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Author Archives: Charles Loury

Marceau Garnier et Capucine Viglione champions de France de vitesse 2026

24 Mar

Capucine Viglione et Marceau Garnier ont remporté, samedi 21 mars à Troyes, les titres de championne et champion de France de vitesse 2026. Les deux athlètes repartent donc avec la médaille d’or ce qui leur permet de lancer de la meilleure des manières leur saison 2026.

Capucine Viglione reprend son titre

Chez les femmes, le scénario rappelle celui de l’an dernier : Capucine Viglione et Manon Lebon se retrouvent en finale. Cette fois, Capucine prend sa revanche et s’adjuge le titre national. Manon décroche l’argent, tandis que Louise Fontaine complète le podium et s’offre également le titre U21.

Pour Capucine Viglione, cette victoire s’inscrit dans une dynamique enclenchée depuis plusieurs mois. Arrivée en confiance, elle cherchait avant tout à valider en compétition les sensations acquises à l’entraînement. « Me sentir bien à l’entraînement, c’est une chose. Après, il faut le mettre en pratique en compétition. »

Très vite, elle comprend que la journée peut tourner en sa faveur. « J’ai tout de suite senti sur le mur que j’allais pouvoir aller vite. » La particularité du jour : un format extrêmement condensé, avec practices, qualifications et finales enchaînées en à peine une heure. Un rythme inhabituel, mais qui va finalement servir la Française.

« Je n’ai pas eu le temps de réfléchir… je suis restée dans le même état d’esprit du début à la fin. »

Elle enchaîne les runs solides et confirme en finale. Au-delà du titre, c’est aussi le chrono qui marque les esprits : 6’’46, un nouveau cap franchi et un nouveau record de France. « J’avais pour objectif de passer sous les 6’’50… c’est fait. »

© FFME

Marceau Garnier s’impose dans une finale mouvementée

Chez les hommes, la compétition est également relevée. Jérôme Morel signe le meilleur temps des qualifications et établit un nouveau record de France en 4’’99, confirmant son statut de référence chronométrique. Mais en vitesse, tout le monde sait que rien n’est jamais écrit.

Dans le dernier carré, Marceau Garnier, Aurélien Gayrard, Léo Grosset et Jérôme Morel se disputent la demi finale. Il n’en restera que deux. En finale, Garnier s’impose face à Morel, victime d’une zipette dès le début du run. Léo Grosset complète le podium à l’issue de la petite finale.

Pour Marceau Garnier, cette victoire est avant tout une délivrance. Après plusieurs saisons frustrantes, il parvient enfin à concrétiser. « C’est mon premier titre… ça fait 9 ans que je fais de la vitesse. » La journée n’avait pourtant pas parfaitement commencé. Durant plusieurs runs, il cherche ses sensations. « J’ai mis du temps à trouver des sensations… j’avais du mal à me lâcher. » Mais il reste propre, efficace, et progresse tour après tour. « Ce n’est qu’à la fin que je commence à faire des chronos corrects. »

Son objectif initial était ailleurs — battre le record de France — mais il repart avec l’essentiel. « Mon objectif principal, c’était le chrono… mais le titre, c’est vraiment cool. »

© FFME

Une hiérarchie en mouvement

Ces Championnats de France 2026 confirment une chose : la vitesse française continue de se structurer. Chez les femmes, Capucine Viglione reprend la titre avec un chrono en progression, mais Manon Lebon reste une adversaire directe, et Louise Fontaine pousse fort derrière.

Chez les hommes, la densité est également très marquée : Marceau Garnier s’impose, Jerome Morel frappe fort au chrono, et le podium reste ouvert.

Pour Capucine, la suite est déjà en ligne de mire : « Je me sens prête… on verra ce que ça donne sur les compétitions internationales. » Même constat du coté de Marceau, pour qui ce titre valide aussi une sélection importante : « Je sais que je vais pouvoir faire des compétitions internationales cette année. »

À Troyes, les titres sont tombés. Mais plus encore, c’est une saison qui vient réellement de commencer.

La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • La sélection de la Rédac
  • Des contenus en avant-première
  • Les coulisses et réflexions
  • Et selon les sujets, des questions pour ouvrir le débat
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

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Wall Test Planetgrimpe : inscris toi pour tester le chausson La Sportiva Skwama Lite !

20 Mar

Chez Planetgrimpe, on parle de matériel toute l’année. Mais une bonne paire de chaussons, un baudrier ou une corde, ça ne se juge pas sur une fiche technique ou une prise en main de cinq minutes.

C’est pour ça que nous avons lancé les Wall Test Planetgrimpe.


Le principe est simple :

  • Ce sont les grimpeuses et grimpeurs de la communauté PG qui testent le matériel, en conditions réelles, dans leurs salles, sur leurs projets, avec leur pratique et leurs sensations. Pas de tests en labo. Pas d’avis formatés. Du terrain, du vécu, du concret.
  • On vous envoie des produits, vous les testez en détails, vous nous faites un retour complet et vous gardez les produits !

Wall Test du moment : La Sportiva Skwama Lite

Pour ce nouveau Wall Test, nous avons choisi le La Sportiva Skwama Lite, une version plus accessible du célèbre Skwama.

Sans entrer dans un test avant l’heure, quelques repères pour situer le modèle : pensé pour les grimpeur·euse·s qui franchissent un cap dans la difficulté, le Skwama Lite mise sur un équilibre réussi entre précision et confort. Moins exigeant que le Skwama classique, il reste néanmoins performant sur les prises techniques tout en offrant un meilleur confort au quotidien.

Un positionnement intéressant pour celles et ceux qui veulent progresser sans sacrifier les sensations ni la tolérance sur des sessions longues.

Petit +, Le modèle existe en version femme et en version homme.

L’objectif du Wall Test n’est pas de dire s’il est “bon” ou “mauvais”, mais de comprendre : pour qui il fonctionne vraiment, dans quelles pratiques, et avec quelles limites.

Comment participer à ce Wall Test ?

Vous voulez tester les chaussons La Sportiva Skwama Lite ? Voici comment ça se passe :

Candidatures ouvertes jusqu’au : vendredi 17 avril inclus (formulaire d’inscription juste en dessous)
Nombre de testeurs sélectionnés : 2

Le produit est envoyé gratuitement aux testeurs sélectionnés
Le test se déroule en conditions réelles, sur plusieurs semaines
Un retour structuré et argumenté est demandé (voir charte ci-dessous)

Ce que nous recherchons avant tout : des avis honnêtes, nuancés et contextualisés

⚠️ Attention, pour vous inscrire, vous devez déjà avoir publié un test personnel sur Planetgrimpe. ⚠️

👉 Voici un exemple de test qui pourrait retenir notre attention et vous permettre de participer aux Wall Test. Nous attirons votre attention sur le fait qu’un test personnel avec moins de 500 mots ne permettra pas de remplir les critères de participation au Wall Test. De plus, nous apportons une attention toute particulière à la structuration de votre test et à l’orthographe.

Ce que vous y gagner à tester du matériel

Participer à un Wall Test Planetgrimpe, c’est :

  • tester un produit dans des conditions réelles, sur la durée
  • voir son test publié sur Planetgrimpe, avec votre nom
  • contribuer à une démarche éditoriale indépendante et reconnue
  • aider la communauté à faire des choix plus éclairés

 À l’issue du test, le produit est conservé par le/la testeur·se.

Formulaire d’inscription

Merci de remplir le formulaire avec soin. Les candidatures incomplètes ou trop succinctes ne seront pas retenues.

Prénom et Nom
Insérer le lien d'un test déjà publié sur Planetgrimpe.

Pour les Wall Test, nous sélectionnons uniquement les candidatures de grimpeurs et grimpeuses ayant déjà publié un test personnel sur Planetgrimpe (500 mots minimum).

Cela nous permet de mieux apprécier vos qualités éditoriales et votre capacité à produire un retour structuré et publiable.
Discipline(s) pratiquées régulièrement
Niveau approximatif
Vous pratiquez le plus souvent ...
Explique nous ta motivation en quelques lignes
N'hésitez pas à en essayer une paire en magasin au préalable pour ne pas faire d'erreur.
Charte des Wall Test
Engagement

Préambule
Les Wall Tests Planetgrimpe ont pour objectif de proposer des retours matériels utiles, honnêtes et contextualisés, issus du terrain et pensés pour aider les grimpeurs et grimpeuses à faire des choix éclairés.

Cette charte fixe le cadre commun que chaque testeur et testeuse s’engage à respecter. Elle garantit la crédibilité éditoriale, la cohérence des contenus, et la confiance des lecteurs.

Participer à un Wall Test implique l’acceptation pleine et entière des règles ci‑dessous.

1. Esprit général des Wall Tests

Un Wall Test n’est ni une publicité, ni une fiche produit, ni un avis à chaud. C’est un retour d’expérience argumenté, ancré dans une pratique réelle, qui doit répondre à trois questions simples :

  • Quoi ? (présentation du produit)
  • Pour qui ? (profil du grimpeur, niveau, pratique)
  • Dans quel contexte ? (type de mur, falaise, fréquence, durée)
  • Pourquoi ? (ce que le produit apporte – ou non – par rapport aux usages)

L’objectif n’est pas de dire qu’un produit est « bon » ou « mauvais », mais de comprendre ce qu’il fait, ce qu’il change, et pour qui il est pertinent.

2. Transparence et honnêteté

Le testeur s’engage à :

  • Donner un avis sincère, personnel et argumenté
  • Mentionner aussi bien les points forts que les limites du produit
  • Éviter toute complaisance, exagération ou langage purement promotionnel
  • Un produit peut être bon dans certains usages et moins adapté dans d’autres : c’est précisément ce que le Wall Test doit faire ressortir.

👉 Un avis nuancé est toujours préférable à un avis tranché mais creux.

3. Contexte de test obligatoire

Chaque Wall Test doit impérativement préciser

Le profil du testeur :

niveau approximatif
type de pratique (bloc, voie, salle, falaise, compétition, loisir, etc.)
Le cadre du test :

salle(s) ou site(s) utilisés
type de prises, de murs ou de rocher
durée du test (nombre de séances, période)
Sans contexte clair, le test perd une grande partie de sa valeur.

4. Exemple de structure pour Wall Test

Sans être figée, la structure suivante peut vous aider à formaliser votre test :

  • Introduction

Présentation du produit (technique, design, positionnement)
Comment il a été testé (cadre, environnement, durée)
Objectif du test (tester l’adhérence de cette nouvelle gomme, ce nouveau talon innovant, …)

  • Profil du testeur

Morphologie du pied (pour les tests chaussons et chaussures d’approche)
Niveau et pratique (salle, falaise, bloc, grande voie, …)
Fréquence d’utilisation

  • Sensations et usage réel

Ce qui fonctionne bien
Ce qui fonctionne moins bien
Évolution dans le temps
Comparaison avec des produits similaires

  • À qui s’adresse ce produit ?

Profils / pratiques pour lesquels il est pertinent
Profils / pratiques pour lesquels il l’est moins

  • Conclusion

Synthèse honnête et nuancée
Ce que le produit apporte (ou non) à la pratique

Nous attendons un test précis et complet de 800 mots minimum.

5. Ton et style éditorial

Les Wall Tests Planetgrimpe doivent être :

  • Accessibles : compréhensibles par tous les grimpeurs
  • Naturels : écrits comme on parlerait à un partenaire de grimpe
  • Pédagogiques : expliquer les sensations, pas seulement les décrire

À éviter absolument :

  • Le jargon trop marketing
  • Les copier‑coller de discours de marque
  • Les superlatifs vides (« incroyable », « révolutionnaire », etc.)

6. Indépendance vis‑à‑vis des marques

Même lorsque le produit est fourni par une marque partenaire :

  • Le contenu reste éditorialement indépendant
  • La marque n’a pas de droit de validation sur le fond du test
  • Le testeur n’est jamais tenu de formuler un avis positif
  • Cette indépendance est une condition essentielle de la crédibilité des Wall Tests.

7. Visuels et illustrations

Des photos doivent être fournies :

  • Elles doivent présenter le produit sous différents angles
  • Elles doivent représenter le produit en situation réelle d’usage
  • Les photos doivent respecter le droit à l’image et la sécurité
  • Planetgrimpe se réserve le droit de sélectionner ou recadrer les visuels pour cohérence éditoriale.

8. Responsabilité et validation

En participant à un Wall Test, le testeur :

  • Assume la responsabilité de son propos
  • Accepte de respecter une deadline pour rendre son avis (6 semaines en moyenne)
  • S’engage à relire attentivement son contenu avant publication
  • Accepte les ajustements éditoriaux (orthographe, clarté, structure)
  • Les modifications de fond ne sont jamais faites sans échange avec le testeur.

9. Engagement du testeur

Participer à un Wall Test Planetgrimpe, c’est :

  • Contribuer à une démarche collective et qualitative
  • Aider la communauté à mieux choisir son matériel
  • Défendre une vision exigeante et honnête du test produit

La confiance des lecteurs est la valeur centrale des Wall Tests. Merci de la respecter et de la faire vivre.

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  • # Actualités PG

“Climb With Us”, de la passion à l’accompagnement professionnel

19 Mar

Un groupe d’amis, experts de la verticalité, qui échangent, réfléchissent et s’associent pour créer une entreprise dédiée à faire briller les valeurs de l’escalade.

Le contexte : Fontainebleau 2017

C’est en 2017 que l’idée commence à émerger. Des amis grimpeurs et professionnels du milieu se retrouvent régulièrement pour grimper ou après le travail. Au fil des sessions de grimpe, les discussions s’étendent naturellement au-delà des blocs : ouverture, encadrement, développement de la pratique…

À force d’échanges et de réflexions partagées, une vraie envie commence à prendre forme : structurer ces compétences et ces expériences au sein d’un projet commun. Ce sera le point de départ de CWU. Les objectifs sont simples : continuer à pratiquer leur passion, respecter leurs valeurs et apporter quelque chose à ce milieu de la grimpe qui leur a permis de s’épanouir.

La naissance : Climb With Us et ses huit acteurs

L’histoire commence à l’initiative de Nicolas Grière, qui a su rassembler ces passionnés autour de ce qui les anime le plus : l’escalade.

Grimpeur d’expérience, il sait être polyvalent et a construit son expérience dans la pratique de l’escalade outdoor à Fontainebleau. Expert des écoles d’escalade, il a su en développer plusieurs et nombre de grimpeurs parisiens sont… passés entre les mains de Nicolas ! C’est le doyen de CWU et fort de son vécu, il transmet son savoir avec la meilleure pédagogie possible, acquise lors de ces nombreuses années d’exercice en tant que BE.

Si vous souhaitez découvrir la forêt de Fontainebleau, connaître son histoire et profiter d’un bon moment, Nicolas est la personne qu’il vous faut.

La suite s’écrira avec un homme dont la renommée n’est plus à faire : Alban Levier.

Ce nom vous parle certainement, lui qui aura ramené bien des médailles sur sa cheminée (dont une victoire en Coupe du Monde de bloc, en 2015), lui qui ne sait plus que faire de ses carnets de croix débordants, lui qui aura contribué à la création de l’identité de Vertical Art sur toute la partie escalade.

Mais surtout, Alban aura été l’un des acteurs clés de l’organisation des épreuves d’escalade lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 et son rôle de Manager des Opérations Techniques Escalade.

Pour résumer, ce qu’il fait, il le fait à fond !

Désormais aux manettes du pôle Conseil et de la gestion de CWU, il saura répondre à la plupart de vos demandes ou interrogations. Si vous cherchez un expert pour vous accompagner dans votre projet, et vous aider à réaliser la salle de vos rêves, n’hésitez pas longtemps : quelle que soit la situation, Alban est l’homme de la situation.

Dans son sillage, il entraînera deux de ses partenaires de compétition : Yohann Dechamps et Kentin Boulay.

Le premier, véritable globe-trotteur, cumule les voyages comme les expériences ! Suite à ses succès de jeune compétiteur (Champion d’Europe de bloc jeune en 2013), il va très vite se tourner vers le milieu de l’ouverture. Il s’y fait rapidement une place, car c’est un véritable génie de la visseuse, avec des idées plein la tête quand il s’agit de pousser “le concept et le design”.

Si vous souhaitez optimiser l’ouverture de votre compétition, faire progresser vos adhérents ou encore surprendre votre clientèle habituelle par une grimpe originale, Yohann sera là pour vous !

Le second, de partout et de nulle part, a grandi dans le Sud, pour revenir s’installer vers Fontainebleau, et enfin finir à Grenoble… pour l’instant ! Il a trouvé un sens à tous ces déplacements, entre les falaises du Sud, les blocs de Bleau et les sommets alpins, vous vous doutez que son bagage en grimpe est chargé d’expérience.

Kentin s’est fait connaître pour avoir entraîné avec brio l’équipe de France jeune de Bloc (de 2019 à 2023). Chef ouvreur national aux multiples expériences, et entraîneur Haut-Niveau diplômé du DESJEPS, il se concentre aujourd’hui sur les projets qui l’inspirent.

Si vous cherchez l’expérience et que vous voulez être sûr de la qualité, demandez Kentin !

En 2019, pour compléter l’équipe parisienne, Rémi Pelletier et Jarno Zwiebel sont venus renforcer les rangs et apporter leur touche de rigueur et d’objectivité !

Pendant que l’un parcourt le monde des compétitions, en faisant vibrer les publics, tout en partageant sa passion au micro des plus grands évènements escalade en tant que speaker, l’autre sillonne les routes et les falaises européennes, avec son van et sa sagesse, en affûtant perpétuellement la force de son esprit !

Avec leurs parcours variés, en France et à l’étranger, ce binôme de couteaux suisses se retrouve tout aussi bien une visseuse à la main, qu’à encadrer une séance ou à gérer la comptabilité de Climb With Us.

Sur scène le week-end et derrière son ordinateur la semaine, Rémi saura vous accompagner dans vos demandes, avec bienveillance, et dans une ambiance toujours chaleureuse.

Quant à Jarno, lorsqu’il n’est pas en train de répondre aux mails ou d’encadrer un stage de danse verticale, il pourra réouvrir les 80 voies de votre SAE.

En 2023, sous l’impulsion de Kentin, une nouvelle antenne CWU voit le jour à Grenoble. L’occasion d’accueillir deux autres noms connus du milieu de l’escalade : Sébastien Valran et Julien Forgue.

Sébastien a lui aussi porté le maillot tricolore, lorsque son menton n’arborait pas encore sa barbe actuelle. Entraîneur diplômé, ayant travaillé avec les équipes de France, et chef ouvreur national, il possède une vision bien à lui de la verticalité.  Vision qu’il aura su aiguiser chez le mastodonte commercial Climb Up, où Seb a été directeur national des ouvertures pendant 3 ans, portant des projets fous, comme la gigantesque salle d’Aubervilliers.

Si vous souhaitez de l’authenticité et donner vie à des projets d’ampleur, Sébastien sera là pour répondre à vos projets de création aux côtés d’Alban.

Julien, vous l’avez certainement déjà entendu râler dans un bloc ou sur les tapis !

Râleur oui, mais grimpeur aguerri dans tous les styles et tous les milieux, cet ouvreur national et DEJEPS Escalade milieux naturels est l’un des plus grands amoureux de la forêt de Fontainebleau. Visionnaire dans ses ouvertures millimétrées, son caractère exigeant aura donné une véritable identité aux salles dans lesquelles il a œuvré en tant que chef ouvreur (MRoc Part-Dieu et Au Perchoir).

Pour une ouverture esthétique, une répartition optimale et une grimpe agréable vous pourrez toujours compter sur Julien !

Pour résumer, Climb With Us rassemble non seulement des amis, mais surtout des grimpeurs, tous spécialistes dans leurs domaines et capables de travailler en synergie pour sublimer leurs projets.

Ces huit passionnés se partagent entre deux pôles géographiques bien marqués, mais rayonnent sur tout le territoire, grâce à un carnet d’adresse bien fourni qui comprend les plus grands experts du monde de l’escalade.

L’objectif : du groupe d’amis aux professionnels aguerris. 

Forts de leurs expériences respectives, ils accompagnent aujourd’hui nombre de projets sur le territoire, toujours avec les mêmes valeurs qui ont su les distinguer.

La qualité, que ce soit dans l’ouverture, l’organisation ou dans l’accompagnement, la team CWU a pour mot d’ordre le professionnalisme.

Enrichis de leurs relations et de la connaissance du monde de l’escalade, ils poussent toujours les curseurs le plus loin possible :

  • Sélectionner les ouvreurs les plus en lien avec le projet demandé.
  • Optimiser les organisations d’évènements.
  • Dimensionner correctement chaque projet.
  • Mettre en valeur l’escalade et faire briller ce sport.

En clair, toujours être à l’écoute du client et rechercher le meilleur fonctionnement possible. L’adaptation et l’optimisation, que ce soit pour accompagner un club dans sa commande de prises ou aider un groupe commercial dans la création de son plus gros événement, la team CWU va toujours être là pour conseiller au mieux et individualiser chaque projet.

Concrètement, ils font quoi chez Climb With Us ?

Les trois pôles majeurs : Ouverture / Conseil / Encadrement

Pôle Ouverture : 

L’expérience de CWU dans l’ouverture n’est plus à prouver, cette équipe compte dans ses rangs nombre de chefs ouvreurs nationaux. Aux manettes du pôle parisien, Yohann Dechamps et Alban Levier sont les maîtres de la visseuse.

Au sein de la capitale des Alpes, c’est Kentin Boulay qui opère pour composer les équipes et s’adapter à chaque projet :

  • Ouverture en club pour proposer un apprentissage pédagogique de qualité afin de faire progresser vos pratiquants dans tous les styles de grimpe et donner matière à des cours de qualité.
  • Ouverture en salle commerciale pour amener une réelle diversité dans le circuit, captiver les débutants et calibrer le niveau pour être en phase avec les attentes des pratiquants et pratiquantes.
  • Ouverture en compétition, connaissant les athlètes, ils sont capables d’ajuster finement le niveau et tendre vers le plus beau spectacle possible.

Chez CWU, l’ouverture, ils l’ont vécue étant jeunes compétiteurs, ils accompagnent maintenant le développement et la professionnalisation de ce secteur.

Ce métier d’ouvreur est assez récent et les formations concrètes et qualitatives pour travailler dans les salles privées ne courent pas les rues. Certains salariés ont envie d’aller plus loin, de casser leurs routines de travail et d’explorer les possibles sans réduire leur efficacité.

L’accompagnement et l’expérience des ouvreurs de CWU peuvent faire une différence et permettre à votre lieu de pratique d’évoluer et de gagner en qualité !

Ils sont aujourd’hui friands de transmettre, partager leur savoir, former celles et ceux qui demain proposeront à leur tour les plus beaux mouvements de leur salle.

© Mélodie Chum

Pôle Conseil : 

Quel grimpeur ou grimpeuse n’a jamais rêvé, l’espace d’un instant, d’ouvrir sa propre salle d’escalade, de porter son propre projet, de faire vivre sa raison de la verticalité ? Envie de longue date ou coup de foudre irrationnel, comment donner vie à votre idée ?

Le monde de l’escalade a bien changé ces 30 dernières années. Un certain « standing » s’est installé dans le milieu, même si différents modèles de fonctionnement existent encore !

Comment s’y retrouver dans toutes ces options possibles, étude de marché, business plan ? Comment optimiser mes achats et choisir parmi tous ces constructeurs de murs, ces fabricants et revendeurs de prises ? Comment recruter une équipe compétente et qualifiée ?

Depuis quelques années maintenant, CWU propose un accompagnement personnalisé pour la création de nouveaux projets ou pour l’optimisation de salles existantes.

