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Esteban Daligault dans « Bon Voyage » : l’élégance à l’état brut !

C’est l’une des voies trad les plus dures au monde. Mais c’est aussi, et peut-être surtout, l’une des plus belles. Esteban Daligault vient de dévoiler la vidéo de son ascension de « Bon Voyage » E12/9a à Annot, et le film met magnifiquement en lumière ce qui rend cette ligne si unique : son esthétisme brut, sa pureté et son caractère absolument atypique.

Grimpée pour la première fois en 2023 par James Pearson, « Bon Voyage » est aujourd’hui considérée comme l’une des voies de trad les plus difficiles au monde. Après Adam Ondra, Seb Berthe et Jacopo Larcher, Esteban Daligault a signé en décembre dernier la quatrième répétition, devenant à seulement 24 ans le plus jeune grimpeur à dompter ce monument du trad moderne.

Une ligne hors du commun

Dès les premières images du film, réalisé par Timothée Nitschke et produit par Millet, on comprend que « Bon Voyage » n’est pas une voie comme les autres : une ligne naturelle, évidente, qui semble avoir toujours été là, une succession de réglettes et de prises fuyantes, et pour finir, une traversée aérienne, suspendue au-dessus du vide.

 Sans aucun doute l’une des voies les plus esthétiques que j’aie jamais grimpées. Une ligne très naturelle, qui se termine par une traversée, élégante du début à la fin !

Esteban Daligault

© Henning Wang

Rarement une voie d’un tel niveau n’aura autant fait l’unanimité sur sa beauté. Tous ses répétiteurs le disent : « Bon Voyage » est un chef-d’œuvre vertical. Une ligne pure, logique, presque sculpturale, qui serpente dans la paroi d’Annot avec une beauté saisissante.

Du 9a… sur coinceurs

La difficulté ? Aussi vertigineuse que la voie en elle-même. Même équipée de spits, la voie vaudrait un solide 9a selon Adam Ondra. Mais ici, tout se joue en trad, avec des protections mobiles à placer dans des sections physiques et techniques, parfois au cœur du crux.

Environ dix placements pour Esteban, principalement dans le toit. La séquence clé arrive après la dernière protection sérieuse, avec un engagement mental maximal. Un faux mouvement, trop de mou dans la corde, et la chute pourrait mal tourner. C’est précisément cette combinaison entre exigence physique et tension psychologique constante qui fait de « Bon Voyage » une voie à part.

© Henning Wang

Esteban découvre la voie au printemps 2025. Deux sessions pour prendre la mesure du défi. Il repart ensuite vers ses projets alpins (notamment la première ascension intégralement libre de la Directe de l’Amitié aux Grandes Jorasses) avant de revenir à Annot à l’automne. Six sessions supplémentaires. Et le 12 décembre 2025, tout s’aligne. « Parfois, tout s’aligne au bon moment. », déclare-t-il.

Avec huit 9a à son actif, Daligault n’est pas un inconnu du très haut niveau sportif. Mais « Bon Voyage » marque un cap : sa voie de trad la plus dure à ce jour, deux ans après « Le Voyage », la version “plus accessible” de Pearson située juste à droite.

Un film qui magnifie la ligne

Plus qu’un simple récit de performance, le film capture la dimension esthétique de la voie. Les mouvements dans le toit, les positions précis des doigts sur les prises microscopiques de la voie, la lumière d’Annot qui souligne la géométrie parfaite de la ligne… Tout concourt à rappeler que l’escalade, au plus haut niveau, peut aussi être un art !


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Publié le : 11 février 2026 par PlanetGrimpe vues