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Author Archives: Vincent

Test matos: les chaussons BOREAL Diabolo

20 Sep

Boréal a choisi de modifier en profondeur un de ses modèles à succès: le Diabolo (nommé Diabola pour sa version femme). Ce modèle se situe dans la catégorie des chaussons intermédiaires, avec pour ambition d’accompagner des grimpeurs en progression sur tous les terrains (blocs, voies, indoor).

Nous avons soumis ce nouveau modèle à trois profils différents: un top grimpeur falaisiste, un grimpeur confirmé niveau 7a et un grimpeur en progression niveau 6a falaise.

Le chausson est esthétiquement réussi et a séduit son monde cet été. Ce Diabolo est très facile à enfiler grâce à une grande ouverture. Le chausson est large au niveau des orteils pour ne pas être trop contraignant et s’adapter à tous types de pieds. Deux gros et efficaces velcros sont présents pour venir fermer le chausson.

Le confort général est très bon avec un choix de matériaux (cuirs synthétiques) très doux, bien assemblés et une construction « tige plate » qui ne martyrise pas les orteils. Bref, ce Diabolo répond donc parfaitement au cahier des charges propre à sa catégorie.

Une fois aux pieds, la sensation de confort perdure. Le talon épouse bien le pied et se montrera performant en crochet. Ce Diabolo est construit sur une tige plate (il n’y a donc pas de cambre sous le pied) avec une pointe relativement asymétrique (parmi les plus asymétriques de la catégorie) en vue d’apporter un maximum de précision.

Place à la grimpe:

En bloc, ce Diabolo s’est montré au niveau de ce qu’on pouvait attendre de lui. Précis, il permet de charger les petites prises et sa souplesse devient un allié pour exploiter les bossettes et grimper les pieds à plat. Ce Diabolo est équipé de la gomme  Zénith qui équipe les tops de chez Boréal. Une gomme souple et adhérente en phase avec l’activité bloc. Le talon est efficace avec une belle tenue et une bonne protection. Le confort est bien là et permet de garder le chausson entre deux essais. Les grimpeurs forts lui trouveront toutefois des limites (manque de griffé, peu de répondant sous le pied,…) et c’est bien normal.

En falaise, ce Diabolo a un peu souffert. Il est apparu très souple, trop même pour cet usage. Lors des appuis sur toutes petites prises, le chausson se déforme et plie: fatiguant pour les pieds et les mollets. Sur des profils très « dalles calcaires », notre grimpeur en progression aurait aimé être un peu plus aidé par un apport de rigidité.

Les deux grimpeurs forts ont été du même avis et notre expert s’est même permis de retailler la pointe. En effet, la gomme dépassait exagérément sur nos modèles d’essai (voir photos ci-dessous). Sur petites prises, cela procure la sensation étrange d’avoir la zone de contact avec le rocher différente de la zone de pression des orteils. De plus, cette excroissance se déforme en un bourrelet et provoque des zippettes.

Une fois la pointe retaillée, cette souplesse continue d’interpeller. Beaucoup de chaussons proposent un niveau de souplesse égal voire supérieur. Mais cette souplesse doit être contre-carrée par une tension générale liée à la poussé du talon. Plus on pousse sur les pieds, plus le chausson se déforme et plus le talon pousse vos orteils sur la pointe pour amener de la force et du peps. Hors sur ce Diabolo, le talon et la pointe semblent désunis. Les qualités du talon sont donc amoindries par la rupture de continuité de la semelle (la faute à cette bande verte insérée au milieu de celle-ci?).

Attention: Notre grimpeur en progression n’a pas repéré et donc pas souffert de ces phénomènes. Son niveau l’explique sûrement et son gabarit (très léger) doit aussi tempérer ces constats.

En salle, le tableau devient plus idyllique. On peut enchaîner de belles séances en profitant du confort de ce Diabolo. La souplesse générale et sa gomme Zénith deviennent des alliés même dans des voies d’un niveau supérieur à son programme. Boréal a choisit en plus de mettre une belle épaisseur de gomme (4,5 mm!) pour assurer à son nouveau venu une durée de vie exemplaire.