Porté par Alban et Sébastien, ce pôle s’est constitué pour mettre au service des salles, des clubs, ou des projets individuels, leur savoir-faire, accumulé au fil des années, et leur expérience dans l’ouverture de nouvelles salles aux modèles variés.

Aujourd’hui CWU est capable de vous apporter une expertise concrète pour construire votre Business Plan, autour du design de vos murs, de votre sélection de prises ou encore pour le recrutement de vos futures équipes.

Encore une fois, la personnalisation et l’adaptation sont les maîtres mots.

Parmi plusieurs projets accompagnés en France, CWU collabore en Île-de-France avec Climb Arena dans le Val-d’Oise (design des murs, commandes de prises, structuration de l’ouverture et événements). En région Auvergne-Rhône-Alpes, CWU a travaillé avec Le Topo Mont-Blanc sur l’optimisation des espaces, le matériel et les équipes, et accompagne également le groupe ABlok sur l’encadrement, l’ouverture et leurs événements. D’autres projets sont actuellement en préparation en France.

© Victor Lami

Pôle Encadrement : 

Pôle emblématique de CWU car c’est avec lui qu’est née l’idée de ce regroupement !

Il est mené d’une main experte par Nicolas pour les sorties en extérieur dans la mythique forêt de Fontainebleau. Des clubs franciliens sollicitent également CWU pour assurer la continuité pédagogique de leurs écoles d’escalade.

Julien prend les commandes de cette partie à Grenoble avec, entre autres, la mise en place de cycles de progression sur des thématiques clairement identifiées dans les salles du groupe ABlok.

Vous l’aurez certainement compris dans l’article, mais toute l’équipe de CWU vibre et pratique dans son quotidien l’escalade en extérieur, mais pas que…

CWU ce sont aussi des professionnels diplômés en canyon, en parapente, capables de vous emmener en grande voie, en montagne. Alors, si comme eux, vous souhaitez combiner vos pratiques, n’hésitez pas à leur écrire pour donner vie à un week-end/stage sur mesure qui répondra à toutes vos envies !

“On fait le bilan, calmement…”

Climb With Us, c’est un noyau dur de huit membres, mais c’est aussi des dizaines d’indépendants rigoureux et rigoureuses. C’est grâce au professionnalisme de tous ces prestataires que CWU rayonne tant dans le paysage de la grimpe en France.

C’est avec beaucoup de reconnaissance que CWU continue de collaborer avec ces professionnels, clients ou prestataires, travaillant main dans la main pour promouvoir et faire briller l’escalade !

Fontainebleau 2025,

À l’occasion de leur meeting annuel dans la demeure de Monsieur Levier, on retrouve nos 8 compères, accompagnés d’une nouvelle tête, celle de Morgane, chargée de communication. Après une journée sur les ordinateurs, les PowerPoint et autres tableurs Excel sont maintenant fermés. C’est le moment du bilan et l’heure de la projection sur l’année à venir…

Qu’est-ce que nous réserve cette nouvelle entité pleine de ressources et en pleine évolution ? L’équipe grandit mais les mêmes valeurs brillent toujours dans leurs cœurs, un amour inconditionnel pour l’escalade guide cette entreprise. Le sourire aux lèvres, la main sur la visseuse, toujours une paire de chaussons dans le sac.

Voilà peut-être en quelques mots comment décrire au mieux Climb With Us.

Envie de découvrir l’univers de Climb With Us ? https://www.climbwithus.fr/ 
et notre mail si possible : contact@climbwithus.fr

 

– Article réalisé en collaboration avec Climb With Us –

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Analyse | Pro Climbing League : un nouveau format qui interroge l’avenir des compétitions d’escalade

16 Mar

Deux blocs identiques. Deux grimpeur·euse·s face à face. Un vainqueur immédiat.

Avec la Pro Climbing League, lancée le week-end dernier et portée par Red Bull, l’escalade expérimente un format pensé pour être clair, rapide et intense. Ici, pas de calcul complexe ni de classement difficile à suivre : le public comprend en quelques secondes ce qui se joue.

Depuis son entrée aux Jeux Olympiques, l’escalade a changé de dimension. Plus visible, plus professionnelle, plus structurée. Le sport grandit, et vite. Mais la Pro Climbing League pose une question plus large qu’un simple changement de format. Comment un sport encore jeune à l’échelle mondiale doit-il organiser sa croissance ? Faut-il accélérer en s’appuyant sur des acteurs privés capables d’investir massivement dans la production et la narration ? Ou préserver un développement plus progressif, porté avant tout par le modèle fédéral ? La question n’est peut-être pas de savoir si l’escalade doit devenir un “grand sport”, mais plutôt comment grandir sans perdre l’équilibre qui a façonné son identité ?

L’escalade n’est peut-être pas à un tournant décisif, mais elle traverse clairement un moment charnière.


La Pro Climbing League : un format pensé pour l’écran

À première vue, la Pro Climbing League est simple, presque évidente. Deux athlètes s’élancent en même temps sur deux blocs strictement identiques. Le premier à réussir, ou celui qui progresse le plus haut dans le temps imparti, l’emporte. Le tableau avance, les duels s’enchaînent, et la tension monte progressivement.

Le principe tranche avec le format traditionnel des compétitions de bloc que vous connaissez : plusieurs blocs successifs, un système de zones, un décompte d’essais, et un classement global parfois difficile à décrypter pour un public non initié… Ici, tout est immédiat. Le duel simplifie la lecture et dramatise l’instant. La confrontation est directe : on ne compare plus des feuilles de score : on regarde deux grimpeur·euse·s s’affronter en temps réel.

Cette volonté de simplification répond aussi à une critique de plus en plus fréquente dans le milieu : pour un spectateur extérieur, le format actuel des compétitions de bloc peut parfois sembler long et difficile à suivre. Entre les qualifications réunissant parfois plus d’une centaine d’athlètes par catégorie, les rotations sur plusieurs blocs et un système de zones et d’essais à décrypter, la tension sportive se dilue souvent dans la durée. Le duel direct cherche précisément à répondre à ce problème en rendant le résultat instantanément compréhensible.

© Vladek Zumr

Le but ? Rendre l’escalade lisible. Dans une arène, avec une production soignée, des lumières, un rythme soutenu, la compétition devient un spectacle structuré et calibré pour la télévision. C’est en tout cas l’objectif affiché des organisateurs de la PCL. Le format, la scénographie, la narration : tout est pensé pour capter l’attention rapidement. Dans un paysage sportif saturé d’images et de contenus, la simplicité devient un atout stratégique. Mais derrière cette apparente évidence se cache une transformation plus subtile. Car simplifier un sport ne consiste pas seulement à en modifier le règlement. Cela change la manière dont il est perçu. La tension n’est plus répartie sur une série de blocs et de calculs… elle se concentre sur un face-à-face.

La question n’est donc pas seulement de savoir si le format fonctionne. Elle est de comprendre ce qu’il révèle des ambitions actuelles de l’escalade : devenir plus accessible, plus spectaculaire, plus immédiatement compréhensible ? Reste à savoir ce que cela implique, concrètement, pour celles et ceux qui conçoivent les blocs et pour celles et ceux qui les grimpent.

Une expérience différente pour les athlètes

Parmi les grimpeur·euse·s présent·e·s, le Français Mejdi Schalck a particulièrement apprécié l’expérience, qu’il décrit comme très différente d’une étape de Coupe du monde classique.

« L’organisation était vraiment très bonne et l’ambiance aussi. C’était très différent des compétitions auxquelles on est habitués. Pour le public, c’est beaucoup plus interactif à regarder, je pense. »

Le format en duel, avec deux grimpeurs côte à côte sur des blocs identiques, change aussi profondément la manière d’aborder la performance. « La pression de grimper à côté de quelqu’un, c’est vachement différent. D’habitude, on est confrontés à un bloc, même si on est en compétition avec les autres. Là, on dépend vraiment de la performance de l’adversaire. Il y a ce côté duel et vitesse qui change beaucoup de choses. »

Selon lui, quelques ajustements pourraient encore améliorer la lisibilité du format. « Je pense qu’il faudrait trois blocs par round dans les demi-finales et les finales, comme en qualification, avec deux blocs gagnants pour passer. » Malgré ces pistes d’amélioration, Mejdi se montre convaincu du potentiel du concept : « Le format a vraiment de l’avenir. Il faudrait refaire plusieurs éditions pour créer une vraie dynamique et plus de hype autour. Mais en tout cas, j’ai vraiment kiffé en tant qu’athlète. »

Ouvrir pour un duel : ce que ça change sur le mur

Derrière la simplicité apparente de ces blocs en duel se cache en réalité beaucoup de complexités pour les ouvreurs. Pour eux, la Pro Climbing League représentait un exercice inédit. Il ne s’agit plus de construire une série de passages destinés à classer les athlètes sur plusieurs essais, mais un seul bloc capable de départager deux grimpeurs en direct.

C’est nouveau, donc on est encore en train d’analyser et de comprendre comment ajuster les blocs par rapport à ce qu’on a l’habitude de faire.

Maëlys Agrapart, ouvreuse sur la compétition

L’idée directrice était claire : proposer des blocs plus longs, plus grimpants, avec des derniers mouvements difficiles, afin d’éviter que la décision ne se fasse uniquement au chrono. « Idéalement, on voulait des blocs crescendo, un peu plus longs que d’habitude, avec des fins vraiment dures pour être sûrs que ça ne se joue pas à la vitesse. Mais on n’a pas toujours réussi », reconnaît-elle.

Il faut dire que l’équilibre est délicat : avec un seul bloc pour départager les athlètes, les ouvreurs doivent accepter un risque inhabituel. « Quand on a quatre blocs en Coupe du Monde, on peut se permettre que l’un d’eux soit un peu trop dur. Ici, avec un seul, c’est beaucoup plus difficile à assumer. » Avec le recul, elle estime pourtant que la direction était la bonne. « Il vaut mieux que ça grimpe pendant quatre minutes, même sans top, plutôt que tout se joue dans la première minute. Chaque prise compte, donc même sans sommet il peut y avoir un gagnant clair. »

Deux blocs identiques… vraiment ?

Autre défi majeur : la duplication parfaite des blocs. Si les ouvreurs sont habitués à produire des copies pour les qualifications en Coupe du Monde, l’exigence est ici bien plus élevée. Les deux grimpeurs évoluent simultanément, et la moindre différence pourrait remettre en cause l’équité.

« C’était un vrai casse-tête ! On a utilisé un système de calque pour replacer les prises exactement au même endroit. Mais le plus difficile, c’était les prises elles-mêmes : les copies ne sont jamais totalement identiques. » Résultat : chaque bloc devait être regrimpé et ajusté. « Si on sentait une différence entre les deux côtés, on modifiait légèrement l’un des blocs pour rééquilibrer. On a probablement passé plus de temps à gérer ces copies qu’à ouvrir les blocs eux-mêmes. »

 

© Pro Climbing League

Le duel change-t-il l’ouverture ?

Pour cette première édition, l’équipe d’ouverture a volontairement limité les prises de risque. Pas de coordination démesurée ni de mouvements spectaculaires à tout prix. L’objectif était plutôt de privilégier une escalade exigeante, où la difficulté technique reste déterminante.

Les organisateurs veulent de la “vraie” escalade. L’idée n’est pas de faire des mouvements spectaculaires, mais de créer du suspense dans le duel entre les grimpeurs.

Maëlys Agrapart, ouvreuse sur la compétition

Ce choix s’explique aussi par les contraintes de la salle : largeur des panneaux, zones de chute, sélection de prises parfois limitée. « On ne pouvait pas faire des mouvements dans tous les sens. Mais en même temps, on avait une certaine liberté par rapport aux Coupes du Monde, où l’ouverture devient parfois très codifiée. » Un paradoxe intéressant : le nouveau format impose certaines contraintes, tout en libérant d’autres aspects de l’ouverture.

Reste une inconnue difficile à anticiper : la réaction des grimpeurs. Les ouvreurs pensaient initialement que la pression du duel provoquerait davantage d’erreurs. Ce ne fut pas toujours le cas. « On imaginait que le fait d’avoir quelqu’un à côté mettrait les grimpeurs sous pression et les pousserait à faire des erreurs. Mais pour certains, c’était presque l’inverse : ça les a rendus très précis dès le premier essai. » Le format met ainsi en avant un autre type de qualité : la capacité à rester lucide sous pression. « Ça favorise les grimpeurs solides mentalement, ceux qui savent être stratégiques et ne pas commettre d’erreurs. »

Une première édition, et beaucoup de questions

Pour les ouvreurs, cette première édition reste avant tout une phase d’exploration. « C’était très stimulant. Et j’en ressors avec aussi quelques frustrations… donc j’aimerais évidemment pouvoir recommencer », confie Maëlys Agrapart. Avec une idée déjà assez claire pour l’avenir : « Si on recommence, j’irai encore plus vers des blocs durs, grimpants, exigeants. C’est ceux qui ont le mieux fonctionné selon moi. »

Car l’événement a aussi montré les limites possibles du format. Lorsque certains blocs se sont révélés un peu trop accessibles, le duel s’est parfois transformé en simple course vers le top, où la rapidité de progression prenait le pas sur la difficulté pure. Le spectacle fonctionne particulièrement bien lorsque les blocs résistent aux grimpeurs et les obligent à lutter un peu plus longuement pour chaque mouvement.

Car dans ce format, le spectacle ne vient pas forcément des mouvements spectaculaires, il naît souvent ailleurs : dans l’observation mutuelle, l’analyse des méthodes, et la tension qui s’installe quand deux grimpeurs tentent de résoudre le même bloc au même moment.

L’esprit de l’escalade résiste-t-il au spectacle ?

Au moment du duel final des femmes de la PCL, la salle s’assombrit. Oriane Bertone et Janja Garnbret entrent enfin sur scène sous un tonnerre d’applaudissements, et après une rapide présentation, arrive la minute de lecture. Presque naturellement, elles échangent quelques mots et décrypte le bloc ensemble, comme des coéquipières, et non plus comme des adversaires (ce constat était d’ailleurs fait sur la quasi totalité des duels, hommes et femmes confondus).

Dans un format pourtant pensé comme un duel frontal, la scène paraît presque décalée. On pourrait s’attendre à de la distance entre les deux compétitrices, à de la tension, à une rivalité froide. Mais ce n’est pas ce qui transparaît. En revanche, lorsque le buzzer retentit après la minute de lecture, quelque chose bascule.

Dans un format classique, l’objectif est clair : résoudre le bloc. Trouver la bonne méthode, ajuster et recommencer si nécessaire. La performance se construit dans la compréhension progressive du mouvement. Dans un duel, l’objectif se dédouble. Il ne s’agit plus seulement de toper ; il s’agit de toper avant l’autre. La nuance semble minime mais elle ne l’est pas ! Voir son adversaire progresser peut pousser à précipiter un essai. Une chute de l’autre côté peut libérer ou, au contraire, accentuer la pression. Le rythme s’accélère et les décisions se prennent plus vite. Les organisateurs ont expliqué ne pas vouloir transformer l’épreuve en course de vitesse. Pour eux, la difficulté du bloc doit départager en priorité, pas le chrono. La difficulté technique doit rester centrale.

© Pro Climbing League

Mais dans un face-à-face simultané, la comparaison visuelle agit comme un métronome invisible. Même sans règle favorisant explicitement la rapidité, le contexte modifie la perception du temps. Pourtant, à l’origine, en falaise notamment, l’escalade s’inscrit dans un temps plus long. La pression du chronomètre n’existe pas. La compétition a depuis longtemps transformé ce rapport au temps. Rappelez vous il y a vingt ans, sur le Mondial de Briançon (Internationaux de Serre Chevalier), les voies étaient souvent très longues, avec de gros repos, et les runs pouvaient s’éterniser. Progressivement, les règles ont évolué, les ouvertures également, et le temps s’est raccourci. Quatre minutes par bloc, six minutes en difficulté : la performance est désormais cadrée par une limite précise. Sur la PCL, le duel ajoute une couche supplémentaire. Il ne s’agit plus seulement de gérer son propre temps : il faut composer avec celui de l’autre. La perception du temps change, et avec elle, la manière de grimper.

S’agit-il d’une évolution de l’escalade de compétition vers laquelle nous souhaitons aller ? Ou d’un format parallèle qui viendra simplement compléter ce qui existe déjà ? La PCL innove, mais quelque chose ne change pas : la bonne ambiance, les échanges, le respect et le plaisir palpable sur les tapis ne disparaissent pas. C’est peut-être là que se situe la nuance. Le spectacle peut encadrer le sport, le rythmer, le magnifier. Mais l’esprit que l’on retrouve au pied du mur ne se décrète ni par un règlement ni par un show son et lumière.

La Pro Climbing League met en scène un face-à-face. Sur le mur, on continue pourtant de grimper. Et c’est peut-être dans cet équilibre fragile entre confrontation spectaculaire et culture historique que se joue l’avenir de l’escalade.

Grandir, oui. Mais comment ?

La Pro Climbing League ne va pas bouleverser immédiatement l’écosystème de l’escalade.  Mais elle pose une question plus large : quel modèle de développement pour l’escalade de demain ? Depuis son entrée aux Jeux Olympiques, l’escalade a choisi une trajectoire structurée. Calendrier international, logique de qualification, cadre réglementaire clarifié. Ce modèle apporte stabilité et légitimité.

Mais le modèle fédéral lui aussi évolue. Ces dernières années, la fédération internationale a engagé une transformation profonde de son image et de sa stratégie médiatique. Nouvelle identité graphique, nouveau logo, nouveau nom (World Climbing)… la fédération cherche à rendre le sport plus lisible et plus identifiable à l’international. Dans le même temps, elle a renforcé sa stratégie de production et de diffusion en s’appuyant sur des partenaires spécialisés dans les droits et la mise en scène du sport. L’objectif est clair : professionnaliser encore davantage la présentation des compétitions et améliorer l’expérience pour le public. Autrement dit, la volonté de rendre l’escalade plus accessible et plus spectaculaire ne vient pas uniquement d’acteurs privés. Elle traverse aujourd’hui l’ensemble de l’écosystème du sport. La différence tient surtout à la manière d’y parvenir. La fédération avance progressivement, en cherchant à préserver l’équilibre sportif et la cohérence du circuit international.

© Vladek Zumr

À l’inverse, une ligue privée portée par un acteur comme Red Bull fonctionne différemment. Elle peut décider vite, investir massivement, tester des formats, maîtriser sa narration. Elle peut décider rapidement d’un format, choisir ses lieux, sélectionner ses athlètes et adapter son calendrier sans passer par les processus institutionnels classiques.

Ces deux dynamiques ne sont pas inédites dans l’Histoire du sport. 

Skate, surf, golf… le bouleversement de ces sports

Dans les années 2010, la Street League Skateboarding a profondément transformé le skate compétitif. Format repensé pour la télévision, scoring simplifié, mise en scène plus lisible. Le circuit fédéral n’a pas disparu, mais la SLS a influencé la manière dont le skate s’est professionnalisé, jusqu’à inspirer certains formats olympiques. La ligue privée n’a pas remplacé le modèle institutionnel. Elle l’a accéléré et modelé.

La World Surf League a, elle aussi, modernisé la diffusion et la narration du surf. Production premium, storytelling des athlètes, stratégie digitale forte. Le surf reste un sport fédéral et olympique. Mais son image internationale s’est construite en grande partie grâce à cette logique plus  médiatisée. Aujoud’hui La WSL gère le sport professionnel médiatisé tandis que la ISA (International Surfing Association) gère le sport institutionnel et olympique.

Contrairement au skate ou au surf, où les ligues privées ont accompagné la structuration du sport, le golf a connu un épisode plus conflictuel avec l’arrivée de LIV Golf en 2022. Financé massivement par le fonds souverain saoudien (PIF), le circuit a attiré plusieurs stars du PGA Tour (circuit établi depuis des décennies), provoquant tensions, suspensions et bataille juridique. Ici, le modèle alternatif n’a pas simplement modernisé le sport : il a bousculé son équilibre institutionnel.

L’escalade ne se situe aujourd’hui dans aucun de ces extrêmes. Son audience mondiale progresse certes, mais reste mesurée. Son économie est en croissance, mais encore fragile.  Dans ce contexte, la Pro Climbing League ressemble davantage à un laboratoire qu’à une rupture. Un test sur la capacité du sport à intégrer davantage de spectacle sans déséquilibrer sa gouvernance. Un test sur l’articulation possible entre acteurs privés et institutions. Un test, enfin, sur l’appétit réel du public pour un nouveau format plus frontal.

La question n’est donc pas de choisir un camp. Elle est de savoir si l’escalade peut construire un modèle hybride : un sport structuré par ses institutions mais capable d’évoluer dans sa mise en scène via des acteurs privés. Grandir n’implique pas nécessairement de se transformer radicalement. Grandir n’est pas non plus une nécéssité en soi diront certains. Mais ne pas évoluer comporte aussi ses risques : celui de rester confidentiel, de limiter la professionnalisation des athlètes et de laisser d’autres acteurs imposer les transformations à sa place.

Alors, jusqu’où l’escalade doit-elle évoluer ?

Une ligue qui veut s’installer dans le paysage

Si cette première édition a surtout servi de laboratoire, les ambitions de la Pro Climbing League ne s’arrêtent clairement pas là. Les organisateurs ont déjà annoncé vouloir poursuivre l’expérience avec trois compétitions prévues en 2027, puis un circuit élargi à six événements en 2028. Autrement dit, la PCL ne se présente pas comme un simple événement ponctuel, mais comme une ligue appelée à s’installer progressivement dans le paysage des compétitions internationales. Les fondateurs ont même évoqué un objectif symbolique : organiser un jour un événement dans une grande arène type Madison Square Garden à New York.

Le mythique Madison Square Garden

Cette montée en puissance progressive pourrait laisser le temps d’affiner le schéma d’ouverture. Car comme cette première édition l’a montré, l’équilibre des blocs est déterminant. Trop faciles, les duels se transforment en courses de vitesse. Trop durs, ils risquent de se jouer sur un mouvement isolé. Trouver le bon niveau (celui qui oblige les grimpeurs à lutter pendant plusieurs minutes pour grappiller quelques prises) sera sans doute l’un des enjeux majeurs des prochaines éditions. Si cet équilibre est trouvé, le potentiel du format devient évident.

Ce que révèle vraiment la PCL

La Pro Climbing League ne dit peut-être pas encore ce que sera l’escalade de demain, mais elle révèle quelque chose : l’envie d’accélérer, l’envie de simplifier la lecture, l’envie de rendre l’escalade plus immédiatement compréhensible, plus spectaculaire et plus accessible à un public élargi. 

Elle révèle aussi une tension. D’un côté, un sport qui s’est structuré ces dernières années autour d’un modèle fédéral solide, reconnu olympiquement, porté par World Climbing. De l’autre, l’émergence d’acteurs capables d’investir massivement dans la production, la narration et la mise en scène, comme Red Bull. Mais au-delà des modèles économiques et des stratégies, la scène du duel final décrite précédemment raconte autre chose. Elle montre deux grimpeuses qui lisent ensemble avant de s’affronter. Elle montre un public qui vibre pour un mouvement juste, pas seulement pour une victoire rapide. Elle montre que, même compressé par le spectacle, le langage du mouvement reste central.

