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Rencontre avec Augustin Rogeaux, auteur du livre “Le virage managérial de l’escalade en France”

L’escalade évolue, et il faudrait vivre dans une grotte pour ne pas s’en rendre compte. Entre l’explosion des salles privées, l’arrivée aux Jeux Olympiques de la discipline (et toutes les discussions que cela entraîne) ou encore la réorientation stratégique de la FFME, on sent bien que la grimpe est en train de passer un cap… et il n’est pas toujours simple de mettre des mots clairs sur cette évolution.

Avec Augustin Rogeaux, nous avons pris le temps de creuser tout ça suite à la sortie de son livre “Le virage managérial de l’escalade en France – Une trajectoire organisationnelle controversée“. Agrégé d’EPS, enseignant en STAPS et docteur en sociologie du sport, il s’est penché en profondeur sur ces transformations, avec un regard à la fois posé et nuancé, qui permet de mieux comprendre les moteurs et les controverses de cette mutation actuelle, sans pour autant tomber dans les jugements rapides.

Une interview qui aide à y voir plus clair sur ce qui est en train de se jouer dans l’escalade d’aujourd’hui et de demain.


Tu pars d’un constat assez fort : l’escalade a connu une transformation radicale en quelques années. À quel moment, personnellement, tu t’es dit « ok, là on est en train de basculer » ?

A titre personnel, c’est l’intégration aux JO qui a été le déclic. J’ai réalisé le gap entre les valeurs dites historiques de l’escalade, encore partagées dans les années 2010 par de nombreux grimpeurs, et le projet olympique qui visait à faire de l’escalade un sport « comme un autre ».

C’est cette bascule qui t’a incité à écrire cet ouvrage j’imagine ?

Cette bascule m’a surtout amenée à m’intéresser d’abord à l’intégration controversée de l’escalade aux JO dans le cadre de mon mémoire de Master 2. J’ai pu poursuivre sur une thèse de doctorat, dont cet ouvrage est directement tiré. Mon travail devait à la base se concentrer sur l’olympisation de l’escalade, mais j’ai ensuite élargi mes questionnements à d’autres enjeux, comme le développement des salles indoor, la politique fédérale ou encore la gestion des sites naturels.

Est-ce que tu as le sentiment qu’on vit une transformation… ou carrément une rupture ?

La frontière entre les deux me parait mince. Je dirais toutefois qu’il s’agit plutôt d’une transformation : comme je le montre dans le livre, malgré les nombreuses controverses (donc les oppositions) sur les changements en cours, la contestation n’est pas assez puissante pour enrayer ces changements, que je nomme « virage managérial ». Je pense qu’une rupture signifierait plutôt que les détracteurs des politiques mises en place s’organisent, créent leur propre alternative, or ce n’est pas le cas, ou bien de manière marginale.

Est-ce que l’escalade perd quelque chose en se structurant… ou est-ce qu’elle gagne simplement autre chose ?

En tant que sociologue, l’objectif est de comprendre, pas de juger. Mon travail m’a d’ailleurs permis de prendre du recul par rapport à mes propres opinions, et de mieux entendre les différents points de vue, même ceux avec lesquels je ne suis pas d’accord. Concernant l’organisation de l’escalade, la complexité de la situation m’empêche d’avoir un avis tranché sur son évolution, mais il y a forcément des choses qu’on perd d’un côté, et un enrichissement de l’autre.

Est-ce qu’on n’idéalise pas un peu trop « l’esprit originel » de l’escalade ?

Je pense que de nombreux grimpeurs projettent en effet cet idéal de pureté originel de l’escalade, qui aurait existé avant les salles privées et les JO… En oubliant que l’escalade avait d’autres problèmes et d’autres débats. Cette posture ne règle en rien la question du niveau de vie des athlètes, de la gestion d’une fédération, ou encore de la gestion des sites naturels qui était dans une impasse juridique. On peut toutefois regretter que l’escalade se soit jetée, peut-être de manière un peu trop brutale, dans un fonctionnement néo-libéral qui n’est pas sans risque pour la pérennité de notre sport.

Dans tes recherches, qu’est-ce qui t’a le plus surpris dans la manière dont les grimpeurs vivent ces changements ?

