Le contenu

Les limites de la para escalade repoussées ! Mason Keough devient le 1er para grimpeur AU3 à réaliser un 8A bloc

Mason tenant un des plats de "Jaws" 8A bloc ©Angus Meredith

Deux ans après avoir perdu quatre doigts de la main gauche dans un accident de travail, l’américain Mason Keough, 21 ans, réalise l’ascension de “Jaws”, un bloc coté 8A. Il devient ainsi le premier para grimpeur connu à enchaîner un bloc de ce niveau en catégorie AU3, repoussant les limites de ce que l’on pensait possible dans la discipline.


Une amputation des deux premières phalanges de 4 doigts ? Plus un problème pour Mason Keough © Mason Keough

En deux ans, je suis passé de l’incapacité à tenir une éponge mouillée à grimper plus dur qu’avant mon accident.

Le 31 mars 2026, Mason Keough pose les mains sur la dernière prise de “Jaws” et réalise immédiatement l’ampleur de ce qu’il vient d’accomplir. Pourtant, deux ans plus tôt, il pensait ne plus jamais grimper. En 2024, un accident de travail entraîne l’amputation des deux premières phalanges de quatre doigts de sa main gauche. Un coup d’arrêt brutal pour ce jeune grimpeur talentueux.

Revenu à l’escalade avec une détermination sans faille grâce à son frère lui aussi grimpeur.

En enchaînant un bloc coté 8A, il vient non seulement de grimper plus fort qu’il ne l’a jamais fait avant son accident, mais surtout il repousse les limites de ce que l’on pensait réalisable pour un para grimpeur AU3. Une performance qui dépasse le cadre de la para escalade et qui force l’admiration de toute la communauté.

Mason grimpant habilement la section de plats de “Jaws” ©Angus Meredith

Le bloc en question

“Jaws” est un bloc du site de McClellan, dans l’État de Washington. Un bloc exigeant de bout en bout. Le départ, physique, s’articule sur de petites prises avant de mener à une succession de plats. Le mouvement final, lui, impose de tenir (main gauche) une inversée sous un toit avant d’enchaîner avec un rétablissement nécessitant un talon haut et précis — une section technique où chaque détail compte.

Si Mason fut rapidement capable de tenir chaque prise individuellement, enchaîner l’ensemble lui paraissait être un effort monumental. Son handicap prenait toute sa mesure lorsque sa main gauche, amputée des deux premières phalanges, arrivait à pleine vitesse sur les plats. Après cinq sessions cette saison et d’innombrables tentatives, il est finalement venu à bout de ce bloc redoutable.

La maîtrise de Mason dans le réta-talon de “Jaws” ©Angus Meredith

Transformer son handicap en levier de progression

Ce qui frappe chez Mason, c’est sa capacité à avoir fait de son handicap un véritable outil de progression. Contraint de repenser entièrement sa façon de grimper, il est devenu expert dans la pose de talon, une technique lui permettant de compenser et de soulager sa main gauche sur les sections les plus exigeantes.

Cette adaptation paie : en 2025, il remporte la Coupe du Monde de para-escalade en difficulté à Laval, en France, avant de décrocher une nouvelle médaille d’or à Salt Lake City. Des résultats qui témoignent d’un niveau en constante progression et d’un mental hors du commun.

Dans un article pour Climbing, il explique d’où il partait : “En deux ans, je suis passé de l’incapacité à tenir une éponge mouillée à grimper plus dur qu’avant mon accident.”

À quoi correspond la dénomination AU3 en para escalade ?

Il existe actuellement 10 catégories regroupant les athlètes en fonction du type de handicap et de la sévérité de celui-ci (source France Paralympique) :

– B1 à B3

Athlètes avec une déficience visuelle.
Les athlètes portent un masque opaque et sont accompagnés par un guide dans l’aire de compétition. Ils utilisent un moyen de communication portatif pour communiquer entre eux.

– AL1 ou AL2

Athlètes avec une déficience aux membres inférieurs.
Le port d’une prothèse est laissé au libre choix de l’athlète.

– AU2 et AU3

Athlètes avec une déficience aux membres supérieurs.
Dans cette catégorie, l’utilisation d’une prothèse est interdite.

– RP1 à RP3

Athlètes avec une force et une mobilité limitée.

La para-escalade regorge d’histoires comme celle de Mason : des athlètes qui repoussent les limites du possible avec une énergie et une créativité qui forcent le respect. On a hâte de pouvoir vous en partager bien d’autres à l’avenir.

Je veux recevoir la Lettre PG
La Lettre PG • L'escalade vue par Planetgrimpe

Pour les 20 ans de Planetgrimpe, nous lançons un nouveau rendez-vous, la Lettre PG :

  • Le meilleur de l’escalade, trié par la rédac
  • Ce qu’on ne publie pas ailleurs (coulisses, réflexions)
  • Des contenus en avant-première
  • Des surprises exclusives pour les 20 ans de PG
Un seul email par semaine Pas de spam, pas de bruit inutile

Nous n'avons pas pu confirmer votre inscription.
Votre demande d'inscription est confirmée.

Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.