Hill, Hirayama, Sarkany, Legrand, Raboutou : Arco réunit les légendes pour les 40 ans du Rock Master !

© Coll. Rock Master
Pour ses 40 ans, le Rock Master sort l’artillerie lourde : des légendes de retour sur la Rupe del Castello, une dynastie familiale dont l’histoire se confond avec celle de l’escalade, et un Adam Ondra qui n’a manifestement pas fini d’écrire la sienne… La plus ancienne et la plus prestigieuse compétition d’escalade promet un anniversaire mémorable.
Rendez-vous ce week-end, du 2 au 4 octobre, à Arco !
1986, Rupe del Castello. Une poignée de grimpeurs s’affrontent sur une falaise lors d’une compétition au nom aujourd’hui un peu désuet : « Sport Roccia ». Personne ne se doute alors que ce rendez-vous improvisé posera les bases de l’escalade de haut niveau telle qu’on la connaît aujourd’hui, jusqu’aux Jeux olympiques.
Quarante ans plus tard, à quelques jours près, Arco s’apprête à célébrer cet héritage avec l’édition 2026 du Rock Master, devenu entre-temps LA référence internationale des compétitions d’escalade.
Les légendes de retour à la maison
Pour marquer le coup, Rock Master et Garda Trentino, organisateurs de l’événement, ont convié une brochette de champions qui ont littéralement façonné l’histoire de notre sport.
Il y aura Yuji Hirayama, double vainqueur de Coupe du Monde de difficulté (1998, 2001) et double champion du Rock Master (1991, 2001) — le Japonais reste aussi le premier grimpeur de l’Histoire à avoir réalisé un 8c à vue, en 2004, sur « White Zombie ». « Le Rock Master est unique, c’est la compétition qui a fait naître le sport que l’on voit aujourd’hui aux Jeux Olympiques », résume-t-il.
Il y aura aussi la Belge Muriel Sarkany, cinq Coupes du Monde et trois Rock Master consécutifs entre 1999 et 2001, ainsi que le Français François Legrand, cinq fois vainqueur en Coupe du Monde et quadruple champion du Rock Master (1990, 1994, 1997, 1998), l’un des grimpeurs qui a le plus contribué à redéfinir les standards de la difficulté dans les années 90.
Et puis il y aura Lynn Hill. Considérée par beaucoup comme l’une des plus grande grimpeuse de tous les temps : elle a raflé cinq victoires au Rock Master entre 1987 et 1992, avant de devenir en 1993 la première personne à s’offrir « The Nose » à El Capitan en libre (puis, l’année suivante, en libre et en une journée). Elle fut aussi la première femme à grimper un 8b+.
Son regard sur Arco est sans détour : « Quand j’entends parler du Rock Master, ça me rappelle plein de souvenirs nostalgiques des premières compétitions internationales d’escalade. Je considérais cette compétition aussi importante pour l’escalade que le tournoi de Wimbledon peut l’être pour le tennis. Être invitée à concourir au Rock Master est une réussite en soi, peu importe le classement final. »
La dynastie Raboutou, une histoire de l’escalade à elle seule
S’il fallait ne raconter qu’une histoire pour comprendre ce que représente le Rock Master, ce serait sans doute celle-là.
Didier Raboutou, l’un des pionniers de l’escalade sportive française, a remporté l’édition 1989. Sa femme, l’Américaine Robyn Erbesfield-Raboutou, quadruple vainqueur de Coupe du Monde, s’est elle aussi imposée à Arco, en 1994. Les deux seront présents ce week-end.
Et leur histoire continue de s’écrire aujourd’hui : leur fille Brooke Raboutou, véritable figure de proue de la nouvelle génération mondiale, a remporté la mythique épreuve des Duels du Rock Master 2025, avant de devenir quelques mois plus tard la première femme de l’Histoire à grimper un 9b+, en enchaînant « Excalibur » à Arco.
Deux générations, trois exploits, une seule vallée… Difficile de trouver plus belle histoire pour raconter quarante ans d’escalade en une seule famille !
Ondra part en chasse de son propre record
Sur le plateau sportif à proprement parler, seuls sept des seize grimpeurs attendus (huit hommes, huit femmes) ont pour l’instant été dévoilés, lors d’une première annonce fin juin.
Et le premier nom cité n’est pas n’importe lequel : Adam Ondra, ambassadeur officiel du Rock Master, s’y présentera en position de favori absolu.
L’an dernier, le Tchèque a décroché une huitième victoire à Arco, un record absolu qui dépasse désormais les sept titres de l’Espagnol Ramón Julián Puigblanque. Rien d’étonnant, tant Ondra continue encore d’accumuler les performances de haut niveau cette saison (il a par exemple, plus tôt cette année, enchaîné quatre 8C flash). Ondra grimpe d’ailleurs à Arco depuis près de vingt ans : il disputait déjà le Rock Master en 2009, à 16 ans à peine, pour une modeste 3e place. Le garçon a fait du chemin depuis.
Face à lui, Yannick Flohé himself, vainqueur du Rock Master 2024 et récent lauréat du KO Boulder, ainsi que deux Italiens à domicile : Stefano Ghisolfi, champion du monde de difficulté 2021 et désormais installé à Arco (autant dire qu’il connaît la ville par cœur), et Filip Schenk, révélé l’an dernier par sa finale des Duels — perdue face à Ondra — et son ascension d’« Erebor » 9b, l’une des voies les plus difficiles d’Italie.
Côté femmes, l’Autrichienne Jessica Pilz, vainqueur 2024 et finaliste des Duels 2025 derrière Brooke Raboutou, sera accompagnée de l’Italienne Laura Rogora (championne d’Italie et d’Europe, première femme à avoir grimpé un 8c+ à vue) et de l’Allemande Anna Maria Apel, 21 ans, double médaillée de bronze lors de la dernière édition.
Programme et infos pratiques
Au programme de ce week-end anniversaire : les traditionnelles épreuves d’escalade bien sûr (Duel et KO Boulder), mais également une série de rencontres baptisées « Climbin’ Espresso » avec les légendes présentes.
Après quarante ans de compétitions, Arco reste plus que jamais ce point de rencontre entre l’histoire de l’escalade et son futur. Et rien qu’à lire la liste des invités de cette édition anniversaire, on se dit qu’on n’a pas fini d’en reparler !
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