C’est finalement en salle et en bloc que ce chausson marque des points. Sa souplesse permet de belles adhérences et un bon travail du pied sur les prises rondes. Les forts grimpeurs lui trouveront forcément ses limites et c’est bien normal.  Mais pour les autres, les performances et le confort assureront d’agréables séances dans leur salle préférée.

Conclusion:

Ce Diabolo laisse donc un sentiment mitigé. Notre grimpeur en progression a beaucoup apprécié ce chausson qu’il a perçu comme précis et surtout très confortable. L’avis de grimpeurs confirmés et experts nous permettent d’étayer ce test et d’émettre quelques doutes sur la capacité de ce Diabolo à vraiment accompagner le grimpeur vers le 7ème degré et à le faire progresser en falaise.

Le cahier des charges est donc respecté par Boréal et ce Diabola, qui possède de bons arguments pour séduire des grimpeurs en quête d’un chausson facile, de bonne qualité et capable de les accompagner sur la voie du 6ème dégré.

Un grand merci à ceux qui ont participé à ce test et à Jean-Luc JEUNET pour son expertise.

Merci aussi et surtout à Boréal qui se prête au jeu des tests avec professionnalisme et disponibilité.

D’autres infos ici: http://www.borealoutdoor.com/fr/produits/details/fr-diabolo

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La fête du spit #2

06 Sep

Les dates sont tombées il y a quelques jours. Le meeting annuel de l’association Greenspit se déroulera les 23 et 24 septembre 2017 sur la falaise d’Entrechaux (84).

Au programme, de l’escalade bien sûr, mais aussi (et surtout?) des ateliers, des conférences, une soirée avec de la bonne bouffe (produits bio et locaux…), concert… tout ce qu’il faut pour créer du lien et des échanges entre les grimpeurs.

L’objectif de la Fête du Spit #2 est de rassembler les grimpeurs pour partager des moments en falaise, éveiller les consciences et réfléchir ensemble à comment mieux préserver notre terrain de jeu.

Attention, les places sont limitées et seulement 200 chanceux pourront participer à ce weekend festif et convivial.

Pour s’inscrire, c’est ici que ça se passe

Et pour connaitre le programme et avoir toutes les infos pratiques, ici:

La Fête du Spit #2 : Le meeting annuel de l’association Greenspits !

Pour ceux qui ne connaissent pas encore Greenspit, nous vous invitons fortement (si si, on insiste sur le « fortement ») à vous rendre sur leur site internet pour découvrir cette association, qui oeuvre au quotidien pour le développement de notre activité.

www.greenspits.com

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Présentation: les chaussettes d’escalade Y&Y.

24 Août

« Mettre ses chaussures sans chaussettes ? T’es fou ou quoi ? »

« Non, non, je me pose juste la question, pourquoi mettons-nous toujours nos chaussettes ? »

 

A cette question, les réponses sont assez variées. Le confort est un argument souvent avancé. Certaines chaussures ont un confort d’accueil assez limité, avec des matériaux qui grattent, des coutures qui font mal. Les chaussettes permettent aussi d’éviter les ampoules liées aux frottements…

Et puis (et surtout diront certains), il y a le problème de l’hygiène. L’annonce d’une journée sans chaussette est souvent l’annonce d’une mort certaine des chaussures pour cause d’odeur insoutenable et tenace.

Mais alors pourquoi ne pas mettre de chaussettes dans nos chaussons ? Cette question est souvent posée par les nouveaux venus dans notre discipline, le regard « presque » écœuré…

« ah zut, j’ai oublié de sortir mes chaussons du sac la semaine dernière, ils sont encore tout humides !! »

Le regard écœuré tout court…

Pour répondre, deux arguments et demi sont souvent mis en avant :

  • Le pied a tendance à glisser dans le chausson lors des appuis en carre interne ou externe lorsque l’on met des chaussettes.
  • On perd en sensation avec des chaussettes.
  • On a l’air c… avec des chaussettes.

