19 jours de combat : Yannick Flohé réussit “Excalibur” 9b+, la voie la plus dure d’Italie !

© Crimp Films
On connaissait Yannick Flohé pour sa force hors normes, sa polyvalence et son mental d’acier. On savait aussi qu’il sortait d’une année 2025 exceptionnelle, marquée par un 8C flash historique en bloc, une répétition de « Rastaman Vibrations » 9b/+ et une présence constante parmi les meilleurs en Coupe du Monde.
Mais pour ouvrir 2026, le grimpeur allemand a décidé de frapper encore plus fort : il vient d’enchaîner l’un des plus gros projets de sa carrière, « Excalibur » 9b+ à Arco, la ligne la plus dure d’Italie.
« Excalibur » : la voie la plus dure d’Italie
Enchaînée pour la première fois par Stefano Ghisolfi en 2023, « Excalibur » se dresse sur un mur déversant d’environ 40 degrés, où les prises se comptent sur les doigts d’une main. Malgré les nombreuses tentatives de certains des meilleurs grimpeurs du monde, la voie n’avait jusqu’ici connu que deux répétitions : d’abord par Will Bosi, puis par Brooke Raboutou (qui signait au passage la première ascension féminine) début 2025.
La voie a d’ailleurs fait reculer plusieurs grimpeurs de tout premier plan. Adam Ondra lui-même a décidé d’abandonner le projet, en raison d’un risque de blessure trop élevé lié à la seule méthode qu’il pouvait utiliser : les minuscules réglettes l’obligeaient à placer ses doigts dans une position instable, dangereuse pour ses tendons. Quant à Jakob Schubert, nul ne sait s’il reviendra un jour s’y frotter.
De son côté, Will Bosi aura dû multiplier les voyages et cumuler près de vingt jours de travail pour réussir ce qui était alors l’une des répétitions les plus convoitées, en février 2025 (exactement deux ans après la première ascension de Ghisolfi).

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Considérée comme une voie extrêmement dépendante des conditions, « Excalibur » a demandé à Yannick près de dix-neuf sessions de travail pour en apprivoiser toutes les subtilités. L’Allemand découvre la voie en mars 2025. Et dès son premier essai depuis le sol, il monte presque jusqu’au dernier crux. Un début prometteur, qui laisse penser que la réussite pourrait arriver rapidement. Mais la suite va se révéler bien plus imprévisible…
La section basse, qui demande puissance et explosivité, semble taillée pour lui. Pourtant un mouvement va transformer cette voie en véritable combat mental : un bidoigt dans lequel il parvient à peine à rentrer l’index et le majeur. « J’ai dû tomber au moins vingt fois sur ce bidoigt… et plus d’une douzaine de fois juste après », explique-t-il.
Un combat mental
La voie est célèbre pour son côté abrasive et Yannick en fera l’amère expérience : peau arrachée dès le premier run d’un séjour, quatre jours de repos forcé, puis… la même fissure qui se rouvre immédiatement ! Entre conditions délicates, pauses frustrantes et retours incessants sur place, « Excalibur » devient presque une obsession. « À la fin, je ne savais même plus si j’avais encore envie de l’enchaîner. Je revenais, je tentais deux ou trois runs, et je repartais. »

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Pour son dernier trip, il opte pour une nouvelle stratégie : un jour de grimpe, trois jours de repos. De quoi arriver avec une peau impeccable. Cette fois, la marge est (enfin !) suffisante. « Quand j’ai réussi le dernier mouvement, j’ai presque été surpris. »
Une réussite qui s’inscrit dans une année 2025 phénoménale
L’enchaînement d’ « Excalibur » vient couronner une liste de belles performances :
- « Story of Three Worlds » 8C+, répétée en février
- « Foundation’s Edge » 8C flashé en juillet, un record historique
- « Rastaman Vibrations » 9b/+, dont il a signé la première répétition en août
- vainqueur du Rock Master en octobre
- une régularité en Coupe du Monde de difficulté (6ème au classement mondial)
Et maintenant ?
Pour 2026, l’Allemand annonce vouloir : continuer les Coupes du Monde de difficulté en Europe et se lancer dans un nouveau projet… mais cette fois « une voie longue, avec des prises confortables », plaisante-t-il. De quoi souffler un peu après l’intensité d’Excalibur.
Quant au bloc ? Rien de prévu dans l’immédiat : « Je n’ai pas fait de bloc depuis un moment, et ça fait du bien de me concentrer sur l’entraînement et les projets qui me motivent vraiment. »
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