été nombreux avant la réussite. Stefano, lui, s’est montré d’une efficacité redoutable en n’ayant besoin que de neuf séances pour venir à bout de cette ligne ultra-physique.

L’Italien a précisé avoir utilisé des genouillères pour optimiser son ascension, mais n’a pas encore donné son avis sur la cotation. Avec cette réussite, il décroche son troisième 9b de l’année et le onzième de sa carrière, confirmant son statut parmi l’élite de l’escalade mondiale !

Le défi de Stefano Ghisolfi touche à sa fin. Il ne lui reste plus qu’une voie pour accomplir son pari : « Fight or Flight » à Oliana. Encore une création signée Chris Sharma, cette ligne est redoutable avec une première section très exigeante, suivie d’un crux redoutable. Les conditions météorologiques seront un paramètre clé, car le rocher est souvent trop chaud pour des essais optimaux.

 Trois voies enchaînées, une dernière à cocher. “Neanderthal” est dans la poche, et avec ça, j’ai accompli 3/4 de mon objectif. Le prochain 9b sur la liste, c’est “Fight or Flight” à Oliana… et après ça, je pourrai enfin me reposer 😅

Stefano Ghisolfi

Alors, l’Italien parviendra-t-il à réussir son défi et inscrire son nom encore un peu plus dans l’Histoire de l’escalade ? Réponse dans les prochaines semaines !


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Vidéo : Shauna Coxsey enchaîne “Mito Sit” 8B+ sous les encouragements de sa fille !

20 Mar

Shauna Coxsey a récemment signé une nouvelle performance de haut vol en réalisant la première ascension féminine de “Mito Sit” 8B+ sous les encouragements de sa fille. Cette ligne, ouverte par Jun Shibanuma en 2022, est rapidement devenue l’un des blocs les plus durs du Portugal.

Après une répétition par Will Bosi l’an dernier, Coxsey décroche la troisième ascension de ce bloc, consolidant ainsi son retour au plus haut niveau en extérieur. Retrouvez ci-dessous la vidéo de son ascension.


Une croix en seulement deux séances !

Dès son premier essai dans “Mito Sit”, Shauna Coxsey a été subjuguée par l’esthétique de la ligne : “C’est l’un des blocs les plus impressionnants que j’ai vus !” s’est-elle exclamé. “Les prises sont à peine tenable et la face est bien plus déversante que je ne l’imaginais”.

Malgré la difficulté du bloc, l’ancienne vainqueur de la Coupe du Monde de bloc a réussi à dompter la ligne en seulement deux sessions ! Un exploit qui témoigne de son retour au plus haut niveau. Accompagnée par sa fille, dont les encouragements ont marqué les esprits, Coxsey a célébré cette ascension avec émotion : “C’est l’une des croix dont je suis le plus fière ! Enchaîner ce bloc sous les yeux de ma famille, ça n’a pas de prix !”. 

© Ed Robinson

Un retour fulgurant sur le rocher

Depuis la naissance de sa fille en 2022, Shauna Coxsey s’est éloignée des compétitions pour se consacrer pleinement à l’escalade en extérieur. Un choix qui porte ses fruits : “Mito Sit” est déjà son troisième 8B+ de l’année, après “Fotofobia Sit” à La Pedriza et “Hazel Grace” au col du Gothard en Suisse. Elle avait également marqué l’Histoire en devenant la première femme à enchaîner un 8B+ au Royaume-Uni avec “The Boss” à Yarncliffe.

Son parcours dans le haut niveau du bloc a débuté il y a déjà dix ans, avec la première ascension féminine de “New Base Line” le célèbre 8B+ de Magic Wood, en 2014. Depuis, elle n’a cessé d’ajouter des blocs iconiques à son palmarès.

Avec un nouveau 8B+ en poche, Shauna Coxsey confirme qu’elle est toujours l’une des meilleures grimpeuses au monde. Une performance inspirante qui illustre à quel point elle continue de repousser ses limites, tout en trouvant un nouvel équilibre entre sa passion et sa vie de famille.

La vidéo de son ascension de “Mito Sit” 8B+


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Pré-saison 2025 : 600 grimpeurs se sont affrontés au Studio Bloc Masters !

19 Mar

Le Studio Bloc Masters, l’un des événements les plus importants de la pré-saison en Europe, s’est déroulé le week-end dernier à Darmstadt, en Allemagne. Avec plus de 600 participants, cette compétition ouverte en format open a attiré des grimpeurs venus du monde entier, prêts à tester leur niveau avant le début de la Coupe du Monde. 

Focus sur les moments forts de cette édition 2025, qui a donné un avant-goût prometteur de la saison à venir.


Anze Peharc vainqueur, Micka Mawem et Léo Favot en finale

Parmi les athlètes français présents, Micka Mawem et Léo Favot se sont particulièrement illustrés lors de cette édition 2025. Micka Mawem, l’un des grimpeurs plus expérimentés de la scène internationale, a fait honneur à sa réputation en décrochant sa place en finale. Au terme d’un dernier tour très disputé (les six finalistes se tiennent dans un mouchoir de poche), Micka a décroché la cinquième place avec trois tops et quatre zones.

Léo Favot, également en finale, a terminé juste derrière son ainé, à la sixième place, après avoir lui aussi réalisé trois blocs et quatre zones. Une performance solide pour le jeune Français, qui n’a pas démérité face à une opposition redoutable.

© Coll. Studio Bloc Masters

La victoire est revenue au Slovène Anze Peharc, qui a triomphé avec 4 tops. Il a été suivi de près par le Japonais Kaito Watanabe, qui a pris la deuxième place, et le Bulgare Nikolay Rusev, troisième.

© Coll. Studio Bloc Masters

Domination espagnole ; les Françaises aux portes des finales

Du côté des femmes, nos grimpeuses tricolores se sont battues avec ténacité, mais elles n’ont pas réussi à se hisser en finale. La meilleure performance française revient à Saula Lerondel, qui a terminé neuvième, à une zone près de décrocher sa place en finale.

Elle devance Flavy Cohaut (10e) et Valentine Mangin (12e), qui ont également réalisé de belles performances, mais qui ont manqué de concrétisation pour intégrer les six premières places.

© Coll. Studio Bloc Masters

La finale a été dominée par les grimpeuses espagnoles Geila Macià et Júlia Benach qui ont été les seules à valider les quatre blocs de la soirée, se départageant sur le nombre d’essais, à l’avantage de Macià. La troisième place est revenue à la Japonaise Futaba Ito.

© Coll. Studio Bloc Masters

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Micka Mawem et Chris Sharma dans “Le Blond” 9c (?) : une collaboration aussi surprenante qu’inattendue !

19 Mar

C’est une nouvelle qui risque de surprendre plus d’un grimpeur ! Micka Mawem, champion du monde de bloc 2023, a récemment publié une vidéo sur sa chaîne YouTube révélant une collaboration pour le moins improbable : pendant deux jours, il a grimpé aux côtés de l’icône absolue de l’escalade : Chris Sharma.

Deux grimpeurs que tout oppose : d’un côté, Micka, pur produit du monde des compétitions, habitué aux murs artificiels et aux blocs dynamiques. De l’autre, Chris Sharma, véritable légende de la falaise, connu pour ses ascensions historiques et son style fluide sur le rocher. Pourtant, ces deux-là ont décidé de croiser leurs univers à Oliana, haut lieu de la difficulté extrême en Espagne.

Micka Mawem dans un projet en 9c (?) !

La surprise ne s’arrête pas là. Alors que Micka Mawem n’avait jamais grimpé dans une voie plus dure que 8b+ en falaise, le voilà qu’il s’attaque directement à “Le Blond”, un projet de longue date équipé par Chris Sharma qui pourrait bien être un 9c, voire plus !

C’est toujours un plaisir de passer du temps avec Chris : une énergie positive incroyable et une source d’inspiration en tant que grimpeur

Micka Mawem

Dans la vidéo, Micka partage son ressenti face à cette tentative démesurée : “C’est fou, je n’ai jamais essayé une voie plus dure que 8b+ et aujourd’hui, je suis là, avec Chris Sharma, a tenté un projet dont on ne connaît même pas la cotation tellement il s’agit de quelque chose de difficile !” plaisante-t-il, avant de se lancer avec énergie dans les mouvements spectaculaires de la ligne.

Mais cette rencontre ne s’est pas arrêtée aux falaises d’Oliana. Le lendemain, Micka et Chris se sont retrouvés dans la salle d’escalade de Sharma à Barcelone. Objectif : recréer les deux passages-clés de “Le Blond” pour que Chris puisse mieux les travailler. Et c’est là que le talent de bloqueur de Micka entre en jeu.

L’un des crux de la voie est un mouvement dynamique en scorpion, une gestuelle typique des blocs modernes, mais rarissime en voie. Chris Sharma a ainsi pu bénéficier de l’œil expert de Micka pour analyser cette séquence ultra-technique et tenter d’en trouver les meilleures solutions.

Une collaboration en vidéo

De cette rencontre est née une série de deux vidéos captivantes. La première montre Micka Mawem et Chris Sharma à Oliana, découvrant ensemble les subtilités de “Le Blond”. La seconde nous plonge dans la salle de Chris à Barcelone, où Micka transpose l’esprit du bloc au service de la voie extrême.

Avec cette collaboration inattendue, Micka Mawem prouve qu’il est prêt à sortir de sa zone de confort, et Chris Sharma démontre une fois de plus son ouverture à l’évolution de l’escalade. Un échange riche et fascinant entre deux figures du sport, à découvrir sans tarder !

Retrouvez les vidéos ci dessous réalisée par Thibaud Herr :

  • Jour 1 – En falaise à Oliana

  •  Jour 2 – Entraînement en salle 

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Sélectif équipe de France de difficulté 2025 : voici les résultats !

18 Mar

Ce week-end, la salle d’escalade de Valence accueillait le sélectif national pour intégrer l’équipe de France de difficulté 2025. Une cinquantaine de grimpeurs (20 femmes et 36 hommes) avaient fait le déplacement pour tenter de décrocher leur place en équipe nationale.

Le format retenu pour cette épreuve reproduisait celui d’une Coupe du Monde, à savoir : deux voies de qualification, une demi-finale et une finale, le tout avec un cumul de points pour établir un classement général.


Hélène Janicot domine le circuit féminin

Chez les femmes, c’est Hélène Janicot qui s’impose avec une performance solide tout au long du week-end. Son ascension dans la voie de finale, où elle a grimpé plus haut que toutes ses concurrentes, lui permet de remporter ce sélectif.

J’ai abordé le week-end avec beaucoup de plaisir ! La saison de difficulté commençait enfin, sur un beau mur, avec une belle team d’ouvreurs, et une grande partie des meilleures Françaises sur la liste de départ ! Ces dernières semaines, je me sentais plutôt bien dans mon escalade, malgré une période stressante où je n’avais pas pu m’entraîner comme je voulais à cause d’une grosse grippe… Les sensations étaient enfin de retour ! Bref, tout était réunit pour une belle compétition. Mais ce sélectif étant la seule compétition pour se qualifier pour les premières étapes de Coupe du Monde, j’avoue que j’avais aussi pas mal de stress…

Hélène Janicot

© Tim-Nicolas Hopf

Concernant le déroulement du week-end, Hélène raconte :

Samedi, j’ai commencé par réaliser un très beau run en mettant en place tout ce que je voulais. Mais mon deuxième tour sera beaucoup plus compliqué, je me suis mis une bonne balle dans le pied au classement, ce qui signifiait que j’allais devoir être devant le lendemain si je voulais rattraper mon erreur… J’ai donc abordé le dimanche matin en me mettant “dos au mur”. Je sais gérer ce genre de situation et cela m’aide souvent à mettre le coup d’attention supplémentaire me permettant d’être ultra focalisée sur ce que j’ai à faire.
J’ai réussi à mettre un très beau run dans ma première voie, mais dès les premiers mouvements de la deuxième voie, j’ai senti que je n’avais pas assez récupéré… Mais j’ai réussi à me focaliser sur ce que je devais mettre en place, ce qui m’a permis de réaliser une bonne performance.

Hélène Janicot

À l’issue de ce sélectif, la doyenne de l’équipe de France dresse un bilan positif de sa performance, tout en identifiant des points à améliorer. Elle nous partage ses sensations et ses objectifs pour la suite :

Je ressors assez satisfaite de mon sélectif et je note plein de points positifs dans ce que j’ai pu mettre en place.
Après, il reste encore beaucoup de travail pour pouvoir mettre mon niveau de grimpe en accord avec mes objectifs.
Je vais donc repartir de plus belle à l’entraînement pour pouvoir augmenter mon niveau de performance et mettre en place qu’il faut pour être plus régulière dans mes essais.

Un grand merci à tous les bénévoles qui se sont donnés tout le week-end, au club Mineral Spirit, aux ouvreurs et à la FFME pour nous avoir proposé une super compétition. Un grand merci également à toute mon équipe, mes partenaires, mes amis et ma famille qui me suit au quotidien et m’aide jour après jour pour rendre mon projet possible !!!!

Hélène Janicot

Elle devance Camille Pouget, première dans la voie de demi-finale et deuxième dans la voie de finale, et Ina Plassoux Djiga, qui prend la troisième place.

Les résultats seniors femmes :

Victor Guillermin, une entrée fracassante chez les seniors

Du côté des hommes, Victor Guillermin s’empare de la victoire et décroche son ticket en équipe de France senior. Impressionnant de régularité, il n’a jamais terminé en dessous de la deuxième place dans toutes les voies du week-end. C’est notamment dans le tracé de finale qu’il a su faire la différence en grimpant plus haut que tous ses rivaux.

Victor, qui a déjà brillé sur le circuit jeune et en falaise, s’apprête désormais à faire ses débuts sur le circuit senior des Coupes du Monde. Une première dont il se réjouit :

Super content de cette victoire au sélectif ! C’était une compétition longue et intense, avec des voies assez basiques et physiques qui étaient démentes à grimper ! Tout le monde s’est mis des gros fights dans les voies ! Je suis vraiment content de rentrer dans la cour des grands 🫡

Merci à Guillaume, Marie, la team Respect et tout l’ES Massy pour ce qui est mis en place 🔥 Retour au training maintenant !

Victor Guillermin

© Tim-Nicolas Hopf

Et pour ses objectifs de saison ? Victor reste lucide et ambitieux :

Grâce à ma victoire ce week-end, je vais pouvoir faire plusieurs Coupes du Monde, donc je ne me mets pas de pression de résultats… Je veux juste grimper à mon niveau sur ces compétitions, et réussir à kiffer l’expérience. Il n’y en aura pas des milliers ! Si je fais ça, je ne m’en fais pas, ça va bien marcher 🔥

Victor Guillermin

Derrière lui, Max Bertone s’empare de la deuxième place, tandis que Léo Aveo termine troisième.

Les résultats seniors hommes :

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Escalade de haut niveau : l’appel à l’aide d’Alex Megos !