Mes travaux se sont concentrés sur les acteurs dits de « l’offre » (salles d’escalade, fédérations, autres organisations), et non sur ceux de « la demande » (les grimpeurs eux-mêmes). Je n’ai donc pas de données sur le point de vue des grimpeurs, plutôt sur celui des acteurs qui organisent l’activité. Ce que je trouve intéressant, ce sont les paradoxes : d’un côté, les grimpeurs se sont vite retrouvés dans certaines offres de marché, comme celles des salles privées qui ont connu une croissance exponentielle dans les années 2010. Mais de l’autre, c’est une communauté encore attachée à ses valeurs, comme le montre la controverse liée au déconventionnement des sites naturels par la FFME en 2020.

L’explosion des salles privées est souvent vu comme une réussite mais c’est également une source de tension selon toi ?

Cela dépend de quel point de vue on parle. Du point de vue des entrepreneurs, c’est à la fois une réussite commerciale et une source de tensions, notamment avec l’intensification de la concurrence et l’entrée d’investisseurs dans le capital des réseaux. Du point de vue de la fédération, les salles suscitent de l’admiration car elles permettent de développer le sport, avec une répercussion espérée sur le nombre de licenciés ; mais aussi de la tension car elles viennent concurrencer les clubs en raison d’une qualité d’offre souvent inégalable.

Est-ce qu’on est en train de transformer les grimpeurs en « clients » plutôt qu’en pratiquants ?

Là encore, cela dépend de qui on parle. L’escalade n’est plus une communauté unifiée mais une myriade de groupes sociaux qui pratiquent parfois de manière très différente. On retrouve toutefois l’émergence massive de « clients » dans les salles privées, parmi lesquels vont se mêler des personnes aux motivations et à l’investissement extrêmement divers. Ce n’est pas un problème en soi ; cela le devient quand les grimpeurs, habitués à être traités en clients, exigent des clubs associatifs, des collectivités qui gèrent les sites naturels, etc. une qualité de service qu’ils ne sont pas en mesure de leur fournir. De mon point de vue, c’est une tendance sociétale plus large liée au fonctionnement de la société de consommation, et ces logiques gagnent peu à peu le monde de l’escalade.

À long terme, est-ce que ce modèle est sain pour l’écosystème global (falaise, clubs, bénévolat…) ?

Mon livre défend l’idée que l’ensemble du système est gagné peu à peu par des logiques de marché, qui s’immiscent à tous les niveaux – tout en suscitant des controverses. Le système pourrait fonctionner ainsi ; mais ce n’est pas sans conséquences.

Peux-tu préciser les conséquences ?

Un système davantage guidé par les logiques de marché pourrait avoir plusieurs conséquences. Concernant les décideurs et les organisations, les conséquences sont détaillées dans mon livre : nouvelle gouvernance fédérale qui prend en compte la dynamique marchande du sport, compétition renforcée entre acteurs économiques, nouveaux modes de gestion (à deux vitesses) des sites naturels. Ces changements, pas nécessairement volontaires, peuvent avoir des conséquences potentiellement négatives, telles que la hausse du coût de l’escalade indoor, ou encore la fermeture de certains sites naturels.

Mais ce processus se traduit aussi par un changement du système de valeurs partagées par les pratiquants, avec la montée en puissance de grimpeurs “consommateurs”. Cette tendance est à mon sens sociétale, et ne concerne pas exclusivement l’escalade. Les grimpeurs, peuple historiquement contestataire, pourraient “rentrer dans le moule” du capitalisme marchand et accepter de remplacer des activités participatives et bénévoles par des activités lucratives. C’est déjà ce qui s’observe avec les salles privées par rapport au clubs : les gens adhèrent à une offre plus chère mais plus pratique, flexible, qui requiert moins d’engagement.

Mais cela signifie aussi que l’escalade serait encore moins accessible économiquement, alors que le sport souffre déjà d’un manque de mixité économique et sociale (voir l’étude d’O. Aubel & B. Lefèvre, publiée en 2022, menée sur un échantillon international de grimpeurs et grimpeuses).

