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Alex Honnold réussit son solo intégral du Taipei 101 !

© Coll. Netflix

Cette fois, c’est fait ! Dans la nuit de samedi à dimanche, Alex Honnold a bien réussi à grimper les 508 mètres de la tour Taipei 101 en solo intégral, sans corde ni dispositif de sécurité. Après un report de 24 heures imposé par des conditions météo défavorables, l’Américain a pu s’élancer sur la façade du plus haut bâtiment de Taïwan et mener son projet à terme, sous les yeux du monde entier.

Honnold a débuté son ascension peu après 6 heures du matin à Taipei (heure locale), une fois les surfaces de verre et d’acier parfaitement sèches. L’ascension de la tour haute de 508 mètres lui a demandé exactement 1 heure et 31 minutes et 34 secondes, un temps très proche de ce qu’il avait anticipé. Tout au long de son ascension, le monde entier suivait sa progression dans le cadre de l’émission Skyscraper Live, alternant images en direct, séquences de préparation et réactions de ses proches.

Micro et caméra embarqués, Honnold est resté connecté avec l’équipe de production pendant toute l’ascension. En bas, sa femme Sanni McCandless confiait avant son départ tenter de « rester calme et profiter du moment », tandis que des millions de spectateurs retenaient leur souffle. « Il fait simplement ce qu’il aime », terminait-elle juste avant qu’Alex démarre.


Un solo urbain dans le livre des records

Avec cette ascension, Alex Honnold signe tout simplement le plus grand solo urbain jamais réalisé. Le Taipei 101 dépasse de plus de 50 mètres les tours Petronas à Kuala Lumpur (Malaisie), culminant à 452 m, que le Français Alain Robert avait grimpées en 2009.

Bien que Robert détienne le record de l’ascension du plus haut bâtiment du monde, le Burj Khalifa à Dubaï (828 mètres), celle-ci avait été réalisée avec l’aide d’une corde. Cela fait de l’ascension de Taipei 101 par Honnold le plus grand solo urbain jamais accompli.

© Coll. Netflix

Le tracé n’avait rien d’anodin : sections en dalle au départ, passages plus déversants dans les célèbres « bamboo boxes » de la tour, éléments architecturaux répétitifs mais exigeants, puis un final particulièrement physique dans la flèche sommitale. En termes de difficulté pure, Honnold évoquait un niveau autour du 6c, bien en deçà de ses limites maximales, mais avec une exposition permanente et absolue, pendant plus de 90 minutes non-stop.

Le moment fort de l’ascension

Environ quinze minutes après le début de sa montée, Honnold est arrivé au pied d’une structure d’acier torsadée : le premier des dix “dragons” abstraits du bâtiment, hauts d’environ cinq mètres chacun. « Ils ne vont pas cracher du feu, hein maman ? », a demandé mon fils de trois ans (qui vient tout juste de commencer l’escalade) alors que nous regardions la retransmission.

Honnold a jeté un coup d’œil à travers la vitre devant lui, où un groupe d’enfants s’était rassemblé pour l’encourager. Il les a checkés à travers la vitre, mais ils étaient trop occupés à prendre des photos et des vidéos. « Ah les jeunes d’aujourd’hui… », a plaisanté Honnold en plongeant les mains dans sons sac à pof juste sous le premier dragon. Il a ensuite levé les yeux vers le dévers, observé la structure quelques secondes, avant de s’engager directement sur l’élément. Une fois au sommet du dragon, il s’est retourné vers la foule et a esquissé un petit signe de la main. « Quelle journée à Taipei », a-t-il lancé, avant de reprendre sa progression.

© I-HWA CHENG

Vêtu de son emblématique t-shirt rouge et de chaussons jaunes sur mesure, le grimpeur de 40 ans a atteint le sommet des 101 étages après 91 minutes d’effort. Une fois arrivé en haut, il a pris quelques secondes pour contempler la ville, lever les bras en signe de victoire et immortaliser l’instant par un selfie, sous les applaudissements nourris de centaines de personnes rassemblées au pied de la tour.

Visiblement éprouvé mais souriant, Honnold confiait à chaud : « Je suis vraiment content… et assez fatigué. La fin était très physique, mes bras commençaient vraiment à tirer. »

Un événement qui divise, mais qui marque l’histoire

Depuis son annonce, ce projet suscitait autant de fascination que de critiques… Certains s’inquiétaient du niveau de risque pris par un grimpeur devenu figure publique, mari et père. D’autres questionnaient la pertinence d’un tel événement diffusé en direct sur Netflix. Mais pour Honnold, le raisonnement est resté simple : une autorisation exceptionnelle de grimper sur l’un des plus hauts gratte-ciels de la planète, une ligne dans ses capacités, et une opportunité qu’il ne voulait pas laisser passer.

© Coll. Netflix

La présidente du Taïpei 101, Janet Chia, s’est dite ravie de l’événement, évoquant un « événement épique » qui « valait assurément l’attente », tout en saluant l’engouement du public, certains ayant fait le déplacement depuis Singapour, Hong Kong ou le sud de Taïwan.

Qu’on y voie un exploit sportif, une performance médiatique, ou un mélange des deux, le solo d’Alex Honnold au Taipei 101 restera comme un moment marquant de l’escalade, et plus largement de la relation entre grimpe, médiatisation et grand public. Une fois sur la terre ferme, Honnold a déclaré : « Avec le film Free Solo, j’ai appris que chacun y trouve le message dont il a besoin. Certains y puisent l’inspiration pour relever leurs propres défis, d’autres le déclic nécessaire pour changer quelque chose dans leur vie. Je ne pense pas que quelqu’un regarde ça en se disant : “Je vais me mettre au solo intégral.” Mais souvent, ça rappelle que notre temps est compté, et qu’il faut l’utiliser de la manière la plus significative possible. »

Reste désormais une question, presque devenue une habitude avec lui : était-ce vraiment le dernier ?


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Publié le : 25 janvier 2026 par Nicolas Mattuzzi

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