Fontainebleau en flammes : le massif emblématique frappé par un incendie sans précédent

L'incendie du massif de Fontainebleau vu du ciel ©SDIS 77
Bleausards, la situation est grave. Le massif que nous arpentons avec passion, où nous posons nos mains sur le grès depuis des générations, traverse actuellement l’épreuve la plus dure de son histoire récente. Un incendie hors norme ravage la forêt depuis samedi 11 juillet, et les chiffres donnent le vertige. On compte déjà plus de 800 hectares partis en fumés ce lundi matin.

Source : Google Maps ce lundi matin
Une nuit sous haute tension
Depuis samedi 11 juillet, plusieurs incendies se sont déclarés presque simultanément dans le département.
Voici les zones touchées :
Barbizon (feu fixé dimanche)
Achères-la-Forêt
Le Vaudoué
Noisy-sur-École
Les Écrennes (feu fixé à 18h dimanche)
Fontainebleau (feu toujours en cours)
Noisy-sur-École (feu en cours, avec un impact direct sur l’A6 dont voici les déviations et sorties obligatoires :
– A6 / sortie obligatoire Ury sens Province-Paris
– A6 / sortie obligatoire Cely sens Paris-Province
La circulation ferroviaire a repris à une “vitesse normale” sur la ligne à grande vitesse qui relie Paris à Lyon, selon SNCF Réseau, alors que l’incendie en forêt de Fontainebleau, à proximité de la ligne, avait endommagé des câbles et bloqué la circulation des trains.
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Ce lundi matin, Julien Gondard, le maire de Fontainebleau, était à l’antenne de ICI Paris Île-de-France :
“Les experts des pompiers nous parlent ce matin d’un sinistre qu’ils vont être obligés de traiter pendant une semaine, voire dix jours”, déplore-t-il. L’origine de l’incendie n’est pas encore connue, mais “plusieurs départs de feu en même temps ça pose question”, réagit Julien Gondard.
Trois des feux maitrisés étaient des feux de chaume, ayant parcouru respectivement 306, 45 et 30 hectares.
Un feu de chaume, qu’est-ce que c’est ?
Un feu de chaume est un incendie qui se déclare dans un champ agricole après la moisson, sur les résidus de céréales laissés au sol (paille, tiges coupées). Très inflammable et se propageant rapidement sur de grandes surfaces dégagées, ce type de feu peut, en cas de vent et de sécheresse extrême, atteindre les lisières forestières voisines et embraser la végétation des massifs à proximité.
Mais c’est bien le feu du massif forestier lui-même qui a viré au scénario catastrophe. Le lieutenant-colonel Franck Maillard, interrogé sur BFMTV hier soir, ne cachait pas son inquiétude : « Le feu, qui a démarré en fin de journée, a évolué de façon très inquiétante car on a rapidement doublé la surface, passant de 400 à 800 hectares durant la nuit vers 2/3 heures du matin. Au lever du jour, ce sont les 1 000 hectares qui vont être atteints. »
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Au moment où nous écrivons ces lignes, le feu continue de toujours de progresser. Sur le terrain, ce sont 370 pompiers et 130 engins qui luttent sans relâche, pour tenter d’endiguer les flammes, avec l’appui de la gendarmerie. Même le monde agricole s’est mobilisé, en mettant ses cuves d’eau à disposition des secours.
Des renforts venus d’autres départements et des moyens aériens nationaux sont également arrivés en début de soirée dimanche avec notamment les canadairs tant attendus.

Le message reçu ce matin sur tous les téléphones qui bornent à proximité du massif
Un feu qui efface tous les tristes records
Les 1 000 hectares réduits en fumée seront très probablement atteint, cet incendie devient officiellement le plus grand feu documenté à Fontainebleau depuis 1900. Pour mesurer l’ampleur du désastre, un petit retour en arrière s’impose :
– 300 hectares en août 1904.
– 762 hectares en 1921.
– 250 à 300 hectares en 1959.
Autant dire que ce que vit le massif ces derniers jours n’a tout simplement aucun équivalent connu.
Accès interdit au massif de Fontainebleau jusqu’à nouvel ordre
Un arrêté d’interdiction d’accès au massif vient d’être pris par la Préfecture de Seine-et-Marne. Pour qui grimpe régulièrement à Bleau, ce drame n’a malheureusement rien d’une surprise. Plusieurs facteurs, bien identifiés depuis des années, en faisaient une bombe à retardement.
Un indice de feu au niveau “très extrême”, conséquence directe de trois canicules successives et d’une sécheresse extrême. Un niveau qu’on associe d’ordinaire aux massifs méditerranéens — sauf qu’ici, en Île-de-France, les moyens de lutte n’ont rien de comparable avec ceux déployés dans le sud.
Un terrain pour nos passions qui est aussi un terrain propice au feu. Ceux qui connaissent la forêt le savent : pins sylvestres, fougères, bruyère… la végétation qui fait tout le charme de nos sentiers d’approche est aussi hautement inflammable. Ajoutez à cela un sol qui retient très mal l’eau (sables filtrants, platières de grès, faible réserve utile), une fréquentation touristique colossale (15 millions de visiteurs par an) et le changement climatique qui s’accélère : le massif cumule tous les facteurs de risque.
Une quantité de combustible en hausse constante. Depuis plusieurs années, le dépérissement de certaines essences d’arbres et d’autres phénomènes contribuent à accumuler toujours plus de matière inflammable dans la forêt.
Consignes de sécurité pour les habitants et grimpeurs du secteur
Si vous résidez ou vous trouvez à proximité du massif, quelques réflexes essentiels sont à retenir :
– Ne prenez pas la route, sauf consigne contraire des autorités
– Bouchez les aérations et les bas de porte en cas d’arrivée de fumée
– Protégez votre nez et votre bouche avec un linge humide en cas de fumée
– Rentrez votre tuyau d’arrosage avant l’arrivée du feu : il pourra servir, une fois le feu passé, à éteindre les dernières braises