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Le top 10 des moments les plus marquants de 2016 en images…


L’AccorHotel Arena est rempli. C’est la fin de la journée, la fin d’un week-end palpitant en plein coeur de Paris. Pour tous les grimpeurs, c’était LE grand rendez-vous de l’année. Nous sommes aux premières loges, en train d’assister aux finales des Championnats du Monde d’escalade de difficulté. Adam Ondra sort de la zone d’isolement, concentré. Tendu? Non. Serein. Dans sa bulle. C’est comme s’il n’entendait pas les milliers de spectateurs qui l’applaudissaient à l’annonce de son nom. Il prend du recul, regarde déjà le sommet de la voie, là où personne n’est encore allé poser les doigts. D’un pas déterminé, il s’approche des premières prises, se concentre bien… C’est parti. Phénomène étonnant, c’est comme si le tchèque lançait le mode pilotage automatique. La machine est en marche: rapide, il exécute les premiers mouvements à une vitesse folle. Il sait ce qu’il doit faire. Pas de place à l’hésitation, chaque mouvement est parfaitement exécuté. Il atteint alors le haut du mur, le crux fatal aux autres compétiteurs. Le public le sait capable de tout. Il se sait capable de tout. Adam Ondra est le seul grimpeur du Monde à tenir ces deux arquées en inversé, seulement aidé de ses deux pouces. Les spectateurs l’encouragent de toute leur voix. Vient alors l’un des plus beaux moments d’escalade de l’année 2016: Adam Ondra jette à deux mains sur cette grosse prise, et parvient à la tenir. Le public s’enflamme et même Adam laisse éclater sa joie. Il sort de sa bulle et ne fait alors plus qu’un avec les milliers de spectateurs, qui se lèvent tous ensemble. Une véritable connexion s’installe entre le grimpeur et le public. Comme hors du temps, profitant seulement de l’instant présent. Les secondes sont figées, Adam Ondra n’en revient pas. Il le sait, il vient de remporter un nouveau titre de Champion du Monde. Il finira en beauté, acclamé une nouvelle fois lorsqu’il clippera la dégaine finale de la voie. Certaines personnes devant moi sautent de joie, les frissons gagnent le corps de bon nombre d’entre nous. Des moments comme ça sont uniques à vivre. C’est pour moi le plus beau moment de cette année 2016. Vous n’êtes pas d’accord? Vous avez bien raison, car il y en a eu cette année des événements! Chacun est libre de choisir son propre fait marquant. Voici ci-dessous le top 10 selon PG des plus beaux moments d’escalade de l’année.

 

– Le premier 9A bloc du Monde pour Nalle Hukkataival !

C’est une nouvelle ère dans le monde du bloc. Un nouveau cap, une limite infranchissable. Le 9A bloc… Une cotation qui semble encore si imaginaire, à écrire, à lire, à entendre. Pourtant, quelque part dans le monde, le 24 Octobre 2016, un grimpeur à la chevelure blonde enchaînait depuis le bas son projet. Le projet d’une vie, de sa vie. Nalle Hukkataival et le Lappnor Project. L’histoire entre un bloc de granite et un homme, prêt à tout pour arriver au sommet de ces 4 mètres de haut. 5 mouvements seulement sur un mur lisse offrant seulement d’infâmes arquées, pour un 9A. Le bloc le plus dur du Monde. Un accomplissant pour le finlandais, qui ne comptait plus ses essais au fil des années. Une nouvelle barrière est franchie, et un nouvel horizon s’ouvre alors… 

 

– Janja Garnbret… venue d’ailleurs

Des larmes de joie sur le visage de Janja Garnbret. Cette saison, la slovène en a vécu des émotions! Et elle nous en a fait vivre. À 17 ans seulement, elle a déjà l’un des plus beaux palmarès de l’histoire de l’escalade. Près de 60% de victoires en coupe du monde de difficulté cette saison. Janja a littéralement tout gagné cette saison: les championnats du Monde jeunes de bloc, les championnats du monde jeunes de difficulté (inutile de préciser qu’elle remporte haut la main la victoire dans les catégories jeunes), les championnats du monde de difficulté seniors, le classement général des coupes du monde 2016, et même les Adidas Rockstars en bloc. Bref, une année de folie pour Janja Garnbret, la tornade slovène, qui nous promet d’ores et déjà de belles choses pour 2017… 

