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Conversation avec Mélissa Le Nevé : Résilience et quête intérieure, les clés de la performance ?

Grâce à une courte pause dans son travail de Biographie, nous avons eu la chance d'interviewer Mélissa Le Nevé

On croit connaître Mélissa Le Nevé à travers la redoutable compétitrice qu’elle fut jusqu’en 2017, décrochant plusieurs podiums sur le circuit international de bloc. On l’imagine un peu inaccessible, un peu renfermée, elle qui peut passer des années d’acharnement pour enchaîner “Action Directe”. Actuellement, son dévolu s’est jeté sur “Biographie”, le 9a+ le plus mythique au monde. Une voie longue, rési à souhait, son anti-style dit-elle. Après 5 ans de calages et d’entrainements spécifiques, elle n’est pas loin devenir la 2ème femme à enchainer ! Mais derrière ce quotidien d’entrainements, de performances et d’abnégations, il y a une autre facette qu’elle laisse peu transparaitre, mais dont elle tire sa véritable force.

A l’occasion du Climb World Tour de La Sportiva, de passage à Climb Up Porte d’Italie à Paris, la grimpeuse française a pris le temps de se raconter autrement. Loin des résumés rapides et des vidéos calibrées, elle dévoile une réflexion profonde sur la résilience, l’équilibre et la quête de sens. Une discussion qui laisse entrevoir toute la richesse intérieure d’une athlète en perpétuelle évolution.


L’art de durer dans un projet

Tu es habituée à travailler de très longs projets qui courent sur de nombreuses années. Quelle est ta recette pour tenir aussi longtemps ? Est-ce que par exemple tu t’autorises à faire autre chose, comme aller voir une autre voie, ou faire d’autres sports ? Est-ce que c’est même important de le faire ?

Tout est question de résilience. C’est-à-dire la continuité de l’effort. Malgré tous ces “up and down”, tu as l’humilité de continuer, de ne pas rester sur un ego qui se braquerait, mais qui prendrait vraiment toutes ces vagues comme un ensemble pour aller dans une direction. J’ai beaucoup évolué entre mon approche avec “Action Directe” et mon approche avec “Biographie”. Parce qu’en fait, c’est la fille en moi qui évolue.

Pour remettre un petit peu de contexte, quand j’essayais “Action Directe”, je faisais aussi les Coupes du Monde de blocs. Donc j’ai toujours fait plus ou moins plein de choses en même temps. En 2017, j’ai arrêté les Coupes du Monde, mais je me suis blessée en 2018 (une poulie à un doigt), donc je n’ai pas pu essayer “Action Directe”. J’ai vraiment beaucoup essayé en 2019 et je m’y suis vraiment dédiée comme si j’allais préparer une saison de Coupe du Monde. Et pour être honnête, ça n’a pas marché. J’étais vraiment très, très proche de la faire, mais pour plein de raisons, les planètes ne se sont pas alignées à ce moment-là. Elles se sont alignées en 2020.

6 ans d’investissement pour être la première femme à enchainer “Action Directe” | © Fabi Buhl

Ce qui est vraiment important maintenant, c’est d’être connectée à moi, mon corps, mon être, mes émotions, pour pouvoir donner le meilleur

Est-ce que tu as réussi à analyser ce qui a permis de réussir ? Comment tu as réussi à aligner ces fameuses planètes ?

Je trouve qu’il y a vraiment quatre piliers à mettre en place pour créer un facteur de performace :
–  bien sûr, le physique : si tu n’es pas entraînée pour ce que tu vas être amenée à faire, ça ne marche pas.
– la gestion du mental, surtout dans des projets comme “Action Directe” ou “Biographie” où tu es vraiment challengée.
– l’aspect émotionnel, donc la gestion des émotions à travers tous ces hauts et ces bas, à travers l’échec.
– et l’aspect social, qui est vraiment important dans ces projets long terme. Parce que finalement, avoir une bonne énergie autour de soi, dans un environnement qui te tire et te pousse vers le haut, ça apporte beaucoup. On est des animaux sociaux !

 

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Tu as toujours réussi à gérer l’envie de rester focalisée à fond sur ton objectif tout en profitant de ce que la vie propose d’autre ?

“Action Directe”, j’avais la vingtaine. Maintenant, “Biographie”, j’ai la trentaine. Donc c’est quand même deux vies qui sont assez différentes. Dans la vingtaine, j’étais à fond dans mon objectif, donc j’avais la sensation de devoir faire beaucoup plus de compromis et de concessions. Aujourd’hui, je ne vois plus le social comme un compromis à faire pour perfer, car je sais, et je le vois, que ça crée au contraire un environnement qui me pousse vers le haut.

