Oriane Bertone règne sur Salt Lake City et finit la saison en or !

© Caleb Timmerman
Elle attendait cette victoire depuis le début de la saison. Après plusieurs places d’honneur et un podium à Madrid, Oriane Bertone a enfin décroché l’or en Coupe du Monde cette nuit à Salt Lake City ! Et la Française n’a pas fait les choses à moitié : première des qualifications, première des demi-finales, et première de la finale, elle a dominé la compétition d’une main de maître. Avec, pour couronner le tout, son frère Max aux commentaires pour assister à ce grand moment !
Il est 3 heures du matin en France, et il fait de plus en plus froid dans le Smith’s Ballpark. Les spectateurs sont emmitouflés, certains portent encore des chapeaux de fête (c’est l’anniversaire de la Japonaise Anon Matsufuji). Dans la cabine des commentateurs, un invité se balance d’avant en arrière sur sa chaise. Il s’appelle Max Bertone, il a fini 5e de la finale hommes la veille, et sa sœur Oriane est à un bloc de la victoire. « Je suis tellement stressé », lâche-t-il au micro… On le comprend !
Une démonstration dès les demi-finales
Quelques heures avant la finale, Oriane Bertone avait déjà montré qu’elle était dans un grand jour. Sur les quatre blocs proposés en demi-finale, elle a tout simplement été la seule grimpeuse à réussir un sans-faute !
Un premier bloc enchaîné en deux essais, deux flashs sur les blocs suivants, puis un dernier top arraché au cinquième essai sur une coordo qui aura posé bien des problèmes aux autres demi-finalistes… Avec 99,5 points, la Française terminait largement en tête, quinze points devant sa première rivale.
Pourtant, à l’entendre après son passage, tout semblait presque facile : « C’était très sympa, je me suis beaucoup amusée et je me sentais bien. Je suis super contente de revenir en compétition, ça faisait quelques mois depuis la dernière ! J’adore Salt Lake City, c’est l’une de mes compétitions préférées, et ce site est complètement dingue », confiait-elle avec le sourire.
Derrière elle, la bataille pour les sept autres places en finale a été bien plus disputée. La Japonaise Melody Sekikawa a notamment réalisé une belle remontée grâce au dernier bloc. Alors qu’elle pointait à la dixième place et semblait se diriger vers une élimination, elle est parvenue à maîtriser la coordination à son quatrième essai, remontant finalement jusqu’au deuxième rang ! Anon Matsufuji, Annie Sanders, Erin McNeice, Ayala Kerem, Mao Nakamura et Oceania Mackenzie ont également décroché leur billet pour la finale. De quoi promettre une belle bataille, d’autant que les trois prétendantes au classement général étaient toujours en course.
Pour les autres Françaises, en revanche, l’aventure s’est arrêtée aux portes de la finale. Zélia Avezou termine 10e, avec notamment deux beaux flashs sur les blocs 1 et 3. Malheureusement, son échec sur le deuxième bloc lui coûte cher et la prive d’une place parmi les huit meilleures. Lily Abriat se classe 12e, avec deux tops également, tandis que Lucile Saurel prend la 17e place.
Bloc 1 : le coup de force d’Oriane
Quand les huit finalistes font leur entrée dans le Smith’s Ballpark, la nuit est déjà bien installée à Salt Lake City. Les températures ont chuté, les spectateurs se sont emmitouflés dans leurs vestes et les projecteurs éclairent le mur installé pour la première fois au beau milieu du stade de baseball.
Et le premier bloc donne le ton de ces finales : une à une, les finalistes se cassent les dents et personne ne parvient à atteindre le sommet. Il faut venir à bout d’une coordination en deux temps, avec un mouvement final particulièrement délicat sur un gros volume noir. Toutes les finalistes réussissent à atteindre la zone, mais aucune ne trouve la solution pour se rétablir et tenir l’équilibre jusqu’au top. Mao Nakamura s’en approche. Ayala Kerem aussi. Erin McNeice tente une méthode différente, mais rien n’y fait.
Puis vient le tour d’Oriane. Notre Française prend le temps de comprendre le mouvement. Les essais défilent, mais elle semble se rapprocher un peu plus de la solution à chaque fois. Et finalement, à une quarantaine de secondes de la fin, elle trouve le bon timing, parvient à se stabiliser sur le volume et valide le top !
Oriane est la seule des huit finalistes à réussir ce premier bloc ! D’entrée, elle prend une sacrée longueur d’avance sur ses adversaires. Et surtout, elle vient de montrer qu’il faudra aller la chercher !
Un flash sur le deuxième bloc, puis une dalle qui résiste à tout le monde
Sur le deuxième bloc, changement de décor. Cette fois, les ouvreurs ont proposé un passage bien plus physique, qui va littéralement couper le groupe des finalistes en deux : quatre grimpeuses parviennent à l’enchaîner, toutes au premier essai. Les quatre autres n’atteindront pas le top.
