Jakob Schubert se frotte à “Duality of Man” 9c : plongée dans l’une des voies les plus extrêmes du monde !
À chaque nouvelle voie extrême, Jakob Schubert répond présent. Poussé par une curiosité presque instinctive et un goût affirmé pour la performance, il ne peut s’empêcher d’aller y poser les doigts pour voir de lui-même ce qu’elles ont réellement dans le ventre.
Dans une nouvelle vidéo qu’il vient de publier, le grimpeur autrichien s’attaque à “Duality of Man”, une voie encore toute fraîche, libérée en 2025 par l’Américain Sean Bailey, et proposée à 9c. Un projet hors norme, perdu dans le Dry Canyon, aux États-Unis, qui commence déjà à faire parler bien au-delà de la simple performance… Car comme souvent à ce niveau, la réalité dépasse largement l’imaginaire.
Une voie à part dans le paysage du 9c
Difficile aujourd’hui de parler de 9c sans évoquer les quelques lignes qui définissent ce niveau ultime. Aux côtés de “Silence” d’Adam Ondra, de “B.I.G” de Jakob Schubert, de “DNA” de Seb Bouin et plus récemment de “Café Colombia” de Jorge Díaz-Rullo, “Duality of Man” s’inscrit dans cette catégorie très fermée… mais avec une identité bien particulière.
Car ici, la ligne ne consiste pas simplement en une longue bataille d’endurance. Ce que révèle la vidéo, c’est une voie ultra découpée, presque “bloc” dans son ADN, avec un crux particulièrement marqué, qui fait tout le caractère de la ligne.
On parle d’un enchaînement qui pourrait ressembler à une grosse section de résistance autour du 8c+, suivie d’un pas de bloc très dur (proche du 8C à lui-seul), le tout avec encore des mouvements exigeants et aléatoire avant et après.
Un projet né de l’obsession
Derrière ce 9c, il y a aussi l’histoire de Sean Bailey. Quatre années d’efforts, trois saisons passées à revenir, à attendre les bonnes conditions, à composer avec une falaise peu généreuse : à Dry Canyon, l’ombre ne dure parfois qu’une à deux heures par jour.
“C’est de loin le projet sur lequel j’ai passé le plus de temps, celui qui m’a le plus obsédé, et le plus difficile que j’ai réalisé”, avait-il déclaré juste après avoir clippé le relais. Au cours des dernières années, Bailey a enchaîné plusieurs des voies les plus dures du monde, dont “Biographie” et “Bibliographie” à Céüse, “Joe Mama” à Oliana, ou encore “First Ley” à Margalef.
Ce qui frappe le plus lorsque l’on regarde les images de Schubert, c’est moins la difficulté brute… que la manière dont elle est abordée. Chaque mouvement semble à la limite, chaque prise demande une précision extrême et pourtant… au fil des essais, quelque chose se construit.
On retrouve ici une constante chez les grimpeurs de ce niveau : cette capacité à décomposer l’impossible, à transformer une séquence irréaliste en une suite de mouvements maîtrisées.
Schubert, en terrain connu… mais pas conquis
Avec un palmarès comme celui de Jakob Schubert (premier ascensionniste de “B.I.G.” 9c, répétiteur de blocs extrêmes comme “Alphane” 9A et multiple vainqueur de Coupe du Monde) on pourrait penser que tout est “jouable”. Et pourtant… même pour lui, “Duality of Man” impose un respect immédiat.
La vidéo ne montre pas un combat finalisé, mais plutôt une phase de découverte et d’exploration. Lors de ce trip américain, Schubert ne s’est d’ailleurs pas limité à la voie : il en a profité pour cocher “Shaolin” 9A à Red Rocks, confirmant encore une fois son aisance sur tous les terrains.
Autre effet intéressant : l’impact géographique. Car “Duality of Man” ne se trouve ni à Flatanger, ni à Céüse, ni dans un spot déjà mythique. Elle est située dans le sud de l’Arizona, une région encore peu exposée. Des grimpeurs locaux évoquent un calcaire de très grande qualité et un potentiel énorme… jusque-là largement ignoré. Comme souvent, il aura fallu une ligne extrême et quelques noms majeurs pour braquer les projecteurs.
Aujourd’hui, ils ne sont que quatre à avoir proposé ou validé ce niveau : Adam Ondra, Seb Bouin, Jakob Schubert et Sean Bailey. Mais “Duality of Man” semble déjà se démarquer, par son style, par sa construction et par son exigence.
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