Ce qui est vraiment important maintenant, c’est d’être connectée à moi, mon corps, mon être, mes émotions, pour pouvoir donner le meilleur de moi-même avec mes amis, ma famille. Donc, si pour être heureuse, je vais faire 1500 mètres de dénivelé à ski la veille, j’y vais ! Et oui, j’ai mal aux jambes après.

Et ça, tu aurais peut-être eu peur de le faire avant ?

Ah non mais je ne le faisais pas ! Parce que la conception de la performance pour moi avant était très dirigée vers : “bon bah pour perfer, il faut faire ci et ça”. J’étais dans un environnement où j’avais peur de me faire mal, je mettais tout en place pour pouvoir perfer donc il y a plein de choses que je ne m’autorisais pas. Par exemple, en ski, on sait très bien qu’il y a peut-être des risques, en parapente aussi. Tu as un engagement qui peut tourner à l’hôpital alors que ce sont deux sports que j’adore et qui me font du bien.

Désormais pour Mélissa, être une grimpeuse accomplie c’est trouver le bonheur dans une vie équilibrée

Quand on est grimpeuse pro, c’est quelque chose auquel on pense souvent, la blessure ?

Tu es toujours dans une espèce d’équilibre où tu essaies de pousser ton niveau physique au maximum pour aller vers la performance, et tu sais très bien que la répétition va peut-être amener à de l’irritation et à de l’inflammation. Donc déjà, tu essaies de maintenir cet équilibre. Alors si en plus tu rajoutes du ski, en fait, tu augmentes tes chances de te blesser. Et du coup, tu ne te dédies pas complètement à la performance. Mais moi je ne suis plus du tout dans ce truc. Je suis vraiment dans un développement personnel où j’ai envie d’être heureuse dans ma vie, j’ai envie de partager des choses avec des gens, et j’ai envie que ce soit un équilibre où je suis dans le partage, dans l’expression personnelle. Être heureuse.

Je dirais qu’Action Directe m’a permis de me rendre compte à l’époque que je cherchais une forme de reconnaissance, d’une certaine manière, pour savoir qui j’étais.

La sagesse de la trentaine ! Est-ce que c’est le travail sur “Action Directe” qui t’a appris ça, ou c’est quelque chose qui était déjà là mais tu avais peur de te détacher un petit peu de cette façon-là de voir la performance ?

J’étais quand même déjà un être qui aimait un peu la profondeur et qui essayait de rechercher des choses dans un miroir par rapport à l’escalade, de “qui nous sommes”, “pourquoi on fait ça”, etc. Je dirais que “Action Directe” m’a permis de me rendre compte à l’époque que je cherchais une forme de reconnaissance, d’une certaine manière, pour savoir qui j’étais. Et ça m’a portée vers d’autres horizons où je me suis dit que désormais j’allais vraiment dédier une grande partie de ma vie à la pure performance en escalade. Oui, j’ai envie de continuer parce que c’est un amour profond que j’ai de l’expression de moi-même. Mais j’ai compris que je pouvais aussi me réaliser à travers d’autres pans de ma vie.

Alors si on suit ta philosophie de grimpe, qu’est-ce que “Biographie” est en train de t’apprendre ?

Je suis quelqu’un qui adore sortir de ma zone de confort parce que j’ai l’impression que j’apprends comme ça à gérer les situations différentes. Et là j’apprends beaucoup de choses. On m’a déjà posé la question de pourquoi je me mettais dans des situations de stress ou d’inconfort. Mais moi je ne le vois pas du tout de cette manière-là, je le vois comme une continuité de challenges qui me permet d’évoluer en tant que personne pour tendre vers un soi idéal. Là, je te sors Jung.

Tu ne peux voir l’échec que si tu décides d’abandonner.

Mais tout de même, passer des années sur un projet c’est risqué mentalement. Est-ce qu’au bout d’un moment tu envisages l’échec si tu vois que ça ne se passe pas bien ?

Tu ne peux voir l’échec que si tu décides d’abandonner. C’est OK, l’échec, en fait. C’est OK de se dire : “Bon bah là, j’ai essayé ce truc, ça ne me correspond pas”, ou “Je suis arrivée à une étape de ma vie où j’ai trouvé ce que je cherchais”, même s’il n’y a pas exactement le résultat d’une croix pour dire oui, dans mon carnet de croix j’ai fait ça et ça et ça, etc. J’essaie de faire preuve de patience et d’humilité.

Mélissa dans Biographie. Connaître la voie jusqu’à atteindre le flow pour l’enchainement.

