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Author Archives: Nicolas Mattuzzi

Pro Climbing League : Oriane Bertone renverse Janja Garnbret et remporte la compétition !

01 Mar

Hier soir, à Londres, devant 2 400 spectateurs déchaînés et des milliers d’internautes connectés sur Red Bull TV, la toute première étape de la Pro Climbing League a tenu toutes ses promesses. Un format nerveux, des duels sans temps mort… et une finale féminine qui restera dans les mémoires !

Au terme d’un face-à-face éclair de 19 secondes, Oriane Bertone s’est imposée face à Janja Garnbret pour décrocher le premier titre féminin de l’histoire de la ligue, tandis que l’Écossais Max Milne s’est offert une victoire de rêve à domicile !


Une finale expéditive… et historique !

Le silence, puis l’explosion. Sur le dernier bloc, Oriane Bertone s’engage sans hésitation. Deux mouvements dynamiques en no-foot, une coordination maîtrisée, aucun tremblement. Et c’est un flash ! 19 secondes. Rideau. En face, Janja Garnbret (double championne olympique et référence absolue du circuit mondial) n’aura pas le temps d’installer son rythme. Elle chute prématurément et doit s’incliner.

« C’était incroyable, je me suis vraiment amusée. C’est un nouveau format, très intéressant… un peu fou ! » a réagi notre quadruple Championne de France, sourire large, à la sortie du tapis. Derrière elles, l’Américaine Annie Sanders complète le podium.

© Ryu Voelkel

Dès les premiers tours, le ton était donné : pas de calcul, pas d’attente interminable, pas de lecture compliquée du classement. Deux grimpeurs qui s’affrontent cote à cote, un bloc identique, un chrono de quatre minutes, et un seul qualifié. Le premier duel de la soirée entre Mejdi Schalck et Toby Roberts a donné des frisson dès le début de la soirée, avec des écarts infimes jusqu’au bout. Les deux grimpeurs ont été séparés d’un souffle sur le premier bloc avec un top en simultané, digne d’un photo-finish qui a immédiatement illustré l’intensité du format en face-à-face.

C’est précisément ce que cherchait la Pro Climbing League : une lecture immédiate, une tension haletante et un vrai spectacle d’escalade. Le premier tour proposait trois blocs par duel, avant que les demi-finales et finales ne se jouent sur un unique bloc décisif, accentuant encore plus la pression et le spectacle.

Max Milne en héros à domicile

Chez les hommes, c’est le local de l’étape, le Britannique Max Milne, qui a électrisé la salle londonienne. Le jeune grimpeur de 25 ans a remporté tous ses duels avant de retrouver l’Américain Colin Duffy en finale. Porté par l’énergie du public, l’Écossais a trouvé un une solution audacieuse dans le crux (un coincement de main) pour aller chercher la victoire.

Le Japonais Tomoa Narasaki, vainqueur du tour préliminaire vendredi soir, complète le podium à la troisième place après une nouvelle soirée explosive.

© Red Bull

Résultats – Pro Climbing League

Hommes

1- Max Milne (GBR)
2- Colin Duffy (USA)
3- Tomoa Narasaki (JPN)

Femmes

1- Oriane Bertone (FRA)
2- Janja Garnbret (SLO)
3- Annie Sanders (USA)

© Red Bull

Que retenir de cette première édition ?

La salle était pleine en moins d’une heure. La production assurée par red Bull TV était parfaite, les caméras étant au plus près des grimpeurs. Des interviews à chaud, une narration claire. Cette première édition n’a pas seulement couronné deux vainqueurs. Elle a montré qu’un autre format était possible. Plus court. Plus lisible. Moins ennuyeux.

À la rédac de Planetgrimpe, on ressort de cette première édition partagés… mais stimulés. Le format en duel fonctionne : il crée une tension immédiate, lisible, presque brutale, et offre des moments forts (comme le coincement de main désespéré et sanglant de Max Milne en finale, déjà gravé dans les annales de la soirée !). La production est ambitieuse, l’accès au live simplifié, et le principe du “premier en haut gagne” parle autant aux initiés qu’au grand public.

Mais tout n’est pas encore parfaitement réglé. Le niveau de difficulté des blocs féminins, notamment en finale, nous a semblé sous-calibré, avec une issue expédiée en quelques secondes qui laisse un léger goût d’inachevé (surtout au regard du niveau exceptionnel des grimpeuses engagées). D’ailleurs, Oriane l’a souligné à la fin de la compétition : “En finale contre Janja, j’aurais aimé me battre un peu plus longtemps… La prochaine fois, j’espère qu’on aura des blocs très, très durs pour rendre ça encore plus intéressant”.

© Red Bull

Le choix d’un seul bloc décisif en demi-finale et en finale nous interroge également : spectaculaire, oui, mais terriblement dépendant du moindre détail (bloc mal réglé), du chrono, d’un pied qui zippe… Mais notons que dans ce format qui ne laisse aucune place à l’erreur, Janja Garnbret devient (enfin !) “battable” !

Enfin, malgré un format pensé pour être plus dynamique, le ratio entre temps de grimpe et temps d’attente peut encore évoluer pour gagner en rythme ( 3h30/4h de show pour 15/20 minutes d’escalade). Bref, la Pro Climbing League pose des bases solides et audacieuses. Le potentiel est immense. Reste maintenant à affiner la partition pour que le spectacle atteigne pleinement la hauteur des ambitions affichées.

Le replay de la compétition est disponible ici :


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Voici comment suivre la Pro Climbing League en direct !

28 Fév

Il y a quelques jours, nous vous présentions la naissance d’un nouveau concept de compétition d’escalade : la Pro Climbing League. Ce soir, l’heure est venue ! Le premier événement de cette série est à suivre en direct sur Red Bull TV à partir de 20h30 heures françaises.

Un format inédit, des duels explosifs, certains des plus grands noms de la planète grimpe… tous les ingrédients sont réunis pour une soirée qui pourrait bien marquer un tournant dans la façon de vivre la compétition !


Une ligue pensée pour le face-à-face

La Pro Climbing League est la première ligue professionnelle de l’Histoire de l’escalade. Fondée par des grimpeurs, elle propose un format clair, rapide et spectaculaire : deux athlètes s’affrontent cote à cote sur un bloc identique et le premier au sommet passe au tour suivant.

Fini les classements complexes à décrypter, ici, on comprend tout en un regard.

© PCL

Le format en bref

16 grimpeurs : Huit hommes et huit femmes s’affrontent en duels sur des blocs identiques.

Qualifications : Chaque face-à-face se joue au meilleur des trois blocs. Si les deux grimpeurs passent le bloc, le premier ou la première à atteindre le sommet l’emporte, tandis qu’en l’absence de top, c’est celui ou celle qui a réussi le mouvement le plus haut qui avance. Si l’égalité persiste, c’est la personne qui a atteint ce point le plus tôt qui l’emporte.

Demi–finales : Les quatre vainqueurs des duels du premier tour se qualifient pour le deuxième tour, où les mêmes règles s’appliquent, mais cette fois sur un seul bloc.

Finale : Les quatre demi-finalistes s’affrontent ensuite pour les places sur le podium sur deux blocs distincts (un duel pour sacrer le champion ultime et un duel pour la troisième place) via les mêmes règles que lors des tours précédents.

Les duels formés hier lors du tour préliminaire

Hier, au The Font Wandsworth 2.0 à Londres, une manche préliminaire a permis de déterminer les affrontements de ce soir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le tableau est relevé !

Les duels femmes

Du côté des femmes, la double championne olympique Janja Garnbret affrontera l’Olympienne Lucia Dörffel lors du premier tour ce soir. Notre française Oriane Bertone, deuxième de l’épreuve hier, sera opposée à la Japonaise Anon Matsufuji. Les Olympiennes Camilla Moroni et Erin McNeice se retrouveront également face à face, tandis que les jeunes talents Jenny Buckley et Annie Sanders complètent les duels.

Janja Garnbret VS. Lucia Dörffel
Oriane Bertone VS. Anon Matsufuji
Camilla Moroni VS. Erin McNeice
Jenny Buckley VS. Annie Sanders

© PCL

Les duels hommes

Chez les hommes, le champion olympique en titre Toby Roberts sera opposé à Mejdi Schalck. Tomoa Narasaki, vainqueur de l’épreuve hier soir, affrontera le jeune Roumain Darius Rapa. L’ancien champion du monde Mickael Mawem sera opposé à l’Américain Colin Duffy. Enfin, Max Milne complétera les affiches face à la puissance allemande Yannick Flohe.

Toby Roberts VS. Mejdi Schalck
Tomoa Narasaki VS. Darius Rapa
Mickaël Mawem VS. Colin Duffy
Max Milne VS. Yannick Flohé

© PCL

Hier était une super soirée. Même si je ne l’ai pas toppé, le quatrième bloc était incroyable ! J’ai vraiment hâte d’être ce soir. Le nouveau format ajoute peut-être un peu plus de pression avec un autre grimpeur sur le tapis en même temps que nous, mais je suis impatient de voir ce que ça donne et je suis prêt à tout donner !

Mejdi Schalck

Un show à suivre en direct ce soir !

La soirée sera présentée par Shauna Coxsey et Bryn Lucas, pour une production pensée par Red Bull comme un véritable show sportif. 35 000 £ (40 000€) de prize money, répartis équitablement entre femmes et hommes. 10 000 £ pour le vainqueur ou la vainqueure.

Je suis tellement enthousiaste à l’idée de voir les athlètes entrer en scène pour la toute première étape de la Pro Climbing League ! Tous les grimpeurs étaient en feu hier soir, et j’ai hâte que le public découvre le spectacle sur Red Bull TV.

Danaan Markey, directeur de la Pro Climbing League

Ce premier événement de la Pro Climbing League est à suivre en direct sur Red Bull TV ce samedi 28 février à 20h30 heures françaises. Pour ce faire, vous n’avez qu’à cliquer sur la vignette ci-dessous.

Le live


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Vers un nouvel enchaînement de “Burden of Dreams” ?

27 Fév

En Finlande, dans la mythique forêt de Lappnor, les essais s’intensifient sur “Burden of Dreams”. Depuis quelques jours, un grimpeur autrichien enchaîne les tentatives très prometteuses sur le premier 9A de l’Histoire.

Les mouvements passent, les enchaînements se précisent… et un nouvel enchaînement n’a jamais semblé aussi proche !


Užnik tout proche du déclic

C’est Nicolai Užnik qui fait monter la pression. En séjour en Finlande, l’Autrichien s’est attaqué au bloc ouvert en 2016 par Nalle Hukkataival, considéré comme le premier 9A de l’Histoire.

Et les nouvelles sont plus qu’encourageantes ! Dans une vidéo publiée sur Instagram, l’Autrichien déclare : « C’était ma première vraie tentative d’enchaînement. J’ai presque réussi à tenir le dernier mouvement avant que ma main gauche ne zippe… et je me suis ouvert un doigt. Ensuite, j’ai strapé et j’ai réessayé, et ça a donné quasiment la même chose… sauf qu’un autre doigt a encore lâché ! »

D’entrée de jeu, Užnik a montré qu’il était très à l’aise avec les mouvements exigeants du bloc : « Lors de ma première session, j’ai réussi tous les mouvements très vite, j’ai même réussi le premier mouvement dès le deuxième essai, et je le faisais presque à chaque fois. J’étais assez confiant sur le fait de pouvoir le grimper rapidement. »

Mais “Burden of Dreams” ne se laisse jamais dompter aussi facilement…

 

Voir cette publication sur Instagram

 

Une publication partagée par Nicolai Užnik (@nicolaiuznik)

La bataille contre la peau… et les conditions

Situé à Lappnor, en Finlande, le bloc est aussi exigeant mentalement que physiquement. Mauvaises conditions, humidité, neige, et surtout une peau mise à rude épreuve : les essais d’Užnik se transforment en véritable combat. « À cause des mauvaises conditions, de sérieux problèmes de peau et donc d’un nombre d’essais très limité, c’est devenu une vraie bataille… Je vais me reposer quelques jours, essayer de soigner ma peau au maximum et attendre que la neige passe. On verra si je peux conclure 👊 »

Les ingrédients sont réunis : tous les mouvements sont faits, les essais sont de plus en plus proches, la confiance est là. Reste la peau. Et la patience. La question est désormais simple : ce voyage en Finlande sera-t-il le bon ?

© Daniel Gajda

Une ligne à part dans l’Histoire du bloc

“Burden of Dreams” occupe une place unique. Ouvert par Hukkataival après près de quatre années de travail, il a longtemps résisté avant de connaître sa deuxième ascension, en 2023 par Will Bosi. La même année, Simon Lorenzi y apposait également sa signature, suivi par Elias Iagnemma, avant que Lee Sungsu ne réalise la cinquième ascension en 2025 (allant même jusqu’à le répéter une seconde fois pour s’assurer qu’aucune “touchette” ne vienne ternir sa performance).

Micro-prises tranchantes, tension corporelle maximale dans un dévers d’environ 45°, mouvement dynamique final… tout, dans ce bloc, flirte avec la limite.

🪨 “Burden of Dreams” 9A

“Burden of Dreams” est un bloc mythique situé à Lappnor, près de Loviisa en Finlande. Haut de seulement 4 mètres, il est réputé pour la pureté de ses mouvements : une gestuelle courte sur des prises infâmes, taillées naturellement dans le granite d’un panneau déversant à 45°. Chaque mouvement est extrêmement exigeant en termes de gainage, de placement de pieds et de puissance dans les doigts.

Nalle Hukkataival en signe la première ascension le 23 octobre 2016, après quatre années de travail acharné. Pendant des années, il a résisté aux assauts des meilleurs grimpeurs, avant d’être répété pour la première fois en 2023 par William Bosi. Son aura tient autant à sa difficulté extrême qu’à son histoire, devenant un véritable symbole du 9A bloc.

📜 Ascensions

  1.  🇫🇮 Nalle Hukkataival – octobre 2016 (première ascension)
  2.  🇬🇧 William Bosi – avril 2023 (première répétition)
  3.  🇧🇪 Simon Lorenzi – décembre 2023
  4.  🇮🇹 Elias Iagnemma – mars 2024
  5.  🇰🇷 Lee Sung Su – mai 2025 

Fait intéressant : Užnik semble avoir adopté la méthode en quatre mouvements popularisée par Lorenzi, supprimant un mouvement de main par rapport à la séquence originelle en cinq mouvements de Hukkataival et Bosi.

D’ailleurs, vous remarquerez dans la vidéo que l’Autrichien parvient à garder le pied droit lors du premier mouvement… Un geste qui en dit long sur son gainage !


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Vers un nouveau modèle de compétition ? La Pro Climbing League se lance ce week-end à Londres !

26 Fév

On en parlait il y a quelques semaines sur Planetgrimpe : un nouveau circuit professionnel, un format en duel, une diffusion premium… Cette fois, on y est ! La première étape de la Pro Climbing League se tient ce 28 février 2026 à Londres et s’annonce déjà comme l’un des événements majeurs de ce début de saison.

Avec une affiche cinq étoiles (dont Janja Garnbret, Toby Roberts, Oriane Bertone, Mejdi Schalck) la ligue promet un spectacle radicalement différent des Coupes du Monde estampillées World Climbing.


Un format 100 % duel, 100 % lisible

La Pro Climbing League est la première ligue professionnelle d’escalade au monde. Elle réunit certains des meilleurs grimpeurs de la planète dans un format de compétition rapide, en face-à-face. Fondée par des grimpeurs, elle propose un prize money encore jamais vu en escalade et offre une nouvelle scène aux plus grands talents de notre sport.

La compétition repose sur un principe simple : deux grimpeurs se défient côte à côte sur des blocs strictement identiques et un seul se qualifie à l’issue du face-à-face. Seize athlètes (8 femmes / 8 hommes) s’affrontent dans un tableau à élimination directe en trois tours : qualifications, demi-finales et finale.

© Red Bull

Qualifications
Les duos s’affrontent sur trois blocs. Le vainqueur est celui qui réalise le plus de tops.
En cas d’égalité : celui qui a toppé en premier l’emporte ; s’il n’y a aucun top, le grimpeur ayant contrôlé la prise la plus haute gagne ; si l’égalité persiste, celui qui a atteint le point le plus haut en premier est déclaré vainqueur.

Demi-finale
Les quatre vainqueurs du premier tour accèdent au tour suivant et s’affrontent sur un seul bloc, selon les mêmes règles.

Finale
Les quatre grimpeurs restants s’affrontent pour les places sur le podium, sur deux blocs distincts : un duel pour désigner le champion et un duel pour la troisième place, selon les mêmes règles que lors des tours précédents.

L’objectif est de rendre la compétition plus claire et plus facile à comprendre pour tous les spectateurs, et d’ouvrir l’escalade à un public toujours plus large. Résultat : des manches plus courtes, des confrontations directes et moins de temps mort, tout en poussant les compétences et la stratégie des meilleurs grimpeurs à leur paroxysme.

La popularité de l’escalade a explosé dans le monde entier et, en tant que grimpeur, je suis extrêmement fier de pouvoir donner vie à un nouvel événement de bloc passionnant dans une ville dotée d’une communauté aussi vibrante et passionnée. L’escalade a toujours été marquée par une culture de compétition, de créativité, de camaraderie et de plaisir. Notre objectif est de capturer cet esprit et de le partager avec le public, sur place et en ligne, pour célébrer ce sport extraordinaire.

