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Interview de champion: Jan Hojer!

Maintenant la saison de bloc terminée, nous avons voulu en savoir plus sur Jan Hojer, vainqueur du classement général de la coupe du monde de bloc 2014. Le grimpeur allemand nous dévoile avec sincérité les moments forts de la saison. 

– Tu as récemment remporté ton premier titre international. Qu’est-ce qui a fait la différence selon toi?

Par rapport à l’année dernière, ma préparation pour les coupes du monde était beaucoup plus professionnelle. Je passe encore du temps en extérieur, afin de maintenir ma motivation élevée, mais pendant mes périodes d’entraînements, je travaille dur et je me concentre davantage sur mes points faibles. J’ai amélioré ma souplesse et regardé des vidéos de l’année dernière pour réduire des erreurs tactiques. De plus, j’ai changé mon alimentation, ainsi je pèse 5 kg de moins que l’an dernier. 

– Si on t’avait dit que tu allais gagner le classement général de la coupe du monde un an en arrière, y aurais-tu cru?

Jamais! Depuis la coupe du monde d’Innsbruck en 2013 (que Jan remportait) je savais que je pouvais gagner des compétitions si toutes les conditions étaient réunies et si j’étais chanceux. Mais l’année dernière, j’ai commis beaucoup d’erreurs et je n’ai participé qu’à deux finales sur huit. J’imaginais alors que le chemin serait long et difficile pour rattraper des gars comme Dmitrii (Sharafutdinov), Kili (Kilian Fischhuber) et Guillaume (Glairon-Mondet). Je n’arrive toujours pas à croire ce qu’il s’est passé cette saison!

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– Quel a été ton meilleur souvenir au cours de la saison?

J’ai vécu beaucoup de moments incroyables cette année et gagner une coupe du monde et toujours très spécial, mais le meilleur moment pour moi, c’est la demi-finale à Grindelwald, en Suisse. Je luttais sur le dernier bloc et après être tombé plusieurs fois, je ne savais pas si j’étais capable de l’enchaîner. J’ai jeté un coup d’œil au tableau des résultats, qui était juste à la droite du mur. J’ai vu qu’il ne me manquait qu’un top pour accéder en finale et je savais qu’il ne me restait plus qu’un essai. J’étais super nerveux, mais j’ai réussi à me servir de ça pour aller au sommet du bloc, quasiment à la dernière seconde!

– En 2011 tu figurais à la 33ème place du classement général. En 2012 tu étais 20ème et en 2013 8ème. Cette année tu es 1er! Comment expliques-tu cette montée rapide en puissance? 

Quand j’ai commencé les coupes du monde, j’étais faible et je n’avais aucune expérience des compétitions de bloc. À chaque coupe du monde auquel j’ai participé, j’ai appris quelque chose de nouveau et ainsi, chaque année je suis plus fort. C’est probablement la raison de ma progression jusqu’à l’année dernière. Mais après avoir remporté une coupe du monde l’an dernier, une meilleure place au général était mon objectif. J’ai donc commencé à m’entraîner vraiment professionnellement pour la première fois de ma vie.

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– Qu’as-tu pensé de la dernière étape organisée en France, à Laval?

Après deux étapes en Chine et une à Bakou, j’ai apprécié chaque compétition bien organisée, et Laval était certainement l’une des meilleurs! C’est toujours génial de grimper devant une grande foule, et les compétitions françaises sont toujours un immense spectacle, avec un public très présent, surtout pendant les finales.

– Qu’as-tu ressenti quand tu as appris que tu étais le vainqueur de la coupe du monde 2014?

Commencer la dernière compétition avec la possibilité de gagner le général m’a rendu très nerveux. Bien qu’ayant sécurisé ma 2nd place (chose que je n’aurai jamais cru l’année dernière), je voulais vraiment faire une saison parfaite, parce qu’on ne sait jamais si l’opportunité se présentera une nouvelle fois. J’ai essayé de me concentrer sur ma compétition, sachant que la 4ème place me garantissait le titre, même si Dmitrii l’emportait. Et quand j’ai vu qu’il ne participerait pas aux demi-finales, ça a été un énorme soulagement. Du coup, je n’avais pas la pression le lendemain lors des demi-finales et ça a été le plus agréable round que j’ai jamais grimpé.

– Tu as un physique impressionnant , parle-nous de ton entraînement!

J’adore les moments de ma préparation où il faut travailler le physique. Avant la saison, je m’entraîne dur, 5 fois par semaine. Ça va du travail de blocs aux exercices d’athlétisme en passant par le pan Güllich. Après, j’aime bien aller grimper à Fontainebleau ou à Ticino, histoire de faire le lien entra la puissance pure et la vraie escalade sur rocher. Et parce que j’ai des projets que je veux finir un jour, ma motivation est très forte pour les prochaines sessions d’entraînement! 

– Tu as commencé l’escalade par faire de la difficulté et de la vitesse. Tu es venu relativement tard au bloc. Pourquoi ce choix?

J’ai commencé les compétitions à un très jeune âge et j’adorais ça! Mais quand j’étais dans l’équipe d’Allemagne jeunes, il n’y avait pas vraiment de compétitions de blocs à l’international. C’est pour ça que j’ai commencé par la diff, tout en m’entraînant déjà beaucoup en bloc. 

– L’équipe allemande de bloc semble très soudée. Je suppose que ça contribue beaucoup à faire de bonnes performances?

C’est vraiment cool que Jule (Juliane Wurm), ma copine, fasse elle aussi les compétitions et s’entraîne dans la même salle que moi. L’année dernière, nous nous sommes entraînés pendant un long moment ensemble et ça a vraiment été très bénéfique l’un pour l’autre. Mais en dehors de ça, je ne me suis jamais vraiment entraîné avec un autre grimpeur allemand ou entraîneur. J’ai l’habitude de concevoir mon propre programme d’entraînement et l’hiver dernier on s’est entraîné seulement deux fois avec Udo Neumann (coach allemand) et l’équipe nationale.

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– Dans quel état d’esprit es-tu avant de te lancer dans un bloc?

Il faut toujours essayer de se concentrer, mais parfois, j’avoue être très nerveux et je commence à me poser des questions du genre qu’adviendra-t-il si je n’arrive pas à enchaîner tel ou tel bloc? En finale, je suis toujours très solide mentalement. Je sais que mon pire résultat sera la 6ème place donc je n’ai pas à être inquiet. 

– Quels sont tes projets pour les prochains jours?

Rien de bien sûr encore… Peut-être passer les vacances à la plage pendant un certain temps, et si je suis motivé, je vais chercher les meilleures conditions en Europe pour grimper en extérieur!

Publié le : 05 septembre 2014 par Nicolas Mattuzzi

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