17 Mar

L’appel à l’aide d’Alex Megos fait écho à un problème bien plus large que le seul cadre de l’escalade allemande. Dans un message récent, le grimpeur allemand a alerté sur la situation critique des grimpeurs de haut niveau, contraints de financer eux-mêmes une grande partie de leurs déplacements et compétitions faute de soutien suffisant de la part de leur fédération.

Une réalité qui touche aussi d’autres nations, y compris la France, où le manque de moyens menace la participation des grimpeurs à certaines compétitions internationales…

Une situation alarmante pour les grimpeurs allemands

« Nous avons besoin de votre soutien – nous avons besoin de vos dons ! » écrit Alex Megos dans un appel public. L’objectif ? Permettre aux grimpeurs allemands de continuer à pratiquer leur sport sur la scène internationale, alors que la fédération allemande reporte d’un an ses mesures de soutien au haut niveau et que les aides de la Deutsche Sporthilfe ont été réduites.

En conséquence, de nombreux athlètes doivent financer eux-mêmes leurs déplacements et stages d’entraînement, ce qui met en péril leur carrière sportive. Sans ressources suffisantes, certains ne pourront tout simplement pas se rendre sur les prochaines étapes internationales !

Certains d’entre nous doivent réunir plusieurs milliers d’euros pour pouvoir participer aux Coupes du Monde !

Alex Megos

© IFSC

Megos est allé jusqu’à partager les coordonnées d’un compte bancaire pour que les supporters puissent directement envoyer des dons aux grimpeurs de l’équipe nationale allemande : “Cent pour cent de tous les dons sont destinés aux athlètes de l’équipe nationale. Il s’agit d’une initiative privée du cercle de ces athlètes ; des reçus de dons peuvent être émis si nécessaire”, explique-t-il.

En France aussi, un fléau financier

Si l’appel de Megos met en lumière les difficultés rencontrées en Allemagne, la France n’est pas épargnée. Le budget de la FFME ne permet pas toujours d’envoyer un nombre optimal de grimpeurs sur certaines compétitions internationales, faute de moyens. Par exemple, certaines places disponibles pour la Coupe du Monde aux Etats-Unis, au Brésil ou encore en Chine  ne seront pas pourvues, car la fédération n’a pas les fonds nécessaires pour financer ces déplacements.

Une situation d’autant plus regrettable que l’équipe de France possède un vivier de grimpeurs talentueux, qui pourraient prétendre à de très bons résultats s’ils avaient les mêmes opportunités que les nations mieux soutenues financièrement.

© Ryo Kubota

Des solutions à trouver pour assurer l’avenir du haut niveau

L’escalade de compétition se professionnalise d’année en année, et les exigences financières qui en découlent ne cessent d’augmenter. Entre les coûts de déplacement, d’hébergement, de préparation et de matériel, être athlète de haut niveau représente un investissement considérable.

Sans un soutien accru des fédérations et des sponsors, l’accès aux compétitions internationales risque de devenir un privilège réservé à ceux qui peuvent se permettre de financer leur propre saison. Une situation qui va à l’encontre des valeurs du sport et qui pourrait, à terme, freiner le développement de l’escalade de compétition.

L’appel aux dons lancé en Allemagne est un premier pas pour sensibiliser le public à ces difficultés. Mais il est urgent que les instances sportives trouvent des solutions durables pour que les grimpeurs puissent se concentrer sur leur performance, sans avoir à se soucier de la question financière.


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Voici les nouveaux Champions de France de vitesse !

16 Mar

Ce week-end, Troyes accueillait le Championnat de France de vitesse 2025, réunissant les grimpeurs les plus rapides du pays pour une compétition intense.

Chez les femmes, Manon Lebon s’est offert un magnifique cadeau d’anniversaire en remportant son premier titre national, tandis que chez les hommes, Pierre Rebreyend a conservé son sacre au terme d’une finale à suspense !


Une journée inoubliable pour Manon Lebon

Quelle compétition pour Manon Lebon ! La grimpeuse réunionnaise, qui a participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024 cet été, a vécu une journée exceptionnelle. En plus de fêter ses 20 ans, elle est passée pour la première fois sous la barre des sept secondes en quart de finale, un exploit qui la propulse parmi les meilleures de la discipline.

En finale, elle se retrouve face à Capucine Viglione, grande favorite du championnat. Mais cette dernière commet une faute qui la prive du titre… Manon Lebon en profite et s’impose, décrochant ainsi son tout premier titre de championne de France senior.

Le podium est complété par une autre grimpeuse réunionnaise, Eva Lina Rymasz, qui s’offre la médaille de bronze en battant Louise Fontaine lors de la petite finale.

© FFME

Pierre Rebreyend double la mise

Chez les hommes, la compétition a tenu toutes ses promesses et les duels furent particulièrement serrés entre les grimpeurs. Le champion de France en titre, Pierre Rebreyend, savait qu’il serait très attendu, notamment face à Guillaume Moro, qui venait de battre le record de France quelques jours auparavant.

Mais dès les qualifications, Rebreyend affiche ses ambitions en trustant la première place du classement, avec un temps de 5,28 secondes. Il enchaîne ensuite les tours avec assurance pour atteindre la finale, où il affronte son coéquipier en club Jérôme Morel. La course est intense et serrée, et Pierre Rebreyend conserve son titre pour seulement 7 millièmes de seconde !

De son côté, Guillaume Moro voit son rêve de finale s’envoler après un faux départ en demi-finale. Il se console tout de même en décrochant la médaille de bronze face à Marius Payet Gaboriaud en petite finale.

© FFME

Résultats

Les résultats complets du Championnat de France de vitesse 2025

Replay

L’intégralité de la compétition est à retrouver en replay ci-dessous :


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Compétition : une réforme qui change tout pour 2025 !

15 Mar

L’IFSC a récemment annoncé une refonte majeure du système de quotas pour les Coupes du Monde en 2025. Ce changement va profondément modifier la répartition des places pour chaque nation et redistribuer les cartes sur la scène internationale… Parmi les pays les plus impactés, le Japon subit une réduction drastique du nombre de ses représentants.

Enquête.


Une nouvelle règle qui limite le nombre de grimpeurs par nation

Jusqu’à présent, chaque pays bénéficiait d’un quota fixe de deux grimpeurs par discipline et par genre, avec des places supplémentaires attribuées en fonction du classement mondial mis à jour en continu par l’IFSC. En 2024, les dix meilleurs grimpeurs de ce classement assuraient à leur nation une place supplémentaire nominative, ce qui favorisait les nations dominantes, comme le Japon.

© IFSC

Mais en 2025, fini les quotas attribués à des athlètes nommément désignés ! Désormais, chaque pays pourra obtenir jusqu’à quatre places supplémentaires si ses grimpeurs figurent dans le top 40 mondial, mais sans dépasser un total de six athlètes par compétition (hors pays organisateurs bénéficiant de quotas supplémentaires).

Des conséquences lourdes pour le Japon et la Chine !

Ce revirement stratégique affecte particulièrement les nations qui dominaient jusqu’ici les classements internationaux. Le Japon, qui alignait jusqu’à sept grimpeurs en finale lors de certaines compétitions mondiale, voit son contingent réduit de 11 places au total :

  • 5 en difficulté (hommes)
  • 3 en bloc (hommes)
  • 2 en bloc (femmes)
  • 1 en difficulté (femmes)

La Chine, quant à elle, perd quatre places en vitesse, une discipline où elle s’est imposée comme une référence mondiale. D’autres nations sont également touchées, notamment la France et les États-Unis, qui perdent chacun une place en bloc féminin.

© IFSC

Quelques gagnants dans cette nouvelle équation

Si la plupart des grandes nations doivent composer avec une baisse de leurs effectifs, certains pays profitent de cette réforme.

L’Allemagne récupère une place en bloc féminin, tandis que l’Italie gagne un athlète supplémentaire en difficulté chez les hommes. Une redistribution qui pourrait amener une plus grande diversité dans les finales des Coupes du Monde.

© IFSC

Vers un Championnat du Monde plus sélectif ?

L’IFSC ne s’est pas arrêté là et a également modifié les quotas pour les Championnats du Monde. Chaque nation bénéficiera désormais de deux places garanties par discipline et par genre, avec un maximum de trois places supplémentaires en fonction du classement continu.

Les Champions du Monde en titre et les vainqueurs des Championnats continentaux 2024 seront quant à eux automatiquement qualifiés.

© IFSC

Pourquoi ces changements ?

Selon l’IFSC, ces ajustements visent plusieurs objectifs :

  • Limiter le nombre d’athlètes en compétition, afin de réduire les coûts d’organisation et d’améliorer la fluidité des événements.
  • Préserver le prestige du Championnat du Monde, en incitant les meilleurs grimpeurs à se mesurer tout au long de la saison pour décrocher leur qualification.
  • Augmenter la diversité des nations représentées, en évitant que quelques pays ultra-dominants monopolisent les quotas.

Si cette réforme va permettre à de nouveaux pays d’émerger sur la scène internationale, elle prive également certaines nations, comme le Japon, d’une part importante de leurs compétiteurs habituels.

Alors, ces nouvelles règles vont-elles rebattre les cartes sur les Coupes du Monde ?


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Deux nouvelles voies dans le neuvième degré à Flatanger pour Jorge Díaz-Rullo !

14 Mar

Alors que son séjour touchait à sa fin, Jorge Díaz-Rullo a prouvé une fois de plus qu’il ne laisse rien au hasard en s’attaquant à deux nouvelles lignes emblématiques de Flatanger : “Little Badder” 9a de Seb Bouin et “The Illusionist” 9a d’Adam Ondra.

Après avoir marqué l’été et l’automne 2024 en enchaînant “Change” 9b/+ et “Move” 9b/+, Jorge Díaz-Rullo a poursuivi sur sa lancée en ajoutant deux autres voies emblématiques de Flatanger à son carnet de croix.

L’Espagnol s’est d’abord attaqué à “Little Badder” 9a, une ligne libérée par Seb Bouin en 2013. Cette voie reprend le premier tronçon de “Move” avant de bifurquer vers une sortie plus abordable. Connue pour son intensité physique et son exigence, elle avait notamment été réalisée en seulement deux essais par Alex Megos en août dernier.

Quelques jours plus tard, Jorge s’est offert “The Illusionist” 9a, une création d’Adam Ondra datant de 2013. À l’origine pensée comme une voie d’échauffement pour les monstres de la grotte d’Hanshelleren, elle s’est avérée bien plus coriace que prévu, forçant Ondra à la coter 9a. Courte et intense, elle représente un vrai test puissance, comme l’a attesté Díaz-Rullo.

« The Illusionist a été mon adieu à Flatanger », a confié Díaz-Rullo sur Instagram. « J’étais vraiment fatigué sur les derniers jours, et les dernières voies que j’ai grimpées ont été un vrai défi dans l’état de forme où j’étais. »

Une conclusion en beauté pour un trip norvégien d’exception, qui place encore un peu plus Díaz-Rullo parmi les falaisistes les plus solides de la scène actuelle.

La vidéo de Jorge Díaz-Rullo dans “The Illusionist” 9a :


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Et de quatre ! Simon Lorenzi enchaîne “Return of the Sleepwalker” 9A après une bataille acharnée !

13 Mar

Le Belge Simon Lorenzi vient d’écrire une nouvelle page de l’Histoire en réalisant son quatrième 9A bloc avec “Return of the Sleepwalker” à Red Rock, aux États-Unis. Une performance colossale, qui ne s’est pas faite en un jour…

Il l’a fait ! Après trois mois d’efforts acharnés, Simon Lorenzi a enchaîné “Return of the Sleepwalker” 9A à Red Rock, l’un des blocs les plus exigeants de la planète. Mais ce qui rend cette réussite encore plus incroyable, c’est son timing : le Belge a réussi à enchaîner ce bloc… lors de son tout dernier jour sur place, quelques heures seulement avant de prendre son vol retour !


Trois mois de lutte acharnée !

Arrivé aux États-Unis fin décembre, Simon Lorenzi avait un objectif clair : répéter “Return of the Sleepwalker”, le premier 9A du continent américain, libéré par Daniel Woods en 2021 et considéré comme l’un des plus durs au monde. Mais pendant des semaines, les tentatives se sont enchaînées sans succès. Chaque jour, il revenait sous le toit de Red Rock, peaufinant chaque mouvement, ajustant chaque micro-placement et endurant la frustration des échecs répétés.

Épuisé mentalement et physiquement par ce bloc, Lorenzi a parfois ressenti le besoin de faire des pauses et d’aller explorer d’autres blocs à Red Rocks, comme “Nocturnal Emissions” 8B ou même “Shaolin”, un autre 9A ouvert par Sean Bailey.

“J’avais besoin d’une pause après m’être senti faible mentalement et physiquement ces dernières semaines… Quel bonheur de grimper des blocs plus faciles et de simplement profiter de la grimpe !”, expliquait-il alors sur Instagram.

Les jours passaient, les espoirs vacillaient, mais pas sa détermination. Simon revenait toujours à “Return of the Sleepwalker”, bien décidé à en venir à bout !

© Kévin Deltour

Hier, alors que son visa expirait et que son vol retour était déjà programmé, le Belge s’est offert une dernière opportunité. Une ultime session. Celle qui, après des dizaines de journées à échouer, allait tout changer.

Et cette fois, tout s’est aligné. Son corps a parfaitement répondu, chaque mouvement a été exécuté avec précision, et quelques secondes plus tard, il atteignait la sortie de ce monstre rocheux.

« Last day, best day », a-t-il écrit sur Instagram, encore sous le choc de l’exploit.

© Bobby McGee Vannoy

Un carnet de croix spectaculaire !

Avec cette ascension, Simon Lorenzi entre un peu plus dans l’Histoire. Il rejoint Will Bosi comme l’un des seuls grimpeurs à avoir enchaîné quatre blocs dans le neuvième degré.

En février 2021, Simon Lorenzi a réalisé la première ascension de “Soudain Seul” 9A, son premier bloc de ce niveau, après plus de 25 séances de travail. Nico Pelorson en a signé la deuxième ascension, mais a suggéré une cotation de 8C+. Le bloc a ensuite été répété par Camille Coudert, qui a estimé que ce bloc méritait son 9A, tout comme Adam Ondra après son récent enchaînement de cette ligne emblématique de Bleau.

Le deuxième 9A de Lorenzi fut “Alphane”, ouvert par Shawn Raboutou, qu’il a enchaîné en décembre 2022. Un peu plus d’un an plus tard, il a ajouté “Burden of Dreams” à son carnet de croix. Il a également réalisé de nombreux autres blocs extrêmes, dont le légendaire “Off the Wagon Low” 8C+ en Suisse, ainsi que “Big Conviction” 8C+ et “La Révolutionnaire Assis” 8C+ à Bleau.

