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Portrait de Romain Desgranges, ou comment passer du 6a au rang de numéro 1 mondial.

20 ans. C’est le temps qu’il a fallu à Romain Desgranges, pour passer du statut de grimpeur lambda sans capacité, au rang de numéro 1 mondial que tout le monde idolâtre.

Son parcours fait rêver plus d’un grimpeur. Il est celui qui démontre que tout est possible. Que le talent n’y est pour rien. Qu’en travaillant encore et encore, qu’en s’accrochant toujours à ses rêves, tout devient possible. Son sponsor principal le lui rappelle si bien : « impossible is nothing ». À ces quelques lettres, Romain s’y est accroché, pour bâtir son destin.

Portrait de Romain Desgranges, qui, à 35 ans, vient de réaliser la plus belle de ses saisons.

Une enfance qui ne le prédestinait pas à devenir champion…

Petit, Romain ne rêvait que d’une chose : s’inscrire dans un club de foot pour suivre balle aux pieds, les traces de son idole, Zinedine Zidane. Il faut dire qu’en terre stéphanoise, le foot est légion. Mais ses parents en décideront tout autrement, en l’inscrivant au club de sport de son collège. Seul le badminton, le volley et l’escalade y sont proposés. Bourrique, Romain ne veut même pas choisir… C’est donc son père qui s’en chargera et cochera la case « escalade » sur le formulaire d’inscription, un peu par hasard. Romain a 14 ans, il est en 4ème et c’est la première fois qu’il réalisera un nœud de huit.

Comme quoi, le destin d’une vie tient à peu de choses ! commente Romain

Contre toute attente, le petit stéphanois prend très vite goût à ce sport. « C’est devenu une évidence pour moi. J’ai su dès que j’ai commencé, que je voulais organiser ma vie autour de l’escalade ». Si vite, que deux ans plus tard, Romain demande à intégrer le lycée du Fayet, tout proche de Chamonix, qui propose une classe en section sport-études escalade.

Mais difficile d’être admis dans ce type de structure, qui n’accepte que les meilleurs élèves ayant à la fois un niveau élevé en sport et un bon dossier scolaire. À l’époque, mourant d’envie de passer le plus clair de son temps à grimper, Romain n’hésite pas à falsifier son dossier : bien sûr qu’il grimpe déjà dans le septième degré, voyons !

Mais dès la rentrée, Fabrice Judenne, l’entraîneur de cette classe de sportifs, se rend bien compte de la supercherie. Alors que ses camarades sont quasiment tous en équipe de France, Romain grimpe tout juste dans le 6a. L’entraîneur chamoniard met rapidement les choses au clair : « Puisque tu as menti sur ton dossier, je ne m’occuperai pas personnellement de toi. Tu suis ou tu ne suis pas les entraînements, je ne viendrai pas te chercher ».

20 ans plus tard, Fabrice Judenne a toujours les yeux rivés sur Romain Desgranges. Qui l’eût cru ? Le chamoniard d’adoption s’est accroché et a travaillé, encore plus que ses collègues de classe d’autrefois, pour atteindre son niveau actuel.

Aujourd’hui, Fabrice est toujours l’entraîneur du club de Chamonix, et Romain, toujours son poulain. Après 20 ans passés ensemble, un simple regard leur suffit pour se comprendre. Jamais ils ne se sont séparés.

Entraîneur/Entraîné: une complicité depuis toujours | © FFME

Mais revenons à la jeunesse de Romain…

Depuis 1999, Chamonix accueille chaque année au mois de Juillet le Festival international d’escalade. Jeune, Romain a toujours fait partie des bénévoles de son club à assurer des grimpeurs  de renom comme François Petit, Yuji Hirayama ou François Legrand. En train d’assurer ces stars mondiales, il se promet qu’un jour il sera à leur place, et grimpera lui aussi en finale d’une Coupe du Monde, au milieu des meilleurs athlètes de la planète…

Romain choisit alors de faire de l’escalade sa vie, comme il l’avait toujours rêvé depuis ses débuts. Il obtient son bac, puis se dirige vers le métier de professeur d’escalade. Il passe alors le plus clair de son temps à grimper, grimper et encore grimper.