Et je vous épargne le classique « tout le monde fait comme ça »…

Face à une demande croissante des utilisateurs, Y&Y (la marque française de lunettes d’assurage) va proposer une chaussette dédiée à la pratique de l’escalade. Respirante, ultra fine mais résistante, cette chaussette basse saura se faire oublier et vous faire oublier le syndrome « Birkenstock-chaussette ».

Un produit soigné, technique, pour tout ceux qui grimpent en chaussette ou qui voudraient se laisser tenter.

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Test matos: les chaussures Scarpa Gecko Air Flip

15 Août

« Avec sa capacité à grimper, et ses différentes techniques défensives, le gecko est un animal fascinant. C’est un animal de compagnie merveilleusement intéressant et il existe dans toutes les tailles et couleurs. » www.monde-du-gecko.com

Gecko c’est aussi  le nom qu’a choisi Scarpa pour sa nouvelle chaussure sortie au printemps.  Nous l’avons testée et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle porte bien son nom.

Ce test, nous l’attendions de pieds fermes car nous avions pu l’essayer l’année dernière lors du salon de Friedrichshafen. Un essai qui nous avait surpris et laissé bouche bée.

J’espère être à la hauteur dans le choix des mots pour arriver à vous transmettre les sensations que procure cette chaussure. L’expression « l’essayer c’est l’adopter » doit d’ailleurs avoir été inventée pour elles…

La partie supérieur de la chaussure est construite comme une chaussette, en une seule pièce, et ce s’il vous plait, sans aucune couture.  Scarpa s’est donc inspiré de ce qui se fait depuis quelques années dans le monde de la chaussure de sport et du fitness en particulier, avec pour ne citer qu’un exemple, la gamme « Free Run » de chez Nike.

Ultra légère et confortable, cette chaussure est vraiment étonnante et n’a finalement, dans le monde de la grimpe, aucune concurrente.

Etonnante aussi, parce que derrière sa plastique aguicheuse, se cache malgré tout une bonne baroudeuse qui ne se cantonne pas aux pavés des centres villes. Sa semelle empruntée au modèle Iguana fait le job. Tout en étant très fine, elle protège correctement et la semelle Vibram assure une super adhérence.  Alors bien sûr, elle n’est pas faite pour les longues marches d’approche techniques. Avec son absence totale de protection du pied et aucune structure, vous comprendrez qu’affronter un pierrier dans une descente frôlera la pratique SM…Mais par contre, elle deviendra un allier de choix pour vos escapades en bloc notamment pour plusieurs raisons :

  • La première, et j’insiste, c’est le confort. Quel régal d’enfiler ces Gecko après une journée de grimpe quand les orteils ne supportent plus grand-chose !
  • La deuxième raison réside dans sa facilité d’utilisation. Le textile utilisé est tellement stretch, qu’il n’est pas nécessaire de défaire les lacets pour les chausser. Elles s’enfilent comme des chaussettes ! Et ça en bloc, c’est vraiment un argument intéressant.
  • Pour aller encore plus loin, sachez que sur cette Gecko dans sa version Air flip (version testée), le talon est prévu pour s’écraser façon espadrille. Bien vu !

Cette Gecko va faire aimer l’été à vos petits pieds !! Ah oui, cette chaussure est de loin, la plus respirante de toutes les chaussures que j’ai eu. Elle en deviendrait presque en exagérant un peu, une alternative aux sandales… Une exagération voulue pour faire du pied au nombre important de grimpeurs capables de se rendre aux pieds des falaises en Birkenstock…

Je suis pour ma part assez fâché avec l’idée de mettre ses chaussures pieds nus. On transpire, le pied glisse dans la chaussure, et ça finit toujours par provoquer des odeurs désagréables. Mais je dois admettre qu’il m’est arrivé de porter ces Gecko pieds nus souvent par fainéantise de remettre mes chaussettes… Mais à chaque fois j’ai été surpris. L’intérieur de la Gecko est très agréable et la chaussure respire tellement que je n’ai pas trop transpiré.