La liste des 9A bloc de Simon Lorenzi :

  • “Soudain Seul” 9A, Fontainebleau – première ascension en 2021
  • “Alphane” 9A, Chironico – décembre 2022
  • “Burden of Dreams” 9A, Lappnor – janvier 2024
  • “Return of the Sleepwalker” 9A, Red Rock – mars 2025

© Bobby McGee Vannoy

L’épreuve de la persévérance

Si cette ascension marque un exploit sur le plan sportif, elle est aussi le symbole d’une ténacité hors norme. Trois mois de combat contre un bloc qui refusait de céder. Trois mois à affronter le doute et la fatigue, à repousser chaque jour un peu plus ses limites. “Return of the Sleepwalker” n’a pas seulement mis à l’épreuve la force physique de Lorenzi, mais aussi son mental d’acier.

Il aurait pu abandonner. Il aurait pu rentrer chez lui bredouille. Mais il a choisi de se battre jusqu’au bout. Et son dernier jour à Red Rock restera gravé à tout jamais dans sa mémoire… L’imaginer réussir ce bloc au tout dernier moment, alors que son visa expirait et que son avion l’attendait, rend cette croix encore plus dingue ! Chapeau bas monsieur Lorenzi.


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Laura Rogora établit un nouveau record féminin !

12 Mar

Laura Rogora poursuit sa moisson de 9a avec “Tre Mou Polacche” à Arco. En quelques mois seulement, elle a réalisé plus d’une dizaine de voie dans le neuvième degré, signant un nouveau record féminin !

Laura Rogora continue d’affirmer sa domination sur le rocher en signant la troisième ascension – et très probablement la première féminine – de “Tre Mou Polacche” 9a à Arco. Cette voie, située sur la falaise d’Eremo di San Paolo, se trouve sur la même face que l’imposante “Erebor” 9b, et a été équipée par Gabri Moroni avant d’être libérée conjointement le même jour par Stefano Ghisolfi et Gio Placci en novembre dernier.

Laura avait déjà tenté la voie en janvier, mais des conditions glaciales ne lui avaient pas permis de la travailler correctement. Conquise par la ligne, l’Italienne a décidé d’y revenir. Il y a deux semaines, elle a affiné ses méthodes et commencé à enchaîner des sections de la voie. Il y a quelques jours, elle tombait sur le dernier mouvement difficile lors d’un essai prometteur. Finalement, avec tous les réglages en tête, elle a fini par atteindre le relais dès sa première tentative de la journée jeudi dernier.

« La voie est divisée en deux sections dures, séparées par un bon repos. La deuxième partie est particulièrement exigeante et complexe, avec de nombreuses options en terme de méthode, explique-t-elle. Je suis vraiment heureuse d’avoir enchaîné ce petit bijou ! »

Une liste de croix toujours plus grande !

Ce nouvel exploit s’ajoute à une liste de réalisations hors norme pour Rogora. En seulement six mois, la grimpeuse de 23 ans a enchaîné dix voies dans le neuvième degré, un record exceptionnel chez les femmes. Son carnet de croix compte désormais près de 40 voies dans le 8c+/9a ou plus, un chiffre qui la place parmi les grimpeuses les plus prolifiques de l’Histoire.

Parmi ses dernières performances marquantes, on retrouve notamment “Goldrake” 9a+ à Cornalba en septembre dernier, mais aussi un impressionnant marathon de croix début janvier en Slovénie à Mišja Peč, où elle a enchaîné trois 9a (“Sanjski Par Extension”, “Xaxid Hostel”, “Martin Krpan”), plusieurs 8c+ et même des 8c à vue.


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Interview : Guillaume Moro, le nouveau grimpeur le plus rapide de France !

10 Mar

Guillaume Moro, pilier de l’escalade de vitesse en France, a récemment frappé fort en établissant un nouveau record national en 5’’11. Au travers de cette interview exclusive, il nous dévoile les coulisses de cette performance, l’impact de ses entraînements aux États-Unis sur sa progression, et ses ambitions pour la suite de la saison.

Quand on parle d’escalade de vitesse, difficile de ne pas mentionner Guillaume Moro. À 30 ans, il est le pilier de la sélection tricolore et l’un des grimpeurs les plus expérimentés du circuit international, avec plus de 80 compétitions international à son actif. Depuis plus d’une décennie, il évolue au plus haut niveau dans une discipline où chaque détail compte et où la moindre fraction de seconde peut faire basculer un résultat.

Cette année, il a frappé fort : le dimanche 16 février, à Valence, il a battu le record de France sur la voie officielle en signant un chrono fulgurant de 5’’11. Un exploit qu’il attendait depuis longtemps et qui vient récompenser des années d’investissement, entre travail acharné et remises en question.

Pour aller chercher ce record et devenir le grimpeur le plus rapide du territoire, Guillaume a du sortir de sa zone de confort. Récemment, il a mis les voiles direction les États-Unis, afin d’apporter de la nouveauté à son entraînement. Plongé dans une culture de l’escalade bien différente de celle qu’il connaît en France, il a pu découvrir une autre approche de la vitesse. Entre sessions d’entraînement sur place et échanges avec les pointures locales, il en est revenu avec une vision encore plus affûtée de son sport et de précieux enseignements pour la suite de sa carrière.

Alors, comment a-t-il vécu ce record de France tant attendu ? Qu’a-t-il découvert lors de son périple aux États-Unis ? Et surtout, quels sont ses objectifs pour la suite de la saison, entre compétitions majeures et nouveaux défis personnels ? Guillaume Moro nous livre ses impressions, avec la passion qui le caractérise.


Guillaume, tu es un des piliers de l’équipe de France de vitesse depuis plusieurs années. Peux-tu nous raconter comment tu as découvert la discipline et ce qui t’a amené jusqu’au plus haut niveau ?

Mon premier contact avec l’escalade de vitesse remonte à 2009, lorsque j’ai assisté à un Championnat du Monde à Valence en tant que bénévole. Séduit par cette discipline, j’ai eu la chance, cette année-là, de voir mon club s’équiper d’un mur de vitesse. J’ai alors commencé à m’entraîner de temps en temps en essayant d’améliorer mon chrono.

J’ai participé au circuit national de compétitions en vitesse tout en privilégiant la difficulté et le bloc. En 2010, j’ai intégré l’équipe de France d’escalade de vitesse et participé à ma première Coupe du Monde, à Chamonix.
En 2013, j’ai arrêté le bloc et la difficulté en compétition et basculé à 100% en vitesse, en intégrant le pôle France de Voiron.

© IFSC

Avec ton expérience sur le circuit international, comment as-tu vu évoluer la vitesse ces dernières années ?

J’ai effectivement vu de près ce sport grandir et évoluer, surtout au niveau des méthodes dans la voie ; lorsqu’une nouvelle méthode était réalisée en compétition, tout le monde se questionnait et l’adoptait dans la foulée. J’ai aussi vu les records mondiaux tomber année après année. J’ai le souvenir d’un record du monde établi en 6’’26… Aujourd’hui un 6’’26 vous place parmi les derniers en Coupe du Monde !

Penses-tu être aujourd’hui l’un des grimpeurs les plus expérimentés du circuit international ?

J’ai participé à environ 80 compétitions internationales, donc oui ça doit me placer parmi les cinq grimpeurs les plus expérimentés. Mais au bout de trois ou quatre saisons, je dirais que l’expérience ne change plus grand-chose. Ce sont davantage les chronos et la régularité qui parlent.

© IFSC

Quand tu regardes le Guillaume Moro d’il y a quelques années et celui d’aujourd’hui, quelles sont les plus grandes évolutions que tu remarques ?

J’ai plus d’assurance dans mes choix, dans ma façon de m’entraîner et dans le cadre que je pose dans mon quotidien. Mais sinon, j’aime toujours autant m’entraîner, avec la même envie de performer en compétition et d’améliorer mes chronos.

Il y a quelques jours, tu as battu deux fois le record de France lors de la Coupe de France de Valence, avec un nouveau temps record de 5’’112. Comment as-tu vécu cette journée ?

J’ai pris très au sérieux cette compétition ! Je savais que j’étais en forme, il me fallait juste mettre tout en place pour sortir de gros chronos. Je suis resté très concentré jusqu’au bout. J’ai battu une première fois mon record en 5’’244, puis en demi-finale j’ai pris le record de France en 5’’146, mais je savais que j’en avais encore sous le pied. Donc j’ai encore plus « envoyé » sur la finale pour faire un 5’’112 et donc signer un deuxième record de France.

 

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Qu’as-tu ressenti au moment où tu as vu ton temps s’afficher ?

Je savais que j’avais fait un gros chrono et qu’il était proche du précédent. Sur le coup j’étais vraiment content et fier de finir en beauté cette compétition.

Est-ce que tu as changé quelque chose dans ton approche mentale ou physique avant cette compétition ?

Sur l’aspect mental je n’ai rien changé, je travaille avec le même préparateur depuis trois ans. On avait fait une séance deux jours avant pour me mettre en confiance mais rien d’inhabituel. Physiquement, je me sens un peu plus solide et j’aborde ma grimpe avec plus de confiance, grâce à plusieurs petits ajustements sur la technique qui, une fois mis bout à bout, donnent des runs assez propres.

Selon toi, quels sont les éléments qui t’ont permis d’atteindre cette performance ?

Une bonne confiance en moi suite à des runs très rapide les semaines précédentes, un bon mur (car oui, ça joue), une bonne émulation et un véritable engagement !

© Juliet Leonova-Khaydukova

Le record de France était jusque-là détenu par Bassa Mawem. Que représente pour toi le fait de l’avoir battu et de devenir le grimpeur français le plus rapide de l’Histoire ?

C’était dans mes objectifs depuis un moment de prendre le record de France. Ces derniers temps, je savais que j’en étais capable car je l’avais déjà battu à l’entraînement. J’ai un immense respect pour mon pote Bassa, on s’est fait un câlin après la compétition. Mais oui, c’est une grande fierté d’être aujourd’hui le grimpeur français le plus rapide.

Qu’est-ce que ce record change pour toi, aussi bien en termes de reconnaissance qu’en termes de motivation ?

Ça ne va clairement pas changer ma vie, mais ça envoie un message aux étrangers : je suis toujours présent et il va falloir compter sur moi cette année pour aller les challenger ! Et sur la motivation, ça me montre que je ne suis vraiment pas loin d’un run en dessous des 5 secondes.

© outThere Collective

Cette année, tu as décidé de modifier ta préparation en t’entraînant aux États-Unis. Pourquoi avoir fait ce choix ?

Cela fait deux ans que j’ai quitté le pôle France de Voiron et que je m’entraîne seul sur le mur d’Anse. J’avais fait ce choix l’année des Jeux Olympiques.

J’étais un peu moins motivé après cet été et il me manquait un peu d’émulation, j’ai donc décidé de partir un mois à Salt Lake City en novembre. On a fait un camp d’entraînement avec d’autres compétiteurs européens qui sont aussi de très bons potes, avec en plus une bonne partie de l’équipe américaine qui s’entraîne là-bas. Puis, j’y suis retourné trois semaines en janvier pour progresser encore.

Tu as été coaché par Albert Ok, un entraîneur réputé aux États-Unis. Qu’est-ce qui t’a convaincu de travailler avec lui ?

La première fois qu’on s’est rencontré avec Albert Ok, c’était il y a deux ans après la Coupe du Monde de Chamonix. On reparlait de la compète qui s’était mal passée pour moi il m’a dit une phrase qui m’a marqué : « Bien sûr que tu vas le faire, tu es Guillaume Moro ». J’ai tout de suite senti qu’il croyait en moi. Il a été à l’origine de l’idée de ce camp d’entraînement.

Après un mois à travailler avec lui, je me suis rendu compte à quel point il était doué pour améliorer la technique des athlètes. Je lui ai demandé qu’il devienne mon coach et il a accepté. Il entraîne également trois athlètes olympiques américains, dont Samuel Watson, détenteur du record du monde. Pourtant, il était toujours là, derrière moi, à me motiver à chaque séance. C’est une personne incroyablement bienveillante et inspirante.

 

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En quoi ta préparation américaine a-t-elle été différente de celle que tu avais en France ?

J’ai beaucoup axé mes séances sur la grimpe et moins sur la préparation physique. On pouvait s’entraîner tard le soir, ou même le dimanche, ce qui n’est pas courant en France. On a fait quelques séances interminables de plus de trois heures et d’une trentaine de runs avec pour objectif de battre notre record ! Le groupe tirait tout le monde vers le haut, on s’encourageait sincèrement, même si ce sont mes concurrents que je vais retrouver en compétition internationale.

Quels ont été les aspects les plus marquants ou les plus difficiles de cette nouvelle approche d’entraînement ?

Le plus dur est de changer mes habitudes de grimpe et d’appliquer des nouveaux placements de pieds, de mains, de bassin, de genoux pour optimiser ma trajectoire. Ce désapprentissage prend de l’énergie et du temps.

Avec du recul, est-ce que tu sens que cette expérience t’a réellement fait progresser ? Si oui, sur quels points ?

Oui vraiment, sur l’aspect technique surtout, mais aussi sur la confiance en moi et en mon coach. S’entrainer avec Sam Watson et Zach Hammer, qui faisaient beaucoup de runs rapides, m’a aussi bien motivé !

© Gaël Bouquet des Chaux

La vitesse est dominée par l’Indonésie et la Chine ces dernières années. Est-ce aussi une des raisons qui t’a poussé à aller chercher une autre approche aux États-Unis ?

Oui, ce sont deux nations avec une forte densité de grimpeurs dans le top niveau. Pour avoir déjà connu l’entraînement dans ces deux pays, je sais qu’il diffère beaucoup de notre conception de l’entraînement ; pour eux c’est presque une question de vie ou de mort ! Aux USA, je savais que j’allais pouvoir concilier un entraînement sérieux et des moments de vie en dehors de l’escalade.

En dehors des aspects purement techniques, qu’as-tu appris sur toi-même durant cette expérience d’entraînement à l’étranger ?

J’ai beaucoup réfléchi sur le sens que les entraînements et les compétitions représentaient pour moi. Là-bas, je me suis questionné sur pourquoi j’avais commencé et pourquoi je continuais après tant d’années.

En fait ma motivation me vient depuis tout petit, je voulais tout le temps aller plus vite que ce soit en courant, en skiant, à vélo… J’aime la compétition, je cherche à m’améliorer, c’est en moi. Donc je veux me prouver que je suis encore capable d’aller plus vite.

© IFSC

Tu l’as mentionné sur Instagram : ton objectif est désormais de descendre sous la barre des cinq secondes. Peux-tu nous en dire plus sur ce que cela représente pour toi et sur les étapes à franchir pour y parvenir ?

Cette année je veux axer mes objectifs sur mes chronos et non sur un résultat en compétition. Je trouve ça plus sain et c’est quelque chose que je peux maitriser. Passer sous la barre des 5 secondes me tient vraiment à cœur, et être le premier Français à le réaliser serait une immense satisfaction. Ça se joue à pas grand-chose maintenant, un peu de fraicheur, un bon temps de réaction, une compète avec de l’émulation…

Avec ces nouvelles performances, comment envisages-tu la suite de ta saison ?