La PCL ne remplace pas le circuit existant. Elle l’interroge. Elle questionne la manière dont l’escalade veut se raconter. Elle met en lumière une discipline en pleine construction. Grandir est une évidence. Mais la manière de grandir reste ouverte… L’escalade peut accélérer, expérimenter, tester. Elle peut aussi préserver ce qui la distingue. Peut-être que l’avenir ne se jouera pas dans l’opposition entre modèle privé et modèle fédéral, mais dans la capacité du sport à intégrer l’innovation sans renoncer à son identité.

La Pro Climbing League n’est pas encore une révolution. Elle est un révélateur. Et c’est déjà beaucoup !

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Mobilisation à Climb Up Angers : les salariés dénoncent une dégradation de leurs conditions de travail

11 Mar

Après une grève qui avait marqué les esprits il y a un an — une première dans une salle d’escalade — à Climb Up Aubervilliers, un nouveau mouvement social émerge dans le réseau Climb Up. Les salariés de Climb Up Angers annoncent à leur tour une mobilisation ce mercredi 11 mars.

Selon leur communiqué, celle-ci intervient dans un contexte de dégradation des conditions de travail ces derniers mois, mais aussi d’une rupture du dialogue avec le siège de l’entreprise.

Des décisions contestées par les équipes

Dans leur communiqué, les salariés dénoncent plusieurs décisions prises récemment par le siège. Parmi les points évoqués figurent notamment l’ouverture de la salle le 1er mai, la mise en place d’objectifs conditionnant certaines primes, ainsi que la remise en cause des jours de fractionnement, un dispositif permettant dans certains cas d’obtenir des jours de congés supplémentaires.

Selon les salariés mobilisés, ces mesures s’inscrivent dans une évolution plus large de la gestion des salles, marquée par une logique de rentabilité accrue et par des décisions prises sans concertation avec les équipes.

Les équipes rappellent également que le fonctionnement d’une salle d’escalade repose largement sur le travail quotidien de nombreux métiers : ouvreurs, encadrants, agents d’accueil.

Que sont les jours de fractionnement ?

En France, les salariés disposent de 5 semaines de congés payés par an. Une partie de ces congés doit normalement être prise entre le 1er mai et le 31 octobre, période dite « principale ».

Lorsque certains jours de congés sont pris en dehors de cette période, le salarié peut bénéficier de jours de congés supplémentaires, appelés jours de fractionnement.

Le principe est simple :

  • 1 jour supplémentaire si entre 3 et 5 jours sont pris hors période

  • 2 jours supplémentaires si 6 jours ou plus sont pris hors période

Dans certaines entreprises ou conventions collectives, ces jours peuvent toutefois être neutralisés par accord ou par renonciation des salariés.

Une mobilisation dans un secteur en pleine évolution

La mobilisation annoncée à Climb Up Angers intervient dans un contexte particulier pour les salles d’escalade en France. Après plusieurs années de forte croissance, portées notamment par l’entrée de la discipline aux Jeux olympiques et par l’ouverture de nombreuses salles, le secteur semble aujourd’hui marquer un ralentissement.

Dans plusieurs villes, le grand nombre de salles s’accompagne logiquement d’une forte concurrence dans un marché en tension.

Dans ce contexte, certaines salles privées doivent composer avec un équilibre parfois délicat entre impératifs économiques et attentes de la communauté des grimpeurs.

Un salarié de la salle nous explique la situation 

Pour mieux comprendre les raisons de cette mobilisation, Planetgrimpe a échangé avec l’un des salariés de la salle. Celui-ci a souhaité conserver l’anonymat.

Présent à Climb Up Angers depuis plusieurs années, il décrit une équipe toujours très soudée, mais qui traverse aujourd’hui une période de tension. « Nous sommes une équipe très soudée — tous les salariés ont d’ailleurs répondu présents pour ce mouvement — mais nous subissons aujourd’hui des directives prises par le siège. »

Un malaise qui dépasse la seule question des congés

Si le communiqué mentionne notamment la question des jours de fractionnement, le salarié estime que le malaise est en réalité plus large. « L’élément déclencheur a été le renoncement aux jours de fractionnement, qui étaient un avantage acquis et appliqué depuis toujours. Mais le malaise est sans doute plus profond que ça, ce qui explique les autres revendications. » Il évoque également une évolution récente de la gestion du réseau, qu’il associe à l’arrivée d’une nouvelle direction (ndlr. François Charpy).

Depuis l’arrivée du nouveau directeur général , tout ce qui n’est pas considéré comme rentable a été supprimé. Certains événements qui faisaient vivre la salle ont disparu.

Le salarié cite aussi des changements concernant l’offre de restauration. « L’offre de restauration a été totalement modifiée. Les produits locaux ont laissé place à des marques nationales et internationales. »

Un changement dans la prise de décision

Autre évolution pointée par les salariés : la place des équipes dans les décisions.

« Avant le remaniement au siège, les équipes étaient réellement impliquées dans certaines décisions. Aujourd’hui, nos directeurs de site n’ont plus leur mot à dire et les décisions doivent être appliquées sans discussion. » La question des primes est également mentionnée. « Le nouveau système de primes repose sur des objectifs que nous jugeons inatteignables. Avant, le système était progressif : même si on atteignait 80 %, on avait quelque chose. 30 ou 40 euros, c’est toujours mieux que rien. Aujourd’hui, c’est tout ou rien — et au vu des objectifs fixés, c’est souvent rien. »

Une réflexion plus large sur le modèle des salles

Pour ce salarié, la mobilisation dépasse la seule situation d’Angers. Il distingue notamment ce mouvement de précédentes mobilisations dans le réseau Climb Up. « Les grèves à Aubervilliers ou à Porte d’Italie concernaient plutôt des problèmes propres à ces sites. Cette fois, c’est la stratégie du siège qui est directement visée. »

Plus largement, il estime que la question renvoie au modèle économique du secteur. « Le modèle économique des salles d’escalade est complexe. Les gens ne s’en rendent pas forcément compte, et cette mobilisation est aussi là pour ça. Trouver l’équilibre entre les valeurs de l’escalade et les impératifs de rentabilité n’est pas simple. L’escalade est avant tout une communauté avant d’être un marché. » Malgré les tensions actuelles, les salariés disent rester ouverts à la discussion en espérant que les choses avanceront dans le bon sens.

De notre côté, à la rédaction, nous tenterons d’avoir le retour du siège de Climb Up sur cette situation. On vous tient informé !

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À Buoux, Erwan Legrand réussit l’enchaînement du légendaire « Bombé Bleu »

05 Mar

C’est une ligne qui fait partie de la légende de Buoux. 35 ans après son équipement, le « Bombé Bleu » vient d’être enchaîné par le jeune grimpeur français Erwan Legrand, qui a annoncé la croix dans une publication partagée sur ses réseaux sociaux : « Je rêvais de ce moment depuis si longtemps. »

Après quinze séances de travail, Erwan est finalement parvenu à venir à bout de cette voie mythique de Buoux. « Cette ascension signifie énormément pour moi, plus que n’importe quelle autre. Compléter une voie aussi belle, mythique et historique sur ma falaise de cœur dépasse tout ce que j’aurais pu imaginer. »

Derrière cette réussite, Erwan Legrand évoque également un projet éprouvant : des dizaines de tentatives infructueuses, des douleurs constantes dans les doigts et les orteils (vous n’avez d’ailleurs sans doute pas pu passer à côté de cette vidéo sur les réseaux où Erwan réalise de très beaux runs pieds nus dans la voie), mais aussi un hiver marqué par de longues périodes de pluie qui ont ralenti sa progression. Un combat autant mental que physique : « Tout cela m’a poussé à mes limites mentales comme aucun autre projet auparavant. »

Et si vous vous demandez pourquoi pieds nus, Erwan nous avait répondu dans une récente interview : « À la base, c’est purement technique, pour mieux gainer certaines prises de pied. Mais au final, ça ajoute à la pureté de la ligne. Je trouve ça vraiment cool de grimper pieds nus dans une voie si mythique. »

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas l’origine de cette voie de légende, le « Bombé Bleu » a été équipée en 1991 par Marc Le Ménestrel. À l’époque, la ligne était considérée comme futuriste : un jeté monstrueux sur bi-doigt, suivi d’une dizaine de mouvements violents sur trous avant de rejoindre une zone plus facile. Et pourtant, Le Ménestrel avait fait le choix audacieux de la préserver sans tailler de prises, alors que cette pratique était encore courante dans les années 1990. Une vision qui contribue aujourd’hui encore à la dimension mythique de la voie.

Dans son message sur Instagram, Erwan en profite pour saluer ce visionnaire : « Marc Le Ménestrel a eu, il y a 35 ans, l’intuition d’équiper cette incroyable ligne futuriste et de la préserver du taillage, à une époque où beaucoup pensaient qu’elle ne pourrait pas être grimpée uniquement sur prises naturelles. »

Une performance qui rappelle combien certaines lignes continuent de marquer l’histoire de l’escalade, même des décennies après leur équipement. Et concernant la cotation ? Erwan ne s’est pas encore prononcé, mais la performance est tellement grandiose que la difficulté est presque reléguée au second plan.

Plus d’informations à venir…

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Max Bertone champion de France de bloc 2026 !

14 Fév

Après les femmes, le Championnat de France de bloc 2026 s’est conclu avec la finale masculine. Une finale annoncée comme particulièrement ouverte, au regard d’une demi-finale qui avait déjà largement redistribué les cartes…

Sur le papier, tout semblait donc possible, et personne n’était intouchable.


Une coordo pour lancer les hostilités

Les ouvreurs n’ont pas tergiversé : bloc 1, une coordination. Un mouvement explosif, à contrôler dans la redescente avant de venir se stabiliser debout sur un gros volume tout en rondeur. Pas mal d’aléatoire, et donc pas vraiment le genre de départ pour se mettre en confiance.

D’entrée de jeu, certains y laissent des plumes. On pense notamment à Mejdi Schalck, pourtant spécialiste du genre, qui ne parviendra à valider que la zone.

À l’inverse, Paul Jenft, Arthur Le Bris et Camille Claude trouvent la solution et s’offrent un premier top précieux.

Et puis il y a Max Bertone. Lui aussi valide le bloc — au troisième essai — mais surtout, il le fait à sa manière. Un peu de suspense, un peu de show en chauffant le public de Montmartin-sur-Mer… avant de conclure avec panache. La finale est lancée, et Bertone compte bien tenter de conserver sa première place.

Un bloc 2 physique à doigts

Changement d’ambiance sur le bloc 2. Ici, pas de coordination spectaculaire : place au combat. Un bloc très physique, exigeant sur les doigts, où il fallait serrer fort — très fort — notamment dans les derniers mouvements.

La zone sera validée par l’ensemble des finalistes, mais tout se jouera dans le mouvement final.

Joshua Fourteau chute au tout dernier mouvement et se blesse à la cheville dans la réception. Coup dur, il devra abandonner.  Mejdi Schalck passe tout proche du top, mais ne parvient pas à contrôler la dernière prise, tout comme Camille Claude et Paul Jenft, stoppés eux aussi sur cette fin de bloc. Arthur Le Bris valide la zone, mais se montre moins à l’aise sur ce problème.

Et puis, comme sur le premier bloc… Max Bertone est en feu. Il sera le seul à valider ce bloc ultra-physique. Mieux encore : il le fait au premier essai, avec une maîtrise et une facilité presque déconcertantes. Deux blocs, deux tops. À l’issue du bloc 2, il a déjà creusé un écart non négligeable.

La dalle qui relance tout

Nouveau registre avec ce bloc 3 en dalle: un bloc tout en finesse, qui s’avère piégeux.

Arthur Le Bris est le premier à nous dévoiler le top. Avec déjà un bloc validé en ouverture de finale, il se positionne sérieusement dans le haut du classement. De bon augure avant le dernier bloc.

Paul Jenft lui emboîte le pas — et avec la manière : il valide la dalle au premier essai pour aller chercher les 25 points. Une opération parfaite qui le place  également pleinement dans la course, en tête du classement devant Arthur.

© Planetgrimpe

Mejdi Schalck trouve lui aussi la solution et parvient au sommet. De quoi le relancer avant d’aborder le dernier bloc, annoncé bien plus physique.

Et puis, coup de théâtre : Max Bertone, dernier à s’élancer, se fait surprendre dans cette dalle. Il valide la zone, mais ne parvient pas à aller voir la suite. Tout se jouera donc dans le dernier bloc.

Un bloc 4 physique, mais abordable: le dénouement

Joseph Perrin s’élance le premier et arrache le top in extremis, à quelques secondes de la fin du temps. Une fin de run sous tension.

Arthur Le Bris conclut lui aussi avec un top solide. Paul Jenft fait de même et reste donc devant Arthur au classement provisoire.

Mejdi Schalck valide également le bloc et se classe 3ème du provisoire, mais la situation reste fragile : trois grimpeurs sont encore en lice, dont Max Bertone. S’il valide, avec un troisième top au compteur, il passera devant tout le monde. Le bloc semblant abordable, le podium de Mejdi ne tient qu’à un fil. Camille Claude trouve la solution, tout comme Kito Martini, mais sans bouleverser le trio de tête provisoire (Paul, Arthur, Mejdi).

Ne reste plus qu’un grimpeur au pied du bloc. Max Bertone.

Le Réunionnais arrive concentré, déterminé. Il s’élance… et sans véritable surprise, maîtrise le bloc avec aisance. Un top net, propre, efficace, avec la lucidité qu’on lui connaît. Trois blocs validés donc, et un titre! Max Bertone est sacré champion de France de bloc 2026, devant Paul Jenft et Arthur Le Bris. Mejdi Schalck se contentera de la médaille en chocolat.


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Oriane Bertone sacrée Championne de France 2026 au bout du suspense : une finale au dixième près !

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Demi-finale du championnat de France de bloc 2026: la famille Bertone frappe très fort !

13 Fév

Après des qualifications disputées un peu plus tôt dans la journée, les 24 meilleur·e·s grimpeur·euse·s avaient rendez-vous ce soir pour une demi-finale qui promettait d’être relevée.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le ton a radicalement changé. Là où les qualifications s’étaient montrées relativement abordables, la demi-finale a frappé fort. Circuit tranchant, mouvements engagés, peu de tops : plusieurs prétendant·e·s à la finale se sont fait piéger, parfois sévèrement, dans des blocs qui ne pardonnaient rien.

Oriane Bertone stratosphérique

Un circuit de demi-finale extrêmement relevé chez les femmes. Et avant le passage d’Oriane Bertone, très peu de blocs avaient été validés. Pour donner une idée du niveau d’exigence : valider deux zones suffisait à entrer dans le top 8 et décrocher son ticket pour la finale.

Oriane, elle, évolue dans une autre dimension. Seule grimpeuse à cocher les quatre blocs, dont deux flashs, elle survole la demi-finale avec 99,7 points sur 100 possibles. Une démonstration. Chaque bloc valant 25 points (avec déduction de 0,1 point par essai), elle frôle la copie parfaite et relègue ses adversaires à bonne distance.

Derrière, Lucile Saurel s’accroche et prend la 2e place avec un top complété par trois zones, pour un total de 54,3 points.

Zélia Avezou monte sur la 3e marche provisoire avec un top et deux zones (44,8 points), juste devant Selma Elhadj Mimoune, 4e avec 44,7 points.
Lily Abriat, 5e, valide les zones des blocs 2 et 3 avant de réussir à toper la dalle du bloc 4 — un passage que seule Oriane avait jusque-là maîtrisé.

Agathe Calliet, capable de jouer les podiums en Coupe du monde, doit se contenter de trois zones pour un score de 29,7 points et une 6e place.
Même bilan pour Elsa Ravinet, 7e avec 28,9 points.
Enfin, la jeune Louise Puech Yazid arrache le dernier ticket pour la finale grâce à deux zones (19,8 points).

Avec 100 points maximum à aller chercher, cette demi-finale aura clairement mis en lumière l’écart créé par Oriane. Il y avait elle… et les autres.

Un mot également pour Fanny Gibert, qui signait son grand retour sur un Championnat de France après quatre ans d’absence. Une demi-finale compliquée pour elle, avec aucune zone validée et donc 0 point au compteur — un round forcément difficile à encaisser.

Max Bertone en patron chez les hommes

Chez les hommes, le tour s’est révélé un peu moins chaotique que chez les femmes… mais tout aussi exigeant. Et s’il y en a un qui a su tirer son épingle du jeu, c’est Max Bertone.

Grimpe féline, lecture ultra intuitive, efficacité redoutable : il impose son rythme et prend la tête de la demi-finale avec 3 tops et 83,9 points. Une prestation solide, maîtrisée, presque naturelle.

Max Bertone sur le championnat de France de bloc 2025 | ©Planetgrimpe

Derrière lui, Kito Martini, champion de France surprise en 2024, sera une nouvelle fois au rendez-vous de la finale. Il se classe 2e avec 2 tops et 1 zone pour un total de 60 points. Camille Claude complète le top 3 avec le même nombre de blocs (2 tops + 1 zone), mais quelques essais supplémentaires le relèguent derrière Kito.

Et non, vous ne rêvez pas : Mejdi Schalck ne figure pas dans le trio de tête de cette demi-finale complètement folle. Dernier à s’élancer, il débute mal en échouant dans la dalle du bloc 1. Il valide ensuite la coordination du bloc 2, puis seulement les zones des blocs 3 et 4. Résultat : 54,8 points et une 4e place. On le retrouvera tout de même en finale où, on l’espère, les grimpeurs pourront davantage s’exprimer. Paul Jenft quant à lui se reprend après des qualifications timides et termine 5e avec 1 top et 3 zones.

Les trois derniers qualifiés pour la finale valident chacun 1 bloc et 2 zones :

  • Joshua Fourteau (6e)
  • Arthur Le Bris (7e), auteur d’une belle remontée après une 20e place en qualifications
  • et le Chambérien Joseph Perrin (8e), qui sera le seul à contrôler le top du bloc 4 jusqu’au bout pour arracher sa place en finale.

Derrière, les résultats sont cruels.

Sam Richard, 9e, échoue aux portes de la finale. Une compétition décidément compliquée pour lui, déjà sorti en demi-finale l’an dernier. Le champion de France en titre, Adrien Lemaire, ne valide aucun bloc — preuve supplémentaire du niveau d’exigence du circuit. Même constat pour Manu Cornu (13e) et Sam Avezou (14e).

Enfin, coup dur pour Thomas Lemagner, 5e des qualifications : blessé dans le bloc 2, il ne pourra pas aller au bout de sa demi-finale.

La suite du programme

Samedi 14 février
18h10 : Finales femmes
19h50 : Finales hommes
21h30 : Podiums

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Championnat de France de bloc 2026: résultats des qualifications

13 Fév

Ça y est, le championnat de France d’escalade de bloc 2026 a débuté ce matin à Montmartin sur Mer. Au programme, les qualifications femmes et hommes avec un circuit de 5 blocs à déchiffré. L’objectif ? Entrer dans le Top 24, synonyme de passage ne demi-finale.

4 grimpeuses au top chez les femmes

Du côté des femmes, quatre grimpeuses ont validé les cinq blocs des qualifications. En revanche, aucune ne parvient à réaliser le sans-faute à vue.

Oriane Bertone, première à s’élancer ce matin, concède deux essais dans le bloc 2 et un dans le bloc 4. Dans un système où chaque tentative supplémentaire coûte 0,1 point, ces petits détails comptent : elle totalise finalement 124,7 points.

Lucile Saurel signe exactement la même performance, dans les mêmes blocs, et prend donc la tête ex æquo avec Oriane.
Zélia Avezou vient elle aussi à bout des cinq blocs et se classe troisième, avec un essai supplémentaire qui la place à 124,6 points.
Enfin, Lily Abriat est la quatrième grimpeuse à toper l’ensemble des blocs de qualification. Avec quelques tentatives de plus, elle boucle ce round à 124,3 points.

Derrière ce quatuor de tête, Lou Auclair, tout juste sortie du Championnat de France jeunes la semaine dernière, se paie le luxe de valider quatre blocs et s’empare de la 5e place.
De son côté, la Valentinoise Agathe Calliet, annoncée parmi les favorites, termine 6e avec également quatre tops au compteur. Elle butera sur le tout dernier mouvement du bloc 4, un détail qui lui coûte cher au classement.

Enfin, parmi les moments marquants de ces qualifications :

  • Le retour de Fanny Gibert, quatre ans après son dernier Championnat de France. Avec trois tops, elle se classe 7e et valide sereinement son ticket pour la demi-finale.
  • Louise Puech Yazid, sacrée championne de France U19 la semaine dernière, termine 10e de ce tour qualificatif.
  • Selma Elhadj Mimoune, vice-championne de France l’an dernier, connaît un départ timide : trois tops également, pour une 11e place provisoire.

Résultats complets seniors femmes

Deux leaders chez les hommes

Chez les hommes, ils ne sont que deux à réussir les cinq blocs proposés par les ouvreurs lors de ce tour qualificatif.

Mejdi Schalck, de retour en France il y a quelques semaines après un long trip aux États-Unis, signe une solide performance en validant les cinq blocs. Malgré cinq essais concédés — et donc 0,5 point envolé dans un système où chaque tentative coûte 0,1 point — il prend la tête avec un total de 124,5 points.

Derrière lui, Thomas Lemagner est tout proche : un essai supplémentaire le place à 124,4 points. Il se classe donc 2e provisoire, à un dixième seulement du leader.

Le champion de France en titre, Adrien Lemaire, réalise une entrée maîtrisée avec quatre tops, 109,7 points et une 4e place au classement. Max Bertone est dans la partie également avec 4 tops et 109,6 points (4ème). Sam Richard, stoppé dans le bloc 3, se contente lui aussi de quatre tops et prend la 6e position.

Parmi les autres faits marquants de ces qualifications :

  • Paul Jenft, habitué aux avant-postes, valide quatre blocs mais termine plus loin que d’ordinaire, à la 13e place.
  • Manu Cornu pointe lui aussi en 13e position et signe un retour encourageant après une longue période marquée par les blessures.
  • Sam Avezou, capable d’aller chercher des médailles à l’international, bute également sur le bloc 3 — un passage qui aura fait de sérieux dégâts — et termine 17e.

Résultats complets seniors hommes

La suite du programme

Vendredi 13 février
20h00 – 21h30 : Demi-finales

Samedi 14 février
18h10 : Finales femmes
19h50 : Finales hommes
21h30 : Podiums

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Championnat de France d’escalade de bloc jeunes 2026 : résultats des finales U15 et U19

08 Fév

Le Championnat de France de bloc jeunes 2026 s’est clôturé ce soir avec les finales U15 et U19. Pour l’occasion, nous avions fait le déplacement afin de prendre un peu la température de nos jeunes talents, et autant vous dire que nous n’avons pas été déçus !

Avant de parler résultats, difficile de ne pas souligner l’organisation aux petits oignons proposée par la salle d’Edenwall, soutenue par le club Ready To Grimpe. Pas un seul accroc, un jeu de lumières réglé au millimètre et des ouvertures ultra bien calibrées par l’équipe d’ouvreurs. Vous l’aurez compris, le spectacle était au rendez-vous et on ne regrette pas le déplacement. Mais revenons-en aux résultats de ces finales…


Une finale serrée chez les U15

On commence par la finale féminine, où le titre s’est joué dans les détails. Pour espérer décrocher l’or, il fallait toper trois des quatre blocs proposés en finale, et c’est ce qu’ont réussi Mila Nore et Iliya Phillips. Seul le bloc 2 leur aura résisté, et c’est finalement aux essais que s’est jouée la première place. À ce jeu-là, Mila Nore l’emporte avec un score de 84,7, contre 83,8 pour Iliya Phillips, qui aura laissé quelques essais supplémentaires sur chaque passage. Johana Simon complète le podium avec la médaille de bronze.