Finalement trop technique pour être cantonnée à la seule étiquette « life style », cette Gecko devra surtout arriver à séduire son public.  Avec un design et des couleurs assumés, il sera à mon sens, difficile de les porter tous les jours (bien qu’une version full black existe).

Parfaite pour flâner dans les ruelles de Briançon, un peu moins pour passer incognito dans celles de Montmartre… A essayer d’urgence !!

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Actu matos: Une gamme complète dédiée à l’entrainement chez La Sportiva

11 Juil

La Sportiva sortira au printemps 2018 une gamme complète de textile dédiée au training. Nous avons pu essayer une partie de ces produits et le moins que l’on puisse dire c’est qu’on a hâte !!

Training ?? Bon, nous on se serait  bien vu le dimanche soir au fond d’un canapé face à cette sensation d’avoir enfilé un pyjama…

Le confort est tout simplement sublime avec des choix de textiles très légers, stretchs et respirants. La Sportiva n’oublie pas non plus de nous montrer tout son savoir-faire avec le goût du détail soigné et des empiècements techniques.

 

La gamme s’appuiera sur une identité visuelle forte, des choix de couleurs chers à la marque et sur une liste de produits complète (pantalon, short, t-shirt, brassière…).

Un coup de cœur et de l’impatience pour cette « Climbing Training Collection ».

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Tenaya: des nouveautés et un hommage?

22 Juin

Tenaya a dévoilé sa grande nouveauté pour l’année 2018 en présentant le Mastia. Pour faire simple, ce Mastia sera tout simplement le modèle le plus agressif de la marque espagnole!

 

Un tout petit peu de patience pour cette deuxième nouveauté: l’Oasi dans cette version femme!  Alors faut-il y voir un hommage à Josune Bereziartu pour les 15 ans du premier 9a féminin? Réponse en septembre!!

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Des nouveautés à venir chez Max Climbing!

21 Juin

Max Climbing continue de développer son concept d’agrès d’entrainement qui a su trouver son public depuis plus d’un an. Avec un travail toujours aussi soigné et innovant, 2018 devrait être l’année de la confirmation pour la firme belge Max Climbing!

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Le géant américain Evolv continue sa marche en avant!

21 Juin

Nous avions testé et beaucoup aimé les modèles Shaman et Agro qui ne souffrent pour l’heure, que d’un manque de distribution en France pour s’imposer parmi les cadors. Deux autres modèles dédiés à la performance vont faire leurs entrées au catalogue pour 2018.

L’Oracle tout d’abord, qui est construit sur une base de Shaman avec beaucoup de cambrure et d’asymétrie. Cette version lacet devrait beaucoup aimer l’Espagne et ses grand devers avec sa construction très souple…

Evolv proposera aussi le modèle X1. Une petite bombe dédiée à l’escalade indoor façon « chaussette ». Cette ballerine  fera la part belle à la souplesse avec une pointe légèrement plus ronde pour une escalade dynamique et intuitive.

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Outdoor Show 2017, c’est parti !!

17 Juin

Friedrichshafen nous voilà !!!

L’Outdoor Show 2017 ouvre ses portes demain et comme chaque année, Planetgrimpe a fait le déplacement en Allemagne pour vous faire vivre ce salon unique. Toutes les marques se sont déplacées pour présenter leurs nouveautés. Rencontres avec les athlètes, exclu matos, bonnes bières et bonne humeur seront au programme.

Trois jours intenses, à la rencontre des professionnels, que nous allons vous faire vivre au plus près. Alors restez connecté !!

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Test matos: les chaussons Tenaya Iati.

16 Juin

Tenaya Iati ! Vous sentez cette bonne odeur de soleil, de vacances !? Bienvenue en Espagne ou plus précisément, en Catalogne, dans la ville de Mataró.