Tu évoques une « réorientation stratégique » de la FFME. Concrètement, ça veut dire quoi sur le terrain ?

Sur le terrain, c’est-à-dire dans les clubs, CT, et Ligues, je ne saurai pas dire si cela a eu un impact conséquent : mon travail se concentre sur l’échelon national, et non l’échelon local. Mais au niveau du siège national de la FFME, les choses ont changé en profondeur sous la présidence de Pierre You (2005-2021). La fédération a investi de nouveaux secteurs en vue de dégager du profit (comme la formation professionnelle ou la création des salles Karma), et s’est délestée d’activités peu rentables comme les conventions d’usage.

Tu dirais que la FFME se désengage donc de la gestion des falaises car non rentable ?

L’engagement de la FFME dans la gestion des sites est un point complexe à expliquer, détaillé dans le quatrième chapitre du livre. En résumé, les dirigeants fédéraux ont forcé la transition d’un ancien système de convention (brutalement stoppé par le déconventionnement annoncé en avril 2020) vers un nouveau système.

L’ancien système impliquait juridiquement la fédération, et l’entretien des sites était à la charge des Comités Territoriaux ou des clubs locaux. Il s’agissait donc d’une charge économique et juridique dont il fallait se débarrasser. Sans compter qu’à la suite d’un accident grave dans lequel la FFME a été condamnée, la prime d’assurance allait augmenter plus fortement encore si celle-ci gardait les conventions. La gestion des SNE posait problème pour ces différentes raisons, sans oublier que les priorités de la politique fédérale étaient clairement, de 2005 à 2023, le développement des Structures Artificielles d’Escalade (SAE) et de la compétition. Le nouveau système permet de transformer cette charge financière en profit : ce sont désormais les collectivités locales qui assument la charge juridique et financière des sites, et les organes locaux de la FFME deviennent des prestataires de service.

Toutefois, cette organisation nécessite des collectivités prêtes à payer et à s’engager, et peine à se diffuser aussi facilement que l’ancien système. Paradoxalement, la controverse autour du déconventionnement a poussé la FFME à se réengager sur ce dossier, pour rassurer la communauté et faire taire les critiques qui associaient déconventionnement et désengagement.

D’après toi, est-ce que la fédération suit le mouvement… ou est-ce qu’elle le subit ?

D’un côté, la FFME le subit : l’explosion des salles privées (passées d’environ 60 au début des années 2010 à plus de 300 aujourd’hui), et du nombre de grimpeurs qui les fréquentent, est sans commune mesure avec la hausse du nombre de licenciés. De l’autre, elle suit allégrement le mouvement. Les salles Karma par exemple, crées par la fédération à Fontainebleau (2014) et Paris (2026), constituent des tentatives d’investir le marché des salles privées en vue de générer des bénéfices.

Qui a vraiment le pouvoir aujourd’hui dans l’escalade française : institutions, acteurs privés, ou pratiquants ?

A la fin de la décennie 2010, plusieurs indices laissaient à penser que les acteurs privés dominaient le rapport de force : dans mon livre, je reviens par exemple sur la création de la B’O Cup (coupe de France privée organisée dans les salles Block’Out, où la FFME s’est associée de manière contrainte), ou encore la cabale médiatique menée par l’Union des salles d’escalade (UDSE) contre la FFME lorsqu’elle a emporté l’appel d’offre pour la rénovation du Cinaxe à Paris (Karma la Villette). Le rythme d’ouverture des salles était sans commune mesure avec la dynamique (certes croissante) de l’escalade fédérale.

Aujourd’hui, les choses semblent se rééquilibrer, dans la mesure où le marché est dans une situation très précaire et incertaine. Les acteurs privées ne semblent plus être dans la surenchère vis-à-vis de la FFME comme cela a pu être le cas (l’UDSE menaçait par exemple de créer une fédération alternative). De plus, malgré la montée en puissance des acteurs privés, la fédération, de par son statut de fédération délégataire pour l’escalade, a toujours occupé une place incontournable dans la gouvernance du sport.

Quant aux pratiquants, ils ont toujours la liberté qu’ils veulent mais leur pouvoir me semble limité. Les initiatives portées par les pratiquants n’ont pas fait long feu, comme le collectif grimpe outdoor créé en 2020 qui a disparu des radars.