Chez les garçons, c’est encore plus serré ! Le top 3 s’est tenu en seulement quelques essais d’écart… Les meilleurs auront validé trois blocs de la finale, ainsi qu’un bloc où seule la zone aura été atteinte, soit un score maximal possible de 85 points (pour rappel : un top = 25 points, une zone = 10 points, et chaque essai supplémentaire retire 0,1 point).

Au jeu des essais, Noam Terreaux décroche l’or avec 84,9 points (seulement 0,1 point concédé sur le bloc 1). Il est suivi de très près par Clément Sauger, en argent avec 84,6 points (trois essais supplémentaires), tandis que Goran Lehner s’octroie le bronze avec 84,5 points. On ne vous a pas menti : le trio de tête se tient dans un mouchoir de poche, et tout aurait pu basculer pour l’un comme pour l’autre.

Ça grimpe fort chez les U19 !

Chez les filles, pas de débat, Louise Puech Yazid a dominé la finale de bout en bout. À commencer par le bloc 1 qu’elle flashera avec une facilité déconcertante pendant que la plupart de ses concurrentes ne bougent pas sur une énorme mouvement d’épaule. Elle topera les quatre blocs de finale et s’adjuge le titre de Championne de France U19 2026 avec 99,6 points sur les 100 possibles ! Derrière, Luna Alvernhe aura tout tenté pour essayer de rester dans la course, mais elle se fera distancer dès le bloc 2 qu’elle ne parviendra pas à valider. Avec tout de même trois beaux tops au total, Luna prend une belle médaille d’argent. Le podium sera complété par Imane Ridouani avec deux tops.

Chez les garçons, le top 4 est départagé sur 0,6 points ! Autant vous dire que la bagarre était haletante ! Ils seront donc quatre à toper deux blocs + deux zones, et les essais auront été déterminants. À ce jeu, Tom Daufresne prend le titre de Champion de France de bloc U19 avec un score de 69,8 points (sur les 70 possibles avec 2 blocs + 2 zones). Maël Reynaud est dans la course, et décroche la médaille d’argent avec un score de 69,6 points ! Enfin, Noé Shankland prend le bronze avec 69,4 points … et pourtant, ce dernier avait réalisé le meilleur départ en étant le seul à toper le bloc 1, mais il ne parviendra ensuite à toper que la coordo du dernier bloc.


Lire aussi

Championnat de France d’escalade de bloc jeunes 2026 : résultats des finales U17

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Championnat de France d’escalade de bloc jeunes 2026: résultats des qualifications U19

08 Fév

Deuxième journée sur ce championnat de France de bloc jeunes 2026 dans la salle Edenwall (Mâcon), et c’est au tour des U19 de faire leur entrée sur scène.

Du côté des filles, c’est sans surprise Louise Puech Yazid qui prend la pôle position de ce round de qualification en étant la seule à toper les 6 blocs proposés par les ouvreurs. À ses trousses, on retrouve Luna Alvernhe avec 5 tops, puis Imane Ridouani avec 3 tops.

Chez ls garçons, les qualifications étaient un peu plus serrées. 2 grimpeurs valident 5 blocs, et c’est Noé Shankland qui prend la  tête de ce premier tour avec 134,6 points. Il est suivi de près par Mathis Duteurtre (124,6 points) et Camille Claude avec 119,9 points.

La suite du programme

Dimanche 8 février 2026

14h30 – 15h45 : Finales U15 Femmes & Hommes
17h15 – 18h30 : Finales U19 Femmes & Hommes

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Championnat de France d’escalade de bloc jeunes 2026: résultats des qualifications U15

07 Fév

La journée se poursuit à Mâcon aujourd’hui pour les championnats de France de bloc jeunes, et c’est cette fois la catégorie des U15 qui a frappé.

Chez les filles, c’est Iliya Philipps qui prend la tête du classement en étant la seule à toper les 6 blocs de qualification. Elle comptabilise un score de 149,7 points. Derrière ça se bagarre fort, mais on retrouvera en 2ème position Mila Nore avec 5 tops (135 points), suivie de près par Sybille Vounatsos avec 5 tops également mais avec un essai de plus (134,9 points).

Chez les garçons, grosse bagarre également dans le haut du classement. Ils seront deux à toper les 6 blocs de qualification. Mais c’est finalement Nolan Costes qui truste la première place avec 149,8 points (il lâchera 3 petits essais dans le premier bloc pour atteindre la zone). Clément Sauger prend la seconde place de ces qualifications avec 149,6 points. Lucien Fortin complète ce trio de tête avec 135 points.

La suite du programme

Samedi 7 février 2026

20h15 – 21h30 : Finales U17 Femmes & Hommes

Dimanche 8 février 2026

8h30 – 12h30 : Qualifications U19 Femmes & Hommes
14h30 – 15h45 : Finales U15 Femmes & Hommes
17h15 – 18h30 : Finales U19 Femmes & Hommes

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Championnat de France d’escalade de bloc jeunes 2026: résultats des qualifications U17

07 Fév

Le premier grand rendez-vous national de la saison, le championnat de France de bloc jeunes,  frappe ce week-end dans la salle d’Edenwall à Mâcon. Au total, près de 300 jeunes espoirs de l’escalade tricolore vont s’affronter durant deux jours pour tenter de décrocher le titre national en bloc.

Ce samedi, les hostilités ont été lancées par la catégorie U17. 6 blocs étaient proposés par les ouvreurs, avec un seul objectif: entrer dans le Top 8 pour espérer participer à la finale.

Chez les filles U17, Julie Saillez s’en sort le mieux avec 5 tops sur les 6 possibles. Elle est suivie de près par Lisa Guidoni et Amie Lerondel.

Du côté des garçons, le top3 des qualifications se tient dans un mouchoir de poche. Avec chacun 4 tops et 2 zones, ce sont les essais qui auront fait la différence. Avec 119,7 points, Esteban Tournus prend la tête du classement. Willem Douady se classe second avec 119, 5 points, suivi par Oscar Venet avec 119,3 points.

 

 

La suite du programme

Samedi 7 février 2026

14h10 – 18h00 : Qualifications U15 Femmes & Hommes
20h15 – 21h30 : Finales U17 Femmes & Hommes

Dimanche 8 février 2026

8h30 – 12h30 : Qualifications U19 Femmes & Hommes
14h30 – 15h45 : Finales U15 Femmes & Hommes
17h15 – 18h30 : Finales U19 Femmes & Hommes

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Wall Test Planetgrimpe : inscris toi pour tester le chausson Scarpa Instinct VSR LV !

30 Jan

Chez Planetgrimpe, on parle de matériel toute l’année. Mais une bonne paire de chaussons, un baudrier ou une corde, ça ne se juge pas sur une fiche technique ou une prise en main de cinq minutes.

C’est pour ça que nous avons lancé les Wall Test Planetgrimpe.


Le principe est simple :

  • Ce sont les grimpeuses et grimpeurs de la communauté PG qui testent le matériel, en conditions réelles, dans leurs salles, sur leurs projets, avec leur pratique et leurs sensations. Pas de tests en labo. Pas d’avis formatés. Du terrain, du vécu, du concret.
  • On vous envoie des produits, vous les testez en détails, vous nous faites un retour complet et vous gardez les produits !

Premier Wall Test : Scarpa Instinct VSR LV

Pour ce tout premier Wall Test, nous avons choisi le Scarpa Instinct VSR LV, un chausson emblématique de la gamme performance chez Scarpa.

Sans entrer ici dans un test avant l’heure, quelques repères pour situer le modèle :

  • version LV (Low Volume), pensée pour les pieds fins
  • connu pour son compromis entre précision, puissance et sensibilité
  • largement utilisé par des grimpeurs réguliers à très engagés

L’objectif du Wall Test n’est pas de dire s’il est “bon” ou “mauvais”, mais de comprendre : pour qui il fonctionne vraiment, dans quelles pratiques, et avec quelles limites.

Comment participer à ce premier Wall Test ?

Vous voulez tester les chaussons Scarpa Instinct VSR LV ? Voici comment ça se passe :

Candidatures ouvertes jusqu’au : vendredi 20 février inclus (formulaire d’inscription juste en dessous)
Nombre de testeurs sélectionnés : 2

Le produit est envoyé gratuitement aux testeurs sélectionnés
Le test se déroule en conditions réelles, sur plusieurs semaines
Un retour structuré et argumenté est demandé (voir charte ci-dessous)

Ce que nous recherchons avant tout : des avis honnêtes, nuancés et contextualisés

⚠️ Attention, pour vous inscrire, vous devez déjà avoir publié un test personnel sur Planetgrimpe.

👉 Voici un exemple de test qui pourrait retenir notre attention et vous permettre de participer aux Wall Test. Nous attirons votre attention sur le fait qu’un test personnel avec mois de 500 mots ne permettra pas de remplir les critères de participation au Wall Test.

Ce que vous y gagner à tester du matériel

Participer à un Wall Test Planetgrimpe, c’est :

  • tester un produit dans des conditions réelles, sur la durée
  • voir son test publié sur Planetgrimpe, avec son nom
  • contribuer à une démarche éditoriale indépendante et reconnue
  • aider la communauté à faire des choix plus éclairés

 À l’issue du test, le produit est conservé par le/la testeur·se.

Formulaire d’inscription

Merci de remplir le formulaire avec soin. Les candidatures incomplètes ou trop succinctes seront difficilement retenues.

Prénom et Nom
Insérer le lien d'un test déjà publié sur Planetgrimpe.

Pour les Wall Test, nous privilégions les candidatures de grimpeurs et grimpeuses ayant déjà publié un test personnel sur Planetgrimpe. Cela nous permet de mieux apprécier vos qualités éditoriales et votre capacité à produire un retour structuré et publiable.
Discipline(s) pratiquées régulièrement
Niveau approximatif
Vous pratiquez le plus souvent ...
Explique nous ta motivation en quelques lignes
N'hésitez pas à en essayer une paire en magasin au préalable pour ne pas faire d'erreur.
Charte des Wall Test
Engagement

© Scarpa


Préambule
Les Wall Tests Planetgrimpe ont pour objectif de proposer des retours matériels utiles, honnêtes et contextualisés, issus du terrain et pensés pour aider les grimpeurs et grimpeuses à faire des choix éclairés.

Cette charte fixe le cadre commun que chaque testeur et testeuse s’engage à respecter. Elle garantit la crédibilité éditoriale, la cohérence des contenus, et la confiance des lecteurs.

Participer à un Wall Test implique l’acceptation pleine et entière des règles ci‑dessous.

1. Esprit général des Wall Tests

Un Wall Test n’est ni une publicité, ni une fiche produit, ni un avis à chaud. C’est un retour d’expérience argumenté, ancré dans une pratique réelle, qui doit répondre à trois questions simples :

  • Quoi ? (présentation du produit)
  • Pour qui ? (profil du grimpeur, niveau, pratique)
  • Dans quel contexte ? (type de mur, falaise, fréquence, durée)
  • Pourquoi ? (ce que le produit apporte – ou non – par rapport aux usages)

L’objectif n’est pas de dire qu’un produit est « bon » ou « mauvais », mais de comprendre ce qu’il fait, ce qu’il change, et pour qui il est pertinent.

2. Transparence et honnêteté

Le testeur s’engage à :

  • Donner un avis sincère, personnel et argumenté
  • Mentionner aussi bien les points forts que les limites du produit
  • Éviter toute complaisance, exagération ou langage purement promotionnel
  • Un produit peut être bon dans certains usages et moins adapté dans d’autres : c’est précisément ce que le Wall Test doit faire ressortir.

👉 Un avis nuancé est toujours préférable à un avis tranché mais creux.

3. Contexte de test obligatoire

Chaque Wall Test doit impérativement préciser

Le profil du testeur :

niveau approximatif
type de pratique (bloc, voie, salle, falaise, compétition, loisir, etc.)
Le cadre du test :

salle(s) ou site(s) utilisés
type de prises, de murs ou de rocher
durée du test (nombre de séances, période)
Sans contexte clair, le test perd une grande partie de sa valeur.

4. Exemple de structure pour Wall Test

Sans être figée, la structure suivante peut vous aider à formaliser votre test :

  • Introduction

Présentation du produit (technique, design, positionnement)
Comment il a été testé (cadre, environnement, durée)
Objectif du test (tester l’adhérence de cette nouvelle gomme, ce nouveau talon innovant, …)

  • Profil du testeur

Morphologie du pied (pour les tests chaussons et chaussures d’approche)
Niveau et pratique (salle, falaise, bloc, grande voie, …)
Fréquence d’utilisation

  • Sensations et usage réel

Ce qui fonctionne bien
Ce qui fonctionne moins bien
Évolution dans le temps
Comparaison avec des produits similaires

  • À qui s’adresse ce produit ?

Profils / pratiques pour lesquels il est pertinent
Profils / pratiques pour lesquels il l’est moins

  • Conclusion

Synthèse honnête et nuancée
Ce que le produit apporte (ou non) à la pratique

Nous attendons un test précis et complet de 800 mots minimum.

5. Ton et style éditorial

Les Wall Tests Planetgrimpe doivent être :

  • Accessibles : compréhensibles par tous les grimpeurs
  • Naturels : écrits comme on parlerait à un partenaire de grimpe
  • Pédagogiques : expliquer les sensations, pas seulement les décrire

À éviter absolument :

  • Le jargon trop marketing
  • Les copier‑coller de discours de marque
  • Les superlatifs vides (« incroyable », « révolutionnaire », etc.)

6. Indépendance vis‑à‑vis des marques

Même lorsque le produit est fourni par une marque partenaire :

  • Le contenu reste éditorialement indépendant
  • La marque n’a pas de droit de validation sur le fond du test
  • Le testeur n’est jamais tenu de formuler un avis positif
  • Cette indépendance est une condition essentielle de la crédibilité des Wall Tests.

7. Visuels et illustrations

Des photos doivent être fournies :

  • Elles doivent présenter le produit sous différents angles
  • Elles doivent représenter le produit en situation réelle d’usage
  • Les photos doivent respecter le droit à l’image et la sécurité
  • Planetgrimpe se réserve le droit de sélectionner ou recadrer les visuels pour cohérence éditoriale.

8. Responsabilité et validation

En participant à un Wall Test, le testeur :

  • Assume la responsabilité de son propos
  • Accepte de respecter une deadline pour rendre son avis (6 semaines en moyenne)
  • S’engage à relire attentivement son contenu avant publication
  • Accepte les ajustements éditoriaux (orthographe, clarté, structure)
  • Les modifications de fond ne sont jamais faites sans échange avec le testeur.

9. Engagement du testeur

Participer à un Wall Test Planetgrimpe, c’est :

  • Contribuer à une démarche collective et qualitative
  • Aider la communauté à mieux choisir son matériel
  • Défendre une vision exigeante et honnête du test produit

La confiance des lecteurs est la valeur centrale des Wall Tests. Merci de la respecter et de la faire vivre.

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Sportive de haut niveau en escalade et étudiante : le double projet de Capucine Viglione

22 Jan

À 23 ans, Capucine Viglione mène de front deux projets depuis de nombreuses années. D’un côté, l’escalade de vitesse au plus haut niveau : membre de l’équipe de France, actuelle détentrice du record de France et une participation aux Jeux Olympiques de Paris en 2024. De l’autre, un parcours universitaire construit pas à pas jusqu’à une école de commerce grenobloise, avec la volonté de ne pas tout miser sur une carrière sportive, qui, par définition, est incertaine.

Un double projet dont elle nous parle sans complexe, sans le présenter comme un modèle à suivre, mais comme une nécessité personnelle. Une façon pour elle de garder un équilibre pour tenir dans la durée et continuer à avancer.


Ses premiers pas en escalade à l’âge de 5 ans

Capucine découvre l’escalade à l’âge de cinq ans, à Marseille. Une entrée dans le sport presque évidente, par mimétisme familial. “Mon grand frère était inscrit au club, et à force de le suivre, j’ai eu envie d’essayer.” Elle grimpe d’abord en bloc et en difficulté. Rapidement, un élément s’impose à elle : la compétition. “Ça m’a tout de suite plu !”.

Le choix de la vitesse arrive plus tard, presque par opportunité. Lorsqu’elle déménage en région parisienne, elle s’inscrit au club de Massy et découvre l’existence d’un groupe vitesse compétition. “Je ne faisais pas encore de vitesse, mais j’ai vu qu’il y avait un groupe dédié. Je me suis entraînée quelques mois de mon côté pour pouvoir l’intégrer, parce qu’il fallait quand même avoir un petit niveau.”

En décembre 2015, elle rejoint officiellement ce groupe. Trois mois plus tard, elle participe à ses premiers Championnats de France et monte sur le podium. La suite s’enchaîne très vite. “Trois mois après, j’avais ma première sélection en équipe de France. Depuis, je n’ai jamais arrêté.”

Très tôt, le sport commence à bousculer l’école

Cette ascension rapide a un revers qu’elle n’avait pas anticipé : dès l’adolescence, sport et scolarité entrent en concurrence. “En 2016, j’ai ma première sélection sur un Championnat d’Europe et une Coupe d’Europe. C’est la première fois que je commence à rater des cours pour aller en compétition.” Petit à petit, les absences s’accumulent : compétitions internationales, stages équipe de France, déplacements… “J’avais déjà raté ma rentrée au collège, puis des semaines entières de cours.”

À ce moment-là, rien n’est réellement prévu pour accompagner ce type de parcours. Son collège n’est pas spécialisé et les enseignants peu habitués à ces contraintes. “Dès le collège, ça a commencé à être compliqué de faire comprendre tout ça aux profs.” Avec ses parents, Capucine cherche alors une solution. Ce sera finalement le Pôle France à Voiron pour le lycée. “Les aménagements n’étaient pas incroyables, mais c’était la meilleure option qu’on avait à ce moment-là.”

© Tim Nicolas Hopf

Adapter sa scolarité sans jamais la mettre complétement de côté

À Voiron, Capucine découvre la vie en internat, en parallèle d’un entraînement quotidien. Une organisation lourde, qu’elle accepte. “J’allais au lycée, puis après les cours j’allais m’entraîner. C’était déjà un sacré compromis.”

Mais après la classe de première, l’envie de changement se fait sentir. “En terminale, j’en avais marre de l’internat, ça me saoulait.” Elle rentre alors en région parisienne et intègre un lycée spécialisé pour sportifs de haut niveau. Cette fois, le cadre fonctionne réellement. “On n’avait cours que le matin, et l’après-midi on pouvait s’entraîner. J’étais avec Solène Moreau, on s’entraînait ensemble. C’était vraiment une super solution.”

Pour la première fois depuis ses années collège, sport et études cessent d’être en opposition permanente.

Après le bac, Capucine fait le choix de continuer les études

À la sortie du lycée, Capucine ne remet pas en question l’idée de poursuivre des études. “J’ai toujours eu envie de faire des études, et en plus j’aime bien ça.” Elle s’inscrit à l’université de Grenoble en DUT GEA. “J’allais en cours le lundi, et le reste de la semaine je préparais mes cours à distance. J’ai validé mon DUT en deux ans.”

Elle intègre ensuite Grenoble École de Management, dans un programme Grande École aménagé pour les sportifs de haut niveau. “J’ai exactement le même diplôme que ceux qui sont en présentiel, sauf que mes cours sont à distance. Ça me permet de m’entraîner, de partir à l’étranger, et de rattraper les cours quand je peux.”

Avec le recul, Capucine identifie clairement ce qui l’a convaincue que ce double projet était possible : les personnes croisées sur son chemin. “J’ai rencontré des gens qui croient vraiment qu’on peut viser l’excellence sportive et scolaire en même temps. C’est eux qui m’ont convaincu que c’était possible.”

Composer avec deux exigences au quotidien

Contrairement à certaines idées reçues, Capucine ne fonctionne pas avec une méthode stricte et figée. “Je n’ai pas vraiment de routines ou de règles non négociables. J’essaie surtout de m’adapter en fonction de l’emploi du temps et de la charge de travail.”

Certaines périodes sont relativement équilibrées. D’autres beaucoup plus tendues, notamment lors des stages. “L’an dernier, pendant un stage, je travaillais de 8h30 à 14h, j’allais à l’entraînement ensuite, et je devais encore travailler mes cours le soir. Et ça pendant six mois. Je sentais que je m’entraînais moins, ça me frustrait énormément. J’étais fatiguée, frustrée, et j’avais l’impression de ne rien faire correctement.”

© Tim Nicolas Hopf

Quand l’équilibre se fragilise, le sport devient un pilier central

Malgré toutes les adaptations possibles, certaines périodes dépassent toute question d’organisation ou de planning. En 2021, Capucine traverse l’épreuve la plus difficile de sa vie : la perte de son grand frère. “Émotionnellement, ça n’allait pas du tout. J’étais en DUT à ce moment-là, et mes notes ont chuté comme jamais. Je n’arrivais plus à faire les choses correctement.

Pour la première fois, l’équilibre qu’elle avait patiemment construit s’effondre, aussi bien sur le plan scolaire que personnel.
Je sentais que l’équilibre n’était plus là, clairement.” Dans cette période, c’est paradoxalement l’escalade qui va jouer un rôle central. “Ce qui m’a sortie la tête de l’eau, honnêtement, ça a été l’entraînement.” S’entraîner avec les autres, retrouver une routine, un cadre, un objectif sportif : autant d’éléments qui vont lui permettre de se reconstruire progressivement. “L’objectif sportif, le fait de m’entraîner avec les copains, ça m’a permis de retrouver un équilibre, y compris scolairement.”

Elle finira par valider son DUT sans encombre, mais cette période marque un tournant. Elle comprend alors que le double projet n’est pas seulement une question d’anticipation de l’après-carrière, mais aussi un levier de résilience, capable de soutenir l’un quand l’autre vacille.

Des décisions parfois difficile à prendre

L’arbitrage le plus délicat intervient début 2024, à l’approche des Jeux Olympiques de Paris. Une période où la pression monte d’un coup, et où l’équilibre jusque-là tenu devient fragile. “À ce moment-là, j’étais tellement stressée par les sélections pour les JO que je n’arrivais plus à travailler efficacement pour les cours. J’étais dans une boucle infernale.

Capucine finit par prendre une décision difficile : demander à son école de reporter certaines matières. “Je sentais que si je continuais comme ça, j’allais craquer. Ils ont compris que ce n’était pas un caprice, mais que j’en avais vraiment besoin.

Avec le recul, ce moment marque une prise de conscience importante : le double projet ne peut pas toujours être parfaitement équilibré, et il faut parfois accepter de lâcher sur un front pour ne pas s’épuiser complètement. Pour Capucine, les études restent cependant un pilier essentiel de cet équilibre global. “Quand je fais un entraînement de merde, je rentre chez moi et j’ai autre chose à faire. Je ne ressasse pas l’entraînement toute la soirée.” Un échappatoire mental, mais aussi une projection lucide sur l’avenir. “Je ne vis pas de l’escalade aujourd’hui, et je pense que je n’en vivrai jamais vraiment. Avoir quelque chose à côté, c’est une sécurité.

Sportive de haut niveau, mais pas seulement…

Lorsqu’elle se présente, Capucine se définit d’abord comme sportive de haut niveau. Un choix qu’elle assume, parce qu’il correspond à sa réalité quotidienne. “C’est là que je passe la majeure partie de mon temps, à l’entraînement, en compétition. C’est l’expérience qui me définit le plus aujourd’hui.” Cette manière de se présenter n’a pourtant rien d’anodin : “J’ai déjà travaillé là-dessus en préparation mentale, sur le fait de ne pas me définir uniquement par le fait d’être sportive de haut niveau.”

