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Test matos: 6 sacs d’escalade au banc d’essai.

- Le 19 avril 2018 -

Le printemps arrive avec son lot de bonnes nouvelles. Les jours s’allongent, le soleil refait son apparition, les températures augmentent… bref la saison des apéros/terrasse, que dis-je, de la grimpe en falaise est lancée !

Une chose est sûre, votre sac à corde devrait reprendre du service. Nous avons choisi et testé 6 modèles différents pour vous proposer ce dossier. 6 sacs aux cahiers des charges bien différents, que ce soit en termes d’utilisation, de taille et de prix. Il y en a donc pour tout le monde et surtout, pour toutes les bourses.


 

Quelle belle découverte que ce sac BOREAL !!! Avec ses 50L et son nom évocateur de doux souvenirs ensoleillés, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas déçu.

Bien structuré, ce sac se tient bien (malgré l’absence de cadre interne) et une fois ouvert, on a le sentiment d’être face à une valise de voyage, tel un trou sans fond qui ne cesse d’épater par son volume parfaitement exploitable. Boréal n’est pas allé chercher le moindre petit volume, la moindre aspérité pour pouvoir annoncer 50L. Avec sa forme très « cubique », le chargement est très simple. On peut aisément mettre du matos pour deux personnes : une corde de 80 mètres, deux baudriers, deux paires de chaussons, la quincaillerie, deux bouteilles d’eau… Bon, je vous l’accorde, ça peut faire lourd sur des longues marches d’approche mais au moins, on arrive échauffé ! Un argument de poids par exemple pour les couples qui doivent aussi emmener les bambins avec eux et tout ce que cela implique (jeux, changes, trottinette, draisienne, piscine à balle, lit parapluie, chauffe biberon, table à langer…).

Mais ce sac n’a pas que 50L à faire valoir ! Il faut souligner un confort exemplaire (même chargé) avec un rembourrage très convaincant. Les bretelles sont confortables et munies de sangles sternale et pectorale pour assurer une bonne stabilité. Seule la ceinture trop minimaliste pourrait faire l’objet d’un effort supplémentaire pour parachever ce très bon produit.

Faussement « basique », ce sac continue d’épater son petit monde  en y regardant de plus près. Des poches partout, trois porte-matériels, une bâche à corde (un peu fine à notre goût), un porte casque en filet élastique (qui peut aussi servir à mettre vos chaussons pour les laisser à l’air libre) et, clou du spectacle, un petit matelas amovible !! Si si, je vous jure !! Et croyez-moi que l’on prend vite goût à ce petit détail lors du pique-nique, de la sieste… Ce matelas se range contre le dos et permet aussi de vous protéger et d’augmenter le confort du sac. Vous savez, ce foutu mousqueton mal rangé qui vient vous appuyer dans le dos…

On pourrait reprocher son compartiment unique et l’absence donc de cloison. Mais cela reste du conditionnel et soumis aux attentes de chacun. On reprochera par contre l’absence d’une vraie poche hermétique pour le stockage de la magnésie et des sacs à pof. Les petits gabarits seront sans doute gênés par sa grande taille.

Ce BOREAL Rambla 50 se caractérise donc par un volume important et une simplicité d’utilisation qui facilite la vie et vos sorties en falaise. Confortable, bien pensé et très robuste, il ne demande qu’à devenir votre compagnon d’aventure. Comptez 100 euros pour acquérir ce vrai baroudeur. Notre coup de cœur !!


Très inspiré des sacs de hissage de la marque, ce Creek Transit  en reprend donc les codes dans sa forme générale et ses matériaux. Mais la ressemblance et surtout le programme n’ont absolument rien à voir. BLACK DIAMOND s’adresse avec ce modèle aux grimpeurs des villes qui trouveront là un compagnon parfaitement adapté à la vie urbaine au quotidien, avec en prime un design qui respire fort l’escalade et l’alpinisme tout en restant très élégant.

32 litres, c’est son volume. Pas trop gros pour ne pas être encombrant lors de vos déplacements mais suffisamment pour y ranger tout le nécessaire pour se rendre dans votre salle de bloc après le taf.

Ce volume est séparé en deux compartiments. Vous  pouvez ainsi dissocier vos chaussons et vos habits plein de pof et de sueur du reste de vos affaires avec un accès par le haut et un autre par le bas.

Si vous faites vos trajets en vélo ou en deux roues, vous apprécierez sa forme fine et le tissu parfaitement étanche et facile à nettoyer avec lequel il est fabriqué. Pour les adeptes des transports en commun, sachez aussi que ce sac possède un fond plat et qu’il tient très bien debout. Parfait donc pour mettre entre ses jambes et facilement déplaçable avec sa large poignée sur le dessus du sac. Enfin, la ceinture ventrale est amovible. Un détail certes, mais qui a de l’importance. Autant ces ceinture sont parfois pénibles au quotidien (ça pendouille et on ne sait jamais quoi en faire…), autant elles deviennent indispensables sur un vélo et à plus forte raison sur une moto…

Les poches présentes sont multiples et répondent à tous nos besoins. BLACK DIAMOND a même jugé bon d’intégrer un compartiment pour ordinateur portable jusqu’à 15 pouces. Bien vu !!