 

– Adam Ondra, au sommet de la grande voie la plus dure de la planète

Ce qui fait la puissance d’Adam Ondra, c’est son incroyable capacité à s’adapter. Le tchèque est capable de remporter la compétition la plus prestigieuse du Monde, puis d’aller poser les doigts sur des prises quasi inexistantes, perché à près de mille mètres au-dessus du sol quelques jours plus tard. L’un de ses objectifs cette année? Enchaîner le « Dawn Wall », la grande voie la plus dure de la planète. Un pari qui semblait fou au départ, lui qui n’avait jamais été au Yosemite et qui n’avait que si peu pratiqué de grandes voies. Il devait tout apprendre: la remontée sur corde, les nuits en portaledge, les différentes techniques à adopter en grande voie… Et pourtant, malgré cette expérience inexistante, il l’a fait: en 8 jours, il parvenait au sommet des 32 longueurs de cette voie, qui avait demandé plus de 7 ans de travail à Tommy Caldwell et Kevin Jorgeson lors de la première ascension l’année dernière. Adam exulte au sommet. Il le sait, il vient une fois encore de marquer l’histoire de l’escalade… Et ce n’est peut-être pas fini… Le tchèque avoue avoir l’idée folle d’enchaîner le « Dawn Wall » en moins de 24h !

 

– La combativité d’un Homme

C’est aussi l’une des images les plus marquantes de cette année 2016. Manu Cornu est alors en finale des Championnats du Monde de bloc 2016. Il est chez lui, à Paris, devant sa famille, ses amis, et des milliers de spectateurs qu’il ne connaît pas. Mais c’est son public à lui. Et ce soir-là, c’est un Manu Cornu enragé qui a fait vibrer la foule de l’AccorHotel Arena. On se souviendra longtemps de ce combat incroyable, qui paraissait lunaire, où Manu a tout donné, dans le dernier bloc de ces finales, très physique. Son fight spirit a payé, puisque quelques minutes après, il montait sur la troisième marche du podium de ces Championnats du Monde, empochant ainsi une magnifique médaille de bronze.

 

– Ashima Shiraishi, le talent à l’état pur

En 2015, Ashima Shiraishi devenait la première femme de l’histoire à enchaîner un 9a+. Une performance hors normes, pour un petit bout de femme de 13 ans seulement. Cette année 2016 a encore été fructueuse pour l’américaine. En effet, cette saison, elle marque les esprits en bloc, nous prouvant son incroyable polyvalence. le 22 Mars 2016, Ashima devenait la première femme à enchaîner un 8C bloc. « Un rêve qui devenait réalité » pour la jeune femme. Quelques mois plus tard, elle récidivait et confirmait son niveau monstrueux avec un nouveau 8C. Enfin, plus récemment, Ashima allait décrocher son 4ème titre mondial, après avoir réalisé le doublé championne du monde de bloc et de difficulté pour la deuxième consécutive de sa (jeune) carrière.

 

– L’incroyable saison d’Anouck Jaubert

Elle a tout simplement dominé d’une main de maître sa discipline cette année. 4 victoires d’affilée en Coupe du Monde cette saison. Une performance qui n’avait encore jamais été réalisée jusque là. Car en vitesse (et c’est le cas de le dire), tout peut aller très vite. Une zippette, un moment de déconcentration, un mauvais placement, quelques millimètres de trop… et c’est la fin. Pourtant, à Chamonix, puis à Villars en Suisse, à Arco en Italie et à Wujiang en Chine, personne n’a pu détrôner Anouck Jaubert. Et il n’aura pas manqué grand chose pour  que la française nous offre la Marseillaise à Paris sur les Championnats du Monde. Mais comme je le disais, tout va si vite en vitesse. Une magnifique saison 2016 pour Anouck et l’escalade de vitesse française se clôture… pour repartir encore plus vite en 2017 !

