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« Movementum Project » 9c (?!) : la méga-ligne de 80m que travaille Seb Bouin à Flatanger

© Sam M.S.

Deux ans après avoir frôlé l’exploit dès sa troisième séance, Seb Bouin est reparti cet été sur son projet le plus ambitieux à Flatanger. Rebaptisé « Movementum Project », il vise désormais un final encore plus long et une cotation qui pourrait grimper jusqu’au 9c !

Imaginez 80 mètres de grimpe extrême dans la grotte la plus surplombante de Norvège. 80 mètres pendant lesquels il faut rester au clair sur des dizaines de mouvements, jusqu’à un ultime pas de bloc explosif, à la lèvre de la grotte, juste avant que la ligne ne daigne enfin se redresser. C’est très précisément ce que Seb Bouin est en train de travailler dans la grotte de Hanshelleren, à Flatanger, sur une ligne qui pourrait bien devenir l’une des plus dures de la planète !


De « Move Integral » à « Movementum Project »

On vous en parlait déjà en 2022 : depuis plusieurs années, Adam Ondra rêvait d’une traversée intégrale de la grotte de Flatanger, reliant le sol à la sortie située tout en haut de la paroi la plus déversante. Ce projet a finalement été concrétisé par Seb Bouin, qui a signé « Nordic Marathon » 9b/+, une ligne qu’Adam Ondra n’a, à ce jour, toujours pas réussi à répéter.

Mais une fois cette traversée réalisée, notre Français s’est demandé s’il était possible d’aller encore plus loin. Plutôt que de débuter par une première section en 8c avant d’enchaîner avec « Thor’s Hammer » 9a+, il a imaginé remplacer ce départ par « Move » 9b/+, la célèbre voie libérée par Adam Ondra en 2013 et répétée par Bouin en 2019. C’est ainsi qu’est né ce nouveau projet, d’abord connu sous le nom provisoire de « Move Integral », avant d’être rebaptisé « Moventum Project ».

En juillet 2024, Seb Bouin avait publié un premier compte-rendu de ses essais, racontant être tombé dans l’ultime crux dès sa troisième journée d’essais… Une performance qui l’avait laissé « euphorique pendant près de deux heures ». Les conditions s’étaient ensuite dégradées (près de dix jours d’humidité sur la fin de la voie) et Seb avait fini par couper court à son voyage pour partir s’entraîner. Vous pouviez retrouver tous les détails de cette première tentative dans notre article de l’époque.

© Raphaël Fourau

Deux ans plus tard, le projet a changé de nom : « Movementum Project », mais pas de dimensions. Au total : environ 80 mètres de grimpe soutenue, sur une ligne longue de 120 à 130 mètres du sol jusqu’au relais. Une vraie « mega line », pour reprendre ses propres mots.

Le crux : trois pas de bloc, une baffe main droite, et un talon

Concrètement, à quoi ressemble la fin de cette ligne interminable ? Seb nous a détaillé la séquence : après « Move », enchaînée sans interruption, viennent trois pas de bloc qui constituent le 9a+, le dernier se jouant très exactement à la lèvre de la grotte, avant que la face ne se redresse enfin.

« Le premier pas de bloc, c’est un petit jeté dans un trou. Le deuxième se joue autour d’un genou. Et le troisième, c’est une grosse baffe main droite avec un talon, et des arquées à tenir juste après », nous a-t-il expliqué. Un dernier mouvement qu’il décrit lui-même comme « assez explosif », pas franchement le genre de geste facile à négocier après 75 mètres de grimpe déjà dans les bras !

Le vrai adversaire ? Le processus

Ce qui rend ce projet aussi retors, ce n’est pas tant la difficulté brute de chaque section — Seb est catégorique là-dessus — que la capacité à tout empiler sans accroc. « Les sections intrinsèquement ne sont pas monstrueuses, mais en fait, à tout empiler, c’est autre chose ! », nous a-t-il confié. « Il faut être au clair de partout dans les méthodes, bien rodé… c’est pas évident ! »

© Marco Müller

Sur Instagram, il décrit très bien cette gymnastique mentale, où chaque journée d’essai devient une vraie stratégie : « Certains jours, je me concentre sur la partie haute pour la contrôler au maximum, mais je tombe alors dans « Move ». D’autres jours, je me concentre sur « Move », mais je perds un peu de confiance sur la dernière partie ».

Et puis il y a la météo, qui ne fait jamais de cadeau à Flatanger. « La fin est vite humide dès qu’il pleut un peu », explique Seb, qui chiffre très précisément la conséquence sur le terrain : sur un trip de deux ou trois semaines, une fois le temps passé à recaler les méthodes et à attendre les bonnes conditions, il ne reste finalement que quatre ou cinq essais réellement exploitables.

Un futur 9c ?

Reste la grande question : quelle cotation pour cette ligne, une fois enchaînée ? Dès 2022, Seb Bouin et Adam Ondra évoquaient déjà un 9c potentiel. La donne ne semble pas avoir changé : « Au début, j’imaginais un 9b+ difficile, explique Seb. Mais après pas mal d’essais, ça ressemble de plus en plus à un 9c. » Une cotation qui, si elle se confirmait, placerait la ligne dans la catégorie très fermée des rares 9c de la planète, aux côtés (entres autres) de « Silence » et « B.I.G. », les deux autres monstres de la grotte de Hanshelleren, respectivement libérés par Adam Ondra en 2017 et Jakob Schubert en 2023.

© Sam M.S.

Mais comme le rappelle Seb lui-même, seul le temps pourra trancher. « Le temps nous le dira », conclut-il. Après plus d’une décennie passée à écrire son histoire dans cette grotte norvégienne, Seb Bouin s’apprête peut-être à y ajouter son chapitre le plus fou !

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Publié le : 07 août 2026 par Nicolas Mattuzzi

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