Un travail nécessaire pour éviter de tout faire reposer sur l’escalade, surtout lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous. Car pour elle, l’équilibre ne repose pas uniquement sur une bonne organisation du temps, mais aussi sur la capacité à exister autrement que par le sport. “Je suis quand même fière de ce que je fais, donc ça ne me dérange pas de me présenter comme sportive. Mais j’essaie de ne pas me réduire qu’à ça.”

© Tim Nicolas Hopf

Études et sport de haut niveau : un cadre encore trop fragile selon Capucine

Si Capucine reconnaît aujourd’hui avoir trouvé un équilibre personnel, elle reste lucide sur les limites du système français. “On nous encourage à faire des études, mais concrètement, côté études, ça ne suit pas toujours. Il y a encore trop peu de filières post-bac qui sont compatibles avec un projet sportif de haut niveau.”

Elle cite notamment certaines filières très exigeantes, comme le droit, beaucoup plus difficiles à concilier avec un entraînement quotidien. “J’étais en colocation avec une athlète qui faisait du droit. Ce n’est vraiment pas la même chose.” Selon elle, ce manque d’adaptation pousse de nombreux jeunes à arrêter, parfois très tôt. “Je connais plein de jeunes qui ont arrêté parce que le passage aux études était trop compliqué.”

Un constat qu’elle élargit à la place du sport dans la société française. “Ce n’est pas vraiment dans la mentalité française de se dire que sport de haut niveau et études peuvent être compatibles.”

Un équilibre trouvé, et un horizon clair jusqu’en 2028

Aujourd’hui, Capucine estime avoir trouvé un fonctionnement qui lui correspond. Elle s’entraîne quotidiennement au Pôle France à Voiron, suit ses cours à distance et avance avec un calendrier clair. “Je finis mes études dans un an et demi, et après il y aura les Jeux de Los Angeles.” La fin de carrière viendra plus tard, peut-être après 2028. “Je ne suis pas encore sûre d’arrêter après Los Angeles, mais il y a de grandes chances.”

Avant de conclure, Capucine rappelle qu’elle est loin d’être un cas isolé au sein de l’équipe de France. “Je sais que je ne suis pas la seule en équipe de France à faire des études, et je sais que pour certains, c’est très compliqué.” Puis, à destination des plus jeunes : “À ceux qui hésitent entre continuer le sport ou se lancer dans les études : pourquoi ne pas essayer de faire les deux ?”.

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Coupe de France de bloc 2025: étape à Valence

12 Jan

Alors que les championnats de France arrivent à grands pas, cette étape de coupe de France Valentinoise était l’occasion pour quelques uns des meilleurs grimpeurs français de se remettre en jambe avant les prochaines grosses échéances. Et autant vous dire qu’il y avait du très beau monde sur les blocs, dont Oriane Bertone et Sam Richard qui remportent cette étape.

L’étape la plus relevée du circuit senior

On commence par les seniors femmes, où la réunionnaise Oriane Bertone n’aura laissé aucune chance à ses concurrentes directes. Première des qualifications, elle sortira également en tête de la finale avec 3 tops et 4 zones. Luna Alvernhe se contente d’une belle médaille d’argent avec 2 Tops et 4 zones en finale, tandis qu’Anouk Buffet prend la médaille de bronze avec 1 Top et 3 zones.

Chez les hommes, Samuel Richard s’empare de la première place au terme d’une belle bagarre en finale. Au regard du plateau, les ouvreurs avaient corsé le niveau, peut-être un peu trop puisque seul le dernier bloc sera topé. Pour vous rendre compte du niveau, Adrien Lemaire, champion de France en titre, ne réussit qu’une seule zone en finale sur les 4 blocs proposés, et prend alors la 7ème position. Le podium va se jouer dans les détails… Sam Richard s’en sort le mieux avec un top et 4 zones. Antoine Richard est tout proche, avec quelques essais de plus qui le positionnent sur la médaille d’argent. Avec une zone de moins, Léo Favot complète le podium.

Du beau niveau chez les jeunes également

En U15 fille, la locale de l’étape, Mila Nore, prend la médaille d’or devant Lise Testemale (2e) et Johana Simon (3e). Chez les garçons de cette même catégorie, Goran Lehnier décroche l’or, laisse l’argent à Nolan Costes et le bronze à Noam Terreaux.

Du côté des U17 filles, Iloé Cherif Michel monte sur la plus haute marche du podium, Amie Lreondel prend l’agent et le bronze revient à Giulia Tran Van Hau. Chez les U17 garçons, On retrouve Willem Douady en haut du classement, Oscar Venet en argent suivi par Titouan Auffret en bronze.

On termine avec les U19  où Jeanne Nore prend la médaille d’or à domicile chez les femmes, suivie par Salomé Casado (2e) et Mathilde Faro (3e). Chez les hommes, Aristide Madry Allepaerts prend l’or après une belle bataille contre Mael Reynaud qui se contente de la seconde place. Thélio Golab complètera le podium.

– PlanetGrimpe partenaire média de la FFME – 

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Le premier Wall Test arrive le 30 janvier sur PlanetGrimpe !

09 Jan

Chez Planetgrimpe, on parle souvent de matos. De ce qu’on aime, de ce qu’on use, de ce qu’on emmène en salle, en falaise ou au pied des blocs. Et surtout, de ce qu’on teste vraiment, loin des fiches techniques.

C’est de cette envie qu’est né le programme Wall Test.

Les Wall Test c’est quoi exactement ?

Un Wall Test, c’est un produit confié à un ou plusieurs grimpeurs, testé sur le terrain, dans la vraie vie : à l’entraînement, en salle ou en falaise et le tout sur la durée.

Ce n’est pas un avis à chaud, pas un retour marketing, mais un vrai test de pratiquant, avec ses habitudes, son niveau, ses terrains de jeu.

L’idée n’est pas de remplacer les tests de la rédaction, mais de les compléter avec des retours issus de la communauté. Des avis concrets, honnêtes, utiles — comme ceux qu’on aimerait lire avant de choisir son prochain chausson, son baudrier ou son sac.

Qui peut participer aux Wall Tests ?

Les Wall Test sont ouverts à la communauté Planetgrimpe, mais pas au hasard.

On cherche des grimpeurs et grimpeuses capables de prendre un peu de recul sur leur matériel, de mettre des mots sur leurs sensations, et de raconter comment un produit se comporte dans leur pratique à eux.

Concrètement, pour participer, il faut :

  • avoir un profil Planetgrimpe complété,
  • avoir déjà publié au moins un test personnel de qualité,
  • pratiquer régulièrement et avoir une vraie expérience terrain,
  • être à l’aise avec l’idée de rédiger un retour structuré.

Rien d’élitiste là-dedans : simplement l’envie de proposer des contenus utiles à toute la communauté.

À quoi ressemble un bon test personnel qui rentre dans les critères de sélection ?

Le test personnel est la première étape pour entrer dans l’aventure Wall Test.

Un bon test, ce n’est pas juste dire qu’un produit est “bien” ou “pas mal”.C’est prendre le temps d’expliquer où, comment et pourquoi on l’utilise, en tenant compte du public auquel il est destiné. C’est remettre le produit dans son contexte, parler de ce qui fonctionne vraiment sur le terrain, de ce qui marche moins, et de l’impact réel — ou non — sur sa pratique.

Pour te donner une idée plus concrète, deux tests aux styles différents, déjà en ligne sur Planetgrimpe, illustrent bien l’esprit recherché :

Ces tests constituent de bonnes références pour comprendre ce qui est attendu avant de candidater aux Wall Tests.

Quand commencent les Wall Tests ?

Le premier produit testé dans le cadre des Wall Tests sera dévoilé le 30 janvier. Ce sera le début d’une série de tests réalisés par la communauté, publiés sur Planetgrimpe, et pensés pour durer dans le temps, avec l’objectif d’aider vraiment la communauté à faire ses choix de matériel.

La suite arrive très bientôt.

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Les produits iconiques de la marque Ocun sur le marché français

04 Jan

On pourrait vous présenter Ocun par le biais classique d’un historique de la marque et vous dire qu’elle a été créée à la fin des années 80 avec un premier baudrier et quelques années plus tard par des chaussons. Qu’elle s’appelait Rock Pillars pour progressivement devenir Ocun dans les années 2000. Que c’est une marque Tchèque conçu dans ce pays et dont une très grande partie de la gamme est fabriqués en République Tchèque (4 des 5 produits ci-dessous). Sauf qu’on va vous la présenter sous la forme de produits ‘’iconiques’’ sur le marché français.

Crash Pad Dominator FTS

Avant que les chaussons soient la gamme de produits la plus représentés en France, les crash-pad ont joué un rôle important dans la visibilité d’Ocun dans l’hexagone. Un peu normal quand on est grand, jaune et qu’on en voit partout dans la forêt de Fontainebleau. Le Dominator est sur le marché un des crashs les plus épais (145mm) et grâce à son système breveté FTS il a un des meilleurs amortis tout en étant plus léger de 20% que ses concurrents de même épaisseur. Agréable à porter avec ses bretelles et ceintures rembourrées il peut être utilisés grâce aux fermetures à glissière pour dormir ou comme siège.

Gants de fissure – Crack Gloves Pro

Chez Ocun on innove même pour que les grimpeurs qui aiment verrouiller leurs mains dans des fissures agressives puissent tirer dessus sans souffrir et profiter de l’adhérence de la gomme CAT 1.5 d’habitude utiliser sur un grand nombre de nos chaussons. Avec plus de 20 ans d’expériences dans la fabrication de gants de fissures le Crack Gloves Pro est la version haut de gamme des Crack Gloves. Ils offrent une performance et une sensibilité maximales. Ils sont également dotés de passants 3D pour les doigts, d’un protège-pouce et d’une sangle élastique pour un ajustement sûr et confortable.

Chaussons d’escalade Bullit

On ne pouvait pas occulter de parler des chaussons en présentant Ocun via le biais de différents produits. Difficile de choisir tant la gamme de chaussons est large et intéressante. Deux modèles sortent du lot particulièrement en France le Jett QC qui réponds à un très large public expérimenté à la recherche d’un compromis technicité, confort, prix en dessous de 100€. Mais un autre modèle montre aussi sa polyvalence en étant lui aussi ultra polyvalent, c’est le Bullit. Capable pour certains grimpeurs de gagner des compétitions internationales, de perfer autant en falaise qu’en bloc. A l’aise dans une salle de bloc comme en falaise en dévers ou encore dans une dalle en adhérence. Malgré une forme agressive, une pointe griffante, une bande de tension efficace, une contre pointe adhérente il n’en n’est pas moins un des chaussons les plus confortable et abordable financièrement dans cette gamme de chaussons.



Harnais Twist Tech Eco & Twist Tech Eco Lady

Pour continuer avec les produits fabriqués en Tchéquie qui non seulement non pas traversé la planète mais en plus dans une démarche éco responsable ce modèle est fabriqué à 82% de matériaux recyclés et biosourcés. Ce harnais confortable à 3 boucles est idéal pour l’escalade sportive, l’alpinisme et la via ferrata. Il offre un confort optimal grâce à sa ceinture et ses tours de cuisse rembourrés et dans sa version Lady il s’adaptera à la morphologie féminine.

Mania & Noya Short / Pant

Après tout ce beau matos on peut avoir envie de grimper en étant à l’aise dans ses vêtements c’est pour ça que chez Ocun on propose une large gamme de vêtements pour hommes et femmes. Si on aborde le textile grimpe chez Ocun comment ne pas parler du Mania ou de son pendant féminin Noya. Après son succès dans sa version de base, c’est à dire un short ou un pantalon dans une matière technique synthétique légère, stretch à séchage rapide. Equipé de nombreuses poches, d’une ceinture stretch et confortable qu’on ne ressent pas sous un baudrier. La gamme avec le temps c’est élargi avec une version jeans, une version recyclée (55%), une version coton bio et en 2026 un short plus court.

 

– Article réalisé en collaboration avec Ocun –

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Interview : Nolwen Berthier nous présente sa mini série documentaire “Une voie pour la nature”

04 Jan

« Un jour, je me suis rendu compte que je connaissais par cœur le nom de toutes les voies du secteur, mais que j’étais incapable de citer cinq espèces au pied de la falaise. »

Cette phrase, Nolwen Berthier la prononce presque comme une évidence. Sans dramatiser, sans donner de leçon, elle pose ici un constat qui lui sert de point de départ pour sa mini série documentaire Une Voie pour la Nature.

Ancienne membre de l’équipe de France, aujourd’hui tournée vers la falaise, Nolwen a imaginé une mini-série documentaire qui prend volontairement le contre-pied des formats habituels. Pas de performance, pas de cotations, pas de discours militant non plus. À la place : des voies emblématiques, des rencontres, et des échanges avec des scientifiques, des naturalistes ou des acteurs de terrain, pour interroger notre rapport à ce qui nous entoure quand on grimpe dehors.

Avec Une Voie pour la Nature, il ne s’agit pas de dire aux grimpeurs ce qu’ils doivent faire, mais plutôt de prendre un peu de recul. Regarder autrement des falaises que l’on croit connaître par cœur, et se demander, simplement, si notre pratique peut évoluer, et comment.

Dans cette interview, Nolwen revient sur la genèse du projet, les rencontres qui l’ont marquée, ce que ces échanges ont changé dans sa façon de d’aborder ses sorties en falaise, et ce qu’elle observe aujourd’hui dans la communauté. Un échange posé et accessible, à l’image de la série.


Nolwen, avant de rentrer dans le vif du sujet, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Salut, moi c’est Nono, 1m52, 2 tractions à un bras (les jours de forme).

Après dix ans au sein de l’équipe de France de diff (et un passage éclair en bloc), je me concentre maintenant surtout sur les voies dures en falaise. En parallèle, j’ai fait des études d’ingénieure en Énergie et Environnement. Aujourd’hui, je combine mon statut de grimpeuse pro et d’ingénieure pour inspirer les individus et accompagner les entreprises vers des pratiques et des modèles plus soutenables.

Quel a été le déclic qui t’a donné envie de créer Une Voie pour la Nature ?

Ce projet est né du constat que nous ne faisons pas face à une crise écologique mais à plusieurs. Aujourd’hui dans notre société, on entend beaucoup parler du dérèglement climatique et les actions se concentrent sur la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Nous l’observons même en escalade : la mobilité douce est très médiatisée. C’est important et nécessaire, mais en réalité il y a 8 autres limites planétaires qu’il ne faut pas oublier. Ce sont les équilibres qui assurent l’habitabilité de la Terre et que nous menaçons : aujourd’hui nous avons dépassé 7 de ces limites. Et il se trouve que l’une d’entre elle est particulièrement interconnectée à toutes les autres : l’érosion de la biodiversité. Notre planète est littéralement en train de mourir, mais on ne dit rien, et on ne fait pas grand chose. J’ai eu envie d’explorer ce sujet et transmettre mes apprentissages au plus grand nombre.

Peux-tu un peu nous décrire ce projet en quelques mots ?

Ce projet est parti d’une idée :  associer une voie d’escalade emblématique à la voix d’une personnalité engagée pour la protection du vivant pour créer des ponts entre le monde sportif et le monde scientifique. J’ai réalisé 4 épisodes vidéo avec pour fil rouge : notre rapport au vivant. Une manière pour moi de donner plus de visibilité à ces personnalités et leurs idées (souvent trop peu entendues) et rappeler à quel point nous sommes privilégiés de pouvoir pratiquer notre activité dans des espaces si incroyables.

Pourquoi une mini-série documentaire, et pas simplement un texte ou une prise de parole sur les réseaux ?

Les chiffres c’est bien, ça alerte. Mais aujourd’hui, nous sommes submergés par les informations qui annonce la crise écologique et pourtant rien ne change. Nous devons passer de la tête au cœur, traduire ces données en réalités, en espoirs, en colères, en indignations. Retrouver un attachement émotionnel pour trouver l’énergie de changer.

J’ai voulu utiliser l’escalade pour toucher les gens, leur donner envie d’agir, en sortant du culte de la performance. Les voies d’escalade sont des pépites à côté de chez moi (que l’on ne connait pas toujours). Je ne mentionne ni cotation, ni nom de voie, pour que le spectateur se concentre sur la beauté des mouvements, du rocher, du cadre. C’est une invitation à l’émerveillement.

J’ai également décliné cette série en format conférence, un espace vivant où je partage mes observations du monde de la grimpe, des anecdotes de tournage et des pistes d’action concrètes. L’objectif : ouvrir le dialogue avec la communauté, nourrir les échanges et imaginer ensemble de nouvelles perspectives.

Comment résumerais-tu l’intention de la série en une phrase ?

Cette série invite à questionner notre relation aux autres êtres vivants. J’aimerais qu’elle ouvre des interstices, des espaces de questionnement, pour explorer d’autres modèles que celui de la domination que nous connaissons aujourd’hui. L’enjeu : redonner du pouvoir à celles et ceux avec qui nous cohabitons, et leur faire une vraie place dans nos décisions du quotidien.

Dans la série, on te voit grimper, mais on t’entend surtout écouter : scientifiques, spécialistes, militants… Pourquoi ce choix de donner la parole à d’autres plutôt qu’à la communauté grimpe ?

À travers mon métier, j’ai eu la chance de croiser des personnes qui m’ont fait grandir, à la fois dans ma compréhension des enjeux écologiques et dans ma vision de l’engagement. On ne parle pas directement d’escalade, mais en réalité, tout est lié et il se trouve que … ce sont des grimpeurs !

À quel moment t’es-tu dit que notre rapport à la nature en tant que grimpeurs devait évoluer ?

Un jour, je me suis rendu compte que je savais citer le nom de toutes les voies du secteur par cœur, mais que j’étais incapable d’identifier plus de 5 espèces au pied de la falaise… puis j’ai réalisé qu’il y avait un problème bien plus global et systémique.

 Y a-t-il une rencontre, un expert, une scène de tournage qui t’a particulièrement marquée ?

Chaque rencontre était spéciale à sa manière, ce sont des super souvenirs de vie !! Sur le papier, c’était un sacré challenge car c’était la première fois que je coordonnais un projet vidéo de A à Z et il y avait de nombreuses contraintes (tournage sur corde, météo, logistique, planning des expert.e.s, budgets, communication …) mais comme on dit « l’aventure commence là où les compétences s’arrêtent » … et c’était une très chouette aventure !!

Au fil des tournages, est-ce que ton propre rapport à la pratique a changé : matériel, déplacements, choix des sites, rythme ?

Au fur et à mesure des interviews et des rencontres, mon regard a changé, ma posture a évolué. Après le trip avec Lionel (de l’association Papa Ours Nature), je me suis même surprise à regarder les arbres en bas de chez moi comme des nouveaux voisins, des habitants de mon quartier. C’est surement la première étape pour mieux cohabiter avec les autres êtres vivants, que ce soit dans notre pratique de l’escalade ou dans notre société.

Qu’est-ce que tu observes aujourd’hui dans la communauté grimpe : les mentalités bougent ou on est encore loin du compte ?

J’ai l’impression que notre communauté est consciente des enjeux climatiques, mais peu actrice dans la réduction de son empreinte. Et qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir sur les enjeux de biodiversité. Bien sur, certain.e.s pratiquant.e.s sont très sensibles et attentifs à ces aspects, mais ce serait une grossière généralité de considérer que c’est une majorité.

L’escalade est souvent perçue comme un sport « proche de la nature ». Tu dirais que c’est vrai… ou qu’on se raconte une belle histoire ?

En tant que sportives et sportifs de pleine nature, j’ai le sentiment que l’on bénéficie d’une image “d’écolos” mais que la réalité est un peu différente. On collectionne les voies pour pouvoir les rentrer dans 8a.nu, on collectionne les lieux de pratique pour pouvoir dire “j’y suis allé”, on achète de plus en plus de matériel. On consomme les espaces naturels pour notre épanouissement personnel, notre reconnaissance sociale, notre ego… Nous entretenons une incroyable relation de domination avec toutes les espèces qui vivent dans ces espaces naturels (que l’on va jusqu’à appeler nos “terrains de jeu” !)

Les sites naturels subissent une fréquentation toujours plus forte. Comment concilier envie de grimper et respect du vivant ?

D’un point de vue individuel, les actions sont assez simples et relèvent souvent du bon sens, comme par exemple :
Eviter le piétinement : ne pas poser nos sacs sur les plantes, rester sur les sentiers tracés lors de la marche d’approche …

Eviter les dérangements : changer de secteur ou de voies en période de nidification, ne pas mettre de la musique, éviter de grimper de nuit …

Arrêter d’aller tous au même endroit au même moment, se répartir sur les sites et développer notre curiosité pour des sites plus confidentiels (n’y a-t-il pas d’autres secteurs que Céüse ?)

Réduire notre consommation de matériel et choisir des équipements plus durables

Limiter l’impact carbone de nos déplacements sportifs (est-ce bien raisonnable d’aller à Rockland ?)

Mais l’escalade n’est ici que le révélateur d’un problème bien plus vaste : notre société a besoin d’un changement profond de notre regard sur les autres espèces. Nous devons remettre en question la norme de la domination humaine sur le monde vivant. Il est urgent d’intégrer l’idée que nous faisons nous-mêmes partie du vivant, au même titre que les autres espèces, et de prendre en compte leurs intérêts dans nos décisions, afin de leur redonner une véritable voix.

Dans la série, tu ne cites pas que les enjeux, tu proposes aussi des pistes. Quelle est, selon toi, la première habitude à changer pour un grimpeur ?

A la fin de l’épisode 4, Lionel dit : « La nature parle tout le temps, mais nous ne savons pas l’écouter. » Apprenons à écouter, regarder, respecter les autres êtres vivants avec lesquels nous cohabitons.

Si tu pouvais faire passer un message clair à la communauté grimpe, lequel serait-il ?

Imaginer un instant nos falaises sans l’ombre des arbres, les multiples couleurs des fleurs ou encore le chant des oiseaux. Notre activité dépend directement de tous ces autres êtres vivants. Apprenons à mieux cohabiter avec eux !

Et aux marques, fédérations, médias, salles, organisateurs d’événements ?

Les autres êtres vivants, aujourd’hui, vous les appelez « matières premières »,  « terrains de jeu » ou encore « zones d’implantation ».  Votre activité économique dépend directement de tous ces autres êtres vivants… et si vous lui redonniez autant qu’elle vous rapporte ? Car comme dirait Yvon Chouinard “There’s no business to be done on a dead planet”.

Cette série est-elle un point final, ou le début d’une aventure plus grande ?

J’espère vraiment que la conférence Une Voie pour la Nature continuera de vadrouiller dans les mois à venir ! J’ai adoré ce format, à la fois simple, vivant et inspirant, qui permet d’échanger, de partager des expériences et de réfléchir ensemble.

J’ai aussi plein d’autres projets en tête, notamment des formats vidéo, pour continuer à faire passer des messages, créer du lien et donner envie de passer à l’action.

Le dernier épisode sorti: #04 Bogue à la racine du système

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Une agression sexuelle présumée au sein de l’équipe de France d’escalade : ce que l’on sait

28 Déc

Été 2024. Lors d’un déplacement officiel de l’équipe de France d’escalade sur une étape de Coupe du Monde, des faits d’agression sexuelle présumée auraient eu lieu entre deux athlètes. À ce moment-là, rien ne se dit. Comme souvent après ce type de faits, il faut du temps avant que des mots puissent être posés.