Je vais l’aborder une compète après l’autre. On a un sélectif le 1er mars, puis le Championnat de France le 15 mars durant lesquels il faudra faire sous les 5’’10 pour aller sur les premières Coupes du Monde. J’ai ensuite les Jeux Mondiaux Militaires en Suisse. Après, on verra, mais si j’approche les 4 secondes, ça ouvrira des portes pour de belles performances sur le circuit international.

© Heike Feiner

Plus largement, quels sont tes objectifs à long terme en vitesse ?

Sur ma carrière en tant que grimpeur je pense que j’arrive justement à ce « long terme » ; du coup je ne me projette pas encore au-delà de l’année prochaine et je reste sur cet objectif de 4 secondes cette saison.

Mais pour mon après carrière, j’aimerais coacher plus d’athlètes, transmettre mon expérience, développer l’escalade de vitesse en France et dans le monde.

Avec ton niveau actuel, à quoi ressemble une semaine type d’entraînement pour toi ?

C’est environ six séances de vitesse et trois ou quatre de musculation, soit entre 25 et 30 heures par semaine, tout en essayant d’optimiser la nutrition, la récupération et le sommeil.

Comment arrives-tu à gérer la pression et la recherche de performance à chaque compétition ?

Mon préparateur mental m’aide beaucoup à ajuster les curseurs (si je suis trop stressé ou pas assez) afin d’être impliqué comme il faut. J’essaye de prendre du recul parfois et d’apprécier chaque instant en compète.

Quels sont les plus grands défis auxquels tu fais face aujourd’hui en tant que grimpeur de vitesse ?

Eviter d’avoir les doigts en sang à chaque séance ou ne pas se cogner les genoux (rires). Plus sérieusement, c’est trouver ce juste équilibre entre relâchement, engagement et prise de risque, pour aller chercher de meilleurs chronos.

Un dernier mot à ajouter ?

Pour avoir vécu l’histoire de l’escalade de vitesse en France je peux vous dire qu’on a beaucoup été critiqués pendant toutes ces années, au même titre que l’évolution du style de bloc en compétition. Je trouve ça dommage car je vois comment ça se passe à l’étranger et comment un pays peut pousser une discipline à briller. Alors oui, l’escalade n’est plus la même qu’il y a 30 ans, et nos grimpeuses et grimpeurs français de vitesse qui consacrent une partie de leur vie dans ce sport magnifique méritent un grand respect.

Je tiens à remercier l’Armée de Champions qui me soutient depuis plusieurs années, le 511ème régiment de l’Armée Française que je parraine, ainsi que mon sponsor Sofidev, le Club Vertige, l’AL Escalade, Albert, Saïd et mes parents.


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Son plus long projet à ce jour : Janja Garnbret enchaîne une voie historique après deux ans de combat !

09 Mar

Janja Garnbret vient de signer une première féminine marquante en enchaînant “Za Staro Kolo in Majhnega Psa” 8c+ à Mišja Peč, en Slovénie. Cette voie, ouverte en 1992 par Tadej Slabe, faisait partie des plus dures au monde à l’époque, aux côtés de “Action Directe” et “Hubble”.

Cela faisait longtemps que Janja Garnbret travaillait secrètement cette voie… La Slovène de 25 ans, double championne olympique et figure dominante des compétitions internationales, s’est attaquée à cette ligne historique dès 2022, mais sans succès.

“Je l’ai essayée de temps en temps depuis 2022 et je ne me sentais jamais assez forte”, raconte-t-elle. “Je suis revenue bien plus forte cette fois-ci et c’est allé assez vite ! Cela dit, il m’a quand même fallu un bon nombre d’essais et d’efforts pour clipper le relais. Il s’agit de mon projet le plus long à ce jour.”

Avec une dizaine de répétitions seulement en plus de 30 ans, cette voie jouit d’une réputation bien particulière dans la communauté slovène.

“Bien qu’elle n’ait pas reçu beaucoup d’attention internationale ces dernières années, elle était considérée, avec “Action Directe” de Wolfgang Güllich et “Hubble” de Ben Moon, comme l’une des lignes les plus difficiles du monde à l’époque”, explique Garnbret. “Elle a une aura spéciale ici en Slovénie, avec son style impitoyable et un crux brutal. Quelle voie iconique et quel morceau d’histoire !”, s’extasie la championne.

Combinant prises minuscules, pieds précaires et une séquence intense sur des inversées, cette ligne de 15 mètres représente un véritable test de puissance. Des grimpeurs de renom tels qu’Adam Ondra, Kilian Fischhuber, Jernej Kruder ou encore Domen Škofic figurent parmi ses rares répétiteurs.

Et le niveau réel de la voie ? Même Janja Garnbret admet que la cotation pourrait mériter un ajustement : “Si quelqu’un propose de revoir la cotation à la hausse, je serais d’accord”, confie-t-elle sans hésitation, avant de conclure avec enthousiasme : “Mais surtout, je suis juste super heureuse d’avoir enfin pu cocher cette voie de ma liste de choses à faire !”

Après avoir enchaîné son premier 8C bloc l’an dernier et enchaîné son troisième 8c à vue il y a tout juste un mois, Garnbret semble plus en forme que jamais… De bon augure pour son retour sur le circuit international ! Une performance de plus qui prouve, si besoin était, qu’elle n’a pas fini d’écrire l’Histoire de l’escalade…

 

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Deux 9A bloc en moins de deux mois : la montée en puissance impressionnante de ce jeune grimpeur !

08 Mar

Noah Wheeler a de nouveau frappé fort ! Après avoir signé son premier 9A en janvier avec “Return of the Sleepwalker”, l’Américain de 22 ans récidive avec la seconde ascension de “Shaolin” 9A à Red Rock, Nevada. Un bloc exigeant, qui lui a demandé patience, persévérance et une maîtrise totale de son corps et de son esprit !


“Shaolin”, une ligne redoutable !

Ouvert par Sean Bailey en février 2024, “Shaolin” est l’un des rares 9A bloc des États-Unis, aux côtés de “Return of the Sleepwalker” et “Megatron”. La ligne, sculptée dans le grès rouge de First Creek Canyon, impose un enchaînement exigeant : une première section en 8B, suivie d’un jeté en 8B, puis d’un dernier mouvement explosif de niveau 8A. Si Wheeler n’a pas eu de mal à maîtriser chacun de ces passages intrinsèquement, tout assembler en un seul run s’est révélé être un combat d’une toute autre envergure.

“Shaolin” a exigé une maîtrise de soi plus que n’importe quel autre bloc auparavant. J’ai dû apprendre à optimiser la position de mon corps, comprendre précisément la force et la pression que je devais générer avec mes pieds, conceptualiser et calibrer chaque essai par rapport à toutes mes autres expériences sur le bloc… C’était un processus très complexe !

Ça représente toute la beauté de l’escalade ; un processus de découverte de soi. Lorsque je grimpe à ma limite, je suis obligé d’explorer les moindres subtilités et dimensions inconnues de mon corps. D’intuiter la capacité exacte et la position de mon corps dans chaque situation. De maîtriser, parfois manipuler, ma détermination, mon anticipation et mon anxiété.

Noah Wheeler

© Coll. Wheeler

Quatorze jours de lutte, quatorze jours d’apprentissage

La préparation de Wheeler pour “Shaolin” s’est étalée sur deux périodes distinctes : sept jours en janvier, puis sept autres entre février et mars. Malgré une constance impressionnante sur les mouvements isolés – il réussissait le crux 75 % du temps et la section du bas presque systématiquement –, réussir à tout relier restait un défi de taille.

Trois fois, il a chuté sur le dernier mouvement depuis le départ. Une première fois, à cause d’une zipette soudaine. Puis, lors des deux tentatives suivantes, ses doigts engourdis par le froid l’ont trahi. Trois jours plus tard, de retour sur le bloc, il se sent prêt. « Si je passe le crux, pas moyen que je tombe une nouvelle fois dans le dernier mouvement », se dit-il. Et cette fois, tout s’aligne : il passe le crux, réussi le dernier mouvement et s’élève jusqu’au sommet du bloc.

© Coll. Wheeler

Une ascension… et un bonus !

L’énergie de cette réussite lui donne des ailes. À peine une heure après avoir vaincu “Shaolin”, Wheeler se lance sur “Trieste Sit” 8B+/C et l’enchaîne dans la foulée. « C’était ma plus belle journée en tant que grimpeur », affirme-t-il sans hésitation.

Avec cette seconde ascension de “Shaolin”, Wheeler entre définitivement dans le cercle très fermé des grimpeurs capables de dompter du 9A. Deux blocs de ce niveau en un peu plus de deux mois marquent un début d’année impressionnant pour lui. L’an dernier, il avait déjà coché “Sleepwalker” (qu’il estimait être 8C/+), ainsi que “Insomniac” le 8C+ de Drew Ruana à Lincoln Lake, dans le Colorado.

Toutefois, au-delà de la performance brute, il en retire une leçon plus profonde : « Si je grimpe, si je m’acharne autant dans un bloc, c’est avant tout pour affiner ma compréhension de moi-même. » Une approche qui, sans aucun doute, lui ouvrira encore bien d’autres portes…


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Changements majeurs des compétitions d’escalade : ce que réserve l’IFSC en 2025

07 Mar

La fédération internationale a récemment annoncé des modifications importantes dans le règlement des Coupes du Monde de bloc et de difficulté pour la saison 2025. Ces nouvelles règles concernent principalement le nombre de grimpeurs accédant aux demi-finales et aux finales, ainsi qu’un nouveau système de notation en bloc, qui devrait rendre le suivi des compétitions plus accessible.

Explications.


Plus de grimpeurs en demi-finale et en finale

L’un des principaux changements concerne le nombre de grimpeurs qualifiés pour les tours suivants.

Plus de demi-finalistes en bloc

Jusqu’à présent, les demi-finales des Coupes du Monde de bloc accueillaient 20 athlètes par catégorie. Désormais, ce chiffre passe à 24, réduisant légèrement la pression des qualifications en permettant à quatre grimpeurs supplémentaires d’accéder aux demi-finales.

Moins de demi-finalistes en difficulté

En difficulté, c’est l’inverse : le nombre de grimpeurs qualifiés en demi-finale diminue, passant de 26 à 24, s’alignant ainsi sur le nouveau format du bloc.

Plus de finalistes en bloc

Autre modification notable : le nombre de finalistes en bloc passe de six à huit, là encore pour s’harmoniser avec la difficulté. L’objectif affiché par l’IFSC est d’augmenter les chances pour un plus grand nombre de nations d’accéder aux finales.

© IFSC

Une nouvelle organisation des finales de bloc

Le format des finales en bloc évolue également. Jusqu’à présent, les finalistes s’élançaient un par un sur chaque bloc, laissant toute la lumière à un grimpeur à la fois. Mais avec huit grimpeurs en finale, ce format est désormais abandonné. À partir de 2025, plusieurs grimpeurs seront sur le tapis en même temps, sauf lors de la première et de la dernière rotation où un seul grimpeur sera mis en avant.

Ce format, qui s’inspire de celui des Jeux Olympiques, vise à offrir une diffusion plus dynamique en assurant une continuité d’action à l’écran, tout en raccourcissant la durée des finales. Toutefois, il pourrait impacter l’expérience du public, qui devra suivre plusieurs grimpeurs simultanément, tandisque ceux qui suivent la compétition en ligne dépendront des choix de réalisation. Quant aux athlètes, ils ne bénéficieront plus du même niveau d’exposition individuelle.

© IFSC

Un nouveau système de notation en bloc

L’autre évolution majeure concerne le mode de notation en bloc, qui adoptera un système de points similaire à celui utilisé aux Jeux Olympiques. Chaque bloc rapportera un maximum de 25 points :

  • Un top vaudra 25 points si réalisé à vue, avec une déduction de 0,1 point par essai supplémentaire.
  • Une prise de zone rapportera 10 points, avec également une déduction de 0,1 point par essai raté avant de l’atteindre.

Par exemple, un grimpeur réussissant un bloc du premier coup marquera 25 points, tandis qu’un autre mettant deux essais pour le top obtiendra 24,9 points. Si un compétiteur atteint uniquement la zone après trois essais, il marquera 9,8 points.

Ce système remplace l’ancien format, jugé trop complexe, qui reposait sur le nombre de tops, de zones et d’essais. L’IFSC espère ainsi rendre le classement plus clair et accessible, aussi bien pour les grimpeurs que pour les spectateurs.

© IFSC

Un impact pour les grimpeurs et les spectateurs

Ces nouvelles règles auront des conséquences directes sur les compétitions. Le passage à 24 demi-finalistes en bloc pourrait légèrement réduire la pression des qualifications, tandis que le nouveau format des finales modifiera la gestion stratégique des temps de repos et de lecture des blocs. Le système de points, quant à lui, simplifiera le suivi du classement en temps réel, même s’il demandera un temps d’adaptation aux grimpeurs habitués à l’ancien système.

La saison 2025 des Coupes du Monde débutera du 18 au 20 avril à Keqiao, en Chine, avec ces nouvelles règles en vigueur. Reste à voir comment elles impacteront la compétition et si elles seront bien accueillies par les athlètes et le public…


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Sélectif équipe de France de bloc : découvrez les résultats complets

06 Mar

Le week-end dernier, la salle Karma, à Fontainebleau, accueillait le sélectif national de bloc, une étape clé pour les grimpeurs souhaitant intégrer l’équipe de France pour la saison 2025. L’événement se déroulait sur deux tours, chacun construit sur le modèle d’un circuit de Coupe du Monde avec cinq blocs à vue.

À l’issue des deux tours, un classement final a été établi en additionnant les points obtenus lors de chaque round. Un véritable test de régularité et de performance pour les prétendants au maillot tricolore !

Au terme de cette journée de compétition intense, Thomas Lemagner et Agathe Calliet se sont imposés. Voici les résultats complets.


Agathe Calliet en tête chez les femmes

Chez les femmes, Agathe Calliet s’est imposée avec une belle régularité, terminant deuxième des deux tours et totalisant 1610 points.

© Planetgrimpe

Derrière elle, Selma Elhadj Mimoune prend la deuxième place, notamment grâce à une victoire sur le premier tour, tandis que Flavy Cohaut termine troisième de ce sélectif, en s’imposant lors du second tour.

Les résultats complets

Duel au sommet entre Thomas Lemagner et Léo Favot

Chez les hommes, Thomas Lemagner et Léo Favot ont terminé ex æquo en tête du classement général, chacun remportant un tour et totalisant 1690 points. Ils ont été départagés suite aux résultats du Championnat de France, à l’avantage de Thomas Lemagner, qui avait terminé 4ème, juste devant Léo 5ème.

C’était une super compète ! Les styles des blocs étaient très tranchés et ça permettait de s’exprimer pleinement dans ses qualités. Les blocs étaient beaux et très cool à grimper, merci aux ouvreurs, c’était la classe !

En terme de résultat, ça s’est vraiment joué à rien… Il faut savoir qu’il ne restait plus qu’une place à prendre en équipe de France : elle était attribuée au vainqueur de ce sélectif. Et avec Léo Favot, on a terminé premiers ex-aequo, du coup, ça s’est joué sur le résultat du Championnat de France.

