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Adam Ondra, de retour dans le « Dawn Wall »!

Après un petit « repos » dans « The Nose », Adam Ondra est retourné se frotter au « Dawn Wall ». Le tchèque a mis la corde dans la 16ème longueur, et travaille maintenant les longueurs 14, 15 et 16. Les longueurs clés de cette grande voie. Les plus difficiles. 9a, 9a et 8c+. Des longueurs presque toutes en traversée, extrêmement éprouvante tant physiquement, techniquement que mentalement. 

L’année dernière, le duo Tommy Caldwell/Kevin Jorgeson, les premiers à avoir libéré cette grande voie, avait mis près de 10 jours avant d’enchaîner ces longueurs qui marquent le crux du « Dawn Wall ».

Les conditions chaudes et humides ne sont pas là pour aider Adam. En effet, sur les fines réglettes aiguisées comme des lames de rasoir, la peau de ses doigts souffre clairement. Le repos en portaledge est donc de rigueur!

 

Adam a notamment passé du temps dans la 16ème longueur, qui comporte deux itinéraires possibles. Le fameux jeté latéral à deux mains, l’un des jetés les plus durs du monde. Ou alors, une grande boucle qui contourne ce jeté: d’abord 20 mètres de désescalade sur de minuscules prises, puis une petite traversée sur la gauche pour enfin remonter 20 mètres plus haut. Le champion du monde n’a pas encore réussi le jeté, et travaille actuellement la grande boucle.

L’objectif maintenant pour Adam? Profiter des prochains jours pour continuer à déchiffrer tous les mouvements, travailler toutes les longueurs, pour ensuite repartir du sol et tenter une ascension éclair, du bas jusqu’au sommet, en tête. 

  • Voici les paroles de l’intéressé:

« Je suis arrivé au sommet de la longueur 16, puis nous avons fixé les cordes et j’ai travaillé les mouvements de 14, 15 et 16 jusqu’à tard dans la nuit. Ce sont les trois longueurs les plus dures de la grande voie. Sur chaque longueur il me manque une petite pièce du puzzle. Mais avec une peau plus reposée et des conditions plus fraîches (qui sont normalement annoncées), j’espère être bientôt calé sur toutes les méthodes.

La longueur 14 possède ce mystérieux pas de bloc à la fin, qui semble vierge de toutes prises. Mais en fait, il existe de toutes petites lames de rasoir, qui sont justes horribles à voir! 

La longueur 15 possède aussi de toutes petites lames de rasoir, et je ne veux pas tirer dessus avec des conditions si chaudes, je risquerais de me couper. Le reste de la longueur est bon.

 

La longueur 16, a ce jeté de fou, qui semble définitivement super dur! Je n’ai pas fait le mouve, mais il reste toujours l’option de la boucle. 

Hier a été un jour très frustrant. Beaucoup de pluie et d’humidité, avec quelques rayons de soleil intermittent, très chaud. Nous avons monté les cordes dans la soirée, en espérant pouvoir faire une session de nuit, si la pluie s’arrêtait. Mais au lieu de ça, nous avons été trempés. Et même si nous pouvions voir les étoiles dans le ciel, il pleuvait encore et l’eau s’est rapidement transformée en une cascade sur le mur. On a passé une nuit très froide et humide dans le portaledge, en attendant que le soleil revienne pour nous réchauffer et sécher nos habits sur le mur. Et dès que le soleil est apparu, il a tout de suite fait très chaud. J’ai continué à travailler les longueurs, mais ça a détruit ma peau. On s’est reposé la journée dans le portaledge, avant de revenir dans la longueur 16 en fin d’après-midi. J’ai voulu repérer la variante qui fait une boucle plutôt que le jeté. Et je me suis rendu compte que la boucle est tout aussi dure que le jeté lui-même, et super délicate! Il faisait encore très doux, et ma fine couche de peau sur les doigts ne pas aidé. J’ai passé 3 heures dans la boucle, en affinant ma méthode encore et encore. J’ai voulu enchaîner cette 16ème longueur aujourd’hui, mais au moment où j’ai trouvé la méthode, j’étais tellement fatigué que je n’ai pas pu. 

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La complexité et la difficulté de l’ascension me choquent. J’ai peut-être été trop optimiste mais je m’attendais à ce que ce soit plus facile. Chaque longueur est si délicate et difficile! Hier sur la longueur 16, ça a été le jour le plus frustrant depuis le début de mon séjour au Yosemite. Ça révèle l’extrême difficulté de toute l’ascension et aussi l’importance cruciale des conditions météo et des conditions physiologiques comme la peau des doigts. 

Chapeau bas à Tommy et Kevin, qui ont cru que cette grande voie était possible! Sans avoir certaines méthodes, des passages semblent tout simplement impossibles. J’ai l’avantage de savoir que l’ascension est possible et cela m’aide à garder la foi. Je suis impressionné par ce que Tommy et Kevin ont fait.

Jusqu’à présent nous sommes arrivés à la longueur 16, en travaillant les mouvements. Au-dessus, l’escalade n’est pas facile mais il n’y a plus vraiment de gros crux. Nous allons continuer à fixer nos cordes plus haut, afin de repérer la totalité de la grande voie. Mais avant cela, je veux continuer de travailler ces longueurs. 

Jusqu’à maintenant, nous avons utilisé des cordes fixes pour faire de la remontée sur corde jusqu’aux endroits que je voulais travailler. Mais je vais décider  de faire un essai depuis le bas, pour enchaîner la grande voie d’une seule traite. Mais avant ça, j’ai besoin de voir l’intégralité de la voie, pas seulement les 16 premières longueurs, mais les 32. Cela prendra au moins deux semaines.

Publié le : 01 novembre 2016 par Nicolas Mattuzzi vues

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Adam Ondra