Et alors dans “Biographie” tu en es où ?

J’ai découvert récemment un truc hyper intéressant. Là je tombe en haut de Biographie et tu vois, je tombe dans ce fameux mouvement de fin depuis 2021. C’est quand même quelques répétitions de même section depuis 2021. J’ai quand même fait d’autres choses, j’ai eu le temps de me casser la jambe, etc. Mais je suis revenue. Là, je suis vraiment dévouée, pour être honnête. J’ai décidé de ne me donner aucune excuse et vraiment de m’y mettre à fond. J’ai fait des choses depuis octobre que normalement je ne fais pas et que je n’aime pas : c’est-à-dire du bac. Je fais beaucoup de bac.

Qu’est-ce que tu appelles faire du bac ?

C’est 45 minutes à faire du footing vertical en écoutant des podcasts. Et j’aime beaucoup faire ça finalement !
Donc dans la voie je sens qu’il y a vraiment une évolution physique, même de dévouement physique. La résilience est là et c’est hyper intéressant mentalement.

Et en ce moment j’essaie de lier le crux du haut avec de plus en plus de dégaines…

Tu fais du « low point » ? Tu descends d’une dégaine à chaque fois ?

Ouais c’est ça. Et j’ai ces espèces de petits checks à faire :

– je vois que le bloc d’en haut, ça va.

– le bloc plus une dégaine, ça va
.

– le bloc plus deux dégaines, ça va
.

– le bloc plus l’ancien relais plus bas… Là je sens qu’il y a un truc…

Il y a un truc à explorer parce que ça fait trois fois — bon c’est pas beaucoup — que j’essaie ce link et je vois qu’à chaque fois que j’arrive dans la pince et que je ne l’ai pas de manière optimale, je sens que mon corps se met à douter.

Aller chercher l’instant présent et accepter l’incertitude

Comment on sent que son corps doute ?

Ce n’est pas la tête qui a un discours interne qui fait que tu vas t’autosaboter, c’est ta sensation qui te décrit que ce n’est pas parfait comme d’habitude. Il faut alors essayer d’aller de l’avant dans le mouvement. Aller chercher l’instant présent et accepter l’incertitude.

Tu ne te lasses vraiment jamais de tomber au même endroit depuis 5 ans ?

Mais je ne le vois pas pareil ! À chaque fois ce sont des settings différents, des situations différentes. Dans le social par exemple, je vois que cette année je vais partager la voie de cette manière avec cet assureur. Et en fait ça construit tout un univers de performance et de partage surtout. Donc je ne le vois pas du tout comme une année après l’autre où on est à ressasser le même mouvement et à faire la même chose. C’est plutôt : « OK je tombe ici, c’est super. Je tombe plus bas, OK. Qu’est-ce que je peux mettre en place pour que ça soit un peu mieux ? ».

Pour moi la résilience c’est de la continuité. Et je découvre encore des choses aussi !

De nouvelles méthodes dans Biographie ? Alors qu’elle a vu passer les meilleurs techniciens ?

C’est ça qui est extraordinaire. Au crux du relais intermédiaire normalement je fais un grand mouv’ où je paf sur une espèce de nid. Et ce mouv’ me pose toujours un peu de problème parce qu’il n’y a plus trop de texture dans cette petite prise. Lors de mon troisième jour dans la voie cette année, je ne sais pas pourquoi, je commence à sonder la texture du rocher à côté et je me dis : “Pourquoi je ne prends pas ce petit trou pour me lancer dans l’autre ?”. Ça a été l’illumination, parce que c’est vachement plus simple ! Personne n’utilise cette prise, mais j’étais persuadée qu’elle allait m’apporter quelque chose. Mais pourquoi l’année dernière par exemple, où j’étais vraiment plus dédiée, je n’ai pas trouvé ce truc-là ?

Depuis 2016, et ses derniers podiums en coupe du monde, le circuit a bien évolué.

Entre performance et identité : évoluer dans une escalade en mutation

Tu as désormais 36 ans, cela fait presque 10 ans que tu t’es retirée du circuit international de compétition et que tu vis de la grimpe en extérieur. Avec le recul, comment tu vois ce changement de carrière ?

J’ai eu vraiment une évolution dans ma carrière sportive. Je suis passée d’un univers “plastique” (en salle), à un univers de blocs et de falaises en extérieur. Même si j’étais toujours en connexion avec l’outdoor, par exemple, au travers de mes participations aux Petzl RocTrip depuis le début. Ce que je vois maintenant dans le milieu, c’est qu’il y a vraiment une fissure qui s’est créée entre la compétition et l’outdoor. Dans les années 2014-2015, déjà, il y avait une spécialisation des branches qui se faisait. J’ai continué un peu dans la compète jusqu’en 2016, mais j’ai vu que c’était trop dans la restriction pour mon amour de la nature. Et j’ai juste décidé de bifurquer à gauche.