Vous aurez compris que ce sac n’est pas franchement prévu pour se rendre aux pieds des voies à Céuse, son confort se trouvant assez limité quand le sac devient lourd. Mais il y a fort à parier qu’il vous accompagne partout et par tout temps tel un sac à main.

Minimaliste, épuré, sobre, classe, les adjectifs ne manquent pas pour ce Creek Transit qui n’oublie surtout pas d’être avant tout efficace. Un concept et un parti pris très intéressant de la part de BLACK DIAMOND qui étale une fois encore tout son savoir-faire. Une pépite à 120 euros tout de même.


En affichant le tarif le plus élevé de ce test (130€), ce Néon Gear avait un peu de pression sur les épaules. Bon, la pression est très vite retombée…  Ce sac est tout simplement une merveille que l’on apprend à aimer chaque jour un peu plus. Il faut avouer que le coup de foudre n’a pas été immédiat. Très sobre, voir « quelconque » diront certains, ce sac MAMMUT ne vous rend pas gaga à l’ouverture du carton, la marque Suisse n’étant pas habituée à faire dans le « tape à l’œil ».

Avec Mammut, vous rentrez dans le monde de la haute couture, dans le luxe oserais-je même dire. Chaque détail, chaque finition, chaque équipement est bien pensé et respire la qualité… suisse !

Le sac s’ouvre par le dessus et par le dos pour avoir accès à l’ensemble du volume. Une multitude de poches permettent de ranger beaucoup d’affaires. On s’y perd un peu au début !! « Mais où ai-je mis mon strap ??!! ». Point important, une poche amovible et bien étanche est dédiée au transport de la magnésie et de votre sac à pof. Merci !

Ce Néon Gear est le seul sac de notre sélection à être doté d’une armature qui lui permet de conserver sa forme dans le temps et d’être plus facile à charger. Annoncé avec un volume de 45L, ce sac n’est finalement pas si gros. Assez profilé, vous ne mettrez que les affaires d’un seul grimpeur à l’intérieur et la corde viendra se mettre par-dessus (une sangle est prévu à cet effet). La qualité de portage est bluffante. Ultra confortable, ce sac se fait très vite oublier, même sur des marches d’approche longues. On ressent le savoir-faire de MAMMUT dans la conception de sac à dos. Le dessin des bretelles permet une totale liberté de mouvement, la sangle sternale, munie d’un sifflet de secours, est ajustable en hauteur et la ceinture ventrale, bien que minimaliste, fait le job et peut se ranger lorsque l’on ne l’utilise pas. Ce Néon Gear est donc plus proche d’un sac à dos de rando que d’un sac à corde.

MAMMUT reste fidèle à ses valeurs en proposant un produit très abouti, robuste, sobre et très bien fini. Les habitués de la marque suisse ne seront pas déstabilisés. Proposé à 130 euros, ce Néon Gear est cher mais justifie son prix par son très haut niveau de finition. Un bel objet que l’on a eu du mal à traîner dans la poussière, de peur de l’abîmer…


La marque Galloise DMM propose un produit très abouti avec ce Flight 45. On est tout de suite emballé dès la découverte de ce sac : « c’est beau, c’est propre et ça a l’air sérieux ! ».

La prise en main est étonnante car ce sac a une conception particulière qui le rend atypique et singulier : le Flight s’ouvre en deux telle une valise de voyage.

On se retrouve face à deux compartiments que l’on prend plaisir à ranger et à organiser. Un vrai petit paradis pour ceux qui souffrent de troubles compulsifs du rangement. Le premier compartiment (collé au dos) permet de ranger votre corde et votre quincaillerie. Une grande bâche verrouillable avec une sangle est fournie dans le sac. Une poche complète ce compartiment pour mettre en sécurité vos petits effets personnels comme les clefs (pratique même si l’on préfère que ce type de poche soit accessible sans ouvrir le sac…).

L’autre compartiment, fermé par un filet, permet de ranger vos chaussons, vêtements, baudrier, pique-nique… Il faut noter la présence d’une grande poche accessible par l’extérieur du sac que nous avons utilisé pour le transport (toujours problématique) de la magnésie.

Le volume de 45L annoncé est parfait pour aller en falaise et permet d’emmener un équipement complet sans jouer à Tétris pour tout faire tenir.

Ses qualités de portage sont excellentes. Les bretelles sont parfaitement dessinées et ne font jamais mal, même le sac bien chargé. La sangle thoracique (ou sternale) est réglable en hauteur et la ceinture ventrale est tout simplement la meilleure du marché. Dommage que DMM n’est pas muni son sac de sangles pectorales (appelées aussi sangles de rappel de charge) surtout avec un volume de 45L qui induit un poids potentiel assez élevé.

Le niveau de finition fait partie des meilleurs avec une accessoirisation vraiment top. Le sac est aux dimensions « cabine d’avion » et présente de nombreuses poignées pour être porté dans tous les sens.

