Le contenu

Oriane Bertone: « L’année prochaine je veux être capable de tenir toute une saison »

© Vladek Zumr

Salut Oriane, on commence par le commencement, dis-nous comment tu vas et comment tu occupes tes journées en ce moment ?

En ce moment ça va super bien, ou en tout cas bien mieux. Cette fin d’année a été assez difficile, j’ai décidé de faire une pause et de retourner chez moi quelques temps (1 mois et demi à la Réunion), et je suis déjà de retour sur le continent ! En ce moment c’est très dirigé escalade, je travaille sur mes cours en simultané et je grimpe en forêt quand je peux.

Cette année tu as fait ton entrée chez les seniors alors que tu n’es que cadette, quel bilan en tires-tu ? Quelles difficultés as-tu rencontré ?

Cette année a été assez forte en émotions, dès la première coupe du monde je me suis retrouvée propulsée en finale puis sur le podium, c’était fou. Ça a bien marché sur les deux étapes à Salt Lake, puis chute libre. Je n’ai jamais vraiment réussi à comprendre pourquoi je me sentais comme ça, c’est comme si j’avais épuisé toutes mes ressources physiques et mentales. J’ai dû faire un gros travail sur moi-même, ça a été très dur pour moi de rester dedans et de continuer à m’entraîner, et le retour au bercail était nécessaire pour repartir à fond !

Comment s’est passée ton intégration au sein de l’équipe de France senior ? Tu n’y as pas vu trop de concurrence ou de « jalousie » envers toi ?

Mon intégration s’est faite plutôt rapidement, je connaissais déjà de près ou de loin les athlètes présentes en équipe donc ça s’est bien passé ! C’est une question assez complexe parce que je l’ai bien vécu, peut-être que d’autres l’ont un peu moins bien accepté.

Et concernant les athlètes internationaux, as-tu pu ressentir un bon accueil avec un œil bienveillant pour la « petite nouvelle » ?

Internationalement c’était avec des hauts et des bas. Meiringen a été l’étape la plus difficile pour moi, j’ai découvert le monde des seniors et durant toutes les vagues de compétition sur ma première étape, je me sentais comme « l’intrus » ou l’outsider. Mais j’ai rencontré du monde, et à partir de la deuxième CDM tout s’est mieux déroulé…

Maintenant que la saison est terminée, tu en profites pour aller dehors ? Tu as des projets ? Ou tu es déjà dans la préparation de la prochaine saison ?

J’ai repris l’entraînement et ma préparation compétition ! Après ma pause à la Réunion je n’avais qu’une envie: retourner m’entraîner. Évidemment, qui dit saison finie et condis à Bleau dis que ça grimpe dehors 🙂

Si je ne me trompe pas, c’est Nico Januel qui t’entraîne. Suite à ta saison, quels sont les nouveaux axes de travail qu’il a déterminé ?

On en a longuement parlé, et mon axe de travail principal est le basique physique: tenue de prise, blocs de force, compresses physiques… Tout ce qui fait mal quoi!

Comment se passe l’entraînement à ses côtés concrètement ? Est-ce que ça te change par rapport à tes années antérieures ?

Mon entraînement avec lui se passe bien, on se voit souvent et on forme un bon binôme avec beaucoup de suivi. Ça change beaucoup des dernières années, j’étais entraînée par mon papa jusqu’à très récemment alors c’est vrai que l’entraînement est très différent !

Avec mon père, on était sur un fonctionnement très ouvert avec la possibilité de rediscuter l’entraînement le moment même. C’était une façon de s’entraîner assez complexe puisque je rediscutais toutes les discussion sans être 100% en confiance. Avec Nico, c’est un programme fixe, qui s’adapte bien sûr, mais ça se base sur un planning qui ne bouge pas donc pas de négociations possibles 😉

L’année prochaine, tu te fixes quoi comme objectifs ?

L’année prochaine ça serait de revenir plus forte que cette année. Ça serait d’être capable de tenir toute une saison sans flancher à la fin, et de revivre l’expérience d’une finale et d’un podium !

Un peu de difficulté quand même ou seulement du bloc? 

Un peu de diff l’an prochain bien sûr. Je ne suis pas encore sure de l’importance de la discipline dans ma saison mais j’y serai.

Cet été, tu as dû suivre les JO de près… Qu’en as-tu pensé ?

Question assez complexe, j’ai adoré voir mon sport au jeux olympiques, ça fait bizarre ! Mais ça donne super envie, et ça a l’air d’être une expérience folle de pouvoir y participer, alors retour au boulot!

Es-tu officiellement dans un esprit de préparation pour les jeux de Paris 2024 ? Si oui, qu’est-ce que ça change pour toi ? Plus de pression ? Plus d’entraînement ? Plus de sacrifices ?

Honnêtement, pas totalement. Les JO pour moi c’est encore plus un rêve qu’un objectif. J’adorerais m’y rendre et grimper pour représenter mon pays, évidemment, mais je n’ai actuellement pas le niveau requis pour me permettre de penser aux JO comme un objectif.

Tu as un petit frère, Max Bertone qui cartonne bien également. Il n’y a pas trop de concurrence entre vous ? Ce n’est pas trop compliqué à gérer lorsque l’un des deux perf et pas l’autre ?

La relation que j’ai avec mon frère n’est pas plus spéciale qu’une relation fraternelle de base, on est frère et sœur, on se bat (souvent puisqu’on est tous les deux terriblement têtus) mais la concurrence qui s’est formée entre lui et moi reste l’une des choses qui m’ont faite progresser le plus (merci Max)

 

Publié le : 24 décembre 2021 par Charles Loury vues

# Actualités PG# Univers compétitionInterviews

oriane bertone