Du coup, cette victoire m’offre la possibilité de participer aux quatre premières Coupes du Monde de la saison… Ça va être lourd ! ⚔️ | Thomas Lemagner

© Planetgrimpe

Samuel Richard et Noé Moutault prennent les troisième et quatrième places, avec 1350 points chacun, après avoir été eux aussi départagés suite au Championnat de France.

Les résultats complets

Prochaine étape : l’équipe de France de bloc 2025 se dessine

Ce sélectif permettait aux meilleurs grimpeurs de décrocher leur ticket pour intégrer l’équipe de France de bloc en 2025.

Concernant les sélections par rapport à ces résultats, un classement sera effectué entre :

  • Les grimpeurs présélectionnés (pour les premières Coupes du Monde de la saison il s’agit de : Sam Avezou, Mejdi Schalck, Paul Jenft, Manu Cornu, Zélia Avezou, Agathe Calliet, Oriane Bertone et Naïlé Meignan)
  • Le vainqueur du sélectif
  • Le mieux classé du Championnats de France (après les grimpeurs présélectionnés)
  • Le vainqueur du classement combiné du sélectif et du Championnat de France

Rendez-vous prochainement pour l’annonce officielle de la sélection et le début d’une nouvelle saison prometteuse !


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Stefano Ghisolfi dompte “Sleeping Lion” 9b à Siurana et poursuit son défi fou !

06 Mar

Stefano Ghisolfi vient de clipper le relais de “Sleeping Lion” 9b, l’une des lignes les plus redoutables de Siurana. Deux semaines après “The Full Journey” à Margalef, il poursuit son défi fou : enchaîner quatre 9b dans quatre falaises espagnoles différentes.

Stefano Ghisolfi frappe encore ! L’Italien vient de s’offrir la quatrième ascension de “Sleeping Lion” 9b à Siurana, une voie emblématique équipée et libérée par Chris Sharma en 2023. Cette performance marque son deuxième 9b en quelques jours, après son enchaînement de “The Full Journey” à Margalef mi-février.


Il y a quelques jours, Chris Sharma dévoilait la vidéo intégrale de son ascension de “Sleeping Lion”, sa dernière création à Siurana. En mars 2023, l’Américain avait prouvé qu’il n’avait rien perdu de son talent en libérant cette ligne, qu’il proposait à 9b+.

Perchée au beau milieu du secteur El Pati, “Sleeping Lion” est une pure démonstration de résistance et de puissance. Son enchaînement de sections ultra-intenses, entrecoupées de repos illusoires, en a fait l’une des lignes les plus dures de Siurana. Sharma, qui avait mis seize essais rien que pour enchaîner le dernier crux, avait initialement proposé la cotation de 9b+, mais les répétiteurs suivants – Alex Megos en janvier 2024 et Jorge Díaz-Rullo un mois plus tard – ont opté pour une cotation de 9b.

© Sara Grippo

De son côté, après avoir principalement grimpé sur ses terres du Trentin ces derniers temps, Stefano Ghisolfi a décidé qu’il était temps de s’attaquer à d’autres voies. Pour débuter l’année 2025, l’Italien s’est fixé un nouvel objectif : enchaîner quatre 9b dans quatre falaises espagnoles différentes.

Après avoir réussi “The Full Journey” 9b à Margalef, il s’est focalisé sur un autre projet d’envergure : “Sleeping Lion”. Stefano Ghisolfi avait brièvement essayé la voie en novembre 2023 lors du Siurana Climbing Festival, avant d’y revenir cette année, bien déterminé à dompter cette ligne de 40 mètres.

Après onze jour de travail et trois chutes dans le dernier crux, j’ai finalement réussi à enchaîner “Sleeping Lion” !

Stefano Ghisolfi

© Sara Grippo

Après “The Full Journey” et maintenant “Sleeping Lion”, Ghisolfi est déjà à mi-chemin de son défi. Il compte désormais se diriger vers Oliana ou Santa Linya où il ira chercher les deux derniers 9b de sa quête : “Fight or Flight” et “Neanderthal”.

Avec déjà quatorze voies dans le 9b et plus, dont “Excalibur”, “Bibliographie” et “Perfecto Mundo”, l’Italien de 32 ans continue de repousser les limites du possible. Son projet à long terme reste “Silence” 9c à Flatanger, en Norvège, qu’il a déjà tenté à plusieurs reprises.

Alors, Stefani Ghisolfi réussira-t-il à compléter sa série de 9b en Espagne avant la fin de son séjour ? Nous le saurons très vite !


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Exploit historique à Buoux : Alex Megos flashe “Azincourt”, l’un des premiers 8c au monde !

05 Mar

Certaines voies traversent les décennies sans perdre de leur prestige. C’est le cas d’‘Azincourt’ 8c, une ligne légendaire de Buoux, libérée en 1989 par Ben Moon. Plus de trente ans plus tard, Alex Megos s’y est attaqué… et l’a flashé, signant ainsi une ascension historique !

De passage en France, Alex Megos a marqué les esprits en réalisant la première ascension flash de “Azincourt” 8c, l’une des voies les plus emblématiques de Buoux. Cette ligne mythique, libérée en 1989 par Ben Moon, fut le premier 8c de l’Hexagone et l’un des tout premiers au monde.

Fidèle à sa réputation, le grimpeur allemand ne s’est pas contenté de cette performance exceptionnelle. Durant son séjour d’une semaine à Buoux, il a enchaîné une impressionnante série de voies difficiles :

  • “Azincourt” 8c flash
  • “Miss Catastrophe” 8c
  • “Le Spectre du Sur-Mutant” 8b+
  • “La Chiquette du Graal” 8b+ flash
  • “End of Weakness” 8b/+
  • “La Mission” 8b
  • “La Rose et le Vampire” 8b
  • “CTN” 8b
  • “Tabou” 8a+

“Azincourt” : un monument de l’escalade !

“Azincourt” (ou “Agincourt” en outre manche), est un véritable monument de l’Histoire de l’escalade : une séquence de dix mouvements ultra-intenses libérée en 1989 par le Britannique Ben Moon, offrant ainsi à la France son premier 8c. À l’époque, c’était l’un des tous premiers 8c au monde, quelques années seulement après “Wallstreet”, premier 8c de l’Histoire, libéré en 1987 par Wolfgang Güllich dans le Frankenjura.

Si de nombreux grimpeurs de renom se sont frottés à “Azincourt”, peu sont ceux qui ont réussi à l’enchaîner, et encore moins à la flasher. La voie requiert une précision extrême et ne laisse aucune place à l’erreur. Megos a su tirer parti des conseils de son compagnon de cordée Felix Neumärker et de l’analyse d’une vidéo de Seb Bouin pour réussir cet exploit.

Malgré son statut de voie légendaire, “Azincourt” demeure une ascension rare, notamment en raison de son accès complexe (il s’agit d’une deuxième longueur) et du style si particulier de Buoux, délaissé par les grimpeurs modernes au profit de sites plus récents.

Quelle belle semaine en bonne compagnie, dans l’un des sites les plus classiques et old-school que je connaisse ! Cela faisait longtemps que je voulais découvrir Buoux ! Heureux d’avoir enfin pu y aller la semaine dernière. | Alex Megos


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Un 9A de plus dans le monde du bloc !

02 Mar

Après trois ans de travail acharné, Nicolai Užnik vient d’inscrire son nom dans l’Histoire du bloc en réalisant la première ascension de « Mount Doom » 9A à Maltatal, en Autriche.

Le grimpeur autrichien Nicolai Užnik, 24 ans, vient de libérer « Mount Doom » 9A, un projet qu’il travaille depuis 2021. Ce bloc, qui démarre assis sur « Hide and Sick » 8B+, est désormais le bloc le plus dur du pays et l’un des rares à prétendre au 9A à travers le monde.

Ce bloc ne s’est pas fait en un jour… Le projet remonte à plusieurs années, lorsque Užnik avait déjà réalisé la version debout en 2020. Il savait alors que la version assise, avec un départ bas beaucoup plus intense, était un projet beaucoup plus dur, qui allait lui demander des années d’efforts.

Au fil des saisons, je n’ai jamais eu l’impression que c’était possible… jusqu’à l’automne dernier, où j’ai réussi tous les mouvements et commencé à faire des sections prometteuses.

Nicolai Užnik

C’est en janvier 2025 que l’espoir est né : pour la toute première fois, il enchaîne l’introduction jusqu’au départ de « Hide and Sick ». Motivé comme jamais, il se met alors à tenter des runs sérieux. Mais en février, Nicolai se blesse ; en faisant une chute brutale dans le bloc, il se fait une entorse à la cheville, l’obligeant à faire une pause forcée.

© Coll. Uznik

Mais ce contretemps n’aura finalement été qu’une petite parenthèse. Quelques semaines plus tard, après neuf sessions intenses, Užnik parvient enfin à dompter « Mount Doom ».

Ce qui fait la difficulté de ce bloc, c’est l’absence totale de repos. Le départ consiste en 8-9 mouvements ultra physiques (cotés 8B+/8C selon Nicolai) avant d’enchaîner directement sur “Hide and Sick”, qui impose encore huit mouvements sur micro-prises, le tout sans aucun répit.

C’est un bloc super intense, où il faut être sous tension du début à la fin. À tout moment, tu peux zipper ou mal attraper une prise, et ça ruine ton essai.

Nicolai Užnik

Avec cette réalisation, Nicolai Užnik signe son plus grand exploit en extérieur, lui qui s’est déjà illustré en compétition avec plusieurs finales en Coupe du Monde et une 5e place aux Championnats du Monde 2023.

En plus de “Mount Doom”, il a récemment enchaîné plusieurs blocs de haut niveau, notamment “Emotional Landscapes” 8C+, “Forgotten Gem” 8C, et même le 8B+ “American Gangster” à vue.

© Coll. Uznik


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Brooke Raboutou encore ! L’Américaine enchaîne “Direct North” 8B+ en une session seulement !

25 Fév

Brooke Raboutou continue de faire trembler les blocs mythiques de Bishop ! Après avoir récemment enchaîné “Spectre” 8B, l’Américaine vient de réussir “Direct North” 8B+, une ligne majeure du secteur des Buttermilks, et ce, en une seule session !

Situé sur l’imposant rocher de Grandma Peabody, “Direct North” est un highball exigeant, ouvert en 2009 par Shawn Diamond. Il a vu défiler de nombreux grimpeurs de renom, tels que Carlo Traversi, Drew Ruana, Keenan Takahashi, Jimmy Webb, Zach Galla, Katie Lamb et Melina Costanza, qui avaient toutes deux réalisé la ligne avant Brooke.

© The North Face

Si l’exploit de Brooke impressionne, ce n’est pas tant par la difficulté du bloc – un niveau qu’elle maîtrise depuis longtemps – mais plutôt par la rapidité de son ascension : elle l’a enchaîné en une seule session ! Une performance remarquable qui pourrait bien être une première féminine sur un bloc de cette difficulté !

Cette réussite s’ajoute à la longue liste des blocs extrêmes enchaînés par Brooke. Elle avait déjà marqué l’Histoire en octobre 2023 avec la deuxième ascension féminine de “Box Therapy” 8C+, un bloc qu’elle avait d’ailleurs proposée de recoter à 8C.

Elle compte aussi plusieurs 8B+ à son actif, comme “Iur”, “The Traphouse”, “Trieste”, “Jade” et “Muscle Car”.


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Brooke Raboutou enchaîne « Spectre » 8B, un highball iconique de Bishop !

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Elias Iagnemma poursuit sa quête des blocs extrêmes avec “Ephyra” 8C+

24 Fév

Elias Iagnemma est inarrêtable ! Après avoir réussi la première ascension de “The Big Slamm” (proposé 9A) en Italie en janvier dernier, le grimpeur transalpin vient d’ajouter une nouvelle ligne d’exception à son palmarès : “Ephyra” 8C+, à Chironico, en Suisse. Une performance qui confirme son état de forme exceptionnel et sa place parmi l’élite de la discipline.

Situé sur le même bloc que l’iconique “From Dirt Grows the Flowers”, “Ephyra” est une ligne exigeante, ouverte par l’Américain Jimmy Webb en 2019. Depuis, elle a attiré quelques-uns des plus grands noms du bloc, avec des ascensions successives de Niccolò Ceria, Giuliano Cameroni, William Bosi et Yannick Flohé. Elias Iagnemma devient ainsi le sixième grimpeur à s’offrir cette ligne, qui lui a demandé neuf séances de travail.

« Ces derniers jours en Suisse ont été incroyables ! », a-t-il partagé après son ascension. « J’ai essayé “Ephyra” à plusieurs reprises, y compris dans des conditions déplorables avec une humidité proche de 99 % ! Mais la qualité du rocher est tellement dingue qu’elle m’a permis de continuer à essayer. Hier, lors de mon troisième essai depuis le bas, j’ai enfin réussi à sortir cette King Line. Les mouvements sont incroyables et les sensations étaient magiques ! ».

© Alessandro Rinaldi

Un enchaînement qui en dit long !

Le succès d’Elias sur “Ephyr”a n’est pas un simple fait isolé. Après avoir marqué les esprits en enchaînant “Burden of Dreams” 9A en Finlande en mars 2024, et offert à l’Italie son premier 9A avec “The Big Slamm”, ce nouveau 8C+ confirme sa régularité au plus haut niveau et témoigne de sa capacité à exceller sur des styles variés.

Au-delà de “Ephyra”, Elias a également profité de son passage à Chironico pour enchaîner “Etlinge” 8B+, un bloc qu’il avait tenté sans succès par le passé. « Ce 8B+ a longtemps été une bête noire pour moi. J’avais en mémoire que ce bloc était particulièrement teigneux, mais cette fois-ci, après un rapide échauffement, il ne m’a fallu qu’un seul essai depuis le sol pour l’enchaîner ! », raconte-t-il.

Alors que son séjour suisse touche à sa fin, Elias ne compte pas ralentir la cadence. Il prévoit maintenant de se rendre au Royaume-Uni pour s’attaquer à un nouveau 9A : “Spots of Time”, le bloc extrême ouvert par Aidan Roberts et déjà répété par William Bosi. Une nouvelle aventure qui pourrait bien marquer une autre étape clé de sa carrière.


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Brooke Raboutou enchaîne “Spectre” 8B, un highball iconique de Bishop !

23 Fév

La grimpeuse américaine Brooke Raboutou vient d’ajouter une nouvelle ligne mythique à son carnet de croix. Actuellement en Californie, elle a réussi l’ascension de “Spectre” 8B, un highball iconique ouvert par Dave Graham en 2001, situé à Bishop. Un challenge de taille pour une grimpeuse de son gabarit… Explications !

Depuis plus de vingt ans, “Spectre” a vu défiler certains des meilleurs bloqueurs du monde : Paul Robinson, Kevin Jorgeson, Carlo Traversi, Daniel Woods, Jimmy Webb… Tous ont validé ce monstre rocheux, qui combine puissance et précision. Mais ce bloc a aussi la réputation de poser un sérieux problème aux grimpeurs de plus petits gabarits. Là où la méthode classique implique de conserver une contrepointe dans le crux, les grimpeurs plus petits doivent perdre les pieds et contrôler un gros ballant.