On reprochera peut être le fait d’avoir à mettre le dos au sol pour le chargement/déchargement des affaires. Selon le type de terrain rencontré cela peut être gênant. On peut rapidement avoir la mousse du dos sale et pleine de poussière… Quelques poches supplémentaires n’auraient pas été de trop pour assouvir nos troubles du rangement. Surtout quand ce sac devient votre meilleur compagnon, on apprécie d’avoir de multiples poches pour ranger tout son attirail (couteaux, briquet, PQ, les bagues de madame, un petit caillou que l’on trouvait beau, un cendrier de poche parce que les mégots ça se met à la poubelle hein…).

La marque Galloise DMM propose un très beau sac, sérieux et bien fini, avec en prime une conception différente de la concurrence. Un sac capable de vous accompagner lors des longues marches d’approche, même bien chargé. Proposé à 105 euros, le prix est  plutôt bien ajusté au regard de la concurrence.


 

Proposé au tarif de 50€, ce sac est tout simplement le moins cher de notre sélection (et un des moins chers tout court du marché par ailleurs).

D’une conception très basique, ce sac invite à une utilisation qui l’est tout autant. On ouvre, on charge et on referme ! Bon il faut malgré tout faire attention car l’absence de protection dorsale impose un minimum  d’organisation pour s’éviter  des points douloureux dans le dos. Mais si cette étape n’est pas négligée, ce sac à corde est étonnamment confortable avec ses belles épaisseurs de mousse. Deux grandes poches pouvant accueillir des bouteilles d’eau, gourde… sont présentes de chaque côté du sac. On apprécie d’ailleurs la présence de rabats qui rendent ces deux poches un peu plus « hermétiques ». Une bonne idée car c’est souvent dans ces poches que finissent les emballages de nos barres chocolatées préférées et autres détritus qui finissent trop souvent dans la nature…

On regrette toutefois la trop faible quantité de poches pour ranger ses « p’tites affaires ». Autre point négatif : son ouverture à l’extérieur. Cette configuration  oblige à poser le dos du sac au sol et de le retrouver sale, plein de poussière ou mouillé. Un phénomène corrigé avec le modèle Roxbag (10€ plus cher).

Un sac à corde « premier prix » adapté à tous ceux qui découvrent l’activité et désireux de ne pas se ruiner. Ce Campack  sera aussi un bon compagnon tant que la marche d’approche ne sera pas trop longue pour se rendre aux pieds des voies.

Un joli sac à corde aux couleurs flashies qui séduira forcément par son prix très accessible et par ses qualités premières que sont son volume important et sa simplicité.


Il y a des choses comme ça qui entrent dans votre vie et qui vous accompagnent sans même que l’on s’en rende vraiment compte. C’est le cas par exemple du sac Béal devenu au fil du temps une véritable icône et qui semble toujours avoir été là. « On en a tous eu un non ?! »

Ce Combi est probablement un des tous premiers sacs à corde et il a rencontré un fort succès dès sa sortie. Le temps est passé, des modifications ont été apportées, et ce sac demeure encore une valeur sûre !

Face à une concurrence féroce, Béal continue d’écrire l’histoire en s’appuyant sur des bases solides. « Solide ? Vous avez dit solide ? »

Ah non, ce sac n’est pas solide, il est indestructible !! Franchement, je pense que Béal est à l’origine d’une très vilaine habitude qui veut que l’on jette son sac au pied de la falaise.  Le regard noir, déterminé, le mental gonflé à bloc, le grimpeur s’avance tel un cowboy défiant en duel sa voie. Il enlève une bretelle, puis l’autre et jette son sac au sol. Un dernier regard sur le relais et d’un geste sûr, il ouvre son sac en deux. Tout est là, accessible et prêt à en découdre !

La vie est comme ça avec ce Combi Cliff : tout en simplicité.

Les qualités de portage ne sont pas de premier ordre. Facturé à 60€, on ne pouvait s’attendre à beaucoup plus. Bien chargé, les trapèzes souffrent sur de longues approches. Si le dos est mieux protégé que sur le sac Camp avec un petit insert en plastique limitant les points d’appuis saillants, il faut là-aussi faire un peu attention au rangement. Mieux vaut ne pas le charger à la pelle sous peine de le regretter.

Ce sac a le volume nécessaire pour emmener tout le nécessaire d’une journée en falaise pour une personne. Le sac s’ouvre en deux et dans les deux sens pour plus de praticité. Deux poignées permettent de déplacer ses affaires d’une voie à une autre sans avoir à tout ranger. La présence d’une seule petite poche fermée dans le sac gâche un peu le tableau. Pourquoi ne pas mettre une poche fermable extérieure ? On sort le sac du coffre, on ferme et on se retrouve avec les clefs dans la main à devoir ré-ouvrir son sac pour atteindre cette petite poche mal placée…

Limité en portage pur mais agréable en utilisation « normale », ce Béal reste une valeur sûre qui vous accompagnera longtemps, très longtemps… L’histoire continue !

Publié le : 19 avril 2018 par Vincent 2 457 vues

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