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Author Archives: Charles Loury

Amandine Loury en forme avec un nouveau 8c en poche, “Stay kratom stay safe”

07 Juin

Profitant de bonnes conditions et d’une ambiance propice à la performance, Amandine Loury vient de réalise une nouvelle belle coche dans son fief, Saint Leger Du Ventoux.

Elle clippe la chaîne de “Stay kratom stay safe”, 8c équipé par Antonin Rhodes, et dont la première ascension revient à Nolwen Berthier.

Elle nous en dit un peu plus…

Hier avec mon chéri et mes amis, nous nous sommes retrouvés à Saint Léger dans des conditions exceptionnelles. Nous étions seuls au monde, dans un cadre juste magnifique avec vue sur le Ventoux, et une lumière splendide. Un environnement qui ne donnait qu’une envie, profiter de l’instant présent et contempler le milieu qui nous entoure. Pas tout à fait satisfaite de cette contemplation (rires), il faut avouer que j’avais envie de briser du caillou.
C’est dans cette ambiance calme et sereine que j’ai réussi à enchaîner un nouveau 8c nommé « Stay kratom stay safe » équipé par Antonin Rhodes, et dont la première ascension revient à la petite machine Nolwen Berthier. La voie raye le gros dévers de la face est. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle est toute en puissance et que c’est une voie 5 étoiles. Que ça soit les mouvements ou l’effort, tout est dément!

Avec Tonio et Nono, on a défriché la voie ensemble, on y a mis les premiers coups de brosse, les premières traces de gomme, on a imaginé les mouvements. C’est vraiment chouette qu’on l’ait tous les trois enchaînée. Ça me tenait à cœur de faire cette voie.

Personne n’aurait imaginé de nouvelles voies naturelles dans ce gros dévers, mais Antonin si. Et il n’en a pas imaginé qu’une… et attention les lignes….

Dans le gros dévers deux voies sont encore en projet (dont une qui n’est pas encore finie d’équiper). Et croyez le ou non, vous trouverez également dans ce gros dévers, un nouveau 8a super, nommé « Panoramax », bien physique comme vous pouvez l’imaginer…

Pour ceux qui préfèrent le moins raide, Antonin a pensé à vous avec le 8a « Metal gear Soline » qui se situe à droite du “Mythomane”. Une belle envolée de 25-30m jusqu’en haut de la falaise.

Un grand merci à lui pour toutes ces nouvelles voies superbes qu’il nous propose. Il ne faut pas oublier que c’est un boulot de titan d’équiper des voies de qualité dans un profil aussi déversant. Ce n’est pas donné à tout le monde et ça il faut bien en avoir conscience (et en plus ce n’est pas payé…). C’est grâce à des équipeurs comme Antonin que notre activité peut se développer et qu’on a la joie de découvrir de nouvelles voies.

Merci également à mes sponsors : Planetgrimpe, Abk company pour les fringues de grimpe et Rock Empire pour tout le matos.

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“Kraftio”, 8c+/9a FA pour la Belge Anak Verhoeven

06 Juin

Actuellement en pause forcée sur les compétitions internationales, la Belge Anak Verhoeven vient de réaliser la première ascension de son projet qu’elle a nommé “Kraftio”. Ce nom n’est pas sans rappeler la jeune Belge “Chloé Graftiaux”, décédée il y a 10 ans en montagne à l’âge de 23 ans. Et c’est tout naturellement qu’Anak a décidé de lui rendre hommage avec cette voie, située sur un spot secret de Blegique.

Concernant la cotation, la Belge pencherait pour un 8c+/9a, ce qui en ferait la voie la plus dure du pays. Pour rappel Anak a déjà réalisé quelques belles coches en falaise, dont le 9a+ de “Sweet Neuf” à Presles.

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Nao Monchois coche son premier 9a à Céuse!

04 Juin

Après des semaines de confinement à s’entraîner, Nao Monchois est allé s’aérer l’esprit du côté de Céuse, et il en profite pour cocher son premier 9a, avec “Le cadre”. Cette ligne à l’origine cotée 8c, était entachée par quelques prises taillées. Suite à la casse de quelques prises, cette version initiale ne faisait plus et Sylvain Millet a imaginé une variante par la gauche qui permet par la même occasion d’éviter les prises taillées et de rendre la ligne plus naturelle. Cette grande boucle propose des pas de bloc très durs, et la première réalisation est à mettre au nom d’un célèbre tchèque, Adam Ondra, en 2010.

Nao revient pour nous sur cet enchaînement:

Après 2 mois de confinement à forcer sur un petit pan et des agrès, Céuse sonnait comme la récompense des efforts accomplis. En l’absence de compétitions, j’avais convenu avec mon entraîneur Mickael Fuselier que le défi de ces 3 prochaines semaines serait d’expérimenter le travail d’une voie dure, et toute la richesse des enseignements qui en découlent : les techniques de visualisation, l’entraide au pied des voies entre grimpeurs, la patience (le plus dur pour moi) …

J’avais en tête « le cadre » car c’est une ligne magnifique et variée. Elle se décompose en une approche en 8a qu’il faut bien grimper relâché, suivi d’un pas aux alentours de 7c bloc, qui m’a causé beaucoup de soucis, puis d’une traversée sur inversées avant d’entamer le 2ème crux sur bidoigts, en finissant par une dalle finale pas cadeau.

Les 5 premiers jours, je travaillais la voie en parallèle d’une autre ligne magnifique, « L’arcadémicien décrépis » , un 8c quasiment vertical et très technique. Cela me permettait de varier les plaisirs et également de prendre en volume. Très vite, le premier pas de bloc du « Cadre » , très à doigts, s’est avéré décisif pour l’enchainement, et il fallait que j’arrive absolument frais pour avoir une chance de le faire. C’est ainsi qu’au 7ème jour de travail, frais comme un gardon après 2 jours de repos à visualiser la réussite de ce mouvement, la voie tomba. Ce processus aurait pris plus de temps et aurait été beaucoup moins enrichissant sans l’aide de certains : merci pour l’inspiration Toto Ballet, William Belle,… Un grand merci également à mes partenaires, La Sportiva, Planetgrimpe, la Fondation INP, le grand Besançon pour leur soutien.

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Les salles d’escalade prêtes à réouvrir! Mais dans quelles conditions?

01 Juin

Le gouvernement l’a annoncé la semaine dernière, les salles de sport (et donc les salles d’escalade) peuvent réouvrir à partir de demain, mardi 2 juin, dans les départements situés en zone verte, soit tous les départements à l’exception de ceux de l’île de France. Toutes les salles sont donc sur le pied de guerre pour vous proposer à nouveau de venir vous dégourdir les doigts. Si certaines ré-ouvrent dès demain, d’autres font le choix d’attendre un ou plusieurs jours de plus pour bien se préparer à cette ré-ouverture qui s’annonce tout de même complexe pour respecter les contraintes sanitaires du moment. Pour connaître la réouverture de votre salle, nous vous invitons à visiter leur site web officiel, ou à suivre les réseaux sociaux de la salle en question.

Quoiqu’il en soit, la pratique en salle ne sera pas la même qu’avant, et pas mal de recommandations vont s’appliquer pour cette reprise:

  • Vestiaires fermés, donc pensez à venir déjà en tenue
  • Nombre de grimpeur limité dans la salle en fonction de la surface au sol (1 personne pour 4m2). Afin de partager les structures d’escalade et d’assurer un roulement, un temps de grimpe de 90 minutes maximum semble se dessiner dans certaines salles.
  • Se nettoyer et  se désinfecter les mains entre chaque essai dans un bloc ou une voie
  • Utiliser de la magnésie liquide comme mesure supplémentaire (ne remplace pas le nettoyage des mains avec un gel hydroalcoolique)
  • Pour les voies, occupation d’une ligne sur deux
  • Pour le bloc, ouverture aérée afin de répartir les grimpeurs dans la salle
  • Usage du masque fortement recommandé afin de protéger les autres,  le matériel,  les prises, …
  • Interdiction d’être pieds nus en pied de voie ou sur les tapis par exemple
  • Port d’un T-shirt obligatoire
  • Pas d’échange de matériel pendant la séance. Pour le matériel déjà en place (cordes par exemple), se désinfecter les mains avant et après chaque utilisation.

Ces recommandations peuvent évoluer avec le temps en fonction de l’évolution de la pandémie et des prescriptions gouvernementales. Mais encore une fois, au delà de ces recommandations, c’est de bon sens et de civisme dont il faudra faire preuve lors de votre pratique ne salle!

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Laura Rogora coche son premier 9a+ avec “Pure Dreaming Plus”

31 Mai

La jeune Italienne Laura Rogora a bien profité du déconfinement en Italie pour aller toucher du caillou du côté d’Arco. Après “Pure dreaming”, 9a, il y a une semaine, Laura s’est lancée à l’assaut de sa variante de départ, “Pure Dreaming Plus”, libérée en 2018 par Adam Ondra himself!, pour une cotation de 9a+.

Il s’agit du premier 9a+ de la jeune Italienne, pour un total de 11 voies dans le 9ème degré. Et si Laura ne parvient pas encore à percer sur le circuit de coupe du monde d’escalade, elle a tout de même décroché son billet pour les prochains jeux de Tokyo… À suivre de près donc!

 

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Les championnats du monde d’escalade jeunes reportés à 2021

30 Mai

Les championnats du monde jeunes d’escalade 2020, initialement programmés à Voronezh (Russie) du 23 au 31 août, sont reportés en 2021. La décision a été prise en accord avec l’IFSC et la fédération d’escalade de Russie, suite à l’épidémie du Covid-19 qui a déjà obligée la fédération internationale à reporter ou annuler un certain nombre d’événements.

La Russie accueillera donc les championnats du monde jeunes en 2021, certainement l’un des plus gros challenge en terme d’organisation avec des centaines d’athlètes répartis sur les 3 disciplines.

L’IFSC annonce également un championnat du monde jeunes en 2022, et ce sont les USA qui accueilleront l’événement. Marco Scolaris, président de l’IFSC commente cette décision:

Assurer dans le calendrier IFSC deux éditions consécutives des championnats du monde jeunes maintenant, alors que nous sommes encore au coeur de l’une des plus grandes crises des temps modernes, est un grand signe d’espoir donné par notre sport. L’année dernière nous avons battu le record de participants à Arco, et nous espérons continuer sur cette lancée en 2021 et 2022.

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Oriane Bertone: “La proposition de la cotation de 8C bloc a été réfléchie”

28 Mai

Oriane Bertone, 15 ans, annonçait hier la First Ascent d’un 8C bloc à Bleau, “Satan I Helvete” du bas. Nous lui avons posé quelques questions au sujet de cette incroyable performance, Oriane devenant la 4ème femme à vaincre un 8C bloc après   Ashima Shiraishi (“Horizon”),  Kaddi Lehmann (“Kryptos”) et Mishla Ishi (“Byaku-dou”).

Elle est également la seule française à avoir atteint ce niveau de performance!

Pourquoi ce bloc?

Le choix de ce bloc s’est fait progressivement. J’ai commencé naturellement par Fata Morgana (8A), puis j’ai réussi Fata Morgana du bas (8A+), puis je me suis dit : pourquoi ne pas tenter Fata I Helvete (8B/+)? Une fois sorti Fata I Helvete il ne me restait plus que la version ultime : “Satan” du haut et du bas.

Les difficultés que tu as rencontrées? 

Les difficultés que j’ai rencontrées dans la partie basse étaient en rapport avec les prises lustrées et le gros dévers. Il a fallu que je trouve mes calages, même si après tout la méthode des autres grimpeurs n’est pas très différente. Après sur le crux c’est très différent de Fata I Helvete, même si la fissure se prend déjà dans ce premier bloc. Il faut accepter de s’écarter de la paroi pour croiser et valoriser la prise suivante sinon on ne peut pas dynamiser pour prendre la dernière compression.

On ressent quoi après un enchaînement pareil?

Ce que je ressens en arrivant en haut est difficile à exprimer. J’ai commencé le bloc et je me suis “retrouvée en haut” sans me dire quoi que ce soit entre le début et la fin de l’ascension. J’étais bien sur le premier mouvement et je me suis réveillée en étant bien sur le dynamique. du coup j’étais presque surprise de cet essai juste parfait. Rien de plus dans mon esprit à ce moment là…

Pourquoi proposer 8C bloc? 

La proposition de la cotation a en revanche été plus réfléchie. Lorsqu’on fait un bloc on a tendance à se sous estimer et à penser que si on l’a fait c’est qu’il ne devait pas être aussi dur qu’on le pensait lors des sessions de travail. Mais après on se rend compte que d’autre ont mis des cotations à 8C ou 8B+ pour la version haute et que le bas était déjà à 8B+ avant que la bonne prise du milieu ne casse. Il y a aussi le fait que Fata I Helvete a été ouvert par Day Koyamada comme un 8B+ soft et que Satan I Helvete comporte deux mouvements bien plus durs en sortie de bloc que la version mixte de Fata et Satan. Du coup, comme en plus la méthode d’usage de la fissure est similaire, ça parait logique de coter au dessus. En tout cas on peut dire que ce n’est pas mon corps qui a coté le bloc mais ma tête !

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Lettre ouverte de François Petit – Conventions des Sites Naturels d’Escalade : l’urgence d’une cordée solidaire

27 Mai

Directeur du groupe Climb Up depuis de nombreuses années, ancien compétiteur de haut niveau, François Petit n’en reste pas moins un amoureux de la falaise. Il partage avec vous sa lettre à propos du déconventionnement des falaises et les perspectives qu’il entrevoit grâce au Fonds de dotation Climb Up nouvellement créé.


Mes souvenirs d’enfance demeurent profondément attachés aux falaises. Je me souviens, comme si c’était hier, du premier rocher que j’ai gravi à Champagny-en-Vanoise, assuré par mon frère Arnaud et encouragé par mon père. Du sommet de cette petite paroi, une immense fierté et une multitude de projets enthousiasmants s’offraient à mes dix ans.

Nous sommes nombreux à chérir de tels souvenirs et à souhaiter garder la possibilité de grimper dans nos 2500 sites naturels d’escalade français qui sont une source inépuisable d’enchantement et d’instants de fraternité. Les falaises sont des terrains propices à la connaissance de soi, à la découverte de la nature et au partage des valeurs essentielles de l’escalade avec nos compagnons de cordée. De nombreuses vocations sont nées au pied de ces falaises. Et pour certaines communes isolées, l’escalade est même devenue un facteur d’attractivité touristique inespéré.

Il est donc naturel que nous soyons affectés par le déconventionnement initié par les élus de la FFME des derniers sites naturels dont elle avait la responsabilité. Les inquiétudes concernant leur devenir sont réelles et à première vue, cette décision peut paraître injuste. Mais ce serait oublier que l’escalade s’est démocratisée. A cette forte hausse des pratiquants s’ajoute la judiciarisation de la société. Ces dernières années, des procès aux coûts exorbitants ont fragilisé la FFME et l’ont amenée à faire ce choix.

