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Test matos: les chaussons BOREAL Diabolo

Boréal a choisi de modifier en profondeur un de ses modèles à succès: le Diabolo (nommé Diabola pour sa version femme). Ce modèle se situe dans la catégorie des chaussons intermédiaires, avec pour ambition d’accompagner des grimpeurs en progression sur tous les terrains (blocs, voies, indoor).

Nous avons soumis ce nouveau modèle à trois profils différents: un top grimpeur falaisiste, un grimpeur confirmé niveau 7a et un grimpeur en progression niveau 6a falaise.

Le chausson est esthétiquement réussi et a séduit son monde cet été. Ce Diabolo est très facile à enfiler grâce à une grande ouverture. Le chausson est large au niveau des orteils pour ne pas être trop contraignant et s’adapter à tous types de pieds. Deux gros et efficaces velcros sont présents pour venir fermer le chausson.

Le confort général est très bon avec un choix de matériaux (cuirs synthétiques) très doux, bien assemblés et une construction « tige plate » qui ne martyrise pas les orteils. Bref, ce Diabolo répond donc parfaitement au cahier des charges propre à sa catégorie.

Une fois aux pieds, la sensation de confort perdure. Le talon épouse bien le pied et se montrera performant en crochet. Ce Diabolo est construit sur une tige plate (il n’y a donc pas de cambre sous le pied) avec une pointe relativement asymétrique (parmi les plus asymétriques de la catégorie) en vue d’apporter un maximum de précision.

Place à la grimpe:

En bloc, ce Diabolo s’est montré au niveau de ce qu’on pouvait attendre de lui. Précis, il permet de charger les petites prises et sa souplesse devient un allié pour exploiter les bossettes et grimper les pieds à plat. Ce Diabolo est équipé de la gomme  Zénith qui équipe les tops de chez Boréal. Une gomme souple et adhérente en phase avec l’activité bloc. Le talon est efficace avec une belle tenue et une bonne protection. Le confort est bien là et permet de garder le chausson entre deux essais. Les grimpeurs forts lui trouveront toutefois des limites (manque de griffé, peu de répondant sous le pied,…) et c’est bien normal.

En falaise, ce Diabolo a un peu souffert. Il est apparu très souple, trop même pour cet usage. Lors des appuis sur toutes petites prises, le chausson se déforme et plie: fatiguant pour les pieds et les mollets. Sur des profils très « dalles calcaires », notre grimpeur en progression aurait aimé être un peu plus aidé par un apport de rigidité.

Les deux grimpeurs forts ont été du même avis et notre expert s’est même permis de retailler la pointe. En effet, la gomme dépassait exagérément sur nos modèles d’essai (voir photos ci-dessous). Sur petites prises, cela procure la sensation étrange d’avoir la zone de contact avec le rocher différente de la zone de pression des orteils. De plus, cette excroissance se déforme en un bourrelet et provoque des zippettes.

Une fois la pointe retaillée, cette souplesse continue d’interpeller. Beaucoup de chaussons proposent un niveau de souplesse égal voire supérieur. Mais cette souplesse doit être contre-carrée par une tension générale liée à la poussé du talon. Plus on pousse sur les pieds, plus le chausson se déforme et plus le talon pousse vos orteils sur la pointe pour amener de la force et du peps. Hors sur ce Diabolo, le talon et la pointe semblent désunis. Les qualités du talon sont donc amoindries par la rupture de continuité de la semelle (la faute à cette bande verte insérée au milieu de celle-ci?).

Attention: Notre grimpeur en progression n’a pas repéré et donc pas souffert de ces phénomènes. Son niveau l’explique sûrement et son gabarit (très léger) doit aussi tempérer ces constats.

En salle, le tableau devient plus idyllique. On peut enchaîner de belles séances en profitant du confort de ce Diabolo. La souplesse générale et sa gomme Zénith deviennent des alliés même dans des voies d’un niveau supérieur à son programme. Boréal a choisit en plus de mettre une belle épaisseur de gomme (4,5 mm!) pour assurer à son nouveau venu une durée de vie exemplaire.

C’est finalement en salle et en bloc que ce chausson marque des points. Sa souplesse permet de belles adhérences et un bon travail du pied sur les prises rondes. Les forts grimpeurs lui trouveront forcément ses limites et c’est bien normal.  Mais pour les autres, les performances et le confort assureront d’agréables séances dans leur salle préférée.

Conclusion:

Ce Diabolo laisse donc un sentiment mitigé. Notre grimpeur en progression a beaucoup apprécié ce chausson qu’il a perçu comme précis et surtout très confortable. L’avis de grimpeurs confirmés et experts nous permettent d’étayer ce test et d’émettre quelques doutes sur la capacité de ce Diabolo à vraiment accompagner le grimpeur vers le 7ème degré et à le faire progresser en falaise.

Le cahier des charges est donc respecté par Boréal et ce Diabola, qui possède de bons arguments pour séduire des grimpeurs en quête d’un chausson facile, de bonne qualité et capable de les accompagner sur la voie du 6ème dégré.

Un grand merci à ceux qui ont participé à ce test et à Jean-Luc JEUNET pour son expertise.

Merci aussi et surtout à Boréal qui se prête au jeu des tests avec professionnalisme et disponibilité.

D’autres infos ici: http://www.borealoutdoor.com/fr/produits/details/fr-diabolo

Publié le : 20 septembre 2017 par Vincent 1385 vues

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