Mes premiers souvenirs remontent aux années 2000, époque où une poignée de grimpeurs basques donnent le tournis à la terre entière, avec en tête de file Patxi USOBIAGA, Iker POU, Leire AGUIRRE et Josune BEREZIARTU.

Et puis 2002, « Bain de sang »,  sur les terres suisses de Fred NICOLE, Josune réalise tout simplement le premier 9a féminin à une époque où le 9a n’est pas aussi répandu que les mégots aux pieds des falaises aujourd’hui…

Jozune fait alors la une de tous les journaux et bon nombre d’entre nous vont se poser cette question : « mais c’est quoi ses chaussons ? » « je sais pas, jamais vus !! »

Des Sapiens messieurs-dame, des Sapiens de la marque Tenaya (toujours au catalogue par ailleurs): une arme de précision à l’image des Anasazi lacets, qui n’aura finalement pas le succès mérité, faute sans doute à une distribution toujours compliquée en France.

L’histoire se répète dix ans plus tard avec le jeune prodige Alex MEGOS qui défraye la chronique, mettant en avant, à son tour, la nouvelle arme de Tenaya nommé Oasi.

C’est sur cette (très bonne) base que Tenaya développe sa gamme de chaussons résolument modernes, avec de l’asymétrie, du cambre et en assurant à chaque fois un confort plus qu’exemplaire.

Nous avons testé le modèle Iati  venu très clairement chasser sur le domaine des seigneurs du royaume.

Le premier constat: il est confortable !! Ah oui, aucun doute là-dessus, Tenaya nous propose une fois encore un chausson très agréable à utiliser. Le chausson s’enfile facilement  grâce à une large ouverture et deux tirettes arrières permettant de bien tirer sur le talon.

Le Iati est construit comme une chaussette « façon néoprène » contribuant aussi à cette impression de confort. Les matériaux sont doux et aucune couture ne vient gâcher la fête.

Mais la raison première de ce confort vient de sa forme (et de sa construction). En effet, Tenaya ne propose pas un modèle ultra asymétrique, misant plutôt sur une pointe fine et précise. L’ensemble est finalement peu cambré. Voilà donc des éléments qui peuvent faire la force (ou la faiblesse) du Iati : performant mais pas radical… Le pied est assez peu maltraité et comme tous les chaussons qui font le choix du cuir, le Iati se déforme bien pour augmenter encore le confort. J’insiste sur le fait que le Iati est un chausson « fin » laissant presque 1 centimètre de largeur au niveau des métatarses à ses concurrents directs.

Le système de fermeture mérite que l’on s’y attarde un peu. Le premier contact est étonnant.

« Mais c’est quoi ce système ? »

Tenaya propose un concept assez novateur avec un seul scratch relié à deux sangles réglables. Il faut donc  prendre le temps au début pour trouver la bonne longueur de sangle. Ces deux sangles fonctionnent un peu à la manière d’un mouflage, avec cet aller-retour pas toujours facile à réaliser (par « facile », on entend « rapide » !!). Les sangles en question sont très fines mais très robustes. Les amateurs et « abuseurs » de crochet-pointes peuvent se rassurer, elles sont bien plus costauds que les sangles des Solution par exemple… Par contre, le scratch souffre dans le temps comme chez son aîné l’Oasi. Dommage !

Le talon marche fort et rempli sa mission première en assurant une belle tension de l’ensemble et offre de la force en pointe. Les appuis sur petites prises sont excellents. Par contre, les habitués des talons « coqués », « rembourrés »… devront composer avec sa faible protection.

 

Malheureusement, une petite ombre vient gâcher un peu le tableau. Ce Iati ne vieillit pas très bien. En tout cas, pas aussi bien que ses concurrents. Ce vieillissement ne concerne pas les matériaux mais bel et bien sa construction : Le Iati se spatule avec le temps. Je peux presque vous dire que ce chausson a eu deux vies. Une première vie où tout était beau, une belle idylle. Je l’aimais du soir au matin, acceptant tout, même ses petits défauts. Une première vie où ses qualités m’ont beaucoup plu en falaise. Puis le temps est passé, et vous connaissez la rengaine… Une deuxième vie commence, les défauts deviennent insupportables et l’herbe plus verte chez le voisin… On ne s’est pas quitté pour autant, mais les virées en falaise se sont faites un peu plus rares.

