Il n’en finit plus : Giovanni Placci signe un 9a flash !

© Crimp Films
On avait à peine eu le temps de publier notre article sur son week-end de folie à Entraygues que Giovanni Placci remettait le couvert ! Direction La Saume, près de Ceillac, où l’Italien vient de flasher « The Famous Gem » 9a.
Une performance rare que seule une poignée de noms dans l’histoire de l’escalade ont déjà réussi, et qui lui a valu les louanges d’Adam Ondra en personne !
Vous vous souvenez sûrement de notre article publié avant-hier : trois jours à Entraygues, un 9a+ avec « La Moustache Qui Fâche », un 8c+ flash avec « San Ku Kai » et un 9a pour finir en beauté avec « Condé de Choc ». Pendant qu’on relatait ses performances, l’Italien était déjà reparti à l’assaut d’une nouvelle falaise…
Un flash qui n’entre pas dans beaucoup de carnets
Cap sur La Saume, un secteur d’altitude près de Ceillac que Placci découvre pour la première fois. « Cet endroit m’a tout de suite semblé spécial. En pleine montagne, avec de bonnes conditions estivales, des lignes incroyables et une vue à couper le souffle. C’est l’une des plus belles falaises où j’aie jamais grimpé », raconte-t-il. L’objectif du trip était clair dès le départ : flasher « The Famous Gem », un 9a du secteur libéré par Seb Bouin il y a deux ans, déjà répétée depuis par Marco Zanone, Jules Marchaland, Jorge Diaz-Rullo (en seulement quatre essais) et, cet été encore, par l’Italien Gianluca Vighetti.
« À vrai dire, je ne m’étais jamais vraiment concentré sur des flash difficiles, mais mon flash de « San Ku Kai » 8c+ m’a énormément mis en confiance et m’a motivé pour tenter « The Famous Gem ». Je sentais que c’était peut-être un peu trop pour moi, mais je me suis dit que si je voulais progresser dans ce style, il fallait m’investir et apprendre du processus », explique Placci.
La voie, à ses yeux, cochait toutes les cases : déversante, prises lisibles, pas trop longue et dans un style qui lui convient bien. Seule inconnue : un crux assez morpho.
La méthode Placci : bien s’entourer
Comme à Entraygues, Placci n’était pas seul. Son frère Ernesto, parti en éclaireur dans la voie, a trouvé la bonne séquence dans le crux. « Avoir quelqu’un de la même taille, avec les mêmes points forts et les mêmes points faibles, qui te donne la méthode, ça relève presque de la triche », plaisante-t-il, en écho presque mot pour mot à ce qu’il disait déjà à propos de « San Ku Kai ». À ses côtés également, Pierre Marzullo (un habitué des Coupes du Monde côté français) qui a photographié quelques unes des principales prises de la voie pendant son propre tour de reconnaissance, et Joaquín « Guaco » Urrutia Román.
« Je me sentais dans un excellent état d’esprit : pas de pression, rien à perdre, juste le plaisir de grimper. D’une certaine façon, ça m’a rappelé les compétitions, mais avec beaucoup moins de stress ! Car sur le caillou, tu as du temps, tu avances à ton propre rythme, aucune attente extérieure, et tu peux vraiment te connecter à la voie », raconte-t-il.
Lui qui reconnaît volontiers manquer de patience a pris son temps ce jour-là : il atteint le repos assez frais pour bien récupérer, avant d’attaquer le crux (une série de mouvements d’épaule suivis d’un mouvement dynamique vers une grande réglette). « Je me suis engagé à 100 %, presque sans regarder la prise, et quand je l’ai tenue, je n’y croyais pas. »
Une pièce qui manquait au tableau de chasse italien
Bien que les performances ne cessent de s’envoler ces derniers temps, les 9a flash ne sont pas courant dans l’histoire de l’escalade. Adam Ondra détient toujours le record absolu avec le flash de « Supercrackinette » 9a+ à Saint-Léger en 2018, et a par ailleurs flashé deux 9a, en plus de quatre à vue dans la cotation. Alex Megos en compte trois, plus un à vue. Certains considèrent que Janja Garnbret a ajouté son nom à la liste avec « Pure Dreaming » à Arco, une voie qui se situe plutôt entre 8c+ et 9a.
Autant dire que Placci rejoint un club très fermé, et devient au passage le premier Italien à réussir une voie dans le neuvième degré du premier coup. Côté transalpin, la référence s’appelait jusque-là Laura Rogora, deux fois flasheuse de 8c+ et meilleure marque féminine mondiale dans ce style.
Même Adam Ondra n’a pas boudé son plaisir de voir Giovanni réaliser cette performance : « Ce gars flashe des 9a entre deux compétitions, j’ai hâte d’être cet hiver ! » Une phrase qui tombe pile avec les envies de Placci lui-même, qui promet de consacrer « beaucoup plus de temps aux voies dures » dès la saison hivernale.
« C’est sans aucun doute le plus grand accomplissement de ma carrière jusqu’ici, conclut-il. Ça me rend fier de tout le travail accompli au fil des années, et ça me donne encore plus envie de grimper dehors. Je sens que mon style colle bien à la grimpe en falaise, et j’ai hâte de voir la suite. »
Vu le rythme de ces derniers jours, on ne devrait pas attendre longtemps pour la prochaine…
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