Ciel bleu, coups de tonnerre, sept Bleus qualifiés : la folle journée de Chamonix !

© Tim-Nicolas Hopf | PlanetGrimpe
Entre ciel bleu et coups de tonnerre, la place du Mont-Blanc a vécu une deuxième journée mouvementée ! Au menu des qualifications de l’épreuve de difficulté : cinq tops chez les hommes, six chez les femmes, un Jakob Schubert injouable, une fratrie Avezou des grands jours et un total de sept tricolores qualifiés pour les demi-finales.
Chamonix n’a pas fait semblant. Les qualifications de difficulté ont démarré dès 8h00 ce matin sous un grand ciel bleu, avant de virer, en tout juste quelques heures, à un tout autre décor. Vers 14h00, le ciel a viré au noir, les éclairs ont commencé à zébrer le ciel au-dessus du massif et le tonnerre a grondé pendant que les derniers grimpeurs étaient encore en train d’évoluer sur le mur.
Face à l’averse, l’organisation a fait le choix de suspendre la compétition pendant vingt minutes, le temps que le plus gros de l’orage passe, avant de reprendre les qualifications et de les mener à leur terme dans de bonnes conditions. Une ambiance particulière, entre soleil du matin et orage de montagne, qui restera dans les mémoires de cette édition 2026.
Première grimpeuse à s’élancer sur le mur à 8h00, la Française Zélia Avezou a lancé la journée avec un énorme run, montant jusqu’au sommet de la voie 1. Les premiers tops, eux, n’ont pas tardé : à 8h25 précisément, l’Américaine Annie Sanders signe le tout premier top de la journée, immédiatement suivie côté hommes par… Jakob Schubert.
Schubert intouchable, Sam Avezou galvanisé par la foule
Fait suffisamment rare pour être noté : cette année, les hommes (73 engagés) étaient moins nombreux que les femmes (81 engagées) sur les listes de départ à Chamonix. Les tops, eux, ont été à l’avenant : seulement cinq au total sur l’ensemble des deux voies de qualification, symbole de voies exigeantes !
Et l’homme qui a survolé cette journée s’appelle Jakob Schubert. Seul grimpeur à enchaîner les deux voies de qualification, l’Autrichien signe un score parfait et prend une large avance en tête du classement. Petit clin d’œil de l’Histoire : la toute première Coupe du Monde disputée par Schubert à Chamonix remonte à 2008, où il avait terminé 8e à seulement 18 ans… Dix-huit ans plus tard, le voilà toujours en tête de la hiérarchie mondiale sur cette même place du Mont-Blanc.
Juste derrière lui, Alberto Ginés López prend la deuxième place du classement (34+ dans la voie 1 et top dans la voie 2). L’Espagnol rêverait de s’imposer à Chamonix. Car un fait qui peut surprendre pour le premier champion olympique de l’Histoire de la discipline (Tokyo 2021) : il n’a, à ce jour, jamais remporté la moindre Coupe du Monde !
Et puis il y a eu le moment Sam Avezou. Troisième des qualifications, le Français a offert l’un des plus beaux moments de la journée dans la voie 2 : après avoir grimpé la partie la plus déversante du mur, il s’est retourné vers la foule pour demander du soutien, et la place du Mont-Blanc a répondu présent. Porté par les cris du public, il a bouclé la fin de la voie sur les arquées avec une facilité déconcertante, devenant le premier grimpeur de la journée à l’enchaîner intégralement. Un moment fort, et pas franchement une surprise sur ce mur chamoniard : Sam Avezou avait déjà terminé 2e ici en 2023, puis de nouveau 2e en 2024.
Juste derrière lui, le Japonais Sorato Anraku répond présent en 4e position. Sans surprise, tous les grands favoris trustent le haut du classement.
Côté tricolore, quatre Français composeront le contingent des demi-finalistes de demain : Sam Avezou (3e), Max Bertone (8e), Younès Aubert Masmoudi (16e) et Pierre Marzullo, qui décroche la toute dernière place qualificative (22e, à égalité avec Luka Potocar et Joaquin Urrutia) au terme d’une qualification à suspense : un demi-mouvement de moins et c’était l’élimination !
