Championnats des États-Unis 2026 : Sharma face à la relève, Raboutou et Grossman en or !

© Daniel Gajda
Le week-end dernier, pendant que l’élite française se disputait le titre national en bloc, de l’autre côté de l’Atlantique, les Américains sacraient leurs champions en difficulté et en bloc à Orlando.
Pourquoi s’y intéresser ? Parce que cette édition 2026 avait tout d’un tournant générationnel… et quelques histoires fortes à raconter ! Entre le retour très attendu de Chris Sharma en compétition, la première couronne en difficulté de Brooke Raboutou et le come-back fracassant de Natalia Grossman un mois après une luxation de l’épaule, le scénario était digne d’une finale mondiale.
Chris Sharma, 44 ans, face à la nouvelle vague
On en avait parlé il y a quelques jours : Chris Sharma s’était inscrit au championnat national de difficulté avec, en ligne de mire, une possible place dans le processus de sélection pour Los Angeles 2028. À 44 ans, l’icône américaine se retrouvait face à une génération affûtée, emmenée par Colin Duffy, Jesse Grupper ou encore Nathaniel Coleman.
Verdict : 24e place.
Sharma se qualifie 16e à l’issue des tours précédents, décrochant son ticket pour la suite de la compétition. Mais en demi-finale, l’aventure s’arrête. Ironie du sort, il chute sur un mouvement dynamique en bas de voie (le genre de mouvement qu’il affectionne particulièrement) manquant de précision sur un jeté.

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Sur le papier, l’écart avec la jeune génération est réel. En pratique, sa simple présence a électrisé l’événement. Le voir au départ d’un championnat national en 2026, face à des grimpeurs qui ont grandi en le regardant révolutionner le 9a, reste un symbole fort.
La victoire revient à Colin Duffy, qui décroche son premier titre national en difficulté, devant Dillon Countryman et Jesse Grupper.
Brooke Raboutou, enfin sacrée en difficulté !
Chez les femmes, la finale de difficulté a offert un moment fort : la première couronne nationale en difficulté pour Brooke Raboutou. Oui, première ! Malgré ses multiples podiums internationaux et ses participations olympiques, Raboutou n’avait encore jamais remporté le titre national en difficulté.

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D’ailleurs, l’essentiel de la finale s’est jouée sur un passage clé : un mouvement en double épaule particulièrement piégeux, qui a stoppé sept des dix finalistes ! Brooke, elle, choisit la même méthode que les autres grimpeuses… et réussit le mouvement. Elle poursuit son ascension jusqu’aux derniers mètres, échouant d’un rien à quelques mouvements du top. Elle s’impose devant Analise Van Hoang et Alexandra Inghilterra.
Après la compétition, elle déclarait vouloir aborder l’événement avec le même état d’esprit qu’en Coupe du Monde : se challenger, mais aussi profiter du moment. Mission accomplie, avec l’or en prime. À noter : Brooke réalise un double podium sur le week-end, puisqu’elle prendra également l’argent en bloc.
Le retour renversant de Natalia Grossman en bloc
Et justement parlons du bloc, car c’est sans doute la plus belle histoire du week-end. Un mois plus tôt, Natalia Grossman révélait s’être luxé partiellement l’épaule. Après une saison 2025 déjà perturbée par une opération du genou (rupture de ligament croisé et ménisque), l’Américaine naviguait entre douleur, incertitude et rééducation.

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Sa participation même aux championnats restait floue… Et pourtant. Qualifiée de justesse en finale, Grossman réalise une dernière manche exceptionnelle : trois flashs sur quatre blocs. Elle est submergée par l’émotion en validant son dernier top, synonyme de titre national. Elle s’impose devant Brooke Raboutou (2e) et Melina Costanza (3e).
Dans une finale masculine très serrée, c’est Hugo Hoyer qui décroche le titre devant Cozmo Rothfork (2e) et Sergey Lakhno (3e).
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