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G.R.A.V.E : le rassemblement qui vous invite à aller grimper en vélo

Le GRAVE aura rassemblé 60 cyclo-grimpeurs ©Florian Garibal

Du 11 au 13 septembre 2026, une soixantaine de grimpeurs se sont retrouvés à Saint-Jean-en-Royans pour la première édition du Grand Rassemblement à Vélo-Escalade (G.R.A.V.E), organisé par Mountain Wilderness en partenariat avec la FFCAM et l’association locale CLIPPE qui s’occupe de re-conventionner les falaises du coin. L’ambition était de montrer qu’il peut être tout à fait possible de rejoindre des falaises, de transporter son matériel, de grimper et de camper plusieurs jours sans voiture. Et surtout, que l’aventure n’en est que plus belle.


Le rassemblement était porté par Mountain Wilderness France | © Corentin Consigny

Un évènement conscient dans les moindres détails 

A la tête de cette organisation, on retrouve 6 bénévoles dont Tom Martin, chargé de mission sur la campagne Changer d’approche de Mountain Wilderness et Florent Hours co-responsable de cette même campagne et co-fondateur du site vélogrimpe.fr. Il était devenu pour eux trop gênant de faire face au constat de la dépendance à la voiture pour accéder aux sites d’escalade. Une utilisation parfois quotidienne qui a un coût, aussi bien en émissions de gaz à effet de serre qu’en congestion des petites routes de montagne et en nuisances sur des espaces naturels souvent fragiles. Plutôt que de multiplier les argumentaires, Mountain Wilderness a choisi de le démontrer en conditions réelles, sur un week-end complet.

La jauge fixée à 60 participants n’a rien d’arbitraire. Elle tient compte de plusieurs contraintes qui se cumulent dont la capacité des trains à absorber les vélos, celle du camping, celle de la cuisine, et la volonté de ne pas saturer les falaises du secteur.

Tous les participants sont arrivés en train | © Florian Garibal

Venir en voiture aurait été une dissonance cognitive c’est pourquoi les participants sont arrivés en train à la gare de Saint-Hilaire-Saint-Nazaire, vélos chargés, avant de rallier le camping par convois accompagnés. Ces convois étaient prévus pour soulager ou tracter les plus fatigués dans les montées, histoire de rendre l’expérience agréable plutôt que d’en faire une démonstration de force réservée aux sportifs aguerris.

David, le cuistot zero carbone ©Corentin Consigny

Même la logistique alimentaire suivait cette logique puisque le cuisinier David Szumilo, venu avec son projet Du soleil dans nos assiettes, se déplace entièrement à vélo et en train, transportant poêle, combustible et denrées pour nourrir jusqu’à 60 personnes sans une seule goutte d’essence. Un détail qui en dit long sur la cohérence recherchée entre le message porté par l’évènement et sa mise en œuvre.

Un programme d’ateliers qui invitent à questionner sa pratique

Le GRAVE ce n’était pas simplement trois jours à grimper et à boire des bières le soir. Les organisateurs voulaient amener les participants à interroger leur rapport à l’escalade, à la montagne, et à l’impact que la pratique peut avoir sur les lieux qu’elle traverse, en particulier sur la question des mobilités.

Après le travail des jambes place au haut du corps | © Corentin Consigny

Sur place, plusieurs stands se tenaient en continu comme celui de Mountain Wilderness pour présenter l’association, celui de la FFCAM, et celui du Parc naturel régional du Vercors, qui proposait des quiz sur la biodiversité locale. Sur la falaise de la Taupinière, la FFCAM et le Conservatoire d’espaces naturels ont animé une intervention d’une heure sur la biodiversité en milieu rocheux. Une salariée du conservatoire invitait les participants à se déplacer le long de la paroi pour repérer des habitats et des espèces installées dans les fissures. Le samedi, l’association CLIPPE a également présenté le fonctionnement des falaises locales après la vague de déconventionnements qui a touché le secteur ces dernières années.

Le samedi soir, une table ronde intitulée « Aller en montagne sans voiture, à quoi bon ? » a réuni Fiona Mille, présidente de Mountain Wilderness, Florian Garibal des éditions Aventures sans voiture, et Éline Le Menestrel. Cette dernière a présenté les résultats de son mémoire de master sur le vélogrimpe, analysant la pratique sous un prisme socio-ecologique, et tentant de répondre à la question « en quoi le velo-grimpe peut et ne peut pas apporter des transformations systémiques ».
De quoi donner encore plus de clés aux participants pour essaimer la pratique autour d’eux.

Excès de bonheur sur la route du kiff pour les participants | © Florian Garibal

Dimanche matin, des petits groupes de six à sept personnes ont planché sur trois questions :

  • Sans contrainte de moyens, que faudrait-il mettre en place pour développer l’accès à la montagne en mobilité douce ?
  • Sur son propre territoire, qu’est-ce que les pouvoirs publics pourraient faire pour faciliter les pratiques de loisirs sans voiture ?
  • Avec quelles envies concrètes repart-on de ce week-end ?

Cette dernière question visait un objectif précis, repérer celles et ceux prêts à organiser d’autres évènements du même type. L’idée semble déjà faire son chemin chez plusieurs personnes qui ont déclaré être motivées pour organiser de nouvelles éditions.

Pourquoi vous devriez vous aussi essayer d’aller grimper en vélo

L’année dernière nous rédigions un article avec Éline Le Menestrel pour vous présenter l’Ecopoint, cette pratique qui met l’éco-responsabilité au centre même de notre pratique de l’escalade. La performance n’est plus réduite au simple enchainement d’une voie mais elle englobe également la réduction de son impact écologique. Et pour cela, il faut utiliser ses gambettes et rien de tel qu’un beau destrier équipé de sacoches. Partir en vélo c’est déjà changer sa vision du Temps. Et quand on ralentit on observe mieux, on laisse de la place à la prise de conscience du fonctionnement des territoires, de la vie des habitants, animaux comme humains. On s’arrête plus facilement dans une petite boulangerie, dans un Office du Tourisme pour découvrir d’autres aventures à vivre. En fait, on rajoute du sens dans l’escalade et on en ressort plus rempli, plus vivant.

Pour vous aider dans cette quête, le site vélogrimpe.fr répertorie les falaises accessibles en vélo depuis plusieurs grandes villes. Il vous permet également de contribuer en ajoutant votre propre parcours. Et si vous ne savez pas trop comment vous lancer, de nombreux conseils pratiques et une communauté active sont là pour vous.

A vous de jouer désormais et n’hésitez pas à nous partager vos expériences de vélo-grimpe !

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