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Antoine Girard signe son premier 8C+ avec « Livin’ Large », le terrifiant highball de Rocklands !

Archive © Coll. Girard

Quatre ans après avoir gravi « The Finnish Line », Antoine Girard est revenu à Rocklands avec une idée bien précise : s’attaquer à sa grande soeur, « Livin’ Large » 8C+.

Cinq séances, une logistique titanesque, une fenêtre de conditions idéale, une chute spectaculaire depuis le sommet… puis, quelques minutes plus tard, un ultime essai victorieux. Le Français réalise ainsi son premier 8C+, en venant à bout de cet highball connu comme l’un des plus emblématiques de la planète !


À Rocklands, en Afrique du Sud, « Livin’ Large » est une impressionnante arête d’environ neuf mètres de haut. Ouverte par Nalle Hukkataival en 2009, elle est devenue au fil des années l’un des highballs les plus mythiques du monde. Aussi beau qu’engageant, ce passage n’a connu qu’une poignée de répétitions en plus de quinze ans, avec Jimmy Webb, Shawn Raboutou et Ryuichi Murai.

Mais depuis quelques heures, un nouveau nom s’est ajouté à cette liste extrêmement prestigieuse : Antoine Girard.

Une promesse vieille de quatre ans

L’histoire avait en réalité commencé en 2022. Cette année-là, Antoine enchaîne « The Finnish Line » 8C, l’autre arête iconique de Rocklands. En descendant du bloc, une idée lui reste en tête. « Je m’étais promis de revenir pour faire « Livin’ Large ». Cette année, c’était l’occasion. »

À l’époque déjà, il était allé observer la ligne. « J’avais vu que c’était haut, bien plus haut que « The Finnish Line », mais que la réception était plutôt plate. »

© Coll. Girard

Mais la hauteur n’était pas le seul défi. Le bloc se trouve dans un secteur excentré, accessible après cinquante minutes de marche sur un sentier escarpé. Pour un highball de cette ampleur, il faut transporter une montagne de matériel. « C’était compliqué à organiser. Le secteur est vraiment excentré, donc difficile de convaincre du monde de monter ou de laisser des pads là-haut. »

Pour l’occasion, Antoine décide également de tester les nouveaux crash pads gonflables SNAP, particulièrement pratiques à transporter. « Le gros avantage, c’est que ça se plie, c’est léger. Pour les emmener dans l’avion puis jusqu’au secteur, c’était vraiment idéal. »

Mais le véritable adversaire ne sera pourtant ni la hauteur ni la logistique. Ce sera la température. Exposé plein sud, « Livin’ Large » reste au soleil toute la journée. Le rocher emmagasine la chaleur et ne devient grimpable qu’en toute fin de journée. « Il n’y a qu’un seul créneau, vers 19h. Mais comme le bloc a chauffé toute la journée, il continue à dégager énormément de chaleur. Finalement, la fenêtre de bonnes conditions est très courte. »

Pendant quatre séances, Antoine travaille donc essentiellement le bloc à la corde, afin d’apprendre chaque mouvement sans risquer une chute de plusieurs mètres. « Je faisais énormément de runs à la corde pour rendre chaque mouvement le plus efficace possible. »

© Coll. Girard

Puis peu à peu, tout s’assemble. Sauf un passage : la liaison entre la première partie du bloc et la seconde. « Il y avait une prise qui me paraissait quasiment intenable pour relier le bas et le haut. En gros, pour décomposer « Livin’ Large », tu fais d’abord un bloc autour de 8B+/8C, puis tu termines par une section d’environ 8A, très exposée et assez aléatoire. »

Le jour parfait… puis la chute du sommet !

Puis arrive enfin la journée idéale. Les températures chutent brutalement de plusieurs degrés, le ciel devient nuageux, le vent se lève. Antoine sait immédiatement que c’est sa chance. « On passait d’environ 22 °C à 13 ou 14 °C. Alors je me suis dit : c’est aujourd’hui ! »

Cinquième séance. Ses sensations sont excellentes. Après plusieurs essais, Antoine improvise même une nouvelle méthode au milieu du bloc tant il tient les prises. Tout s’enchaîne parfaitement… Puis le stress prend le dessus ! « J’ai commencé à hésiter. J’étais complètement daubé. J’ai désescaladé, essayé de délayer… puis mon pied a zippé sur le dernier mouvement. »

Suit alors une chute vertigineuse. Près de huit mètres dans le vide durant lesquels Antoine se voit tomber au ralenti. Même Adam Ondra, impressionné par la vidéo, a commenté : « Bravo mec ! Cette chute fait tellement peur ! »

Heureusement, la réception se passe bien. « La chute m’a paru durer une éternité. Finalement, les crash pads gonflables SNAP ont vraiment très bien amorti ! »

Trente minutes plus tard…

Beaucoup auraient rangé les chaussons… Pas Antoine ! Après une demi-heure de repos, un essai de remise en route, il ne reste plus qu’un essai avant que l’humidité ne revienne prendre possession du rocher.

Cette fois, tout s’aligne. « C’est passé nickel ! C’était incroyable. L’un des plus grands moments de ma vie. »

 

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Son premier 8C+ est dans la poche. Et quel premier ! « C’était vraiment le projet de mon voyage en Afrique du Sud. Maintenant, il nous reste encore deux semaines pour profiter et grimper d’autres blocs, mais le trip est déjà rentabilisé. »

La journée s’est d’ailleurs terminée de la meilleure des manières : « Pour la petite anecdote, on est allés boire un Livin’ Large au restaurant. Apparemment, le cocktail a été créé en hommage au bloc ! »

Une conclusion parfaite pour une ascension qui restera sans doute comme l’un des plus beaux moments de la carrière du Français !


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Publié le : 26 juillet 2026 par Nicolas Mattuzzi

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