Ce n’est que plusieurs mois plus tard, au printemps 2025, que l’athlète présumée victime se confie à son entraîneur. Ce geste, à lui seul, marque un basculement. En mai 2025, le signalement est transmis à la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME). Commencent alors les procédures, les délais, les décisions, et parfois l’impression de ne pas être écouté.

Une procédure judiciaire est également ouverte en parallèle, d’ailleurs rappelons qu’à ce titre, la présomption d’innocence s’applique. Mais pendant que les cadres juridiques et disciplinaires se mettent en place, la réalité que vit la présumée victime ne se met pas en pause. Il faut continuer à s’entraîner, à composer avec l’incertitude, à ajuster son quotidien sportif et personnel pour ne pas croiser son agresseur, également en équipe de France. Dépression, mal être, prise de médicaments à forte dose pour rester debout, blessures : voici le nouveau quotidien de la plaignante. L’été passe. Une première décision disciplinaire est rendue fin août 2025, puis un appel est examiné à l’automne. La procédure fédérale s’achève finalement sans sanction.

Ce dossier ne raconte pas seulement une succession d’étapes administratives. Il interroge ce que vivent celles et ceux qui parlent, et la manière dont une institution accompagne — ou non — ses athlètes pendant le temps long des procédures.

Dans cet article, Planetgrimpe revient sur les faits connus et le déroulé des événements, à partir d’échanges avec la plaignante et le président de la FFME. Un dossier sensible, qui invite à comprendre ce qui se joue avant d’entrer dans le détail des textes, des règlements et de leurs limites.


Mai 2025 : un signalement qui déclenche une commission disciplinaire

Parler de violences sexuelles dans le sport n’est jamais anodin. Ces situations interrogent, notamment la capacité du cadre fédéral à protéger les athlètes et à garantir un environnement sûr.

C’est dans cette démarche que nous nous sommes entretenus avec Alain Carrière, président de la FFME. Dans un premier temps, il nous confirme que l’alerte remonte à la fin du mois de mai. L’athlète concernée se confie d’abord à son entraîneur, puis l’information est transmise au directeur technique national et à la présidence fédérale. Comme la loi l’impose, suite à ce signalement, la FFME alertera également le procureur de la république.

Avant toute saisine disciplinaire, Alain Carrière nous indique avoir sollicité le service juridique de la FFME ainsi que les services compétents du ministère, afin d’agir dans le cadre prévu par les textes. Suite à cela, la commission disciplinaire de première instance est finalement saisie le 18 juin.

Comment fonctionnent les commissions disciplinaires ?

Un rappel s’impose sur le fonctionnement de ces instances. Si les membres des commissions disciplinaires sont désignés par les instances dirigeantes de la fédération, leurs décisions, une fois les commissions constituées, échappent à toute intervention de l’exécutif. L’indépendance porte sur l’exercice de la fonction de juger, et non sur le mode de nomination.

Ce cadre est juridiquement conforme et largement répandu dans le monde sportif. Il peut toutefois nourrir des interrogations sur la perception d’indépendance réelle des décisions rendues : le fait que les membres des commissions soient désignés par les instances dirigeantes de la fédération — laquelle est également responsable de l’encadrement, de la protection et de l’organisation sportive — peut créer un sentiment de confusion des rôles et fragiliser la confiance accordée au processus disciplinaire, malgré les garanties formelles d’indépendance prévues par les textes.

Ce que prévoit le règlement disciplinaire de la FFME :

Conformément à son règlement disciplinaire, les membres des commissions disciplinaires de la FFME, qu’elles soient nationales ou régionales, sont désignés par les instances fédérales en raison de leurs compétences juridiques ou de leur expertise en matière d’éthique et de déontologie sportives. Leur mandat est aligné sur celui des instances dirigeantes de la fédération et expire lors de leur renouvellement. Ces membres ne peuvent appartenir aux instances dirigeantes de la FFME ou de ses organes déconcentrés, ni être liés à la fédération par un lien contractuel autre que celui résultant de la licence. Par ailleurs, toute personne présentant un intérêt direct ou indirect dans une affaire examinée est tenue de le déclarer et ne peut, dans ce cas, siéger au sein de l’organe disciplinaire concerné. La désignation et le renouvellement des membres relèvent du conseil d’administration de la FFME, dans le cadre des décisions prises conformément au règlement disciplinaire qu’il a approuvé.

Août 2025 : une première décision qui interroge

Le temps long des procédures disciplinaires est souvent difficile à appréhender, a fortiori lorsqu’un signalement porte sur des faits graves. Alain Carrière indique avoir été “surpris” par le délai entre la saisine de la commission, le 18 juin, et le rendu de la décision, le 29 août.

Il se dit également étonné par le contenu de cette première décision : en effet, la commission disciplinaire de première instance s’est déclarée incompétente, estimant que les faits relevaient de la « sphère privée ». Une appréciation d’autant plus surprenante que les faits signalés se seraient produits lors d’une nuit d’hôtel pendant une étape de Coupe du Monde, dans le cadre d’une convocation officielle en équipe de France, au sein d’un hébergement pris en charge par la FFME.

Image d’illustration

À la lecture du rapport de la commission, il y a de quoi se questionner, notamment au regard du règlement disciplinaire fédéral. En effet, l’article 2 du règlement précise que les organes disciplinaires sont compétents pour examiner des faits de violences ou d’atteintes sexuelles et/ou psychologiques dès lors qu’ils s’inscrivent dans le cadre des activités fédérales, y compris lorsqu’ils ne se déroulent pas sur un lieu de pratique sportive. Le texte vise explicitement les situations survenues lors de déplacements officiels.

En d’autres termes, le règlement disciplinaire de la FFME ne limite pas la compétence des commissions aux seuls actes sportifs. Il inclut également les atteintes à la charte d’éthique et de déontologie ainsi que les violences sexuelles ou psychologiques commises dans le cadre des activités fédérales.

Il se trouve que ce passage précis du règlement — celui qui traite explicitement des violences sexuelles dans le cadre fédéral — n’a pas été pris en compte dans la motivation de la décision de première instance, ce qui a de quoi questionner…

Septembre 2025 : un appel et une procédure close

À l’issue de cette première décision, la plaignante demande au président de la FFME d’exercer un recours. Selon elle, Alain Carrière aurait d’abord exprimé des réserves, estimant les chances de succès limitées, avant d’engager finalement une procédure d’appel, peu avant l’expiration du délai légal de sept jours.

Pour la victime présumée, cette décision de la commission était impensable, et elle aurait aimé être davantage soutenue par la présidence de la FFME : « Pour réparer cette injustice, je me suis retrouvée à supplier un président de fédération », confie-t-elle.

La commission d’appel (composée de membres différents que la commission disciplinaire de première instance) se déclare cette fois compétente pour examiner le dossier… Mais conclut à l’absence de sanction disciplinaire, faute de preuves jugées suffisantes. La procédure disciplinaire fédérale est alors close. Un coup dur pour la victime présumée.

Une période estivale sans protection formelle

Si la commission d’appel n’a envisagé aucune sanction, une question centrale se pose alors : pourquoi aucune mesure d’éloignement n’a-t-elle été mise en place de manière officielle par la FFME, notamment durant la période estivale, alors même que la procédure disciplinaire était en cours ? Des mesures conservatoires auraient pu être envisagées afin de prévenir toute situation de contact pendant cette période.

En l’absence de mesures de protection suffisantes mises en place par la FFME, J’ai été contrainte d’adapter mon entraînement.

Sur ce point, le président de la FFME rappelle que les mesures conservatoires ne peuvent être prises, selon le règlement disciplinaire, que pendant une procédure en cours et avant la notification d’une décision (ce qui était le cas durant tout l’été 2025). Il admet par la suite qu’aucune mesure spécifique n’a été mise en place durant l’été, estimant que les deux athlètes n’étaient pas amenés à se croiser en l’absence de stages, de rassemblements ou de compétitions programmés sur cette période.

Un point de vue que la plaignante conteste fermement. Elle affirme avoir continué à s’entraîner pendant plusieurs mois dans les mêmes structures (pôle France) que l’athlète mis en cause, se mettant elle-même à l’écart — avec l’appui de ses entraîneurs — afin d’éviter tout contact. Elle indique également qu’un stage était prévu durant l’été et qu’elle a dû s’organiser avec l’encadrement pour n’en effectuer qu’une partie, l’autre étant réalisée séparément par l’athlète mis en cause.

Après vérifications, nous pouvons confirmer qu’un stage était bien organisé durant l’été, après la Coupe du Monde de Chamonix. Nous avons également la confirmation que des entraînements ont eu lieu sur le pôle France de Voiron, à minima durant l’été.

La victime présumée insiste sur les difficultés rencontrées pour obtenir, en vain, la mise en place de mesures de protection à titre conservatoire pendant près de quatre mois — de la saisie de la commission de discipline de première instance, le 18 juin, jusqu’au rapport de la commission d’appel le 17 octobre. Une période marquée par un stress intense, lié à la crainte permanente de croiser son agresseur lors des entraînements.

« En l’absence de mesures de protection suffisantes mises en place par la FFME, j’ai été contrainte d’adapter mon entraînement, avec des conséquences à la fois sportives et psychologiques. J’avais le désagréable sentiment de n’être ni entendue ni protégée par la fédération », déplore la plaignante. Elle ajoute : « Le président a eu quatre mois, sur une période de stages et de compétitions, pour prendre des mesures à titre conservatoire. Il ne l’a pas fait. »

« Je comprends pleinement qu’elle ne se satisfasse pas de ces décisions »

Au cours de notre échange, Alain Carrière est revenu longuement sur la difficulté, pour l’institution comme pour la plaignante, d’accepter qu’une procédure disciplinaire puisse s’achever sans sanction alors même qu’un signalement grave a été formulé. Il rappelle que les commissions disciplinaires statuent dans un cadre strict, fondé sur les éléments versés au dossier, tout en reconnaissant la dimension humaine et la frustration que ce type de situation peut engendrer.

« Mon souhait, c’est que l’athlète concernée s’en sorte, et je comprends pleinement qu’elle ne se satisfasse pas de ces décisions. », assure Alain Carrière.

Du point de vue de la plaignante, au-delà du discours institutionnel exposé par le président de la FFME, la procédure telle qu’elle s’est déroulée a fait apparaître plusieurs difficultés. Elle explique par exemple ne pas avoir été convoquée devant les commissions, ni représentée par son avocat, alors que le mis en cause y était présent, accompagné de son avocate.

En effet, dans ce type de procédure, le problème réside dans la place accordée à la personne qui fait le signalement. La plaignante ne dispose pas forcément d’un rôle clairement défini dans la procédure. Elle peut ainsi se retrouver à l’écart des échanges et des décisions, sans cadre précis ni garanties explicites, alors même que sa parole est à l’origine de l’ouverture du dossier. Il ne s’agit pas d’un problème lié à la FFME, mais d’un problème structurel dans les commissions de disciplines sportives.

Décembre 2025 : une prise de parole publique pour dénoncer le fonctionnement fédéral

Le 6 décembre dernier, la victime présumée a adressé un message à l’ensemble des équipes de France, aux salariés de la FFME, aux présidents de ligue et aux parents d’athlètes. À travers cette prise de parole, elle ne s’attarde pas sur la personne mise en cause, mais sur le cadre fédéral tel qu’elle l’a vécu.

Antidépresseurs, somnifères et Xanax m’accompagnent depuis quelques mois.

Elle y décrit l’absence de mesures de protection immédiates et les limites procédurales rencontrées, ainsi que leurs conséquences concrètes sur sa santé, sa carrière sportive, ses études et son quotidien : « Aujourd’hui, les conséquences de ces procédures sont multiples : stress, insomnies, anxiété, pensées obsessives… Antidépresseurs, somnifères et Xanax m’accompagnent depuis quelques mois. L’anxiété, couplée au manque de sommeil, me rend extrêmement sujette aux blessures : tendinopathies, pathologies nerveuses, lumbago, zona, contractures… À cela s’ajoute la charge mentale : rendez-vous chez le médecin, le psychologue, le kiné, l’ostéo, au commissariat… Tout cela représente aussi une charge financière. J’ai la chance d’avoir des parents plus qu’aidants et je les remercie. Mes études sont aussi touchées : manque de sommeil, de concentration, de motivation… J’ai également la chance d’avoir des responsables universitaires soutenants. »

Image d’illustration

La plaignante rappelle également que la présomption d’innocence coexiste avec une obligation de sécurité et de prudence : elle interpelle l’institution sur sa capacité à protéger, dans le temps long d’une procédure, les personnes à l’origine d’un signalement grave.

Une question de décisions, plus que de preuves

Dans ses échanges avec notre rédaction, la plaignante insiste sur un point qu’elle juge central : selon elle, le problème ne tient pas à l’absence de preuves ou à l’impossibilité d’établir les faits avec certitude, mais à la difficulté, pour l’institution, de prendre des décisions de protection dans un cadre incertain.

La plaignante insiste sur ce point : « Les responsables fédéraux ne sont pas chargés d’enquêter ni d’établir une culpabilité — une mission qui relève de l’autorité judiciaire — mais ils disposent en revanche d’un pouvoir décisionnel en matière d’organisation, de prévention et d’éloignement ». Un pouvoir qui, selon elle, n’a pas été pleinement mobilisé, alors même que la situation avait été signalée depuis mai 2025.

Ce dossier met ainsi en lumière une limite du fonctionnement disciplinaire actuel : conçu avant tout pour sanctionner sur la base de preuves établies, il peine à produire des réponses effectives lorsque l’enjeu principal n’est pas la sanction, mais la protection immédiate des personnes concernées. L’enjeu dépasse largement ce cas précis. Il interroge la capacité du sport de haut niveau à agir, non pas uniquement lorsque la preuve est constituée, mais lorsque la situation exige des décisions de prudence face à un risque signalé.

Des mesures d’éloignement pour la prochaine saison

Alain Carrière nous a affirmé que des mesures d’éloignement organisationnelles allaient être mises en place la saison prochaine. Leur mise en œuvre a été confiée au directeur technique national.

Selon les précisions apportées par le DTN, ces dispositions reposent sur un principe clair : aucune situation d’entraînement encadrée par la Fédération — qu’il s’agisse de stages ou de l’entraînement quotidien — ne doit permettre aux deux protagonistes de se croiser.
Pour les compétitions nationales à faibles enjeux (Coupe de France), une alternance de participation pourra être organisée lorsque des souhaits d’engagement seront exprimés.

Je pense qu’il y a 10 ans en arrière, j’aurai juste arrêté ma carrière.

Lorsque l’enjeu sportif impose la présence des deux athlètes sur une même compétition nationale, notamment lors des Championnats de France, des programmes spécifiques, distincts de ceux habituellement proposés, seront mis en place afin de garantir l’absence de contact.

Enfin, concernant les compétitions internationales, dès lors que les deux athlètes remplissent les critères de sélection, chaque engagement sera examiné au cas par cas — en fonction des enjeux, de la logistique et de l’encadrement — afin de déterminer les modalités de participation. Le DTN précise que ces mesures restent susceptibles d’évoluer en fonction d’éventuelles décisions disciplinaires ou judiciaires à venir.

Á propos de ces mesures, la plaignante nous confie : « Je pense qu’il y a 10 ans en arrière, j’aurai juste arrêté ma carrière. Donc j’essaie de voir ces mesures comme une opportunité de continuer à grimper même si ce n’est évidemment pas idéal ».

Et maintenant ?

La procédure fédérale est close. La procédure judiciaire suit son cours. Mais pour la plaignante, rien ne s’est arrêté avec la fin des commissions. Les conséquences, elles, demeurent. Cette affaire met en lumière l’écart qui peut exister entre le cadre disciplinaire tel qu’il est conçu et la réalité vécue par les athlètes lorsqu’un signalement grave survient.

Au-delà de ce cas précis, ce dossier interroge plus globalement la capacité des fédérations à agir dans l’entre-deux (durant les commissions disciplinaires) : ce temps long et incertain, où la preuve n’est pas encore constituée, mais où le besoin de protection est immédiat. Les mesures annoncées pour la saison à venir constituent une réponse organisationnelle tardive, qui témoigne néanmoins d’une prise de conscience. Reste désormais une question centrale, qui dépasse largement la FFME : comment faire évoluer les cadres disciplinaires du sport de haut niveau pour qu’ils ne laissent plus celles et ceux qui parlent seuls face à leur souffrance ?

Planetgrimpe continuera de suivre l’évolution de cette situation et vous tiendra informés des éventuels nouveaux éléments, tant sur le plan sportif, institutionnel que judiciaire.

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Résurrection : trois semaines d’aventure intense avec Symon Welfringer et Hugo Parmentier

15 Déc

Symon Welfringer, Hugo Parmentier et le photographe, Arthur Delicque, sont partis cet automne depuis Grenoble, pour ouvrir une grande voie en Corse… en se déplaçant uniquement à la force des jambes et du vent, sans voiture, sans confort, et avec l’envie sincère de remettre l’aventure au centre de la pratique.

Leur objectif était clair : rejoindre la Punta Lunarda, un des monolithes les plus mythiques du massif de Bavella, pour y équiper une grande voie et essayer l’Archéron, une grande voie mythique qui a gardé tout son mystère au fil des années avec une longueur potentielle en 9a+/b. Mais la manière de s’y rendre était tout aussi importante que le projet lui-même. Depuis plusieurs années, Hugo a cette idée qui lui trotte en tête : “Je voulais montrer qu’on pouvait aller faire des grandes voies extrêmes sans voiture”, explique-t-il.

Vers la mer, à la force des jambes

Le 21 octobre, à 5h du matin, les deux grimpeurs quittent Grenoble sur Roméo, le tandem qu’Hugo a récemment acquis avec sa copine Tess. Au programme : 320 km jusqu’à Saint-Mandrier-sur-mer, 3000 m de dénivelé positif, et une météo glaciale. Ils pédalent dans la nuit, puis à travers les paysages familiers : Céüse, Volx, les routes du Verdon. Des lieux qui, d’ordinaire, sont une destination. Cette fois, ils ne sont que des passages.

© Arthur Delicque

Au fil des kilomètres, la fatigue s’installe, la selle devient un supplice, et Hugo sent son genou lâcher. “Les 100 derniers kilomètres ont été un enfer” raconte-t-il. “Je crois que j’ai des séquelles à vie…” ajoute-t-il en riant jaune. Le tandem est lourd, mal réglé, et la douleur devient un compagnon de route tenace. Ils s’entêtent malgré tout, et avancent comme ils peuvent, poussés par la simple nécessité d’arriver au port avant une tempête annoncée. “Quand on est arrivés, je n’avais plus de jus du tout. On était cuits.” avoue Hugo.

Ils atteignent finalement Saint-Mandrier à 2h du matin, après presque vingt heures de pédalage quasi ininterrompu. Ils n’ont plus d’énergie, plus de jambes, plus de clarté d’esprit. Et pourtant, le moment le plus difficile commence à peine.

Une traversée en pleine tempête

La tempête Benjamin approche. Selon Francis, le propriétaire du voilier, ils ont un créneau minuscule pour traverser avant que la Méditerranée ne se referme complètement. Attendre signifierait perdre une grande partie du séjour en Corse. Partir maintenant implique de monter sur un bateau après quasi 24 heures sans sommeil. Ils partent.

On était terrorisés, on se disait : mais qu’est-ce qu’on fout là ?

Dès la sortie du port, la mer se montre hostile. La pluie se mêle à la grêle, le vent forcit, et les vagues montent rapidement à trois mètres. Arthur, victime du mal de mer, vomit presque sans interruption. Hugo, qui ne connaît la voile qu’à travers une sortie d’une demi-journée, ne peut qu’essayer de comprendre ce qui se passe. « Je n’avais jamais navigué. J’essayais juste de tenir debout. » Symon découvre chaque manœuvre en direct, dans une nuit où rien n’a de sens. Pendant ce temps, Francis, 73 ans, tient la barre sans flancher.

© Arthur Delicque

Les trois compères commencent à douter. Ont-ils fait une erreur ? Sont-ils assez compétents pour naviguer dans ces conditions ? “On était terrorisés, on se disait : mais qu’est-ce qu’on fout là ?”, confie Hugo. Après un long moment de concertation et une fois l’orage passé, la motivation a repris le dessus. La météo annonçait tenir le temps de notre traversée et nous avons donc continué notre chemin.

Après 36 heures, ils arrivent enfin à Propriano, épuisés, trempés jusqu’à l’os. Quelques heures plus tard, la tempête Benjamin frappe la Corse de plein fouet.

Bavella : la solitude, le granite et l’acharnement

Le lendemain, changement de décor : ils posent le pied à Bavella, au milieu de ses forêts de pins et de ses aiguilles découpées. Au loin, la Punta Lunarda se dresse, immense, lisse, presque intimidante. Symon la connaît depuis une visite en 2021. Il n’en a gardé qu’une idée fixe : le pilier central, une ligne pure, évidente, mais peut-être impossible.

Soit t’as des prises parfaites, soit c’est du lisse intégral.

© Arthur Delicque

Dès les premiers jours, la réalité du terrain s’impose. Par moments, les prises semblent taillées au scalpel ; à d’autres, elles disparaissent totalement. “Soit t’as des prises parfaites, soit c’est du lisse intégral”, résume Hugo. L’équipement se fait intégralement du bas, ce qui signifie grimper les longueurs à vue tout en équipant, perforateur au baudrier. Une fois équipé, une corde statique est posé pour pouvoir atteindre le point le plus haut sans avoir à regrimper. “Chaque jour, on se disait : mais est-ce que ça va passer ? Est-ce qu’on n’est pas en train d’équiper une voie qui ne verra jamais le sommet ?” Les journées sont longues, souvent plus longues que prévu. Le soleil se couche depuis longtemps lorsqu’ils plient le matos chaque jour. Ils marchent, encore et encore, parfois en silence, parfois en râlant, toujours avec la sensation d’être au bord de ce qui est raisonnable.

Ils dorment à trois dans une petite tente humide, mangent ce qu’ils peuvent, cachent leur nourriture dans la forêt pour éviter les sangliers. Ils ne prennent aucun jour de repos. “On dormait peu, on mangeait énormément, on oscillait entre grande fatigue et moment intense avec bcp d’énergie. raconte Hugo.  Et surtout, ils n’ont aucune garantie que la voie sera réalisable jusqu’au sommet. À tout moment, le projet peut s’arrêter net…

En toile de fond, un ami qui lutte

Au-delà de l’effort mental et physique, un autre élément pèse dans cette aventure. Quelques jours avant le départ, un de leur ami commun très proche, Hugo Meunier, a été grièvement blessé lors d’un accident de parapente. Au moment de prendre la route, son état de santé restait incertain.

© Arthur Delicque

Pendant tout le séjour, dès qu’ils trouvent du réseau, ils appellent. Comment va-t-il ? Y a t-il des progrès ? “C’était notre fil rouge, à chaque longueur équipée, on se disait qu’on avançait avec lui” , confie Symon. “On vivait l’expé, mais on vivait surtout son combat à lui” . Au fur et à mesure de ses progrès et lors qu’il a pu se lever pour la première fois, une forme d’élan traverse alors Hugo et Symon.

On était trop contents… C’était absurde. On équipait des longueurs extrêmes, et en même temps, on se raccrochait à chaque petite victoire de son côté.”

Le nom de la voie s’impose alors naturellement : Résurrection.

Résurrection : une ligne hors norme

Après deux semaines de travail intensif, ils parviennent enfin à rejoindre le sommet. Elle est d’une difficulté qui dépasse tout ce qu’ils avaient imaginé.

Nous sommes convaincus que la voie se grimpe intégralement en libre. Mais elle se situe vraiment à la frontière de ce qui est possible en grande voie.