Pour le reste de l’équipe de France, la qualification s’arrête là : Victor Guillermin (29e), Jordi Poles (32e), Arsène Duval (33e), Akyan Etchar (41e), Hypolite Vilanova (51e) et Matteo Soule (60e) ne poursuivront pas l’aventure.
Les résultats des qualifications – Hommes
| Pos. | Grimpeur | Hauteur | |
|---|---|---|---|
| 1 | AUT | Jakob Schubert | TOP (1) | TOP (1) |
| 2 | ESP | Alberto Ginés López | 34+ (4) | TOP (1) |
| 3 | FRA | Sam Avezou | 33+ (8) | TOP (1) |
| 4 | JPN | Sorato Anraku | 37+ (2) | 27+ (10) |
| 5 | USA | Jesse Grupper | 36+ (3) | 27+ (10) |
| 6 | JPN | Satone Yoshida | 31 (10) | 33+ (5) |
| 7 | ITA | Giovanni Placci | 29+ (11) | TOP (1) |
| 8 | FRA | Max Bertone | 34 (7) | 29+ (9) |
Annie Sanders et Chaehyun Seo dos à dos, un beau symbole pour Manon Hily
Même exigence côté féminin, où les tops se sont également faits rares : six au total sur l’ensemble des qualifications. Deux grimpeuses les ont réalisés à elles seules sur les deux voies et trônent en tête ex æquo des qualifications : l’Américaine Annie Sanders et la Coréenne Chaehyun Seo, deux des plus grands noms de la saison 2026, qui n’ont laissé planer aucun doute sur leur niveau du jour.
Juste derrière, la Britannique Erin McNeice (3e) monte très haut dans la voie 1 avant d’enchaîner la voie 2, devançant de peu la Coréenne Jaïn Kim (4e). À 33 ans, elle reste la grimpeuse la plus expérimentée du plateau : sa première Coupe du Monde à Chamonix remonte à 2004, il y a 22 ans, avant même que la plupart de ses adversaires du jour ne soient nées. Entre-temps, elle a mis sa carrière entre parenthèses de 2019 à 2023 pour devenir mère, avant de revenir performer sur le circuit international.
En cinquième position, on retrouve notre première grimpeuse tricolore, Manon Hily. Pour la toute dernière Coupe du Monde de sa carrière, la Française réalise deux magnifiques runs et monte très haut dans les deux voies de qualification. Une entrée en matière idéale avant un week-end qui s’annonce déjà chargé en émotions…
Il y a quelques jours, elle nous confiait tout ce que cette étape représentait à ses yeux : « Il y a beaucoup de monde, mes amis, ma famille, l’endroit est magique, l’ambiance est parfaite… C’est la classe quoi ! C’est vraiment la vitrine du rêve que l’on se fait plus jeune d’une compétition que l’on veut vivre ». Une déclaration qui prend tout son sens aujourd’hui, sur un mur qu’elle ne foulera plus jamais en Coupe du Monde après ce week-end.
Neuvième ex æquo avec l’Américaine Brooke Raboutou — de retour sur le circuit après une blessure à l’épaule contractée à Berne — on retrouve Zélia Avezou. Comme son frère Sam, la Française réalise elle aussi une très belle performance, atteignant les derniers mouvements des deux voies de qualification. De quoi ouvrir de belles perspectives pour la fratrie Avezou ce week-end !
Après cette prestation solide, nous sommes allés lui demander ses impressions à chaud Après cette prestation solide, on est allés lui demander ses impressions à chaud sur cette matinée particulière, entre le rôle de première grimpeuse du jour et la spécificité des voies de qualification du jour.
Quelques mots à chaud avec Zélia Avezou
Être la première grimpeuse sur le mur à 8h00, ce n’était pas trop dur ?