En résumé, ce Iati ressemble beaucoup au modèle Oasi dans les sensations qu’il procure : confort, effet seconde peau, précis.  Légèrement plus asymétrique et souple, il conviendra mieux à une pratique bloc, voies courtes ou déversantes. Neuf, ce chausson peut clairement venir chahuter la hiérarchie en vigueur avec de solides arguments à faire valoir. Moins touche à tout que son grand frère l’Oasi, il reste une bonne alternative en se positionnant en termes de souplesse au niveau d’un Skwama de chez La Sportiva. Un modèle à réserver aux pieds fins et aux petits gabarits (en terme de poids). Il faut aussi avouer que Tenaya rencontre un fort succès chez la gente féminine.

Pour les amateurs de bloc, nous testons en ce moment le petit dernier de la famille : le Mundaka. Le test arrive bientôt.

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Test matos: les chaussons Scarpa Instinct

24 Mai

Scarpa continue de développer sa gamme de chaussons en respectant une logique établie : une base de chausson déclinée en plusieurs modèles. De cette manière, la firme italienne répond aux attentes multiples et variées des grimpeurs. Voilà donc pourquoi on peut effectivement parler de «  gamme Instinct », avec pas moins de 4 déclinaisons (S, VS, VSR et lacet).

La gamme Instinct n’est jamais présentée comme étant une gamme de chausson « élite » ou « ultra performant » prenant place dans la hiérarchie entre les Vapor et les Booster, Drago et autres Magot.

Pour autant, la réalité de terrain démontre que les Instincts (VS et VSR en tête) sont des armes, plébiscitées dans de nombreux médias et par leurs utilisateurs. Cette réussite s’explique aussi par un ratio performance/polyvalence/accessibilité de tout premier ordre.

Nous avons testé la version lacet qui, de par ce mode de fermeture, se destine à une utilisation en falaise. Ce nouvel attribut place-t-il cette version parmi les « tops » de la catégorie?

Nous avons proposé à Jean-Luc JEUNET de nous donner son avis pour notre plus grand plaisir. Pour les moins de 20 ans qui pourraient penser que Jean-Luc est le réalisateur d’Amelie Poulain, je vous arrête tout de suite !! Jean-Luc JEUNET fait partie de ces grimpeurs (comme Tony LAMICHE, Yann GHESQUIERS, Liv SANSOZ…) qui nous ont fait rêver dans les années 2000 en trustant toutes les pages de Grimper Magazine de leurs exploits en falaise.

Revenons à nos moutons !

Dans la forme et la construction, nous sommes face à un Instinct VS (ou VSR) avec quelques changements. Scarpa a fait en sorte d’assurer un maximum de maintien avec comme double objectif :

  • Eviter que le pied ne bouge dans le chausson
  • Eviter que le chausson vrille lors des appuis sur petites prises en carre interne ou externe.

Je m’explique : si vous prenez une babouche ou une paire de tong et que vous essayez de marcher sur un pan très incliné, il y a toutes les chances du monde que vous perdiez l’équilibre. Vos pieds vont glisser pour retrouver l’horizontalité mais pas vos tongs… Allez allez, vous connaissez ce phénomène! Surtout quand il fait chaud et que l’on transpire…

Deuxième phénomène constaté : la vrille. Un « mauvais chausson » ou pour être plus clair, la fameuse babouche d’Aladin, va se vriller lors des appuis sur petites prises en carre externe ou interne. La pointe et l’arrière vont se désolidariser pour ne plus être alignés. Et ça, les amoureux de la précision, les artistes de la pose de pieds, les rois de la dalle, ils détestent.