Mais malgré un investissement total, les résultats tardent à arriver…

Pas grand monde croyait en moi il y a 10 ans… Pas énormément non plus il y a 4 ans. L’an dernier, beaucoup pensaient que ma 3ème place au général était l’aboutissement de ma carrière. Au final, je suis toujours là. Moi, je sais que je peux y arriver. J’ai la chance d’avoir un entourage, une tribu très proche qui adhère à mon projet, et le fait qu’ils s’investissent à mes côtés me donne encore plus de crédit !

Il participera à ses premières compétitions internationales à l’âge de 21 ans, alors que les Coupes du Monde sont encore gérées par l’UIAA, l’Union Internationale des Associations d’Alpinisme. Ces résultats ne seront pas glorieux et Romain terminera 44ème du classement mondial à la fin de la saison. Mais à chaque défaite, il rentre à Chamonix avec l’envie de travailler ses lacunes, nuits et jours. C’est ce qui fait la force de Romain. Il mange escalade, il dort escalade, il pense escalade. Défier la gravité devient sa principale préoccupation. Et à chaque défaite, Romain travaille, encore et encore. C’est sûrement l’un des plus acharnés du circuit mondial, un boulimique de l’entraînement. Il a besoin de rentrer chez lui avec les bras en compote, sans être capable de tenir la fourchette à l’heure de diner. Là, Romain a le sourire. Il sait que l’entraînement quelques heures plus tôt a été une bonne séance.

Car non, Romain ne possède pas de capacités physiques qui lui permettent d’être bon dans ce sport. Non, il n’est pas né champion. Il n’est pas doté d’une force exceptionnelle ou d’une capacité à retarder l’arrivée de l’acide lactique dans ses avant-bras. Sa réussite d’aujourd’hui, il la doit à son travail de toujours.

Aujourd’hui, je ne suis toujours pas capable de faire 20 tractions d’affilée, je ne fais pas la planche et encore moins la traction 1 bras et Manu Romain me met toujours la misère en no-foot… Bref, exactement comme quand j’étais 50ème mondial. »

Romain Desgranges, un acharné de l’entraînement…

En parlant de classement, il faudra attendre 15 saisons pour que Romain atteigne la place ultime, celle de numéro 1 mondial.

De 2004 à 2010, il oscillera entre la 24ème place au classement mondial et la 11ème.

Puis, il semble passer un cap à partir de 2011, où jusqu’en 2015, il terminera 5ème.

L’année dernière, Romain réalisait sa meilleure saison, terminant sur le podium du classement général, à la troisième place derrière Domen Skofic et Jakob Schubert. Et la saison qui allait suivre lui réservait bien des surprises…

Une année 2017 en or !

Alors que beaucoup pensent que Romain a atteint son apogée l’année dernière et qu’il va maintenant s’éteindre à petit feu, comme le fait l’espagnol Ramon Julian, il en est tout autre ! Cette saison 2017 sera de loin la plus belle pour le chamoniard.

Après un énième hiver passé à s’entraîner dans le gymnase de l’ENSA à Chamonix, le premier rendez-vous international de l’année avait lieu en Italie, à Campitello di Fassa. Une compétition d’échauffement ? Pas tellement. Cette année, la saison démarrait fort, par le Championnat d’Europe de difficulté.

Alors que Romain dit ne pas avoir de superbes sensations, voilà qu’il est le seul grimpeur à enchaîner les deux voies de qualification. Il termine 1er des qualifications, avant de renouer avec la première place lors des demi-finales, étant le compétiteur à monter le plus haut dans la voie. En finale, même Adam Ondra ne pourra rien faire contre notre français, qui s’adjuge de nouveau la première place s’offrant pour la deuxième fois de sa carrière le titre de champion d’Europe.

Jamais je n’aurais cru commencer la saison aussi fort ! Je m’étais beaucoup entraîné, sérieusement, mais je ne me sentais pas super fort, en tout cas pas avec des « super pouvoirs » pour faire trembler les compétitions ! Pour les Championnats d’Europe je m’étais conditionné à être secoué et à me dire que la place en finale allait être dure à aller chercher… J’étais le premier surpris d’avoir dominé des qualifs aux finales cette première compèt ! C’est mieux quand ça se passe dans ce sens-là ! Commencer directement par une victoire m’a relâché. À partir de là, ma saison était déjà réussie ! »

Le podium des Championnats d’Europe | © Ralf Brunel

Et ce n’était qu’un début pour Romain. À peine le temps de rentrer à Chamonix, qu’il faut déjà repartir pour la première étape de Coupe du Monde de la saison, à Villars, en Suisse. En finale, Romain Desgranges est énorme et sera une nouvelle fois le grimpeur à monter le plus haut dans la voie. Après être monté sur la plus haute marche du podium européen, voilà que le français réitérait quelques jours plus tard à l’échelle mondiale. Alors que Romain ne se sent pas au top de sa forme, voilà qu’il remporte deux compétitions des plus prestigieuses. Comment expliquer ce paradoxe ?