En tant que falaisiste, ancien athlète de haut niveau et président de Climb Up, un des acteurs de l’escalade indoor, je souhaite exprimer ma gratitude à l’égard des centaines de bénévoles de la FFME, des responsables fédéraux et des comités territoriaux, de la FCAM, et des nombreux clubs sans lesquels rien ne serait possible sur le terrain. Leur engagement quotidien va nous permettre de continuer à vivre notre passion dans des patrimoines naturels exceptionnels.

De mon côté, tout comme mes collaborateurs qui sont pour la plupart des falaisistes passionnés, j’ai conscience que nous avons un rôle à jouer. L’an passé, nous avons accueilli 150 000 grimpeurs différents dans nos salles, soit 1,5 Millions d’entrées sur l’année. Dans 2 ans, nous en accueillerons le double. Nous devons réfléchir à des solutions pour sensibiliser nos pratiquants citadins à la préservation de l’environnement et les responsabiliser quant aux risques inhérents à la grimpe en falaise. En leur apportant les connaissances nécessaires pour évaluer les situations à risque, nous éviterons des accidents, ce qui est aussi essentiel pour pérenniser nos sites naturels.

Avec notre Fonds de Dotation Climb Up, nous contribuerons à l’entretien des sites. Nous soutiendrons également des clubs qui font des falaises de leurs communes leurs lieux de pratique et de rassemblement. Leur implication est importante pour conserver le lien avec les collectivités locales et les privés.

Mais au-delà de cette contribution, nous souhaitons de tout cœur encourager la réflexion, le dialogue et la mobilisation des grimpeuses et des grimpeurs qui sont sensibles à la préservation de nos terrains de jeux.

Grimper nous apprend chaque jour à trouver des solutions, à faire preuve de persévérance et d’esprit de cordée. Utilisons cette force et cette confiance pour réinventer ensemble l’avenir de nos falaises.

François PETIT     26/05/2020

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Stefano Ghisolfi libère “Beginning”, 9a/+ à Arco

26 Mai

Il y a quelques semaines, Stefano Ghisolfi apprenait que son compatriote, Michael Piccolruaz,  se voyait attribuer à posteriori le quota alloué à la commission tripartite du CIO pour la qualification aux Jeux Olympiques (2ème grimpeur Italien qualifié, privant ainsi Stefano d’une éventuelle qualification).

Passé la déception, Stefano a pris la nouvelle avec beaucoup de recul, tout en privilégiant désormais ses projets en falaise. En parlant de projets, “Beginning” n’en est plus un puisqu’il vient de libérer cette ligne à Arco. Pour la cotation, l’Italien pencherait pour un 9a/9a+. À confirmer avec les prochains répétiteurs!

Quoiqu’il en soit, on risque de beaucoup entendre parler de Stefani Ghisolfi en falaise à l’avenir… Restez connectés!

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Clem Lechaptois se dégourdit les bras dans une FA en 8B à l’Argentière la Bessée

23 Mai

Le bloqueur français Clem Lechaptois profite du déconfinement pour aller se dégourdir les bras dans les Hautes Alpes. Au programme, une nouvelle ligné dénichée par les locaux,  les frères Semiond et Olivier Fourbet du côté de l’Argentière la Bessée: “La fin de leur monde”. Pour la cotation, Clem propose aux alentours de 8B. Avis aux prochains répétiteurs!

Alors ce bloc a été trouvé par les locaux (les frères Sémiond et Olivier Fourbet). Il est situé au dessus de l’Argentière la Bessée dans un petit chaos. Ils m’en ont parlé et je suis allé jeter un coup d’oeil. C’est vraiment une très belle ligne. Le mur fait 5 bons mètres de haut, et il y a une ligne de prises évidente qui raye tout le panneau. J’ai essayé deux/trois jours le bloc sur corde, le temps de monter assez de pads pour vraiment essayer et entre deux jours de pluie les températures ont un peu chuté et ça m’a permis d’enchainer le bloc! La séquence de mouvements est vraiment chouette, assez exigeante en pieds et en doigts. Du coup le dé-confinement s’est passé en douceur dans ce petit chaos pommé…. Finalement avec beaucoup de motivation et le plaisir de retrouver le caillou, j’ai vite retrouvé de bonnes sensations de grimpe. En ce moment je grimpe autour de Chamonix où il y a de beaux blocs un peu oubliés, et dans le Briançonnais. Pas de projet précis, juste de la grimpe et de bonnes journées dehors dans des sites isolés et tranquilles. Ça fait du bien de retoucher du caillou. Je suis bien motivé à explorer un peu pour trouver des secteurs d’altitude pour se mettre au frais cet été!

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Mythique! Mélissa Le Nevé coche le 9a “Action Directe”

21 Mai

La planète escalade commence à revivre petit à petit avec la liberté, de nouveau, d’aller grimper en falaise. Et ce n’est pas notre française Mélissa Le Nevé qui dira le contraire … Actuellement dans le Frankenjura, elle vient de réaliser un mythe! “Action directe”, le premier 9a de l’histoire libéré en 1991 par Wolfgang Güllich. Et pour l’occasion c’est également une première féminine, cette voie n’ayant jamais été répétée par une femme.

Un voyage, un combat, mais aussi “une histoire d’amour”… tout ce que je cherche en escalade!! J’espérais que ce moment arriverait depuis des lustres. Jamais je n’aurais imaginé à quel point ce serait émouvant de clipper la chaîne. J’ai adoré tout le processus pour en venir à bout, travailler les mouvements, les comprendre, et les réaliser. Ça m’a demandé des années d’engagement, des hauts et des bas, de l’espoir et de nombreux doutes. Cela n’aurait jamais été possible seule. La communauté du Frankenjura m’a accueilli, et j’en suis très reconnaissante. Le soutien que j’ai reçu de Fabian et de mes amis a été magique durant cette journée de folie. C’était mon rêve et c’est devenu celui de Guillaume Levernier qui m’a apporté son soutien avec un plan d’entraînement génial. Partager cet objectif et voir sa motivation m’a aidé à prendre confiance en moi, à être persévérante et enfin à tout donner dans l’instant.

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Comment les salles d’escalade préparent l’après crise du Covid-19?

18 Mai

Alors que la France est en plein déconfinement depuis le 11 mai, avec notamment la possibilité de reprendre la grimpe en falaise sous certaines conditions, les salles d’escalade, elles, ne réouvriront pas tout de suite. En effet, à l’instar des salles de sport plus classiques, la pratique d’une activité physique en milieu confiné est pour le moment proscrite, ce qui met d’emblée les salles d’escalade dans la case des établissements qui ne pourront pas réouvrir dans l’immédiat.

À l’heure actuelle, aucune information concrète n’a été donnée sur une éventuelle réouverture des salles de sport, et plus particulièrement des salles d’escalade. Et si on peut envisager pouvoir regrimper un jour dans nos salles favorites, certaines questions peuvent se poser: le nombre de grimpeurs par salle sera-t-il limité? Pourra-t-on grimper en groupe? Quid des prises d’escalade que tout le monde touche? des tapis? Devrons-nous être masqués?

Afin d’en savoir un peu plus concernant l’impact de la crise actuelle sur les salles d’escalade, nous nous sommes tournés vers Emmanuel Charruau, co-fondateur de l’enseigne Block’Out.


Avant de commencer, la question évidente du moment: comment vas-tu? 

Je vais très bien, ça fait du bien de sortir sans papiers, pouvoir courir et respirer un peu plus librement. Et le meilleur reste à venir.

Comment se passe le confinement lorsqu’on gère un réseau de salle comme Block’Out? 

Ultra actif, les journées sont limites plus intenses qu’en temps normal, mais en fait c’est aussi un peu pour ça que l’on fait ce métier.

On prépare activement la reprise avec la Team et tu sais que l’on adore les surprises à Block’Out, on vous en réserve quelques-unes pour la réouverture de nos sites…

Cette année, BO lançait la BO cup, une sorte de circuit alternatif affilié à la FFME. 2 étapes ont eu lieu, quel en a été le bilan, et les autres étapes verront-elles le jour? 

Les deux 1ères étapes ont été un régal tant en terme de participation que de retours positifs sur la qualité de l’évènement.

La saine effervescence sur les tapis, la qualité des ouvertures, l’exceptionnel Tiger Boulder, l’inégalable Christopher, la fiesta jusqu’à pas d’heure pour les irréductibles, bref que du bonheur !

Ce qui est intéressant également dans ce circuit officiel, c’est qu’il permet à un public non initié à ce format de compétition de se confronter à une autre manière de grimper, où la concentration et le dépassement de soi s’actionnent naturellement et encore plus fortement.

Donc pour toutes ces raisons, on discute avec la FFME pour planifier la reprise de cet évènement d’ici la fin de l’année si ce maudit virus nous laisse tranquille !

Quel impact à eu cette crise sanitaire sur les salles d’escalade selon toi? (économique, social, …) Et sur la pratique de l’escalade en général qui était en plein essor?

Economiquement et socialement c’est une catastrophe. Humainement, c’est assez étonnant cette distanciation imposée et le fait de travailler de chez soi. Ça fait prendre un peu de hauteur, sur sa manière de penser, de consommer, de vivre tout simplement.

J’espère que des changements radicaux interviendront pour faire de l’économie verte et vertueuse, enfin la priorité de notre nation.

Sur la pratique de l’escalade, je suis persuadé que tous les grimpeurs de France privés de leur passion pendant si longtemps retrouveront le chemin de leur salle d’escalade préférée (Block’Out) avec encore plus d’envie.

Les acteurs économiques sont touchés mais la passion des pratiquants, elle, va être décuplée.

Tu dis que ce confinement nous a permis de prendre un peu de hauteur sur notre manière de penser, etc… Peut-on s’attendre à des évolutions pour les salles Block’Out? 

L’évolution vers un mode de consommation privilégiant les circuits courts et les produits de saison pour nos restaurants a déjà commencé depuis plusieurs années, mais l’on souhaite accélérer encore plus cette dynamique. Nous réfléchissons également sur la partie escalade, à comment faire mieux dans ce domaine.

Parlons un peu post-confinement… As-tu une vague idée pour une date de ré-ouverture des salles d’escalade? 

Demain 11h! Non, plus sérieusement pour le moment aucune idée!

Lorsque l’heure de l’ouverture aura sonné, comment adapter la pratique pour éviter tout risque sanitaire?

On travaille depuis le début du confinement sur des protocoles de réouverture permettant justement le respect des règles sanitaires. La pratique du bloc en salle contrairement à d’autres sports le permet assez facilement au final.

Même si les habitudes de pratiques seront évidemment un peu modifiées, on va pouvoir quand même re-grimper et c’est bien là l’essentiel.

Tu peux nous en dire un peu plus sur ces protocoles? 

Je préfère attendre que tout notre protocole soit achevé pour t’en parler, car les choses peuvent encore évoluer en fonction des préconisations gouvernementales.

Quid des prises que tout le monde touche? Est-ce que ce sera un problème?

La solution existe déjà à Block’Out, cela s’appelle la magnésie liquide qui contient une solution hydroalcoolique. Nous avons été les premiers à  la rendre obligatoire pour des raisons sanitaires déjà.

À l’heure d’aujourd’hui, le ministère des sports recommande l’utilisation d’un crash pad par personne en bloc extérieur. Ça ne t’inquiète pas pour la pratique en salle avec, du coup, un seul tapis de réception pour tout le monde? 

Les surfaces seront désinfectées tout au long de la journée donc pas d’inquiétude à ce sujet.

Imagines-tu imposer le port d’un masque pour grimper?

Je ne pense pas que cela soit nécessaire, on n’est pas dans le métro. Les salles Block’Out sont grandes et permettent donc de respecter les règles sanitaires notamment celle de distanciation. On pourra en reparler plus précisément quand nous aurons achevé tout notre dispositif de réouverture si tu veux.

Comme tu le sais, l’autre sujet brûlant du moment c’est la fin des conventions FFME pour les falaises… Beaucoup pense que la FFME ne jure que par la résine et les JO. En tant que directeur de salle, quel est ton point de vu la dessus?

La fin des conventions je trouve cela vraiment dommage, car c’est un système qui fonctionnait plutôt bien en permettant de garder l’accès à un certain nombre de falaises. J’espère que la fédération et le monde de l’escalade en local continueront de travailler ensemble pour trouver des solutions.

C’est fondamental de pouvoir continuer à accéder aux sites naturels, et la richesse de la pratique de l’escalade réside justement dans la diversité de ses pratiques et de ses pratiquants.

Que penses-tu de la pratique en falaise? 

Ma pratique a été essentiellement en bloc en forêt de Fontainebleau. De là est né l’idée de créer Block’Out. Donc je t’avoue ne pas avoir une grande expérience en falaise, et cela ne s’est pas arrangé depuis 2008. Pour autant cela a toujours été de supers moment partagés avec Arnaud Pioger ou Jérémy Lemau. Je garde dans mes plus beaux souvenir d’escalade et d’amitié, ma première grande voie à Presles, avec Jérémy.

Le mot de la fin? 

Tu m’as encore posé beaucoup de questions Charles et du coup je vais encore rater mon training à cause de toi : Merci mec !

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Mise à jour du guide d’accompagnement pour la pratique de l’escalade en falaise

16 Mai

Il y a quelques jours, le ministère des sports publiait un guide d’accompagnement pour la pratique de l’escalade en cette période de crise sanitaire, avec, on vous l’accorde, certaines recommandations qui avaient peu de sens (dont certaines qui n’ont pas évolué dans ce nouveau document …).

Voici donc les nouvelles recommandations concernant l’escalade, avec notamment l’autorisation des voies de plusieurs longueurs d’une part, et le port du masque obligatoire lors des phases de regroupement (pied des voies par exemple):

  • Se nettoyer les mains entre chaque essai ou longueur, à l’eau et au savon bio dégradable quand cela est possible, sinon au gel hydro-alcoolique.
  • La magnésie utilisée est la magnésie liquide contenant de l’alcool.
  • L’escalade de bloc est uniquement possible sur des blocs de faible hauteur avec des réceptions dégagées et ne nécessitant pas de parade.
  • L’utilisation des matelas de protection (crash-pads) est strictement individuelle.

Matériel :

  • L’utilisation du matériel strictement individuel doit être privilégiée,
  • En cas de prêt de matériel :

– Une désinfection systématique du matériel doit être réalisée après chaque emprunt selon les préconisations du fabricant ou par une mise en quarantaine de 72h minimum

–  Un dispositif de suivi de désinfection doit être mis en œuvre pour chaque matériel prêté

Dans tous les cas, on respectera une distanciation:

  • d’1,50 mètre minimum entre chaque grimpeur au pied des voies
  • de 5 mètres entre chaque voie où des grimpeurs sont engagés
  • L’utilisation d’un masque lors des phases de regroupement (relais, pied des voies et blocs…) est obligatoire..