 

– L’escalade, officiellement au programme des JO de 2020

C’est l’un des faits marquants de ces 12 derniers mois… Les membres du Comité International Olympique viennent de voter oui à l’intégration de l’escalade au programme des Jeux Olympiques de Tokyo en 2020. Alors pour ou contre? C’est un autre débat. Ce que l’on sait actuellement? Une seule médaille sera décernée pour les trois disciplines, ce qui implique un format combiné. Format qui est d’ailleurs actuellement en pourparler avec les fédérations d’escalade les plus développées en terme d’organisation d’événements. L’intégration de l’escalade aux JO va bouleverser le mode d’entraînement des grimpeurs, qui vont ainsi devoir se perfectionner et même s’essayer à l’ensemble des trois disciplines. Car cette médaille olympique en fait rêver plus d’un…

 

– Quand deux des plus beaux palmarès français disent adieux aux compétitions d’escalade

Elles nous on fait vibrer, on les a applaudi, encouragé, porté, derrière nos écrans ou devant le mur. Les Championnats du Monde de Paris cette année ont clôturé la magnifique carrière de Chalortte Durif et Mélissa Le Nevé. Une décision qui n’est jamais facile à prendre, mais une décision réfléchie, qui a pris le temps de mûrir. La fin des compétitions oui, mais pas la fin de l’escalade! Et loin de là, ces deux grimpeuses souhaitent bien prendre du bon temps en falaise et pourquoi pas découvrir de nouvelles disciplines. Pour preuve, Mélissa Le Nevé semble bien partie dans sa reconversion, puisqu’elle a enchaîné récemment son premier 8B à Fontainebleau. 

 

– Charles Albert, le Mowglie de l’escalade

Vous le croiserez chez lui, là où il se sent bien, dans la forêt de Fontainebleau. Souvent torse nu, un long ruban rouge pour attacher ses longs cheveux en pagaille. Mais surtout vous le verrez se lancer dans les blocs sans chaussons aux pieds. Inutile de l’arrêter pour lui rappeler qu’il lui manque quelque chose. Non, non. C’est comme ça qu’il grimpe Charles Albert. Et il grimpe même très bien! La preuve. Sa plus belle réalisation cette année? « Le pied à Coulisse », pour la modique somme de 8C+ ! Mais aussi et surtout « L’Alchimiste », un bloc qui avait donné tant de fil à retordre et Nalle Hukkataival, Alban Levier et bien d’autres…

  • Photos: B. Berkien, H. Zak, K. Kivea, L. Thomas, Y. Kolev, N. Hart

2 plusieurs commentaires

  1. Bonjour, je trouve assez curieux que personne ne parle de Tomoa Narasaki, champion du monde à Bercy, vainqueur de la coupe du monde et enfin de l’Adidas Rockstars.
    Si il y a un nom à ne pas oublier en 2016 c’est bien lui.
    Mais peut-être que de parler des mouvements « d’humeur » d’Adam Ondra rendrait cet autre athlète moins « respectable ».
    Un sportif de haut niveau c’est un tout, une attitude qui se doit d’être un mélange de respect et de performances, ce que l’on nomme un modèle.
    Si l’un des deux est encore en période de pré-puberté malgré ses croix l’autre est le reflet d’un pays qui malgré l’horrible catastrophe qui l’a touché est en train de devenir LA nation qui compte dans le monde du sport grâce à une force, un courage et un travail acharné le tout saupoudré de ce qui manque à beaucoup : LE RESPECT.
    Si Tomoa Narasaki ne compte pas pour vous ( même pas cité dans la liste des athlètes pour lesquels il fallait voter afin de désigner qui avait le mieux représenté l’escalade en 2016!), pour moi c’est l’exemple à suivre…
    Le numéro 1 c’est lui car il a porté haut de belles valeurs tout en restant d’une humilité merveilleuse.
    Merci à vous Mr Narasaki.

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