Alizée Blass, 11 ans, au sommet de la mythique « Guère d’usure » (8c) à Claret

© Coll. Alizée Blass
Le nom Blass ne vous est certainement pas inconnu. En effet, dans la famille, vous avez sans doute déjà entendu parler du grand frère, Théo Blass, qui enchaîne les performances en falaise: premier 8b à 9 ans, premier 8c à 10 ans, avant de devenir le plus jeune grimpeur à venir à bout d’un 9a à l’âge de 12 ans avec « Trip Tik Tonik » dans les Gorges du Loup.
Mais aujourd’hui, ce n’est pas de Théo dont il est question, mais de sa petite soeur Alizée, 11 ans. Alizée grimpe depuis qu’elle est toute petite. Elle adore l’escalade, et s’il y a une chose qu’elle aime plus que la grimpe, ce sont les pâtes, le parmesan et les gnocchis (notre jeune française aurait visiblement préféré vivre dans un autre pays !).
Côté grimpe, Alizée suit le chemin tout tracé par son grand frère Théo : premières voies dans le septième degré à 7 ans, puis dans le 8ème degré à 8 ans, rien que ça. Si à ses débuts, Alizée se contentait de grimper en moulinette, elle s’est peu à peu affirmée et réalise son premier 8a en tête à l’âge de 9 ans. Et c’est donc à 11 ans, tout comme son frère, qu’elle parvient à clipper la chaîne de « Guère d’usure », une ligne mythique de Claret qui ne se laisse pourtant pas dompter si facilement.
Une curiosité qui devient projet
L’hiver dernier alors qu’elle n’avait que 10 ans, elle se met à travailler « Guère d’usure« , plus par curiosité au début. Claret c’est un peu la falaise locale de la famille Blass (30 minutes de chez eux) et ils y passent pas mal de temps l’hiver. Quand on parle de la famille, vous imaginez bien que si les enfants passent leur temps en falaise, c’est aussi parce que leur parents sont grimpeurs. Et c’est avec plaisir que Vladimir Arnaoudov et Aurélia Blass, tous deux passionnés de grimpe, ont initiés leurs enfants dès le plus jeune âge.
« On a l’habitude de voir beaucoup de grimpeurs s’acharner dans »Guère d’usure », c’est la King Line de la falaise. C’est une voie de continuité, donc on arrive rapidement à faire les mouvements individuels et à bouger dedans, et ça, ça motive » nous confie son frère qui a déjà enchaîné la voie il y a quelques années.
Une blessure et puis s’en va
Avec l’expérience de son frère qui avait déjà enchaîné la voie, Alizée savait que ça passait pour les petits, avec une méthode un peu plus dure mais moins morpho. Contre toute attente, du haut de ses 10 ans, Alizée a rapidement apprivoisé toutes les sections dures et s’est mise a faire de vrais runs. Si lors des premières séances elle manquait un peu de rési, elle a vite progressé et était même toute proche de l’enchaîner. Malheureusement une blessure l’a obligée à faire une pause pendant deux mois.
La délivrance
C’est donc cet hiver que la jeune grimpeuse a remis les doigts dans ce projet. Avec une année de plus au compteur, elle avait grandi et était plus forte que l’année dernière. Dès ses premiers runs, Alizée était proche de cocher cette ligne mythique. Elle touchera même 3 ou 4 fois le bac final de la section dure, sans pour autant réussir à maîtriser cet ultime mouvement avant la dernière section en 6b. Bien qu’ayant une bonne marge physique, l’enchaînement est progressivement devenu une bataille mentale, et finalement, le week-end dernier, la délivrance ! « Pourtant, les conditions n’étaient pas terribles, il faisait chaud et humide et beaucoup de voies étaient mouillées après quelques jours de grosses pluies » nous confie son papa.
Autant vous dire que le jour de l’enchaînement, Alizée a littéralement randonné la voie, ce qui laisse entrevoir un énorme potentiel pour la suite. D’ailleurs, elle a d’ores et déjà pas mal d’autres projets dans le coin à Claret: « Super Samson » (8c), « Guère Future » (8c+ qui partage le crux avec « Guère d’usure« ), ou encore « Biotop » (8b+).
Une future compétitrice ?
Alizée adore la compétition et s’y attèle régulièrement. L’année dernière elle terminait 2eme au TAB (en U12) et cette année elle a remporté l’Open des petits Yétis en U14 (avec un niveau très relevé). Si la FFME doit avoir un oeil sur cette jeune prodige, Alizée ne compte pas pour autant mettre son premier amour qu’est la falaise, et c’est tant mieux ! Du haut de ses 11 ans, l’avenir est devant elle, et tout laisse à penser que nous entendrons encore parler d’elle dans les mois et années qui arrivent !