Le strict respect de ces recommandations rend possible l’escalade sur des voies d’une longueur.

L’escalade sur des voies de plusieurs longueurs ne sera possible que si une vigilance particulière est apportée à la montée et à la descente pour s’assurer d’un espace suffisant aux relais (terrasse, relais décalés, double relais…) et éviter tout regroupement de grimpeurs (distance entre les cordées, privilégier les cordées de 2…) .

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Escalade et nutrition – Le lait, boisson ou poison ? Etat des lieux d’une polémique qui dure depuis vingt ans

13 Mai

Sujet polémique s’il en est, la consommation quotidienne de lait après la petite enfance fait toujours autant parler. Déjà pendant mes études, au début des années 2000, j’étais confrontée au discours de mes professeurs sur les bienfaits du lait et des produits laitiers, et des questions de mon entourage, à propos d’une « vérité sur le lait et ses dérivés » qu’on nous cacherait. Mais à cette époque, les ressources dont je disposais étaient principalement les brochures vieillottes mises à disposition par l’école. Je me souviens particulièrement de l’une d’entre elles, qui vantait les mérites de l’installation d’un distributeur de lait dans les établissements pour mineurs qui avait (soi-disant) donné lieu à une amélioration significative des comportements. La brochure, évidemment, était distribuée à l’époque par le Cidil (Centre Interprofessionnel de Documentation et d’Information Laitières), l’ancêtre du lobby des produits laitiers tel qu’on le connait aujourd’hui.

Presque vingt ans plus tard, la consommation de lait attise toujours autant de tensions entre ses détracteurs absolus « le lait de vache, c’est pour les veaux » et ses partisans qui scandent « sans lait, pas d’os solides ». Dans le milieu sportif, c’est la potentielle action inflammatoire du lait et son influence sur l’apparition de tendinites qui donne lieu à des débats passionnés.

D’un point de vue purement nutritionnel, dire qu’un aliment est spécifiquement adapté à un animal en particulier est compréhensible mais alors pourquoi manger de la salade, puisque ce ne serait bon que pour les limaces ? La réciproque est vraie aussi : à partir de l’âge de six mois environ, l’être humain ne peut plus se contenter d’un seul type d’aliments et le principe d’un omnivore est de pouvoir à peu près tout digérer, donc biologiquement, la consommation de lait ne devrait pas poser trop de problèmes aux humains. Mais c’est bien sûr sans compter sur les variations individuelles, les millions de français digérant mal le lactose ne diront pas le contraire.

Par ailleurs, toutes les personnes qui ne consomment pas de lait par intolérance mais parfois pas de yaourt ou fromage non plus par goût ou par choix de vie et qui jouissent malgré cela d’une excellente santé osseuse donnent tort aux défenseurs des « trois produits laitiers par jour ». Mieux, en prenant un peu de recul pour observer les régimes alimentaires à travers le monde, on constate que ce produit peut aussi bien constituer une grande part de l’alimentation de certaines populations , notamment en Scandinavie ou aux Etats-Unis, comme en être exclus, à l’instar de la Chine (excepté en Mongolie intérieure), même si les régimes alimentaires ont tendance à évoluer avec la mondialisation.

Pour compliquer la donne, les indicateurs de santé osseuse à travers le monde, en particulier le taux de fractures de la hanche, utilisé comme marqueur de l’ostéoporose, tendent à montrer que les pays qui consomment le plus de lait et de produits laitiers ne sont pas les plus épargnés, loin de là. Cependant, la santé osseuse étant dépendante de facteurs tels que les apports en vitamine D, l’ensoleillement, l’activité physique et la régulation hormonale, il est difficile d’en tirer des conclusions radicales.

Notons toutefois que la pratique régulière de l’escalade, même si elle apparaît rarement dans les études, se classe dans les sports à impact modéré et à ce titre, exerce des contraintes bénéfiques sur le squelette. L’article du Dr Popineau de l’IRMBS https://www.irbms.com/activite-physique-et-osteoporose/ traitant de l’exercice physique et de l’ostoporose, indique les exercices de force et d’étirements du psoas ont un effet de stimulation permettant de gagner de la densité osseuse dans les os de la hanche, ce qui est intéressant à mettre en perspective avec la gestuelle de l’escalade en particulier pour les femmes, qui sont les plus à risque d’ostéoporose.

Mais en ce qui concerne l’intérêt du lait en tant que boisson dans le cadre sportif, il reste difficile de se faire un avis en parcourant les publications scientifiques, du fait des conflits d’intérêt qui gangrènent le milieu. Un exemple parmi tant d’autres avec un article paru en 2018 dans la revue anglosaxonne Nutrients[1]. Celui-ci conclut que la consommation de 500 mL de lait atténue la perte de fonction musculaire après des exercices répétés de sprint et de sauts. Selon les auteurs, le lait peut être considéré comme un moyen adéquat de récupération post entrainement dans les équipes de sport féminines.

Cette étude pourrait être intéressante à plus d’un titre, d’une part pour les pratiquants de bloc, dont l’effort est probablement le plus proche des exercices décrits dans l’article et d’autre part pour contrebalancer les arguments en faveur du rôle inflammatoire du lait. Mais en quelques clics, on apprend que l’étude a été commandée et financée par Glanbia, une entreprise irlandaise de commercialisation de produits laitiers, et par The National Dairy Council, le lobby du lait en Irlande.[2]

C’est pourquoi, afin de compléter ces données, je recommande aux pro comme aux anti-lait de regarder certaines émissions scientifiques telles que 36°9 sur la RTS  https://www.youtube.com/watch?v=rKmC61uzU7Q ou le documentaire diffusé par Arte en 2017 https://www.youtube.com/watch?v=O_Bi0YGXnTM car elles offrent un éclairage intéressant sur l’évolution de la composition du lait au fil de l’industrialisation de sa production ainsi que sur les conditions d’élevage des vaches et leur influence sur sa qualité et de fait, sur la santé.

En tant que grimpeuse soucieuse de la nature mais aussi en tant que citoyenne, je pense que la problématique du lait dans l’alimentation va au-delà des considérations nutritionnelles et quand on y réfléchit, chaque litre de lait acheté est une caution donnée à un certain mode d’élevage et ses conséquences sur la santé animale et environnementale. La course au rendement provoque la concentration des élevages et de fait, l’apparition de maladies dont les traitements donnent des résidus qui se retrouvent dans les sols par l’intermédiaire des déjections, sans parler de la production de méthane.

De plus, la mise au point d’aliments « performants » pour nourrir les vaches à haut rendement entraine des expérimentations avec mise en place d’un hublot sur le flanc des animaux https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/20/des-hublots-dans-la-panse-de-vaches-pour-etudier-leur-digestion_5478758_3244.html dont la justification est contestable puisqu’il existe un moyen simple de garantir un lait de bonne qualité nutritionnelle : en laissant les vaches brouter de l’herbe en pâturage.

En conclusion, s’il est difficile de se fier aux études et donner un avis purement diététique sur le lait, du fait des conflits d’intérêt des chercheurs qui les mènent, il existe aussi des raisons éthiques et écologiques de ne pas consommer de lait, en tout cas celui issu de l’agriculture intensive. Les certifications Bio et Demeter assurent de meilleures conditions de vie aux vaches laitières et pour le consommateur, un produit de meilleure qualité nutritive (notamment la teneur en oméga 3). Il n’empêche que les animaux d’aujourd’hui restent issus de sélections permettant une production importante, ce qui signifie malgré tout la présence importante de facteurs de croissance[3] qui, selon le Pr Melnik https://profmelnik.de/assets/curriculum_vitae_prof_melnik.pdf, serait corrélée à l’apparition de maladies métaboliques telles que l’obésité.

Poison ou boisson, la vérité doit se situer donc quelque part entre les deux, en tenant compte de nombreux facteurs et en gardant en tête que c’est aussi la dose qui fait le poison. C’est pourquoi quand on me pose la question, je réponds que se demander s’il faut boire du lait ou non, c’est comme se demander s’il faut manger des concombres à chaque repas. C’est une question de tolérance personnelle (certaines personnes les digèrent et d’autres non), ça rend de toute façon malade quand on en mange trop et en consommer à tout va en connaissant pertinemment les conditions de production (la mer de plastique aux alentours d’Almeria est tout autant scandaleuse que les conditions d’élevage intensif et les vaches à hublot) relève plus d’un choix moral que diététique.

Texte: Amandine Verchère


[1] RANKIN, P. LANDY, A. STEVENSON, E. « et col. » Milk: an effective recovery drink for female athletes. Nutrients, 2018, 10, 228 (doi: 10.3390/nu10020228)

[2] https://www.itcarlow.ie/research/researchers/meet-researchers-o-z/paula-rankin.htm rubrique « engagement and collaboration »

[3] Bodo C Melnik, Swen Malte John et Gerd Schmitz. Milk is not just food but most likely a genetic transfection system activating mTORC1 signaling for postnatal growth. Nutrition Journal 2013, 12:103. 25 juillet 2013. doi:10.1186/1475-2891-12-103.

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Retour en falaise après le confinement: toutes les infos à savoir

11 Mai

Ce lundi 11 mai marque un nouveau tournant dans la crise sanitaire du Covid-19 que nous vivons actuellement, avec le (long) processus de déconfinement qui débute. En effet, alors que nous étions privés de notre liberté de déplacement depuis de nombreuses semaines (sauf pour un certain nombre de cas que tout le monde connaît), le gouvernement a prononcé la fin de ce confinement à partir de ce jour. Néanmoins, bien que nous puissions désormais nous déplacer dans un rayon de 100km autour de notre domicile, et sans attestation, les règles sont  encore strictes afin d’éviter une 2ème vague de contamination, et notamment concernant la pratique du sport en général, et de l’escalade en particulier…

Ce que nous dit le gouvernement pour la pratique sportive

La ministre rappelle la nécessité pour les Français de pratiquer une activité sportive tant du point de vue du bien-être que de la santé de chacun. La pratique d’une activité physique et sportive est un enjeu de santé publique d’autant plus dans la crise que nous traversons.

Néanmoins, sur les recommandations du Haut Conseil de Santé Publique, une distanciation physique spécifique entre les pratiquants est une condition indispensable à la pratique de l’activité physique.

Ces activités pourront se faire :

  • Sans limitation de durée de pratique
  • Sans attestation
  • Dans une limite de distance du domicile inférieure à 100 km ;
  • En limitant les rassemblements à 10 personnes maximum ;
  • En extérieur ;
  • Et sans bénéficier des vestiaires qui peuvent être mis à disposition pour les activités de plein air.

Les critères de distanciation spécifiques entre les personnes sont les suivantes :

  • une distance de 10 mètres minimum entre deux personnes pour les activité du vélo et du jogging ;
  • une distance physique suffisante d’environ 4m2 pour les activités en plein air type tennis, yoga, fitness par exemple
    Des spécifications complémentaires en fonction des activités seront fournies prochainement par le ministère des sports.

Les activités sportives qui ne permettent pas cette distanciation (sports collectifs, sport de combat) ne pourront pas reprendre dans l’immédiat. Le ministère des sports proposera une liste exhaustive des disciplines et sports concernés par cette interdiction provisoire dans un guide pratique en cours d’élaboration. Un nouveau point d’étape sera fait d’ici au 2 juin pour évaluer les modalités de reprise des pratiques sportives en salles et des disciplines qui nécessitent un contact.

Les précautions à prendre pour la pratique de l’escalade

La reprise de l’escalade pourrait alors se poser, aussi bien en bloc où le contact est indispensable lors d’une parade en cas de chute, qu’en falaise où nous sommes forcément amené à être proche de notre assureur à un moment ou un autre. Qui également de tout le matériel que nous utilisons, et notamment de la corde que nous avons souvent tendance à amener entre les dents lors des mousquetonages? Afin de répondre à certaines questions, la FFME avait publié un certains nombre de recommandations pour la pratique de l’escalade en milieu naturel, et le ministère des sports a apporté quelques modifications à ces recommandations.

Voici donc les règles du ministère des sports à respecter pour une reprises de l’escalade en extérieur:

  • Se nettoyer les mains entre chaque essai ou longueur, à l’eau et au savon bio dégradable quand cela est possible, sinon au gel hydro-alcoolique.
  • La magnésie utilisée est la magnésie liquide contenant de l’alcool.
  • L’escalade de bloc est uniquement possible sur des blocs de faible hauteur avec des réceptions dégagées et ne nécessitant pas de parade.
  • L’utilisation des matelas de protection(crash-pads) est strictement individuelle.
  • L’escalade sur des voies d’une longueur est possible uniquement avec des équipements strictement individuels et dans le respect des mesures de distanciation (1,50 mètre entre chaque grimpeur).
  • Chaque pratiquant devra utiliser uniquement son matériel personnel (baudriers, cordes, dégaines, système d’assurage).
  • L’escalade sur des voies de plusieurs longueurs n’est pas autorisée.

Au delà de toutes ces recommandation, à nous, grimpeurs, de faire preuve de respect, de civisme, de précautions et surtout de bon sens, car ne l’oublions pas, une 2ème vague épidémique est très loin d’être exclue.

Les salles d’escalade fermées jusqu’à nouvel ordre

Pour le moment, toutes les salles de sport, salles d’escalade comprises, restent fermées. De nouvelles infirmations seront données par le gouvernement fin mai début juin sur le sujet, mais ne vous attendez pas à regrimper tout de suite en salle (enfin ce n’est que notre humble avis…). Nous irons très prochainement à la rencontre du co-directeur de Block’Out afin d’en savoir un peu plus…

Déconfinement  pour le sport de haut niveau

Pour les sportifs de haut niveau, les règles sont les mêmes, notamment pour les sports de contact et collectifs. En revanche, pour les pratiques individuelles comme l’escalade, certains pôles d’entraînement devraient réouvrir si toutes les conditions sanitaires le permettent.

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Carnet de voyage: à la découverte de l’Islande avec Svana Bjarnason

08 Mai

La première chose que l’on me dit lorsque l’on voit mon nom (et que l’on tente vainement de le prononcer) c’est « vous êtes suédoise ? Ou norvégienne ? ». Personne ne pense jamais à cette petite île située proche du Groenland. Et pourtant, me voilà, Française mais d’origine Islandaise. Pour la petite histoire c’est mon grand-père paternel qui était islandais. Il est venu s’installer en France quand il était jeune, s’est marié avec ma grand-mère française et ils sont tous les deux restés en France. Je suis donc principalement française mais j’ai tout de même la nationalité islandaise, ainsi que quelques restes du pays dans la couleur de mes cheveux (clairement pas dans ma résistance au froid en revanche).

L’histoire d’un trip grimpe en Islande commence il y a un peu plus d’un an, lorsque j’ai été contactée par une grimpeuse islandaise. Elle était tombée sur une vidéo d’Epic TV dans laquelle on me voyait grimper. En voyant mon nom (et sachant le prononcer) elle a tout de suite compris que j’étais islandaise et émis l’idée que j’y aille pour grimper, surfer et parapenter. Pas besoin d’en dire plus, j’étais convaincue !

