Un entraîneur de l’équipe nationale américaine arrêté pour exploitation de mineurs

© USA Climbing
Aux États-Unis, l’escalade fait face depuis quelques jours à une affaire particulièrement lourde : l’arrestation de Matthew Maddison, membre du staff de l’équipe nationale de vitesse. Une annonce qui vient ébranler toute une communauté et poser, une fois de plus, une question essentielle : celle de la sécurité des athlètes.
Une arrestation pour des faits extrêmement graves
Âgé de 37 ans, Matthew Maddison, entraîneur et préparateur physique de l’équipe de vitesse de USA Climbing, a été arrêté le 28 avril dans l’Utah.
Il est visé par dix chefs d’accusation pour exploitation sexuelle de mineurs, liés à la détention et à la diffusion de contenus pédocriminels en ligne. Selon les documents judiciaires, l’enquête remonte à un signalement effectué en mars 2025 par une plateforme de réseau social auprès du National Center for Missing and Exploited Children. Ce signalement faisait état d’un compte ayant diffusé plusieurs fichiers illicites.
Après plusieurs mois d’investigation, la Utah Internet Crimes Against Children Task Force est parvenue à remonter jusqu’à Maddison. Lors de la perquisition à son domicile, les autorités indiquent avoir retrouvé un volume important de contenus illégaux, dont plus de 30 fichiers qu’il aurait lui-même partagés. L’entraîneur aurait également reconnu être le propriétaire du compte concerné.
Il est actuellement détenu sans possibilité de libération sous caution, dans l’attente de son procès. Aux États-Unis, ce type d’infraction peut entraîner des peines allant jusqu’à 15 ans de prison par chef d’accusation.
Un rôle central dans l’équipe américaine
L’affaire prend une dimension particulière en raison de la position occupée par Maddison. Depuis 2023, il faisait partie du staff de USA Climbing en tant que manager de l’équipe de vitesse, préparateur physique et accompagnateur des athlètes sur les compétitions internationales.
Il avait notamment encadré plusieurs grimpeurs lors des Jeux Olympiques de Paris 2024, dont Emma Hunt, Piper Kelly ou encore Sam Watson, ex-détenteur du record du monde. Autant dire qu’il occupait un rôle clé dans l’organisation du haut niveau et une position de confiance directe auprès de nombreux grimpeurs, dont certains mineurs.
Dès l’annonce de son arrestation, la fédération a indiqué l’avoir placé en congé administratif immédiat et non rémunéré, tout en affirmant coopérer pleinement avec les autorités. Elle précise également que, à ce stade, les faits reprochés ne seraient pas liés à ses fonctions sportives.
Des limites déjà connues…
Au-delà de l’affaire elle-même, c’est toute la question des dispositifs de protection qui refait surface. USA Climbing insiste sur le fait que tous ses employés sont soumis à des vérifications d’antécédents. Mais comme souvent dans ce type de dossier, ces garanties montrent aussi leurs limites.
Un contrôle administratif, même rigoureux, ne permet pas toujours d’anticiper des comportements qui relèvent de la sphère privée, jusqu’au moment où ils deviennent publics. Et surtout, cette affaire rappelle un point central : dans le sport de haut niveau, les entraîneurs occupent des positions de proximité, d’autorité et de confiance… parfois auprès de publics très jeunes.
Ce n’est malheureusement pas la première fois que l’escalade est confrontée à ce type de sujet. Ces derniers mois, plusieurs affaires (aux États-Unis, en France ou encore en Indonésie) ont mis en lumière des situations impliquant des entraîneurs ou des membres d’encadrement. Dans un sport en pleine professionnalisation, désormais exposé à l’échelle olympique, ces enjeux prennent une dimension nouvelle.
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