Ils n’ont pas réalisé tous les mouvements, mais leurs premières estimations donnent une idée du défi : une première longueur autour de 8c+/9a, une deuxième en dalle futuriste avec un final autour de 8c+/9a, et une troisième, sur l’arête, possiblement quelque part dans le 9ème degré. “Honnêtement c’est encore le flou ! Je ne sais même pas si certaines sections sont vraiment faisables. Tant que tous les mouvs n’ont pas été fait je suis encore septique. Ce qui est sûr c’est que c’est extrêmement dur”, reconnaît Hugo.

© Arthur Delicque

Symon résume la situation avec plus d’optimisme : “Nous sommes convaincus que la voie se grimpe intégralement en libre. Mais elle se situe vraiment à la frontière de ce qui est possible en grande voie.”

Les projets voisins : l’impossible confirmé

Profitant de quelques jours supplémentaires, ils vont jeter un œil à d’autres voies mythiques du coin : L’Archeron, annoncée avec une longueur jusqu’à 9a+/b, et Storia di Amicizia, supposée proposer des longueurs en 8b+ sur granite. Ils en ressortent perplexes : prises cicatées qui s’arrachent, sections totalement compactes, passages qui semblent ne mener nulle part. “On pense que ces voies ne sont tout simplement pas réalisables en libre”, conclut Hugo, presque désolé.

© Arthur Delicque

Un projet qui ne fait que commencer

Un mois après l’aventure, Hugo est en Espagne. Il s’essaye à des voies dans le 9a qu’il connaît bien, mais rien ne se passe comme prévu. “Je n’arrive pas à m’en remettre…”, confie-t-il. L’expédition les a vidés, physiquement et mentalement. Le corps suit difficilement, l’esprit plane encore quelque part entre la mer déchaînée et le granite de la Lunarda.

Résurrection n’a pas encore été libérée. Elle attend ses premières tentatives sérieuses, peut-être par le duo Hugo-Symon, peut-être par d’autres grimpeurs. Peut-être dans quelques mois, peut-être dans quelques années. Symon le dit avec simplicité : “Résurrection est un projet sur le long terme. Un terrain de jeu idéal pour que d’autres grimpeurs et grimpeuses rêvent, et continuent de nous faire rêver.”

L’histoire ne fait que commencer.


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Hugo Parmentier coche « Papi Chulo », 9a+ à Oliana: le récit complet

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Grand jeu concours de Noël Planetgrimpe !

15 Déc

C’est devenu un rendez-vous incontournable : à l’approche des fêtes, Planetgrimpe relance son grand jeu concours de Noël. Le principe reste le même : rassembler autour d’une même Box quelques-uns de nos partenaires les plus fidèles… et offrir l’ensemble des cadeaux à un seul et unique gagnant.

Inutile de s’attarder sur la valeur totale de cette Box : il suffit de jeter un œil aux lots pour comprendre que ça pique les yeux autant que ça fait rêver.

En attendant le tirage au sort qui aura lieu le jeudi 25 décembre, voici un tour d’horizon des marques qui jouent le jeu cette année, et surtout de tout ce que vous pourrez remporter. Préparez-vous : c’est généreux, très généreux.

Climb Up

Premier réseau de salles d’escalade en France, Climb Up propose des espaces ouverts à tous les niveaux, du débutant au confirmé. Avec ses structures modernes et son esprit convivial, la marque œuvre pour rendre l’escalade accessible partout et à toutes et tous.

Le lot en jeu:

  • Abonnement annuel: avec cet abonnement annuel, vous pourrez grimper en illimité dans la salle Climb Up de votre choix. Premier réseau d’escalade en France, Climb Up vous offre la possibilité de pratiquer où que vous soyez : il ne vous reste plus qu’à en profiter !

Le site officiel de CLIMB UP


Snap

SNAP, née dans les années 90 à Chamonix, est une marque française emblématique, connue dans le monde de l’escalade pour sa vision décalée et innovante des produits d’escalade. SNAP s’est distinguée en cassant les codes d’une grimpe sérieuse grâce à une communication décalée et absurde tout en proposant les produits les plus techniques possibles. Aujourd’hui la marque répond aux besoins des grimpeurs qui prennent plaisir à grimper entre potes. L’esthétisme et la technicité sont les seules règles que Snap se fixe.

Les lots en jeu:

  • Shell jacket : l’incontournable veste shell, stretch en nylon recyclé. Imperméabilité 10K et respirabilité 10K évitant la condensation et la transpiration. Nylon recyclé pour préserver la planète et rester au sec. Liberté de mouvement:convient pour l’escalade ou la vie urbaine de tous les jours. 2 poches latérales, 2 poches frontales zippées étanches.
  • Slim High Rise Pants :  le pantalon slim taille haute parfait, confortable et élégant. 91% de coton biologique pour sauver la planète avec élégance. Tissu extensible dans les quatre sens: parfaitement flexible pour les citadines actives et les grimpeuses.

Et ce n’est pas tout:

  • Crash Pad WHAM : conçu pour les grimpeurs à la recherche de robustesse et de performance. Fabriqué à partir de matériaux 100 % recyclables, avec un revêtement en polyester et TPU pour une durabilité accrue. Son design monobloc sans pli central, associé à la technologie Air exclusive de SNAP, garantit un amorti optimal quelle que soit la hauteur. Composé de deux mousses haute densité — EVA de 20 mm pour réduire les chocs et polyuréthane de 12 cm pour absorber les impacts — le Wham offre une protection maximale. Les sangles amovibles se rangent discrètement dans une poche intégrée, et un paillasson double face est également inclus pour garder vos chaussons propres. Une ceinture ventrale peut être ajoutée pour un transport encore plus confortable
  • Strap: meilleur allié du grimpeur qui veut préserver ses mains ou continuer à grimper plus longtemps. Fait en coton, ce strap ne laissera pas de traces de colle sur vos doigts.
  • Katana brush: brosse fabriquée en France pour tous les types de grimpeurs. Manche en hêtre, poils en soie naturelle pour les grimpeurs respectueux de l’environnement

Le site officiel de SNAP


Camp

Entreprise familiale italienne fondée en 1889, CAMP est une référence mondiale dans l’équipement technique d’alpinisme, d’escalade et de montagne. Légèreté, précision et innovation sont au cœur de chaque produit conçu pour les passionnés de verticalité.

Les lots en jeu:

  • Harnais Energy: le nouvel harnais Energy proposé par la marque italienne Camp est destiné à la pratique de l’escalade. Ce harnais léger (305 g) est très confortable et conçu autant pour les grimpeurs débutants que les plus expérimentés. Ses cuisses et la ceinture sont thermoformées offrant ainsi un grand confort. Les 4 anneaux porte-matériel sur le côté de l’Energy sont recouverts d’un tube de protection semi-rigides et permettent un accès facile à tous les équipements.
  • Casque Ikon: le casque Ikon de Camp est l’équilibre parfait entre protection, légèreté et confort, conçu pour les grimpeurs exigeants à la recherche d’un équipement performant.
  • Dégaines Photon express: le kit Photon Express KS associe des mousquetons en alliage d’aluminium haute performance à une sangle polyester effilée de 12 cm. Cette combinaison garantit un excellent rapport résistance/poids et facilite la manipulation rapide lors des essais et des voies engagées.

Le site officiel de CAMP


YY Vertical

Créateur français spécialisé dans les accessoires d’entraînement et de bien-être pour grimpeurs : poutres, outils de préhension, lunettes d’assurage, soins… YY Vertical allie ergonomie et originalité pour accompagner la progression et le plaisir de grimper.

Les lots en jeu:

  • Mini crux: c’est l’agrès nomade minimaliste conçu pour les doigts. Avec ses 5 préhensions essentielles (10 à 25 mm + pince) et ses 4 grips différents, il permet de s’échauffer ou de s’entraîner au sol, avec poids ou élastique, sans point d’accroche.
  • Penta Evo: c’est l’agrès nomade le plus complet pour t’entraîner partout, à tout moment. Avec 7 préhensions techniques, un système de rotation 360° et un format par paire, il permet un travail unilatéral, en suspension, en anneaux, ou au sol. Idéal pour renforcer les doigts, les bras, la chaine scapulaire ou le gainage.
  • Chaussettes: les Rock Socks Quickdraw sont des chaussettes lifestyle confortables et stylées, conçues spécialement pour les grimpeur(se)s qui souhaitent afficher leur passion au quotidien.
  • Magnets Routesetter: ils apportent un bout de ta salle d’escalade à la maison. Ce kit d’aimants en forme de prises d’escalade en silicone mat te permet de créer ta voie sur le frigo (ou toute surface métallique) et d’y accrocher tes photos, cartes et souvenirs.
  • Mug: Le Climbing Mug EVO, c’est bien plus qu’un simple mug : c’est une mini-sculpture murale dans ta main. Doté d’une vraie prise d’escalade designée par le shaper Simon Favrot, ce mug de 33 cl revisite l’expérience du café avec humour et technicité.

Le site officiel YY VERTICAL


Symples

Symples propose des boissons bio et françaises, élaborées à partir de plantes, de fruits et de recettes naturelles. Une marque engagée pour une consommation plus saine, qui met en avant le pouvoir des plantes et la simplicité des bons ingrédients.

Les lots en jeu:

  • Coffret découverte: vous retrouverez 2 Energisante, 2 Relax, 2 Détox, ainsi que 2 Basilic , 2 Menthe douce  et 2 Feuille de Cassis, soit 12 boissons au total.

Le site officiel de SYMPLES


Scarpa

Marque italienne historique, Scarpa excelle dans la fabrication de chaussons d’escalade et de chaussures de montagne. Connue pour son savoir-faire, sa technicité et ses produits performants, elle équipe grimpeurs et alpinistes du monde entier.

Les lots en jeu:

  • Drago XT: c’est le dernier né de la famille Drago, avec une pointe encore plus précise. Un must-have pour les passionnés à la recherche d’un ajustement plus sûr, grâce à sa fermeture avec un double velcro. Le talon IHC, enrobé de gomme à haute friction, assure un excellent maintien et une plus grande adhérence.
  • Rapid XT GTX:  c’est la chaussure en cuir confortable adaptée à l’approche, au trail et à la randonnée légère avec un design épuré. Chaque détail est étudié pour garantir l’adhérence, le confort et la protection, comme le renfort TPU qui résiste à l’abrasion. Le nouveau GORE-TEX ePE garantit des performances techniques élevées avec un faible impact environnemental.

Le site officiel de SCARPA


Rab

Née dans les paysages froids et escarpés du Royaume-Uni, Rab conçoit des vêtements et équipements techniques taillés pour les conditions exigeantes. Doudounes, vestes et textiles premium pensés pour l’alpinisme, l’escalade et toutes les aventures outdoor.

Le lot en jeu:

  • Veste Electron pro: conçue pour l’alpinisme hivernal, l’escalade et les sorties en montagne par temps froid, la doudoune Electron Pro de la marque Rab combine légèreté, chaleur et robustesse.

Le site officiel de RAB


Myleore

Marque française spécialisée dans la magnésie liquide et en poudre de haute qualité, fabriquée localement. Myleore mise sur la performance, la pureté des ingrédients et une production responsable pour accompagner les grimpeurs sur tous les terrains.

Les lots en jeu:

  • Magnésie liquide: Formulée à partir d’ingrédients ultra-purs et conditionnée dans un flacon éco-responsable, elle vous garantit une application propre, rapide et efficace en toutes circonstances.
  • Magnésie concassée: Présentée sous forme de morceaux broyés mélangés à une fine poudre, notre magnésie concassée facilite une application rapide, homogène et contrôlée, pour un confort optimal, même lors des sessions intenses en salle ou en extérieur.

Le site officiel de MYLEOR


Flore Beaudelin

Illustratrice française reconnue dans le milieu grimpe, Flore Beaudelin signe chaque année des œuvres inspirées de l’univers vertical. Son calendrier d’escalade est devenu un incontournable, mêlant art et escalade.

Le lot en jeu:

  • Calendrier 2026: une édition originale à tirage limité. Chaque mois, mes illustrations t’invitent à découvrir un site d’escalade majeur. Chaque jour, tu pourras tracer ton programme d’entraînement. Car il s’agit de ne pas perdre la motivation pour réaliser ton objectif de l’année ! Parce que « le seul mauvais entraînement c’est celui que tu ne fais pas ! »

Le site officiel de FLORE BEAUDELIN


Black Diamond

Marque américaine emblématique de l’escalade et du ski, Black Diamond développe des produits techniques fiables et innovants. Matériel, textiles, sacs : un savoir-faire forgé par des passionnés pour des passionnés.

Les lots en jeu:

  • Crag 40 backpack: le Crag 40 Carbon est un sac à dos d’alpinisme et d’escalade qui vous permettra d’emporter tout le matériel nécessaire lors de vos aventures verticales, sur glace comme en falaise. Il intègre un chargement par le haut pour plus de facilité et est équipé d’une fermeture éclaire latérale qui s’étend sur toute la longueur pour faciliter l’accès au baudrier ou à une dégaine. En outre, vous pourrez ranger dans la poche intérieure vos objets les plus précieux (clefs de voiture, téléphone…).
  • Street Creek 30 RT:   le Street Creek RT 30 Black est un sac à dos urbain ultra-durable pour vos trajets quotidiens et déplacements en ville. Les bretelles et le panneau dorsal en EVA matelassés procurent un confort maximal, même lors des longues journées dans les transports en commun

Le site officiel de BLACK DIAMOND


Petzl

Référence mondiale dans les équipements d’escalade, de canyoning et de travaux en hauteur, Petzl est avant tout une marque familiale française tournée vers l’innovation. Cordes, casques, harnais, lampes, systèmes d’assurage, … : des produits devenus incontournables.

Les lots en jeu:

  • Corde Arial: Légère et robuste, c’est une corde à simple conçue pour l’escalade et l’alpinisme. Elle bénéficie du traitement Duratec Dry lui apportant un maximum de longévité et de performance, quelles que soient les conditions. Avec un très bon rapport diamètre/durabilité, elle convient parfaitement aux grimpeurs souhaitant une corde durable pour travailler et enchaîner des voies. Grâce à son excellente prise en main et sa maniabilité, les manipulations sont facilitées.
  • Neox: Vous allez préférer l’assurage à la grimpe ! Neox est un assureur avec blocage assisté pour la salle et la falaise. Idéal pour l’escalade en tête, il dispose d’une roue intégrée procurant un coulissement extrêmement fluide de la corde pour donner du mou rapidement au grimpeur. Sa poignée ergonomique permet de contrôler confortablement la descente. Il s’utilise avec l’ensemble des cordes à simple de 8,5 à 11 mm.

Le site officiel de PETZL


Comment Participer pour tenter de gagner tous ces lots?

C’est très simple, et c’est sur notre Instragram que ça se passe. Il te faudra:

Le tirage au sort aura lieu le jeudi 25 décembre.

ATTENTION: Seul le compte @planetgrimpe sur Instagram peut vous contacter pour annoncer le vainqueur. Un seul vainqueur sera désigné pour remporter l’ensemble des lots.

Les images présentées dans cet article et sur nos publications liées à ce jeu concours sont non contractuelles.

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Démission du président de la FFME : entretien exclusif avec Alain Carrière

12 Déc

C’est une page majeure de la FFME qui s’apprête à se tourner : Alain Carrière a annoncé qu’il quitterait la présidence en 2026. Avant d’entamer cette transition, il s’est livré pour Planetgrimpe dans un entretien qui retrace ces quatre années passées à la tête de la fédération. Une période dense, marquée par la transformation du modèle économique, l’ouverture d’une nouvelle salle Karma, la professionnalisation croissante du haut niveau, mais aussi la gestion délicate des falaises et le processus de déconventionnement — l’un des dossiers les plus sensibles de son mandat.

Il évoque également l’évolution rapide de la pratique, portée par l’essor d’un public urbain et la montée du spectacle médiatique autour des compétitions. Dans cet entretien, Alain Carrière détaille les chantiers qu’il juge prioritaires pour la suite, revient sur les raisons de son départ, et confirme qu’il restera impliqué au conseil d’administration pour accompagner la transition. Une transition qu’il imagine sous la conduite de Sandra Berger, actuelle secrétaire générale, qu’il voit comme la future présidente de la FFME

Un échange dense, qui éclaire les enjeux des années à venir pour une fédération engagée dans une nouvelle phase de développement.


Alain, pour commencer, pouvez-vous revenir sur votre parcours et ce qui vous a conduit à la présidence de la FFME en 2021 ?

Je suis entré au Conseil d’administration en 2008, sollicité par Pierre You, président de l’époque. J’étais alors président du comité territorial de Seine et Marne. Auparavant, j’avais contribué à la création du club Imagine à Pontault Combault.

Lorsque vous avez pris vos fonctions en 2021, quelle était votre vision du rôle de la fédération dans un paysage de l’escalade déjà en pleine mutation ?

Lorsque j’ai pris mes fonctions de président, j’étais déjà membre du Bureau en tant que trésorier depuis douze ans. J’avais donc une bonne vision de la fédération et des défis qu’elle avait à relever.

Le principal chantier auquel j’ai été confronté a été de combiner l’exigence de notre responsabilité de fédération olympique tout en consolidant notre rôle de fédération nationale, acteur majeur du développement de nos disciplines, en indoor comme en outdoor. Avec mon équipe, nous avons porté une attention particulière à faire le nécessaire pour que nos clubs comprennent et soutiennent cette double exigence, que certains opposent et qui pour nous sont complémentaires et constituent la richesse de notre fédération. Notre slogan était : « Valorisons la richesse et la diversité de nos activités ».

De quoi êtes-vous le plus fier durant votre mandat ?

D’avoir apaisé les tensions qui se développaient à mon arrivée au poste de président. Ce résultat est le fruit de l’engagement de mon équipe, élus comme salariés. Les débats sont maintenant constructifs et les différents points de vue y ont leur place.
Des administrateurs qui étaient sur la liste d’opposition lorsque j’ai été élu ont reconnu les avancées, l’ouverture d’esprit qui a permis d’apaiser les tensions et d’avancer sans contourner les obstacles, mais en les franchissant.

Parmi les évolutions mises en place, lesquelles vous semblent réellement structurantes pour les prochaines années?

La transformation du modèle économique de notre fédération. Nous allons ouvrir dans les jours qui viennent une deuxième salle Karma dans le parc de La Villette. Les excédents d’exploitation de la salle Karma Fontainebleau constituent déjà depuis dix ans des ressources au bénéfice de l’ensemble de la fédération. Je suis convaincu que celle de Karma La Villette complètera significativement celles-ci.

Y a-t-il un projet ou un choix que vous auriez souhaité mener autrement, ou qui reste pour vous inachevé ?

Il y a urgence à diversifier nos sources de revenus. La nouvelle salle Karma en est un élément important mais il reste beaucoup de champs sur lesquels nous devons avancer. J’aurais également aimé avancer plus vite sur le changement de siège social. Il devient urgent de proposer à nos salariés un outil digne de ce nom.

Les évolutions sociétales font que ce qui a été mis en place dans les années 80 n’est plus adapté aujourd’hui.

La gestion des falaises a été l’un des dossiers les plus sensibles du mandat, notamment avec le déconventionnement. Quel bilan tirez-vous de ce processus, et quels enseignements la fédération doit-elle en retenir pour l’avenir ?

Tout d’abord, je tiens à préciser que notre objectif n’était pas le déconventionnement. Dénoncer les conventions passées avec les propriétaires de sites naturels d’escalade a été un outil pour remettre les choses dans l’ordre.  Nous sommes convaincus que ce n’est pas à la fédération, fusse-t-elle délégataire, d’assumer la garde des SNE, utilisés par de très nombreux grimpeurs non licenciés. Notre rôle est de faire le nécessaire pour que les falaises restent accessibles à toutes et tous et que leur équipement soit entretenu.

Les évolutions sociétales font que ce qui a été mis en place dans les années 80 n’est plus adapté aujourd’hui. Il n’est plus possible pour une fédération d’assumer la garde des SNE. Par contre, c’est bien notre rôle d’assurer la pérennité de l’accès à nos sites de pratique. Ce rôle nous l’avons assumé et continuons à le faire avec détermination, grâce entre autres à l’engagement de nos comités territoriaux.

La professionnalisation du haut niveau et des équipes de France avance vite : quels progrès considérez-vous comme décisifs, et quelles limites restent à dépasser ?

C’est une bonne chose que des athlètes de haut niveau, que ce soit en escalade ou en ski alpinisme, puissent avoir des revenus leur permettant de se consacrer pleinement à leur entrainement, qui est particulièrement exigeant. Certains athlètes bénéficient de soutiens leur permettant de se consacrer entièrement à leur sport. La fédération y contribue, bien-sûr, comme des partenaires individuels, ou encore l’armée des champions, et c’est une bonne chose. La médiatisation grandissante de nos sports et l’olympisme y contribuent. Il faut s’en réjouir. Mais cela reste pour l’instant insuffisant et de nombreux athlètes mériteraient d’être plus soutenus pour vivre plus sereinement leur vie d’athlète.

L’escalade attire aujourd’hui un vaste public urbain qui ne passe pas forcément par les clubs. La FFME doit-elle repenser sa manière de s’adresser à ces nouveaux pratiquants ?

On le sait, la FFME ne regroupe qu’une partie des pratiquants de nos activités. On constate un fort développement des activités indoor pour l’escalade et outdoor pour l’ensemble de nos activités. Nous travaillons effectivement à élargir la base des personnes qui se retrouvent dans l’apport de notre fédération dans le développement de nos sports, en pratique compétitive ou pas. C’est un chantier en cours.

Comment voyez-vous l’évolution des compétitions après son exposition olympique et la montée du spectacle médiatique ?

Les compétitions attirent de plus en plus et commencent à avoir une bonne couverture médiatique. C’est une bonne chose et cela bénéficie à l’ensemble de notre fédération. Pour attirer les spectateurs comme les médias, le format des compétitions est amené à évoluer pour que les compétitions soient passionnantes et compréhensibles y compris par les non pratiquants. Cela n’a pas toujours été le cas, surtout en bloc. Des formules de compétitions moins exigeantes et dans lesquelles de nombreuses personnes peuvent se retrouver et s’exprimer se développent, que ce soit dans les salles privées comme dans nos clubs. C’est une bonne chose.

Zélia Avezou lors des JO de Paris 2024 | © Planetgrimpe

Quelles sont les raisons essentielles qui vous amènent à démissionner maintenant ?

J’ai souhaité passer le flambeau aujourd’hui, car je suis convaincu que c’est le moment idéal pour que cela se fasse dans les meilleures conditions. La fédération est dans une belle dynamique de développement avec une vision d’avenir, l’équipe dirigeante travaille efficacement, l’équipe de collaborateurs et collaboratrices est pleinement opérationnelle, les directrices et directeurs sont mobilisés autour de notre nouveau Directeur technique national et de notre Directrice générale pour mettre en œuvre le plan stratégique que nous venons d’élaborer.

Je ne serai plus président après les prochains Jeux de Milan-Cortina 2026, mais je vais rester membre du Conseil d’administration. Je mettrai l’énergie nécessaire pour que cette transition soit des plus positive, en minimisant les effets de ce changement.

Quels sont les chantiers qui nécessitent absolument de la continuité dans les mois qui viennent ?

Tous les chantiers que nous venons d’ouvrir pour la mise en œuvre de notre plan stratégique. Ils sont nombreux, ambitieux, et la fédération a les moyens de les mettre en œuvre.

Selon vous, quelles qualités seront indispensables pour le/la prochain·e président·e ?