Malheureusement pas assez de temps pour un tel programme mais cela faisait un bout de temps que je n’étais pas retournée dans mon pays et l’idée d’y associer la grimpe m’avait bien plu. Les billets étaient bookés, ma famille était contente que je vienne, le voyage était prévu pour septembre 2018. Mais 10 jours avant de partir, alors que j’étais en train de profiter du soleil et du rocher espagnol, j’entends soudain un grand « clac » en grimpant. Comme tous les grimpeurs qui ont vécu ça, j’ai levé la tête pour voir quelle prise j’avais cassé. Comme tous les grimpeurs j’ai ensuite regardé mon doigt et essayé d’arquer. Et comme tous les grimpeurs j’ai ensuite pensé que c’était la fin du monde. Je venais de casser la poulie A4 du 4e doigt, rupture complète et poulie désinsérée de l’os. Ce qui signifiait opération, pas de grimpe pendant 3 mois et longue rééducation. Pas la fin du monde donc, mais en tout cas la fin de mon trip en Islande.  Avec du recul ce report aura été bénéfique, puisque cela aura permis d’organiser un peu mieux le voyage, de prendre contact avec les grimpeurs locaux et de convaincre une team de folie de m’accompagner : Axel Ballay (grimpeur), Damien Largeron (grimpeur et photographe) et Johan Kervella (grimpeur et vidéaste).

En septembre 2019 nous nous envolons donc vers la terre de glace. Pourquoi septembre ? Par souci de disponibilité déjà, mais aussi parce qu’en plein été les billets d’avion sont nettement plus chers et les touristes nettement plus présents. Juin aurait probablement été une meilleure décision pour la météo mais elle est de toute façon tellement capricieuse en Islande…

La première impression en arrivant ? Il pleut et il fait froid, Keflavik (la ville où se trouve l’aéroport) n’est pas très attrayante, forcément cela ne donne pas envie. Je revois encore l’expression de Damien et Jo lorsque je leur ai dit de bien profiter de ce léger rayon de soleil qu’on voyait en arrière-plan : « c’est probablement la seule fois qu’on le verra !». Heureusement pour nous, les jours suivants m’ont donné tort.

Pour les premiers jours nous n’avions pas grand-chose de prévu. Lorsque nous avions demandé aux locaux où nous pouvions grimper proche de Reykjavík, la réponse avait été unanime : Klifurhùsid. La salle de bloc à Reykjavík donc. Une jolie façon de nous dire que la météo allait être pourrie. Le lendemain de notre arrivée, le décalage horaire me fait me réveiller à 6h (fausse excuse, il n’y a que deux heures de décalage en été, une en hiver). La vérité c’est que j’étais surexcitée d’avoir aperçu un rayon de soleil et de pouvoir sentir un air frais sur mon visage, venant de la fenêtre ouverte.

Première chose à savoir sur l’Islande :

Ici, comme tout pays nordique qui se respecte, on essaie de profiter au maximum de la lumière. Donc pas de volets aux fenêtres. Et pourquoi la fenêtre ouverte ? L’Islande est une terre géothermique, tout est chauffé grâce à ce système et les ressources sont tellement nombreuses que cela ne coûte quasi rien. Alors plutôt que de baisser le chauffage, ici on ouvre les fenêtres lorsque l’on a trop chaud.

Motivés par ce rayon de soleil, nous voilà donc lancés pour 2 jours de découverte des petits spots de bloc proches de la capitale. Les paysages nous en mettent déjà plein la vue, malgré la proximité de la ville. La météo décide de nous en mettre plein la vue aussi.

Un célèbre proverbe islandais dit « si tu n’es pas content de la météo attends 5 min et le temps changera ». Comme tout le monde, Damien et Jo ne me croyaient pas, 5 min quand même, cela ne fait pas beaucoup. Et pourtant ces premières journées auront servi de CQFD, le temps changeait réellement toutes les 5 min. Pluie, soleil, pluie, soleil, …. Au bout d’un moment on a même dû arrêter de s’extasier devant les arcs-en-ciel, presque lassés d’en voir autant.

Deuxième chose à savoir sur l’Islande :

On vient de le voir, la météo est capricieuse. Il faut donc prévoir plein de vêtements différents pour parer à toutes les situations. On peut passer du débardeur (véridique) à 3 doudounes et une gore-tex en très peu de temps. Donc ne voyagez pas léger !

D’une manière générale les spots autour de Reykjavík sont petits, il y a peu de blocs mais le rocher est de très bonne qualité et les paysages sont magnifiques. On ne peut pas dire que ce sont des spots qui valent le coup de traverser la terre entière mais nous nous sommes fait très plaisir. Tous les blocs que nous avons pu essayer étaient agréables à grimper et nous avons retenu quelques très belles lignes.

Gálgaklettar est situé à environ 50 km de Reykjavík, dans la partie ouest de Reykjanes. Le nom est un peu glauque, l’histoire dit que cet endroit était utilisé pour pendre des gens. Une planche était posée entre les blocs pour cela. Le site a ensuite appartenu à l’armée américaine et était donc interdit. Il a été rouvert au public après le départ des militaires. Le rocher est abrasif à souhait et compte une vingtaine de passages, de 5b à 7b+. Mention spéciale pour « Schmetterling », un 7a super chouette dans une fissure.

Le bonus ? Pas de marche d’approche (on se gare au pied du secteur), le paysage lunaire d’un côté et l’océan agité de l’autre.

Valbjargargjá se trouve à 65 km from Reykjavík, à Reykjanestá. Je recommande vivement ce spot pour allier une balade avec un peu d’escalade. Les paysages sont à couper le souffle ! Une petite vingtaine de blocs sont ouverts, du 5a+ au possible 7c. Attention aux sorties, de grosses pierres volcaniques peuvent facilement tomber. Il est préférable de désescalader ou sauter sur les pads.

Le bonus ? La beauté des environs, le phare et l’océan en arrière-plan. Allez-y au coucher du soleil pour la lumière irréelle.

Jósepsdalur est un endroit très particulier. A 30 km de Reykjavík, prenez une piste qui traverse un terrain de moto cross, continuez jusqu’à penser vous perdre et atteignez une vallée de sable noir, bordée par des collines couvertes de mousse vert fluo. Dans cette vallée se tient un gros bloc qui semble être tombé du ciel, Einstæðingur. En réalité il est tombé d’une colline, si vous levez les yeux vous verrez d’ailleurs ses copains qui attendent peut-être de rouler eux-aussi. Les couleurs claires de ce bloc, variant du blanc à l’orange offrent un contraste époustouflant avec le sol de sable noir. Ici on pourrait presque venir sans crash-pad, le sable pouvant aider à un atterrissage tout en douceur. Le bloc compte une bonne dizaine de passages, de 5a au 8a. Nous n’avons pas pu essayer les blocs durs à cause de la pluie mais nous avons fait quelques blocs plus faciles, dont un très beau 6c+ sur arquées. Les aventuriers pourront rejoindre le champ de blocs sur la colline, comptant une trentaine de blocs avec presque 100 passages ouverts. Il faudra cependant marcher un peu et ne pas avoir trop peur de l’atterrissage peu agréable, les blocs étant situés dans la pente.

Le bonus ? La piste à faire en 4×4 pour arriver au spot, l’immensité de l’endroit et les rayons du soleil après la pluie, faisant briller la mousse verte.

Viðey aura été une belle découverte. Viðey est une minuscule île, accessible en peu de temps depuis Reykjavík. Benjamin Mokry et Valdimar Björnsson, des grimpeurs locaux, ont découvert qu’il était possible d’y grimper il y a peu, en mai 2019. Grimper à Viðey c’est marrant et original. Il faut prendre un bateau pour y aller, en ayant auparavant vérifié les horaires de marées pour y être à marée basse. Une petite marche dans des herbes hautes et on arrive sur la plage, devant des rochers qui ne paient pas de mine. Pourtant ici c’est le fontainebleau islandais (selon les locaux). Peut-être pas pour la quantité de blocs à grimper mais sûrement pour la qualité du rocher, avec une friction incroyable. Le rocher est du Móberg, du tuf volcanique qui ne pardonne pas pour la peau des doigts. Une vingtaine de passages sont ouverts et il y a encore du potentiel. Le rocher est dément à grimper, les blocs sont de réelle qualité. Il y a largement de quoi se faire plaisir pour une session, qui sera de toute façon courte puisque l’on se fait rattraper par la marée.

Le bonus ? Appliquer le principe des essais mitraillettes, mettre plein de runs sans prendre le temps de se reposer car on voit doucement l’eau s’approcher des crash-pads. Voir le ferry au loin et courir dans les herbes hautes pour l’attraper à temps.

Nos premiers jours en terre de glace auront donc servi de mise en jambe et auront permis de découvrir les spots de bloc accessibles à la journée, voire même à la demi-journée depuis la capitale. Plutôt plaisant de pouvoir se dégourdir les bras en extérieur !

Pour la suite du programme, l’objectif était de m’initier au trad climbing. Une facette de l’escalade un peu effrayante pour moi mais je trouvais l’idée sympa de m’y initier dans mon pays d’origine, avec des grimpeurs locaux. Pour cela nous avons contacté Sigurdur Ymir Richter, LA référence en trad en Islande. Un grimpeur toujours motivé, n’ayant peur ni du vent ni de la pluie (à mon grand désespoir). Mon initiation en trad s’est donc faite à Stardalur, sous la pluie, sous le vent et sur du rocher mouillé. Un réel plaisir ! Je partais avec de gros à priori sur l’escalade traditionnelle, je pensais que cela faisait peur, que je ne saurais jamais placer des friends correctement, … Eh bien j’avais raison. J’étais terrorisée et après avoir enlevé mes protections Siggi m’a gentiment dit que quelques friends n’auraient jamais tenu si j’étais tombée dessus. Heureusement pour moi il avait tout de même eu un peu de compassion et m’avait envoyé dans une voie très facile. Pas de chute donc.

Stardalur est un des meilleurs spots de grimpe de la région (selon Siggi, comprenez donc un des meilleurs spots d’escalade qui fait peur). Situé à 30 km de Reykjavik, à Mosfellsdalur (proche de Skálafell), le spot a été découvert dans les années 70 et était le plus célèbre d‘Islande jusqu‘à la découverte de Hnappavellir. C’était en quelque sorte leur salle d‘escalade, comme Orgon en France à l‘époque. Il n‘y a que du trad, il est strictement interdit d‘y placer des points (lorsque des points ont été découverts un jour ils ont été retirés). Le rocher est de type dolérite, une sorte de basalte, et les voies vont du 3 au 6c+. Cela fait mal de l‘écrire mais mon initiation a été faite dans du 5a. Le site est très adapté pour l’initiation au trad (à part quand c’est trempé et que le 5a se transforme en 6a), avec une vingtaine de voies allant du 3 au 6b.

Le bonus ? L’effet « Mordor » au sommet des voies, avec le brouillard, le vent glacial, la pluie mais une belle vue sur la rivière en contrebas.

Après cette initiation nous avons pu aller là où tout grimpeur de trad rêve d’aller (pas moi donc) : les orgues basaltiques. Personnellement, après cette première expérience je redoutais de grimper sur les colonnes. D’autant plus que la pluie ne s’arrêtait pas et que j’avais bien compris que Siggi ne s’arrêterait pas non plus. Mais après tout j’étais là pour découvrir la grimpe à l’islandaise et la pluie en fait clairement partie !

Troisième chose à savoir sur l’Islande :

Vous l’aurez compris, ici les mauvaises conditions pour grimper n’existent pas. S’il pleut ce sont des conditions « plutôt correctes ». Alors si vous vous plaignez qu’il fait froid parce qu’il y a du vent à 80 km/h et que le rocher est mouillé parce qu’il a plu il y a 5 min, sachez que pour les grimpeurs islandais ce sont des conditions optimales pour enchainer les projets.

L’avantage du vent à 80 km/h c’est qu’il chasse vite les nuages (vous vous souvenez du proverbe des 5 min ?) et qu’il sèche vite le rocher. A mon grand dam nous allions pouvoir grimper.

Gerðuberg est situé à Hnappadalur dans la péninsule Snæfellsnes. Le site est plus éloigné de Reykjavik (à 120 km) mais, en étant motivé, il est tout de même possible d‘y aller à la journée (et même sans l‘être puisque je l‘ai fait). Sinon cela vaut le coup de coupler une journée de grimpe avec une journée de balade dans la péninsule, qui offre des paysages à couper le souffle. C‘est ici que vous trouverez les orgues basaltiques.

Les orgues balsatiques sont très célèbres en Islande, le spot est d‘ailleurs fréquenté par beaucoup de touristes qui sont toujours étonnés de voir des grimpeurs. Les colonnes ont été formées il y a environ 135 000 ans par des écoulements de lave. Elles mesurent à peu près 1,50 m de large, avec des fissures de tailles variées entre chaque. Aucune voie n‘est équipée, l‘endroit étant protégé. Il n‘y a donc que du trad et c‘est principalement de la fissure, de toutes les tailles pour varier les plaisirs (ou les craintes pour moi, n‘ayant jamais grimpé en fissure auparavant). Les voies ne sont pas très longues, les colonnes mesurant entre 8 et 14 m (ouf). J‘ai pu faire un 5c (en évitant à tout prix d‘utiliser les fissures) et un 6a+ qui m‘a paru être un 7c. J‘ai essayé une première fois en moulinette, je suis tombée 3 fois, ne sachant comment grimper dans ces fissures désagréables.

Il a ensuite fallu y aller en tête, tout en plaçant les protections. Grimpe en fissure + en trad = définitivement pas fait pour moi, je tremble encore rien que d‘y penser! On peut d‘ailleurs facilement lire la terreur dans mon regard sur les photos. Heureusement j‘avais de l‘ego et de la rési, j‘ai donc désespérement réussi à enchaîner la voie, en y passant 30 min (pour une 6a+ de 12m ça commence à faire) et en plaçant deux friends à chaque fois car j‘étais terrorisée. Avec du recul ce fut tout de même une bonne expérience, les voies sont très belles à grimper (lorsque l‘on aime la fissure) et l‘environnement est encore une fois très plaisant.

Le bonus ? Attendre que la pluie cesse au Rjúkandi Kaffi , un café situé à Borgarnes, à 20 min de la falaise. Les gâteaux y sont à tomber et les propriétaires très accueillants.

La case du trad climbing était cochée, nous allions enfin pouvoir nous attaquer aux choses sérieuses : un road trip dans l‘est direction Hnappavellir, LE spot de couennes islandais et Vestrahorn, un spot de bloc au bord de l‘océan. Un road trip vers l‘est est un passage obligatoire en Islande. Il faut emprunter la fameuse route 1 (la route 66 de l‘Islande), qui fait le tour de l‘île. Sur le chemin vous rencontrerez : des cascades, des sources d‘eau chaude, des glaciers, des icebergs, une plage avec de gros glaçons échoués, des moutons, des chevaux, … Tout le meilleur de l‘Islande !