Katie Lamb, qui avait signé la première ascension féminine de “Spectre” en février 2023, avait ainsi suggéré une cotation de 8B+ pour cette méthode plus exigeante. Avec ses 1m57, Brooke Raboutou a elle aussi dû s’adapter, mais elle semble confirmer la cotation initiale de 8B.

Pour la petite anecdote, son frère Shawn Raboutou avait flashé ce bloc en 2021, alors qu’une tempête faisait rage !

Brooke Raboutou n’en est pas à son premier coup d’éclat sur le rocher. En octobre 2023, elle réalisait la deuxième ascension féminine de “Box Therapy”, un bloc qu’elle avait proposé de décoter à 8C. Elle compte également de nombreux 8B+ à son actif, comme “Iur”, “The Traphouse”, “Trieste”, “Jade”, “Muscle Car”… autant de lignes majeures à son actif.

Et bien sûr, l’Américaine ne manque pas de briller en compétition. Récente médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Paris, elle collectionne les podiums en Coupe du Monde, affirmant son statut de grimpeuse complète, aussi redoutable sur le plastique qu’en extérieur.


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Janja Garnbret réalise son troisième 8c à vue avec “Popolni mrk” à Mišja Peč

21 Fév

Quand ce n’est pas en compétition, c’est sur le rocher que Janja Garnbret repousse les limites de l’escalade ! La grimpeuse slovène de 25 ans a récemment enchaîné à vue “Popolni mrk”, une voie cotée 8c dans la célèbre falaise de Mišja Peč en Slovénie.

Il s’agit de son troisième 8c à vue, après “Fish Eye” et “American Hustle” à Oliana, en Espagne, en 2021, qui avaient fait d’elle la première femme à atteindre ce niveau dans cet exercice.


Située sur une face en calcaire légèrement déversante, “Popolni mrk” est connue pour être une des voies les plus dures et les moins répétées de Mišja Peč. Du haut de ses 30 mètres, elle impose aux grimpeurs un style très technique, avec notamment deux sections clés particulièrement exigeantes : un crux très à doigts à mi-hauteur et un passage final intense. Janja a profité de conditions idéales pour s’offrir cette voie à vue et a exprimé sa satisfaction sur ses réseaux sociaux : “Je suis vraiment fière de cette ascension ! Je la considère comme la plus difficile que j’ai réalisée à vue jusqu’à présent.”

Cette nouvelle performance de Janja confirme que, pour l’instant, la cotation maximale atteinte à vue par une femme plafonne à 8c… Mais pour combien de temps ? Avant elle, seules deux autres grimpeuses ont réussi un tel exploit. Laura Rogora, qui a récemment enchaîné “American Hustle” à Oliana, avait déjà réalisé “Ajo Crudo” à Cicera et “Spanish Caravan” à La Ramirole. De son côté, la Sud-Coréenne Chaehyun Seo s’était illustrée en 2022 avec “L’Antagonista” 8c à Montsant.

Une année tournée vers la falaise ?

Alors qu’elle est l’une des grimpeuses les plus titrées en compétition, avec une multitude de victoires en Coupe du Monde et deux médailles d’or olympiques, Janja Garnbret semble vouloir consacrer davantage de temps à la falaise cette année.

Si elle prévoit encore de participer à quelques étapes internationales, notamment à Innsbruck, Koper et aux Championnats du Monde en Corée du Sud, son attention pourrait être plus tournée vers les performances en extérieur.


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Stefano Ghisolfi enchaîne l’un de ses deux projets à Margalef !

19 Fév

Le grimpeur italien Stefano Ghisolfi vient de réaliser la troisième ascension de “The Full Journey”, un 9b exigeant situé à Margalef, en Espagne.

Cette voie, initialement équipée par Tom Bolger, avait été libérée en 2022 par l’Allemand Alex Megos, puis répétée en 2023 par Jorge Díaz-Rullo. C’est maintenant au tour de l’Italien Stefano Ghisolfi d’inscrire son nom au palmarès de cette ligne emblématique du secteur Racó de la Finestra.

Une ascension express !

Stefano Ghisolfi n’a pas perdu de temps. À peine arrivé à Margalef, en Espagne, il s’offre sa première croix du voyage. L’Italien n’a eu besoin que de neuf sessions pour venir à bout de “The Full Journey”. Pourtant, il avoue que la première partie de la voie, “The Journey” 9a+, lui a donné du fil à retordre : « Je suis tombé plusieurs fois avant le relais », confie-t-il.

© Sara Grippo

Mais dimanche, il a enfin réussi à atteindre le relais. Plutôt que de descendre pour célébrer cette victoire, il a décidé de continuer son ascension dans la deuxième partie de la voie : « Je me suis dit : “Pourquoi pas continuer et tenter d’enchaîner dans la foulée “The Full Journey” !”… Et j’ai réussi à aller jusqu’au sommet, aussi surprenant que cela puisse paraître ! ».

Cette ascension marque son premier 9b de l’année et vient enrichir un carnet de croix déjà bien rempli à Margalef, qu’il considère comme l’un de ses endroits préférés. Ghisolfi y a notamment enchaîné des voies mythiques comme “First Round, First Minute” 9b en 2017 et “Perfecto Mundo” 9b+ en 2018.

Objectif “Sleeping Lion”

Depuis son arrivée en Catalogne, Stefano Ghisolfi jongle entre deux projets : “The Full Journey” et “Sleeping Lion” 9b à Siurana. Avec ce premier objectif en poche, il peut désormais concentrer toute son énergie sur la ligne de Siurana, qu’il avait déjà tentée sans succès en novembre dernier. « Je vais rester ici jusqu’à ce qu’il fasse trop chaud ! » plaisante-t-il.

Bien qu’il n’ait jamais cessé de grimper, Ghisolfi n’avait pas dépassé la barre du 9a+ depuis février 2023, lorsqu’il a réalisé la première ascension de “Excalibur” 9b+ à Arco, qui lui avait demandé beaucoup de travail et d’efforts. Par la suite, il a travaillé les mouvements de “Silence” 9c à Flatanger en Norvège, en vain.

Grâce à sa récente performance dans “The Full Journey”, Stefano Ghisolfi compte désormais près d’une quinzaine de voie dans le 9b et plus.


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Yannick Flohé réalise la troisième ascension de “Story of Three Worlds” 8C+

18 Fév

Le grimpeur allemand Yannick Flohé a réussi la troisième ascension de “Story of Three Worlds” 8C+ à Cresciano, en Suisse. Cette ligne, ouverte par l’Américain Shawn Raboutou en 2022, avait seulement été répétée par Jakob Schubert le mois dernier dernier.

Cette ligne mythique située sur le même bloc que “Dreamtime” sur une extension du légendaire “The Story of Two Worlds” 8C de Dave Graham, lui-même étant une version assise de “The Dagger” 8B+, ouvert par Toni Lamprecht en 2003.

Shawn Raboutou a ajouté un départ encore plus bas et plus physique, augmentant ainsi la difficulté pour atteindre la cotation de 8C+.

Pour Yannick Flohé, la clef a été d’attendre de bonnes conditions climatiques :

Lors de mon précédent trip, j’avais essayé ce bloc à mainte reprises, mais j’avais du mal à supporter le froid et je perdais la sensibilité dans mes doigts. Cette fois-ci, avec un peu de soleil, les sensations étaient bien meilleures ! Après une chute dans “The Dagger”, j’ai pris une longue pause, et une heure plus tard, c’était dans la poche !

Yannick Flohé

© Max Raeuber

Avec cette performance, Yannick Flohé confirme son aisance dans le 8C+, lui qui avait déjà réussi des blocs de ce niveau tels que “Return of the Dreamtime”, “Ephyra” ou encore “Off the Wagon Sit”. En parallèle de ses performances en bloc, il a aussi brillé en falaise ces derniers mois, enchaînant récemment “Lazarus” 9a+ et “Janus” 9a+ au Frankenjura.

Son palmarès ne se limite pas au rocher ; Flohé est également l’un des meilleurs compétiteurs allemand. Il a terminé 9ème aux Jeux Olympiques de Paris 2024, a remporté l’or à Brixen en 2022 lors de la Coupe du Monde bloc et a décroché plusieurs titres nationaux en Allemagne. Toutefois, malgré son engagement en compétition, il ne cache pas son attachement pour le cailloux :

Les compétitions me permettent de vivre de mon sport, mais si je pouvais choisir, je préférerais grimper uniquement en extérieur. La sensation de grimper sur le rocher me procure une satisfaction différente, mais c’est difficile d’en vivre…

Yannick Flohé

© Max Raeuber


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Adrien Lemaire sacré Champion de France de bloc : le rêve (enfin !) devenu réalité

17 Fév

Adrien Lemaire, récemment couronné champion de France, est un grimpeur dont la passion et l’engagement dans la compétition ne sont plus à prouver. À 26 ans, il se distingue par son parcours impressionnant, de ses débuts dans la forêt de Bleau à ses victoires sur le circuit national. Mais au-delà de ses performances, Adrien incarne également une approche à la fois humble et déterminée de l’escalade.

Dans cette interview, il nous livre les secrets de sa victoire au Championnat de France de bloc 2025, en partageant la manière dont il a vécu la compétition, ses entraînements intenses, et l’importance de sa complicité avec Oriane Bertone, sa compagne et partenaire d’entraînement. Entre une victoire bien méritée, des moments de doute et des anecdotes sur sa vie de grimpeur, découvrez un portrait plus intime de ce grimpeur en pleine ascension.


Dimanche soir, le couperet est tombé sur les Championnats de France de bloc 2025, et l’issue de cette compétition a marqué un tournant majeur dans la carrière d’Adrien Lemaire. Après des années de persévérance, de finales disputées avec rage et de podiums sans jamais toucher la plus haute marche, il a enfin décroché la médaille tant convoitée : celle de Champion de France de bloc. Un titre qu’il attendait, qu’il rêvait secrètement, mais qu’il n’osait plus vraiment espérer au vu des obstacles rencontrés au fil des saisons.

© Planetgrimpe

Pourtant, le week-end dernier, tout s’est aligné à Anse. Plus qu’un simple sacre, ce titre est devenu un symbole : celui du travail acharné, de l’expérience acquise au fil des compétitions, et de la résilience face à la frustration. Mais ce qui rend ce moment encore plus exceptionnel, c’est qu’il n’est pas seul à écrire cette page d’histoire. Sa petite amie, Oriane Bertone, a également remporté l’or chez les femmes, offrant à ce week-end une dimension magique. Ce doublé, aussi rare qu’inattendu, réunit non seulement les rêves individuels mais aussi les espoirs d’un couple de compétiteurs passionnés. Adrien, tout sourire, n’a pas manqué de souligner l’importance de ce partage, cette joie commune qui rend cette victoire encore plus belle. « C’est un rêve », confie-t-il, la voix remplie de gratitude, alors qu’il réalise que ce Championnat restera à jamais gravé dans sa mémoire.

C’est donc avec beaucoup d’émotion, mais aussi une humilité qui le caractérise, que le jeune Parisien revient sur cette victoire historique, son parcours semé d’embûches et la manière dont, cette fois, tout a basculé en sa faveur !

© Planetgrimpe

Un parcours forgé par la persévérance

Adrien a grandi dans une famille où l’escalade faisait partie du quotidien. Dès son plus jeune âge, il a été immergé dans l’univers de la grimpe, d’abord à travers des sorties en forêt de Fontainebleau, un lieu mythique pour tous les passionnés de bloc. “Je n’avais encore même pas deux ans que j’avais déjà les pieds dans le sable”, se souvient-il avec un sourire.

Mais c’est vers 11 ans qu’il prend véritablement le virage de la compétition, en rejoignant l’E.S.M., son premier club. Ce fut une révélation : “L’ambiance, les sensations… je n’ai jamais retrouvé ce feeling dans d’autres sports”, confie Adrien. Il gravira rapidement les échelons, passant du niveau départemental au national, et ses premières compétitions internationales en catégorie jeunes ne tarderont pas à venir.

© IFSC

Mais c’est à partir de 20 ans qu’il décide de s’investir pleinement dans la compétition. “À ce moment-là, j’ai mis en stand-by mes études, j’ai commencé à travailler avec mon premier coach perso, Guillaume Levernier”, raconte-t-il. Il fait alors un choix de vie fort, concentrant ses efforts sur sa passion et ses ambitions sportives.

Si la compétition occupe une place centrale dans sa vie, la grimpe sur le rocher n’est pas en reste. Adrien adore les sessions de bloc en forêt et ses entraînements se veulent une combinaison équilibrée de prépa physique et de fun sur les murs. “Je commence généralement l’entraînement en milieu de matinée, pour le finir en milieu/fin d’après-midi. Je fais une grosse séance plutôt que deux petites”, explique-t-il. Et pour lui, il y a une distinction nette entre ce qu’il aime et ce qu’il préfère éviter : “J’adore les séances de fights dans le panneau et de bonne grimpe, mais les séances de rési, je les aime un peu moins”, avoue-t-il avec un clin d’œil.

Un titre de Champion de France tant attendu !

« C’est tout simplement une immense fierté. » Les premiers mots d’Adrien traduisent l’intensité de son émotion. Le titre de Champion de France de bloc qu’il a remporté le week-end dernier à Anse, il ne l’a pas obtenu du jour au lendemain, mais au terme d’un long parcours semé de finales disputées et d’occasions manquées.

Depuis ses premières années en équipe de France jeune, il s’est illustré sur le circuit national et international, montant régulièrement sur les podiums sans jamais décrocher la médaille d’or. « J’ai participé à de nombreux Championnats de France, en bloc, en difficulté, en vitesse… Beaucoup de finales, quelques podiums, mais jamais de titre. » L’attente a été longue, parfois frustrante, mais elle a forgé son mental et sa détermination.

© Aurèle Bremond

En 2022, il passe tout près du sacre avec une médaille d’argent, avant d’enchaîner d’autres finales où il manque de peu la victoire. Mais cette année, la dynamique est différente. Plus qu’une question de forme physique, c’est son état d’esprit qui a changé. « J’ai abordé cette compétition avec l’envie de jouer. Après des qualifications tendues, j’ai su lâcher prise. Et ça a marché. » Une approche plus détendue, moins focalisée sur le résultat, qui lui a permis de donner le meilleur de lui-même dans les moments cruciaux.

Un duel jusqu’au dernier bloc

La finale du Championnat de France de bloc 2025 a offert un scénario digne d’un thriller, avec un suspense qui s’est prolongé jusqu’aux derniers essais. Dès le premier bloc, Adrien montre qu’il est dans le coup, enchaînant rapidement ce passage. Derrière lui, Paul Jenft et Max Bertone restent au contact, maintenant une pression constante. Mais c’est dans le bloc 3 qu’Adrien frappe fort : il enchaînera cette dalle à vue, prenant de l’avance sur ses adversaires directs, qui mettront quelques essais de plus pour atteindre le top.