Je dirais que c’est le jeu de la compétition ! C’est un immense mix entre plusieurs paramètres malheureusement incontrôlables. En compétition, ce n’est pas forcément le plus fort ou le plus méritant qui l’emporte, c’est le plus performant le jour J. C’est très frustrant quand ça se passe dans l’autre sens, que tu te sens en forme et que tu t’es investi mais que ça ne paye pas…
Sur 100 compétiteurs, sûrement 99 méritent de gagner, mais au final, il n’y en aura qu’un.
Sur ce début de saison, si je n’étais pas au top de ma forme, je grimpais à 140% de mes capacités… Un classement en compétition ne se joue pas au mérite, mais à la performance. »

Vient la traditionnelle étape mondiale de Chamonix. Devant son public, Romain ne bronche pas en finale. Premier concurrent à s’élancer, la place du Mont-Blanc exulte en voyant son fils d’adoption enchaîner la voie sans trembler. Mais quatre autres finalistes  réaliseront la même performance. Terminant au pied du podium, Romain a peu de choses à se rapprocher.

Au sommet de la voie de finale chamoniarde | © Rémi Fabregue / FFME

Et très vite, le chamoniard aura l’occasion de se venger. Rendez-vous à Briançon, pour la deuxième étape française du circuit mondial. Dès les qualifications, Romain reprend les rênes. Il ne quittera pas la première place, des qualifications jusqu’aux finales. Cette fois-ci, c’est le quartier Berwick qui explose de joie !

« Allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé… » La Marseillaise résonne à Briançon, et l’équipe de France est réunie au grand complet au pied du podium pour l’entonner à plein poumon.

Alors, quel goût elle a cette victoire française ?

Dans l’idée, il n’y a pas d’énorme différence entre gagner à Briançon ou à Tombouctou. Si ce n’est l’idée de rappeler à Manu Romain que le capitaine du Black Pearl c’est moi ! Plus sérieusement, l’avantage c’est que les amis, la famille, tout le monde est là, ils profitent du spectacle en direct et savourent eux aussi un peu cette victoire. Mais je dois t’avouer que les quelques minutes de Marseillaise étaient assez frissonnantes ! »

Explosion de joie à Briançon ! | © Nicolas Mattuzzi

Et cette médaille d’or n’allait pas être la dernière pour Romain… Passé l’étape italienne d’Arco, rendez-vous cette année dans une nouvelle ville pour une nouvelle étape de Coupe du Monde : Edimbourg. De nouveau en finale, le leader de l’équipe de France est inarrêtable. Il passe le crux où bon nombre de grimpeurs sont tombés, pour continuer encore quelques mouvements, savourant cette nouvelle victoire internationale. Et une nouvelle Marseillaise, une !

Avec cette nouvelle victoire, on est alors en droit de se demander ce que Romain a changé l’hiver dernier pour être si fort cette année. Mais pas de recette miracle, pas de révélation, pas de changement majeur pour Romain :

Ma préparation a été dans la lignée de ces dernières années. C’est d’ailleurs peut-être ce qui a joué en ma faveur. Beaucoup de grimpeurs ont commencé à se diversifier et à jouer en bloc et en vitesse en vue des J.O. De mon côté, j’ai gardé le cap de la difficulté à 100% et c’est sûrement ce qui m’a permis de prendre le dessus en début de saison !

Travailler, travailler et encore travailler, garder le cap quel que soit le résultat. J’espère inspirer quelques grimpeurs et leur montrer que tout est possible quand on se donne les moyens d’y arriver ! Et aujourd’hui c’est pareil, si je veux avoir des résultats la saison prochaine il y a beaucoup de travail. Il n’y a malheureusement pas de secret. »

Travailler, travailler et encore travailler… | © Sébastien Tavares Gomes

L’arrivée de sa petite fille Rose, y est tout de même pour quelque chose. À Chamonix, la famille Desgranges s’est agrandie, de quoi amener une bonne dose de bonheur et de joie au milieu de toute cette magnésie :

Ma petite famille, ma fille et ma compagne me donnent une énergie sans fin… Ces instants de vie t’apportent des bouffées d’oxygène qui n’ont pas de prix.  Et d’un autre côté ça te fait relativiser les réussites et surtout les échecs… Jouer et rigoler tous ensemble vaux toutes les victoires de Coupe du Monde. »  

Mais la saison de Romain va prendre un nouveau tournant au mois d’Octobre. Alors que Romain est en tête du classement général pour la première fois de sa carrière, il a accumulé tellement d’avance qu’il peut remporter le titre mondial sans même attendre la dernière manche de l’année.