Quatrième chose à savoir sur l’Islande :

Il y a plus de moutons que d’habitants sur l’île, et il y a également énormément de chevaux. Les chevaux islandais sont spéciaux, ils sont de petite taille (à mi-chemin entre un poney et un cheval) et ils ont plusieurs particularités :  ce sont les seuls chevaux à posséder 5 allures naturelles, dont le “tölt“. Dans cette allure, le cheval a toujours un pied ou deux posés au sol. C’est le secret pour un confort incomparable. L’histoire raconte même que l’on peut poser une tasse de café remplie sur le cheval lancé à cette allure : celle-ci ne se renversera pas. L’autre particularité de ces chevaux est qu’ils ont des coupes de cheveux dignes des boys band des années 90, cela vaut largement le détour.

L’objectif ultime ? Trouver celui avec la même coupe de cheveux que vous (personnellement je l’ai trouvé). Dans tous les cas n’hésitez pas à vous arrêter les voir, ils sont en général très disposés à faire ami-ami.

Un arrêt obligatoire sur la route est la plage de Reynisfjara, près de la ville de Vík. Une plage de sable noir avec des orgues basaltiques et une vue imprenable sur les Reynisdrangar, des stacks basaltiques situés dans le prolongement des falaises. Une inspiration pour du deep water soloing ? Une petite anecdote, cette plage est surnommée « chinese take-away », « chinois à emporter » par les islandais. Les touristes d’origine chinoise sont en effet de plus en plus nombreux sur l’île, l’océan est souvent déchaîné, avec de hautes et puissantes vagues déroulant sur la plage. Ajoutez à cela des touristes avides de sensations fortes et aimant se mouiller les pieds et je vous laisse comprendre l’origine du nom… ! Blague à part cette plage vaut vraiment le détour, surtout au coucher du soleil. Mais elle est particulièrement dangereuse donc attention ! Les vagues en ont emporté plus d’un et avec le courant il est impossible de revenir sur la plage.

Un autre arrêt obligatoire est le lagon Jökulsárlón et la plage Diamond beach située juste en face. Un lagon rempli d’icebergs avec le glacier Vatnajökull en arrière-plan et une plage de sable noir contrastant avec les glaçons s’y échouant. Pas la peine d’en dire plus, encore une fois les paysages sont tels qu’on les imagine, irréels.

Un arrêt bonus peut se faire à Fjallsárlòn, pour une petite session de bloc au pied des glaciers. Les blocs assez hauts pour grimper sont (très) peu nombreux mais encore une fois l’environnement est incroyable. Nous avons juste fait un bloc de chauffe et un joli 6c avec une sortie toute en équilibre, par manque de temps. Mais si vous prenez le temps de fouiller il est possible de trouver quelques blocs sympas.

Cette route 1 vous mènera donc 4 heures plus tard à Hnappavellir, Hnappo pour les intimes, LE spot de référence pour les voies en Islande. Situé à environ 1h15 à l‘ouest de Höfn, Hnappavellir a été pris d‘assaut par les grimpeurs dans les années 90, en sympathisant avec les fermiers du coin. C‘est grâce à eux qu‘aujourd‘hui les amateurs de varappe sont autorisés à camper sur le site (et eux seuls). Des falaises de basalte s‘étendent sur 5 km de long, érodées par l‘océan. Il y a quelques milliers d‘année la côte était située à cet endroit. Aujourd‘hui l‘océan est plus éloigné mais toujours visible depuis les falaises.

Le spot s‘étend donc à perte de vue et compte presque 200 voies du 3 au 8b+, pour la plupart équipées. La voie la plus dure d‘Islande se trouve là-bas, “Kamarprobbinn“, un 8b+ plutôt typé bloc, enchaînée en 2016.  La falaise n‘est pas très haute, d‘une manière générale les voies sont donc plutôt intenses. Même dans le 6 il va falloir forcer ! J‘avais un peu peur de cela en arrivant, pensant du coup que les voies n‘allaient pas être très agréables à grimper. Pourtant j‘ai été très étonnée de leurs qualités et je me suis réellement régalé. Il y en a pour tous les goûts et j‘ai beaucoup apprécié grimper dans des voies sur du basalte, n‘étant pas habituée à cela en France.

Le bonus ? Un petit refuge a été financé et construit par les grimpeurs de la salle de bloc de Reykjavik il y a quelques années. Une très bonne idée vu les températures extérieures ! Même en plein soleil, avec le vent glacial nous avons fort apprécié pouvoir rentrer déjeuner et boire un thé à l‘intérieur. Ah oui parce que j‘ai oublié de le préciser mais la maison est au pied des voies. Bon à savoir, tout grimpeur accédant au site doit payer une cotisation annuelle de 1500 ISK (couronne islandaise), soit environ 11€. Cette cotisation permet en fait de grimper sur tous les spots aux alentours, pas seulement Hnappo.

Nous avons terminé notre trip à l‘ouest par la visite du spot de bloc Vestrahorn, situé au pied des montagnes du même nom, près de Höfn. Du bloc avec en arrière-plan les montagnes, l‘océan, les vagues et du sable noir. On a vu pire ! L‘endroit est un site touristique (mais personne ne s‘aventure jamais jusqu‘aux blocs) et les terres sont privées. Il faut donc payer 900 ISK (un peu moins de 7€) au propriétaire pour pouvoir accéder au spot. Cela peut paraître aberrant pour certains mais le prix n‘est pas exagéré, le propriétaire est très gentil envers les grimpeurs et comme les routes lui appartiennent c‘est lui qui finance leur entretien. Il tient aussi un café, le Viking Café.

A Vestrahorn vous trouverez un champ de blocs très étendu. Tout ne se grimpe pas, il y a aujourd‘hui plus de 400 passages ouverts mais il y a encore un gros potentiel. Il y en a pour tous les niveaux, du 4 au 8. Un topo verra bientôt le jour. Il est recommandé d‘avoir plusieurs crash-pads, le pied des blocs n‘étant pas toujours très plat. Attention la météo est une fois de plus très capricieuse sur ce spot, le mélange montagne et océan n‘étant pas très favorable au beau temps. Nous avons eu énormément de chance le jour où nous y étions, soleil et ciel bleu (j‘ai même pu grimper en débardeur) mais en général il y fait très froid, humide et venteux. Les conditions parfaites pour les islandais donc !

Nous n‘avons malheureusement pas eu assez de temps sur place pour tout tester mais encore une fois nous avons pu grimper des blocs très jolis, sur du rocher de type gabbro. Il faudra également revenir pour tester les grandes voies de la montagne au dessus du spot de bloc. Quelques-unes sont équipées et la vue est imprenable. Il paraît même qu‘il y aurait encore quelques trucs à ouvrir, affaire à suivre… Le bonus du spot ? C‘est aussi un spot de surf !

La dernière étape de notre trip islandais aura été l‘ice-climbing. Encore quelque chose que je n‘avais jamais fait et une grimpeuse m‘avait gentiment proposé de nous emmener faire une initiation pour notre dernier jour. L‘occasion ou jamais ! Cette grimpeuse, Hjördís, s‘est d‘ailleurs révélée être une cousine éloignée.

Cinquième chose à savoir sur l‘Islande :

Tout le monde est cousin au 9e degré. Rien d’étonnant donc à tomber sur la cousine d’une cousine. En cas de relation il existe une base de données, l’«Islendingabók » (le livre des Islandais») qui peut être utilisée pour vérifier que l’on n’est pas trop proches parents.

Nous voilà donc partis la veille du départ, sous une pluie diluvienne qui ne nous quittera pas de la journée et qui n’est pas la pluie la plus sèche du monde.

Sixième et dernière chose à savoir sur l’Islande :

En cas de forte pluie personne ne pourra rien pour vous, même pas la meilleur gore-tex du monde. Il restera éventuellement l’option gros ciré marin, avec l’inconvénient que vous verrons plus tard.

2h et quelques plus tard nous arrivons devant le glacier Sólheimajökull, que, je dois l’avouer, nous ne voyons que très peu vu la météo. Nous enfilons « quelques » couches, préparons les piolets, les crampons, le baudrier, le casque, les gants, … Armés de courage nous mettons le nez dehors et rentrons aussitôt : la gore tex est déjà trempée. Hjördís nous propose alors d‘enfiler des sortes de grands cirés ainsi qu‘un pantalon du même type, qui ont l‘air bien plus efficaces. Après 20min de marche le constat est le suivant : en cas de grosse pluie il faut tout simplement choisir entre garder la gore-tex et être mouillé par l‘extérieur ou prendre un ciré et être mouillé de l‘intérieur. Bref, nous passerions la journée en étant trempés.

Sólheimajökull est un glacier d’une dizaine de kilomètres de longueur, constituant une langue glaciaire. La balade est assez facile et vous trouverez en chemin les éléments classiques d’un glacier, crevasses, grotte et glace aux reflets bleus. Cependant ne vous attendez pas à trouver un beau glacier tout blanc, celui-ci est recouvert d’une couche de cendre noire, due à l’éruption du Eyjafjallajökull en 2010. Un paysage très spécial donc, surtout avec le temps qu’il faisait : nous avions l’impression d’être dans un film en noir et blanc. Il aura été difficile de se motiver à grimper avec le froid et la pluie mais cette première expérience aura tout de même été réussie. Nous avons fait 3 petites voies en moulinette et, après avoir tapé n’importe où et n’importe comment avec mes piolets j’aurais quand même réussi à en planter quelques-uns et sortir du moulin (il paraît que c‘est un terme en glace).

Voilà pour ce premier (mais pas le dernier!) trip de grimpe en Islande. Des premières expériences, de la pluie, du vent, de la grimpe variée, du soleil quand même, des tonnes d‘arc-en -ciel, des paysages à couper le souffle, de la lumière irréelle, du rocher de très bonne qualité, … Je ne peux pas dire que c‘est LA nouvelle destination grimpe, ce serait mentir, mais en cas de visite du pays je recommande d‘avoir une paire de chaussons dans le sac. Il ne faut pas partir là-bas avec l‘espoir de faire de grosses séances de grimpe mais cela vaut le coup de coupler des balades avec de l‘escalade. N‘hésitez pas à me contacter pour plus d‘infos.

Un ENORME merci aux sponsors pour leur soutien sur ce trip : Planetgrimpe, Edelrid, Mountain Hardwear, Toyota Iceland, Hydroflask et aux locaux avec qui nous avons partagé de super moments : Bea, Ben, Siggi, Adrian, Elmar, Hjördís, Valdimar, Diddi, Ólafur, Kristinn, Kjartan et tous les autres que j’ai oubliés. Et à très bientôt 🙂

Comment s’y rendre?

En avion , compter environ 300 € AR depuis Paris en hors saison, les prix flambent en été. L‘aéroport se trouve à Keflavik, à environ 45 min de la capitale. Des navettes font le trajet depuis l‘aéroport.

Adresses web utiles :

Monnaie :

1 Couronne islandaise = 0,0073 Euro

Pour prolonger le voyage :

Le circuit des touristes : le Cercle d‘or comportant 3 des sites les plus touristiques d‘Islande :  le parc national de Þingvellir, la chute de Gullfoss et le champ géothermique de Geysir.

Sur la route 1 : la plage de Reynisfjara, près de la ville de Vík, le lagon Jökulsárlón et la plage Diamond beach. Tous les glaciers et les cascades aux alentours.

En bonus les vidéos du séjour


Crédit photos : Damien Largeron, Axel Ballay, Svana Bjarnason
Texte: Svana Bjarnason – Planetgrimpe

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Covid-19: La saison des compétitions nationales d’escalade est finalement terminée

06 Mai

Alors que la FFME espérait reporter au mois d’aout les championnats de France non disputés à ce jour, la décision a finalement été prise de mettre fin à la saison nationale 2019-2020. Voici le communiqué ci-dessous.

Compte tenu de la crise sanitaire mondiale que nous vivons, de son évolution et de son impact sur les rassemblements, les déplacements et l’équité sportive, la fédération est au regret d’annoncer la décision de l’annulation de l’ensemble des championnats de France d’escalade non disputés à ce jour, mettant un terme à la saison sportive 2019-2020.

Sont annulés et sans report :

  •  Les championnats de France jeunes et seniors de vitesse
  • Le championnat de France handi-escalade
  • Le championnat de France vétérans de difficulté
  • Le championnats de France jeunes de difficulté
  • Le championnat de France seniors de difficulté
  • Le championnat de France poussins benjamins

Afin de s’adapter à cette situation exceptionnelle, des mesures dérogatoires aux règlements sportifs seront présentées dans les prochaines semaines.

Nous partageons votre déception et avons déjà hâte de vous retrouver sur les murs et les blocs la saison prochaine.

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Les JO 2021 seront annulés si la pandémie n’est pas maîtrisée

06 Mai

Cela pourrait être historique dans le monde du sport si les JO 2020, déjà reportés à 2021 (23 juillet au 8 août), se voyaient finalement être annulés. En effet, jamais, hors période de guerre, les JO n’avaient été annulés (Les JO de 1916, 1940 et 1944 ne s’étaient pas tenus suite à la première et seconde guerre mondiale).

Dans une récente interview il y a quelques jours, Yoshiro Mori (président du comité d’organisation japonais) affirmait qu’il ne serait pas possible de reporter une nouvelle fois les jeux, aussi bien d’un point de vu organisationnel et financier, que par respect pour les athlètes. Yoshiro Mori déclarait également que si la pandémie du Covid-19 n’était pas maîtrisée d’ici là, les Jeux de Tokyo pourraient tout simplement être annulés.

Selon lui, si aucun vaccin n’est trouvé à l’aube de l’été 2021, il sera extrêmement difficile d’organiser ces jeux tout en  préservant la santé des athlètes et des spectateurs venus du monde entier. Car le défi n’est pas seulement de contrôler l’épidémie au Japon: la compétition étant internationale et suscitant de grands mouvements de foule à travers le monde pour venir y assister, c’est bel et bien le monde entier qui devra contrôler l’épidémie pour que les JO puissent se dérouler normalement, voir se dérouler tout court.

Nous reviendrons plus en détails sur ce dossier prochainement, notamment pour vous expliquer les conséquences que pourrait avoir l’annulation des JO en 2021, et notamment des conséquences sur les athlètes, sur les ressources financières du CIO et les subventions qu’il octroie dans le monde du sport à travers le monde, et enfin sur l’organisation de Paris 2024…

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Interview exclusive avec la FFME au sujet de la fin du conventionnement des falaises

01 Mai

Il y a quelques jours, la FFME annonçait la fin du conventionnement des falaises, suscitant ainsi des craintes pour les pratiquants outdoor qui appréhendent de se voir interdire l’accès à certains sites.