« Après la dalle du bloc 3, je savais que j’étais en tête. Mais avec Paul et Max, on savait aussi que tout allait se décider sur le dernier passage. »

© Planetgrimpe

Le dernier bloc, avec son départ face au public, est un mélange de physique et contorsion, avec un mouvement final loin d’être anodin. « Je pensais que ça allait être un bloc full freestyle avec des prises de décision à chaque mouv. Finalement il y avait une partie « contorsion » au milieu qui était plus désagréable que prévue pour moi, mais le dernier mouv était carrément cool à faire ! » Il chutera la main dans la prise finale, ne parvenant pas à retenir le balant… Mais aucun des finalistes ne fera mieux que lui, ce qui lui permettra de décrocher le précieux titre qu’il convoitait tant. Sur l’écran qui affiche le classement, son nom apparaît en première place : Adrien Lemaire est le nouveau Champion de France de bloc 2025.

« J’ai lâché une petite larme, je crois… et j’ai couru dans les bras de Max ! » Le poids des années d’efforts, des doutes et des remises en question s’évapore en un instant.

© Planetgrimpe

Un titre partagé avec sa chérie Oriane Bertone

Mais ce qui rend cette victoire encore plus spéciale, c’est qu’Oriane Bertone, sa compagne, a elle aussi été couronnée Championne de France quelques instants plus tôt. Un scénario idéal, presque trop beau pour être vrai. « C’est déjà exceptionnel de gagner, mais le partager avec elle, c’est un rêve. On s’était toujours dit que gagner des compets c’était génial mais que le faire à deux, ça serait encore plus exceptionnel. »

Depuis leurs débuts en compétition, ils avaient souvent imaginé cette possibilité, sans jamais réellement penser que cela arriverait un jour. Cette fois, ils l’ont fait.

« J’ai regardé la fin de sa finale et je savais que c’était possible. On l’a fait. » Un sourire éclaire son visage alors qu’il revit la scène dans sa tête. Ils ont traversé la compétition ensemble, se soutenant mutuellement entre les tours.

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« Après mes qualifications compliquées, on a beaucoup parlé. Elle m’a aidé à me remettre dans un bon état d’esprit, et je pense que ça a fait la différence. » Cette connexion, cette capacité à se motiver mutuellement, a été un véritable atout dans cette compétition où le mental joue un rôle aussi important que la forme physique souligne Adrien.

Une victoire, et après ?

À peine le temps de savourer ce titre qu’Adrien doit déjà penser à la suite. « Dans trois semaines, il y a le sélectif national. C’est tout aussi important que les France. » Un nouvel enjeu majeur, qui déterminera sa place sur les circuits internationaux pour la saison à venir. Pas de répit, donc, mais une motivation décuplée par cette victoire.

Puis viendront les compétitions internationales, les Coupes du Monde et, il l’espère, de nouvelles occasions de briller sur la scène mondiale. Chaque saison est une bataille, et Adrien sait que le chemin est encore long.

Et le rocher dans tout ça ? « Si la météo le permet, j’irai mettre les doigts dans Gourmandise bas », un bloc exigeant qu’il a en tête depuis un moment. « C’est un style qui ne me correspond pas du tout, mais j’adore les challenges ! »

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Un avenir chargé… et des rêves encore plein la tête

Pour la suite, Adrien préfère ne pas trop se projeter. Il sait que le sport de haut niveau est imprévisible et que chaque saison apporte son lot de défis. Mais une chose est sûre : il veut continuer à grimper, à repousser ses limites et à vivre encore des moments aussi forts que ce week-end.

« Espérons que l’avenir soit rempli d’entraînements, de compétitions et de voyages ! »

En attendant, il savoure encore un peu cet instant unique, ce moment suspendu où tout s’est aligné à la perfection. Trois mots pour résumer son Championnat de France ?

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« Remise en question, prise de plaisir et gros fights ! »

Et une image qui restera gravée dans sa mémoire : celle de deux champions, main dans la main, savourant leur victoire ensemble, avec le sentiment d’avoir accompli quelque chose d’exceptionnel.


Notre entretien complet avec Adrien :

Salut Adri ! Félicitations pour ton titre de Champion de France ! Quels sont les premiers mots qui te viennent en tête en repensant à ta victoire ?

Hello ! Tout d’abord merci beaucoup 🙂 Pour répondre à ta question, c’est tout simplement une fierté immense. C’est un titre derrière lequel je cours depuis de nombreuses années (que ce soit en catégorie jeune ou seniors), et le fait d’avoir été sacré champion de France pour la première fois avec Oriane, c’est juste incroyable. On s’était toujours dit que gagner des compets c’était génial mais que le faire à deux, ça serait encore plus exceptionnel.

Cela faisait plusieurs années que tu courais après cette médaille d’or. Peux-tu revenir sur ton histoire atypique avec cette compétition et tes résultats au fil des ans ? 

C’est vrai que mon histoire avec cette compétition s’étend sur quelques années. En catégorie jeune, j’ai participé à de nombreux championnats de france dans toutes les disciplines. De nombreuses finales, quelques podiums, mais jamais de titres. Arrivé en seniors, j’ai lâché la vitesse pour me concentrer principalement sur la diff et le bloc.

Je me glisse en finale des championnats de France de bloc en 2022, 2023, 2024 et 2025, et pour la petite anecdote, je n’avais jamais fait de demi-finale en bloc avant 2022 et je n’ai depuis lors jamais raté d’entrée en finale ! En 2022 je finis deuxième, et cette année pour la première fois, je remporte le titre.

Comment as-tu géré toutes ces années d’attente et de frustration ?

Pour gérer la frustration, j’essaie surtout de me remettre en question. Analyser ce qui a marché ou non et bosser sur mes points faibles pour avoir le moins de trous possible dans ma raquette. Le reste c’est une question de persévérance, et surtout, de toujours croire que c’est possible.

Qu’est-ce qui a fait la différence cette année selon toi ?

Si on compare avec les autres années, je pense que ce qui a joué est clairement mon état d’esprit sur les différents tours, en plus du fait que le scénario a plutôt tourné à mon avantage : il fallait être efficace, chose que je maîtrise assez bien.

Comment as-tu vécu la compétition, de la phase de qualifications jusqu’aux finales ? À quel moment as-tu senti que le titre était à ta portée ?

Honnêtement, j’ai très mal débuté la compétition, avec un tour de qualifs crispé et coincé. C’est passé, mais ça a été un combat physique et surtout mental dans chacun des blocs, jusqu’au dernier. Entre la qualif et la demi, on a beaucoup discuté avec Ori [Oriane Bertone], notamment autour de l’état d’esprit et des bienfaits d’un bon « mood » pour accéder à une bonne grimpe. J’ai abordé cette demi-finale plus détendu, confiant, et surtout avec l’envie de jouer dans les blocs. Je pense pouvoir dire que ça à plutôt bien fonctionné !

En finale, je suis parti détendu avec la même envie de jouer. L’ambiance avec les autres finalistes derrière le mur a bien aidé, en plus de la « chance » que j’ai eue dans le scénario : il fallait être efficace sur des blocs techniques et joueurs.

Peux-tu nous raconter ton ressenti lors du dernier bloc de finale ? Avais-tu conscience que tout allait se jouer dans cet ultime passage ?

Oui clairement ! Après le bloc 3 (la dalle) je savais que j’étais premier du provisoire, mais j’avais surtout hâte et envie de grimper dans ce dernier bloc, qui avait l’air plutôt classe ! Avec Max [Bertone] et Paulo [Paul Jenft] on savait que tout allait se jouer dans ce dernier passage, mais que l’on était assuré de faire podium. Avec Paul on s’est même dit en rigolant que c’était un remake de 2022, mais avec le scénario inverse.

Pour ce bloc, je pensais que ça allait être un bloc full freestyle avec des prises de décision à chaque mouv. Finalement il y avait une partie « contorsion » au milieu qui était plus désagréable que prévue pour moi, mais le dernier mouv était carrément cool à faire !

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer sur cette compétition ? 

Surtout le fait de réussir à me détendre et à jouer dans les blocs. C’était très mal parti en qualification, mais beaucoup mieux lors de la demie et la finale !

Ce titre de Champion de France est déjà un moment fort, mais le partager avec Oriane, qui remporte aussi la compétition chez les femmes, ça doit être encore plus spécial. Comment as-tu vécu ce doublé en couple ?

C’est déjà exceptionnel de réussir à gagner, mais alors le partager avec elle c’est juste un rêve. J’ai aimé regarder la fin des finales femmes, je savais que c’était possible et on l’a fait.

Oriane et toi, vous vous entraînez souvent ensemble. En quoi est-ce un avantage d’avoir une partenaire comme elle ?

On s’entraide énormément tous les deux. Elle a beaucoup de choses à m’apporter, c’est une grimpeuse avec un feeling de grimpe incroyable et pouvoir apprendre de ses sensations est une chance sur certains mouvements. En plus de ça, la voir et la sentir forte et performante – au plus haut niveau – ça motive franchement !

Après un week-end aussi fort en émotions, comment avez-vous célébré ce doublé historique ?

Pour le coup… notre retour sur Paris s’est organisé le soir même, la célébration s’est donc faite dans la voiture 😅 !
Le lendemain, Ori avait des obligations… On n’a pas encore vraiment fêté le titre tout les deux ! Je suis tout de même allé chez mes parents pour trinquer avec eux ☺️

Tu es un visage bien connu du circuit français, mais peux-tu nous raconter comment tu as découvert l’escalade ?

Pour revenir au commencement, je fais partie d’une famille de grimpeurs. Dès mes 1 an, j’avais déjà les pieds dans le sable en plein milieu de la forêt de Fontainebleau, et c’est vers l’âge de 11 ans que je m’inscris dans mon premier club : l’E.S.M, club avec lequel je découvre la compétition.

J’ai très vite accroché : l’ambiance, les sensations ; je n’ai jamais retrouvé ce feeling dans d’autres sports. Au fil des compétions et des années j’ai évolué d’un niveau départemental à un niveau national, et j’ai eu la chance de participer à mes premières compétitions internationales en catégories jeunes. De fil en aiguille je suis passé de catégorie jeune à catégorie senior… et j’en suis là ☺️

À quel moment as-tu décidé de t’investir pleinement dans la compétition ?

Il y a environs six ans maintenant. À ce moment là, j’ai décidé d’axer mes choix de vie vers la compétition, j’ai mis en stand-by mes études, et j’ai commencé à travailler avec mon premier coach perso – à l’époque Guillaume Levernier. C’est le début.

En dehors de la compétition, à quoi ressemble ta vie de grimpeur ? Quels sont tes habitudes d’entraînement

Je dirais que ma journée type ressemble plus ou moins à : manger, m’entraîner, dormir 😜 On commence généralement l’entraînement en milieu de matinée, pour le finir en milieu/fin d’après midi (une grosse séance plutôt que les deux petite habituelles).

Quelle est la partie de l’entraînement que tu adores… et celle que tu détestes ?

J’adore les séances de fights dans le panneau et de bonne grimpe, et j’aime moins… pas grand chose en fait ahah. Enfin si, les séances de resi… Heureusement que je ne fais plus de diff depuis deux ans 😜

En dehors de l’escalade, quelles sont tes autres passions ou trucs qui te font kiffer ?

J’adore kiffe les puzzles ou tous les jeux de réflexion, les mots fléchés, les casses têtes… C’est mon passe temps préféré (juste après l’escalade) !

À quoi ressemble une journée parfaite pour toi, sans aucune contrainte ?

Un lever sans réveil (9-10h), un petit-dej/repas dans la foulée, une bonne séance de prépa physique, un peu de panneau et des blocs funs ou de la grimpe en extérieur avec Ori, Yuna et les copains, puis je rentre chez moi pour prendre une bonne douche, regarder une petite série et une bonne nuit de sommeil. Bonus s’il fait beau !

Quelle est la pire habitude que tu as et que tu aimerais changer ?

Ça m’arrive de repousser les choses au dernier moment… ça rend folle Ori parfois 😅

Plutôt couche-tard ou lève-tôt ?

Ah… je dirais couche-tard et lève-tôt 😜 ! Selon les situations, je m’adapte. Quand je vais travailler à Rungis je me lève généralement un peu avant 6h. Mais en règle générale je préfère faire la grasse mat quand je peux !

Une anecdote de voyage qui t’a marqué (galère mémorable, moment inoubliable, rencontre improbable) ?

Séoul 2022 probablement ! C’était mon premier voyage hors de l’Union Européenne, une super expérience. La culture coréenne est vraiment différente de la nôtre, j’ai beaucoup aimé en apprendre plus. Et puis… au retour, notre avion a été retardé de plus de 9h… nous avons passé une journée entière allongés sur le sol de l’aéroport d’Incheon… C’était mémorable 😅

Maintenant que tu es Champion de France, quels sont tes prochains objectifs ?

Dans un premier temps, je pense finir le circuit de qualifications national. Dans trois semaines, il y a le sélectif qui est tout aussi important que les Frances ! Après, ça va beaucoup dépendre des sélections et des compétitions sur lesquelles je serai sélectionné, tout ça va se préciser petit à petit…

Comment envisages-tu la suite de ta saison après ce titre ?

Je suis déjà de retour à l’entraînement (nous avions déjà un stage France programmé juste après les championnats de France). Plus loin dans le temps, j’aimerais ma saison longue, pleine de voyages à l’étranger et de belles expériences en compet  👊

En dehors des compétitions, y a-t-il des projets en extérieur qui te tiennent à cœur ?

Pour le moment c’est un peu compliqué pour moi de répondre. Si j’ai le temps et que la météo le permet, j’irai mettre les doigts dans “Gourmandise bas”, qui est un bloc plutôt dans mon antistyle.

À plus long terme, comment vois-tu ton avenir dans l’escalade ?

Espérons chargé de projets, d’entraînements, de compétitions et de voyages !

Si tu devais décrire ce week-end en trois mots, ce serait lesquels ?

Remise en question, prise de plaisir, des gros fights… Bon, trois séries de trois mots ça passe ? 😜

Quelle a été la première chose que tu as faite après avoir réalisé que tu étais champion de France ?

J’ai lâché une petite larme je crois… Et assez vite je suis allé prendre Max dans mes bras !

Ton plus gros fail en compétition ou en entraînement, celui dont tu rigoles encore aujourd’hui ?

Je me suis ouvert l’arcade en zippant dans une des fameuses dalles d’Arkose Massy… la honte quand j’ai appris qu’Ori l’avait flashée 🤣

Quel est ton rituel bizarre avant une compète ? (Ou un grigri porte-bonheur ?)

J’ai sacré un de mes caleçon comme un porte-bonheur (même s’il avait jamais gagné jusqu’à présent 😜)

Si tu pouvais échanger ta place avec un autre grimpeur pour une journée, tu choisirais qui et pourquoi ?

Mmmh… je dirais Charles Albert. J’aimerais savoir ce que ça fait d’avoir des doigts en acier !

