Adam Ondra libère « Niobe » 9a, l’une des dalles les plus dures du monde !

© Giampaolo Calza
Vous pensiez avoir tout vu d’Adam Ondra ? Eh bien non… Le Tchèque continue de nous surprendre ! Il vient de signer la première ascension de « Niobe », une nouvelle voie cotée 9a, qu’il décrit lui-même comme « l’une des dalles les plus dures au monde ».
Installé récemment dans la région d’Arco avec sa famille, Adam Ondra a pris le tempsde regarder en arrière, de toucher du doigt ce qui a fait la réputation du site dans les années 80, et d’imaginer ce que pourrait être la dalle de demain. De cette traversée du passé vers le futur est née « Niobe ».
Située à Passo Due Sassi, la ligne semble presque irréelle. Une face d’une rare pureté, un rocher lisse, où les prises de main sont quasi inexistantes et où tout se joue sur la précision, l’équilibre et les pieds. « Trouver les séquences était déjà fou », confie Ondra. Ici, chaque mouvement est un pari : pousser juste assez fort, dans la bonne direction, pour ne pas sentir le pied zipper. « C’est une vraie gestion de la fatigue des pieds », affirme le Tchèque.

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Un dialogue entre passé et futur
Dans la vidéo qui accompagne l’ascension, Adam Ondra remonte le fil de l’histoire locale. À Spiaggia delle Lucertole, il retrouve Heinz Mariacher, figure emblématique des années 80, et se frotte à des classiques comme « Tom and Jerry » 7c ou « Super Swing »7c. Des voies ouvertes à une époque où la dalle était reine et où l’élégance et la précision primaient sur la force et le physique. Un héritage qui impressionne encore aujourd’hui : en 2019, Magnus Midtbø soulignait déjà à quel point ces voies « semblaient bien plus dures que leur cotation ».
« Niobe » s’inscrit justement dans cette filiation. Le projet avait été imaginé par Loris Manzana, autre légende locale, et Ondra en a finalisé la vision. Le résultat : une ligne d’une esthétique rare, qu’il qualifie sans détour comme « l’une des meilleures dalles que j’aie jamais grimpées ».

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La dalle, un style à part entière
Pour un grimpeur surtout associé aux voies les plus physiques de la planète (« Silence », « Change », « La Dura Dura », « Move » ou encore « Supercrackinette ») ce retour à la dalle n’a rien d’anodin. Il rappelle que la difficulté peut aussi se cacher dans la lenteur, la retenue et l’absence totale de prises évidentes. À ce niveau, la dalle devient un style à part entière, au même titre que les voies les plus déversantes.
Dans le paysage mondial, « Niobe » rejoint un cercle très restreint de dalles extrêmes, aux côtés de « The Meltdown » au Pays de Galles, « Eternit » et « Energia Cosmica » dans les Dolomites, ou encore « The Dewin Stone » ouverte plus récemment par Franco Cookson.
Et ce n’est sans doute qu’un début ! Dans la vidéo, Ondra évoque déjà un nouveau projet, toujours en dalle, encore plus futuriste, « hors de ce monde ». Un paradoxe réjouissant : à l’heure où l’escalade tend vers le spectaculaire et le physique, ces lignes ultra-techniques apportent un souffle nouveau…