Nous sommes donc allés à la rencontre d’Alain Renaud, directeur général adjoint et responsable du pôle sites naturels d’escalade, et Rémy Moutardier, Vice-président en charge des sites naturels d’escalade, afin de leur poser quelques questions sur le sujet et d’éclaircir certaines zones d’ombre. 


Il y a quelques jours, la FFME a annoncé mettre fin à toutes les conventions existantes, conventions qui permettaient jusqu’à présent aux propriétaires des falaises de ne pas être mis en cause en cas d’accident. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Pouvez-vous nous communiquer une date précise pour la fin de ces conventions ? Cela est-il acté dès aujourd’hui ou est-ce que la fin des conventions se fera progressivement ?

Ces conventions ont essentiellement vocation à formaliser l’accord du propriétaire pour que le public accède librement à son terrain. Et, effectivement, elles stipulent que la garde du site est transférée à la FFME, et par là même dégagent la responsabilité civile du propriétaire.

Depuis 10 ans, l’augmentation du nombre des sinistres à la suite desquels les victimes recherchent la responsabilité de la fédération du fait de la garde juridique des sites a nettement augmenté (principalement du fait de sinistres résultant de chutes de pierres). Le contrat d’assurances responsabilité civile de la fédération s’avère très déséquilibré (8.3 M€ de charges pour l’assureur liées aux sinistres contre 3.8 M€ de primes versées à l’assureur). Pour éviter des augmentations de primes trop importantes, la fédération est amenée à réduire son risque en dénonçant toutes ses conventions. L’objectif de la FFME est d’avoir dénoncé l’ensemble des conventions à la fin de l’année 2021. Donc l’opération se fera bien très progressivement.

Nombre de pratiquants en falaise n’ont pas de licence FFME, que pensez-vous de la solution, pour certains, d’imposer à tous les pratiquants d’avoir une licence afin de participer au financement de l’assurance ?

Toutes les solutions qui consistent à maintenir les conventions et à chercher des financements pour payer les primes qui ne manqueraient pas de continuer d’augmenter constituent une fuite en avant que nous estimons déraisonnable. En effet, tôt ou tard, compte-tenu de la fréquence des sinistres et de la judiciarisation de notre société, la FFME, en admettant qu’elle trouve des moyens de faire participer davantage de grimpeurs au paiement des primes d’assurances (hypothèse hasardeuse…), risque de ne plus trouver d’assureurs pour couvrir sa responsabilité. Ajoutons que la FFME ne souhaite pas et n’a pas le pouvoir d’imposer quoi que ce soit : prendre une licence reste un acte volontaire d’adhésion et de soutien au mouvement sportif que chacun est libre d’exercer.

Avez-vous une visibilité sur ce qui se fait dans les pays étrangers, notamment les pays connus et reconnus pour leurs nombreuses falaises (Espagne, Etats-Unis, …) ?

Le cadre légal de la responsabilité et le système assuranciel sont spécifiques à chaque pays. Et donc, tenter de s’inspirer des pratiques des autres s’avère rapidement peu pertinent. Il faut noter également que la théorie de « l’acceptation des risques » (http://dictionnaire-juridique.jurimodel.com/Acceptation%20des%20risques.html), que nous défendons, est un principe juridique à fort impact en vigueur dans bon nombre d’autres pays.

D’autres solutions ont-elles été envisagées par la FFME ?

Depuis 2017, la FFME a lancé un vaste programme qui vise à impliquer les collectivités dans la gestion des sites naturels d’escalade. Cette possibilité est prévue par la loi. C’est notamment la raison d’être des CDESI (Commission Départementale des Espaces, Sites et Itinéraires) et des plans qu’elle peut mettre en œuvre (PDESI). La mise en œuvre de cette opération a porté ses fruits puisque en 3 ans, à la suite soit d’une démarche volontariste des collectivités, soit d’une dénonciation de conventions concertées, le nombre de conventions restantes est passé d’ environ 1060 à environ 800. Cette politique de collaboration avec les collectivités territoriales continue d’être portée et promue.

Quel impact aura cette décision sur notre pratique de l’escalade en falaise ? Avez-vous des chiffres à avancer au regard des sites qui ont d’ores et déjà été déconventionnés ?

En parallèle de la campagne expliquée ci-dessus, la FFME a décidé en juin 2019 de procéder à la dénonciation des sites qui concernaient des terrains d’aventure. En effet, ces conventions exposaient la fédération de façon excessive compte tenu des difficultés d’entretien. Nous avons procédé à environ 150 dénonciations. Cette opération n’a généré aujourd’hui qu’une seule interdiction définitive sur un site très peu utilisé. Une seule interdiction pour près de 150 dénonciations. Par conséquent, si on ne peut pas certainement pas garantir que la décision de la fédération pour le reste des conventions ne va pas entrainer d’interdictions, compte-tenu de notre expérience, on ne peut pas affirmer qu’elle en entrainera massivement.

Qui aura la responsabilité des falaises qui étaient conventionnées par la FFME ?

Deux possibilités : la première est que le propriétaire privé ou public retrouve la responsabilité d’origine, puisque la “garde” n’est plus transférée. La deuxième est que, sous l’impulsion de la FFME, les collectivités acceptent de prendre cette responsabilité en signant des conventions soit “un département avec une commune”, soit “une commune ou un département avec un propriétaire privé”, les possibilités légales existantes aujourd’hui sont multiples.

Pensez-vous qu’une commune, un département ou une région prendra le risque d’être condamnée au même titre que la fédération en cas d’accident ?

Il faut savoir qu’il y a en France environ 2500 sites d’escalade. S’il en reste un peu plus de 650 conventionnés, par la FFME, cela signifie que 1850 propriétaires acceptent déjà ce risque. Par ailleurs, comme dit précédemment, certains départements ont massivement repris la gestion des sites en intégrant cette action dans le développement touristique et sportif de leur territoire. Par exemple, indépendamment de cette décision fédérale, le département de l’Ardèche sera dans un avenir proche gestionnaire de la quasi totalité des sites qui étaient jusque-là conventionnés par la FFME.

Il faut bien comprendre, par ailleurs, que l’exposition de la FFME au risque assuranciel était très important du fait du nombre de conventions qu’elle portait. Avec un seul site à gérer, une commune, par exemple, prendrait aujourd’hui un risque 1000 fois plus faible que ne l’a assumé la FFME.

On peut ajouter que les collectivités doivent déjà assurer des risques de responsabilité civile liés à des chutes de pierre, notamment sur le réseau routier. La responsabilité de sites d’escalade pourrait leur apparaitre comme marginale et cela nous a déjà été confirmé par certaines d’entre elles.

Il faut savoir également qu’une collectivité ne peut pas interdire l’accès à un espace public sans contrainte. Les décisions d’interdiction doivent être proportionnées au risque. Il y a donc matière à négociation, voire même à attaquer des décisions d’interdiction abusives.

La FFME avait engagé des discussions, notamment pour aller vers une évolution législative visant à protéger les propriétaires et gestionnaires. Où en est-on de ce côté-là?

Ces discussions sont toujours d’actualité. Le premier axe suivi par la fédération a été de se rapprocher d’un groupe politique du Sénat. Cette démarche a abouti en janvier 2018 à un vote favorable d’une proposition de projet de loi qui visait à exonérer les gestionnaires de sites sportifs en milieu naturel de la responsabilité sans faute. Ce vote n’a pas été suivi d’effet, le gouvernement restant maitre de la décision de porter ce projet devant l’Assemblée Nationale. Une relance de l’action a été récemment initiée par Michel Savin, sénateur de l’Isère. Nous pensons que, malheureusement, cette piste n’a que très peu de chances d’aboutir.

En effet, le gouvernement a choisi une autre façon d’aborder ce sujet en intégrant cette problématique dans un projet de réforme du code civil. Le projet, auquel la FFME a été associée de très près en liaison avec le Ministère du Sport, va dans le bon sens. Mais il apparait qu’ils ne supprimeront pas la responsabilité sans faute du gestionnaire. Au mieux, il laissera à l’appréciation du juge, la possibilité de partager cette responsabilité avec les éventuelles victimes. Le législateur tient en effet à mettre en place un cadre qui permet l’indemnisation du préjudice subi par les victimes d’accident.

Le calendrier de la mise en place de cette réforme reste très incertain et on peut d’ores et déjà garantir qu’il ne réglera pas tous nos problèmes.

Tous les contacts pris par la FFME avec les principaux ministères, avec des députés et des sénateurs, avec des associations d’élus (maires de France, départements de France, élus du sport…) n’y auront rien changé pour l’instant.

Que répondre aux grimpeurs qui pourraient penser que la FFME abandonne le développement des falaises au profit de la résine et de la compétition ?

L’intérêt pour l’escalade en milieu naturel reste profondément ancré dans la culture fédérale. Pour certains, déconventionnement est synonyme de désengagement. Cette théorie est parfois dure à entendre pour nous quand on mesure toute l’énergie mise au service de la défense de l’escalade en sites naturels par la fédération et ses comités territoriaux depuis 40 ans. Même si la décision fédérale de dénoncer les conventionnements ne change pas grand-chose à la pratique de l’escalade outdoor, nous pouvons comprendre la frustration que peuvent ressentir les passionnés et notamment les équipeurs. Pourtant, il y a tellement d’autres façons de défendre les falaises que le conventionnement : l’engagement dans l’entretien des sites, la recherche de fonds pour ce même entretien au travers du fonds de dotation RockClimber, les contacts avec les collectivités pour trouver des solutions en commun, la poursuite des efforts d’évolution législative, les formations, la mise au point d’outils de gestion des sites, la participation à l’élaboration des normes, la classification des espaces…

L’escalade est aujourd’hui une activité reconnue grâce à toutes ses composantes, indoor, outdoor, loisir, handisport, éducatives, sportives, compétitives, olympiques, associatives, commerciales, professionnelles… C’est la force de la FFME d’initier et d’accompagner tous ces changements. Elle est maintenant un acteur reconnu notamment grâce à cette diversité.
Le débat sur un positionnement plutôt vers le rocher ou la résine, vers la découverte de l’escalade ou le haut niveau, doit avoir sa place au sein de la FFME. Il est l’expression de la sensibilité de chacun et de sa volonté de faire glisser le curseur dans un sens ou dans l’autre. Mais il doit n’avoir qu’un fondement : la volonté de la fédération de promouvoir toutes les pratiques.

Le mot de la fin ?

C’est certes une page importante de l’histoire de l’escalade en France qui se tourne. Cette histoire retiendra néanmoins, sans doute, cette politique généreuse de conventionnement suivie pendant près de 40 ans par la fédération. Mais les schémas de gestion à durée illimitée, cela n’existe pas. Gageons que, par sa décision qui rebat les cartes de façon résolue, la fédération aura réussi à susciter, de la part de tous les acteurs de l’escalade outdoor, une réflexion profonde d’où naitront d’autres schémas de gestion des falaises plus équilibrés. A l’écoute de toutes les idées, la FFME restera définitivement impliquée dans ces évolutions.

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La FFME annonce la fin des conventions: La grimpe en falaise menacée

28 Avr

La FFME vient d’informer, pas le biais d’une lettre officielle aux présidents des ligues et clubs, qu’elle mettait fin aux conventions qui permettaient jusqu’à présent aux propriétaires des falaises de ne pas être mis en cause en cas d’accident. L’effet immédiat pourrait être une fermeture et un déséquipement pur et dur de certaines falaises , notamment celles appartenant à des  propriétaires privés, ces dernier ne souhaitant prendre aucun risque en cas d’accident… Néanmoins, gardons à l’esprit que  la dénonciation des conventions n’a jusqu’ici que très peu donné lieu à des demandes de déséquipement ou d’interdiction selon la fédération.

Rappelons enfin que cette décision de la FFME fait suite à son assignation en justice suite à un accident survenu sur la falaise de Vingrau en 2010, et pour lequel, elle est actuellement condamnée à verser 1,6 millions d’euros aux victimes.

Notre dossier complet sur le sujet l’année dernière à relire pour tous les détails. 

La lettre du président de la FFME, Pierre You:

Mesdames, Messieurs les Président(e)s des ligues Mesdames, Messieurs les Président(e)s des comités territoriaux Mesdames, Messieurs les Président(e)s des clubs

Cher(e)s président(e)s, cher(e)s ami(e)s,

 Avant toute chose, en cette difficile période de crise sanitaire, je vous souhaite, à vous et à vos proches, la meilleure santé possible. J’espère que le confinement auquel nous nous astreignons tous et qui nous prive temporairement de nos activités sportives favorites reste supportable.

J’aurais préféré envoyer ce courrier dans une période plus favorable. J’aurais surtout préféré en parler de vive voix et en débattre avec vous lors de notre assemblée générale prévue le 4 avril dernier. Mais, malgré la crise actuelle, la vie fédérale continue et vous comprendrez certainement la nécessité de vous communiquer ces informations dès aujourd’hui pour que nos clubs puissent préparer au mieux la prochaine saison.

Depuis quelques années, nous constatons une hausse sensible du nombre de dossiers où, des victimes d’accident d’escalade résultant de chutes de pierres, recherchent la responsabilité civile de la fédération. Parmi eux, le plus impactant est certainement celui de l’accident de Vingrau, où nous sommes, à ce stade de la procédure, condamnés à verser aux victimes la somme de 1.620.000 €.

Ce jugement a créé une jurisprudence lourde de conséquences.

Deux autres dossiers préoccupants ont été ouverts, l’un en septembre 2019 (Rocherolles – 87) et l’autre en février 2020 (Le Coudon – 83). Les dommages subis par les victimes sont très importants et l’impact financier pour la fédération est potentiellement du même ordre de grandeur.

Dans les trois cas, c’est la responsabilité sans faute de la fédération qui est mise en cause. Cette responsabilité résulte du statut de gardien que nous confèrent les conventions d’usage. Dans ces procédures, la fédération ne peut faire valoir aucun argument susceptible de repousser sa responsabilité.

Dans les trois cas, les victimes qui se retournent contre la fédération ne sont pas licenciées à la FFME.

Bien sûr, c’est notre assureur qui, en fin de compte, prend en charge les indemnisations des victimes, dans le cadre de la police d’assurance en responsabilité civile que nous avons souscrite. Mais, l’assureur veille naturellement à l’équilibre économique du contrat. Au cours des dix dernières années, les dépenses d’indemnisation et les provisions qui ont été passées par notre assureur pour couvrir les conséquences des sinistres s’élèvent à 8 300 000 €. Ce chiffre est à comparer avec le montant des primes versées sur la même période par nos licenciés, montant qui s’élève à 3 300 000 €. Quelle que soit la façon dont on interprète ces chiffres, le déséquilibre est trop marqué pour que cette situation perdure.

Notre assureur propose donc aujourd’hui un plan de redressement avec deux objectifs : le premier est de permettre à la fédération de continuer à être couverte en responsabilité civile, le deuxième est de permettre à l’assureur de retrouver un équilibre économique.