Danaan Markey, directeur de la Pro Climbing League

© Red Bull

Une start-list exceptionnelle

Le plateau réunit certaines des plus grandes figures actuelles du circuit international :

Femmes Hommes
🇸🇮 Janja Garnbret 🇬🇧 Toby Roberts
🇫🇷 Oriane Bertone 🇫🇷 Mejdi Schalck
🇮🇹 Camilla Moroni 🇯🇵 Tomoa Narasaki
🇯🇵 Anon Matsufuji 🇺🇸 Colin Duffy
🇬🇧 Erin McNeice 🇩🇪 Yannick Flohé
🇩🇪 Lucia Dörffel 🇫🇷 Mickaël Mawem
🇺🇸 Annie Sanders 🇷🇴 Darius Râpă
🇸🇮 Jennifer Buckley 🇬🇧 Maximillian Milne

 

Et la Pro Climbing League frappe fort dès sa première édition avec une enveloppe totale de 35 000 £ (soit équivalent de 40 000€), répartie équitablement entre femmes et hommes (10 000 £ pour le premier, 5 000 £ pour le deuxième et 2 500 £ pour le troisième). L’un des prize money les plus élevés de toute l’Histoire des compétitions de bloc !

D’ailleurs, les athlètes ont été mis au coeur de la Pro Climbing League. Ils ont été consultés tout au long du développement de l’événement et l’ensemble de leurs frais de compétition est pris en charge. Au-delà de la compétition, les grimpeurs peuvent bénéficier d’opportunités rémunérées via des campagnes sociales et des collaborations avec des partenaires commerciaux afin de développer leur image.

J’ai vraiment hâte de participer à la Pro Climbing League. C’est un nouveau format excitant, qui représentera un défi inédit pour nous et un super spectacle pour le public. Je n’ai encore jamais grimpé en duel, et je suis vraiment impatient d’essayer ça à Londres, ma ville natale, devant une immense foule !

Toby Roberts, champion olympique en titre

© Red Bull

Red Bull TV à la production

La compétition sera diffusée en direct sur Red Bull TV, avec une production annoncée comme premium. Aux commentaires, on retrouvera la légende britannique Shauna Coxsey aux côtés de Bryn Lucas. Pour la première fois, les grimpeurs seront équipés d’un micro durant l’événement, il sera donc possible d’écouter ce qu’ils disent. De plus, des caméras ont été prévues sur le mur afin d’être au coeur de l’action, et des graphiques en réalité augmentée illustreront en direct qui est en train de gagner.

Le live sera accessible gratuitement le samedi 28 février à 20h30 (UTC+1). Le replay sera ensuite disponible à la demande.

L’engouement pour l’événement a été tel que les 2 400 billets spectateurs se sont vendus en moins… d’une heure !

Je suis ravie de pouvoir commenter un événement aussi fou ! Le format en duel va créer un suspense incroyable lorsque les grimpeurs s’affronteront les uns contre les autres. C’est formidable de travailler à nouveau avec Red Bull sur une production majeure d’escalade, car ils portent toujours la qualité de diffusion à un niveau supérieur. Cet événement montrera un tout nouveau visage de l’escalade et j’ai hâte de partager toute l’action avec les passionnés comme avec les nouveaux venus.

Shauna Coxsey

© Red Bull

Une nouvelle ère pour la compétition ?

Après le rebranding de l’IFSC en World Climbing, la naissance de circuits alternatifs comme les Vertical Series en France, et maintenant la Pro Climbing League, une tendance claire se dessine : des formats plus courts, une narration simplifiée, des confrontations directes, et un spectacle assumé.

L’escalade de compétition cherche un nouvel équilibre entre performance et mise en scène. Ce week-end, on saura si le pari fonctionne…


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Siebe Vanhee et Tommy Caldwell signent la 3ᵉ ascension libre de la « South African Route »… en une seule journée !

25 Fév

Une performance historique vient d’être réalisée à Torres del Paine, en Patagonie : le Belge Siebe Vanhee et l’Américain Tommy Caldwell ont réussi la troisième ascension libre de la célèbre “South African Route” sur la face Est de la Torre Central… en seulement 24 heures !


Surnommée SAIAD (South African In A Day), cette tentative était le fruit de mois de préparation et de trois tentatives avant que tout ne s’aligne les 13 et 14 février. La voie, longue de 1 200 mètres et cotée 7b+, a été grimpée entièrement en libre, Siebe et Tommy enchaînant toutes les longueurs tous les deux, en tête et en moulinette.

Ils ont commencé à grimper à 3h20 du matin le 13 février et ont atteint le sommet exactement 24 heures plus tard, sans portaledges ni cordes fixes pour la descente… Un style radicalement différent des ascensions classiques de Patagonie, qui s’étalent souvent sur plusieurs jours.

© Felipe Nordenflyght / Matthew Tangerman

Une ascension extrêmement exigeante

La “South African Route” suit un impressionnant dièdre sur la face Est de la Torre Central, ouvert entre 1973 et 1974 par une expédition sud-africaine sans aucun point d’ancrage. La première ascension libre a été réalisée en 2009 seulement, par Sean Villanueva, Nico Favresse et Ben Ditto, en 13 jours. Depuis, une seule autre équipe avait réussi à libérer la voie avant Vanhee et Caldwell.

Pendant leur ascension, les deux grimpeurs ont enchaîné des longueurs techniques et soutenues, dont les longueurs 14 et 15 (les plus dures), suivis d’une redoutable fissure de 60 mètres trois longueurs après. Après près de 19 heures de grimpe, ils ont troqué leurs chaussons contre des chaussures d’alpinisme pour les 250 derniers mètres de terrain alpin et la traversée finale du sommet… en pleine nuit. À peine arrivés au sommet, une tempête les a contraints à une descente de huit heures dans le vent et la neige.

J’ai déjà été au sommet de cette paroi, mais cette ascension était complètement différente. La grimper en libre, d’une seule traite en 24 heures et dans des conditions où tout peut mal tourner, est l’un de mes moments de montagne dont je suis le plus fier. Surtout en partageant ça avec un partenaire comme Tommy !

Siebe Vanhee

© Felipe Nordenflyght / Matthew Tangerman

Une aventure de trois semaines

L’expédition a duré trois semaines, ponctuées de trois tentatives : une première les 28–29 janvier, une seconde les 2–4 février et une troisième (réussie) les 13–14 février.

Chaque tentative a été influencée par les conditions imprévisibles de Patagonie : de la pluie, de la neige, du vent et un rocher humide ou glacé. Le pari de Vanhee et Caldwell était donc osé : une ascension d’une traite, sans portaledge, sans corde fixe, et avec des options de retraite extrêmement limitées.

La stratégie a été probablement plus complexe que d’autres ascensions en Patagonie. Notre force résidait dans notre positivité partagée et notre volonté de tenter le coup. Siebe est sans doute le partenaire le plus capable pour ce type d’objectif.

Tommy Caldwell

© Felipe Nordenflyght / Matthew Tangerman

Redéfinir ce qui est possible

Cette ascension repousse les limites de ce qui peut être accompli sur les parois granitiques les plus sérieuses de Patagonie. Elle exige non seulement une compétence technique, mais aussi précision, endurance, timing et un partenariat solide. Pour Vanhee, cette ascension représente « un défi inédit, avec des situations et des émotions jamais vécues auparavant ».

En seulement 24 heures, Vanhee et Caldwell ont réussi ce que très peu d’équipes avaient tenté, inscrivant leur nom dans l’histoire de l’alpinisme patagonien et offrant un exemple éclatant de ce qu’une préparation minutieuse, une stratégie audacieuse et une forte complicité peuvent accomplir !

© Felipe Nordenflyght / Matthew Tangerman


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Quatre ans après le début de la guerre, les Russes et Biélorusses reviennent en compétition internationale… mais à quel prix ?

25 Fév

Le comité exécutif de la fédération internationale (maintenant appelée World Climbing) a officialisé la levée de la suspension qui frappait depuis mars 2022 les fédérations russe et biélorusse.

Une décision importante, qui intervient quatre ans jour pour jour après le début de la guerre en Ukraine. Mais derrière cette annonce, un dispositif particulièrement encadré, coûteux et juridiquement verrouillé dessine une neutralité bien plus structurée qu’il n’y paraît… On fait le point sur les dessous de cette décision.


Un retour à la normale ? Non… Une réintégration institutionnelle

La suspension avait été prononcée en mars 2022, dans la foulée de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Depuis, aucun grimpeur russe ou biélorusse n’avait pu prendre le départ d’une Coupe du Monde, d’un Championnat du Monde ou des Jeux Olympiques.

Réuni à Turin, le comité exécutif de World Climbing a décidé de réintégrer officiellement les deux fédérations au sein de l’instance internationale. Une lettre de confirmation a été adressée aux présidents respectifs, et l’ensemble des fédérations nationales a été informé de cette décision. Mais elle maintient deux restrictions majeures : participation uniquement sous statut d’Athlète Individuel Neutre (AIN) et interdiction d’organiser des événements internationaux en Russie ou en Biélorussie jusqu’à nouvel ordre. Autrement dit : reconnaissance institutionnelle, mais encadrement sportif strict.

© Climbing Federation of Russia

Un feuilleton qui dure depuis 2023…

Pourtant, la question du retour des Russes et des Biélorusses sur la scène internationale ne date pas d’hier. En 2023, la fédération internationale avait déjà annoncé une possible réintégration des athlètes à partir de 2024, dans la lignée des recommandations du Comité International Olympique. À l’époque, le conseil d’administration de la fédération internationale avait toutefois choisi de repousser sa décision, maintenant l’exclusion en vigueur depuis février 2022, suite à l’invasion de l’Ukraine.

Nous nous en faisions d’ailleurs l’écho dans un article dédié, rappelant que les premières Coupes du Monde 2023 se dérouleraient sans grimpeurs russes, malgré la recommandation du CIO d’autoriser leur retour sous bannière neutre. La situation semblait alors bloquée, notamment en raison des tensions diplomatiques et des menaces de boycott brandies par certains pays, dont l’Ukraine, la Pologne et les États baltes.

Finalement, si les délais initialement évoqués n’ont pas été respectés, la situation vient d’évoluer : les fédérations russe et biélorusse ont vu leur suspension levée par World Climbing, ouvrant la voie à un retour officiel sur le circuit international.

© World Climbing

Une neutralité très encadrée… et très coûteuse !

Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, la politique concernant les Athlètes Neutres (adoptée le 8 octobre 2025 par le comité exécutif de l’IFSC) ne se limite pas à l’absence de drapeau ou d’hymne. Pour obtenir une licence neutre internationale, un athlète devra :

  • signer une déclaration sur l’honneur attestant qu’il ne relève d’aucun critère d’exclusion
  • fournir des documents administratifs complets
  • obtenir une validation formelle de sa fédération
  • se soumettre à une enquête menée par une agence d’investigation indépendante
  • être validé par un “Neutral Athlete Advisory Group” composé d’un vice-président de World Climbing, d’un représentant des athlètes et du président de la commission Éthique
  • accepter six mois de contrôles antidopage supplémentaires avant toute réadmission

La décision finale appartient au comité exécutif… Et elle est sans appel ! De plus, la licence neutre n’est pas symbolique… Le prix d’entrée est plutôt dissuasif : 1 500 € pour la première tranche et 3 500 € supplémentaires pour financer les contrôles antidopage. Soit 5 000 € au total par athlète. À titre de comparaison, une licence internationale classique coûtait environ 40 € en 2025.

© World Climbing

Un athlète ne pourra obtenir le statut neutre s’il a servi dans l’armée, soutenu publiquement la guerre (y compris via les réseaux sociaux) ou participé activement à la promotion ou au soutien du conflit. La neutralité dépasse donc le simple cadre sportif : elle devient un engagement individuel vérifiable dans la durée. Même une fois admis, l’athlète devra porter une tenue grise unie, sans motif ni symbole, et s’abstenir de toute déclaration interprétable comme un soutien au conflit, y compris en dehors du site de compétition (hôtel, transports, événements officiels).

Des compétitions potentiellement transformées ?

Sur le plan purement sportif, la décision pourrait avoir des conséquences immédiates, notamment en vitesse, discipline historiquement dominée par les Russes sur le circuit international. Même sous bannière AIN, leur retour pourrait redistribuer les cartes dans les tableaux finaux et influencer la dynamique des qualifications olympiques à l’approche de Los Angeles 2028.

Reste une inconnue majeure : combien d’athlètes accepteront les conditions financières et administratives imposées ?

World Climbing avance donc sur une ligne étroite : protéger les grimpeurs, sans blanchir les États. La fédération assume une position d’équilibre : permettre la participation individuelle tout en maintenant des garde-fous stricts et visibles. Déjà en 2024, le président de la fédération, Marco Scolaris, estimait que les athlètes ne devaient pas être punis pour les décisions de leurs gouvernements, tout en reconnaissant le caractère inacceptable de la situation en Ukraine.

© World Climbing

Un précédent plus large que la Russie ?

La politique de neutralité adoptée par World Climbing prévoit qu’une fédération puisse être suspendue ou placée sous statut neutre en cas de conflit armé, de discriminations systémiques ou de situation jugée contraire aux principes d’inclusion.

Dans les faits, seules la Russie et la Biélorussie ont été concernées jusqu’à présent.

C’est pourquoi, lorsque World Climbing annonce la tenue de sa prochaine Assemblée générale 2026 à Riyad, cela soulève une interrogation plus large. En effet, si l’Arabie saoudite est devenue un acteur majeur du sport international grâce aux investissements massifs de son fonds souverain (PIF), le pays fait également l’objet de critiques récurrentes concernant les droits humains.

Dès lors, pourquoi appliquer une politique stricte à certains États, tout en collaborant institutionnellement avec d’autres pays également controversés sur le plan international ? La même question avait été soulevée lors de l’organisation des Neom Beach Games. 

Il ne s’agit pas de comparer les situations, mais de questionner la cohérence des règles dans un contexte où sport et politique sont de plus en plus liés.

© World Climbing

Une décision qui fait débat

Si cette question de cohérence se pose au niveau institutionnel, elle s’exprime aussi très concrètement dans les réactions suscitées par cette décision.

Au-delà du cadre réglementaire, la réintégration des athlètes russes et biélorusses a immédiatement déclenché une vague de réactions contrastées sur les réseaux sociaux.

Certains parlent d’une décision « honteuse » ou « écœurante », estimant qu’autoriser un retour alors que la guerre en Ukraine se poursuit envoie un signal incompréhensible. D’autres dénoncent ce manque de cohérence : pourquoi suspendre certains pays et pas d’autres, eux aussi impliqués dans des conflits armés ? Plusieurs évoquent également l’organisation d’événements dans des pays controversés, pointant ce qu’ils considèrent comme un « deux poids, deux mesures » dans la gestion géopolitique du sport. Le choix de tenir la prochaine Assemblée générale à Riyad alimente également les accusations d’ironie ou d’hypocrisie.

À l’inverse, il convient de rappeler que les athlètes ne sont pas nécessairement représentatifs des décisions de leurs gouvernements, et que le statut neutre constitue précisément un compromis visant à individualiser les responsabilités.

Mais des interrogations demeurent : où placer la ligne ? Quels critères retenir ? Faut-il bannir un État, une fédération, un athlète ? Les athlètes doivent-ils payer pour les décisions de leurs gouvernements ?

En réintégrant les fédérations russe et biélorusse tout en imposant un dispositif de neutralité strict et coûteux, World Climbing ne met pas fin au débat. Elle oblige, une fois encore, le monde de l’escalade à se positionner sur une ligne de crête où sport, politique et éthique s’entremêlent bien au-delà des murs de compétition.

Reste à voir comment cette réintégration sous statut neutre influencera la dynamique des compétitions à venir, dans un contexte qui demeure particulièrement sensible.


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Zéro gravité sur le bloc mondial : 8B+ flash, 8C en une session et premier 8C+ !

24 Fév

Ces dernières semaines, la planète bloc semble avoir basculé en mode “zéro gravité”. De l’Autriche à l’Italie en passant par la Suisse, plusieurs figures majeures de la scène internationale ont coché des lignes exigeantes. 8B+ flash, 8C en une session, premier 8C+…

Tour d’horizon d’une série de performances qui confirment que la saison 2026 démarre sur les chapeaux de roue !


Autriche : Yannick Flohé et Aidan Roberts domptent « Bügeleisen »

Au cœur du Maltatal, en Autriche, le mythique “Bügeleisen” continue d’attirer les spécialistes du granite.

Yannick Flohé – 8C en une session
Après avoir lancé son année un baudrier autour du bassin avec “Excalibur” 9b+ à Arco, l’Allemand Yannick Flohé a switché en bloc avec la version assise de “Bügeleisen”, proposée à 8C. Ouverte en 2001 par Klem Loskot (alors cotée 8B+), la ligne a évolué au fil des répétitions, notamment grâce à Nalle Hukkataival qui, en 2013, en a proposé un départ assis plus exigeant.

Flohé réalise l’ascension en une seule session. Petit détail qui en dit long sur les conditions hivernales : il a dû refaire le bloc après avoir glissé au sommet lors de son premier enchaînement à cause de la neige et de la glace ! Un doublé forcé qui ressemble presque à une séance d’entraînement supplémentaire. Il décrira la ligne comme l’un des meilleurs blocs « board style » qu’il ait jamais grimpés.

© Elias Arriagada

Aidan Roberts – 8B+ flash
De son côté, Roberts a opté pour la version originale, “Bügeleisen”, qu’il réussit… flash ! Un nouvel exploit à ajouter à son palmarès déjà impressionnant dans cet exercice. Le Britannique s’enthousiasme pour la qualité du granite : des réglettes fines et incisives, parfaitement disposées sous un dévers compact. Un terrain de jeu idéal pour son style chirurgical !

Après son 8B+ flash de “Momentum” en 2023, cette performance confirme son aisance et son efficacité sur les blocs exigeant en précision et tenue de prise.

 

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Une publication partagée par Aidan Roberts (@aidan.roberts98)

Italie : premier 8C+ pour Stefano Ghisolfi

À Varazze, en Italie, c’est un projet de longue haleine qui a enfin trouvé son épilogue pour Stefano Ghisolfi. Avec l’enchaînement de “Gioia Sit”, l’Italien signe son premier bloc coté 8C+.