Sauf imprévu, Sandra Berger, actuelle Secrétaire générale, prendra la suite. Elle a annoncé lors du Conseil d’administration qu’elle se portera candidate. Je suis convaincu que l’ensemble du CA la soutiendra et proposera son élection à l’Assemblée générale.

Sandra est une femme dynamique, mobilisée et possédant une énergie étonnante. Elle a présidé avec beaucoup de résultats la ligue d’Ile de France et avec beaucoup d’engagement son rôle de Sécrétaire générale.

Quel message souhaitez-vous adresser aux clubs, bénévoles, salariés et athlètes pour la suite ?

Je ne pense pas avoir besoin de leur rappeler qu’ils peuvent compter sur l’appui de la fédération, de ses ligues et comités territoriaux pour les accompagner dans leurs projets, comme nous l’avons démontrer depuis plusieurs années.

Je suis convaincu que chacune et chacun se retrouve dans le slogan que nous avons porté lorsqu’on a présenté notre plan stratégique : « À chacun sa performance, à chacun son terrain de jeu ». Qu’on soit athlète de haut niveau, bénévole, pratiquant loisir en salle ou en extérieur, tout le monde peut s’y retrouver.

Souhaitez-vous rester impliqué d’une manière ou d’une autre dans le monde de l’escalade, ou est-ce une page qui se tourne ?

C’est bien évidemment une page qui se tourne. Comme je l’ai dit, je vais rester impliqué au sein du Conseil d’administration, mais je consacrerai moins de temps à la fédération.  Je vais profiter du temps ainsi dégagé pour reprendre plus régulièrement mes activités outdoor, en été comme en hiver.

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L’IFSC devient “World Climbing” : un nouveau nom pour une nouvelle ère ?

11 Déc

C’est officiel : l’IFSC devient World Climbing. Pour la fédération internationale, c’est un nouveau nom, un nouveau logo, une nouvelle ambition, et un message envoyé à toute la communauté : l’escalade change d’échelle, et l’objectif affiché est d’être en phase avec la place grandissante de la grimpe dans le paysage sportif mondial.

Ce rebranding, dévoilé ce 10 décembre 2025, marque, en plus d’une évolution graphique, une volonté d’affirmer ce que l’organisation est en train de devenir : le centre névralgique d’un sport qui grandit vite et qui touche un public toujours plus large.


Un gros virage depuis les JO

Depuis son entrée aux Jeux Olympiques, la médiatisation s’est accélérée, et avec, tout ce qui en découle: plus de compétitions, plus de pays engagés, plus d’audience, plus de visibilité, plus de show, plus de salles d’escalade ultra moderne… et un nom, “International Federation of Sport Climbing”, qui commençait à sonner creux, il faut l’avouer.

Avec World Climbing, l’idée de la fédération est simple :

  • être immédiatement identifiable,
  • parler à tout le monde,
  • et assumer une dimension globale.

Ce nouveau nom n’est pas arrivé par hasard : il résulte de plusieurs mois de consultation avec les fédérations continentales notamment.

Marco Scolaris, président de la fédération, insiste : “Ce changement doit accompagner la croissance de notre sport, notamment à l’approche d’un nouveau moment historique: l’entrée du Para-Escalade aux Jeux Paralympiques de Los Angeles 2028“.

Une identité visuelle repensée : moderne, dynamique, assumée

Le rebranding inclut également un nouveau logo, une typographie modernisée, une palette plus contemporaine et une signature visuelle destinée à accompagner l’escalade dans un environnement davantage tourné vers la vidéo, les réseaux sociaux et les événements internationaux.

Le logo se veut plus identifiable, plus adaptable aux différents formats, et pensé pour exister dans les lives, les habillages TV et les supports digitaux. Le slogan introduit, “We get the World Climbing”, s’inscrit dans cette logique de communication globale davantage que dans une mission sportive précise.

Dans l’ensemble, l’identité gagne en cohérence et en lisibilité. Mais ce changement reste pour l’instant essentiellement graphique.

Le nouveau logo de World Climbing

Exit les Coupes du Monde: bienvenue dans l’ère des World Climbing Series

Ce rebranding ne concerne pas que le nom et le logo. Ce qu’on appelait jusqu’ici “World Cup” devient désormais les “World Climbing Series“: un nom qui s’ancre dans cette nouvelle identité.

Tous ces changements sont essentiellement symboliques. Avec World Climbing, l’instance mondiale veut se doter d’un nom plus fort, d’une identité plus moderne capable d’accompagner l’escalade dans sa prochaine décennie. Une occasion, sans doute, de repenser la manière dont on parle du sport, dont on le montre, et dont on le fait rayonner.

Un rebranding très marketing… mais que va-t-il changer concrètement ?

Cette nouvelle identité a été pensée pour être impactante, moderne, immédiatement reconnaissable. Et sur ce point, l’opération est réussie.

Mais une question revient déjà : au-delà du logo et du storytelling, qu’est-ce que cela change vraiment pour l’escalade ? Car pour l’instant, ce rebranding ressemble surtout à une démarche très marketing, parfaitement huilée :

  • un nouveau nom plus simple,
  • un logo plus lisible pour les broadcasts,
  • des éléments graphiques conçus pour être déclinés partout,
  • un slogan calibré pour les réseaux.

Tout cela apporte une vraie modernité et projette l’image d’un sport tendance, ambitieux et dans l’air du temps. Mais cela ne répond pas aux questions que se posent, au quotidien, les athlètes, les entraîneurs, les équipes nationales, les organisateurs… et les fans. Concrètement, qu’est-ce que cela va changer sur les formats, la couverture médiatique, la qualité des lives, ou encore la rémunération des athlètes ? Pour l’instant, probablement pas grand-chose.

On peut simplement espérer que cette priorité accordée au branding servira de fondation solide pour bâtir, à terme, un avenir radieux pour notre discipline.

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Coupe de France de bloc 2025: étape à Colmar

09 Déc

Ce week-end, Colmar accueillait une nouvelle étape de la Coupe de France de bloc senior, accompagnée de la LFM Cup. Une édition particulièrement réussie au sein de la salle des frères Mawem, marquée par une fréquentation en hausse : plus de 80 compétiteurs, soit 30 de plus que l’an dernier. Un signe clair que l’événement s’installe et séduit.

Une compétition pensée pour tout le monde

Les organisateurs (ndlr Les Frères Mawem) l’assument : une Coupe de France n’est pas réservée aux seuls cadors. Prize money, cadeau de bienvenue pour chaque participant, gros renouvellement de prises, escalade variée et accessible… tout est fait pour offrir une expérience à la hauteur de l’engagement des athlètes, qu’ils visent le podium ou qu’ils viennent simplement se frotter à un format officiel.

Un format commun pour les qualif

La journée a débuté par une qualification matinale en format commun : 5 blocs mixtes, 5 blocs hommes et 5 blocs femmes. Un choix payant, même si un ou deux passages plus longs ont généré un peu d’attente. Les grimpeurs ont mis du temps à rentrer dans la rotation… avant d’enchaîner dans la dernière heure. Ici, l’efficacité faisait toute la différence. « La performance ne se résume pas à sortir un bloc de plus. Il faut être capable d’optimiser chaque essai », rappelle Micka Mawem. Un excellent entraînement en vue des prochaines échéances nationales.

Petit clin d’oeil historique en finale

La finale aura tenue toutes ses promesses.  Chez les femmes, c’est la jeune bisontine Lou Auclair qui s’impose avec 2 tops + une zone sur le dernier bloc. Emi Chakroun n’était pas loin, avec 2 tops également, mais elle ne parviendra pas à valider la zone du bloc 3. Enfin, Lilou Muller De Noter complètera le podium.

Chez les hommes, Joshua Fourteau aura dominé les débats. Au dessus physiquement, il s’adjuge la première place du classement. Satya Ratiney Jacquemard prend l’argent, et laisse le bronze à Tom Merard.

Moment marquant : dans le troisième bloc hommes, Micka Mawem a reproduit – en version allégée – un bloc qui lui avait permis de décrocher son titre de champion du monde à Berne en 2023. Une belle manière de transmettre, mais aussi d’initier les jeunes à un style de prises très présent aujourd’hui… et encore trop peu maîtrisé.

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Les WALL TEST débarquent bientôt sur Planetgrimpe !

29 Nov

Vous en avez peut-être déjà entendu parler sur nos réseaux : PlanetGrimpe lancera très prochainement les Wall Test.
Le principe est simple : on vous envoie du matériel, vous le testez, et vous partagez vos retours avec toute la communauté. Donner la parole aux grimpeur·euse·s, valoriser des avis authentiques et aider chacun à mieux choisir son équipement : voilà l’ambition des Wall Test.

Comment s’inscrire ?

Chaque Wall Test aura sa page dédiée où vous pourrez déposer votre candidature. Quelques prérequis seront nécessaires :

Un profil PG complet

Être inscrit sur PlanetGrimpe et avoir rempli sa fiche grimpeur·euse (âge, niveau, salle/falaise habituelle, photo de profil). Ces informations nous permettent de comprendre qui vous êtes et dans quel contexte vous grimpez.

Un premier test perso publié

Avant de postuler aux Wall Test, chaque candidat devra avoir rédigé et publié au moins un test personnel (chaussons, harnais, crash-pad, etc.) directement sur PlanetGrimpe. Cette étape nous permet d’évaluer la qualité, la clarté et la pertinence de vos avis. L’équipe éditoriale lira chaque test pour s’assurer qu’il est complet (400 mots minimum), argumenté, accompagné de photos, et basé sur une véritable expérience d’utilisation. Si tu souhaite poser un test sur un produit qui n’est pas référencé dans notre guide, n’hésite pas à nous contacter pour que nous référencions le produit !

Le formulaire de candidature

À chaque nouveau Wall Test, il suffira de remplir le formulaire en ligne avec vos informations, vos motivations et — parfois — un ou deux détails spécifiques au produit concerné.

La sélection

Selon le nombre de candidatures, les testeur·euse·s seront choisi·e·s en fonction du profil, de la motivation, et parfois par tirage au sort afin de garantir transparence et équité.

Enfin, chaque participant devra accepter la charte du testeur, rappelée avant chaque Wall Test.

Déroulement d’un Wall Test

  • Annonce → publication du nouveau Wall Test et présentation du produit.
  • Candidature → vous postulez via le formulaire dédié.
  • Sélection & envoi → les testeurs retenus reçoivent le matériel.
  • Phase de test → 4 à 6 semaines d’utilisation en conditions réelles.
  • Rédaction → article complet (500 à 800 mots), structuré, illustré de photos.
  • Publication → votre test est mis en ligne sur PlanetGrimpe, signé de votre nom.

Les premières marques qu’on va vous proposer avec les Wall Test

Il est temps de vous dévoiler les premières marques qui ont décidé de se lancer dans l’aventure avec nous. Pour ce lancement, on voulait s’entourer d’acteurs qui comptent vraiment dans le paysage de la grimpe : ceux qui innovent, qui prennent des risques, et qui font avancer la discipline depuis des années.

C’est donc avec un vrai plaisir qu’on vous annonce les deux premiers partenaires des Wall Test : Petzl et Scarpa.

Très bientôt, vous aurez l’occasion de mettre la main sur certains de leurs produits pour les passer au crible.
On vous garde encore un peu de suspense sur les modèles concernés — mais croyez-nous, ça vaut le coup d’attendre.

Rendez-vous très vite pour découvrir les premiers produits proposés.

 

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Une compétition dans le métro Parisien frappera aujourd’hui !

28 Nov

Le vendredi 28 novembre 2025, la Station Auber, au cœur de Paris, accueillera une étape inédite de la Vertical Series, dans un format d’escalade de bloc mixte, par équipe de deux, pensé pour être à la fois spectaculaire, lisible et accessible au public.

Cet événement s’inscrit dans le cadre de l’installation d’une Kilter Board dans la station, à partir du 25 novembre, date à partir de laquelle les visiteurs sont venus grimper en accès libre.

La compétition du vendredi 28 novembre réunira des membres de l’équipe de France d’escalade : Manon Hily – Younes Auber Masmoudi, Fanny Gibert – Léo Avezou, Lucile Saurel – Antoine Girard, Clotilde Pfister – Victor Guillermin et des équipes qualifiées issues des clubs franciliens et nationaux, pour une compétition de haut niveau.

Cet événement rassemblera les meilleurs grimpeurs français pour une finale spectaculaire, rythmée par un speaker et un DJ, suivie d’un moment convivial de clôture à partir de 19h.

Une inauguration a d’ores et déjà eu lieu le 25 novembre de 12h00 à 13h30 avec au programme des prises de parole, démonstration et initiation presse en présence de : Jimmy Brun, représentant du Groupe RATP ; Fanny Gibert, athlète de haut niveau RATP et Thierry Calmeil, président du club 8 Assure.

Vertical Séries: Un format innovant et grand public

La Vertical Series s’inscrit dans le nouveau projet lancé par la FFME, qui vise à ouvrir la compétition à tous les grimpeurs, quel que soit leur niveau ou leur circuit de pratique.

À travers la création d’un classement national inédit, la fédération souhaite rassembler toutes les compétitions, y compris celles issues de formats non officiels, pour valoriser la diversité des événements et fédérer la communauté des grimpeurs autour d’une même dynamique.

Dans cet esprit, l’étape de la Station Auber proposera un format unique, pensé pour le grand public : une épreuve de bloc, mixte et par équipe de deux, conçue pour être à la fois spectaculaire, lisible et accessible à tous.

© Fanny Gibert

Les principes du format à Auber

  • Équipes mixtes : 1 femme et 1 homme
  • Bloc uniquement, sans isolement
  • Des équipes composées des membres de l’équipe de France feront face aux équipes qualifiées lors des finales !

Déroulé de l’événement – vendredi 28 novembre

14h – 16h : Phase de qualifications

  • 6 blocs présélectionnés sur l’app Kilter
  • 3 heures pour réaliser un maximum de tops
  • 2 essais maximum par bloc et par équipe
  • Classement selon : nombre de tops → essais → temps
  • Les 4 meilleures équipes accèdent à la finale, aux côtés des 4 équipes Équipe de France

18h – 20h : Finale “Battle”

  • 8 équipes : 4 équipes “Équipe de France” et 4 outsiders s’affrontent en duels
  • Chaque rencontre se joue sur 2 blocs (1 homme + 1 femme)
  • 2 essais maximum et 3 minutes par grimpeur et grimpeuse
  • Le public assiste à toutes les performances, dans une ambiance de show sportif
  • Classement final basé sur le nombre de tops, d’essais et de temps

La compétition en direct sur Youtube

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Solenne Piret : Du Grand Capucin aux Jeux de Los Angeles 2028

28 Nov

Il y a des grimpeuses qui impressionnent par leurs résultats, d’autres par leur engagement, et certaines par leur capacité à faire bouger les lignes. Solenne Piret coche les 3 cases. Quintuple championne du monde de para-escalade dans la catégorie AU2, très solide en bloc extérieur comme en grande voie, elle avance depuis des années sans jamais laisser son agénésie de l’avant-bras droit définir ce qu’elle peut — ou ne peut pas — faire.

À l’occasion de la Winter Edition 2025 de Montagne en Scène, qui dévoile en avant-première Cap ou Pas Cap, le film de Jérôme Tanon consacré à son ascension du Grand Capucin, nous avons pris le temps d’échanger avec elle. L’occasion de revenir sur ce projet mené en tête et en terrain d’aventure, mais également sur son cinquième titre mondial, et sur les Jeux Olympiques de Los Angeles 2028, qui accueilleront pour la première fois le para-escalade.


Un nouveau quotidien avec un seul objectif en tête : les JO

Quand on commence l’entretien en lui demandant comment elle va en ce moment, Solenne ne passe pas par quatre chemins :
« Je reviens doucement. Après les Mondiaux, j’ai fait un break. Là, je bascule en mode JO. Je quitte les Hautes-Alpes pour revenir en région parisienne. »

En une phrase, tout est dit : pour elle, le chemin vers Los Angeles 2028 commence maintenant. Et ce n’est pas un détail logistique, mais un vrai virage. « Tu n’as pas envie d’arriver aux JO en te disant que tu n’as pas tout donné », glisse-t-elle. Le message est clair : les trois prochaines années seront structurées autour d’un objectif unique, et elle entend maîtriser tout ce qui peut l’être.

Ce retour en région parisienne pourrait surprendre pour une grimpeuse qui se construit également dehors, et qui a besoin du rocher pour garder la motivation intacte. À Paris, Solenne trouvera la diversité des salles, la variété des styles, un volume d’entraînement qu’elle ne pouvait pas avoir ailleurs, et surtout une proximité immédiate avec Fontainebleau. « Si je ne grimpais qu’en salle, je perdrais la motive. Bleau me garde en vie dans ma grimpe », nous précise-t-elle.

Et quand on l’interroge sur ce qui l’inspire en ce moment, la réponse file sans hésitation : « Les performances des grimpeuses dehors. Ce qu’elles enchaînent aujourd’hui, c’est incroyable. Ça tire le niveau de tout le monde vers le haut. » Une manière de rappeler que, malgré le cadre olympique qui se construit autour d’elle, elle n’en oublie pas pour autant son amour pour le rocher.

Los Angeles 2028 : un tournant historique pour le para-escalade

Après deux olympiades qui ont mis l’escalade sous le feu des  projecteurs, l’intégration du para aux prochains JO s’annonce donc comme un tournant majeur, pour Solenne comme pour la discipline. « Ce qui me permettra de dire que j’ai réussi, médaille ou pas, c’est de me sentir prête. De me dire que je n’ai aucun regret sur les choix faits en amont. Et que le jour J, je sois vraiment dans ma grimpe. » Pour le para-escalade, l’impact est colossal : plus de visibilité, plus de professionnalisation, plus d’engagement des fédérations. Solenne valide cet engouement: « Ça bouge dans le bon sens, clairement. »

© IFSC

Le Grand Capucin : l’envie d’oser vraiment

Avant de se mettre à fond dans les JO, Solenne n’était pas en pause. Parmi ses nombreux projets en falaise, l’un des derniers en date était de gravir la voie des Suisses au Grand Capucin, en tête, en posant elle-même toutes les protections. Un changement complet de posture:  « Jusqu’ici, dès que ça devenait dur, je suivais en second. Alors que j’avais le niveau. Là, j’avais envie de prendre la tête pour de vrai. De m’émanciper un peu. »

L’apprentissage du trad n’a pourtant rien eu d’académique. À Squamish, quelques mois plus tôt, une première tentative en terrain d’aventure s’était terminée… en larmes: “la voie n’était juste vraiment pas du tout adaptée, vraiment, je me suis demandée dans quelle galère je m’étais mise avec ce projet.”

Pas rancunière de cette mésaventure, Solenne n’a pas changé de cap pour ses projets : « Pour le Grand Capucin, j’y suis allée à l’audace et au talent », résume-t-elle. Au vu de sa performance, on peut dire que ça lui a plutôt bien réussi, même si l’ascension n’a pas été de tout repos …

© Hugo Clouzeau

Sur le Capucin, la contrainte physique de son avant bras droit était un paramètre essentiel à prendre en compte : impossible parfois pour elle de placer un coinceur  avec sa main gauche car aucune préhension ne lui permettait de trouver le bon équilibre avec son bras droit ; elle se retrouve alors parfois dans l’obligation d’avancer coute que coute, sans protection, et l’engagement mental n’en est alors que plus important.

Il faut être sûre d’avoir encore un peu de marge avant de te retrouver dans une situation bancale.

La longueur crux, une fissure évasée encombrée de vieux coinceurs, restera pour elle le passage le plus difficile. « J’ai serré tout ce que j’ai pu. Je n’avais aucune envie de refaire cette longueur. » Malgré cette énorme performance, à la sortie, pas de célébration, pas d’euphorie. Juste une grimpeuse vidée, qui se concentre avant tout sur la descente en rappel avant la nuit. L’émotion viendra plus tard, avec le recul et le sentiment du devoir accompli.

Le tournage : une autre forme de pression

Histoire d’ajouter un peu de piment à ce défi, l’aventure était suivie par une équipe de tournage pour en sortir un film, Cap ou pas Cap, qui n’était pas du tout prévu à la base: c’est en évoquant ses projets avec Cyril Salomon (Montagne en Scène) que tout s’est enclenché. Jérôme Tanon est contacté, s’enthousiasme du projet, et l’aventure démarre.

Contrairement à ce qu’on pourrait imaginer, ce n’est pas la grimpe elle-même qui a généré le plus de stress pour Solenne : « C’était plutôt la logistique. Une équipe, des horaires, des compromis… Ce sont des contraintes supplémentaires » nous confie-t-elle.

Championne du monde 2025 : tout n’est pas si simple

Si en 2024, Solenne brillait (entre autre) par son projet au Grand Capucin, en 2025 elle aura encore marqué les esprits en compétition… Cet automne, elle remportait son cinquième titre mondial à Séoul. Vu de l’extérieur, on pourrait facilement faire le constat d’une forme de domination tranquille. Mais la réalité est tout autre. « Tous les deux ans, tu remets tout en jeu. Le niveau monte, la concurrence aussi, et avec l’arrivée des JO, les moyens augmentent. Rien n’est acquis. »

Elle évoque également le stress qui s’accumule au fil des grands événements, et l’après-compétition qui peut être brutal : « Après un championnat du monde, il m’est déjà arrivé de ne plus vouloir grimper pendant un mois. Tu es rincée. Mais il faut accepter ces phases-là. »

Pour tous les athlètes de haut niveau, il y a le revers de la médaille, invisible pour le public : cycles de charge traumatisants , fatigue, remise en question, périodes où la forme tarde à revenir, et on en passe. Solenne nous le confie sans détour : « Ce n’est pas facile. Je gère mieux qu’avant, mais ce n’est jamais simple. »

© Nakajima/Timmerman/IFSC

Quand lever le pied devient essentiel

De l’extérieur, ces dernières années ressemblent à une course folle pour Solenne Piret : un film, des gros projets en bloc, une grande voie engagée en tête, des titres mondiaux en série. Mais Solenne tempère notre ressenti : « Pour être honnête, il y a quand même pas mal de phases. L’hiver, il ne se passe parfois pas grand-chose, et c’est là que c’est le plus dur mentalement car tu as l’impression qu’il faudrait toujours être dans l’action et les projets. »

Chez les athlètes, l’absence de projet peut être assez déstabilisante. On le remarque d’ailleurs souvent après les gros événements comme les championnats du monde ou les JO où il est difficile de se remettre dans le bain et de se fixer de nouveaux objectifs.

Mais Solenne reste lucide sur ce sujet : la performance ne doit pas être un flux continu, et il faut accepter les cycles et les périodes plus calmes avant de repartir à l’attaque.

Un statut assumé

Quand on lui demande si elle a conscience d’être devenue une figure majeure du para-escalade, elle réfléchit puis répond avec franchise.

« Je pense que c’est un rôle qu’on m’a donné, mais que j’ai un peu cherché aussi, en me professionnalisant, en communiquant. Il ne faut pas faire semblant de tomber du lit. » Cette visibilité, Solenne la considère avant tout comme un levier pour la discipline, pas comme une récompense personnelle.

C’est sur ces mots que notre échange avec Solenne s’est terminé. Une conversation pleine de lucidité, d’envie et d’horizons ouverts. Et quelque chose nous dit que ce que l’on a vu jusque-là n’est qu’un début. Que ce soit à Bleau, en grande voie, en Coupe du Monde ou à Los Angeles, Solenne Piret va encore faire parler d’elle — et surtout inspirer toute une génération de grimpeuses et grimpeurs.

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