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Vers un premier 9c+ ? Plongée dans les projets les plus fous du moment !

- Le 28 mars 2026 -

© Coll. Sharma

Depuis que le 9c est entré dans l’Histoire de l’escalade, la question d’une cotation supérieure n’a jamais vraiment disparu. Jusqu’où peut encore aller l’escalade ? Le 9c marque-t-il une limite durable, ou seulement une étape avant un nouveau saut dans l’inconnu ? Aujourd’hui, alors que plusieurs chantiers extrêmes continuent de résister, l’hypothèse d’un premier 9c+ n’a plus tout à fait des allures de science-fiction…

L’actualité récente a ravivé ces spéculations. Il y a quelques semaines, Sean Bailey a officialisé la première ascension de “Duality of Man” à Dry Canyon, devenant ainsi la quatrième voie au monde cotée 9c, après “Silence” (Adam Ondra, 2017), “DNA” (Seb Bouin, 2022) et “B.I.G.” (Jakob Schubert, 2023). Quatre voies, quatre grimpeurs… et un constat frappant : aucune n’a encore été répétée ! Plus récemment, Erwan Legrand a libéré “Le Bombé Bleu”, l’un des plus vieux projet du globe et Jorge Diaz Rullo a réalisé la première ascension du projet de sa vie : “Café Colombia”, une voie extrême qui lui a demandé plus de cinq ans de travail et 240 jours d’efforts.

Dans le même temps, aux quatre coins du globe, des projets hors normes continuent de résister. Certains sont travaillés depuis des années, voire des décennies. D’autres sont plus récents, mais déjà entourés d’une certaine aura. Parmi eux se cache peut‑être le prochain 9c… ou le tout premier 9c+ de l’Histoire.


Le 9c : une cotation encore nouvelle

Avant de se projeter vers l’inconnu, un rappel s’impose. Le 9c est une cotation extrêmement jeune. Huit ans seulement séparent aujourd’hui “Silence” de “Duality of Man”. Quatre voies, chacune avec un style très marqué, chacune portée par un grimpeur à l’approche singulière. Mais malgré leur retentissement médiatique, ces lignes restent encore isolées : pas de répétition, pas de confirmation, et donc une cotation qui demeure, par nature, fragile.

© Coll. Ondra

C’est précisément ce qui rend les discussions autour d’un hypothétique 9c+ aussi fascinantes que délicates. Monter d’un cran dans l’échelle des difficultés supposerait non seulement une voie encore plus exigeante, mais aussi une maturation du niveau mondial. Or, si le nombre de grimpeurs capables de s’attaquer à ces projets augmente, l’extrême reste l’apanage de quelques individus seulement.

“Le Blond” : le chant du cygne de Chris Sharma ?

Difficile de parler de projets ultimes sans évoquer “Le Blond”, à Oliana. Imaginée et équipée par Chris Sharma en hommage à Patrick Edlinger, cette ligne monumentale voisine avec “La Dura Dura” 9b+, l’une des voies les plus emblématiques du site catalan.

Quarante mètres de dévers, des arquées fines, un style résolument physique et résistant… et un crux final redoutable. Sharma l’a dit lui‑même : “Le Blond” est son dernier grand projet à Oliana. Le potentiel est immense, mais l’exigence l’est tout autant. 9c ? Plus ? Ou simplement une voie sublime qui restera inachevée encore des année ?

 

Arco : quand le 9b+ ne suffit plus

Dans le bassin d’Arco, plusieurs projets interrogent directement la frontière du possible. “Excalibur” est déjà un 9b+ unanimement reconnu. Mais sa version basse, imaginée par Stefano Ghisolfi, ajoute six mouvements d’une intensité extrême, évalués autour de 8B+ bloc. Le tout s’enchaîne sans repos avec la voie originale.

Selon Ghisolfi, chaque mouvement du départ est plus dur que n’importe lequel d’ “Excalibur”. Difficile donc de ne pas frémir devant une telle affirmation ! Dans le même secteur, “King Line”, extension de “Queen Line” 9b, fait dire au grimpeur italien que “Perfecto Mundo” serait « une promenade de santé » en comparaison. Là encore, certains murmures évoquent un potentiel 9c+, même si personne n’ose encore l’affirmer…

Seb Bouin, l’architecte de l’extrême

Impossible d’aborder la question des projets les plus fous sans consacrer un chapitre à Seb Bouin. Le Français est sans doute aujourd’hui le grimpeur qui explore le plus systématiquement les confins du possible. À Russan, avec “Insouciance”, il évoque lui‑même un hypothétique 9c+. À Sanetsch, en Suisse, il décrit une ligne longue, sans repos, d’une intensité rare. À Flatanger, enfin, son projet “Move Integral” (une combinaison de “Move” et “Thor’s Hammer”) pourrait bien devenir l’une des voies les plus dures jamais imaginées.

Bouin affectionne les marathons verticaux, les lignes où la gestion de l’effort devient aussi cruciale que la force pure. Dans ce style, un saut de cotation n’est pas seulement plausible… il est presque logique.

© Coll. Bouin

États‑Unis : Red River Gorge en embuscade

Longtemps considérée comme un terrain de jeu pour le très haut niveau, Red River Gorge pourrait bien devenir un laboratoire de l’extrême. “The Odyssey Project”, équipé par Adam Taylor, a captivé Alex Megos puis Seb Bouin. Un mur de grès à 45 degrés, une esthétique saisissante, des mouvements difficiles… tous ceux qui s’y sont frottés parlent d’une ligne hors normes.

Non loin de là, “Wonka Vision”, extension de “Pure Imagination”, attire les convoitises. Un départ bloc ultra‑dur, suivi d’une voie déjà exigeante : le cocktail est explosif. Megos aurait été très proche de l’enchaînement à l’automne dernier.

Et maintenant ?

Alors, verrons‑nous un jour un 9c+ ? Sûrement. Mais quand ? Ce qui est certain, en revanche, c’est que l’escalade vit actuellement une période fascinante. Jamais autant de projets aussi ambitieux n’ont coexisté. Jamais autant de grimpeurs n’ont été capables, au moins théoriquement, de s’y confronter.

En attendant, la « magique » liste des 9c existants reste inchangée : “Silence”, “DNA”, “B.I.G.” et “Duality of Man”. Le futur de l’escalade s’écrit peut‑être en ce moment même.

Une chose est sûre : la frontière n’a jamais semblé aussi proche…


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Publié le : 28 mars 2026 par Nicolas Mattuzzi

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