La ligne originale avait été ouverte en 2008 par Christian Core. Ghisolfi avait déjà réalisé la version debout en 2012, avant de s’attaquer au départ assis, nettement plus exigeant. Après plusieurs tentatives en 2015 et 2016, le projet était resté en suspens… Dix ans plus tard, retour aux sources. Et réussit !

« Le nom du bloc signifie “joie”, et il correspond parfaitement à ce que j’ai ressenti en l’enchaînant », a-t-il partagé. Une phrase simple, mais qui résume cette belle histoire : celle d’un rêve laissé de côté, et finalement accompli.

© Sara Grippo

Suisse : Marco Müller coche “Story of Three Worlds” 8C+

Direction le Tessin, haut lieu du bloc mondial, où le Suisse Marco Müller annonce la répétition de “Story of Three Worlds”. Ouvert par Shawn Raboutou, ce bloc est une extension de “Story of Two Worlds” 8C, initialement signé Dave Graham. Le départ alternatif transforme la ligne en un véritable combat d’explosivité et de résistance sous le toit.

Müller, plutôt discret dans ses commentaires, souligne simplement que la ligne correspond parfaitement à son style. Prochaine cible : “Captain Nemo” 8C au Val Bavona.

© Coll. Müller


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Voici les blocs les plus durs du monde !

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Voici les blocs les plus durs du monde !

23 Fév

Depuis près de dix ans, le bloc vit une véritable révolution. En 2016, “Burden of Dreams”, libéré par Nalle Hukkataival en Finlande, posait pour la première fois les bases d’un nouveau plafond : le 9A. À l’époque, beaucoup y voyaient une exception mais aujourd’hui, le constat est tout autre.

En novembre 2025, l’Italien Elias Iagnemma a encore repoussé les limites en réalisant “Exodia”, à Val Pellice, proposant pour la première fois de l’Histoire la cotation de 9A+. Une ascension qui a ravivé les débats sur la consolidation des très hautes cotations… mais qui s’inscrit surtout dans une dynamique déjà bien établie.

Alors, où en est réellement le top niveau du bloc mondial ? Combien de 9A existent aujourd’hui ? Qui les a enchaînés ? Et que vaut vraiment la proposition d’ “Exodia” ? Tour d’horizon des blocs les plus durs de la planète.


Le 9A bloc: une cotation désormais bien installée

Contrairement à certaines idées reçues, le 9A n’est plus une cotation expérimentale. Depuis “Burden of Dreams”, le nombre de blocs proposés à ce niveau n’a cessé d’augmenter, avec de nombreuses répétitions venant confirmer (ou parfois nuancer) les propositions initiales.

© Coll. Roberts

À ce jour (février 2026), on recense 15 blocs proposés en 9A, confirmés ou encore en attente de consensus.

Les 9A confirmés

  • “Burden of Dreams” – Lappnor (FIN) – première ascension Nalle Hukkataival (2016)
    Répétitions : Will Bosi, Simon Lorenzi, Elias Iagnemma, Lee Sung Su
  • “Return of the Sleepwalker” – Red Rock (USA) – première ascension Daniel Woods (2021)
    Répétitions : Will Bosi, Noah Wheeler, Simon Lorenzi, Ryuichi Murai, Zach Galla, Adam Shahar
  • “Alphane” – Chironico (SUI) – première ascension Shawn Raboutou (2022)
    Répétitions : Aidan Roberts, Will Bosi, Simon Lorenzi, Sean Bailey, Jakob Schubert
  • “Spots of Time” – Helvellyn (UK) – première ascension Aidan Roberts (2024)
    Répétition : Will Bosi
  • “Shaolin” – Red Rock (USA) – première ascension Sean Bailey (2024)
    Répétitions : Noah Wheeler, Zach Galla, Simon Lorenzi, Jakob Schubert
  • “Megatron” – Eldorado Canyon (USA) – première ascension Shawn Raboutou (2022)
    Répétition : Hamish McArthur
  • “No One Mourns the Wicked” – Thunder Ridge (USA) – première ascension Nathaniel Coleman (2024)
    Répétition : Hamish McArthur (en une journée !)
  • “Mount Doom” – Maltatal (AUT) – première ascension Nicolai Užnik (2025)
    Répétition : Jakob Schubert

Les 9A encore en discussion

D’autres lignes, bien que proposées à 9A, attendent encore une validation collective :

“Soudain Seul” – Fontainebleau (FRA) – première ascension Simon Lorenzi (2021)
“L’Ombre du Voyageur” – Salève (FRA) – première ascension Charles Albert (2023)
“Arrival of the Birds” – Chironico (SUI) – première ascension Aidan Roberts (2024)
“The Big Slamm” – Tintorale (ITA) – première ascension Elias Iagnemma (2025)
“Realm of Tor’ment” – Raven Tor (UK) – première ascension Will Bosi (2025)
“Blackflip Sit” – première ascension Vadim Timonov (annoncé à 8C+/9A ?)

Certaines de ces lignes ont été répétées avec des propositions de décote, d’autres restent en attente de répétition.

Qui sont les grimpeurs de 9A ?

Le cercle de ceux qui ont posé les mains sur du 9A reste extrêmement restreint. Une véritable élite de l’élite, composée d’une vingtaine de grimpeurs tout au plus.

© Band of Birds

Parmi eux, certains se détachent clairement : William Bosi et Simon Lorenzi sont aujourd’hui les plus prolifiques, avec chacun cinq blocs dans le neuvième degré à leur actif. Shawn Raboutou, Aidan Roberts et Elias Iagnemma ont également marqué l’Histoire avec plusieurs lignes majeures.

Des grimpeurs comme Jakob Schubert, Adam Ondra, Nathaniel Coleman ou Hamish McArthur ont, eux aussi, franchi cette barrière symbolique.

Nalle Hukkataival – (« Burden of Dreams » première ascension)
Daniel Woods – (« Return of the Sleepwalker » première ascension)
Shawn Raboutou – (« Alphane » première ascension ; « Megatron » première ascension)
William Bosi – (« Burden of Dreams », « Return of the Sleepwalker », « Alphane », « Spots of Time », « Realm of Tor’ment » première ascension)
Aidan Roberts – (« Alphane », « Spots of Time » première ascension, « Arrival of the Birds » première ascension)
Elias Iagnemma – (« Burden of Dreams », « The Big Slamm » première ascension)
Noah Wheeler – (« Return of the Sleepwalker », « Shaolin »)
Jakob Schubert – (« Alphane », « Mount Doom », « Shaolin »)
Sean Bailey – (« Alphane », « Shaolin » première ascension)
Nathaniel Coleman – (« No One Mourns the Wicked » première ascension)
Simon Lorenzi – (« Burden of Dreams », « Alphane », « Return of the Sleepwalker », « Soudain Seul » première ascension)
Charles Albert – (« No Kpote Only » première ascension, « L’Ombre du Voyageur » première ascension)
Camille Coudert – (« Soudain Seul » répétition)
Adam Ondra – (« Soudain Seul » répétition)
Hamish McArthur – (« Megatron » répétition, « No One Mourns the Wicked » répétition)
Vadim Timonov – (« Blackflip Sit » première ascension)
Nicolai Užnik – (« Mount Doom » première ascension)
Nico Pelorson – (« Soudain Seul »)
Lee Sung Su – (« Burden of Dreams »)
Ryuichi Murai – (« Return of the Sleepwalker »)
Adam Shahar – (« Return of the Sleepwalker »)
Zach Galla – (« Shaolin », « Return of the Sleepwalker »)

“Exodia” : l’arrivée du 9A+ ?

C’est dans un contexte où le 9A semble désormais solidement installé qu’ “Exodia” fait irruption sur la scène internationale. Le 11 novembre 2025, dans la vallée de Val Pellice, au cœur du Piémont italien, Elias Iagnemma signe une ascension qui pourrait bien marquer un nouveau jalon dans l’Histoire du bloc en proposant, pour la première fois, la cotation de 9A+.

La ligne, ouverte sur du gneiss compact, se développe dans un toit long et extrêmement soutenu, où l’intensité ne faiblit pratiquement jamais. “Exodia” n’est pas un projet anodin : il s’agit d’un ancien chantier initié par Christian Core, resté longtemps sans solution. Iagnemma s’y est consacré durant près de quatre années, accumulant 211 séances avant de réussir le run parfait.

© Alessandro Palma

Sur le plan purement technique, le bloc se décompose en deux sections bien distinctes. Une première partie, estimée autour de 8B+, impose un engagement physique maximal avant de conduire à un coincement de genou qui permet de se reposer un peu. De là, il faut repartir pour une seconde séquence, évaluée à 8C+, jusqu’au sommet, sans véritable possibilité de récupérer.

Pour Iagnemma, c’est précisément cette accumulation de difficultés, couplée à la continuité extrême de l’ensemble, qui distingue “Exodia” de références comme “Burden of Dreams” ou “The Big Slamm”, et justifie selon lui le passage à une demi-cotation supérieur. Comme toujours à ce niveau, les répétitions seront déterminantes pour établir un consensus…


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Interview Max Bertone – Champion de France 2026 : “Je n’oublierai pas ce moment”

21 Fév

Il était venu “en outsider comme d’habitude”. Il repart Champion de France. À l’issue d’une finale dense, électrique, parfois cruelle, Max Bertone a su faire basculer la compétition au moment clé. Un flash décisif dans le bloc 2, “hyper à doigt”, une gestion mentale maîtrisée dans le money time, et cette capacité à s’engager quand tout le monde sait que le top vaut un titre. “Il a fallu que je trouve des ressources mentales pour rester focus et ne pas me mettre à tout vouloir contrôler.” Il l’a fait. Et il l’a fait avec la manière.

Ce sacre 2026 n’est pas un premier, mais il a une saveur particulière. “Le titre national, c’est toujours un peu spécial… et en bloc ça signifie beaucoup pour moi.” Longtemps identifié comme un pur spécialiste de la difficulté, Max Bertone a le sentiment d’avoir “comblé une partie de [son] retard physique et de croissance” et de pouvoir désormais jouer dans toutes les dimensions de cette discipline.

© Arthur Delicque

Et puis il y a l’image. Rare. Presque irréelle. Frère et sœur sur la plus haute marche du podium. “Je n’oublierai pas ce moment”, confie-t-il, le regard teinté d’émotion et de complicité.

Quelques jours après son titre, Max Bertone revient avec nous sur son Championnat de France 2026, la gestion de la pression, ses ambitions internationales… et ce dilemme assumé entre bloc et difficulté en vue de Los Angeles 2028.


Max, tu es Champion de France de bloc 2026 ! Qu’est-ce que ça représente pour toi, ici et maintenant ?

Ce n’est pas mon premier titre en senior, mais à chaque fois c’est une secousse. Le titre national, c’est toujours un peu spécial et je dois reconnaître qu’en bloc ça signifie beaucoup pour moi. Jusqu’à présent j’avais surtout réussi à m’exprimer en diff, même si l’an dernier j’avais déjà réussi un podium aux Championnats de France de bloc à Anse et une belle demi-finale à Prague en bloc. Là, j’ai l’impression qu’enfin j’ai comblé une partie de mon retard physique et de croissance et que je commence à pouvoir jouer dans toutes les dimensions de cette discipline.

Tu disais arriver “en outsider comme d’habitude”. Est-ce que ce statut existe encore vraiment quand on s’appelle Max Bertone ?

Je ne sais pas… Peut-être un peu moins depuis l’an dernier, mais je serai encore outsider en Coupe du Monde de bloc s’y j’y participe cette année. Un peu moins en diff sans doute… En tous cas, il est tout à fait possible que je doive changer d’état d’esprit sur ce point pour la saison qui vient.

À quel moment de la finale as-tu senti que le titre pouvait vraiment basculer en ta faveur ?

J’ai senti que ça pouvait le faire à l’issue du bloc 2, même si pour la dalle, je savais que le passage de la paume sur la macro pouvait être critique pour moi. Mais le fait de flasher le bloc physique m’a bien boosté, c’est sûr !

© Arthur Delicque

Ce titre a-t-il une saveur différente de tes autres médailles ?

Il a la saveur de la victoire. C’est une saveur particulière à chaque fois. C’est pour ça qu’on fait de la compète et du haut niveau. Ce qui a été particulier cette fois-ci, c’est de le partager avec Oriane.

 Reviens un peu sur le deuxième bloc des finales, hyper à doigt, où tu es le seul à topper (et du premier coup !).

Honnêtement je savais que c’était mon style et que je pouvais faire la différence là dessus. Mais me sentir au dessus du plateau qu’il y avait, franchement, ça aurait été prétentieux. C’est le bloc. Parfois, on a un scénario qui nous convient, parfois pas. On sait si on a été au dessus seulement à la fin du tour !

© Arthur Delicque

Lorsque tu retournes en isolement sans le top du bloc 3 (la dalle), qu’est-ce qu’il se passe dans ta tête ?

J’étais déçu de ne pas trouver la solution dans ce bloc, surtout qu’en dalle je m’en sors bien d’habitude. Mais je suis resté positif. Je savais que j’étais bien dans la course et que j’allais devoir confirmer sur le quatrième.

Sur le dernier bloc, tout le monde savait que si tu topais, tu étais champion. Comment on gère ce genre de situation ?

Sur le dernier bloc, il a fallu que je trouve des ressources mentales pour rester focus et ne pas me mettre à tout vouloir contrôler à chaque mouv. J’ai réussi à m’engager, même si j’ai grimpé un peu en assurant à fond les passages. Je pense que j’arrive à gérer ce genre de situations que j’ai quand même vécu assez souvent dans les compètes jeunes, lorsque j’avais un statut de favori.

Est-ce que tu as le sentiment d’avoir franchi un cap cette saison ?

À l’entraînement, je sens que j’ai franchi un cap. On a fait un travail d’intersaison que je trouve efficace, et en diff comme en bloc je ne suis plus le même que l’an dernier. Quant à savoir si ça fait une grosse ou une petite différence, il faudra attendre la suite de la saison.

© Arthur Delicque

Si tu devais choisir le moment clé de ta compétition, ce serait lequel ?

Le bloc 2 de la finale. C’est sans doute le moment clé. Je me suis senti à l’aise dans mes chaussons et le flash a fait du bien au moral.

Tu es monté sur la plus haute marche du podium aux côtés de ta sœur. Est-ce que tu réalises la rareté de ce moment ?

Je suis monté sur d’autres podiums avec ma sœur, mais pas à ce niveau de compétition. Ça fait la différence, c’est sûr. Et sa réaction à elle m’a touché aussi. J’ai senti qu’elle était touchée et que c’était extraordinaire pour nous. Je n’oublierai pas ce moment.

Savais-tu qu’elle avait remporté le titre avant toi ?

Oriane remporte toujours tout (rire). J’en ai l’habitude et je serai surpris et secoué le jour où ça ne se passe pas comme ça. Blagues à part, j’étais dans ma compét et j’ai essayé de rester focus sur mon job avant tout.

© Arthur Delicque

Tu disais vouloir te qualifier sur plusieurs Coupes du Monde de bloc cette année. Ce titre change-t-il quelque chose à ta stratégie pour la saison internationale ?

On avait prévu des plans différents selon l’issue de cette étape. Si je réussissais un Championnat de France équivalent à celui de l’an dernier, je jouais le sélectif en mars à Karma pour tenter de me sélectionner sur quelques Coupes du Monde de bloc. Sinon, le plan B consistait à basculer directement en diff, car je pars à Innsbruck pour préparer ma saison et la première échéance à Wujiang.

Je vais donc devoir faire un aller-retour depuis Innsbruck pour venir tenter ma chance sur le sélectif !

Aujourd’hui, tu prouves que tu es un grimpeur polyvalent, aussi à l’aise en bloc qu’en difficulté. Comptes-tu te spécialiser pour les Jeux de Los Angeles ?

C’est une sacrément bonne question ! J’aime beaucoup le bloc. Je sais où j’en suis en diff. Mais on se demande toujours ce que ça donnerait si on ne faisait que l’une ou l’autre de ces disciplines.

Je me dis que pour l’instant, je garde le dilemme et le suspens… La réponse s’imposera d’elle-même en faisant les choses et en tirant les leçons de chaque expérience. L’idéal pour moi reste la polyvalence, mais pas à tout prix.

© Arthur Delicque

Si on rejoue cette finale 10 fois, combien de fois tu penses que tu la gagnes ?

12 fois sur 10 je la gagne, parce que les prochaines je flashe aussi la dalle 😉

Si tu devais résumer ta finale en une image ou une sensation, ce serait quoi ?

Cette finale était rouge comme les feux arrière de ma Twingo !

Est-ce que tu as appris quelque chose de toi-même ce week-end que tu ne savais pas encore ?

Mmmh pas tant… Je confirme par contre plusieurs choses que je savais déjà : j’aime la complicité et l’énergie du public. C’est mon carburant pour trouver le flow. Et sur le plan technique, je retrouve les forces et les faiblesses de mon escalade dans les circuits que j’ai grimpés.

© Arthur Delicque


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Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.”

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Interview – Oriane Bertone, championne de France 2026 : “Je veux mettre tous les curseurs au maximum.”

20 Fév

À Montmartin-sur-Mer, il aura fallu sortir la calculette. Une finale féminine indécise, serrée, presque frustrante, où les blocs n’ont jamais vraiment réussi à creuser l’écart. À l’arrivée, les cinq premières se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour la première. 84,8 pour la deuxième. Un dixième d’écart. Et pourtant, au bout du suspense, un visage reste au sommet. Pour la quatrième année consécutive, Oriane Bertone est Championne de France de bloc !

« Efficacité », résume-t-elle simplement lorsqu’on lui demande de qualifier sa finale. Le mot est juste. Dans une soirée où « la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal », comme elle l’explique avec lucidité, la Réunionnaise a su poser le cerveau au bon moment. Rester dans sa bulle. Accepter l’imperfection du tour. « Le secret dans ces moments-là, c’est de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement », affirme-t-elle.

