À seulement 12 ans, la Française Alizée Blass signe son premier 8c+ à Claret !

© Matthias Paré
La relève est déjà là. À seulement 12 ans, la jeune grimpeuse française Alizée Blass vient de franchir un nouveau cap en falaise en réussissant “Guerre Future” 8c+ à Claret, dans l’Hérault. Une croix impressionnante à cet âge… et qui résonne d’autant plus fort qu’elle s’inscrit dans une véritable histoire de famille !
Car certaines fratries françaises semblent décidément avoir trouvé la recette du succès ! En compétition, il y a la fratrie Oriane Bertone – Max Bertone, tous deux récemment sacrés champions de France seniors de bloc. Et en falaise, une autre dynastie commence sérieusement à faire parler d’elle : Théo et Alizée Blass.
Car en janvier 2022, c’est Théo, le grand frère d’Alizée qui avait marqué les esprits en réalisant la première répétition de “Guerre Future” 8c+… au même âge !
Une ligne moderne, signée Seb Bouin
Libérée en 2022 par Seb Bouin, “Guerre Future” est une variante du classique “Guère d’usure” 8c, située sur le célèbre pilier de Claret. La ligne propose une escalade exigeante, mêlant résistance et précision sur des prises peu franches, avec un crux redoutable situé après une longue section déjà bien physique.
Contrairement à “Guère d’usure”, qui offre quelques repos stratégiques avant le crux, “Guerre Future” impose un effort beaucoup plus continu : une quinzaine de mouvements difficiles s’enchaînent sans véritable relâchement avant d’atteindre le crux final. D’après Théo « Guerre Future » est encore plus logique et esthétique que « Guère d’Usure », déjà réputée pour son charme gestuel. La voie est un vrai défi de résistance, sur de mauvaises pinces et des plats de chaque côté de la proue déversante, qu’il faut tenir en compression. Un savant mélange de mouvements physiques, de technique et de résistance donc.

© Matthias Paré
Sur Instagram,Alizée a tenu à remercier ceux qui l’ont accompagnée dans cette aventure : « Merci à Seb Bouin d’avoir ouvert cette ligne si belle et évidente. Et merci à mon frère Théo d’avoir trouvé des méthodes géniales pour les tout petits ! ». Car dans ce type de voies, les méthodes adaptées à un petit gabarit peuvent faire toute la différence, et les trouvailles de son frère ont visiblement joué un rôle précieux.
Une voie travaillée avec patience
Pour Alizée, le processus aura été tout aussi important que le résultat. La jeune grimpeuse raconte avoir pris le temps d’apprivoiser la voie, multipliant les séances à Claret au fil des mois. « Aller à Claret et faire mes deux runs dans la voie était presque devenu un rituel », explique-t-elle.
Si le crux est identique à celui de “Guère d’usure” (une voie qu’elle avait déjà réussie l’an dernier) l’effort pour y arriver est nettement plus exigeant dans cette variante, rendant l’enchaînement particulièrement intense. Mais au-delà de la performance pure, Alizée retient surtout le plaisir de travailler cette ligne qu’elle décrit comme « la plus belle voie du monde ».

© Matthias Paré
J’ai pris mon temps et j’ai savouré le travail ! Ça aurait dû prendre moins de temps mais le crux (qui est le même que dans “Guère d’usure”) est bien plus dur après une quinzaine de mouvs assez durs sans repos. Et en plus j’avais tout mon temps ! C’est évidemment la plus belle voie du monde😍
Alizée Blass
Réaliser un 8c+ à seulement 12 ans reste une performance exceptionnelle. À cet âge, rares sont les grimpeurs capables de gérer à la fois l’intensité physique, la précision technique et la résistance mentale que demandent des voies de ce niveau.
Avec cette ascension, Alizée Blass confirme déjà un potentiel remarquable et perpétue, au passage, la belle tradition familiale. Une chose est sûre : on n’a probablement pas fini d’entendre de la famille Blass !
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