Ce plan de redressement comporte deux scénarios :

Le premier intègrerait notre décision de maintenir la politique de conventionnement actuelle. Dans ce cas, l’augmentation de la prime RC payée par chaque licencié serait de 10€ (et passerait donc de 3 à 13 €). L ‘augmentation serait étalée sur deux ans.

Le second intègrerait notre décision de mettre fin à toutes les conventions existantes restantes (environ 650). Dans ce cas, l’augmentation de la prime RC payée par chaque licencié serait de 3€ (et passerait donc de 3 à 6 €). L’augmentation serait étalée sur deux ans (1,5 € en 2020 et 1,5€ en 2021).

Il va sans dire que ces chiffres sont le résultat de longues négociations où la fédération a fait valoir avec fermeté ses arguments et, notamment, celui de l’historique des relations avec son assureur, de l’existence d’autres polices d’assurance souscrites ainsi que de l’important effort de réduction des risques menés par les comités territoriaux depuis 3 ans.

Par ailleurs, il ne fait aucun doute que, si à cette occasion, nous décidions de nous tourner vers d’autres assureurs, les calculs effectués par ces derniers seraient identiques et conduiraient aux mêmes effets. Aucun assureur ne pourrait accepter la situation telle qu’elle est aujourd’hui.

Les actions menées par la fédération pour faire évoluer le cadre législatif et mettre fin à la responsabilité sans faute des gestionnaires de sites naturels sportifs visaient à éviter de se retrouver dans cette situation difficile.

Sans revenir de façon exhaustive sur les nombreuses initiatives fédérales, on peut affirmer qu’aucune piste et qu’aucune cible n’ont été oubliées (ministère des sports, ministère de la justice, ministère des collectivités territoriales, sénateurs, députés, association des maires de France, associations des départements de France, association des élus du sport, etc.). Cependant, force est de constater que, même si les lignes ont bougé, on ne voit pas aujourd’hui d’issue clairement favorable à ces démarches. Sans parler des contraintes liées au calendrier parlementaire, la prédominance dans notre société de la volonté de protéger et d’indemniser les victimes devrait rester pour longtemps un frein à l’évolution législative recherchée.

Le 7 mars dernier, nous avons présenté, en détails, les tenants et les aboutissants de cette situation exceptionnelle au conseil d’administration de la FFME et soumis au vote le choix entre les deux scénarios présentés par notre assureur. Le conseil d’administration s’est prononcé à une très large majorité en faveur du second scénario (augmentation de la prime RC de 3 € et dénonciation de l’ensemble des conventions d’usage).

Il n’y a pas de doute que l’impact sur le prix de la licence aura été un critère prépondérant dans le vote des administrateurs. Mais, faire supporter l’impact financier aux seuls licenciés alors que les sites conventionnés sont utilisés par tous, aura également certainement été perçu comme injuste.

Ce choix parait raisonnable. Maintenir le risque permanent d’une recherche en responsabilité et chercher à financer ce risque à tout prix ressemble à une dangereuse fuite en avant. Au fil du temps, d’autres sinistres surviendraient inéluctablement et les besoins en refinancement seraient sans fin. Dans ce cas de figure, le risque d’inassurabilité pèserait sur la fédération.

Dès lors, il est légitime de se poser la question de l’impact de cette décision sur l’accès aux sites. Il faut d’abord rappeler que, d’une part, on compte 2500 sites d’escalade en France et que les 650 conventions restantes ne concernent qu’environ 500 sites. D’’autre part, la vague de dénonciations des 150 conventions relatives aux sites classés “terrain d’aventure” (expérience réelle “grandeur nature”) n’a généré que très peu de demandes de déséquipements et d’interdictions. Malgré cela, nous savons que nous serons confrontés à des réactions négatives ou défensives. Il nous appartiendra alors de travailler ensemble pour lever d’éventuelles interdictions. Les possibilités de contester de telles décisions des collectivités sont réelles. On sait cependant que ce sera plus compliqué lorsque les sites appartiennent à des propriétaires privés.

Nous sommes conscients que cette situation peut susciter tristesse ou frustration chez tous ceux qui, passionnés d’escalade en milieu naturel, sont impliqués dans la gestion des sites depuis plusieurs décennies. Nous les comprenons. Cependant, la fin de ce modèle ne signifie pas la fin de l’engagement de la fédération dans la pratique de l’escalade en sites naturels. Nous serons à l’écoute des réactions des collectivités et des ministères concernés. Le dialogue doit continuer mais sur des bases nouvelles. De ces discussions peuvent émerger de nouvelles idées, de nouveaux schémas. La fédération doit rester engagée pour les susciter et les mettre en œuvre pour maintenir sa vocation à défendre et promouvoir l’escalade sous toutes ses formes.

Nous reviendrons prochainement vers les comités territoriaux pour expliquer les modalités envisagées pour la dénonciation des conventions.

Comptant sur vos compréhension et collaboration, je vous prie de recevoir, Cher(e)s président(e)s, cher(e)s ami(e)s mes sincères salutations.

Pierre YOU Président


Nous reviendrons pour notre part prochainement sur cette décision qui aura certainement des conséquences sur notre pratique de l’escalade en falaise…

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Les Coupes du Monde de Villars, Chamonix et Briançon reportées

24 Avr

Hier, en concertation avec la fédération française et la fédération suisse d’escalade, l’IFSC a pris la décision de reporter les Coupes du Monde prévues en juillet.

Normalement, les trois événements devaient avoir lieu les trois premiers week-ends du mois de juillet:

  • Coupe du Monde de difficulté de Villars (SUI) du 2 au 4 juillet 2020
  • Coupe du Monde de vitesse et de difficulté de Chamonix (FRA) du 11 au 13 juillet 2020
  • Coupe du Monde de difficulté de Briançon (FRA) du 18 au 19 juillet 2020

Quelques jours plus tôt, l’IFSC avait annoncé prendre une décision pour ces trois compétitions le 1er mai, mais en raison des conditions actuelles provoquées par la pandémie de COVID 19, il est déjà clair que ces trois compétitions ne peuvent pas être organisées. Ce qui rejoint la décision prise par le président de la République qui a prolongé l’interdiction nationale des grands rassemblements publics jusqu’à la mi-juillet.

La FFME et l’IFSC tentent tout de même de reporter les deux étapes françaises au mois d’août, si les contraintes sanitaires le permettent. En revanche, s’il n’est pas possible que ces compétitions se tiennent en août, elles seraient probablement annulées.

J’ai en tête des images des nombreux, très nombreux fans assistant à nos compétitions en Suisse et en France, et ça me pince le coeur. En juillet prochain, ils ne seront pas en mesure d’applaudir et de soutenir leurs héros. Et cela prouve combien nous devons encore nous engager à nous protéger les uns les autres afin de guérir le plus rapidement possible et pouvoir continuer à grimper. Pour le moment, nous avançons pas à pas et nous gardons la foi: de meilleurs jours viendront.”

Marco Scolaris, président de l’IFSC

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Sans surprise, les championnats de France seniors de difficulté sont reportés

18 Avr

Compte tenu de la crise sanitaire que nous vivons actuellement, et conformément au calendrier des annonces fixé par la Fédération, la décision a été prise de reporter le Championnat de France de difficulté seniors (initialement prévus à Voiron les 13 et 14 juin) à une date et un lieu qui seront précisés ultérieurement.

Rappel des prochaines échéances :

Le 7 mai 2020, la fédération décidera du report ou non du Championnat de France poussins et benjamins à une date et un lieu qui seront précisés ultérieurement.

Le 18 mai 2020, le calendrier national sera mis à jour sur la période juillet et août avec l’ensemble des championnats de France reportés.

Aucun championnat de France ne sera reporté au-delà du 31 août.

NB : tous ces repères pourront évoluer en fonction des directives gouvernementales à venir et qui s’imposeront aux décisions fédérales.

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La Sportiva présente le premier masque hygiénique avec un élément filtrant interchangeable

17 Avr

Alors que nous sommes au coeur de la crise sanitaire mondiale liée au Covid-19, certaines marques commencent d’ores et déjà à réfléchir à l’après. C’est le cas de la boîte Italienne, La Sportiva, qui vient de sortir un prototype de masque hygiénique et sportif avec un filtre interne changeable, afin de limiter les masques à usage unique qui sont une catastrophe environnementale. 


Lorenzo Delladio l’avait annoncé il y a deux semaines en présentant le projet de reconversion d’une partie du site de production de Ziano di Fiemme pour produire des masques chirurgicaux pour la Protection Civile de Trente.

Nous recherchons des solutions innovantes dans ce domaine pour résoudre un gros problème jusqu’à présent sous-estimé, à savoir celui de l’impact environnemental provoqué par les masques jetables disponibles aujourd’hui sur le marché.

Le défi a été lancé par Delladio lui-même au département de Recherche et Développement : trouver une solution qui augmente le confort et l’ergonomie d’un produit que nous serons tous obligés de porter pendant longtemps, en permettant de remplacer uniquement l’élément filtrant et donc de réutiliser le produit dans ce nouveau quotidien qui nous attend tous au cours de la deuxième phase de l’urgence de COVID-19.

Voici Stratos Mask, le nouveau masque hygiénique et sportif de protection générale en tissu avec filtre interne interchangeable et facilement remplaçable. C’est un produit lavable, réutilisable et confortable à porter grâce à son ergonomie étudiée et conçue pour masquer le visage en toute sécurité et confortablement. Il a été mis au point la semaine dernière avec des premiers prototypes réalisés à partir de tissus techniques de la ligne de vêtements La Sportiva. Une fois la phase de test terminée, l’entreprise a déposé une demande de brevet. Mais d’ores et déjà, Stratos Mask est un masque hygiénique de protection générale pouvant être utilisé sans risque dans la pratique sportive une fois que les décrets autoriseront telle activité à la fin de l’urgence.

Dans les prochaines semaines, l’entreprise communiquera de nouvelles informations sur la commercialisation du produit. En attendant, l’entreprise confirme que lors de la reprise de l’activité normale, la production de masques, chirurgicaux et sportives, rejoindra celle des chaussures outdoor et des chaussures de montagne pour lesquelles la marque La Sportiva est connue dans le monde entier.

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Covid-19: Report des championnats de France d’escalade

11 Avr

Il fallait s’y attendre, alors que nous vivons une crise sanitaire sans précédent, plusieurs championnats de France vont être impactés.

Le bureau de la FFME et la direction technique nationale ont pris la décision de reporter les championnats de France suivants à une date et un lieu qui seront précisés ultérieurement :

  • Championnats de France jeunes et senior de vitesse (initialement prévus à Saint Etienne les 28 et 29 mars)
  • Championnat de France handi-escalade (initialement prévu à Troyes les 23 et 24 mai)
  • Championnat de France vétéran de difficulté (initialement prévu à Troyes les 23 et 24 mai)
  • Championnat de France jeunes de difficulté (initialement prévu à Cholet les 6 et 7 juin)

Autres dates importantes à retenir:

Le 17 avril 2020, la fédération décidera du report ou non du Championnat de France senior de difficulté à une date et un lieu qui seront précisés ultérieurement.

Le 7 mai 2020, la fédération décidera du report ou non du Championnat de France poussins et benjamins à une date et un lieu qui seront précisés ultérieurement.

Le 18 mai 2020, le calendrier national sera mis à jour sur la période juillet et août avec l’ensemble des championnats de France reportés.

Aucun championnat de France ne sera reporté au-delà du 31 août.

NB : tous ces repères pourront évoluer en fonction des directives gouvernementales à venir et qui s’imposeront aux décisions fédérales.

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La magnésie Myleore serait-elle enfin une solution pour limiter les risques sur nos voies respiratoires?

05 Avr

Suite à notre article hier concernant l’utilisation de la magnésie et son potentiel danger sur nos voies respiratoires, Caroline Duval (commerciale) a souhaité apporter quelques précisions sur la magnésie Myleore qu’elle distribue.


Le contenu de cet article résume le pourquoi de la création de la société Myleore Magnésie. Notre but étant de proposer aux sportifs un produit beaucoup plus pur, beaucoup plus sain. La magnésie ou plus exactement l’hydromagnésite (Carbonate de magnésium basique hydraté 4MgCO3Mg(OH)2, 4H2O) absorbe la transpiration et permet une préhension optimisée.

Les magnésies sont classées par grades selon leur pureté et l’utilisation finale qui en est faite: agricole, alimentaire ou pharmaceutique. La majeure partie des magnésies utilisées dans le sport est de grade technique, comme celle utilisée par exemple pour traiter l’acidité des champs en agriculture. Ces produits à usage industriel sont généralement d’une qualité médiocre et contiennent effectivement de la silice, de l’oxyde de magnésium, du calcium, des traces de métaux lourds et autres impuretés.

Myléore propose aux sportifs une magnésie de grade alimentaire, dont les analyses et teneurs sont également conformes à la pharmacopée. Elle ne présente aucune toxicité en cas d’ingestion. La magnésie, même ultra pure reste néanmoins un produit basique qui irrite les muqueuses. La granulométrie de la magnésie Myléore est comprise entre 10μm et 45μm. Elle n’est pas inférieure à cela. C’est une magnésie qui présente un taux de pureté très élevé (99,7%), les 0.3% restants sont en très grande majorité du carbonate de calcium de grade alimentaire également. Elle est exempte de silice.

Parlons également de notre crème de magnésie dans laquelle l’alcool utilisé pour réaliser la suspension crémeuse est également un alcool de très grande pureté, qui répond aux exigences de la pharmacopée, c’est l’un des deux alcools préconisé par l’OMS pour la production de gel hyroalcoolique. Il est de grade pharmaceutique et pur à 99,8%, inutile d’utiliser un gel hydroalcoolique en préambule, l’application de la crème désinfecte vos mains immédiatement. Nous avons en parallèle développé un spray desinfectant pour les prises que nous proposerons dès la fin du confinement afin de permettre à tous les grimpeurs de retrouver leur activité favorite en toute sécurité.

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« Consommation » de magnésie, pourquoi faut-il rester vigilant?

04 Avr

Devinette : qu’est-ce qu’on avale régulièrement en grimpant et qu’on ne devrait pas ? Des insectes ? De la magnésie ? Sa fierté?

On se remet généralement assez vite d’avoir avalé un moucheron ou d’un « sec » dans une voie soi-disant facile. En revanche, en ce qui concerne la poussière de magnésie, son absorption n’est pas si anodine. C’est pourquoi ce mois-ci, dans un contexte où la santé pulmonaire est sous le feux des projecteurs, je ne parlerai pas d’ingestion mais d’inhalation.