Pour cela, deux occasions s’offrent à lui : les étapes chinoises de Wujiang et Xiamen. Malheureusement, tout ne se passera pas comme prévu, et au lieu de boucler la victoire au général lors de ces étapes, Romain se laisse rattraper par l’italien Stefano Ghisolfi, son plus proche rival.

Bien évidemment c’était dur. Je pouvais plier directement la Coupe du Monde, mais finalement non… Heureusement Stefano n’a pas saisi l’occasion. Le plus difficile et le plus long a été les 3 semaines entre la Chine et la Slovénie où j’étais vraiment fracassé, mais il fallait travailler dur et garder un niveau d’intensité physique et mentale très élevé pour conclure l’affaire. »

Focus avant une dernière étape décisive…

Comme Romain le dit si bien, la dernière étape de Coupe du Monde de la saison allait donc être décisive. Et c’est Kranj, en Slovénie, qui accueillait comme chaque année cette ultime manche mondiale. Heureusement, Romain Desgranges, alors en tête du classement a suffisamment de points d’avance pour avoir une petite marge de manœuvre. Après quelques calculs, le verdict tombe : si Romain veut l’emporter sans se soucier du résultat de l’italien, il doit terminer parmi les 14 premiers de cette étape.

Comme je te disais, j’étais au bout du rouleau, je payais mon début de saison en surrégime. Dure de rester 6 mois à 150%… Le scénario était suffisamment favorable pour ne pas (trop) y penser et ne chercher qu’à bien grimper, mais comme toujours, c’est plus facile à dire qu’à mettre en place. »

Et pour éviter de ne subir trop la pression lors de cette dernière étape, Romain s’est mis en tête que le titre mondial était déjà gagné avant même de participer à cette Coupe du Monde slovène. Une technique mentale afin de s’ôter la pression du résultat et ne penser qu’à sa grimpe.

J’ai essayé de me convaincre que les chances de ne pas gagner étaient tellement infimes que je n’avais pas besoin d’y penser… Mais bon, une fois sur place, ça a été un peu plus compliqué. L’ouverture était très poussée, pas forcément dans des styles que j’affectionne, voire même l’inverse. La victoire ne m’était pas servie sur un plateau. Il fallait encore aller la chercher ! Et pour finir, je n’ai pas vraiment bien grimpé, aucune prise de risque, j’assurais tous les mouvements et du coup, l’exercice a été plutôt laborieux. »

Passé les qualifications, c’est en demi-finale que tout allait se jouer. Une voie, 26 grimpeurs au total et un top 14 à assurer. Au moment de son passage, le staff français retient son souffle. Comme l’a dit Romain, il ne prit pas de risque et assura chacun de ses mouvements. À travers le live retransmis en direct, on a bien cru que les prises allaient se briser sous ses doigts tant le chamoniard serrait fort les préhensions.

Finalement, un mouvement dynamique aux trois-quarts de la voie aura raison de lui. Romain redescend au sol et son regard se rue sur le tableau des résultats. À ce moment, il est assuré d’être dans le top 14 et terminera finalement 9ème, aux portes des finales de cette dernière étape.

Le dernier mouvement de l’année… | © Eddie Fowke

Sur le coup, je suis énervé de rater la finale, entre « valorisé » et « tenu » (d’ailleurs je pense que c’était défendable et qu’on aurait sûrement dû porter réclamation pour que le 35+ se transforme en 36, synonyme de qualification en finale…) Bref, la déception s’est effacée. Le classement général était acquis, c’était écrit noir sur blanc : j’avais gagné la Coupe du Monde ! »

Oui, Romain venait de concrétiser un rêve qui lui était cher : remporter le classement général des Coupes du Monde. Un titre qui récompense le grimpeur le plus régulier et le plus fort, sur toute une saison de Coupes du Monde. L’un des plus prestigieux titres en escalade.