Oceania Mackenzie est la première à montrer la méthode. Erin McNeice et Mao Nakamura l’imitent. Puis Oriane Bertone expédie le bloc à son tour. Un flash de plus pour la Française, qui semble décidément en grande forme !
À mi-parcours, elle possède déjà 49,6 points et conserve la tête du classement provisoire devant Oceania Mackenzie et Erin McNeice. Reste maintenant à négocier les deux derniers blocs… Et le troisième va donner du fil à retordre à tout le monde ! Il s’agit d’une dalle particulièrement exigeante. Les prises sont fuyantes et les ouvreurs ont même pris soin de boucher certains trous de vis pour éviter que les grimpeuses ne les utilisent.
Résultat : aucune des huit finalistes ne parvient à en venir à bout ! Erin McNeice est celle qui va le plus loin. Oriane Bertone prend la zone du premier coup, arrive au pas décisif… et tombe.
« Elle était tellement proche », entend-on dans la cabine, où son frère vient de s’installer. La veille, le Réunionnais disputait lui-même la finale masculine, où il terminait 5e. Cette fois, c’est depuis le micro qu’il va vivre les dernières minutes de la compétition de sa sœur. Lors de son dernier essai, à neuf secondes de la fin, son pied zippe. Il faudra donc tout jouer sur le quatrième et dernier bloc.
Un dernier flash pour aller chercher l’or !
Sur le bloc 4, baptisé « Candyland » à cause de ses volumes couleur bonbon, la concurrence revient ! La Japonaise Mao Nakamura réussit le top à son deuxième essai et prend provisoirement la tête du classement avec 69,6 points. Quelques minutes plus tard, Erin McNeice fait encore mieux : elle flashe le bloc et passe devant pour un tout petit dixième de point !
La Britannique exulte ! Cette performance lui assure une médaille et pèse également très lourd dans la course au classement général.
Oriane Bertone est la dernière à passer. Elle compte 59,6 points et le calcul est simple : une zone lui permettrait de monter sur le podium, mais pour gagner, il lui faut impérativement atteindre le sommet. La Française s’élance. Elle atteint la zone dès son premier essai, prend le temps de se replacer, et engage le dernier mouvement… C’est un top ! Oriane Bertone vient de rempoter la Coupe du Monde de Salt Lake City.
« Je suis super heureuse, je n’arrive même pas à mettre des mots dessus », confiait Oriane, juste après être redescendue du podium.
Une victoire qui veut dire beaucoup pour Oriane
Il faut se replonger dans sa saison 2026 pour comprendre à quelle point cette médaille d’or lui fait du bien. 5e à Keqiao, 7e à Berne, un premier podium à Madrid (3e), puis une 11e place à Prague et une 5e à Innsbruck. De bons résultats, mais pas ceux qu’Oriane attendait vraiment.
La Française avait ensuite remporté le titre de Championne d’Europe à Barcelone, le 19 juillet, avant une longue pause. Et pour son retour, elle termine la saison de la plus belle des façons : en tête des qualifications, en tête de la demi-finale, et victorieuse en finale !
Cette victoire lui permet aussi de remonter au 4e rang du classement général 2026.Et puis, difficile de terminer cet article sans revenir sur la belle histoire de ce week-end américain. Car les Bertone auront décidément été au cœur de cette dernière Coupe du Monde de bloc de la saison !
Samedi, Max se hissait en finale masculine et terminait cinquième, signant le meilleur résultat de sa carrière sur le circuit mondial de bloc. Quelques heures plus tard, c’était au tour de sa sœur de briller. Et cette fois, Max n’était pas sur le mur, mais derrière un micro, à commenter les derniers mouvements qui allaient offrir l’or à sa soeur. Au bout du compte, les deux repartent de Salt Lake City avec de sacrés souvenirs. Une cinquième place pour Max, une médaille d’or pour Oriane, et surtout un week-end qu’ils ne sont pas près d’oublier !
Les résultats de la finale
| Pos. | Grimpeur | Score | |
|---|---|---|---|
| 1 | FRA | Oriane Bertone | 84.6 |
| 2 | GBR | Mcneice Erin | 69.7 |
| 3 | JPN | Nakamura Mao | 69.6 |
| 4 | AUS | Mackenzie Oceania | 54.8 |
| 5 | JPN | Sekikawa Melody | 54.7 |
| 6 | ISR | Kerem Ayala | 54.5 |
| 7 | USA | Sanders Annie | 54.3 |
| 8 | JPN | Matsufuji Anon | 39.9 |
McNeice sacrée au classement général
L’autre enjeu de la soirée, c’était le globe. Et c’est Erin McNeice qui l’emporte. Avec sa deuxième place (69,7 points), la Britannique, leader avant Salt Lake City, ne pouvait plus être rattrapée.
Oceania Mackenzie termine deuxième du classement, après une saison où elle aura disputé les six finales de bloc. Annie Sanders complète le podium. À 19 ans, l’Américaine boucle une saison énorme, menée à la fois en difficulté et en bloc, avec trois victoires en difficulté et, en bloc, deux victoires et une médaille de bronze.