C’est pour ces deux raisons que nos constructeurs travaillent sur des structures type Bi-tension sur cet Instinct pour assurer une meilleure transmission des forces lors des appuis. Et voilà pourquoi on préconise des chaussons à lacets afin de garantir un serrage minutieux (voir micrométrique diront certains) pour une utilisation en falaise car c’est bien là que l’on rencontre le plus souvent des prises de pied toutes, toutes, toutes petites…

Bon il faut admettre que la majorité des grimpeurs (y compris les forts) ne se pose pas autant de questions.

Mais revenons à nos moutons !!

Donc finit l’unique scratch et place à des lacets efficaces et qui descendent plutôt bas. L’enrobage sur le dessus de la pointe s’inspire de la version S de la gamme Instinct. La surface protégée est moins grande que sur les VS mais elle permet à la pointe de ne pas se déformer. En effet la bande de gomme part de la pointe pour venir s’insérer de chaque côté des orteils pour agir tel un tendeur.

Enfin, il faut noter aussi la présence de TPU (bande de plastique) sur les côtés du chausson pour qu’il ne se détende presque pas et l’utilisation logique de la gomme Vibram XS Edge.

Sur le terrain, on retrouve toutes les qualités qui font la réussite de cette gamme Instinct. Une précision redoutable dans un confort et une polyvalence qui font mouche. Le chausson est léger et distille de bonnes sensations. Le talon ne souffre d’aucun reproche.

Que doit-on en penser ?

Que c’est une réussite forcément ! Oui, et on ne se faisait pas trop de soucis à ce sujet. Mais que doit-on en penser face à ses cousins de la même gamme ?

L’apport d’un système de fermeture à lacet apporte de la technicité à ce chausson sans créer un vrai décalage avec les autres modèles de la gamme.  En tout cas, ce décalage ne sera pas perceptible par le commun des mortels… Si vous êtes un fan des Instincts VS, alors cette version lacet peut devenir une option intéressante pour une utilisation « falaise ».  Les lacets seront aussi un allié de choix pour ceux qui ont les pieds très fins et qui avaient du mal à remplir les VS/VSR par exemple.

La boucle est donc bouclée pour cette gamme Instinct. L’avis de Jean Luc JEUNET en guise de conclusion:

Ce nouvel Instinct lacet est toujours un chausson axé sur la polyvalence en falaise et en bloc (et pourrait même devenir un très bon chausson de grande voie). C’est évidemment un rajeunissement du modèle précédent avec un nouveau look noir/ orange sympa.

Le programme de ce chausson est toujours de combiner confort et précision. Effectivement très précis en petites prises, le laçage permet de régler un excellent maintient du pied: on évite ainsi l’effet de torsion du chausson en chargeant des petits pieds en carre interne ou externe.

Au départ on a une sensation désagréable de ne pas avoir le pied qui remplit complètement les volumes du chausson. Cette sensation disparaît rapidement en 2 à 3 séances pour avoir un chaussant des plus parfaits. On ne prendra pas trop petit, une taille en dessous de la taille ville est suffisant.

Le talon est très enrobant et performant en crochetage.

Avec sa forme asymétrique et sa pointe légèrement plongeante, combinées au  » Bi Tension System  » du constructeur, on a un touché de rocher agréable et performant. On arrivera aussi bien à profiter de toute son allonge en poussant sur un petit pied que de profiter du « griffé » en dévers.

Malheureusement, je regrette  tout de même que le laçage ne vienne pas suffisamment bas sur les orteils pour pouvoir régler au mieux le chausson à son pied… d’ailleurs c’est un modèle préférable pour les pieds plutôt larges.

Pas d’innovations marquantes avec cet Instinct donc, mais c’est  évidemment une valeur sûre pour les falaisistes.

Jean-Luc JEUNET

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Test matos: les chaussons Evolv Agro

18 Avr

Chose promise, chose due !!