L’entrée aux JO a clairement changé la notoriété de l’escalade. Est-ce que ça a aussi changé sa pratique en profondeur ?

Je pense qu’il faut être vigilant avec le discours de sens commun, mais néanmoins largement répandu, qui consiste à associer intégration aux JO et développement de l’activité. Ce n’est pas du tout l’objet d’un consensus scientifique ! En réalité, le Comité International Olympique (CIO) intègre des sports aux JO parce qu’ils sont déjà dynamiques, mais pas dans l’objectif de les aider à se développer. Il faut rappeler que le CIO n’est pas un organisme qui vise à développer le sport, mais une organisation qui vend un spectacle sportif !

Les transformations du sport sont antérieures aux JO, mais ensuite cela agit comme une prophétie auto-réalisatrice : parce que le sport est « olympique », il va devenir crédible, mais avant même que les JO aient lieu. Ainsi, en 2020, l’Equipe (qui a noué un partenariat avec la FFME) a consacré un numéro spécial à l’escalade et a commencé à médiatiser les compétitions internationales. Mais les JO ne s’étaient pas encore tenus.

Concernant les transformations de la pratique, je ne saurai pas le dire car je ne me suis pas focalisé sur cet aspect-là, mais essentiellement sur l’organisation du sport.

Est-ce que la logique de performance prend maintenant trop de place ?

Ce n’est pas à moi d’en juger, mais à mon sens elle a toujours été présente dans l’escalade, et pas seulement en compétition. Je ne pense pas que la place de la performance se soit accrue ; je pense plutôt qu’on assiste à l’émergence de logiques de consommation à tous les niveaux.

Aujourd’hui, peut-on concilier haut niveau, spectacle et culture grimpe sans perdre l’équilibre ?

Là encore, je ne me sens pas en mesure de porter un jugement sur ce point. Il faudrait déjà voir ce qu’on entend par culture grimpe… Celle-ci évolue en synergie avec l’évolution du spectacle sportif, et ne peut pas être figée.

Si le combiné olympique de Tokyo a été l’objet d’une vive controverse, on voit que le pari de l’IFSC (World Climbing) a été gagnant, puisqu’il y a eu deux épreuves à Paris, et il y en aura trois à Los Angeles.

Aujourd’hui, l’escalade Olympique est bien moins controversée qu’il y a dix ans. Cela montre que la culture et les valeurs de l’activités évoluent, et que ce qui paraissait inacceptable hier ne fait plus débat aujourd’hui.

Tu parles de gestion « controversée » des sites naturels. Quel est le vrai point de tension aujourd’hui selon toi ?

Les nouvelles conventions d’usage développées par la FFME supposent l’adhésion d’un nouvel acteur : les collectivités locales. Cela peut créer des tensions car certaines n’ont aucun intérêt à assumer la charge juridique et financière d’un site d’escalade sur leur territoire. On est donc dans une phase d’incertitude, avec le risque de fermeture de certains sites en cas d’incapacité à trouver un mode de fonctionnement pérenne.

L’escalade va-t-elle devenir de plus en plus réglementée en extérieur ?

Cela parait indéniable : en raison de la judiciarisation croissante, et de la hausse du nombre de pratiquants, on ne peut plus envisager la non gestion de l’escalade en site naturel comme une solution. Ce qui n’empêche pas de nombreux sites secrets de se développer hors de tout cadre, mais ce sont des niches qui touchent peu de grimpeurs, comparativement aux sites majeurs qui doivent nécessairement s’inscrire dans un cadre légal.

Est-ce qu’on peut encore parler de liberté en falaise ?

Ça dépend ce qu’on entend par liberté. Les règles du jeu sont libres, personne n’est là pour nous dicter quoi et comment faire. Si on parle de liberté d’équiper où on veut, celle-ci est drastiquement réduite, mais existe encore en France.

On sent que deux visions de l’escalade s’opposent parfois. Est-ce qu’elles sont réconciliables ?

