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Roc en Stock, l’un des pionniers de l’escalade en salle, rejoint le réseau Arkose

La salle Roc en Stock à Strasbourg

Ouverte en 1998 à Strasbourg, Roc en Stock rejoint aujourd’hui le réseau Arkose, avec sa petite sœur Bloc en Stock. Une franchise sans prise de participation, choisie par Ghislain Brillet (fondateur et gérant) pour développer ses établissements et préparer leur transmission à son fils. Nous avons échangé avec lui et Grégoire de Belmont, cofondateur d’Arkose, sur les raisons de ce rapprochement.


« Quand j’ouvre ma salle à Strasbourg, nous sommes en 1998, la salle est fumeur, l’entrée à 60 francs et nous avons un site Minitel. » En une phrase, Ghislain Brillet nous éclaire sur le chemin parcouru. Roc en Stock appartient à cette génération de salles qui ont fait découvrir l’escalade commerciale bien avant l’arrivée des grands réseaux.

Vingt-huit ans plus tard, le paysage de l’escalade a bien changé en France (avec plus de 300 salles privées sur tout le territoire), et son entreprise aussi : à la salle historique de voies s’est ajoutée Bloc en Stock, ouverte en 2022, et les deux établissements strasbourgeois vont donc rejoindre Arkose sous franchise.

Pour Ghislain, l’idée de se rapprocher d’un groupe ne date pas d’hier. Une première tentative avait déjà eu lieu il y a une dizaine d’années, sans aboutir. Cette fois, les discussions se sont engagées à son initiative, environ six mois avant notre échange, auprès de Steve Guillou et Grégoire de Belmont (co-fondateurs d’Arkose).

« Visite de Strasbourg, tarte flambée sur la terrasse de Roc, cinq minutes de négociation et c’était fait », résume-t-il.

Ghislain Brillet, fondateur de Roc en Stock

Sortir de l’entrepreneuriat solitaire

Derrière cette décision, il y a d’abord une longue expérience de dirigeant indépendant. Après avoir racheté les parts de ses associés minoritaires, Ghislain s’est rapidement retrouvé seul propriétaire de ses salles.

Cette solitude a compté dans son parcours, et il y voit même, rétrospectivement, l’une des raisons qui l’ont poussé à lancer l’Union Des Salles d’Escalade avec d’autres exploitants, avec dans l’idée de trouver des collègues avec lesquels partager les questions du quotidien.

Ses trois mandats à la présidence de l’UDSE lui ont permis d’observer les évolutions du secteur et de mieux en connaître ses acteurs. Chez Arkose, il dit apprécier autant les lieux que la manière d’entreprendre : essayer, investir dans une idée, accepter parfois l’échec et recommencer.

« Quand ils tentent quelque chose, ils y mettent les moyens, ils donnent une chance à l’idée. » Un état d’esprit dans lequel il se reconnaît et qu’il souhaite désormais retrouver dans le fonctionnement de ses deux salles.

Une activité stable en voie, en croissance en bloc

Le rapprochement entre Arkose et les deux salles alsaciennes intervient dans un contexte assez difficile pour le marché des salles d’escalade en France (baisse de fréquentation, charges toujours plus élevées et concurrence accrue dans les grandes villes). Mais Ghislain tient à distinguer cette analyse du marché de la situation de ses propres établissements.

Selon les chiffres qu’il nous communique, Roc en Stock réalise un chiffre d’affaires de l’ordre de 700 000 à 750 000 euros, stable depuis deux ans. Bloc en Stock affiche, de son côté, une progression annuelle d’environ 100 000 euros depuis son ouverture, passant de 500 000 à 800 000 euros sur quatre ans. Au-delà du chiffre d’affaires, Ghislain précise que le résultat net de l’entreprise regroupant les deux salles est positif tout en indiquant que Roc en Stock est entièrement désendettée.