Car cette édition 2026 n’avait rien d’anodin. D’abord parce qu’elle arrivait tôt dans la saison, et qu’Oriane s’y présentait « pour la première fois en forme à cette période de l’année ». Ensuite parce qu’elle défendait un titre décroché l’an dernier aux côtés d’Adrien Lemaire, également présent à Montmartin-sur-Mer. Et enfin parce que le trophée masculin est resté dans la famille : son petit frère Max a, lui aussi, grimpé sur la plus haute marche du podium quelques minutes après elle. « Le plus beau cadeau que de partager ça avec lui », confie-t-elle, encore habitée par cette Marseillaise pas comme les autres.

© Arthur Delicque

Venue avec l’envie de remettre en place ses routines et de retrouver ses repères avant les échéances internationales, Oriane repart avec bien plus qu’un simple test grandeur nature. Elle rentre avec un quatrième titre consécutif et surtout le sentiment d’être aujourd’hui « bien plus forte qu’il y a un an ». Plus stable. Plus constante. Plus claire dans ses objectifs. « Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif… et j’ai envie, un jour, de pouvoir dire que j’ai mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. »

Au-delà du dixième de point, au-delà des débats sur l’ouverture, cette victoire raconte autre chose : une grimpeuse qui progresse avec méthode, qui accepte la part d’aléatoire du jeu et qui construit, saison après saison, une version d’elle-même toujours plus exigeante. Quatre titres. Une finale sous tension. Un doublé familial rare. Et une saison internationale déjà mappée dans sa tête… Oriane Bertone revient pour Planetgrimpe sur une soirée où tout s’est joué dans les détails et sur la direction qu’elle entend donner à la suite.


Quatre titres consécutifs de championne de France ! Qu’est-ce que celui-ci a de particulier par rapport aux trois précédents ?

Ça fait quelque chose quand je me dit que j’ai décroché le titre pour la quatrième fois, mais au delà du nombre, c’est à chaque fois un honneur de le ramener à la maison ☺️ Cette année était effectivement assez différente des autres pour multiples raisons. Tout d’abord, pour la première fois je me suis sentie en forme à cette période de l’année, et les objectifs étaient légèrement différents pour cette raison. La deuxième, je défendais un titre que j’avais décroché aux côtés d’Adrien [ndlr. Lemaire], qui avait été sacré Champion de France l’an dernier et qui était aussi présent cette année !! Et la troisième (qui est plutôt évidente 😉), le titre reste dans la famille chez les hommes puisque c’est mon petit frère qui monte sur le haut du podium à mes côtés cette année… le plus beau cadeau que de partager ça avec lui !

Tu disais arriver sans énorme pression, en voyant cette compétition comme une simulation. Est-ce que tu as réellement réussi à la vivre comme ça ?

Absolument ! Le Championnat de France est pour moi une opportunité de retrouver les repères et reprendre mes marques en vue des compétitions internationales à venir. C’est une compétition avec beaucoup de niveau, l’ouverture y est très intéressante puisqu’elle est très ressemblante à celle qu’on retrouve à l’international, et même si on reste sur un niveau national, la gestion de la pression y est toujours particulière. Cette année, je me suis rendue à Montmartin-sur-mer plutôt en forme, et j’ai voulu saisir cette opportunité pour remettre en place mes routines et pour retrouver mes habitudes de compet… je pense pouvoir dire que c’est une réussite ☺️

© Arthur Delicque

Si tu devais résumer ta finale en un mot ?

Efficacité !

Pas plus à dire, puisque ça s’est joué aux essais pour le podium. Je pense pouvoir dire qu’on a toutes un peu « craqué » sur le bloc 2 (la dalle), et qu’on s’est enfoncées dans cette situation nous mêmes (🥲) puisque le reste des blocs était relativement plus facile !

On a rarement vu un classement aussi serré : 0,1 point d’écart. Est-ce que tu as suivi les calculs ou tu as réussi à rester dans ta bulle ?

On est au courant de peu quand on est en isolement. Dans ce cas précis, je savais que personne n’avait fait la dalle (tout comme moi), et qu’il faudrait être efficace : chose que je sais plutôt bien faire quand les blocs le permettent. Le secret dans ces moments là, c’est de poser le cerveau et de se concentrer sur l’essentiel : l’escalade et le mouvement. Ces situations sont pour moi les plus complexes à gérer, dans le sens où la contrainte et l’efficacité cohabitent généralement très mal, peu importe le domaine 😅

Quand tu arrives au dernier bloc en sachant que tu n’as droit qu’à deux essais, est-ce que ça change ton approche ?

Comme dit au dessus, dans la théorie, l’approche ne devrait pas changer… mais dans la pratique, et malgré tous les efforts fournis pour être au plus stable, elle change toujours un peu, puisqu’on conscientise la « nécessité » d’être efficace en étant sous pression. Au final, on fait tous plus ou moins ce qu’on peut 😅

© Arthur Delicque

En te voyant grimper, on a souvent l’impression que tu es en contrôle total. Est-ce que tu ressens vraiment ça de l’intérieur ?

Plus ou moins oui ! Ça dépend bien sûr de la situation et du tour, chaque bloc pose un problème différent et la confiance en soi peut varier un peu en fonction du style, mais si je me suis mis dans la tête que ça se passera bien… ça se passera généralement bien 😉

Avec le recul, est-ce que tu ressens une part de frustration sur l’ouverture, ou au contraire tu acceptes complètement la “loi du jeu” ?

Pour moi, les ouvreurs font le même travail que nous. Il y a une grosse part d’aléatoire dans l’ouverture comme dans la grimpe, et être capable de jauger le niveau d’un groupe de personnes aussi large n’est jamais chose aisée. Ouvrir un tour pour ce même groupe l’est encore plus, je vous laisse imaginer trois, voire six tours quand on compte hommes et femmes.

Eux, comme nous, voudraient que les blocs fonctionnent à la perfection ; on a tous une idée du tour parfait, mais ce fameux tour existe-t-il vraiment ? Alors même si parfois, en tant qu’athlète, on ressort frustré d’un tour ou d’une compétition, il faut savoir prendre du recul et se rappeler que ça fait partie du jeu, et qu’on ne peux s’en vouloir qu’à soi même : on avait qu’à être plus fort/efficace/fûté/motivé/précis/etc… les termes sont nombreux en fonction de ce qu’on a à se « reprocher », mais une chose est sûre : nous avons CHOISI de jouer à ce jeu, et c’est pour cela qu’il faut savoir en accepter les conditions et les conséquences.

Alors merci aux ouvreurs pour leur travail, on apprend tous, chaque jour, et ce sont ces moments de questionnement qui font avancer les choses.

© Arthur Delicque

Si tu avais perdu pour un dixième, comment tu l’aurais vécu ?

Pas particulièrement mal je pense… Ce tour de finale a été assez particulier, avec trois blocs assez faciles, et une dalle qui n’a pas réellement réussi à départager le podium. N’importe qui aurait pu gagner ce tour, ce sont des choses qui arrivent, et avoir l’opportunité de gérer cette situation est toujours intéressant puisqu’on s’y retrouve rarement.

Au delà des finales, j’ai fait un tour de demi que je considère très bon, avec un total de quatre blocs réalisés assez rapidement. C’était un tour très dur, avec des styles très différents et chacun aux curseurs poussés au max pour un niveau national. À partir de ce moment là, ma compétition était réussie.

Est-ce plus difficile de conquérir un premier titre… ou de défendre le quatrième ?

Honnêtement ? Ce sont deux situations très différentes, mais la mentalité reste la même ! On est plus ou moins tous en quête des mêmes choses : grimper au mieux, et finir le plus haut possible dans le classement. Qu’on défende un titre ou qu’on veuille l’arracher, c’est toujours la même motivation d’aller chercher plus loin !

Si tu devais enlever le résultat et garder uniquement ton niveau de grimpe, serais-tu satisfaite de ta performance ?

En bref, je dirais que oui. J’ai fait beaucoup de progrès ces dernières années, et ma motivation à continuer sur ce chemin n’a jamais été aussi élevée. J’ai été très efficace sur tous les tours (à l’exception de la dalle de finale que je ne suis pas parvenue à toper), et ce tour de demi-finale reste pour moi la preuve que le travail paye, et qu’il faut continuer à pousser dans ce sens !

© Arthur Delicque

Qu’est-ce que tu as appris sur toi-même ce week-end ?

Pas sur moi-même mais sur la team France :  que cette saison annonce de belles choses et de beaux voyages partout dans le monde, avec une team qui va tout déchirer !!!

Championne de France… le même soir que ton frère ! Est-ce que ça rend ce titre plus fort ?

Évidemment. C’est sûr que c’est particulier, surtout quand on sait que l’an dernier j’avais déjà partagé ce titre avec un membre de ma famille : Adrien. J’ai vu une bonne partie du processus, et voir quelqu’un réussir après avoir sué sang et eau… ça donne à sa réussite de la profondeur. C’est un honneur, et je me rappellerai de cette Saint Valentin plus que des autres 😝

Secrètement, rêviez-vous d’être tous les deux de réaliser ce doublé ?

On avait rigolé de la possibilité qu’on ramène tous les deux le titre, surtout quand on a su qu’on serait tous les deux en finale, mais c’est vrai que puisque Max fait plutôt de la diff et que tout est possible sur un tour, on était plus sur de la supposition que de l’anticipation. On savait que si on parvenait tous les deux à sortir un bon tour en finale, l’opportunité se présenterait, mais de là à ce que ça se produise… c’était inespéré !!

© Arthur Delicque

Si tu compares ton niveau actuel à celui de l’an dernier à la même période, tu te situes où ?

Je dirais que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a un an. Je pense même pouvoir dire que je suis bien plus forte aujourd’hui qu’il y a quelques mois seulement, en pleine saison de Coupe du Monde. Ce qui fait la différence pour moi, déjà à court terme, c’est la stabilité et la constance dans mon entraînement, ma motivation et mon hygiène de vie. Je comprends de plus en plus ce qui fait d’un sportif un grand sportif, et j’ai envie d’un jour pouvoir dire que j’ai, un moment dans ma vie, mis en place tout ce que je pouvais pour gagner. C’est vers cet objectif que je me dirige, et c’est pour lui que je me lève tous les jours avec pour but d’être une meilleure version de moi même qu’hier.

Tu dis vouloir être constante à l’internationale. C’est quoi, pour toi, une saison réussie ?

Une saison 2026 réussie pour moi, ça serait une saison que je regarderai en décembre prochain avec l’impression d’avoir fait le mieux possible tous les jours. Il y aura des hauts et des bas, comme dans tous les projets finalement, mais l’essentiel pour moi c’est de pousser le plus de curseurs de performance au max, et de toujours chercher plus loin dans l’effort !

© Arthur Delicque

Est-ce que ton approche change aujourd’hui par rapport à l’an dernier ?

Je dirais que oui, dans le sens où à cette période l’an dernier, je n’étais même pas sûre de faire la saison. Cette année c’est différent, je sais ce que je veux et les compétitions que je vais faire. J’ai des objectifs clairs, et ma saison est déjà toute mappée ! L’objectif en revanche reste le même, la constance et la stabilité, de janvier à décembre 😉

Un petit mot pour la fin : MERCI !!!

Merci aux bénévoles, merci aux ouvreurs, merci à l’organisation, merci aux athlètes, aux juges, et à toutes les équipes et personnes qui on touché, de près ou de loin à toutes ces compétitions nationales qui font vivre l’escalade en France.

Et dernier merci mais pas des moindres, merci PG !


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“Parfois, les meilleurs jours ne sont pas ceux auxquels on s’attend » : Eva-Maria Hammelmüller enchaîne son cinquième 9a

19 Fév

Il y a des journées où tout semble aligné. Et puis il y a celles où l’on grimpe malgré la fatigue, les avant-bras daubés, les doutes, l’esprit ailleurs… et qui deviennent finalement les plus belles ! C’est exactement ce qu’a vécu Eva-Maria Hammelmüller au Col de Castillon, dans le sud de la France, en enchaînant « WRC » 9a, sa cinquième voie dans le neuvième degré.

Un exploit presque inattendu, réalisé… un vendredi 13 !


Un 9a arraché à la persévérance

Située au-dessus de la Méditerranée, non loin de Nice, « WRC » 9a est une impressionnante envolée de colos, ouverte en 2009 par Kevin Aglae. La voie prolonge le classique « Alien Carnage » 8c+ avec une section supplémentaire cotée 8a+, ajoutant une bonne dose de résistance à un tracé déjà bien exigeant.

Un terrain de jeu idéal pour la spécialiste autrichienne de difficulté, réputée pour sa ténacité sur le caillou. Avant de s’attaquer à la version longue, Hammelmüller coche d’abord « Alien Carnage » en deux jours (sa 19e voie en 8c+). Elle se lance ensuite dans « WRC » et dès la première session, elle se retrouve tout près du relais. Mais à trois reprises, le dernier passage lui résiste, notamment un mouvement dynamique demandant précision et timing parfait.

© Coll. Hammelmüller

Le quatrième jour consécutif de grimpe, ses sensations ne sont pas idéales. « Je me suis réveillée avec les avant-bras fatigués », confie-t-elle. Dernier jour sur le secteur, dernière chance. Elle tente quand même. Et cette fois… ça passe ! Elle tient jusqu’aux derniers mouvements, le jeté final passe « avec un peu de réussite », et la voilà au relais. Cinquième 9a en poche. Un nouveau « jour porte-bonheur » pour la grimpeuse de 25 ans.

La magie du vendredi 13 ?

La performance ne s’arrête pas là. Le même jour, l’Autrichienne flashe « BarjoLand » 8b et enchaîne « Total Jobard » 8b+. Une journée complète, presque irréelle.

Sur ses réseaux, elle résume parfaitement l’état d’esprit : « Parfois, les meilleurs jours sont précisément ceux dont on n’attend rien. »

Ce succès marque aussi un tournant symbolique. Fin 2025, Eva-Maria Hammelmüller annonçait la fin de sa carrière en équipe nationale autrichienne après plus de dix ans sur le circuit international. Place désormais au rocher. « En falaise, je me sens libre, sans classement, sans comparaison », explique-t-elle. Ces dernières temps Eva-Maria l’a prouvé : en 2025, elle a signé 14 8c+ et trois 9a. Avec ce cinquième 9a en poche, l’Autrichienne rappelle une chose essentielle : parfois, il suffit d’essayer (même fatigué) pour vivre l’un de ses plus beaux jours.


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Jakob Schubert : « Le plus dur dans “Shaolin”, c’était l’aspect mental »

19 Fév

On pourrait croire qu’après trois 9A bloc et une voie en 9c, plus grand-chose ne surprend Jakob Schubert… Et pourtant ! Il l’avait annoncé : il voulait prouver qu’il pouvait grimper des 9A dans des styles radicalement différents. Quelques semaines plus tard, le voilà au sommet de “Shaolin”, à Red Rocks, avec un troisième 9A en poche.

Dans cette interview exclusive accordée à Planetgrimpe, il revient sur les dessous de sa réussite dans “Shaolin”. Une ascension moins physique qu’il n’y paraît, où la bataille s’est surtout jouée… dans la tête. Il nous parle aussi esthétique du rocher, gestion de la frustration, évolution de son entraînement… et de cette quête de polyvalence qui guide toute sa carrière.

Il nous raconte tout ça, simplement. Et ça en dit long sur la manière dont il aborde encore l’escalade, à 35 ans.


« Dans “Shaolin”, j’avais le temps de penser… et c’était le problème »

En novembre dernier, il nous confiait vouloir prouver qu’il pouvait grimper des 9A dans des styles très différents. Objectif atteint. Mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, le style court et explosif de “Shaolin” ne s’est pas révélé plus simple que les longs combats d’“Alphane” ou “Mount Doom”.

© Misha_P Photography

« La plus grande difficulté dans ce style était surtout mentale. Dans les blocs très soutenus comme “Alphane” ou “Mount Doom”, on n’a pas le temps de réfléchir parce que chaque mouvement est dur. Mais dans “Shaolin”, j’avais l’impression d’avoir le temps de penser, surtout lorsque je me préparais pour l’un des gros mouvements. Et la moindre petite pensée qui traversait mon esprit signifiait souvent que je ratais le jeté… Contrôler mes nerfs était vraiment difficile. »

Moins de mouvements, mais plus d’espace pour le doute. Là où les blocs longs impose un état de concentration permanent, les blocs plus courts et explosifs comme “Shaolin” exige une maîtrise mentale “quasi chirurgicale”, selon Jakob.

Un coup de cœur esthétique !

Jakob nous l’avait dit : il est « tombé amoureux immédiatement » du bloc. Mais qu’est-ce qui rend un 9A réellement exceptionnel à ses yeux ? « Ce bloc a presque tout ce que l’on recherche. C’est un énorme rocher, une ligne fière et évidente. Le départ est clair, la réception parfaite. Les prises sont superbes, plutôt bonnes pour la peau. Et surtout, les deux crux sont parmi les mouvements les plus cool que j’aie jamais faits. » Pour l’Autrichien, la difficulté seule ne suffit pas. L’esthétique, la ligne, la qualité du rocher, le plaisir du mouvement… Un beau bloc est une œuvre complète.

© Misha_P Photography

Le processus n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille : peau abîmée, coupures dans le doigt récurrentes, et surtout une prise cassée venue rebattre les cartes. « Au début, c’était facile de rester patient, j’avais prévu un mois sur place. Mais à la fin, c’est devenu de plus en plus frustrant. J’avais l’impression que le trip était un peu maudit. » Ce qui a fait la différence ? L’ambiance du groupe. « Les personnes avec qui j’étais, l’énergie, l’esprit du trip. On passait vraiment un super moment. Ça m’a aidé à rester positif et patient. »

La quête de la complétude

Avec trois blocs en 9A et une voie en 9c (“B.I.G.”), Schubert est souvent décrit comme l’un des grimpeurs les plus complets de l’Histoire. Cherche-t-il encore à prouver cette polyvalence ? « Oui, ça a toujours été l’un de mes plus grands objectifs : être aussi complet que possible. Si tu veux devenir le meilleur grimpeur du monde (ou du moins la meilleure version de toi-même) tu dois travailler tes faiblesses et progresser partout. Et c’est aussi la partie la plus fun. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles je suis allé essayer “Shaolin”, parce que je savais que c’était un style différent des autres 9A que j’avais faits. »

Tenter ce bloc était donc un choix assumé pour Jakob. Se confronter à un style différent, sortir de sa zone de confort, continuer à élargir son spectre. « Je suis fier de ce que j’ai accompli dans ma carrière de grimpeur, à la fois en bloc et en voie… mais il y a encore beaucoup à faire », assure-t-il.