Eh bien tu sais, j’étais déjà passée première à Innsbruck… On peut dire que je suis abonnée ! À Innsbruck c’était très dur, ça m’avait chamboulé de passer première, je n’avais pas du tout aimé. Du coup, je me suis dit que passer première à Chamonix, c’était l’occasion de mieux vivre cette configuration. Et je suis plus contente de la manière dont j’ai géré. C’était stressant, mais c’était cool !
Un mot sur ces deux voies de qualification ?
Chaque année à Chamonix, ce sont plutôt des voies résistantes, sans gros pas de bloc ; il faut avancer et monter haut. Cette année n’a pas dérogé à la règle : les voies étaient résistantes et on savait qu’il fallait atteindre la dernière plaque pour passer le tour. Du coup, ça ajoute un peu de stress, car il n’y a pas le droit à l’erreur. Il faut être efficace et monter haut.
Cette année, tu cumules les compétitions entre bloc et difficulté. Comment te sens-tu ?
Oui, c’est la saison la plus intense que j’ai jamais faite, parce que j’ai quasiment participé à toutes les compétitions internationales, à la fois en bloc et en diff (il n’y a que Madrid que je n’ai pas fait). Donc c’est assez dur d’enchaîner toutes ces Coupes du Monde coup sur coup. Mais c’est un exercice et je suis contente de le faire, même si ce n’est pas facile tous les jours.
En tous cas, c’est trop cool d’être à Cham, c’est clairement ma compète préférée ! Quand je marche au milieu de la place, tout le monde m’encourage, c’est trop bien ! Ça ajoute un peu de stress de grimper à domicile, parce que j’ai vraiment envie de bien faire, mais je pense que c’est du bon stress !
Troisième Française à composer le trio tricolore assuré d’une place en demi-finale : Ina Plassoux Djiga, 12e, auteure d’un run quasi identique à celui de Manon Hily et Zélia Avezou, chutant seulement une prise plus bas que cette dernière dans la voie 1.
Pour le reste de l’équipe de France, la qualification s’arrête en revanche là : Lana Bonnal (45e), Macha Brebion (47e), Swann Lamblin-Burguet (50e), Kaïna Viviand (52e), Kintana Iltis (56e), Anouk Buffet (61e) et Emie Brault (62e) ne poursuivront pas l’aventure ce week-end mais toutes repartent avec un peu plus d’expérience du haut niveau, et surtout avec le plaisir d’avoir pu grimper sur la place du Mont-Blanc, devant leur public.
Les résultats des qualifications – Femmes
| Pos. | Grimpeur | Hauteur | |
|---|---|---|---|
| 1 | USA | Annie Sanders | TOP (1) | TOP (1) |
| 1 | KOR | Chaehyun Seo | TOP (1) | TOP (1) |
| 3 | GBR | Erin Mcneice | 45+ (3) | TOP (1) |
| 4 | KOR | Ja In Kim | 41+ (13) | TOP (1) |
| 5 | FRA | Manon Hily | 44+ (6) | 43+ (5) |
| 5 | BUL | Aleksandra Totkova | 44+ (6) | 43+ (5) |
| 7 | SLO | Rosa Rekar | 45+ (3) | 40+ (19) |
| 8 | JPN | Miho Nonaka | 43+ (9) | 43+ (5) |
Après cette première partie de journée mouvementé, la compétition se poursuit dès ce soir, 21h00, avec les finales de la vitesse — et une météo qui devrait cette fois se montrer plus clémente sur la place du Mont-Blanc.
Rendez-vous ensuite demain avec les demi-finales de difficulté suivies, en soirée, des finales de la discipline reine de ce week-end.
La suite du programme – Coupe du Monde de Chamonix 2026
- Samedi 11 juillet
- Finale vitesse
21h00 – 22h15
Dimanche 12 juillet
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- Demi-finales difficulté
10h00 – 12h30 - Finale difficulté femmes
20h30 – 21h15 - Finale difficulté hommes
21h25 – 22h10
- Demi-finales difficulté
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