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9a+, 8c+ flash et 9a en trois jours : le week-end majestueux de Giovanni Placci à Entraygues

© Crimp Films

En trois jours à Entraygues, l’Italien Giovanni Placci a enchaîné un 9a+, flashé un 8c+ (son flash le plus dur jamais réalisé !) puis bouclé la note avec un 9a arraché in-extremis. Le tout, quelques jours seulement après avoir terminé 10e à la Coupe du Monde de Chamonix (l’un de ses meilleurs résultats en compétition).

Giovanni Placci, 25 ans, dispute des Coupes du Monde de difficulté depuis 2021 — une grosse vingtaine d’étapes au compteur, avec un top 15 dans une dizaine d’entre elles — sans forcément faire partie des noms qu’on cite en premier. Sauf que ce qu’il vient de faire à Entraygues, dans le Briançonnais, mérite pourtant qu’on s’y attarde : trois jours de grimpe, trois voies dures au compteur, et un flash qui vient particulièrement marquer son carnet de croix.


Un 9a+ pour se mettre en jambes

Après l’étape de Coupe du Monde de Chamonix, Placci décide de couper avec l’entraînement pendant une semaine. Direction Entraygues, dans le Briançonnais, un site qu’il connaît déjà et dont le style colle bien à un compétiteur en pleine saison. « La grimpe là-bas est très typée « compétition », donc je savais que ma forme du moment pourrait bien se transférer sur le rocher », explique-t-il.

Premier jour : reconnaissance des mouvements sur « La Moustache Qui Fâche », 9a+ libéré par Enzo Oddo (Stefano Ghisolfi en avait signé la deuxième ascension en 2014, son tout premier 9a+ ; Seb Bouin, Hugo Parmentier, Tanguy Merard et Max Bertone l’ont entres autres répétée depuis). La ligne lui plaît tout de suite, mais impossible de poser un essai propre ce jour-là.

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Le lendemain, après un aller-retour pour revoir les mouvements et une chute, il boucle la voie au troisième essai ! Il décrira la voie comme « plutôt facile pour la cotation », lui qui vient pourtant de la boucler en deux jours !

Un 8c+ flash qui change la donne

Il aurait pu s’arrêter là. Mais il lui restait encore du jus, alors Giovanni est allé regarder « San Ku Kai », un 8c+ équipé par Yann Ghesquiers (première ascension de Toni Lamiche en 2007, deuxième par Gabriele Moroni deux ans plus tard, puis répétée entre autres par Seb Bouin et Stefano Ghisolfi).

Son frère Ernesto venait tout juste de l’enchaîner… Alors Giovanni décide de tenter le flash, grâce aux précieux conseils de son frère. « Avoir Ernesto à mes côtés pour me donner les infos était un énorme avantage : on a un style de grimpe très proche, alors avoir quelqu’un comme lui pour m’aider à flasher une voie, ça relève presque de la triche », plaisante-t-il.

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Résultat : un flash, le plus dur de sa carrière ! « J’ai commencé sans pression, je suis resté relâché, et j’ai profité de chaque mouvement de ce chef-d’œuvre », raconte-t-il, avant d’ajouter, honnête, que « San Ku Kai » partage sa section d’entrée (environ 6c) avec « La Moustache Qui Fâche », avant un grand repos qui permet de bien récupérer avant d’attaquer la partie réellement dure.

Alors il le sait, ce n’est pas un flash « pur », et il l’assume sans détour : « Je comprends que chacun ait son avis là-dessus. » Adam Ondra, lui, a tranché en commentaire sous la publication Instagram de l’Italien : « Grande — pour moi c’est un flash approuvé à 100 %. ». Venant du Tchèque, la caution a du poids !

Un 9a arraché à la peau des doigts

Le même jour, encore motivé, Placci part dans « Condé de Choc » 9a. Cette fois, pas de flash possible car il en avait déjà grimpé la partie haute quelques années plus tôt, mais il visait au moins la partie basse à vue. Malheureusement, ça ne passe pas : la fatigue de la journée commence à se faire sentir, mais il retente un essai et tombe sur le tout dernier mouvement dur de la section supérieure.

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Le lendemain matin, malgré un réveil difficile (Giovanni explique ne plus avoir de peau au bout des doigts, et le corps en miettes), il y retourne quand même. « C’est devenu une vraie bataille, mais j’ai réussi à me battre jusqu’en haut ! ».

Avant de quitter les lieux, il est quand même allé jeter un œil à un projet inédit en 9b sur le site. « La ligne n’est pas la plus évidente, mais les mouvements sont dingues, assez pour que j’aie envie d’y revenir un jour. »

Un carnet de croix qui commence à s’étoffer…

Ceux qui suivent Placci de plus près savent que cette série de croix n’est pas une surprise… En novembre 2024, Giovanni avait réussi son premier 9b à Arco avec « Erebor », après dix jours d’efforts. « L’enchaînement le plus dur de ma vie », avait-il alors confié.

© Crimp Films

Avant « La Moustache Qui Fâche », quatre autres 9a+ figuraient déjà à son palmarès, tous à Arco : « Tearapia d’Urto », « Bombardino » d’Adam Ondra (bouclé en quatre jours, avec une méthode que Placci juge nettement plus facile que celle du tchèque), « Trofeo dell’Adriatico », plié en six jours, et surtout « Beginning », qu’il décrit comme son tout premier vrai projet : vingt-quatre jours d’efforts sur plusieurs années.

Reste, avant de quitter Entraygues, ce projet en 9b entrevu sur place… De quoi donner une bonne raison d’y retourner.

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Publié le : 31 juillet 2026 par Nicolas Mattuzzi

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