© Misha_P Photography

Toujours performant en falaise comme en compétition, Jakob, qui grimpe depuis ses 12 ans, a dû adapter son approche. « Je dois m’entraîner un peu moins qu’avant. Parfois ralentir. Les trips en falaise sont souvent meilleurs pour mon corps que les entraînements très durs en salle. » Il explique également avoir pris ses distances avec le bloc en salle, qu’il juge plus agressif pour son corps de trentenaire : « Me concentrer davantage sur le bloc en extérieur ou la voie m’a aidé à maintenir mon niveau… et même à progresser encore un peu. »

Les projets extrêmes, moteur de progression

Entre performances sur le rocher et compétition, son coeur balance. Schubert est conscient que les blocs très durs comme “Shaolin” ne constituent pas forcément la préparation idéale pour les compétitions. Mais ils restent, selon lui, fondamentaux. « Je ne serais pas le grimpeur que je suis aujourd’hui sans tous les projets durs que j’ai essayés dehors. J’ai vraiment envie d’essayer les blocs et les voies les plus durs au monde, même si ce n’est pas la préparation idéale pour une compétition précise »

© Misha_P Photography

Alors, à 35 ans, après avoir quasiment tout gagné sur le circuit des compétitions et en affichant l’un des carnets de croix les plus complets au monde, qu’est-ce qui le motive encore ? « Je prends toujours autant de plaisir à essayer des projets durs dehors qu’à m’entraîner fort en salle ! Mes coéquipiers me motivent énormément… et aussi les jeunes grimpeurs très forts que j’essaie encore de battre, comme Sorato Anraku. »


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Laura Rogora enchaîne “Niobe”, la dalle en 9a libérée par Adam Ondra… en seulement une journée !

18 Fév

Ces dernières semaines, à Arco, c’est une dalle qui fait parler. Pas un toit monstrueux, pas une proue déversante. Une dalle. Grise. Compacte. Presque froide. Son nom : “Niobe”. Cotée 9a, équipée par Loris Manzana et libérée fin 2025 par Adam Ondra, qui la décrivait comme “l’une des meilleures dalles” qu’il ait jamais grimpées.

Alors, quand Ondra parle dalle, on tend l’oreille. Et quand il la cote 9a, on relève un sourcil.


Une dalle à contre-temps

On le sait : la dalle n’est plus vraiment “à la mode”. Les compétitions, les vidéos, les réseaux sociaux… tout pousse vers le spectaculaire, le physique, les coordos, les mouvements d’ampleur. Et pourtant, “Niobe” a réveillé quelque chose. Une forme de nostalgie, un parfum d’escalade où chaque mouvement se construit depuis la pointe du chausson.

© Giampaolo Calza

Alors forcément, voir Laura Rogora s’y frotter, ça interpelle. Parce que Laura, on l’associe à la performance pure. 42 voies dans le neuvième degré désormais. Une saison 2025 monstrueuse sur le rocher comme en compétition. Une capacité à flasher ou à réaliser à vue des 8c/8c+ qui ferait pâlir beaucoup de grimpeurs. Mais la dalle ? Elle l’a dit elle-même avec humour : “Ma 42e voie en 9a… mais ma première dalle au-dessus du 7a.” Ça pose le décor.

Une journée… et seulement quatre essais !

Dimanche matin, elle ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Une dalle de ce niveau, c’est autre chose. On ne “force” pas. On ne triche pas. On ne serre pas plus fort pour que ça passe. On fait confiance aux pieds. On accepte de ralentir, de douter, de chercher l’équilibre parfait.

© Andrea Camattari

Premier essai : elle enchaîne la première longueur (8a+/b) et travaille les méthodes du haut. Elle avait vu la vidéo d’Ondra, sans chercher à copier les méthodes, juste pour comprendre l’esprit de la ligne. Elle savait qu’un mouvement de paume attendait après le premier relais. Le reste, elle l’a construit à sa façon, en fonction de son gabarit (bien éloigné de celui d’Ondra). Le premier pas de bloc semble convenir à sa morphologie. La partie supérieure ? Elle est plus morpho, plus subtile, plus engageante.

Pourtant, au quatrième essai, le relais est clippé ! Une seule journée. C’est tout ce qui lui a fallu pour enchaîner cette dalle.

Cette performance confirme que les “grimpeurs modernes” savent aussi grimper en dalle. “C’était effrayant et excitant à la fois.”, confit-elle. Même avec 42 voies dans le neuvième degré dans la poche, Laura prouve qu’on peut encore se sentir débutant face à un style. Et c’est peut-être ça, la vraie performance.


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Championnats des États-Unis 2026 : Sharma face à la relève, Raboutou et Grossman en or !

17 Fév

Le week-end dernier, pendant que l’élite française se disputait le titre national en bloc, de l’autre côté de l’Atlantique, les Américains sacraient leurs champions en difficulté et en bloc à Orlando.

Pourquoi s’y intéresser ? Parce que cette édition 2026 avait tout d’un tournant générationnel… et quelques histoires fortes à raconter ! Entre le retour très attendu de Chris Sharma en compétition, la première couronne en difficulté de Brooke Raboutou et le come-back fracassant de Natalia Grossman un mois après une luxation de l’épaule, le scénario était digne d’une finale mondiale.


Chris Sharma, 44 ans, face à la nouvelle vague

On en avait parlé il y a quelques jours : Chris Sharma s’était inscrit au championnat national de difficulté avec, en ligne de mire, une possible place dans le processus de sélection pour Los Angeles 2028. À 44 ans, l’icône américaine se retrouvait face à une génération affûtée, emmenée par Colin Duffy, Jesse Grupper ou encore Nathaniel Coleman.

Verdict : 24e place.

Sharma se qualifie 16e à l’issue des tours précédents, décrochant son ticket pour la suite de la compétition. Mais en demi-finale, l’aventure s’arrête. Ironie du sort, il chute sur un mouvement dynamique en bas de voie (le genre de mouvement qu’il affectionne particulièrement) manquant de précision sur un jeté.

© Daniel Gajda

Sur le papier, l’écart avec la jeune génération est réel. En pratique, sa simple présence a électrisé l’événement. Le voir au départ d’un championnat national en 2026, face à des grimpeurs qui ont grandi en le regardant révolutionner le 9a, reste un symbole fort.

La victoire revient à Colin Duffy, qui décroche son premier titre national en difficulté, devant Dillon Countryman et Jesse Grupper.

Brooke Raboutou, enfin sacrée en difficulté !

Chez les femmes, la finale de difficulté a offert un moment fort : la première couronne nationale en difficulté pour Brooke Raboutou. Oui, première ! Malgré ses multiples podiums internationaux et ses participations olympiques, Raboutou n’avait encore jamais remporté le titre national en difficulté.

© Daniel Gajda

D’ailleurs, l’essentiel de la finale s’est jouée sur un passage clé : un mouvement en double épaule particulièrement piégeux, qui a stoppé sept des dix finalistes ! Brooke, elle, choisit la même méthode que les autres grimpeuses… et réussit le mouvement. Elle poursuit son ascension jusqu’aux derniers mètres, échouant d’un rien à quelques mouvements du top. Elle s’impose devant Analise Van Hoang et Alexandra Inghilterra.

Après la compétition, elle déclarait vouloir aborder l’événement avec le même état d’esprit qu’en Coupe du Monde : se challenger, mais aussi profiter du moment. Mission accomplie, avec l’or en prime. À noter : Brooke réalise un double podium sur le week-end, puisqu’elle prendra également l’argent en bloc.

Le retour renversant de Natalia Grossman en bloc

Et justement parlons du bloc, car c’est sans doute la plus belle histoire du week-end. Un mois plus tôt, Natalia Grossman révélait s’être luxé partiellement l’épaule. Après une saison 2025 déjà perturbée par une opération du genou (rupture de ligament croisé et ménisque), l’Américaine naviguait entre douleur, incertitude et rééducation.

© Daniel Gajda

Sa participation même aux championnats restait floue… Et pourtant. Qualifiée de justesse en finale, Grossman réalise une dernière manche exceptionnelle : trois flashs sur quatre blocs. Elle est submergée par l’émotion en validant son dernier top, synonyme de titre national. Elle s’impose devant Brooke Raboutou (2e) et Melina Costanza (3e).

Dans une finale masculine très serrée, c’est Hugo Hoyer qui décroche le titre devant Cozmo Rothfork (2e) et Sergey Lakhno (3e).


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Pourquoi Sean Bailey a-t-il réalisé un 9c… Et n’a rien dit !

17 Fév

Près d’un an après l’ascension, Sean Bailey a finalement levé le voile. En mars 2025, l’Américain de 29 ans a réalisé la première ascension de “Duality of Man”, une voie située dans le Dry Canyon, en Arizona. Cotée 9c, elle devient la voie la plus dure jamais proposée sur le sol américain, rejoignant le cercle très fermé des trois autres 9c de la planète : “Silence”, “DNA”et “B.I.G.”.

Un accomplissement historique… pourtant resté dans l’ombre pendant près de onze mois !

Car si l’annonce n’a été rendue publique que récemment, ce n’est pas un hasard. Sean Bailey a délibérément choisi de garder le silence, à contre-courant des codes actuels. Un choix rare, presque déroutant à notre époque, mais profondément révélateur de sa relation à la performance.


Le fruit de plusieurs années de travail

“Duality of Man” est une extension extrême de “Lee Majors” 9a, une ligne redoutable ouverte en 2018 par Nathaniel Coleman dans la mythique Celebrity Cave. La voie combine un toit exigeant, un premier pas de bloc autour du 8A+/B, avant de s’attaquer à un crux d’une quinzaine de mouvements estimé 8C, le tout perché à près de 30 mètres du sol. En bref, un cocktail explosif, aussi physique que mental.

Sean Bailey découvre le projet à la fin de l’année 2021. À l’époque, il sort d’une saison exceptionnelle en Coupe du Monde et vient tout juste de signer la troisième ascension de “Bibliographie” à Céüse. Malgré ce niveau stratosphérique, “Duality of Man” va rapidement s’imposer comme son projet le plus exigeant.

Je n’ai jamais grimpé quelque chose d’aussi proche de ma limite !

Sean Bailey

© Ben Neilson

Pendant trois saisons, Bailey affine sa méthode. Il décortique la voie, section par section, apprend à optimiser chaque repos, chaque mouvement. Le véritable casse-tête n’est pas tant le crux en lui-même, mais la manière d’y arriver avec encore assez d’énergie.

Discipline, doutes et attente

L’hiver 2024–2025 marque un tournant. Désormais retiré du circuit de compétition, Sean Bailey consacre toute son énergie au rocher. Les conditions sont loin d’être idéales : chaleur inhabituelle, falaise exposée plein soleil, créneau de grimpe très court en fin de journée. Chaque essai est minutieusement calculée.

Souvent, un seul essai par jour. Pas plus.

Je privilégiais la qualité à la quantité. Il fallait que chaque essai compte.

Sean Bailey

© Mellow

Les essais s’accumulent. Les sensations sont parfois excellentes. Pourtant, la réussite se fait attendre. En janvier, Bailey réalise ce qui ressemble à l’essai parfait… avant de chuter sur le tout dernier mouvement ! À partir de là, quelque chose change. Il sait qu’il peut le faire. Il en est certain. Mais il ne sait ni quand, ni si cette certitude suffira.

C’est une phase étrange. Tu sais que tu peux le faire à 100 %, mais tu ne sais pas quand ce jour arrivera.

Sean Bailey

L’attente devient mentale autant que physique.

Le jour où tout s’aligne

Le 6 mars 2025 ressemble à un jour comme les autres. Rien de particulier. Pas de conditions exceptionnelles, pas de sensation magique à l’échauffement. Bailey s’engage dans la voie, passe efficacement la première section, puis attaque la suite. Arrivé au crux, il marque une courte pause. Un instant de lucidité.

Je me suis dit : c’est maintenant. Je peux reprendre le contrôle, je peux y arriver !

Sean Bailey

© Ben Neilson

Il enchaîne les mouvements les plus durs, résiste jusqu’au bout… et clippe enfin le relais ! Quatre années de travail, de doutes et de discipline prennent fin dans le silence du canyon.

Pourquoi garder le silence ?

Contrairement aux usages actuels, Sean Bailey ne publie rien. Pas de post, pas d’annonce, pas de célébration publique. Dans une interview accordée au média américain Climbing Magazine, il explique ce choix simplement : préserver l’impact du moment et accompagner la sortie du film consacré à l’ascension.

Pour lui, le “moment de hype” n’existe qu’une fois. Attendre permet aussi de soutenir financièrement le projet vidéo et de valoriser le travail de son photographe et réalisateur. Durant ces onze mois de silence, Bailey digère sa performance loin du bruit médiatique. Une démarche qu’il décrit aujourd’hui comme bénéfique.

Vivre ça sans réactions extérieures, sans pression, c’était une bonne chose.

Sean Bailey

© Ben Neilson

Depuis, l’Américain n’a pas ralenti. Il a ouvert une salle de bloc à Tokyo avec sa compagne Miho Nonaka, tout en continuant à signer des performances de très haut niveau, comme la seconde ascension de “Arrival of the Birds” 9A en Suisse.


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La voie trad la plus dure du monde ? Connor Herson repousse les limites et propose le 9a+

16 Fév

Le 14 juillet 2025, dans la lumière granitique du Stawamus Chief, Connor Herson réalisait en toute discrétion la première ascension libre de “Drifter’s Escape”, une longueur mythique jusque-là gravie en artif.

Six mois plus tard, l’Américain lève le voile et propose la cotation de 9a+. Si elle est confirmée, la ligne deviendrait tout simplement la voie en trad la plus dure au monde !


Une fissure parfaite, suspendue au-dessus du vide

Située à mi-hauteur du Chief, “Drifter’s Escape” suit une série de fines fissures parallèles qui zèbrent une dalle de granit compact et clair. Environ vingt mètres d’escalade, protégés quasi exclusivement sur coinceurs. Deux spits protègent toutefois le départ, afin d’éviter une chute dangereuse sur une vire dès le premier pas de bloc.

Un détail qui alimente déjà les débats : peut-on parler d’ascension 100 % trad ? Herson, lui, balaie la polémique : « Les points étaient déjà en place. Je ne prétends pas avoir réalisé une ascension “trad”. La cotation n’est qu’une proposition. Pour moi, c’était surtout un projet magnifique sur un rocher exceptionnel. »

© Christian Adam – Black Diamond

Deux crux en 8A+ et un mouvement… en pogo

La voie débute par un bloc en 7A+ protégé par les deux spits, avant d’attaquer les fissures proprement dites : Dülfer exigeant, pieds en tension, puis un premier repos précaire sur talon.

Vient alors le premier crux, estimé autour de 8A+ : un mouvement spectaculaire en “pogo”, où il faut générer de l’élan en balançant la jambe pour aller chercher une réglette lointaine, le tout protégé par un minuscule coinceur. Après deux coincements de doigts parfaits, l’escalade repart dans des fissures soutenues avant un second crux, plus technique, lui aussi évalué 8A+. Le tout se conclut par un réta vers le relais.

« C’est rare de trouver une ligne aussi parfaite », confie Herson. « Même faire quelques mouvements dessus vaut le détour. »

© Christian Adam – Black Diamond

Vingt sessions sur deux étés

“Drifter’s Escape” n’a rien d’un coup d’éclat improvisé. Herson y a consacré une vingtaine de sessions réparties sur deux étés.  C’est le plus long investissement de sa carrière sur une voie trad.

Habitué des extrêmes, il a déjà répété des références comme “Magic Line”8c+, “Meltdown” 8c+ ou encore “Empath” 8c. En grande voie, il s’est illustré sur “The Nose” ou avec la première ascension libre de “Triple Direct” au Yosemite.

La plus dure du monde ?

Jusqu’ici, les références du très haut niveau en trad culminaient autour du 9a, avec des lignes comme “Bon Voyage” à Annot, “Tribe” en Italie, “Crown Royale” en Norvège, “The Best Things in Life Are Free”aux États-Unis.

Avec une proposition à 9a+, “Drifter’s Escape” franchit un cap symbolique. Mais la question de l’éthique reste ouverte : la présence de deux spits au départ suffit-elle à la disqualifier aux yeux des puristes ? Le trad est-il défini par l’absence totale d’équipement fixe, ou par la prédominance des protections amovibles ?

Au-delà des querelles de chapelle, une chose est sûre : le niveau atteint est stratosphérique.

© Christian Adam – Black Diamond

Un futur encore plus dur ?

Herson le souligne lui-même : le trad possède peut-être aujourd’hui le plus fort potentiel de progression parmi toutes les disciplines de l’escalade. Là où le neuvième degré est devenu presque courant en falaise équipée, les fissures protégées sur friends restent un terrain d’exploration. Les lignes sont là. Encore faut-il qu’elles acceptent les coinceurs.

L’ascension, tenue secrète jusqu’ici, sera au cœur d’une série vidéo produite par Black Diamond, diffusée au printemps 2026 et présentée notamment lors du Mellow Film Tour.

En attendant les répétitions (et les confirmations) une certitude demeure : relier une telle difficulté à une ligne aussi esthétique relève presque du miracle. Et rappelle que le trad est peut-être en train de vivre sa révolution la plus audacieuse.


