JO de Los Angeles 2028 : le système de qualification dévoilé (+ notre analyse)

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La route vers Los Angeles est désormais tracée. La Fédération Internationale vient d’officialiser, après validation par le Comité International Olympique, le système de qualification pour les Jeux Olympiques de LA 2028.
Une annonce très attendue, qui confirme plusieurs tendances fortes et pose un cadre clair pour les grimpeurs engagés dans la course olympique.
Trois disciplines, trois médailles… et 76 grimpeurs au total
Pour la troisième apparition de l’escalade aux Jeux Olympiques, et la première en tant que sport pleinement intégré au programme olympique, le format reste inchangé sur un point essentiel : bloc, difficulté et vitesse seront des disciplines totalement indépendantes, chacune couronnée par ses propres titres olympiques.
Au total, 76 athlètes prendront part aux épreuves d’escalade à Los Angeles :
- Bloc : 12 femmes et 12 hommes
- Difficulté : 12 femmes et 12 hommes
- Vitesse : 14 femmes et 14 hommes
Chaque Comité National Olympique (CNO) pourra engager au maximum deux grimpeurs par genre et par discipline, une règle qui continue de limiter les délégations les plus dominantes… et de maintenir une diversité internationale sur les murs olympiques.

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Un parcours de qualification en deux temps
Comme pour Paris 2024, la qualification s’articulera autour de grands rendez-vous internationaux, avec une montée en puissance progressive.
Les premières places dès 2027
Environ la moitié des quotas olympiques seront attribués dès 2027, à l’occasion de compétitions majeures :
- Jeux Européens (Istanbul, juin 2027)
- Jeux Panaméricains (Lima, juillet 2027)
- Championnats du Monde (Brno, août 2027)
- Qualifications continentales (Afrique, Asie, Océanie – dates et lieux à venir)
À chaque fois, une seule place par genre et par discipline sera en jeu sur ces événements, ce qui promet d’ores et déjà une pression maximale !

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Le grand rendez-vous final : l’Olympic Qualifier Series 2028
Les dernières places se joueront en 2028 lors de l’Olympic Qualifier Series (OQS), composée de trois étapes, dont les lieux et dates seront annoncés ultérieurement. Un format désormais bien connu des grimpeurs, qui récompense la régularité sur plusieurs compétitions.
C’est là que se décidera l’essentiel… En bloc et difficulté, il y aura au minimum 4 places par genre et 6 places par genre en vitesse.
Qualification croisée bloc/diff : une idée séduisante… mais ambiguë ?
La fédération internationale confirme la possibilité de qualification croisée entre le bloc et la difficulté. Un grimpeur qualifié dans les deux disciplines ne comptera que pour un seul quota dans le total des 76 athlètes, ce qui permet théoriquement d’augmenter légèrement le nombre de participants dans l’autre discipline.
Sur le papier, le principe semble vertueux. Mais dans les faits, il pourrait produire l’effet inverse… Pour une fédération, un athlète qui se qualifie en bloc et en difficulté ne “rapporte” qu’un seul quota, tout en libérant une place supplémentaire… potentiellement pour un autre pays. Résultat probable : les fédérations seront incitées à spécialiser leurs grimpeurs, plutôt qu’à encourager des profils polyvalents. Attention, cette règle ne concerne pas la vitesse, dont le format reste strictement limité à 14 athlètes par genre, sans possibilité d’extension.

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Sans surprise, le système prévoit également : 1 place par genre et par discipline pour le pays hôte, les États-Unis, si ceux-ci ne se qualifient pas par la voie classique et 1 place d’universalité par genre et par discipline, attribuée par la commission tripartite du CIO, afin d’assurer une représentation mondiale plus large.
Notre analyse
C’est sans doute le point qui fait le plus débat : 12 athlètes par genre et par discipline en bloc et en difficulté, c’est très peu. À ce niveau, les demi-finales risquent d’être expéditives, les finales ultra resserrées, et la compétition olympique pourrait donner une impression de format “miniature” par rapport aux standards des Championnats du Monde ou des Coupes du Monde. À la rédaction, certains vont même jusqu’à estimer que, faute de quotas suffisants, un format combiné bloc/difficulté aurait presque été plus cohérent que trois disciplines séparées avec des champs aussi restreints.
Autre conséquence directe de ces quotas serrés : la représentation internationale risque de se réduire. Les grandes nations de l’escalade mondiale (Japon, États-Unis, France, Slovénie…) auront les moyens d’optimiser leurs quotas, tandis que chaque place “continentale” (Afrique, Océanie notamment) pèsera très lourd dans un champ limité à 12 grimpeurs.

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Enfin, le système interroge par sa densité : Jeux continentaux, Championnats du monde, qualifications continentales, Olympic Qualifier Series… Tout cela pour qualifier un nombre très limité d’athlètes. Un dispositif jugé énergivore, coûteux, et qui pourrait, une fois encore, perturber les saisons de Coupe du Monde 2027 et 2028, avec des grimpeurs qualifiés tôt qui lèveront logiquement le pied…
Un cadre contraint, dicté par le CIO
Ce système s’inscrit dans un cadre fixé par le CIO, avec un quota global non négociable. Dans ces conditions, la fédération internationale a cherché à conserver : plusieurs opportunités de qualification, une représentation continentale minimale, et une logique proche de Paris 2024.
Reste que, pour de nombreux observateurs, le véritable enjeu pour l’avenir de l’escalade olympique sera l’augmentation des quotas, sans quoi le sport risque de continuer à évoluer dans un format trop étroit pour refléter pleinement sa richesse et sa profondeur.
À trois ans des Jeux, les cartes sont désormais sur la table. Pour les grimpeurs et grimpeuses qui visent Los Angeles, le compte à rebours est officiellement lancé !
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