La salle Roc en stock

S’il reconnaît avoir freiné certaines dépenses par prudence, il écarte l’hypothèse selon laquelle il se serait rapproché d’Arkose suite à des difficultés financières de ses établissements : « La situation économique de ces salles n’a pas pesé dans la décision. »

Il souligne également la transformation du quartier de la Meinau où se situent ses deux salles, avec de nouveaux logements et un environnement qu’il juge de plus en plus favorable au développement de ses établissements.

Ce qu’Arkose apporte à ses franchisés

Pour Grégoire de Belmont, l’apport du réseau repose sur des moyens qu’un indépendant doit autrement construire ou financer seul : méthodes commerciales, communication, outils de gestion et d’analyse, formation des équipes et accompagnement du management.

À Strasbourg, cet accompagnement concernera les hôtes d’accueil, les managers et les ouvreurs. Les salles bénéficieront également des outils numériques du groupe, de sa communication nationale et de sa centrale d’achat, y compris pour les prises et les tapis. Arkose prévoit un suivi hebdomadaire et mensuel, comparable à celui proposé à ses propres directeurs de site. Les chefs ouvreurs du groupe ont d’ailleurs d’ores et déjà réalisé un travail d’analyse des deux salles strasbourgeoise.

Le montage reste toutefois celui d’une franchise sans prise de participation. « Ils restent 100 % entrepreneurs et propriétaires de leur entreprise », précise Grégoire de Belmont. Les investissements restent à la charge du franchisé, qui doit assurer ses propres financements.

La salle Bloc en Stock

Préparer la relève avec son fils

Pour Ghislain, ce rapprochement avec Arkose répond aussi à un enjeu de transmission, avec l’objectif que son fils puisse poursuivre l’aventure avec l’appui d’un réseau déjà structuré.

« La transmission à mon fils est pérennisée et, en plus, il aura le soutien d’Arkose », explique-t-il. Il évoque également la possibilité, pour son fils, d’ouvrir d’autres salles sous l’enseigne Arkose des le futur.

Ghislain affirme conserver la main sur les recrutements, les rémunérations, les dépenses et les fournisseurs. Grégoire de Belmont nous confirme que la grille tarifaire demeure du ressort du franchisé. L’adhésion implique néanmoins d’adopter les méthodes de l’enseigne, et c’est précisément ce que recherche Ghislain : « Si j’intègre Arkose, c’est parce que je crois en leur concept et que je veux appliquer leur recette, leur savoir-faire. »

Du côté des grimpeurs, le transfert devrait se faire en douceur : Grégoire de Belmont annonce un changement de nom, l’accès au réseau Arkose, une évolution de certains produits du bar-snacking et des ouvertures de blocs conformes au cahier des charges du groupe.

La franchise, un levier de consolidation pour Arkose

Ce rapprochement illustre également la stratégie de développement d’Arkose. Selon Grégoire de Belmont, le marché est aujourd’hui saturé dans les grandes villes et a surtout besoin de se consolider. Arkose entend développer la franchise dans les villes petites et moyennes encore peu équipées, tout en restant ouvert aux opportunités de croissance externe.

Salle Arkose – Issy bloc

Arkose développe notamment son concept XP : à Cholet et Niort, cette approche passe par des complexes hybrides réunissant plusieurs sports. Leur intérêt tient d’abord, selon lui, à la mutualisation des coûts et à leur capacité d’attraction. Il nuance en revanche l’idée d’une circulation importante des pratiquants entre les disciplines : « La passerelle entre les sports existe mais reste manifestement faible. »

À Strasbourg, Arkose s’appuiera sur deux salles déjà installées et sur l’expérience de leur dirigeant. Pour Ghislain, qui a longtemps porté seul son entreprise, ce nouveau chapitre doit lui permettre de continuer à la faire grandir, tout en donnant à la génération suivante davantage de moyens pour prendre le relais.

Publié le : 22 octobre 2026 par Charles Loury

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