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Oriane Bertone sacrée Championne de France 2026 au bout du suspense : une finale au dixième près !

14 Fév

À Montmartin-sur-Mer, nous nous attendions à une bataille pour décrocher le titre de Championne de France 2026. Mais bloc après bloc, les écarts ne se sont pas creusé… Les favorites répondent présentes, les flashs s’enchaînent et la hiérarchie refuse de se dessiner. À mesure que la soirée avance, une évidence s’impose : l’or se jouera dans les détails. Au dixième près. Et dans ce scénario ultra serré, Oriane Bertone conserve sa couronne… pour la quatrième année consécutive !

Retour sur une finale qui laisse un léger goût d’inachevé…


Une entame appliquée, sans hiérarchie

Le premier bloc, tout en tenue de prises, donnait le ton : la moindre erreur allait être fatale ! Car ce premier passage n’est pas assez sélectif… Presque toutes les finalistes s’y promènent. Flashs en cascade, sérénité palpable… Louise Puech-Yazid ouvre le bal avec détermination. Agathe Calliet, Lily Abriat, Selma Elhadj Mimoune, Zélia Avezou, Lucile Saurel… toutes déroulent.

Lorsque vient le tour d’Oriane Bertone, elle sait que la plupart des finalistes ont flashé le bloc avant elle… La pression pourrait faire la différence, mais il n’en est rien. Elle flashe à son tour, avec cette impression de contrôle permanent qui la caractérise.

Le classement ne bouge pas. La finale est lancée, mais rien n’est joué.

© Planetgrimpe

La dalle qui piège tout le monde

Changement d’ambiance dans le bloc 2. Une longue dalle, exigeante en lecture et en équilibre. Quatre minutes maximum soit peu d’essais pour tenter d’en venir à bout. Et un constat brutal à la fin : aucun top. Louise et Zélia passent tout près, chutant avec la dernière prise dans les main. Les autres butent, cherchent, ajustent… en vain. Même Oriane, pourtant si solide ce week-end, ne trouve pas la solution.

Finalement, ce bloc résiste à toutes. Mais paradoxalement, cela ne change presque rien au classement : toujours pas d’écart significatif. À la moitié de la compétition, les cartes restent parfaitement redistribuées.

La coordo qui relance la machine

Le troisième bloc, plus dynamique, recentre la bataille. Agathe Calliet se relance dans la course en l’enchaînant au deuxième essai. Lily Abriat répond en mettant un essai supplémentaire. Selma Elhadj Mimoune s’accroche jusqu’à la dernière minute et parvient à topper à son tour. Ça passe également pour Zélia Avezou et Lucile Saurel, qui démontrent leur force en réussissant à s’arrêter sur cette coordo.

Et puis il y a Oriane Bertone, qui, une nouvelle fois, met tout le monde d’accord : elle est la seule à flasher le bloc. Propre. Net. Presque évident. À ce moment-là, on comprend que le titre se jouera sur des détails… et des dixièmes de points.

© Planetgrimpe

Un dernier bloc physique… encore trop facile

Après un premier bloc trop facile, un deuxième trop dur et un troisième trop accessible, nous attendions beaucoup du dernier passage, le plus physique de cette finale. Mais Louise, première grimpeuse à s’élancer, le flashe. Alors très vite, un doute s’installe dans la salle : est-il assez dur ?

Agathe, très à l’aise dans ce style, flashe à son tour. Puis Lily. Et Selma. Et Zélia. Lucile flashe également… Les points pleuvent et les calculs commencent. Lorsque Oriane s’avance, le scénario est simple : elle n’a droit qu’à deux essais. Au-delà, Lily Abriat peut lui ravir le titre. La marge est minime. Mais habituée à gérer la pression sur les grands rendez-vous, la Réunionnaise ne tremble pas. Relâchée, fluide, elle déroule le bloc dès le premier essai. Un nouveau flash. Les bras levés elle salue le public.

Oriane Bertone est championne de France 2026, pour la quatrième fois consécutive.

Une bataille au dixième près !

Ce que l’on retiendra de cette soirée ? Un classement très serré. Une finale trop peu sélective pour réellement départager les meilleures. Les cinq premières finalistes se tiennent en 0,5 point. 84,9 pour Oriane. 84,8 pour Lily. 84,7 pour Lucile et Zélia et 84,4 pour Selma.

C’est frustrant pour une finale nationale. On aurait aimé un tour plus complet, un classement plus segmenté. Mais c’est aussi la loi de la compétition. L’ouverture n’est pas une science exacte et lorsque que les blocs ne créent pas d’écart, tout se décide au dixième de point.

Et dans ce jeu-là, Oriane Bertone reste la meilleure. Quatre titres consécutifs. Une constance impressionnante, une gestion de la pression remarquable. La reine est toujours sur son trône !


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Max Bertone : “L’essentiel se joue ce soir”

14 Fév

À quelques minutes de la finale des Championnats de France de bloc 2026, Max Bertone, premier des demi-finales, nous a accordé quelques mots.

Le Réunionnais avance avec ce mélange de lucidité et d’envie qui le caractérise depuis le début du week-end. Solide en qualifications (4 blocs et 5 zones, 4e place), impérial en demi-finale où il a pris la tête avec 3 tops et 83,9 points, Max ne s’enflamme pas. Pour lui, tout se joue maintenant. Et derrière le résultat, il y a surtout une bataille intérieure : gérer le stress, retrouver son état d’esprit d’outsider… et se donner le droit d’attaquer !


Hier, Max sortait des qualifications avec des sensations positives : « J’ai réussi à rester efficace sur des blocs assez piégeux et parfois imprévisibles avec le stress de début de compétition. » Quatrième à l’issue du premier tour, il confirmait qu’il était dans le coup, sans pour autant chercher à en faire trop. Une entrée en matière propre, efficace, dans un circuit déjà exigeant.

En demi-finale, le scénario a été un peu différent. Le statut change, les attentes aussi. « Après un bon tour de qualification, il m’a été plus difficile de me mettre dans cet état d’esprit d’outsider que j’aime habituellement avoir. » Le premier bloc, long, mental et où la moindre erreur pouvait coûter cher, l’a obligé à se battre contre lui-même. Tendu au départ, il a su progressivement se relâcher, retrouver de la fluidité… et imposer sa grimpe. Résultat : une première place au terme d’un tour solide.

© Planetgrimpe

Malgré cette domination, Max garde la tête froide. « Les demi-finales ne sont jamais un objectif en soi, l’essentiel se joue ce soir. » Un discours cohérent avec ce qu’il nous confiait avant même le début de la compétition. Il se voyait comme un outsider ambitieux, prêt à jouer avec les blocs sans se mettre de pression, conscient du caractère parfois aléatoire et cruel du bloc. Aller en finale, viser le podium, pourquoi pas la gagne… mais sans s’enfermer dans l’attente.

Ce soir, il est en position idéale. Mais rien n’est acquis. Dans une finale qui réunira notamment Mejdi Schalck, Kito Martini ou encore Paul Jenft, la densité est maximale.

Au-delà des points et du classement, Max retient aussi le contexte humain : « Ça me fait plaisir de partager ce bon moment d’escalade avec ma sœur ! ». Et il n’oublie pas non plus une pensée pour Adrien Lemaire, champion de France en titre, éliminé en demi-finale : « J’aurais adoré partager cette finale avec lui également. »

À quelques minutes du coup d’envoi des finales, l’envie est là : « Je suis très impatient de grimper dans cette finale ce soir ! ».


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Comment suivre les finales du Championnat de France de bloc 2026 ?

14 Fév

Le dénouement final des Championnats de France de bloc 2026 approche à grands pas ! Les huit meilleures grimpeuses et grimpeurs du week-end ont rendez-vous ce samedi 14 février pour une finale qui s’annonce électrique !

Voici comment suivre la compétition en direct.


Le moment que tout le monde attend est enfin arrivé ! Après une journée de qualifications et des demi-finales d’une rare exigence qui ont laissé des favoris sur le carreau, les Championnats de France de bloc 2026 entrent dans leur phase décisive.

Ce samedi soir, ils ne sont plus que huit femmes et huit hommes en lice pour le titre national. Quatre blocs, quatre minutes par passage, aucun droit à l’erreur. Entre confirmations attendues et possibles renversements de situation, la finale s’annonce explosive… et elle sera à suivre en direct, à partir de 18h00 !

Le live des finales est à suivre en direct ici :

Le programme de la soirée

17h30 : Observation
18h00 : Présentation des finalistes Femmes
18h10 : Finale Femmes
19h40 : Présentation des finalistes Hommes
19h50 : Finale Hommes
21h30 : Podiums

Les huit finalistes femmes et hommes

Femmes Hommes
1- Oriane Bertone 1- Max Bertone
2- Lucile Saurel 2- Kito Martini
3- Zélia Avezou 3- Camille Claude
4- Selma Elhadj Mimoune 4- Mejdi Schalck
5- Lily Abriat 5- Paul Jenft
6- Agathe Calliet 6- Joshua Fourteau
7- Elsa Ravinet 7- Arthur Le Bris
8- Louise Puech Yazid 8- Joseph Perrin

 

© Planetgrimpe

Retour sur les demi-finales : un écrémage sévère…

Le ton a radicalement changé entre les qualifications et la demi-finale hier. Circuit dur, peu de tops, des favoris piégés. Dans ce contexte ultra exigeant, Oriane Bertone a tout simplement évolué dans une autre dimension : seule grimpeuse à valider les quatre blocs (dont deux flashs), elle termine avec 99,7 points sur 100 possibles. Derrière, la bataille pour les places en finale s’est jouée à coups de zones. Deux zones suffisaient à entrer dans le top 8 !

Chez les hommes, le circuit était un peu moins chaotique… mais tout aussi exigeant. Max Bertone impose sa maîtrise avec trois tops et 83,9 points. Kito Martini et Camille Claude complètent le top 3, juste devant Mejdi Schalck, dernier à s’élancer, qui assure l’essentiel malgré un début compliqué. Derrière eux, la lutte fut intense pour arracher les derniers tickets et plusieurs noms attendus restent à la porte, à l’image de Sam Richard, Léo Favot, Manu Cornu ou encore du champion en titre Adrien Lemaire.


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À quelques heures du grand rendez-vous : les favoris du Championnat de France 2026 se confient

12 Fév

Le compte à rebours est lancé ! Dans quelques heures, les Championnats de France seniors de bloc 2026 donneront le coup d’envoi d’un week-end qui s’annonce électrique. Premier grand rendez-vous national de la saison, la compétition est à la fois un test grandeur nature et, pour beaucoup, une étape clé vers les sélections internationales.

Défendre un titre, confirmer une dynamique, revenir après blessure, décrocher son ticket pour les Coupes du Monde… Les enjeux sont multiples et les trajectoires différentes en fonction de chacun. À la veille d’entrer en lice, nous avons demandé aux grands favoris comment ils se sentaient. Entre excitation et ambition, voici leur état d’esprit.


Agathe Calliet : Un nouvel élan et l’excitation du retour

“Je me sens bien et surtout, je suis super heureuse de revenir en compétition ! Comme chaque année, il y a toujours un petit stress au moment de reprendre, de voir où on se situe en ce début de saison, mais c’est aussi ce qui rend le moment excitant ! Je suis déjà sélectionnée pour les premières étapes de Coupe du Monde, donc ça change un peu ma temporalité et ma manière d’aborder ces Championnats de France.

Je suis partie m’entraîner au Japon récemment et ça m’a donné un super nouvel élan (dont j’avais un peu besoin…). J’ai vraiment hâte de voir ce que tout ce travail va donner sur le long terme, sur cette saison… et dès cette première étape du chemin, demain !

Lily Abriat : Capitaliser sur l’expérience pour viser plus haut

Qui dit Championnat de France dit… grand rendez-vous national avec du beau niveau ! C’est forcément hyper excitant. J’ai hâte de retrouver l’atmosphère de compétition, ça m’a manqué ! J’aimerais réussir à me concentrer sur mes sensations de grimpe et sur ce que j’ai à mettre en place pour performer !

La saison dernière a été très riche pour moi, j’ai fait énormément de compétitions, ce qui m’a permis de prendre beaucoup d’expérience. Alors forcément, ça me motive à viser encore plus haut cette année !

Fanny Gibert : Le plaisir retrouvé et l’envie de rejouer sa carte

Je me sens bien, j’ai très hâte de grimper et de jouer mes cartes. J’adore participer au Championnat de France… Ma dernière participation remonte à 2022, où j’avais gagné, c’était une finale dingue ! En 2023, j’ai choisi de ne pas participer pour me concentrer sur la sélection aux JO et les Coupes du Monde. En 2024, c’est une blessure majeure à la cheville qui m’a éloignée de cette compétition. Et en 2025, rebelote, blessure au biceps avec opération quelques semaines avant…

Le Championnat de France, c’est l’une des plus belles compètes, elle n’a pas grand-chose à envier à une Coupe du Monde, sincèrement ! C’est un événement de haute qualité qui nous est proposé. Pour moi, ça représente beaucoup parce que le niveau en France est fou et parce qu’on partage ce moment avec la planète grimpe française au grand complet !

Selma Elhadj Mimoune : Continuer à progresser

Le Championnat de France, c’est la première grosse compétition de l’année, j’ai hâte d’y être, de profiter et de donner le meilleur ! Ça va être intense, le niveau est assez serré entre pas mal de filles, donc il va falloir bien grimper !

Lors du Championnat de France l’an dernier, j’avais terminé deuxième, mais je ne me vois pas comme une « chasseuse », je pense plutôt que chaque saison est différente. En 2025, j’ai réussi à bien m’exprimer et à finir sur la deuxième marche du podium, mais rien n’est jamais acquis. Bien sûr, j’ai aussi envie de réussir cette année, je vais faire de mon mieux et on verra ce que ça donne…

L’année dernière, je me suis blessée juste après avoir obtenu mes sélections pour les Coupes du Monde, donc pour cette année, j’aimerais me sélectionner à nouveau et ne pas me blesser, bien sûr. Cette saison, j’ai envie de continuer à progresser sur mes points faibles et d’élever mon niveau en général pour prétendre à de bons résultats au niveau mondial. Et le principal surtout : continuer à aimer le process.

Oriane Bertone (Championne de France 2025) : Défendre son titre avec sérénité et ambition

Pour moi, c’est toujours un plaisir de participer à cette compétition. On le sait, au Championnat de France, le niveau est très élevé, c’est une compétition qu’on attend tous, d’autant plus que c’est la première compétition de la saison. Personnellement, je n’ai pas énormément de pression car je suis déjà sélectionnée pour une partie des Coupes du Monde, mais mon titre est en jeu et c’est un honneur pour moi d’aller le défendre.

Je vais me servir de cette compétition comme d’une simulation pour les plus grosses échéances qui arrivent, dans le sens où c’est surtout pour l’entraînement que je la fais. Je vais essayer de rester concentrée et de mettre le même focus que je mets dans les compétitions de plus grande ampleur. J’ai envie de bien grimper, de réaliser de bons tours et de rentrer chez moi en me disant : “Ok, je n’aurais pas pu faire mieux”. Donc on va faire au max !

Sinon, en théorie, mon programme pour cette saison est un peu le même que l’an dernier : je vais faire toutes les Coupes du Monde (les six étapes) et le Championnat d’Europe cet été à Barcelone. J’aimerais bien rester constante, de la première étape mondiale à la dernière, et refaire une belle place au classement général des Coupes du Monde. Et évidemment, je vais essayer de ramener une médaille aux Championnats d’Europe, ça serait sympa !

Antoine Girard : Grandes ambitions, zéro pression

Le Championnat de France, c’est le premier gros événement de l’année… J’ai hâte ! Je suis impatient de voir si tout le travail fait va payer. C’est le gros événement où on va pouvoir mettre toutes les choses en place, même s’il y a eu plein de petits contextes avant (une Coupe de France à Valence, des simulations, etc.) où tout s’est super bien passé. J’ai terminé deuxième à toutes les compètes que j’ai faites pour l’instant, mis à part la première, où j’ai gagné. Je cherchais de la régularité, car je trouve que c’est très important, donc j’ai envie de poursuivre dans cette dynamique-là ce week-end.

C’est l’année où je me sens le plus fort et le plus complet, donc forcément, j’ai des ambitions assez élevées sur ce Championnat de France. Je me sens capable de gagner ou de faire de grandes choses. Mais j’aborde la compétition sans forcément de pression parce que je sais que j’ai le niveau et que, si je grimpe comme je suis capable de le faire, alors il n’y a pas de raison que ça se passe mal. Et je m’enlève aussi un peu de pression en me disant que je pars grimper en Afrique du Sud cet été, alors même si je me loupe, ce n’est pas la fin du monde, j’aurai plein de beaux projets à faire ! Donc en résumé, j’ai de grandes ambitions mais pas beaucoup de pression. En tout cas, c’est comme ça que j’ai envie d’aborder ce Championnat de France !

Manu Cornu : Première étape vers la sélection internationale

” Je me sens bien en ce moment… J’ai pu m’entraîner correctement cette année, même si je ne suis pas encore exactement où je veux, mais on a bien bossé, j’ai hâte d’y être ! Mes objectifs pour le moment sont fixés sur la sélection pour les Coupes du Monde, donc le Championnat de France est la première étape, puis ensuite viendra le sélectif.”

Max Bertone : L’outsider ambitieux

“Ça va très bien, je me sens en forme et plutôt préparé pour cette compétition. Cette année, j’ai envie de me qualifier pour plusieurs étapes de Coupes du Monde de bloc, mais je vais toujours à ces Championnats de France avec la volonté de jouer dans les blocs sans me mettre de pression, car je sais que cette discipline peut parfois être aléatoire et cruelle. Je souhaite évidemment aller en finale, être sur le podium et même viser la gagne, mais voilà, je viens en tant qu’outsider comme d’habitude.