Soulignons pour commencer les efforts menés par les salles privées pour améliorer la qualité de l’air depuis plusieurs années : interdiction de la magnésie en poudre pour certaines, système de ventilation amélioré pour d’autres. Le brouillard impénétrable des salles de bloc a disparu et c’est une bonne chose.
Cependant il n’en est pas de même dans de nombreux gymnases utilisés par les clubs. Ces grandes boîtes de conserve sont généralement mal aérées et les extracteurs d’air souvent en panne à cause, justement, de la magnésie qui en bouche les filtres. Sans parler des tapis qui ne voient pas souvent passer un aspirateur.

De fait, vu l’accroissement du nombre de licenciés chaque année, et notamment dans les catégories enfants, il me semble nécessaire de rappeler que la poudre dont on se tartine les mains et par transfert, le nez et la bouche, est susceptible de générer des affections à long terme dont on se passerait bien.

La magnésie est classée dans la catégorie des particules fines, appelées PM10 (c’est à dire d’un diamètre inférieur à dix micromètres). On sait que les particules fines ont la capacité de franchir la barrière formée par le mucus et les cils de l’épithélium nasal et trachéal. En d’autres termes, plus les particules sont fines, plus elles pénètrent profondément dans l’appareil respiratoire.

En 2015, une étude slovène[1] a conclu qu’un sportif respire six fois plus de particules fines en gymnase qu’en pratiquant la même activité en extérieur. Cette étude portait sur des sports n’utilisant pas de magnésie, on ne peut donc qu’extrapoler sur les quantités de pof inhalées lors d’une séance de grimpe (ou de gymnastique, d’ailleurs).

Cela étant, ce ne serait pas la magnésie en tant que telle qui poserait problème, mais plutôt les impuretés qu’elle contient. En effet, ce que nous appelons magnésie est du carbonate de magnésium plus ou moins pur. Ingéré sous la forme d’additif alimentaire (E504i), ce composé est a priori sans danger. Cependant, à ma connaissance, il n’y a jamais vraiment eu d’études sur la toxicité de ce produit lorsqu’il est inhalé, il est donc difficile de se faire un avis hors expérience personnelle.

En revanche on connait parfaitement les dégâts que peuvent faire les impuretés, notamment la silice, sur les alvéoles pulmonaires.

Les cristaux de silice, lorsqu’ils parviennent aux alvéoles pulmonaires, provoquent des dégâts résultant à la formation de tissus cicatriciels sur le long terme, une maladie autrefois bien connue des mineurs de fond : la silicose[1].

Même si la pratique de l’escalade n’a pas grand chose à voir avec l’extraction du charbon en termes de quantité de poussière inhalée, le site cancer-environnement.fr, (lié à l’Hôpital Léon Bérard, centre de référence en cancérologie en région AURA) indique qu’en cas d’exposition à des niveaux faibles de silice cristalline sur des périodes longues (supérieures à dix ans), il existe un risque de silicose chronique, qui de plus reste longtemps asymptomatique.

De plus, quand on regarde le visage des grimpeurs après une séance, surtout les plus jeunes, on constate qu’ils sont souvent crépis de magnésie autour des yeux, de la bouche et du nez, ce qui doit encore augmenter le taux de particules inhalées.
Quand on se dit que certains juniors ont commencé l’escalade au CP, et donc qu’à peine adultes, ils ont déjà douze ans de contact rapproché avec poudre et ses impuretés derrière eux, on comprend que certains parents prennent peur.

Alors que faire ? Parmi les aménagements possibles pour limiter l’exposition aux particules fines, on pourrait interdire totalement l’usage de la magnésie en salle, mais pour les personnes qui ont les mains moites de manière quasi handicapante, ce n’est pas la solution, à moins d’essayer de traiter « le mal » à la source avec quelques séances d’acupuncture ou d’ionophorèse.
Du côté des solutions techniques, la magnésie liquide donne de bons résultats avec une dispersion dans l’atmosphère plus faible que la poudre libre ou en boules. Cependant, le contact répété du produit sur une peau desséchée par l’évaporation de l’alcool, voire appliqué sur des mains crevassées ou écorchées peut provoquer de l’eczéma. Tartine de crème réparatrice obligatoire après chaque séance.

Il existe aussi la colophane, issue de la résine de pin, mais que le potentiel allergisant incontestable[3] rend peu recommandable, surtout chez les enfants dont la peau est plus fragile et plus vulnérable aux allergies.

La marque NST a sorti il y a quelques années un gel biodégradable sans magnésie ni colophane. Mais au regard des témoignages dans les forums et les blogs, associés au fait que je n’ai jamais vu un seul des cinq cents grimpeurs de mon club s’en servir, le produit ne semble pas pratique à utiliser.

En conclusion, dans l’état actuel des connaissances, outre recommander le nettoyage régulier des prises et des gymnases, le combo magnésie liquide/magnésie en poudre ultra pure, c’est à dire comprenant moins de 0,1% de silice, semble être un bon compromis pour éviter de respirer trop de particules fines (ainsi que de pratiquer un maximum en milieu naturel).

Texte: Amandine Verchère


[1] https://doi.org/10.1111/ina.12226

[2] https://www.youtube.com/watch?v=zifAzlRaA7g

[3] http://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TA%2065

Suite à cet article, Caroline Duval (commerciale) a tenu à apporter quelques précisions concernant la magnésie Myléore qu’elle commercialise. 

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La Sportiva transforme une partie de son usine de production pour fabriquer des blouses et des masques

31 Mar

Une première production de 55 000 masques pour la Protection Civile de Trente

Ziano di Fiemme – L’urgence Coronavirus continue et Confindustria Trento, sur demande du président Manzana, demande aux industries textiles du Trentin un effort de reconversion de la production afin de faire face dans la région au manque de dispositifs médicaux sanitaires tels que blouses et masques certifiés.

La Sportiva, entreprise de Ziano di Fiemme et leader mondial dans la production de chaussures et de vêtements outdoor, après avoir totalement arrêté ses chaînes de production une semaine avant l’arrêté ministériel imposant la fermeture des sites de production non essentiels et non liés à la chaîne de production du système italien, accepte la proposition du président en reconvertissant une partie des machines de son site de production pour couper et coudre des matériaux tels que le cuir et le caoutchouc afin de produire des masques et des blouses au service de la Protection civile de Trente.

Les premiers prototypes ont été produits vendredi dernier, et cette semaine, grâce aux tissus techniques fournis par Vagotex et Texbond, deux entreprises du Trentin, la production de 1 000 pièces par jour a démarré, l’objectif étant d’atteindre 3 000 pièces par jour une fois la machine pleinement opérationnelle.

L’usine de Ziano di Fiemme, qui en temps normal accueille 369 employés et produit environ 2 000 paires de chaussures par jour, a rappelé huit personnes parmi les ouvriers et les techniciens de R&D mis au chômage technique dans le but de réaliser les prototypes de masques conformes aux normes requises par l’Institut supérieur de la santé de Turin. La production déjà lancée n’attend plus que la certification officielle à laquelle travaille M. Cipriani d’Allergo System à Rovereto. Après validation, l’entreprise pourra procéder à la distribution au moyen des canaux mis à disposition par le maître d’œuvre d’Allergo System.

« Nous produisons dans le Trentin depuis 1928. Depuis toujours, nous ressentons une grande responsabilité sociale envers toute une communauté qui fait de la solidarité et de l’entraide une caractéristique fondamentale », souligne Lorenzo Delladio, PDG et président de La Sportiva.

« Notre grand sens de la responsabilité nous a fait dans un premier temps contribuer à l’effort collectif pour contenir la contagion, en décidant d’anticiper la fermeture de notre site de production. Aujourd’hui, nous sommes appelés à nous engager pour faire face à la deuxième phase de cet état d’urgence. Pour cela, nous nous sommes équipés des matières premières appropriées pour pouvoir produire un premier lot de 55 000 masques qui iront à la Protection civile de Trente par l’intermédiaire d’Allergo System à Rovereto. En parallèle, nous sommes de notre côté en train d’essayer de certifier d’autres matériaux afin de produire indépendamment des blouses et autres équipements de protection pour pouvoir passer à une production industrialisée qui permettra en très peu de temps d’atteindre des productions quotidiennes beaucoup plus importantes. Bien évidemment, en convertissant plus de machines et en rappelant progressivement plus d’employés à l’usine. En espérant que cela contribuera à sécuriser les centaines d’agents de santé qui travaillent dans la région du Trentin et qui ont aujourd’hui besoin de tout notre soutien. Même si nous sommes séparés, nous sommes unis, et nous gravirons ensemble cette montagne, c’est ce que j’ai dit à mes collaborateurs au début de l’urgence et c’est ce message que je veux transmettre aujourd’hui également à tous ceux qui sont en première ligne pour mener cette bataille. La Sportiva est là et vous soutient.»

Le soutien à la santé du Trentin est arrivé également sous la forme d’un don grâce aux 50 000 euros versés au début de l’urgence aux unités de soins intensifs de Trente et Rovereto sur un compte spécial selon le souhait de Confindustria Trento.

Les prochaines heures seront décisives pour l’obtention des certifications officielles des équipements de protection. Lorenzo Delladio se dit convaincu que l’Institut supérieur de la santé se penchera rapidement sur la question.

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Récit d’un accro : l’escalade, un produit de première nécessité ?

31 Mar

En cette période de confinement, nombre de choses qui nous paraissent habituellement une évidence nous sont inaccessibles.
L’escalade fait partie de ma vie professionnelle et personnelle. Devant l’ampleur de ma frustration, on m’a fait remarquer que c’était peut-être une bonne chose que je ne grimpe pas, que j’étais peut-être dépendant.
Évidemment, j’ai rejeté en bloc cette idée désagréable, dérangeante. Pourtant, peu de temps après, j’ai lu quelque chose dans les médias au sujet de grimpeurs s’étant fait déloger de la plus belle falaise du monde – Céüse – par les gendarmes du PG ! A nouveau, je me suis interrogé sur notre pratique, au sujet de cet élan irrépressible que nous avons de grimper.

Alors je me suis posé les questions suivantes : qu’est-ce qu’une addiction, et surtout, peut-on être dépendant à l’escalade ?

Qu’est-ce qu’une addiction ?

Le dictionnaire décrit qu’il s’agit d’un « comportement répétitif plus ou moins incoercible et nuisible à la santé » bref quelque chose qu’on ne peut s’empêcher de faire et qui joue sur notre état de forme.
Si on interroge les spécialistes, forcément, le propos se nuance. Cependant on peut retenir plusieurs facteurs qui reviennent.

La perte de contrôle, au moins partielle, de la prise ou non de la substance addictive. Un impact négatif plus ou moins fort sur la santé, mais aussi des conséquences physiques et psychiques au sevrage : anxiété, agressivité, tremblements, douleurs, etc. Il est à noter que des problèmes personnels et sociaux sont souvent des critères d’évaluation retenus.

Voici les 11 critères d’évaluation de l’American Psychiatric Association

  • Besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance ou de jouer (craving)
  • Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de substance ou au jeu
  • Beaucoup de temps consacré à la recherche de substances ou au jeu • Augmentation de la tolérance au produit addictif
  • Présence d’un syndrome de sevrage, c’est-à-dire de l’ensemble des
  • Symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation ou du jeu
  • Incapacité de remplir des obligations importantes
  • Usage même lorsqu’il y a un risque physique
  • Problèmes personnels ou sociaux
  • Désirs ou efforts persistants pour diminuer les doses ou l’activité
  • Activités réduites au profit de la consommation ou du jeu
  • Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques

Présence de 2 à 3 critères : addiction faible
Présence de 4 à 5 critères : addiction modérée
Présence de 6 critères ou plus : addiction sévère

On se rend compte que, bien qu’il existe des gens dépendant au sport, il ne s’agit pas de nos grimpeurs Céüsien ou de la majorité d’entre nous. Il s’agit de cas médicaux précis, dans lesquels bien souvent le plaisir a déserté tout ou partie de la pratique sportive et qui entraîne quasi-systématiquement des problèmes de santé. Pour preuve (toute fallacieuse qu’elle est) les grimpeurs qui se sont fait déloger de Céuse par le PG n’ont pas manifesté de signes de violence quand on leur a interdit de prendre leur « dose ».

Si cet acharnement à grimper que beaucoup d’entre nous ressentent n’est donc pas à proprement parler une addiction, la question se pose encore de l’intensité de cette rage. Qu’est-ce qui, dans l’escalade, pousse à aller à l’encontre d’une mesure pourtant pleine de bon sens ?

Je crois d’abord que bon sens ou non, l’anticonformisme et le non respect des normes est encore (peut-être plus pour longtemps ?) ancré dans l’esprit de la majeure partie des grimpeurs, surtout de ceux qui vont dehors. Ainsi il n’est pas si grave de contrevenir aux règles.

© Sam Rodrigues

Mais il ne peut y avoir que ça…

Quand on y pense, l’escalade est en fait un résumé de la vie. Des fois c’est facile, souvent c’est dur. Il y a des hauts, des bas, des progrès et des déceptions. C’est l’occasion de faire preuve de courage et de grandir. D’être face à ses doutes et d’avancer. De décider, vite, bien, mal et de recommencer. C’est aussi juste l’occasion de passer un bon moment avec des personnes qu’on apprécie, de rigoler dans un cadre génial.
Finalement, avoir du mal à se passer d’escalade, est-ce que ce n’est pas simplement avoir du mal à se passer de vivre ?

Pourtant il faut bien se rendre à l’évidence, il faut rester chez soi. Et même les moins concernés d’entre nous finiront par se ranger eux aussi, vu le durcissement des contrôles.

Que faire alors ?

Certes, l’escalade n’est pas une addiction au sens médical du terme. Cela reste toutefois très difficile de s’en passer. Il faut alors trouver des alternatives, soigner ses blessures récurrentes, travailler des choses que l’on ne travaille pas habituellement (souplesse, physique, etc.), visualiser son projet pour garder en mémoire les mouvements. Peut-être même les sensations.

Se soutenir entre grimpeur aussi, se lancer des défis pourquoi pas (#mccollchallenge). Et mater tous les Dosages à la suite, évidemment.

Bien sûr c’est aussi l’occasion de faire des choses qu’on ne fait pas habituellement, de s’ouvrir à d’autres activités, d’autres occupations, apprendre la langue du pays où se trouve votre falaise préférée. Mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui.

Alors, que retenir de tout ça ? Certes, la dépendance n’est pas réelle, ok il y a d’autres choses à faire. Mais est-ce possible d’apprendre quelque chose de notre situation ? Peut-être que ne pas grimper pendant un mois c’est une géniale occasion de se rendre compte à quel point l’escalade compte pour chacun ! De se rendre compte la place qu’on accorde à cette pratique géniale dans nos vies et d’évaluer si cela nous convient ou non, dans un sens comme dans l’autre. De se rendre compte qu’on peut toujours revenir plus fort et surtout plus en accord avec nos désirs. Bref, quand tout sera réglé et que l’on reprendra notre vie normale, de profiter encore plus de ces moments loin du sol !

Sam, grimpeur Clermontois
IG : @sam_arshe

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