Cette fissure dont tu parles, est-ce que tu as l’impression qu’elle s’agrandit et que la branche indoor s’éloigne des valeurs de l’escalade outdoor ?

Au final, je crois que l’escalade indoor s’est surtout adaptée. Ce qui est intéressant, c’est qu’elle a répondu à une demande des villes et du public, il y a eu une vraie attente autour de valeurs humanistes, de partage, de communauté, des valeurs qu’on retrouve aussi en extérieur.

Donc c’est difficile pour moi de trancher.

En tout cas, ce que je vois, c’est que dans ma carrière, il y a une évolution vers quelque chose qui est un petit peu plus outdoor, aventure, engagement, voire même exploration d’autres aspects…

C’est intéressant de voir quel personnage public tu montres à quelqu’un et quelle part privée tu gardes pour te protéger aussi toi.

Avec la professionnalisation dans l’escalade on voit de plus en plus d’athlètes créer du contenu vidéo notamment sur YouTube. Comment on fait pour s’adapter à ces nouvelles normes de communication quand on a débuté une carrière sans avoir besoin de ça ?

Pour être honnête, ça ne m’intéresse pas de faire une chaîne YouTube. J’aime regarder des vidéos et j’aime ce qui est proposé. Ça peut même m’intéresser de participer à une vidéo, mais je ne veux juste pas être dans l’obligation de produire de la profondeur.

Parce que je n’aime pas trop cette quête de l’abonnement, l’obligation de produire des vidéos et de fidéliser ton public.

Que devient ta place, tu vois ? Tu veux de l’authenticité dans tout ça mais est-ce que tu ne vas pas te perdre dans la surproduction ? Quelle est la limite entre le réel et le scénario ? Et moi ce qui m’intéresse c’est la profondeur.

C’est intéressant de voir quel personnage public tu montres à quelqu’un et quelle part privée tu gardes pour te protéger aussi toi. Parce qu’en fait, tout est interprété, chaque mot que tu vas dire va être interprété. Donc à quel point tu es, toi, émotionnellement blindée pour pouvoir accepter la critique d’autrui ?

C’est impressionnant ce que fait Adam Ondra. Mais il a une team qui fait ce travail. Donc ça aide beaucoup. Pour ma part, je n’ai pas les moyens de développer une team YouTube. Magnus aussi, ce qu’il a développé, c’est énorme. Il est parti de pas grand-chose, il a mis une énergie vraiment démesurée. Mais je pense que ça me prendrait trop d’énergie intrinsèque. Je suis quelqu’un qui me ressource dans le calme. Donc je préfère faire de beaux projets vidéo quand j’en ai l’opportunité, mais sans me lancer dans une chaine YouTube.

Comme la vidéo Edelrid avec Tommy Caldwell. Le ton humoristique était très rafraîchissant !

C’était hyper intéressant. C’est une idée qui est venue de la sœur du CEO d’Edelrid qui travaille dans le cinéma. On parle quand même d’une campagne publicitaire, ce qui est assez chouette puisque c’est ultra original pour un tel format. Et pour moi l’esprit de l’escalade c’est exactement cet humour burlesque, poussé à la limite du raisonnable.

À quelques moments je me suis quand même demandé à quel point la mise en scène allait être assez digeste et assez subtile. Parce qu’en lisant le script, je me suis dit « ok, je torture Tommy. Quelle est la limite de l’acceptable ? ». Et lui, il était très : “Ah non, il n’y a pas de souci, tout va bien ! ».

Refaire quelque chose sur “Action Directe” avec plus de profondeur, c’est quelque chose qui me toucherait vraiment.

Le film que tu avais fait sur Action Directe était très attendu. Mais pour ma part j’ai été frustré que ça ne dure que 5 minutes et que l’on n’en sache pas plus sur toi. Est-ce que tu as eu cette retenue pour te protéger ?

Ce film a été fait par Reel Rock, dans l’imaginaire américain. Donc modelé par l’imaginaire américain. Ils ont voulu répondre à leurs attentes dans ce film. Mais je leur ai donné l’opportunité de faire comme ça. Parce que faire ce film répondait à un besoin à l’instant T, de continuer à vivre de l’escalade. Alors oui, j’aurais aimé pouvoir partager peut-être un peu plus ma vision. Et je sens qu’il y a un vrai besoin de reconnexion avec cette vision que j’ai envie de partager. Parce qu’à travers ces projets — et c’est vrai qu’on en parle peu — il y a beaucoup de gestion des émotions, et une vraie importance accordée à la communauté, au social.