Aujourd’hui je me sens fatigué ! La saison a été longue, j’ai rarement terminé une saison autant sur les rotules, mais le combat valait le coup ! Après, je ne réalise pas particulièrement, si ce n’est par l’ampleur des réactions et des messages que je reçois… Je me dis que l’on a peut-être fait quelque chose de pas mal ! »

Une victoire française au classement général des Coupes du Monde de difficulté ? Une performance qui n’avait plus eu lieu depuis la première place d’Alex Chabot en 2003.

Romain Desgranges, au sommet du podium mondial 2017 | © Eddie Fowke

Aujourd’hui, le palmarès de Romain Desgranges est l’un des plus beaux du milieu français. Petit à petit, comme il l’a toujours dit, le chamoniard a gravi les échelons, sans brûler d’étape. Avec le temps, le petit grimpeur débutant qui falsifie son dossier est devenu le grand Romain Desgranges, numéro 1 mondial. L’intéressé en rigole :

Ça m’importe peu… Le regard des gens change un peu, mais mon rapport avec la gravité n’a pas changé. Les plats sont toujours aussi plats 😉 »

Et pour parfaire sa carrière, il ne manque qu’un titre à Romain : celui de champion du Monde. Car contrairement aux Coupes du Monde, les Championnats du Monde d’escalade ont lieu une fois tous les deux ans. Cette compétition couronne le meilleur grimpeur du monde, ayant fait ses preuves le temps d’un week-end. C’est la compétition d’un jour.

Et bonne nouvelle pour Romain, dans moins de 10 mois maintenant auront lieu des Championnats du Monde 2018, dans l’énorme complexe d’Innsbruck, en Autriche.

Alors Romain, prêt à aller chercher ce titre ?

Plus que prêt !! Je suis maintenant dédié à 300% à cet objectif. Le combat sera extrêmement dur, mais je vais tout faire pour défendre mes chances et aller chercher ce titre. »

Il ne reste plus qu’une case à cocher…

Et les Jeux Olympiques dans tout cela ? Car pour les jeunes, les J.O de Tokyo en 2020 représentent un objectif sur le long terme. Un pôle France olympique s’est créé à Voiron et de nombreux grimpeurs s’entraînent maintenant pour le combiné difficulté/bloc/vitesse.

En 2020, Romain aura lors 38 ans. Est-ce que l’idée d’aller décrocher une médaille olympique lui trotte dans la tête ?

Eh oui, tout le monde me pose cette question ! Et je vais répondre comme à chaque fois : « il est dur pour un sportif de 35 ans de se mettre un objectif à long terme sur 3 ans, qui demande un chamboulement total de son entraînement ». L’escalade évolue et continue d’évoluer. On l’a vu cette année, dans un style plutôt old-school de rési, je peux encore mettre 10 mouvements à tout le monde… Dans un style plus physique et plus moderne, j’ai du mal à aller en finale. Moi je vois ça plutôt comme des pistes de travail à suivre pour les 10 prochains mois. Si j’arrive à combler ces défaillances, je ne peux être que plus fort !  Je vais donc fonctionner étape par étape. Dans un premier temps, les Championnats du Monde en Autriche et les J.O on verra le lendemain. Si je suis toujours compétitif pour le faire, je ne vais pas m’en priver : j’irais à fond. »

Aujourd’hui, Romain Desgranges ne se repose pas sur ces lauriers. Suite à cet article, vous commencez à connaître le personnage, alors inutile de vous préciser que le numéro 1 mondial a déjà renfilé les chaussons pour reprendre l’entraînement dès aujourd’hui.

L’idée est maintenant d’enchaîner sur un cycle de force et bloc. Justement pour rattraper mon retard dans ce style et devenir un « japonais » dans 4 mois qui tient toutes les prises sans les pieds et court sur les volumes… Avant de repartir dans la rési que j’affectionne tant. »

Le mot de la fin ?

« J’irai au bout de mes rêves.
Tout au bout de mes rêves. »

Les paroles de Jean Jacques Goldman résonne en boucle dans sa tête. Le voici dans la dernière ligne droite de la piste qui mène jusqu’à ses rêves. Pas à pas, mouvement après mouvement, Romain s’en est approché. Du titre de champion du Monde, il n’en a jamais été aussi près.

Merci à tout le monde pour vos messages et votre confiance. »

Une histoire de premières…

Publié le : 22 novembre 2017 par Nicolas Mattuzzi 13564 vues

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