Sinon, ma saison en diff est déjà à peu près dessinée, je suis qualifié pour les quatre premières étapes mondiales de la saison et je dois encore me qualifier pour les deux dernières en fin de saison !

Mejdi Schalck : Sans pression de sélection, mais avec l’envie du titre

“J’arrive sur ce Championnat de France sans objectif de sélection, ma préparation n’est pas non plus calibrée pour être en forme sur cette compétition. Néanmoins, je me sens plutôt bien en ce moment et le titre de Champion de France est assez prestigieux à mes yeux… Je dirais que j’ai envie de faire la meilleure compétition possible, et forcément revenir avec le titre !

Cette saison 2026 est moins « importante » que les autres saisons, il n’y a pas de sélectif pour les Jeux Olympiques cette année, ni de Championnat du Monde. Chaque saison reste tout de même importante, que ce soit pour prendre de l’expérience ou même de la confiance sur le circuit de compétition ! Je m’entraîne donc à fond pour le début des Coupes du Monde, avec pour objectif de remporter le classement général. Il y a aussi les Championnats d’Europe fin juillet, que je n’ai jamais remportés, que j’ai en ligne de mire !

Adrien Lemaire (Champion de France 2025) : Détendu, mais prêt à défendre sa couronne

Je me sens plutôt bien à quelques heures du lancement de la compétition et, étonnamment, très détendu. Même si je remets mon titre en jeu, ça ne change pas grand-chose à ma façon d’aborder la compétition : comme chaque année, je viens sur ce Championnat de France pour faire la meilleure perf’ possible. En France, on a la chance d’avoir des gars qui sont vraiment hyper forts ; l’an dernier, le scénario m’a vraiment très bien souri, peut-être que cette année ça va encore me sourire, ou peut-être pas, on verra. En tous cas, je vais donner le meilleur de moi-même, c’est sûr ! Au-delà du titre, je joue aussi une sélection pour l’équipe de France parce que je ne suis pas encore présélectionné pour la saison internationale, donc l’objectif, c’est de faire le meilleur résultat possible!

Concernant la suite de ma saison, forcément, je n’ai pas envie de griller les étapes, donc d’abord, mon but, c’est de prendre ma qualification en équipe de France, si possible pour les Coupes du Monde. Et ensuite, je veux essayer d’être plus régulier en demi-finales de Coupe du Monde et pouvoir me permettre d’aller jouer dans des finales mondiales, voire accrocher un podium, ça serait vraiment top ! En plus, avec les Championnats d’Europe cet été, ça donne aussi un bel objectif en ligne de mire.

 


Le ton est donné ! Demain et samedi, les Championnats de France seniors de bloc s’installent à Montmartin-sur-Mer (Manche). 120 grimpeurs (60 femmes et 60 hommes) s’y disputent le titre national, un titre aussi symbolique que stratégique dans une saison internationale déjà en ligne de mire. Après l’édition haletante d’Anse en 2025 (remportée au bout du suspense par Oriane Bertone et Adrien Lemaire) la bataille s’annonce une nouvelle fois explosive.

Trois tours (qualifications, demi-finales, finales), un plateau d’exception, un live tout le week-end et une finale diffusée sur France TV : tous les ingrédients sont réunis. Le niveau français n’a jamais été aussi dense. Et à entendre les favoris, la bataille promet d’être aussi mentale que physique.

Rendez-vous sur les tapis !

Rappel du programme :

Vendredi 13 février
09h00 – 15h00 : Qualifications
20h00 – 21h30 : Demi-finales

Samedi 14 février
18h10 : Finales femmes
19h50 : Finales hommes
21h30 : Podiums


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Tout savoir sur le Championnat de France de bloc 2026 !

11 Fév

Le plus grand rendez-vous national est de retour ! Les 13 et 14 février 2026, les Championnats de France de bloc seniors posent leurs valises à Montmartin-sur-Mer (Manche), transformant pendant deux jours cette petite commune normande de 1 500 habitants en capitale de l’escalade française.

120 grimpeurs (60 femmes et 60 hommes) parmi les meilleurs du pays viendront se disputer le titre national. Un titre convoité, symbolique et qui pèse lourd dans une saison internationale déjà en ligne de mire. Après Anse en 2025, direction la Normandie pour une édition qui s’annonce aussi spectaculaire que disputée !


Montmartin-sur-Mer comme nouveau terrain de jeu

C’est une première pour la ville, mais pas un coup d’essai pour le club organisateur. Horizon Vertical, fort de plusieurs organisations nationales réussies ces dernières années, accueille pour la première fois LA compétition phare de l’année. Depuis la rénovation de la structure en 2022, le club a franchi un cap. Près de 100 bénévoles et une trentaine d’officiels seront mobilisés tout au long du week-end.

Petit retour sur l’édition 2025

L’année dernière à Anse, les Championnats de France avaient offert un suspense insoutenable et la victoire, chez les hommes comme chez les femmes, s’était jouée dans les dernières secondes et sur le dernier bloc. Chez les hommes, Adrien Lemaire avait fait la différence dans le bloc 3, une dalle qu’il avait enchaînée à vue, avant de remporter le titre dans le dernier bloc face à Paul Jenft et Max Bertone.

Résultats finale hommes 2025
1️⃣ Adrien Lemaire
2️⃣ Paul Jenft
3️⃣ Max Bertone
4️⃣ Thomas Lemagner
5️⃣ Léo Favot
6️⃣ Antoine Girard

Même scénario haletant chez les femmes. Après un bloc 1 très physique, un bloc 2 en dalle technique, et un bloc 3 dynamique, tout se décide dans le bloc 4. Oriane Bertone était parvenu à creuser l’écart en enchaînant cet ultime bloc, tandis qu’Agathe Calliet et Selma Elhadj Mimoune avaient échoué de peu sur la coordination finale.

Résultats finale femmes 2025
1️⃣ Oriane Bertone
2️⃣ Selma Elhadj Mimoune
3️⃣ Agathe Calliet
4️⃣ Lucile Saurel
5️⃣ Lily Abriat
6️⃣ Valentine Mangin

© Planetgrimpe

Qui succédera à Oriane Bertone et Adrien Lemaire ?

Cette édition 2026 s’annonce particulièrement relevée, avec un plateau hommes et femmes d’un niveau exceptionnel.

Chez les hommes, le champion en titre Adrien Lemaire viendra défendre sa couronne, mais devra compter sur Mejdi Schalck et sur des grimpeurs en grande forme comme Samuel Richard, Paul Jenft, Max Bertone, Antoine Girard, , Sam Avezou, Léo Favot, et même le doyen Manu Cornu, qui entend montrer qu’il a toujours sa place parmi les meilleurs Français.

© Planetgrimpe

Chez les femmes, la compétition féminine s’annonce tout aussi dense. Oriane Bertone, triple championne de France consécutive, sera bien sûr la favorite et espère décrocher une quatrième médaille d’or.

Mais la bataille pour les finales sera rude face à des grimpeuses comme Zélia Avezou, Lily Abriat, Agathe Calliet, Selma Elhadj Mimoune, Valentine Mangin, et Fanny Gibert, la plus expérimentée du plateau, qui viendra défier les jeunes générations.

© Planetgrimpe

Le format et le programme de la compétition

Comme chaque année, trois tours pour désigner les champions de France 2026.

Qualifications –  Vendredi 13 février 
5 blocs
5 minutes par bloc
120 compétiteurs au départ
09h00 – 15h00 : Qualifications
Les qualifications sont ouvertes au public et gratuites.

Demi-finales –  Vendredi 13 février 
24 grimpeurs par catégorie
4 blocs
5 minutes par bloc
20h00 – 21h30 : Demi-finales

Finales –  Samedi 14 février 
8 finalistes par catégorie
4 blocs
4 minutes par bloc
17h30 : Observation
18h00 : Présentation des finalistes Femmes
18h10 : Finales femmes
19h40 : Présentation des finalistes Hommes
19h50 : Finales hommes
21h30 : Podiums

© Planetgrimpe

Comment suivre la compétition ?

Sur place

Pour ceux qui veulent profiter de l’ambiance unique d’un championnat de France, la billetterie est toujours ouverte pour les demi-finales. Les finales sont complètes, mais il reste encore quelques places pour vendredi soir :

Qualifications : Gratuit
Demi-finales et finales : 5 €
Réservez vos billets ici : Billetterie Championnat de France 2026

© Planetgrimpe

En streaming

Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer, un live sera disponible tout au long du week-end. Les qualifications et les demi-finales seront diffusés sur la chaîne YouTube du club Horizon Vertical et les finales seront retransmises en direct sur TV8 Mont Blanc.

Et comme chaque année, Planetgrimpe vous fera vivre l’événement de l’intérieur : résultats en direct, analyses, résumés et interviews exclusives seront à retrouver sur notre site internet.

Le live des qualifications

Le live des demi-finales

Le live des finales

Les derniers champions de France

Ces dernières années, le titre national a été remporté par des grimpeurs et grimpeuses capables de performer également sur la scène internationale. En 2025 à Anse, les champions avaient confirmé la montée en puissance du niveau français.

Chaque édition raconte une histoire différente : domination annoncée, revanche, révélation inattendue… Qui inscrira son nom au palmarès 2026 ?

Historique – Champions de France de bloc

Année Lieu Champion Championne
1998 L’Argentière-la-Bessée Daniel Du Lac Liv Sansoz
1999 Clamecy Anthony Lamiche Marie-Laure Beghin
2000 Clamecy Jérôme Meyer Sandrine Levet
2001 Clamecy Alexandre Chabot Myriam Motteau
2002 Saint-Jean-de-Maurienne Jérôme Meyer Sandrine Levet
2003 Firminy Jérôme Meyer Sandrine Levet
2004 Apt Daniel Du Lac Sandrine Levet
2005 Grenoble Stéphane Julien Sandrine Levet
2006 Plouha Loïc Gaidioz Emilie Abgrall
2007 Apt Fabien Dugit Florence Pinet
2008 Fontainebleau Jérôme Meyer Juliette Danion
2009 Le Pouzin François Kaiser Florence Pinet
2010 Bron François Kaiser Mélissa Le Névé
2011 Millau François Kaiser Anne-Laure Chevrier
2012 Millau Guillaume Glairon Mondet Mélanie Sandoz
2013 Chambéry Thomas Caleyron Mélissa Le Névé
2014 Nozay Jérémy Bonder Marine Thévenet
2015 La Baconnière Jérémy Bonder Fanny Gibert
2016 Toulouse Pascal Gagneux Clémentine Kaiser
2017 La Baconnière Alban Levier Fanny Gibert
2018 Massy Manuel Cornu Fanny Gibert
2019 La Baconnière Jérémy Bonder Fanny Gibert
2020 Charnay-lès-Mâcon Manuel Cornu Fanny Gibert
2022 Plougoumelen Paul Jenft Fanny Gibert
2023 Valence Mejdi Schalck Oriane Bertone
2024 Valence Kito Martini Oriane Bertone
2025 Anse Adrien Lemaire Oriane Bertone

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Chris Sharma de retour à la compétition ! La légende de 44 ans face à la nouvelle génération

10 Fév

C’est une annonce qui a fait l’effet d’un petit séisme sur Instagram. Dans un récent post, la fédération américaine d’escalade a confirmé la participation de Chris Sharma aux prochains Championnats Nationaux des États-Unis ! À 44 ans, la légende vivante de l’escalade va donc de nouveau s’aligner au départ d’une compétition nationale, face aux meilleurs jeunes talents américains.

Dans les commentaires, les réactions ne se sont pas fait attendre. De nombreux grimpeurs de renom ont salué un retour jugé « inspirant », soulignant la force du message envoyé par l’un des plus grands noms de l’histoire de notre sport. Voir Chris Sharma, icône du rocher et pionnier de l’escalade de haut niveau, se mesurer à une génération qui pourrait être celle de ses enfants, a quelque chose de profondément symbolique…

Un titre à aller chercher !

Ce retour n’est d’ailleurs pas une première. L’an dernier déjà, Chris Sharma avait créé la surprise en participant aux Championnats Nationaux américains… avec réussite !

Face à des grimpeurs de moins de la moitié de son âge, le King avait pris la deuxième place. En finale, au terme d’un gros combat, il avait chuté à seulement trois mouvements du sommet. Un résultat qui avait rappelé à tous que, malgré les années, Sharma n’avait rien perdu de sa superbe !

Un compétiteur pas comme les autres

L’Américain n’a pourtant participé qu’à quelques rares compétitions au cours des deux dernières décennies, se concentrant plutôt sur le rocher. Il s’est fait remarquer dès l’âge de 14 ans en remportant le Championnat américain de bloc. Deux ans plus tard, alors qu’il n’avait que 16 ans, il a remporté l’or sur la Coupe du Monde de Kranj en Slovénie et l’argent aux Championnats du Monde de Paris.

En 2001, il a de nouveau gagné l’or sur la Coupe du Monde de Munich, mais s’est fait disqualifier après avoir été contrôlé positif à la marijuana. Il a ensuite remporté deux médailles d’argent sur les Coupes du Monde de bloc en Italie, à Rovereto en 2002 et à Lecco en 2003.

Puis, très vite, il a tourné le dos au circuit pour écrire l’une des pages les plus marquantes de l’histoire de l’escalade sur le rocher : “Biographie”, “Jumbo Love”, “La Dura Dura”, “Sleeping Lion”, et tant d’autres lignes devenues mythiques.

Objectif Jeux Olympiques ?

Cette année, Chris Sharma ne revient donc pas pour faire de la figuration. Après une médaille d’argent en 2024, l’Américain tentera clairement de jouer le titre national. Un défi colossal, tant le niveau des jeunes grimpeurs américains n’a jamais été aussi élevé, mais qui s’inscrit dans une réflexion plus large entamée depuis plusieurs mois.

Car ce retour en compétition fait directement écho à un article que nous publiions il  a quelques temps : « Chris Sharma aux Jeux Olympiques de 2028 ? Le pari fou de l’icône de l’escalade ! ». En effet, depuis l’annonce des Jeux de Los Angeles 2028, et surtout depuis que la difficulté est devenue une discipline olympique à part entière, Sharma ne cache plus son intérêt. À 44 ans, l’idée peut sembler irréaliste… mais l’histoire récente du sport a montré que certains retours tardifs pouvaient devenir légendaires.

Entre vie de père de famille, gestion de ses salles d’escalade et projets en falaise autour de Barcelone, Chris Sharma ne cherche pas à revivre ses 20 ans. Mais il continue de se fixer des défis capables “d’entretenir la flamme” comme il le dit si bien. À moins de dix jours du Championnat américain, une chose est sûre : tous les regards seront braqués sur Chris Sharma !


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Jakob Schubert frappe fort et s’offre “Shaolin” son troisième 9A bloc !

09 Fév

Jakob Schubert a une nouvelle fois frappé un grand coup ! L’Autrichien vient de réussir l’ascension de “Shaolin” 9A à Red Rocks, aux États-Unis, signant non seulement sa plus belle performance sur le sol américain mais aussi son troisième bloc dans le neuvième degré.

Une performance dans un style radicalement différent de ses précédents croix à ce niveau.


Après “Alphane” et “Mount Doom”, deux monstres sur granite caractérisés par de longues séquences d’une difficulté soutenue, “Shaolin” propose un tout autre style. Ici, pas de mouvements interminables : le bloc est court, explosif et ultra-concentré, résumé à deux mouvements extrêmement physiques. Un changement de registre total pour Jakob, d’autant plus marquant pour celui qu’on identifie souvent comme spécialiste de la difficulté et de la résistance.

“Mon troisième 9A bloc… et dans un style complètement différent des autres !” affirme l’Autrichien.

© Michael Piccolruaz

Dès ses premières sessions dans le bloc, Jakob sent que le courant passe. Il tombe immédiatement sous le charme de la ligne, qu’il décrit comme l’un des plus beaux blocs qu’il ait jamais essayés : « Je suis tombé amoureux immédiatement. Pour moi, c’est vraiment l’un des meilleurs blocs au monde : il a de l’allure, il est esthétique, la réception est parfaite, le départ évident, les prises sont incroyables, et il ne compte pas un mais deux des mouvements les plus cool que j’ai jamais réalisés ! ».

Et comme souvent à ce niveau, la réussite ne se fait pas sans combat… Le processus s’avère physiquement et mentalement exigeant, notamment à cause de coupures au bout des doigts, et surtout d’une prise cassée qui oblige Jakob à revoir ses méthodes. « Chaque bloc dur possède ses propres défis. Cette fois, c’était une lutte intense avec ma peau et avec une petite prise cassée qui a rendu le bloc un peu plus dur physiquement, mais surtout beaucoup plus dur mentalement, car j’ai dû retravailler des mouvements que j’avais déjà parfaitement enchaînés. »

© Michael Piccolruaz

Face à l’usure de la peau, Jakob choisit de lever le pied. Il s’offre une vraie coupure, enchaînant quelques jours en falaise en Arizona avant de revenir à Red Rocks pour une dernière tentative. Mais à mesure que le jour du départ approche, la pression monte. « À l’approche du départ, la pression était énorme. Mentalement, j’ai beaucoup plus lutté pour rester concentré à 100 % avant l’un des gros crux de “Shaolin” que sur des blocs plus continus comme “Alphane” ou “Mount Doom”. »

Et puis, au moment où le doute s’installe, tout s’aligne enfin. « Alors que je commençais à me demander si j’allais réussir… j’ai finalement tenu le dernier mouvement et atteint le sommet, dans une explosion de joie et d’incrédulité. »

© Michael Piccolruaz

Réalisée lors de l’avant-dernier jour d’un long séjour à Red Rocks, l’ascension de “Shaolin” confirme une nouvelle fois la polyvalence exceptionnelle de Jakob Schubert, capable de briller aussi bien sur les voies les plus dures de la planète que sur des blocs ultra-puissants.