Refaire quelque chose sur Action Directe avec plus de profondeur, c’est quelque chose qui me toucherait vraiment.

On assiste à une explosion ces dernières années du niveau général. En tant que spectateur on voit des jeunes débarquer, enchaîner des vieux projets comme Erwan Legrand ou les filles exploser les barrières. Comment tu vois cette évolution autour de toi ?

Moi ça me fout des goosebumps là (NDLR : chair de poule) ! Franchement c’est trop chouette parce que quand je pense qu’il y a 15 ans, j’ai fait partie de cette génération qui a essayé de pousser et de montrer que les femmes étaient capables de. Et en fait maintenant il n’y a plus à le montrer. C’est acquis. Oui les femmes sont capables de. Le niveau se resserre vraiment entre les hommes et les femmes.

Quelque chose à contredire sur le niveau féminin ?

D’autant plus que, pour revenir une dernière fois sur Action Directe, c’était quand même LA voie dont les pires machos disaient qu’aucune femme n’allait enchaîner.

Mais c’est pour ça que je l’ai choisie. Parce que pour moi c’était l’apothéose de ma quête pour montrer que les femmes sont capables. C’est vraiment majestueux de voir tout cet élan.

Tu as un nom d’une jeune qui t’inspire beaucoup ?

Il y en a tellement ! Mais Brooke [Raboutou], elle est assez incroyable parce qu’elle a ce mix et cette sensibilité entre l’héritage de l’outdoor inculqué par la communauté, par ses parents, par son frère. Mais aussi elle est dans cette vibe de dynamisme et de mouvement des compètes, du plastique… c’est impressionnant. Et puis elle est vraiment connectée avec elle même, ça se voit qu’elle est en accord avec ce qu’elle fait, c’est trop chouette.

Une équipe directement venue d’Italie pour accompagner les tests

Le Climb World Tour c’est l’occasion de tester plein de chaussons LaSportiva, quel modèle tu nous recommandes ?

Ouh là ! Non mais je vais faire un détail complet de la gamme !

Alors : les Solution parce c’est LE chausson qui va permettre vraiment d’aller griffer et de tenir les tensions. Il y a une tension dans le chausson qui est retransmise dans tout le corps. Je pense que dans cette tension, c’est un des meilleurs chaussons du marché clairement.

J’aime vraiment les Miura Lace ou les Katana, ça dépend parce qu’à chaque forme de grimpe son chausson et à chaque type de rocher son chausson. Le Miura est dans le « poser-pousser » et le « smear », donc, clairement, pour ce qui est technique dans du vertical et particulièrement les prises verdonnesques c’est incroyable.

Les Katana Lace en granit sont super adaptés par exemple, ils permettent de charger tous les petits cristaux de cette roche qui peuvent vraiment te donner un bon appui.

Mais si tu devais partir en vacances super vite et que tu avais juste un tout petit sac tu prendrais quoi ?

J’enlèverais mes vêtements et je prendrais que des chaussons d’escalade !

Mais ça dépend du projet !

En bloc j’adore le Miura Lace parce qu’il a un talon incroyable. Sinon je vais prendre des Solution pour la pointe. J’aime beaucoup aussi les Miura Velcro parce qu’ils ont vraiment une bonne pointe et une bonne griffe, en fait c’est une bonne alternative entre les deux.

Si je vais faire de la voie, le Solution est vraiment pas mal pour du haut niveau en escalade dans du vertical. Mais le Skwama pour tout ce qui est un peu léger dévers a un appui plus important que le Solution. Du coup là, au niveau technique je pense qu’il remplit pas mal de cases aussi. Il peut faire un mix entre pousser et tirer. Alors que


À travers ses mots, une chose apparaît clairement : la performance n’est plus une finalité, mais un moyen. Un outil pour mieux se comprendre, évoluer et trouver un équilibre entre exigence et épanouissement.

Dans une escalade en pleine mutation, où la fracture s’agrandit entre pratique en extérieur et en salle, Mélissa Le Nevé rappelle une chose essentielle : derrière chaque athlètes et leurs projets, il y a une trajectoire humaine pleine de sens. Alors prenez vos chaussons d’exté ou de salle et n’ayez plus peur d’aller dans la voie ou le bloc que vous pensez être trop dur, car vous pourriez vous rencontrer.

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