Je pense qu’il ne faut pas voir les choses de manière manichéenne. Il y a bien plus que deux visions de l’escalade ! Je vois au contraire de nombreux ponts entre l’indoor et l’outdoor, la compétition et la pratique libre, voire l’escalade sportive et la montagne. Il faut espérer que les grimpeurs, et les dirigeants des différentes organisations, continueront à s’inspirer de cette diversité. Cela ne me parait pas du tout tranché.

Ces tensions sont-elles nouvelles… ou simplement plus visibles aujourd’hui ?

L’escalade est historiquement, et sociologiquement, un sport où les pratiquants ont toujours cherché à définir leurs propres règles, et à les affirmer publiquement. Les tensions et les controverses ne datent pas d’hier. Selon moi, les antagonismes existent depuis toujours mais portent sur des sujets qui évoluent.

Je pense même que le côté « contestataire » de l’escalade s’érode. On retrouve encore quelques grimpeurs contestataires ou militants, mais les athlètes sont dans l’ensemble plus « sages » et moins dans la revendication qu’il y a 20 ou 30 ans.

Est-ce que le conflit est finalement nécessaire pour faire évoluer le sport ?

Dans mon livre, j’essaie d’expliquer la manière dont les changements se construisent, se façonnent, en étudiant la manière dont les acteurs qui veulent imposer un changement construisent des alliances pour faire aboutir leur projet. Pour intégrer les JO par exemple, l’IFSC a créé la voie de vitesse officielle, le format combiné, a impliqué les athlètes dans la définition et le test du format, pour faire aboutir ce projet d’en faire un sport olympique tout en étant accepté socialement. Toutefois, certains acteurs n’adhérent pas à ces négociations et alliances, et refusent d’y participer. Ou bien ils participent (comme Ondra et Schubert qui avaient envisagé un boycott des JO de Tokyo), mais leur réticence permet à l’IFSC de garder en tête la nécessité de faire évoluer ce format qui ne satisfait pas les athlètes.

Le conflit et le changement sont donc reliés : toute transformation génère de l’opposition, donc des conflits ; mais en retour, la critique permet d’infléchir certains projets.

À quoi pourrait ressembler l’escalade dans 10 ans si cette trajectoire continue ?

Mon travail consistant à analyser ce qui s’est déjà passé, il ne s’agit là que d’hypothèses personnelles sans étayage solide.

Une augmentation de la mise en marché de l’escalade signifierait, dans 10 ans, une offre de pratique indoor plus élitiste financièrement parlant : une licence FFME élevée, des clubs obligés de relever leurs tarifs d’adhésion, et des prix toujours plus élevés en salle privée. La pratique en salle continuerait à être portée par le développement de nouvelles boards, nouvelles prises, etc. Concernant les sites naturels, on pourrait imaginer que dans une situation budgétaire délicate, certaines collectivités retirent leur engagement en faveur des sites naturels. Les grimpeurs trouveront-ils alors des solutions pour s’organiser ?

Se dirige-t-on vers une séparation nette entre plusieurs « mondes » de l’escalade ?

Comme je l’ai dit précédemment, je ne pense pas. Il y a d’un côté des mondes qui s’éloignent, mais de l’autre un lien fort qui continue de se tisser entre ces mondes.

Si tu pouvais « corriger » une chose dans l’évolution actuelle, ce serait quoi ?

J’aimerais que le développement de l’escalade actuel soit pensé en relation avec les enjeux sociaux et environnementaux. Ceux-ci sont invisibilisés et ce n’est pas normal. Heureusement, un petit nombre d’athlètes s’engagent sur ces sujets, mais ce n’est pas suffisant selon moi.


En filigrane de cette interview, une idée principale ressort: l’escalade ne renie pas forcément ses racines, mais elle est en train de redéfinir son équilibre. Entre logique de marché, professionnalisation, développement olympique et nouvelles attentes des pratiquants, le paysage se complexifie et soulève de nombreuses questions. Sans céder à la nostalgie ni à l’enthousiasme aveugle, le travail d’Augustin Rogeaux offre un éclairage précieux pour comprendre les transformations en cours. Une lecture passionnante pour tous ceux qui souhaitent mieux saisir les enjeux qui façonneront l’escalade de demain.

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Publié le : 10 mai 2026 par Charles Loury

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