Avec désormais trois blocs cotés 9A à son actif, l’Autrichien s’inscrit un peu plus dans le cercle très fermé des grimpeurs ayant repoussé les limites absolues du bloc mondial et prouve, s’il le fallait encore, qu’il reste l’un des grimpeurs les plus complets et les plus impressionnants de sa génération !

JS
Jakob Schubert — Palmarès
Compétition · Voies · Bloc — Sélection de ses meilleures performances

Compétition
  • 2 x médaillé de bronze olympique
  • 6 x Champion du Monde
  • 1 x Champion d’Europe
  • 7 x Vainqueur du classement général des Coupes du Monde
  • 24 x Victoires en Coupe du Monde
  • 15 x Médailles aux Championnats du Monde

Voies
  • “B.I.G.” — 9c
  • “Perfecto Mundo” — 9b+
  • “King Capella” — 9b
  • “Stoking the Fire” — 9b
  • “El Bon Combat” — 9b
  • “La Planta de Shiva” — 9b
  • “Fight or Flight” — 9b
  • “Neanderthal” — 9b
  • “Erebor” — 9b

Bloc
  • “Alphane” — 9A
  • “Mount Doom” — 9A
  • “Shaolin” — 9A
  • “The Story of Two Worlds” — 8C
  • “Dreamtime” — 8C
  • “La Force Tranquille direct” — 8C
  • “Bügeleisen Sit” — 8C
  • “Catalan Witness the Fitness” — 8C
  • “Sierra Madre sit” — 8C
  • “Primitivo” — 8C

 


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Jakob Schubert vise les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028

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Championnat de France d’escalade de bloc jeunes 2026 : résultats des finales U17

07 Fév

La première journée des Championnats de France de bloc jeunes 2026 s’est conclue ce samedi par les finales U17, et le public de Charnay-lès-Mâcon a eu droit à un spectacle de très haut niveau !

Entre une bataille intense chez les garçons et une démonstration de maîtrise totale chez les filles, les premiers titres nationaux ont trouvé preneur. Voici les résultats.


Un podium très serré chez les garçons !

Rarement une finale aura été aussi serrée ! À l’issue des quatre blocs proposés aux finalistes U17 hommes, les trois premiers se tiennent dans un mouchoir de poche, avec seulement 0,1 point d’écart, soit un essai de différence.

Au bout du suspens c’est Noah Cussaguet qui tire son épingle du jeu. Auteur d’une finale tout en efficacité, le grimpeur de Tournefeuille s’impose avec 99,60 points et décroche le titre de Champion de France 2026.

Derrière lui, Willem Douady passe tout près du titre. Le grimpeur grenoblois totalise 99,50 points, exactement comme Oscar Venet, troisième. Tous deux seront finalement départagés par leur classement en qualifications, à l’avantage de Douady, qui s’offre l’argent devant Venet, médaillé de bronze. À noter également la belle performance d’Esteban Tournus, leader des qualifications, qui termine au pied du podium après avoir manqué le top du bloc 3.

+ Les résultats complets

Iloé Cherif en patronne chez les filles !

Chez les filles, le scénario est tout autre… mais tout aussi impressionnant. Iloé Cherif a tout simplement survolé la finale. Impériale du début à la fin, elle réalise le score parfait de 100 points, en enchaînant les quatre blocs du premier coup. Une performance rare en finale des Championnats de France, synonyme de domination totale et de titre national 2026 !

Derrière elle, la lutte pour le podium a été plus serrée. Susana Depont s’adjuge la médaille d’argent avec 75 points, devant Anna Quinsat, troisième avec 74,6 points, les deux grimpeuses étant départagées par seulement quatre essais. Pour la petite anecdote, Iloé Cherif et Susana Depont n’étaient que 7ᵉ des qualifications… Toutes deux ont parfaitement su élever leur niveau en finale pour renverser la hiérarchie et s’inviter sur les deux plus hautes marches du podium !

+ Les résultats complets

La suite du programme

Dimanche 8 février 2026

8h30 – 12h30 : Qualifications U19 Femmes & Hommes
14h30 – 15h45 : Finales U15 Femmes & Hommes
17h15 – 18h30 : Finales U19 Femmes & Hommes


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Les Championnats de France jeunes de bloc 2026 c’est ce week-end !

 

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Elias Iagnemma enchaîne “The Big Island” à Bleau et prépare un nouveau 9A

06 Fév

Quelques semaines seulement après avoir marqué l’Histoire du bloc en proposant le premier 9A+ mondial avec “Exodia”, Elias Iagnemma poursuit sa route… direction Fontainebleau ! Malgré une météo capricieuse, l’Italien a signé la répétition de “The Big Island” 8C, l’un des blocs les plus emblématiques de la forêt, et posé des bases très sérieuses pour “Soudain Seul” 9A.

Arrivé en France depuis quelques jours, Elias Iagnemma avait clairement annoncé la couleur : profiter de ce séjour à Bleau pour se confronter à “Soudain Seul”, proposé comme le deuxième 9A bloc de l’Histoire, libéré par Simon Lorenzi en 2021. Mais comme souvent à cette période de l’année… la forêt a imposé sa loi ! Entre pluies répétées, rocher humide et fenêtres météo trop rares, l’Italien a dû faire preuve de patience, alternant séances en salle et tentatives opportunistes en forêt.

C’est finalement lors d’un court créneau de bonnes conditions qu’Elias parvient à s’attaquer sérieusement à “The Big Island” 8C, bloc mythique ouvert en 2009 par Vincent Pochon. Après avoir essayé la méthode “classique”, plutôt adaptée aux grands gabarits, Elias opte pour la méthode dite “des plus petits”, qui lui permet d’aller chercher la prise clé avec plus d’efficacité.

J’ai d’abord essayé la méthode classique pour les grands, mais j’étais vraiment à bout de bras, à ma limite. En changeant de méthode, tout est devenu plus logique. Parfois, il faut savoir lâcher la méthode soi-disant “idéale”.

Elias Iagnemma

© Coll. LaSportiva

La suite s’enchaîne rapidement : “The Big Island” tombe quelques essais plus tard et vient enrichir le carnet de croix de l’Italien.

Mais l’essentiel n’est pas là… “The Big Island” constitue en réalité la partie finale de “Soudain Seul” 9A, dont la difficulté supplémentaire réside dans un départ assis extrêmement dur, estimé à lui seul autour de 8B+. Et la surprise est venue de là : malgré le manque de conditions, Elias est parvenu à enchaîner toute la section de départ du 9A.

J’ai réussi à grimper toute la partie basse. La prochaine étape sera de connecter les deux sections. Il reste encore beaucoup de travail, et c’est ça qui est beau !

Elias Iagnemma

Il ne manque donc plus “que” la connexion pour voir Elias signer un nouveau bloc dans le neuvième degré, ce qui serait déjà le quatrième de sa carrière après “Burden of Dreams” 9A, “The Big Slamm” 9A (dont il a signé la première ascension) et “Exodia” 9A+.

Affaire à suivre donc…


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INTERVIEW – Elias Iagnemma et la naissance du premier 9A+ bloc au monde

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Les Championnats de France jeunes de bloc 2026 c’est ce week-end !

06 Fév

Avant de laisser place aux seniors le week-end prochain, c’est la relève de l’escalade française qui sera sous les projecteurs ces prochains jours. Ce week-end, les Championnats de France jeunes de bloc 2026 se déroulent à Mâcon, au sein de la salle Edenwall, avec en ligne de mire les titres nationaux dans chaque catégorie.

Organisée par la FFME, la compétition est accueillie par le club Ready To Grimpe, qui recevra pendant deux jours les meilleurs jeunes grimpeurs et grimpeuses de l’Hexagone. Les catégories U15, U17 et U19, chez les femmes comme chez les hommes, se disputeront le trophée de champion(ne) de France.

Pour accéder à ce rendez-vous national, la sélection s’est opérée selon différents critères, mêlant performances lors des demi-finales nationales et classement fédéral :

  • Les 18 meilleurs grimpeurs issus de la ½ finale Nord du Championnat de France de bloc 2026, disputée à Chaumont
  • Les 18 meilleurs grimpeurs issus de la ½ finale Sud, organisée à Chamonix Mont-Blanc
  • Les 50 premiers inscrits figurant sur la liste Équipe de France bloc 2025–2026
  • Les 50 premiers inscrits de la liste préqualifiée via les Coupes de France, en vue du Championnat de France de bloc jeunes 2026

Le programme

Le programme s’annonce dense, avec des finales réparties sur les deux journées :

Samedi 7 février 2026

9h00 – 12h50 : Qualifications U17 Femmes & Hommes
14h10 – 18h00 : Qualifications U15 Femmes & Hommes
20h15 – 21h30 : Finales U17 Femmes & Hommes

Dimanche 8 février 2026

8h30 – 12h30 : Qualifications U19 Femmes & Hommes
14h30 – 15h45 : Finales U15 Femmes & Hommes
17h15 – 18h30 : Finales U19 Femmes & Hommes

Un événement ouvert à tous… et en direct

Pour les spectateurs, l’accès à la salle est libre tout le week-end. Une buvette sera également disponible sur place pour profiter pleinement du spectacle et encourager les compétiteurs dans une ambiance conviviale.

Et pour celles et ceux qui ne pourront pas faire le déplacement à Mâcon, les finales de la compétition seront diffusées en direct. Le live sera à suivre tout au long du week-end sur la chaîne YouTube du club Ready To Grimpe, permettant de ne rien manquer des finales.

Live des finales U17 

Live des finales U15 et U19

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Zach Galla s’offre l’un des plus gros highballs de la planète : “C’est probablement le bloc le plus pur qui existe !”

05 Fév

Nouvelle ligne de prestige au palmarès déjà bien garni de Zach Galla. Il y a quelques jours, l’Américain de 25 ans a enchaîné “Lucid Dreaming” 8C, l’un des highballs les plus emblématiques et redoutés de la planète, situé à Bishop, en Californie.

Situé sur le mythique bloc de Grandpa Peabody, “Lucid Dreaming” est un condensé de tout ce que Bishop a de plus exigeant à offrir : un départ assis ultra-intense, une séquence de deux mouvements parmi les plus durs jamais proposés à ce niveau, puis une sortie en dalle engagée, à plus de quinze mètres du sol.

C’est probablement le bloc le plus pur qui existe. J’avais l’impression de rêver !

Zach Galla

Ouvert en 2010 par Paul Robinson, qui proposait initialement la cotation 8C+, le bloc sera finalement rétrogradé à 8C avant même sa première répétition. Il faudra attendre quatre ans pour voir Daniel Woods signer la seconde ascension. Depuis, “Lucid Dreaming” est devenu une véritable référence, répétée par une poignée de grimpeurs d’exception comme Alex Megos, Jimmy Webb, Sean Bailey, Toru Nakajima ou encore Lee Sungsu. Megos déclarait d’ailleurs après son ascension en 2015 qu’il s’agissait du « projet le plus long de sa carrière », comparant la sensation du top à celle vécue dans “Action Directe”.

© West of Here

Pour Zach Galla, l’histoire avec “Lucid Dreaming” s’est écrite dans la durée. Un bloc souvent essayé, longtemps apprivoisé… mais jamais réellement attaqué jusqu’à cette saison.

À chaque fois que je venais à Bishop, je testais toujours “Lucid Dreaming” pour voir où j’en étais. J’avais assez vite compris les mouvements individuellement, mais le lien me semblait trop insaisissable pour y consacrer réellement du temps. Cette fois, je me suis senti beaucoup plus à l’aise dans les positions, et j’ai réussi à tout lier après deux courtes sessions, lors de mon deuxième vrai essai d’enchaînement.

Zach Galla

Cette nouvelle croix s’inscrit dans une dynamique impressionnante. En décembre dernier, l’Américain avait déjà marqué les esprits en enchaînant deux 9A en l’espace d’une semaine à Red Rock : “Shaolin” de Sean Bailey, puis “Return of the Sleepwalker” de Daniel Woods. Quelques mois plus tôt, il répétait également “Hypnotized Minds”, premier 8C+ américain, ainsi que plusieurs autres classiques du très haut niveau.


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« Quelle bataille ! » : Zach Galla enchaîne son premier 9A bloc

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L’Ukrainienne Jenya Kazbekova renoue avec le 8c+… quatre mois après avoir accouché !

04 Fév

Seulement quatre mois après avoir donné naissance à son premier enfant, Jenya Kazbekova a de nouveau tutoyé son plus haut niveau. Il y a quelques jours, la grimpeuse ukrainienne a enchaîné “Necessary Evil” 8c+, l’une des voies les plus emblématiques de la Virgin River Gorge, en Arizona.

Un retour au sommet aussi rapide que symbolique, au croisement de la maternité et de la performance de haut niveau.


Le déclic s’était produit bien plus tôt… Dix semaines seulement après son accouchement, Kazbekova surprenait déjà en enchaînant à vue “Perfect Child” 7c+ dans l’Utah, une voie libérée par Lynn Hill. Une réussite ponctuée d’un cri de joie… qui réveilla immédiatement sa fille, Taya, blottie dans les bras de son compagnon au pied de la falaise !

Une scène à la fois cocasse et révélatrice : la maternité serait désormais indissociable de son parcours de grimpeuse.

© Coll. Kazbekova

Née à Dnipro, en Ukraine, Jenya Kazbekova est issue d’une véritable lignée de grimpeurs. Sa grand-mère, Valentyna Kurshakova, fut championne d’URSS en grandes voies de vitesse sur le rocher de Crimée. Ses parents, Nataliia Perlova et Serik Kazbekov, ont tous deux brillé sur le circuit international. Sa mère, notamment, a signé certaines de ses meilleures performances après être devenue maman.

Très jeune, Kazbekova se distingue sur le rocher. À seulement 12 ans, elle devient la plus jeune femme à grimper dans le 8a+/8b en Crimée. Plus tard, elle revendique la première ascension féminine de “The Güllich” 8c+, sa première dans ce niveau. Presque dix ans plus tard, “Necessary Evil” deviendra son deuxième 8c+.

“Necessary Evil”, une obsession mise entre parenthèses

L’idée de tenter “Necessary Evil” avait germé avant même sa grossesse. Après les Jeux Olympiques de Paris 2024, Jenya souhaitait se recentrer sur la falaise. Les lignes calcaires du désert de l’Utah lui rappelaient celles de la Crimée, où elle a grandi.

© Jeremiah Watt

Ouverte en 1997 par un certain Chris Sharma alors âgé de 15 ans, “Necessary Evil” est devenue une référence absolue d’Arizona. Michaela Kiersch en signe la première ascension féminine en 2018, suivie de Paige Claassen moins de 24 heures plus tard. Une voie exigeante, verticale, aux prises minuscules et aux pieds fuyants, avec deux crux bien marqués, dont un bon pas de bloc au départ qui vaut 7C+.

Mais la grossesse repousse le projet.

Grossesse, entraînement et retour express

Dès son premier trimestre de grossesse, Kazbekova s’entoure de Joy Black, coach spécialisée dans l’entraînement des grimpeuses enceintes et en post-partum. Résultat : elle grimpe jusqu’à plus de 42 semaines de grossesse (littéralement jusqu’au jour de son accouchement) puis reprend l’entraînement trois semaines après la naissance.

© Jeremy Huckin

« La grossesse transforme absolument tout dans ton corps », confie-t-elle. Si la récupération est progressive, la force du haut du corps tarde à revenir. Mentalement aussi, tout change. Avec un nourrisson au pied des voies, la concentration prend une autre dimension. “Même entourée, le “mode maman” ne se désactive jamais vraiment”, avoue Jenya.

Quand j’ai dit pour la première fois à Joy Black que je voulais essayer ce 8c+, je m’attendais à entendre : « Tu es folle ou quoi ? ». J’avais accouché en août, donc l’idée ne semblait pas vraiment raisonnable… À la place, elle m’a répondu : « OK, on y va ».

Jenya Kazbekova

 

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Une publication partagée par Jenya Kazbekova (@jenya_kazbekova)

Le combat final

Le mois dernier, Jenya retourne à la Virgin River Gorge. Le froid, le vent, la fatigue et le doute s’installe. Elle enchaîne les chutes sur le premier crux, incapable de tenir les prises tant sa peau lui fait mal. À plusieurs reprises, elle pense renoncer.

Puis vient le déclic mental. « Cette douleur, c’est quelque chose que j’ai choisi », se répète-t-elle. Une manière de reprendre le contrôle. Sa grimpe devient alors plus posée. Et comme souvent, la magie de l’escalade opère : lors de sa dernière journée, à son dernier essai, tout s’aligne. Elle passe le premier pas de bloc, puis sort du second crux, enchaîne les derniers mouvements et clippe le relais, peu avant le coucher du soleil.

© Coll. Kazbekova

Avant de crier, elle jette un coup d’œil en bas. Sa fille n’est pas en train de dormir. Alors seulement, elle se lâche.

« Allez, Mama »

Avec cet enchaînement, Jenya Kazbekova signe l’un des exploits post-partum les plus marquantes de l’Hhistoire de l’escalade. Si aucune statistique officielle ne permet d’affirmer qu’il s’agit du 8c+ le plus rapide après un accouchement, la performance est immense.

Je l’ai fait… 8c+, quatre mois après la naissance de Taya. L’une des voies les plus dures que j’aie jamais grimpées, réalisée en cinq jours. Comme le dit souvent Joy : quelque chose vaut toujours mieux que rien. Tout le travail compte, avant la grossesse, pendant, et après l’accouchement.

Jenya Kazbekova

© Jeremiah Watt

Soutenue par sa famille et son compagnon Jeremy Huckin, Kazbekova incarne une vision moderne de la maternité dans le sport de haut niveau. « Allez, Mama », se répète-t-elle désormais avant chaque combat.

La suite ? De nouveaux projets en falaise, un retour progressif en compétition, et toujours la même détermination à représenter l’Ukraine sur la scène internationale, avec en ligne de mire, peut-être, les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028.


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