Arrivés dans nos bureaux durant les dernières fêtes de Noël, les nouveaux chaussons Evolv  nommés Agro ont été passés à la moulinette pour votre plus grand plaisir (enfin, surtout le nôtre…).

Je me souviens parfaitement de cette scène. Nous avions presque oublié que nous étions en attente du modèle Agro depuis le printemps 2016 !! Du coup, la surprise fût encore plus belle lors de l’ouverture du carton.

« Magnifique non ? »   

 « Une tuerie tu veux dire !! »

Ah oui, nous sommes véritablement  tombés sous le charme de cet Agro. Il ne ressemble à aucun autre chausson.

Les matériaux utilisés, les couleurs, tout nous a plu. Bon j’arrête là, je sais, ce ne sont que des chaussons… Mais il fallait que ça sorte !!

Les premières impressions sont très positives. On rentre très facilement son pied grâce à une large ouverture et on verrouille le tout à l’aide d’un seul scratch très bien pensé. En effet, la sangle est réglable pour ajuster parfaitement l’ensemble et pour avoir la zone de scratch bien positionnée. Ne tournons pas autour du pot, nous sommes face à un système qui ressemble furieusement à celui utilisé sur le modèle Solution de La Sportiva, mais avec une sangle réglable en longueur et plus solide.

 

Le pied trouve vite sa place sans aucun point douloureux et on sent tout de suite que, malgré une asymétrie très marquée et une grosse cambrure générale, on sera bien dans ce chausson et vite.

Ce chausson, c’est une arme pour le bloc : LE chausson du bloqueur. Mais attention, du bloqueur qui pratique déjà bien l’escalade… Ce chausson n’est pas à mettre entre tous les pieds. Il reste un modèle dédié au haut niveau.

Comme annoncé précédemment, cet Agro est très asymétrique et propose une pointe plongeante qui en dit long sur son niveau de performance. Couplé à un talon (au volume généreux) qui pousse fort et à un système de tension qui fait le lien entre le talon et la pointe pour augmenter la force en poussée, cette pointe est un vrai must en bloc.

 

Il faut un petit temps d’adaptation pour se faire au 4mm de l’excellente gomme Trax qui donne une sensation étrange au début type « sabot de bois ». Mais je vous rassure, les Agro sont tout sauf les sabots de Bécassine!  Très efficace en devers grâce à son griffé, il est aussi très à l’aise sur petites prises. On prend vite confiance en ses pieds.

Enfin, cerise sur le gâteau, la contre pointe est spectaculaire !! On a presque l’impression que le chausson est fait uniquement de gomme. De tous les modèles de chaussons que nous avons testés, c’est la contre pointe qui recouvre et protège le mieux le dessus des orteils, avec cette large bande de gomme qui remonte très haut. Ultra efficace !

 

Malgré tout, il vous faudra veiller à bien remplir le chausson. Les pieds très fins devraient se perdre un peu. Le talon est profond et le serrage ne permet pas d’ajuster le volume en pointe. Le défaut de ses qualités…

Cet Agro se place d’entrée de jeu dans le top des chaussons de bloc (ou de gros devers…). Il perd un peu de terrain en précision pure face à un Scarpa Instinct VS (ou VSR) par exemple mais il propose en contrepartie plus de sensations à l’image d’un La Sportiva Skwama dont il devient un concurrent direct.

A noter aussi, que cet Agro a bien vieilli durant ces 4 mois de test. Les 4mm de gomme vous laissent de quoi voir venir et la structure du chausson ne s’est pas déformée et a conservé sa cambrure.

Nous avions beaucoup aimé le Shaman et son ratio accessibilité/performance. Avec cet Agro, Evolv prouve qu’il sait se mettre au niveau de ce qui se fait de mieux en termes de performance. Un chausson magnifique avec lequel on a pris beaucoup de plaisir. Il faut juste maintenant espérer qu’Evolv soit capable de mieux distribuer son nouveau joujou. Le belle histoire américaine continue et le test en cours du pro-modèle Ashima laisse présager de bonnes choses, de très bonnes choses…

 

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