Qui est le plus compétiteur entre Oriane et toi ? Qui prend le plus la défaite à cœur ?

Ori direct ! Elle n’aime pas perdre, ne pas réussir ou encore ne pas avoir raison.

Ton repas cheat meal ultime après une grosse compet ?

Sur la route du retour des Frances, on s’est arrêtés sur une aire et on s’est fait un gros Burger King 😅 Et puis j’ai pris une petite coupe de champagne avec mes parents le lendemain, histoire de fêter ça avec eux.

On t’oblige à choisir un autre sport que l’escalade pour te reconvertir. Tu prends quoi ?

Le trail je pense, pour être dehors dans la nature et sentir que je me défoule. Ou bien peut-être le golf !


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Adam Ondra en feu à Fontainebleau : “Soudain Seul”, flashs en série et un projet mythique en ligne de mire !

15 Fév

Le passage d’Adam Ondra à Fontainebleau restera gravé dans les annales. En quelques jours seulement, le grimpeur tchèque a enchaîné des blocs d’exception, réalisant notamment l’ascension de “Soudain Seul” 9A ainsi que plusieurs flashs impressionnants, dont “Imothep du sol” 8B+. Mais au-delà de ces performances, Ondra s’est également attaqué à un projet mythique : “Imothep Assis”, un possible 9A+ initié par Camille Coudert. 


Un début de séjour tonitruant

Dès son premier jour à Bleau, Adam Ondra a frappé fort en réalisant “Soudain Seul” 9A. Le lendemain, galvanisé par cette croix, il s’est lancé dans un “tour de flash” orchestré par Pierre Delas (Fanatic Climbing). Objectif : enchaîner plusieurs blocs extrêmes dès son premier essai. Pari réussi avec “Ubik Assis” 8B et “La Ligne de Bête” 8B+, tous deux flashés avec une aisance déconcertante.

Ces deux blocs sont incroyables, je les ai flashés sans grande difficulté, simplement parce que j’étais tellement excité d’essayer ces mouvements fantastiques !

Adam Ondra

Seule ombre au tableau, “Partage Assis” 8B lui résiste malgré plusieurs tentatives acharnées.

© Petr Chodura

La découverte d’un projet d’ampleur

Après une journée de repos sous la pluie, Ondra retrouve Camille Coudert et Charles Albert pour s’attaquer à l’un des plus gros projets de la forêt : “Imothep Assis”, considéré comme un potentiel 9A+. Mais avant d’explorer ce départ inédit, Ondra commence par tester la version debout, “Imothep du sol” 8B+, qu’il enchaîne… flash ! À ses yeux, ce bloc, pourtant redoutable, semble presque taillé pour lui.

Ensuite, place à la véritable mission de la journée : le départ assis, une variante que Coudert travaille depuis plus de 100 sessions et qui pourrait bien atteindre la cotation stratosphérique de 9A+.

© Petr Chodura

Plus en forme que jamais, Ondra a réalisé rapidement tous les mouvements du bloc et est tombé sous le charme de cette ligne extrême : « C’est juste incroyable », commente-t-il avec passion.

De son côté, Camille Coudert a franchit un cap en parvenant enfin à réaliser le deuxième mouvement du bloc, après des mois d’efforts acharnés. Il faut dire qu’il a pu compter sur un petit coup de pouce d’Adam Ondra, qui, pour la petite anecdote, lui a prêté son chausson La Sportiva pour tester une nouvelle méthode.

Un séjour historique pour le grimpeur tchèque

En quelques jours seulement, Adam Ondra a encore prouvé qu’il fait partie des plus grands grimpeurs de l’Histoire. Son passage à Fontainebleau restera marqué par une une efficacité hors normes, avec des performances qui confirment son incroyable polyvalence. Les images de ces ascensions seront bientôt disponibles sur sa chaîne YouTube, et on peut déjà s’attendre à une vidéo mémorable.

Ce voyage à Fontainebleau a été tout simplement incroyable. Un vrai rêve, le scénario n’aurait pas pu être meilleur. Mes journées étaient bien remplies. Je me sentais bien et super motivé, et l’équipe avec laquelle je grimpais était juste au top ✊ | Adam Ondra

Reste à savoir si l’on verra bientôt Ondra de retour à Bleau pour tenter un enchaînement historique de “Imothep Assis”. Affaire à suivre…

© Petr Chodura


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Staša Gejo quitte les compétitions sur un coup de gueule : « Je ne veux plus faire partie de ce cirque ! »

15 Fév

C’est un tournant pour l’une des figures emblématiques de la scène internationale ! La Serbe Staša Gejo, 27 ans, a annoncé son retrait du circuit des compétitions après une carrière marquée par de nombreux podiums en Coupe du Monde et aux Championnats d’Europe.

Une décision radicale qu’elle justifie par un profond désaccord avec l’évolution des compétitions et un manque de soutien pour poursuivre au plus haut niveau.


Une annonce choc et sans filtre !

La grimpeuse serbe a officialisé son départ sur Instagram, dans un message aussi virulent que critique : « Le monde des compétitions ne m’inspire pas, il me répugne. Je ne veux plus voir ces prises sans grain. Je ne peux plus voir les mêmes visages ouvrir chaque compétition et dicter les tendances. J’ai un problème avec ça. Je n’ai ni le soutien, ni une équipe, ni une salle, ni les ressources pour payer ces précieuses personnes, suivre les tendances et exceller dans ce système ».

Ce coup de gueule vise directement la fédération internationale et le travail des ouvreurs, qu’elle accuse de proposer un style de blocs uniformisé. Une critique que d’autres athlètes ont déjà exprimée, pointant du doigt une évolution qui favorise le spectacle au détriment d’un challenge technique et physique plus varié.

© IFSC

Dans une déclaration, l’IFSC a réagi : « Nous avons pris acte de la décision de Staša et elle nous manquera lors des compétitions internationales. Elle fait partie de la Commission des Athlètes de l’IFSC et a toujours exprimé ses opinions avec franchise, à la fois au sein et en dehors de la communauté de l’escalade. En ce qui concerne les ouvreurs, nous avons un groupe de professionnels de confiance qui conçoivent les tracés pour nos Coupes du Monde et nos Championnats du Monde. Malgré leurs styles et idées variés (ce qui est encouragé car chaque ouverture doit être différente), ils respectent les directives de l’IFSC ».

Un manque de soutien et des doutes persistants

Gejo a également évoqué un manque de financement et des conditions d’entraînement inadaptées comme facteurs ayant influencé sa décision. Si la Serbe a pu compter sur le soutien de sa famille, de son pays et de ses sponsors, elle avoue avoir souvent ressenti un manque d’accompagnement au quotidien : « Je regardais les équipes avec leurs entraîneurs, leurs kinés, des salles entrières réservées pour eux et des ouvertures de nouveaux blocs toutes les deux semaines. Moi, j’ai toujours essayé de m’adapter avec les moyens du bord ». Un sentiment d’isolement qui l’a poussée à remettre en question son avenir en compétition.

Révélée en 2015 avec un titre de Championne du Monde junior en bloc et en combiné, elle s’est imposée au fil des années comme une compétitrice redoutable. Championne d’Europe de bloc en 2017, elle a aussi décroché plusieurs médailles de bronze en Coupe du Monde, notamment à Chongqing (2018), Innsbruck (2021) et Brixen (2023). Malgré son expérience, elle n’a jamais réussi à décrocher son billet pour les Jeux Olympiques, terminant 2ème aux qualifications européennes pour Paris 2024, un crève-cœur pour elle. Sa dernière apparition en compétition remonte au mois d’août dernier, lors des Championnats d’Europe à Villars, où elle a terminé 8ème en bloc.

© IFSC

« J’avais peur de faire cette annonce et de dire au revoir. J’avais l’impression que ce serait un gâchis de partir comme ça… Mais en août, à Villars, j’ai compris que c’était ma dernière compétition internationale. J’ai adoré être là, avec mes amis et ma famille, mais je n’ai pas du tout aimé la grimpe en elle-même. Les finales m’ont particulièrement dégoûtée », déclare la Serbe.

Une reconversion vers le rocher

Si elle tourne la page du circuit des Coupes du Monde, Gejo n’en a pas fini avec l’escalade. La Serbe entend poursuivre sa carrière en se consacrant sur le rocher : « Mon amour pour l’escalade ne s’arrête pas. Je veux juste grimper pour moi, découvrir de nouveaux endroits et rencontrer des gens passionnés », confie-t-elle.

Son passé en falaise et en bloc laisse entrevoir de belles performances à venir. Elle a déjà enchaîné plusieurs blocs jusqu’au 8B+, notamment « Mécanique Elémentaire » à Fontainebleau, « Incubator » en Autriche et des classiques de Rocklands en Afrique du Sud.

Elle conclut : « Ma vie de grimpeuse n’est pas terminée. Je ne veux juste plus faire partie de ce cirque. Je reviendrai peut-être pour une ou deux compétitions, mais mon objectif principal est désormais l’escalade en extérieur, pour moi-même. Je veux découvrir des lieux, rencontrer des gens et simplement grimper ».

Un départ qui interpelle

L’annonce de Staša Gejo soulève des questions sur la direction que prend l’escalade de compétition. Son ressenti sur l’ouverture et les difficultés à trouver des structures de soutien résonnent avec d’autres grimpeurs, à l’image de Jakob Schubert, qui dénonçait récemment une dérive du circuit international vers des blocs de plus en plus aléatoires, favorisant la lecture et la chance plutôt que la force pure et la technique. Schubert regrettait que l’escalade de compétition ne soit plus le reflet de l’escalade sur rocher, et Gejo semble partager ce constat amer.

Son départ met en lumière les difficultés rencontrées par de nombreux athlètes qui ne disposent pas des mêmes infrastructures que les grandes nations de l’escalade. Entre un circuit jugé trop imprévisible et un manque de moyens pour rivaliser au plus haut niveau, certains grimpeurs se retrouvent à devoir faire un choix radical.

Si son absence laissera un vide sur les tapis de compétition, son futur en falaise s’annonce prometteur. Une chose est sûre : Staša Gejo ne grimpera plus pour les juges, mais pour elle-même.

La déclaration complète de Staša Gejo :

Une autre belle compétition, un bon résultat aussi (3ème place), mais intérieurement, j’ai souffert. J’ai voulu partager mes pensées et mes projets à plusieurs reprises, mais je me suis toujours ravisée ou j’ai pensé que le grand public ne comprendrait pas ce qui se passe depuis un an. Vous l’avez peut-être vu venir. Mais voilà, j’ai décidé que ce n’était plus pour moi. L’environnement compétitif ne m’inspire plus, il me répugne.

2024 a été une année pleine de déceptions, de trahison, de perte de repères, de perte de routine, de normalité, de besoins non satisfaits pour une athlète avec un grand objectif. Finalement, l’été a été marqué par une perte d’amour pour ce sport, suivi d’un retour sous un autre angle, dans un autre aspect. Mais chaque tentative de compétition, peu importe son issue, sonnait faux. Gagner ou non, ça avait un goût amer.

J’avais peur de faire cette annonce et de dire au revoir. J’avais l’impression que ce serait un gâchis de partir comme ça… Mais en août, à Villars, j’ai compris que c’était ma dernière compétition internationale. J’ai adoré être là, avec mes amis et ma famille, mais je n’ai pas du tout aimé la grimpe en elle-même. Les finales m’ont particulièrement dégoûtée.

J’ai essayé de participer à quelques masters ici et là, en me disant que ça pourrait être fun. Encore une fois, du fun avec les gens, mais pas en grimpant. J’ai un problème avec l’ouverture des compétitions, je l’admets, mais c’est aussi MON problème. Peut-être que je suis trop old school pour ça. Je ne veux plus voir ces prises sans grain. Je ne peux plus voir les mêmes visages ouvrir chaque compétition et dicter les tendances. J’ai un problème avec ça, un point c’est tout. Je n’ai ni le soutien, ni une équipe, ni une salle, ni les ressources pour payer ces précieuses personnes, suivre les tendances et exceller dans ce système.

L’ouverture des Dock Masters était difficile sur tous les tours. À la fin, je n’avais même plus envie de grimper, alors que j’étais venue pour m’amuser, tant pis. Toutes ces compressions, cette tension sur les épaules et cette fatigue m’ont tuée. Bien sûr, je ne suis plus en condition pour encaisser une telle intensité aussi longtemps. Après tout, je fais un boulot de 35 heures par semaine depuis juillet et je m’entraîne peut-être 10 à 12 heures. Et pourtant, je grimpe encore très bien. Ce que je veux dire, c’est que j’aime grimper des blocs durs et exigeants, mais à mon propre rythme, sans stress et sans comparaison. Avec du repos, des amis, du jeu !

Un autre élément qui me complique la tâche, c’est le manque de soutien. J’ai quitté mon pays à 16 ans et j’ai vécu loin de mes parents depuis. J’ai poursuivi une carrière académique et sportive à l’étranger. J’ai toujours été bien accueillie dans les équipes d’escalade, j’ai appris et progressé aux côtés des autres grimpeurs. Je me suis sentie soutenue, j’avais l’impression d’avoir une équipe. Mais il y a toujours quelque chose, que je ne comprends pas, qui finit par me mettre à l’écart, qui me rend à nouveau étrangère et indésirable. Alors je dois repartir et chercher un autre environnement, peut-être plus accueillant. Encore et encore, en boucle. Quand ça arrive juste avant les deux plus grosses qualifications olympiques, ce n’est ni agréable ni facile à gérer.

J’ai toujours été jalouse des grandes équipes avec plusieurs coachs, des kinés disponibles à tout moment, d’immenses salles d’entraînement, de nouveaux blocs tous les deux ou trois semaines. Une attention totale portée aux athlètes… J’ai eu du soutien, et sans lui, je ne serais jamais devenue aussi forte. J’ai mes parents, ma famille et mes amis, qui ont toujours été derrière moi à 1000 %. J’ai aussi collaboré avec certains coachs, mais ce n’était qu’une partie de ce dont j’avais réellement besoin et, probablement, de ce que je méritais. Ils étaient souvent loin, avec une disponibilité limitée ou d’autres priorités. Donc ça fonctionnait un temps, puis plus du tout. Mais je suis très reconnaissante envers ces personnes, malgré tout !

J’ai reçu un soutien incroyable de la part de mon gouvernement, de ma fédération et du Comité olympique serbe, et je ne pourrai jamais assez les remercier. Ils m’ont permis de vivre de mon sport. Enfin, j’ai eu mes précieux sponsors, qui m’ont accompagnée pendant tant d’années et m’ont fourni le meilleur équipement. Mais il semble que l’escalade de compétition exige aujourd’hui bien plus que ce qui était « suffisant » auparavant, que ce soit pour un individu ou une équipe.

Ma vie de grimpeuse n’est pas terminée. Je ne veux juste plus faire partie de ce cirque. Peut-être que je reviendrai pour une compétition ou deux, mais désormais, je me consacre pleinement à la grimpe en extérieur et à grimper pour moi. Je veux découvrir des lieux, des gens, et juste grimper.

Staša Gejo


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