Laura Rogora enchaîne “Niobe”, la dalle en 9a libérée par Adam Ondra… en seulement une journée !

© Andrea Camattari
Ces dernières semaines, à Arco, c’est une dalle qui fait parler. Pas un toit monstrueux, pas une proue déversante. Une dalle. Grise. Compacte. Presque froide. Son nom : “Niobe”. Cotée 9a, équipée par Loris Manzana et libérée fin 2025 par Adam Ondra, qui la décrivait comme “l’une des meilleures dalles” qu’il ait jamais grimpées.
Alors, quand Ondra parle dalle, on tend l’oreille. Et quand il la cote 9a, on relève un sourcil.
Une dalle à contre-temps
On le sait : la dalle n’est plus vraiment “à la mode”. Les compétitions, les vidéos, les réseaux sociaux… tout pousse vers le spectaculaire, le physique, les coordos, les mouvements d’ampleur. Et pourtant, “Niobe” a réveillé quelque chose. Une forme de nostalgie, un parfum d’escalade où chaque mouvement se construit depuis la pointe du chausson.

© Giampaolo Calza
Alors forcément, voir Laura Rogora s’y frotter, ça interpelle. Parce que Laura, on l’associe à la performance pure. 42 voies dans le neuvième degré désormais. Une saison 2025 monstrueuse sur le rocher comme en compétition. Une capacité à flasher ou à réaliser à vue des 8c/8c+ qui ferait pâlir beaucoup de grimpeurs. Mais la dalle ? Elle l’a dit elle-même avec humour : “Ma 42e voie en 9a… mais ma première dalle au-dessus du 7a.” Ça pose le décor.
Une journée… et seulement quatre essais !
Dimanche matin, elle ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Une dalle de ce niveau, c’est autre chose. On ne “force” pas. On ne triche pas. On ne serre pas plus fort pour que ça passe. On fait confiance aux pieds. On accepte de ralentir, de douter, de chercher l’équilibre parfait.

© Andrea Camattari
Premier essai : elle enchaîne la première longueur (8a+/b) et travaille les méthodes du haut. Elle avait vu la vidéo d’Ondra, sans chercher à copier les méthodes, juste pour comprendre l’esprit de la ligne. Elle savait qu’un mouvement de paume attendait après le premier relais. Le reste, elle l’a construit à sa façon, en fonction de son gabarit (bien éloigné de celui d’Ondra). Le premier pas de bloc semble convenir à sa morphologie. La partie supérieure ? Elle est plus morpho, plus subtile, plus engageante.
Pourtant, au quatrième essai, le relais est clippé ! Une seule journée. C’est tout ce qui lui a fallu pour enchaîner cette dalle.
Cette performance confirme que les “grimpeurs modernes” savent aussi grimper en dalle. “C’était effrayant et excitant à la fois.”, confit-elle. Même avec 42 voies dans le neuvième degré dans la poche, Laura prouve qu’on peut encore se sentir débutant face à un style. Et c’est peut-être ça, la vraie performance.
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